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Ombre et lumière

22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 06:30

 

 

Département 02 - AISNE (Thiérache)

  Voyez vous l'église fortifiée ?

 

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Le petit village de Marly-Gomont est situé à 38km au Nord-Est de Saint Quentin, à 14km à l'Est de Guise et à 12km au Nord-Ouest de Vervins.

 

   Coordonnées du bourg :

49° 54′ 18.72″ N3° 47′ 32.64″ E
 49.9052° 3.7924°

 

 

 

L'église :

     L'extérieur :

La découverte

     Durant mon errance touristique dans la province du Thiérache, je m'amuse à photographier les fleurs et les nuances colorées des champs quand soudain, apparaît.....

La voyez vous ?

    Au loin, la forme caractéristique d'un bâtiment religieux survole l'horizon mais avec ses "verrues" il me fait penser à un système défensif accroché aux flans.

   Il n'en faut pas plus pour que j'enfourche mon destrier en direction de l'église fortifiée de Marly Gomont. A chaque foulée de mon "joly jumper", le bâtiment m'apparaît de plus en plus beau.

 

 

Premières constatations

    Mes chausses plantées dans le petit cimetière, je regarde l'architecture de cette église. Deux bâtiment distincts se dessinent devant mes yeux avides de détails.

   Le 1er est évidemment le chevet, une construction solidement renforcée par les contreforts à larmiers. L'association des pierres en partie basse et des briques au dessus est surprenante, mais je délaisse rapidement ce bâtiment car je ne distingue aucun système défensif.

Avez vous remarqué l'absence de clocher ?

 

  La puissance de feu devait être impressionnante

L'incroyable nef !

   Je reprends un peu de recul pour mieux apprécier le 2ème bâtiment. Mes yeux sont éblouis par les multiples originalités de cette nef :

1 - Même s'ils créent des angles morts, les nombreux contreforts à larmiers donnent une puissance à cet édifice.

2 - Entre chaque contrefort, la courtine comporte une large ouverture de tir avec un ébrasement (voir vocabulaire) important. Le trou intérieur me fait penser à une ouverture pour fusil ou petite arquebuse.

  Ce tir rasant a du être dévastateur.

3 - Bien que ce détail ne fasse pas parti du système défensif, le vestige (bouché) d'une ouverture de lumière prouve que les fenêtres étaient situées en hauteur, empêchant ainsi l'introduction des assaillants.

  Les fenêtres actuelles ont du être percées récemment.

4 - Chaque angle de ce bâtiment possède une tourelle.

 

Je guette si dans l'échauguette un guetteur me guette  

Les tourelles 

    En encorbellement sur chaque angle, posée chacune sur deux contreforts droits, les échauguettes n'ont pas le prestige et la puissance d'une tour flanque de château fort, mais leur fonction défensive est évidente.

     Percées de plusieurs fentes pour tir au fusil, elles complètent parfaitement les ouvertures basses des courtines.

  Deux des quatres échauguettes ont une curieuse caractéristique.

La voyez vous ?

  "Récemment", pour allonger l'église et construire la nef, les architectes ont coupé l'arrière, ne laissant qu'une demi échauguette.

Incroyable n'est il pas ?

 

 

La façade

     Bien que je ne soit pas un spécialiste des églises du Thiérache, il me semble qu'un clocher-mur est rare dans cette province, je suis donc surpris par cette architecture.

    Pour défendre l'entrée, il y a évidemment les 2 échauguettes d'angle mais aussi, de chaque coté de la porte des ouvertures pour tir rasant.

 

 

     L'intérieur :

            Comme souvent durant notre siècle, les églises sont fermées. Celle-ci ne déroge pas à la règle. Mais le plaisir de la regarder est si grand que je ne regrette pas sa porte close.

 

 

 

Histoire de l'église :

* Au 12ème siècle, un village nommé Marley est cité. Son seigneur est vassal du Duc (voir titre de noblesse) de Guise.

* Au 13ème siècle (?), construction d'une église.

* Au 14ème siècle, modification de l'église.

* Au 15ème siècle (à vérifier), aménagement des systèmes défensifs.

* Au 17ème siècle (à vérifier), destruction  partielle de l'église pour construction d'un chœur.

* En 1928, l'église est inscrite aux Monuments Historiques.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Rémi) est libre et gratuite. La visite des fortifications est interdite.

 

Un clocher fortifié est le secret de cette église

 

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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 07:30
     
michel-j-01     Cet article est très spécial : Il est l'oeuvre d'un passionné ayant comme pseudo : " M. J.". Comme moi, il est fou de châteaux, aussi bien d'époque médiévale que renaissance. C'est aussi un passionné d'architecture et d'art. Il m'a proposé d'écrire quelques articles sur mon modeste blog.

     J'ai évidemment accepté. J'adore échanger sur les châteaux forts. Je suis fier de l'avoir dans ce "bateau" qui navigue à travers le temps !

   Croyez moi, vous allez découvrir un monde différent du mien, un ressenti plus architectural.

Faites lui un formidable accueil. 

 

michel-j-02  

 

Département 60 - OISE

  Voyez vous un château fort dans cette verdure ?

