Translation




 

 

 
 
French to English French to German French to Italian French to Spanish
French to Japanese French to Korean French to Russian French to Chinese (Simplified)
 

 

 
 

 

 

 

 

Ombre et lumière

10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 07:30

 

Département 18 - CHER

 Ma journée commence par une ruine magnifique

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   La petite commune de Plou est située à 45km au Nord-Est d'Issoudun (voir son château), à 22km au Sud-Est de Vierzon, à 20km  à l'Ouest de Bourges et à 8km au Nord-Est de Chârost (voir sa maison forte).

     Coordonnées du château :

47° 3' 37.976" N 2° 10' 13.753" E
 47.060549°  2.170487°

 

Le château : 
        L'extérieur :
Durant ma croisade, je suppute

    Grâce à mon dictionnaire des châteaux forts, je sais que dans le bois de Font-Moreau, à quelques kilomètres au Nord-Est de Plou, une ruine castrale existe. Mais ce que ne dit point cet ouvrage c'est :

Dans quel état est elle ?

  Même détruite, la tour est puissante

L'arrivée 

"Diantre, qu'il est beau" m'écriai je !

  En voyant ses pierres attaquées par le lierre puis en découvrant la hauteur des murs, je pressens que je vais passer une après-midi d'avril incroyable. Je suis si impatient que je me précipite de suite sur la droite de l'entrée.

 

Préambule avant la découverte de la tour

     De suite, j'imagine que :

1 - Un fossé devait entourer le château.

2 - Le petit muret en amont de la tour est une coquetterie du propriétaire pour aménager un joli jardinet de fleurs. Il ne peut pas y avoir un rempart si proche en amont d'une tour.

  Il est vrai qu'en architecture défensive médiévale, certaines tours bénéficient d'une chemise (voir vocabulaire), c'est à dire un rempart encerclant la construction (voir exemple ici et un autre là). Mais je n'ai vu cela que pour des donjons, jamais pour une simple tour défensive. Ce muret est une "coquetterie".

  La nudité lui va si bien !

Une tour défensive ruinée

    Grâce à son état de ruine, ce fantôme me donne de nombreuses indications sur ses dimensions, sa forme, la position de ses portes d'accès (sur 2 niveaux) et l'épaisseur du mur.

  Je sens votre questionnement :

"Chevalier, comment était la tour avant sa destruction ?"

 

Une tour défensive entière

   Etant un Chevalier très à l'écoute de ses visiteuses et visiteurs, je me débrouille pour trouver la réponse à votre question. Je me déplace vers la droite, j'affronte les épineux et je me bats contre les branches acérées (j'exagère un peu). Voici la tour d'angle telle qu'elle devait être il y a 500 ans.

 

Le coté gauche

   Je me dois d'explorer l'autre coté. Pensant que le château est symétrique, je ne me hâte point pour regarder la même tour ronde.

Quelle erreur !

  Un château fort est rarement symétrique. Celui-ci ne fait pas exception.

  Je vois les entrailles du château

Anguleux !

   Contrairement au coté droit, celui-ci est anguleux. Même si la tour a disparu, je pressens qu'elle fut parallélépipédique.

  Grâce aux courtines effondrées, je vois l'aménagement interne de ce que je pense être les communs. Portes, poutres, étages se devinent (ou s'imaginent).

 

L'entrée fortifiée

    Lentement, je me dirige vers l'imposante entrée. J'ose affirmer qu'elle est imposante car 2 grosses tours rondes encadrent le portail en retrait.

      Ces tours ayant été arasées, il n'est pas possible de savoir si crénelage et mâchicoulis étaient présents.

   Pourtant avec un peu d'attention, de nombreux enseignements sur leur construction et les systèmes défensifs sont visibles.

 

Combien de systèmes défensifs possèdent cette entrée ?Les vestiges de défense à droite

   La tour de droite, bien qu'envahie par une dense végétation verte, laisse voir une archère droite pour protéger la porte. Elle est si abîmée que je ne peux pas la dater. Par contre, la fente cachée dans la verdure est de type : Archère-canonnière.

  Ce type de système défensif était courant au 14ème siècle.

 

Analyse de la tour coté gauche

  Dans la grise végétation de la tour à gauche, je vois une archère-canonnière identique à sa consoeur. Puis pour protéger l'entrée, une autre fente datant de la même époque.

