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Ombre et lumière

11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 06:30

 

 

Pays :

ESPAGNE
 
 

    Région :

ANDALOUSIE  
       
  Préambule :
 
   Après avoir visité  plus de 3000 châteaux forts et ruines médiévales, je peux affirmer que certains sites fortifiés sont magiques :
        * Soit parce qu'ils sont uniques,
        * Soit par leur histoire mouvementée,
        * Soit par leur mystère architectural,
        * Soit par les questions sans réponse qu'ils me posent.
 La ruine ci-dessous en est un bel exemple.
 

 

Le bourg :

  Situation :

     La ruine se situe à 45km au Sud-Est de Séville, à 30km à l'Est de Las Cabezas et à 12km à l'Ouest de Montellano. Le lieu-dit est en bordure de la route A-8128. 

 

Le château :

     L'extérieur :

Pourquoi le choix de cette ruine

    J'erre tranquillement sous le chaud soleil de l'Andalousie en direction du Castillo de Cote, but de ma journée de découverte castrale quand soudain, surgit dans un virage les contours d'une citadelle inconnue (j'exagère un peu, une ruine ne surgit pas et point citadelle cela est ).
    Je regarde ma carte mais aucune fortification est indiquée. Je consulte mon carnet de notes spéciales chasseur de ruine, mais aucune trace d'un vestige. Je prends mes lunettes spéciales "château fort" (car avec le soleil, les mirages sont nombreux) et je vois ceci.
     Je les nettoie un peu et avec un zoom, je distingue cela.
Cette mystérieuse ruine doit me livrer son secret, mais ...... comment m'y rendre.
    C'est en questionnant de valeureux travailleurs dans les champs (je vous rappelle qu'il faut au moins 34°C à l'ombre) que j'apprends qu'elle se situe sur un terrain privé au lieu dit : LOPERA.

L'approche
    Après avoir demandé l'autorisation au propriétaire, je marche sur les sentiers à tracteur en direction de la colline portant la ruine. Rapidement, je constate que l'ancien château était posé sur un sommet aplani. Sur la gauche se distingue un plateau ayant certainement porté les communs.

 

Analyse du rempart

   Depuis la base de la "motte", je constate qu'il ne reste que des fragments de rempart mais ils sont fascinants.
   Il y a d'abord cette curieuse fente faisant penser aux rails d'une herse, et sur sa gauche  des "trous" ayant dû recevoir une poutre de protection du 2ème ventail d'entrée. Mais je suis sceptique .

--> 1er mystère : Il est rare de construire une entrée si proche du donjon. A moins que la porte aient été mise dans une barbacane (j'en doute) ou qu'un chemin en S obligeait l'assaillant à être sous le feu des défenseurs depuis le donjon (mais cette belle idée est stupide pour ce site).

 

Analyse des tours d'angle

   Toujours avec un peu de recul, je constate que le rempart comporte aux angles des vestiges de tours parallélépipédiques. Certaines utilisent le rocher pour se hausser d'avantage . Mais je ne comprends pas sa construction.

--> 2ème mystère : Pourquoi avoir construit cette tour carrée à 45° par rapport aux courtines. Ceci est moins efficace pour la défense rapprochée des remparts ?

 

La courtine

   En approchant, je constate qu'une partie du rempart est construit sur le rocher, mais c'est surtout l'architecture de la courtine qui me fascine. Grâce aux méfaits du temps, le remblai est visible. Il est réalisé avec des reste de pierres. Dans sa partie peu abîmée, la courtine comporte des pierres taillées de dimensions très inégales, et pourtant l'ensemble est parfaitement aligné.

--> 3ème mystère :  Pour éviter le travail de sape (des expérimentés sapeurs) permettant de détruire un mur de rempart,  les joints font l'objet de soins importants. Pourquoi, si près du donjon, ces joints sont "primitifs" ?

 

La poterne

   La poterne est très intéressante. Elle montre l'impressionnante épaisseur du mur, la qualité de taille des pierres du piédroit dans l'angle intérieur, et grâce au trou dans la paroi, la grosseur de la poutre de verrouillage de la porte.

   Mais le détail le plus fascinant est le linteau. (Cette caractéristique sera importante dans quelques minutes).

 

    L'intérieur du château :

La haute-cour

    Après avoir traversé la poterne (en baissant la tête) je découvre une cour (mais avec les ruines, il faut se méfier de ce mot, communs ou logis cela pouvait être).

   En prenant un peu de recul, je constate l'épaisseur importante du mur, ma supposition de rempart était correcte. Mais comme à l'extérieur je suis étonné par les coins entre les pierres .

--> 4ème mystère :  Pourquoi avoir inséré des petites pierres dans les joints ?

 

Vestige d'un bâtiment

   J'erre pour découvrir des détails et je vois un mur peu épais appuyé au donjon. Ce vestige prouve l'existence d'un bâtiment et réfute ma théorie de la haute cour . Ma déception est de courte durée car un mystère s'offre à moi sur le mur du donjon. Regardez ces trous.

