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Ombre et lumière

24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 07:30

 

Département  40 - LANDES

 

Le bourg :Avez vous la coquille pour visiter cette église ?

    Situation  (--> le voir sur une carte)

        Le bourg de Bougue est situé à 9km à l'Est de Mont de Marsan et à 8km à l'Ouest de Villeneuve de Marsan.

   Coordonnées du bourg :

43° 53′ 28″ N 0° 23′ 29″ W
 43.891111°  -0.391389°

 

L'église :

    L'extérieur :

La découverte

    Le chemin vers Compostelle passant par Mont de Marsan possède de nombreuses églises fortifiées. Il me suffit de suivre les Coquilles pour me pâmer à chaque étape devant des merveilles.

Mais où se trouve celle de Bougue ?

   Il est impossible de ne pas voir cette église tant elle est majestueuse et magnifique dans son écrin de verdure.

Mais est elle fortifiée ?

  Les contreforts sont peu puissants, les fenêtres trop basses, les fentes de tir inexistantes. Je pressens un jeu de piste.

 

L'enquête commence 

    Quand j'ai un doute, je prends un peu de recul pour comprendre l'architecture globale. Et ma "logique" est récompensée.

Voyez vous la raison de ma satisfaction ?

    Sur la droite, un clocher curieusement bas possède 2 ouvertures coté nef. Ce ne sont pas des portes à cause de la faible hauteur.

Ne serait ce point un reste de crénelage ou un vestige d'un chemin de ronde ? 

 

Puissance et grâce sont les qualités de cette église fortifiée

Le clocher-donjon

   Je contourne rapidement l'édifice pour découvrir non pas une simple tour de guet mais un puissant "donjon" trapu. Contrairement à de nombreuses églises, ce clocher n'est pas haut dans le ciel mais ramassé sur lui même pour mieux recevoir les coups de buttoir des attaquants. (oups.. désolé, mon imagination m'emporte au Moyen Âge).

Avez vous remarqué les pierres ?

    Évidemment, je n'attire pas votre regard sur la corniche avec les boules, mais des différentes qualités de pierres.

   Je suppose que la tour a été surélevée (position des "modillons" et différence de taille de pierre) puis a été consolidée rapidement après des attaques (moellons de grès de dimensions aléatoires mélangés à de la brique et des galets; L'ensemble est noyé dans un mortier).

 

Interrogation !

"Chevalier, que penses tu de la position du cadran solaire ?".

      Vous avez raison de m'interpeller, savantes lectrices et cultivés lecteurs, un cadran solaire est souvent positionné au Sud. Cela signifie que cette église n'est pas dans le classique Est-Ouest, mais curieusement Nord-Sud.

 

Les défenses

     L'ouverture centrale correspond à un créneau, il est encadré par 2 archères cruciformes dont la partie centrale (horizontale) me semble trop étroite pour être efficace dans le jet de flèche.

Est ce du à une mauvaise reconstruction ?

N'y a t il que cela pour défendre la tour ?  

    Que nenni. En me "penchant" un peu, j'aperçois une fente de tir (je n'ose la nommer archère (voir vocabulaire) car elle est trop petite pour ce type de construction), puis sur la face à 90°, une autre fente de tir. Bien que le nombre de système défensif semble faible, l'ensemble est homogène et sécurise les 3 faces.

La 4ème possède-t-elle un mur vierge de défense ?.

    Évidemment non, cette dernière a son lot de système de tir et de surveillance.

"Chevalier, cette façade est elle avec des petites pierres taillées comme des briques ?"

    Vous avez raison, cette face est construite comme les 3 autres. Étant positionnée à l'Est, elle était à l'ombre lors de ma visite. Conséquence, l'image était terne. J'ai voulu (grâce à un logiciel photo) lui donner un peu de lumière et de vie pour sublimer les défenses. 

 

    L'intérieur :

       Comme souvent durant notre siècle, les églises sont fermées. Celle-ci ne déroge pas à la règle, point de porte ouverte il y a.

 


Histoire de l'église :

* Au 12ème siècle, construction d'une église.
* Au 14ème siècle, l'église et l'abbaye sont fortifiées.
* Au 16ème siècle, les protestants attaquent et détruisent l'abbaye. L'église est partiellement ruinée.
* En 1854, l'église est remaniée. La tour de défense est transformée en clocher. Un porche est aménagé. L'auvent est soutenu par des colonnes provenant d'un retable du 18ème siècle.
* En 1997, l'église est inscrite aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Candide) est libre et gratuite depuis la place du village. La visite du clocher est interdite.

 

Une église unique doit avoir une représentation unique

 

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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 07:30

 

Département  40 - LANDES
 

Le bourg :

Voyez vous des systèmes défensifs ?   Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Le bourg de Lesperon est situé à 40km à l'Ouest de Mont de Marsan, à 30km au Nord de Dax et à 10km au Nord-Est de Castets.

   Coordonnées du bourg :

43° 58′ 15.96″ N 1° 5′ 32″ W
 43.9711°  -1.092222°

 

   Toponymie :   (petite initiation)

        Lesperon tire son nom de "éperon". Ce bourg est situé sur un petit promontoire protégée par le ruisseau nommé : le Vignacq. 

 

L'église :

    L'extérieur :

Pourquoi suis je venu dans ce bourg ?

    Il y a quelques années, j'avais lu une phrase :

"A Esperon, qui veut tirer à Navarre, faut prendre à main gauche et passer la Biscaye".

   Ne soyez pas effrayé, ceci n'est point une énigme de Nostradamus, ni un envoûtement diabolique. L'explication est rationnelle et médiévale bien sur.

    Au Moyen Âge, les pèlerins se rendant à Compostelle pouvaient bifurquer dans ce bourg pour passer soit par la Navarre puis Ronceveaux, soit par le Labourd.

 

La découverte

    Arrivée dans le bourg, je ne vois que le chevet de l'église. Certes, il possède de nombreux contreforts à larmiers mais cela ne constitue pas un système défensif.

Cette église a t elle été fortifiée ?

 

L'enquête commence

     En prenant un peu de recul, j'aperçois au loin un clocher massif.  En regardant avec attention l'arrière du clocher, il me semble voir une porte (ouverture) avec des tuiles en partie supérieure.

La porte du clocher accédait elle à un chemin de ronde ?

Ou une salle de repli au dessus de la nef (aujourd'hui disparu) ?

