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Ombre et lumière

6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 07:30

 

Département :   40 - LANDES

Le bourg :

Cette église comporte t elle des défenses imprenable ?   Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Le bourg de Villeneuve de Marsan est situé à 15km à l'Est de Mont de Marsan.

    Coordonnées du bourg :

43° 53′ 38″ N 0° 18′ 19″ W
 43.893889°  -0.305278°

 

L'église :

    L'extérieur  :

La découverte

    Au bout de la rue du Mirailh apparaît une imposante construction toute de briques vêtue. C'est l'église Saint Hippolyte. Avec ses dimensions, je peux affirmer que c'est la plus grande élise fortifiée que j'ai vue depuis des années de recherche.

Mais, est elle vraiment fortifiée ?

 

L'enquête commence

    Rapidement, je n'ai aucun doute sur sa fortification. La façade comporte de nombreuses archères fines et sans ébrasement extérieur. Trois sont visibles ici et d'autres semblent se cacher dans les retraits de chaque coté du porche.

    Des historiens en architecture pensent qu'une bretèche (voir vocabulaire) protégeait la porte, mais je ne vois aucune trace.

 

J'ai des doutes

    En contournant l'église, je suis surpris par l'absence de transept (mais je ne suis pas venu pour découvrir les caractéristiques architecturales d'une église mais pour voir ses défenses).

   Le plus frappant ce sont les nombreux contreforts à larmier hauts et puissants. Cette construction parait invulnérable. Pourtant je distingue une faille. Les fenêtres situées très bas fragilisent cette invulnérabilité apparente.Les villageois ne seraient donc pas en totale sécurité enfermés dans la nef de l'église.

 

Enfin, je vois les défenses

    Il parait impossible que seule la façade soit fortifiée. Je lève la visière de mon heaume et je repars à la chasse aux indices..... Incroyable, j'ai trouvé !

Voyez vous cette merveille ?

    Je ne suis pas en admiration devant les contreforts mais devant les ouvertures sous le toit ainsi que les archères. Il y a donc une salle de repli avec chemin de ronde au dessus de la nef unique.

   Mais une questionne me titille.

Pourquoi y a-t-il une différence de construction et de couleur entre les ouvertures ?

Sont ce les traces d'un crénelage ayant été obstrué

pour créer une salle de repli ?

 

    L'intérieur  :

  La porte de l'église est ouverte et je tente une approche de Chevalier Médiéviste. Les défenses n'étant pas visitables, je ressors rapidement pour une autre aventure.

 


Histoire de l'église :

* Au 13ème siècle (?) , construction d'une église.
* Au 14ème siècle, le bas des fenêtres est muré permettant la réalisation de peintures à l'intérieur de l'église.
* Au 15ème siècle, un grand oeil de boeuf est aménagé dans le mur Est.
* Au 16ème siècle, des peintures sont apposées sur les murs.
* En 1834, des travaux sont réalisés sur la façade suite à l'effondrement d'une échauguette.
* En 1873, un campanile couronne le clocher.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Hippolyte) est libre et gratuite depuis la place du village. La visite du clocher et des fortifications est interdite.

 

2 archères dans un chemin de ronde

 

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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 07:30

 

Département :   32 - GERS

 

La bastide

La tour du rempart de la ville annonce déjà un plaisir médiéval !     Situation :   (--> les voir sur une carte)

       Le petit bourg de Bassoues se situe à 30km à l'Ouest de Auch sur la D943. Posé sur une crête à 220m d'altitude entre les vallées de la Lauzoue et la Guiroue, Bassoues est une bastide ayant conservé de nombreux vestiges et traces du Moyen Âge.

   Coordonnées :

43° 34′ 48″ N 0° 14′ 46″ E
 43.58°  0.246111°

 

    Préambule :

      Bassoué est un lieu de tourisme calme et agréable, mais pour votre chevalier, c'est la recherche de fortifications et surtout d'un des plus hauts donjons de France.

 

Les remparts 

    C'est par une journée de pluie que je découvre Bassoues (désolé, mes photos ne seront pas d'une grande qualité). En me garant proche de la gendarmerie, la première trace médiévale me regarde fièrement.
  C'est une tour carrée de 4m de coté et de 9m de haut. Elle est à l'angle Sud-Est du rempart marquant les limites de la cité. Ce rempart médiéval de 1m d'épaisseur est encore visible sur de grandes longueurs (voir le plan de cette bastide).
   En haut de cette tour (sur les 4 faces), une archère cruciforme (voir vocabulaire) m'amène à penser que cet ouvrage date du 14ème siècle.  La "porte" d'accès condamnée comporte des trous de boulins devant supporter une passerelle.
  Curiosité : La base de la tour est réalisée en pierres mal taillées et à l'alignement médiocre contrairement aux rangée supérieures... Pourquoi ?

Mais où se trouve ce fabuleux donjon ?

 

Il est si grand, que ma recherche est très facile. -->  Il est là !

 

 Le donjon

 Voici un des plus puissants donjon de France ! L'extérieur :

Incroyable !   Grandiose !  Puissant !

       Tous les qualificatifs que je connais s'adressent à cette tour. C'est un des chef d'oeuvres de l'art militaire du 14ème siècle en Gascogne. Ce donjon s'apparente à la tour Royale du château de Vincennes (près de Paris).

Quel bâtiment !

  Et si je faisais le tour de la tour.
 
     A ses pieds, je me sens petit. Cette tour mesure 40m de haut sur 8m de coté, mais curieusement, à part les mâchicoulis, je ne vois pas de système de défense :

* Aucune archère,

* Aucune bretèche,

* Pas de corbeau pour des hourds

* Pas de bouche à feu du 16ème siècle.

   N'était ce qu'un imposant donjon pour marquer la puissance de son propriétaire ?
 