--> 5ème mystère : Je m'attendais à des ouvertures carrées pour recevoir des poutres de toit , mais sur ce mur du donjon, je ne vois rien pour soutenir le toit des communs. A quoi pouvaient servir ces petits trous "superficiels" ?

 

Le donjon

   Dans mes recherches d'indices j'avais presque oublié (pff distrait je suis parfois ) la plus grande construction de ce château : Le donjon.

 

  Il est si intéressant que je vous propose de le découvrir dans cet article.

 

 

 

 
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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 06:30

 

 

Pays :

 ESPAGNE
 
 

Région :

 CATALOGNE  

 

Le bourg : 

A t il honte ou est il joueur ?    La situation :    (--> le voir sur une carte)

     Sant Marti de Tous est situé à 12km au Sud-Ouest de Igualada et à 60km au Nord-Est de Tarragone.  

 

 

Le château : 

    L'extérieur :

Pourquoi suis je ici ?

    Ma carte montre le symbole d'un vestige mais sans indication. Le petit village étant sur ma route vers Santa Coloma de Queralt (un des 3 buts de ma journée) je décide de découvrir ce site au petit matin.

 

La découverte

 

         Caché derrière les arbres en haut de la colline, le bâtiment ne semble pas fortifié.

Est ce le château que je cherche ?

 

Analyse

    En contournant le site boisé, les courtines révèlent de nombreux aménagements de confort comme de larges fenêtres trilobées à fines colonnettes. Je ne suis pas certain que tous les emplacements soient d'origine car les murs semblent indiqués des ouvertures récentes avec insertion de pierres de récupération.

    Qu'importe, ce château a un petit air Médiéval (et Renaissance ?) agréable.

 

Un vrai château fort

   En remontant la petite rue du village, je tombe sur une tour qui... wahouuu...  est très impressionnante. Imaginez vous, 6 siècles plus tôt sous le tir des flèches aux pieds de ce bâtiment.

Et sans heaume bien sur ! 

 

La vérité

   En réalité le château n'est pas très haut, mais à la base des murs, tout est disproportionné bien sur; Ce bâtiment a perdu ses courtines externes mais il lui reste une forme "brute" agréable pour votre chevalier.

    Bien que l'entrée soit dépourvue de pont-levi, archère, châtelet ou bretèche (voir vocabulaire), il reste une belle porte plein-cintre qui me quémande de la "toquer".

 

    L'intérieur :

       Le château est privé, habité et non visitable.
   Le brouillard matinal étant levé, je profite de la vue qui est une des richesses de mes découvertes castrales. 

 

 

Histoire du château :

* Au 20ème siècle, une campagne de consolidation est menée.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est possible. La propriété est privée et interdite à la visite.

 

 

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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 06:30

 

Département :   81 - TARN

 

Le bourg :

Au loin, une solide construction ressemble peu à un château fort    Situation :    (--> le voir sur la carte)

    La petite commune d'Escoussens se situe à 15km à l'Ouest de Mazamet et à 16km au Sud de Castres.

     Coordonnées du bourg :

43° 30′ 4″ N 2° 12′ 46″ E
 43.501111°   2.212778°

 

Le château :

      Mon dictionnaire des châteaux forts m'indique d'une beauté fortifiée médiévale m'attend à Escoussens. Quelle ne fut pas ma surprise en découvrant cette construction ne ressemblant pas à une forteresse. 

 

   L'extérieur :

La découverte

   Aucune tour, aucune échauguette (voir vocabulaire), aucun crénelage, point de mâchicoulis !

Me serais je trompé de bourg ou de construction ?

 

Rapide analyse

    Un rempart : C'est ce qui s'offre à moi en approchant du château. Il semble très refait et très arasé. Aucune archère, ou système de défense apparaît. Même en contournant ce mur, je ne reconnais pas une fortification médiévale.

    En pénétrant (par les yeux uniquement car respectueux des propriétés je suis) je vois une maison aux fenêtres nombreuses et récentes et à l'escalier magistral. Une brochure récupérée chez un bouquiniste m'informe que le fossé a été comblé et l'escalier enjambe son fantôme. 

    La surprise minimale fait aussi partie de la vie d'un chasseur de châteaux forts.

N'est ce pas merveilleux comme loisir ? 

 

   L'intérieur :

      La propriété est privée et non visitable. 

 

 

Histoire du château :

* Avant le 12ème siècle (je n'ai pas retrouvé la date), une petite construction fortifiée (en bois ?) est construite en ce lieu et un village s'y blotti.
* En 1185, Roger II de Trencavel autorise la construction d'un château pour son vassal : Le seigneur de Dourgne et Puylaurens.
* En 1209, début de la terrible croisade des Albigeois.
* Vers 1212 (?), les troupes de Simon de Montfort attaquent et brûlent le château.
* En 1228, le site est rattaché au Royaume de France (voir la liste des rois).
* Vers 1239, après l'assassinat de Raymond de Dourgnele, le château est donné en fief à Philippe de Montfort.
* Au 19ème siècle (?), le fossé est comblé,  un escalier dessert la porte d'entrée.
* Au 21ème siècle, la visite de l'extérieur est libre et gratuite. La découverte de l'intérieur est interdite : Propriété privée.
Nota : J'ai pris quelques informations dans le livre de Devic et Vaissette : "Histoire générale du Languedoc".

