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Ombre et lumière

21 août 2010 6 21 /08 /août /2010 06:30
La rubrique CINEMA regroupe les films ayant pour thème Le Moyen Age ou ayant comme cadre (même partiellement) un château médiéval.



  Affiche du film : Les visiteurs
Année 1993
Réalisateur Jean Marie Poirée

 

  Acteurs   Rôles
 Christian Clavier  Jacquouille la fripouille  //  Jacques-Henri Jacquard
 Jean Reno  Hubert Godefroy Amaury de Malfête, Comte de Montmirail, d´Apremont et de Papincourt
 Valérie Lemercier  Frénégonde de Pouille  //  Béatrice de Montmirail
 Marie-Anne Chazel  la clocharde Ginette Sarclay
 Isabelle Nanty  Fabienne Morlot


 
 
 
  Présentation du film
 
   « En 1123 -  Après avoir sauvé la vie du Roi de France Louis VI (voir liste des rois), le Comte Godefroy de Montmirail se voit accorder le droit en mariage avec Frénégonde, la fille du Duc Fulbert de Pouille.
   Godefroy fait route vers le château de sa promise quand une
malfaisante sorcière lui fait absorber un breuvage maléfique. Cet élixir donne des hallucinations au Comte, et il assassine par erreur son futur beau-père.
   Afin de réparer sa faute, Godefroy demande conseil au mage Eusaebius. Celui-ci concocte une potion pour renvoyer dans le temps le malheureux
Godefroy.
   Mais le mage a oublié un ingrédient dans la préparation de la potion. Godefroy et  Jacquouille la Fripouille (
son écuyer) se retrouvent à la fin du 20ème siècle.
  Le Comte fait la connaissance de sa descendante, Béatrice de Montmirail, qui est le sosie de Frénégonde.»

 
 
 
  Ce que j'en pense
 
     Evidemment, ce n'est pas un film historique, mais il se laisse regarder si l'on accepte de rire à quelques gags faciles et aux quiproquos.



Où est le Moyen Age ?

   Beynac, Carcassonne puis Ermenonville sont les châteaux que l'on voit ou aperçoit durant les péripéties de Jacquouille et Godefroy Comte (voir titre de noblesse) de Montmirail.

 

 

 

Question :


  Pensez vous qu'il y ait plus de châteaux dans l'épisode 2 des "Visiteurs" ?

 

La réponse est ici !

 

 

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cinéma
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20 août 2010 5 20 /08 /août /2010 06:30

 

Département :  11 - AUDE 

  La vieille tour surveille toujours la ville.

Le bourg :

   Origine du nom : (voir initiation à la toponymie)
      GRAU signifie "Entrée".  L'étang était l'entrée de l'ancien port de Narbonne, avant l'ensablement.  

 

   Situation :   (--> le voir sur une carte)

     La commune de Gruissan est située à 70km à l'Est de Carcassonne, 50km au Nord-Nord-Est de Perpignan et à 12km au Sud-Est de Narbonne.

 

    Coordonnées de la tour :

43° 6′ 28.01″ N 3° 5′ 3.98″ E
 43.10778°  3.08444°

 

 

Le château :

     L'extérieur :

Curiosité

* Gruissan est connu par tous les vacanciers pour sa proximité avec la méditerranée et pour sa plage facilitant le bronzage en été.

* Le touriste curieux, sachant lever la tête en direction de la charmante petite ville avec ses sinueuses ruelles, verra pointer au dessus des toits, une tour sur un rocher.

* En réalité, c'est le vestige de l'ancien château médiéval.

* Curieusement, sur les cartes et guides touristiques, cette ruine est nommée :

LA TOUR BARBEROUSSE.

 

La découverte

* De loin, ce château ressemble à une tour de guet posée sur le seul rocher du paysage.

* La découverte est merveilleuse à pied car les ombres des maisons dans les ruelles amènent la fraîcheur qui manque au mois d'Août (je ne sais pas pourquoi je dis cela, je l'ai visité en mai ).

 Au pied du rocher, la tour paraît inaccessible

Rapide analyse

* Au pied du rocher, la vision est impressionnante par la verticalité.

* Le château ne cache pas ses origines médiévales.

* Un chemin récemment aménagé permet la montée lente et facile sur la plate-forme.

* Porte, remparts, courtines ont disparu, mais les contours sont bien dessinés et les restes des fondations expliquent l'architecture de ce petit château seigneurial. 

 

     L'intérieur :

As tu vu la vue ?

  Le plus impressionnant est d'abord la vue. Les murs principaux ont disparu, la vision est à 360°.

IMPRESSIONNANT !

   Malgré son état de ruine, le château montre de belles réalisations architecturales.

 

La tour ronde

* La tour ronde possède des murs de 1,50m d'épaisseur.

* Elle se termine en bas par un glacis (pente).

* A l'extérieur, des pierres à bossage donne un aspect solide et défensif.

* Une archère droite (du 12ème siècle ?) est visible dans la partie basse.

* Des fenêtres romanes à coussiège (voir vocabulaire) donnent à rêver à la belle qui cousait en regardant au loin l'arrivée de son époux (heu, je pense que pendant les invasions barbares et les guerres de religion, ce devait être des hommes d'arme à cet emplacement).

* Cette tour devait comporter 3 étages. Mon affirmation est due aux empreintes assez visibles dans les pierres.

* En haut, je distingue des traces de corbeaux devant soutenir une bretèche.

 Pourquoi ne pas avoir taillé toute la surface ?

Architecture intérieure

* Les salles basses sont nombreuses et bien restaurées.

* Celle-ci devait être une cave ou un cellier. L'autre est certainement la citerne.

* Il est curieux que si près de la mer il n'y ait pas eu de puit.... (salé   ).

* Au centre, le rocher est présent sur une importante surface laissée brute.

Curieux !

* Ce sol est taillé par endroit et des fondations de murs laissent à penser à des bâtiments de commodités.
* Mais la restauration est très bétonnée pour donner crédit à mon imagination très fertile sur ce sujet.

 

Conclusion

* Si vous passez très près de cette ville, il serait dommage de manquer la vue depuis le château ainsi que la découverte romantique des ruines au soleil couchant (par exemple).

* Par contre, cette ruine ne vous apprendra que peu sur l'architecture militaire et son évolution jusqu'au 16ème siècle.

 

Le diaporama de le tour Barberousse est ici.

 

 

Histoire du château :

* En 768, Pépin le Bref donne à l'évêque de Narbonne des droits sur la navigation et l'exploitation des salines (Le sel est un bien très précieux à cette époque ou le réfrigérateur n'existait pas).

* En 864, Charles le Chauve (voir liste des Rois) attribue à l'Église de Narbonne la moitié des droits de péage sur le commerce de terre et de mer, ainsi que la moitié des salines appartenant au Comte de Narbonne.