      Un peu de recul me permettra de mieux comprendre ce trop grand bâtiment. Ce donjon est presque symétrique, et pour "tenir" l'ensemble, l'architecte a construit 4 puissants contreforts aux angles avec au sommet des petites tours rondes plus esthétiques que fonctionnelles.

     Sur chaque façade, des fenêtres plus ou moins sculptées donnent un peu de grâce à ces murs droits, et entre ces fenêtres, des cordons de pierres matérialisant les étages. C'est curieux !
  J'ai inspecté longuement les pierres et je n'ai vu aucune marque de tâcheron. C'est curieux.

 

    L'intérieur :

       Hélas en janvier, le magnifique souvenir du glorieux passé est fermé au public. J'ai tenté de négocier avec une charmante princesse travaillant (dans quel siècle vivez vous !    Les princesses travaillent ...pfff) dans la mairie, mais... point de visite j'ai pu avoir.
   Si vous avez eu la chance d'admirer les salles, décrivez les moi.
 
Le château

     Tellement fasciné par cet exceptionnel donjon que j'en oubliais de regarder le château.
 Il n'est hélas pas médiéval, ou si peu que je ne le regarde pas vraiment. Par exemple, cette échauguette est plus une adaptation esthétique du 17ème (?) qu'un système défensif.
    La pluie commence à tomber, je quitte ce lieu où je reviendrais certainement pour visiter l'intérieur de ce haut donjon.

 

 
Histoire de la bastide et du château :

* En 732 (date connue par nos enfants), Charles Martel remporte une victoire à Poitiers. Fris, neveu de Charles Martel, poursuit les Sarrasins qui s'enfuient vers le Sud.
* A 1km à l'Ouest du futur bourg de Bassoua, L'armée de Fris attaque les fuyards. L'affrontement est violent et Fris est mortellement blessé. Ses compagnons d'arme l'enterrent rapidement avant de reprendre la victorieuse bataille.
* A la fin de 10ème siècle, un paysan trouve les restes d'un combattant qui est identifié rapidement par l'église comme Fris, celui qui combattit les Sarrasins. Une église est construite en ce lieu pour préserver les restes de ce Saint Fris.
* En 1020, Bernard de Bassoua, seigneur du château, donne les terres de cette église à l'Abbaye Bénédictine de Pessan. Près de l'église, une source est découverte, et devient "miraculeuse".
* Rapidement, la fontaine est un lieu de pèlerinage sur la route de Saint Jacques de Compostelle. Les moines transforment l'église en Basilique.
 * Au 13ème siècle, l'Archevêque d'Auch est le nouveau propriétaire des terres. Il établit une bastide de forme rectangulaire (un plan régulier classique pour une bastide médiévale).
* En 1365, l'Archevêque Arnaud de Aubert, neveu du Pape Innocent VI et camérier (ministre des finances) de l'église Romaine, fait construire une fortification et un puissant donjon à Bassoua. Les textes nous apprennent que le maître d'oeuvre est Peyre Joc (dont on ne retrouve aucune autre trace de construction) et que le charpentier se nomme Etienne de Pradère.
* En 1371, la construction s'achève. L'Archevêque n'en profite pas car il décède un peu avant la fin des travaux.
* Après le 16ème siècle, le château est modifié.
* En 1944, le donjon est classé aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur depuis la route est libre et gratuite. La visite de l'intérieur est payante.

 

Y a t il une princesse emmurée derrière cette belle fenêtre ?

 

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 07:30

 

Pays :

  BELGIQUE

Province :

  Luxembourg

  Coloré malgré la pluie

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

       La petite station estivale de Herbeumont est située à 25km au Nord-Est de la ville Française de Sedan et à 10km à l'Est du château de Bouillon.

   Coordonnées du château :

49° 46' 36.091" N 5° 13' 58.84" E
 49.776692°  5.233011°

 

Le château :

     Extérieur :

Préambule

   Le château de Herbemont est injustement méconnu. Il a été au 16ème siècle une "seigneurie tampon" entre le Royaume de France et l'Empire Germanique. C'est une ruine incontournable pour qui aime l'histoire.

   Hélas, il bruine le jour de ma visite. L'herbe trempe mes pieds, la pierre est glissante, l'appareil photo est instable, mais.... Je suis venu pour rêver, et j'ai le soleil dans les yeux.

N'est ce pas le plus important ?

 

Le plan

    Pour comprendre cette ruine, il est nécessaire de lire le plan :

 

 En ROUGE, constructions entre 1268 et 1300

 1 - Donjon carré,
 2 - Tour flanque,
 3 - Courtines. A l'Est, les courtines possèdent des contreforts,
 4 - Châtelet d'entrée,
 5 - Pont-levis,
 6 - Fossé taillé dans le rocher,

 

 En BLEU, aménagements de 1450 à 1550

 8 - Plate-forme à canon,
 9 - Tour "des Bourgeois",
10 - Tour "Malcouverte",
11 - Couloir d'accès,
12 - Logis seigneuriale avec salle, cheminée et dallage en schiste,

 

 En ORANGE, constructions de 1550 à 1600

13 - Caves et annexes,

 En GRIS, aménagements de 1600 à 1657 
14 - Bastion d'entrée avec plate-forme à canons,
16 - Cuisine, fournil, grange et citerne,
17 - Puits de 18m de profondeur.

 

Je vous pose une question

    Maintenant que vous avez appris le plan du château, vous êtes capable de me dire ce que je vois ici.

 Alors... J'attends !

 

Réponse

   Evidemment au premier plan, c'est lefossé creusé par l'homme, puis devant (sur la droite) les vestiges du donjon carré et enfin sur sa gauche, la petite tour flanque (repère 2).