Puissance, force, rusticité !

 

Curiosité sur le coté du clocher-tour

    En poursuivant ma recherche d'indice, je suis en admiration devant cette masse avec une verrue quadrangulaire. Je suppose que cette construction avancée est une tour-escalier avec des ouvertures de lumières.

   En regardant mieux, j'ai l'impression que ces carrés pouvaient servir de canonnières.

Avez vous remarquez la curiosité à gauche ?

   Il y a une bretèche qui ne protège rien en dessous  . Les aménagements des siècles ont peut être changer l'architecture de l'église. Deux indices me le prouvent :

  1 - Sous la bretèche, un petit muret arasé n'est pas logique dans cet angle proche de la tour escalier

  2 - Sur une autre façade, le récent parement extérieur est tombé laissant voir la pierre d'origine. L'ouverture sous la bretèche a peut être été cachée par les récentes modernisations esthétiques ?

   

 La puissance du clocher-tour

    Évidemment, je suis en extase (le mot n'est pas assez fort) devant ce "Donjon".

Quelle majesté !

    Avec ses 2 contreforts d'angle et ses deux autres sur la façade, le clocher-tour n'a pas la grâce de ses congénères Gothiques mais il dégage une telle force qu'il fait mon admiration !

   Son asymétrie est surprenante (l'angle différent des 2 contreforts externe et la position à gauche de la porte. Même la bretèche est curieuse en s'appuyant sur un seul contrefort).

   Je ne me l'explique pas.

Avez vous une hypothèse ?

    Évidemment une bretèche défendant un toit est anachronique, mais ceci est du à la construction récente d'un porche avancé.

 Religieux est mon silence en ce lieu

    D'autres curiosités architecturales prouvent des aménagements "récents". Par exemple, les nombreux corbeaux tristes de ne plus soutenir des hourds (voir vocabulaire).

 

   L'intérieur :

      En franchissant le seuil de l'église, je sais que la visite du clocher-tour me sera impossible. L'entrée est gardée par une porte et une "dame" vêtue de blanc me prie de ne point pénétrer.

    Alors, j'erre lentement dans ce lieu de beauté aux couleurs chaudes, aux saints multiples, aux anges prieurs, aux colonnes décorées d'or et à l'autel où trône le vaillant Saint Georges terrassant le dragon.

 

 

Histoire de l'église et du bourg :

* En 1273, un texte mentionne la présence d'un village : Arnoldus de Lesperon de Parrochia, in Borno, reconnaît devoir certaines redevances à Edouard Roi d'Angleterre et Duc (voir titre de noblesse) d'Aquitaine.

* En 1305, Amanieu d'Albret achète la paroisse de Lesperon et fait construire un château (à vérifier).

* Mais durant le premier quart du 14ème siècle, le château devient un repaire de brigands rançonnant les passants et les pèlerins. Edouard II Roi d'Angleterre signale ce fait à Olivier Ingham, sénéchal de Gascogne.

* Au 14ème siècle, construction de l'église.

* Au 15ème siècle, construction du clocher-tour.

* En 1970, l'église est inscrite aux Monuments Historiques.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église est libre et gratuite depuis la place du village. La visite du clocher et des fortifications est interdite.

 

Quelle beauté !

 

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6 janvier 2015 2 06 /01 /janvier /2015 07:30

 

Département  40 - LANDES

Le bourg :

C'est par là, Chevalier !   Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Le bourg de Montaut est situé à 20km au Sud-Ouest de Mont de Marsan et à 5km à l'Est de Mugron.

  Le hameau de Brocas est à 2km au Sud du bourg fortifié de Montaut.

      Coordonnée de l'église :

43° 43′ 7.06″ N 0° 40′ 20.56″ W
 43.718629°  -0.672376°

 

L'église :

    L'extérieur :

La découverte

    "Église Romane de Saint Pierre de Brocas" : Ce panneau signifie que l'église a au minimum 8 siècles (comme moi), mais cela ne prouve pas que la construction soit fortifiée.

Vais je revenir bredouille ?

   Que nenni, car heureusement j'ai un secret : Chuuut, je vous le livre ici.

 

L'enquête commence

     En découvrant l'église, je ne remarque que les contreforts. Ils sont présents en nombre le long de la nef et contre le chevet. Il est vrai que les murs composés de pierres petites, pauvrement taillées et  moyennement jointives ont besoin d'un soutient. De plus, cette église a été construite avec de la "pierre de Saint Aubin". Ce matériaux est hélas très fiable et ne résiste pas aux intempérie donc aux années.

    L'enquête continue. Même si des bâtiments ont été ajoutés après la construction de l'église Romane, les contreforts d'angle n'ont pas été enlevés tant ils consolident les mur  si friable.. 

    Pour un médiéviste, le nombre important de contreforts n'est pas une preuve de fortification.

Y a t il un système défensif sur cette église ?

 

J'ai des doutes

    Je cherche   entre les contreforts une trace (même obturée) de fente de tir. Hélas, mes yeux exorbités de Chevalier Castellologue ne voient rien. J'inspecte avec minutie le mur sous le toit espérant voir les vestiges d'un chemin de ronde avec crénelage ou archère. Mais c'est le désespoir qui est mon compagnon.

    Pourtant, je note  une curiosité architecturale (qui aura son importance dans quelques chapitres... Mystérieux je suis n'est il pas ?). Si je fais abstraction du bâtiment rectangulaire devant moi (construit quelques siècles après l'église Romane), la nef semble comporter 2 parties, comme s'il y avait 2 nefs ou 2 absides distinctes de dates de construction différentes. L'une semi-circulaire, l'autre polygonale. 

Un clocher-tour très trapu 

Que de défenses !

    Quand je doute, je prends du recul. Et comme par magie, un immense bonheur m'enflamme au point que je saute de joie !

  J'ai envie de courir vers elle pour la dévorer, mais je sais qu'il faut séduire la belle et la comprendre (voir explication) alors, de loin je la déguste des yeux.

 

1ère analyse de la tour

    Avant de faire l'inventaire du système défensif, j'observe la tour flanque polygonale sur le coté Sud du clocher.

   Ce type de construction extérieur contenant un escalier est assez courante dans la région. Un historien en architecture spécialisé dans l'Aquitaine a affirmé que c'est une caractéristique Anglaise au 14ème siècle.