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      La commune d'Ermenonville est située à 40km au Nord-Est de Paris, à 35km au Sud-Sud-Ouest de Compiègne et à 17km au Sud-Est de Chantilly.

  Coordonnées du château :

49° 7' 33.445" N 2° 41' 34.037" E
 49.125957°  2.692788°

 

Le château :

     L'extérieur :

Préambule du Chevalier

  Le but de ce blog est de vous montrer des constructions médiévales fortifiées.

    Evidemment, je visite aussi des châteaux d'époques plus récentes, mais je me suis imposé à ne point les faire figurer dans ce blog.

Pourtant, aujourd'hui, ce château va vous étonner par sa "jeunesse" architecturale.

   Je n'ai pas changé de thème, mais je considère que mes articles sont ouverts à toutes les constructions dont une pierre a été posée avant 1492, date théorique de la fin du Moyen Âge en France. C'est le cas pour ce château.

J'espère que ce choc ne vous sera pas fatal.

 Je laisse maintenant la place à messire M.J.

Une ronde tour qui me réjouit déjà 

L'arrivée

       Un peu à la sortie du bourg, proche de la forêt, une tour à la forme ronde explique aux amateurs d'architecture que le château est proche.

  Quelques mètres plus loin, proche d'un parking, une entrée grillagée bien loin des critères défensif du Moyen Âge permet d'entrer dans le parc.

 

La découverte

    Entièrement entouré par les eaux de la Launette et le somptueux parc à l'anglaise créé par René de Girardin au 18ème siècle, le château d'Ermenonville bénéficie d'un cadre exceptionnel.

    Du Moyen-Age, il a hérité de quatre tours circulaires, coiffées de toits à poivrière entre lesquelles est venu s'insérer un corps de logis classique dans la première moitié du 18ème siècle.

   Ce corps de logis, couvert de combles à la française, comporte, sur ses deux façades, un avant-corps central de trois travées.

Les frontons sculptés de bas-reliefs ornent l'ensemble.

   Deux longues ailes en équerre, elles-mêmes composées de deux bâtiments de respectivement trois et cinq travées, bordent la cour d'honneur, coté Sud. Leurs couvertures à la Mansart laisse supposer qu'il puisse s'agir d'agrandissements postérieurs, tout du moins en ce qui concerne la seconde.

   La sobriété décorative des façades latérales fait que les tours moyenâgeuses s'harmonisent parfaitement avec les façades classiques.

   Les divers décrochements de façades sont soulignés par de puissants chaînages en pierres non harpées.

La façade postérieure, orientée au Nord donne sur le parc.

  Un long corps de logis de onze travées, dont un avant-corps de trois travées finement sculpté.

 

Conclusion

   Il est frappant de constater la disparité des divers éléments de façade qui cependant s'harmonisent parfaitement des extrémités vers le centre :

* Des rudimentaires tours d'angle que l'on a cependant percées d'ouvertures.

* La sobriété des façades classiques en maçonnerie enduite où la pierre n'apparaît que dans les encadrements de baies.

* La décoration exubérante des avant-corps avec ces consoles chantournées supportant le balcon à la ferronnerie en courbes et contre-courbes,

* Ces guirlandes sculptées et ces mascarons de style baroque, typiquement 18ème siècle.

 

 

Histoire du château :

* Au 10ème siècle, un premier château est construit.

* Au 12ème siècle (?), comme à Chantilly, les Bouteiller, ces cavistes des rois de France (voir liste), tirent parti de leur richesse pour établir ici une forteresse destinée à contrôler cette zone sensible à la limite des plaines à blé de la Brie et des forêts avoisinantes.

* En 1351, la terre d'Ermenonville change de main. Les seigneurs de Senlis la vendent à Robert de Lorris, mais c'est aussi l'époque de la Jacquerie. Les paysans trouvent refuge dans la forêt d'Ermenonville et mettent le feu au château.

* Au 16ème siècle, les guerres de religion n'ont pas épargné Ermenonville. Les seigneurs d'Ermenonville ont déserté le château. Henri de Navarre va cependant y mettre un terme, aidé dans son entreprise par un de ses fidèles, Dominique de Vic. Il lui fait acheter le château et vient souvent se reposer chez son compagnon.

* Cette famille de Vic va détenir Ermenonville pendant un siècle et demi et le transmettre par alliance aux Lombard qui vont édifier sur les fondations de l'ancien château une construction classique dans le goût du 18e siècle.

* En 1754, les Lombard vendent à leur tour Ermenonville à un riche fermier général de Louis XV (voir liste des rois), René Hatte. C'est le petit-fils de ce dernier, le marquis René de Girardin, qui va transformer les zones marécageuses alentour en un somptueux parc à l'anglaise, en avance sur son temps en quelque sorte.

Il y reçoit, entre autre, Jean-Jacques Rousseau qui apprécie les lieux où il peut "herboriser" tout à loisir.

* Le 2 juillet 1778, Jean Jacques Rousseau décède au château. René de Girardin le fait enterrer au sein même du parc, dans l'île des Peupliers.

* Vers 1792, la Révolution passe avec son cortège d'exactions. Girardin réussit à y sauver sa tête, mais quitte néanmoins son château où les révolutionnaires l'avaient séquestré.

