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Ombre et lumière

10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 06:30

 

Département :  36 - INDRE

 Une masse multiformes sera mon Graal du jour

Le bourg

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        La commune de La Motte-Feuilly est située à 40km au Nord-Ouest de Montluçon, à 35km au Sud-Est de Châteauroux et à 8km au Sud-Est de La Châtre (voir son château)

    Coordonnées du château :

46° 32' 37.259" N 2° 5' 12.214" E
 46.543683°  2.086726°

 

Le château :  

     L'extérieur :

La découverte

    A quelques vingtaines de mètres de l'église et de son petit cimetière, cachée par des arbres et rendue peu accessible par une route à angle droit, une masse importante de bâtiments m'apparaît.

   Les multiples aménagements durant les siècles ne facilitent pas la lecture architecturale de cet ancien château fort.

Je redouble d'attention pour voir les détails !

 Des bâtiments imbriqués de siècles différents

Comprendre l'architecture globale

    N'étant point un magicien et encore moins un spécialiste en architecture de plusieurs siècles, j'ai recours à l'astuce des oiseaux pour comprendre l'aménagement du site. Voici la vue satellite du château de La Motte Feuilly.

* Au Sud, des jardins "modernes" ont été aménagés.

* Au Nord, les douves ont été asséchées et des petits lacs ont été créés.

* A l'Est, des bâtiments (de ferme  ou des communs).

* Au Nord-Ouest (en haut à gauche), je vois 3 courtines et des tours de l'ancien château fort

 

Me serais je trompé ?

    Je pensais rapidement me désintéresser des bâtiments annexes pour consacrer mon temps au château fort "presque invisible" quand un détail attire mon attention. Un donjon qui sait se cacher derrière son rempart

   Ce n'est point l'engin agricole, mais les 2 trous dans le mur. Leur ébrasement extérieur me fait penser à une canonnière.

Serait ce les remparts reconvertis ?

 

Le donjon

    Derrière ce "rempart", il m'est impossible de ne point voir la haute ronde tour. J'ose la nommer : Le Donjon.

   J'avoue qu'en le découvrant, j'ai imaginé que ce fut le clocher d'une église. Mais en la regardant avec attention (aidé par mon téléobjectif) je suis certain que cette haute construction fut la tour maîtresse du château.

   Ma certitude vient des "mâchicoulis" avec ses panneaux en bois.  C'est une sorte de hourdage (voir vocabulaire) fixe. Je suis surpris de ne voir que de rares fentes de tir.

    Avec un diamètre d'au moins 10 mètres ce donjon est habitable, mais je doute qu'il soit très ancien. Il ressemble à un donjon de puissance, pour marquer la présence d'un seigneur en ce lieu.

    Ma brochure affirme :

* Qu'il aurait été construit à la fin du 15ème siècle,

* Qu'il serait l'oeuvre de la famille Culan,

* Qu'il possède une pièce unique à chaque étage,

* Que chaque étage est desservi par une tour escalier.

  La porterie du château de La Motte Feuilly

La porterie

     Sous ce curieux mot (que j'ai lu dans 2 brochures) se cache ce que je nomme souvent : Une tour porte.

   Cette unique entrée principale est positionnée dans une imposante tour hexagonale asymétrique.

  Bien que vous ne le voyez pas sur mes images, cette tour-porte est curieusement située dans un angle  (et non au centre de la courtine comme souvent).

 

Analyse rapide de la porterie

  Cette tour porte possède :

* Une porte en arc surbaissée,

* L'encadrement d'un pont levis, aujourd'hui disparu et inutile,

* Les flèches de levage du pont mobile,

* Des petites canonnières de chaque coté de l'entrée,

* Un assommoir extérieur (au dessus des flèches). Cette astuce est l'équivalent d'une bretèche (voir vocabulaire),

* Les mâchicoulis du chemin de ronde.

  Le chemin de ronde de la tour-porte

Le plan du château

  Avec un peu d'attention et grâce à la vue satellite, il est possible de réaliser rapidement le plan du château fort.

Sauriez vous identifier les éléments suivants ?

* La tour-porte dans un angle,

* Le donjon dans un autre angle,

* La tour escalier du donjon,

* Le grand logis principal,

* Le logis secondaire,

* Un petit bâtiment comportant : Cuisine, boulangerie, cave etc...

 

     L'intérieur :

         Hélas, la propriété privée n'est pas visitable.

 

 

Histoire du château :

* A la fin du 11ème siècle (à vérifier), un texte fait mention d'un site nommé : La motte Folly (Etait elle fortifiée ?... Je le suppose sinon pourquoi nommer une motte si elle n'est point castrale ?).

* En 1210, Raymond IV Palesteau, seigneur de Sainte Sévère (voir son château), donne à l'archevêque de Bourges un terrain pour construire une église dans le bourg neuf de Feuilly.

* Au 13ème siècle, par mariage, terres et château de La Motte Feuilly sont transmis à la famille Vicomtal (voir titre de noblesse) de Brosse (voir leur château).

* Au 14ème siècle, en épousant Eude IV de Sully, Aliénor de Brosse donne le château à cette illustre famille.

* Au milieu du 14ème siècle, Aliénor de Sully épouse Messire Vaudenay (famille bourguignonne).

* En 1476, le château appartient à la famille Chamborant.

* En 1487, le fils de Jean IV de Culan hérite du château. Il semble que la "porterie" soit modifiée.

* En 1504, Charlotte d'Albret achète le château.

* En 1514, à la mort de Charlotte, sa fille, Louise Borgia, devient propriétaire du château. Un inventaire des lieux est réalisé.

* En 1517, Louise épouse Louis II de la Trémouille (je vous ai déjà décrit cette famille ici) et apporte ce château en dot.

* En 1530, Louise, devenue veuve, épouse Philippe de Bourbon, Baron de Busset.

* Au 19ème siècle, les douves sont aménagées en plan d'eau dans un petit parc. De nombreux arbres sont plantés.

* Au début du 21ème siècle, la découverte de loin de l'extérieur est libre et gratuite depuis la route. La visite de la propriété privée est interdite. Veuillez respecter la tranquillité du site.

 

Ce château ne révèlera pas ses secrete;res au Chevalier Dauphinois

 

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12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 06:30

 

Département :  36 - INDRE

 

Le bourgSuis je voué à la recherche de ruines toute ma vie ?

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        La commune de Dunet est située à 60km au Sud-Ouest de Châteauroux, à 35km au Nord-Est de Montmorillon et à 25km au Sud-Ouest d'Argenton sur Creuse.

  Vouhet est un hameau au Nord-Nord-Ouest de Dunet.

 

   Coordonnée du château :

46° 29' 5.244" N 1° 16' 52.727" E
 46.48479°  1.281313°

 

 

Le château :  

     L'extérieur :

Préambule

Suis je voué à l'échec à Vouhet ?   

Avouez que ce serait ruineux pour ma réputation que point ruine je vois !

   C'est sur ces pensées de castellologue amateur et amoureux des mots que j'aborde ce petit bourg.

  Cette eau a-t-elle déshydratée les gardes d'un château fort ?

Où est le château fort ?

    Grâce à mon dictionnaire des châteaux forts, j'ai la certitude que cette petite commune possède une ruine médiévale fortifiée.

   Mais ce merveilleux ouvrage ne me donne point l'endroit exact et ma carte IGN ne possède pas les 3 petits points en triangle indiquant la présence d'une ruine.

Comment vais je faire pour la trouver ?

 

Ma méthode pour trouver une ruine

1 - Chercher dans le bourg une rue du château,

2 - Quémander à un habitant,

3 - Rechercher une colline,

4 - Trouver un point d'eau ou une rivière.

 

Ai je la bonne méthode ?

R1 - Je ne vois aucune rue du château,

R2 - En ce mois de mars, point d'habitant dans les rues,

R3 - Dans cette plate région, impossible de voir une colline pour château fort,

R4 - Par contre, une rivière nommée Anglin attire mon attention.

  Pour confirmer ma recherche, je sors de ma poche une annotation recopiée un jour de pluie dans une bibliothèque "poussiéreuse". Il est écrit : Chapelle castrale à l'entrée de Vouhet.

  Est ce mon Graal au loin ?

Vais je la voir ?

     Rapidement, je vois une chapelle consolidée, je tourne la tête pour chercher la ruine tant espérée.

  Comme vous pouvez le constater, être castellologue-amateur, c'est jongler avec des informations. Puis, comme tous les chercheurs, avoir un peu de chance.