   

 Analyse globale de la tour

 Nombre de châteaux ne possédaient pas une belle tour !     Si je fais abstraction des bâtiments avancés construits quelques siècles après l'église Romane, je vois une tour carrée avec un puissant et large contrefort. Cela me rappelle certains murs boucliers de châteaux forts.

   Au dessus, 2 fines archères droites à travers lesquelles je crois discerner un important ébrasement (voir vocabulaire). Sur les 2 niveaux supérieurs, les 3 ouvertures ressemblent plus à des fentes de tir pour arme à feu qu'à des archères.

    La différence de taille des pierres et de leur nature me fait penser à une surélévation ultérieure, à moins que cela soit l'aménagement d'un chemin de ronde couvert (mais supposition cela est car je ne vois pas d'ancienne trace de crénelage).

 

 Le crénelage

     Sous un toit à faible pente, le crénelage est très curieux. Il est certes obstrué d'un grillage pour éviter les "attaques" des assaillant à plumes du 21ème siècle, mais :

1 - L'asymétrie merlons-créneaux me surprend. Surtout que l'évidement est très important pour une construction médiévale.

Le créneau permettait il plusieurs archers en même temps ?

2 - Peut être que les imposants créneaux comportaient un mantelet en bois (voir vocabulaire).

Dans ce cas, où sont les corbeaux soutenant les axes de rotation ?

3 - La partie vide (créneau) comporte une archère en dessous. A la même époque les architectes construisaient des fentes de tir dans le merlon pour être protégé tout en tirant debout.

Le soldat tirait il en position allongée ?

  Diantre !... Ces curieux Anglois brûleurs de Jeanne d'Arc me font poser beaucoup de questions !

  Mais peut être que la réponse est très simple : Ceci est dû aux modifications durant plusieurs siècles. Cette curiosité me fait penser à cela.

 

 La tour de contrôle de la défense

     Pour mieux apprécier la puissance de ce clocher-tour, je prends un peu de recul. La fonction défensive de la haute tour est évidente. Elle domine et protège l'église romane sans transept. Même un assaillant s'accroupissant et rampant vers le chevet serait vu par un gardien dans la tour.

   Ce système défensif en hauteur est simple mais efficace.

 

Avez vous remarqué sur l'abside de style Roman entre les contreforts à deux redents, les 2 étroites fenêtres plein cintre surmontées d'une arcature. L'encadrement par des colonnettes à tailloir sculpté est du plus bel effet.

    En examinant un peu mieux le mur de la nef, je vois l'entrée (obstruée) d'origine de l'église. Il semble qu'après la construction de la tour, elle fut obstruée et le mur consolidé par un contrefort. L'entrée a donc été déplacée en bas de la tour.

  Quelques années plus tard, un porche a été construit en avant de la tour.

 

    L'intérieur :

Pour découvrir l'incroyable intérieur de cette église fortifiée (ainsi que son histoire),

Veuillez  cliquer  ici.

 

 

 

Transparente va devenir cette église fortifiée

 

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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 07:30

 

Département 33 - GIRONDE

  En voyant ce château, l'âme d'un peintre monte en moi

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      La commune d'Arbis est située à 50km au Nord-Ouest de Marmande, à 35km au Sud-Est de Bordeaux et à 14km au Nord de Langon.

  Le château se situe à 2,5km au Sud-Ouest d'Arbis.

      Coordonnées du château :

44° 39' 52.528" N
0° 16' 3.151" W
 44.664591°
 -0.267542°

 

Le château :

     L'extérieur :

La découverte

     Posé sur une petite colline entourée de vignes, isolé par la rivière Euille, le château de Benauge apparaît au détour d'un virage. Caché par les grands arbres feuillus, je ne vois dans cette construction que des fenêtres, des balcons et des balustrades.

   Bien qu'il y ait un rempart arasé en avant du bâtiment, j'ai quelques doutes.

Suis je vraiment devant le château fort de Benauge ?

  Le château fort apparaît enfin !

Je contourne le château

  Sur l'autre face, je retrouve mes repères de castellologue-amateur.

Ressentez vous la puissance ?

   Certes, le château est loin sur l'image. Je vous le rapproche ici.

 

Rapide description

* Au premier plan, une petite tour ronde incluse dans le rempart extérieur.

Avez vous remarqué l'archère droite ?

* Sur la gauche, les vestiges d'une tour d'angle du rempart interne,

* Puis en me poussant encore, présence d'une fenêtre gothique de la chapelle castrale.

* A l'extrême droite je vois une imposante tour. Est ce le donjon du château fort ?

Qu'est ce ?

 

Le donjon ?

    Avec attention, je contemple la ronde tour flanquée dans le rempart. Bien qu'elle ne soit pas très imposante, elle semble être la tour maîtresse du château.

   L'absence de mâchicoulis et de crénelage me fait supposer que la tour a été partiellement arasée. La toiture a certainement été posée au 18ème siècle (?).

 

Le plan de confirmation

    Pour être certain de bien comprendre l'architecture du château, je sors de ma poche un plan récupéré dans le magnifique dictionnaire des châteaux forts de Salch.

  Je crois comprendre le positionnement des tours et de la porte. Mais un détail me surprend :

Qu'est ce donc cette structure hexagonale ?

 

Un autre plan pour comprendre

    Pour obtenir une réponse, je sors de mon autre poche un croquis du château. Curieusement, la construction hexagonale a disparu.

Ce château aurait il eu plusieurs vies ?

 

Une porte dans une tour se nomme : Une tour-porte !

La porte d'entrée

    Comme toujours, l'entrée est fortifiée. Celle-ci est englobée dans une tour carrée avec, sur plusieurs faces, des archères cruciformes à croix pattée.

  L'encadrement de la porte prouve qu'un pont-levis avait été aménagé. Voila un système défensif classique et efficace. Pourtant plusieurs détails me chagrinent.

1 - Je ne vois point de trace de système à encorbellement comme une bretèche (voir vocabulaire) ou des mâchicoulis. Il est vrai que cette tour-porte semble partiellement arasée.

2 - Je ne vois pas les traces des flèches de relevage du pont-levis. Curieusement, les archères sont positionnées à leur emplacement théorique.

Les Anglois avaient ils inventé un autre système ?

  La présence de trous circulaires avec un rebord me fait penser que la tour a été certainement transformée en pigeonnier.

 

    L'intérieur :

Sur la pointe des pieds

   Un panneau sur la porte m'informe que le château n'est point visitable le jour de ma venue.

