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Ombre et lumière

10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 06:30

 

Département 09 - ARIEGE

 Durant la montée vers la ruine, le panorama est magnifique

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   Le petit bourg de Clermont est situé à 70km au Sud-Sud-Ouest de Toulouse, à 30km au Nord-Ouest de Foix (voir son château) et à 15km au Nord-Est de Saint Girons.

   Le lieu-dit de La Grausse est situé sur un petit plateau à 1km au Sud de Clermont.

      Coordonnées du château :

43° 1' 58" N 1° 17' 55" E
 43.032788°  1.298809°

 

Le château : 
        L'extérieur :
La recherche

   Depuis la route départementale 119 à la sortie de Clermont, j'erre vers le Sud. Sur la gauche, une petite route monte sur le plateau. Je franchi le pont qui enjambe le ruisseau nommé Le Pujol. Après une courte montée, dans le petit hameau de La Gausse, je laisse mon destrier près de l'église puis j'emprunte le sentier sur la droite.

 

La découverte 

 1 - Avec la dense végétation, je pressens que le château ne sera que ruines.

 2 - Des murs en pierres pauvrement taillées sont bâtis sur le rocher.

 3 - Je suis toujours surpris que les arbres poussent proche des ruines.

Est ce pour protéger les vieilles pierres à nu des rayons de Rhâ ?

 4 - La municipalité a installé des tables pour que les touristes savourent la vue et le silence du site.

 5 - Presque au sommet de la butte, proche de l'à-pic, un puissant mur survit.

 6 - Bien qu'il soit composé de plusieurs rangés de pierres, le mur ne semble pas très épais.

 

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Est ce un rempart du château de La Grausse ?
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        L'intérieur :
 7 - Le remblai est de qualité correcte. Par contre, les pierres ne sont pas jointives.

 8 - Les pierres pauvrement taillées me font penser à un château de garde plus qu'à une résidence de seigneur.

 9 - Le temps a fait son travail de destruction. Je ne distingue aucune archère (voir vocabulaire).

10 - L'angle droit est la caractéristique de cette ruine.

11 - Depuis le sommet de la butte, je distingue des fondations de mur moins épais.

Sont ce les vestiges des habitats et des communs ?

12 - Après avoir arpenté le site, je révise mon jugement. Cette construction n'était pas qu'un château de garde. Sa superficie ressemble plus à un château-résidence d'un petit seigneur.

 

    Avant de quitter ce site castral, je savoure l'une des richesses des châteaux forts : La panorama

 

 

Histoire du château :

* Au 21ème siècle, la découverte du site est libre et gratuite. Veuillez respecter le bois et la propriété privée. Le risque de recevoir une pierre ou de glisser existe, soyez prudents.

Imaginez la vue médiévale sans les arbres

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26 juillet 2013 5 26 /07 /juillet /2013 06:30

 

Département 09 - ARIEGE

  Voyez vous le château fort au loin ?

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   Le petit bourg de Le Coch est situé à 80km au Sud-Sud-Ouest de Toulouse, à 35km à l'Ouest de Foix (voir son château) et à 4km au Sud-Est de Saint Girons.

     Coordonnées du château :

42° 57' 30"  N 1° 10' 57" E
 42.958389  1.182589

 

Le château : 
        L'extérieur :
La découverte

   Après avoir gravi la route étroite menant au petit village de Le Coch, je dépose mon destrier proche du panneau de départ de randonnée et je scrute l'horizon. Point besoin de jumelle pour voir au bout du village, posé sur un éperon, la curieuse masse du château.

  Je m'attendais à visiter une ruine et c'est un solide bâtiment qui me fait face.

Sera-t-il  me charmer autant ?

Anguleux était ce château fort 

Rapide analyse 

     Bien qu'il soit entouré de collines plus élevées, ce château était bien protégé (en général, les châteaux sont posés au sommet d'une colline pour ne point être attaqué de plus haut) car il est éloigné.

   Sa forme tortueuse traduit une construction suivant les contours de l'éperon. La surveillance de la vallée et le contrôle du plateau devait être la mission du château.

 

Le rempart
   Fortement reconstruit, le rempart montre encore des détails intéressants. Il y a les classiques trous de boulin (voir vocabulaire) bien alignés. Puis par endroit , quelques fentes verticales. Elles sont trop petites pour des archères primitives.

Sont ce des fentes de tir pour fusil ?

Je suis surpris par la mauvaise qualité de taille des pierres et les joints trop grossiers. Cela tranche par rapport à la finition du parement d'angle.  Ma lente progression m'amène vers l'intérieur accessible au 21ème siècle sans porte, ni pont-levis.

Aseptisée est la cour intérieure 

        L'intérieur :
  Comme je l'imaginais, les consolidations ont un peu enlevé le romantisme de cette ruine. Dans la cour goudronée, il ne reste aucune trace des fondations millénaires. Quelques trous de boulins  trahissent ses origines.

  Seule trône une petite tour carrée du rempart. La visite de ses entrailles ne me révèle aucune information sur ses origines.

     Qu'importe, je me console en regardant l'une des richesses d'un château fort :

Son panorama sur les collines.

 

 

Histoire du château :

 Je n'ai hélas, aucune information historique sur ce château.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite de l'intérieur est possible en respectant le calme de la maison installée dans la cour.

 

Est ce un mur bouclier ou une tour carrée ?

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12 juillet 2013 5 12 /07 /juillet /2013 06:30

 

Département 09 - ARIEGE

 La lumière me guide vers mon Graal

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   Le petit bourg de Caumont est situé à 80km au Sud-Ouest de Toulouse, à 50km au Nord-Nord-Ouest de Foix (voir son château), à 32km au Sud-Est de Saint Gaudens et à 8km au Nord-Ouest de Saint Girons.

     Coordonnées du château :

43° 1' 55" N 1° 4' 39" E
 43.03218  1.077647

 

       Origine du nom  :   (--> initiation à la toponymie)

  Les Romains avaient nommé ce lieu "Calvus mont" signifiant "Mont chauve".

 

Le château : 
        L'extérieur :
La découverte

     En arrivant dans le bourg, je suis guidé par un panneau pleins de promesse. Mon Graal est à 10 minutes à pied, je piaffe déjà d'impatience.

