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Ombre et lumière

17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 06:30

 

Département :  11 - AUDE

  Sur le pont d'Avignon, on y danse, on y danse ....

Le bourg

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        Le village de Joucou se situe à 15km à l'Ouest de Axat, à 16km au Nord-Est de Belcaire et à 16km au Sud-Ouest de Quillan (voir son château).

   Coordonnées du site fortifié :

42° 50' 10.727" N
2° 3' 56.57" E
  42.836258   2.065714

 

Le château :  

     L'extérieur :

Je suis un touriste

    Après avoir visité la ruine du château de Joucou, je décide de faire une marche découverte depuis le village en longeant la rivière Rebenty vers l'Ouest.

    Tel un touriste je me délecte des brins d'herbe, des rochers, de la cascade, des bois, des oiseaux, des lézards.

   Lorsque je rejoins le petit torrent, surpris je suis de voir un pont à arche unique.

Pensez vous qu'il a été construit par le diable ? (voir un exemple).

 

Je me délecte à dessiner un pont J'entends des voix

    Je laisse mon imaginaire divaguer dans les reflets de l'eau quand soudain, mon instinct de chasseur de ruines entend "une clochette"....ou plutôt une fée :

"Regarde moi Chevalier."

 

La découverte

   Je scrute l'horizon. Comme il n'y en a pas (pfff je suis dans des gorges) je lève les yeux et je crois voir...une ruine en haut de la paroi.

Quel est le nom de cette ruine ?

   Certains d'entre vous vont me dire :

"Tu es bête Chevalier, c'est indiqué dans le titre !".

    Pour vous c'est facile bien installé dans votre fauteuil  , mais dans la "jungle Audoise"  , comment connaître le nom de cette ruine ?

 

La preuve

    Pour connaître le nom de cette beauté, il suffit de regarder le panneau détaillant l'itinéraire de découverte. Mais comme je me méfie toujours des touristiques indications, je vérifie sur ma carte détaillée. Le château d'Able (parfois aussi nommé Ables) est bien en face de moi.

 

Rapide Analyse

   Avec mon oeil d'aigle et une paire de jumelles je crois voir un donjon borgne ainsi que les restes de courtines.

 

     L'intérieur :

         Hélas, il est tard, le soleil disparaît doucement, mes jambes sont lourdes et l'envie de grimper la falaise est inexistant. Si vous avez le courage de visiter ses entrailles, pouvez vous me les décrire et, j'en serais très heureux, me faire parvenir quelques images. 

 

 

Histoire du château :

* Au  12ème siècle, construction d'un château (à vérifier).
* Vers 1600, le château est ruiné.
* Au début du 21ème siècle, la découverte de la ruine est libre et gratuite. Encore faut il trouver l'accès et demander l'autorisation au propriétaire. 

L'entrée est secrètement gardée

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13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 06:30

 

Département 71 - SAÔNE et LOIRE

  Je suis proche de mon Graal

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Le petit bourg de La Salle est situé à 100km au Nord de Lyon, à  20km au Sud-Sud-Ouest de Tournus et à 10km au Nord de Macon.

   Le château se situe à quelques kilomètres à l'Ouest, sur la route du golf de Macon.

      Coordonnées du château :

46° 24' 25.045" N 4° 50' 45.449" E
 46.406957  4.845958

 

Le château :

     L'extérieur :

La découverte

     Dans le Maconnais, les châteaux viticoles sont nombreux. Il n'est point étonnant de voir un panneau de rue en faisant part. Mais mon instinct de castellologue-amateur (il est vrai aidé par mon dictionnaire des châteaux forts) m'informe qu'une vraie fortification médiévale presque millénaire m'attend.

Pensez vous que ce soit cette massive construction ?

 

L'enquête commence

    En contournant le bâtiment par la route, je vois une réalisation très consolidée. Les ouvertures sous le toit rappellent un chemin de ronde. Mais sur le mur, je ne vois aucune fente de tir. En partie basse, les contreforts ressemblent à une imitation de consolidation médiévale.

   Sur la gauche, excepté une tour carrée sans âge, les autres bâtiments ne ressemblent pas à un château fort. Ma seule réjouissance est le fantôme d'une fenêtre à remplage flambloyant.

Était ce l'église du château ?

La végétation protège la vieille tour 

Quelle merveille !

    Je m'apprête à rejoindre mon destrier quand une beauté de pierre survolant les arbres me fait signe. J'avance lentement car je viens certainement de trouver le vieux château dont le contour du rempart semble matérialisé par une haie d'arbustes.

  Cet amas informe est peut être le vestige de l'entrée. Évidemment, c'est l'imposant donjon qui va être l'objet de toute mon attention.

 

Le donjon

    Par ses dimensions, la haute tour est habitable. Je me lance dans une rapide analyse :

 * Le donjon ne comporte pas de contrefort.

 * Toutes les faces possèdent des trous de boulin (voir vocabulaire).

 * Ces trous ne servaient pas à porter une passerelle de circulation.

 * Au sommet, les consoles à ressaut sont magnifiques.

 * Le crénelage a disparu ainsi que la plate-forme.

 * Quelques rares fantômes d'archère droite sont visibles.

* Les pierres sont petites, mal taillées et peu jointives.