 Que faire ?

  J'ose m'aventurer dans le sas d'entrée espérant voir un châtelain ou une princesse pour m'emener vers mon rêve.

 

Hélas !

    Je hèle, je crie, je quémande à haute voix, mais point d'homo-sapiens pour m'inviter à entrer. Je rebrousse chemin en jetant un dernier regard vers cette beauté qui a su résister à mes avances.

 

 

Histoire du château :

* Au 11ème siècle, une Vicomté (voir titre de noblesse) exite, créée autour du premier château.

* En 1096, le Duc d'Aquitaine assiège le château.

* Au 12ème siècle, le Vicomte de Gabaret est propriétaire du château.

* Au 13ème siècle, le château est possession de la famille Bouville.

* En 1254, Henri III, Roi d'Angleterre et Duc d'Aquitaine, attaque le château suite à la révolte de Pierre de Bouville.

* En ce milieu du 13ème siècle, construction de l'actuel château fort. Une garnison Anglaise réside dans ce bastion.

* En 1266, le futur Roi Edouard Ier, donne le château à un de ses fidèles : Jean de Grailly, Sénéchal de Gascogne.

* En 1280, début de la construction de la chapelle castrale.

* En 1453, à la fin de la Guerre de Cent ans, ce bastion Anglais est donné au royaume de France. La petite histoire prétend que c'est la dernière forteresse à se rendre au Roi de France.

* Au 15ème siècle, le château subit quelques améliorations de confort (ouvertures de fenêtres). La position du château n'étant plus stratégique, les améliorations des armes à poudre ne viendront pas déflorer son architecture primitive.

* Au 17ème siècle, le château est fortement remanié pour le confort de ses habitants, les Ducs d'Epernon.

* Au 18ème siècle, des modifications sont réalisées dans le château dont un grand corps de logis.

* Après 1792, les révolutionnaires vendent le château comme Bien National. Les multiples propriétaires mettent à mal les pierres des bâtiments.

* Au début du 20ème siècle, plusieurs propriétaires tentent de reconstruire le château.

* Au 20ème siècle, l'association des Amis du Château de Benauge est créée. Elle organise de nombreux travaux de consolidation et de restauration.

* En 1995, le château est inscrit aux Monuments Historiques.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur du château est libre et gratuite en respectant les champs de vignes. La visite de l'intérieur est possible, renseignez vous sur les horaires et jours.

 

Je suis ivre de ce château... Est causé par les vignes ?

 

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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 06:30

 

Département  40 - LANDES

Le bourg :

Sont ce vraiment des pierres d'un rempart ?   Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Le bourg de Montaut est situé à 20km au Sud-Ouest de Mont de Marsan et à 5km à l'Est de Mugron.

    Coordonnées du bourg :

43° 44′ 30″ N 0° 39′ 18″ W
 43.741667°   -0.655°

 

Le site fortifié :

    L'extérieur :

La découverte

    En arrivant dans un bourg fortifié, je sais que 1000 ans d'histoire guerrière et un 19ème destructeur de vestiges pour faire "moderne" ne laissent que rarement des constructions intéressantes.

    Montaut n'étant pas connu pour concurrencer Carcassonne , je pressens qu'il me faudra un peu d'imagination et une grosse loupe pour trouver des preuves. C'est pour cela que je m'extasie devant ces pierres fleuries.

Pensez vous que ce soit des traces médiévales ?

 

L'enquête commence

    En levant les yeux, je découvre un mur fait de pierres pauvrement taillés. La datation m'est impossible et je dois encore chercher d'autres indices.

      Quelques dizaines de mètres plus loin, le mur comportent des trous de boulins. Même s'il est vrai que cette curiosité architecturale n'est pas une preuve que ce mur est médiéval, cela signifie au moins qu'il n'est pas récent. Je reprends espoir.

    Et c'est à quelques minutes de marche que mes yeux clignotent de joie.

Voyez vous cette merveille ?

    Certains esprits chagrins vont rétorquer : "Chevalier, des soutènements pour des murs qui s'effondrent sont classiques dans nos campagnes". Je leur donne raison, mais trop d'indices ne peuvent pas être en ma défaveur tout le temps.

 

La truffe au sol

    Tel un chien de chasse, je renifle chaque pierre pour trouver LA preuve que ce bourg a été fortifié au Moyen Âge. Épuisé de regarder le sol sous le chaud soleil Landais, je me mets à l'ombre en levant les yeux et là.... je suis en transe.

Devant moi, droite, fière, immense, imposante, une tour me regarde !

 

La tour de défense

    Cette tour parallélépipédique (hélas avec un crépi récent) comporte un crénelage paraissant "trop moderne".  Sur la droite en encorbellement, une tour escalier comporte des ouvertures de lumière pouvant servir d'archère. L'ouverture basse était certainement la porte fortifiée du bourg.

    Et là j'entends encore certains esprits chagrins me souffler dans l'oreille :

" Chevalier, à droite de la tour nous voyons une église,

possédant une porte formée de 3 arcatures ogivales

retombant sur des chapiteaux à décors végétaux avec

deux magnifiques angelots sur le tympan

portant les clefs pontificales et la tiare de Saint Pierre.

Es tu certain que cela ne soit point simplement le clocher de l'église ? "

 

Admiratif de vous je suis

Wahouu !!!

J'ai vraiment des lectrices et lecteurs aux yeux d'aigle

et à la connaissance architecturale très développée.

    Au Moyen âge, il était habituel de "poser" l'église contre le rempart. La transformation de cette tour-porte du bourg fortifié en clocher d'église s'est certainement faite au 16 ou 17ème siècle.

      L'autre face de la tour ne me donne pas plus d'indice mais montre une église dont les fenêtres à remplage et colonne centrale traduisent une construction Gothique.

 

    L'intérieur :

          Il n'est pas possible de visiter la tour. Je me console en regardant l'immensité des plaines Landaises.

 


Histoire :

* Au 13ème siècle (?), construction d'une église d'architecture Romane.
* Au 15ème siècle, construction d'un collatéral coté Nord de l'église.
* Au 16ème siècle, construction de la nouvelle église sur l'emplacement de la première.
* Au 17ème siècle, un portail en chêne massif est posé.
* Au début du 20ème siècle, une tornade emporte le toit pointu de la tour-clocher. Ce toit est remplacé par un crénelage en béton.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur des remparts et de la tour est libre et gratuite. La visite du clocher-tour est interdite.