   Mon seul étonnement est que je ne vois pas de haute colline, ni de puissant donjon au dessus des arbres.

La ruine serait elle timide ?

 

La marche d'approche

    Lentement, j'avance sur un sentier plat, protégé du soleil Ariégeois par de magnifiques feuillus. Quelques mètres plus loin, une légère pente me fait comprendre que le château est bien posé en haut d'une colline nommée : Le Plech.

  Soudain, apparaît comme par magie un vestige de rempart.

N'est ce point émouvant des pierres construites il y a 8 siècles ?

    Plan peu traditionnel pour un château médiéval 

Le plan 

    Pour comprendre cette ruine de 118m de long sur 40m de large, il est important de regarder puis d'assimiler le plan.

    La forme en longueur du château n'est pas classique et semble avoir évoluée avec les siècles.

   L'ajout des 2 "verrues" de chaque coté amplifie la non symétrie.

  Légende :

B - Barbacane Sud-Est,

G - Barbacane Ouest,

K - Logements,

L - Logements,

N - Donjon,

O - Logements,

P - Tour carrée,

Q - Logements,

R - Logements

S - Tour semi-cylindrique,

U - Logements,

V - Logements.

 Nota : Les archéologues ont distingué les logements par des lettres différentes. Pour le moment, je n'en comprends pas la raison.

Est ce par situation géographique ?

Il y a 7 siècles, point d'arbre il y avait 

Pourquoi une architecture si "curieuse" ?

    Avec ses nombreux logements, si vous pensez que cette architecture ressemble plus à une caserne pour soldats qu'à un château fort, vous avez partiellement raison. Pourtant, cette construction est citée par les archéologues dans la liste des châteaux forts.

    Au Moyen Âge, (pour faire simple) il existait 3 sortes de construction pour se protéger :

1 - Le village fortifié.

2 - Le château fort habité que les paysans rejoignaient en cas d'attaque.

3 - L'église fortifiée, lorsque le village n'était pas sous la protection directe d'un seigneur.

  Il existe une quatrième solution : La forteresse de repli.

       Ce type de bâtiment est assez rare (car une construction fortifiée sans seigneur ou son représentant parait impossible). Cette architecture se retrouve aussi à Belvezet dans le Gard et à Chypre.

   C'est donc avec beaucoup d'émotions que je vais dévorer cette magnifique ruine.

 

Barbacane 

   En arrivant coté Sud-Est , je me retrouve face à une forte pente dont le sommet est défendu par une barbacane (voir vocabulaire). Ne souhaitant point attaquer ce château par ce coté, je continue mon exploration par le Sud puis l'Ouest.

 
Tour de défense

    Accrochée au vestige du rempart, une tour semi-cylindrique me regarde. Sa hauteur surprend par rapport à l'ensemble du site. En observant ce "haut" vestige, je constate qu'il est réalisé avec des pierres pauvrement taillées, disparates et peu jointives. Ce site n'appartenait donc pas à un puissant seigneur.

  Le tour ne possède pas de crénelage, ni d'archère, ni de mâchicoulis (voir vocabulaire). mais il est délicat d'en conclure qu'elle était borgne car son arasement est évident..

   Précautionneusement, j'enjambe le rempart et j'entre dans la forteresse.

 

        L'intérieur :

La tour (suite)
   Les entrailles de la tour ne me donnent qu'une seule information : L'épaisseur du mur extérieur était importante. Dans le prolongement, le mur est beaucoup moins épais. Cela correspond à un logement (caserne, munitions ?). Il est curieux de constater que parfois, les murs de deux bâtiments ne se touchent pas.

A quoi servait cet espace ?

* Séparateur de fonction ?

* Sentier entre les logements ?... Mais il faut être très mince pour passer.

* Couloir de séparation en cas d'incendie ?

 

Les logements

   Ces logettes sont impressionnantes en nombre et en implantation :

* Le plan en montre 47 (il est facile de les identifier sur le terrain).

* 40 sont adossées au rempart.

* 7 sont alignées au centre.

* Elles semblent avoir une superficie identique, environ 22 m².

* Le mur de séparation entre chaque logette a une épaisseur de 60 cm.

   Sur la base d'une construction de plein pied, avec le "confort médiéval", les historiens ont calculé que 400 personnes pouvaient trouver protection dans cette forteresse.

Impressionnant, n'est il pas !

 Après cette description technique, je vous invite à admirer les logements.

 

 

Le donjon

   La construction la plus impressionnante est certainement le donjon. Il n'est point carré, ni rond. Avec sa forme elliptique, il possède aux extrémités une structure circulaire et au centre, des murs linéaires.

   Évidemment, il faut un peu d'imagination pour le "voir", mais avec ses 2 mètres d'épaisseur à la base, il semble logique qu'il fut "haut".

 

C'est la fin

   Avant de quitter cette ruine magnifique et mystérieuse, j'embrasse du regard l'étendu de la forteresse. Puis j'admire le panorama magnifique des collines Ariégeoises.

 

 

Histoire du château :

* Au 1ème siècle, (les historiens pensent que) les Romains ont construit un bâtiment.

* Au 12ème siècle, les castellologues supposent qu'un château de repli est aménagé.

* Au 13ème siècle, construction probable des barbacanes.

* A la fin du 14ème siècle, les historiens supposent que le château fut détruit durant la lutte entre les maisons de Foix et d’Armagnac. Gaston Fébus a-t-il participé à cette bataille ?

* Au 20ème siècle, des fouilles sont organisées.

* Au 21ème siècle, la découverte du site est libre et gratuite. La ruine n'est pas complètement sécurisée et les pierres roulent sous les pieds, soyez prudents et attentifs.

 

La vue est le trésor d'un château fort

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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 06:30

 

Département 09 - ARIEGE

  Est ce le chemin vers mon Graal ?

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   Le petit bourg de Bedeille est situé à 70km au Sud-ouest de Toulouse, à 50km à l'Ouest de Pamiers et à 20km au Nord de Saint Girons.

