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Ombre et lumière

22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 06:30

 

Département :  38 - ISERE

 

Le bourgIl est lààààààà

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        Le bourg de Varces-Allières et Risset se situe à 10km au Sud de Grenoble, en bas des parois du magnifique massif du Vercors.

   Coordonnées du château :

45° 4' 47.068" N 5° 40' 3.104" E
 45.079741°  5.667529°

 

Le château :  

     L'extérieur :

Il est là

    Depuis Grenoble, en prenant la voie rapide vers Vif, il faut sortir juste après le tunnel de Varces. Pour découvrir ce château inconnu, il est important de regarder sur la droite (vers l'Ouest).

Le voyez vous dans la végétation ?

 

Information importante

    Même si un sentier est visible en lisière de la foret, il est interdit de l'emprunter. Les propriétaires du champs sont très vigilants et ne plaisantent pas avec les marcheurs.

    La solution pour découvrir cette ruine et de retourner (en voiture) à Varces, puis au Sud prendre la route nommée : "Chemin de Saint Paul de Varces à Varces".

   Il suffit de se garer au petit parking proche de la résidence du château (qui n'est pas médiéval), non loin d'une ancienne carrière de pierres.

 

La montée

     En cette fin d'hiver, les odeurs de foret, de feuilles mortes humides et de mousse naissante sont agréable. C'est presque en chantant que je marche dans la pénombre matinale. Soudain, une bifurcation m'informe qu'il ne faut pas passer par là (croix jaune).

Et bien... si !

Croyez moi, ce chemin mène vers le magnifique château féodal de Saint Giraud.

   En théorie, il est impossible de se tromper car il faut toujours monter, monter, monter (parfois avec un léger faux-plat).

Encore quelques mètres et il sera à moi ! 

Je le vois

     Mes poils se hérissent en haut du petit col, car :

* Je vais visiter un puissant château ayant porté fièrement au vent le drapeau du Dauphiné.

* Et je découvre la vue magnifique sur le massif du Vercors.

 

La découverte

    Tel un cabri, en un bond je suis proche de la ruine.

  Ce pan de mur n'est peut être pas magnifique mais par la petitesse des pierres et par ce mur posé sur le rocher, il est symbolique des constructions fortifiées du début du moyen âge,

 

     L'intérieur : 

La ruine énigmatique

    L'avantage d'une ruine est qu'elle est accessible sans toquer à une porte , donc j'enjambe le muret et je vois..... La terre et la végétation ont comblé les salles et seul un fragment de voûte est visible. Évidemment, il m'est impossible de définir la fonction exacte de cette ruine mais en réfléchissant :

* La voûte est pour une salle basse,

* L'épaisseur du mur à l'extérieur est synonyme de rempart ou fortification,

* Le col étant proche, cette construction devrait être une tour de défense.

Qu'en pensez vous ?

   N'ayant pas de certitude, je tente de trouver l'inspiration en contemplant la vue sur le massif du Taillefer.

Quelle magnifique tour !  

Tour ou rempart ?

    En contemplant la beauté de la vallée au Sud de Grenoble, mon regard est arrêté par une autre ruine.

    A mes pieds, les vestiges d'un long mur me fait penser à un rempart. Bien que l'épaisseur ne soit pas impressionnante, elle est trop importante pour être un mur intérieur.

Donc, ce serait un rempart !

 

Alors, rempart ou tour ?

   Dans l'angle, un haut mur borgne me fait penser à une construction du 12ème siècle. Hélas, la construction s'est écroulée et il est impossible de savoir si mâchicoulis et crénelage (voir vocabulaire) existaient.

   Le mur ayant été partiellement reconstruit et/ou consolidé, il est difficile de tirer des conclusions sur son époque de construction. Mais la qualité du "lissage" des pierres m'informe que cette construction n'était pas un simple château de guet.

La vue est réellement la richesse d'une ruine 

A l'intérieur de la "construction"

    L'intérieur de cet "angle construit" est curieux. La base montre une épaisseur importante, avec un parement de belle qualité. Sur la hauteur de nombreux trous de boulins (voir vocabulaire) m'interpellent. Ma surprise est encore plus grande en ne voyant aucun corbeau pour soutenir des poutres, ni trace d'étage, ni vestige d'escalier, ni ouverture défensive, ni puits de lumière et encore moins de fenêtre.

  Un angle borgne presque inhabitable !

 

Il est temps de repartir

   Le plateau est grand mais il est occupé par une dense végétation parfois piquante. Pourtant, en écartant les herbes, de nombreux vestiges de constructions apparaissent, sans que je puisse identifier leur fonction.

    Même si la ruine reste mystérieuse, le site offre une vue à 360° magnifique avec le massif du Vercors en point d'orgue.

Mais que vois je dans la vallée ?

  Un château, mais il est trop jeune pour figurer dans mon blog. Je n'aime que les vieilles..... ruines.

 

 

Histoire du château :

* A la fin du 9ème siècle, Géraud d'Auvergne, Comte (voir titre de noblesse) puis Abbé d'Aurillac, se serait arrêté plusieurs fois en ce lieu durant ses nombreux pèlerinages vers Rome. 
* Au 11ème siècle, construction d'une église (nommée capella de Versea dans les textes) dédiée à Saint Géraud d'Auvergne. Certains historiens supposent la présence d'un château en bois.
* Au début du 11ème siècle, Arthénulphe de Varces est cité dans un texte (à vérifier).
* Au 12ème siècle, (probable) construction d'un château fort en pierres.
* En 1255, le Dauphin (voir liste) Guigues VII achète la fortification à Lanthelme Panetti. Quelques travaux de modernisation défensive sont menés.
* En 1289, le Dauphin Humbert Ier échange Saint Giraud contre la place forte de Bellecombe (à la frontière avec la Savoie et de son bouillonnant Comte - voir liste) appartenant à Aymeric de Briançon.
* En 1349, le Dauphiné est transporté au Royaume de France. La famille de Briançon détient toujours le château fort et ses terres. Mais cet acte sonne doucement la fin de l'utilité de cette rustique construction.
* Quelques dizaines d'années plus tard, le château n'est plus entretenu.
* En 1721, J.B. de Briançon fait construire dans la plaine un château de confort. Saint Giraud est en ruine.
* Au début du 21ème siècle, la découverte de la ruine est libre et gratuite. Il est impératif de découvrir cette ruine depuis Varces et non depuis la sortie de la voie rapide. 