 

Voyez vous le fossé ?

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 06:30

 

Pays :

 ESPAGNE

Région :

 CATALOGNE
   
 

 

Le bourg : 

    La situation :    (--> le voir sur une carte)

       La ville de Sant Feliu de Guixols est situé à 30km au Sud-Ouest de Girona et à 90km au Nord-Ouest de Barcelone. 

 

Le monastère :  

     L'extérieur :

La découverte

        En bordure d'une place, proche du centre ville et de la piscine, une curieuse fortification se laisse admirer par les passants et les automobilistes. De loin, l'architecture est confuse.

Est ce une église ou les restes du rempart de l'ancienne ville ? 

 

L'approche

     En approchant, le mystère reste entier. La tour est trop imposante pour une simple église et trop isolée pour une fortification de ville. L'enquête continue.

Avez vous remarqué une curiosité de construction sur cette tour ?  

 

La tour ronde

          Je vous laisse un peu de temps pour mieux regarder l'image.

Avez vous trouvé ?

  Regardez bien en haut.

        Il y a évidemment des archères droites (voir vocabulaire), le classique système de défense et aussi de magnifiques corbeaux pour soutenir des hourds en bois permettant le jet à la vertical protégeant la base de la tour.

    Vous avez aussi remarqué le "cimentage" récent du mur et la piètre taille des pierres.

    Mais l'attrait du sommet de cette tour est : La "rehausse" et les traces des anciens créneaux (sous les archères). Au 13ème siècle, avec l'amélioration de la puissance des armes de jet (arcs par exemple), les seigneurs ont fait élever de plus haut mur.

    Cette modification architecturale est classique pour les "vieux" châteaux forts mais elle est rarement aussi visible.

 

Les fortifications

     En marchant le long des courtines extérieures, je suis surpris de la disparité des constructions. Des contreforts côtoient des tours carrées enlaçant des ouvertures de l'église.

    Autre curiosité : En contournant la tour ronde, je constate que c'est en réalité une moitié de tour soutenue par des contreforts.

Est du à une reconstruction récente ? 

   En découvrant le plan sur la grille d'entrée, je n'ai pas plus d'information sur la fortification.

 

   L'intérieur :

      En me "contorsionnant", j'aperçois les vestiges inaccessibles des bâtiments du 10ème - 12ème siècle. L'entrée de l'église est très élégante avec ces groupes de 3 ouvertures géminées à colonnette.
    Dans l'église, des travaux de ravalement défigurent (momentanément) les murs et le choeur. Pourtant, je suis en arrêt sous la voûte.

Quelle magnifique passion j'ai avec tous ces moments d'extase !

 

 

  Histoire du monastère :

* Au 10ème siècle, construction d'un monastère.
* Au 20ème siècle, une campagne de consolidation est menée.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite du musée est payante. 

 

 

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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 06:30
 

 

    "Mon" Dauphiné n'est pas la province la plus riche en châteaux forts, ni en ruines inoubliables mais elle comporte quelques beautés du Moyen Âge ayant doucement évoluées tout en gardant leur identité.
   Voici un bel exemple dans un petit bourg nommé :  Le Cheylas.

 

 

Département :   38 - ISERE 

 

Le hameau

   Situation :    (le voir sur une carte)

       Le hameau de "Le Cheylas" se situe dans la vallée du Grésivaudan à 25km à l'Est de Grenoble sur la rive gauche de la rivière Isère. 

 

   Coordonnées du manoir :

45° 22' 15.967" N 5° 59' 21.012" E
 45.371102°  5.98917°

 

  Toponymie :  (voir initiation)

---->    "Manoir de la TOUR" semble évident puisqu'il y a.... une tour dans le manoir... Je m'étonne parfois.

 

----> La signification de  "Le Cheylas" est plus complexe :

* Au 11ème le site se nomme : Castellato,
* Puis Chaelais,
* Au 13ème c'est : Chellas,
* Au 14ème c'est : Cheylas puis Cheylasiis,
* Au 15ème c'est : Cheylasio,
* Au 16ème c'est : Cheilas,
* Au 17ème c'est : Cheylas..... Quelle vie !

* Qu'importe les orthographes, il semble évident que depuis l'origine, le mot "château" en vieux Français (Castellum) soit l'origine du nom.

* Mais, une autre hypothèse existe. Ce nom proviendrait du vieux patois "Chala" désignant un lieu de passage.

 

 

Description du manoir :

    L'extérieur

L'arrivée

    Isolée dans la plaine entre la route et la rivière Isère, il est impossible de ne pas voir cette élégante bâtisse. Même si elle se cache comme une coquette, je pressens que sa découverte me changera des ruines cassées et poussiéreuses habituelles.