* En 1874, les héritiers de Girardin vendent le domaine à une famille polonaise, les Radziwill.

* En 1927, la mort du dernier représentant de la famille Radzwill scelle le démantèlement du domaine dont le "Parc du Midi" est vendu au Touring Club de France et prend le nom de Parc Jean-Jacques Rousseau.

* Durant ce 20ème siècle, le parc au Nord et le château lui-même vont connaître des fortunes diverses et passer en de multiples mains.

* En 1991, parc et château sont acquis par un important groupe hôtelier au grand soulagement de la population locale, attachée à son château et inquiète sur son avenir.

* En 1992, le film Les Visiteurs utilise le château comme décors.

* En 1996, le château est à nouveau utilisé pour le film : Les Visiteurs II.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur depuis la route est libre et gratuite. La visite du château est interdite sauf si vous réservez une chambre.

 

Les signes médiévaux sont rares, mais le charme opère

 

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18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 07:30

 

Département 02 - AISNE (Thiérache)

 

Le bourg :

Les fortifications sont curieuses !    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Le village de Lavaqueresse est situé 35 km au Nord-Est de Saint Quentin, à 20km au Nord-Ouest de Vervins et à 8 km au Nord-Est de Guise.

   Coordonnées du bourg :

49° 56′ 59″ N 3° 42′ 39″ E
 49.949722°  3.710833°

 

L'église :

     L'extérieur :

La découverte

   Dans la courbe d'une petite rue, coincée par son cimetière, bloquée par un muret, l'église de Lavaqueresse n'est pas mise en valeur et la puissance de ses défenses ne semble pas évidente.

   Pourtant, cette église possède encore quelques beaux détails de ses fortifications passées.

 

L'enquête commence

   Au premier regard, il semble logique de penser que seules les "extrémités" de l'église ont été fortifiées :

* Le chevet (à droite).

* Le clocher (à gauche).

  La nef ne possède pas de trace de système défensif ni de salle de repli.

 Puissance et discrétion sont les caractéristiques de ce chevet

Le chevet

    En faisant abstraction du petit bâtiment "récent" construit en avant du chevet, l'architecture est purement défensive avec 2 imposantes tours d'angle encadrant une courtine sans fenêtre. La présence d'une salle de repli au dessus du choeur est indéniable.

       Quatre détails me surprennent :

1 - Les tours ne possèdent que très peu d'ouvertures de tir.

2 - Un coté du chevet comporte 1 tour ronde, alors que l'autre s'enorgueillit de 2.

Y a t il eu une disparition récente ?

3 - Une tour montre une large ouverture dont la fonction m'échappe.

4 - Une ouverture identique existe sur la courtine entre les tours.

Sont ce les fantômes de bretèches ? (voir vocabulaire)

 

Le clocher

   Par sa hauteur et les dimensions de sa base, le clocher ressemble (un peu) à un donjon de château fort. Mais rapidement je suis surpris par trois détails :

1 - Sa base est en pierres alors que le sommet est en briques (est ce une réhausse du 17ème siècle ?).

2 - Les fentes de tir sont rares.

3 - Une petite tour ronde s'accroche à l'ensemble rectiligne sans que sa fonction défensive soit réelle.

    Ne trouvant pas de réponse logique, je vais tenter d'entrer par ce portail gothique.

 

    L'intérieur :

      Comme souvent durant notre siècle, les églises sont fermées. Celle-ci ne déroge pas à la règle.

  Un panneau m'informe que l'église est visitable certains jours, renseignez vous avant.

 

 

Histoire de l'église :

* Au 16ème siècle (?), construction de l'église.
* Au 17ème siècle, modification de l'église (fortification ?).
* En 1714, modification de l'église (aménagement d'un collatéral).
* En 1927, l'église est inscrite aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Notre Dame de l'Assomption) est libre et gratuite. La visite du clocher, des tours et de la salle de repli est interdite.

 

 

Un clocher fortifié est le secret de cette église

 

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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 07:30

 

Département 02 - AISNE (Thiérache)

 

Le bourg :

Isolée, l'église attend les visiteurs    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      La petite commune de Flavigny le Grand-Beaurain est située à 80km au Sud-Est d'Arras, à 30km Est-Nord-Est de Saint Quentin et à 2km à l'Est de Guise.

    Coordonnées du bourg :

49° 53′ 30″ N 3° 39′ 55″ E
 49.891667°  3.665278°

 

L'église :

     L'extérieur :

La découverte

    Dans la très grande majorité des villages, l'église est au centre, bien réchauffée par les maisons qui parfois s'appuient sur elle.

   Curieusement, la construction religieuse de Flavigny le Grand-Beaurain est isolée, perdue loin de toute civilisation.

Avez vous déjà vu un tel spectacle ?

 

Quelle incroyable architecture !

     En approchant, je vois un bâtiment presque irréel, comme un décor de cinéma, à tel point que ma vue se brouille.

  Je suis dans le royaume de la brique, mais une construction en briques trop parfaite, trop linéaire. Tout semble trop neuf, trop policé.

Avez vous la sensation d'un décor en "carton pâte" ?

  Le chevet ne comporte pas de fenêtre ni vitraux

L'incroyable chevet

   Très souvent, les chevets sont de forme circulaire, ou pentagonale rappelant un peu le demi-cercle classique, avec des vitraux ou des fenêtres avec remplage.