N'est il pas magnifique mon Vercors !

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 07:30

 

La découverte de l'extérieur du château du "Gouvernement" est décrite ici

 

 

Département :  38-ISERE

 

Voici la porte magique pour être transporté dans le passéLe château :  

     L'Intérieur :

La concentration

    Devant cette entrée tenue par la magie de la physique (les forces en équilibre) je ressens le besoin de consulter le plan du château réalisé par les pères Chartreux en 1771.

  Bien que la construction soit entourée sur 3 cotés de parois abruptes, ce plan ne montre pas de système défensif. L'agressivité médiévale semble avoir été adoucie.

 

Le premier choc (flèche bleue sur la gauche)

    Avec la consolidation récente, l'entrée ne révèle rien de significatif. Je me précipite donc dans l'antre du château et là je vois..... les montagnes  . L'absence de mur et de toit est l'un des charmes d'une ruine.

 

Le deuxième choc (flèche rouge sur la droite)

   Je cours au bout de la plate-forme pour mieux savourer.... les autres montagnes Dauphinoises.

Comme elles sont belles !

 

Après le tourisme montagnard, début de la visite  (flèche orange)

    Je traverse lentement la grande plate-forme sans bâtiment ni ruine et je regarde le mur coté Nord-Ouest . Je suis si distrait que mon ombre en profite pour se montrer...pfff, quelle arrogance.

   Après l'avoir sermonnée, je reprends ma découverte (point orange) en observant une curieuse arche.

Est ce un arc de décharge (voir vocabulaire) ou une poterne donnant sur l'à-pic  ?

Magiques sont les vestiges de la chapelle 

Chapelle ?

    Cette ouverture (flèche verte) me fait penser à une fenêtre de chapelle. Elle est proche d'une salle dont la fonction était : La cuisine.

 

La cuisine (point bleu foncé)

   La porte d'entrée de cette salle a un style très sobre presque médiéval. En partie supérieure il y a une croix (les Pères Chartreux ont mis leur empreinte dans ce château).

   Le sol comporte de larges pierres plates qui me semblent en pente (facilitant le nettoyage de la cuisine ?). Puis dans un angle, une niche rappelle plus un placard pour enfermer la custode qu'un chauffe-plat.

   Diantre, mon mal des montagnes Dauphinoises me reprend. Il faut que je quitte rapidement cette salle.

Vais je partir par cette porte et rejoindre la pièce (point vert)?

  Les Chartreux ont supprimé toute trace médiévale

Une surprenante façade (flèche bleue foncée)

J'opte pour une découverte depuis l'extérieur du bâtiment.

    Sur ce mur dont les pierres supérieures tiennent par magie, un oeil de boeuf surprend (pour une construction qui devait être médiévale). Ces aménagements de confort ont été réalisés tardivement par les Pères Chartreux. Ce trou ovale amène la lumière dans la petite pièce.

 

Escalier et chambres

   La première salle (point rose) comporte les vestiges d'un escalier desservant les chambres des étages supérieurs.

   La deuxième salle (point rouge) serait une chambre avec une vue magnifique sur les montagnes du massif de la chartreuse.

 

Les caves  (sous les points rouge et rose)

    Évidemment, après avoir visité les chambres, la cuisine, la chapelle, les jardins, il faut visiter le "réfrigérateur" pour stocker les vivres.

   La fée électricité n'ayant été découverte que récemment (pfff, les inventeurs ont tardé ) l'astuce consistait à créer du "frais" dans des caves en sous sol.

   J'emprunte donc un escalier en descente et là, une beauté construite s'offre à moi.

Quelle magnifique composition !

   Après de longue minutes à admirer cette création artistique, je ne reprends pas cet escalier, mais l'autre qui m'offre un panorama magique.

N'est il pas magnifique mon Dauphiné !

 

 

Histoire du château :

* Certains historiens pensent qu'un fortin ou château de guet existe en ce lieu (entre le 11ème et le 13ème), mais aucun texte le prouve.
* Au  14ème siècle, après la défaite des Dauphinois face au Comte (voir titre de noblesse) de Savoie et l'abandon du château de Montbel, Le Dauphin (voir liste) charge Rollet de Montbel de construire un autre château fort pour contrôler la vallée.
* En 1552, un conflit oppose le Duc de Savoie (voir liste) au Comte de Genêve. Le seigneur de Montbel tente de résister au siège imposé par les Savoyards. Par manque de nourriture, les assiégés capitulent.
* En 1633, Richelieu fait incendier le château
* En 1694, les Chartreux achètent la ruine et la reconstruisent en aménageant des jardins.
* Vers 1792, les révolutionnaires réquisitionnent le château.
* Au 20ème siècle, le site appartient à l'Office National des Forêts. La ruine est consolidée grâce aux bénévoles de l'association ADAVE.
* Au début du 21ème siècle, la découverte de la ruine est libre et gratuite.

 

 

Pour rêver un peu plus et admirer autrement cette ruine, je vous propose de regarder cette vidéo. 

 

 

La Chartreuse est réellement un massif magique !

 

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 07:30

 

Département :  38-ISERE

 

Le bourgLe massif de la Chartreuse est magnifique

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        Le village de Saint pierre d'Entremont se situe à 25km au Sud de Chambéry, à 35km au Nord de Grenoble et à 8km au Sud-Est du bourg de Les Echelles.