* L'Eglise établit ainsi une seigneurie et perçoit les droits sur une partie du domaine maritime et sur le terroir de Gruissan. C'est la première fois que le nom de Gruissan est nommé dans un texte.

* En 1084, un partage signale l'existence du château de Gruissan que se dispute l'Archevêque de Narbonne et le Coseigneur installé sur le site. C'est la première mention officielle d'un château sur le territoire de Gruissan dont nous ne connaissons presque rien sur son architecture (Ce devrait être une simple tour carrée, entourée de remparts aveugles).

* Durant la fin du 11ème et le début du 12ème siècle, de nombreuses incursions de pirates obligent les paysans et ouvriers exploitant les salines à se protéger dans le château.

* A partir de 1209, début de la croisade des Albigeois. Curieusement, Gruissan n'est pas cité dans les combats ou les donations. 

* En 1245, la vieille tour (aujourd'hui disparue) est la propriété des 2 coseigneurs.

* En 1247, fin des travaux d'une autre tour de forme circulaire. les travaux sont demandés et dirigés par l'archevêque Guillaume de Broa.

* En 1289, l'insécurité de la région oblige l'Archevêque à demander la protection Royale. Une garnison est envoyée par le Roi (voir liste des Rois).

* En 1296, Gilles Aycelin archevêque de Narbonne et le seigneur de Gruissan achètent ensemble la part de seigneurie de Béranger de Boutenac (vassal du Vicomte de Narbonne).

* En 1311, un châtelain est nommé pour diriger les terres et le château.

* En 1341, le châtelain se nomme Pierre Gaubert.

* En 1582, les guerres de religion ravagent le pays. Le château est pris successivement par les troupes de Montmorency puis celles du Duc Anne de Joyeuse.

* En 1585, des soldats royaux sont envoyés pour occuper le château et le village. Le Chapitre de Narbonne pense même à détruire cette forteresse trop souvent objet de conflits.

* En 1597, fin de la huitième et dernière guerre de religions. Les soldats quittent le château, le seigneur de Gruissan reprend son domaine très dévasté et son "fort" très abîmé. La Renaissance et la transformation des méthodes de guerres rendent inutile une forteresse médiévale.

* Vers 1610, les menaces Espagnoles redonnent un sursis bien faible à la vocation de ce château. C'est l'abandon progressif du site et son déclin inévitable.

* En 1690, il sert de carrière de pierres pour la construction des maisons à ses pieds. Il est cité en tant que ruine.

* En 1948, le site est classé aux Monuments Historiques.

* Durant la fin du 20ème siècle, le château est consolidé puis rendu accessible aux piétons.

* Au 21ème siècle, la visite est libre et gratuite. Elle est déconseillée les jours de grand vent.

 

La vue est le plus beau cadeau des sites médiévaux !

 

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16 août 2010 1 16 /08 /août /2010 06:30
 

  En Ardèche, le petit village de Thueyts parait très calme. Mais cette tranquillité cache un terrible secret. Il a pour point de départ un gigantesque pont très ancien enjambant la rivière Ardèche.

   Cet ouvrage a engendré une légende nommée :

 

 

 

Le Pont du Diable de Thueyts

 

 

     Il y a bien longtemps de cela, les amours naissantes des jeunes gens de Thueyts ne pouvaient se montrer au "grand jour". Il fallait donc que les jeunes amants se retrouvent dans un petit bois.

Promenons nous dans les bois, pendant que le loup n'y est pas......Hélas...........

     Oui hélas, le bois le plus joli et le plus feuillu se trouvait de l'autre coté de la rivière, et point de pont pour franchir le gouffre qui les séparait du "bonheur".

   La seule solution, faire les 3 lieus pour rejoindre le pont du village voisin. Fatiguant était cette aventure, même pour une belle et forte et pure envie.

   Un beau jour, un jeune amoureux se rendit près de la rivière et pesta violemment contre cet immense vide :

  • * "Pourquoi avoir fait un gouffre en cet endroit ?"
  • * "Sommes nous maudit pour ne pas avoir de pont alors que les autres villages en ont ?"
  • * "C'est pas juste !!!!!!" dit notre Casanova en tapant du pieds le rocher.

  

 

 Un simple pont...... Vous ne désirez que cela, ho bel amoureux ? Soudain, venu de nulle part, un curieux personnage s'avança sans bruit vers le jeune amoureux dépité.

  • # "Que t'arrive t il mon jeune ami" souffla mielleusement l'inconnu.
  • * "Rien messire, un instant de regret" dit doucement notre amoureux.
  • # "Allons mon jeune ami, comment un beau damoiseau, fort, intelligent, astucieux (vous avez compris que l'inconnu au nez crochu connait le point faible des hommes, et que flatterie il utilise merveilleusement), oui comment peut il regretter quelque chose ?....
  • *.......
  • # "Que manque t il à ton bonheur, ho, merveilleux ami ?"
  • * "Rien que vous ne puissiez faire !"
  • # Crois tu ?.... J'ai de nombreux amis qui m'aident souvent, et rien n'est impossible !" ricana l'homme inconnu.
  • * "Un pont, ici où nous sommes, voila le besoin impossible" cria d'exaspération notre jeune amoureux déçu.
  • # "Ho, mais ce n'est que cela !..... rien de plus facile"

  Notre amoureux n'était pas stupide (car il avait lu d'autres légendes sur mon blog), et comprit que cet inconnu devrait être un envoyé de Satan, ou bien le "maître en personne". Il voulut montrer sa perspicacité.

  • * "Je pense que tu vas me demander quelque chose en échange, Satan-nez bonhomme" pouffa le damoiseau pensant avoir fait un beau jeu de mot  (l'avez vous vu, ho mes merveilleux lecteurs ?).
  • # "Rien, non, je ne vois pas, j'ai envie de faire plaisir".
  • * "Ha......."  fit surpris notre intelligent amoureux.
  • # "Je dois partir, mais je reviendrais" fit l'inconnu dans un écho d'outre tombe.

  Quelques jours plus tard, les habitants découvrirent un pont enjambant magnifiquement la rivière Ardèche. Vous imaginez bien que nos jeunes amants ont vite fait de tester ce pont pour....... (censure).

   Mais depuis ce jour, "on" prétend que parfois, des jeune gens disparaissent. Certains pensent au Diable.  Le curé affirme que Dieu punit ceux qui nourrissent des amours illégitimes.

    Les vieilles à la veillée affirment que....... les soirs de grand vent....... on peut entendre les gémissements des damnés....... personne connait la vérité !

Il parait bien calme ce pont, et pourtant Belzébuth guette !.... Le voyez vous ?

 

Brrrrrr, cette légende fait froid dans le dos.

