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Ombre et lumière

23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 06:30

 

Département 08 - ARDENNES

 

Le bourg :

Les églises fortifiées sont par là !    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Le bourg d'Aouste est situé à 90km au Sud-Est de Valencienne, à 70km au Nord-Est de reims, à 50km au Nord-Ouest de Sedan et à 20km au Sud-Est de Hirson.

   Coordonnées de l'église :

49° 47′ 57.2″ N 4° 19′ 2.9″ E
 49.799222°  4.317471°

 

L'église :

     L'extérieur :

La découverte

    En voyant ce panneau, surpris je suis. Naïvement, je pensais que la Thiérache se limitait au département de l'Aisne, mais elle recouvre plusieurs départements et même plusieurs pays (à lire ici).

 

Joie et tristesse

   Quelque mètres plus loin, un autre panneau me met en joie. L'architecture du 15ème siècle va sublimer ma journée.

   En découvrant l'église, mon enthousiasme de castellologue-amateur s'écroule. Même en me déplaçant le long de la nef, je ne vois aucune construction permettant d'affirmer que l'église d'Aouste est fortifiée.

Me suis je trompé de site ?

 

L'enquête commence

   Je contourne l'église par le chevet dont les faibles contreforts  ne me donnent aucune indication défensive. A l'opposé, je vois une puissante construction sans vitrail, ni porte, ni fenêtre. Ce haut bâtiment massif ne ressemble pas à un clocher. J'ose le nommer : Tour de défense.

Un donjon sans âge ! 

La tour défensive

   Sur le coté protégeant la nef, les ouvertures de tir montrent 3 niveaux. Curieusement, les systèmes de tir ne sont pas symétriques en forme et fonction. La tour est fascinante et pleines d'énigmes :

  1 - Son architecture semble intemporelle. Pourtant j'ose penser que la tour fut construite avant l'actuelle église.

  2 - Les contreforts à larmiers soutiennent la tour sur 3 angles (le 4ème est en appui sur l'église). Leurs cimentions et positions créent des angle mort. Quelle erreur de la part des architectes !

  3 - Par sa largeur, l'ouverture de tir inférieure me fait penser à une petite canonnière (arquebusière ?). Si sa fonction est de protéger la nef, elle semble trop haute pour un tir rasant réputé dévastateur.

  4 - Au sommet, l'ouverture est certainement une fenêtre pour le guet.

  5 -L'autre face est surprenante par l'absence de canonnière en partie basse et des petites ouvertures à la forme peu efficace pour le tir.

  6 -Le troisième coté de la tour montre 2 ouvertures de tir superposées pour arme à feu. Quelle incroyable asymétrie entre les faces !

  7 -Au lieu d'avoir un traditionnel angle ouvert en V, l'ébrasement extérieur est anguleux, parallélépipédique.

  La puissance de la tour trance avec la finesse de l'église 

Un incroyable système défensif !

    Pour mieux comprendre comment s'intègre la tour dans la défense de l'église je prends un peu de recul. Je suis certain que si je vous avais montré cette image en affirmant que c'était le château de Aouste, vous ne m'auriez pas contredit.

   Il semble évident que la salle de repli se situe dans cette haute tour desservie par une tour escalier.

 

Quel portail !

     Lorsque mon regard se plonge à droite de la tour-escalier, mes yeux sont figés d'admiration sur le portail.

   Même si le temps a fait son travail d'érosion, je suis fasciné par les sculptures en gothique flamboyant qui sont.... flamboyantes.

 

Une entrée fortifiée

   Après avoir dévoré le portail, tel un enfant qui découvre la beauté, je reprends mon sérieux de castellologue-amateur pour regarder les 2 systèmes défensifs de l'entrée :

* La bretèche (voir vocabulaire) pour la défense rapprochée.

* Les ouvertures de tir (arquebusières) avec un ébrasement extérieur important.

 

    L'intérieur :

Vais je pouvoir entrer ?

   Lentement, je m'approche de la porte en espérant que point de villageois soit dans la bretèche pour me briser le crâne par des jets de pierres. Je prends fébrilement la poignée, je pousse la porte et j'entre.

 

Où est le Moyen Âge ?

    Au moyen âge, les murs et le plafond étaient peints, cette église a subit une "décoloration" par un "lessivier" de grande marque : Tout est plus blanc que blanc.

  Les collatéraux sont aussi sans personnalité, trop neuf, presque sans âme (N'est ce point sacrilège d'écrire cela pour une église de Dieu ?  ). 

  L'autel semble être le seul mobilier coloré. Il n'est pas médiéval mais de facture récente.

 

Une surprise en sortant

    En me dirigeant vers la sortie, mon sixième sens me titille et me fait voir la porte d'accès aux fortifications. Hélas, elle est fermée et je ne peux rien découvrir et rien vous montrer. Si vous souhaitez rêver, je vous propose cette vidéo.