   Grâce à ce miracle (car trouver un site castral oublié de tous en est un), je vais pouvoir vous montrer la ruine du château fort de Vouhet

 

Il est là ( ? )

   Il est vrai que le château fort n'a point fière allure, à tel point que je doute (comme vous) que ce morceau partiellement bâti fut un jour une construction médiévale fortifiée. Point d'archère ni mâchicoulis (voir vocabulaire) est visible.

 

La recherche d'indices

* Les murs sont épais avec un remblai classique.

* Il n'y a pas de linteau au dessus de la fenêtre mais un arc plein cintre. Cette caractéristique prouve que la construction n'est point récente.

* Le parement extérieur n'est pas un exemple de beauté.

* Les pierres sont pauvrement taillées et peu jointives.

* La présence de fantôme de salles semi-enterrées me fait imaginer que le bâtiment fut haut et massif (sinon, il n'y aurait pas autant de terre et matériaux).

 

Conclusion

   La ruine n'est pas celle d'un bâtiment récent, mais il m'est impossible de le dater. Je ne peux avec certitude affirmer que cette construction fut le château fort de Vouhet. Mais mon instinct, mon ressenti est que cette ruine n'a pas pu appartenir à une ferme, ni à une maison.

Avez vous une idée ou une preuve de mon erreur ?

 

 

Histoire du château :

* Au 12ème siècle une chapelle (castrale ?) est construite à l'extérieur du château fort.

* En 1246, un château est mentionné en ce lieu.

* En ce 13ème siècle, il semble que la seigneurie de Vouhet dépende de Brosse (voir ce château).

* En 1325, Jeanne de Brosse épouse André II de Chauvigny. Le château dépend maintenant de cette grande famille du Berry.

* En 1373, Guy de Chauvigny fait aveu au Comte de la Marche pour le site de Vouhet.

* Au 16ème siècle, terres et château sont possession de Jean d'Aubusson de la Feuillade.

* En 1784, un écrit rapporte qu'une motte porte une tour nommée Chauvigny.

* En 1821, la commune de Vouhet est réunie à celle de Dunet.

* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite.

 

Est ce un château fort ?

 

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11 juillet 2014 5 11 /07 /juillet /2014 06:30

 

 

Département :  36 - INDRE

 

 

Le bourg

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        La commune de Montlevicq est située à 58km au Nord-Ouest de Montluçon, à 45km à l'Est d'Argenton sur Creuse, à 38km au Sud-Est de Châteauroux et à 6km à l'Est de La Châtre (voir son donjon).

 

   Coordonnées du château :

46° 34' 34.59" N2° 3' 55.663" E
 46.576275° 2.065462°

 

 

Le château :  

     L'extérieur :

Préambule

    C'est la fin de mes vacances, mes jambes sont lourdes d'avoir trop visité de châteaux en Berry. De plus il est tard, mon cheval rêve d'un logis confortable et de paille fraîche.

  C'est donc à faible allure que j'erre en direction de mon gîte du soir. Au loin, un panneau m'indique le nom de la petite commune. Grâce à mon dictionnaire des châteaux forts, je sais que ce bourg possède 2 vestiges d'origine médiévale.

Vais je avoir le courage de les découvrir ?

Diantre !...Les fantômes du passé hantent ce lieu millénaire 

La découverte

    Soudain, mon destrier s'arrête. Je tente de comprendre la raison. Comme mes poils se hérissent, je pressens que ruine médiévale il y a.

  Mes yeux sont attirés par des pans de mur dans le petit bois.

Quelle chance de visiter cette région avant que

le printemps fasse pousser les feuilles !

 

Analyse

     Une ronde tour avec des trous de boulin (voir vocabulaire) me regarde effarouchée. Elle ne doit pas souvent voir des visiteurs et encore moins être face à un Dauphinois Chevalier en armure.

   Derrière elle, une autre construction ronde me regarde avec distance. Quelques mètres plus loin, une troisième rondouillarde construction m'observe avec attention.

  Une dernière me quémande de ne point approcher car elle n'est pas certaine d'être très solide.

 

Que deviner de ces vestiges ?

    Il n'est point aisé de tirer des premières conclusions de ce spectacle :

* Les arbres ont déformé le terrain,

* La route a défiguré un probable fossé et rempart extérieur,

* Avec les siècles, le niveau du sol est monté de plusieurs mètres,

* Et puis le temps a fait son travail de destruction.

 

J'ose l'exercice

  Je vais tenter une approche :

1 - L'absence d'archère ou de bouche à feu ne me permet pas de dater le château,

2 - La disparition du crénelage ne laisse aucun indice datable,

3 - Ma seule petite certitude est que ce château doit être postérieur au 12ème siècle à cause des tours rondes et de ce quadrilatère.

La femme de ménage n'a pas enlevé la poussière récemment ! 

 

     L'intérieur :

Un chaos !

   Bien qu'aucune porte soit identifiable, avec précaution j'entre dans le château par une courtine effondrée. Au sol, je sens des pierres sous les feuilles mortes. N'ayant point envie de les ramasser à la pelle, je ne me transforme point en archéologue fouilleur de sol.

 

De nombreux détails

   Evidemment, ce château ne ressemble point à Versailles, lustre, décors, sculpture sont absents. Mais avec un peu d'attention, il est possible de comprendre (partiellement) cette ruine.

* Les vestiges d'une tour montrent l'épaisseur du mur extérieur.

* Les trous des poutres m'informe qu'au moins 3 niveaux existaient.

* Ce mur intérieur a une épaisseur plus faible que celui de la tour.

* Queques mètres plus loin, je distingue les traces d'un conduit de cheminée.

* Dans une autre pièce, conduit de cheminée et trou pour les poutres de 3 niveaux sont aussi visibles.

* Le clou du "spectacle" est évidemment les arcs partiellement enterrés prouvant qu'au moins 1 niveau est sous les feuilles et les gravas.

 

 

Histoire du château :

   Je n'ai hélas aucune information sur cette ruine.

* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite en respectant le bois. La découverte de l'intérieur est possible mais avec prudence. Le risque de recevoir une pierre ou de glisser est important.

 

Même les ruine savent se montrer ravissantes

 

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13 juin 2014 5 13 /06 /juin /2014 06:30

 

Département :  36 - INDRE

 La route zigue et zague vers l'impressionant château fort

Le bourg

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        La commune de Cuzion est située à 40km au Sud de Châteauroux, à 30km au Nord de la Souterraine (voir son château) et à 15km au Sud-Est d'Argenton sur Creuse

   Coordonnées du château :

46° 18' 1.927" N 1° 36' 12.791" E
 46.467202°  1.603553°

 

Le château :  

     L'extérieur :

Pourquoi suis je ici ?

     C'est grâce à mon dictionnaire des châteaux forts que je connais l'existence de ce site médiéval, mais aussi par la lecture d'un ouvrage de Georges Sand - Le péché de monsieur Antoine .

 Diantre !... La végétation protège le château

L'arrivée

    Bien qu'il n'y ait qu'un kilomètre à vol d'oiseau entre Cuzion et le château, mon brave destrier en a fait cinq fois plus tant la route serpente.

   Mais ses efforts sont récompensés car au sommet d'une petite colline apparaît une puissante tour ronde.

 

Vais je le voir ?

Cette puissante tour me fascine déjà !

   Lentement je m'avance vers elle. Mais plus je m'approche de ses courtines et plus la végétation cache mon Graal.

Y aurait-il quelques envoûtements ?

 

Je cherche le moyen de le voir

   Je longe la haie d'arbres en cherchant une trouée. Bien que je distingue quelques tours que je pressens magnifiques, branches et brindilles s'interposent pour m'empêcher d'en voir plus.

Vais je trouver la faille ?

  Lorsque je crois avoir trouvé un chemin d'accès, la lumière disparaît et le château n'est plus qu'ombre.

 

Je prends du recul

  Ceux qui me suivent sur ce blog depuis quelques temps savent que lorsqu'un problème me résiste, lorsque je ne comprends pas, je prends un peu de recul. Ce recul est physique et non pas psychologique, c'est à dire que je m'éloigne du sujet pour mieux l'embrasser du regard.

   Hors,

  Une archère presque intemporelle

Le système défensif

     Enfin je vois la courtine du château. Elle est dépourvue de crénelage et de mâchicoulis (voir vocabulaire). Les siècles et les hommes n'ont pas épargné ce puissant château fort.