   Coordonnées du château :

45° 24' 49.777" N 5° 50' 15.601" E
 45.413827  5.837667

 

Le château :  

     L'extérieur :

L'arrivée

    Après avoir visité la ruine médiévale de Montbel puis l'ancien château Dauphinois de Saint Pierre d'Entremont détruit par le Comte de Savoie (voir liste), je me rends sur les hauteurs à l'Ouest pour découvrir la 2ème merveille du moyen âge de ce bourg.

  Curieusement ce château porte 3 noms dans la littérature :

* Le château neuf,

* Le château du Gouvernement,

* Le château de Saint Pierre d'Entremont.

 

La découverte

    Posé sur un éperon rocheux plongeant dans la vallée du Guiers Vif, le château tente de se réchauffer en cette froide matinée de janvier.

"Comme il est beau" me dis je.

     En découvrant cette Dauphinoise ruine, ma fierté de Chevalier Dauphinois enfle tant que ma vue se brouille. Il faut de suite que je pose mon séant sur un ban pour retrouver un équilibre.

  Et là, je suis en extase devant la beauté de ce site. Le massif de la Chartreuse est réellement magnifique.

A 9300m d'altitude, ce château surveille toutes les vallées 

L'accès

     Pour accéder au château, il faut monter par un sentier ne laissant passer qu'un carrosse ou 2 hommes en arme. Ceci est un système de défense limitant l'attaque en groupe. Mais avant d'entrer, je vais inspecter la puissance des remparts.

 

Les remparts

    Évidemment, les siècles ont remplis de terre certaines zones, le temps a usé les pierres et les hommes ont cassé un peu le château. Mais il est encore possible de se rendre compte de la difficulté d'attaquer ce bâtiment fortifié.

     Il y a les versants abruptes devant les courtines, puis des murs contournant la falaise, puis un double rempart ou plutôt un rempart enserrant les habitations.

   Il est si magnifique "mon" château Dauphinois que mes yeux se brûlent par sa beauté.

Pensez vous que je sois un tout petit peu chauvin ?

 

Le mur bouclier ?

   En montant par le chemin d'accès, je découvre sur la gauche une imposante construction.

Est ce un mur-bouclier protégeant le château des boulets de canon ?

Ou est ce le vestige d'un puissant donjon ?

 A - Les façades borgnes me font penser à la 1ère hypothèse.

 B - La qualité de la taille des pierres et des parements me font pencher pour la 2ème suggestion.

 C- L'importance et l'épaisseur du remblai ne départagent pas les 2 hypothèses.

Que pensez vous que cela soit ?

   Pour comprendre cette ruine, je regarde le croquis du château réalisé au 18ème siècle. Les défenses ont pratiquement disparu :  Point d'archère, bouche à feu, crénelage, ni mâchicoulis (voir vocabulaire).

  Mais je n'ai toujours pas ma réponse pour la construction à gauche de l'entrée.

 

     L'intérieur :

        Lentement, je monte les derniers mètres pour arriver proche de la porte d'entrée qui magiquement tient grâce à la clé de voûte.

 

Le présentation de l'intérieur du  château du gouvernement est ici

 

 

Un histoire très mouvementé a eu ce château

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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 07:50

 

Département :   38 - ISERE 

 

Le village :

La tour s'abrite derrière des feuillus.     Situation :   (--> le voir sur une carte)

         Le petit village de Laval, en Isère est accroché sur une pente du massif de Belledonne, au Nord-Est de Grenoble en direction de la station de ski de Prapoutel.
   La Tour est plantée au sommet d'une colline visible depuis le bas du village. 

         Coordonnées de la tour :

45° 15' 22.255" N 5° 55' 36.527"
 45.256182°  5.926813°

 

    Origine du nom :

          Laval serait l'aboutissement de l'évolution du nom sur 8 siècles  d'un petit hameau dans le "Mons Reculatum" (Mont reculé, donc 'inaccessible') :
  * Vallis Sanctis Stephanis : La vallée de Saint Etienne (au 11ème siècle),
  * Vali ((au 12ème siècle),
  * Vale (au 13ème siècle),
  * La Vale (au 15ème siècle),
  * Laval (au 18ème siècle).

 

Dans les textes, la Tour comporte 3 orthographes :

     - Montfallet,
     - Montfalet,
     - Montfollet.

 Je retiendrai le 1ère nom qui semble le plus usité.

 

La Tour :

    Extérieur :

Comment la découvrir

    Pour voir la tour de Montfallet située à 715 m d'altitude, vous avez le choix entre :

  - Une petite promenade à pieds depuis le parking des pompiers en bas du village. Un chemin balisé fait découvrir les richesses d'un petit village historique Isérois et de sa verdure.
  - Une montée en voiture jusqu'au sentier proche du champ à pique-nique dominical.

La tour médiévale dresse ses dernières pierres fièrement.

 

Première constatation

        D'habitude, les ruines médiévales peu connues que je tente de vous montrer sont envahies par une végétation luxuriante, je dois me battre contre les épineux pour me frayer un passage. Cette tour est extraordinaire, elle a son petit chemin, et son champ d'herbe.

   En arrivant sur le site, je pensais que cette ruine était le seul vestige d'un château disparu.

Peut être le donjon d'une forteresse seigneuriale ?

   Mais les rares études du terrain n'ont pas trouvé des fondations de mur ou de rempart. Curieux.

Était ce une simple tour de guet ?

 

Tour d'observation

   Il est vrai que sa "fonction de vigie" est exceptionnelle :

        - Vers le Sud, elle regarde les montagnes du massif de Belledonne, avec un col qui se nomme "Col de la mine de fer".  Est ce le lieu de surveillance du passage des mineurs transportant ce métal précieux au moyen âge ?

        - Vers l'Ouest, la Tour contemple la cité de Grenoble, ville importante où résidait parfois le Dauphin. Elle regarde aussi la rivière Isère.