   Je suis stupéfait, l'arrière de Beaurain n'a pas d'ouverture de lumière. Je vois un mur borgne encadré par 2 tours rondes.

  Mon étonnement est encore plus grand en constatant que les 2 tours d'angle n'ont pas les mêmes dimensions ni les mêmes décors (pseudo bande Lombarde).

   Puis 2 autres détails augmentent ma stupéfaction :

* La base des tours est en pierres

* Il n'y a pas vraiment de fente de tir

Est ce un décor de film ?

Ce n'est pas un donjon et pourtant ce n'est pas un clocher

Le clocher

    La nef ne présentant aucun système défensif, je me précipite sur l'imposant clocher. Sa masse et ses dimensions m'impressionnent.

      Que de sensations différentes :

* Sa base étant faite en pierres, le clocher ressemble à un donjon de château fort primitif.

* Les imposants contreforts à larmier très prononcé me rappellent des constructions du 12ème siècle.

* La couleur rouge des briques aux étages adoucit la rudesse de sa masse.

* La douceur est renforcée par la petitesse des 2 tours flanques coté nef.

 

Analyse du clocher

  Les systèmes défensifs sont nombreux sur ce clocher :

* En partie supérieure, des fentes de tir pour fusil.

* En partie basse, non pas une canonnière mais une fente de tir à ébrasement (voir vocabulaire) extérieur important.

* En partie basse des tours rondes, des fentes avec un angle de tir important en horizontal.

* En partie haute des tours, des fentes avec angle de tir important.

 

Je souhaite entrer

  Il semble évident que la porte d'entrée de cette église soit à la base du clocher-donjon. La partie supérieure comporte les classiques fentes de tir pour fusil, mais je distingue aussi  3 corbeaux.

Pensez vous qu'une bretèche existait ?

 

    L'intérieur :

  Timidement, je pousse la porte et un monde bien différent s'offre à moi. La sobriété des décors et de l'architecture tranche par rapport à la fonction défensive.

 Je ressors sans avoir pu visiter les tours et de clocher-donjon. En regardant l'horizon, je comprends la fonction de guet de cette église du Thiérache.

 

 

Histoire de l'église :

* Au 16ème siècle, construction d'une église.
* Au 17ème siècle, modification de l'église.
* Durant la 1ère guerre mondiale, les bombardements détruisent partiellement l'église.
* En 1927, l'église est inscrite aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Sulpice et Saint Médard) est libre et gratuite. La visite du clocher et des tours de défense est interdite. 

Rondeur et linéarité se conjuguent curieusement

 

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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 07:30

 

Département 02 - AISNE (Thiérache)

 

Le bourg :L'architecture de l'église est curieuse

    Situation :  (le voir sur une carte)

      Le petit village de Vigneux-Hocquet est situé à 50km au Nord de Reims, à 12km au Sud-Est de Vervins et à 8km au Nord-Nord-Ouest de Montcornet (voir son église fortifiée).

    Coordonnées du bourg :

49° 44′ 20″ N 3° 59′ 28″ E
 49.738889°  3.991111°

 

L'église :

     L'extérieur :

La découverte

   Isolé au milieu de son cimetière, le long de la rue de l'église (Haaa, j'apprécie quand les voies communales me facilitent la recherche), l'architecture de cette construction n'est pas classique pour un bâtiment religieux. Je pressens que mon plaisir de castellologue-amateur va être au paroxysme.

 

Première analyse

     Dans cette région de brique, l'utilisation de la pierre est étonnante. Même si des ajouts ont été réalisé avec ce matériaux rouge, c'est le gris-blanc qui domine.

  L'église comporte 3 bâtiments de forme et de construction bien différentes :

1 - Sur la gauche, un clocher-tour massif.

2 - Au centre, la nef qui ne présente pas de caractéristique défensive.

3 - Sur la droite, un chevet fortifié.

Quelle puissance pour une chevet d'église !  J'ai l'impression d'être devant une fortification datant de la même période mais ayant eu 2 architectes qui n'ont pas coordonné leurs travaux.

Est ce le résultat d'un concours "de beauté" ?

 

Le chevet : La découverte

   Bien qu'ayant déjà vu un chevet fortifié dans cette région (voir Renneval) je suis surpris par la force brute. Cette sensation est certainement due aux contreforts à larmiers mais aussi à la forme pentagonale.

Les consolidations en briques sont elles dues aux guerres et batailles ?

 

Le chevet : Les défenses en encorbellement

    Évidemment la fonction défensive est très marquée sur ce chevet. Certains murs comportent une construction en encorbellement.

 Ces bretèches (voir vocabulaire) aux dimensions différentes suivant les façades, prouvent l'existence d'une salle de repli au dessus du chevet 

Se poursuivait elle au dessus de la nef ?

Quel beau vestige de bretèche !   La nef actuelle étant récente, la réponse est "Non", mais peut être qu'au 16ème siècle la réponse était "Oui".

 

Le chevet : Les fentes de tir

   Une bretèche est un dispositif pour une défense verticale. Même s'il existe des bretèches avec fente, elles n'ont qu'une fonction défensive limitée.