     Coordonnées du bourg :

43° 5′ 18.96″ N 1° 6′ 15.84″ E

 43.0886°

 1.1044°

 

Le château : 
        L'extérieur : 

Préambule

   Vous connaissez ma passion pour la randonnée. Mais marcher pour marcher, faire des kilomètres pour un égo n'est pas la motivation qui me pousse à avaler des pentes et des sentiers. Il important que j'ai un but de promenade. Un vestige, une construction fortifiée, un petit pont Romain sont des motivations qui me font lever tôt. D'ailleurs, je possède de nombreux livres de randonnées à thème. Je vous en ai récemment présenté un pour l'Aveyron, mais chaque province possède au moins un ouvrage de ce type.

C'est grâce à ma passion de randonneur que je me suis retrouvé en ce lieu.

 

Est ce le bon endroit ?

   En arrivant dans le petit village de Bedeille, je ne vois aucune construction survolant les toits. Dans ces moments où le doute survient je consulte les Oracles !

  Je ne vais pas chercher à savoir si je suis l'élu, (cela, je le sais  ) je veux savoir où se situe mon Graal. L'incroyable construction fortifiée qui va enrichir ma journée.

    Ne vous effrayez point, je ne vais point consulter de divins personnages lisant dans les entrailles des animaux, ni des lecteurs de cartes (quoique !...), les Oracles de notre siècle sont bien différents. Pour connaître un lieu, la méthode de divination moderne se nomme : Carte IGN.

   Le château de Bédeille se situe sur une colline nommée Le Casteras, au Nord de l'église avec son cimetière.

N'y a-t-il rien d'autre à admirer ? 

La marche d'approche

    La petite randonnée en sous bois est agréable, il n'y a aucune raison de se perdre car un sentier est tracé, large d'un pied (c'est vraiment le pied ).

  Après quelques minutes, le sentier disparaît et la pente se fait plus difficile. A mon grand désespoir, je ne vois toujours pas le château.

 

La 1ère découverte
   Soudain, recouvert de végétation, un mur de pierres apparaît. Il n'est pas évident d'affirmer que ce soit le rempart extérieur du château. Dans nos campagnes, il y avait souvent des murs limitant les propriétés et les herbages.

  Quelques mètres plus loin, d'autres murs m'intriguent.

Sont ce les vestiges du château fort ?

Le château joue à se cacher... Je t'ai vu ! 

La 2ème découverte

   Soudain, je me retrouve en face d'une butte. Sachant que les constructions médiévales fortifiées sont souvent en haut d'une colline, je me hâte de la gravir.

    C'est un Chevalier Dauphinois essoufflé par un effort violent (je ne suis plus très jeune, mes 800 ans et mon armure commencent à peser) mais souriant qui voit cette beauté.

Diantre... Je parle de moi à la 3ème personne.

Suis je devenu une star ?

 

La voila !

  Au sommet, je suis agréablement surpris de voir cette ruine. Peut être la trouvez vous insignifiante mais je n'espérais pas voir une si grande construction au sommet d'une butte boisée, si proche d'un village, sans panneau de signalisation et sans véritable chemin aménagé.

   L'extérieur montre des éboulements importants me faisant croire que la construction était haute. Des trous de boulin (voir vocabulaire) prouvent son ancienneté.

  Ruine minimale mais très instructive

        L'intérieur :

Analyse de la ruine

* Les pierres sont pauvrement taillées et peu jointives.

* Avec mon imagination fertile, je crois voir ici une... Je n'ose point vous le dire.

* Les murs sont épais. Certains sont sans remblai.

* Les murs ne comportent aucune trace de sculpture, ni de cheminée, ni de corbeau pour soutenir les plafonds.

* Les parois ne montrent aucun signe d'archère ou système défensif.

Aseptisée est cette ruine !

 

C'est la fin

   Après avoir dévoré des yeux chaque pierre, je regarde le magnifique panorama. Il est temps maintenant de retrouver mon destrier avant la pluie. Diantre, je ne m'étais pas aperçu de la pente.

Vais je glisser sur les fesses ?

 

 

Histoire du château :

* Au 13ème siècle, construction probable du château.

* Au 18ème siècle, le château est noté en ruine sur la carte de Cassini.

* Au 21ème siècle, la découverte du château est libre et gratuite. Veuillez respecter le site et ne point marcher sur les vieux murs.

 

Le secret d'un bon château fort, c'est de pouvoir tout regarder

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17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 06:30

 

Département 09 - ARIEGE

La carte montre le fameux Spoulgas

 

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   Le petit bourg de Bouan est situé à 100km au Sud de Toulouse, à 70km au Sud-Ouest de Carcassonne, à 20km au Nord-Ouest d'Ax les Thermes et à 7km au Sud-Est de Tarascon sur Ariège.

     Coordonnées du bourg :

42° 48′ 5.04″ N 1° 38′ 53.88″ E
 42.8014°  1.6483°

 

       Toponymie :  (Petite initiation)

 Une Spoulga (mot en vieil occitan) provient du latin "spelunca" signifiant : Caverne, grotte.

     Ce mot est plutôt usité dans les Pyrénées et en Ariège. Il désigne : Une grotte fortifiée.

 C'est au 19ème siècle que ce terme est "reconnu officiellement" suite aux travaux de l'historien Adolphe Garrigou.

 

Les Spoulgas : 
        L'extérieur :
1km à pied, cela use le soulier...mais pas le moral du ChevalierEst ce le bon endroit ?

    En découvrant le panneau touristique des vallées d'Ax, je remarque une beauté que je me dois de découvrir. Mon oeil d'aigle se plonge sur les parois sensées posséder les Spoulgas.

Les voyez vous ?

  Tel un Terminator des temps modernes, je branche ma vision thermique. Le résultat est :  Je ne les vois pas.

 

La recherche

Comment rejoindre ces Spoulgas invisibles ?

   La réponse est simple, il suffit de suivre le panneau. Au début de la randonnée, le chemin dans les sous-bois est plat mais rapidement il monte et se rapproche de la paroi. Les puissants arbres laissent place à la végétation plus rase, piquante parfois et envahissante. L'agréable sentier laisse place à un véritable chemin de montagne tracé dans les éboulis.

 

La découverte
   Essoufflé (car, comme un fou, j'ai couru pour rejoindre ma belle médiévale), je m'arrête et je lève la tête.

Les spoulgas sont cachées dans la paroi

Voyez vous les fortifications ?

