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Ombre et lumière

16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 06:30

 

Département :    18 - CHER

  De cet exceptionnel château, il ne reste que 2 tours.

Le bourg : 

  Situation :   (--> le voir sur une carte)

     Mehun sur Yèvre est une petite ville à 15km au Nord-Ouest de Bourges et à 15km au Sud-Est de Vierzon.
      Le château est situé dans la commune. De nombreux panneaux guident le touriste dans sa recherche de la ruine.

  Coordonnées du château :

47° 8′ 34.08″ N 2° 13′ 0.12″ E
 47.1428°  2.2167°

 

  Origine du nom :

      Au 11ème siècle, le village se nommait Magdunum. C'est la contraction de 2 mots Celtiques :
       * Mag signifiant Champs,
       * Dunum  traduit l'idée de clôture, de hauteur.

 

Le château :   

    Cette ruine peut paraître "insignifiante", mais je vais vous faire découvrir un "chef d'oeuvre" d'architecture Gothique.

Vous ne me croyez pas !

   Pourtant, le chroniqueur Jean Froissart déclarait sans ambage qu'il s'agissait de : "L'une des plus belles demeures du monde".

 
 L'extérieur :

Bon sang... Quel château... J'en rougeois !    Avant de découvrir la ruine, je regarde ma brochure qui me révèle la somptueuse construction du Duc de Berry. C'est bien ce personnage si lettré et si connaisseur des arts du 14ème siècle qui est à l'initiative de ce château.

     Cette fortification n'est pas construite sur une colline (comme je vous en montre souvent), elle est au centre de l'ancienne ville médiévale, avec une architecture très classique. Le château "haut" a une base carrée renforcée aux angles par 4 tours rondes. L'ensemble est entourée d'un fossé profond.
    La base du rempart des tours extérieures comporte un fruit (voir vocabulaire) très classique au moyen âge. Les vestiges de ces tours, lourdes et froides, sont mal appareillées, cela est dû à de nombreuses attaques puis des nombreux travaux de consolidations effectués durant 5 siècles..

    Pour accéder à l'intérieur du site, il faut franchir un pont fixe moderne qui devait être à l'origine un pont-levis pour la défense du château.
   
 L'intérieur

    La première surprise est l'absence de mur. Mais l'aménagement interne est visible par un "bétonnage" montrant les plans des pièces sans que je puisse les identifier clairement. Quelques escaliers en colimaçon me permettent de comprendre les axes de circulation. La surface est vraiment imposante, je suis vraiment dans le château d'un grand seigneur, mais hélas aucun détail pour le moment traduit le luxe de ce fabuleux édifice.

  Il est temps maintenant de regarder les 2 vestiges importants. Ces 2 tours reflètent ce que fut ce château il y a 6 siècles.

 

   Puissance et légèreté sont les caractéristiques de cette tour.Les Tours :

La première

     La première tour est intacte, évidemment, il lui manque les flèches sculptées (voir le plan). Au premier regard, elle montre une origine du 13ème siècle et ne reflète pas le luxe comme je pouvais le supposer. Les corbeaux devant supporter les planchers des salles sont bruts, les mâchicoulis rappellent la défense médiévale, les fentes verticales ressemblent à des trous de lumière peu gracieux et primitifs.
     Mais avec un peu d'attention (et surtout en levant la tête au point de me rompre le couapparaissent des gargouilles à forme animale (cela ne vous rappelle t il pas les cathédrales ?), et des sculptures très fines sur les corbeaux portant les mâchicoulis, eux même trilobés.  Ce château est un savant mélange d'architecture médiévale défensive et de luxe gothique d'apparat.

 Est ce que cela ne vous fait pas penser au château de Allègre ?

(voir cette ruine).

   L'intérieur de cette tour est aménagé en musée, hélas fermé en ce mois d'avril.

 

 

La deuxième

    "Par chance", la deuxième tour n'est pas entière. Elle dévoile sans pudeur ses entrailles :

 

* Première observation, les murs sont très épais. Sa position de tour d'angle justifie ses puissants murs.
* Chaque étage comporte une porte de communication vers les salles internes du château. Ceci est contraire aux règles de défense médiévale. Voila une caractéristique qui prouve le désir de confort.
* A chaque étage, je distingue une cheminée. Cette tour n'était pas réservée uniquement au stockage ou à la défense. Elle devait être habitée et accueillir confortablement "ses hôtes".
* En levant les yeux, j'admire les restes d'un plafond à croisée d'ogive. Les culs de lampe (voir vocabulaire) sont finement sculptés. L'art gothique est présent sur chaque pierre.

 

Conclusion

    Même s'il ne reste que peu de murs, ce château est un bel exemple du luxe de la fin du 14ème siècle (préparant la renaissance), en opposition au classique canon architectural instauré 1 siècle plus tôt par Philippe Auguste pour la défense des châteaux du "nord" (voir Guédelon).
     Avant de quitter ce site, je consulte à nouveau le livre des "très riches heures du Duc de Berry" (voir explication) et je me mets à rêver de la beauté unique de ce château.

 

 

Histoire du château :

* Vers le 9ème siècle, une première fortification semble existée (des fouilles récentes le prouvent).
* Au 12ème siècle, une forteresse est construite par la puissante famille Courtenay.
* En 1332, Robert III d'Artois, héritier de la famille Courtenay est banni. Ses terres sont annexées au Royaume de France. Le domaine est donné par le Roi Philippe VI de Valois  (voir liste des rois) à Jean de Luxembourg, Roi de Bohème. Mais la même année, le fils de Philippe VI (le futur roi Jean II le bon) épouse la fille du roi de Bohème. Mehun retourne dans le domaine Royal de France.
* En 1360, Jean II le bon donne le Berry en apanage à son 3ème fils. Ce nouveau Duc de Berry est un grand combattant mais surtout un homme lettré passionné d'art et de culture.
* En 1367, Jean Ier Duc de Berry ordonne le début des travaux de modernisation des défenses et d'embellissement du château (trop) médiéval. Guy de Dammartin est l'architecte; André Beauneveu et Jean de Cambrai sont les sculpteurs.
* En 1390, les travaux extérieurs semblent terminés, mais commencent les réalisations d'habitation.
* En 1414, durant la guerre entre Armagnac et Bourguignon, le Duc de Guyenne quitte Paris et se réfugie au château de Mehun.
* En 1416, Jean Ier Duc de Berry (voir titre de noblesse) meurt, il ne verra pas la fin des travaux. Le Duc ayant reçu le Berry  en apanage, le château revient dans le domaine Royal.
* En 1417, le château est si luxueux et prestigieux qu'il devient l'une des résidences préférées des Rois.
* En 1429, la ville de Mehun reçoit Jeanne d'Arc après le couronnement du roi à Reims. La légende prétend que certains plans des futures batailles contre les "Anglois" ont été décidés dans le château.
* En 1461, le roi Charles VII (voir liste des rois) décède au château de Mehun.
* A partir du 16ème, les rois délaissent Mehun au profit des châteaux de la vallée de la Loire.
* En 1550, un incendie dû à la foudre ravage une partie du château.
* A partir de 1562, les guerres de Religions n'épargnent pas les bâtiments.
* Au 17ème siècle, le château est partiellement démantelé.
* Vers 1792, les révolutionnaires réquisitionnent le château comme bien national. Le saccage commence et sonne le glas de ce prestigieux monument.
* En 1817, un arrêté préfectoral donne la ruine à la ville de Mehun sur Yèvre.
* En 1840, les ruines sont classées aux Monuments Historiques.
* Au 20ème siècle, des travaux de consolidation sont entrepris. Un musée est installé dans le tour.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de la ruine et du site est libre et gratuite. L'entrée du musée (l'intérieur de la tour) est payante. Le risque de recevoir une pierre est très faible.