       - Vers l'Est, dans la vallée du Grésivaudan la Tour surveille les ennemis belliqueux de l'époque : Les Savoyards.

 

Datation 

      Elle ne semble pas facile à réaliser. Sur le coté Sud, le mur comporte de nombreux trous de boulin (voir vocabulaire), ce détail tend à définir une construction antérieure au 16ème siècle.
     Sur la face Nord, une petite archère droite me fait penser à une construction du 13ème siècle. En l'observant, il semble que cette ouverture ait été ajoutée après la construction du mur. La tour serait donc plus ancienne.
     Au pied de la tour, le mur d'angle est mal appareillé avec des pierres peu taillées et de provenance différente. 

Cet assemblage laisse présager une construction du..... 12ème ?

 

Rapide analyse

       La tour forme un carré de 8 mètres de coté. Actuellement elle comporte 2 étages (les textes donnent une hauteur de 16 m). Les créneaux étant absents, il semble logique d'imaginer une plate-forme submitale créant un 3ème niveau.

   Comme souvent au moyen age, l'entrée devait se situer au 1er étage, par l'ouverture rectangulaire (à gauche). L'ouverture de droite semble être un effondrement, et celle inférieure est tardive (utilisation de la tour pour stockage).

Comment montait on ?

     Soit par une échelle en bois qui était retirée en cas d'attaque ou peut être par un chemin de ronde depuis une palissade en bois.

 

    Intérieur :

Il n'a a plus rie 

   A travers la porte grillagée du bas, je constate que les murs de base sont épais (1,5 m).

       L'intérieur est très sobre et classique pour ce type de bâtiment. Pas de trace d'escalier, pas d'élément de confort ni de cheminée, pas de corbeau pour poser les poutres du plancher. Un simple retrait du mur servait à soutenir "les planches" des étages.

 

Questionnement

 Pourquoi le choix de ce vestige dans mon blog ?

   La Tour de Montfallet n'est pas un petit agglomérat de pierres perdue dans la montagne, il semble qu'elle soit l'une des plus anciennes constructions  médiévales de l'Isère. De plus, elle n'a pas été remaniée (profondément) depuis sa création. C'est donc une construction très instructive pour les archéologues et historique pour les amateurs de pierres comme "nous". J'espère que vous avez pris autant de plaisir que moi à visiter ce "vestige" si bien conservé.

 

 

Histoire de la Tour :  

    Comme souvent pour des tours de guet ou des bâtiments n'ayant pas une importance stratégique, l'histoire écrite est pauvre (voir autre exemple).

* Au 11ème siècle, un lieu est nommé : Monte Folletis.
* Au 12ème siècle, une famille Montfalet est citée dans un texte.
* Au 21ème siècle, la visite est libre et gratuite. Le risque de recevoir une pierre est faible. Mais n'oubliez pas, ce bâtiment est une ruine de plus de 800 ans, respectez là.

 

Quelle vue sur le massif de la Chartreuse !

 

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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 07:30
     Mon blog est consacré aux constructions fortifiées du moyen âge d'Europe. Mais en tant que Chevalier Dauphinois, je me dois de présenter aussi des châteaux forts de ma province. Elle n'est certes pas la plus riche en ruines magnifiques, mais par quelques articles je souhaite vous montrer "mon" Dauphiné médiéval.
 

 

Département :   38 - ISERE 

 

Le bourg

  Situation :   (le voir sur une carte)

       Le village de La Motte Saint Martin se situe à 30km au Sud de Grenoble et à 8km au Nord-Ouest de La Mure.

   Le château de la Motte les Bains est situé en contre-bas, proche de la rivière.

   Coordonnées du château :

44° 57' 14.616" N 5° 42' 38.966" E
 44.95406°  5.710824°

 

Le château :

     L'extérieur :

L'arrivée

    En le voyant à travers les bois, je pressens que cette construction a perdu sa puissance médiévale au profit d'un classicisme du 17ème siècle.

    Comme parfois, les constructions sont cachottières, je décide de descendre par la petit chemin.

 

La découverte

      Même en contre-bas, proche de la rivière je ne vois pas de fortification. De plus, la construction joue à se cacher : "Je t'aurais un jour, je t'aurais".

 

   Je contourne la propriété clôturée en espérant voir enfin une trace d'archère ou de mâchicoulis (voir vocabulaire), mais rien d'évident s'offre à moi. Le bâtiment a une forme parallélépipédique avec 4 tours carrées aux angles, mais tout ceci semble trop refait, trop moderne.

    Avec mon oeil d'aigle de chasseur de ruine, je crois voir des vestiges de rempart précédent le château. Puis devant la porte principale, un mur arasé réalisé avec des pierres pauvrement taillées et appareillées.

 

     Moi qui rêvais de vous montrer une beauté Dauphinoise, le Gratin des fortifications, je repars la tête basse en espérant que ma prochaine découverte sera..... inoubliable.

 

 
Histoire du château :

* Au 12ème siècle, une maison forte est construite proche de la rivière.
* En 1339, la fortification comporte une enceinte de 80m puis une 2èmede 160m entourant les communs, petit habitat, citerne et un gros donjon.
* A la fin du 17ème siècle, un nouveau château est construit sur les bases de la fortification médiévale.
* Au 18ème siècle, la construction est transformée en établissement thermal.
* En 1926, les thermes cessent leur activité.
* Dans la 2ème moitié du 20ème siècle, les bâtiments deviennent une centre d'accueil pour des colonies de vacances des enfant de la Seyne sur Mer.
* Quelques années plus tard, le site devient un centre pour désintoxication des toxicomanes.
* A la fin du 20ème siècle, le château n'accueille aucune personne. La solitude est son destin.
* Au 21ème siècle, la découverte de loin depuis le sentier est libre et gratuite. La visite est interdite : Propriété privée.