    Comme un chevalier n'a peur de rien, je suis allé voir ce pont. J'ai pensé qu'en y allant seul, le Diable ne me jetterait pas dans le gouffre.

   Et puis (je vais vous faire un aveu), j'espérais secrètement qu'une douce damoiselle m'attendrait en jetant quelques pétales de rose dans l'eau claire. ........mais.......Rêve n'est point réalité :

  • - Point de frêle donzelle sur le pont, ni dans le petit bois (Il est vrai qu'à 23H00, elles sont couchées, surtout avec la fraîcheur nocturne d'avril.).
  •  
  • - Et puis, dans cette nuit sans lune, je n'ai pas vu le mauvais "nivelage" du sol...... je chus donc sur mon nez.......... Avec un pansement digne d'une momie, il va m'être difficile de séduire des Ardéchoises...... Zut, le pont est bien l'oeuvre d'un esprit maléfique..... snifff.... j'ai maaaaaaaaaaaal ! 

 


(c) Le dessin de "l'amoureux et du diable" m'a été confié par une jeune artiste talentueuse qui a un blog ICI.

 


   Voici d'autres légendes avec le Diable pour....... "Héros" :

  

  * le puits du Diable de Fleckenstein

  * la Pierre Percée

  * le Pont du Diable de Montoulieu

  * le Pas de Soucy

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15 août 2010 7 15 /08 /août /2010 06:30

 

Département :  11 - AUDE
 

 

Ho, je vous vois rire, vous pensez : 

"Ce castellologue se moque de nous, Cucugnan est connu pour son curé, narré brillamment dans  'les lettres de mon moulin'  par Daudet, mais pas pour son château !

 

    Mais non, chers lectrices et lecteurs magnifiques et merveilleux (heu, la flatterie est une arme dont j'use avec plaisir) de mon blog, point de filouterie de ma part ni d'ensorcellement ayant fait perdre la tête de votre serviteur.

   Cucugnan avait bien un château à l'époque médiévale. Je vais m'empresser de vous le montrer, avec moins de maîtrise qu'Alphonse bien sur.

  

Le bourg :

   Situation  (--> le voir sur une carte)

      Le bourg de Cucugnan est situé à 50km au Sud-Ouest de Narbonne, à 25km au Nord-Ouest de Perpignan et à 10km au Nord-Est de Saint Paul de Fenouillède.

 

Le château : 

      L'extérieur :

Une vie

      Coincé entre les montagnes, protégé par 2 immenses forteresses (Quéribus  et  Peyrepertuse), Cucugnan est aujourd'hui un village paisible de vigneron. Mais il n'en a pas été de même durant 1000 ans. 

 

La découverte

   Le château est situé au Nord du village, sur une butte. Il se présente sous la forme d'un rectangle, un peu arrondi sur la face Sud-Est. (voir le plan)

   Il faut beaucoup d'imagination, comprendre cette ruine. Je prends donc ma loupe de Sherlock Holmes et je pars à la recherche des indices.

 

Rapide analyse

   Un mur de la courtine au Sud-Est facilite mes premières déductions. Les murs sont peu épais pour une construction médiévale, et surtout l'ensemble est mal appareillé avec des pierres de différentes tailles.
   Un peu plus au Sud, la qualité de la courtine est meilleure et le gabarit des pierres est plus régulier. Au centre, apparaissent les restes d'une tour de défense. Mais elle semble construite avec des pierres de réemploie et contient des tuiles. Elle a du être reconstruite après le 15ème siècle.
     Ce château n'était pas une forteresse imprenable comme Quéribus, mais le château d'un petit seigneur. Il est vrai que le bâtiment s'intégrait dans une défense de village (rempart entourant l'ensemble).

 

      L'intérieur :

    L'intérieur est une expression un peu "pompeuse" car il ne reste presque rien. Par contre, certains indices prouvent des aménagements. A de nombreux endroits, la roche est taillée pour créer une banquette  (voir vocabulaire) devant supporter les murs (hélas disparus).

   Un château d'eau a été construit récemment sur le coté Ouest du château. Il a pris l'emplacement de la chapelle castrale et laisse une parois d'éboulis. La construction d'un château d'eau dans des vestiges médiévaux proche d'un village est  classique, puisque c'est l'endroit le plus élevé. (voir exemple à QuillanCamps sur Agly ...).

 

   Au centre, des cailloux et pierres se confondent avec un beau gazon vert. Ce lieu est très joli pour un pique-nique (ce que j'ai fait) mais il est difficilement exploitable pour comprendre l'aménagement des bâtiments.

  Le coté Ouest est très intéressant. Il y a les restes de murs percés d'archères et de fenêtres de petites tailles.

Sont ce les vestiges d'habitats ?

  Le plus beau bâtiment est sans conteste: La citerne.

 

       La citerne :

   Elle mesure 4m par 3m avec une belle voûte en berceau (Ne vous fait elle pas penser à celle du château de Murat ?). A l'intérieur, on distingue sur les parois verticales en grès un enduit rose de fontainier. Curieusement, cette citerne a été percée d'une ouverture dans le mur Sud, cela m'a permis de constater que l'enduit n'était pas seulement sur les parois, mais aussi à l'intérieur.

   Avec cette ouverture "récente", la citerne médiévale a vécu une deuxième vie :  Cave, grange, étable ou habitat. 

 

 

Histoire du château et du village :

* En 951, apparaît un site nommé : Cucuniano. Il est donné par le Comte Roger de Carcassonne à l'abbaye de Lagrasse.
* En 1070, Cucuniano est cité dans le serment prêté au comte Bernard de Bésalù (aucune mention d'un château mais il devait exister une motte).
* En 1140, la "forteresse" de Cucuniano fait partie de l'hommage rendu par Béranger de Peyrepertuse au Comte de Barcelonne (voir titre de noblesse).
* Au début du 13ème siècle, les familles de Peyrepertuse et de Cucugnan sont très liées. C'est Guillaume de Peyrepertuse qui est le seigneur du village.
* Vers 1209,  la croisade des Albigeois  est très destructrice pour les châteaux de la région. Celui de Cucugnan n'échappera pas à la croisade.
* Vers 1239, Béranger, seigneur de Cucunhan est très impliqué dans les combats contre "les envahisseurs du Nord". Il assure la défense du château de Camp sur Agly.
* En 1239, Pierre de Cucunhan ravitaille les hérétiques réfugiés dans le château de Puylaurens.
* En 1240, le 'castrum de Cucugianco' cède devant la puissance des croisés, et son seigneur se soumet au roi de France Louis IX  (voir liste des rois).
* En 1247, le seigneur jure fidélité au roi. Cette action a pour conséquence la libération de son fils détenu au château de Termes. Il récupère aussi les terres de Camps sur Agly et Soulatge.
* En 1258, 'le traité de Corbeils fixe les frontières entre le domaine royal de France et le royaume d'Aragon. La frontière est dans le Fenouillièdes, à quelques lieus de Cucugnan.
* En 1345, un texte cite le nom de Guillaume de Peyrpertuse, 'seigneur de Cucunian'.
* Au 15ème siècle, une incursion Espagnole détruit le village médiéval.
* Au 16ème siècle, un nouveau village s'établit sur les ruines de l'ancien; Des remparts et une porte fortifiée sont construits.
* En 1692, une maison de 'Seigneur' est mentionnée, mais ce n'est plus le fier château médiéval.
* En 1792, la révolution Française sonne le glas de cette construction. De nombreuses pierres sont pillées pour construire des habitats dans le village.
* Au 20ème siècle, la construction d'un château d'eau détruit partiellement le site et surtout l'ancienne église.
* Au 21ème siècle, la visite est libre et gratuite. Le risque de recevoir une pierre existe, bien que faible.  