 

Je commence la visite

   Quelques mètres plus loin,  je vois toujours le fossé et sur la gauche le mur  de la plate-forme à canons (repère 8) à la base de la "Tour Malcouverte".

Avez vous remarqué l'analogie d'architecture avec un château de type "Guédelon" ?

     Evidemment, ils sont tous les deux construits sur la base du plan défini par le Roi de France Philippe Auguste (voir liste des Rois).

 

Je contourne le rempart

   Sur l'autre façade, le puissant bastion d'artillerie (repère 14) du 17ème siècle s'intègre parfaitement dans l'architecture médiévale. Et au fond, les vestiges refaits du pont m'incitent à visiter cette beauté fortifiée.

   Je me sens tout petit sur le pont en regardant le donjon carré .

 

    L'intérieur :

Depuis le donjon

     Du haut du donjon (en partie arasé), je vois à l'extérieur le fossé bien sur, mais aussi les contreforts, les petites tours flanques avec archères droites (voir vocabulaire) avec un grand embrasement.

Comme moi, êtes vous surpris de la faible épaisseur des courtines ?

   La cour intérieure du château est en grand travaux, le logis (sur la droite) n'est pas accessible. Par contre, il est possible de visiter au fond la grosse tour "Malcouverte".

 

La tour "Malcouverte"

       Sur ce "chemin" qui est en réalité les vestiges enfouis des cuisines et autres communs, je me rends vers la grosse tour quand mon regard est attiré par un profond trou. Evidemment ceci est le puits (repère 17) et non la citerne. Je pressens que les travaux dans quelques années vont dégager la terre pour lui redonner une nouvelle jeunesse.

    Les murs très consolidés et la porte trop bien refaite me laissent à penser que des aménagements "modernes" pour la visite ont été réalisés. Pourtant, je suis impatient d'entrer dans cette tour.

 

Surprenant mais efficace

      Je vous l'avais dit, la grosse tour a été aménagée pour la visite et un énorme escalier rose (d'habitude avec l'hydromel, ce sont des éléphants roses que je vois ) permet l'accès au sommet.

     Non, non, n'en dites pas du mal, cette rose construction me permet de voir le fossé, la courtine avec les petites tours flanques, le donjon carré et surtout, le magnifique paysage vallonné.

 

C'est la fin

  Mais la pluie devient violente, mon armure va rouiller, je vous quitte déjà.

 

 

Histoire du château :

* Au 12ème siècle, le village fait parti des terres de la famille d'Orgeo
* Au début du 13ème siècle, par mariage Herbemont appartient à la famille Walcourt-Rochefort
* Au milieu du 13ème siècle, les terres reviennent aux Orgeo
* En 1268, Herbemont devient une seigneurie indépendante.
* A la fin du 13ème siècle, un château est construit par Jehan.
* Au 13ème siècle, avec l'amélioration des armes à poudre, le château renforce ses défenses.
* En 1420, la famille La Mark-Rochefort possède la seigneurie.
* En 1544, le château appartient à la famille Stolberg.
* En 1558, le château est envahi par les troupes du Duc de Never (voir titre de noblesse).
* En 1574, la famille Löwenstein est propriétaire de la seigneurie.
* A partir de 1618 (durant la guerre de trente ans), le château est attaqué.
* En 1657, les troupes du maréchal de La Ferté prennent par la force le château de Herbemont et le détruisent. Il ne sera plus reconstruit.
* A la fin du 20ème siècle, des travaux de consolidation sont entrepris par l'état Belge.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est possible depuis le sentier. La visite de l'intérieur est possible mais dans la zone sécurisée.

 

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 07:30

 

Département :   56 - MORBIHAN

 

Le bourg fortifié :

  L'église cache ses fortifications dans la végétation  Situation :     (--> le voir sur une carte)

      Le petit bourg de Malestroit est situé à 30km au Nord-Ouest de Redon et à 10km au Sud de Ploërmel.

   Coordonnées du bourg :

47° 48′ 36.59″ N 2° 22′ 57.38″ W
 47.810164°   -2.382606°

 

   Toponymie :   (voir initiation)

      Les linguistes n'étant pas d'accord sur l'origine exacte du nom, je vous donne les 2 hypothèses traduites de la langue Bretonne :

    *  "Mael-Trech" signifiant : Passage du seigneur.

    *  "Mala streta" correspondant à : Mauvais chemin.

 

Description de l'église : 

    L'extérieur

Pourquoi le choix de ce site ?

    Une brochure récupérée à la "frontière de la Bretagne" lorsque j'ai présenté mon laisser-passer    m'a motivé pour découvrir ce bourg.

    Et puis, cette église fait parti de l'histoire de France durant les périodes de troubles et de guerres. Une trêve y a été signée, ce site devait donc être fortifié.

Sont ce des mâchicoulis ? 

La découverte

     Surpris je suis devant cette façade. Je pensais qu'une église "fortifiée" proche d'un bourg actif aurait été entière. Hors c'est une ruine qui se montre dans un écrin de verdure.

     Les multiples dimensions des pierres me font penser à une église ayant été trop souvent consolidée. Les contreforts à larmier hauts et puissants, la porte ogivale trahissent une origine médiévale et même Romane.

Mais où sont les défenses ?

   Je ne distingue aucune fente de tir ni archère. Au dessus de la porte une construction pourrait faire penser à une bretèche (voir vocabulaire). Mais ma joie est de courte durée, l'encorbellement n'est pas évidé.

 

    L'intérieur
        A l'intérieur, au dessus de la porte, je découvre une ouverture obstruée. J'ai une preuve (ou plutôt un indice) qu'il y avait bien une bretèche il y a 6 siècles (au moins).

    Évidemment dans cette ruine, point de toit, ni de mur décorés, ni de statut de saints. Il reste les souvenirs de remplage, de piédestals et de chapiteaux (ou inversement).