 

Quelle étendue de plaines

 



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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 06:30

 

Cet article est la suite de la découverte de l'église fortifiée. Pour lire  le début, cliquez ici

 

L'église :

Cette église des Anglois craquelle mes certitudes de Français médiéviste

     Il faut entrer :

La peur d'être déçu

    Après tant de questions sur l'architecture extérieure de l'église, je redoute d'entrer :

* J'ai peur de ne pas avoir des réponses.

* Je crains de faire disparaître la flamme de beauté.

* Et puis, cette fortification était aux Anglois. Je sais que ces Diables savent perturber la vue et la logique des courageux Français de notre bon Roi.

 

Mais je suis un Chevalier !

   En tant que Chevalier (de surcroît Dauphinois, donc le Gratin des Chevaliers  ), je me dois de franchir cet obstacle.

  L'entrée doit être en avant de la tour dans ce bâtiment à la porte en tiers point.... mais diantre, elle rougeoie !

  Comme dans toute histoire d'envoûtement, je prends un breuvage   druidique et tout redevient normal.

 

     L'intérieur : 

Le choc en entrant

     J'entre dans l'église et de suite, une surprise m'attend. Je suis à l'intérieur de la puissante tour, avec sur la gauche éclairées par le soleil, les archères rectilignes et sur la droite une archère droite qui ne voit pas l'extérieur.

Comprenez vous ce mystère ?

Je vous redonne l'indice.

   D'après les historiens, cette tour daterait du 14ème siècle.

Pourquoi les Anglois ont ils apposé une archère aussi primitive (13ème siècle)

Une nef de style roman avec au fond, la tour de défense

 

  Nef et choeur de l'église Romane

       En entrant dans l'église Romane (car avant j'étais dans la tour) je vois :

   * Sur la gauche l'ancienne porte obstruée soutenant une chaire n'ayant pas vu un prêtre depuis longtemps.

   * Au fond un chevet semi-circulaire éclairé par les petites fenêtres avec des arcades soutenues par de petites colonnes.

   La voûte en cul-de-four comporte encore la peinture d'un ciel étoilé. De part et d'autre, des décorations apparaissant laissant mon imaginaire rêver à cette église il y a 7 siècles.

      Depuis le choeur j'admire cette architecture ayant "mon âge" quand soudain j'aperçois à gauche une autre travée.

Est ce une autre église ou un collatéral ?

 

La surprise du collatéral

    Pour mieux le ressentir, je me plante au fond de ce collatéral et là... C'est à nouveau un choc.

Diablerie encore ?

   Il n'en est rien. En étant attentif depuis le début de la découverte de cette incroyable église, la construction latérale ne vous a pas échappé. Souvenez vous des nombreux indices :  Ils s'affichent sur ces 3 images.

    Et puis, il y avait cette curieuse architecture que je vous avais montrée ici.

L'art gothique s'exprime dans ces voûtes


Analyse du collatéral

  Ce bâtiment ajouté au Sud montre l'évolution architecturale. Du style Roman, l'église se voit agrémenté d'un style Gothique très pur. Les voûtes traduisent parfaitement cette évolution.

    L'ensemble est éclairé par des baies à remplage de style Gothique.

Êtes vous plus Roman ou Gothique ?

 

La chapelle

   Sa forme polygonale (déjà observée à l'extérieur) contraste par rapport à son équivalente Romane. L'autel de facture récente est encadré de statues polychromes dont le fameux Saint Pierre.

   La classique représentation de la crucifixion trône dans ce décor

 très renaissance tardive (?).

        Oups !!!

   A trop regarder le décorum, je me transforme en guide touristique (n'oubliez pas la pièce svp...), j'en oublie ma fonction première de Chevalier-Castellologue-Amateur.

 

La surprise finale

    Je me retourne pour chercher la porte d'accès de la tour et 2 curiosités me font face.

Les voyez vous ?

*  Il y a la base de la tour-escalier polygonale avec son ouverture de lumière au dessus de la croix (Vous en souvenez vous ?).
* L'archère droite visant à l'intérieur du collatéral (Vous en souvenez vous ?).

  Ces 2 curiosités prouvent que le collatéral a été construit bien après la fortification de l'église Romane.

 

 

Histoire de l'église :

* Au 11ème siècle, construction de l'église (c'est ce que suppose plusieurs historiens bien qu'il n'existe aucun texte).
* Au 14ème siècle, fortification de l'église durant "l'occupation Anglaise" mais surtout à cause de la "Guerre de Cent ans".
* En 1436, les Routiers du Capitaine Rodriguo de Villadandro, à la solde du Roi de France Charles VII (voir liste des rois), saccagent la région. L'église subit des dommages. 
* Au milieu du 15ème siècle, l'église est restaurée et l'abside modifiée (ajout) en style Gothique.
* En 1569, les guerres de religion dévastent le pays. Les Protestants dévastent de nombreuses églises dont celle de Brocas.
* A la fin du 16ème siècle, un collatéral est construit.
* En 1619, construction d'un porche en avant de la haute tour.
* Au 17ème siècle, construction d'une troisième travée.
* En 1899, une tornade dévaste la Chalosse. Le clocher de l'église s'effondre sur le toit de la nef.
* En 1934, l'église est classée aux Monuments Historiques.
* En 1972, début des travaux de restauration.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Pierre de Brocas) est libre et gratuite. La visite du clocher et des fortifications est interdite.

 

Je suis sous un ciel étoilé

 

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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 06:30

 

Département  40 - LANDES

Le bourg :

Un petit portail pour une église incroyable   Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Le bourg de Larbey est situé à 30km au Sud-Ouest de Mont de Marsan et à 12km au Nord-Ouest de Hagetmau.

   Coordonnées du bourg :

43° 42′ 15.12″ N 0° 43′ 1″ W
 43.7042°  -0.716944°

 

L'église :

    L'extérieur :

La découverte

    Après un petit périple, j'arrive sur une colline dont le sommet est à 101m (Qui a osé me dire que le département des Landes est plat). Au bout du village, devant moi une construction que je pressens être un bonheur de médiéviste. Trapue et pourtant avec un clocher élancé, l'église de Larbey semble être le symbole d'une église fortifiée médiévale.

Entrez avec moi dans un autre monde.