  Il est amusant de constater que ce château fort ne semble pas avoir évolué depuis 6 siècles : Aucune sculpture Renaissance, ni bouche à feu.

 

Avant d'entrer

  Ayant terminé mon analyse des systèmes défensifs sur les tours, je tente de voir si l'entrée comporte quelques vestiges passionnants. Evidemment, si je prose ainsi c'est qu'un magnifique détail s'offre à mes yeux d'amoureux de vielles pierres.

Que voyez vous ici ?

  Je ne vais pas de suite vous donner la réponse, je vous laisse me livrer vos supputations dans les commentaires.

 

        L'intérieur :
  Je m'apprête à emprunter l'allée vers la porte quand soudain, mon instinct de survie me force à ne point avancer. L'entrée est interdite et clairement signalée

 

 

Histoire du château :

* Au 14ème siècle, construction du château.

* En 1380, le site est notifié dans un texte. D'après certains médiévistes, ce château aurait appartenu à une famille de Chârost. Il aurait été donné en apanage au 2ème enfant (l'aîné ayant toujours le château principal).

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite en empruntant la petite route à pieds. La visite de l'intérieur est interdite. Veuillez respecter la propriété privée et la tranquillité du lieu.

 

Voila un château que j'aurais adoré reconstruire

      Cliquez pour revenir au menu des Châteaux du 18 Vers Menu châteaux du Cher
Repost 0
Published by Le Chevalier Dauphinois - dans Châteaux en Berry : 18 36
commenter cet article
2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 07:30

 

La description de l'extérieur du  château est ici.

 

 

Département :  36 - INDRE
  'Je me déshabille pour vous' dit elle

Le château :  (suite)

     L'intérieur :

L'imposant donjon

   En contournant la haute tour maîtresse, puis en suivant les vestiges de la courtine, j'ai la merveilleuse surprise de constater que le mur s'est écroulé. Ainsi, sans pénétrer dans la propriété privée, je peux voir l'intérieur du château et surtout les entrailles du donjon.

Voyez vous toutes les merveilles ?

  Ceux qui osent dire "Non Chevalier" doivent consulter un ophtalmologiste, car des "milliers" (ou presque) de détails se livrent à ceux qui savent lire les ruines.

  Que vois je :

1 - L'épaisseur du mur,

2 - Une fenêtre au sommet,

3 - Un fantôme de fenêtre sur la gauche,

4 - Un parement intérieur presque parfait,

5 - Plusieurs niveaux/étages,

6 - Une cheminée,

7 - ....

 Je vous laisse deviner la suite.

Le donjon primitif s'ennuie tout seul 

Une grande surface 'vide'

  Sur la pointe de mes chausses, je me hisse pour regarder au dessus de la luxuriante végétation. Je vois :

* D'abord, une grande surface verte dépourvue de bâtiment. Je suis certain que de nombreux communs existaient,

* Ensuite, le petit puits dans la haute cour,

* Et enfin, une fine tour au centre. C'est l'emplacement du donjon primitif  (le premier château).

 

L'autre donjon

  Je pensais que ce donjon primitif était posé sur une butte, mais en regardant avec attention, je remarque :

* Une entrée en partie basse,

* Des murs sur les 3 cotés de la haute construction,

* De fines ouvertures verticales à chaque étage.

Conclusion :

   Ce que je vois n'est point le donjon mais une tour escalier extérieur. Le bâtiment devait être de forme parallélépipédique. Une ronde tour flanque a dû lui être greffée ultérieurement.

   Mon explication justifie la présence d'une porte au niveau du sol. Au moyen âge, l'entrée d'un donjon était à plusieurs mètres au dessus.

 

Je repars, mais des surprises m'attendent

    Pensant avoir tout vu, lentement je rebrousse chemin quand mon oeil d'aigle voit, sur les murs, quelques systèmes défensifs. Ils semblent avoir été aménagés après la construction des parois. Leurs architectures diffèrent mais la forme du trou prouve que le château était encore fonctionnel à l'époque des premières armes à feu.

 

brosse-47

brosse-46

 

 

Histoire du château :

* Vers le 1er siècle, le site semble occupé par les Romains.

* En 974, le chroniqueur Aimoin de Fleury mentionne le nom de castrum quod Bruciadicitur. Le site appartiendrait à Giraud (ou Géraud), Vicomte (voir titre de noblesse) de Limoges.