 

  Histoire de l'église :

* En 1129, un prieuré consacré à Madeleine est construit sur la rive gauche de l'Oust, affluent de la Vilaine.
* En 1343, une trêve est signée dans l'église, au cours de la 1ère guerre de Succession de Bretagne.
* Au 21ème siècle, la découverte des ruines de l'église est libre et gratuite.

 

Les pierres sculptées jouent avec la nature

 

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 07:30

 

Département 02 - AISNE  (Thiérache)

 

Le bourg :

Je ne vois aucune trace de système défensif    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Le petit village de Clermont les Fermes est situé à 30 km au Sud de Vervins, à 25km au Nord-Est de Laon et à 7km au Sud-Ouest de Montcornet.

   Coordonnées :

49° 40′ 4″ N 3° 56′ 21″ E
 49.667778°  3.939167°

 

L'église :

     L'extérieur :

La découverte

    C'est grâce à un passionné d'histoire et d'architecture rencontré par hasard à la boulangerie de Montcornet que j'ai eu connaissance d'une construction religieuse fortifiée à Clermont les Fermes.

  Dans ce petit village, il est aisé de trouver l'église, mais trouver les systèmes défensifs va certainement être plus difficile.

 

L'enquête commence

   Les églises du Thiérache que j'ai visitées sont majoritairement construites en brique rouge, curieusement cette église est en pierre (même si quelques réparations de murs et contreforts ont été réalisées en brique).

  L'église ne possédant pas de transept, je suppose une construction vers le 12ème siècle (?). Les primitifs contreforts renforcent mon analyse rapide.

Voila un puzzle de défense médiévale  Le passionné de pierres que je suis est heureux d'être devant cette construction ancienne, mais le médiéviste fou de systèmes défensifs est en attente de son plaisir.

Cette église a t elle été fortifiée ?

 

Sont ce les défenses ?

   Proche du mur du cimetière, presque accolée à un contrefort droit, une petite bretèche (voir vocabulaire) me hèle :

"Regarde moi, Chevalier, ne suis je pas magnifique ?".

  Évidemment, comme vous je suis étonné. Non point qu'une système défensif me parle (ma folie est assez grave pour admettre ce fait  ) mais :

   * Par la petitesse de la construction en encorbellement,

   * Par l'absence d'ouverture en dessous à défendre,

   * Par l'utilisation de la brique.

  Je suppose que ce système défensif est "récent" : 16ème siècle, les Guerres de Religion.

 

Y en a t il d'autres ?  

   L'église doit posséder d'autres bretèches, donc pour les voir, je prends un peu de recul. Cette façade possède 2 bretèches identiques à celle déjà décrite, toutes les 2 proches d'un contrefort, et sans ouverture à défendre en dessous.

 

Y a t il une salle de repli ? 

     Avec les bretèches proche du toit, je suppose qu'une salle de repli existait (et existe encore ?). En regardant au sommet du chevet plat, je constate une ouverture confirmant ma supposition.

 

    L'intérieur :

  Je cherche la porte d'entrée est espérant que la salle de repli soit visitable. Elle n'est point majestueuse ni sculptée, mais elle possède son système défensif en brique.

  Comme souvent durant notre siècle, les églises sont fermées. Celle-ci ne déroge pas à la règle.

 

 

Histoire de l'église :

    Je n'ai hélas aucune information sérieuse sur l'historique de cette église.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Blaise) est libre et gratuite. La visite de la salle de repli est interdite. 

Au revoir magnifique église qui a su me faire rêver !

 

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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 07:30

 

Département :   22 - CÔTES d'ARMOR

 

Le bourg : 

Je suis arrivé à Coëtquen proche de Saint Hélen    Situation :   (--> le voir sur une carte)

       Le bourg de Saint Hélen est situé à 8km à l'Est de Dinan. Le hameau de Coëtquen est à 1km à l'est du bourg.

    Coordonnées du bourg :

48° 27' 59.623" N 1° 57' 19.033" O
 48.466562  -1.955287

 

Le château : 

      L'extérieur 

Je le cherche 

    Un château qui a appartenu à l'illustre famille de Coëtquen (conseiller des Ducs de Bretagne puis des Rois de France) doit être entouré de panneaux indicateur nombreux, de fléchages importants et d'une signalétique historiques très riche.

Quelle n'est pas ma surprise de ne rien voir ! 

   Il faut beaucoup d'attention pour découvrir, caché dans la végétation, ce panneau en bois. Avec si peu d'information, reste-t-il des murs de ce château si important à la fin du Moyen Âge ?

 

L'entrée

       L'entrée actuelle du site se fait grâce à cette grille protégée par une modeste tour ronde. Su un coté de la porte, des vestiges d'arc sont visibles, mais je ne distingue pas la présence d'un pont-levis, de rainurage pour herse ou de montant pour vantaux. Aseptisée est cette entrée.

 

Une tour

    La ronde tour, que j'avais délaissée à mon arrivée, est riche d'enseignement. Ses pierres sont pauvrement taillées avec des dimension très disparates. De nombreuses pierres avec un trou rond semblent avoir été ajoutées après la construction.

   En contournant cette tour, je vois toujours ces pierres trouées (pour tir au fusil certainement) entourées par des trous de boulin (voir vocabulaire). Les petites pierres en écailles de poisson semblent être une consolidation rapide (après une attaque ?). 

   Une autre trace de fortification entre le 15ème et 16ème siècle se trouve sous une fenêtre. Cette petite canonnière et l'absence d'archère prouvent que ce château a été construit à la fin du Moyen Âge. 

 

L'enquête continue

Coquette est la ruine entourée de ses fleursNe reste-t-il que cette petite tour ronde ?