 

Même les mâchicoulis de ce château sont sculptés !

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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 06:30

 

Département  32 - GERS

 

Le bourg

Bien que dépourvue de créneaux, cette tour est encore imposante.  Situation  (--> le voir sur une carte)

       La commune de Bézolles est située à 8km au Nord de Vic-Fézensac et à 36km au Nord-Ouest de Auch.

   Coordonnées du château :

43° 49' 22.703" N 0° 21' 7.488" E
 43.822973  0.35208

 

Les remparts :
    L'extérieur :

La découverte

    Dans ce village-rue, entre la mairie et l'église, une tour carrée en bordure de route départementale attend ma visite. Il ne reste rien du logis ni du donjon de l'ancien château médiéval. Seule cette tour de défense et un morceau de rempart sont les témoignages du passé.

 

La découverte

     La tour de défense est construite en calcaire blanc (de Valence ?) avec "peu de soins". Les angles sont pauvrement appareillés. Au sommet, les créneaux ont disparu. Avec ses 15 mètres de haut, cette tour surveille encore les rares touristes et les fous de Moyen Âge (comme moi).

Avez vous remarqué cette curiosité ?

 

La curiosité 

   La face côté défense comporte 2 fentes de tir. Celle du bas ressemble plus à un puits de lumière, alors que la supérieure est une archère en croix (voir vocabulaire) du 14ème siècle (?).
  Je distingue une différence de construction entre les 2 (séparation ?).

La tour aurait elle été rehaussée avec l'amélioration de la puissance des armes de jet ?

 

Le pan de mur
   Dans le prolongement de la tour, il y a les vestiges du rempart.  Il a été construit avec la même pierre et la même finition que la tour. Une archère en croix est encore visible proche de la tour, devant certainement protéger l'angle mort.

 

Analyse de la tour
  L'ouverture supérieure est la véritable entrée dans la tour depuis le chemin de ronde. Curieusement, je crois distinguer un escalier montant vers cette porte.... Mais j'ai l'imagination très fertile devant ces vieilles pierres.

Avez vous vu à l'intérieur ?

  Mais si,  regardez bien..... Un pigeonnier. Je ne pense pas que cela soit la fonction première de l'étage supérieur d'une tour de défense. C'est certainement une modification au 16ème siècle (?).

 

    L'intérieur :

   Par l'ouverture créée récemment, j'ose pénétrer dans le rez de chaussée de la tour.

Que vais je trouver ?
 
Avez vous une idée ?      
    Évidemment, ce n'est pas une salle d'habitation mais une réserve qui n'était accessible que par une échelle depuis l'étage supérieur.

 

 
Histoire du "château" :

* Au 13ème siècle, il est possible qu'une fortification soit construite (?)
* Au 14ème siècle, des remparts protègent le château.
* Au 15ème siècle, une église est construite "hors les murs".
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur depuis la route est libre et gratuite. La tour est privée et la partie supérieure n'est pas ouverte à la visite.

 

Pauvre rempart qui n'a plus sa prestance d'antant !

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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 06:14

 

 

La découverte de la 1ère partie du château est ici.

 

 

Département 74 - HAUTE SAVOIE

 

     L'intérieur :

Avant propos, avant d'entrer

* Avant de pénétrer dans le château-musée par la grande arche du vieux logis, je souhaite vous avertir de ma démarche rédactionnelle.

* Je ne vais pas vous montrer toutes les salles ni les détailler individuellement.

* Je vais aborder des thèmes architecturaux sans vous indiquer l'endroit ni le bâtiment.

* Ainsi, vous aurez plus de plaisir et des surprises en venant visiter ce château Savoyard.

 

 Point d'ascenseur pour le courageux Chevalier, visiteur de châteaux forts

Les axes de circulation

* Evidemment dans des bâtiments de plusieurs étages, les escaliers sont nombreux.

* Quelques uns sont droits.

* Certains sont en colimaçon et affichent leur ancienneté.

* D'autres, bien que circulaire "sentent le propre"... de la consolidation récente.

* Un escalier aboutit toujours devant une porte.

* Certaines ont un "sommet" arrondi, mais d'autres ont la rigueur de l'angle droit.

* Quelques unes osent se montrer à des étages intermédiaires accessibles par une passerelle.

* Toutes ces portes me transportent entre le 13ème et le 18ème siècle.

 

 

Eléments de confort

Ressentez vous ma chaleur ?* Evidemment, en Savoie l'hiver est rude. Il est important de chauffer les pièces aux murs de pierre.

* Les cheminées sont nombreuses et leurs architectures variées :

    - Certaines sont imposantes et implantées dans l'épaisseur du mur.

    - D'autres sont petites (souvent pour de petites pièces).

    - Evidemment, dans les salles prestigieuses, pieds-droits et manteau sont sculptés.

* Il est bien d'avoir chaud, mais cela donne soif et après.... il faut aller aux toilettes.

* Les latrines du château d'Annecy ont une forme unique.

* Elles permettent à plusieurs personnes de s'installer (ce n'est pas rare, je vous en ai déjà présentées au château de Chillon).

* Hélas, je n'ai pas pu vérifier si mon séant Dauphinois se plaçait confortablement dans ce siège Savoyard, une plaque moderne obstrue l'orifice.

 

 

Vie et beauté

* Le mobilier est aussi un élément de vie, de confort et de luxe.

* De nombreux meubles sont exposés montrant que mes "ennemis médiévaux" avaient beaucoup de goût.... comme les Dauphinois bien sur.

* Même les meubles fonctionnels sont sculptés et/ou décorés.

Avez vous remarqué en haut du mur ?

* De magnifiques frises illuminent les salles du logis de Nemours.