 Ne me dite pas "Non, Chevalier". Regardez bien, elles sont ici.

   Hélas, dans ma précipitation, je me suis trompé d'itinéraire, je me retrouve dans une combe trop au Sud des grottes.

  Deux solutions s'offrent à moi :

1 - Tenter de traverser dans la rocaille, mais cela semble dangereux.

2 - Rebrousser chemin et emprunter un chemin plus au Nord.

La deuxième solution semble la plus raisonnable mais un éclair jaillit.

Orage, Oh désespoir, je suis foudroyé !

Est ce la fin de l'aventure ?

  Le ciel se couvre, l'orage menace, il y a même un dragon cracheur de feu dans le ciel. 

Pensez vous que ma folie soit causée par le mal des montagnes ?

A moins que ce soit du au petit vin Ariégeois dégusté ce midi dans une taverne.

  Avant de quitter ce site médiéval, je regarde avec nostalgie la belle construction comportant de petites fenêtres et des archères droites.

 

Je ne baisse pas les bras

   Tout en descendant, je pense à mon échec. Ne point voir ces Spoulgas fortifiées me frustre. Je décide donc de continuer mon exploration tout en étant éloignés des parois et pierriers dont la fonction est souvent "d'attirer la foudre".

 

        L'intérieur : 

Les voyez vous ?

   Bien campé entre la route nationale et la falaise, je scrute la montagne à la recherche de la fortification

Comme elle est belle !

 Même s'il est vrai qu'elle semble invisible, ne me dites pas que sa beauté ne rayonne pas. Regardez mieux ici.

    Pour décrire cette construction bien différente des classiques châteaux forts, je vous propose de lire la prose puis de mettre le curseur de la souris sur la petite image correspondant au numéro.

 

Les Spoulgas sont là !

1 - La falaise comporte de nombreuses grottes.

2 - Certaines sont fermées par des murs en pierre. L'ensemble couvre plusieurs niveaux.

3 - En partie basse, le mur ressemble à une tour ou un sas d'entrée.

4 - En partie haute, j'ai l'impression de voir un "donjon"accroché à la falaise.

5 - Cette construction posée sur le rocher semble borgne.

6 -Les murs semblent épais et surtout je crois voir une double voûte.

 

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C'est la fin

    Si vous souhaitez mieux visiter les entrailles des Spoulgas, je vous propose cette vidéo.

 

 

Histoire des Spoulgas :

* Au 12ème siècle, pour délimiter son territoire et renforcer ses frontières, le Comte (voir titre de noblesse) de Foix  (voir ce château) doit construire de coûteux châteaux. Pour diminuer le prix des constructions, il a recours à une technique employée en Espagne : Utiliser les grottes naturelles.

* Au 13ème siècle, après la croisade des Albigeois et la "victoire" du Roi de France (voir liste), il semble que ce style de construction ne soit plus utilisé.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite de l'intérieur du château est possible après une marche en montagne. Il est important d'être bien chaussé. Le risque de recevoir une pierre n'est pas négligeable. Soyez prudents.

 

L'orage gronde dans les Pyrénées

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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 18:00

 

Département 09 - ARIEGE

 

Sont ce les pierres du vieux rempart extérieur ?

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   Le petit bourg de Cérizols est situé à 65km au Sud-Ouest de Toulouse, à 30km à l'Est de Saint Gaudens et à 20km au Nord-Nord-Ouest de Saint Girons.

     Coordonnées du château :

43° 7' 43.896" N 1° 3' 34" E
 43.12886°  1.059494°

 

Le château : 
        L'extérieur :
Est ce le bon endroit ?

   D'après mon dictionnaire des châteaux forts de France, il y aurait les ruines d'une construction médiévale fortifiée dans le petit village de Cérizols. En empruntant la route principale, mon destrier (dont l'instinct est plus aiguisé que le mien) s'arrête devant un long mur en pierres sèches.

Pensez vous que ce soit les ruines du rempart extérieur ?

 

Voyez vous les indices qui me mettent en joie ?

Je cherche les indices

    Je prends un peu de recul. Le mur qui se prolonge sur 2 habitations ne me certifie pas que je suis en face du site castral. Mais au loin un détail m'intrigue.

Le voyez vous ?

   Ce bâtiment parallélépipédique, comportant des fenêtres dont la création semble récente, possède un contrefort. Ce n'est certes pas une preuve que la construction date du Moyen Âge, mais elle démontre que le bâtiment n'est point nouveau.

 

La découverte

En prenant encore plus de recul, j'ai une révélation ! 

  Devant moi, il y a :

* Une courtine (certes arasée),

* Une tour d'angle à droite (celle possédant un contrefort),

* Une tour plus importante à gauche devant être le donjon du vieux château fort

  Je vois dans vos yeux que doute vous avez. Je vous propose de regarder cette vue satellite prouvant mes dires.

  Un donjon médiéval arasé

Le donjon

  En regardant cette tour que j'ose nommer "Le Donjon", plusieurs remarques germent sous mon heaume :

1 - Une tour maitresse dans un angle est assez classique au 13ème siècle... Voir cet exemple en Suisse puis cet autre article dans mon Dauphiné.

2 - Mais je suis surpris que pour ce siècle, la construction ne soit pas ronde. Le 13ème siècle voit la naissance de l'architecture Philippéenne.

3 -De nombreux trous de boulin (voir vocabulaire) sont visibles sur la paroi. Mais leur forme non carrée me surprend.

4 - Une fente verticale apparaît sur le mur. j'opte pour une archère droite "primitive".

5 - Une ouverture rectangulaire bouchée par un panneau de bois me fait penser à une fenêtre. Mais les pierres semi-circulaire dans les angles supérieurs me laissent songeur.

 

     L'intérieur :
Vais je être bredouille ?

   Lentement, je m'avance vers la porte pour timidement sonner. Malgré une longue attente, point de châtelain pour ouvrir la porte de ce gîte rural. Je n'ai point fait un long trajet depuis mon Dauphiné pour ne pas voir les entrailles de cette construction de 700 ans.

Même minimaux, les détails titillent votre Chevalier

 

Je vole

    Ne souhaitant pas revenir bredouille, je me mets sur la pointe de mes chausses et je vole.