* A la fin du 10ème siècle, le site semble appartenir à Guy 1er, Vicomte de Brosse.

* En 1001, un conflit oppose les deux coseigneurs du château : Adhémar, fils de Guy et Hugues de Gargilesse.

* En 1025, Adhémar décède. Il ne semblait plus être le seigneur de Brosse depuis quelques années (à vérifier).

* En 1325, Jeanne de Brosse épouse André II de Chauvigny. Elle apporte le château en dot.

* En 1370, en pleine Guerre de Cent ans, Guy II de Chauvigny, Vicomte de Brosse, prend le parti du Roi de France Charles V (voir liste). Cet acte déplait aux Poitevins. Puisque les Barons du Poitou ont massivement choisi le parti anglais, ils se doivent d'attaquer le château de Brosse devenu Français. Le château est partiellement détruit.

* Au 15ème siècle, le château n'est (peut être) plus habité par le Vicomte.

* Durant la deuxième moitié du 15ème siècle, un membre de cette grande famille, Jean de Brosse, devient maréchal de France et chambellan de Charles VII. Il est aussi le compagnon d'arme de Jeanne d'Arc.

* Au 16ème siècle, la famille Bourbon-Montpensier possède le château de Brosse.

* En 1768, Joseph de Fougières achète le château. Il fait démonter les pierres pour les utiliser dans son autre résidence. Tuiles, charpentes et poutres sont enlevées marquant la fin de ce château.

* Les hommes du 19ème siècle continuent le "pillage" du château. Ruine minimale sera son avenir.

* En 1820, une des tours s'effondre.

* En 1838, d'autres pans de murs s'écroulent. Les habitants du hameau profitent des pierres pour leur maison.

* En 1935, les ruines sont inscrites aux Monuments Historiques.

* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La découverte de l'intérieur semble possible certains jours. Veuillez respecter la ruine si fragile et la propriété privée.

 

Le vert, est ce l'espoir d'un futur sans démolition ?

 

  Cliquez pour revenir au menu des Châteaux du 36 Vers Menu châteaux de l'Indre
Repost 0
Published by Le Chevalier Dauphinois - dans Châteaux en Berry : 18 36
commenter cet article
11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 07:30

 

Département 18 - CHER

 Se mirer est l'activié principale de cette maison forte

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   Le petit bourg de Chârost est situé à 42km au Nord-Est de Chateauroux, à 27km au Sud de Vierzon et à 22km au Sud-Ouest de Bourges.

     Coordonnées de la maison forte :

46° 59' 31.225" N 2° 7' 7.622" E
  46.992007°  2.118784°

 

La maison forte : 
        L'extérieur :
Préambule

   En ce beau jour de mai, après avoir visité quelques ruines et châteaux du Berry, j'avais envie de calme, de repos, de verdure et d'un moment de répit. Visiter chaque jour des fortifications médiévales est une activité prenante et fatiguante.

   Je savais qu'en ce lieu un bâtiment m'attendait, mais je voulais l'ignorer.

 Hélas, en posant mon séant j'entends une petite voix me dire :

"Chevalier, je suis là.

Je sais que tu es las.

Mais là je suis !"

   Comme vous le constatez, il n'est point facile d'être un castellologue-amateur, les sollicitations sont nombreuses.

 

La découverte

   Avant de lever mes merveilleuses fesses pour rejoindre cette belle, je tente de l'observer de loin. Elle semble posséder une ronde tour accolée à un bâtiment parallélépipédique (le logis ?).

   Je pressens qu'il va me falloir me déplacer jusqu'à elle, car la beauté médiévale me résiste et ne veut point de suite me livrer tous ses secrets.

Diantre, comme les belles adorent être séduites !... N'est ce pas mesdames ?.

  Je l'espionne depuis le trou d'une serrure virtuelle

Je philosophe
    Bien que la construction possède une tour ronde, cela n'en fait pas pour autant un bâtiment fortifié. Tel un chasseur (ou un séducteur... n'est ce point un synonyme ?) je l'observe avant l'attaque (ou la séduction.... n'est ce point un synonyme ?).

 

Premier signe défensif

   Sur la partie gauche du "logis", je distingue des fentes verticales sur 2 niveaux. Celle du bas est une archère modifiée pour arme à feu. Le système défensif a donc été adapté sur plusieurs siècles.