  Avec attention, il est possible de voir de nombreux systèmes défensifs :

* Dans le mur (entre T et 3),d'incroyables archères droites avec 3 ouvertures pour arquebusière. L'ébrasement extérieur agrandit l'angle de tir.

* Dans la tour carrée (repère 3), plusieurs ouvertures me fascinent, par exemple :

- Une curieuse ouverture qui pourrait être assimilée à une fontaine. En réalité, c'est une petite canonnière avec un large ébrasement extérieur.

- Un peu plus haut (à mi-hauteur), une double ouverture me fait penser à une grosse canonnière avec une ouverture pour arme à feu.

  J'ai hâte de découvrir l'entrée.

  Une magnifique entrée médiévale fortifiée

La façade d'entrée (repère E)

    Coincée entre 2 tours, l'entrée de ce château du moyen âge est classiquement mais efficacement fortifiée.

  Sur ma droite, une ronde tour (repère T) possède quelques caractéristiques :

* Au sommet, un crénelage qui me semble avoir été reconstruit rapidement tant il paraît peu médiéval.

* En dessous, une canonnière. Je suis surpris qu'elle soit positionnée si haut.

*Quelques fenêtres certainement créées au 17ème (?). L'une d'elle porte une jolie accolade très médiévale.

* A la base, de multiples archères droites.

Mais pourquoi sont elles enterrées ?

 La réponse est évidente:

- Devant le château fort médiéval, il y avait un profond fossé qui a été comblé. Conséquence, le système défensif à la base de la tour se situé au niveau du sol actuel.

Une architecture purement médiévale 

Le donjon

   Au fond apparaît le haut et large donjon circulaire. Cette tour maîtresse, positionnée dans le rempart pour améliorer la défense, signifie que ce donjon fut construit après le 12ème siècle.

  Sa position centrale sur le coté de l'attaque permet la défense de l'entrée ainsi que l'angle Sud-Ouest.

 Avec son architecture j'opte pour le 13ème.

    L'absence de mâchicoulis me surprend. Je pressens que la sommet a été consolidée récemment sans tenir compte des règles défensives médiévales. Mais je préfère une consolidation sans "respect partiel" qu'un état d'abandon.

Avez vous remarqué la pauvre taille des pierres

et les joints très espacés ?

   Je pressens que ce château n'était point un logis seigneurial mais plutôt un casernement.

 

Légende du plan

    Pour mieux comprendre ce château, je vais utiliser la vue satellite pour en décrire "le plan" :

0 - Tour en fer à cheval (invisible à cause des arbres) certainement du 16ème siècle,

1 - Petite tour défensive,

2 - Tour escalier (?),

3 - Tour d'angle carrée avec canonnière (17ème ?),

C - Tour carrée défensive (13ème ?),

T - Tour d'angle circulaire défendant l'entrée et la courtine (14ème ?),

D - Donjon rond défensif (13ème ?),

E - Entrée du château (13ème ?).

Une entrée typiquement médiévale 

Le portail d'entrée

   Bien protégée par la tour ronde, l'entrée du château est accessible depuis un pont. En réalité il n'y a pas une entrée mais deux :

* Une pour carrosse à gauche,

* Une pour les piétons à droite.

  Chacune des portes était protégée par un pont levis aujourd'hui disparu. Mais de nombreux indices prouvent son existence :

* Les fentes des flèches de levage,

* L'encadrement recevant le pont

  Entre le pont relevé et le double vantail, une herse (dont le rainurage est visible) complétait le système "anti-intrusion".

  Au dessus, au niveau de la salle des gardes, une fenêtre a certainement remplacé la bretèche.

 

     L'intérieur :

Vais je revenir bredouille ?

       Lentement, je m'avance vers la large et haute porte pour carrosse. Aucun panneau m'informe des horaires d'ouverture. Timidement je toque espérant qu'un valet ou même le prince des lieux m'entrouvre le paradis.

Hélas, je suis devant une entrée infranchissable.

 Une porte vers l'ombre intérieure

Je vole les entrailles

   Pour ne point revenir bredouille, j'ose faire un acte qui n'est point chevaleresque. Je regarde à travers des ouvertures de tir (par exemple) pour comprendre l'architecture des salles basses du château.

Diantre !... Monstre il y a !..

Suis je un Don Quichotte du 21ème siècle ?

  Vous savez que j'ai l'imagination fertile, mais point de vision de "moulin transformé en Géant" j'ai. En réalité, de nombreuses sculptures enrichissent les salles du château.

 

 

Histoire du château :

* Durant la deuxième moitié du 12ème siècle, Richard Coeur de Lion, Roi (voir liste de noblesse) d'Angleterre et Duc d'Aquitaine, donne des terres à Hugues IX, Comte de la Marche.

* Au début du 13ème siècle, Hugues X de Lusignan, Comte de la Marche, fait construire un château fortifié.

* En 1282, un texte confirme la possession du château à la famille de Lusignan.

* En 1290, Pierre II de Naillac est le nouveau propriétaire du château. Cette puissante famille possède aussi la Vicomté de Bridiers (voir un château), Le Blanc en Berry et Gargilesse.

* En 1400, Guillaume II Le Preux (arrière petit fil de Pierre II), après de nombreuses victoires, devient Chambellan du Duc de Berry ( voir liste).

* En 1429, Jean de Naillac, Chambellan du Roi de France (voir liste) et fils de Guillaume II, est tué durant la bataille des harengs. Après quelques problèmes de succession, le château est enfin donné à Raoul VI de Gaucourt, faisant parti qu'une puissante et prestigueuse famille. Il est l'un des compagnons de Jeanne d'Arc.

* En 1462, à la mort de son père, Charles Ier de Gaucourt est seigneur de Châteaubrun.

* En 1480, Charles Ier obtient (du Comte de Clermont et de La Marche) pour lui et son fils l'autorisation de prélever du bois dans les forets de Fessot et Murat pour aménager le bâtiment de Châteaubrun.

* En 1482, à la mort de son père, Charles II est seigneur de Châteaubrun.

* Au début du 16ème siècle, Charles II vend le fief de Châteaubrun à Jacques de La Cueille, seigneur du Magnet.

* Au premier quart du 16ème siècle, Châteaubrun échoit à Jean Stuart.

* En 1561 ou 1577 (?), par alliance, Châteaubrun appartient à Anne de Montmorency.

* En 1746, le dernier seigneur de Châteaubrun, membre de l'illustre famille Montmorency, décède sans héritier.

* En 1926, le château est inscrit aux Monuments Historiques.

* En 1927, le magnifique érable dans le château est filmé par Luis Bunuel.

* Vers 1972, le château sert de cadre à un téléfilm de Jacques Tréboutat nommé : Mauprat.

* En 1986, le sculpteur Guy Baudat achète la ruine du château. Il réalise de grands travaux de reconstruction puis il utilise l'espace pour mettre en valeur ses oeuvres.
* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite de l'intérieur est possible quelques jours par an, renseignez vous.

 

La végétation entoure et protège le vieux château fort

 

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30 mai 2014 5 30 /05 /mai /2014 06:30

 

Département :  36 - INDRE

 Avez vous une scie pour mieux voir le château ?

Le bourg

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        La commune de Lignac est située à 60km au Sud-Est de Châtellerault, à 35km au Nord-Ouest de La Souterraine (voir son château) et à 25km au Sud-Ouest d'Argenton sur Creuse.

   Coordonnée du château :

46° 28' 45.494" N 1° 11' 30.466" E
 46.479304°  1.191796°

 

Le château :  

     L'extérieur :

Préambule

  Sur les différentes documentations, le nom du château s'écrit :

1 - Châteauguillaume,

2 - Château-Guillaume,

3 - Château Guillaume.

  Dans cet article, j'opte pour la version 1 qui me semble la plus logique.

 

La découverte

    En ce dernier jour d'hiver, après avoir visité une ruine bien ruinée comme le Chevalier adore, mon brave destrier trottine lentement en direction du Dauphiné car c'est la fin d'une semaine merveilleuse en Berry.

  Soudain, à travers les arbres, mon quadrupède voit une forme familière. Il stoppe brutalement et me dit :

"Tu lèves tes fesses de ma selle, et tu vas voir cette curiosité !"

Une tour ronde de la fin du Moyen Âge  Diantre !... Je ne suis même plus chef de ma monture.