 

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23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 07:30
     Ce blog est consacré aux ruines et châteaux forts d'origine médiévale. Mais, plutôt que de narrer des sites très connus j'ai préféré montrer des constructions fortifiées hors des "sentiers battus". Cette maison forte en est un bel exemple.
 

 

Département :   38 - ISERE
 

Le bourg

  Situation :     (--> le voir sur une carte)

       Le village de Saint Georges de Commiers se situe à 17km au Sud de Grenoble et à 20km au Nord-Ouest de La Mure.

  Coordonnées due la maison forte :

45° 2' 17.268" N 5° 42' 14.13 E
 45.03813°  5.703925°

 

 La maison forte : 

      L'extérieur

Pourquoi ai je visité ce site ?

    De Mars à octobre, je parcours le Royaume de France (et même ceux de l'Europe) à la recherche de fortifications médiévales. Mais l'automne venu, mon destrier préfère dormir le soir dans sa grange.

    Conséquence : C'est la période idéale pour visiter "mon" Dauphiné. Ses châteaux ne sont pas souvent impressionnants mais ils font parti de notre patrimoine.

 

L'enquête commence

    Située sur la départementale 529 entre Champs du Drac et le plateau Mathésin, tous les voyageurs croisent cette construction située dans un virage. Mais peu font attention à cette beauté qui a survécu aux siècles. 

    La haute tour ronde ne semble pas avoir 700 ans. Sa dimension n'en fait pas une tour de guet traditionnelle, ni un donjon habitable.

Est ce vraiment une fortification médiévale ?

 

Les indices sont "nombreux"

   1 - Le sommet semble comporter un crénelage aménagé ultérieurement pour recevoir un toit. Sous les 2 ouvertures carrées rebouchées je vois des trous de boulin (voir vocabulaire).

Sont ce les traces d'un ancien hourdage ?

   2 - Sur l'autre face, la tour est incroyablement magnifique (oui je sais, j'exagère toujours... un peu  ). Sur la droite, non pas un mais deux (oui, 2) vestiges de construction en encorbellement m'intriguent. Celui du haut est posé sur des consoles en pierre.

Pensez vous que cela soit des latrines servant aussi de bretèche ?

   3 - Dans la tour, 3 archères droites (du 13ème ?) trônent fièrement. Celle du bas comporte une petite bouche à feu. Sa position au raz du sol est intrigante. Mais cela est dû aux multiples nivelages de la route au cours des siècles ayant "abaissé" (pour notre regard) le niveau d'au moins 1 mètre.

 

    Évidemment, une maison forte ce n'est pas qu'une tour avec des défenses, c'est aussi un bâtiment d'habitation. Celui-ci a été remanié après le 15ème siècle. 

 

 
Histoire de la maison forte :

* Au 14ème siècle, une maison forte est (peut être) construite.
* Au 15ème siècle, aménagement de bouches à feu.
* Au 16ème siècle, aménagement du site pour le rendre plus confortable.
* Au 21ème siècle, la découverte d'une partie de l'extérieur est libre et gratuite. La propriété est privée et non visitable.

 

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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 06:30
     En France les châteaux forts se comptent par milliers. Nombre d'entre eux sont en ruine et souvent peu connus ou peu mis en valeur. D'autres ont la chance d'avoir une association de sauvegarde consolidant les murs et taillant les hautes herbes, c'est le cas pour celui-ci.
   Le château de Bressieux fut pour moi une révélation . Lorsque je l'ai découvert au milieu du 20ème siècle, j'ai de suite compris que les châteaux seraient "ma vie" .
  Voici l'un des 3 châteaux forts Français ayant fait de moi "un chevalier blogeur".
 

 

Département :   38 - ISERE

 

Le bourg :

   Situation :    (--> le voir sur une carte)

      Le village de Bressieux se situe à 25km à l'Ouest de Voiron et à 8km au Sud de La Côte Saint André, proche de l'aérodrome Grenoble-Saint Geoir.

   Le château de Bressieux est situé à égale distance (1km) entre Saint Siméon de Bressieux et Saint Pierre de Bressieux.

   Coordonnées du château :

45° 19′ 21″ N 5° 16′ 45″ E
 45.3225°  5.279167°

 

Le château :

      L'extérieur

L'arrivée

    Il y a plusieurs possibilités pour garer son destrier dans ce petit bourg, soit près de l'église ou de la mairie, mais c'est oublier qu'un château est souvent précédé par des remparts. En choisissant l'option "externe", je découvre une des portes fortifiées du bourg.

    Puis proche de la mairie et du petit musée, l'imposante tour du rempart.

Je suis dans l'ambiance !

 

La découverte

   Après avoir emprunté un agréable petit chemin en pente passant proche du cimetière et surtout d'un restaurant dont mes naseaux retiennent l'odeur , j'arrive sur le plateau à 520m d'altitude.   

Comme ce château fort est beau ! 

 

Le fossé

    Je ne vais pas vous montrer de suite le château, car je souhaite vous faire comprendre ce que ressent un assaillant. Le 1er obstacle est bien sur le fossé. Aujourd'hui, la végétation l'a partiellement envahi mais avec sa profondeur il diminue les velléités des attaquants. Sous les flèches des défenseurs, je pense que leur vision était déformée :) .

     Si l'attaquant remonte à l'extérieur du fossé, il est observé par les guetteurs sur les tours. Ses chances paraissent faibles d'utiliser la surprise.

    Et si l'envie saugrenu lui vient d'attaquer par l'autre coté, il doit affronter la haute et puissante tour extérieure qui est en réalité le donjon du château.

 

Rempart et plan

   En prenant un peu de recul dans la basse cour, je découvre le site castral. Pour comprendre l'architecture du château de Bressieux, je vous propose d'étudier le plan.

Ne vous semble t il pas curieux ?