* Une face comporte des fenêtres à meneaux en croix prouvant que le donjon a été habité assez tardivement.

 

Une autre surprise

  En contournant le donjon, je remarque une curiosité architecturale en encorbellement.

Avez vous deviné sa fonction ?

  C'est évidemment les classiques latrines, très souvent situées coté Nord.

 

    L'intérieur :

  La propriété est privée et non visitable. La tour ne semble pas consolidée, il n'est pas conseillé de s'en approcher. Avant de quitter le site, je regarde une dernière fois le magnifique donjon et je tente d'imaginer ce que le guetteur voyait.

 

 

Histoire du château :

* Au 12ème siècle, construction d'un château pour surveiller un péage sur la Saône au confluent de la Mouge.
* En 1368, Catherine de la Salle et  Girard de se partage le domaine et le péage.
* Au début du 15ème siècle, le firf appartient à la famille de Saint-Point.
* Au début du 17ème siècle Melchior Mitte de Miolans, seigneur de Chevrières, marquis de Saint-Chamond est le nouveau propriétaire.
* Vers 1659, Just-Henry Mitte de Chevrières, marquis de Saint-Chamond, vend le fief à Pierre Perrachon, seigneur de Senozan.
* En 1675, par mariage, château et terres sont la propriété de Gabriel de Briord.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur du château et de la tour est libre et gratuite depuis la route. La visite des intérieurs est interdite.

 

La tour est vraiment le symbol d'une construction médiévale

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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 06:30

 

Département 02 - AISNE (Thiérache)

 

Le bourg :La tour, prends garde, j'arrive !

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Le village de Logny lès Aubenton est situé à 14km au Sud-Est de Hirson, 41km à l'Est de Vervins et à 24km au Nord-Est de Montcornet.

   Coordonnées de l'église :

49° 49′ 41.15″ N 4° 12′ 39.17″ E
 49.828099°  4.21088°

 

L'église :

     L'extérieur :

La découverte

    Éclairée par le magnifique soleil de Picardie, le rouge-brique mélé de gris-pierre brille dans l'écrin de verdure. La ronde tour m'informe que l'église fut fortifiée, mais...

Est ce la seule trace défensive ? 

 

L'enquête commence

Quelle curieuse asymétrie : Rondeur et angle droit.

  D'un coté, il y a une tour et de l'autre, un simple contrefort d'angle. Pour comprendre, je me précipite sur la façade opposée à la tour et.... point de système défensif "rondouillard" sur ce coté.

   Même s'il n'y a pas de tour sur cette face, j'ai appris un détail très intéressant. Cette église a été construite à 2 périodes différentes.

Comment le sais je ?

  Il est rare qu'un constructeur pose des briques et des pierres à la même époque. La nef en pierre semble plus ancienne que le clocher.

 

Les défenses cachées

Sur la vue latérale, avez vous remarqué ceci ?

   C'est évidemment une canonnière qui a été rebouchée. Ce n'est d'ailleurs pas la seule, il y a plusieurs "fantômes défensifs" sur les façades ainsi qu'à la base de la tour.

 

La tour

    Posée sur quelques rangées de pierres, la tour en briques possède des canonnières de tailles différentes sur toute la périphérie

Ces canonnières sur plusieurs niveaux ont elles été dissuasives ?

  Je ne peux l'affirmer. Mais en les regardant avec attention, je vois un ébrasement extérieur (voir vocabulaire) important. L'angle de tir ne laissait que peu de chance à une attaque sur cette face.

 

    L'intérieur :

       Comme souvent durant notre siècle, les églises sont fermées. Celle-ci ne déroge pas à la règle. Je me console en regardant le plan confié par un habitant surpris qu'un Dauphinois s'intéresse à son église.

 

 

Histoire de l'église :

* Au milieu du 13ème siècle (?), construction d'une petite église.
* A la fin du 16ème siècle, modification de la nef (en briques).
* Au 18ème siècle, consolidation et légère modification de l'intérieur de l'église.
* Au 19ème siècle, construction de la sacristie.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Rémy) est libre et gratuite. La visite de la tour est interdite. 

 

Même solitaire, la tour explique l'ihistoire de cette église

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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 06:30

 

Département 23 - CREUSE

 

Le bourg :

Un donjon semblant sortir de terre    Situation :   (--> le voir sur une carte)

   La petite commune de La Souterraine est située à 90km au Sud-Est de Poitiers, à 60km au Sud de Châteauroux et à 50km au Nord-Nord-Est de Limoges.

        Coordonnées du château :

46° 14' 32.384" N 1° 30' 49.586" E
 46.242329  1.513774

 

Le château :

     L'extérieur :

La découverte

     A 6 kilomètres au Nord-Ouest du bourg de La Souterraine, mes yeux éberlués voient une beauté médiévale brillant de mille feux. Et là je sens votre question :

"Pourquoi es tu surpris chevalier ?"

    J'ai en poche une image du château prise au milieu du 20ème siècle. Je m'attendais à me battre contre épineux et branches entrelacés. Le château fort est bien différent sans la végétation. Je pressens déjà le plaisir de la découverte.

 

L'enquête commence

   La construction fortifiée est posée sur une motte. Cet aménagement est classique au Moyen Âge surtout quand une rivière ou de l'eau ne peut pas créer une protection par des douves. Mais je suis surpris de ne pas voir de fossé entourant le château fort. Le temps et les hommes ont certainement du combler le vide.