 

 

Histoire de l'église et du bourg :

* A l'âge de pierre, le lieu est habité (des outils et sépultures l'attestent).
* En 723, un seigneur nommé Ablon donne ses possessions de Aoute à l'archevêque de Reims.
* En 1070, l'archevêque de Reims fait don de la moitié de l'Alleu au Prieuré Saint Pierre de Rumigny (voir son église fortifiée).
* En 1113, le Pape Pascal II confie les biens d'Aoute à l'abbaye de Saint Nicaise de Reims.
* Au 13ème siècle, une tour est peut être construite (à vérifier).
* Au 15ème siècle, construction de l'église s'appuyant sur la tour.
* Au 17ème siècle, l'église est agrandie et modifiée.
* Au 19ème siècle, un autel est posé.
* En 1922, l'église est classée aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église dédiée à Saint Rémy est libre et gratuite. La visite du clocher fortifié et de la bretèche est interdite.

 

Une entrée fortifiée est le secret de cette église

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 06:30

 

Département :  11 - AUDE

 

Le bourgJ'adore quand un château se cache pour se faire désirer

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        Le village de Lanet se situe à 40km au Nord-Ouest de Salses le Château, 35km au Sud-Est de Carcassonne, 30km, à l'Est de Couiza et à 5km au Nord-Nord-Ouest de Mouthoumet.

   Coordonnées du bourg :

42° 57′ 50″ N 2° 29′ 46″ E
 42.963889°   2.496111°

 

Le château :  

     L'extérieur :

La découverte

    Dominant la vallée de l'Orbieu, une colline très boisée cache une beauté médiévale. C'est évidemment ce que je suppose car point je la vois vraiment.

 

Analyse de loin

    Pour mieux comprendre la construction, je m'éloigne (je vous ai déjà expliqué cette technique ici).

    Le bâtiment semble parallélépipédique avec 2 tours carrés aux angles et une tour ronde au centre. Cette tour flanque semble avoir une base talutée. Il n'y a pas de trace de crénelage ni mâchicoulis (voir vocabulaire) sur la partie visible de ce château.

    Bien que des fenêtres aient été ouvertes pour plus de "confort moderne", l'aspect sévère de la bâtisse est impressionnant. Je distingue à droite des trous de boulins pour un hourdage ou un chemin de ronde externe et surtout plusieurs archères verticales (du 13ème siècle ?) avec peut être une base triangulaire.

 

Je l'approche

     En un bond, je suis devant le château de Lanet. La grise façade avec ses nombreuses fenêtres paraît très moderne et rend triste votre Chevalier-Castellologue. Mais mon sourire revient en découvrant cet magnifique archère en bêche.

   Sous l'actuel toit, des trous de boulins (pour hourdage ?) me prouvent que le bâtiment était plus haut il y a quelques siècles.

       A l'ombre des grands arbres, une surprise m'attend. Un petite échauguette sur culot.

 

     L'intérieur :

         Le château est une propriété privée habitée et non visitable.

 

 

Histoire du château :

* En 1260, le roi (voir titre de noblesse) de France Saint Louis (voir liste des rois) autorise Olivier de Termes à vendre sa "villa" (le mot château n'est pas cité) à Pierre de Voisins
* A la fin du 13ème siècle, il est possible que la famille de Voisins construise un château.
* En 1719, lors du recensement des constructions, la carte de Cassini n'indique pas la présence d'un château.
* Au 20ème siècle, le château semble avoir été modifié.
* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur du château est possible. Le site étant privé, la visite de l'intérieur est interdite.

 

Comme il est fier, ce château fort. Un géant malgré sa taille

 

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 15:53

 

 

Pays :

  BELGIQUE
 
 

Province :

  Namur  

   

Le bourg :

   Situation :   (--> le voir sur une carte)

     Le petit village de Dourbes est situé à 15km au Sud-Est de Philippeville et à 30km au Sud-Ouest de Dinant.

  Coordonnées du bourg :

50° 5′ 15.666″ N 4° 35′ 57.138″ E
  50.087685 °   4.599205°

 

Le château :

Je me dirige vers la France

    Après avoir visité dans la plaine la ruine de Fagnolles et vu le curieux château de Roly, je me dirige vers "le Royaume" de France en espérant voir un dernier château  dans le petit bourg de Dourbes. Ce château est nommé : Haute Roche.

Soudain, c'est le choc !

 

La surprise

     Monsieur Brel chantait "Le plat pays" ,il avait (partiellement) tort car devant moi se devine un château perché sur une colline. Une petite montée très facile par un agréable sentier dans le bois me porte vers cette beauté de pierres.

   Arrivé au sommet, je regarde ma montre... "Pourquoi ?" me demandez vous... La réponse est ici.

Y aurait quelques fantômes noctambules ? 

 

    L'extérieur :

     Protégé par un à-pic sur 3 cotés, ce château n'avait besoin que d'une façade fortifiée pour se défendre.

Quelle façade !

