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Ombre et lumière

31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 06:05

 

Département 12 - AVEYRON

 La dômerie est là bas !

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   La commune de Saint Chély d'Aubrac est située à 50km Nord de Millau (voir son beffroi), à 25km au Nord-Est d'Estaing (voir son château) et à 10km au Sud-Est de Laguiole.

 

     Coordonnées de la Dômerie :

44° 37' 20.7" N 2° 59' 12" E
 44.622411° 2.986908°

 

 

La dômerie : 

        L'extérieur :

Le plan

   C'est à cause d'un plan, récupéré dans une brochure trouvée chez un bouquiniste, que je suis en ce lieu.

    Voici la légende :L'hôpital de l'ancien monastère a-t-il toujours la même architecture ?

1 - Porte principale,

2 - Eglise (13ème siècle),

3 - Emplacement du cloître,

4 - Emplacement chapelle du Collège,

5 - Tour des Anglais,

6 - Ancien hôpital des pèlerins,

7 - Ancienne auberge,

8 - Ancien grand corps de logis avec :

- Salle des hommages,

- Boulangerie,

- Etc...

9 - Ancien corps de logis avec :

- Cuisines,

- Logement de la communauté.

10 - Vestiges d'une ancienne tour.

 

Est ce une tour médiévale ?

La découverte

     Ma documentation sur ce site est moins que minimale. Certains ouvrages étant anciens, je ne sais pas ce que je vais visiter. C'est donc avec une grande surprise que je découvre une haute tour carrée.

Suis je devant le site médiéval ?

 

 

La  tour
     Son nom est : La tour des Anglais. Evidemment ceci est du à son époque de construction et à "l'occupation" de notre Royaume par les troupes Anglaises (après le mariage d'Eléonore d'Aquitaine avec le futur Roi d'Angleterre). Mais cette tour ne fut point construite par ces Vils ennemis de nostre Royaume, elle a pour fonction de lutter contre l'envahisseur qui harcèle le site.

    Cette construction du 14ème siècle a perdu son aspect défensif suite aux (trop) nombreuses modifications, mais avec ses 30 mètres de haut, sa fonction défensive est évidente.

 

 

Un autre bâtiment

   En prenant un peu de recul pour observer la tour des Anglais, je m'aperçois qu'en arrière, un autre bâtiment existe. En voyant le clocher je pressens que c'est l'église médiévale.

   Hélas, après la révolution Française, ce site fut déserté. L'église n'est plus consacrée.

 

 

        L'intérieur :

  Seule l'église désaffectée est visitable. C'est donc à pas feutrés que je franchis la porte. La lumière est amenée par ces 4 ouvertures. Dans la nef, des tableaux modernes décrivent l'histoire et les évènements importants de la dômerie. Je vous laisse les imaginer.

 

 

Histoire de l'église :

* Vers 1022, une légende affirme qu'un seigneur nommé Adalard, revenant de Compostelle, est attaqué par des brigands proche d'Aubrac.

* Au début du 12ème siècle, l'abbaye de Conque fonde, proche d'Aubrac, un monastère situé sur la route de compostelle. La mission du site est de soigner et protéger les pauvres et les pèlerins.

* En 1198, avec l'affluence des pèlerins, un deuxième monastère est construit. Il mesure 120m par 93m.

* Vers 1203, l'église est bâtie.

* Vers le 13ème siècle, le Dômerie se détache de l'abbaye de Conque et devient rapidement "autonome", riche et puissante.

* En ce 13ème siècle, il semblerait que l'Ordre du Temple ainsi que les Chevaliers de Malte s'intéressent à cette riche Dômerie.

* En 1353, durant la guerre de Cent Ans, la tour dite des Anglais est construite.

* Vers 1792, les Révolutionnaires détruisent le monastère et chassent les religieux. Une partie des bâtiments est mise en vente.

* Au milieu du 20ème siècle, la tour des Anglais assume la fonction d'auberge de jeunesse.

* A la fin du 20ème siècle, la tour des Anglais devient un gîte d'étape.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite en respectant le silence du lieu. La visite de l'intérieur des fortifications est interdite.

 

La tour des Anglais est devenue un habitat moderne

 

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 07:30

 

Département 12 - AVEYRON

  Plusieurs siècles de construction se devinent

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   La commune de Bournazel est située à 27km au Nord-Est de Villefranche de Rouergue, à 20km au Nord-Ouest de Rodez et à 10km au Sud-Est de Decazeville.

     Coordonnées du château :

44° 27' 33.912" N 2° 17' 57.527" E
 44.45942°  2.299313°

 

Le château : 
        L'extérieur :
Questionnement

   Dans la littérature touristique ainsi que les Guides, le site de Bournazel est considéré comme l'un des plus beaux châteaux Renaissance de la France du Sud. L'amateur de châteaux forts et de ruines médiévales que je suis se pose une question :

Que viens je faire en ce lieu ?

   La réponse est évidente. Les premières pierres de ce site furent posées en 10ème siècle. C'est donc un château du Moyen Âge. Mais une question nouvelle me vient :

A-t-il gardé quelques signes de son époque médiévale ?

  Les maisons entourent le château intemporel

La découverte

    Au centre du bourg, proche de l'église, une massive construction me fait signe. Dans ce plat paysage, entouré par de nombreuses maisons, je ne distingue que les toitures du château.

    Une belle tour ronde d'angle avec trou de boulin (voir vocabulaire), petites fenêtres et fentes verticales m'informent que ce château fut fortifié.

 

Courtine

     La haute courtine a été modifiée à la Renaissance, de nombreuses fenêtres à meneau s'offrent à mon regard de Castellologue-amateur.

  Ma mission est simple : Trouver des détails d'origine médiévale.

 

Une autre tour d'angle

    Evidemment, en suivant la courtine je rencontre une autre tour d'angle. Elle possède quelques caractéristiques intéressantes :

* A sa base, une ouverture de tir horizontale me faisant penser à une petite canonnière.

* Puis, une autre ouverture avec un important ébrasement extérieur. Ce n'est point une canonnière mais un système défensif permettant le tir avec une petit arme à feu (fusil).

