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Ombre et lumière

12 août 2010 4 12 /08 /août /2010 06:30

 

Département :   38 - ISERE
 

Le bourg : 

La ruine vole au dessus des arbres  Situation :   (--> le voir sur une carte)

   Le village de Saint Quentin sur Isère se situe en bordure Nord du massif du Vercors, à 25km au Nord-Ouest de Grenoble, sur un petit promontoire de la rive gauche de l'Isère.

   Coordonnées du château :

45° 16' 50.3826" N 5° 33'  6.3066" E
 45.2806618  5.551751554°

 

   

Le château : 

    Lorsque vous circulez depuis Grenoble en direction de Valence, sur la gauche une curieuse ruine tente de survivre aux grands arbres et vous quémande une visite.  Il est vrai que sa vétusté n'attire pas les visiteurs, et pourtant, c'est un très ancien château construit à un emplacement stratégique au 11ème siècle.

 

    L'extérieur :

 La ruine est posée au sommet d'une petite colline de 300m d'altitude. Elle se découvre depuis le stade de football par un sentier légèrement en pente. Au sommet,  c'est à travers les arbres qu'elle jaillit.
    Certes, il faut un peu d'imagination pour comprendre son architecture, et même avec un croquis, il est difficile de reconnaître une forteresse médiévale.
 Légende de la carte :
     1 - Donjon,
     2 - Enceinte du château ou chemin de ronde autour du donjon (?),
     3 - Délimitation de la basse cour (?),
     4 - Rempart extérieur,
     5 - Citerne (?).

   Le vestige le plus impressionnant est le "donjon" avec ses corbeaux, ce sont certainement les restes des mâchicoulis (voir vocabulaire).  En levant les yeux, je crois discerner au sommet les traces de créneaux (mais j'avoue que mon imagination est très fertile devant une ruine).
   Ce donjon a des dimension imposantes : 20m de coté et 35m de hauteur. Ce n'est donc pas une simple forteresse avec tour de guet mais les restes du château d'un puissant seigneur vassal du Dauphin (voir liste).

   

    L'intérieur :

   En contournant la façade Nord, le donjon dévoile quelques "secrets". D'abord dans l'épaisseur du mur (1,2m) le remblai est composé de galets roulés provenant certainement du lit de la rivière Isère en contrebas. Ensuite, la qualité de ses parements. Le tuffe est fragile, mais il est taillé avec attention.
   A l'intérieur du donjon, il est facile de voir au moins 3 niveaux. Deux d'entre eux comportent une fenêtre romane plein cintre avec un large embrasement vers l'intérieur. Curieusement, aucune archère ou bouche à feu est visible.  
 

 
Histoire du château :

* Vers 50 après JC, présence d'habitats gallo-romain.
* Au 11ème siècle, un château est cité.
* Au 13ème siècle, le château "actuel" est construit. Il contrôle le passage sur la rivière et verrouille l'accès au massif du Vercors.
* Vers 1562, durant les guerres de religion, le château est dévasté par le terrible François de Beaumont, baron des Adrets et sa troupe de protestants. Il n’est plus reconstruit.
* Au 21ème siècle, la découverte et la visite de la ruine sont libres et gratuites. Le risque de recevoir une pierre existe. Ruine réservée aux passionnés.

 

Une princesse regardait elle depuis cette fenêtre ?

 

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22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 06:30
     Parfois, une fortification médiévale parait anodine, sans âme, sans intérêt, pourtant elle a vécu des aventures incroyables, eut la visite de personnages importants ou a été l'enjeu de querelleurs.
   "Mon" Dauphiné comporte quelques maisons fortes peu connues et pourtant très vivantes. Voici une petite curiosité nommée : "La Tour des Chiens".
 

 

Département :   38 - ISERE 

 

Le bourg :

   Situation :    (le voir sur une carte)

       Le bourg de Corenc se situe à 4km à vol d'oiseau au Nord-Est de Grenoble sur la D512 en direction de Saint Pierre de Chartreuse.

  La "Tour des chiens" est située sur les hauteurs de Corenc (à 530m d'altitude) un peu à l'Ouest.

   Coordonnées de la maison forte :

45° 13' 25.543" N 5+ 45' 13.774" E
 45.223762°  5.753826°

 

   Toponymie :    (voir l'article d'initiation)

Quel curieux nom pour une fortification !

    Un "bouche à oreille" prétend que le futur roi de France Louis XI (voir liste) alors Dauphin du Dauphiné (voir explication), aurait utilisé cette construction pour héberger ses chiens entre 2 chasses dans les bois adjacents.

  S'il est vrai que la région Grenobloise a accueilli de nombreuses fois cet illustre personnage, il se rendait plutôt dans les bois proches de la maison forte de Jarrie nommée "Bon Repos" (à 6 km au Sud) plutôt que celle-ci.

 Alors, d'où vient ce nom ?... Mystère.

 

La maison forte :

     L'extérieur :  

L'arrivée

    Pour trouver le site nommé "La Tour des Chiens", il faut monter au dessus du bourg de Corenc. Proche d'un stade sportif, après un double virage, une construction apparaît. Posée sur un plateau naturel, protégée sur 3 cotés par une pente dissuasive, cette construction dispose des atouts nécessaire pour se défendre contre des assaillants à l'époque médiévale.

 

Pourquoi une fortification en ce lieu

   La vallée du Grésivaudan est une large "route " entre la ville de Grenoble située en Dauphiné et l'axe Chambéry-Albertville situé en Savoie. Les escarmouches entre ces 2 provinces étaient courantes. Pour protéger Grenoble, il avait été aménagé de chaque coté de cette vallée des maisons fortes pour le guet et la signalisation.