   Il est vrai que ma passion pour les ruines déforme "un peu" (oui, un peu seulement) mon objectivité, mais regardez bien, il y a de nombreux détails prouvant mon exclamation.

1 - D'abord en avant du mur, il y a l'habituel fossé. Avec les hautes herbes, il a perdu de son prestige, mais il est profond et a été creusé dans la roche. Bel exploit !

2 - Ensuite, il y a cette imposante bouche à feu. Elle surprend par sa dimension et sa solitude. Avez vu remarqué qu'il n'y a pas d'archère (voir vocabulaire). Cela est il du à une consolidation récente ?

3 - Une telle canonnière est rarement implanté dans une courtine. Le puissant mur de gauche appartient à un donjon d'angle. Cela ne vous rappelle t il pas un type architecturale Français du 13ème siècle ?

4 - Reconstruction : C'est le mot auquel je pense en observant ce trou (pour petite arquebuse ?) dans le mur proche de la tour ronde. Quelques détails architecturaux ont du "s'effacer" suite à des consolidations "récentes", mais l'ensemble est magnifique. N'est ce pas ?

5 - Et voici une construction qui révèle l'âge et la fonction. Ho, je vois vos sourcils se froncer, vous ne comprenez pas cette construction ?   Regardez bien, ceci est le châtelet d'entrée, avec les 2 tours protégeant la porte précédée par un pont-levis (aujourd'hui disparu). Cette architecture ressemble aux châteaux Français du 13ème siècle dictés par le Roi Philippe Auguste (voir liste des Rois).

 

    L'intérieur :

J'entre

       En un bond, je suis dans la place, et là... les mots me manquent.  Quelle beauté ! (hihihi, ceux qui me connaissent savent que moins il y a de pierres et plus mon bonheur est grand).

   Il faut avouer que ce donjon est magnifique.

 

Le vieux donjon

 Timidement, il se révèle à à moi.

  * Il y a d'abord des étages marqués par les trous dans les murs pour insérer les poutres.

  * Puis l'épaisseur des murs, visible dans la fenêtre,

  * La partie basse voûtée servant de cave.

 

Logis et communs

  Il sont hélas arasés. Le château n'est pas très grand, pourtant la superficie est maximale car la surface de la colline a été magnifiquement exploitée jusqu'à l'à-pic.

    Derrière le châtelet d'entrée et le donjon, de multiples salles sont visibles, bien que difficilement identifiable dans leur fonction.

 

Description des salles

     La découverte des salles, des pièces, des murs, des vestiges de piédroit de fenêtre ou porte est un plaisir des yeux et des sens. Vous ne me croyez pas, regardez le plan succinct :

*  E = Entrée (châtelet)
*  D = Donjon
*  T = Tour d'angle
*  L = Logis

   Je vous quitte car j'ai envie de savourer ce panorama en écoutant les gazouillis des oiseaux.

 

 

Histoire du château : 
       Je n'ai hélas pas d'information fiable sur l'historique de cette ruine.

Je vous renvoie vers ce descriptif très détaillé.

  • * Au 13ème siècle, un château est construit sur la colline (?).
  • * A la fin du 20ème siècle, une campagne de fouille est menée.
  • * Au 21ème siècle, la découverte du château fort est libre et gratuite. Le risque de recevoir une pierre existe. Le ravin est source de danger avec des enfants.

 

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 06:30

 

Département :  73-SAVOIE

 

Le bourgEn bordure du ruisseau, une tour Savoyarde me nargue

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        Le bourg de Saint pierre d'Entremont se situe à 25km au Sud de Chambéry, à 35km au Nord de Grenoble et à 8km au Sud-Est de Les Echelles.

    Coordonnées du bourg :

45° 24′ 58″ N 5° 51′ 17″ E
 45.416111°  5.854722°

 

La maison forte 

     L'extérieur :

Diantre, une tour !

    Après avoir visité la belle ruine Dauphinoise de Saint Pierre d'Entremont, j'erre dans le petit bourg à la recherche de quelques victuailles à dévorer, quand soudain, sur la rive gauche de la rivière Guiers Vif, je vois un "mirage".

  Survolant les toits, une blanche tour me hèle. Mais je ne comprends pas sa langue.

Ne parlerait elle pas le Dauphinois ?

 

Point Dauphinoise serait cette contruction ?

    Au lieu de manger, je vais tenter la découverte de cette énigmatique tour. Pour cela il faut franchir la petite rivière. Au bout du pont, je comprends la raison de "la prononciation" de cette tour.

Je suis en Savoie.

  Ce bourg a une particularité : Il est séparé en 2 par une rivière qui délimite l'Isère (38) et la Savoie (73). Il possède 2 mairies, 2 églises et curieusement 1 seul bureau de poste coté Savoie. Les Isérois ont donc un code postal commençant par 73.

Est ce une fusée Savoyarde ou une tour médiévale ?  