  Il m'est impossible de dater correctement ces détails :

Fin 15ème ou début 16ème ?

    J'opte pour la réponse 2.

 

Quel magnifique enchevêtrement de styles !

"Mélange des siècles"

     Soudain, au bout d'une courtine trouée de fenêtres et porte, apparaît une ronde tour arasée. Ce n'est pas sa faible hauteur qui me surprend mais la balustrade "très moderne".

  Pour mieux comprendre ce château, je prends un peu de recul.

Magnifique !

 

Les preuves médiévales
  Solitaire, une haute tour du rempart me donne la lumière médiévale que j'attendais. Avec son vestige de mâchicoulis et sa forme ronde, je pressens qu'elle fut construite au plus tard au 13ème siècle.

 

Le portail d'entrée

  Après la découverte des tours et courtines, j'arrive en face de l'entrée logiquement fortifiée. Encadrée par ses 2 rondes tours hélas arasées, il ne lui manque que le pont-levis (puis crénelage, mâchicoulis, bretèche, assommoir... voir vocabulaire) pour paraître infranchissable.

   Il ne reste du système défensif que 2 rondes ouvertures latérales avec un ébrasement extérieur important pour faciliter le tir d'une arme à feu.

 

Une cour moyenâgeuse

Dans la cour

    La cour montre des bâtiments encore habitables et exploités, mais aussi des constructions consolidées certes mais vide de vie.

   Evidemment, le médiéviste-amateur que je suis a les yeux de Chimène pour les deux imposantes tours.

  Leur architecture me les fait dater du 12ème siècle.

Qu'en pensez vous ?

 

De magnifiques détails

   Le grande tour ronde avec son vestige de mâchicoulis (que je devine grâce aux consoles) et son pinacle protégeant l'escalier intérieur me fascine.

   Mais c'est surtout un couloir de passage entre une tour et le chemin de ronde qui me laisse sans voix.

Diantre, comme ces souvenirs sont émouvants !

 

Le grand logis moderne

    L'architecture Renaissance Italienne se déguste sur 2 bâtiments positionnés en angle. Le plus impressionnant est le Grand Logis avec sa façade très ordonnancée et ses colonnes cannelées qui se superposent les unes sur les autres. Puis, les longues frises sculptées dont certaines sont entrecoupées de magnifiques chapiteaux aux décors rappelant les symboles et oeuvres de l'antiquité.

  Particularité :

     Les métopes des frises (au nombre de 80) ne montrent point les blasons et les ancêtres de la famille De Buisson (voir historique), mais créent une sorte de rébus montrant les principes intellectuels et savants de la culture de ses propriétaires du 16ème siècle.

 

La Renaissance Italienne

   Je vous quitte ici sur la pointe de mes chausses en vous laissant admirer ces sculptures et colonnes. 

 

 

        L'intérieur :

   Le château n'était pas ouvert à la visite le jour de ma venue. Point je pourrai vous montrer les salles meublées avec goût derrière les grandes fenêtres à meneaux en croix.

 

 

Histoire du château :

* Au 10ème siècle, la Baronnie (voir titre de noblesse) de Bournazel est citée dans un texte (cartulaire de Conques).

* Au 11ème siècle, le château appartient à la famille Mancip.

* Au 13ème siècle, les défenses du château sont renforcées.

* Au 14ème siècle, au début de la guerre de Cent ans les attaques et pillages sont importants. Les villageois se protègent dans leur forteresse. Les défenses du château sont renforcées.

* Au 15ème siècle, la famille Mancip est anoblie.

* Au 16ème siècle, par mariage, la propriété appartient à une famille de banquier-marchand nommée : De Buisson.

* Au milieu du 16ème siècle, Jean de Buisson fait réaliser un magnifique château de type Renaissance par l'architecte Guillaume Lissorgues.

* En 1624, le territoire est érigé en Marquisat.

* En 1754, le 25 mars, le célèbre brigand Mandrin est reçu par le propriétaire. En partant le lendemain matin, il donne à son hôte un superbe couteau de chasse.

* A la fin du 18ème siècle, la population manifeste son mécontentement envers les seigneurs de Bournazel.

* En 1790, les habitants du bourg pénètrent dans le château et le brûle. Ruine semble être son avenir.

* En 1864, la famille Marigny, héritière du Marquis Charles de Buisson, restaure partiellement le château.

* Vers 1935, le Colonel de Martigny est propriétaire du site.

* En 1942, Guilbert Victor, appartenant à une famille de gantiers de Millau, possède le château.

* En 1942, le château est classé aux Monuments Historiques.

* En 1948, le site est propriété des Charbonnages de France. Le site devient un centre de repos et de convalescence pour les mineurs du bassin de Decazeville.

* En 1951, la Sécurité Sociale est propriétaire du site.

* A la fin du 20ème siècle, le site est acheté par un membre du groupe AXA. De nombreux travaux d'aménagement sont réalisés.

* En 2007, le château est acheté par un couple de passionné d'architecture. Ils entament une rénovation incroyable.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite payante de l'intérieur est possible. Renseignez vous sur les horaires.

 

Pour mieux déguster ce château fort du Moyen Âge complété par des bâtiments de style Renaissance Italienne, voici une vidéo.

 

 

Je deviens un chevalier amateur de monument touristique... hoooo

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13 mars 2015 5 13 /03 /mars /2015 07:30

 

Département 12 - AVEYRON

  Quel magnifique donjon !

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
    La commune d'Espalion est située à 110km au Sud-Est de Brive la Gaillarde, à 70km au Sud-Ouest de Saint Flour, à 45km à l'Est de Decazeville, à 40km à l'Ouest de Marvejols (voir ses portes fortifiées) et à 20km au Nord-Est de Rodez.

     Coordonnées du château :

44° 32' 24.727" N 2° 47' 4.618" E
 44.540202°  2.784616°

 

La tour : 
        L'extérieur :
La découverte

     A moins de 3km au Nord-Est d'Espalion, un site nommé Tour de Masse est le but de ma croisade. Ce nom me fait déjà rêver, mais il en faut plus pour que mes poils de Castellologue-amateur se hérissent.

  Comme il est fier ce donjon sur sa verte colline !