   Pour éviter que les assaillants approchent, il faut leur tirer dessus. Les façades possèdent des fentes de tir pour fusil plus ou moins imposantes et efficaces. Certaines avec un ébrasement extérieur augmentant l'angle de tir.

  Même si ce chevet n'a pas l'efficacité des tours défensives des châteaux forts (angle mort, pas de tir rasant), cette masse a du faire réfléchir plus d'un assaillant.

 

Le chevet : La tour 

   En contournant le chevet, je découvre une autre forme de défense. Certes, cette tour n'a pas la puissance ni l'efficacité d'un donjon mais avec ses fentes, elle permet à des tireurs de mieux défendre les courtines.

  Évidemment, votre perspicacité a déduit que cette ronde construction est une tour escalier.

Un clocher-donjon très primitif

 

  Le clocher

     A l'autre bout de l'église trône une autre construction défensive. Je suis fasciné par sa forme brute, son architecture presque grossière avec ses contreforts droit aux angles. j'ai l'impression de voir un donjon borgne comme au 11ème siècle.

   Pourtant avec un peu d'attention, il est possible de voir une fente de tir ainsi que les vestiges d'une construction en encorbellement.

Était ce une bretèche ou des latrines ?

   Qu'importe, ce clocher-donjon a été l'un des systèmes défensifs de cette incroyable église fortifiée du Thiérache.

 

    L'intérieur :

  Comme souvent durant notre siècle, les églises sont fermées. Celle-ci ne déroge pas à la règle.

 

 

Histoire de l'église :

* Au 14ème siècle, construction du donjon.
* Au 16ème siècle, la région étant peu sure, les abbés  décident de fortifier le chevet de l'église.
* Au 19ème siècle, la nef est reconstruite (à vérifier).
* En 1887, les communes de Vigneux et Hocquet sont regroupées.
* Au 20ème siècle, une association de sauvegarde de l'église est créée.
* En 1987, une partie de l'église est inscrite aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Martin) est libre et gratuite. La visite du clocher et des fortifications est interdite.

 

2 tours peu semblables

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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 07:30

 

Département 02 - AISNE (Thiérache)

  Peu haute mais massive !

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Le village de Wimy est situé à 28km à l'Est-Nord-Est de Guise, à 13km au Nord-Est de Vervins et à 7km à l'Ouest d'Hirson.

      Coordonnées du bourg :

49° 56′ 2.72″ N 3° 59′ 57.43″ E
 49.93409°  3.999286°

 

L'église :

     L'extérieur :

La découverte

   En découvrant l'église dans son tapis de verdure, je pressens qu'elle comporte 2 parties distinctes :

* Une nef et un choeur non fortifiés et "récents".

* Une entrée très fortifiée.

   La différence de matériaux et de constructions entre "le bloc d'entrée" et la partie réservée au culte est flagrante.

  Donjon fortifié et tour d'angle, quelle magnifique église !

L'enquête commence

   Entre la nef et la tour ronde, je distingue une construction un peu plus haute et moins large. Elle ressemble à un donjon. Avec un peu d'attention, il est possible de voir à la base 2 fentes de tir verticales. A l'étage, 2 autres fentes confirment mon idée d'une salle de repli.

  Mais en regardant un peu mieux l'architecture de cette contruction cubique sans fenêtre, je penche pour un bâtiment de repli et de défense

 

Les tours défensives

    Posées sur un lit de pierres, les tours rondes en briques possèdent de nombreuses fentes de tir. Curieusement sur chaque niveau, elles sont asymétriques en quantités et dimensions.

   Dans les niveaux inférieures, les fentes sont assez hautes et  peu rapprochées. Mais au sommet, elles sont petites, alignées et très rapprochées.

Pourquoi cette différence ?

 

Protection de la porte

    Bien que la porte ne possède pas (ou plus) de système défensif rapproché comme une bretèche (voir vocabulaire) sa protection est assurée par les tours aussi bien par des fentes en hauteur que par des ouvertures pour tir rasant.

  Si les défenseurs somnolent à l'intérieur, je pense pouvoir entrer dans cette église.

 

    L'intérieur :

      Quelle chance, la porte s'ouvre et me laisse imaginer les beautés défensives que je vais découvrir. Hélas, l'accès aux tours est impossible, j'erre donc dans la contre-allée. Rapidement, je constate que l'intérieur a été refait et ne me transporte pas 5 siècles en arrière.

 

 

Histoire de l'église :

* Au 16ème siècle, construction de l'église avec ses fortifications.
* En 1989, l'église est inscrite aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Martin) est libre et gratuite. La visite des fortifications est interdite. 

 

L'église a t elle dissuadé une attaque de quelques malandrins ?

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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 12:00

 

Département 02 - AISNE (Thiérache)

  Mon Graal est au bout de la route

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Le village de Parfondeval est situé proche de la frontière avec le département des Ardennes, à 22km au Sud-Est de Vervins, à 12km au Nord-Est de Montcornet (voir son incroyable église) et à 4km au Sud de Brenehamel.