    Ne pouvant entrer dans la propriété privée, je poursuis ma découverte depuis la petite route longeant l'ancien rempart.

   Soudain, noyée dans la végétation, une autre tour ronde apparaît. Bien qu'arasée, elle est plus massive et bien appareillée. Je crois voir à travers les feuilles, une large canonnière datant du 16ème (?). 

    A quelques mètres, une autre tour aussi puissante s'appuie contre un haut mur.

Mais que vois je ?

 

    L'intérieur :  

Elle se "déshabille" 

     Ne pouvant entrer dans la ruine, je désespérais de ne pas connaître ses entrailles. Mais grâce à l'usure du temps, je peux observer quelques salles depuis la route.

 

De nombreux  détails

   Ne voulant pas tout montrer pour laisser un peu de mystère et vous titiller le sens aigu de la recherche, je ne vais décrire que 3 caractéristiques architecturales :

1 - D'abord comme à mon habitude, je vous dévoile les latrines  . Elles sont certes un peu ventées, mais cet encorbellement posé sur des consoles est caractéristique.
2 - Puis il y a une large ouverture avec arc plein cintre. J'opte pour l'entrée du donjon, accessible par une plate-forme en bois certainement soutenue par des poutres s'appuyant sur des consoles  (voir en dessous).
3 - Enfin, une cheminée avec un linteau en queue d'aronde et un arc de décharge.

 

 

Histoire du château et de ses propriétaires :

* En 1130, présence d'un personnage nommé : Raoul de Coëtquen.
* En 1203, son petit fils, Olivier de Coëtquen, assiste aux Etats de Vannes.
* En 1231, Clément de Coëtquen est élu Archevêque de Dol.
* En 1350, naissance de Raoul V de Coëtquen.
* En 1386, il est chevalier  banneret. Ce titre signifie que ce chevalier a le droit de porter une bannière. Il peut donc commander d'autres chevaliers.
* En 1405, il est chambellan du Duc (voir titre de noblesse) de Bretagne.
* En 1440, Raoul V de Coëtquen reçoit du Duc de Bretagne Jean V l'autorisation de fortifier sa demeure.
* En 1442, Raoul V de Coëtquen est nommé maréchal de Bretagne.
* Vers 1450 (?), fin de la fortification du château.
* En 1575, château et terres sont érigés en Marquisat par lettres patentes en faveur de Jean III de Coëtquen.
* Au 16ème siècle, le château est en partie détruit par la Ligue et son partisan Saint-Laurent d'Avaugour.
* Vers 1792, le château est démoli par les Révolutionnaires.
* Quelques années après, le château est reconstruit.
* En 1875, le château sert de cadre au roman "Patira"de Raoul de Navery, pseudonyme d'Eugénie Saffray.
* En 1927, les bâtiments sont inscrits aux Monuments Historiques.
* En 1955, il semble que le château soit démonté sur ordre de la Comtesse de Boishue de Palys (à vérifier).
* Au 21ème siècle, le château est dans une propriété privée, il ne peut pas être visité. Mais il est possible de déguster une partie de ses entrailles grâce à une petite route longeant la site.

 

La ruine s'est enveloppée de sa robe verte

 

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 07:30

 

Département :  27 - EURE

 

Le bourgEst ce le vestige de la porte fortifiée du bourg ?

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        Le village de Pont de l'Arche se situe à 15km au Sud-Sud-Est de Rouen et à 7km au Nord-Ouest de Val de Reuil.

  Coordonnées :

49° 18′ 11.88″ N 1° 9′ 18″ E
49.3033° 1.155°

 
     Préambule :

Est ce un attrape nigauds ?

    Depuis quelques années, des panneaux "Cité médiévale" fleurissent à l'entrée des bourgs ou dans les prospectus des offices de tourisme. Cette association de mots est très vendeuse et doit faire venir les touristes qui vont évidemment dépenser quelques piastres dans les magasins.

  Me sachant un peu fou (oui, un peu... un gros peu il est vrai) dès que 3 pierres posées il y a 1000 ans existent, j'ai appris à ne pas foncer et à garder mon sens critique de Médiéviste-Amateur.

   C'est donc un Chevalier, la visière du heaume relevée, qui découvre le bourg de : Pont de l'Arche.

 

Description du bourg fortifié 

     L'extérieur : 

La découverte

    Une architecture semi-circulaire attire mon attention. Bien que très remaniée, je crois voir une ancienne tour médiévale (?). En avançant un peu, mes yeux émerveillés voient un vestige de rainurage pour une herse.

Serais je devant la porte fortifiée du bourg ?

Cité médiévale ?... Je vais de suite vérifier 

Y a t il d'autres traces médiévales ?

     Ces quelques pierres consolidées ne justifient pas l'appellation "Cité Médiévale Fortifiée" qui trône fièrement sur le prospectus de présentation "France-Normandie-Eure" que l'office de tourisme de Louvier m'avait remis.

Comment vais je trouver d'autres constructions fortifiées médiévales ?

   Il suffit de suivre l'indication d'un panneau : "Hotel de la Tour".

 

Les remparts

   En suivant les panneaux, je descends une pente douce vers la Seine. Sur l'arrière du petit hôtel proche du fleuve, une haute et puissante tour ronde ronde me nargue. Elle est certes consolidée mais, par sa présence, elle justifie ma venue dans ce bourg.

   La différence de dimensions et de types de taille des pierres est surprenante. L'absence de crénelage n'est pas surprenante pour un rempart si vieux mais la non présence d'archère ou bouche à feu (voir vocabulaire) m'étonne.

 

Trop de modernité

     Heureux de ma découverte, je retourne vers mon destrier sur les hauteurs du bourg quand soudain, une curiosité apparaît. Une des tours du rempart a été aménagée en habitation. Crénelage, mâchicoulis, fenêtres sont évidemment d'inspiration récente.