Coté intérieur

     Droite comme un "i", cette tour est le seul vestige d'une maison forte contrôlant le passage entre le Dauphiné et le Duché de Savoie à la fin du Moyen Âge.

   Cette construction était une tour d'angle. Ceci est visible par les "arrachements" de pierres sur une seule face.

    Sur les 3 portes intérieures, il y a de nombreux détails architecturaux comme par exemple ici ou encore là sur l'encadrement bas.

 

Coté extérieur

    Sur la façade extérieure, les ouvertures ne correspondent pas à des portes mais à des fenêtres. Elles sont trop grandes pour une bâtisse médiévale. Elles ont certainement été ouvertes après le 15ème siècle.

  A la base, il y a deux ouvertures dont une très intéressante. Par sa forme, je peux affirmer qu'il s'agit d'une bouche à feu (voir vocabulaire).

 

     L'intérieur :

         Hélas, la porte est fermée. Par la bouche à feu en partie basse, j'ose voler une image de l'intérieur. Cette construction n'est pas une tour escalier car les marches ne sont pas visibles  . Le plafond voûté correspond à une tour habitable avec petit "cabinet de travail". 

 

     Dernier regard :

        Avant de partir, je contourne la construction et c'est à ce moment que je vois un spectacle magnifique.

Le devinez vous ?

 

Maintenant que je suis en Savoie, je vais espionner un autre château de mes anciens ennemis.

 

 

Histoire de la maison forte :

* Pour l'époque médiévale, je n'ai trouvé aucun texte.
* A la fin du 15ème siècle (?), construction ou aménagement d'une maison forte.
* En 1886, la maison forte est certainement détruite suite à l'aménagement de la route.
* Au début du 21ème siècle, un incendie détruit le toit.
* En 2005, le toit est à nouveau recouvert de tuile et d'essendoles de mélèze.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de la ruine est libre et gratuite. La visite de l'intérieur est impossible. 

 

L'Isère est juste en face de Moi !

 

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 06:30

 

Département :   50 - MANCHE

 

Il ne semble pas médiéval avec toute la verdure

Le bourg :

   Situation  (--> le voir sur une carte)

        Le bourg Gratot est situé à 70km au Sud de Cherbourg, à 26km à l'Ouest de Saint Lô et à 4km au Nord-Ouest de Coutances. 

   Coordonnées du château :

49° 4′ 6.24″ N 1° 29′ 23.28″ W
 49.0684°  -1.4898°

 

    Toponymie :  (petite initiation)

       A l'origine, le site portait le nom de Guerartot signifiant :

* Tot : Mot d'origine Scandinave correspondant à "Domaine". La véritable orthographe est "toft".

* Guerart : Ce serait le nom du premier propriétaire.

 

 

Le château :

      L'extérieur

Premières sensations

     En découvrant le château de Gratot, j'ai de suite un doute sur son origine médiévale. Les bâtiments ressemblent plus à des constructions "modernes" qu'à une enceinte fortifiée d'un château fort.

    De plus, les larges douves s'apparentent à une décoration pour château de plaisance. Il ne manque plus que des fontaines et je suis à Versailles !

Pensez vous que cette imposante bâtisse ait été un château fort ?

 

La découverte commence

      Le bâtiment sur la droite ne présentant que peu d'indices de fortification, je plonge mon regard sur la partie gauche. A l'extrémité, une tour carrée "rentre" dans les douves. Sa position avancée et accrochée à l'angle est assez rare pour attirer mon attention.

    Bien que cette tour possède des systèmes défensifs (arquebusière fendue et mâchicoulis), la position à 45° de cette construction carrée ne permet pas une défense efficace des 2 courtines, même si une face limite l'angle mort.

Avez vous une idée de la fonction exacte de cette tour ?

 

Une tour se baignant dans les douves

La tour Ouest

    Une documentation en noir et blanc récupérée dans une brocante me montre la raison de cette curieuse architecture. La tour n'est pas un simple système défensif, c'était à l'origine l'entrée principale du château.

    Les hautes ouvertures verticales pour les flèches du pont-levis sont facilement identifiables. Le trou rectangulaire au milieu était peut être une bretèche (voir vocabulaire).

    Au centre en bas, c'était l'emplacement de la porte (unique) du château. L'entrée a été bouchée il y a plusieurs siècles. Une petite arquebusière au milieu atteste mon affirmation.

   Pensez vous que si les douves étaient asséchées, les bases du pilier du pont fixe seraient encore visibles ?

 

La porte fortifiée actuelle

   "Si la porte a été bouchée, comment entrer dans la cour du château ?"  vous demandez vous.

    Au moyen Âge, toute l'architecture était bâtie pour ne pas faciliter l'intrusion. Parfois cacher la porte était une possibilité de défense. Mais aux époques suivantes, l'entrée se devait être au centre, mettant ainsi le visiteur en valeur et aussi son hôte.