 

La découverte

     Lorsque les arbres laissent la place aux petits arbustes, le manoir devient magnifique. Au 21ème siècle, ce bâtiment parait sans défense, mais il est fort probable qu'un rempart l'entourait et, avec l'Isère si proche, il semble évident que des douves encerclaient l'enceinte.

   L'ensemble forme un U composé de 2 quadrilatères un peu irrégulier (l'ossature médiévale je suppose) et d'un bâtiment plus récent.  La construction comporte 3 étages sans archère, chemin de ronde, mâchicoulis etc...

 Mais ce manoir a une caractéristique importante. Comme moi, vous avez remarqué la magnifique tour de 14 mètres de haut.

 

La tour

    Cette tour-escalier est vraiment le chef d'oeuvre marquant de ce manoir. Elle n'est pas imposante, elle n'a pas eu la chance d'être un donjon habitable, elle n'a pas une hauteur qui la rend remarquable et pourtant ,elle est (presque) inoubliable !

    Il y a ses fenêtres toutes blanches à meneau en croix illuminant sa façade d'un gris classique, puis il y a cette belle échauguette d'angle qui semble coincée, presque honteuse d'être là.

    Avez vous remarqué que sa forme est ronde sur les 3 premiers niveaux mais qu'au dessus elle est polygonale ?

Quelle est donc la raison de ce changement d'architecture ?

 

     Évidemment, les formes agressives des défenses ont disparu et c'est la douceur presque renaissance qui émane de cette tour. Et "cerise sur le gâteau", cette ronde construction possède un "encorbellement" magnifique.

  L'oriel est à regarder et à déguster ! 

 


Histoire du manoir :

* Au 12ème siècle (?), une maison forte est construite proche de la rivière. Peu de détails existe dans la littérature régionale.
* En 1515, Sébastien Guiffrey, propriétaire du manoir, décède dans son autre château du Touvet (à 5km au Sud-Ouest).
* Son fils, Claude Guiffrey du Cheylas (né au château) devient le nouveau propriétaire.
* Au milieu du 16ème siècle, Claude décède de la peste.
* En 1558, la dernière héritière du manoir épouse Guy Balthazar qui devient le seigneur du Cheylas, du Touvet et de Boutières.
* En 1591, durant la bataille entre l'armée Royale Française et les Savoyards, le manoir devient le quartier général de François de Bonne, Duc de Lesdigiuères, alors Lieutenant général du Dauphiné.
* En 1760, Merlin de Cheylas est cité dans un texte revendiquant la propriété du manoir.
* A la fin du 19ème siècle, le manoir devient une ferme.
* A la fin du 20ème siècle, un  antiquaire s'établit au manoir.
* Au 21ème siècle, la découverte  depuis la route est libre et gratuite. La visite est interdite : Propriété privée.

 

 

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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 06:30

 

Département :   50 - MANCHE

Quelle puissance dans ce château fort d'Avranches

 

Le bourg :

   Situation  (--> le voir sur une carte)

        Le bourg d'Avranches est situé à la base de la presqu'île du Cotentin, sur la face Ouest, à quelques kilomètre à l'Est de la Bretagne (Ille et Vilaine). 

   Coordonnées :

48° 41' 14.798" N 1° 21' 39.316" W
 48.687444  -1.360921

 

Le château :

      L'extérieur

  Premières sensations

     Proche du centre ville, derrière la mairie, une imposante masse de pierres se laisse admirer.

    En voyant ce château, je cherche de loin les traces du donjon médiéval du 11ème siècle (voir ce croquis) qui aurait inspiré les architectes de la Tour de Londres.

N'est ce pas un incroyable site fortifié ?

 

   La découverte commence

      L'accueil médiéval commence pas un rempart épais accroché à une tour ronde . Bien qu'arasé, donc sans crénelage (voir vocabulaire), l'ensemble présente encore des signes de défense comme par exemple cette archère droite du 13ème siècle (?).

     Plus loin, une tour flanque reconstruite s'appuie sur une courtine posée sur le roc. Elle comporte plusieurs fentes dont une archère à couleuvrine du 14ème siècle (?).

Quelle ambiance !

    Je dois trouver rapidement l'entrée pour découvrir le puissant donjon.

 

Est ce le donjon médiéval d'Avranches ?  Est ce le donjon ? 

      Au cours d'une de mes visites dans un autre chantier archéologique, il y a une dizaine d'années de cela, le guide nous avait dit : " Il faut être prudent devant un bâtiment ou une portion de mur, ce que nous croyons voir n'est pas ce que nous imaginons."

    En face de cette puissante tour j'imagine, comme beaucoup d'habitants d'Avranches, que c'est le donjon médiéval.

Il n'en est rien !

     Cette haute construction n'est qu'une petite partie du système de défense qui entourait la ville haute. Le donjon a été partiellement détruit il y a 2 siècles et maladroitement et hâtivement consolidé par la municipalité de l'époque.