 

Je suis étonné

    Le lieu est perdu en pleine campagne aux confins du Berry, du Poitou et du Limousin. Au bord du timide affluent de l'Anglin nommé La Vavre, le château semble jaillir des arbres et de la végétation comme dans un conte de fée.

 

Arbres et pierres

     A travers les arbres, heureusement dégarnis de feuille, je vois deux tours rondes avec :

* De petites fenêtres début renaissance (ou fin du Moyen Âge),

* Un crénelage,

* Des merlons parfois borgnes et parfois percés d'une fente droite (trop parfaite donc refaite),

* Puis, sur l'une des tours, des mâchicoulis (voir vocabulaire).

 

Remarques

   Bien que les tours soient parfaitement restaurées et solides, je remarque que les pierres semblent pauvrement taillées et parfois mal ajustées. Je pressens au moins 2 époques de construction :

* A la base, une ossature du 11ème siècle (je ne suis pas devin ni expert, je sais lire ma brochure  ),

* En hauteur, une reconstruction du 19ème siècle.

  Un plan classique pour un château fort du 11ème siècle

Le plan

    Avant de déguster chaque pierre et chaque tour, je m'imprègne du plan :

1 - Tour Saint Michel,

2 - Tour carrée à l'Ouest (tour Guillaume ?),

3 - Tour Sud-Ouest,

4 - Tour La Tremouille,

5 - Tour Laffaire (ou De Lafaire),

6 - Donjon,

7 - Logis.

Entre le 1 et le 5, la courtine Nord se nomme : Rempart Guillaume.

Nota :

  Les noms des tours 4 et 5 ont été donnés récemment (fin 19ème ?) en souvenir des anciens propriétaires.

 

Le donjon Roman

     Logiquement, sans me poser de question, j'affirme que la plus haute tour est le donjon (parfois, je m'étonne d'être aussi logique !).

    Avec sa forme parallélépipédique et sa position à l'intérieur des remparts, il semble évident qu'il a été construit avant le 13ème siècle. Après cette date, les architectes ont compris que mettre une puissante tour à l'intérieur est "stupide". Pour les châteaux construits ou modifiés après le 12ème siècle, ils ont positionné la Tour Maîtresse dans le rempart, sur le coté le plus vulnérable pour améliorer la défense globale. Un donjon primitif remanié au 15ème siècle

   Le donjon Roman de Châteauguillaume est magnifique de pureté, même s'il a été un peu modernisé par sa reconstruction/consolidation au 19ème siècle.

 

Les caractéristiques du donjon

    A l'origine le donjon était carré avec des contreforts plats, il mesurait 10,8m par 10,5m avec une hauteur de 20m. Les contreforts ont une largeur de 1 mètre pour une profondeur de 30 centimètres.

   Après ses transformations au 15ème siècle, il eut une forme rectangulaire de 15m par 10m.

Avez vous remarqué la différence des contreforts d'angle ?

 

Ce donjon me fascine

    Par ses dimensions, je peux affirmer que la tour fut un donjon habitable composé de 5 niveaux planchéiés. Avec ses murs de plus de 2 mètres d'épaisseur (composés de pierres blanches parfaitement taillées et jointives), il sécurisait ses propriétaires. Quelques archères droites de 1 mètre de hauteur facilitaient la défense.

  Comme souvent, la porte plein cintre est située à plusieurs mètres du sol qui était certainement reliée à une passerelle extractible.

 

Le sommet du donjon

    Il n'est pas facile de définir ce qui a été construit aux différentes époques et même reconstruit à la méthode "Viollet le Duc" au 19ème siècle, mais le couronnement du donjon est fascinant de pureté et d'efficacité.

* Un haut parapet englobant le donjon original et son extension,

* Le parapet comporte des archères droites et des ouvertures carrées (comme un crénelage),

* Le parapet est porté par des consoles finement dégradées,

* L'ensemble des consoles forme des mâchicoulis (voir vocabulaire).

Un bijou historique dans un écrin de verdure 

Tours et rempart

Diantre !

Que de formes, d'apparences et de diversité !

 L'architecture ne semble pas homogène et pourtant ce n'est point une capharnaüm visuel.

Etrange château n'est il pas ?

 

La tour Guillaume (repère 2)

  Cette petite tour carrée légèrement avancée est surprenante dans cette débauche de hautes constructions. Certains castellologues supposent que la tour Guillaume aurait été construite au 13ème siècle.

   Mais, bien que je ne sois point un universitaire reconnu, je doute que cela soit vrai. En voici les raisons :

1 - Au 13ème, la forme carrée avait été abandonnée par les architectes car elle crée des angles morts.

2 - Sur une longueur si importante du rempart, il semble logique qu'au 12ème une tour flanque ait été construite d'origine. Il faut se rappeler que les défenseurs n'avaient pas la possibilité de viser très loin avec précision, donc cette tour était obligatoire.

3 - La jointure entre le rempart et la tour est parfaite, avec des pierres de la même origine.

La tour Saint Michel est un joyau intemporel  Mais il est vrai que l'architecture de cette tour est curieuse si elle date du 12ème siècle. Des mâchicoulis en arc aussi larges et profonds, des bretèches aussi nombreuses et en angle sont peu classiques pour ce siècle.

Quel est votre avis sur la date de construction ?

 

La tour Saint Michel (repère 1)

Que voila une tour unique !

  D'après ma documentation, ses murs ont 3 mètres d'épaisseur à la base. La base est elle même évasée.

  Le plus surprenant est de voir des archères droites du 12ème siècle uniquement d'un seul coté. Mais peut être que d'autres archères ont été remplacées par des ouvertures de confort.

  La différence de couleur et de nature de pierre entre bas et haut s'explique par la reconstruction au 19ème siècle.

  Comme moi, vous avez été surpris par la partie supérieure de cette tour avec :

* Ses 4 pinacles,

* Ses hautes ouvertures (qui ne sont point un crénelage),

* Et ses consoles triples ne servant "à rien".

   Je subodore que ces réalisations sont les délires des architectes du 19ème siècle imaginant les châteaux forts plutôt que de les restituer tel quel. Mais j'avoue apprécier cette tentative.

Qu'en pensez vous ?

Pensez vous que ces remparts ont repoussé de nombreux assaillants ? 

Le rempart

    A lui seul, ce rempart pourrait donner lieu à un article unique tant il est fascinant, multiple et énigmatique.

Mais je vais faire court !

  Sur la totalité du rempart, il est difficile de savoir ce qui est d'origine et ce qui est de la reconstruction non fidèle (car les castellologues du 19ème siècle avaient une idée "fausse" des châteaux forts). Mais celui-ci (coté Ouest) me semble presque intact (excepté les grandes ouvertures de confort). Je me plais à admirer :

* Les mâchicoulis en arc posés sur des contreforts,

* Les contreforts droits plantés dans le sol,

* Les larges merlons percés d'une archère droite.

  Le mélange des fenêtres à colonne avec de fines archères, et une tour-escalier flanque à coté d'une tour de défense est fascinant.

 

     L'intérieur :

         Hélas pour vous et pour moi, le château est fermé au mois de mars. Je ne pourrai pas visiter le parc ni les entrailles de cette construction dont les premières pierres ont été posées il y a mille ans.

 

 

Histoire du château :

* Au 11ème siècle, Guillaume (mais lequel  ?... Certains historiens pensent à Guillaume IX ?) Comte (voir titre de noblesse) de Poitou et Duc d'Aquitaine (voir liste) fait construire un château. Cette forteresse, à la frontière avec le Royaume des Capétiens (voir liste), est stratégique.

* Vers 1122, au château, naissance présumé (car les légendes sont nombreuses sur cette Duchesse) d'Aliénor d’Aquitaine.

* Au 13ème siècle, Châteauguillaume est le fief de la famille de La Trémoille ou Trémouille (Je vous ai déjà cité cette famille ici). Le vieux donjon du 11ème siècle est agrandi. Les tours ayant des salles planchéiées ont été garnies de voûtes.

* Au 14ème siècle, les possessions Royales s'agrandissent dans le Berry et l'ancien territoire des Plantagenets. Lentement Châteauguillaume perd de son importance.

* Au 15ème siècle, le château n'a plus une position stratégique.

* A la fin du 15ème siècle, de nombreux systèmes défensifs sont en ruine. Certain bâtiments sont abattus ou désarmés dont la tour Saint Michel.