Faut il blâmer une telle initiative moderniste ?

    Je ne le ferai pas car durant des siècles, pour tous les bâtiments fortifiés, les architectes, habitants ou propriétaires ont modifié et modernisé les vieilles constructions pour les faire durer.

   C'est grâce à de telles initiatives que nombre d'entre elles ne sont point devenues ruines instable.

 

     L'intérieur :

         Remparts et tours ne sont pas visitable. Je me console en admirant le paysage en bordure de Seine.

 

 

Histoire du bourg :

* Au  9ème siècle, les intrusions Viking sont importantes et menacent Paris. Le roi de France (voir liste) Charles II le Chauve fait construire un pont barrage. Chaque arche (22) est équipée d'une herse. De chaque coté du pont, un château est construit.
* Au début du 10ème siècle, les Vikings détruisent partiellement le pont puis attaquent Paris. 
* En 911, le roi (voir titre de noblesse) de France signe un traité avec le chef des Vikings. Rollon est ainsi le 1er Comte de Normandie (voir liste). 
* Au  12ème siècle, le bourg est fortifié.
* En 1203, le pont est détruit par le Roi d'Angleterre Jean Sans Terre.
* En 1204, le roi de France Philippe Auguste  s'empare de la Normandie et fait reconstruire le pont.
* Au 13ème siècle, le rempart est consolidé.
* Au 14ème siècle, le bourg est aux mains des Anglais.
* Au 15ème siècle, nouvelle occupation Anglaise.
* Au 16ème siècle, le bourg se rallie à la cause de Henri IV
* Au 17ème siècle, durant la Fronde, après sa défaite le Duc de Longueville doit se rendre aux troupes royales.
* En 1789, le fort situé sur la rive droite est détruit.
* Au 19ème siècle, Napoléon Ier vient à Pont de l'Arche pour inaugurer une écluse.
* En 1856, le pont s'écroule.
* En 1858, un nouveau pont est construit.
* En 1932, l'architecture du pont est refaite.
* En 1940, le pont est détruit.
* Durant la 2ème guerre mondiale, un pont en bois est aménagé.
* En 1941, le rempart du bourg est classé aux Monuments Historiques.
* En 1944, le pont est détruit par un bombardement.
* En 1945, un pont-bateau est aménagé sur cet axe de circulation stratégique.
* En 1955, un pont "définitif" enjambe la Seine et l'Eure.
* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur du rempart est libre et gratuite. La visite des tours est impossible. 

 

Après tant d'émotions, le calme de la rivière est un plaisir

 

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 07:30

 

Département :   87 - HAUTE VIENNE

Le bourg :

Cette église comporte t elle des défenses extraordinaire ?  Situation :   (--> le voir sur une carte)

     Le bourg de Nexon est situé à 20km au Sud-Sud-Ouest de Limoges.

   Coordonnées du bourg :

45° 40′ 45″ N 1° 11′ 17″ E
 45.679167° 1.188056°

 

L'église :

    L'extérieur  :

Préambule

    Lorsque j'arrive proche d'un site fortifié, je suis de suite dans une ambiguïté de sensations. C'est la lecture d'un livre ou d'une brochure qui a motivé mon déplacement, mais c'est mon imagination préalable qui grossit la réalité.

  Donc, à chaque découverte, j'ai peur d'être déçu et je suis enthousiasmé d'être là. Mais vous savez tout cela grâce à cet article.

 

La découverte

   En arrivant sur la grande place du bourg, mon doute est présent :

"Cette église est elle vraiment fortifiée ?"

   Au premier regard, je ne distingue rien de caractéristique pour une castellologue assoiffé de construction défensive. J'entame un décryptage de chaque pierre (du granit).

 

L'enquête commence

    Le transept ne possède aucune archère, l'abside est traditionnelle et le clocher, bien qu'il soit un bon point de surveillance, ne comporte aucun des classiques éléments défensifs. Cette église ne serait donc pas fortifiée ? 

 

J'ai trouvé les défenses

    N'aimant pas les échecs  ... heu, je voulais dire.... "les absence d'indices dont je rêve"... Je décide de mieux regarder la nef. Soudain, j'ai les yeux plein de bonheur.

Voyez vous la raison ?

    Ce ne sont point les puissants contreforts qui causent ma joie, ni le jolie remplage de la fenêtre. Ce sont les ouvertures sous le toit signifiant la présence d'une salle de repli.

 

Une jolie défense 

Pour protéger une porte, que faut il ?   Heureux de cette découverte, je repars vers mon destrier les yeux brillants de soleil quand mon instinct me pousse à jeter un dernier regard vers la façade Ouest.

Voyez vous cette merveille ?

Regardez bien au dessus de la porte.

Qu'est ce ?

 

   Évidemment, vous avez deviné que, pour protéger une porte, il est intéressant d'avoir une construction en encorbellement nommée : Une bretèche (voir vocabulaire). Elle communiquait avec la salle de repli.

 

    L'intérieur  :

  Avec autant de réussite, je tente d'entrer dans l'église et... incroyable... elle est ouverte.

   Avec ces bâtiments adjacents, cette église paraissait gigantesque, mais c'est une construction intimiste à visage humain qui m'accueille (voir explication sur le plan).

     Dans la partie Romane, les croisillons sont voûtés en berceau et dans les chapelles latérales, de belles peintures portent mes yeux au ciel. La nef Gothique comporte 3 travées voûtées avec des arcs en ogives. Chacune possède une clé de voûte ornée des armoiries des grandes familles ayant régné sur Nexon :

       * Les Lastours,

       * Les Abzac,

       * Les Pousses de Campagne.

 Hélas pour moi, les fortifications ne sont pas accessible.