 

L'enquête commence

    Ne voulant pas de suite dévorer le clocher-tour, je me précipite vers l'abside. Sa structure est d'architecture Romane, mais elle été défigurée 2 fois :  

Que de contreforts !   * A droite, par l'ajout d'un bâtiment.

   * Au niveau des fenêtres par des contreforts à larmiers bouchant de belles ouvertures. Mais sans ses renforts, l'église aurait été détruite après les attaques des protestants au 16ème siècle.

    L'espace vide au dessus des contreforts (donc en dessous du toit) me fait penser à un chemin de ronde avec salle de repli. Une consolidation "récente" a obstrué les orifices et masqué les indices.

 

Le clocher- tour

     Avec une hauteur totale de de 27m (incluant le lanternon) ce clocher-tour est majestueux. Cette tour trapue me fascine avec sa base de 7 mètres de coté pour une hauteur de pierre de 13 mètres, .

    Imaginez le sans les "verrues" à gauche et à droite, c'est un vrai donjon médiéval renforcé par des contreforts à larmiers aux angles.

   Les angles sont bien appareillés et la base est constituée d'alignement de pierres de taille moyenne (dimension assez classique au 12ème siècle). Mais au dessus, la pose est aléatoire avec des pierres de dimensions inégales. Je pressens une reconstruction hâtive avec des moyens financiers peu importants. Les pierres de récupérations sont nombreuses.

Malgré cela, cette tour me fascine toujours !

 

Le fascinant clocher- tour

    Il n'y a pas que sa masse et ses contreforts qui me font titiller les neurones de castellologue, il y a ....

Les voyez vous ?

     Évidemment votre perspicacité a trouvé rapidement les 2 belles archères cruciformes avec une ouverture ronde à la base pour tir au "fusil". Ce mélange d'ouverture médiévale et "renaissance" montre l'évolution des systèmes de défense.

Magnifique n'est ce pas ! 

Des contreforts consolidaient les angles

 

 

L'autre face du clocher

  En contournant le clocher-tour, d'autres surprises m'attendent.

Les voyez vous ?

   Comme sur l'autre façade, il y a une archère cruciforme, mais mon regard est attiré par un autre système de défense très classique au moyen âge. Voyant vos yeux s'illuminer, j'ai compris que vous avez vu un crénelage partiellement obstrué.

Quelle magnifique tour de défense !

 

La nef

       En prenant un peu de recul, d'autres merveilles s'offrent à moi (je sais que je suis un "peu" exubérant et imaginatif devant une construction fortifiée médiévale, mais cette église est vraiment un bijou pour un castellologue).

   Sous le toit, une ouverture est la preuve d'un chemin de ronde défensif au dessus de la nef (donc au dessus de l'abside, ma supposition initiale est vérifiée). En regardant de plus près, je constate l'épaisseur du mur.

 

    L'intérieur :

        Hélas, la porte de l'église est fermée, et l'accès à l'échelle pour monter dans la tour est impossible. Point de merveille intérieure je peux vous montrer.

 


Histoire de l'église :

* Au 11ème siècle, construction d'une église.
* Au 12ème siècle, le bourg, sur la route de Compostelle, abrite un Hôpital des Chevaliers de Saint Jacques de l'Epée Rouge.
* Au 16ème siècle, durant les guerres de religion, l'église subit les attaques des Huguenots.
* Après 1569, l'église est remaniée et la nef est surélevée pour recevoir une salle de repli avec chemin de ronde.
* En 1854, un ouragan emporte la flèche de l'église. Elle est reconstruite peu de temps après.
* En 1970, l'église est inscrite aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Jean Baptiste) est libre et gratuite. La visite du clocher et des fortifications est interdite.

 

L'église a du faire réfléchir plus d'un assaillant !

 

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19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 06:30

  Mon graal du jour au en haut de la colline

Département 33 - GIRONDE

 

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      La commune de Monbadon (annexée à Puisseguin) est située à 45km Ouest-Nord-Ouest de Bergerac, à 20km Est-Nord-Est de Libourne et à 2km à l'Ouest de Saint Cibard.

   Coordonnées du château :

44° 56' 7.242" N
0° 2' 34.958" W
 44.935345°
 -0.043044°

 

Le château :

     L'extérieur :

Préambule

   Une lectrice m'informe par mail que ce château ne se nomme point Cantegrive. Ce patronyme est celui de la propriété viticole. La construction médiévale fortifiée ne nomme simplement : Château de Monbadon.

 

La découverte

     En découvrant le panneau communal du bourg, je n'ai aucune idée de la beauté castrale que je vais découvrir. Dans cette région viticole,  toutes les "maisons bourgeoises" se nomment "Châteaux". Ce qualificatif est vendeur sur l'étiquette d'un vin.

    Mais un castellologue amateur comme moi n'a point fait autant de kilomètres pour déguster toutes les bouteilles du département de la Gironde. Je suis venu en ce lieu pour l'ivresse de bâtiments médiévaux fortifiés.

   C'est donc avec plaisir que je vois le panneau rouge en lettres blanches annonçant : Cantegrive.

  Reconnaissez vous une architecture médiévale ?

Est ce un château médiéval ?

    En découvrant l'imposant bâtiment au sommet de la petite colline, je ne reconnais point un château fort. La raison est simple :

* Cette construction était une maison forte,

* Le bâtiment au Sud (sur la droite) est un ajout ultérieur.

  Je vais donc concentrer mon analyse sur la plus haute construction.

 

L'enquête commence coté Ouest

     A l'origine, la maison forte (puisque telle était sa dénomination au 14ème siècle) avait une forme trapézoïdale

   Sur la façade Ouest de 20m de large, je remarque :

* Sur la courtine des fentes horizontales ressemblant à des canonnières, preuves que les systèmes défensifs ont évolué après sa construction initiale.

* Sur 2 angles, des échauguettes posées sur culots.

 Nota : Je ne peux affirmer avec certitude que les fentes verticales soient des archères (voir vocabulaire ) médiévales (j'en doute un peu) ou des fentes de tir pour fusil.

* Proche de l'échauguette, quelque peu arasé par la toiture "récente", un vestige de construction en encorbellement. Je subodore que latrines ce fut.

  3 siècles séparent les deux bâtiments

Je contourne les bâtiments

    S'il n'y avait pas ces 2 imposantes tours carrées aux angles, le nouveau bâtiment en contrebas pouvait presque s'intégrer à l'ancien. 