  Évidemment, les Savoyards pouvaient aussi venir par le massif de Belledone au Sud ou par la Chartreuse (non, non, pas l'alcool, mais le massif montagneux ...pfff..... bande d'alcooliques ) au Nord-Est (voir cette carte). Des maisons fortes (14 sont citées) ont été construites aux pieds des falaises proches des axes de circulation descendant des montagnes.(Dans cette vallée, je vous ai déjà montré une autre maison forte nommée : La Tour d'Arces)

  La maison forte d'Arvilliers (ceci est son vrai nom) est posée en contrebas du massif de la Chartreuse.

 

Description

     La forme générale ne ressemble pas à un château fort, mais avec un peu d'attention, il est possible de voir une puissante tour d'une vingtaine de mètres de hauteur.  ( "Il est possible"...hihihi.... Comment ne pas la voir ! ).

     Sa forme carrée me fait penser à une construction d'avant le 13ème siècle. Si l'on excepte les ouvertures basses, la tour semble borgne. Cet indice est conforme à ma rapide datation. Les ouvertures hautes alignée ressemblent à un crénelage. Il n'y a pas de trace d'archère, canonnière, bretèche ou mâchicoulis (voir vocabulaire).

     Mais le plus surprenant sont les dimensions de cette tour la rendant habitable et l'absence de latrines. Y aurait il eu une reconstruction gommant les traces médiévales ?

    L'ouverture la plus basse ressemble à une porte médiévale située à plusieurs mètres du sol.

 

    L'intérieur

  La propriété est privée et la visite impossible.

 

 

  Histoire de la maison forte :

* Vers le 1er siècle (?),un opidum romain est (peut être) construit.
* Vers le 9ème siècle (après la mort de Charlemagne), il est probable qu'une construction fortifiée existe.
* Au 12ème siècle (?), une maison forte est construite.
* En 1204, André Dauphins (appelé parfois Guigues VI - voir liste)  donne la maison forte d'Arvillier aux "Chartreusines de Prémol".
*En 1211, les Chartreusines logeant à Vaulnavey échangent cette maison forte contre des terres (proche de leur "résidence") appartenant aux Chanoines de l’Eglise Saint-André de Grenoble. Ce lieu est nommé : Chavannerie (c’est-à-dire : une exploitation agricole).
* A partir du 16ème siècle,le nombreux propriétaires se succèdent.
* Vers 1789, Louis Besson, chevalier de l’Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis, le dernier des Sieurs d’Arvilliers s'enfuit (Une légende prétend qu'il aurait caché un trésor dans l'espoir d'un prochain retour).
* En 1792, la construction est réquisitionnée comme "bien national", puis revendue.
* Au début du 19ème siècle, un bâtiment nommé "La ferme" est construit en s'appuyant sur la tour.
* Vers 1867, une dame pseudo nommée "Fanny Oldi" aurait séjourné en ce lieu Elle aurait été cantatrice du Théâtre Royal de Prusse (?).
* En 1904, le feu ravage la construction.Il ne reste que la tour en pierre dépourvue des plafonds et boiseries intérieure.
* En 1954, les nouveaux propriétaires constatent qu'il ne reste que la puissante tour sans étage intérieur.
* Dans les années 1990, une analyse au Carbone 14 affirme que certains matériaux datent du 14ème siècle.
* En 1994, une expertise dendrochronologique (analyse des cernes du bois) sur le moignon d’une poutre de sapin détermine une date : 1346.
* Au 20ème siècle, sept familles vivent sur cet ancien site fortifié.
* Au 21ème siècle, la découverte  depuis le sentier est libre et gratuite. La visite est interdite : Propriété privée.

 

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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 06:30

 

Département :  26 - DROME

 

Le village  (--> le voir sur une carte)

Ecoutez cette vieille porte nous narrer l'histoire du village.

Situation

    Le bourg de Châteauneuf du Rhône est situé à 11km au Sud de Montélimar en bordure du fleuve : Rhône.

   Coordonnées du bourg :

44° 28' 52.37" N 4° 43' 1.574" E
 44.481214°  4.717104°

 

Curiosité 

   Châteauneuf est du type « village-rue » enserré par 2 collines. Il est fermé aux extrémités par 2 tours-portes quadrangulaire. Sur chacune des collines est construit un château, et des grands remparts entourent l’ensemble.

   L’ancienne route médiévale Est-Ouest est donc barrée par ce village fortifié. Il fallait franchir une  porte fortifiée  pour traverser la gorge.

 

 Le château :

La découverte

A l’entrée du défilé de la rivière Donzère, sur les hauteurs trônent les ruines des 2 châteaux. Ces 2 buttes fortifiées protègent le petit village en fond de vallée.

    Les remparts sont encore bien visibles et impressionnants par leur hauteur. Le chemin de ronde a disparu mais quelques archères sont présentes.

   Des tours carrées imposantes font saillis dans les murs.

 

Que des vestiges

    Hélas, du château principal, il ne reste que des vestiges. Il est possible de distinguer d’épaisses courtines avec des tours rondes aux angles. Depuis le sommet de la butte, la vue est fantastique sur la  vallée du Rhône, et sa surveillance est aisée.

 

 

 Histoire du village et du château :

* En 1198, le "Castrum Novum Montiis Pancerii" est cité. Il appartient en partie aux « Burgondion » ( de Marseille ?).

* Au début du 13ème siècle, un château est cité. Nommé « le rac », il était probablement sur le haut de la colline au sud du village.

* En 1206, le seigneur est vassal des Évêques de Viviers.

* En 1281, il est la possession de l'évêque de Viviers.

* Au 14ème siècle, la commune est dirigée par des consuls.

* Au 21ème siècle, la visite est libre et gratuite. La vue justifie la petite marche en montée. Bien que les murs aient été consolidés, le risque de recevoir une pierre n'est pas négligeable.

 

Quelle vue sur la vallée du rhône !