   Coordonnées du bourg :

49° 44′ 30″ N 4° 9′ 38″ E
 49.741667°  4.160556°

 

L'église :

     L'extérieur :

La découverte

    Comme dans de nombreux bourgs de cette région, c'est la dominante rouge-brique qui surprend votre Chevalier des Montagnes (si habitué au gris-pierre). L'église, au bout de la linéaire route, se fond avec la couleur locale, mais sa puissance est si grande que je suis attiré vers elle.

Va t elle continuer à me surprendre ?

  En joue.... Feu !

L'enquête commence

   La 1ère curiosité est le rempart semblant protéger l'église. De nombreuses églises, comportant souvent un cimetière, sont entourées d'un petit muret qui n'est point muraille, mais celle de Parfondeval a une entrée défensive et un rempart transformé en habitations.

    La face arrière ne semble pas avoir été fortifiée, bien qu'il y ait une ouverture sous le toit rappelant une salle de repli. Mais mon imagination est si fertile que je ne n'aventurerai pas plus loin.

 

Le clocher

   Avec une vue latérale, il semble évident que le clocher est la construction principale de la défense. Les bouches à feu et les fentes de tir pour arme à feu sont nombreuses, sur plusieurs niveaux et couvrant 270°. De plus, avec un ébrasement (voir vocabulaire) extérieur important, l'angle de tir est amélioré.

 

Le portail d'entrée

   Le portail d'entrée est fascinant. La douceur des sculptures et la beauté des motifs contrastent avec la puissance militaire des tours. L'opposition du blanc et du rouge renforce m fascination pour cet édifice unique.

Un portail renaissance entre 2 tours défensives

  Je suis étonné par la construction en encorbellement reliant les 2 tours d'angle.

Était ce un chemin de ronde ?

Si oui, pourquoi n'y a t il aucune fente de tir sur cette large façade ?

 

Je vais entrer

    Quelle chance, la porte est ouverte. Je vais pouvoir dévorer cette église fortifiée. Mais avant, il me faut montrer "patte-blanche" car d'imposants systèmes de tir protègent l'entrée.

Quelle curieuse ambiance guerrière !

  Est ce du à mon instinct de Chevalier ou à mon habitude des visites de sites fortifiées, mais j'ai eu le réflexe de lever la tête et... ?

C'est l'incroyable surprise.

 Comme pour un château fort, l'entrée est protégée par un assommoir.

 

    L'intérieur :

Dans le clocher

   En entrant dans le hall, je suis surpris par la forme ronde du plafond.

A quoi servaient ces 4 orifices  ?

  Les 3 petits devaient recevoir les cordes pour sonner les cloches. Le plus imposant ressemble à une ouverture pour monter, par une échelle rétractile, dans la salle de repli. Ce système est classique dans les donjons "primitifs des châteaux forts"mais peu habituel dans un édifice religieux

 

L'accès aux tours

    Et comme je m'y attendais, il y a une porte donnant accès à l'une des tours, hélas fermée. L'autre angle possède aussi une porte close pour la 2ème tour.

Ne pourrai je point voir les entrailles ?

   Au Chevalier Dauphinois, rien est impossible. En me hissant sur la pointe de mes chausses et en "lançant un oeil" dans une ouverture de tir, je vois la lumière jaillissante d'une bouche à feu avec un ébrasement intérieur important.

   L'intérieur des tours est sobre, sans escalier et sans cheminée, point de salle de garde en ce lieu. Mais une question se pose :

Y avait il un passage entre la salle de repli et les tours ?

1 - Si OUI, à quoi pouvait servir l'orifice au plafond dans la hall d'entrée ?

2 - Si NON, les défenseurs dans les tours étaient ils enfermés durant de longues heures ?

3 - A moins que la porte du bas ne mène que dans la salle basse, chaque étage étant isolé ?

Cette église fortifiée est aussi complexe que mes habituels châteaux forts !

 

Quelle incroyable ambiance !

    Heureux de mes découvertes défensives, je pénètre dans l'enceinte religieuse avec plus de bonheur. Soudain, c'est le choc.

Vous attendiez vous à cette lumière ?

  En plus de la lumière diffuse et intimiste, il y a l'odeur du bois mélangée à celle des matériaux solides dans les contre-allées.

Quelle incroyable église, de plus fortifiée !

 

 

Histoire de l'église :

* Au 16ème siècle , construction de l'église avec des fortifications.
* Au 17ème siècle, il semble que des modifications soient effectuées sur l'église (à vérifier).
* A la fin du 18ème siècle, l'église est remaniée. Les tours arrières sont détruites et 2 contre-allées sont aménagées.
* En 1995, l'église est classée aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église dédiée à Saint Médard est libre et gratuite. La visite du clocher et des fortifications est interdite. 

 

Odeurs de bois, de cire et de bougie

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 06:30


Département 02 - AISNE (Thiérache)

  Le jour se lève sur cette église fortifiée de la Thiérache

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Le petit village de Lugny est situé à 47km à l'Est-Sud-Est de Saint Quentin, à 26km au Nord-Nord-Est de Laon et à 10km au Sud-Ouest de Vervins.