  Il est vrai que les multiples fenêtres à volets rouges contribuent à la pseudo harmonie.

 

L'enquête continue coté Est

   Lentement, je m'approche de cette propriété qui ne semble pas habitée le jour de ma venue. Tout en gardant une distance respectueuse, j'inspecte la façade Est.

Avez vous remarqué la différence ?

   Je vous sens dubitatifs. Voici une vue plus détaillée.

Alors, qu'avez vous remarqué ?

 

L'asymétrie du bâtiment

   La façade Ouest, comporte aux angles des échauguettes sur culots. Celle opposée, positionnée coté de l'attaque, possède des tourelles-contrefort carrées avec mâchicoulis.

Incroyable n'est il pas ?

 

Un bâtiment médiéval qui s'est adouci avec les siècles

 

    L'intérieur :

  La propriété est privée et non visitable.

 

 

Histoire du château :

* En 1152, Eléonore d'Aquitaine, en épousant Henry Il Plantagenêt, lui donne en dot l'Aquitaine. Cet acte qui aurait pu ête anodin va engendrer la Guerre de Cent ans ayant des conséquences sur la vie de la province.

* En 1330, le Roi Edouart III d'Angleterre autorise le sieur Indie à construire une maison forte à Monbadon.

* Au 16ème siècle, des fenêtres à meneaux sont ouvertes.

* Au 17ème siècle, un bâtiment annexe est construit au Sud en s'appuyant sur le château primitif.

* A la fin du 20ème siècle, le château appartient à madame Marie-Thérèze Rouzaud De Montfort.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite en respectrant la propriété privée et le champ. La visite du château est interdite.

 

Un joyau dans un écrin de verdure

 

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9 septembre 2014 2 09 /09 /septembre /2014 06:30

 

Département  40 - LANDES

Le bourg :

De Nantes à Montaigut, la digue, la digue !   Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Le bourg de Montégut est situé à 20km à l'Est de Mont de Marsan, à 6km à l'Est de Villeneuve de Marsan et 20km à l'Ouest de Eauze.

     Coordonnées du bourg :

43° 52′ 33.96″ N 0° 11′ 52″ W
 43.8761°  -0.197778°

 

L'église :

    L'extérieur :

La découverte

    La vie d'un castellologue amateur n'est pas toujours facile, il faut affronter les doutes, les plantes urticantes, les pierres tombantes et parfois les foudres du ciel.

   C'est par un ciel chargé me rappelant la Bretagne  que je vois ce panneau. Pour me donner du courage je chante "De Nantes à Montaigut, la digue la digue....". ....les paroles sont ici.

    Un peu coquin et paillard je suis en ce début d'automne, mais rapidement je suis remis dans le droit chemin par ce panneau. Un silence religieux s'empare de moi.

 

De puissants contreforts soutiennent cette égliseL'enquête commence

    A travers les branches d'arbres je distingue 4 larges contreforts. Ils sont composés de grès et briques mélangés. Bien que la puissance émane de ces constructions en appui sur l'église, je ne vois aucun système défensif sous les fenêtres Romanes.

Cette église est elle fortifiée ?

 

J'ai des doutes

    En contournant la nef, je vois une association de 2 contreforts dans l'angle. Avec toutes ces pierres et briques, je comprends que ces murs ne soient pas tombés après 8 siècles.

  Mais je ne vois toujours pas d'archère. 

 

Y a t il un chemin de ronde ?

    Puisqu'il n'y a rien en bas, je lève la tête espérant voir une bretèche ou des corbeaux pour soutenir des hourds (voir vocabulaire). Mais en regardant mieux, je distingue une différence importante de construction au dessus des lits de briques et le toit.

 Je pressens :

* Qu'une salle de repli avec certainement un chemin de ronde existait,

* Et que les ouvertures ont été obstruées.

Mais j'ai l'imagination si fertile que je dois reprendre mon enquête avec sérénité.

 

L'enquête continue

  Le nombre, la hauteur et l'épaisseur des contreforts m'impressionne. Je tente de les inspecter pour comprendre cette construction quand soudain, un détail à gauche m'intrigue. Je lève la tête, les yeux, le cou et je vois...

Un clocher-tour, ou plutôt une tour-clocher

 

La tour

   La stupéfaction est si grande que je recule d'un bond.  Je n'ose y croire, une haute tour survole l'entrée de l'église de Montégut.

   Sa forme octogonale est originale et ses ouvertures verticales, bien qu'un peu larges, ressemblent à des archères.

    Les 3 niveaux ne sont pas symétriques et pourtant assurent une surveillance à 360°. L'association briques et pierres (déjà vue sur les contreforts) est surprenante. Je me demande si la brique n'a pas servi à réparer l'église après les guerres de religion (par exemple).

    En prenant un peu de distance, je comprends mieux le système défensif.

 

    L'intérieur :

       Je me tiens en face du porche de l'église et j'espère que point de belliqueux défenseur il y a dans la tour. 

  Hélas, un autre ennemi m'attend : La méfiance !

Conséquence, la porte de l'église de Montégut est fermée.

 

 
Histoire de l'église :

* A la fin du 13ème siècle, un paréage entre le Roi d'Angleterre et Guilhem de Montégut est à la base de la création d'une bastide.
* Au 14ème siècle (?), construction d'une église avec tour de défense (à vérifier).
* En 2001, l'église est inscrite aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Laurent) est libre et gratuite depuis la place du village. La visite du clocher et des fortifications est interdite.

 

Ces couleurs forment presque un tableau impressioniste !

 

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18 juillet 2014 5 18 /07 /juillet /2014 06:30

 

Département 33 - GIRONDE

  Derrière ces arbres, il y a mon Graal !

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      La commune de Mazères est située à 40km au Sud-Est de Bordeaux, à 30km à l'Ouest de Marmande et à 6km au Sud de Langon.

  Coordonnées du château :

44° 29' 33.011" N
0° 16' 13.044" W
 44.492503°
 -0.27029°

 

Le château :

     L'extérieur :

Préambule

  Sans le travail de Viollet le Duc, de nombreux bâtiments dans notre beau Royaume auraient disparu ou ne seraient que ruines informes. Cet architecte a donc permis à de nombreuses constructions de garder "leur jeunesse".

    Mais cet homme a aussi beaucoup interprété et imaginé. Avec le recul, nous savons qu'il n'a point fait une réalisation de restaurateur scrupuleux, mais des travaux d'architecte bâtisseur.

