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Ombre et lumière

10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 06:30

 

Département :   40 - LANDES

Le hameau :

Est ce un vol de tour ou une tour volante ?   Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Le bourg de Saint Aubin est situé à 24km au Sud-Ouest de Mont de Marsan et à 10km au Nord-Ouest de Hagetmau.

  Le hameau de Poyaler est situé à 3km à l'Ouest-Nord-Ouest de Saint Aubin.

      Coordonnées du château :

43° 43' 1" N 0° 44' 4" W
 43.716993°  -0.734668°

 

    Toponymie  :  (petite initiation)

  La particularité de ce hameau est qu'il possède de nombreuses orthographes en fonction des livres, cartes, historiens et  prononciations locales :

     * Poyaller,

     * Pouyalé,

     * Poyalé,

     * Poyaler.

 C'est cette dernière, la plus usitée, que j'ai retenue.

 

Le château :

      L'extérieur  :

La découverte

    Parfois pour découvrir une ruine de château fort, il faut regarder attentivement au sol (par exemple à Salses le château), mais à Saint Aubin, je pressens que les murs en ruine volent dans le ciel. 

    Évidemment, le château de Poyaler n'est pas celui d'un magicien sachant faire de la lévitation aux constructions fortifiées...pfff, je ne suis pas en Bretagne, terre des légendes....  Mais cette ruine est assez imposante pour survoler les hauts arbres.

 

L'enquête commence

    De loin, des fenêtres Romanes me donnent un indice de sa date de construction. Hélas, l'absence de mâchicoulis, crénelage, trou pour des hourds (voir glossaire) m'informe que la construction a été arasée. Ce mur (dont je ne connais pas encore la fonction) est construit en petites pierres correctement taillées mais semble avoir été consolidé récemment.

   Pour entrer dans la cour du château, il faut monter une pente légère qui, à mi-distance, comporte encore les vestiges d'un fossé. Je me mets à rêver du pont-levis abaissé pour moi.

Le rempart n'est plus qu'un fantôme ! 

     L'intérieur 

1ère analyse

     S'il n'y avait pas les arbres, je pourrais surveiller les vallées du Louts et de la Gouaougue, car le site castral est posé sur une motte d'une dizaine de mettre de hauteur dont ma brochure affirme être "artificielle".

      En entrant je vois une porte.... Je vous entends dire :

  "Wahouu, il est fort le Chevalier, ou bien il se moque de nous. Avec 3 pierres posées au sol, il prétend voir une entrée de château".

   Vous savez que j'ai l'imagination fertile, mais je pense que les 2 vestiges de mur à l'entrée de la motte devaient certainement être l'entrée médiévale avec double vantail, herse, pont, assommoir... (mais je divague un peu, désolé).

    Un procès verbal de 1778 décrit l'entrée comme étant une chaussée de 3,90m de large sur 27m de long soutenu par un mur de chaque coté aboutissant à un portique de 2,5m de large.

   Au bord de la pente, coté Nord, un pan de mur doit être le seul vestige encore vivant du rempart entourant la haute cour et le château. Trouée, et pourtant toujours vivante !

 

Le donjon

   Évidemment, la construction la plus imposante de ce vieux château est la tour maîtresse. Elle est parallélépipédique et centrale avec peu d'ouvertures de tir. Ce type d'architecture se voit souvent dans des châteaux forts du 12ème siècle.

   D'après un procès verbal de 1778, la tour mesurait 9,70m de coté pour une hauteur de 14,60m. Aujourd'hui elle atteint péniblement les 12m.

   Au sommet de la tour, 2 curiosités architecturales attirent mon attention :

1 - La petite fenêtre plein cintre : Elle correspond certainement à l'éclairage du logis (car, avec ses dimensions, il est évident que le donjon était habitable).

2 - La construction en encorbellement : De suite j'ai imaginé le vestige du mâchicoulis (voir vocabulaire). Mais pensant que la tour est très arasée et qu'en plus une porte se situe en dessous, j'opte pour une bretèche. 

    Si je fais abstraction de l'ouverture basse causée par un effondrement, l'ouverture supérieure correspond à la porte d'accès médiévale avec son arcature plein cintre. Avec des murs de plus d'un mètre à la base, ce donjon parait immortel. L'aménagement montre des salles bien hiérarchisées

 

    L'intérieur du donjon :

En entrant, c'est le choc.

   L'absence de plafond permet d'observer l'asymétrie des 4 étages. Chaque pièces semble avoir une fonction différente.

      Les poutres étaient posées sur des corbeaux non sculptés. Des petites fenêtres éclairaient les étages supérieurs.

    Au rez de chaussée, une fenêtre avec ébrasement ressemble à une archère que l'on aurait agrandie.

   Dans un angle, une cheminée trône fièrement. L'absence de piédroit est surprenante. Une cheminée d'angle est assez rare au Moyen Âge et avec son manteau chanfreiné de 2,5m de large, je pense que je suis devant une curiosité architecturale.

   J'imagine le plaisir d'être réchauffé par l'âtre il y a 600 ans.