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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 06:30

 

Département :   38 - ISERE

 

Le bourg : 

  Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Le bourg de Saint Ismier est situé à 11km au Nord-Est de Grenoble dans la vallée du Grésivaudan.

    Le château est à 0,5km au Nord du bourg.

Coordonnées du château :

45° 15' 31.219" N 5° 48' 56.866" E
 45.258672°  5.815796°

 

  Toponymie :   (voir article d'initiation)

     Arces viendrait de  Arx  ou  Arcis  signifiant : Hauteur, fortifications.

 

Le château : 

    L'extérieur

Comment ce site castral a il été choisi il y a 1000 ans ?

      Dans les régions de collines ou de petites montagnes, les châteaux forts sont posés au sommet (voir l'exemple de Queribus). Ils surveillent les vallées et grâce à la pente, ils sont protégés des attaques.

    Le massif de la Chartreuse faisant un plateau à 1400m d'altitude, il parait idiot d'implanter un château qui ne pourra pas défendre la vallée du Grésivaudan (voir ce livre) entre Grenoble et Montmélian-Chambéry.

     Pour surveiller les intrusions de l'ennemi Savoyards (contrée belliqueuse  à quelques lieus de là), la solution consiste à implanter des bâtisses fortifiés le plus haut possible dans la vallée, donc proche de la falaise.

    A 600m d'altitude, le site est idéal pour la surveillance de la vallée (230m d'altitude). Pour faire de ce site un "paradis médiéval", il ne manque plus que de l'eau fournie par une petite rivière nommée : Darguil.

 

L'enquête commence

     Après une petite promenade en direction de la Chartreuse, je découvre le site fortifié avec l'imposante tour carrée datant certainement du 12ème siècle. Avec ses dimensions, elle semble habitable. Elle est si majestueuse que sur les cartes IGN et sur les panneaux du chemin de randonnée, la ruine est nommée :

La Tour d'Arces

(comme si le château n'existe pas. pffff).

 

Les défenses

    La haute tour est précédée par un rempart qui semble bien mince. Une de ses parois possède 2 petites archères droites confirmant ma datation du 12ème.

   Bien que très reconstruite, une bretèche protège..... heu... rien . Les reconstructions et les consolidations déplacent parfois les ouvertures.

 

Le confort

    Étant habitable, ce haut donjon (voir vocabulaire) se doit d'être agréable pour ses propriétaires. De larges fenêtres ont été ouvertes du coté opposé à l'attaque. Puis sur une autre façade, c'est par une magnifique fenêtre géminée que la belle attendait son époux (ou amant ).

   Pour mieux comprendre cette ruine, il est préférable de regarder son plan d'architecture au 12ème siècle.

Maintenant, je pénètre dans la cour.


    L'intérieur
   Hélas, la porte est fermée. Mais en "déposant" discrètement mon oeil à travers les grilles, je vois des murs consolidés et sans traces d'encoche pour des poutres de plafond, ni un départ de voûte  .
  A l'étage, j'ai ma récompense. Une ouverture avec un embrasement important correspondant à l'archère de la 1ère façade... Souvenez vous ici.

 

 

Histoire du château :

* Au 6ème siècle, Christianisation de la vallée.
* Au 10ème siècle, un bâtiment fortifié en bois semble existé.
* Au début du 11ème siècle, construction d'une église. Présence d'une famille nommée Arces possédant la seigneurie (?).
* Vers 1170, Louis d'Arce est cité dans un texte. Il serait le bâtisseur de la tour carrée.
* Au début du 13ème siècle, par héritage le château appartient à Guifrède d'Arces.
* Au 13ème siècle, Guigues Morard d'Arces, le fils de Guifrède, possède le château. Il construit à quelques kilomètres une autre maison forte aujourd'hui nommée : Château Corbeau.
* En 1291 Hugues d' Arces défend le château de La Terrasse  (situé à quelques kilomètres) contre le Comte de Savoie Amédée V (voir liste).
* Au 14ème siècle, le seigneur d'Arce rend hommage au Dauphin du Dauphiné (voir liste). 
* En 1325, Morard d'Arces participe à la bataille de Varey (dans le département actuel de l' Ain) contre Edouard de Savoie.
* En 1348, Morard d'Arces et son fils Arthaud guerroient à Miribel dans l' Ain, contre Edouard de Beaujeu allié du Comte de Savoie.
* En 1430, Louis et Arthaud d' Arces s'associent pour combattre dans le Nord du Dauphiné contre le Prince d'Orange.
* En 1640, le dernier héritier de la famille d'Arces vend terre et château d'Arces à Paul Aymon de Franquières.
* En 1794, terre et château appartiennent à François Berlioz.
* Au 21ème siècle, la découverte et la visite de la ruine sont libres et gratuites. Le risque de recevoir une pierre existe. Soyez très prudent dans une ruine.

 

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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 06:30

 

Département :   38 - ISERE

 

Le château : 

  Situation :   (--> le voir sur une carte)

    Le petit bourg de Saint Pierre d'Allevard se situe à 35km au Nord-Est de Grenoble, à 25km au Sud de Chambéry et à 4km au Sud-Ouest d'Allevard.

     Coordonnées de la tour :

45° 22' 44.137" N 6° 2' 34.31" E
 45.378927°  6.042864°

 

Le château : 

    L'extérieur

La rencontre

    La tour d'Aquin est posée sur une motte naturelle un peu au Nord du centre du bourg. Avec les couleurs d'automne, ses brillantes pierres sont sublimées et leur clarté jouent avec les mouvement des branches.

Hooo, suis je un troubadour-poète ?

Ou un chevalier-découvreur ?

  Remis de mes émotions bucoliques, je monte lentement vers cette  beauté.

 

L'enquête commence

    Rapidement, il est facile de comprendre qu'une telle tour sans mur de protection extérieur ne pouvait pas être défendable. Il devait exister.

