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Ombre et lumière

1 février 2008 5 01 /02 /février /2008 07:30

 

Département :   38 - ISERE

 

Le bourg : 

  Situation :    (--> le voir sur une carte)

     Le petit village de Revel est situé dans la chaîne de Belledonne (massif montagneux au sud de Grenoble), et à 6km au Sud-Est de Domène.

    Coordonnées du château :

45° 11' 12.7" N 5° 51' 35.554" E
 45.186861°  5.859876°

 

 Origine du nom :

     Revel est un terme dérivé du latin "Rebellum" signifiant : Rebelle  (Je n'ai pas trouvé la raison de ce qualificatif. Peut être est ce du aux velléités querelleuses des premiers seigneurs de ce château).

 

Le château : 

   Le château de Revel est posé sur un promontoire naturel  (à 560 mètres d'altitude) au NW du village, entre les petits torrents du Doménon et du Soldet.

 

    L'extérieur :

Important

  Etant un Chevalier Dauphinois, j'ai eu la chance de pouvoir visiter ce château Dauphinois sur l'invitation de ses propriétaires. Mais ce site n'est pas ouvert à la visite. Il est dans une propriété privée qu'il faut absolument respecter. Veuillez ne pas emprunter le sentier privé, ni pénétrer dans cette fragile ruine.

Vous avez la chance de le voir grâce à ce blog, n'est ce point déjà magnifique ?!

 

La découverte

   Après une petite marche agréable sur un sentier carrossable, je découvre la ruine entre les arbres. L'ancien château était entouré par un rempart dont on devine les contours :
      * Au Nord grâce au un ravin naturel, aux arbres et à quelques pierres,
      * Au Sud par un épais mur avec glacis.

 

Porte d'entrée

   On accède au château par un vestige de porte ogivale situé dans la partie Sud. Certes, il n'a plus son aura d'antan, mais quelques détails permettent de le reconstituer.  Par exemple :

* Sur la droite, un épais mur borgne ressemble à une barbacane,
* Au pied de l'ancienne porte, l'empreinte d'une herse est visible sur la droite.

 

La basse cour
    Au bout d'une légère montée, la basse cour apparaît.  Cette "place" est vide aujourd'hui et il est impossible de deviner l'emplacement des communs et des différentes bâtiments. Avec sa dimension (un texte parle de 3500m²), elle montre l'importance du château qui n'était pas un simple lieu de surveillance de la vallée.

   La présence d'une église au 15ème siècle est attestée mais son empreinte est invisible aujourd'hui. Peut être que les prochaines fouilles vont révéler "les mystères des ruines de Revel".


Les murs extérieurs du château

   Et maintenant, je vais vous montrer "le château de Revel"...... Etes vous prêts ?

 

    N'est il pas magnifique ?

  Je vous sens un peu déçu. Ne me dites pas que cette ruine est fade, elle vit de toutes parts !
   Regardons ensemble :

* Devant, il y a une partie de la cour hélas un peu vide aujourd'hui.
* Derrière, le château est composé de 2 bâtisses accolées.

  

    L'intérieur :

   A l'extérieur du premier bâtiment, apparaissent les vestiges d'une petite tour ronde. C'est probablement un escalier en vis construit au 15ème siècle desservant les étages de l'ancien donjon, et accédant au chemin de ronde du deuxième bâtiment.
 
    Une porte m'invite à visiter l'intérieur d'un bâtiment. Avez vous remarqué la qualité de l'encadrement de cette porte.
   Pour la franchir, il faut être humble et se baisser respectueusement; Evidemment, vous avez compris que cette ruine n'a pas encore été aménagée pour la visite, et les pierres des étages supérieures s'accumulent.
   J'entre dans la partie la plus ancienne du château. Ce devait être le donjon. Les parements des murs ont disparu laissant voir le remblai en galets roulés.
 
   Accolé à  l'Ouest, un bâtiment plus récent comporte 2 pièces dont les fonctions sont difficilement identifiable (quelle mystérieuse ruine secrète !). L'une d'elle possède une grande cheminée, deux fenêtres entourées de tuf et une jolie "porte" surmontée d'un arc brisé.
  Voilà une ruine comme j'aime........

   C'est avec regret que je quitte cette ruine médiévale car je ne veux pas abuser de l'hospotalité du propriétaire. Je me retourne une dernière fois pour admirer l'un des plus puissants châteaux du Sud Grenoblois.
   
Description de la "Tour de Revel" :

     A 1km au NNE du château, le village comporte un autre vestige médiéval (quelle chance vous avez, 2 bâtiments dans le même article.... Je vous gâte).
    Sur une hauteur dans le hameau de "LA TOUR", présence d'un donjon carré nommé  "Tour de Revel" et aussi "Tour des Sommiers".  Le "Lieu dit" semble daté du 11ème siècle. La tour doit être du 12ème. Il semble qu'elle n'a jamais été abandonnée ou dépouillée de ses pierres durant 800 ans, mais simplement peu entretenue.
   Avec la vue sur la vallée du Grésivaudan (voir ce livre), cette ruine devait servir de tour de guet contre les invasions (?) des Savoyards venant de Chambéry ou d'Albertville.

Nota : Cette tour est dans une propriété privée non visitable.