 

Quelle vue !

 

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14 août 2010 6 14 /08 /août /2010 06:30


Pays :

 ESPAGNE

Région :

 CATALOGNE

 

Le bourg : 

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

       Le petit village d'Aguiló est situé à 20km au Sud-Ouest de Igualada et à 35km au Nord-Est du bourg fortifié de Montblanc.

    Ce petit village est sur "la Ruta del Cister".

Coordonnée du château :

41° 33' 10" 1° 25' 8"
 41.553048  1.418964

 

Le château :

     L'extérieur :

La découverte

    Sur la route touristique que je traduirais par "Route des Cisterciens", mon destrier stoppe à quelques kilomètres d'un village. Avec le soleil brûlant de Catalogne, j'ai des difficultés à voir une abbaye.

Me serais je trompé de lieu ?

 

La vérité

   Évidemment, vous avez compris que ce petit village comporte, non pas une magnifique abbaye cistercienne, mais une petite fortification. La Catalogne regorge de forteresses ruinées qui font mon plaisir.

 

Première constatation

    Cette ruine est posée sur une butte de faible hauteur. Un village s'est installé à ses pieds il y a 7 siècles (je présume) pour bénéficier de la protection de cette petite forteresse médiévale. Depuis le bas, je distingue un premier rempart aménagé en mur de jardin au 20ème siècle, et surtout une belle tour ronde du 13ème.

"Comment est l'intérieur de cette tour ?"  me demandez vous.

 

L'analyse

   Facile de vous répondre. Les ruines aiment se déshabiller (devant moi  ) pour révéler leur intimité.

Trois constatations :
    * Le mur est très épais, preuve d'une construction médiévale.
    * La faible hauteur ne permet pas de définir le nombre d'étage (d'ailleurs il n'y a aucun corbeau voir vocabulaire).
    * Les 2 tours n'étant pas dans les angles, elles devaient protéger la porte principale d'accès.

 Je vous invite maintenant à pénétrer dans une petite fortification médiévale.

 

    L'intérieur :

J'entre

    Point besoin d'escalader les courtines ou de forcer une porte pour entrer dans le château, puisqu'il manque de nombreux murs.

  Quatre nouvelles constatations :
     * Les courtines sont aussi épaisses que les tours.
     * Les pierres sont moyennement appareillées.
     * Surprenant. Le remblai est composé de pierres solides et presque uniformes
     * Il n'y a aucune archère sur les murs. Curieux, pour un château que je datais du 13ème.

Est ce du à la consolidation du siècle dernier ?

 

Un petit château

   Comme je le présumais ce château n'est pas très grand, et peu de détails sont visibles. Le temps et les hommes n'ont pas conservé l'aménagement des salles intérieures, ni les fondations des murs.

   Lorsqu'une ruine médiévale est proche d'un village, que reçoit elle comme construction annexe au 20ème siècle ?

Alors, j'attends la réponse !

 

Le confort moderne s'installe dans le château

Vous ne trouvez pas ?

   Pourtant, je vous en ai déjà parlé au moins 2 fois pour des châteaux en France. Par exemple pour Quillan dans l'Aude ou pour Vaour dans le Tarn.

   La ruine étant sur une hauteur, les hommes la creusent pour implanter un château d'eau.

     Mais depuis quelques années, d'autres constructions accompagnent la vie solitaire des ruines médiévales, ce sont...... les tours de communication.

    Avant de quitter cette petite forteresse, j'admire ce qui est sa richesse.

 

 

  Histoire du château :

* Au 13ème siècle, Il semble qu'une construction fortifiée soit sur la butte.
* Au 20ème siècle, des travaux de consolidation sont réalisés et un château d'eau est installé dans l'enceinte supérieure.
* Au 21ème siècle, la découverte de la ruine est libre et gratuite. Le risque de recevoir une pierre est faible. Site réservé aux passionnés.

 

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14 août 2010 6 14 /08 /août /2010 06:30

 

Département :  67 - BAS RHIN

  L'architecture de ce château est unique, avec cet immense mur bouclier.

Le bourg : 

  Situation :   (--> le voir sur la carte)

     Niederbronn les bains est un village situé à 10 km de la frontière Allemande et à mi-distance entre Bitche et Wissembourg. Le château est à l'Ouest du village.

   Coordonnées du château :

48° 57' 36.4" N 7° 36' 57.161" N
 48.960111°  7.615878°

 

Le château :

    L'extérieur :

L'approche

   Comme toujours en Alsace, le club vosgien a balisé à la perfection les chemins. Une petite promenade à pieds permet de découvrir la belle forêt. 40 minutes plus tard, à 430 mètres d'altitude, la ruine du château médiévale de Wasenbourg.

     Avec les hauts arbres feuillus, le château ne se découvre qu'au dernier moment.

Quel spectacle !

 

Quelle impression de puissance !

La découverte 

    La première chose que je remarque, c'est le grès rose dans cette végétation verte.

  Comme souvent, je fais le tour de la ruine pour ressentir ce château et mieux comprendre l'aménagement interne.

 

L'analyse

   Première constatation, ce château est bien médiéval par ses pierres à bossage (voir vocabulaire) et ses murs posés sur la roche ou utilisant les particularités du terrain.
  Un autre indice de son origine est l'impressionnant mur bouclier. Il est construit au Sud-Ouest, sur le coté de l'attaque. C'est peut être le plus important d'Alsace et même de France : 20 mètres de haut et 4 mètres d'épaisseur.

 

Pourquoi un mur bouclier
    Au lieu de construire un épais donjon, difficilement habitable et peu confortable, la solution a été de réaliser un épais mur protégeant les bâtiments accolés : Protection et confort

   Un logis agréable a fait place aux rustiques tours de cette époque. Cette technique de défense est très rare en France. Elle ne se retrouve qu'à Montségur (département 09) et au château de Crest (département 26)... mais je ne connais pas tous les sites de France.