Elle est là !

    Posée sur la crête, la construction permet de surveiller les vallées. Ses dimensions marquent la puissance de son propriétaire au moyen âge.

   En avant de la tour, un muret me fait imaginer qu'un rempart existait. A l'angle, une petite tour ronde est peut être le vestige du premier système défensif du site. 

 

L'analyse (visuelle et grâce à ma documentation)

* La tour mesure à la base : 15m par 12m.

* Elle a une hauteur de 25m.

* Elle possède 4 étages.

* Le site était protégé par un fossé, aujourd'hui comblé.

* L'accès se faisait par un pont levis, disparu aujourd'hui.

* La porte d'entrée est recouverte de fer.

* Un chemin de ronde couvert est visible sous le toit.

* En dessous, les mâchicoulis impressionnent.

* Ils sont portés par de larges arcatures, posées sur des consoles quadruples.

* Aux angles, les échauguettes facilitent la surveillance et la défense.

Avez vous remarqué la qualité architecturale des mâchicoulis aux angles ?

  Les larges mâchicoulis ont du impressionner de nombreux assaillants

        L'intérieur :

Je reste dehors

  Cette beauté médiévale est une propriété privée non visitable.

 

Informations détaillées

   Grâce à ma documentation, je peux imaginer l'intérieur :

* Les caves sont voûtées.

* Creusé dans le shiste, un puits de 18m de profondeur.

* Au premier étage, les murs ont une épaisseur de 1,2m.

* Les salles du 1er étage sont voûtées.

* A l'étage, la grande salle est composée d'un plafond-poutre très décoré.

* Au 2ème étage, présence d'une chapelle.

* Adjacente à la chapelle, la pièce du prieur comporte une imposante cheminée  aménagée dans le mur.

* Un escalier en colimaçon de 135 marches permet l'accès depuis les caves jusqu'au chemin de ronde.

 

 

Histoire du château :

* Vers 1160, le site est cité dans une donation.

* Au 12ème siècle, le site appartient à l'abbaye de Bonneval.

* En 1453, la tour est construite.

* Vers 1792, les Révolutionnaires récupèrent le site comme bien national. Après 6 siècles de possession, par l'abbaye, la tour appartient maintenant à l'ancien fermier des terres de Bonneval : Pierre Constant Sagnes du Seguis.

* Au début du 19ème siècle (1821 ?), Benoît Jalabert, son gendre, devient le propriétaire.

* En 1848, le site appartient à monsieur Bonald.

* En 1864, le site est vendu à Etienne Poulenc (nota : Il fut le fondateur de la société Rhône Poulenc).

* Au 20ème siècle, le site est toujours possession des héritiers de E. Poulenc.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite de loin, en respectant la propriété privée. La visite de l'intérieur est interdite.

 

En Aveyron, les surprises s'enchaînent !

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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 07:00

 

 

Département 12 - AVEYRON

  Je pressens un voyage dans le temps !

 

Le bourg :

       Situation :   (--> le voir sur une carte

         La commune de Bertholène est située à 40km au Nord-Ouest de Millau, à 15km au Nord-Est de Rodez et à 8km au Sud-Est de Bozouls (voir cette commune).

 

     Coordonnées du château :

44° 25' 9.062" N2° 48' 32.544" E
 44.419184° 2.80904°

 

 

Le château : 

        L'extérieur :

L'arrivée

* Après avoir visité la ruine du château fort de Bertholène, je me rends à 6km au Nord-Est pour découvrir une autre merveille médiévale nommée : Les Bourines.

* De suite, je comprends que cette beauté médiévale va me fasciner durant de longues heures.

 

  Quelle magnifique construction !

La découverte

    J'ai beaucoup de difficulté à imaginer que cette massive construction soit qualifiée, dans ma brochure, de "bâtiment d'un domaine d'élevage".

    Avant d'avoir lu l'historique, j'aurais affirmé que ce fut le château fort principal d'un puissant seigneur.

 

 

L'analyse 

   La première façade qui s'offre à moi est fascinante. Cet enchevêtrement d'architecture différente est certainement causé par des aménagements sur plusieurs siècles.

   D'ailleurs, les différences de pierres sont évidentes :

  - Sur la droite, une imposante tour carrée. Peut être servait elle à la défense de la porte actuelle (sur la droite). Je suis surpris que la tour ne comporte aucune archère ni ouverture de tir. Sous le toit, des consoles trahissent la présence d'anciens mâchicoulis (voir vocabulaire). Quelles belles latrines doubles

  - A gauche de la tour, le mur est soutenu par quatre contreforts à larmier. En constatant qu'un d'entre eux bouche partiellement une ouverture Romane, je suppose qu'ils ont certainement été aménagés quelques temps après. Je subodore aussi que la pièce derrière la fenêtre fut la chapelle. 

  - Au dessus, plusieurs constructions en encorbellement m'informent que des pièces de vie existaient à cet étage. Les habitants "réalisaient" leurs besoins par ces latrines.

 

 

Une ronde surprise

    Au bout du long mur parsemé de latrines haut perchées, je vois une ronde tour. Elle possède quelques évidences médiévales mais aussi des curiosités :

* Au sommet, un chemin de ronde couvert pour le guet et la défense.

* Puis les classiques et efficaces mâchicoulis.

* En dessous, quelques fenêtres de confort prouvant que salles d'habitation (ou de fonction) existaient.

* A mi-hauteur, une pierre sculptée. Une tour médiévale, sans aucun doute !

* Au rez de chaussée, une porte m'intrigue. Ce n'est point habituel pour une tour de défense au moyen âge.

Etait ce la poterne ? 

* Au dessus de la porte, la fente verticale avec un trou pour arme à feu me semble datée du 15ème siècle.

* La base est évasée :

- Pour tenir l'ensemble,

- Diminuer le travail des sapeurs en augmentant l'épaisseur du mur,

- Puis, grâce au plan incliné, faire rouler les pierres du sommet vers l'assaillant.