* Au début du 16ème siècle, Jacqueline de La Trémouille (dernière héritière de la famille ?) épouse Claude Gouffier, Duc de Roannez. Le château change donc de famille.

* En 1526, dans cette vieille forteresse médiévale, le sir Gouffrier fait couvrir d'un toit le donjon et la tour de La Trémouille pour éviter une détérioration par les intempéries. La famille habite les appartements récents.

* En 1612, Pierre Riffault est seigneur de Châteauguillaume.

* Durant le 17ème siècle, excepté le donjon qui est rapidement consolidé, les vieux bâtiments et éléments fortifiés sont délaissés. Leurs pierres servent à la réalisation d'une habitation confortable avec un escalier à 2 volées. Le pont-levis est remplacé par un pont dormant.

* En 1676, le château appartient à la famille De Lafaire.

* En 1819, le hameau de Châteauguillaume est réuni administrativement à la commune de Lignac.

* Au milieu du 19ème siècle, la Comtesse Robert de Beauchamp achète le château.

* En 1862, le château est inscrit aux Monuments Historiques.

* A la fin du 19ème siècle, le château est remanié par Charles Casaux, disciple de Viollet le Duc (voir livre), donnant à cette construction une forme intemporelle.

* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite depuis la route. La visite payante de l'intérieur est possible. Veuillez vous renseigner sur les dates et horaires d'ouverture.

 

10 siècles de construction se présentent à moi !

 

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16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 06:30

 

Département :  36 - INDRE

 

Le bourgMes jumelles multiples distinguent une haute tour

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        La commune de La Châtre est située à 60km au Nord-Ouest de Montluçon, à 40km à l'Est d'Argenton sur Creuse et à 35km au Sud-Est de Châteauroux.

   Coordonnées du donjon :

46° 34' 54.98" N 1° 59' 23.597" E
 46.581939°  1.989888°

 

    Toponymie :   (--> voir initiation)

  Le nom La Châtre vient de Castra, Castrum, nom latin signifiant camp puis par analogie, château, fortifications. Quelques archéologues imaginent qu'un camp Romain existait en haut de l'actuel bourg.

 

Le donjon 

     L'extérieur :

La découverte

    Dans ce bourg, je navigue à travers les rues à la recherche de mon Graal du jour. Soudain, au détour d'une habitation, une haute construction très cubique avec de multiples fenêtres modernes apparaît au loin.

Est ce le donjon des Chauvigny ?

Le vieux donjon médiéval surveille le parking moderne 

Première analyse

   Depuis le petit parking proche du musée Georges Sand, l'imposante construction m'impressionne :

* Par sa hauteur (20m),

* Puis par son architecture primitive (forme parallélépipédique) pour une construction du 15ème siècle.

  Avec ses dimensions, je suis certain que ce donjon ne fut pas une simple tour de repli mais la résidence de son seigneur.

 

La tour flanque

    Accrochée au centre du donjon parallélépipédique, une tour semi-circulaire adoucit la rigueur de l'architecture.

Est ce une coquetterie de l'architecte ?

  Que nenni. Cette ronde construction est évidemment une tour escalier desservant les 4 étages du donjon.

  Sur sa hauteur, je distingue de nombreuses et hautes fentes verticales. Même si ces ouvertures doivent apporter de la lumière à l'escalier, elles ont aussi une fonction défensive évidente. D'ailleurs, ces archères sont aussi positionnées dans l'angle pour protéger la courtine du donjon.

 

Parois du parallélépipède

   Comme sur la tour-escalier, les pierres sont pauvrement taillées, mal assemblées me faisant penser que cette construction a souffert du désintérrêt des hommes durant les siècles de la Renaissance. Seul le parement d'angle donne une idée de la construction à son origine.

  Mais je vois aussi des consolidations récentes.

Pensez vous que crénelage existait ? 

Point de système défensif

  Excepté les fentes sur la tour-escalier, aucune archère ni bretèche (voir vocabulaire) est visible. Curieusement, je ne vois pas de latrines qui parfois ont une fonction défensive.

  Question :

Comment les habitants faisaient ils leurs besoins ?

 

Espoir ?

   Pourtant, avec un peu d'attention il est possible de voir des consoles aussi bien sur la tour-escalier que sur le bâtiment rectangulaire. Leurs espacements me font douter de la présence de mâchicoulis.

Est ce la porte magique pour entrer dans le donjon ?

 

     L'intérieur :

Echec

       Hélas, pour moi et pour vous, la tour est fermée ce jour. Mais un habitant, surpris de voir un touriste hors période estivale, m'informe que :

* Le donjon possède 4 niveaux,

* Chaque niveau comporte une salle unique,

* Chaque salle a gardé sa rusticité médiévale,

* Une grande cheminée est visible à chaque étage.

 

Consolation

    Grâce à quelques pierres sculptées posées à l'extérieur par la commune, je me rends compte du luxe que devait avoir chaque pièce. Mais ce luxe est de suite déclassé lorsque je vois une massive porte.

Pourquoi est elle si primitive ?

     Avec sa solide serrure et ses imposants verrous, je peux affirmer que cette porte fermait l'une des cellules de la prison, puisque telle fut la fonction du donjon à partir du siècle de Louis XV (voir liste des rois).

 

 

Histoire du château :

* Au début du 11ème siècle, le dernier fils de Raoul de Déols (seigneur de Châteauroux), possède les terres de La Châtre. Il est nommé : Eudes de Déols.

* En 1152,  Éléonore d'Aquitaine épouse Henri Plantagenêt futur Roi d'Angleterre. Cet acte, bien loin de l'histoire de la petite commune de La Châtre, a pour conséquence, la scission de la France et le début de la guerre de Cent Ans.

* Au milieu du 12ème siècle, le seigneur de Châteauroux et de La Châtre rend hommage au futur Roi Henri II d'Angleterre. En représailles, les troupes du Roi de France (voir liste) saccagent les 2 villes.

* En 1417, le seigneur autorise la construction de remparts pour protéger la ville.

* En 1424, le Baron (voir titre de noblesse) Guy III de Chauvigny seigneur de La Châtre et de Châteauroux fait construire un château avec un puissant donjon, en bordure de la rivière Indre.

* Vers 1453, à la fin de la guerre de Cent Ans, la ville devient prospère. De nombreuses maisons bourgeoises sont construites.

* En 1734 (?), le donjon devient une prison Royale.

* Vers 1792, les révolutionnaires ne détruisent pas ce symbole seigneurial car il va être utilisé comme prison.

* En 1937, Jean Despruneaux achète le donjon et le transforme en musée privé dédié à Georges Sand.

* En 1939, le musée accueille une collection ornithologique.

* En 1954, le donjon est officiellement déclaré : Musée Georges Sand et de la vallée noire.

* En 1966, monsieur Despruneaux lègue la tour et le musée à la ville.

* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite du musée est payante. Veuillez vérifier les horaires d'ouverture "aléatoire".

 

 

chauvigny-35 chauvigny-33  chauvigny-34

 

 

 

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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 06:30

 

 

Département :  36 - INDRE

 Diantre !..Que de panneaux pour ce château

 

Le bourg

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        La commune de "Le Pêchereau" est située à 90km à l'Est de Poitiers, à 30km au Sud-Sud-Ouest de Châteauroux et à 3km au Sud-Est d'Argenton sur Creuse.

 

   Coordonnées du château :

46° 34' 19.351" N1° 32' 50.114" E
 46.572042° 1.547254°

 

    Toponymie :   (-->voir initiation)

  Avec les siècles, le site prit de nombreux noms :

* Guorbat,

* Gorbat,

* Gourbat,

* Groubat,

* Pour devenir : Le Courbat.

  Le nom original viendrait du Bas Latin désignant :

- Une pièce d'eau profonde et même boueuse,

- Une sorte de fossé.

 

 

 

Le château :  

     L'extérieur :

L'approche

   Grâce à mon instinct incroyable de chasseur de constructions médiévales fortifiées (aidé par mon brillant destrier au flair si subtil) je me retrouve devant ce triple panneau annonçant un château nommé : Courbat.

Sera-t-il en ruine ou entier ?

   En tournant la tête, je vois un autre panneau annonçant que "mon" château est devenu une mairie. Le fait qu'une construction seigneuriale soit devenue un bâtiment républicain n'est pas rare, je vous en ai présenté un dans le Vaucluse, puis un autre dans l'Yonne.

  Soudain, j'ai quelques réticences. Je crains une trop grande reconstruction pour cause de modernité administrative.