    Le site médiéval propose 2 parties bien distinctes :

1 - Sur la gauche, il y a le rempart très arasé dont il est possible de voir les tours rondes de défense. La faible hauteur des murs ne permet pas d'identifier les systèmes défensifs : Point d'archère, ni d'arquebusière ni de bouche à feu.

2 - Sur la droite, je vois la merveille de ce château : Le donjon.

    Je suis si impatient et admiratif que j'entre de suite dans le château sans terminer l'analyse extérieure. La folie a été plus forte que la phase de découverte (voir cet article).

Communs, grange et réserves sont identifiables

 

    L'intérieur :

Les communs

     En entrant dans la cour, je suis agréablement surpris par les vestiges des bâtiments appuyés sur la courtine. Il y a tant de châteaux dont les communs ont disparu que je reste de longues minutes à les regarder.

    Il est très difficile de comprendre la fonction exacte de chaque construction. Pourtant dans cette salle, je vois une cheminée.

Sont ce les anciennes cuisines du château ?

 

Le système défensif

   Bien que partiellement reconstruites, des fantômes de tour ronde agrémentent ma découverte. Je vous sens dubitatif devant cet amas de pierres. Pourtant ce sont bien des tours de défense avec parfois une archère droite que mes yeux de castellologue-amateur admirent.

  Le contour est si "pur" (j'exagère un peu certes) qu'il est possible d'imaginer le plan du château fort. C'est un pentagone dont chaque angle est protégé par une tour ronde, mais une d'elle a une taille "gigantesque".

Je reste sans mot devant ce rond donjon 

Le puissant donjon

    La merveille de ce site médiéval est incontestablement le donjon. Bien qu'amputée d'un étage, la tour maîtresse mesure 24 mètres de hauteur pour un diamètre d'environ 18 mètres. C'est évidemment une tour habitable.

  D'après ma documentation, à l'étage inférieur, le mur a une épaisseur de 4 mètres.

 

Les défenses du donjon

   A la base, le glacis est important. Il a pour fonction :

* De porter la masse du donjon (car il n'y a pas de contrefort pour soutenir les haut murs).

* Mais aussi à donner de l'élan aux petits boulets et pierres jetés verticalement du haut de la tour.

    Au sommet il n'y a plus les traces de crénelage (voir vocabulaire).

  Sur la hauteur, de nombreuses fentes ressemblent à des petites archères droites. Je suis surpris de ne pas voir d'arquebusière, ni canonnière, ni bouche à feu.

Ce château a-t-il perdu sa fonction stratégique au 15ème siècle ?

 

Comment entrer dans le donjon ?

    Dans la majorité des donjons, la porte est située à plusieurs mètres du sol. Pour y accéder :

* Parfois c'est une échelle que le seigneur enlève,

* D'autres fois, c'est une passerelle en bois partiellement amovible.

    Le donjon de Bridiers possède un système assez rare. C'est un long escalier en pierre en face de la porte, puis un classique mais efficace pont-levis.

 

A l'attaque du donjon !

  Pour découvrir les entrailles du donjon, je monte une à une chaque marche pour me retrouver devant le pont heureusement baissé. Mais je ne suis pas au bout de mes peines, la porte est close et point de bélier j'ai.

  Je redescends de mon "piédestal". En bas de l'escalier, je me console en regardant le jardin médiéval si riche en plantes médicinales, nutritive et "diaboliques".

  Avant de partir je regarde une dernière fois cette beauté de pierre et je la compare au croquis réalisé par Jacques Téaldi.

Remarquez vous quelques différences avec le 1er croquis ?

 

Des dessins différents

* Il n'y a pas de toiture conique sur le donjon.
* Point de crénelage sur tours et donjon.
* Le système défensif est assuré par des hourds (voir vocabulaire) en bois.
* Un profond fossé entoure le château.
* Point de rempart extérieur formant une basse cour.
* Et surtout, il y a un chemin de ronde découvert.
* Ce chemin de ronde curieusement n'entre pas dans les tours. Le but est de ne pas déranger les défenseurs en cas d'attaque. 

 

 

Histoire du château :