 

 

L'autre façade

   Lentement je contourne la ronde tour pour découvrir l'autre façade dans l'ombre. L'aspect général semble identique à sa consoeur excepté quelques détails :

* L'absence de contrefort,

* Des ouvertures nombreuses (parfois au niveau du sol) avec souvent des grilles anti-intrusion (16ème siècle ?),

* Des latrines pour une personne.

 

  Deux tours médiévales à la toiture très différente

Une autre tour ronde

    Au bout de cette longue façade dans l'ombre, je vois une ronde tour. Elle me semble identique à la première (Chemin de ronde couvert, mâchicoulis...). Pourtant quelques détails diffèrent :

* Elle est plus haute,

* Sa toiture est plus élevée,

* Elle possède de petites archères droites du 12ème (?) siècle,

* A mi-hauteur, des consoles sont les vestiges de latrines.

 

 

Est ce la fin ?

    Pensant avoir tout vu de cette beauté médiévale, je prends un peu de recul pour l'admirer une dernière fois.

    Et..... C'est le choc.

Voyez vous la raison de mon étonnement ?

 

  Deux styles de tours défensives se regardent

La tour maîtresse

  Au centre du quadrilatère, un puissant donjon me surprend. Que vois je :

* Des angles bien appareillés,

* Sur les parois, des pierres de forme et tailles asymétriques,

* Un chemin de ronde couvert sous le toit,

* Une construction en encorbellement (Latrines ou bretèche pour la défense d'une porte que je ne vois point),

* Des échauguettes d'angle posées sur culots.

 

La porte d'entrée

* Ce château étant si extraordinaire, je me précipite vers le portail d'entrée pour tenter un assaut culturel (bien sur).

* Hélas, la grille ne s'ouvre point.

* Etant sous le feu nourri (virtuellement bien sur) de la ronde tour d'angle, j'esquisse une retraite tactique.... En espérant qu'un jour, visite globale je ferai.

 

 

         L'intérieur :

   La propriété est privée. Il est possible de visiter le château quelques jours dans l'année. Hélas, cette magnifique construction était fermée le jour de ma venue.

 

Massif et élégant

 

 

Histoire du château :

* En 1245, une bulle du pape Innocent IV cite le château des Bourines. Il appartient à la famille Séveyrac.

* En 1289, le site est cédé aux moines d'Aubrac.

* Vers 1335, à quelques distances du château le moulin de Peyrade est construit. Il dépend du fief des Bourines.

* En 1353, les moines d'Aubrac déposent à Brourines leurs titres et richesses en prévision d'une attaque de leur hôpital et résidence principale.

* Au 15ème siècle, un puissant donjon est aménagé.

* A la fin du 15ème siècle, la tour de défense Nord-Ouest est aménagée. Elle porte les armes de la famille d'Estaing.

* En 1547, le portail est modifié. Le nom du Cardinal Evêque de Rodez, Georges d'Armagnac, est gravé.

* En 1562, le château est gardé par le Chevalier (voir titre de noblesse) de Montpeyroux, commandant 12 soldats.

* En 1565, le château est attaqué puis pris par 300 soldats sur l'ordre du Prieur de Caudelz.

* En 1574, durant les Guerres de Religion, les Huguenots assiègent le site.

* En 1663, un recensement prouve l'importance des Bourines. Par exemple, le cheptel comprend 36 boeufs, 50 bêtes à cornes et 1800 bêtes à laine.

* En 1791, les révolutionnaires forcent la vente des Bourines (appartenant aux moines d'Aubrac) à Antoine Marcillac et Louis Gineste.

* En 1794, le site et les terres appartiennent à une association composées des familles :

- Granier,

- Dupin,

- Mourgues.

* Le 19ème siècle voit le début du déclin des Bourines.

* En 1862, la foudre tue plusieurs animaux d'élevage.

* En 1870, la sécheresse force la vente du bétail.

* En 1936, la famille Aubaret habite le château et possède plus de 1300 bêtes.

* En 1952, le moulin de Peyrade est dissocié du fief des Bourines.

* En 1963, le site est classé aux Monuments Historiques.

* A la fin du 20ème siècle, le site est possession de la famille Delmas.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite en respectant le silence de la propriété privée. La visite de l'intérieur serait possible quelques jours dans l'année. Veuillez vous renseigner.

 

Un ensemble castral magnifique !

    

 

 

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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 07:30

 

Département 12 - AVEYRON

  Est ce une église fortifiée ou un château fort ?

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   La commune de Sainte Radegonde est située à 20km au Sud de Bozouls (voir son château), à 9km au Sud-Est de Rodez et à 5km au Nord-Est de Flavin (voir son château).

     Coordonnées de l'église :

44° 18' 26.788" N 2° 39' 19.894" E
 44.307441°  2.655526°

 

L'église : 
        L'extérieur :
Elle m'attend !

    A 5km au Sud-Est de Sainte Radegonde, une curiosité unique m'attend avec impatience. Elle sait que je vais l'immortaliser pour montrer sa beauté au monde (du web).

  Avez vous déjà vu un donjon avec des cloches ?

Est ce un donjon ?

    Il est impossible de ne point voir l'imposante construction survolant les maisons. Durant quelques secondes, j'ai pensé que ce bâtiment était un château et même un donjon.

Etes vous subjugués ?

 

Est ce l'église ?
    Le moment de surprise passé, je constate, en haut de la rectangulaire construction, une série de cloches. Je pressens que le bâtiment fortifié est l'église que je suis venu immortaliser.

   Mais il faut réfréner mes ardeurs, car dans mes croisades, j'ai déjà vu des cloches :

* Sur un beffroi (qui était une ancienne tour d'un château),

* Sur une tour d'un château devenu clocher.

 

Je fais le tour

     Tout en contournant le bâtiment, je me demande où peut être situé l'abside. Evidemment, je pourrai regarder ma boussole (puisque les églises sont orientées Est-ouest), mais je souhaite comprendre l'architecture.

    Dénué de transept et de signe caractéristique d'abside, cette construction m'intrigue encore plus.

 

Fasciné je suis !

  L'autre face me révèle quelques détails : 

* A la base, une construction récente me fait pensé à une sacristie.

* Sur la hauteur, une forme presque ronde qui est une tour-escalier.

 Je guette les échauguettes

Je sais tout maintenant !