   L'actuelle porte est au centre de la courtine. Évidemment, comme la Presqu'île du Cotentin est une terre qui n'a pas trouvé de suite la paix, l'entrée est donc fortifiée.

"L'entrée" ai je osé écrire !

    Diantre, quelle erreur. Il n'y a point une mais deux entrées : Une porte charretière à droite et une porte piétonne à gauche. Au dessus, une fenêtre éclaire une pièce devant être l'ancienne salle des gardes.

   Comme souvent dans les châteaux, les révolutionnaires de 1792 ont sévi. L'une des représentations de la noblesse, je veux parler du blason sous la fenêtre, a été saccagée.
   

      L'intérieur

Le choc

  Lentement, j'avance vers la porte en espérant que point de projectile sera jeté depuis la  salle du 1er étage. Je montre patte blanche et je traverse le "tunnel".

Que ce château est beau !

 

     Pour déguster les entrailles de cet incroyable château, il faut..... cliquer ici.

 

Après ce tunnel, un autre monde m'attend !

 

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13 octobre 2012 6 13 /10 /octobre /2012 06:30

 

Département 17 - CHARENTE MARITIME

 

Le bourg :
       Voyez vous une église fortifiée ?Situation :   (--> le voir sur une carte)
   Le petit bourg de Saint Séverin sur Boutonne est situé à 60km au Nord-Ouest d'Angoulême, à 50km à l'Est de La Rochelle et à 25km au Sud de Niort.

     Coordonnées du bourg :

46° 5′ 0.96″ N 0° 25′ 14.16″ W
 46.0836°  -0.4206°

 

L'église : 
        L'extérieur :
Préambule

   Depuis plus de 800 ans (environ), je visite la France et ses pays limitrophes à la recherche de châteaux forts et surtout de ruines fortifiées d'origine médiévale. Cette passion envoûtante est un vrai plaisir me transformant parfois en détective ou en Indiana Jones.

   Dernièrement (une petite centaine d'années seulement), j'ai découvert dans l'Aisne des églises fortifiées. Bien qu'elles ne furent pas construites ni fortifiées durant ma période favorite, j'ai compris que ces bâtiments m'étaient pratiquement inconnus et qu'ils se devaient d'être dans mon blog.

Je repars vers une nouvelle croisade.

   Il existe de nombreux sites web et blogs montrant les beautés des ornements et mobiliers religieux. Je ne souhaite pas entrer dans ce style de description. Même si parfois je montrerai quelques peintures, sculptures, chapiteaux ou modillons, mon propos principal sera de découvrir et comprendre les systèmes défensifs des églises fortifiées de France et de Navarre.

Suivez moi dans un monde bien différent de mes classiques ruines médiévales.

 

Est ce le bon endroit ?

     Dans ce bourg frontière avec le département des Deux Sèvres, je remarque une construction sur le plateau surplombant Saint Séverin. Ce bâtiment solitaire est l'église ou plutôt un des vestiges de l'abbaye. En arrivant, je ne remarque aucun système défensif.

   Le bâtiment semble avoir souffert du passage du temps : Ses fenêtres sont condamnées, certains remplages bouchés.

Quelle curieuse fortification

La recherche commence

   Je contourne le bâtiment espérant voir une archère, mais ce n'est qu'une jolie fenêtre gothique qui me regarde.

   Pour mieux comprendre le bâtiment, je prends un peu de recul et..... la construction se révèle à moi.

 

Le système défensif

    Encadrant une fenêtre gothique, deux vestiges d'échauguette regarde tristement le village. Elles sont posées aux angles d'un bâtiment semblant être une chapelle latérale.

   Avec une base si restreinte, il est difficile d'imager que plus d'un homme soit à l'intérieur. Leur fonction défensive est minimale.

 

        L'intérieur :
   Hélas, comme beaucoup d'églises durant notre siècle, la porte ne s'ouvre pas et aucune bretèche (voir vocabulaire) en protège l'accès. Je ne pourrais pas confirmer mes constatations.

  Je me console en admirant le paysage verdoyant.

 

 

Histoire de l'église :

* Au 11ème siècle, une église est construite (à vérifier).

* Vers le 12ème siècle, sur ce plateau est construit une puissante abbaye des chanoines réguliers de l'ordre de Saint-Augustin (à vérifier).

* Entre le 12ème et le 16ème siècle, il semble que l'abbaye ait été fortifiée et attaquées (à vérifier).

* Au 20ème siècle, il ne reste qu'une simple église en souvenir de la puissante abbaye. Pour consolider le fragile site, les fenêtres sont murées.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite des fortifications intérieures est interdite.

 

L'horizon n'a pas de limite !

 

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13 octobre 2012 6 13 /10 /octobre /2012 06:30

 

La découverte de l'extérieur du château est ici.

 

 

Département :   50 - MANCHE

 

Plusieurs siècles d'architecture se côtoient

Le château (suite) :

       L'intérieur

La tour Ouest - Fascination

    A l'extérieur, j'ai été si fasciné par la construction d'angle du 13ème siècle que de suite je ne veux voir qu'elle (je suis un incorrigible amoureux du Moyen Âge).