    Pour les passionnés, je vous propose la lecture de ce site incroyable.

 

  La découverte continue

    L'une des entrées actuelles du site fortifié est dans cet angle. Je monte rapidement les quelques marches et une façade avec un contrefort "récent" m'entraîne dans un monde médiéval. Le site, bien que très "refait et consolidé", me transporte 600 ans en arrière avec une tour de défense semi-circulaire et des boulets de pierre. Il ne devait pas être aisé de se trouver sous les mâchicoulis

    Mais la tendresse de notre siècle adoucit les créneaux et mes "naseaux n'ont point que les odeurs de poussières.

 

  La tour 

     Bien quelle ne soit pas le donjon médiéval, cette puissante tour dispose des classiques mais efficaces défenses rapprochées comme une bretèche ou des mâchicoulis puis les systèmes de défense de loin comme les archères.

   Du sommet, la vue est magnifique sur les remparts, la ville et surtout l'horizon .

 

 
Histoire du bourg et du château :

* Au 10ème siècle, construction du donjon demandé par le Comte (voir titre de noblesse) de Normandie Richard Ier (voir liste des comtes/ducs de Normandie). Le but étant de surveiller la frontière face à la Bretagne.
* En 1015,  Robert, demi-frère du Duc de Normandie, habite le donjon.
* Durant le 1er tier du 11ème siècle, le fils de Robert possède le donjon et les terres avec le titre de Comte.
* Quelques années après, ayant usurpé des terres de l'abbaye de Saint Benoit sur Loire, ce Comte est banni et Avranches est possession de son cousin : Guillaume Werlenc.
* En 1050, ce nouveau Comte d'Avranches entre en conflit avec le Duc de Normandie. Il est banni et s'enfuit en Italie.
* En 1055, Richard Goz est le nouveau Comte d'Avranches.
* En 1065, le nouveau Comte d'Avranches, Hugues le Loup (fils de Richard Goz) fonde l'abbaye de Saint Sever.
* En 1066, Hugues donne des bateaux à Guillaume le Conquérant et participe à la conquête de l'Angleterre.
* En 1101, à la mort de Hugues, son fils devient le Vicomte d'Avranche (voir titre de noblesse). La cité est si importante que le Duc de Normandie, Etienne de Blois, donne sa fille en mariage au Vicomte.
* Quelques années après, le Vicomte meurt en mer sans descendant. La cité revient à son cousin : Briquesart de Bayeux.
* Au milieu du 12ème siècle, la cité d'Avranches perd sa position dominante.
* En 1203, les Bretons attaquent le château et détruisent les murailles.
* En 1204, la Normandie continentale est rattachée au Royaume de France. Avranches devient une cité Royale.
* Au 13ème siècle, sur la demande du roi Louis IX (voir liste des rois), construction d'un rempart entourant la cité "médiévale".
* Au 14ème siècle, amélioration des défenses de la ville.
* En 1590, l'armée du Duc de Montpensier attaque Avranches. Les canons ébranlent puis réduisent les défenses de la ville assiégée. La raison ?....   Les habitants de la cité prennent le parti de la Ligue ultra catholique, et refusent de reconnaître Henri IV "Le protestant" comme roi légitime (voir liste des rois).
* En 1639, certains habitants n'acceptant pas les impôts levés par Richelieu "contre les Salines" se rebellent et brûlent les faubourgs. Le château est épargné.
* Au 19ème siècle, destruction du château royal et de son donjon carré, ainsi que les portes fortifiées.
* En 1944, les bombardements détruisent partiellement murs et portes.
* A la fin du 20ème siècle, quelques murs et tours sont consolidés et remontés.
* Au 21ème siècle, la découverte des remparts et du donjon est libre et gratuite.

 

La vue est l'une des richesses d'une ruine médiévale

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28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 06:30

 

 

Département :  22 - CÔTES d'ARMOR

 

La tour : 

Est ce une flèche posée par les Templiers ?    Situation :    (--> la voir sur une carte)

       Le petit bourg de Pléboulle est situé à 3km au Nord-Ouest de Matignon, à 8km au Sud du cap Fréhel, à 30km au Nord-Est de Lamballe.

    Le hameau de Montbran est situé à 4km au Sud-Ouest de Pléboulle. 

       Cordonnées de la tour :

48° 35' 36" N 2° 21' 28" W
 48.59347  -2.357823

 

La tour : 

     L'extérieur

Où est la ruine ?

    Grâce au dictionnaire des châteaux forts, j'ai marqué sur ma carte "spécial chevalier Dauphinois"  la présence d'une tour fortifiée médiévale.

Mais où est elles ?

   Au loin, dans le hameau de Montbran, une forme verte feuillue ne ressemble pas à un arbre.

Est ce mon Graal ?

 

Le mythe des Templiers ?

      Dans le hameau, de nombreux balisages pour randonner illuminent poteaux et murs, et c'est avec soulagement que je vois cette flèche (du 12ème siècle  ) m'informant de la direction pour une tour des Templiers .

Est ce vrai ?