* Elles ont été demandées au début du 16ème siècle par Charlotte d'Orléans veuve de Philippe de Genevois-Nemours qui était frère du Duc de Savoie et oncle par alliance du Roi de France François 1er.

La beauté de cette frise Savoyarde frisent de jalousie mes moustaches Dauphinoises

 

La lumière !Que la lumière soit.... Et le lumière fut Savoyarde !

* L'électricité n'existant pas encore en Savoie (hihihi, moqueur je suis), le seigneur du lieu avait besoin de nombreuses fenêtres pour illuminer ses grandes pièces.

* Les bâtiments ayant été construits sur 5 siècles, les baies reflètent la fonction et la date de création :

- Certaines (avec une longue coussiège) sont petites et implantées dans l'épaisseur du mur.

- D'autres, toujours dans l'épaisseur du mur, possèdent un ébrasement important pour amener plus de lumière.

- Dans les bâtiment plus récents, dont les murs sont moins épais, les fenêtres ressemblent à des vitraux.

- Parfois, certaines ouvertures de lumière sont implantées dans un angle.

 

 

Soudain.... un détail me trouble

Je vais espionner les systèmes défensifs des Savoyards !* Je lambine tranquillement dans toutes les pièces pour admirer la variété des fenêtres.

* Dans mon errance, j'arrive dans le lumineux châtelet d'entrée.

* Soudain, je remarque au sol des trous (aujourd'hui recouverts de vitre).

* Ce sont évidemment les mâchicoulis que je vous avais montrés ici.

 

 

D'autres signes défensifs

* Sous les autres fenêtres, je suis surpris de voir une longue fente.

Etait ce l'emplacement de la herse ?

 

 

C'est la fin pour vous

* Il y a tant à voir, à sentir, à ressentir qu'un seul article ne suffirait point.

* Mais pour ne pas vous révéler tous les secrets des Savoyards, je vous laisse ici et je reprends mon travail d'espion Dauphinois.

 

Le diaporama du château est ici.

 

 

Histoire du château :

* Au 12ème siècle, les historiens supposent qu'un premier château existe en ce lieu pour surveiller la cluse du lac où passe la route entre Genève à l'Italie.

* En 1219, le traité de Designy confirme les droits de l'évêque sur les terres de Genève. Humbert, Comte de Genève, quitte la ville (aujourd'hui Helvétique) pour s'établir au château d'Annecy (ville qui n'était pas encore Française).

* En ce début du 13ème siècle, le Comte fait réaliser quelques aménagements défensifs et de confort.

* De 1320 à 1367, le Comte Amédée III fait réaliser de nombreux agencement de confort comme la pose de vitre et des décors peints dans les salles d'habitation et de réception. En même temps, les tours Saint Paul, Saint Pierre et de la Reine reçoivent des aménagement défensifs.

* Au mois de mars 1391, Pierre, Comte de Genève; reçoit en ce château le Duc de Bourgogne : Philippe le Hardi.

* En 1370, Pierre n'ayant pas de descendance, après son décès le château devient la possession de son frère : L'anti-pape Clément VII.

* En 1394, à la mort de Clément VII, le Comté de Genève et le château d'Annecy tombent sous la coupe de Humbert de Thoire Villard.

* En 1401, la famille Thoire Villard vend le Comté de Genève au Comte de Savoie Amédée VIII.

* A partir de 1405, Amédée VIII loge au château d'Annecy. C'est dans la grande salle qu'il reçoit l'hommage des nobles du Comté de Genève.

* En 1412, un incendie se déclare au château. Le Comte fait réaliser de nombreuses modifications d'embellissement aussi bien dans les logis que dans la chapelle.

* En ce début du 15ème siècle, de nombreux personnages sont reçus au château dont des cardinaux puis le pape Martin V. La tour de la Reine est surélevée puis coiffée d'un toit masquant le crénelage.

* En ce 15ème siècle, Amédée VIII, Comte de Savoie, établit au château les Cadets de la maison de Savoie. Ceci permet, à la province du Genevois, plus d'autonomie.

* Au milieu du 15ème siècle, le Comte Janus fait construire le logis Perrière à coté de la tour éponyme.

* En 1528, à l'occasion de son mariage avec Charlotte d'Orléans, le Comte Philippe de Genevois acquiert le titre de Duc de Nemours. Peu de temps après il fait construire dans le château d'Annecy le logis de Nemours.

* En 1600, lors de l'invasion de la Savoie par les troupes Royales, le Roi de France Henri IV (voir liste) est invité dans le château par Henri Ier, Duc de Genevois-Nemours.

* En 1630, lors d'une nouvelle invasion de la Savoie par les troupes Royales, le Roi Louis XIII et Richelieu participent au siège du château d'Annecy. Après sa reddition sans vraiment combattre, les 2 importants personnages logent quelques jours au château.

* En 1659, le dernier Duc de Genevois-Nemours décède sans héritier. Le Duc de Savoie supprime l'apanage sur ces terres.

* En cette fin du 17ème siècle, le château devient un évêcher au profit de Jean d'Arenthon d'Alex.

* Au 18ème et 19ème siècle, le château est transformé en caserne.

* En 1860, par le traité de Turin, le Duché de Savoie est annexé à la France.

* En 1947, l'armée Française installe une garnison dans le château.

* En 1952, le château est partiellement détruit par un incendie.

* En 1953, la ville d’Annecy achète le château au ministère des Armées puis le transforme en musée.

* En 1959, le château est classé aux Monuments Historiques.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est possible depuis les rues et ruelles. La découverte de l'intérieur est payante. Veuillez vous renseigner sur les horaires.

 

Même nuageuses, les montagne Savoyardes sont magnifiques !

 

     

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13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 06:30

 

Département :   32 - GERS 

 

Le bourg :

Pour la visite... suivez le guide.   Situation :   (--> le voir sur une carte)

       La petite commune de Durban est située à 2km à l'Ouest d'Orbessan et à 15km au Sud de Auch.

(Attention à ne pas le confondre avec Durban-Corbières dans l'Aude).

 

   Coordonnées du bourg :

43° 32′ 23″ N 0° 34′ 44″ E
 43.539722°  0.578889°

 

 

Le château :

      A l'extrémité Ouest du village, sur un éperon rocheux une ruine médiévale trône au dessus des maisons. De loin, la ruine parait importante et "presque" intact, mais plus j'avance et moins il reste de murs (j'adore quand une ruine change de forme en fonction de l'angle de vision). 

 

    L'extérieur :

         Au pied de la façade Sud-Ouest, je crois distinguer les fondations en blocs de molasse d'une tour extérieure quadrangulaire, aujourd'hui disparue. Il me semble apercevoir 3 ressauts sur la face Ouest. Je tente de contourner ce vestige pour mieux lire son architecture.