  N'ayant point d'aile, je ne vole pas dans les airs (de plus avec une armure de Chevalier, ce sont 3 paires d'ailes d'albatros hurleur qu'il me faudrait).

  Je vais tenter de voler (virtuellement bien sur) des images au dessus du mur extérieur, tout en respectant la propriété privée.

 

Le donjon

  Rapidement, j'inspecte les faces coté cour de la tour maîtresse :

6 - Je suis circonspect devant les ouvertures parallélépipédiques alignées . Elles sont importantes pour des trous de boulin.

7 - Sur le coté Est, je reconnais la forme d'une petite fenêtre Romane.

Est ce une archère droite ?

 

D'autres détails

  Avec mon oeil d'aigle et mes chausses tendues au maximum, je vois aussi :

8 - Des pans de mur aux fonctions indéfinissables,

9 - Un bâtiment  ressemblant à une tour flanque dont les pierres sont peu jointives et de tailles asymétriques.

10 - Deux pierres verticales faisant office de... heu... fentes de tir pour arme à feu (?).

11 - Puis un long... couloir (?) aboutissant à une porte faisant peut être office de poterne (voir vocabulaire).

 

D'autres détails

  Peut être que certains d'entre vous pense que j'affabule en affirmant que cette construction était un château fort. Il est vrai que les preuves manquent un peu. Mais en prenant de la distance avec le village, depuis le Nord, je vois ceci.

   Un village établit sur une petite colline, dont l'une des constructions s'élève au dessus de l'horizon, me semble être un indice justifiant d'une fonction de surveillance-défensive.

 

 

Histoire du château :

* Au 13ème siècle, construction du château.

* Au 18ème siècle, sur la carte de Cassini, le château est identifié en ruine.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite depuis la route. La visite de l'intérieur est interdite sauf si vous logez dans le gîte.

 

Le donjon du vieux château fort

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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 07:30

 

Département 09 - ARIEGE

Les yeux me brûlent en cherchant au loin le château fort

 

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   Le petit village de Durfort est situé à 45km au Sud de Toulouse, à 40km au Nord-Est de Saint Girons et à 18km au Nord-Ouest de Pamiers.

     Coordonnées du château :

3° 12′ 25.92″ N 1° 27′ 28.08″ E
 3.2072°   1.4578°

 

Le château : 
        L'extérieur :
La découverte

   En approchant du petit village de Durfort, il est très facile de voir le château fort. Comme toutes les constructions seigneuriales, elle se doit d'être vue pour marquer le territoire et aussi voir l'ennemi.

  J'entends certains d'entre vous grommeler : "Chevalier,  point de château il y a !". Regardez mieux, la construction fortifiée est ici, en bordure du plateau.

Comprendre un ruine, c'est un peu la séduireVoyez vous une église fortifiée ? 

Décryptage lointain de la ruine

   De loin, il me semble voir que la partie "droite" est presque intacte. Elle semble composée d'un puissant mur en pierres blanches.

   Par contre, celles du centre et à gauche sont très abîmées. La présence de la brique rouge tranche avec la blancheur de la pierre. Le toit à disparu et le château ne semble plus habitable.

 

La découverte
    Au lieu de prendre la route goudronnée menant directement dans le village, je décide d'emprunter le sentier de randonnée montant vers mon Graal. L'herbe odorante, le léger bruit des feuilles dans les arbres, le piaillement des oiseaux font monter le plaisir (en plus de faire monter le chemin  ).

Au sommet, c'est le choc !

Massive et sans artifice est cette façade

 

La façade défensive

   Je suis accueilli par une courtine encadrée par deux imposantes tours rondes. C'est presque l'image caricaturale du château fort. Rapidement, il me semble voir des pierres correctement taillées et jointives.

   Mais en regardant avec attention, je distingue 3 styles (époques ?) de construction :

* En partie basse, des pierres à bossage (?),

* Au centre, des pierres lisses,

* Au sommet, un mélange de lits de pierre et de brique.

 

A quoi sert cette avancée ?

  Après le choc, je reprends mes esprits pour voir une curiosité qui m'avait échappée. Entre les deux tours, la courtine comporte une avancée.

Avez vous déjà vu cela ?

   Cette curieuse "verrue" :

* Crée des angles morts,

* Diminue l'efficacité défensive des tours

* Et ne procure pas vraiment de place supplémentaire dans le château.

   La seule explication logique serait que ce fut le donjon "primitif". La vue aérienne confirme (ou plutôt ne contredit pas) ma théorie.

En avez vous une autre ?

  Je ne peux point faire le tour de la tour

La tour numéro 1 - Nord

    Au Nord du château (sur la droite de la façade du donjon) la tour ronde ne me donne que peu de détails sur ses attributs défensifs. Étant partiellement arasée, elle ne m'indique pas si crénelage et mâchicoulis (voir vocabulaire ) existaient.

   Avec un peu d'attention je discerne les vestiges d'une fente verticale. Je pressens une archère droite primitive, mais ceci n'est qu'une supposition.

  L'autre coté de la tour n'est pas plus bavarde. Elle montre des ouvertures carrées parfois bouchées dont la fonction m'échappe (canonnière, fenêtre avec mantelet ?).

 

La tour numéro 3 - Ouest

   Ayant aperçu sur la carte satellite une tour à l'opposé de la façade, je tente de m'approcher. Hélas, une clôture stoppe ma curiosité et je dois me contenter de la discerner à travers les feuillus.

  Excepté sa circonférence plus petite, elle ne me révèle rien de plus que sa consoeur.

 

Quelle magnifique beauté !

    Ceux qui me suivent depuis quelques temps, savent que j'adore montrer des détails architecturaux et surtout UN détail très précis. En regardant la façade, vous devriez le voir.

  Je vous sens hésitants, je vais donc cibler un peu plus "ma "beauté.

Avez vous vu la construction en encorbellement ?

  Ce sont évidemment les latrines, curieusement construites coté Est.

 

Le donjon - Est

  Ce que j'ose nommer le donjon comporte une curiosité que je n'avais pas remarquée de suite. Sur le coté proche de la tour 2, une ouverture (obstruée pour consolider la ruine) ressemble à une porte.

N'est ce point curieux à cet endroit ?