   Le très médiatisé Ordre Militaire religieux des Chevaliers du Temple possédait proche de là une commanderie et une église (la présence d'un hameau nommé Temple semble confirmer les suppositions).

 

La recherche commence

   Depuis le centre hameau, il faut moins de 15 minutes pour apercevoir une forme verdâtre posé sur une plate forme en haut d'une petite colline dominant la vallée du Frémur.

    La tour étant dans une propriété privée, il est important de respecter ce lieu.

 

  J'adore quand une ruine joue à se cacher de moiAnalyse 

      Le panneau aux pieds de la tour affirme qu'elle a la forme d'un octogone irrégulier d'environ 35 mètres de diamètre. Hélas, la végétation est si dense que je ne peux pas facilement vérifier cette curiosité.

   Pour mieux comprendre, je m'appuie sur les images de ma documentation, et particulièrement cette ancienne photographie.

 

Voici la preuve de l'octogone

      En écartant les branches et le lierre, je distingue bien 8 cotés réalisés avec des moellons de granite et de grès.

Pensez vous que cette tour ressemblait à celle de Vex en Suisse ?

 

    Malgré mes tentatives de lecture architecturale, il m'est impossible de distinguer une archère, une bretèche ou des mâchicoulis (voir vocabulaire).


     L'intérieur :

Je suis un aventurier

  Pour découvrir l'intérieur très abîmé bien sur, il faut dégager un peu les branches, écarter les épineux  (Aie... Pourquoi poussent ils toujours à coté de mes ruines ?) puis tendre le cou comme une autruche.

  Et là, je suis surpris par les merveilles (hihihi, je suis toujours un peu extrémiste dans une ruine).

1 - L'intérieur n'est pas octogonal mais circulaire,
2 - Le pied droit d'une ouverture semble encore présent,
3 - Je crois distinguer des trous pour des poutres (2 étages ?).
4 - Sur la gauche, mon imaginaire croit voir les vestiges d'un escalier.

 

Elle est vieille

   Hélas, le temps a fait son oeuvre de sape et les hommes ont oublié d'entretenir ce témoin de notre histoire. Je ne vais pas "tendre mon cou" plus longuement et je me console avec le magnifique paysage. Puis je me mets à rêver grâce au croquis réalisé en 1917 par le Vicomte (voir titre de noblesse) Henri Frotier de La Messelière.

 

 

  Histoire de la tour :

* Vers 1150, construction par les templiers d'une tour fortifiée de 13m de haut, proche de la voie romaine reliant l'ancienne ville d'Alet (aujourd'hui Saint-Servan) à Carhaix.
* En 1307, arrestation des Templiers par le roi de France Philippe le Bel (voir liste des rois).
* A la fin du 14ème siècle, Thiphaine Du Guesclin, Dame de Montbran, habite dans un "manoir proche de la tour. (Etait ce le logis templier de cette construction fortifiée de surveillance ?).
* En 1417, Thiphane décède. Isabeau de Montbourcher se réclame héritière du site. Grâce à la protection du Duc Jean V, elle s'installe dans le "manoir".
* En 1442, le Duc Jean V décède. Jehan de Tournemire, héritier officiel de Thiphaine Du Guesclin, récupère le manoir et chasse la famille Montbourcher.
* Durant la première moitié du 19ème siècle, des pièces de monnaie et une arme sont retrouvées proche de la tour.
* En 1994, la tour est inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques. Mais à ce jour, aucune fouille ou travaux de restauration ont été entrepris.
* Au 21ème siècle, la découverte de la ruine est libre et gratuite bien que ce site soit dans une propriété privée. Veuillez respecter le silence et la fragilité de ce site. Le risque de recevoir une pierre existe.

 

La Bretagne n'est pas une terre de plaine

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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 08:30

 

Département  40 - LANDES

Le bourg :Point de fortification je vois ici

   Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Le bourg de Sorde l'Abbaye est situé à 5km à l'Est-Sud-Est de Peyrehorade à la limite Sud du département des Landes.

    Coordonnées de l'église :

43° 31' 44.713" N 1° 3' 16.517" W
 43.529087  -1.054588

 

L'église :

    L'extérieur :

La découverte

    La brochure récupérée dans un office de tourisme explique que le bourg de Sorde a été fortifié au 13ème siècle mais qu'il ne reste pratiquement aucune trace des fortification médiévale.

     Sachant que de nombreuses abbayes ont été fortifiées durant les périodes de troubles de notre histoire mouvementée, je me rends dans ce bourg pour  tenter de trouver les dernières traces défensives.

 

L'enquête commence

    En arrivant,  les rondes formes de l'église sont jolies mais ne comportent pas les traces qui me mettent en joie.

    La partie refaite, au dessus des fenêtres Romanes à colonnettes latérales, a peut être été un chemin de ronde, mais c'est plus mon imaginaire qui parle que la réalité des pierres.

   Je me précipite à l'opposé du chevet pour  comprendre l'architecture de cette église abbatiale.

Et là c'est le choc !