* La façade Ouest comporte deux échauguettes sur culots.

* Elles complètent un système défensif basé sur des mâchicoulis (voir vocabulaire).

* Au dessus un chemin de ronde couvert est identifiable. Il est aujourd'hui protégé par un grillage anti-oiseaux.

* La façade Est est dépourvue d'échauguette (qu'elle en est la raison ?).

* Dans la partie supérieure des quatre façades, de nombreuses ouvertures ont été aménagées. Je suis étonné par leur asymétrie d'emplacement et de forme.

* Ces ouvertures sont évidemment des fenêtres pour amener la lumière dans les nombreuses salles nommées : Les chambres.

* Une des ouvertures, avec ses deux trous de boulin en dessous, m'interpelle.

Etait ce une bretèche ?

Ou le fantôme des latrines ?

 

Deux petites curiosités

     Lentement, j'erre autour de la tour (sans tournis) à la recherche de la porte d'entrée de l'église. Soudain une fenêtre basse (sacristie ou petite chapelle récente) attire mon attention.

Savez vous ce qu'est cette gravure ?

 

        L'intérieur :

Sésame : Ouvre toi !
    Dans cette immense masse de pierre, la porte d'entrée (du 21ème siècle) semble invisible. Il me faut un peu de temps pour la remarquer. Il n'y a point de statut de Saint, ni d'ornement sculpté. Le Gothique flamboyant est inconnu en ce lieu

 C'est la première fois que je vois une porte d'église aussi sobre.

     Lentement, je m'avance et je pousse.

  Un arc en ciel de beautés colorées

Colorée

Quel choc !

   L'extérieur était si sobre, si "militaire", que je m'attendais à ne voir que la couleur de la pierre. Hors, l'intérieur est lumineux, coloré, multiple.

* Le choeur évidemment est lumineux grâce aux fenêtres. Mais c'est surtout les formes peintes qui me fascinent.

* Le plafond n'est pas en reste grâce à ses fines nervures peintes et sa rosace colorée au niveau de la clé de voûte.

* Le baptistère a aussi la chance d'être dans un enfeu décoré.

 

Vais je découvrir les entrailles ?

    Derrière la chaire, une porte permet d'accéder à l'escalier. J'espère pouvoir monter les 100 marches vers les "chambres".

  Hélas, la porte est fermée. Je ne connaîtrai jamais les secrets de cette incroyable église.

 

 

Histoire de l'église :

* Au début du 15ème siècle (1442 ?), considérant que les villageois d'Inières ne possèdent pas de fort pour se protéger, l'évêque de Rodez autorise l'aménagement de fortifications pour l'église.

* En 1555, située à l'étage supérieur de l'église, une "chambre" est vendue.

* En 1462, un capitaine est nommé par l'évêque de Rodez.

* En 1468, une tour de défense est ajoutée à l'église.

* En 1587, il semble que des chambres dans la tour soient toujours louées.

* En 1671, certaines chambres sont toujours louées.

* En 1921, l'église est classée aux Monuments Historiques.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Notre Dame de la Nativité) est libre et gratuite. La visite des fortifications intérieures est interdite.

 

Quelle incroyable église fortifiée !

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5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 07:05

 

Département 12 - AVEYRON

 

Est ce le château au bout de cette ruelle ?

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   La commune de Salles la Source est située à 80km à l'Est de Cahors, à 70km au Sud-Ouest de Saint Flour et à 15km au Nord-Nord-Ouest de Rodez.

     Coordonnées du château :

44° 28' 40.372" N 2° 30' 26.935" E
 44.477881°  2.507482°

 

Le château : 
        L'extérieur :
Je suis pressé !

     Il y a tant de châteaux Aveyronnais à voir durant mes congés et il me reste si peu de jours avant mon départ que je ne prends pas le temps de me poser. Après avoir vu un site médiéval dans le bourg de Salles la Source, je galope à 5km au Nord pour voir (trop ?) rapidement le château de Solsac.

  Le "trop" signifie qu'aujourd'hui, je regrette de ne point avoir pris plus d'images. J'espère que cela me servira de leçon.

 Une échauguette modernisée

Minimal mais joli

    L'imposant mur ne révèle aucun indice sur son âge et le comporte aucun signe de système défensif. Mais en levant les yeux, je vois une échauguette sur culots. Si ce bâtiment était mien, j'installerais mon bureau dans cette ronde construction pour rédiger mes articles du blog. Je m'imagine déjà lire des ouvrages médiévaux éclairé par la petite fenêtre.

 

Une autre surprise
    Pour mieux comprendre l'architecture de cette construction fortifiée, je prends un peu de recul. Cette "astuce" que j'utilise souvent me permet de voir :

* Une tour parallélépipédique dépourvue d'archère, de crénelage et de mâchicoulis (voir vocabulaire),

* Une construction en encorbellement.

Quelle fut la fonction de cette construction ?

1 - Une bretèche ?

2 - Des latrines ?

* Ne pouvant point voir si une porte existe en dessous, l'option 1 est difficile à identifier.

* Mais je pressens que l'étage supérieur était l'habitation des propriétaires. Si mon raisonnement est correct, l'option 2 est la bonne.

Quel est votre ressenti ?

 

        L'intérieur :
  Le site est une propriété privée non visitable. 

 

 

Histoire du château :

* En 1295, sur la demande de Guillaume de Bournazel, le maçon P. Cartaillac construit une maison en ce lieu.

* Au 15ème siècle, la maison est la propriété de plusieurs familles dont :

- Arnaud de Montferrant,

- Jean de Sala.

* Au début du 17ème siècle (?),  la maison appartient à la famille Masnaud.

* En 1610, Géraud de Masnaud fait construire une maison (un château ?) avec tour éclairée par 12 fenêtres.

* En 1641, François de Masnau (il semblerait que le D n'exista plus à la fin du nom) achète la seigneurie à Jean de Tullier.

* A la fin du 17ème siècle (?), par mariage, le site appartient à Paul-Jacques de Lordat.

* En 1721, Firmin de Vialar achète la propriété à la famille Lordat.