 

Je tente une approche

    Bien que la précipitation ne soit pas la bonne méthode (voir mon explication), je contourne le site en courant. Surpris je suis de découvrir ce mur (curieusement peu épais) empli de fentes verticales. Je pressens la reconstruction suite à un arasement car point de crénelage, ni mâchicoulis (voir vocabulaire), ni autres systèmes défensifs je vois sur cette courtine.

 

Une entrée bien fortifiée

   Le mur appartient au rempart extérieur avec en son centre une incroyable porte fortifiée. J'imagine que :

* La petite tourelle à gauche doit contenir un escalier en colimaçon pour le chemin de ronde du rempart.

* La porte devait être précédée par un pont levis (dont je devine les traces... mais mon imagination est si fertile que doute j'ai).

* Avec la rivière proche, il est raisonnable d'imaginer des douves.

Un bâtiment dans les remparts 

Mais pourquoi ?

  C'est la question que je me suis posée en découvrant ces constructions sur la droite.

Est ce que cette architecture vous interpelle aussi ?

 

Mes questionnements

1 - La présence d'un bâtiment s'appuyant sur des remparts est classique, mais le fait que le toit soit si visible ne l'est point.

2 - Évidemment l'absence de mâchicoulis et de crénelage prouve un arasement au profit du confort.

3 - La position non alignée de la tour m'interpelle. Elle ne pouvait point défendre le rempart coté entrée.

4 - La porte sous le toit était elle accessible depuis le chemin de ronde ?

  De classiques mais efficaces systèmes défensifs sont visibles :

* Archères et fentes de tir verticales sur le rempart.

* Fente horizontale (canonnière) sur la tour.

 

        L'intérieur :
  Hélas, close est la grille, interdite est la visite. Bien que timidement je toque, point de bobinette ni de chevillette pour que porte s'ouvre.

  Alors, je me soulève sur la pointe de mes chausses pour voler quelques secrets de construction.

Que vois je ?

  Je ne commenterai point et je laisse votre imaginaire se révéler.

 

 

Histoire de la maison forte :

  Je n'ai hélas aucune information historique sur cette maison forte.

Mais ayant la chance d'avoir des visiteurs très cultivés et passionnés, une partie de l'histoire m'a été révélée par messire Nicolas dans les commentaires - clic.

 

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite en respectant la propriété privée. La visite de l'intérieur est interdite.

 

Diantre !... Que voila une porte bien fortifiée

 

      Cliquez pour revenir au menu des Châteaux du 18 Vers Menu châteaux du Cher
Repost 0
Published by Le Chevalier Dauphinois - dans Châteaux en Berry : 18 36
commenter cet article
22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 07:30

 

Département :  36 - INDRE

 Voyez vous les vestiges du château fort ?

Le bourg

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        La commune de Sainte Sévère sur Indre est située à 45km au Sud-Est de Châteauroux, à 40km au Nord Oust de Montluçon et à 12km au Sud-Est de La Châtre.

   Coordonnées du château :

46° 29' 7.498" N 2° 4' 7.615" E
 46.485416 °  2.068782°

 

Le château :  

     L'extérieur :

La découverte

    En arrivant aux abords de cette cité qui a été frontière entre le Berry et le Limousin, je suis heureux de voir au dessus des maisons, une ronde forme qui va être le régal de mon après-midi d'octobre. Lentement je m'approche de la cité presque endormie. 

Magnifique porte fortifiée presque intemporelle

 

Etait ce une cité fortifiée ?

    Après avoir déposé mon destrier proche des halles couvertes, je suis en admiration devant une porte fortifiée. Comme moi, vous avez remarqué la petite porte piétonne. Mais c'est surtout les hautes fentes pour les flèches du pont-levis.

  Evidemment, le fossé (ou douves car des rivières sont proches) a disparu, mais l'encadrement de la porte montre la largeur de la partie "creuse en dessous".

 

Question

Que manque-t-il pour une défense parfaite ? 

J'attends vos réponses !

 

   Vous êtes si formidables mes magnifiques visiteuses et visiteurs que vous avez fait la liste exhaustive :

1 - Une herse bien sur,

2 - Les gonds pour un double vantail,

3 - Une bretèche au dessus des portes,

4 - Ou des mâchicoulis (en remplacement des bretèches),

5 - Un crénelage,

6 - Quelques archères (ou fentes de tir).