Oupsss, après la tour, le chemin est privé. 

Je dois revenir sur mes pas et suivre les indications pour randonneurs.
      Depuis le sentier, j'essaie de deviner les fortifications entourant l'ancien château, mais aucune trace du rempart extérieur est visible, ni un fossé et encore moins un pont levis. Cette ruine est muette.
  Pour accéder à l'intérieur, il faut gravir un sentier en pente réalisé certainement au 20ème siècle. La ruine étant minimale, je vous propose son plan réalisé par M° Caïrou en 1983.

 

    Ruine minimale mais passionnante !L'intérieur :

       Comme souvent dans une ruine, les étages inférieurs sont comblés par la chute des murs et des plafonds, conséquence, j'arrive non pas au rez de chaussée mais à l'étage
  Cette vue est très intéressante.

 * D'abord, le petit mur de refend (à droite) est constitué de molasse et de galets ronds. Est une solution économique ou une astuce architecturale pour amortir les boulets des assaillants ?

 * Ensuite, les archères droites (voir vocabulaire) du 13ème siècle avec un embrasement important comportent 4 petites marches. Cette caractéristique est assez rare dans les ruines que je vous montre.

 * Ce long mur de défense a une épaisseur de 2m. C'était donc le mur extérieur du bâtiment.

 A quoi pouvaient servir les nombreux corbeaux

au dessus des archères ?

* La première explication semble être un support de poutre pour un plancher : Étage "de confort" du seigneur.

* Mais l'hypothèse d'une courtine pour une 2ème rangée d'archères semble plausible.

   Au fond, sur la façade Ouest, protégeant la tour carrée, une archère me surprend. Elle n'est pas à la même hauteur que les autres.

  Comment le soldat pouvait l'utiliser ?

Était il allongé pour tirer ?
Que voyait l'archer depuis cette fente ?

  Il voyait tout simplement la plaine.

 

 

  Histoire du château :

* Au 13ème siècle, une fortification semble avoir été construite sur l'éperon rocheux.
* Au 21ème siècle, la découverte de la ruine est libre et gratuite. Veuillez bien suivre les indications sur chemin pour ne pas pénétrer dans les propriétés privées.

 

Comme j'aurais aimé être un guetteur médiéval !

 

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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 06:30

 

Pays :

ESPAGNE

Région :

CATALOGNE

 

Le bourg :

      Situation  (--> le voir sur une carte)

        La Floresta est un village situé à 35km au Sud-Est de Lleida et à 25km au Nord-Ouest de la cité fortifiée de Montblanc.

  Coordonnées du château :

   
   

 

Le château :

    Je suis tant habitué à voir des ruines médiévales en haut des collines et à marcher sur des sentiers pour les découvrir que je suis surpris de voir ce massif château au bord de la route.

Mais, est ce bien le château que je souhaitais visiter ?

Je mène l'enquête.

 

    L'extérieur :

      1ère constatation, le site est dépourvu de rempart et ne ressemble pas au château fort de mon enfance. Mais en observant les murets des jardinets l'entourant, il me semble reconnaître des pierres taillées. Le réemploi des matériaux est classique lorsqu'une bâtisse "oubliée" est proche d'un village.

     2ème constatation, le bâtiment est habité. Tuiles et verrières remplacent les créneaux et mâchicoulis (voir vocabulaire). Les siècles et surtout les hommes ont adouci la forme guerrière de la fortification

     3ème constatation, une église côtoie le bâtiment fortifié.

Etait ce la chapelle du château ?

   J'ai quelques doutes car une différence de taille de pierre et de construction est visible à gauche du clocher.

   Mais j'opte pour un ajout récent du clocher de cette église, car la "sacristie" me semble de la même époque que le château.

    4ème constatation, malgré le lissage de ses défenses d'antan, le bâtiment a gardé une puissante tour carrée.

Et quelle Tour !

 

   Il y a bien sur les imposants corbeaux ayant certainement supporté des hourds (voir vocabulaire). Et en dessous une porte donnant accès à une chemin de ronde aujourd'hui disparu.

    5ème constatation, comme tous les châteaux médiévaux, la porte d'entrée du donjon est située à plusieurs mètres du sol. Par contre, je ne m'explique pas la fonction du "mur" en léger surplomb sur sa gauche.

Avez vous une idée ?

    6ème constatation, confort et défense s'entremêlent. Regardez sur l'autre face de la tour. Sur la droite il y a une bretèche pour défendre une porte, puis sur la gauche, une fenêtre trilobée à colonne centrale (où j'espère voir une belle princesse pour lui chanter une sérénade).

     7ème constatation, ce château comporte des architectures de périodes différentes. Le roman tardif côtoie le gothique. L'ensemble est homogène.

Vous ne me croyez pas ?

   Regardez ce chapiteau sculpté, cette fenêtre, etc.... Il m'est impossible de distinguer l'époque de construction de chaque mur tant les époques Romanes et Gothiques se mélangent sur une même façade.

     8ème constatation, de nombreuse pierres comportent des dessins ou sculptures incrustée, comme sur le piédroit de cette fenêtre ou sur un des voussoirs de cette porte plein cintre.

     9ème constatation ....... Oupsss, je ne vais pas tout vous décrire, il faut que vous découvriez "ces richesses".

  Cette construction qui paraissait simple et 'sans intérêt" possède une multitude de détails fascinants. Etre un castellologue amateur procure souvent des plaisirs (si l'on sait regarder avec patience).

 

    L'intérieur :

         Hélas !... Ce château est habité et n'est point visitable. A travers les fenêtres et archères, j'ai pu constater que les aménagements de confort du 20ème ont modifié l'aspect des pièces et des murs. Grâce à cela, le vieux bâtiment a une 2ème vie et son futur est garanti.

N'est ce pas formidable !

 
Histoire du château :

* Au 14ème siècle, construction du château.
* Au 17ème siècle (?), construction de l'église.
* Au 20ème siècle, une campagne de consolidation du château est menée.
* En 1949, le bâtiment est reconnu d'intérêt culturel.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur du site est libre et gratuite. L'intérieur est privé et non visitable. Le risque de recevoir une pierre est faible. 

 

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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 06:30

   Les rares pierres du château de Hohenstein en Alsace ne traduisent plus la grandeur de ce site médiéval, et la richesse de son seigneur. Evidemment, une légende est née se nommant :

 

Les  pièces  d'or  du  château  de  Hohenstein

 

 Non, non, je ne suis pas le scarabé d'or Egyptien.

" Il y a bien longtemps, dans cette dense foret, un bûcheron travaillait durement près du château. Lorsque les derniers rayons du soleil disparurent derrière la colline, le bûcheron arrêta sa tâche et reprit le chemin du retour.