       Coordonnées du bourg :

49° 46′ 52″ N 3° 48′ 38″ E
 49.781111°  3.810556°

 

L'église :

     L'extérieur :

La découverte

     C'est au petit matin du début de printemps que je découvre, les yeux encore un peu embués, la masse rouge de l'église fortifiée de Lugny. Elle fait parti du circuit des églises du Thiérache, une incroyable région de l'Aisne où se concentrent de nombreux bâtiments religieux avec des systèmes défensifs.

Celle-ci va-t-elle me subjuguer ?

 

L'enquête commence

   Plutôt que de me précipiter vers la haute structure, je prends un peu de recul pour comprendre l'église. Bien que la construction ne possède pas de transept, je perçois des bâtiments entrelacés de tailles différentes. Ce type de construction n'est point facilement défendable.

C'est très curieux. Un enchevêtrement de bâtiments rouge... C'est curieux !

   En contournant l'église je constate qu'un bâtiment se colle à la nef comme une "moitié de transept". Cet enchevêtrement de bâtiments est surprenant pour une église et ne facilite pas la défense.

 

Est ce une église fortifiée ?

  Mon dictionnaire des fortifications médiévales aurait-il commis une erreur en m'indiquant une église fortifiée en ce lieu ?

   Les fenêtres très larges et trop basses ne sont pas défendable et ne dispose pas de bretèche (voir vocabulaire).  Enfin, sous le toit, il n'y a aucune trace de salle de repli.

Mais où sont les défenses ?

 

La rouge tour marque son territoire par sa puissanceQue me dites vous ?

   "Chevalier Dauphinois, nous prends tu pour des naïves ?" pestent les jolies princesses derrières leurs écrans roses.

  "Dis donc Chevalier, N'aurais tu pas vu le haut clocher ?...pffff " grommellent les Princes en astiquant leurs armures.

  Oupsss  ... Je voulais faire durer un peu le suspens, mais je m'aperçois que vous êtes très perspicaces.

 

Le clocher

     Collé à la nef, le clocher en briques est la seule construction défensive. Il est même surprenant de voir les contreforts s'encastrant dans le toit de la nef.

Le clocher serait donc antérieur à l'église ?

    Avec ses larges et profonds contreforts d'angle à larmiers, ce clocher impressionne, mais je suis surpris par le manque de multiple système défensif.

    La rupture de linéarité par  les arcades aveugles est une bonne idée esthétique mais ne sert à rien contre un ennemi. Haut perché, une petite ouverture verticale devait servir de fente de tir dans la salle de repli.

 

    L'intérieur :

  Comme souvent durant notre siècle, les églises sont fermées. Celle-ci ne déroge pas à la règle.

 

 

Histoire de l'église :

   Je n'ai aucune information historique sur cette église.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église dédiée à Saint Quentin est libre et gratuite. La visite du clocher est interdite.

 

Un paysage bucolique qui ne l'était pas il y a 800 ans

 

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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 06:30

 

Département 02 - AISNE (Thiérache)

  Oserais je dire que cette église n'en fait voir de toutes les couleurs ?

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      La petite commune de Nampcelles la Cour est située à 15km au Nord de Montcornet (voir son église), à 12km au Sud-Est de Vervins (voir son église) et à 4km au Sud de Plomion.

    Coordonnées du bourg :

49° 46′ 45″ N 4° 0′ 14″ E
 49.779167°  4.003889°

 

L'église :

     L'extérieur :

La découverte

    Posée sur une petite butte, survolant le village, l'église ne laisse pas indifférent le passant et encore moins le Chevalier-Castellologue. En la découvrant blanche et rouge, je me pose une double question :

Est ce une église accrochée à un donjon ?

Ou est ce un clocher fortifié ?

 

L'enquête commence

    La brique, le matériau régional des constructions, est utilisée pour la partie classique de l'église (nef et choeur).

   Au bout de la nef, à la place d'un transept, apparaît une ronde tour rouge. Ce n'est évidemment pas la sacristie mais une tour de défense avec quelques vestiges de fentes de tir.

   Sur l'autre face, en faisant abstraction du bâtiment parallélépipédique sur le devant, je retrouve la même symétrie. Mais en regardant ce haut bâtiment à droite (le choeur ?) une question me vient :

Ces tours comporteraient-elles un escalier desservant une salle de repli au dessus ?

 Rouge et blanc sont ses couleurs !

Le clocher-donjon

   Bien d'intéressantes, les 2 tours rondes font pales figures face à la puissance du clocher-donjon. Le contraste des couleurs ainsi que de la pierre face à la brique me fait penser que ces 2 architectures n'ont pas été construites à la même époque. J'opte pour une église qui s'est accrochée au donjon. Mais cela soulève une question :

A qui appartenait le donjon ?

 

Le système défensif

    Avec ses hauts et droits contreforts, le donjon parait puissant. Curieusement, ces ajouts d'angle ne facilitent pas la visée des défenseurs (une architecture défensive est toujours un compromis entre efficacité et solidité).

    Cette ouverture (double ?) ressemble plus à un puits de lumière qu'à une archère. Proche de la base, une fente de tir pour fusil possède un ébrasement (voir vocabulaire) extérieur assez peu conventionnel au Moyen Âge.

 

La fente mystérieuse

   Légèrement au dessus de la nef, une fente attire mon attention. Sa petitesse m'informe que ce n'est point une archère, mais en plus, elle semble construite dans  le contrefort (qui pourtant n'est pas très épais) :

Quel est donc ce mystère ?