  Peut être s'agit il du fantôme de latrines du niveau supérieur.

 

La tour numéro 2 - Sud

     Pour découvrir la suite de ce magnifique château fort, je vous propose de cliquer ici.

 

 

Une façade pleine de promesses énigmatiques

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 06:30

 

La 1ère partie de la découverte de ce château fort est ici.

 

La ronde tour me fascine

 

Architecture classique d'un château

   Le coté Ouest du château étant protégé par un petit ravin, il semble évident que les architectes ont renforcé le système défensif sur les 3 autres faces et surtout le coté Est (face où se trouve le donjon).

  Pour protéger les courtines, il faut des tours d'angle puissances. Celle coté Sud en est l'exemple.

 

La tour numéro 2 - Sud

   La forme ronde d'une tour a été une formidable évolution défensive, car elle inhibe les angles morts. Évidemment, il faut qu'elle dispose de systèmes défensifs.

  A la base, il y a une haute fente verticale dont je pressens un ébrasement (voir vocabulaire) intérieur important facilitant l'angle de tir.

  Un peu plus haut, la tour possède un système de tir plus efficace grâce à une archère cruciforme.

  Nota : Pour une construction du 15ème siècle, je suis surpris de ne point voir d'arquebusière, ni de cononnière. Mais peut être qu'il y avait un puissant rempart extérieur disposant de systèmes de tir "moderne".

Une entrée trop sage pour un château fort


Les entrées

     En regardant de loin les 2 portes d'entrée, je suis surpris de ne point voir des traces de pont levis. Et aucune trace de herse est visible sur la grande porte.

  Ma théorie d'un puissant rempart externe assurant la totalité de la défense semble encore plus évidente.

 

        L'intérieur :

L'inventaire

   Hélas, la propriété est fermée et non visitable. Une brochure m'informe que :

** Le rez de chaussée comprend :

* Une grande cuisine avec une vaste cheminée,

* Une importante salle de réception avec tapisserie,

* Un petit salon,

* Un accès au jardin,

* Une chapelle occupe l'aile droite,

* Une citerne recueillant les eaux de pluie  est accessible.

** Les étages sont constitués :

* D'une dizaine de chambres seigneuriales et d'invités,

* Des chambres plus petites pour les serviteurs.

 Il semblerait que le château possédait 23 lits pour les maîtres et invités, puis cinq pour le personnel.

 

Le mystère du nombre de lits

   Je vois certains d'entre vous compter (sur leur doigts) puis me dire : "Chevalier, 28 lits pour 12 à 15 chambres, cela signifierait il que point personnel étaient les lieux de repos ?"

   Raison vous avez, mes merveilleux lectrices et lecteurs. A cette époque, il était de bon ton d'avoir des voisins de chambrée. Si un seigneur vous invitait dans sa chambre (mais pas dans son lit), c'est qu'il vous estimait au plus haut point.

 

C'est fini

   Tous les plaisirs ont une fin. C'est le moment de quitter cette beauté de pierres. Avant de partir, j'admire le paysage magnifique des collines Ariégeoises.

 

 

Histoire du château :

*Au 13ème siècle, une famille Durfort est aussi seigneur de Verniolle et co-seigneur de Bonnac (est ce la même famille ?).

* Au 15ème siècle, construction de l'actuel château.

* Au 16ème siècle, les Guerres de religion opposent les Français. Le Sire d'Andou, habitant à Bélesta et capitaine d'une armée de Huguenots, assiège Saint Ybars (une proche commune). Les historiens supposent qu'il est aussi venu combattre à Durfort, village catholique.

* En 1587, un inventaire (?) fait état de 2 pièces d'artillerie, 7 arquebuses, 3 mousquets, 4 arbalètes, 4 hallebardes et un coffre contenant de la poudre et des balles..

* En 1748, la Baronnie (voir titre de noblesse) est achetée par la famille Cazals.

* Vers 1792, les révolutionnaires s'emparent du château. Pierre Raymond Marie de Cazals quitte définitivement son château.

* En 1824, L'ancien propriétaire Pierre de Durfort décède à Toulouse. Dans le legs des métairies à sa fille, le château n'est pas cité. Était il en ruine ?

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite depuis la rue et le sentier. La visite de l'intérieur est interdite.

 

Les collines de l'Ariège sont un de mes péchés

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13 juin 2009 6 13 /06 /juin /2009 06:30


 

Département :   09 - ARIEGE

 

Le bourg :

Accrochée au rocher, le vieux château invite les passants à une promenade inoubliable !    Situation :   (--> le voir sur une carte

      Le petit village de Roquefixade est situé à 80km au Sud-Sud-Est de Toulouse, à 60km au Sud-Ouest de Carcassonne et à 15km à l'Est de Foix (voir son château).

   Coordonnées du château :

42° 46' 19" N 1° 45' 12" E
 42.938615  1.753559

 

   Origine du nom :

Roquefixade signifie littéralement : la "roche fissurée" (roca fisada).
    Cette expression évoque une énorme entaille dans le rocher qui a été enjambée par la construction d'une arche de pierre (nommé aussi : un arc de décharge) dans le rempart du château..

 

Le château :

      Comme de nombreuses fortifications de cette région, le château de Roquefixade est planté sur un piton. Pour garantir une surface habitable et une bonne défense, les remparts épousent les limites de l'éperon rocheux.

       Conséquence : Roquefixade est une vaste forteresse qui compte plus d’une centaine de mètres de long. L'architecture très variée du château et des fortifications reflètent plusieurs époques de construction.

 

       L'extérieur

Archères en bas, et confort en haut ! L'approche
     C'est au Nord-ouest du bourg, par un petit chemin légèrement en pente que j'accède à cette ruine. Le sentier  longe d’abord la falaise puis contourne le pog pour serpenter dans un pré à forte pente. Sur la droite (la face Nord du château), la falaise est très escarpée. Elle est entaillée d’une large faille au-dessus de laquelle est posée une voûte portant le mur d’enceinte.
     Rapidement je suis en face de cette beauté de pierre.
 
Le plan
   Pour les profanes, les ruines peuvent parfois être un peu brouillonnent et difficiles à comprendre. Pour éviter de vous perdre, je vous propose ce petit plan :
 * L'entrée est évidemment à droite (au Sud-Est) par la basse cour,
  * Le château avec son logis seigneurial est à gauche, isolé sur sa falaise et bien protégé.