 

 

  Histoire du château :

* Au 12ème siècle, il est fait mention d'une famille nommée : "de Revel".
* Vers 1255, un de ses membres, Hugues de Revel a le titre de : "grand maître de l'ordre de Malte".
* Au 13ème siècle, la seigneurie de Revel passe aux mains d'une des branches de la puissante famille Alleman, seigneur d'Uriage. La seigneurie de Revel comprend les paroisses de :
      - Revel,
      - La Combe de Lancey,
      - Saint Jean le Vieux,
      - Saint Mury Monteymond, jusqu'au ruisseau de Vors.
  Les nouveaux propriétaires prennent alors le nom de : Alleman de Revel. Les armoiries de cette famille sont décrites ainsi: "de gueule semé de fleurs de lys d’or". Leur devise est : "Gare à la queue des Alleman".
* A la fin du 13ème siècle, la majorité des localités autour de Grenoble est contrôlée par la famille Alleman.
* En 1309, un château est mentionné à Revel.
* En 1349, Siboud de Revel accepte difficilement le "transport" (la vente) du Dauphiné au royaume de France. Le fils aîné du roi, étant nommé Dauphin absolu de la région, il a des pouvoirs importants sur les seigneuries Dauphinoises. Siboud essaie de négocier des privilèges.
* En 1395, le Dauphin devient suzerain direct des seigneurs de Revel. Il défend le château contre les tentatives des Comtes de Genève, résidant à Theys et possesseurs de nombreuses terres en Grésivaudan.
* Au milieu du 15ème siècle, le château est agrandi et une chapelle est signalée dans la basse cour.
* En 1630, la famille Alleman s'éteint. Le château est abandonné. La seigneurie de Revel revient à Félicien de Boffin, Baron d'Uriage (voir titre de noblesse) et conseiller du roi  (voir liste des rois).
* En 1707, la famille Francon devient seigneur de Revel.
* En 1789, le dernier représentant de la famille Francon, le marquis de Montauban, émigre. La seigneurie est démantelée par les "révolutionnaires".
* En 1801, le château est vendu comme bien national.
* Durant le 19ème siècle, le château devient une carrière de pierres.
* Vers 1915, pendant la guerre, le site est utilisé comme cache d'armes par le maquis du Grésivaudan. Ce fut sa dernière mission pour l'histoire.
* Le 20ème siècle oublie progressivement ces pierres.
* Au 21ème siècle, la découverte de loin à travers les arbres est possible. La propriété est privée et n'est pas ouverte à la visite.

 

 


  Je voudrais remercier :

* M° Bruno Joux pour son invitation et son chaleureux accueil.

* Ainsi que l'association "Le château de Revel" pour leurs informations si importantes sur la mémoire de cette ruine. 

 

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29 août 2007 3 29 /08 /août /2007 06:30
    Vous pensez que je suis fou de décrire une simple tour "inconnue" alors qu'il existe de nombreux châteaux et ruines médiévales dans notre beau pays.

   Et bien NON, point de folie du 'chevalier', car cette TOUR est très importante dans l'histoire. C'est de cette modeste ruine qu'a été créé : Le Dauphiné.

   "Ma" puissante province comporte de nombreux châteaux et ruines dont certains sont décrits dans ce livre.

 

 

Département :  26 - DROME

    La tour est l'emblème de l'ancienne puissance des Dauphins d'Albon.

Le bourg

     Situation :  (--> le voir sur une carte)

   Albon est un petit village sur la rive gauche du Rhône, à 30km au Sud de Vienne, à 40km au Nord de Valence et à 17km à l'Est de Annonay.

   Coordonnées :

45° 14′ 47″ N 4° 50′ 58″ E
 45.246389°  4.849444°

 

Le château :

  La découverte

     La tour de l'ancien château est immanquable tant elle surplombe de 336m la plaine. La vue est magnifique sur :

* La vallée du Rhône, (axe de circulation mais aussi d'invasion),
* La vallée de la Valloire,
* Les monts du Vivarais,
* Les terres froides (dénomination des collines au nord de la rivière Isère).

     De nombreux panneaux routiers me guident jusqu'à son sommet où un parking m'attend. Mais je vous conseille de laisser la voiture au village, puis de prendre le chemin pédestre en montée. Vous découvrirez mieux les richesses du monument mythique du Dauphiné. 

 

       L'extérieur :Les vestiges du rempart semblent très primitifs.

    L'ensemble actuel est le résultat d'une évolution du bâtiment sur 6 siècles.

     En arrivant depuis le village, je découvre d'abord un long mur de galets et de molasse. Il devait entourer l'ancien village. Ce mur est puissant, épais mais en très mauvais état. Il est dénué d'archère, ce qui semble impossible pour un mur  médiéval.

  En levant un peu la tête apparaît enfin la tour maîtresse du château, celle que je suis venue voir, celle qui a donné naissance à mon ancienne province.

  A ses pieds, il faut marquer un temps d'arrêt pour apprécier le paysage. En baissant les yeux, coté Ouest, un imposant bâtiment rectangulaire apparaît dans l'herbe jaunie de cette fin d'été dans ce que est logique de nommer :  La basse cour". 

 

       La Basse Cour :

Le système palatial monumental est composé :

* D'une chapelle en pierre (aujourd'hui disparue car les matériaux ont été utilisés pour la construction d'une autre église).
* D'une vaste Aula (le bâtiment de plus remarquable de la basse cour).

    La Aula n'a plus sa beauté d'avant. La Aula n'est peut être pas imposante aujourd'hui car ses murs ont disparus, mais ce bâtiment était très important. Il est situé au centre du domaine castral. Il semble que les Comtes d'Albon se soient inspirés des grandes aulas Impériales. Ce bâtiment démontrerait l'appartenance de cette famille dans l'élite du Saint-Empire.

  Avec les différents aménagements durant 4 siècles, il est très difficile d'en déterminer l'architecture et le luxe.

 

       La Tour :

    Elle devait être construite en bois au 10ème siècle (des fouilles ont montré de nombreuses traces de pieu dans le sol). Puis vers le 12ème, une construction plus solide la remplace. La tour a un plan carré de 7m x 7m. Ces murs ont une épaisseur de 1,5m et sont réalisés par 2 parements en molasse entre lesquelles a été coulé un mélange de galets (très abondants dans la région) et de mortier. Les angles ont bénéficié d'un soin particulier (pierres minutieusement taillées).