* D'abord, il n'y a pas d'emplacement pour une poterne (voir vocabulaire).
* Et puis, le donjon n'est pas au centre bien protégé dans ses remparts mais à l'extérieur. Il participe à la défense du château. Ce n'est pas exceptionnel, au château de Guédelon et dans de nombreux châteaux Savoyards en Suisse ce style de construction existe, mais avec des donjons beaucoup plus puissants.
* Ensuite, il ne semble pas y avoir de tour cotés Sud-Est et Sud-Ouest créant un point de fragilité dans la défense.
* Par contre, ce vieux château possède une tour-porte d'une grande élégance mais curieusement placée dans un angle (comme pour participer à la défense). 

  

Le croquis

    Pour comprendre l'importance des tours encadrant la porte dans le système de défense du château et imaginer la difficulté d'un assaillant à l'approcher, je vous propose le dessin du site au 13ème siècle, (croquis admirable réalisé par Eric Tasset dans son livre sur les châteaux forts de l'Isère). 

 

Tours et porte d'entrée

Cette porte est le chef d'oeuvre du château de Bressieux.

   Il y a d'abord l'imposante ouverture ayant reçu des 2 vantaux majestueux, évidemment un pont levis (disparu) était la 1ère défense, puis une herse retardait les assaillants.

   Ensuite, il y a 2 tours rondes encadrant l'entrée. Elles comportent de hautes archères droites pour la défense éloignée, puis un crénelage avec mâchicoulis (voir vocabulaire) pour la défense de prêt.

 

Particularité architecturale

    Avec l'amélioration de la puissance des armes de jets, les défenseurs en haut des créneaux pouvaient facilement être touchés par les flèches des assaillants. La solution a été de rehausser les courtines et les tours.

    Conséquence de la rehausse : Les 2 tours en briques rouges encadrant la porte d'entrée comportent les traces des anciens créneaux.

 

    Dans le château fort :

La porte d'entrée (encore !)

     En entrant, ma première réaction et d'admirer (à nouveau) les 2 tours d'entrée. Quelle chance qu'elles soient un peu ruinées, elles révèlent leur intérieur sobre, non habitable mais fonctionnel pour la défense. Les fenêtres ont évidemment été ouvertes après l'époque médiévale, pour donner plus de lumières aux sombres constructions du moyen âge.

 

La cour et les bâtiments

      Dans une ruine je ne m'attends jamais à de luxueux bâtiments et c'est sans surprise que je découvre cette cour emplie de détails fascinants !

   Il y a d'abord les vestiges des murs des communs et de la cave à glace (voir le plan) et surtout au fond, les habitations seigneuriales avec les restes de cheminées, de coussièges (voir vocabulaire), de portes etc.. Un bonheur pour un admirateur de ruine comme moi.

   Dans les cuisines il y a des traces de four et l'inévitable puits.

 

Le donjon

    Point de château fort sans une puissante et magnifique tour maîtresse souvent nommée : Donjon. Elle est haute, partiellement habitable et surtout elle est ouverte à la visite. Mais avez vous remarqué quelques détails ?... Regardez la mieux.

1 - Il n'y a pas de crénelage. Cette tour a été arasée. Elle devait être belle il y a 6 siècles !
2 - Des archères droites et courtes protègent la longue courtine.
3 - L'ouverture basse avec l'escalier en fer est récente.
4 - L'ouverture en arc brisé était la porte au moyen âge.

 

L'interieur du donjon

   Sa découverte commence par une salle basse devant être le ratier (à vérifier). Elle est sombre et devait servir de cave. Puis vient la montée aux étages en empruntant un escalier dans l'épaisseur du mur. En moyenne, les murs de ce donjon ont une épaisseur de 2 mètres.

   A l'étage intermédiaire, je retrouve la porte médiévale. et au sommet j'ai une vue imprenable sur le logis, puis la cuisine avec le puits et enfin les magnifiques tours portières.

 

 

Histoire du château :

* Vers l'an 800, une petite fortification semble être construite sur une colline au Sud Ouest (à vérifier).
* En 1025, un premier château (en bois ?) semble avoir été construit par le seigneur Bornon.
* A la fin du 11ème siècle (?), le seigneur Aymard Ier fait  creuser un fossé circulaire pour protéger la motte fortifiée.
* En 1107, un texte cite le château de Bressieux (castrum Bressiacum) relevant de l'archêque de Vienne.

* En 1164, Aymard III, seigneur de Bressieux, fonde une abbaye à Laval Bénédite (2km au Sud du château).
* En 1189, Aymard III part pour le 3ème croisade.
* A la fin du 12ème siècle, le seigneur Aymard III fait  construire un château en galets roulés.
* Au milieu du 13ème siècle, le seigneur Aymard VI fait araser partiellement les mur en galets roulés et reconstruit le château en briques.
* Vers 1260 (?), un rempart entoure le village. Cette fortification comporte 8 tours (à vérifier).
* En 1276, construction du donjon et agrandissement du fossé.
* En 1327, Hugues de Bressieux rend hommage pour son château et ses terres au Dauphin du Dauphiné (voir liste des Dauphins).
* En 1402, après 4 siècles de règne de la lignée des seigneur de Bressieux, Geoffrey meurt sans héritier mâle (il a eu 7 filles ). Château et terres reviennent à son petit fils : Humbert de Grolée.
* En 1424, Humbert de Grolée meurt à la bataille de Verneuil.
* En 1538, après être revenu victorieux des campagnes d'Italie, Aymard Antoine de Grolée reçoit dans son château de Bressieux le roi de France François Ier (voir liste des rois).
* En 1612, le roi de France élève la baronnie de Bressieux en Marquisat (voir titre de noblesse).
* En 1792, les révolutionnaires chassent le propriétaire.
* En 1966, le dernier propriétaire du château en fait don à la commune.
* En 1904, la ruine est classée aux Monuments Historiques.
* En 1981, création d'une Association de Sauvegarde du Château de Bressieux.
* De 1983 à 1992, fouilles archéologiques.
* En 1992, ouverture d'un musée dans le petit village montrant les résultat des fouilles.
* Au 21ème siècle, la découverte et la visite de la ruine sont libres et gratuites. Le risque de recevoir une pierre est minimal. Cette ruine est fragile, veuillez ne pas monter sur les murs ni tenter de faire de l'escalade .