  Ainsi, lorsque je découvre un joli bâtiment modifié par cet illustre personnage, deux sentiments m'animent :

* Le bonheur de voir un château entier,

* Le doute sur le réel positionnement et l'exactitude des systèmes défensifs.

  Donc, je ne commenterai pas ce château, je vais vous le montrer avec mpn plaisir... tant il est beau.

  Voila des systèmes défensifs très originaux

Généralités

   L'une des  particularités de ce site médiéval est qu'il est composé de 2 châteaux à l'intérieur de la même enceinte construits à 2 siècles d'écart.

   La construction la plus visible de la route est le plus "jeune" datant du 14ème siècle.

 

La découverte du "château neuf" 

   Dans de nombreux ouvrages, cette construction médiévale est nommée : Palais-forteresse.

    Cela correspond à un nouveau genre de bâtiment qui pouvait servir à la fois de résidence pour son seigneur et de bâtiment défensif pour tous.

 

Architecture du "château neuf"

    Cette curieuse construction presque intemporelle est composée :Un donjon carré protégé par des tours rondes

* D'un quadrilatère,

* Avec 4 rondes tours d'angle,

* 2 autres tours rondes sur le rempart coté Ouest,

* D'un haut et imposant donjon central parallélépipédique.

  Il est curieux de voir un donjon non circulaire pour un bâtiment du 14ème siècle et surtout de l'avoir construit dans l'enceinte. Dès la fin du 13ème siècle, le donjon est dans la courtine pour améliorer le système défensif.

 

Le système défensif du "château neuf"

   L'architecture défensive du château de Roquetaillade est vraiment originale ou plutôt peu classique.

Est ce du aux modifications de Viollet le Duc ?

  Les tours d'angle :

* Sur la hauteur, les classiques archères cruciformes à croix pattée. Je suis surpris  :

- Qu'elles soient positionnées l'une au dessus de l'autre. Elles auraient du être en décalées permettant un jet de flèche sur 270°.

- Qu'elles ne protègent pas la courtine.

- Que point de canonnière ni arquebusière a été ajouté au 15ème siècle.

- Que point de trou de boulin sur la hauteur facilitant la réparation.

* Au sommet, le crénelage. Je suis étonné que :

- Point de mâchicoulis (voir vocabulaire) permettent la défense rapprochée.

- Point de trou de boulin (voir exemple sur une maison forte de mon Dauphiné) facilitant la pose d'un hourdage.

- Aucune fente dans les merlons alors qu'elles sont présentes sur le donjon. 

  Les courtines :

* Au niveau inférieur, des archères cruciformes à croix pattée. Je suis surpris que :

- Ce système défensif ne soit qu'à ce niveau.

- Point de canonnière ni arquebusière a été ajouté aux siècles suivants.

* Au dessus des fenêtres, des bretèches avec une archère en partie supérieure. Je me pose une question :

- Pourquoi ne pas avoir réalisé un mâchicoulis sur toute la longueur facilitant la défense proche entre chaque fenêtre ? Une porte curieusement fortifiée

  La porte d'entrée bénéficie des classiques et efficaces systèmes défensifs :

* Des mâchicoulis,

* Un vantail (aujourd'hui disparu),

* Un sas bloquant l'assaillant,

* Une herse,

* Certainement au dessus un assomoir.

- Je suis surpris de ne point voir d'emplacement pour les flèches d'un pont-levis

 

Le "châteaux vieux"

     Il n'est point aisé de vous le décrire car à travers les branches, cette beauté du 12ème siècle est discrète.

  Mais en me contorsionnant je vois... heu... un mur dont l'architecture ne m'inspire aucune idée fonctionnelle.

     En insistant un peu, je crois voir des archères droites sur le mur au premier plan. Au fond, il me semble distinguer un escalier droit amenant vers le rempart.

  Sur la droite quelques vestiges de tours m'interpellent.

Cette partie n'a point été modifiée par Viollet le Duc.

  Il me faut découvrir cette merveille médiévale.

 

    L'intérieur :

      Hélas pour moi et aussi pour vous, le château n'est point ouvert en semaine hors période estivale. Je ne pourrai pas admirer cheminées, salles et escalier.

 

 

Histoire du château :

* Au 12ème siècle, un premier château en pierre est construit par le seigneur de la Mothe.

* En 1152, Eléonore d'Aquitaine, en épousant Henry Il Plantagenêt, lui donne en dot l'Aquitaine. Cet acte qui aurait pu ête anodin va engendrer la Guerre de Cent ans ayant des conséquences sur la vie du château..

* En 1306, construction d'une nouvelle enceinte formant "le château neuf" par le cardinal Gaillard de la Mothe, neveu du pape Clément V (premier pape français à résider en Avignon).

* Entre 1337 et 1453, à cause des nombreuses attaques des Français, le château sert plusieurs fois de refuge pour les habitants proches.

* En 1552, Catherine de la Mothe, dernière héritière, épouse Jean de Lansac. Elle apporte le château en dot.

* Au 16ème siècle, durant les Guerres de religion, le château est attaqué.

* Au début du 17ème siècle, la famille Lansac embellit le château : Construction de plusieurs cheminées et d'un bel escalier.

* Dans le troisième quart du 18ème siècle, Marie Henriette, fille du dernier Marquis (voir titre de noblesse) de Lansac, devient propriétaire du château.

* Vers 1792, les révolutionnaires se rendent au château pour détruire ce symbole du Royalisme. La petite histoire prétend que le propriétaire du château offre une forte somme d'argent aux "démolisseurs" pour ne point utiliser leurs outils de destruction. Pour fêter cela, il les emmene dans la cave où.... les opinions se confondent.

* Dans la deuxième moitié du 19ème siècle, la famille de Mauvesin hérite du château. Bien qu'il ait toujours été habité, le site a subi les outrages du temps. Ses nouveaux propriétaires décident de lui redonner vie.

* En 1866, Viollet-le-Duc commence la restauration du château. Comme à son habitude, il réaménage l'ensemble (intérieur et extérieur) suivant ses convictions.

* En 1976, le site est classé aux Monuments Historiques.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur des bâtiments est libre et gratuite en respectant le champ. La visite payante de l'intérieur est possible, veuillez vous renseigner sur les jours et horaires.

 

 

Est ce le château de rêve de mon enfance ?

 

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