 

 
Histoire du château :

* Au 12ème siècle (?), construction d'un château (à vérifier).
* Au milieu du 13ème siècle, aménagement de l'actuel château.
* En 1274, le château appartient à plusieurs seigneurs vassaux du Roi d'Angleterre qui est aussi Duc (voir titre de noblesse) d'Aquitaine.
* En 1442, le château et ses terres sont élevés en Baronnie par le roi de France Charles VII (voir liste des rois). Cet acte est une récompense au seigneur Louis de Marsan de Cauna pour son ralliement de son territoire au Royaume de France.
* Au 17ème siècle, un texte affirme que les bâtiments sont inhabitables et très ruinés. Terres et château appartiennent toujours à la famille de Marsan de Cauna.
* En 1683, François de Gontaud de Biron est le nouveau propriétaire. Mais il n'habite pas le château ruiné.
* En 1788, à la mort de Louis de Gontaud de Biron, une partie des biens est vendue à plusieurs familles (?).
* En 1794, la ruine est prise par les révolutionnaires et vendue comme bien national. Il semble que le château soit dépouillé de ces plus belles pierres.
* En 1996, la ruine est inscrite aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de la ruine est possible en respectant la propriété privée. La visite depuis le terrain privé et l'intérieur de la ruine est soumise à acceptation du propriétaire.
 --> Attention : La ruine est en mauvais état et le risque de chute de pierres est important.

 

Ivre des odeurs de ruine, mes yeux en voient de toutes les couleurs

 

 
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Published by Le Chevalier Dauphinois - dans Châteaux en Guyenne : 33 40
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commentaires

Anne la Dauphinoise 08/04/2013 22:38

Pour les fausses brayes, point n'avais vu que vous en donniez l'explication dans votre glossaire ! Ce qui m'a servi à bien comprendre, car dans "les Passages d'Outremer", en ayant repéré tous les
moments où le scribe a écrit ce nom, il est traduit par enceinte ou mur ou fossé... un peu flou, pour moi.
... Mais cela ne correspond pas à ce que j'imaginais pour Poyaler. C'est bien à un boulevard que cela me faisait penser, et qui correspond à ce que vous m'avez décrit, et que j'ai lu dans plusieurs
de mes grimoires, notamment dans les Mémoires de Philippe de Commynes : une chaussée (empierrée ou non), entourée de murs des 2 côtés (en terre, bois ou pierre), avec pièces d'artillerie (puisqu'on
est au XVe siècle avec Commynes)
... Le traducteur de Commynes ajoute en note, que ce serait plutôt une fortification complètement extérieure au château, en avant de celui-ci : le principe du contre-siège...(c'est le boulevard
crée par Louis XI pendant le siège de Paris par le Téméraire en 1465 : une chaussée, ici entourée de palissades, qui longeait Charenton et qui rejoignait Paris - tout cela fait à partir d'un fossé
creusé)
... Le traducteur ajoute également qu'un boulevard est une sorte de défense avancée prenant la place de l'ancienne barbacane.
... Cela pourrait-il correspondre à la fortification de Poyaler, ou je me fourvoie vraiment ? n'étant point très calée sur le sujet mais voulant essayer de comprendre et ce que j'ai pu lire, et ce
que vous nous montrez.(ce sont les dimensions qui m'ont surtout fait penser à un boulevard: "3,90 m de large sur 27 m de long : c'est très long, non ?)

Le Chevalier Dauphinois 10/04/2013 20:01



  Entre la fausse braie et le boumevard, certains architectes ou castelologue discutent "souvent". Dans ce cas, je me réfère à Viollet le duc ou à wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fausse_braie



Anne la Dauphinoise 04/08/2011 14:49


Pour moi, les défenses du Plessis-Bourré sont trop modernes et trop près des murs du château.
Ce à quoi je pensais s'assimilerait à une barbacane mais droite (ce n'est donc plus une barbacane... mais justement... quel est son nom ?...)
je viens de lire dans "les passages d'outremer" des descriptions de protections avancées qui m'intriguent un peu, mais qui me font songer à ce que j'imaginais pour Poyaler (des "faulces
vrayes"...?)
Le temps pour moi de "décanter" tout cela et je vous en ferai part, si vous le voulez.


Le Chevalier Dauphinois 05/08/2011 22:32



Ce sera avec plaisir que je dévorerai vos mots explicatifs.



nath 10/06/2011 23:53


Quelle imagination chevalier... 3 pierres deviennent porte! Les châteaux ont de la chance que tu les fasses revivre.


Le Chevalier Dauphinois 11/06/2011 10:48



Je vais te dire un secret belle Nath. Pour comprendre une ruine, je m'aide souvent de documents avec plans ou croquis ou proses. Mais chuuut... c'est notre secret.



Jacqueline 10/06/2011 22:05


La princesse romaine ne pourrait se gausser de vous puisqu'elle reve devant des morceaux épars antiques avec la meme émotion...Que les manants le sachent!!


Le Chevalier Dauphinois 11/06/2011 10:48



  Une réveuse devant 3 pierres.... La femme parfaite serait donc Italienne ?



Anne la Dauphinoise 10/06/2011 21:53


En lisant certaines de vos explications concernant la défense - le procès-verbal de 1778 - j'ai de suite pensé que ce château devait avoir ce que l'on appelait un "boulevard" comme protection
avancée. J'ai lu des descriptions similaires chez mes chroniqueurs et historiens. Serait-ce cela ? ou me suis-je complètement fourvoyée ?


Le Chevalier Dauphinois 11/06/2011 10:58



  J'imagine que vous pensez à une plateforme à canons comme au château de Le Plessis Bouré.


Il est difficilement possible que ce château en ait eu. Voici mes réserves :


- La ruine ne montre pas de terrain aplani (mais les siècles sans présence de l'homme transforment souvent le relief)


- Le peu de vestiges de courtines ne montre pas de canonnière.


  Mais je n'ai pas la connaissance parfaite des architectures de tous les châteaux bien sur.


  Je pense que la "Chaussée" devait être une route (chemin) surélevée augmentant le vide avec le fossé.