* Au 10ème siècle, un Vicomte (voir titre de noblesse) de Bridiers apparaît dans un texte.
* En 1177, dans la lutte entre le Roi d'Angleterre Henri II et le Comte de la Manche Aldeberte IV de Montgommery, les troupes du Roi assiègent le château. (Certains historiens doutent que ce soit ce château qui fut attaqué car il existe proche, des mottes castrales).
* En 1202, la tour principale du château s'écroule.
* En ce début du 13ème siècle, un puissant donjon cylindrique est construit à la place du vestige de la tour.
* En 1336, le Captal de Buch s'allie avec les Anglais et attaque la ville de La Souterraine. Ne pouvant la prendre de force, il assiège le château de Bridiers puis s'en empare.
* Au 15ème siècle, le château appartient à Hugues de Chamborande. Ce personnage, accompagné du chef des Gens d'Armes Jean de Blanchefort, pillent et rançonnent les campagnes aux alentours.
* Quelques temps après, les villageois et paysans attaquent le château et chassent les "brigands".
* A la fin du 15ème siècle, avec l'arrivée de la Renaissance, le vieux château fort n'est plus une résidence seigneuriale. Il n'est habité que par des soldats.
* En 1655, une plate-forme avec 6 gargouilles est aménagée sur le donjon. Certains bâtiments dans la cour sont démolis. Une grange est construite.
* A partir de 1758, Henriette Boucher, née De La Grange, fait réaliser plusieurs travaux d'entretien durant 15 ans.
* A la fin du 18ème siècle, le château appartient à Madame Rochechouart-Pontville.
* Vers 1790, réquisitionné par les révolutionnaires comme bien national, le château est vendu à un marchand qui le dépèce de ses pierres pour faire du profit.
* En 1794, "la Citoyenne" Rochechouart-Pontville est guillotinée.
* Au 20ème siècle, la commune achète la ruine qui est envahie par la végétation.
* A la fin du 20ème siècle, un projet de consolidation puis de mise en valeur naît.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur ainsi que du rempart intérieur est libre et gratuite. La visite du donjon semble possible certains jours, renseignez vous.

 

La vue satellite révèle l'architecture du château

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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 06:30

 

Département :   40 - LANDES

Le bourg :

La magie de l'église déforme ma vision  Situation :   (--> le voir sur une carte)

   Le bourg de Carcen Ponson est situé à 6km au Nord de Tartas et à 20km à l'Ouest de Mont de Marsan.

   Coordonnée du bourg :

43° 52′ 55″ N 0° 48′ 23″ W
 43.881944°  -0.806389°

 

L'église :

    L'extérieur  :

La découverte

   Avec le soleil brûlant des Landes, mon armure chauffe et ma vision du site fortifié est trouble. J'ai l'impression d'être un daltonien.

   Bien à l'abri à l'ombre, j'observe cette église dont l'architecture ne me semble pas avoir été fortifiée. 

   Je sors ma loupe de Sherlock Holmes et je commence la recherche d'indices.

 

L'enquête commence

    A la base du toit j'espère trouver des traces d'ouverture accédant à un chemin de ronde ou une salle de repli. mais c'est l'échec. De plus, des bâtiments récents s'appuient sur ce mur d'architecture romane.

   Le chevet avec ses hautes et étroites fenêtres a une allure médiévale, surtout avec la présence des 3 contreforts. Mais toujours aucune trace de fortification.

    Plus loin,  "l'immense" clocher carré fait penser à un donjon, mais point cela est car sa construction est récente. Devant tant d'échecs je prends un peu de recul. L'église ressemble à un légo de constructions d'époques différentes (mais surtout moderne).

 

Sont ce les défenses ?

    Je décide de faire une vérification pierre par pierre. Ce mur ne comporte aucun indice de rebouchage, ni de corbeau porteur de chemin de ronde, ni de bretèche (voir vocabulaire). Les paroi fleurtant avec cette sacristi (?) reste vierge de tout indice, mais.... Que vois je ?

Distinguez vous aussi une trace défensive ?

   Au dessus du toit de cette "verrue", une fente verticale me semble être le vestige (rebouché) d'une archère primitive. Maintenant que je sais où chercher, j'osculte la tête levée et..... Mon attention est récompensée par cette autre fente, qu'il est possible de mieux voir en changeant d'angle.

 

    L'intérieur  :

 Souvent durant notre siècle, les églises sont fermées. Celle-ci ne déroge pas à la règle.

 


Histoire de l'église :

* Au 12ème siècle (?), construction d'une église.
* Au 19ème siècle, l'église est remaniée.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église Saint-Roch de Carcen est libre et gratuite depuis la place du village. La visite des fortifications est interdite.

 

Un vaisseau traversant les siècles

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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 06:30

 

Département :  11 - AUDE

 

Le bourgPerdu dans le petit matin, le château est lumineux

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        Le village de Belcastel-et-buc se situe à 30km au Sud de Carcassonne, 15km au Sud-Est de Limoux et à 10km au Sud-Ouest de Clermont sur Lauquet.

  Coordonnées du village :

43° 2′ 18.96″ N 2° 20′ 27.96″ E
 43.0386° 2.3411°

 

    Le château est posé sur une colline à 510m d'altitude dominant la rivière Buc.

   Coordonnées du château :

43° 1' 47.492" N 2° 21' 14.371" E
 43.029859  2.353992

 

 

Le château :  

     L'extérieur :

Mais où est il ?

   Très tôt, je me suis rendu proche de ce petit bourg pour visiter le château de Belcastel. Rien qu'avec ce nom, mon imagination le voit comme le Versailles des ruines médiévales (et vous connaissez mon imaginaire trop développé).

   Dans le petit matin brumeux, le château est invisible. Je chausse donc mes lunettes de Terminator.

   - L'option nuance de gris ne donne rien.

   - L'option changement thermique semble prometteuse.

 Pour mieux le voir, la solution est simple. Il suffit d'attendre que le jour se lève (pfff parfois je suis stupide ) et enfin le Belcastel apparaît

L'interdit m'explique que ruine il y aura !Nota : Dans certains textes, cette ruine se nomme : Château de Villardebelle.