       L'intérieur

Les remparts

    Les architectes de cette forteresse ont concentré les éléments de défense sur le coté le plus vulnérable (Le Nord-Est). Ils ont entouré les bâtiments d'une 1ère enceinte de 40 mètres de long (dont il subsiste de beaux vestiges).

 

L'étoitesse de l'entrée est une astuce défensive efficaceLe châtelet

      L’entrée du château (malheureusement très dégradée) se fait par un châtelet. Il comporte deux portes successives, très étroites et taillées dans la roche munies de deux herses. Entre ses 2 portes, un assommoir est (avec mon imaginaire) encore visible.

 

La basse cour

     La basse-cour occupe les trois quarts de la superficie du site (voir le plan). Elle est entourée de courtines prolongeant la "ligne" formée par les crêtes.Elle porte bien son nom de "cour basse, car le château est posé sur le rocher au dessus.


Le logis seigneurial

      La porte d'entrée du château habitable est encore visible. Les archéologues ont estimé sa construction au 16ème siècle.

   L'intérieur ressemble plus à un chantier qu'à un palais (Évidemment, puisque c'est une ruine médiévale et aussi parce que vous êtes sur mon blog ).

    Chaque ensemble de pierres est fascinant dans une ruine, il révèle sa date de construction et sa fonction. En bas, ces ouvertures ressemblent à des archères droites avec faible embrasement, et en haut ce devait être le logis seigneurial que les historiens datent du 15ème( ?).

     Sur le point le plus élevé de la barrière rocheuse, quelques traces du donjon apparaissent. Il est sans doute du 14ème siècle.
Hypothèse
    Les historiens et archéologues pensent que du sommet, les défenseurs de Roquefixade pouvaient communiquer par des feux avec ceux de Montségur.
    Le panorama à 360° est extraordinaire. On distingue le village, la vallée de Lesponne, le Pays d’Olmes, Montségur, les Corbières, le Lauragais et la chaîne des Pyrénées.

 

 

Histoire du château :  

* Vers le 10ème siècle, une fortification semble existée (certaines études d'historiens l'attestent)

* Au milieu du 11ème siècle, les Comtes de Toulouse (voir ce livre) ont des relations difficiles avec leurs voisins de Foix pour la possession de Roquefixade. Ce territoire appartient parfois à l'un ou à l'autre Comté.
* En 1180, un "château" est mentionné. Il appartient à la famille Villemur, mais d'autres textes le donnent en possession aux Fourquevaux. 
* En 1200, Corba de Lanta propriétaire du "château" de Roquefixade épouse Raymond de Péreille (ou Pereilhe), seigneur de Montségur. Pour ce fief, Raymond rend hommage au Comte de Foix (voir ce château).
* A partir de 1207, un terrible drame va se répandre sur les châteaux de cette région : La croisade des Albigeois (voir ce livre).
* Au début du 13ème siècle, le château devient un lieu de refuge et de résistance pour les "Cathares". L'armée de Simon de Montfort, chef des croisés (voir ce livre), rase la ville.
* En 1243, un conflit oppose le seigneur de Roquefixade au Comte de Toulouse sur la possession du château et des terres. Le château est un point stratégique dans le système de défense du Pays d’Olmes, .
* En 1244, après la chute de Montségur, le château de Roquefixade n'est plus un refuge cathare.
* En 1258, le roi de France (voir liste des rois) définit les frontières avec l'Aragon au traité de Corbeil. Roquefixade et Montségur, deviennent la limite Sud-Ouest du territoire.
* En 1270, pour mieux contrôler le territoire et renforcer la défense des Corbières, le roi de France Philippe III le Hardi achète les droits de possession de Roquefixade à Raymond Roger de Pailhès.
* En 1272, lors de la révolte mené par le Comte de Foix contre le roi Philippe III le Hardi, les propriétaires de Roquefixade apportent leur soutien au Comte.
* Après la reddition du Comte de Foix, le roi de France fait saisir le château de Roquefixade. Il devient garnison royale pour contrôler cette région qui s'enflamme trop souvent (à son goût). 
* En 1288, le Roi octroie  des privilèges aux habitants de Roquefixade. Le village est repeuplé et le château transformé en une bastide avec une forte garnison. Ce lieu fondée par le Sénéchal de Briatexte se nomme maintenant :   "Bastide de Montfort" (certains historiens doutent de cette appellation).
* En 1302, la garnison comprend :
       - Un chapelain,
       - Un guetteur,
       - Un portier,
       - Douze sergents....
* Au 14ème siècle, quelques modernisations de défense sont réalisées. Le donjon est modifié.
* En 1463, le roi de France Louis XI restitue le château à Gaston IV, Comte de Foix.
* Au 15ème siècle, des travaux sont réalisés. Plusieurs salles du château sont remaniées.
* Au 17ème siècle, De Caulet (famille des capitouls Toulousains) achète la seigneurie de Roquefixade. Puis,  le château change de propriétaire par le mariage de Marguerite de Caulet (sœur du fameux François-Etienne évêque de Pamiers) avec Jean de Lévis, Baron (voir titre de noblesse) de Lavelanet.
* En 1632, Henri II, Duc de Montmorency et gouverneur du Languedoc, crée un soulèvement de la province contre le pouvoir royal. Le seigneur de Roquefixade participe à la révolte.
* Fin 1632, après la défaite du gouverneur du Languedoc, Louis XIII ordonne la démolition de plusieurs châteaux dont celui de Roquefixade. Deux raisons :
        - L'élimination d'un refuge potentiel de rebelles.
        - Le coût important pour l'entretien de ce site devenu non stratégique,
* En 1633, le gouverneur Royal de Foix  (La Forest Toyras) ordonne au Sieur de Caraybat d'accomplir la démolition du château.
* En 1675, la châtellenie est vendue à Vital Guilhon de Lestang Baron de Celles. Cette famille est propriétaire du lieu jusqu'à la révolution.
* Vers 1792, la ruine et ses dépendances sont vendus comme bien national. Et comme souvent, le château devient une carrière de pierre.
* A la fin du 20ème siècle, des fouilles sont organisées. 