 


 Histoire de l'église :

* Au 12ème siècle, construction d'une église.
* Au 15ème siècle, modification de l'église.
* Au 19ème siècle, construction d'une sacristie coté Sud.
* En 1926, l'église est inscrite aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église est libre et gratuite depuis la place du village. La visite du clocher est interdite.

 

Le décors peint est très lumineux

 

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 07:30

Département :   66 - PYRENEES ORIENTALES

 

Le bourg : 

    Situation :    (voir sur une carte)

        Le petit bourg de Latour de France se situe à 4km à l'Ouest de Estagel et à 20km au Nord-Ouest de Perpignan. Le bourg est posé sur un plateau à 420m d'altitude, surplombant l'Agly.

  Coordonnées du bourg  :

42° 46′ 9.84″ N 2° 39′ 14.04″ E
 42.7694° 2.6539°

 

Le château : 

    L'extérieur :

Premier indice

    En arrivant dans le bourg, mes yeux s'écarquillent devant le blason apposé sur les panneaux de rue : Une tour fortifiée. Mais après réflexion, cela parait banal pour un bourg nommé Latour.

    Un plan cadastral montre les rares traces de fortification au 21ème siècle.

 

L'enquête commence

     En hauteur, il est facile de voir une tour (de l'ancienne église ?) comportant aux angles de petites échauguettes. Puis dans les ruelles, je vois le culot d'une ancienne échauguette.

    Un peu plus loin, les vestiges d'une tour inserrée dans le bâtiment me confortent dans la direction à avancer. 

 

    L'intérieur :

   Avec si peu de traces de fortification, je n'espère pas vraiment découvrir un intérieur. Pourtant, au sommet du bourg, un parking me donne un plaisir immense ! 

 

 

Histoire du château : 

* En 1020, un lieu nommé Triniach (ancien nom du bourg) est cité dans un texte. Il appartient à Bernard de Taillefer.
* En 1140, Bérenger de Peyrepertuse rend hommage au Comte (voir titre de noblesse) de Barcelone pour son château de Triniach.
* En 1258, le traité de Corbeil signé entre le roi Jacques Ier d'Aragon et du roi de France Louis IX (voir liste) fixe les frontières du royaume de France au Sud des Corbières. Triniach devient une frontière.
* En 1342, le roi de France Philippe VI de Valois donne le château à Guillaume du Vivier.
* En1462, château et fortification sont détruits.
* En 1480, Jean de Voisins reconstruit le château.
* En 1639, les troupes du roi de France Louis XIII (voir liste) campent proche de Latour. Le village et le château subissent des saccages.
* En 1640, le village et le château sont détruits.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur du site est libre et gratuite.

 

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 11:11
     
michel-j-01  
  Cet article est très spécial : Il est l'oeuvre d'un passionné ayant comme pseudo : " M. J.". Comme moi, il est fou de châteaux, aussi bien d'époque médiévale que renaissance. C'est aussi un passionné d'architecture et d'art. Il m'a proposé d'écrire quelques articles sur mon modeste blog.

     J'ai évidemment accepté. J'adore échanger sur les châteaux forts et l'histoire. Je suis fier de l'avoir dans ce "bateau" qui navigue à travers le temps !

   Cet article est en complément du château du Marais

 

michel-j-02  

 


La vie mouvementée d'un grand commis de l'Etat

 

 

    A cheval sur les XVIIIe et XIXe siècles, Talleyrand, prince issu d’une lignée aristocratique remontant au IXe siècle reste un des plus étonnants grands commis de l’histoire de France.

   Affligé, dès sa naissance, d’une claudication dont il fera le meilleur usage, un peu le mal aimé de sa famille, notamment de sa mère qui le propulsera contre son gré dans les ordres, Charles Maurice de Talleyrand demeurera, pendant toute son existence un nostalgique de l’Ancien Régime.

     Après son passage forcé au collège d’Harcourt puis au Séminaire, il obtient d’être nommé évêque d’Autun en 1788. A ce titre, il fait ses premiers pas dans la vie publique en siégeant l’année suivante aux Etats généraux. Mais il tourne rapidement le dos à sa carrière religieuse en envoyant sa démission d’évêque de Saône et Loire en 1791.

Certes, il est chargé en 1792 d’une mission diplomatique à Londres, mais devenu suspect aux yeux de la Convention et mis ouvertement en accusation par celle-ci, il prendra le parti de rester prudemment en Grande Bretagne en attendant que la tempête de la Terreur se calme, élargissant même la distance entre sa personne et les terroristes en s’embarquant pour les Etats-Unis.

    Ce faisant, il sauve sa tête, mais pas ses biens vendus aux enchères publiques en mars 1795.

      Nous sommes à l'été 1795. La tête de Robespierre est tombée depuis plus d’un an. Le plus gros de la tempête est passé et la Convention vient de rédiger une énième constitution plaçant à la tête de l’exécutif de la République un Directoire de cinq membres.

     Le moment est-il venu pour Talleyrand de regagner la France? Les contacts qu’il a su maintenir l’y incitent. Par prudence, il écrit cependant à une vieille amie, Germaine, Mme de Staël : "Faîtes démener l’abbé Desrenaudes" recommande-t-il. Et celui-ci se "démène" effectivement brillamment : Le 4 septembre 1795, la Convention rapporte le décret d’accusation lancé contre lui et l’autorise à regagner la France.

     Ce n’est cependant que fin juillet 1796 que le bateau qui ramène Talleyrand en Europe accoste dans le port de Hambourg…et que, le 25 septembre, le Courrier Républicain annonce l’arrivée à Paris de "Monsieur de Talleyrand-Périgord, ci-devant évêque d’Autun et émigré privilégié" On est loin d’un retour triomphal. Tout reste à faire pour "l’émigré privilégié" qui débarque dans la capitale avec 100 000 de nos euros pour tout pécule.