   Les formes ne sont plus rondes mais anguleuses. La douceur de ma 1ère vision est remplacée par la linéarité brute et des contreforts puissants avec un déport important.

Je suis perdu devant cette architecture !

 

Analyse dans le calme

    Pour mieux comprendre cette église, je regarde dans ma besace les 3 tonnes de maquettes qui ne me quittent jamais (quel menteur je suis ), et j'extrais celle de Sorde l'Abbaye :

  * Je vois Ceci.

  * Puis Cela.

       Il est évident que cette immense abbaye a été construite sur plusieurs siècles. Les styles architecturaux s'entremêlent, ce qui ne va pas me faciliter la tâche.

 

Un plan assez classique et pourtant mystérieuxRecherche des défenses

     Comme toujours quand je suis perdu devant une construction, je prends du recul, et là tout me parait "lumineux" (ou presque). Il y a surtout une puissante et haute tour (à droite). Sa forme asymétrique etavec des étage en décrochement est curieux. Avec des matériaux différents, j'opte pour des reconstructions.

       Entre les tours, il y a un couloir extérieur avec des portes ayant une épaisseur importante.

   Les murs et tours, construits en briques et pierres, comportent des fentes verticales, parfois superposées, qui peuvent s'apparenter à des archères. Ne voyant que peu de système défensif à l'extérieur, j'espère que l'intérieur sera plus démonstratif.  

 

    L'intérieur :

       L'église comporte 3 vaisseaux de 5 travées voûtées d'ogives. Les spécialistes s'accordent à dire que les absidioles datent du 12ème siècle. Qu'importe la technique et les datations, mon plaisir est de voir les polychromies.

   Diantre, je me laisse aller aux divagations d'un visiteur. Je ne suis pas ici pour faire du tourisme mais pour chercher les preuves du système défensif.

    Comme par "miracle"  , une lumière me guide vers une porte. J'approche  et j'entends la voix d'une certaine d'Arc... pas Mireille bien sur , mais Jeanne la Pucelle d'Orléans.

 "Chevalier Dauphinois, l'entrée en ce lieu est interdite. Passe ton chemin en allant vers Compostelle, de nombreuses églises fortifiées t'attendent !".

   Sachant qu'une femme a toujours raison, je quitte donc cette église pour d'autres aventures..... Mais avant, j'admire les mosaïques médiévales.

 


Histoire du bourg et de l'église :

* Il y a 40 000 ans environ, Cro Magnon vit dans les grotte dans la paroi rocheuse au dessus de Sorde.
* Vers le 4ème siècle,les Romains construisent de nombreuses maisons.
* Au 12ème siècle, construction de l'abbaye sur l'emplacement de maisons Romaines.
* Au 13ème siècle, Sorde est érigé en bastide fortifiée - Contrat de paréage entre l'abbé de Sorde et le Roi de France (voir liste des rois).
* Vers 1523, les troupes de Charles Quint ravagent la région et endommage l'abbaye.
* En 1569, les protestants de Montgomery dévastent l'abbaye.
* Au 17ème siècle, l'abbaye est partiellement reconstruite et se remet doucement d'un 16ème siècle très destructeur.
* Vers 1792, les révolutionnaires s'emparent de l'abbaye et la vendent comme bien national.
* Au 19ème siècle, le site est rendu au culte et l'église devient paroissiale.
* En 1909, l'église est classée aux Monuments Historiques.
* Au 20ème siècle, une maquette de l'abbaye est réalisée.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Jean de Sorde) est libre et gratuite depuis la place du village. La visite du clocher et des fortifications est interdite.

 

Un maquette vaut mieux qu'un long discours

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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 06:30

 

     Au 21ème siècle, les murs et plafonds de nos églises d'origine médiévale ont une couleur qui oscille entre le blanc et le gris très sale avec souvent des pierres à nu. Le sol est souvent réalisé avec des pavés ternes ou du ciment gris.

    Mais nos ancêtres au Moyen Age voyaient une construction bien différente. Les constructions religieuses proposaient une vison très colorée. Les églises avaient les murs peints de motifs religieux, animaliers, floraux ou géométriques. Le sol avaient des pavements aux multiples couleurs. 

Voici un exemple d'art religieux médiéval.

 

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L'église de Sorde l'Abbaye possède de magnifiques mosaïques datant du 12ème siècle.

 

     Elles se composent de tesselles de 0,5cm à 2cm de coté insérées dans un mortier de chaux grasse contenant de la brique pillée.

 

Les principales couleurs sont :

   * Le Blanc
   * Le Noir

   * Et des tonalités de :
          - Rouge
          - Vert
          - Ocre

 

    Certains rouges sont réalisés avec de la terre cuite alors que d'autres sont taillés dans des calcaires, des grès et des ophiques se trouvant proche de Sorde ou dans la Chalosse.

 

defilante-anime pt-42

 

Les mosaïque de Sorde l'Abbaye sont composées de huit panneaux .