   Le hasard lui fit découvrir, sur le sentier passant sous les ruines du château, un étrange tas fait d'une matière transparente et inconnue. Cela ressemblait à des ailes de hannetons, insectes très présents en ce lieu. Persuadé qu'au village on le traiterait de menteur, car ces insecte ne se regroupent pas pour mourir, il ramassa quelques poignées de cette étrange matière et la déposa délicatement dans sa besace.

   Mais en s'éloignant de la ruine, sa besace se mit à peser de plus en plus.

  • *  ' Sans doute la fatigue d'une journée particulièrement difficile et longue ' se dit-il.

  Mais plus il marchait et plus la besace était lourde. Il n'en pouvait plus !

Se débarrasser de ce lourd fardeau était devenu sa préoccupation. Près du fossé, il vida le contenu de son sac.

    Et là fut sa première erreur car à la place d'ailes de hannetons, se furent de belles pièces d'or qui roulèrent dans le fossé, se faufilant sous les pierres et dans les crevasses. Les yeux de notre bûcheron s'ouvrirent en grand, il était médusé par son acte et par sa découverte.

    Il essaya de retrouver ces pièces d'or, en remuant la terre, en soulevant les cailloux, en coupant les hautes herbes....... mais en vain. Elles se cachaient  sous les multiples pierres du château.

   Et là, il commit sa deuxième et fatidique erreur. Il se souvint du curieux tas jonchant le sentier et s'en retourna. Hélas, plus de tas, plus d'ailes de hannetons, il ne restait rien.

 Tout avait disparu.
Il ne put y croire, et chercha, chercha, chercha.......

    Depuis ce jour, à la tombée de la nuit, près des ruines fantomatique du château, les promeneurs égarés prétendent avoir vu une forme étrange qui fouille le fossé du château. Ce ne peut être que notre bûcheron qui depuis des siècles, arpente les ruines à la recherche de son précieux trésor. "

 

  

   Evidemment, lorsque j'ai visité cette vieille ruine féodale, mes yeux se sont portés sur le sol herbeux du fossé, mais je n'ai pas osé chercher longtemps car............ je ne veux pas appartenir à une nouvelle légende nommée:   L'OR DU TOURISTE BIEN TROP NAIF !......  (hihihi)

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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 06:30

 

Département :   90 - TERRITOIRE de BELFORT 

 

Le bourg :

L'avantage des ruines, c'est l'absence de toit qui permet une vision de son aménagement intérieur.  Situation :   (--> le voir sur une carte)

       Rougemont est une petite commune situés au Sud des Vosges, à 15km au Nord-Est de Belfort.
   Le château est planté à 736m d'altitude, sur une colline proche du village. 

 Coordonnées du château :

47° 44' 24.947" N 6° 58' 2.903" E
 47.740263°  6.967473°

 

  Origine du nom :

      J'adore quand la toponymie est aussi simple. Rougemont est dû à la couleur de la roche en ce lieu.   Autrefois, le site se nommait :

- En Français : Rubremonte,

- En allemand : Rothenburg. 

 

Le château :

     L'extérieur :

Je le vois

   En arrivant sur le site, je suis heureux. Certes ce n'est pas l'absence de soleil qui m'apporte cette joie, mais l'absence d'arbre et de ronce. Enfin, je vais pouvoir déguster une ruine médiévale dans son ensemble.

 

Analyse

 

   Le château est posé sur une petite colline et entouré d'un fossé dont les parois, sûrement creusées par l'homme, sont presque verticales et dissuasives pour un envahisseur du 13ème siècle. En faisant le tour à la lisière de la forêt puis en marchant dans le fossé, il m'est aisé de faire le plan de cette ruine (en vérité, je l'ai récupéré sur un des panneaux mis par le foyer rural de Rougemont, organisme qui a participé aux fouilles au 20ème siècle).
 Détaillons ce plan :

    A - Le donjon circulaire,
    B - Le logis,
    C - Les communs,
    D - La forge et l'écurie, qui seront transformés en logement des gardes (?),
    E - L'entrée du château et la barbacane (voir vocabulaire),
    F - La citerne.

 

Je vais entrer

   Pour franchir le fossé, un solide pont fixe remplace au 21ème siècle un pont mobile ou levis qui devait être la première défense passive du château.

Venez avec moi.

Oups... le pont bouge un peu.

 

    L'intérieur :

Je suis dans la place

   La première constatation est la faible hauteur des murs. Je suis dans le squelette de cet ancien château.

* Le point négatif : Il me sera impossible de deviner l'âge de la construction (grâce aux archères par exemple), ni voir l'évolution architecturale (par la présence de bouche à feu).

* Mais l'avantage : Ce squelette montre l'étendu du site et la répartition des bâtiments.

   Comme sur le plan, je distingue devant moi le logis (à droite) et les communs. Puis au fond, l'ancienne forge et l'imposant mur de la barbacane.

 

La surprise

   En me rendant de l'autre coté du logis et en me retournant, je vois (au Nord-Est) sur la porte ogivale du logis et au fond, le solide donjon circulaire ne comportant aucune archère. Sa petite surface ne le rend pas habitable. C'était sûrement le moyen de repli ultime et le lieu de surveillance  du guetteur.

Proche du donjon, que voyez vous ?

   Bravo, vous avez trouvé,  c'est la citerne.

 

La citerne

         Au Moyen Âge, l'eau est une préoccupation importante. Dans un château, en cas de siège de l'ennemi, il est important d'avoir une réserve pour plusieurs jours.

Comment avoir de l'eau ?

1 - Construire un château à coté d'une rivière, ou détourner un ruisseau. La solution n'est possible que pour les constructions dans les plaines. Souvent, ces châteaux ne comportent pas de fossé mais des douves (voir vocabulaire),

2 - Pour les châteaux installés sur une petite colline, il est possible de forer un puits.

3 - La grande majorité des châteaux médiévaux construits sur un pog, ou une haute colline rocheuse, le puits est impossible. La solution est la récupération des eaux de pluie dans une citerne. Mais cette eau descendant des toits est chargée de poussières. Il faut donc la filtrer.

    A Rougemont, le puits est impossible, il a donc fallu construire une citerne à filtration. Elle est de forme circulaire ce qui est classique. C'est un immense trou, dont les parois et le fond sont recouverts d'argile.
    Au centre, un couvercle protégeait l'orifice pour puiser l'eau potable. A l'extérieur, les eaux de récupération sont filtrées par une succession de couches de galets, de pierres, de sable.

 

Fin de la découverte

    Il suffit que je parle de pluie pour qu'elle tombe sur mon armurer. Je quitte à regret l'instructive ruine du château de Rougemont.