Mais où est il ?

     Le temps a hélas détruit les remparts. Des textes citent la présence non pas d'un château, mais d'une maison forte.

Distinction amusante n'est il pas ?

 

Les indices

   La tour est composée de pierres mal taillées et pauvrement ajustées (ce n'était pas la résidence d'un grand seigneur). Sa forme ronde me l'a fait dater du 13ème siècle.

   Comme toutes les réalisations de défense et de repli, elle comporte une entrée à plusieurs mètres du sol. Les trous de boulin (voir vocabulaire) sont nombreux et alignés verticalement.

Fascinant n'est il pas ?

    Mais point d'archère, de crénelage, de bretèche sont visibles ni rebouchés. Curieux n'est il pas ?

   Comme souvent avec les vieilles constructions, une porte basse a été creusée "récemment" pour entrer.

Cachette secrète cela est il ?.

   Fébrile, j'entre.

 

    L'intérieur

        Évidemment, à l'intérieur point de lustre en diamant, ni de peinture renaissance. C'est une tour classiquement sobre que je découvre donc le diamètre intérieur n'excède pas 2 mètres.

Point habitable elle était, n'est il pas ?

    Avec sa consolidation récente, il est impossible de distinguer des étages et des trous pour les poutres. Mais grâce à l'ouverture de la porte d'entrée médiévale, je mesure l'épaisseur du mur : Plus de 1mètre. 

  Curieusement à l'intérieur j'ai envie d'écrire et de déclamer de la poésie.

Serais je envoûté par l'ancien prisonnier de cette tour ?

(lire sa légende)

 

 

  Histoire de la maison forte :

* A la fin du 11ème siècle, sur une motte à 625m d'altitude, une construction fortifiée est certainement construite (?).
* Vers 1339, un texte faisant état d'une enquête delphinale  (voir liste des Dauphins) cite une maison forte appartenant à Hugues Aquin.
* Au 21ème siècle, la découverte et la visite de la ruine sont libres et gratuites. Le risque de recevoir une pierre existe.

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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 07:30
    Ce blog est consacré aux châteaux forts d'origine médiévale. Cela vous le savez grâce au titre, mais avez vous remarqué qu'il vous montre très souvent des ruines méconnues, des bâtiments fortifiés oubliés, des constructions du moyen âge que nous ne regardons pas. En voici un exemple dans le petit bourg de Saint Chef en Isère... "Mon Dauphiné".
 

 

Département :   38 - ISERE 

 

Le bourg

  Situation   (le voir sur une carte)

       Le petit bourg de Saint Chef se situe à 10km au Nord-Est de Bourgouin Jallieu et à 24km au Sud-Est de l'aéroport de Lyon Satolas.

   Coordonnées du bourg :

45° 38' 2.393" N 5° 21' 58.457" E
 45.633998°  5.366238°

 

  Origine du nom :   (Initiation à la toponymie)

     Le petit bourg a pris le nom de 'abbaye. L'église conserve la tête  (le chef) de Saint Theudère.  

 

Le château

    L'extérieur

Pourquoi suis je ici ?

    La plupart des touristes viennent à Saint Chef pour visiter l'ancienne église abbatiale du 11ème siècle avec ses peintures murales prestigieuses et uniques. Mais un chevalier (fut il Dauphinois  ) se rend dans cette cité pour ses vestiges fortifiés presque ignorés. (Menteur je suis car j'ai visité l'église, mais point fortifiée elle est, donc point dans ce blog elle sera).

 

1er indice

    Proche de l'office de tourisme, un plan de l'actuel bourg possède un indice faisant illuminer les yeux de votre chevalier .  Un contour de rempart tracé à la main montre l'étendu de la cité avant sa destruction. Je pressens déjà que les ruines seront minimales.

 

Une tour de l'enceinte ?

      Surpris je suis en découvrant ce château. Il se nomme : Château Teyssier de Savy.

  Bien que remanié au 18ème siècle et rendu habitable, il conserve quelques beautés médiévales comme une tour carrée et cette tour ronde avec mâchicoulis (voir vocabulaire) avec fentes de tir.

Était ce la tour d'angle du rempart de la cité ?

 

Tour du château seigneurial ?

   En suivant les contours de l'ancien fossé, mes yeux s'écarquillent devant une beauté immaculée. Disons presque immaculée .. La tour carrée, avec son ouverture d'entrée médiévale située à 5 mètres du sol, possède d'épais murs et un remblai de galets. 

 

    L'intérieur

  Les différents vestiges et bâtiments sont dans des propriété privées. La visite est impossible.

 

 

  Histoire du château :

* Au 6ème siècle, Theudère fonde une abbaye.
* Au 9ème siècle, le monastère Bénédictin devient puissant. Des centaines d'églises et une dizaine de prieurés lui sont rattachés.
* Au 10ème siècle, des fresques ornent la chapelle.
* Au 16ème siècle, l'église perd doucement de son prestige.
* En 1840, l'église est classée aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite de l'intérieur des châteaux est impossible. La découverte des fresques de l'église est possible en visite guidée payante, renseignez vous sur les horaires.

 

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5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 07:30
 
Faut il écrire Ratier ou Rattier ?

  L'administration Française écrit le nom de ce village avec 1 seul T, alors qu'une commune proche se nomme : Oris-en-Rattier. Je vais donc respecter la "loi" mais j'ai ma "petite idée" sur le nombre de T.
 

 

Département :   38 - ISERE

 

Le château : 

  Situation :   (--> le voir sur une carte)

     Le village de Nantes en Ratier  se situe à 30km au Sud de Grenoble et à 4km au Nord-Est de La Mure.

  Le château est à 2,5km au Sud-Sud-Est de Nantes en Ratier et à  1,3km à l'Est-Sud-Est de Roison.