  Elle comportait 3 niveaux de plancher (en bois ?) aujourd'hui disparus. Les ancrages des poutres sont nettement visibles :
  *  Le rez de chaussée devait être le "magasin de provisions" (classique dans les "donjons" du 13ème siècle). Il était accessible par une trappe depuis le premier étage. Dans le mur Ouest, une brèche récente a été creusée.
  *  Elle nous permet de voir à l'intérieur (mais attention aux pierres et surtout aux "crottes" des volatiles ). A l'extérieur de nombreux trous de boulins sont visibles (trous dans le mur recevant des poutres en bois nommée aussi boulin pour tenir des échafaudages servant à la construction ou la réparation - voir vocabulaire).
  *  Le premier étage comporte une ouverture en plein cintre. C'est l'entrée principale et unique de la tour. Une échelle en bois permettait son accès. Elle était retirée à l'intérieur en cas d'attaque. Ce devait être le logis du seigneur et de ses proches. Aucune fenêtre dans le mur, une archère primitive droite apporte une faible lumière.
  *  Le deuxième étage devait être la salle des gardes et de défense, encore des archères droites. Il est curieux de ne distinguer aucune trace de cheminée, de lavabo ou de latrines, ni de décors dans ces 2 étages.
  *  Le troisième niveau est la plate-forme sommitale. L'absence de créneau pose quelques questions.
  *  Le passage entre les différents niveaux devait se faire avec une échelle en bois amovible, car aucune trace d'escalier est visible.

 

Histoire du château :

* Au 1er siècle, le site est occupé par une petite fortification Romaine.
* A l'époque Mérovingienne, ce lieu en hauteur a un rôle important pour la surveillance de la vallée du Rhône à cause des invasions des Sarrasins, puis des "barbares Germaniques". Les populations trouvent protection auprès des seigneurs locaux aux pouvoirs grandissants.
* Vers 800, une chapelle occupe la partie Sud du site.
* En 926, un oppidum est cité.
* En 937, un petit village semble se construire proche de la hauteur.
* Vers 1030, Bouchard, l'archevêque de Vienne donne à Guigues le Vion (voir liste des Dauphins) surnommé plus tard Guigues le Vieux, les terres du Sud Viennois (Vion est une localité située aujourd'hui en Ardèche). Il s'y s'installe dans le village d'Albon en construisant d'abord une motte castrale. Surveiller la vallée du Rhône est un pouvoir important.
* Vers 1040, Henri II le Noir, empereur Germanique, donne à Guigues le Vieux (parfois nommé aussi Guigues Ier) des terres du Briançonnais. Albon devient le siège d'un nouveau territoire important.
* En 1079, Albon devient château Comtal (titre accordé par l'archevêque à la famille d'Albon).
* Au 12ème siècle, le château de bois fait place à un bâtiment en pierre.
* En 1142, Guigues IV d'Albon est surnommé Dalphinus (Dolphinus est un prénom courant à cette époque, ce changement du O en A aura une conséquence 151 ans plus tard). La seigneurie se nomme : Delphinatus.
* En 1162, la lignée des Albon de souche s'éteint. La 'maison de Bourgogne' devient maître du Comté. Le village est fortifié autour de son château.
* En 1269, c'est une nouvelle famille qui règne sur ce territoire, elle se nomme : La Tour du Pin. Les fortifications du château sont améliorées.
* En 1293, le territoire se nomme officiellement : le Dauphiné.
* Au début du 13ème siècle, les murs de l'enceinte extérieure sont remaniés.
* En 1349, le dauphin Humbert II cède sa région au plus offrant. Le Dauphiné est "transporté" (c'est le mot officiel utilisé pour ne pas blesser les seigneurs Dauphinois) dans le royaume de France (voir la liste des rois). C'est le début du déclin de l'importance du site.
* A la fin du 14ème siècle, un incendie ravage la grange, les toitures s'effondrent, et certains murs tombent (la Aula. semble aussi touchée par ce désastre).
* Vers 1405, la Aula est transformé en écurie.
* Au milieu de 15ème siècle, il semble qu'un mur soit construit divisant l'écurie en 2 pièces.
* Au 16ème siècle, Albon devient un des centres importants et très actifs des Réformistes.
* Vers 1576, Gordes, Gouverneur du Dauphiné, décide de faire raser le site des Réformistes. Par "miracle" la tour est épargnée.
* En 1793, un télégraphe optique de Chappe est installé en haut de la tour.
* En 1982, le site est inscrit aux monuments historiques.
* En 1993, des fouilles sont organisées par une équipe internationale.

* A la fin du 20ème siècle, la visite est libre et gratuite. Le risque de recevoir une pierre est négligeable, excepté dans la tour.
* Au début  du 21ème siècle, des travaux de "modernisation" du site sont entrepris. Les pelleteuses "saccagent" le le lieu millénaire pour permettre aux touristes de marcher sur des escaliers en ferraille. L'avenir dira si l'argent dépensé et la destruction partielle des ruines fut une bonne idée de nos "politiques".

 

La vue sur la vallée du Rhône est unique !

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16 août 2007 4 16 /08 /août /2007 06:30

 

Département :  38 - ISERE

 

Si les shadocks pompaient, le chevalier montait, montait .....

Le bourg : 

   Situation :  (--> le voir sur une carte)

      Le village de Pont en Royans est situé au Nord du massif du Vercors, à la frontière de l'actuel département de la Drôme, dans les gorges de la Bourne.

   Le château est posé sur un sommet, à 475m d'altitude, surveillant les 2 vallées.

      Coordonnées du château :

45° 3' 49.075" N 5° 20' 49.798" E
 45.063632°  5.347166°

 

Le château :

    L'extérieur :

Curiosité

    Dans le village, un sentier balisé serpente dans la vieille ville. Il est nommé : Circuit des 3 châteaux.

Y en a-t-il tant que cela ?

    Une tradition orale prétend que la fortification était composée d'une immense courtine et de 3 tours, dénommées : châteaux.

 

L'approche

    Dès le franchissement d'un clocheton fortifié post-médiéval, très vite, le sentier monte à travers les buis.