 

Autres constructions

   Au Nord-Ouest, la façade du palais comporte une élégante petite fenêtre et 2 ouvertures avec des corbeaux. Ces "avancés" ressemblent plus à des latrines qu'à des bretèches (voir vocabulaire) puisqu'il n'y a rien à défendre en dessous.

   Depuis la basse-cour, la vue sur les bâtiments est harmonieuse. Le plus surprenant est le manque d'archère, de bouche à feu et autre système de défense.

Suivez moi pour la visite des habitations.

L'oriel est une construction surprenante sur ce mur borgne 

   La cour intérieure :

   Les murs de la cour intérieure utilisent les rochers, il est vrai que je suis devant un château fortifié du 13ème siècle. Ce type de construction est très "primitif". Je m'attendais à plus de raffinement après avoir vu la fenêtre au 1er étage et aussi parce que Goethe, dans ses souvenirs de voyages, évoquait le romantisme du lieu.

Les habitats seront ils aussi simples ?

 

    Face à l'entrée du "palais", je suis rassuré sur mes futures découvertes. L'oriel est gracieux bien que sobre. La porte d'entrée en arc d'ogive est surmontée de corbeaux, ayant sûrement soutenu une bretèche.

  Il est possible maintenant de faire le plan de ce château. Je vais le simplifier et ne vous montrer que la partie centrale. La basse-cour et les remparts extérieurs ne seraient que supposition et ne sont pas nécessaire pour comprendre le raffinement de cette ruine.

Maintenant, je vous invite à découvrir le "palais". Doucement, je pousse la porte.

 

   L'intérieur :

       Quel choc ! 

 

Je suis entré dans un véritable palais médiéval, lumineux, décoré et vaste, comportant 2 étages.

 

   La première surprise est la frise. Elle a été abîmée par le temps et les hommes, mais elle est encore représentative de la finesse du décor. Elle comporte la tête d'un personnage du 13ème siècle très reconnaissable par sa "coiffure".  Au sol, un caniveau est creusé dans le roc pour évacuer l'eau d'un évier (disparu). Nous ne sommes pas dans une forteresse pour soldats comme au château de Landskron, mais dans la demeure d'un seigneur certainement entouré et conseillé par une femme très artiste.

 

   La deuxième surprise est l'immense cheminée. Certes, il ne reste que les conduits, mais la dimension est représentative du confort donné à cet habitat. A coté de très jolies baies laissent passer une lumière incroyable pour l'époque.

   Pourquoi ne pas imaginer dans les fenêtres à coussiège (voir vocabulaire) une gente dame faisant de la broderie, un seigneur consultant un parchemin de paix avec son voisin et une damoiselle lisant un poème d'un trouvère.

 

   La troisième surprise est incroyable. C'est au 1er étage, une grande baie à neuf lancettes ogivales séparées par des oculi. Cette "fenêtre" gothique est unique en Alsace. C'est le joyau du château de Wasenbourg.

   Dans cette ambiance lumineuse et presque romantique, je me prends à rêver et je regrette de ne pas avoir emporté emporté ce livre dans mon sac à dos .

   Mais un gros corbeau noir, posé sur la branche d'un arbre accroché au mur bouclier, me rappelle à la réalité. Il me faut repartir vers une autre croisade.

 

 

Histoire du château :

* Vers 1250, il semble qu'un château soit construit en ce lieu, mais les archives sont "floues".
* En 1272, la présence d'un château est attestée.
* En 1335, les seigneurs de Lichtenberg sont en possession du château et des terres.
* Vers 1398, le château subit un siège.
* En 1480, le château appartient aux Comtes de Deux-Ponts-Bitche.
* Vers 1525, le château est endommagé durant la "guerre des paysans" (voir explication).
* En 1535, Jacques de Deux-Ponts-Bitche restaure le château.
* En 1570, le dernier Comte Deux-Ponts-Bitche décède sans héritier direct. Le château appartient maintenant aux Comtes de Hainau-Lichtenberg (qui héritent aussi du château de Lichtenberg).
* En 1590, terres et château sont donnés en fief à la famille Niedheimer. Avec cet acte, la famille prend le nom de : Wasenburg.
* En 1592, il semble que le château soit peu entretenu. Sa fonction défensive est minimale car aucune amélioration pour l'artillerie a été réalisée.
* En 1618, début de la "guerre de 30 ans" (voir ce livre). Ce château d'habitation souffre un peu durant cette dévastatrice guerre.
* En 1630, le château est peut être attaqué par les troupes de Louis XIV (voir liste des rois).
* En 1648 (le 24 octobre), signature du Traité de Westphalie mettant fin à la guerre de "30 ans". Il semble que les bâtiments ne soient plus habités après cette date.
* En 1677, il semblerait que les français conduit par Montclar aient détruit le château (il n'est pas le seul, voir Schwartzenbourg).
* Vers 1751, château et terres sont achetés par la famille Gayling von Altheim.
* En 1890, l'ensemble est maintenant acheté par le Reichland.
* En 1898, le château est classé aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte des ruines est libre et gratuite.  Le risque de recevoir une pierre est faible, mais attention avec les enfants, certaines fenêtres ou portes en hauteur n'ont pas de rambarde.

 

Le soleil jouant avec les sculptures de la fenêtre donne de la vie à cette ruine !

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12 août 2010 4 12 /08 /août /2010 06:30

 

Département :   38 - ISERE
 

Le bourg : 

La ruine vole au dessus des arbres  Situation :   (--> le voir sur une carte)

   Le village de Saint Quentin sur Isère se situe en bordure Nord du massif du Vercors, à 25km au Nord-Ouest de Grenoble, sur un petit promontoire de la rive gauche de l'Isère.

   Coordonnées du château :

45° 16' 50.3826" N 5° 33'  6.3066" E
 45.2806618  5.551751554°

 

   

Le château : 

    Lorsque vous circulez depuis Grenoble en direction de Valence, sur la gauche une curieuse ruine tente de survivre aux grands arbres et vous quémande une visite.  Il est vrai que sa vétusté n'attire pas les visiteurs, et pourtant, c'est un très ancien château construit à un emplacement stratégique au 11ème siècle.

 

    L'extérieur :

 La ruine est posée au sommet d'une petite colline de 300m d'altitude. Elle se découvre depuis le stade de football par un sentier légèrement en pente. Au sommet,  c'est à travers les arbres qu'elle jaillit.
    Certes, il faut un peu d'imagination pour comprendre son architecture, et même avec un croquis, il est difficile de reconnaître une forteresse médiévale.
 Légende de la carte :
     1 - Donjon,
     2 - Enceinte du château ou chemin de ronde autour du donjon (?),
     3 - Délimitation de la basse cour (?),
     4 - Rempart extérieur,
     5 - Citerne (?).