    Accrochée au bout du fantôme de la courtine (qui me parait bien peu épaisse pour un château médiéval), l'ancienne tour-porte garde les traces de ses origines bien que les siècles l'aient transformés.

Avez vous remarqué une caractéristique architecturale que j'adore ?

  Ceux qui commencent à me connaître ont regardé en hauteur, coté extérieur, pour voir... les latrines en encorbellement.

Plan du château de Gratot

 

La tour Ouest - Constatations

    Lorsque qu'à la fin du 16ème siècle, la porte d'accès a été déplacée au centre, l'entrée médiévale a été bouchée transformant la construction en classique tour d'angle. En partie basse la salle est borgne, l'accès aux étages (dans la tour-escalier) n'est possible que depuis le chemin de ronde aujourd'hui disparu.

    Cette construction est fascinante car, bien que modifiée, elle a gardé sa rudesse médiévale. C'est la plus vieille construction de l'actuel château. Le plus fascinant, c'est qu'elle a fait évoluer son système défensif en s'adaptant aux armes à feu.

Quelle vie !

 

Les sous-sols

     La visite de cette beauté médiévale étant payante, je ne vais pas vous montrer toutes les merveilles à déguster et je m'abstiendrais de vous faire découvrir les salles d'exposition (dans les communs du 17ème siècle) merveilleusement détaillées. Mais je ne peux pas résister au plaisir de vous allécher avec les salles basses.

  Évidemment, il faut prendre un escalier en colimaçon pour descendre au paradis . La vue de ses salles en enfilade aux voûtes reposant sur un puissant pilier central est impressionnante. Bien que des bouteilles et tonneaux ont été découverts, ces pièces n'étaient pas que des caves. La présence d'une cheminée prouve que le personnel travaillait, cuisinait, mangeait, lavait le linge dans ces solides salles lumineuses. 

Une bâtisse du 15ème au 18ème siècle

 

La tour ronde

   Construit au 15ème siècle, le haut et filiforme édifice est une tour-escalier. Cela se voit par le non alignement des ouvertures de lumière.

   L'escalier desservait les étages du logis seigneurial en partant des caves. En voyant l'usure des marches et les multiples réparations, j'en conclus cet escalier devait être très fréquenté.

   La tour ne possède aucun système défensif (archère ou fente de tir) car elle regarde la cour intérieure. Pourtant,  je suis surpris de ne pas voir de bretèche ni mâchicoulis (voir vocabulaire) pour une défense rapprochée.

Peut on conclure que la région était pacifiée au 15ème siècle ?

  Au sommet, je remarque une ouverture rectangulaire avec de nombreux trous de boulins alignés à l'horizontal.

Sont ce les vestiges d'un système de hourdage pour la défense rapprochée ?

  Un peu plus haut que la tour escalier, le fin tourillon est surprenant. Ma document affirme que c'était un observatoire.

Une terrifiante gargouille pour garder... une princesse ?

 

La tour à la fée

   La forme de cette tour (datant du 15ème siècle) est si originale qu'elle semble sortie d'un conte pour enfant. Posé sur une base circulaire, l'habitat carré au sommet est en encorbellement. La fenêtre renaissance sous le toit en bâtière semble presque irréelle. Je m'attends à voir une belle princesse à la longue chevelure blonde criant : "Au secours !"

   La gargouille, la balustrade et le galbe orné d'acanthe font exploser mon imaginaire d'enfant qui sommeillait depuis 800 ans.

 

Le logis seigneurial

  Avec un château qui a été habité longtemps, de nombreux détails Renaissance ou de confort ou de noblesse apparaissent. C'est ainsi que je grimpe un perron du 17ème siècle pour arriver dans des salles lumineuses où la surface de mur est plus petite que celle des fenêtres. Chaque pièce est desservie par de nombreuses portes et réchauffée par de belles cheminée.

   Il est vrai qu'il faut un peu d'imagination pour voir ces beautés car le temps, les hommes, les vols ont abîmé les décors.

    Le Chevalier Médiéval qui sommeille en moi se réveille soudain en voyant, sous des lucarnes, un système défensif.  Une partie du mur a certainement été construit au 15ème siècle, époque des premières armes à feu de défense.

 

C'est fini

   Visiter un château médiéval du 13ème siècle qui a continué de vivre durant 500 ans est un doux plaisir.  Pour le terminer avec finesse, je décide de sortir coté Sud vers l'ancien jardin à la Française. Avant de me noyer dans la verdure, je jette un dernier regard sur l'enchevêtrement harmonieux de ce château unique.