   Un proverbe de castellologue affirme que :

"Quand le sentier est pentu,
 de château il n'y a plus !
"

 Je crains que cela se vérifie.

 

La découverte

   Trente minutes plus tard sur un sentier pentu qui devrait être bien ombragé en été., une courtine très abîmée se détache dans le bleu du ciel de ce début Avril. Elle ne semble pas très épaisse et ne devait pas etre le premier rempart du château, ni le donjon. Aucune archère, pas de mâchicoulis.

Est ce une reconstruction par des paysans pour servir de protection contre les intempéries ?

   Précédent cette courtine, un "couloir" naturel fait un rétrécissement pour empêcher l'envahisseur d'attaquer en nombre. Hélas, aucune marque de vantaux ni trace de herse (voir vocabulaire) est visible.

 

     L'intérieur : 

Diantre... C'est vide
     Il ne reste presque rien de cette réalisation médiévale. Quelques rares morceaux de murs ne permettent pas de définir la forme exacte de ce château. Seul l'imaginaire fait revivre ces cailloux.
 
Même le rien est beau !
   Sur la plate-forme principale, une citerne très bétonnée trône fièrement au milieu des blocs de rochers. De cet endroit la vue est fabuleuse au Sud sur les gorges de la Bourne qui remonte dans le massif du Vercors où l'on peut rejoindre Grenoble. Au Nord, la vue s'étend sur le Royans, les collines de Chambaran et la vallée de l'Isère.
     

 

Histoire du château :

* Vers le 12ème siècle, une fortification semble construite pour protéger les châteaux des Dauphins des intrusions par les gorges. Il aurait été possession de Béranger de Sassenage.
* Vers le 13ème siècle, ce château est un fief des Dauphins, seigneur du Dauphiné (voir liste des Dauphins).
* En 1349, le rattachement du Dauphiné au royaume de France diminue l'importance stratégique de ce château.
* Au 16ème siècle, le village perché avec ses maisons suspendues est construit facilitant le négoce du bois.
* Vers le milieu du 16ème siècle, les guerres de religion sévissent. Le village subit de nombreux assauts, et le château, déjà très abîmé ne se relève pas de ces massacres.
* Au 17ème siècle, le territoire appartenant aux Princes du Royans est érigé en marquisat.
* Au 21ème siècle, la visite du "château" est libre et gratuite. Les murs ont été "sécurisés", mais le lieu reste une ruine : Soyez prudent.

 Depuis le château, la vue vers le Nord sur le Royans est unique.

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14 août 2007 2 14 /08 /août /2007 06:30

 

Département :   38 - ISERE

 

Le bourg : 

A travers le feuillage, cette tour semble mystérieuse. Etait elle Templière ?

      Situation (--> le voir sur une carte)

     Le petit village est situé à quelques kilomètres au Nord de Grenoble, sur la route nationale en direction de Valence. 

   Sur un petit promontoire, face à l’Isère, à l’entrée du village se dresse une tour "féodale".

   Coordonnées de la tour :

45° 16' 17.26" N 5° 36' 57.773" E
 45.271461°  5.616048°

 

      Origine du nom :

  Voroize : est le nom de la rivière qui descend du Vercors. Il a été accolé à celui du Veurey car un autre bourg proche porte un nom presque homo-phonique : Vourey. Cette similitude créait de nombreux quiproquos.

  Veurey : La racine Romaine du nom VOREINUM signifie : Abîme, Gouffre.

   Mais certains voient le mot Celte de VOR signifiant : Hauteur.

Curieuse contradiction !

 Il est vrai que les falaises sont abruptes derrière ce village construit sur les pentes du Vercors.

 

La Maison Forte : 

      Sa dénomination de TOUR des TEMPLIERS serait due à sa construction par un «ordre de chevalerie»  au 13ème siècle.

      Cette massive tour est de plan rectangulaire et de construction soignée. Elle mesure 13 m par 15m pour une hauteur de 17m. Les murs ont une épaisseur de 2 mètres.
  Il est possible de voir quelques fentes de tir sur les faces Nord et Ouest.
     Des 3 étages primitifs, 2 sont identifiables et recouverts d'une toiture à 4 pans. La tour comporte du côté de la rivière (face Est) de fines et élégantes baies géminées surmontées chacune d'une fenêtre ronde trilobée, dont une conserve une sculpture.
     Au 1er étage, des corbeaux sortent d'une ouverture aujourd'hui bouchée.
Était ce une bretèche (mais aucune porte est en dessous) ?
Ou bien un vestige de latrines ?
    Le réemploi de cette tour durant 7 siècles ne permet pas de retrouver des éléments d’architecture prouvant sa fonction exacte, ni son attribution réelle à l'Ordre du Temple.

 

 

Histoire de la Maison Forte :

* Au 1er siècle, la voie romaine de Saint Ours passe dans l’ancien village nommé : Veureium. Bien que rien ne le prouve, certains affirment qu'une tour de guet en bois est construite par les romains à l'emplacement de celle d'aujourd'hui. 
* Au 11ème siècle, la commune se nomme : Voroi.
* Au 12ème siècle, la commune se nomme : Veray.
* Vers 1200, un acte religieux cite une chapelle castrale dans le village, sans clairement identifier la position et l'importance de l'ouvrage défensif.
* En 1284, Raymond Bertrand seigneur de Veurey est vassal (du Baron ?) François de Sassenage (village proche connue aujourd'hui pour son fromage et ses grottes nommées "cuves").
* Au 13ème siècle (1291 ?), un "ordre de chevalerie" demande la construction d'une tour de guet pour contrôler les passages du Nord Isère, au Sud Isère et vers la vallée du Grésivaudan (voir le livre sur cette vallée). Il semblerait que ce soit le seigneur de Veurey, Raymond Bertrand, qui sollicite un renforcement de la position auprès de l'Ordre du Temple.......  Le mot Templier viendrait de cet acte. Mais il semble qu'il y ait confusion avec une Maison Forte Templière dans le village de VOUREY.
* Au 14ème siècle la commune se nomme : Voroy.
* En 1339, dans un acte Delphinal (du Dauphiné), ce lieu est cité possédant un donjon de 3 étages accolé à une habitation.
* Au milieu du 14ème siècle, il semble que cette tour soit le donjon d’une fortification.
* Au début du 15ème siècle, un autre château d’habitation est construit sur les hauteurs du village. La vieille tour ne semble plus être utilisée par le seigneur Josserand Bertrand.
* Vers 1530, la tour, le verger, les terres sont vendus par Anne Montaud à François Vacon. Ce nouveau seigneur rend hommage au Roi quelques mois plus tard.
* Vers 1792, le nom du petit torrent est associé à celui du village qui se nomme depuis : Veurey Voroize.
* En 1814, l'armée Napoléonienne est en guerre près du village. Des boulets de canon endommagent la tour.
* En 1984, cette tour privée est inscrite aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la visite de l'extérieur est libre et gratuite. Le risque de recevoir une pierre est négligeable.