 

 

Histoire du château :

* Au début du 12ème siècle, le Comte de Ferrette (voir son château principal) suzerain de Rougemont, fait construire sur la colline une tour carrée entourée de remparts. Cette tour n'étant pas habitable, un logement existerait adossé à la courtine Sud.
* Au 13ème siècle un incendie ravage le petit château. La tour carré est arasée et remplacée par un donjon rond, plus défendable. Le logis est déplacé au Nord et des communs sont agencés rendant ce château plus approprié à ce nouveau siècle.
* Au milieu du 13ème siècle, une barbacane (voir vocabulaire) est construite améliorant la défense.
* En 1324, Ulrich III, Comte de Ferrette, meurt sans héritier "mâle". Jeanne de Ferrette, fille du dernier Comte, épouse l'Archiduc Albert II de Habsbourg. Le Comté de Ferrette passe à la maison d'Autriche. La seigneurie de Rougemont appartient maintenant aux Habsbourg.
* En 1330, il semble que le donjon ait été une prison pour 5 mois.
* En 1375, la région est ravagée par des troupes de mercenaires commandées par Enguerran VII, sire de Coucy. Ce cousin du Duc d'Autriche revendique la partie Sud de l'Alsace. N'ayant pas satisfaction, il prend par la force les territoires. Le château de Rothenburg est détruit après une courte attaque. Le château ne sera jamais reconstruit. Les ruines tombent dans l'oublie.
* En 1618, début de la guerre de "30 ans". La seigneurie de Rougemont étant Autrichienne, elle subit de multiples invasions qui ravagent le pays.
* En 1648 (le 24 octobre), signature du Traité de Westphalie mettant fin à la guerre de "30 ans". La seigneurie devient territoire Français.
* En 1673, bien que le château ne soit plus habité, il existe encore une partie du donjon qui pourrait servir de refuge. Louis XIV (voir liste des rois) ordonne la démolition de cette tour symbolique.
* En 1977, le foyer rural de Rougemont organise un chantier de fouille.
* En 1990, après 13 ans de recherche, le site est ouvert au public.
* En 1996, les ruines sont inscrites aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de la ruine est libre et gratuite. Le risque de recevoir une pierre est faible.

 

   

 

 

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6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 06:30

 

Département :  67- BAS RHIN
 
Comme souvent, 'mes' châteaux sont en haut de la colline. Un peu de marche me fera du bien..

Le bourg

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        Le village est situé à 40km au Nord-Ouest de Strasbourg, à 22km au Nord-Nord-Est de Saverne et  30km au Nord-Ouest de Haguenau. Ce bourg est dans le parc régional des Vosges du Nord.

   Coordonnées du château : 

48° 55' 16" N 7° 29' 13.999" E
 48.921111  7.487222

 

Le château : 

   L'extérieur :

     Ce château est implanté sur une colline à 415m d'altitude. Il domine le village éponyme.

    De loin, le château est impressionnant. Mon livre annonçait qu'il avait été reconstruit à la renaissance, mais son architecture ne ressemble pas à un château de la Loire. Une petite marche d'approche me permet de mieux le découvrir.

Une citadelle toute de rouge vétue 

La découverte

        Aux pieds de la forteresse, la sensation est curieuse. Des courtines sont posées sur le rocher comme les châteaux médiévaux. Elles sont précédées par un fossé. Par endroit, une sorte de bretèche anime les rectilignes murs.

    En regardant mieux ces hauts murs, les courtines comportent de très nombreuses canonnières en partie haute.

Sont ce les vestiges d'un long mâchicoulis ?

    Au 15ème siècle, avec la naissance de l'artillerie, les bouches à feu étaient construites en bas des murs pour un tir rasant, très efficace pour ces armes "naissantes". Les ouvertures sur les courtines sont donc du 17ème siècle.

 

Rapide analyse

    Comme souvent, je m'imprègne du château en faisant le tour. Très peu d'indices me font croire que ces murs sont médiévaux. Vauban, au 17ème siècle, est passé par ce château et en a fait une vraie forteresse "imprenable". Par de "petites touches" au cours de 5 siècles, ce château s'est modifié pour devenir une opulente bâtisse dont je vais découvrir l'intérieur.

     La barbacane (voir vocabulaire) de Vauban s'est muée en billetterie. Mes quelques Euros vont se transformer en plaisir.

Un sas sécurisant l'entrée 

    L'intérieur :

L'entrée

    Évidemment, il faut franchir un pont pour "survoler" le fossé, et après une porte à 2 vantaux,  je pénètre dans un tunnel coudé protégé par des canonnières. Cette atmosphère sombre fait monter en moi le plaisir de la pierre.

 

La cour intérieure

    Wahouuu, en sortant du tunnel, les couleurs sont superbes (ciel bleu, mur de grès rose, herbe verte....), mais en plus, il y a de très nombreux bâtiments. Il me faudra la journée pour tout détailler et photographier.

    Mais commençons la visite de façon méthodique : Le plan.

     L'ensemble forme un ovale presque parfait, avec des bâtiments espacés n'ayant que 300 ans d'âge; Trop jeune pour moi...... Enfin, pour ma passion voulais je dire.

     Je ne vais pas vous détailler les nombreux bâtiments postérieurs au 15ème siècle, mais vous faire ressentir "mon" moyen âge.
  Il y a d'abord les caves voûtées de l'époque médiévales. Elles ont été transformées sous Vauban en casemate, mais l'architecture de base a bien été réalisée au 13ème siècle.
  Puis en contournant la chapelle, c'est le choc.

Un majestueux donjon me fait face. 

La vaste cour intérieure accueille de nombreux bâtiments. 

Le donjon

    Voila le bâtiment médiéval qui justifie à lui seul mes Euros. Il vient tout droit du 13ème siècle. Il est vrai que les puristes diront que les créneaux ont été retouchés au 17ème, que les ouvertures de lumière ont été faites au 15ème.

Mais regardez le : droit, fier, imposant !

 

La haute cour

     Respectueusement, en direction de ce représentant du château Comtal (oui, cher lecteur, ce n'est pas une simple ruine seigneuriale comme vous en lisez souvent dans mon blog. Ces bâtiments ont connu et vu vivre des Comtes) je vais monter le large escalier récent pour arriver dans la haute-cour.
     Et là encore un premier choc :   Une citerne (non, ce n'est pas un puits, le château est trop haut) en grès rose, sobre mais belle, aérienne presque.
    Et un deuxième choc : Le haut du donjon comporte encore une tour flanque sur un bâtiment d'habitation. Je pressens que les salles vont être magnifiques.