 

 
Histoire du château :

* Au 10ème siècle, une construction en bois existe certainement.
* En 1126, Clerembolt de Gratot est cité dans un texte, mais aucune mention est faite sur un château.
* A la fin du 12ème siècle, le fief de Gratot appartient à une famille nommée Creuilly.
* Au 13ème siècle, construction d'un château fort.
* Au 15ème siècle, construction de la maison seigneuriale et de deux tours de défense.
* A la fin du 16ème siècle, dans l'angle Ouest la vieille tour-porte avec pont-levis est bouchée. La nouvelle porte d'accès est au centre de la façade.
* Au 17ème siècle, le château prend une forme plus habitable et confortable. Les bâtiments médiévaux du 15ème siècle sont transformés. Fenêtres et lucarnes amènent la lumière.
* Au 18ème siècle, le site devient le siège d'un Marquisat (voir titre de noblesse).
* En 1776, le domaine de Gratot comprend :

- Une maison seigneuriales couverte d'ardoises et entourée de larges douves,
- Au sud, des communs, une chapelle castrale (aujourd'hui église paroissiale)
- A l'Ouest, une charreterie et un lavoir,
- A l'Est, une grange et deux charreteries,
- Au Nord, laiterie, étable, grenier, pressoir
- Quatre hectares.aaa

* En 1777, le dernier membre de la famille d’Argouges décède sans héritier. Cette famille aura régné 5 siècles sur ce territoire./

* Durant le 19ème siècle, les différents propriétaires n'entretiennent pas le château. Le lierre et la végétation détruisent lentement cet ancêtre.
* Au début du 20ème siècle, le château n'est plus habité. Il devient une romantique ruine.
* En 1939, sous le poids de la neige, les toits des bâtiments du 18ème siècle s'écroulent.
* Vers le milieu du 20ème siècle, des bénévoles s'organisent, créent une association de sauvegarde et consolident les bâtiments.
* Au 21ème siècle, la découverte du site depuis l'extérieur est libre et gratuite. La visite des bâtiments est payante. La dense documentation et les différents panneaux pédagogiques permettent de comprendre le Duché de Normandie et les dégâts causés par la Guerre de Cent ans.
  Pour donner plus de vie à cette ruine, les membres de l'association de sauvegarde répondent avec brio à vos questions. Le soleil est si présent dans les yeux de ces bénévoles que la ruine parait encore vivante et habitée.

Un site peu connu à visiter d'urgence.

 

Particularité :

Ce magnifique château a été le décor d'un terrible drame d'amour qui s'est transformé en légende avec les années.

Cette histoire vous est contée ici --> Clic.

 

Dans cette région plate, se mettre en hauteur permet de voir l'infini

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 06:30

 

La 1ère partie de la découverte de ce château fort est ici.

 

La ronde tour me fascine

 

Architecture classique d'un château

   Le coté Ouest du château étant protégé par un petit ravin, il semble évident que les architectes ont renforcé le système défensif sur les 3 autres faces et surtout le coté Est (face où se trouve le donjon).

  Pour protéger les courtines, il faut des tours d'angle puissances. Celle coté Sud en est l'exemple.

 

La tour numéro 2 - Sud

   La forme ronde d'une tour a été une formidable évolution défensive, car elle inhibe les angles morts. Évidemment, il faut qu'elle dispose de systèmes défensifs.

  A la base, il y a une haute fente verticale dont je pressens un ébrasement (voir vocabulaire) intérieur important facilitant l'angle de tir.

  Un peu plus haut, la tour possède un système de tir plus efficace grâce à une archère cruciforme.

  Nota : Pour une construction du 15ème siècle, je suis surpris de ne point voir d'arquebusière, ni de cononnière. Mais peut être qu'il y avait un puissant rempart extérieur disposant de systèmes de tir "moderne".

Une entrée trop sage pour un château fort


Les entrées

     En regardant de loin les 2 portes d'entrée, je suis surpris de ne point voir des traces de pont levis. Et aucune trace de herse est visible sur la grande porte.

  Ma théorie d'un puissant rempart externe assurant la totalité de la défense semble encore plus évidente.

 

        L'intérieur :

L'inventaire

   Hélas, la propriété est fermée et non visitable. Une brochure m'informe que :

** Le rez de chaussée comprend :

* Une grande cuisine avec une vaste cheminée,

* Une importante salle de réception avec tapisserie,

* Un petit salon,

* Un accès au jardin,

* Une chapelle occupe l'aile droite,

* Une citerne recueillant les eaux de pluie  est accessible.

** Les étages sont constitués :

* D'une dizaine de chambres seigneuriales et d'invités,

* Des chambres plus petites pour les serviteurs.

 Il semblerait que le château possédait 23 lits pour les maîtres et invités, puis cinq pour le personnel.

 

Le mystère du nombre de lits

   Je vois certains d'entre vous compter (sur leur doigts) puis me dire : "Chevalier, 28 lits pour 12 à 15 chambres, cela signifierait il que point personnel étaient les lieux de repos ?"