  Pour comprendre cette "énigme" architecturale, il suffit de regarder l'autre face du contrefort. Une construction semi-circulaire s'adosse au contrefort. Ce devait être une tour-escalier.

 

Dernier regard sur le donjon

  Cette église fortifiée de la Thiérache est fascinante. Elle semble faire de morceaux d'architecture disparate et de matériaux (presque) de récupération, pourtant l'ensemble est homogène et beau.

Êtes vous aussi fascinés que moi ?

 

Je vais entrer

  Il est temps maintenant d'entrer dans l'église. Au dessus de la porte, le vitrail surprend sur ce donjon. J'opte pour une bretèche (voir vocabulaire) détruite pour amener la lumière dans l'église.

Êtes vous en accord avec ma supposition ?

 

    L'intérieur :

      Comme souvent durant notre siècle, les églises sont fermées. Bien que celle de Nampcelles La Cour ne soit pas réellement ouverte, j'ai la chance ce jour de pouvoir regarder ses entrailles à travers un grillage. Je ne vois hélas aucun indice me permettant de mieux comprendre cette incroyable église fortifiée.

 

 

Histoire de l'église :

* Au 16ème siècle (?), construction de l'église.
* En 1934, le clocher et les tours sont inscrits aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église est libre et gratuite. La visite du clocher et des tours est interdite.

 

Est ce une église greffée à un donjon ?

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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 06:30

 

Département 02 - AISNE (Thiérache)

 

Le bourg :

La masse fortifiée de l'église se détache au petit matin    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Le petit village de Renneval est situé à 55km au Nord de Reims, à 13km au Sud-Est de Vervins et à 7 km au Nord-Nord-Est de Montcornet (voir son église fortifiée).

   Coordonnées du bourg :

49° 44′ 28″ N 4° 2′ 58″ E
 49.741111°  4.049444°

 

L'église :

     L'extérieur :

La découverte

     Après plusieurs jours passés dans le département de l'Aisne à voir des maisons de couleur rouge, des pigeonniers rouges et des églises rouges, je suis à la recherche d'un bâtiment religieux fortifié évidemment en briques... rouges.

Et là, c'est le choc !

  Au centre du village trône un haut bâtiment non pas rouge mais....en pierres grises.

Est ce l'église fortifiée que je cherche ?

 

Première analyse

    En observant rapidement l'église, je comprends que la nef, bien que possédant de puissants contreforts, est classique et n'est point fortifiée. Par contre le bâtiment comportant au sommet le clocher avec ses abat-sons semble plus intéressant. Le plus surprenant, ce n'est point l'entrée actuelle qui soit défendue mais le choeur de l'église.

Incroyable n'est ce pas ?

 Puissance et diversité sont les règles de cette église fortifiée

Deuxième analyse

    La richesse défensive du choeur m'impressionne :

1 -  En partie basse, il y a des ouvertures de tir pour arme à feu avec un ébrasement (voir vocabulaire) large à l'extérieur augmentant l'angle de tir.

2 - En haut du mur, d'autres ouvertures de tir (identiques à celles du bas) prouvent l'existence d'une salle de repli.

3 - Dans l'angle une tour de défense avec de fines fentes verticales (avec une ouverture circulaire au centre pour le canon du fusil) disposées sur la hauteur et la périphérie.

 

Encore plus surprenant !

    Je prend un peu de recul pour admirer l'ensemble et voir si le système défensif est efficace et logique. Quand soudain je vois 2 détails surprenants.

1 -  Je m'attendais évidemment à une autre tour dans l'angle, mais sa forme et surtout ses systèmes de tir sont différents.

  - Pour la partie basse, il ressemble à ceux de sa tour presque jumelle

  - Pour la partie haute, ils sont similaires à ceux de la courtine.

Incroyable n'est il pas ?

2 -  La façade possède un système défensif que je n'imaginais pas à cet endroit.

 

Coup de coeur pour ce choeur !

  J'ai vu et photographié plusieurs centaines d'églises fortifiées, je peux donc affirmer avec certitude que le mur extérieur du chevet est l'un des plus fascinants que j'ai pu observer.

   Il y a :

1 - En partie basse, une puissante fente de tir avec un large ébrasement à l'extérieur.

2 - Une fente de tir identique en haut.

3 - Et une incroyable construction en encorbellement. Si c'est une bretèche, elle ne défend aucune porte en dessous.

Était ce les latrines communiquant avec la salle de repli ?

 

    L'intérieur :

       J'ai hâte de déguster l'intérieur et de comprendre le système défensif. Je me précipite vers la porte coté nef.

Comme souvent durant notre siècle, les églises sont fermées. Celle-ci ne déroge pas à la règle. Qu'importe, cette église est une des plus extraordinaires merveilles du Thiérache.

 

 

Histoire de l'église :

* Au 12ème siècle, construction de l'église.
* Au 16ème siècle, la région étant peu sure, les abbés du Chapitre de Rozoy décident de fortifier l'église.
* En 1927, le choeur de l'église est inscrit aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église est libre et gratuite. La visite des fortifications est interdite.

 

Ce lieu est digne d'un conte de fée

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