   Le vestige le plus impressionnant est le "donjon" avec ses corbeaux, ce sont certainement les restes des mâchicoulis (voir vocabulaire).  En levant les yeux, je crois discerner au sommet les traces de créneaux (mais j'avoue que mon imagination est très fertile devant une ruine).
   Ce donjon a des dimension imposantes : 20m de coté et 35m de hauteur. Ce n'est donc pas une simple forteresse avec tour de guet mais les restes du château d'un puissant seigneur vassal du Dauphin (voir liste).

   

    L'intérieur :

   En contournant la façade Nord, le donjon dévoile quelques "secrets". D'abord dans l'épaisseur du mur (1,2m) le remblai est composé de galets roulés provenant certainement du lit de la rivière Isère en contrebas. Ensuite, la qualité de ses parements. Le tuffe est fragile, mais il est taillé avec attention.
   A l'intérieur du donjon, il est facile de voir au moins 3 niveaux. Deux d'entre eux comportent une fenêtre romane plein cintre avec un large embrasement vers l'intérieur. Curieusement, aucune archère ou bouche à feu est visible.  
 

 
Histoire du château :

* Vers 50 après JC, présence d'habitats gallo-romain.
* Au 11ème siècle, un château est cité.
* Au 13ème siècle, le château "actuel" est construit. Il contrôle le passage sur la rivière et verrouille l'accès au massif du Vercors.
* Vers 1562, durant les guerres de religion, le château est dévasté par le terrible François de Beaumont, baron des Adrets et sa troupe de protestants. Il n’est plus reconstruit.
* Au 21ème siècle, la découverte et la visite de la ruine sont libres et gratuites. Le risque de recevoir une pierre existe. Ruine réservée aux passionnés.

 

Une princesse regardait elle depuis cette fenêtre ?

 

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10 août 2010 2 10 /08 /août /2010 06:30
 

   Dans le département de l'Isère, un site magnifique est à découvrir au Sud de grenoble. Un arc de pierre grandiose, percé en son centre, est posé en haut d’une colline de 1220 m d’altitude. Cet arc était nommé autrefois : La Roche Percée.

   Cette magnifique sculpture naturelle est due à l'érosion des calcaires triasiques. Mais l’explication géologique n’est pas ‘crédible’ et le surnaturel est la ‘vraie’ explication. Ce rocher a fait naître une légende nommée :

 


La  Pierre  Percée

 

    " Au 16ème siècle, le Duc de Lesdiguières, seigneur du château de Vizille (village au Sud de Grenoble), était un grand chasseur. Pour garder son gibier à l’intérieur de son territoire, il décida de faire construire un mur immense entourant son domaine. Mais le coût de la réalisation était exorbitant.

   Il ne pouvait dépenser autant d’argent pour sa simple passion. Satan ayant eu vent de ce besoin ‘démoniaque’ vint un jour rendre visite au Duc :
  • * "Messire, je connais votre envie si belle et si grande" (vil flatteur il est, évidemment).
  • * "Je vous propose ‘gratuitement’ de construire cet immense rempart".
Le Duc comprit que piège il y avait, mais il laissa parler le Diable.
  • * "Je ne vous demanderai rien de terrestre, juste……….. un petit rien ...."
  • * ".......un presque rien................Votre……… âme".
 
C’est le contrat habituel de notre satanique marchand, (Vraiment Belzébuth est trop prévisible !).
  Le Duc voulait vraiment son mur, mais la damnation, c'est peut être un peu trop. Il mit donc une close à l'accord.Tagada, tagada...
  • - "Tu devras construire ce mur en un temps record".
  • * "Bien sur votre majesté" fit le diable.
  • - "Je vais monter sur mon cheval et faire le tour de mon domaine".
  • * "Tout ce qu’il vous plaira votre grâce" ricana Satan.
  • - "Et si le mur n’est pas fini lorsque j’aurais fait le tour, je ne te devrai rien".
  • * "Wouaff, wouaff" aboya le diable certain de gagner.
 
   Et pendant que le Duc allait sceller son destrier, Belzébuth demanda à son Folaton (C’est un esprit espiègle qui hante les alpages et les chalets) de commencer instamment la construction.
   Evidemment, le diable tricha un peu (sinon il ne serait pas diabolique) en faisant appel à des dizaines de diablotins commandés par le Folaton.
Le mur s'allonge à une vitesse extraordinaire ! 
 
Les deux extrémités allaient se rejoindre... tout est perdu !  
 
   Le divin surveillait-il ce spectacle ou l'ange gardien Ducal était il puissant ?   Nul ne le sait, mais d'un saut prodigieux, presque surnaturel, le cavalier franchit le mur non terminé.

Satan pesta, jura, cracha  (oui, il a le droit, c’est le diable).


    Il fut si mécontent du Folaton, qu’il l'expédia d'un grand coup de pied, sur la colline de Creys, près de La Motte d'Aveillans.

  Il atterrit à quatre pattes, la tête sur le sol, avec sa grosse bosse sur son dos. Satan le pétrifia pour l'éternité. (il est bien rancunié ce diable !). "

 

     Si un jour, vous venez dans cette calme région, ne manquez pas la balade agréable et courte avec une vue sur les Écrins et sur les lacs. Pique-niquer sur un Folaton est une jubilation que vous n'éprouverez nulle part ailleurs.

Mais attention...... Satan n'a peut être pas dit son dernier mot !!!!!


  Un folaton pétrifié par le Diable !
Sa forme a été travaillée par l'esprit de Belzébuth  

 

 


 Voici d'autres légendes avec  "le DIABLE"  pour ..... héros :  

  * le puits du Diable de Fleckenstein 
  * le pont du Diable de Montoulieu 
  * le pont du Diable de St Guilhem le Désert
  * le Pas de Soucy

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7 août 2010 6 07 /08 /août /2010 06:30

Blason du canton du Valais

Pays :

 SUISSE

Canton :

 VALAIS

 

Le château :

 

Voila une ruine qui ne cache pas ses origines médiévales !  Situation :   (--> le voir sur une carte)

    La ville de Marigny se situe à 30km au Sud-Ouest de Sion, sur la rive gauche du fleuve Rhône. Les Français allant en Suisse depuis Chamonix passent obligatoirement par cette ville.

    Le château de La Bâthiaz a été construit pour surveiller ce carrefour et prévenir des invasions Savoyardes.

   

  Description du château :

    Proche du centre ville, au Nord-Ouest, au bord d'un ravin naturel, un bâtiment fortifié pose pour la photo. Sa forme brute me titille les neurones médiévaux. Ressentez vous cette montée du plaisir ?