     Coordonnées du château :

44° 54' 53.323" N 5° 50' 13.438" E
 44.914812°  5.837066°

 

Le château : 

    L'extérieur

Préambule

   Par les chemins carrossables, il est possible de s'approcher au plus près du site fortifié, mais il serait dommage de ne pas profiter de la belle promenade sur le plateau Matheysin entouré de belles montagnes.

 

Comment trouver une ruine sur un plateau ?

    L'exercice n'est pas compliqué, il suffit de trouver une colline puis par magie l'ancien château vole au dessus des arbres.

  Je sens déjà sa poussière. Je sors de mon sac à dos, la loupe de Sherlock Holmes.

 

L'enquête commence

    A la base de la colline, les premières traces me titillent. Certes, ce ne sont pas des preuves de château fort , mais c'est aussi cela la "vie d'un chasseur de ruines médiévales".

    Un peu plus haut, ce sont les vestiges du rempart qui s'offrent à moi. (Je vous sens dubitatif  ).

 

Les indices sont "nombreux"

   Je continue ma lente progression vers le sommet et vers la connaissance de la ruine. Entre des racines, j'ai l'immense satisfaction de voir une belle pierre taillée. Il suffit de dégager un peu la terre, de pousser les insectes, de déplacer des racines et le château "se construit devant les yeux". (Vous ai je déjà dit que j'ai l'imagination fertile ? ).

 

Le donjon

   Au sommet, mon graal apparait, grandiose, puissant et unique. Oui, il est unique car c'est le seul vestige réellement encore debout. (là, je ne vous ment pas  ).

   L'angle de l'ancien donjon mesure actuellement 12m de haut, il est évident qu'il était beaucoup plus haut. La partie supérieure ne possède aucune trace de mâchicoulis ou crénelage (voir vocabulaire). Quelques trous de boulin serait être les vestiges des étages (plancher en bois ?)....... . 

 

Le panorama

   L'avantage d'une ruine, c'est l'absence de mur permettant une vision extraordinaire sur les vallées et sur le Viaduc de la Roizonne avec son arche unique de 79 mètres.

 

 

  Histoire du château :

* Au 11ème siècle, une motte castrale (voir vocabulaire) existe en ce lieu pour surveiller la vallée. Elle domine de 150m la rivière Roizonne.
* Au 12ème siècle, un château est cité appartenant au seigneur Alleman de Valbonais.
* Au milieu du 14ème siècle, le château est possession du Dauphin du Dauphiné (voir liste).
* En 1421, le château appartient au Comte (voir titre de noblesse) de Dunois, compagnon d'armes de Jeanne d'Arc.
* Au 21ème siècle, la découverte et la visite de la ruine sont libres et gratuites. Le risque de recevoir une pierre est important. Ruine réservée aux passionnés ou aux randonneurs.

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11 janvier 2009 7 11 /01 /janvier /2009 07:30

 

Département :   26 - DROME

 

Le bourg

  Situation :   (--> le voir sur une carte)

    Rochechinard est un tout petit village caché dans les premières pentes sur le Face Nord du Vercors. Pour le trouver, il faut aller à Saint Nazaire en Royans (voir sa tour médiévale), suivre la direction de Saint Jean en Royans et ne pas oublier de prendre l'embranchement vers Rochechinard.

    L'étroite route serpente dans cette magnifique région et derrière la petite église, au loin à 550m d'altitude, un rocher semble se cacher. C'est l'incroyable château de Rochechinard, posé sur un rocher avancé. Certains médiévistes appellent parfois ce site :

La Citadelle du Vertige !


Le château

     Loin des routes touristiques, caché dans une combe du Vercors, ce château semble tourner le dos aux hommes qui d'ailleurs l'ont oublié puisqu'aucun panneau indique sa présence ni le sentier pédestre à emprunter. Cette ruine ensauvagée est un de mes endroits de prédilection. Elle est dans un lieu de silence et pourtant elle nous conte 500 ans de vie tumultueuse. A chacune de mes visites elle m'en dit un peu plus.

  Cette ruine est un peu ma maîtresse complice.... Vous allez pénétrer dans mon monde.

 

    L'extérieur  :

     De loin, le visiteur pressé croit voir uniquement 3 tours;  Pas du tout, cette ruine a une personnalité incroyable et une construction unique. Pour comprendre son évolution architecturale, voici le 1er secret :
        - La tour de droite est la plus ancienne (c'est en réalité le logis),
        - Celle du centre a été construite 3 siècles après (?),
        - Celle de gauche est la plus "récente".

   Après une marche facile dans la forêt odorante, la ruine apparaît enfin.  Wahouuu, je suis accueilli par une puissante tour polygonale.

Avez vous remarqué derrière, une autre tour ronde de défense ?

 

La Tour Polygonale 

    Avec l'invention des canons, il fallait que les forteresses médiévales s'adaptent à recevoir des boulets mais aussi à en envoyer. Cette tour d'artillerie a été construite dans ce double objectif. Elle comporte de nombreux détails extraordinaires (oui, je sais, mon imagination et mes qualificatifs devant les vieilles pierres sont sans limite, mais là....... c'est vrai).

   Cette tour posée à même le rocher est une sorte de bastion en forme de U comportant 6 pans de murs à l'extérieur. Plutôt que de construire un épais mur bouclier, l'architecte a créé des angles fuyants pour "éviter" les boulets adverses.

    Les bouches à feu et couleuvrines (voir vocabulaire) ont été intégrées sur toutes les faces et sur plusieurs niveaux.

    Le point faible d'une tour carrée ou polygonale, ce sont les angles, car un adversaire peut s'y cacher. L'architecte de Rochechinard a donc implanté une embrasure pour canon dans un angle.... Voila une construction très rare au 16ème siècle. (Je vous avais dit que ce château est unique)

   Pour la rendre encore plus effrayante, une tête presque humaine montrant les dents a été sculptée. Cette bouche à feu est souvent nommée : La Tête du Diable

   Évidemment, construire "des trous" dans un mur (12 canonnières rectangulaires), c'est le fragiliser.