* Vers 1790, bien que les révolutionnaires ne réquisitionnent point le domaine, Guillaume et Henri Vialar abandonnent le site et émigrent.

* En 1811, un héritier Vilar figure dans les registres d'imposition du département.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite depuis les ruelles. La visite de l'intérieur est interdite.

 

 

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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 07:30

 

Département 12 - AVEYRON

  Le château m'a vu avant que je le vois

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   La commune de Bertholène est située à 40km au Nord-Ouest de Millau, à 15km au Nord-Est de Rodez et à 8km au Sud-Est de Bozouls (voir ce bourg).

     Coordonnées du château :

44° 23' 45.658" N 2° 46' 45.476" E
 44.396016°  2.779299°

 

Le château : 
        L'extérieur :
La découverte

   Sur une butte surplombant le bourg, une ruine médiévale surveille les alentours avec sérieux. La position est idéale pour l'établissement d'un château fort. 

   Même si elle semble ruinée, cette construction de 7 siècles va être mon plaisir de cette fin d'après midi de printemps.

  Les remparts sont posés sur le roc

Les murs

    Ma première approche m'amène vers les murs et remparts extérieurs de cette forteresse. Par endroit, ils ont été posés sur le rocher, rendant l'accès plus difficile pour l'assaillant et augmentant la solidité en limitant ainsi le travail des sapeurs.

   Pour relier certaines parties du rocher initial, des  arcs de décharge ont été aménagés (je vous en avais montré un extraordinaire au château de Roquefixade dans le département de l'Ariège).

 

Le long rempart

    En avant  de la façade principale, le rempart a beaucoup souffert. Il est arasé ne laissant pas deviner la présence d'archère ni de crénelage (voir vocabulaire). Les pierres sont de tailles asymétriques et de provenance diverses.

  Il ne reste que peu, mais quel spectacle

La façade
   Derrière le mur arasé du rempart, une façade moderne et médiévale se dore au soleil.

Pourquoi ai je utilisé ces 2 termes ?

La réponse n'est que constatation :

 * Sur la droite, une ronde tour défensive rappelle les grandes heures médiévales du château.
 * Mais la tour a été modifiée par l'ouverture de fenêtres.

 * L'imposante courtine n'a plus ses systèmes défensifs. Elle a été assagie par de simples fenêtres en partie médiane et des fenêtres à meneaux en croix à l'étage supérieur.

* Sur la gauche, une tour presque jumelle à la première, a gardé sa rigueur médiévale. Je suis surpris qu'elle ne comporte aucune fente de tir.

Avez vous remarqué la tour semi-circulaire au second plan ?

 

Je veux entrer

    Lentement, je contourne le site pour trouver l'entrée. C'est à ce moment que je rencontre un système de tir classique  la fin du 15ème siècle.

  Je suis aveuglé par la beauté médiévale

        L'intérieur :

Vais je rester dehors ?

    Les hauts remparts m'empêche d'entrer, les maisons collées au château sont infranchissables. La seule porte moderne en bois est fermée. 

Suis je condamné dehors ?

 

L'espoir de la lumière

   Soudain, une lumière traverse les arbres et me donne la direction. Tout en respectant la zone de sécurité, je peux admirer les entrailles de cette beauté de 7 siècles. 

   L'autre coté de la façade montre les fenêtres à coussiège et les axes de circulation.

  Il y a bien d'autres détails à admirer, mais je ne vous les révèlerai pas pour vous permettre de jouer les détectives lorsque vous rencontrerez cette belle ruine Aveyronnaise.

 

 

Histoire du château :

* Au 13ème siècle, présence d'un château fort en pierre.

* Au 14ème siècle, le seigneurie relève du Baron (voir titre de noblesse) de Sévérac et du Comte de Rodez.

* En 1349, le seigneur de Bertholène participe à une joute organisée par le Roi de Majorque.

* En 1345, en présence du seigneur, les habitants de Bertholène et de Laissac s'engagent à garder le château et à l'entretenir.

* En 1349, l'accord signé quatre ans auparavant est reconduit.

* En 1550, le domaine appartient à François d'Hèbles.

* En 1569, le Sieur Hébles ayant épousé la cause des Protestants, le château est attaqué et canonné par les Catholiques.  La construction fortifiée est pillée, tous les défenseurs sont tués. Seule Marie de Bertholène, femme de François, est épargnée.

* En cette fin de 16ème siècle, le domaine appartient à la famille Faramond. Le château est partiellement reconstruit.

* En cette fin de 17ème siècle, la famille Berne devient propriétaire du château. Elle aménage une façade "moderne".

* En 1697, le site est possession de la famille De Vezins.

* En 1792, la famille De Vezins est chassée par les Révolutionnaires.

* En 1839, Edouart Maisonabe, avocat à Rodes, achète le château. Il récupère de nombreux matériaux et pierres pour construire une maison bourgeoise dans la plaine à  La Caze.

* Au milieu du 19ème siècle, une église et un presbytère sont aménagés dans les dépendances.

* Au début du 20ème siècle, l'abbé Triadou (curé du bourg) achète les ruines du château.

* A la fin du 20ème siècle, une association de sauvegarde tente de faire revivre la ruine.

* En 1999, durant les fouilles, plusieurs objets du 17ème siècle sont retrouvés.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite de l'intérieur ne semble pas possible.

 

Le drapeau du Rouergue flotte toujours

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16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 07:30

 

Département 12 - AVEYRON

  Un bijou médiéval dans un écrin de verdure

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   La commune de Cruéjouls est située à 25km à l'Ouest de La Canourgue, à 20km au Nord-Est de Rodez et à 10km à l'Est de Bozouls (voir son château).

     Coordonnées du château :

44° 26' 42.864" N
2° 51' 24.016" E
 44.44524°
 2.856671°

 

Le château : 
        L'extérieur :
La découverte

    Posée sur un mamelon à la sortie Nord-Ouest du bourg, une construction tout en rondeur domine la vallée du Dourdou située au Nord. Où sont les courtines ?

  Curieusement, en fonction des livres et brochures, ce site porte le qualificatif de :

- Château,

- Donjon,

- Manoir.

 

Elle est bien ronde !