  En traversant le "tunnel", je remarque l'absence d'un assommoir (voir vocabulaire). Les multiples consolidations ainsi que les adaptations au monde moderne ont gommé les systèmes défensifs.

Un donjon presque vivant !

 

Je monte vers le château ?

     Comme toujours (ou presque) le château fort est posé au point le plus élevé du bourg. Il est positionné sur une ancienne motte médiévale. Lentement je monte vers lui en espérant que je n'aurai pas besoin de sortir le coupe-coupe pour élaguer la végétation.

 

Je suis à ses pieds

    Une ruine est comme princesse, il faut se mettre à ses pieds pour la conquérir. Point de geste brusque ni d'empressement il faut montrer. Alors, lentement, je découvre sa base composée de pierres à bossage. Mais en remontant, je vois des consolidations où les pierres sont mal taillées et peu jointives.

   Au sommet, les vestiges des mâchicoulis semblent instables. La pierre horizontale posée sur les corbeaux à double ressaut ne semble tenir que par "miracle". La prudence est de mise en découvrant cette beauté millénaire.

 

     L'intérieur :

Première constatation

Diantre !

    La ruine n'est point entretenue et la végétation est dense. A cause du manque de visibilité dans le sol, je ne vais pas tenter de comprendre l'architecture globale de cet ancêtre et ne m'intéresser qu'à la tour.

  La seule constatation est que le mur extérieur est épais sans être d'une dimension imposante. Elle semble mesurer une quinzaine de mètres de haut pour une base de 7 mètres de diamètre.

Des petits trous faits par le poinçonneur des Lilas ?

 

Il faut être prudent

  De nombreux indices m'obligent à être très prudent dans cette ruine :

* D'abord les racines s'accrochant aux parois et fragilisant la construction,

* Puis la haute fente m'informant que la tour n'a plus que quelques années à vivre.

 

Des p'tits trous, encore des p'tits trous

    Durant un instant, les nombreux trous m'ont fait penser que la tour a été un pigeonnier. Mais n'étant pas traversant et aussi étant trop espacés, il est possible que ce soit des trous de boulin (voir vocabulaire). Mais étant trop rapprochés en hauteur, je me demande si un pigeonnier (d'époque récente) n'est point la raison de ces multiples trous.

Qu'en pensez vous ?

 

Que de surprises ! 

1 - A l'étage accessible (qui pouvait être le 3ème niveau au moyen âge) je vois une fenêtre bouchée et une autre encore utilisable.

2 - La fenêtre possède une belle coussiège.

3 -Au dessus une fenêtre identique possède un linteau composé de 6 pierres.

4 - Cette fenêtre comporte aussi une coussiège.

5 - Au dessus, la baie a été obturée.

Mais pourquoi y a-t-il des trous de boulin dans le rebouchage ?

Cette obturation ne serait donc point récente ?"

 

C'est la fin

  J'erre dans la jungle de ce château. Mon oeil de castellologue amateur distingue quelques pierres intéressantes, mais le piètre photographe qui sommeille en moi ne peut pas les immortaliser correctement.

   Après quelques heures dans cette fragile ruine, je retrouve la civilisation grâce à cette porte.

 

 

Histoire du château :

* Au 11ème siècle (1068 ?), une seigneurie est attestée. Le château primitif surveille la frontière entre le Berry et le Limousin. Le château appartient à Helve de Sainte Sévère.

* A la fin du 11ème siècle, le château est possession de la famille Palesteau.

* En 1230, le château appartient à la puissante famille Brosse.

* En 1372, la cité est libérée des Anglois par le connétable Bertrand Duguesclin.

* En 1470, Sainte-Sévère est érigée en Baronnie (voir titre de noblesse).

* Au milieu du 15ème siècle, Louis II de Brosse abandonne le vieux château pour une résidence plus confortable.

* En 1517, le site appartient à la famille Blanchefort.

* En 1578, le site appartient à la famille Bourbon.

* En 1697, le château est possession des Flexelles.

* En 1840, par manque d'entretien, une partie de la tour s'effondre.

* En 1900, le château se dégrade encore. 

* En 1947, Jacques Tati utilise le petit bourg comme décor pour son film : Jour de fête.

* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite de l'intérieur est interdite car le site n'est pas sécurisé. Ne faites pas comme moi, regardez le panneau avant (je l'ai vu en sortant).

 

Fier est ce vestige d'un autre temps !

 

  Cliquez pour revenir au menu des Châteaux du 36 Vers Menu châteaux de l'Indre
Repost 0
Published by Le Chevalier Dauphinois - dans Châteaux en Berry : 18 36
commenter cet article
16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 06:30

 

Département :    18 - CHER

  De cet exceptionnel château, il ne reste que 2 tours.

Le bourg : 

  Situation :   (--> le voir sur une carte)

     Mehun sur Yèvre est une petite ville à 15km au Nord-Ouest de Bourges et à 15km au Sud-Est de Vierzon.
      Le château est situé dans la commune. De nombreux panneaux guident le touriste dans sa recherche de la ruine.

  Coordonnées du château :

47° 8′ 34.08″ N 2° 13′ 0.12″ E
 47.1428°  2.2167°

 

  Origine du nom :

      Au 11ème siècle, le village se nommait Magdunum. C'est la contraction de 2 mots Celtiques :
       * Mag signifiant Champs,
       * Dunum  traduit l'idée de clôture, de hauteur.

 

Le château :   

    Cette ruine peut paraître "insignifiante", mais je vais vous faire découvrir un "chef d'oeuvre" d'architecture Gothique.

Vous ne me croyez pas !

   Pourtant, le chroniqueur Jean Froissart déclarait sans ambage qu'il s'agissait de : "L'une des plus belles demeures du monde".

 
 L'extérieur :

Bon sang... Quel château... J'en rougeois !    Avant de découvrir la ruine, je regarde ma brochure qui me révèle la somptueuse construction du Duc de Berry. C'est bien ce personnage si lettré et si connaisseur des arts du 14ème siècle qui est à l'initiative de ce château.

     Cette fortification n'est pas construite sur une colline (comme je vous en montre souvent), elle est au centre de l'ancienne ville médiévale, avec une architecture très classique. Le château "haut" a une base carrée renforcée aux angles par 4 tours rondes. L'ensemble est entourée d'un fossé profond.
    La base du rempart des tours extérieures comporte un fruit (voir vocabulaire) très classique au moyen âge. Les vestiges de ces tours, lourdes et froides, sont mal appareillées, cela est dû à de nombreuses attaques puis des nombreux travaux de consolidations effectués durant 5 siècles..

    Pour accéder à l'intérieur du site, il faut franchir un pont fixe moderne qui devait être à l'origine un pont-levis pour la défense du château.
   
 L'intérieur

    La première surprise est l'absence de mur. Mais l'aménagement interne est visible par un "bétonnage" montrant les plans des pièces sans que je puisse les identifier clairement. Quelques escaliers en colimaçon me permettent de comprendre les axes de circulation. La surface est vraiment imposante, je suis vraiment dans le château d'un grand seigneur, mais hélas aucun détail pour le moment traduit le luxe de ce fabuleux édifice.

  Il est temps maintenant de regarder les 2 vestiges importants. Ces 2 tours reflètent ce que fut ce château il y a 6 siècles.

 

   Puissance et légèreté sont les caractéristiques de cette tour.Les Tours :

La première

     La première tour est intacte, évidemment, il lui manque les flèches sculptées (voir le plan). Au premier regard, elle montre une origine du 13ème siècle et ne reflète pas le luxe comme je pouvais le supposer. Les corbeaux devant supporter les planchers des salles sont bruts, les mâchicoulis rappellent la défense médiévale, les fentes verticales ressemblent à des trous de lumière peu gracieux et primitifs.
     Mais avec un peu d'attention (et surtout en levant la tête au point de me rompre le couapparaissent des gargouilles à forme animale (cela ne vous rappelle t il pas les cathédrales ?), et des sculptures très fines sur les corbeaux portant les mâchicoulis, eux même trilobés.  Ce château est un savant mélange d'architecture médiévale défensive et de luxe gothique d'apparat.

 Est ce que cela ne vous fait pas penser au château de Allègre ?

(voir cette ruine).

   L'intérieur de cette tour est aménagé en musée, hélas fermé en ce mois d'avril.