 

Les salles du donjon

     Certes, ce n'est pas Chenonceau, ni le palais des glaces de Versailles (je vous rappelle que nous sommes dans une bâtisse féodale devenue une garnison royale durant presque 200 ans), mais les salles sont belles. Leur petitesse renforce le coté "douillet", les linteaux des portes sont sculptés et les cul de lampes (voir vocabulaire) sont décorés de "vivantes" têtes humaines.

     Un escalier étroit muni de fentes pour tir au fusil, monte vers la terrasse. Bien que je sois habitué à profiter de la vue depuis ces hautes tours médiévales, je ne me lasse jamais d'admirer les paysages qui s'offrent à moi. Je frise le rêve d'être le Comte de ce lieu guettant un messager m'apportant des nouvelles de...... 
     Mais la réalité me rappelle au 21ème siècle, Un gardien me dit : "on ferme dans 10 minutes".  Il me faut trouver un gîte pour la nuit avant de conquérir demain une autre ruine castrale.

 

 

Histoire du château :

* En 1206, un texte cite le nom d'un château en ce lieu appartenant à Rodolphe de Lichtenberg, branche de la famille de Hunebourg. Les paysans déboisent le bas de la colline et établissent un village éponyme.
* En 1269, la famille de Lichtenberg devient vassale de l'évêque de Metz, qui confirme cette famille dans le droit de possession.
* En 1286, changement de propriétaire en la personne de Conrad de Lichtenberg, évêque de Strasbourg. Il fait de grands travaux de fortification.
* En 1332, Hanemann II de Lichtenberg achète des terres en basse Alsace. Puis par des actions guerrières agrandit son territoire.
* Au milieu du 14ème siècle, le château ne bénéficie d'aucun aménagement, et semble délaissé par ses propriétaires qui préfèrent discuter possession et héritage plutôt que construction d'avenir. Ils construisent à l'intérieur de la cour des murs de séparation pour habiter chacun dans une partie différente et isolée. Conséquence :
* En 1352, Hanemann III de Lichtenberg répudie son épouse et décide de vivre avec sa concubine. Son fils Henri de Lichtenberg  assiège le château, et le prend par la force.
* Au début du 15ème siècle, de nombreux conflits opposent les familles Lichtenberg, Fleckenstein et Linange.
* En 1450, Jacob de Lichtenberg passionné de recherches scientifiques installe dans le château un observatoire astronomique.
* En 1458, Jacob de Lichtenberg est élevé au rang de Comte par l'Empereur Frédérique III de Habsbourg.
* En 1480, le Comte Jacques de Lichtenberg meurt sans héritier direct. Le domaine est partagé entre les Comtes de Hainau-Lichtenberg et les Comtes Deux-Ponts-Bitche.
* En 1570, le dernier Comte Deux-Ponts-Bitche décède sans héritier. Le château appartient maintenant à une seule famille : les Comtes de Hainau-Lichtenberg.
* En 1580, le Comte Philippe IV de Hainau-Lichtenberg fait venir le célèbre architecte Strasbourgeois Daniel Speklin et le charge d'aménager le château. Sa solution fut simple : destruction de tous les murs et défenses féodaux pour adapter la future forteresse aux perfectionnements de l'artillerie, et aménager des bâtiments résidentiels "renaissances". Seul le donjon central survit à ce "coup de jeunesse".
  La forteresse perd son statut de château Comtal au profit de Bouxwiller.
* En 1618, début de la "guerre de 30 ans" (voir ce livre). La puissante forteresse souffre peu durant cette dévastatrice guerre..
* En 1648 (le 24 octobre), signature du Traité de Westphalie mettant fin à la guerre de "30 ans".
* En 1678, le Maréchal de Créqui bombarde l'ancien château, et s'en rend maître pour le compte du roi de France Louis XIV (voir liste des rois).
* En 1682, la position étant stratégique, les ingénieux de Vauban se chargent de modifier cette puissance forteresse. Quelle chance, les bâtiments ne sont pas rasés comme souvent au 17ème siècle. De nombreux édifices sont gardés et aménagés, le donjon échappe à la destruction. Une garnison Française occupe le site pendant 188 ans.
* En 1870, les troupes Allemandes du Wurtembourg bombardent et incendient le site. Puis, ils l'abandonnent.
* En 1878, les ruines sont classées aux Monuments Historiques.
* En 1944, la population se réfugie dans les casemates.
* En 1970, la commune achète la ruine.
* En 1993, début des travaux de consolidation et de restauration. La tâche est importante, mais un projet culturel sur le site dynamise l'enjeu.
* Au 21ème siècle, la découverte extérieure du château est libre et gratuite. La visite de l'intérieur est payante. Le risque de recevoir une pierre est négligeable.

 

Elle est vraiment belle cette forêt Alsacienne !

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 06:30

 

Département :   32 - GERS 

 

Le château

     Situation :  (--> le voir sur une carte)

        La petite commune de Maignaut-Tauzia est située à 8km au Sud de Condom, et à 1km au Nord de Valence sur Baïse.

  La ruine du château de Maignau est posée sur une colline à 1km à l'Ouest du village.

   Coordonnées du château :

43° 53' 40.29" N 0° 23' 19.284" E
 43.894525°  0.38869°

 

   Origine du nom :  (voir cet article)

       Il semble que Tauzia soit un dérivé de Tauzin signifiant : chêne noir. 

 

Le château

    L'extérieur

Où est il ?

      Pour découvrir ce magnifique château de Tauzia, il ne faut pas prendre la route principale vers le village, mais une petite route légèrement sinueuse. Un panneau tombé dans le bas-coté vous signalera la direction.

    En arrivant, c'est le choc..... La ruine est magnifique.

 

La découverte

   Il est vrai que ma vision des bâtiments médiévaux est peu objective, mais admettez que cet ancêtre est vraiment incroyable !

   Comme il est sur un terrain privé, je vous conseille de demander l'autorisation que j'ai eu avec un enthousiasme incroyable de son propriétaire, (merci messire).

 

La tour

  Comme moi, vous avez certainement été surpris par cette tour unique et décalée. Cela me rappelle un peu le château de Mansencome. Ce n'est pas un donjon, ce n'est pas une tour d'angle, c'est..... une tour-porte.

  Cette haute construction possède plusieurs archères cruciformes (voir vocabulaire) ainsi qu'une bretèche haut perché. Comme vous l'imaginez, même si l'attaquant passait la 1ère porte, il se trouvait dans un sas où il recevait des pierres par un assommoir. L'accès était bien gardé.

  Mais qu'en est il des murs de courtine ?

  Étaient ils aussi protégés ?

 

Les courtines (Logis)

       Évidemment, les murs du château possédaient des archères en croix, mais la Renaissance et l'envie de confort ont modifié la façade Sud de cette ancienne forteresse. De belles et nombreuses fenêtres à meneau en croix avec des moulures rondes adoucissent la forme brute de cet ancêtre médiéval. Il y a même de fines sculptures avec parfois des représentations de têtes humaines.