 

L'approche

    Le petit sentier monte doucement, l'odeur humide de mars réveille mes sens (et mouille mes chaussettes). Soudain, un panneau aiguise mon instinct de Chevalier. Lorsque plus loin en découvrant un 2ème avertissement, il me semble évident que c'est le moment de chausser mon heaume.

 

Rapide analyse

    C'est une incroyable ruine mystérieuse qui s'offre à moi. Elle semble chaotique, pourtant en regardant mieux, il est possible de distinguer un donjon parallélépipédique habitable avec une enceinte. Aucune forme ronde signifiant que ce château a au moins 900 ans.

   Le plus surprenant est l'absence de système défensif. Point de crenelage, archère, mâchicoulis (voir vocabulaire). 

 

     L'intérieur :

Les salles annexes

    Etre accueilli par des arbres et une végétation piquante est un des plaisirs du chercheur de ruine. A Belcastel, j'ai le plaisir... piquant.

    Les murs intérieurs, attaqués par la nature qui reprend ses droits, sont assez épais mais composés de pierres petites et asymétriques. Il m'est impossible de définir la fonction de chaque pièce.

 

Curieux !Les courant d'air sont importants dans cette ruine.... Atchoum !

   Quelques détails sont surprenants et me font douter de l'origine médiévale de la ruine. Par exemple, cette ouverture correspondant à une porte est soutenue par une petit poutre (que je nommerais presque une planche).

  Mais d'autres détails me redonnent confiance, comme ce mur (à gauche) construit bien après l'épaisse courtine (à droite). Ce château aurait donc continué à vivre après l'époque médiévale.

 

Le donjon

   Dans la salle principale ou plutôt le bâtiment le plus imposant, je suis en admiration devant l'équilibre des pierres. J'ai l'impression que la ruine ne veux pas mourir et s'accroche au ciel.

  Les fenêtres sont clairement identifiable avec leurs piédroits parfaitement taillés. Aux étages supérieurs, les ruines de fenêtres laissent deviner les coussièges (voir vocabulaire).

   Le nombre de fenêtres ferait plus penser à un château renaissance qu'à une donjon fortifié médiéval.

 

Le confort

   Chaque mur comporte des trous ayant reçu des poutres de plancher ou ayant supporté des consoles.

    Dans de nombreux murs, des niches devaient contenir des "trésors" ou plutôt servaient de placard. Curieusement, aucune est creusée proche d'une fenêtre, mais elles se situent sur plusieurs niveaux.

 

 

Histoire du château :

* En 1082, le château est cité.
* En 1209, débute la terrible croisade des Albigeois commandée par Simon de Montfort. Curieusement, le château de Belcastel n'apparaît dans aucun texte ou récit.
* En 1221, le château est nommé : Castellum Pulchrum. Ce curieux mot signifie : "Ce qui, par certains signes apparents, promet d'être bon".
* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de la ruine est libre et gratuite. La visite de l'intérieur est possible mais le risque de recevoir une pierre est important. N'emmenez pas vos enfants et pensez que ce site fragile est dans une propriété privée.

 

Quel point magnifique de surveillance !

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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 06:30

 

Département :   29 - FINISTERE

 

Un diamant brut dans un écrin de verdure

Le bourg :

   Situation  (--> le voir sur une carte)

   Le bourg Landunvez est situé à 25km au Nord-Ouest de Brest, à 8km à l'Ouest de Ploudalmézeau.

   Le château est à 3km au Nord-Nord-Est de Landunvez.

        Coordonnées du château :

48° 33′ 1.18 ″ N 4° 42′ 44.43″ W
 48.550329  -4.712341

 

Le château :

      L'extérieur

Premières sensations

     Au loin, dans un écrin de verdure, brille une forme parallélépipédique. Il me faut quelques minutes, une petite marche d'approche et une paire de jumelle pour apprécier la ruine du château fort de Trémazan.

 

Le rempart

      Curieusement, mes yeux sont attirés par le vert-rempart. Je ne savais pas que nos ancêtres peignaient les murs en couleur nature.

Était ce les premières tentatives de camouflage ? 

    Je plisse mes yeux pour mieux comprendre cette curiosité architecturale. Pfftf.. Que je suis bête. Point coloriage cela est, mais le manque d'entretien de la ruine. La végétation envahit progressivement le site. Dans quelques années, il ne sera plus possible de voir les pierres pauvrement taillées, asymétriques et peu jointives du rempart.

  Le temps a abîmé ce puissant donjon

Le donjon 

  Au centre de la verdure arrive à survivre une haute construction.

C'est le donjon.

   Avec ses dimensions, je peux affirmer qu'il était habitable. Bien que ses parois soient réalisées en pierres de tailles différentes, le parement d'angle est sans reproche.

     Je suis étonné de ne pas voir d'ouverture de tir, ni de fenêtre et encore plus surpris par l'absence de construction en encorbellement (voir vocabulaire).

Est ce un donjon borgne du 11ème siècle ?

 

      L'intérieur :  

Vais je réussir à le voir ?

     A la fin du 20ème siècle, une partie du mur s'est effondré, il semble donc logique que le site soit interdit à la visite. Peut être qu'avec mon oeil d'aigle je pourrais voir ses entrailles en le contournant.

    La commune et l'association de sauvegarde n'ayant pas les moyens financiers pour entreprendre une véritable consolidation de la tour, des "pansements" ont été posés pour éviter un autre effondrement.