     Dans ce Paris, affranchi de la tyrannie pour tomber dans la frivolité et la luxure du Directoire, l’homme fort est Barras, chef de l’exécutif, ancien pourvoyeur de la guillotine reconverti dans les intrigues et trucages politiques en tous genres.

C’est, de nouveau, à l’incontournable Madame de Staël que Talleyrand a recours pour faire son retour dans les affaires de l’Etat : "Dans les circonstances importantes, il faut faire marcher les femmes". Et c’est ce qu’il a l’habileté de faire en plaidant son impécuniosité et son désespoir : "Ma chère enfant, si vous ne trouvez pas un moyen de me créer une position convenable, je me brûlerai la cervelle". Difficile d’être plus direct.

     Les femmes adorent ce genre de défi, et Germaine de Staël jaillit de son salon de la rue du Bac pour aller faire le siège de Barras au palais du Luxembourg.

    Le moment est propice. Le ministre des Relations extérieures, Charles Delacroix, polarise sur sa personne des critiques de toutes parts et se trouve de surcroît affecté par une monstrueuse tumeur (de 32 livres !) au niveau du bas ventre qui lui donne l’aspect peu représentatif d’une femme enceinte.

     Auprès du Directoire, l’opiniâtre Germaine use de tous les registres : l’éloge de son protégé, la persuasion, les larmes et jusqu’à l’évanouissement simulé. Barras reste de marbre, tout du moins en apparence puisque finalement il convie Talleyrand à un dîner en tête à tête à Suresnes…et tombe sous le charme de son interlocuteur.

    La décision de renvoyer Delacroix et de confier les Affaires étrangères à Talleyrand ne tient plus qu’à l’aval des autres Directeurs. Ceux-ci se réunissent le 17 juillet 1797. Carnot se déchaîne contre cette idée et Barras doit user de toute sa rouerie pour enlever la décision par trois voix contre deux.

     Non content d’avoir éjecté le malheureux Charles Delacroix du bureau de Vergennes, Talleyrand se paie le luxe d’engrosser la femme de celui-ci. Le 26 avril 1798, Madame Delacroix met au monde un fils que l’on prénomme Eugène, celui-la même qui allait devenir le maître de la peinture romantique du 19e siècle.

 

charles-maurice-de-talleyrand    Si Talleyrand ne s’est jamais flatté de cette naissance, le tout Paris ne lui en a jamais contesté la paternité. Il y a, à tout le moins, une certitude : le père ne pouvait, en aucun cas, être le pauvre Charles Delacroix, alors que celui-ci était, sept mois plus tôt, entre les mains d'un chirurgien pour l'ablation de cette tumeur mal placée.

    Ce que chacun savait (hormis Charles Delacroix) c’est que l’indélicat Talleyrand entretenait des relations intimes avec Madame Delacroix. Par grandeur d’âme, ou pour simplifier ses relations sentimentales, Talleyrand avait eu la galanterie d’éloigner le mari importun en le nommant ministre plénipotentiaire auprès de la République Batave à La Haye.

    Certains auteurs en tireront la conclusion lapidaire que Talleyrand fut, à tout le moins, l’auteur de deux chefs d’œuvre : l’un non signé, Eugène Delacroix ; l’autre l’est par contre: il s’agit de l’aboutissement heureux du congrès de Vienne.

 

Le Consulat et l'Empire ne pourront pas davantage se passer des talents de Talleyrand

       De fait, après avoir aidé Bonaparte dans sa préparation du coup d'Etat du 18 brumaire, le premier consul ne pouvait pas manquer de le reconduire dans ses fonctions et, devenu empereur, Napoléon pas davantage.

  Celui-ci lui réserve même tous les égards en le nommant grand chambellan en 1804, et le faisant, prince de Bénévent, deux ans plus tard.

      C'est lui qui négocie les traités de Presbourg et de Tilsit.

  C'est lui encore qui reçoit dans son château de Valençais les princes espagnols déchus après la difficile campagne d'Espagne de 1808.

    Cependant, les ambitions sans limite de l'empereur l'inquiètent déjà. Talleyrand est tout à la fois visionnaire et manœuvrier. En bonne place pour prendre le pouls de l'Europe et ménager ses propres intérêts. Rester un recours, en quelque sorte, et en tirer un bénéfice personnel.

     Ce double jeu n'échappe pas à l'empereur qui lui retire sa fonction de grand chambellan en 1809. Une décision sur laquelle Napoléon reviendra en 1813, en lui proposant de reprendre sa fonction aux Relations extérieures. Talleyrand juge vite la situation irrattrapable après la désastreuse campagne de Russie et refuse.

 

      Il a vu juste et la Restauration va se servir de cet incontournable grand commis pour sauver ce qui peut l'être.

Ne s'est-il pas toujours montré royaliste ?

   Ce détour au service du Consulat et de l'Empire correspondait davantage à sa soif de pouvoir qu'à une véritable adhésion.

     Louis XVIII ne s'y trompe pas en lui rendant son poste de ministre et en lui confiant les intérêts de la France au congrès de Vienne. Une réussite. L'intégrité territoriale de la France est préservée.

Ses rapports seront cependant plus difficiles avec Charles X. Les ultra n'apprécient guère Talleyrand. Il lui faut de nouveau attendre son heure.

     Elle sonnera en 1830, quand il se déclarera en faveur de la maison d'Orléans.

  Mais à 76 ans, sa carrière ministérielle est maintenant derrière lui. Il finit celle-ci comme ambassadeur à Londres de 1830 à 1834.

 

    Quatre ans plus tard, il est à l'agonie, et le roi Louis-Philippe vient lui rendre en hommage une visite d'adieu le 17 mai 1838, le jour même de son décès.

 

 

 

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