 

 

La deuxième

    "Par chance", la deuxième tour n'est pas entière. Elle dévoile sans pudeur ses entrailles :

 

* Première observation, les murs sont très épais. Sa position de tour d'angle justifie ses puissants murs.
* Chaque étage comporte une porte de communication vers les salles internes du château. Ceci est contraire aux règles de défense médiévale. Voila une caractéristique qui prouve le désir de confort.
* A chaque étage, je distingue une cheminée. Cette tour n'était pas réservée uniquement au stockage ou à la défense. Elle devait être habitée et accueillir confortablement "ses hôtes".
* En levant les yeux, j'admire les restes d'un plafond à croisée d'ogive. Les culs de lampe (voir vocabulaire) sont finement sculptés. L'art gothique est présent sur chaque pierre.

 

Conclusion

    Même s'il ne reste que peu de murs, ce château est un bel exemple du luxe de la fin du 14ème siècle (préparant la renaissance), en opposition au classique canon architectural instauré 1 siècle plus tôt par Philippe Auguste pour la défense des châteaux du "nord" (voir Guédelon).
     Avant de quitter ce site, je consulte à nouveau le livre des "très riches heures du Duc de Berry" (voir explication) et je me mets à rêver de la beauté unique de ce château.

 

 

Histoire du château :

* Vers le 9ème siècle, une première fortification semble existée (des fouilles récentes le prouvent).
* Au 12ème siècle, une forteresse est construite par la puissante famille Courtenay.
* En 1332, Robert III d'Artois, héritier de la famille Courtenay est banni. Ses terres sont annexées au Royaume de France. Le domaine est donné par le Roi Philippe VI de Valois  (voir liste des rois) à Jean de Luxembourg, Roi de Bohème. Mais la même année, le fils de Philippe VI (le futur roi Jean II le bon) épouse la fille du roi de Bohème. Mehun retourne dans le domaine Royal de France.
* En 1360, Jean II le bon donne le Berry en apanage à son 3ème fils. Ce nouveau Duc de Berry est un grand combattant mais surtout un homme lettré passionné d'art et de culture.
* En 1367, Jean Ier Duc de Berry ordonne le début des travaux de modernisation des défenses et d'embellissement du château (trop) médiéval. Guy de Dammartin est l'architecte; André Beauneveu et Jean de Cambrai sont les sculpteurs.
* En 1390, les travaux extérieurs semblent terminés, mais commencent les réalisations d'habitation.
* En 1414, durant la guerre entre Armagnac et Bourguignon, le Duc de Guyenne quitte Paris et se réfugie au château de Mehun.
* En 1416, Jean Ier Duc de Berry (voir titre de noblesse) meurt, il ne verra pas la fin des travaux. Le Duc ayant reçu le Berry  en apanage, le château revient dans le domaine Royal.
* En 1417, le château est si luxueux et prestigieux qu'il devient l'une des résidences préférées des Rois.
* En 1429, la ville de Mehun reçoit Jeanne d'Arc après le couronnement du roi à Reims. La légende prétend que certains plans des futures batailles contre les "Anglois" ont été décidés dans le château.
* En 1461, le roi Charles VII (voir liste des rois) décède au château de Mehun.
* A partir du 16ème, les rois délaissent Mehun au profit des châteaux de la vallée de la Loire.
* En 1550, un incendie dû à la foudre ravage une partie du château.
* A partir de 1562, les guerres de Religions n'épargnent pas les bâtiments.
* Au 17ème siècle, le château est partiellement démantelé.
* Vers 1792, les révolutionnaires réquisitionnent le château comme bien national. Le saccage commence et sonne le glas de ce prestigieux monument.
* En 1817, un arrêté préfectoral donne la ruine à la ville de Mehun sur Yèvre.
* En 1840, les ruines sont classées aux Monuments Historiques.
* Au 20ème siècle, des travaux de consolidation sont entrepris. Un musée est installé dans le tour.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de la ruine et du site est libre et gratuite. L'entrée du musée (l'intérieur de la tour) est payante. Le risque de recevoir une pierre est très faible.

 

Même les mâchicoulis de ce château sont sculptés !

  Cliquez pour revenir au menu des Châteaux du 18 Vers Menu châteaux du Cher
Repost 0
Published by Le Chevalier Dauphinois - dans Châteaux en Berry : 18 36
commenter cet article