    Toutes ses rondeurs me fascinent. L'absence de courtine rectiligne est rare pour une construction médiévale fortifiée.

  Pensez vous que ses rondeurs aient (ou auraient) pu inspirer des artistes comme :

- Régine Fabjanczyk

- ou Caterina Zacchetti ?

 

Y a-t-il des défenses ?
    En avant de cette construction, il y a un petit muret. Sa hauteur n'en fait pas une protection efficace, et son épaisseur me laisse douter qu'il fut construit au Moyen Âge.

     Dans ses formes généreuses, je cherche quelques indices de système défensif. Les parois sont borgnes ou possèdent en étage de petites ouvertures de lumière rectangulaires qui ne sont point défensives. Où est l'entrée ?

   Au sommet, la toiture en faible pente avec des épaisses tuiles calcaire ne laisse point entrevoir un chemin de ronde ni des mâchicoulis (voir vocabulaire). 

Diantre !

N'était ce qu'un habitat de repli ?

 

Je m'approche

   Tout en respectant la propriété privée et le silence du lieu, je m'approche en ne faisant que "couiner en silence" ma lourde armure de Chevalier-Castellologue-Amateur.

J'entends un bruit dans ma chausse gauche

Que vois je ?

 * Sur la hauteur, des pierres dont la dimension diminue avec la hauteur.

 * En partie basse, une fente verticale dont je ne peux affirmer si elle fut défensive ou éclairante.

 * Entre 2 tours, la petite courtine comporte :

- En partie basse, ce que j'imagine être une ancienne porte d'accès.

- Au dessus, un axe de circulation (et peut être de défense si porte il y avait).

Quel énigmatique bâtiment !

  Enigmatique restera cette beauté médiévale !

        L'intérieur :

Porte close

   Lentement, je m'avance vers la porte. Hélas, la propriété privée est interdite à la visite. Je n'aurai aucune réponse à mes doutes.

   Je me console en m'abreuvant de la littérature que j'ai emportée dans ma besace.

Comme je suis un Chevalier, je la partage avec vous.

 

Les écrits

* Le bâtiment comporte :

- Un sous-sol,

- Un rez de chaussée,

- Un étage.

* Chaque niveau est séparé par une voûte en berceau.

* Les murs ont une épaisseur de 1,5m à 2,5m

* Une salle en sous-sol comporte une cheminée prouvant qu'elle fut habitée.

* Une salle en sous-sol possède la margelle d'un puits aujourd'hui comblé.

* L'une des tours possède un escalier de pierre en spirale desservant tous les étages.

* Une salle à l'étage comporte un écusson aux armes de Nogaret de Trélans

 

 

Histoire du château :

* Au 13ème siècle, un seigneur de Cruéjouls est cité. La seigneurie dépend de la Baronnie (voir titre de noblesse) de Calmont d'Olt.

* Au 15ème siècle, il semble que l'actuel château soit construit (à vérifier).

* En 1478, après un siècle et demi de possession, la famille de Cruéjouls abandonne le château au profit des La Panousse.

* Au 16ème siècle, durant les Guerres de Religion, les Protestants souhaitent que le seigneur de Cruéjouls participe à leur révolte. Mais il ne se laisse pas convaincre.

* En 1581, le site est exploité par Antoine Salving, marchand à Espalion. La famille La Panousse est toujours propriétaire du château et des terres.

* En 1600, la famille La Panousse vend la seigneurie à Claude de Nogaret, Vicomte de Trélans. Ce personnage détient aussi le château de Caylaret à quelques kilomètres de là.

* En 1725, le site appartient à Pierre de Bonhomme, Trésorier général à Montauban.

* En 1779, le château est vendu à Jean Viguier de Grun, ancien Gouverneur des Pages des Grandes Ecuries du Roi.

* En 1788, le Marquis de Pégayrolles baille le site à un avocat, Pierre Gervais, habitant à Caylaret.

* Au milieu du 19ème siècle, le Marquis vend la seigneurie.

* A la fin du 19ème siècle, le site est possession de Sylvain Gervais.

* Vers 1930, le château est occupé par une école libre de jeunes filles.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite en respectant la propriété privée et la quiétude de ses habitants. La visite de l'intérieur est interdite.

 

Fascinantes rondeurs !

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1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 08:30

  Au Moyen Âge, point de fil électrique traversait le paysage

Département 12 - AVEYRON

 

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   La commune de Coupiac est située à 40km au Sud-Ouest de Millau, 30km Est-Nord-Est d'Albi et à 8km au Sud-Est de Réquista.

     Coordonnées du château :

43° 57' 14.13" N
2° 34' 51.712" E
 43.953925°
 2.581031°

 

Le château : 
        L'extérieur :
La découverte

     Par la route qui serpente au Nord du bourg, dans une trouée je vois à gauche de l'église, la construction fortifiée qui est le terminus de la croisade matinale. Deux tours rondes encadrant une petite courtine

  Je dépose mon destrier sur le parking proche du château et je commence mes observations.

 

Analyse générale 

* Le château de Coupiac a une forme parallélépipédique dont une tour et un pan de courtine ont disparu (voir la cause dans l'historique).

* Il est bâti sur un rocher aplani.

* Sur toutes les constructions rondes, de nombreuses latrines sont visibles et parfois sur plusieurs niveaux.

 

Les systèmes défensifs
     Un château fortifié se doit de posséder des systèmes défensifs. Même si la construction de Coupiac a été modernisée pour plus de confort, elle garde encore les traces de son passé guerrier.

 Que vois je :

* Sur une tour, présence d'une archère droite.

* Sur une courtine, une belle archère cruciforme à croix pattée.

* A mi-hauteur, une arquebusière ou couleuvrine.

* Puis une canonnière.

* Et enfin, en haut de courtine, les vestiges de mâchicoulis.

 

        L'intérieur :
Echec
   Hélas, en cette matinée de printemps, le château n'est point ouvert. Mais en me contorsionnant, je peux admirer à travers les jours de la porte.

 

Que vois je ?

1 - Une longue allée en pente douce amène à une façade modernisée.

2 - Sur la gauche, il devait y avoir une courtine, disparu il y a plusieurs siècles.