 

Ces fenêtres trilobées surprenent sur cette façade très classique. 

 

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13 août 2007 1 13 /08 /août /2007 06:30

 

Département :  26 - DROME

  La tour me nargue bien protégée par les ronces piquantes

Le château :

   Situation :    (--> le voir sur une carte)

       Le village se situe à 50km au Sud-Ouest de Grenoble, 30km au Nord-Est de Valence et à 18km à l'Est de Roman sur Isère.

    Coordonnées du château :

45° 3' 32.364" N 5° 14' 46.81" E
 45.05899°  5.246336°

 

Le château :

      Extérieur :

Où est le château ?

    Dans cette petit bourgade, en bordure Nord du plateau du Vercors, où les animations d'été sont nombreuses, il faut être fou comme moi pour chercher une ruine médiévale Dauphinoise.

    D'après ma carte, elle se situe sur une hauteur au Sud du village. Le château domine la vallée sinueuse de la Bourne.

 Le voyez vous sur sa colline ?

 

L'approche

     Pour découvrir cet ancien château fort, il est préférable de venir durant l'hiver, époque où la végétation est la moins dense. Sinon, armez vous d'un pantalon très résistant, car les ronces et autres épineux sont nombreux sur cette colline non exploitée.

  La "visite" commence par la face Sud, puisque les 3 autres cotés ont une pente assez abrupte (c'est logique, ceci est un château féodal posé sur une butte).

Pantalon obligatoire pour visiter cette ruine. 

      Intérieur :

  Je la devine

     Après un travail de "débroussaillage" et de recherche du meilleur chemin, la ruine se distingue enfin entre les arbres. De loin, elle ressemble à une tour de guet.

 

Comme elle est belle !

  La construction solitaire est en réalité la tour maîtresse d'un petit château de seigneur. Cette tour a une forme carrée dont un des murs (coté Nord) s'est effondré. Les murs ne comportent aucune archère ni bouche à feu, voici l'exemple classique d'un donjon de repli du 13ème siècle.

 

Elle a souffert

   Les pierres sont correctement assemblées en petit appareil irrégulier chaîné aux angles, mais le temps a fait des ravages et laisse entrevoir le remblai.

 

C'est fini

   Autour, la végétation empêche de distinguer les contours des bâtiments annexes. Je dois laisser divaguer mon imagination.Puis je repars vers une autre aventure à quelques kilomètre au Sud se nommant : Le château de Rochechinard.

 

 

Histoire du château et du village :

* Il y a 12 000 ans, Les premiers habitants habitent une grotte, au bord de la Bourne (affluent de l'Isère).
* En 4 000 ans avant J.-C., les "autochtones" font commerce d'outils en silex. L'atelier de taille de Vassieux-en-Vercors (village sur le plateau du Vercors) est en pleine ébullition.
* En 121 avant J.-C., une bataille décisive oppose Romains et Allobroges (peuple Gaulois vivant dans la région). Là, au confluent de l'Isère et du Rhône, le pays scelle son destin. Des siècles durant, la Drôme connaîtra la Pax Romana.
* En 1288, le château est cité en fief des Dauphins. Il appartient ensuite aux évêques de Die.
* En 1349, le rattachement du Dauphiné au royaume de France diminue l'importance stratégique de ce château.
* En 1574, les guerres de religions ravagent la région. Les catholiques de Saint Nazaire ne bénéficiant plus de la protection de leur château se réfugient dans celui de Rochechinard à 4km au Sud (voir ce château).

* Dés le 17ème siècle, la famille des seigneurs de Pizançon qui possède d'immenses champs, prairies, pâturages ainsi que des moulins, a déjà réalisé de nombreux ouvrages : - Canaux,
- Chéneaux,
- Baumes (conduites souterraines).
* En 1790, la révolution sonne le glas de ce château. Déserté, cet habitat devient doucement une ruine et sert de carrière de pierres.

* Au milieu du 18ème siècle, les intendants du Dauphiné "de la Porte" et "Pajot de Maréchal" s'intéressent à un projet d'envergure :
- 'la mise en valeur agricole de la plaine de Valence par le captage des eaux de la Bourne'.
* Plus d'un siècle de réflexions, d'amorces d'études, de tentatives sont nécessaire pour regrouper les propriétaires fonciers intéressés, avant d'en voir une réalisation.
* En 1878, le village inaugure son gigantesque aqueduc au pied de la ruine du château.
* En 2004, l'aqueduc est toujours fonctionnel et peut même se visiter.
* Au début du 21ème siècle, la visite de la ruine est "libre" et gratuite (bien qu'elle soit dans un terrain privé). La vétusté de la tour et la densité de la végétation la réserve à des passionnés. Le risque de recevoir une pierre est important.

 

En hiver, la tour du vieux château est visible

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12 août 2007 7 12 /08 /août /2007 06:30

 

Département :  38 - ISERE

 

Pourquoi le choix d'une Maison Forte ?