 

Ces panneaux comportent des variations sur les thèmes suivants :

  * Des rinceaux de feuillages comme

           - Les acanthes,

           - La vigne.

  * Des cercles contenant des fleurs.

  * Des rectangles remplis de nœuds d’entrelacs avec une tresse.

  * Des rosaces géométrique garnis de groupes d’animaux :

           - Félins,

           - Aigles,

           - Chien,

           - Lièvre.

 

 

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sorde-l-abbaye-fresque-02

 

 

 

Pour découvrir l'église de Sorde l'Abbaye, veuillez cliquer ici.

 

 

Maquette de l'abbaye de Sorde

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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 06:30
     Pour nombre d'entre vous, le nom de Tautavel signifie un petit vin des Côtes de Roussillon très rafraichissant en été, pour d'autres c'est un musée paléonthologique sur la vie d'un homme de 450 000 ans dont le squelette a été retrouvé en 1971.
  Mais pour votre "curieux" chevalier Dauphinois, ce site est porteur d'une ruine médiévale que je me dois de vous montrer.
 
 

Département :    66 - PYRENEES ORIENTALES 

 

Le bourg : 

   Situation :   (--> le voir sur une carte)

       Le petit bourg de Tautavel se situe à 12km au Nord-Ouest de Perpignan et à 7km au Nord-Est d'Estagel.

  Coordonnées du Bourg :

42° 48′ 25.43″ N 2° 44′ 32.266″ E
  42.808979°  2.747998°

 

Le château : 

    L'extérieur :

L'arrivée

    En arrivant dans le village, mon regard est attiré par une imposante paroi rocheuse dominant le bourg. Il n'est pas facile de distinguer la forme d'un château en ruine au sommet mais mon instinct de chasseur me force à monter.

 

La marche d'approche

    Sous le chaud soleil du Roussillon, la montée est odorante et parfois un peu piquante (les derniers gardiens des ruines sont souvent des épineux raffolant de mes mollets ). Même si les premiers vestiges rencontrés ne sont pas très enrichissants, la situation du château est idéale pour la surveillance du défilé du Verdouble et de la plaine de Tautavel. Les vestiges du 1er rempart en contrebas prouvent l'importance de cet ancien château.

   Le château a été construit sur une plateau rocheux axé Nord-Sud. Le village actuel s'est développé à ses pieds coté Ouest.

 

Minimale est cette ruine et pourtant si impressionnante !Elle est là !

    Avez vous déjà ressenti ce plaisir unique de découvrir une ruine dans un tapis d'herbe verte sur fond de ciel bleu ?

   Je ne m'en lasse pas. Même si parfois il ne reste que 3 "cailloux", ils sont rayonnants sous le soleil !


Rapide analyse

  Les 2 vestiges les plus impressionnants sont d'abord le long mur de rempart borgne dont le crénelage (voir vocabulaire) a hélas disparu et l'imposant éperon Nord protégeant le coté le plus vulnérable.

  Avez vous remarqué la qualité de construction et la beauté du parement d'angle !

 

Le plan du château

   Pour mieux comprendre cette ruine, je vous propose le plan réalisé d'après les relevés de l'AFAN.

1 - Entrée dans la "basse cour"
2 - Chapelle (emplacement théorique),
3 - Rampe d'accès au château, avec archères dans rempart coté Est.
4 - Emplacement du fourneau de mine,
5 - Sas d'entrée du château,
6 - Éperon coté Sud,
7 - Citerne,
8 - Éperon coté Nord..

 

    L'intérieur :

   Évidemment, l'intérieur n'est point luxe et brillant . La découverte commence par un mur très abîmé mais intéressant sur son épaisseur et son remblai. Puis cela continue par l'immense... heu... l'immensité des salles.
   Pour un fou comme moi ou un admirateur de détails ou un adulateur de pierres taillées, je vous assure qu'il y a des merveilles à découvrir, comme par exemple cette salle voûtée.

Mais comme toujours, le trésor d'une ruine est le panorama unique dont je ne me lasserai jamais.  

 

 

  Histoire du château :

* En 1011, un texte prouve l'existence d'une fortification (Castellum Taltevul) et d'habitats.
* En 1039, présence d'un lieu de culte dédié à Sainte Croix et à Sainte Marie. L'église est intégrée dans la fortification.
*  En 1258,  signature du traité de Corbeil entre le roi de France Louis IX (voir liste) et Jacques 1er d'Aragon. La fortification de Tautavel est "Espagnole".
* En 1659, signature du traité des Pyrénéens formalisant une paix conclue entre le royaume d'Espagne et celui de France. Tautavel devient une ville Française.
* En 1711, le roi de France Louis XIV (voir liste) fait détruire le château marquant ainsi son pouvoir face à une région "trop longtemps Espagnole".
* A partir de cette date, les pierres sont récupérées par les villageois pour aménager des habitats ainsi que l'église du village.
* Au 21ème siècle, la découverte de la ruine est libre et gratuite.Le risque de recevoir une pierre existe, et les salles enterrées sont des pièges importants.

 

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