 

    L'extérieur :

L'arrivée

   Par expérience, je sais qu'une ruine trop proche d'une ville est souvent très "bétonnée". Mais c'est ma première ruine durant mes vacances en Suisse, alors je vais prendre le temps de regarder chaque pierre.

 

1ère analyse

   La forme générale du château de La Bâtiaz est un pentagone irrégulier avec un donjon assez primitif excentré. C'est une architecture militaire du 13ème siècle "inventée" et reproduite souvent par les Savoyards dans cette région.
   Heureusement la montée vers mon "graal" ne s'effectue pas par la falaise, mais par un chemin au Nord. En saison, il y a un "petit train" amenant les touristes au sommet.
   Sur le plateau, à travers les arbres apparaît la forme brute du rempart,  comportant des traces d'échauguette aux angles (certainement un ajout postérieur).
   Comme je le supposais, cet ancien vestige est très reconstruit mais il a gardé son cachet... Hummm...... Quel plaisir à pied de faire le tour de cette "oeuvre".


    L'intérieur :

La découverte

        En entrant dans la basse cour, je comprends pourquoi ce château a été reconstruit. En été, il doit y avoir des animations et des loisirs; Je ne vous la décrirais pas.

  Vite, je monte les marches vers le château.

     Évidemment, il y a une porte précédée d'un pont, devenu fixe au 20ème siècle.

Le plan
 Pour faciliter la compréhension de ce château, voici son plan :

  • 1 - L'entrée fortifiée avec le pont.
  • 2 - Le grand logis (devenu la taverne).
  • 3 - Magnifique salle arrondie défendant le coté Est (devenue salle pour la buvette).
  • 4 - Citerne.
  • 5 - Le donjon : Chef d'oeuvre de l'art militaire Savoyard du 13ème siècle. 
  • 6 - A 10 mètres du sol, l'entrée médiévale du donjon. 
  • 7 - Bretèches (voir vocabulaire).

 

La cour et les bâtiments annexes

  La reconstruction des bâtiments a permis de faire une salle d'animation, et surtout une buvette restaurant dont l'ambiance est chaleureuse, rustique et presque médiévale. Dans la cour un haut donjon me regarde.

Avez vous remarqué les trous de boulin (voir vocabulaire) en spirale autour du donjon ? 

   Je sais que la véritable visite commence avec le donjon et j'ai hâte de dépenser quelques piastres pour gravir les marches.  Oui, vous avez bien lu,  je vous emmène dans l'ascension d'une vraie tour maîtresse du 13ème siècle.
    A 10 mètres du sol, la porte ogivale est l'entrée médiévale de la tour et je n'ai pas d'échelle....... Formidable, les Valaisans ont percé une ouverture à sa base pour "me" faciliter l'accès.

 

Le DonjonEst ce la montée vers le paradis ? Pour "le chevalier" : Oui !

       Heureusement, l'ascension ne se fait pas par des échelles amovibles comme au Moyen Age, mais par un escalier en bois parcourant les contours du donjon. Les marches craquent, et sentent bon....... C'est un vrai plaisir des yeux, "des ouïes et des naseaux". Le visiter seul, dans ce silence, amplifie les sensations.
  Ce donjon est accolé au rempart Ouest, coté le plus exposé à l'attaque. Puisque c'est une tour de défense, quelques archères droites s'insèrent dans l'épaisseur des murs.
 
  Soudain, l'escalier en bois disparaît et fait place à...... un escalier dans l'épaisseur du mur.

Quel choc !

 

La richesse du donjon

    Et je ne suis pas au bout de mes surprises : Des latrines intérieures, un réservoir, un conduit d'aération, une cheminée etc.... Plus je monte et plus les détails médiévaux sont nombreux.
   Avant la plate-forme submitale, un plafond sur croisées d'ogives m'emporte au 13ème siècle. Il n'a pas la beauté ciselée et la finesse de celui de Raron  (voir ce château), mais l'ambiance de la pénombre sublime ses pierres.

 

La vue

    Après 2 heures de découverte (j'avoue que je regarde chaque pierre, alors, le temps s'écoule), j'accède au sommet et vous devinez un peu ce que je vais vous montrer : Le magnifique panorama.
     360° de plaisir visuel s'offrent aux courageux qui ont affronté la poussière, les escaliers glissants, les toiles d'araignées, les dragons (heu, j'en rajoute un peu, j'avoue   ).
    Parfois, je me demande si la vue qu'offre la plupart des châteaux du Moyen Age n'est pas le plaisir que je viens chercher en premier (ce doit être mon coté "montagnard des cimes").
     Soudain, à 30km au Nord-Est une ruine me fait signe; C'est le château de Saillon qui quémande ma présence.

J'arriiiiiiiiiive.

 
Histoire du château :

  • * Vers le 1er siècle, un fort Romain semble exister en ce lieu.
  • * Au début du 13ème siècle, l'évêque de Sion fait construire un petit château au carrefour des vallées.
  • * En 1259, le Comte de Savoie Pierre II (voir liste des Comtes) assiège le château.
  • * Vers 1260 (?), les Savoyards construisent un donjon circulaire à l'intérieur des remparts.
  • * Vers 1281, Pierre d'Oron, évêque de Sion, récupère le château et réalise des travaux de consolidation et de modernisation.
  • * Vers 1350, le château est repris par les Savoyards.
  • * En 1474, début de "la guerre de Bourgogne".
  • * Vers 1480, les Confédérés attaquent le château puisqu'il est possession de leur ennemi : Le Duc de Savoie (voir titre de noblesse). Il semble que les bâtiments subissent quelques dommages.
  • * En 1518, George Supersaxo lutte contre le Cardinal Schiner. Il s'empare du château et le brûle.
  • * Au 20ème siècle, des travaux de restauration sont entrepris.
  • * Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur ainsi que de la 1ère enceinte est libre et gratuite. La visite du donjon est payante. Il n'y a "que cela" à voir mais c'est un concentré de technique architecturale médiévale.

Mes yeux se perdent vers l'infini !

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6 août 2010 5 06 /08 /août /2010 06:30

 

Département :   73 - SAVOIE

 

Le bourg : 

Sur sa colline, le château regarde les voitures passer sans s'arrêter !      Situation   (--> le voir sur une carte)

          Le petit village de La Bâthie est situé dans la vallée de la Tarentaise, à 8 km au Sud d'Albertville. Le site de Chantemerle est un petit hameau à 1 km au Nord de La Bâthie. 

   Coordonnées du château :

45° 38' 20.562" N 6° 26' 44.797" E
 45.639045°  6.445777°

 

Le château : 

    Si parfois, vous vous dirigez dans la vallée de la Tarentaise pour rejoindre en hiver une station de ski ou en été pour découvrir les sentiers Alpins, sur l'autoroute avez vous regardé sur les hauteurs à gauche ?
    La prochaine fois, ralentissez, et même mieux sortez de l'autoroute pour découvrir ce château extraordinaire.