 

     Cela se passe en l'an de grâce 2006, vers la fin décembre, lorsque les jours sont courts et le froid vif. Le chevalier (oui, c'est moi) souhaitait vous faire découvrir un bâtiment médiéval Dauphinois. Hélas dans sa région, les quelques rares châteaux sont loin de sa masure. Et votre serviteur voulait faire une petite balade avec son destrier à pédales.
    Dans le territoire du fromage nommé Saint Marcellin, il y a de petites collines faciles à monter et des ruines bien reconstruites. Il n'en fallait pas plus pour vous faire découvrir mon terrain de chasse.... photo bien sur.

 

 

Le bourgSur sa colline, le Gollard surveille la vallée.

   Situation :  (--> le voir sur une carte)

     Le petit village de Chevrières est à 2 km au Nord de St Marcellin, à 45 km à l'Ouest de Grenoble. Le "château" est posé sur la plus haute colline, proche d'une petite chapelle.

    Coordonnées de la maison forte :

45° 11' 32.291" N 5° 17' 8.246" E
 45.192303°  5.285624°

 

   Toponymie : (petite intiation)

    Chevrières a tout simplement pris le diminutif de chèvres, élevage abondant il y a encore quelques années.

 

La "maison forte" : 

  Il est curieux de constater que dans certaines publications, le Gollard est cité en tant que château et dans d'autres c'est une "Maison Forte". Je vous laisse juger, point de certitude de ma part.

 

   L'extérieur :

L'arrivée

    Sur sa colline, le Gollard trône fièrement. Pour mieux apprécier l'architecture de ce "château" je monte la côte à pieds en poussant mon destrier à pédales (heu, en réalité, je n'ai pas pu gravir cette montée en vtt, mais chuuut, c'est un secret entre nous).

 

La découverte

    Le contraste est impressionnant. Ce "château" présente des murs épais, précédés de courtines rasées il est vrai, mais la façade que l'on voit en premier est très 'moderne'. Ce n'est pas une ruine comme je vous en montre souvent, mais une "maison forte" habitée au 21ème siècle.

 

Rapide analyse

  De face, la puissante construction révèle ses secrets. Elle est constituée :

- D'un rempart assez simple (de forme rectangulaire).
- D'un impressionnant porche d'entrée en plein cintre certainement précédé d'un pont levis.
- D'une tour flanque semi-hexagonale percée d'archères droites (voir vocabulaire).
- D'un logis renaissance avec fenêtres à meneaux très sobres.

   Les murs comportent encore les petites ouverture médiévales ou les puits de lumières. Curieusement, les trous de boulins n'ont pas été bouchés par l'actuel propriétaire.

Est ce un amoureux de constructions médiévales ?

 

C'est fini

   Ce bâtiment n'a pas le romantisme des ruines que je vous montre parfois, ni le coté guerrier de châteaux médiévaux, mais je souhaitais vous montrer l'évolution architecturale sur 800 ans d'une petite "maison forte", et le contraste harmonieux des époques.

   Il me faut repartir, car l'hiver est rude sur ce plateau pourtant peu élevé.

 

 

Histoire du château :

* Vers l'an 1000, il semble qu'une motte castrale soit aménagée (voir un exemple).
* Au 12ème siècle, le château en bois et terre laisse place à une construction en pierres. C'est un petit "château" de surveillance de la vallée. Son seigneur est vassal des Dauphins (voir liste des Dauphins).
* En 1426, Charles VII donne ce territoire à Jean de Poitiers.
* Au 16ème siècle, les terres appartiennent à Diane de Poitiers, favorite du roi de France Henri II (voir liste des rois).
* Vers 1560, Diane donne ce territoire à Jean de la Croix, avocat et président au parlement du Dauphiné.
* En 1790, les révolutionnaires regroupent les petits villages de la vallée et forment le village de Chevrières.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur du "château" est libre et gratuite. Le site étant privé et occupé, l'intérieur n'est pas visitable, et doit être bien modifié.

 

brrrr...

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9 août 2007 4 09 /08 /août /2007 23:50

 

Département :   38 - ISERE

 

Le château : 

  Situation :  (--> le voir sur une carte)

   Chirens est un village proche du lac de Paladru, à 10 km au Nord de Voiron et à 30km au Nord de Grenoble.

   Coordonnées du château :

45° 25' 2.384" N 5° 32' 10.45" E
 45.417329°  5.536236°

 

 

  Origine du nom :  (petite initiation)

     En 1350, un texte nomme le village sous le château : Villa nova di Chiroyen.
    Avec le temps le nom se transforme en :

  - Chiroyen,
  - Chiron (?),
  - Chirenc,
  - Chirens.

  Il semblerait que ce nom soit une déformation d'un personnage dénommé : Caro de Carencus.

 

Le château : 

   L'extérieur :

L'arrivée

   Il est situé sur une butte isolée à 528m d’altitude. Ce lieu n’a pas été choisi par hasard puisqu’il permet d’observer :   

- Le vallon de l'Ainan à l'Est,
 - Le vallon de La Fure à l'Ouest,
 - La vallée de Voiron (et de l’Isère) au Sud.

   Les vestiges, en partie dissimulés dans la forêt, sont accessible à pieds en 10 minutes, depuis le petit hameau de Clermont, par un sentier très agréable mais mal indiqué.  

 

La découverte

   Du château fort, il ne reste que le donjon pentagonal et quelques éléments d'enceinte envahis par une végétation dense et de nombreux arbres en remplacement des premiers remparts. Pour mieux comprendre cette ruine, je vous propose ce plan réalisé suite aux fouilles de 1991 :

   1 – Donjon pentagonal. 
   2 – Tourelle d’angle encore existante du rempart de l’habitat seigneurial. 
   3 – Fondation très ruinée du logis seigneurial (?) 
   4 – Entrée du logis. 
   5 – Chapelle et bâtiments annexes. 
   6 – Premier rempart du château.  
   7 – Réserves ou armurerie ou bâtiments pour soldats ?