Et comment fait on pour alléger le poids des étages supérieurs ?

Alors, j'attends la réponse !

     Bravo, vous avez trouvé, il suffit de construire un arc de décharge au dessus (Vous êtes devenus incollable en architecture médiévale).

     Malgré toutes les "armes à feu" sensées les repousser, les assaillants peuvent atteindre la base de la tour, il faut donc une défense rapprochée qui est... ou plutôt qui sont : Les mâchicoulis et les bretèches (voir vocabulaire).
  Au sommet de la tour, quelques corbeaux sont encore visibles et même des traces de créneaux.

    Ce qui est surprenant, c'est la mauvaise qualité des matériaux, des assemblages, de la taille des pierres et de la rusticité des bossages.

  Cela est il du :

   - A une construction hâtive ?
   - Ou à un manque de moyen financier de ses propriétaires ?
   - Ou aux multiples réparations suite aux nombreuses attaques subit par ce château durant les guerres de religion ?

    Je pourrais vous parler de cette tour pendant des heures tant elle est magnifique, mais point vous lasser je veux. Il est temps de visiter l'intérieur du château.

  L'entrée s'effectue à droite de la tour polygonale. Et......

   

La Barbacane Souricière

     Là encore, ce château comporte un piège pour les attaquants. Ce couloir est une sorte de sas (certains médiévistes le nomment : Barbacane-souricière). L'assaillant se retrouve sous le feu d'un des pans de la tour polygonale, mais en plus subit le bombardement de la 2ème tour ronde équipée de canonnières.

 

La Tour Ronde (extérieur) 

       Cet assaillant courageux arrive à franchir la 2ème porte et là, encore un piège. Pour résoudre ce problème il doit réfléchir vite car il est bombardé depuis la tour ronde.  (N'oubliez pas que derrière il y a l'autre tour.... Aie... cela tir de partout). De plus, des traces sur les murs latéraux me font penser à des chemins de ronde, avec tireurs embusqués bien sur.

      En passant la nouvelle porte, l'attaquant se trouve devant un nouveau problème : Un vide à franchir.
  La tour pentagonale et l'entrée sont isolées du château, et un pont amovible (je ne pense pas que cela soit un pont-levis) est nécessaire.

   Une vue depuis l'extérieur montre cette séparation entre les 2 tours d'artillerie. Un arc de pierre (comme un pont) devait supporter les poutres rétractiles.

   Au 21ème siècle, point de canon il y a, par contre il faut sauter pour entrer dans la tour ronde, car de passerelle il n'y a plus.... Hop !

 

La Tour Ronde (intérieur) 

    Évidemment, point de décors luxueux, point de rideau aux fenêtres (si, si, il y a des fenêtres coté du ravin, souvenez vous), cette tour de 4 étages sur plancher est pour des militaires. En regardant vers le haut, il n'y a que bouches à feu et murs épais.

   Je pourrais vous narrer cette tour pendant des heures tant elle est passionnante.... Je ne vous dirais rapidement que :
        * L'architecte a utilisé merveilleusement le rocher pour construire cette tour,
        * Le plafond à voûte hélicoïdale est "magnifique",
        * Des traces de cheminée sont visibles sur les 2 premiers niveaux (cuisine pour soldats ?)

   Depuis le rez de chaussée de la tour, un escalier étroit monte vers le logis.

Avez vous remarqué le petit caniveau sous les marches ?

  C'est le système de récupération des eaux de pluie vers la citerne (se trouvant dans la tour ronde).

 

Le logis seigneurial

     Cette pseudo tour est un réalité l'un des murs du logis seigneurial. Sur la droite, à l'extérieur, il y a les vestiges d'une tour escalier desservant les 4 étages.

  Évidemment avec les années et les "pillages", peu de pierres caractéristiques ou de décoration sont visibles. Le logis est devenu un parallélépipède de pierres, pourtant avec un peu d'attention, il est possible de voir :

   * A l'étage inférieur, des embrasures dans le mur Est pour la défense.
   * De nombreuses fenêtres sur 4 étages sur la façade Ouest (coté ravin).
   * Les vestiges de latrines (c'est ce que mon imaginaire croit voir).
   * Une cheminée avec 2 foyers distincts : Cette pièce serait la cuisine.
   * ...

 

     Les angles de ce logis ne sont pas droit car le bâtiment épouse le rocher. Par contre, à l'extrémité Nord, la forme semble arrondie.
Était ce l'emplacement de la chapelle ?
   Avec toutes ces réflexions, mon ventre crie famine. Et c'est en admirant la plaine de Rochechinard et le massif du Vercors que je vous quitte pour une collation bien méritée.

 

 
Historique du château :

L'incroyable histoire du château de Rochechinard est ICI.

 

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20 mai 2008 2 20 /05 /mai /2008 02:00

 

    La description architecturale de l'incroyable château de Rochechinard est ICI.