C'est Versailles !....    Je m'emporte un peu, je l'avoue.
Questionnement

    Votre oeil expert a vu une curiosité au centre de la façade . Bravo, vous avez compris qu'une tour-escalier avait été aménagée desservant les étages par l'extérieur (comme souvent après le 15ème siècle).

   Sur la façade, des corbeaux de pierre m'intriguent :

Était ce pour soutenir des hourds (durant la période médiévale) ?

         Mais elles me paraissent bien basses.

Était ce le support du toit pour des communs ?

         Mais cela est incompatible avec l'archère.

Mystère !
 

La plan

   Avant de visiter l'intérieur, je tente de dessiner son plan pour comprendre et immortaliser cette ruine. Le bâtiment principal (logis) mesure approximativement 15m x 10m :

F - Fenêtres de la façade Sud,
P - Porte d'entrée dans la tour,
V - escalier à Vis,
L - (je garde le suspens)

Je vous invite dans "mon" château.

 

    L'intérieur :

J'entre

       C'est par une large fissure dans l'ancienne tour-escalier que je pénètre dans une première salle.

Wahouuu, quelle lumière !

   La photo ne traduit pas la luminosité, mais je vous assure que je peux distinguer tous les détails des murs intérieurs. La ruine est si lisible que je pourrais presque attribuer à chaque salle sa fonction d'origine (presque).

 

Mon inventaire architectural

Avez vous remarqué cette façade ?

 Il y a :

* Bien sur, des fenêtres à meneau,
* Des fenêtres à coussiège (voir vocabulaire).
* Mais aussi en haut à droite, l'ancienne porte du 2ème étage accessible par la tour-escalier,
* Et au centre, une fente verticale, c'est une ancienne archère droite.

  Plusieurs siècles d'architecture sont visibles. N'est ce pas une ruine extraordinaire ?...............

 

La 2ème salle

   Dans l'autre salle, l'ambiance est différente. Ce n'est pas la terre et l'herbe au sol qui m'influence, c'est la "simplicité".

Avez vous regardé ce détail sur la gauche ?

Absolument, vous avez bien vu...... C'est, exactement là.
   Ceci est un évier, (repère L sur le plan) ce serait donc la cuisine. Méfiance, il y a parfois des pièges architecturaux dans une ruine, ce lavabo avait peut être une autre fonction.

   En levant la tête, une surprise m'attend. Un arc de décharge portant une tour.   J'ai besoin de ressortir pour comprendre sa fonction.

 

     Je suis à nouveau à l'extérieur :

(hi,hi,hi, malin je suis, car j'ai réussi à vous cacher cette tour depuis le début sur toutes les photos).

Regardez cette tour.

Ce n'est pas une échauguette traditionnelle, ni une tour flanque, c'est un curieux compromis. Elle a la même hauteur que la tour-porte, et je crois apercevoir un crénelage en haut. Cette tourelle polygonale en encorbellement est réellement fascinante !

   Mais le jour avance et une autre merveille m'attend quelques kilomètres plus loin. J'admire une dernière fois cette beauté de pierre puis j'enfourche mon destrier... En avant vers la maison forte de Maignaut-Tauzia.

 

 

 Histoire du château :

* Au 11ème siècle, une famille nommée Tauzia est citée dans un texte, sans qu'une fortification soit associée au nom.
* En 1362, une fortification est mentionnée appartenant à Menaud de Barbazan.
* En 1479, Jean de Marestang achète la seigneurie de Tauzia.
* En 1524, le fils aîné de Jean épouse Marie de Bousquet. De nombreux travaux de confort sont réalisés rendant habitable cette forteresse médiévale.
* En 1640, la seigneurie appartient au Marquis de Léberon (voir titre de noblesse).
* Au 17ème siècle, durant La Fronde, le château est abandonné et ruine sera sa destinée.
* Au 19ème siècle (?), il semble que l'escalier soit démonté laissant ce trou dans la façade.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La propriété est privée, la visite de l'intérieur est interdite au public. Le risque de recevoir une pierre est important.

 

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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 06:30
      Il y a quelques temps je vous avais fait découvrir une église fortifiée à Saramon dans le Gers, et il me semble que vous aviez apprécié. Celle-ci ne lui ressemble aucunement, c'est la diversité et l'imagination de nos ancêtres qui font que chaque fortification est unique.  

 

Département :   08 - ARDENNES 

 

Le bourg :

  Situation :   (--> la voir sur une carte)

      Le petit village de Cheveuges est situé à 15km au Sud-Ouest de Sedan.

  Coordonnées du bourg :

49° 39′ 52.99″ N 4° 52′ 59.99″ E
 49.66472°  4.88333°

 

L'église fortifiée : 

   Préambule

    Durant le Moyen Âge, la protection de la population était assurée par un château seigneurial ou les remparts de ville. Mais souvent ces fortifications sont trop coûteuses pour un petit village, les églises ont vu leur architecture s'adapter aux désordres politiques et sociaux.
 
    L'extérieur

      Un promeneur non attentif (ou ne possédant pas ce livre) passerait devant l'église Saint Rémi sans voir une curiosité architecturale.

L'avez vous remarquée ?

   Je vous aide un peu.... Regardez cette autre face.

Avez vous trouvé cette caractéristique ?

 

 Hooo, je vois vos sourcils se froncer. Ce ne sont pas des archères sur les cotés, ni des fentes de tir, ni une tour, mais une....

    Bravo, vous avez trouvé !  C'est une bretèche (voir vocabulaire), ou plutôt un arc plein cintre formant bretèche appuyé sur les 2 contreforts qui encadrent la seule porte d'entrée de cette église romane.

 

Nota : Pour les amateurs de curiosité, cette église en comporte une autre : Une sculpture de croix Byzantine unique en Ardennes .

 

    L'intérieur :

       L'église était fermée ce jour là, mais je ne pense pas que l'on m'aurait autorisé à gravir l'escalier pour observer le haut de la bretèche, alors..... Je repars vers une autre fortification Ardennaise.

 

 

 Histoire de l'église :

* Au 12ème siècle, une église est construite à cet emplacement.
* Au 13ème siècle (?), avec l'insécurité et les pillages, une fortification est construite pour dissuader et surtout protéger les villageois.
* Au 17ème siècle, les nefs latérales sont reconstruites.
* En 1740, le pourtour du coeur est revêtu d'un magnifique marbre sculpté.
* En 1959, l'église est classée aux Monuments Historiques
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Rémi) est libre et gratuite. La visite de intérieur est autorisée en dehors des offices. (Nota : Il semble que la porte soit fermée à clé très souvent, renseignez vous).

 

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