 

Minimal

     A l'intérieur, je ne vois ni décoration, ni sculpture. Ce début d'arcade est certainement le fantôme d'une fenêtre car je n'imagine pas une porte à cette hauteur. Sur l'autre face, j'ai la confirmation que de nombreuses fenêtres (aujourd'hui bouchées) éclairaient les salles. Chaque niveau était séparé par des poutres.

   En haut de la tour, j'ai la surprise de voir le mur s'incurver. Ce sommet serait le dernier étage habitable de l'ancien château. J'imagine qu'au dessus, il y avait la plate-forme de surveillance avec le crénelage.

    Tel un peintre, j'imagine cette tour à la fin des temps, dans la nuit tombante avec un soleil rougeoyant. Je m'éloigne sur la pointe des pieds de peur de faire trembler la terre avec mes lourdes chausses.

 

 
Histoire du château :

  • * A la fin du 13ème siècle, une tour fortifiée est peut être construite (Les historiens et archéologues débattent sur la date).
  • * Au 14ème siècle, construction du château fort par la famille Du Chastel.
  • * Au 15ème siècle, une barbacane est certainement construite.
  • * Au 18ème siècle, le château n'est plus habité et se dégrade doucement.
  • * En 1926, le site castral est inscrit aux Monuments Historiques.
  • * En 1995, un pan de mur de la tour s'écroule.
  • * En 1998, la commune achète la tour et les remparts.
  • * En la fin du 20ème siècle, un projet de mise en valeur du site est imaginé (voir le site web de l'association)
  • * Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur des remparts et du donjon est libre et gratuite depuis routes et sentiers. La propriété est privée, la ruine n'est pas visitable.

Pour plus d'informations sur l'histoire de la ruine et de ses seigneurs, je vous invite à lire ce site.

 

Balayée par les vents, la ruine tente de survivre

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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 06:30

 

Département 02 - AISNE (Thiérache)

 

Le bourg :

Est ce un mur bouclier ou l'avant d'un paquebot ?    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Le petit village de Harcigny est situé à 12km au Nord de Montcornet et 10km au Sud-Est de Vervins.

   Coordonnées du bourg :

49° 47′ 48″ N 3° 58′ 56″ E
 49.796667°  3.982222°

 

L'église :

     L'extérieur :

La découverte

     En arrivant dans le village, je me heurte à une pointe de l'église ou plutôt à un mur en pointe. De suite, mon imagination de castellologue-amateur imagine une tour pentagonale ou un mur bouclier (ce qui est très rare pour une église).

  Sur ce qui semble être le chevet de l'église, je ne vois pas de salle de repli, d'archère ni de bretèche (voir vocabulaire).

Cette église avait elle un système défensif ?

 

L'enquête commence

    Cette église sans transept possède 2 bâtiments alignés de couleur identique (la brique est le matériau de base de cette église) mais à l'architecture différente (dimensions des fenêtres, hauteur).

   Celui que j'ose nommer le choeur, comporte une date en briques vernissées : 1818.

Est ce la date de construction ou de réparation ?

  L'autre bâtiment que j'identifie être la nef porte la date de : 1711.

     Je commence à douter que cette église ait été un jour fortifiée. Aucune trace de fente de tir ou système défensif connu.

  Quel puissant clocher !

Mais où sont les défenses ?

    Lorsque j'ai un doute, je prends un peu de recul pour mieux comprendre l'architecture globale. Ce n'est évidemment pas la petite tour ronde à la base du clocher qui défendait l'église.

  Avec ses hauts et puissants contreforts d'angle à larmiers, je pressens (comme vous j'espère) que le clocher fut le refuge ainsi que la tour de défense.

 

Le clocher-tour

    Evidemment, je recherche sur cette haute construction un véritable système de tir. En le contournant, je vois un bâtiment plat adjacent avec des ouvertures. Ce devait être l'escalier avec ses puits de lumière. En haut, une autre fente marque la fin de l'escalier.

    Même si ses fentes permettaient le tir, leur position n'est pas idéale pour tirer sur des assaillants.

Est ce que les années ont gommé les défenses ?

Ce clocher-tour n'était il qu'un simple refuge ?

 

Que faire ?

   J'ai tant de doutes et de questions que je lève les yeux au ciel pour voir... Hooo, un système défensif.

  Croyez moi, il y a une installation de protection tout en haut... c'est :

A quoi pensez vous ?

  Perdu !...

  En haut du clocher, il a un système de protection contre....... la foudre. (hiihi, je vous ai bien eu !)

 

    L'intérieur :

       Pour connaître les secrets de l'église, je vais tenter d'entrer par cette porte. Comme souvent durant notre siècle, les églises sont fermées. Celle-ci ne déroge pas à la règle.

 

 

Histoire de l'église :

   Je n'ai pas d'information sur la date de construction de cette église.

* En 1714, la nef est aménagée (à vérifier).
* En 1749, création (ou modification) du clocher-donjon.
* En 1818, un coté du choeur de l'église est réparé.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Martin) est libre et gratuite . La visite du clocher est interdite.