* Au 21ème siècle, la visite est libre et gratuite. Le risque de recevoir une pierre n'est pas négligeable.

 

Bien qu'en ruine, ces vieilles fenêtres attirent le curieux que je suis à regarder la vallée.

 

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22 décembre 2007 6 22 /12 /décembre /2007 07:30

 

Département :  09 - ARIEGE

  Il était une fois, en haut sur la montagne, un château.......

Le bourg :

   Situation :   (--> le voir sur une carte)

       Le bourg de Dun est situé à 55km au Sud-Ouest de Carcassonne, à 18km au Nord-Est de Foix et à 18km au Sud-Ouest de Mirepoix.

  Coordonnées du château :

43° 1' 57" N 1° 48' 7" E
 43.032588  1.802128

 

Le château :

    L'extérieur :

Où est il ?

       Le château est situé sur une colline à l'extérieur du village actuel, sur la rive droite du ruisseau Douctouyré.
      Aucun véritable chemin permet son accès, mais le champs à vaches (il y avait des chevaux le jour de ma visite  ) est assez facile à monter.

      Les ruines du vieux château sont noyées dans une épaisse végétation entourée d'arbres. Pour l'explorer, il faut absolument s'y rendre en hiver, le manque de feuille permet de comprendre l'architecture de cet ancien château.

 

La découverte

   Un fossé, aujourd'hui peu profond et habité par des ronces, entoure l'ensemble. Un premier rempart est visible mais les éboulis de terre et de grands arbres bien ancrés ne permettent pas d'en distinguer les véritables contours, ni de prouver l'existence de tour d'angle.

 

     L'intérieur :

Rapide analyse

    Les murs des bâtiments sont imposants et hauts.  Il devait y avoir 2 étages. Des archères très rustiques (avec des graffitis modernes) sont percées sur les 4 murs extérieurs. Aucune bouche à feu ou arquebusière est visible. Cela prouve le rôle non guerrier de ce château après au début du 16ème siècle. Il est vrai qu'il n'était pas frontalier et n'abritait plus un seigneur au 15ème siècle. Les murs comportent de nombreux trous de boulins (voir vocabulaire).

 

Dernières constatations

    L'architecture est un rectangle très classique. Je n'ai pas trouvé d'emplacement de puits, cuisine, etc..... Avec les grands arbres poussant à l'intérieur, puis les orties et les mûriers, il n'est pas aisé de fouiller à genou.
     En enjambant "un champs d'arbre morts", j'accède au rempart et j'apprécie cette vue unique qu'offre les ruines médiévales. Mais une autre ruine se profile à l'horizon, il me faut rejoindre mon destrier pour vous commenter un autre prestigieux "château dit Cathare".

 

 

Histoire du château :

* Dès 1040, Dun est cité comme l'une des premières places fortes du comté avec Foix, Castelpendent et Varilhes.
* En 1034, mort du comte Bernard de Foix. Son fils, Roger Ier fait serment et hommage à Pierre évêque de Gironne (son oncle paternel) pour acquérir les châteaux et domaines de Carcassonne, ainsi que le domaine de Dun .
* En 1095, Roger II, Comte (voir titre de noblesse) de Foix, décide d'aller en Terre Sainte. Il donne en gage à Bernard Aton les lieux et châteaux de Foix, Frédelas, Lordat, Castelpenent, Mirepoix et Dun. S'il n'a pas de descendant, ces terres lui seront données définitivement. Hélas, Roger II revient des croisades et eut quatre enfants.
* Vers 1125, il semble qu'un différent oppose Roger III et Bernard Aton sur la possession de plusieurs châteaux dont celui de Dun.
* En 1162, un accord est signé entre les seigneurs de Dun et le comte Roger-Bernard.
* En 1206, le seigneur de Dun accueille pour plusieurs nuits une communauté de "parfaites" cathares, (créée par Philippa de Foix, épouse du Comte de foix Raimond Roger) ainsi que le diacre Guillaume Clergues.
* Vers 1209, durant la croisade contre les Albigeois, le château est conquis par les troupes de Simon de Montfort.
* En 1212, la seigneurie de Mirepoix, dont fait parti Dun, est "donnée" à Guy de Lévis, principal lieutenant de Simon de Montfort,
* En 1229, le traité de Paris ratifie la confiscation des biens des seigneurs de Mirepoix au profit de Guy de Lévis.
* En 1230, à la mort de Guy, son fils prend la succession de la seigneurie. Cette famille gardera ces domaines durant 500 ans.
* En 1299, Guy III de Lévis meurt, sa femme disparaît peu de temps après. Un problème de succession se pose car il y a 12 enfants.
* En 1300, après de longues discussions, un accord est conclu. Jean de Lévis, l'aîné des 7 garçons, obtient le domaine et le château de Dun. Il en fait sa résidence principale.
* En 1319, Jean Ier de Lévis décède. Il a deux fils mais trop jeunes pour régir un domaine. C'est sa femme, Constance de Foix, qui gère les domaines depuis sa résidence de Léran.
* En 1332, Constance meurt, c'est l'aîné Jean II qui administre les domaines.
* En 1329, partage entre les 2 frères des possessions familiales. Jean II, l'ainé, récupère les 3/4 des terres et châteaux. Gaston, le cadet, reçoit le domaine de Léran et de Dun. Il se nomme maintenant: Levis-Léran.
* Vers 1400 (?), la branche des Lévis s'éteint, et ceux sont les Lévis-Léran qui administrent tous les domaines. Il semble qu'à cette date, le château de Dun ne soit plus la résidence principale des Levis-Léran. C'est le début de son déclin. 
* En 1442, Philippe II meurt, Jean IV son frère constate le mauvais état de la seigneurie de Dun. Il semble qu'il utilise la vétusté du château (et d'autres dépendances de son territoire) pour négocier un aménagement de ses "taxes" auprès des services royaux.
* En 1510, le château est qualifié de "défendable".
* Vers 1792, la révolution Française sonne le glas de ce château qui est pillé et brûlé.
* Au 21ème siècle, la visite est libre et gratuite, mais à vos risques, car les murs ont été peu consolidés.

 

Les trous de boulin pour la construction des murs sont visibles sur toutes les parois

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