 

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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 06:30
 

 

    "Mon" Dauphiné n'est pas la province la plus riche en châteaux forts, ni en ruines inoubliables mais elle comporte quelques beautés du Moyen Âge ayant doucement évoluées tout en gardant leur identité.
   Voici un bel exemple dans un petit bourg nommé :  Le Cheylas.

 

 

Département :   38 - ISERE 

 

Le hameau

   Situation :    (le voir sur une carte)

       Le hameau de "Le Cheylas" se situe dans la vallée du Grésivaudan à 25km à l'Est de Grenoble sur la rive gauche de la rivière Isère. 

 

   Coordonnées du manoir :

45° 22' 15.967" N 5° 59' 21.012" E
 45.371102°  5.98917°

 

  Toponymie :  (voir initiation)

---->    "Manoir de la TOUR" semble évident puisqu'il y a.... une tour dans le manoir... Je m'étonne parfois.

 

----> La signification de  "Le Cheylas" est plus complexe :

* Au 11ème le site se nomme : Castellato,
* Puis Chaelais,
* Au 13ème c'est : Chellas,
* Au 14ème c'est : Cheylas puis Cheylasiis,
* Au 15ème c'est : Cheylasio,
* Au 16ème c'est : Cheilas,
* Au 17ème c'est : Cheylas..... Quelle vie !

* Qu'importe les orthographes, il semble évident que depuis l'origine, le mot "château" en vieux Français (Castellum) soit l'origine du nom.

* Mais, une autre hypothèse existe. Ce nom proviendrait du vieux patois "Chala" désignant un lieu de passage.

 

 

Description du manoir :

    L'extérieur

L'arrivée

    Isolée dans la plaine entre la route et la rivière Isère, il est impossible de ne pas voir cette élégante bâtisse. Même si elle se cache comme une coquette, je pressens que sa découverte me changera des ruines cassées et poussiéreuses habituelles.

 

La découverte

     Lorsque les arbres laissent la place aux petits arbustes, le manoir devient magnifique. Au 21ème siècle, ce bâtiment parait sans défense, mais il est fort probable qu'un rempart l'entourait et, avec l'Isère si proche, il semble évident que des douves encerclaient l'enceinte.

   L'ensemble forme un U composé de 2 quadrilatères un peu irrégulier (l'ossature médiévale je suppose) et d'un bâtiment plus récent.  La construction comporte 3 étages sans archère, chemin de ronde, mâchicoulis etc...

 Mais ce manoir a une caractéristique importante. Comme moi, vous avez remarqué la magnifique tour de 14 mètres de haut.

 

La tour

    Cette tour-escalier est vraiment le chef d'oeuvre marquant de ce manoir. Elle n'est pas imposante, elle n'a pas eu la chance d'être un donjon habitable, elle n'a pas une hauteur qui la rend remarquable et pourtant ,elle est (presque) inoubliable !

    Il y a ses fenêtres toutes blanches à meneau en croix illuminant sa façade d'un gris classique, puis il y a cette belle échauguette d'angle qui semble coincée, presque honteuse d'être là.

    Avez vous remarqué que sa forme est ronde sur les 3 premiers niveaux mais qu'au dessus elle est polygonale ?

Quelle est donc la raison de ce changement d'architecture ?

 

     Évidemment, les formes agressives des défenses ont disparu et c'est la douceur presque renaissance qui émane de cette tour. Et "cerise sur le gâteau", cette ronde construction possède un "encorbellement" magnifique.

  L'oriel est à regarder et à déguster ! 

 


Histoire du manoir :

* Au 12ème siècle (?), une maison forte est construite proche de la rivière. Peu de détails existe dans la littérature régionale.
* En 1515, Sébastien Guiffrey, propriétaire du manoir, décède dans son autre château du Touvet (à 5km au Sud-Ouest).
* Son fils, Claude Guiffrey du Cheylas (né au château) devient le nouveau propriétaire.
* Au milieu du 16ème siècle, Claude décède de la peste.
* En 1558, la dernière héritière du manoir épouse Guy Balthazar qui devient le seigneur du Cheylas, du Touvet et de Boutières.
* En 1591, durant la bataille entre l'armée Royale Française et les Savoyards, le manoir devient le quartier général de François de Bonne, Duc de Lesdigiuères, alors Lieutenant général du Dauphiné.
* En 1760, Merlin de Cheylas est cité dans un texte revendiquant la propriété du manoir.
* A la fin du 19ème siècle, le manoir devient une ferme.
* A la fin du 20ème siècle, un  antiquaire s'établit au manoir.
* Au 21ème siècle, la découverte  depuis la route est libre et gratuite. La visite est interdite : Propriété privée.

 

 

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 06:30

 

Département :   38 - ISERE

 

Le bourg : 

  Situation  (--> le voir sur une carte)

     Le village de Eyzin-Pinet est situé à 15km au Sud-Est de Vienne et à 13km à l'Ouest de Saint Jean de Bournay.

  Le château est à 1,5km au Sud de Eyzin Pinet dans le hameau de Pinet.

   Coordonnées du château :

45° 27' 39.762" N 5° 0' 5.299 E
 45.461045°  5.001472°

 

Le château :

    L'extérieur :

L'approche

    L'approche est un des moments intenses de la découverte castrale. Parfois la ruine se cache, elle se laisse voir de loin mais proche, elle disparaît. Mais j'y pense je vous avais expliqué cela dans un article à redécouvrir ici.

   Après une petite marche, j'arrive sur le plateau où la tour se dresse au dessus des arbres. Je pressens qu'elle a envie d'être séduite, alors, je lui tourne autour en faisant des ronds de jambe. Et là je lui vole quelques  secrets... Les voyez vous ?