 

Son élégance fait oublier que l'église fut fortifiée

 

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15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 06:30

 

Département 71 - SAÔNE et LOIRE

 

Le bourg :

Pensez vous que le seigneur buvait du vin ?    Situation :   (--> le voir sur une carte)

     Le bourg de Mercurey est situé à 50km au Nord de Macon, à 25km au Sud-Sud-Ouest de Beaune et  à 10km au Nord-Ouest de Chalon sur Saône.

    Coordonnées du château :

46° 49′ 29″ N 4° 42′ 45″ E
 46.824722°  4.7125°

 

Le château :

     L'extérieur :

La raison de ma venue en Bourgogne

    Pour nombre d'entre vous, Mercurey signifie un des grands vins de Bourgogne. Les châteaux (souvent ce sont des manoirs ou des maisons bourgeoises) sont nombreux et indiquent une cave viticole. Mais pour un castellologue-amateur, le château (marqué sur ma carte) dans les terres de Mercurey est une des ruines les plus énigmatiques de la région.

La voyez vous au milieu des vignes ?

 

La recherche

   En cette fin d'hiver, bien que la végétation soit sans feuille, il n'est pas facile de voir la ruine de Montaigu. Mais, si je me fie à la toponymie, il me faut trouver un mont aigu. L'une des plus hautes collines pointues de Mercurey ayant vue sur la vallée semble porter la beauté millénaire

Que cette ruine est belle et mystérieuse !

 

La découverte

   En suivant le panneau de randonnée ainsi que les différentes traces sur les arbres, après quelques minutes  je vois mon Graal caché dans le petit bois. La végétation cache partiellement les pierres du rempart extérieur mais il est aisé d'en comprendre l'architecture. Certains pans de mur sont très révélateurs. 

 

Première analyse

   Les pierres sont correctement taillées et jointives. Cela signifie un château de seigneur. Le plus surprenant est la présence de fentes fines. J'ai l'impression que les défenses de ce château n'ont pas suivi l'évolution technologique : Point d'arquebusière ou bouche à feu.

A-t-il été abandonné après le 14ème siècle ?

Ce plan montre une puissante forteresse médiévale   

    L'intérieur

Le 2ème rempart

   Lentement j'avance sur le sentier en direction du donjon et de son logis. La partie centrale du château est entourée d'un rempart. Étant très arasé, il n'est pas possible de voir archère, crénelage et mâchicoulis (voir vocabulaire), mais il semble évident qu'il en était pourvu.

 

Le donjon

   Quelle chance j'ai de voir le donjon. Certes, il est un "peu" cassé mais son fantôme est très intéressant.

  Il montre au 1er étage un vestige de porte. Le trou de boulin (voir vocabulaire) devait supporter une plate-forme en bois. L'épaisseur du mur, bien qu'elle ne soit pas exceptionnelle, montre la fonction défensive de cette construction.

   En contournant le donjon, je vois son périmètre ainsi que les différents étages.

 

La surprise

   Pour mieux comprendre l'architecture du donjon et du logis, je prends un peu de recul et une incroyable surprise s'offre à moi :

* Au fond à gauche, c'est la ruine du donjon,

* Sur la droite, c'est le vestige du 2ème rempart,

* Au centre, je vois.... un toit.

 

Un bâtiment entier !

   Ce magnifique toit en pierre a évidemment été reconstruit récemment. Il doit correspondre à une réserve ou un entrepôt. Il me faut entrer pour rêver. L'intérieur est un peu aseptisé mais il en faut peu pour un Chevalier-Castellologue. La voûte et la lumière m'emporte dans le passé.... Et je suis dans un autre siècle !

 

 

Histoire du château :

* A la fin du 10ème siècle, à la demande du Duc (voir titre de noblesse) de Bourgogne, le Comte Lambert de Valentinois fait construire un château pour contrôler la voie Chalon-Lyon.
* Durant le dernier quart du 12ème siècle, Guillaume de Valentinois, Comte de Chalon, réalise des actes de pillages dans certaines cités Bourguignonnes.
* En 1180, le Roi Louis VII le Jeune (voir liste) déshérite Guillaume de Valentinois et cède le château de Montaigu à Hugues III Duc de Bourgogne.
* A la fin du 12ème siècle, le château est propriété de Alexandre Montaigu-Bourgogne.
* En 1205, le château appartient à Eudes Montaigu-Bourgogne.
* En 1244, son fils Guillaume Montaigu-Bourgogne est le nouveau seigneur. Il est le seul héritier à habiter au château.
* En 1304, Eudes II Montaigu-Bourgogne est seigneur de Montaigu. A partir de cette date, le château loge des soldats.
* En 1338, le château appartient à Henri Montaigu-Bourgogne.
* En 1591, durant les guerres de religions, le château est assiégé par les Ligueurs.
* A la fin du 16ème siècle, le Roi de France Henri IV (voir liste) demande la destruction du château.
* En 1803, le château est vendu à un "marchand de biens" qui démantèle le site et revend les pierres.
* En 1822, le Marquis d'Arcelot achète la ruine.
* Durant le 19ème siècle, de nombreux "ermites" habitent la ruine.
* En 1870, accusé d'espionnage, un dénommé Richer doit fuir la ruine. Les villageois détruisent les rares bâtiments encore habitables dont l'oratoire.
* Au 21ème siècle, la visite de la ruine est libre et gratuite. Le risque de recevoir une pierre existe, soyez prudent.