 

Département :   26 - DROME

 
Historique du château :

* Vers 1174, un certain Guillaume de Rocha Chinard est cité dans une charte de témoignage du don au monastère de Léoncel d'une terre par le seigneur du Royans. Il n'y a aucune allusion à un château, mais il semble logique qu'une fortification puisse exister en ce lieu.
* En 1250 (ou 1275 suivant les textes), Arnaud Guélin est seigneur de Rochechinard
* Vers 1290, Arnaud décède. Suite à un accord passé avec le Dauphin Guigues VII  (voir liste des Dauphins), ses terres et son château sont intégrés aux propriétés Delphinales.
* Durant 67 ans, le territoire de Rochechinard fait parti de la seigneurie de Saint Nazaire en Royans  petit bourg à quelques km au Nord. La fortification n'a pas le statut de château mais de maison forte.
* En 1318, Jean III, Comte d'Albon (voir ce château) Dauphin du Viennois, donne la seigneurie à Girin Courtet (ou Curtet) pour ses bons et loyaux services.
* En 1340, Girin Courtet vend château et terres à Aymard Alleman, seigneur de Beauvoir (--> voir son château sur une carte). Le château de Rochechinard est restauré puis agrandi.
* En 1367,  les familles nommées Alleman sont nombreuses dans la province, celle habitant le château prend le nom de : "Alleman de Rochechinard". Elle le gardera jusqu'en 1547.
* En 1483, selon la légende, un prince Turc nommé "Zizim", fils de Mehmet II et frère de "Bajazet" 10ème sultan de l'empire Ottoman, y aurait vécu "prisonnier". La réalité est un peu différente. Je vous décrirais la vie de ce personnage prochainement.
* Vers 1547, Gabriel Alleman, seigneur de Demptézieu, vend le château à "un roturier" nommé : Charles Mosnier. Dans certain texte il a pour profession "Sergent d'armes" et dans d'autres "maître de la Monnaie de Romans sur Isère".
* En 1572, les guerres de religion engendrent des batailles qui détruisent de nombreux châteaux en Dauphiné. Le Royans, presque entièrement Huguenot, est en conflit avec le gouverneur de la province.
* En 1574, Claude Mosnier, seigneur de Rochechinard est un catholique fidèle au Roi de France (voir liste des rois). Pressentant une attaque prochaine, il demande une aide à François Bourbon, Gouverneur du Dauphiné. Il obtient 10 soldats pour défendre son château.
* Vers 1578, il semble que le château possède (durant une courte période) une garnison de 40 défenseurs (un défenseur est souvent un paysan peu expert en arme).
* Vers 1579 (?), Claude Mosnier, seigneur de Rochechinard, tente de protéger les alentours. La population catholique de Saint Nazaire en Royans se réfugient au château. Hélas durant une bataille, Ronan Mosnier, le fils du seigneur de Rochechinard, est fait prisonnier par les protestants.
* Vers 1580 (?), Ronan est libéré contre une forte rançon payée par la ville de Romans sur Isère (?).
* En 1586, un important assaut est lancé par les Protestants contre le château. Il est repoussé grâce à un courage exemplaire des défenseurs.
* En 1588, il semble qu'il reste encore 30 défenseurs dans le château.
* En 1598, le 13 avril Henri IV (voir liste des rois) promulgue l'Edit de Nantes. Les guerres de religions cessent, et le "château-refuge va pouvoir panser ses plaies".
* Vers 1599, 2 des 10 enfants de Claude Mosnier habitent au château de Rochechinard. Les guerres ayant ruinés le pays, peu de réparations sont effectuées sur le château. Le confort de ce "nouveau siècle" est incompatible avec une forteresse médiévale construits sur un rocher. Conséquence : Le château est peu entretenu.
* En 1673, ces 2 enfants meurent sans héritiers. Alphonse Mosnier, nouveau propriétaire du château,  fait réaliser un inventaire. Les bâtiments sont en mauvais état.
* A partir de 1682, Alphonse II Mosnier, capitaine de cavalerie, fait réaliser dans le château quelques réfections et surtout des décorations dans la chambre.
* En 1690, âgé de 30 ans Alphonse Mosnier meurt au siège de Huningue. Sa veuve (Madeleine du Vivier) ne continue pas les travaux car elle est couverte de dettes.
* Vers 1695 (?), Madeleine épouse Pierre Duchon, conseiller aux compte du Dauphiné. Il semble que quelques travaux de toiture soient réalisés.
* Vers 1699 (?), un maçon est nommé pour réaliser une expertise du château. Son rapport est stupéfiants : fenêtres, planchers, portes, cheminées et aussi les toitures sont dans un état lamentable, même les tapis sont troués, les meubles bancals et la vaisselle dépareillée . Les murs extérieurs, pourtant si épais, sont "peu solides", et la tour occidentale n'est pas en bon état. Devant un tel bilan, les nouveaux héritiers décident de ne pas entretenir ni consolider ce château.
* Le 10 février 1699, pour 78 000 livres, Marguerite Mosnier vend la seigneurie à Félicien de Marcoux,  ancien premier consul de Romans sur Isère.
* En 1740, le domaine appartient à Charles Gabriel Justin de Barral, conseiller au parlement de Grenoble. Le château n'est plus habité.
* En 1760, la carte de Cassini faisant la liste des châteaux du Royaume décrit une ruine à Rochechinard.
* Les années qui suivent sont un calvaire pour cette ancienne forteresse. Elle devient une romantique ruine, sert un peu de carrière de pierres, et son territoire est morcelé par de nombreuses ventes.
* A la fin du 20ème siècle, un petit musée est créé proche du château, un "son et lumière" tente de faire revivre ce lieu, hélas sans succès.
* Jusqu'en 2008, la découverte est libre et gratuite, mais dangereuse à cause d'un sol glissant, des marches instables, des pierres peu scellées.
* Vers 2008, un particulier achète la ruine avec comme but : Lui redonner vie.
* Depuis fin 2008, des travaux de consolidation sont entrepris. La visite est maintenant impossible.... L'histoire de ce château n'est peut être pas terminée.

 

 

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16 mai 2008 5 16 /05 /mai /2008 06:30

 

Département :   38 - ISERE

 

Le bourg : 

    Situation  (--> le voir sur une carte)

      La petite ville de Seyssinet Pariset est située à 5km au Sud-Ouest de Grenoble, aux pieds du magnifique massif du Vercors.