 

Les remparts :

   Autrefois le site comportait trois enceintes concentriques isolant la butte centrale. Aujourd’hui, les traces des 2 enceintes extérieures ne sont visible que par un œil expert et beaucoup d’imagination.
   Le 3ème rempart, entourant le logis seigneurial, est encore visible sur un petit quart de sa longueur. Il comporte des restes bien consolidés d’une tourelle d’angle coté Est.
   Du sommet des remparts, la vue est extraordinaire est extraordinaire sur les vallons et le massif de la Chartreuse.  
 
La basse-cour
   Elle est vaste pour la dimension globale du site castral. Elle est accolée à la grande enceinte extérieure. Bien qu’envahit par les arbres, un « castellologue » la discerne sans difficulté.
 
Les bâtiments annexes et la chapelle
    Durant la belle saison, les fondations des bâtiments sont cachées par les hautes herbes. Mais à l’automne, parfois,  ils se révèlent partiellement à nous. Il est difficile d’identifier avec certitude leur fonction originale. Des fouilles ont clairement identifié l’emplacement d’une chapelle.
       

Le donjon

   C’est le bâtiment le mieux conservé et le plus impressionnant. Il semble daté du 13ème siècle sans fenêtre de confort. Sa forme pentagonale est surprenante pour la région. Il est réalisé en tuffe et pierre.
Il devait comporter 4 niveaux séparés par des planchers. 

   Le 3ème étage devait être la pièce principal car il subsiste coté Nord, les fondations d’une grande cheminée, et dans le mur coté sud, apparaît une ouverture pouvant être les latrines ( ?).

 

 

Histoire du château :

* Au 10ème siècle, la commune de Chirens est possession de la famille de Clermont. Ses nouveaux seigneurs habitent sûrement proche du lac de Paladru, riche en poissons et en gibiers.
* En 1040, les eaux du lac montent et les habitats sont abandonnés. Est ce la raison de "l’émigration" sur la colline situé au sud du lac ?
* A la fin du 11ème siècle, de nombreux châteaux en bois se construisent. Présence de motte à :

- Poype, au Nord,
- Châtelard, au Nord-Nord-Est,
- La Louvatière, au Nord-Est,
- Saint Sixte, à l’Est,
- Etc…

* En 1072, un prieuré dédié à Notre-Dame de Gayet est fondé par les moines bénédictins. Il est probable que ce soit sur une demande du seigneur de Clermont pour "christianiser" la population et assoire sa puissance.
* En 1094, Siboud de Clermont est cité dans un texte relatif à une descendance (?).
* En 1107, lors du passage de nobles du comté de Sermorens (royaume de Bourgogne), un château est cité en ce lieu.
* Au début du 12ème siècle, des moines Bénédictins s’établissent à Chirens et fondent le prieuré de Notre dame du Gayet.
* Durant le 12ème siècle, la famille Clermont consolide et agrandit le château. Les seigneurs de Clermont étendent leur pouvoir sur les territoires environnants et progressivement il crée une vaste seigneurie indépendante. Ils fondent la ville "nouvelle" de Chirens. Les Clermont dominent un territoire enclavé entre 2 puissants rivaux :

   - le Dauphiné,

   - et le comté de Savoie.

*Au 13ème siècle, le château est fortifié par la construction d'un important donjon et d'un rempart supplémentaire.
* En 1317, le seigneur de Clermont rend hommage au Dauphin Jean II. Ce territoire devient une frontière face à la puissante Savoie qui possède une enclave au sud, vers Voiron (exemple : le château de Bocsozel). Ce territoire devient la première baronnie du Dauphiné (voir titres de noblesse).
* Au 14ème siècle, cette contrée devient une vicomté. La famille se nomme maintenant : Clermont-Tonnerre.
* En 1547, Antoine III  de Clermont est nommé Comte par le Roi de France Henri II (voir liste des rois).
* Vers 1633, à la fin des guerres de religion, cette forteresse n’a plus sa fonction de château-frontière, elle est définitivement démantelée après la promulgation d’un ordre de Richelieu. Cela pour éviter que le château soit le refuge de quelques bandes de brigands.
* Le chateau est oublié pendant deux siècles. Il sert parfois de carrière de pierres.
* En 1814, le colonel Lubière commande une "armée" impériale de Napoléon. Il décide d'arrêter l'armée Autrichienne en "fortifiant" le château. Hélas, les Autrichiens gagnent la bataille. Les ruines s'endorment à jamais. 
* En 1983, le site est classé aux Monuments Historiques.
* En 1991, des fouilles révèlent l’architecture de cette ruine et les fondations de l’église.
* Au 21ème siècle, la visite est libre et gratuite. Les murs ont été consolidés, mais ce château est une ruine. Soyez prudent.

 


Pour de plus amples informations sur les mottes castrales et l'histoire autour de Chirens, veuillez consulter cet excellent site.

 

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8 août 2007 3 08 /08 /août /2007 06:30

 

Département :   38 - ISERE

 

    "Mais que lui arrive t il au chevalier Dauphinois" s'esclaffent les visiteuses et visiteurs de mon blog, "Il pense que nous n'avons aucune culture ?"
  "Bayard est un chevalier de la Renaissance, et son blog est censé ne parler que du Moyen Age.  A t il encore reçu une pierre sur la tête au cours d'une de ses visites dans une ruine toute cassée ?".

    "Mais non, chers princesses et princes visitant mes modestes proses, fou je ne suis. Je ne vais pas vous parler du fameux chevalier 'sans peur et sans reproche', mais ..... de son arrière grand-père, qui est né au 14ème siècle."

  "Ouf !", firent les princesses soulagées que leur merveilleux chevalier Dauphinois (heu, c'est moi), ne soit point pris de folie ou de la maladie de confusion. 