 

Une cave sans vin... hic !

     

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 06:30

 

Département :  27 - EURE

 

Le bourgMon Graal est là haut, et il m'attend

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        Le bourg de Brionne est situé à 40km au Sud-Ouest de Rouen, à 34km à l'Ouest de Louviers et à 35km à l'Est de Lisieux.

  Coordonnées :

49° 11′ 44″ N 0° 43′ 16″ E
 49.195556°  0.721111°

 

Description du donjon 

     L'extérieur :

L'approche

    Après avoir errer dans la ville pour acheter quelques provisions, je découvre au loin, sur une butte, une forme haute qui ne ressemble point aux immeubles du 21ème siècle.

  Grâce à un panneau (dont le graffiti ferait peut être plaisir à mon ami le Chercheur), j'emprunte donc le chemin piéton vers le donjon qui m'amène vers un sentier ombragé et odorant. Puis, au sommet de la butte, une motte castrale apparaît.

 

La découverte

Comme il est beau ce donjon !

   Je vous vois douter de mon affirmation, pourtant je vais vous faire découvrir une tour fortifiée du 11ème siècle qui est merveilleusement complète

  Le parement extérieur fut magnifique ! 

Analyse rapide

    En prenant un peu de recul, ce donjon presque carré de 20m de coté est typique des tours borgnes du début du 2ème millénaire :

   * Ses façades sont borgnes.

   * Ses parois possèdent de nombreux trous de boulin  (voir vocabulaire).

   * Des contreforts plats consolident les angles et les cotés.

 Je suis étonné par la qualité du parement. Ce donjon n'était donc pas une simple tour de guet.

 

La base

    A la base du donjon, 2 curiosités attirent mon attention :

A - Une ouverture ogivale qui est homogène avec la construction. Il est anormal qu'une tour médiévale ait une porte aussi basse :

   1 - Soit la terre a recouvert un étage et cette porte se situait à 5m de haut. Ce serait donc l'entrée médiévale du donjon.

   2 - Soit l'ouverture correspondait à l'entrée d'une réserve, dont le plafond était consolidé évitant l'intrusion aux étages des assaillants. Cette hypothèse est en contradiction avec les classiques ratiers.

B - Un fruit en escalier consolidant la base. 

 

Des ouvertures

    Ce que je pensais être un donjon borgne possède sur une face de grandes ouvertures. Ces baies en plein cintre vont à l'encontre des règles défensives médiévales.

    Ma surprise passée, je suis en admiration devant ses murs de 4m d'épaisseur et je suis étonné de voir de chaque coté de petites ouvertures verticales ressemblant à des archères.

Ma vue se trouble à l'approche de cette beauté 

     L'intérieur :

Je vais entrer

   En contournant les 2 belles façades, j'observe le donjon avant de visiter ses entrailles.

  Ne riez pas, l'intérieur de cette puissante tour se visite et comporte des merveilles que seul un oeil de passionné peut voir (mais vous l'êtes toutes et tous maintenant).

 

Massif et beau

  Regardez cet intérieur et dites moi ce que vous voyez :

A - La qualité du parement intérieur est aussi belle qu'à l'extérieur et avec des joints parfaits.

B -L'épaisseur du mur se voit dans la construction adjacente ainsi que dans la fenêtre.

 

Que de surprises 

  En regardant l'autre mur "coupé", je vois 3 détails surprenants et trahissant l'origine mais aussi l'histoire architecturale de ce donjon.

1 - Dans l'épaisseur du mur, une construction ogivale me fait penser à un couloir.

2 - Puis, avec le "tuyau" sur la hauteur, je pense à :

* Une évacuation pour des latrines à l'étage.

* Ou, à une canalisation de récupération des eaux de pluie de la plate-forme.

* Ou, à l'évacuation des fumées d'une cheminée (mais je doute un peu).

3 - Une colonne sculptée ayant soutenu.. heu... je ne sais pas.

 

  Après tant de sensations, je me repose en admirant le paysage en bordure de la Risle.

 

 

Histoire du donjon :

* Au 1er siècle, le site est un carrefour important entre les villes Lizieux, Pont Audemer, Rouen et Evreux. Certains historiens pensent qu'un fort existait.
* A la fin du 11ème siècle, un puissant donjon est construit. Il est possible que le Comte de Normandie (voir liste) en ait demandé la construction (?).
* En 1194, le roi de France Philippe Auguste (voir liste des rois) s'empare de la ville.
* En 1421, durant la guerre de 100 ans, l'armée Anglaise attaque et pille la ville.
* En 1562, les Protestants saccagent la ville.
* En 1735, le site est partiellement détruit pour la construction de moulins sur la Risle.
* Durant la 2ème guerre mondiale, les bombardement détruisent la ville.
* En 1994, la municipalité entreprend la consolidation de l'édifice devenu fragile. Des analyses dendrochronologiques et des recherches architecturales sont entreprises par M° Brabant.
* Au début du 21ème siècle, la découverte du donjon est libre et gratuite. Veuillez être prudent avec cette ruine millénaire, une pierre peut, par mégarde bien sur, se décrocher. 

 

Après tant d'émotions, le calme du panorama est un plaisir

 

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