 

   L'extérieur :

      Depuis le hameau de Chantemerle, un petit sentier pédestre monte sur le plateau portant le château. Comme souvent, une ruine médiévale doit s'apprivoiser et se mériter. Cette "grimpette" est l'occasion pour un simple chevalier (comme moi) de lever la tête vers son "graal".
    En contournant le château par l'Ouest, je découvre de hauts murs médiévaux sans archères, mais avec quelques vestiges de fenêtres (renaissance ?). Ce devait être le logis principal; Des latrines accrochées au rempart confirment mon hypothèse.

 

   Un peu plus loin, j'admire un panorama extraordinaire (comme elles sont belles ces montagnes). La rêverie passée, j'observe le mur du logis; Curieusement il se transforme presque en "un mur de défense"; Il est vrai que les assaillants ne pouvaient arriver que par ce coté, un mur sans fenêtre est donc obligatoire.

La forme travaillée de ce château est du à l'apic.

 

 

  Sur la plateforme, le spectacle est incroyable :
    - La vue bien sur (la ruine domine de 100m la vallée),
    - Une tour carrée,
    - Une tour ronde,
    - Un logis polygonal.

 

 Pour mieux comprendre, voici le plan de ce château

  Certains historiens-archéologues définissent ce château comme 3 tours reliées par une courtine. En regardant le plan et en visitant la ruine, je ne ressens pas cette explication, et vous ?

 

    La tour carrée :   

       Aujourd'hui, elle est toute seule à L'Est, détachée de la ruine, mais à l'époque médiévale, elle était accrochée à la courtine Sud. Cette tour carrée est très imposante par sa hauteur et sa forme agressive. Depuis la route, je pensais que c'était le donjon tant elle dépasse les autres constructions. Mais il est rare que la tour maîtresse d'un château soit ressortie du rempart. Posée au bord de la falaise, elle avait sûrement pour fonction d'impressionner et marquer un territoire (elle me fait penser au château de Foix).
   Je remarque 2 constructions avancées et décalées (Les avez vous vues ?).

Sont ce des bretèches (voir vocabulaire) ?

    J'en doute car il n'y a aucune porte en dessous, ni de point vulnérable puisque la tour est posée sur le roc, proche de l'apic.
   La présence de latrines signifierait que cette tour était habitée. Des éléments de confort dans une tour de défense avancée sont assez inhabituels. Ce château n'était donc pas une construction de frontière mais un lieu de résidence de personnages importants. 

 

    La tour ronde : 

      La tour ronde construite à l'opposé du ravin est adjacente au logis. Il semble qu'elle soit le véritable donjon du château. Contrairement au logis, elle ne comporte pas de fenêtre, la porte d'accès est à 5 mètres du sol (ce qui est classique au moyen âge). Ce devait être le refuge ultime en cas d'attaque.
    Malgré l'épaisseur des murs, quelques archères droites ont été insérées dans la partie haute de la tour du coté de l'attaque; Le sommet comporte des créneaux assez rudimentaires, sans trou de visée.
    Les dimensions de ce donjon sont imposantes: 22 mètres de haut (je ne l'ai pas mesurée, certains textes l'affirment) pour un diamètre de 9 mètres. 

 

    Le logis :   

       Contrairement à des châteaux plus traditionnels (voir Guédelon), le logis de Chantemerle a une forme complexe. Cela s'explique en partie par l'apic très proche, mais une question se pose :

Pourquoi les architectes n'ont ils pas utiliser toute la plate-forme ?

 

   En observant les matériaux utilisés, il apparaît que de la brique s'insère dans les murs en pierres. Il y a bien eu au moins 2 époques de construction pour ce logis.

   En pénétrant dans la première salle du logis coté Sud, je vois quelques archères assez primitives ressemblant à celles de la tour ronde. En regardant à travers, je vois le pentu chemin d'accès.
   Un peu plus loin, de hauts murs avec de larges fenêtres me prouvent bien que je suis dans le logis du châtelain. Les pièces devaient êtres grandes et lumineuses, voila une amélioration que la renaissance a du apporter à ce château médiéval.
    De grandes pièces avec autant de fenêtres dans une région montagneuse (donc froide en hiver) doivent être complétées par des cheminées évidemment.  Et là, je ne suis pas déçu, il y a en partout. Certes, les années de pillages des belles pierres n'ont laissé que les traces des foyers, pourtant, à l'étage du dessus, un joli vestige est accroché à la paroi.

  "Que me dites vous ?"          
      "Ce n'est presque rien !"      
          "Pas du tout" rétorquerais je.  

 

    Regardez sur le coté gauche, une sculpture de lierre entrelacé, et sur le coté droit, une tête très expressive. Si une cheminée comporte de si belles pierres, on peut imaginer le luxe dans ce château et le plaisir que la châtelaine devait avoir à décorer son intérieur (n'est ce pas mesdames !).  

 

 

Histoire du château :

* En 1196, un château est cité en ce lieu, mais bien que sa description soit très floue, il ne semble pas important. Il appartient aux évêques de la Tarentaise.
* Vers 1265, sous le règne de Pierre II (voir liste des comtes de Savoie) un nouveau château est décrit en ce lieu. Le châtelain réside dans ces murs avec quelques hommes d'armes et archers. Il exerce plusieurs fonctions (civiles et militaires) :

    - La surveillance de ce début de vallée,
    - Le contrôle des terres appartenant aux évêques,
    - La basse, moyenne et haute justice,
    - La collecte des impôts.

* Au 14ème siècle, le château devient la résidence d'été des archevêques de Tarentaise qui siègent normalement à Moûtiers.
* Au 15ème siècle, avec l'invention des canons, le château perd son intérêt stratégique. Il est remanié pour plus de confort.
* Jusqu'au 18ème siècle, des aménagements sont réalisés dans les logis, mais l'esthétique générale ne change pas beaucoup. Étant loin des frontières, il ne subit pas d'attaque.
* En 1789, il semble que le châtelain fuit le château et les évêques ne le revendiquent pas.
* En 1792, les révolutionnaires le réquisitionnent et le vendent comme bien national. Hélas, il n'est pas entretenu et l'état de ruine devient son avenir.
* En 1988, la région achète puis consolide cette belle ruine.
* Au 21ème siècle, la découverte du château est libre et gratuite. Bien que la ruine ait été consolidée, le risque de recevoir une pierre existe. Attention aux enfants car la construction est posée au bord d'un ravin (logique, c'est un château médiéval).

 

 Représentation du château au 13ème siècle par J.Téaldi

 

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