3 - Sur la droite, une rigole au sol récupérant les eaux de pluie.

  Pour le reste de la visite, je vous propose de le découvrir par vous même lors de vos prochaines vacances en Rouergue.

 

 

 

Histoire du château :

* Au 13ème siècle, le site est la propriété des Comtes (voir titre de noblesse) d'Armagnac (voir liste).

* En 1372, une bande armée, composée de 70 soldats, attaque le château, mais elle ne parvient pas à le conquérir.

* A la fin du 15ème siècle, le Roi de France Louis XI (voir liste) ordonne la démolition d'une des tours en représailles à la révolte du Comtesd'Armagnac.

* Au début du 16ème siècle, durant les Guerres de Religion, Jean III de Panat, seigneur de Coupiac, est commandant des troupes de Protestants en Languedoc.

* Au 16ème siècle, la famille Levis de Castelperse est propriétaire du château.

* Au 18ème siècle, le château appartient successivement aux familles :

- Brunet,

- Izarn de Méjanel.

* Vers 1792, les Révolutionnaires brûlent les archives du château.

* Vers le milieu du 19ème siècle, les descendants de la famille Izarn de Méjanel vendent le château à monsieur Bonnet, notaire de profession.

* Au 20ème siècle, la commune est propriétaire du site.

* En 1905, la municipalité quémande des subventions pour la réparation des toitures.

* En 1982, une association de sauvegarde est créée.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite de l'intérieur est payante. Veuillez vous renseigner sur les heures d'ouverture.

 

Le château survole les toits des maisons

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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 07:30

 

Département 12 - AVEYRON

  Connaissez vous la formule magique pour écarter les arbres ?

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   La commune de Bor et Bar est située à 40km au Sud-Ouest de Rodez, à 30km au Nord d'Albi et à 20km au Sud de Villefranche de Rouergue.

     Coordonnées du château :

44° 11' 8.869" N
2° 4' 32.434" E
 44.185797°
 2.075676°

 

Le château : 
        L'extérieur :
L'approche

    A un jet de flèche au Sud du petit village de Bar une colline porte les ruines de l'ancien château fort. Sa position en bordure de la rivière Viaur est idéale pour surveiller le passage vers les hauts plateaux du Ségala.

   Pour mieux ressentir cet ancêtre médiéval, je sors de ma poche la représentation de sa splendeur.

Sera-t-il aussi beau au 21ème siècle ?

  Sont ce les flammes de l'enfer qui rougeoient cette tour ?

La découverte

    Lentement, je m'avance en écartant les branches des arbres et en prenant soin de ne point griffer mes magnifiques mollets de Chevalier.

   Une ronde tour me regarde en pouffant de rire.

Suis je si ridicule dans le bois ?

   Je tente de l'approcher et soudain je remarque la présence d'un fossé comblé. Je suppose qu'il entourait le site, mais la végétation m'empêche de vérifier mon hypothèse.

  Sur le croquis, en avant du château il y a un jardin médiéval. Son fantôme n'apparaît pas dans les hautes herbes.

 

La tour solitaire
     Je consulte de plan pour définir quelle tour est en face de moi. La mission est impossible car je manque de repère sur cette ruine.

  Je suis étonné par la piètre qualité de taille des pierres ainsi que le mauvais jointement. Ceci est surprenant car en opposition avec le croquis du château.

   A mi-auteur actuelle (je vous rappelle que dans une ruine, les gravas et les siècles ont fait monter la hauteur du sol de plusieurs mètres) je vois une grande fente verticale. Même si sa largeur a été causée par les siècles sans entretien, je subodore que cela devait correspondre à une fente de lumière ou une archère.

   Peut être aurai je la réponse en regardant dans la tour.

  'Entrez Chevalier' me murmure la tour

Je fais le tour de... la tour

   Lentement, je contourne cette beauté millénaire et solitaire pour mieux la comprendre. Grâce aux vestiges des départs de mur (dont les remblais semblent peu solides), je suis certain que j'ai en face de moi une tour d'angle.

 

L'intérieur de la tour
    Le temps a fait son terrible travail de destruction, les entrailles de cette tour ne me révèlent rien. Le parement intérieur est illisible, la fonction initiale de l'ouverture n'est point identifiable.

  Seule l'épaisseur du mur m'informe de l'ancienneté de la tour.

 

Qu'est ce ?

    Lentement, je m'éloigne de ce vestige d'un autre temps quand je suis interpellé (vous ai je déjà dit que les pierres me parlent et le hèlent ?).

    Les arbres s'écartent me laissant voir un imposant bâtiment. Il me semble identifier les bases d'une ronde tour  dont le diamètre est supérieur au précédent vestige. La haute paroi ne m'informe pas de la fonction exacte de cette tour ni de son âge.

 

 

Histoire du château :

* En 1171, le site fortifié appartient à l'évêque d'Albi.

* En 1285, cautionné par le Roi de France (voir liste), Bernard (et Bertrand ?) de Bar occupe(nt) le château.

* En 1361, les Anglais attaquent puis prennent le château.

* En 1364, les Anglais quittent le site fortifié.

* En 1436, Rodrigue de Villandrando s'empare du château.

* En 1614, le dernier membre de la lignée de la famille De Bar s'éteint sans héritier. Le fief appartient à Jean de Salès.

* En 1682, un acte fait foi que le sieur Tamus et la famille de la Guimerie ont détérioré le château, les meubles et autres mobiliers.

* En 1686, malgré son état partiel de ruine, le château est habité.

* Au 17ème siècle, le château appartient successivement à :

- Jules de la Roque Bouillac,

- François de Pommeyrol-Jalenques,

- La famille : Roquefeuil de Versols.

* Durant la première moitié du 18ème siècle, le fief est toujours possession de la famille Roquefeuil de Versols.

* En 1749, le château et les terres sont vendus aux deux sieurs :

- Courrège,

- Fricou.

* Au 20ème siècle, le château appartient à la famille Fricou.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite en respectant la propriété privée. La visite de l'intérieur est dangereuse, veuillez être très prudents en évitant de monter sur les murs.

 

Dans son écrin de verdure, la ruine garde tous ses secrets

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