 

 

Le bourg :  

  Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Pontcharra sur Bréda est une petite ville à l'Est de la vallée du Grésivaudan (axe Grenoble Albertville) à 38km de Grenoble. Elle est frontière avec la Savoie. Le château est au Sud de Pontcharra sur une colline à 325m d'altitude.

   Coordonnées du château :

45° 25′ 25″ N 6° 1′ 8″ E
 45.423611°  6.018889°

 

  Origine du nom :

   La Bréda est la rivière traversant le bourg.

- 1ère hypothèse : Pontcharra viendrait peut être d'un pont enjambant le cours d'eau pour faire passer les chariots (carrius en latin).
- 2ème hypothèse : il existait une "riche" famille connue (car possédait une tour fortifiée) nommée Charra. Elle habitait proche ou sur le pont.

* Bayard était le nom d'un lieu-dit signifiant : Hêtre.

 

Le château :  

    L'extérieur :

Petit rappel

    Au Moyen Âge, seul le seigneur disposait d'un château. Il était admis que des personnages puissants ou influents puissent avoir une bâtisse fortifiée, mais dont le nom était : Maison Forte. Pour cet article, je devrais écrire : La Maison Forte de Bayard.

   Mais je suis Dauphinois, il me faut vanter ma région, de plus "notre" chevalier Bayard si connu a le droit à un "château" dans ma prose.

 

L'approche

   C'est par un petit matin brumeux de novembre que je découvre au loin, un bâtiment sur une colline.

Est ce le château Bayard ?

Ou une ferme Dauphinoise ?

    En me rapprochant doucement à pied, comme par magie, la brume s'estompe, les sommets du massif de la Chartreuse s'illuminent et le château Bayard apparaît. 

 

La découverte

   Je suis agréablement surpris de le voir si beau, car j'avais en mémoire une peinture du 19ème siècle montrant une ruine.

  Le rempart extérieur arasé épouse le sommet de la colline, et une massive tour trahie bien l'origine médiévale du château. Mais les aménagements des siècles et la transformation des bâtiments en logis confortable au 20ème siècle ont adouci le coté guerrier.

  Il me faut contourner les champs clôturés et prendre la route goudronnée pour  franchir l'immense portail en fer forgé et arriver dans un jardin fleuri si peu médiéval. Ce château me change un peu des ruines que je "fréquente".

 

Multiple style d'architecture

   Devant moi, la façade Est est assez classique pour une maison forte du 15ème siècle avec 2 imposantes tours d'angle encadrant une petite courtine. On peut imaginer que le coté Ouest comportait aussi au Moyen Age, 2 autres tours, mais elles ont disparu au 17ème siècle. Les bâtiments à gauche ont dû être construits plus tardivement.
   L'entrée du musée est sur la droite. Je vous invite à une rapide visite.

 

    L'intérieur :

J'entre

    Après avoir donné quelques piastres à la charmante caissière, je découvre au rez de chaussée la vie du "fameux chevalier". Les vitrines sont claires, les gravures intéressantes, les objets variés, les commandements de la chevalerie bien décrits et le héros, par les récits de ses batailles, devient pour moi encore plus légendaire.

    Au 1er étage, la salle offre une projection très détaillée des exploits du chevalier Bayard.

 

Une viste intemporelle
    Mais l'intérieur du château n'est pas médiéval. Je ne vous montrerais rien, car dans un musée privé, il me semble que la diffusion de photo est interdite. Et puis mon blog est sur l'époque médiévale. Je me dois de respecter "ma" décision.
     Après 1 heure de "culture", je redescends (oups, une photo du musée, je n'ai pas fait exprès) pour retrouver mon destrier qui se désaltérait dans la fontaine. Je pars découvrir le château de Bellecombe (je vous le décrirais prochainement) situé en face et qui était le dernier bastion Dauphinois face à la puissante Savoie.

 

 

Histoire du château : 

* En 1402 (?), Pierre Ier de Terrail, (Arrière Grand Père du fameux chevalier Bayard) achète une terre au lieu dit Bayard.
* En 1404, après 2 années à la recherche de droit de construction, il reçoit l'autorisation d'édifier sur la colline une maison forte.
* Vers le milieu du 15ème siècle, son fils ainé, Pierre II de Terrail, devient le nouveau châtelain. Il épouse Marie de Bocsozel (voir le château de cette famille) et aura 4 enfants.
* En 1465, à la bataille de Montlhéry, Pierre II meurt. Son fils aîné, Aymon de Terrail est le nouveau propriétaire de la maison forte. Il a épousé Hélène Allaman et aura 8 enfants.
* En 1476, le "château" voit la naissance de Pierre III de Terrail, le fameux chevalier "sans peur et sans reproche".
* A la fin du 15ème siècle, Georges de Terrail, frère cadet de Pierre III, devient le nouveau châtelain de la maison forte.
* En 1555, George meurt et la maison forte change de famille par le mariage de Françoise Terrail. A partir de cette date, de nombreux propriétaires se succèdent amenant des aménagements de confort.
* En 1792, le château est décrit comme une ruine. Il sert de carrière de pierres comme souvent après la révolution.
* En 1823, il semble que des pierres de la maison forte soient utilisées pour un monument à la gloire du "chevalier Bayard" construit sur la place Saint André à Grenoble.
* En 1890, une première campagne de reconstruction est réalisée par le propriétaire.
* Au 20ème siècle, de nombreuses restaurations sont réalisées.
* En 1915, les bâtiments sont classés aux Monuments Historiques.
* En 1938, l'association des "amis de Bayard" est créée, et tente par des rencontres et des publications de faire revivre la mémoire du grand chevalier.
* En 1975, un musée à la mémoire de Bayard est réalisé. Deux salles sont ouvertes au public.
* Au 21ème siècle, une partie du château est privée et interdite à la visite. La découverte des 2 salles du musée est payante. Renseignez vous sur les horaires d'ouverture.


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