 Coordonnées de la tour :

45° 10' 19.895" N 5° 40' 6.827 E
 45.172193°  5.668563°

 

    Toponymie :

SANS VENIN : Quel curieux nom pour un lieu fortifié !

  Dans un article sur l'origine des noms, j'avais essayé modestement de vous donner les bases de la toponymie, mais la dénomination de cette tour est en dehors de toute logique.

    Et, quand il n'y a pas de logique....... la légende est présente. Venez la lire ici .

 Seyssinet Pariset est le regroupement de 2 communes donnant un nom composé :

* Seyssinet : L'origine serait latine, Saxeus signifiant Le rocher. Le bourg eut des orthographes différentes durant 18 siècles : Saisineto, Cheissineto...... 
* Pariset : L'origine serait aussi latine, Pares signifiant Paroi, pente, falaise. Le nom du village changea durant les siècles en : Parisio, Parizeti, Parizet......

 

 
Le château :

    L'extérieur :

Où est la tour ?

  Pour découvrir cette tour, vous avez 2 possibilités :

1 - Soit depuis Grenoble, montez en voiture (ou en vélo si vous avez les mollets) vers Saint Nizier de Moucherotte, petit bourg ayant accueilli les Jeux Olympiques de 1968 (Saut à ski). Et juste avant un virage sur la gauche en épingle, dans le hameau du même nom, vous garez votre monture et continuez à pieds durant 5 minutes.
2- Soit l'envie de nature vous prend, alors faites une belle promenade depuis les bois de Vouillan. Une bonne heure de marche ombragée et odorante.

 

Je monte

    Durant la courte montée (oui, une ruine médiévale est très souvent en hauteur), un marcheur curieux comme moi voit dans l'herbe des traces de rocher un peu taillé et des restes de pierres. Il semble logique d'imaginer qu'un rempart protégeait l'accès du site.

 

Une église

   Le 1er bâtiment visible est  une petite église. Certains textes n'hésitent pas à affirmer qu'elle occupe ou serait la chapelle du château. Sa forme et sa construction semblent l'attester. Sur le linteau de la ported'entrée apparaissent 2 blasons de taille différente. La peinture a disparu mais il semble que l'un représentait celui du Dauphin  (voir titres de noblesse) et l'autre celui du seigneur de Pariset. Le château aurait donc  été possession Delphinal.

   Quelques mètres plus loin, la beauté de pierres s'offre à mes yeux ébahis.

 

     Évidemment, vous pensez que j'ai pris quelques drogues hallucinogènes, car une tour médiévale ne peut pas ressembler à cela. La vérité est plus simple, ce lieu fait parti des 7 merveilles du Dauphiné.   Conséquence : Les peintres et les graphistes lui ont donné une forme "légendaire" !

 

Je vous sens impatient d'admirer cette incroyable merveille; Attention :  Voici la Tour Sans Venin.

    Pour la rendre plus impressionnante, j'avoue avoir pris la photo à genou. Mais n'imaginez pas en voyant la petitesse de la ruine que l'ancien château était peu intéressant. Ce site est millénaire et nous conte l'histoire vraie de seigneurs importants et la conquête de la vallée par les Dauphins du Dauphiné.

   D'ailleurs, pour éviter que la tour déprime, toute seule sur ce rocher venté, les Dauphinois du 20ème siècle lui ont donnée une copine, très bavarde je pense.

 

   Tous les visiteurs arrivant sur ce site admirent d'abord la vue incroyable sur le massif de Belledonne. Les 3 vallées arrivant sur Grenoble s'offrent à nous, et avec un oeil expert au loin par beau temps,  il est possible de voir le Mont Blanc.

                          Quel site unique !

    Et c'est en rebroussant chemin que le visiteur comprend l'importance du site et la grandeur de cet ancien château.  En observant chaque pierre, en fouillant les détails avec les yeux, et avançant lentement dans l'herbe (ou la neige en hiver), il est possible de deviner l'emplacement de la citerne, du logis d'habitation, d'une tour ronde du rempart, d'une.... Vous avez compris que je suis resté 3 heures à compter les cailloux, mais tout est en place pour le "chercheur".

Mais avez vous remarqué au loin ce curieux rocher regardant notre tour ?

   Un vestige aussi légendaire que la Tour Sans Venin ne pouvait pas être encadré par une banale montagne. Ce rocher porte un nom magique : Les 3 pucelles..... Je ne me moque pas, allez voir cet article.

 

    L'intérieur :

  Comme vous l'avez constaté, cette tour est minimale, et il n'y a pas d'intérieur.... Qu'importe, ressentir cette ruine est un plaisir unique...... Qu'attendez vous pour venir la visiter, de plus je pourrais être votre guide.

 

 

  Histoire de la Tour :

* Certains historiens pensent qu'un castrum Romain a été aménagé sur ce rocher. Surveillant les 3 vallées, ce site était judicieux.
* Au 11ème siècle, il semble qu'une tour (en bois ?) soit construite par le seigneur de Pariset. 
* En 1195, Guillaume de Pariset est cité dans un texte.
* Au 13ème siècle, un donjon plus puissant est édifié peut être par le Chevalier (voir titres de noblesse) Roux de Pariset, vassal du Dauphin du Dauphiné.
* A la fin du 14ème siècle, le dernier propriétaire du château meurt sans héritier. Le château est habité par un représentant du Dauphin.
* Durant les siècles suivants, le château est peu entretenu, et doucement déserté.
* En 1672, le site est nommé "La tour du château". Cela signifierait il que les remparts sont en ruine ?
* Au 18ème siècle, le lieu est nommé : "Vieux fort ruiné".
* Au 20ème siècle, la tour est consolidée et une consoeur moderne lui tient compagnie.
* Au 21ème siècle, la découverte est libre et gratuite. Ce lieu est un régal pour qui aime le panorama sur les montagnes.

 

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