Pensez vous comme moi ?

 

Miroir, joli miroir, est ce mon château ?   

La découverte

    Lentement je m'avance, les yeux vers le sol pour tenter de voir des traces d'un rempart extérieur par exemple. Soudain... une large étendue d'eau se met à frissonner à mon approche.

Serais je un peu magnétiseur ?

 

 

Une gentilhommière ?

    Point de don extraordinaire je possède pour faire mouvoir les éléments de Dame Nature, c'est un léger souffle de vent qui a froissé le miroir puis soulever la poussière piquant ainsi mes yeux.

   Cette courte et chaude bise s'est mise à apparaître par un grand hasard me faisant lever les yeux pour voir ceci.

 

 

courbat-13 

Je vous sens désappointés

    "Ceci n'est pas un château fort ni une ruine médiévale monsieur Le Chevalier Dauphinois" murmurez vous en pouffant derrière votre écran.

  Je comprends votre surprise en voyant les multiples fenêtres modernes et ce toit (du 17ème siècle ?) point médiéval. Mais ci-dessous, je vais vous démontrer que cette gentilhommière devenue une mairie est l'évolution d'une construction fortifiée de mon époque favorite.

Fermez les yeux et écoutez moi.

 

 Sont ce 2 tours défensives ?

L'autre face

Quel contraste !

  Cette face, avec ses 2 puissantes tours opposées, ressemble beaucoup plus à un château fort. La ronde tour à gauche a perdu son agressivité défensive. Par contre, celle de droite est fascinante avec son archère canonnière cruciforme.

 

 

L'encorbellement

A quoi servait la construction en encorbellement ?

  Il n'est point besoin d'être spécialiste en architecture médiévale pour en donner le nom. La réponse est simple à trouver.

* Il n'y a point de porte à défendre en dessous, ce n'est donc pas une bretèche (voir vocabulaire).

* Cette construction est donc les latrines.

  Si l'architecte a créé une "construction pour les besoins "intimes", une autre question se pose :

A quoi servait cette pièce au 1er étage ?

 

Voyez vous une tour défensive sur la gauche ?

 

La tour-porte

     Précédée par un pont, je suppose que la ronde construction est une tour-porte. Pour protéger la courtine et faire reculer l'assaillant, la tour possède deux archères-canonnières :

* Celle du haut permet d'atteindre l'ennemi sur la rive opposée,

* Celle du bas permet le tir sur des éventuels nageurs ou barques traversant les douves.

 

 

Je vais emprunter le pont

   Pour franchir les douves, il faut un pont (ou être équipé d'ailes). La partie fixe du pont a été très remaniée à l'époque récente et a perdu son charme des rails guidant les roues d'un carrosse.

  Au bout du pont fixe, il devrait y avoir un pont mobile. Mais le confort et la modernité l'ont supprimé.

 

  Ce pont, c'est le pompon de ma journée

Le pont levis

   Bien qu'absent, les traces de l'existence du pont-levis sont lumineuses :

* Fentes verticales ayant réceptionné les flèches de levage,

* Encadrement rectangulaire pour coincer le pont empêchant les assaillants de le crocheter.

   Les petites fenêtres et surtout les linteaux en accolade rappellent les origines médiévales de la construction.

   La pièce au 1er étage devait être la salle des gardes. Ce niveau correspond aux latrines décrites précédemment. 

 

 

     L'intérieur :

Dans la tour porte

     Lentement je franchi le seuil. Comme je l'espérais, au fond d'un large ébrasement (voir vocabulaire), je vois :

* D'un coté,  l'archère canonnière,

* De l'autre, une archère canonnière cruciforme.

  Ceci est la preuve que ce château a subi de nombreuses modernisations durant les siècles.

Avez vous remarqué l'épaisseur des murs ?

 

 

Les portes sont fermées

   Point d'employés communaux le jour de ma visite. Je ne peux pas entrer dans les locaux. Je me console dans la cour d'honneur, en touchant la ronde tour. Puis, rassasié de la vue des douves, j'emprunte le chemin du retour.

 

 

 

Histoire du château :

* Au 13ème siècle, construction d'un château fortifié relevant de la seigneurie d'Argenton.

* En 1218, le site appartient à Pierre Courreau de Courbat.

* En 1425, Gilbert Augustin est seigneur du Courbat et de La Feuge (à vérifier).

* En 1614, Jean Mauduit, bailli d'Argenton, achète le château, puis réalise de nombreux travaux d'embellissement et de confort.

* En 1625, Jean Mauduit fait construire un pigeonnier rond à l'extérieur du château. La paroi intérieure de la ronde construction comportait plus de 800 boulins (trous) répartis en 14 rangées, prouvant la richesse et la puissance de ce seigneur.

* En 1760, la famille Mauduit cède le château à Louis de Chevestre.

* Au 19ème siècle, de nombreux travaux changent l'architecture du vieux château.

* En 1931, par mariage, le château appartient à Pommeau de la Forest

* En 1985, la municipalité achète le château à un descendant de la famille La Forest.
* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite depuis la route et le parc. Le bâtiment est une mairie et n'est pas vraiment visitable.

 

Est ce une ile flottante avec un château fort ?

 

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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 07:30

 

Département :  36 - INDRE

 Les arbres s'écartent permettant la découverte d'une forteresse médiévale

Le bourg

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        La commune de Villentrois est située à 55km au Sud-Est de Tours, à 45km à l'Ouest de Vierzon, à 35km au Nord-Est de Loches et à 10km au Sud-Est de Saint Aignan.

   Coordonnées du château :

47° 11' 56.735" N 1° 27' 44.687" E
 47.199093°  1.462413°

 

Le château :  

     L'extérieur :

Curiosité

  La commune de Villentrois est divisée en 2 "quartiers" séparés de 300m :

 * L'église,

 * Le château.

      Cette curiosité géographique existe depuis le 11ème siècle lorsque le Comte (voir titre de noblesse) d'Anjou décide la construction d'un château fortifié à l'extérieur du bourg médiéval. Quelques années après, des maisons s'établissent proche du château. Mille ans plus tard, la scission existe toujours.

Incroyable n'est il pas ?Toute blanche est cette beauté dans un écrin de verdure

 

La découverte

    Les brochures et livres utilisent parfois le mot forteresse et d'autres fois le terme château fort pour narrer la construction médiévale de Villentrois. C'est avec ce doute dans la tête que j'arrive dans le bourg.

  Diantre !... Les mots me manquent.

Quel qualificatif donneriez vous à cette beauté ?

 

Le rempart

    Après le choc, je reprends mes esprits pour découvrir pas à pas le site fortifié. Entourant la puissante construction, je remarque des murs en pierre. Ce rempart a beaucoup vécu et possède des consolidations peu glorieuses conséquence de son passé (et de son abandon).

  Avec un peu d'attention il est possible de voir une ronde tour dans le rempart. Durant notre siècle, elle sert d'habitat.

  La façade Est est riche d'enseignements 

Au Nord

     La façade Nord, la moins visible depuis la route, possède des vestiges de machicoulis. Il me semble distinguer sur la droite le châtelet d'entrée.

   Le plus surprenant est de ne point voir d'archère (voir vocabulaire), ni autre système défensif sur la courtine ou la ronde tour.

 

La tour Nord-Est

    La ronde construction est fascinante. Elle possède :

* Un vestige de souche de cheminée en partie supérieure,

* Sur la hauteur, une succession de fentes dans une construction flaque.

Que pensez vous que cela soit ?

  Vous êtes si cultivés en architecture castrale que vous aviez deviné un escalier en colimaçon. Mais....

A quoi servait il ?

  L'escalier permettait de regagner le chemin de ronde sans encombrer la circulation dans la tour.

  La tour Sud-Est est posée sur un bâtiment rectangulaire

La tour Sud-Est

   Le chemin de ronde entre les tours Nord-Est et Sud-Est comporte de timides traces de corbeaux ou consoles pour les mâchicoulis.

  Le plus surprenant est la différence de qualité et de couleur des pierres entre la base et le sommet. J'avoue ne pas comprendre cette curiosité.

  La ronde tour possède trois caractéristiques :

1 - Un bâtiment parallélépipédique s'appuie légèrement sur elle. Avec son vestige de souche pour cheminée, il est fort probable qu'il fut habité en permanence.

2 - La base est évasée.