 

Les particularités

     Au bout du chemin ombragé je distingue clairement que la tour est ronde (oui, c'était facile à deviner), haute (pfff, joueur je suis), et construite en briques. Ce hameau étant loin des montagnes, ce matériau est idéal. Quel choc pour votre chevalier, cette couleur rouge est assez inhabituelle pour "mes" ruines

 

La pierre est présente

       La brique n'est pas le matériau exclusif de cette tour, la pierre est présente. Sa blancheur est visible au sommet d'abord, sur ce que je suppose être le crénelage (voir vocabulaire), puis sur le système défensif. 

 

Les défenses

   Il y a d'abord cette haute et large fente. Pensez vous que ce soit une archère avec ébrasement double ?

  Puis, cette puissante bouche à feu prouvant que la tour fut encore habitée à la fin du 15ème siècle.

    L'accès dans la tour est dangereux, je préfère la sécurité en restant à l'extérieur pour trouver les traces du château. Une si haute et si belle tour ne pouvait être que le donjon d'un château.

    Mon imaginaire étant très développé, je crois discerner ses contours. Mais je préfère arrêter mes suppositions, et puis je vous laisse aussi un peu de découverte si un jour vos pas vous mènent proche de Vienne. 

 

 

Histoire du château : 

* Au 10ème siècle, un château sur motte (voir vocabulaire) aurait existé en ce lieu pour surveiller la vallée. La famille Pinet en serait les propriétaires.
* En 1080, la chapelle du château est donnée au monastère de Saint André le Bas de Vienne par le chevalier Bérillon. 
* En 1233, le château est possession de la puissante famille de Beauvoir.
* En 1242, au château de Pinet est signée la vente du château de Fallavier, possession de Guillaume de Beauvoir (de Marc) à Hugues de la Tour, évêque de Clermont.
* En 1277, Pinet est donné par Guillaume de Beauvoir à son fils Aymar.
* En 1333, dans son testament, Guigues de Beauvoir précise qu'il faut prélever certaines sommes sur les revenus de Pinet.
* En 1339, Humbert II (voir liste) vient visiter "sa bonne ville de Pinet".
* En 1343 Humbert II concède des franchises à Pinet.
* En 1344, le châtelain de Pinet doit répartir les sommes allouées pour les dommages causés par les "Savoyards" de Villeneuve-De-Marc aux habitants d'Hauterives et de Meyssiés.
* Au 21ème siècle, la découverte de la ruine est libre et gratuite. Le risque de recevoir une pierre existe.

 

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12 août 2010 4 12 /08 /août /2010 06:30

 

Département :   38 - ISERE
 

Le bourg : 

La ruine vole au dessus des arbres  Situation :   (--> le voir sur une carte)

   Le village de Saint Quentin sur Isère se situe en bordure Nord du massif du Vercors, à 25km au Nord-Ouest de Grenoble, sur un petit promontoire de la rive gauche de l'Isère.

   Coordonnées du château :

45° 16' 50.3826" N 5° 33'  6.3066" E
 45.2806618  5.551751554°

 

   

Le château : 

    Lorsque vous circulez depuis Grenoble en direction de Valence, sur la gauche une curieuse ruine tente de survivre aux grands arbres et vous quémande une visite.  Il est vrai que sa vétusté n'attire pas les visiteurs, et pourtant, c'est un très ancien château construit à un emplacement stratégique au 11ème siècle.

 

    L'extérieur :

 La ruine est posée au sommet d'une petite colline de 300m d'altitude. Elle se découvre depuis le stade de football par un sentier légèrement en pente. Au sommet,  c'est à travers les arbres qu'elle jaillit.
    Certes, il faut un peu d'imagination pour comprendre son architecture, et même avec un croquis, il est difficile de reconnaître une forteresse médiévale.
 Légende de la carte :
     1 - Donjon,
     2 - Enceinte du château ou chemin de ronde autour du donjon (?),
     3 - Délimitation de la basse cour (?),
     4 - Rempart extérieur,
     5 - Citerne (?).

   Le vestige le plus impressionnant est le "donjon" avec ses corbeaux, ce sont certainement les restes des mâchicoulis (voir vocabulaire).  En levant les yeux, je crois discerner au sommet les traces de créneaux (mais j'avoue que mon imagination est très fertile devant une ruine).
   Ce donjon a des dimension imposantes : 20m de coté et 35m de hauteur. Ce n'est donc pas une simple forteresse avec tour de guet mais les restes du château d'un puissant seigneur vassal du Dauphin (voir liste).

   

    L'intérieur :

   En contournant la façade Nord, le donjon dévoile quelques "secrets". D'abord dans l'épaisseur du mur (1,2m) le remblai est composé de galets roulés provenant certainement du lit de la rivière Isère en contrebas. Ensuite, la qualité de ses parements. Le tuffe est fragile, mais il est taillé avec attention.
   A l'intérieur du donjon, il est facile de voir au moins 3 niveaux. Deux d'entre eux comportent une fenêtre romane plein cintre avec un large embrasement vers l'intérieur. Curieusement, aucune archère ou bouche à feu est visible.  
 

 
Histoire du château :

* Vers 50 après JC, présence d'habitats gallo-romain.
* Au 11ème siècle, un château est cité.
* Au 13ème siècle, le château "actuel" est construit. Il contrôle le passage sur la rivière et verrouille l'accès au massif du Vercors.
* Vers 1562, durant les guerres de religion, le château est dévasté par le terrible François de Beaumont, baron des Adrets et sa troupe de protestants. Il n’est plus reconstruit.
* Au 21ème siècle, la découverte et la visite de la ruine sont libres et gratuites. Le risque de recevoir une pierre existe. Ruine réservée aux passionnés.

 

Une princesse regardait elle depuis cette fenêtre ?

 

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