3 - Quelques fentes verticales sont visibles. Ce n'est point des archères. Même si ce sont des systèmes de tir pour armes à feu, je suis surpris qu'il y en ait si peu pour défendre un tel château..

La façade Sud est la plus intéressante 

Suis je menteur ?

Comme toujours, je garde le meilleur pour la fin.

   Je ne vais donc pas vous expliquer la partie gauche (sur l'image) qui est très ruinée (une courtine qui a mal supporté son âge), je vais m'intéresser à la magnifique façade Sud.

Je suis menteur !

   En réalité, je vais montrer la partie effondrée, car elle semble intéressante. Elle montre (à l'extrême gauche) les entrailles d'une ancienne tour. Mais peut être que mon imagination est trop fertile.

 

La façade Sud

  En regardant la tour Sud-Ouest, je remarque des détails fascinants :

1 - Sur la gauche, une construction flanque avec :

* Une base très pentue,

* Un chaînage d'angle parfait,

* Puis en haut, une arquebusière sous une archère droite.

2 - Sur la tour :

* Une haute fente (archère ?),

* Des trous de boulin dont je ne m'explique pas la raison de leur position en "carré".

* Des fenêtres certainement ouvertes au début de la Renaissance,

3 - Sur la courtine :

* Une magnifique construction en encorbellement. Vous avez reconnu une bretèche qui devait certainement protéger une poterne (puisque l'entrée principale est de l'autre coté).

 

 

     L'intérieur :

        Hélas, la propriété privée n'est pas visitable.

 

villentrois--003 villentrois--004

 

 

Histoire du château :

* Au début du 10ème siècle, les terres appartiennent au sieur Adelaud.

* Au 10ème siècle, les terres sont possession du Comte (voir titre de noblesse) d'Anjou Foulque le Roux. Il en donne la garde au seigneur de Buzançais.

* Au début du 11ème siècle, le Comte d'Anjou Foulque Nerra fait construire une forteresse à l'extérieur du bourg nommé Villenstrada. Le but est de surveiller la partie Est du territoire de son ennemi : Le Comte de Blois Eude II.

* Au milieu du 11ème siècle, une famille de Villentrois est citée.

* Au 13ème siècle, le seigneur de Villentrois fonde le prieuré de Saint Mandé.

* En 1472, l'héritière du château apporte le site en dot à son mari Philippe de Commynes.

* A la fin du 15ème siècle, Philippe, seigneur de Villentrois, fait démolir l'ancienne forteresse pour construire l'actuel château.

* Au 17ème siècle, le château n'est plus habité.

* En 1920, les 2 portes fortifiées du château sont détruites.

* En 1927, les nouveaux propriétaires réalisent quelques restaurations et consolidations.

* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur depuis les rues du bourg est libre et gratuite. La propriété est privée et non visitable.

 

Une forteresse médiévale fièrement campée sur son historique

 

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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 08:30

 

Département :  36 - INDRE

  Voyez cette beauté au loin ?

Le bourg

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        La commune de Paudy est située à 35km à l'Ouest de Bourges, à 30km au Nord-Est de Châteauroux, à 22km au Sud-Ouest de Vierzon et à 10km au Nord-Ouest d'Issoudun.

   Coordonnée du château :

47° 2' 26.07" N 1° 55' 11.258" E
 47.040575°  1.919794°

 

Le château :  

     L'extérieur :

Avant propos

    Comme vous l'avez constaté, ce blog est en grande partie consacré aux châteaux et ruines fortifiés oubliés des guides touristiques et des documents des offices de tourisme.Suis je devenu daltonien ?

  Lors de ma trop courte semaine dans le département de l'Indre, j'avais prévu une escale dans ce petit bourg.

Vais je découvrir un site extraordinaire ?

  Quel suspense !

 

La découverte

   Au loin, dans un écrin de verdure, je vois une haute construction. Je ne peux pas encore définir si c'est une tour défensive ou un clocher mais j'ai les poils qui se hérissent : ceci est déjà un indice.

    Le deuxième indice est le souffle bruyant de mon fidèle destrier. Je pressens que mon Graal de ce jour va être extraordinaire.

    D'ailleurs, en m'approchant je remarque que 2 constructions au moins font briller mes yeux de Castellologue-Amateur

  Paudy va remplir mon après-midi d'avril. 

  La belle se regarde dans le miroir des douves

L'arrivée

    Je laisse mon destrier à une bonne centaine de mètres du site et je marche sur une route dont les tracteurs ont laissé leurs empreintes.

   Pour arriver aux pieds du château, il faut circuler sur la rue du donjon. Ceci est le nom local de la haute tour.

    Je vérifierai (dans quelques minutes) si cette appellation est vraie, car souvent, le vocabulaire des noms de rue est imagé.

 

Le rempart

    Un château fort est souvent enserré et protégé dans un rempart. Celui de Paudy a évidemment été modifié et aménagé (nombreuses et larges fenêtres) pour permettre à ses habitants de mieux vivre.

   Ce quadrilatère dédié à la défense semble aujourd'hui bien neutre. Pourtant, avec un peu d'attention, il est possible de voir les systèmes défensifs :

* Des douves larges et profondes,

* Une terrasse permettant le tir au canon (je vous en ai montrée au château de Le Plessis Bourré),

* Une tour d'angle avec base élargie et des fentes de tir ressemblant à des archères primitives du 12ème siècle.

  Même si la tour d'angle est arasée et n'arbore plus ses créneaux, même si le rempart a été couvert et a perdu ses mâchicoulis (voir vocabulaire), l'ensemble montre une architecture médiévale défensive.

 

Quel magnifique chatelet !

Le soi-disant donjon

    En suivant les douves et surtout en longeant le rempart je croise la route d'un autre bâtiment. Mes yeux sont éblouis par la haute tour qui "s'avance" vers moi (à moins que ce soit l'inverse).

   Comme je le pressentais, ceci n'est point un donjon mais un châtelet d'entrée (voir définition). Il est vrai que de loin, la confusion était possible.

 

Analyse préliminaire du châtelet d'entrée

    Avant de traverser le châtelet d'entrée, je le contourne pour comprendre son architecture globale. Sur le coté, le haut bâtiment comporte une ronde tour flanque qui doit contenir un escalier (les nombreuses ouvertures situées à l'intérieur de l'enceinte et non coté ennemis sont des puits de lumières).

    A sa base, je vois les vestiges de la courtine. L'accès au châtelet d'entrée était possible depuis le chemin de ronde (évidemment l'échelle en fer n'existait pas !). Pour protéger cette porte, une bretèche a été aménagée.

 

Les systèmes défensifs

   Plusieurs systèmes défensifs sont encore identifiables coté "ennemis" :

* A la base, une archère cruciforme à étrier du 13ème siècle.

* Au sommet, des corbeaux à ressauts. Ce sont les restes des mâchicoulis.

* Dans l'angle, une construction en encorbellement. Sachant qu'à la base de la tour-porte s'étendaient les douves, il n'est pas surprenant que cette construction fût les latrines.

--> Pour ceux qui douteraient de mes supputations, je vous offre cette vue pour réfléchir.

Latrines à l'extérieur (gauche)... Bretèche à l'intérieur.

  Le toit n'est point d'origine médiévale

Les entrées

  En prenant un peu de recul, je prends la mesure défensive de cette beauté Bérrichonne. Il y a  :

* Au sommet, les vestiges des mâchicoulis.

* En dessous, une salle de surveillance et de défense (ouverture rectangulaire).

* Les emplacements des flèches des 2 ponts- levis.

* Au même niveau, une autre salle pour soldats (ouverture rectangulaire).

* Les encadrements des ponts lorsqu'ils sont relevés. Une porte charretière à gauche et une porte piétonne à droite.

Avez vous remarqué le blason ?

    Ce sont les armes de la famille De Velard : "D'azur semé de croisettes d'or et un chef du même".

  Si ce vocabulaire ne vous est point familier ou si l'art des blasons vous intéresse, voici un site que j'apprécie.

  Vais je pouvoir traverser sans encombre ?

     L'intérieur :

J'entre en observant

     Devant la large porte, je tente de comprendre les autres systèmes défensifs, car l'absence de tour latérale pour protéger l'entrée me surprend.

     Sur les cotés, je vois des gonds ayant porté un double vantail, mais je ne distingue aucune trace de rail pour une herse.

  Le mur très épais réalisé avec des pierres correctement taillées possède un trou pour recevoir une poutre bloquant les vantaux.

 

Les défenses actives

    Après avoir observé les défenses passives (porte, poutre, pont..), je cherche des systèmes de défense qui permettent, non pas de bloquer l'assaillant, mais de lui faire mal.

* Le premier est un assommoir.

* Le deuxième est une archère cruciforme avec un grand ébrasement. Souvenez vous, à l'extérieur je vous l'ai déjà montrée. Dans cette "casemate", l'archer avait un espace pour se protéger entre 2 tirs de flèche.

 

C'est la fin

   Ne souhaitant pas pénétrer dans la ferme, j'arrête ma visite ici non sans avoir remarqué la fente pour une herse. L'assaillant, s'il avait pu entrer ici, se retrouvait piégé.

 

 

Histoire du château :

* Au 11ème siècle, Raoul de Déols, seigneur d'Issoudun (voir son château), fait construire un château en ce lieu (à vérifier).

* En 1118, le, château est construit ou aménagé (mes sources sont contradictoires).

* En 1187, le roi de France Philippe Auguste (voir liste) s'empare d'Issoudun et par conséquence, récupère la seigneurie de Paudy.

* Au milieu du 13ème siècle, le Roi (voir titre de noblesse) de France Louis IX donne la seigneurie de Paudy à un membre de sa famille : Raoul de Courtenay.

* A la fin du 14ème siècle, Jean de la Personne, Chambellan du Duc de Berry, hérite de la seigneurie (à vérifier).

* Au début du 15ème siècle, la seigneurie appartient à Jean de Blanchefort surnommé : L'écorcheur (attribut souvent associé dans les textes à Armagnac).

* Vers 1483, le prince Zizim aurait été retenu quelques jours dans ce château. (Je vous ai déjà montré un château où ce monarque fut en résidence surveillée : Rochechinard).

* Au 16ème siècle, le site appartient à la famille Chevrier.

* En 1580 ou 1596 (?), à la mort du dernier héritier nommé Claude Chevrier, le site appartient aux De Velard.

* En 1680, Philippe De Velard n'habite plus le château.

* Vers 1700, le château est vendu (je n'ai pas trouvé le propriétaire. Peut être est il aux La Fond ou aux La Ferté Gilbert ?).

* En 1788, Agnès-Charlotte de Rivière de Riffardeau séjourne au château.

* En 1900, le château est vendu (je n'ai pas trouvé le nom propriétaire).

* En 1924, le château est vendu (je n'ai pas trouvé le nom propriétaire).

* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite dans le silence. La propriété est privée, veuillez respecter le site et la tranquillité des habitants.

 

Je vois double !

 

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 07:30

 

Département :  36 - INDRE

Un diamant dans un écrin de verdure 

Le bourg

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        La commune de Chaillac est située à 80km au Sud-Est de Poitiers, à 60km au Nord de Limoges et à 45km au Sud-Sud-Ouest de Châteauroux.

   Coordonnée du château :

46° 24' 56.671" N 1° 19' 13.112" E
 46.415742°  1.320309°

 

Le château :  

     L'extérieur :

La découverte

    Depuis la commune de Chaillac, mon destrier prend la route du Sud-Est en direction du hameau de Brousse. Lentement le plaisir monte à la vue d'une tour que je pressens en ruine.

   Avec mon oeil d'aigle, j'aperçois plusieurs constructions dont une belle semble posée sur une motte. J'ai hâte de la caresser.... du regard bien sur, Chevalier je suis.

  Faudra-t-il tirer la chevillette pour que la bobinette cherre

Porte close

    Arrivée proche du château, j'ai la tristesse qui m'envahit : Le site semble fermé au public ce jour.

Qu'importe, je pressens le plaisir !

   Même clos, le portail d'entrée montre de nombreuses caractéristiques défensives :

* Au sommet, les vestiges de mâchicoulis (voir vocabulaire).

* Puis les fentes des flèches de levage d'un pont.

* Puisqu'il y a 3 fentes, il semble évidement qu'il y a une entrée pour carrosse et une pour piéton.

* Les 2 ouvertures d'entrée que j'avais devinées sont visibles.

* Avec la végétation, il est difficile de voir l'épaisseur du mur, mais je la pressens importante.

* Le mur que j'entrevois à l'intérieur signifie que cette entrée devait être un châtelet. De chaque coté, il me semble voir les fantômes de rondes tours de défense de la porte.

Plan du château de Brosse 

Plan du château

  Pour comprendre cette immense ruine, il est important d'assimiler son architecture pentagonale :

B - Bâtiments (communs),

C - Châtelet d'entrée,

E - Eglise (chapelle ?)

P - Puits (citerne ?)

D1 - Donjon défensif : 13ème siècle,

D2 - Donjon primitif sur motte : 12ème siècle.

 

Précisions

  L'ensemble est entouré d'un fossé creusé dans le roc. Les années et les gravas des courtines l'ont aplani. Les archéologues ont estimé qu'il avait une largeur de 12 mètres pour 3 mètres de profondeur.

   Une basse cour précédait l'ensemble (coté Nord). Elle est difficilement identifiable car les remparts définissant son périmètre ont disparu.

Mes rondeurs ne sont pas là pour attirer les hommes. 

Le rempart

   Lentement, je longe la rectiligne courtine. Sa faible hauteur ne me permet pas de voir si elle possédait un crénelage et des fentes défensives. Je ne distingue que des trous de boulin (voir vocabulaire).

    Quelques mètres plus loin, de rondes constructions très rapprochées me fascinent. Avec un peu d'attention, il est possible de voir que ces tours possèdent des archères canonnières positionnées à 90° chacune.

   * Deux archères protègent donc la courtine,

   * La dernière "attaque" les assaillants.

 

Analyse des tours

   Même si ces tours ne sont pas exceptionnelles, elles sont représentatives des évolutions défensives au 13ème siècle :

* Forme circulaire pour supprimer les angles morts,

* Base talutée pour renforcer l’assise. Cette astuce rend le travail de sape très long et difficile.

* Solide base posée sur le rocher.

* Archère en étrier.

J'aurai besoin d'une chirurgie esthétique

 

Quelle chance d'avoir une ruine

   Dans les châteaux entiers, il est difficile de comprendre le travail des maçons et des architectes car tout est propre et fini. Face à une ruine, les entrailles des murs se dévoilent.

   Derrière le joli parement de pierres bien alignées se cache un remblai des déchets de taille de pierre et des galets.

 

Autre chance d'être devant une ruine

  Cette tour qui paraît intacte est en réalité meurtrie comme la courtine qu'elle devait protéger au Moyen âge.

 Comme sa consoeur, elle montre un remblai classique, mais c'est surtout l'effondrement dû à une archère qui est intéressant. Je peux voir l'épaisseur du mur et la voûte.

Suis je au bout de mes surprises ?

Je ne suis plus que l'ombre de moi même 

Une tour géante !

  Je continue ma découverte de l'extérieur du château en longeant la courtine arasée qui comporte quelques fentes défensives. Soudain, je tombe nez à nez sur une gigantesque tour.

Etait ce l'habitat de Gargantua ? 

  Que nenni, ceci est le donjon extérieur.

 

Pourquoi un donjon extérieur ?

   Contrairement à la plupart des donjons bâtis à la fin du 12ème et au début du 13ème siècle de type Philippien (nom donné au style défensif imposé par le roi Philippe-Aguste (voir liste) consistant à construire la tour maîtresse dans un angle de l’enceinte pour une défense active), celui de Brosse est au centre de la courtine (même s'il est vrai que le rempart n'est point linéaire).

  Mais j'assimile cette position du donjon au style Philippien car la puissante tour n'est point un refuge dans le château mais bien une tour défensive protégeant le rempart sur la partie la plus vulnérable.

 

Le donjon extérieur

* Avec sa base talutée d'un diamètre de plus de 20 mètres,  puis avec un fossé large et profond, il paraît invulnérable.

* Avec une hauteur de plus de 30 mètres, il permettait de voir l'ennemie et de comprendre sa stratégie d'attaque.

* Avec un diamètre extérieur de plus de 15 mètres, je suppose que de nombreux soldats étaient présents à chaque étage.

  Mais un détail me surprend. Le donjon ne comporte aucune archère

Est ce du à des consolidations ?

 

 

==>  Pour découvrir les richesses intérieures de ce château fort,

veuillez cliquer ici

 

 

 

Ce panneau prouve que la ruine est un magnifique site protégée

 

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