   Raison vous avez, mes merveilleux lectrices et lecteurs. A cette époque, il était de bon ton d'avoir des voisins de chambrée. Si un seigneur vous invitait dans sa chambre (mais pas dans son lit), c'est qu'il vous estimait au plus haut point.

 

C'est fini

   Tous les plaisirs ont une fin. C'est le moment de quitter cette beauté de pierres. Avant de partir, j'admire le paysage magnifique des collines Ariégeoises.

 

 

Histoire du château :

*Au 13ème siècle, une famille Durfort est aussi seigneur de Verniolle et co-seigneur de Bonnac (est ce la même famille ?).

* Au 15ème siècle, construction de l'actuel château.

* Au 16ème siècle, les Guerres de religion opposent les Français. Le Sire d'Andou, habitant à Bélesta et capitaine d'une armée de Huguenots, assiège Saint Ybars (une proche commune). Les historiens supposent qu'il est aussi venu combattre à Durfort, village catholique.

* En 1587, un inventaire (?) fait état de 2 pièces d'artillerie, 7 arquebuses, 3 mousquets, 4 arbalètes, 4 hallebardes et un coffre contenant de la poudre et des balles..

* En 1748, la Baronnie (voir titre de noblesse) est achetée par la famille Cazals.

* Vers 1792, les révolutionnaires s'emparent du château. Pierre Raymond Marie de Cazals quitte définitivement son château.

* En 1824, L'ancien propriétaire Pierre de Durfort décède à Toulouse. Dans le legs des métairies à sa fille, le château n'est pas cité. Était il en ruine ?

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite depuis la rue et le sentier. La visite de l'intérieur est interdite.

 

Les collines de l'Ariège sont un de mes péchés

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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 07:30

 

Pour découvrir l'extérieur de cette ancienne résidence des évêques, veuillez cliquer ici.

 

 

Département :  38 - ISERE

 

Ville :   Saint Martin d'Hèrescroquis du château 500 ans après sa construction

 

Le château : 

     L'intérieur :

Je ne ressens pas l'odeur d'un château fort

     En entrant dans l'ancien château fort des Évêques de Grenoble, je ne ressens pas mes traditionnelles sensations d'un Castellologue-Amateur. J'ai l'impression d'aller rendre visite à ma Grand-mère à l'hôpital. 

  Le plafond est blanc, les parois sont crèmes et des rampes sont vissées sur tous les murs.

 

La 1ère surprise

     A l'angle d'une porte, je retrouve la rouge brique du château. Dans le mur, un trou m'intrigue.

  En regardant à l'intérieur, en constatant sa profondeur, je comprends que ce n'est point un trou de boulin mais une profonde ouverture pour recevoir une poutre.

   Le morceau de bois bloquait la porte au Moyen Âge. Sa fonction est inutile aujourd'hui évidemment. 

Un trou de boulin dans un mur rouge brique

 

Quelle énigmatique ouverture !

     Plus loin, dans un couloir, une ouverture en brique m'interpelle. Ce n'est évidemment pas le pot décoratif qui me surprend mais le large "trou" à la hauteur ne correspondant pas à une porte de passage.

  En entrant dans la salle, j'ai la réponse.

N'est ce point évident ?

    Pour mieux vous faire comprendre, regardez ce plan de sécurité et souvenez vous du plan comparatif. Les murs les plus épais sont les bases du château fort.

    Pour certaines tours, les murs extérieurs donnent aujourd'hui dans un couloir. Il semble donc logique que des fenêtres médiévales regardent aujourd'hui une alléee passante.

 

Les surprises s'enchaînent

      Dans une petite salle, à la classique blancheur, apparaît sur un mur une surface rouge avec une archère droite comportant un important ébrasement (voir vocabulaire).

  Dans une autre salle, un magnifique arc aujourd'hui bouché me nargue de sa hauteur. Ce devait être un axe de passage important car, à son sommet, a été gravé le blason d'un des puissants évêques et Prince de Grenoble. Il faisait partie d'une des grandes familles Dauphinoises. Il se nommait : Siboud Alleman de Séchilienne.

  Comme à Cannes, il y a la montée des marches
Une salle au sommet

  Après avoir monté quelques marches, je découvre une incroyable pièce à l'atmosphère feutrée. Au fond, je vois...

Voici un indice.

  Je suis sous le toit, dans la salle haute d'une des tours d'angle, avec la classique archère droite centrale pour défendre ce château qui n'a point été attaqué. Par la fenêtre, la vue devait être magnifique avant la constructions des immeubles d'habitation.

  L'autre mur (je vous l'avais montré ici) possède la même archère droite.

 

C'est la fin

   Après cette promenade dans mes siècles de prédilection, je suis heureux. Pourtant, je ne suis pas au bout de mes surprises. Pour redescendre vers l'accueil, il faut emprunter un escalier d'apparat en pierre construit au 17ème siècle.

 

 

Histoire du château :

* En 1227, Soffrey, évêque de Grenoble, décide la construction d'un bâtiment fortifié en aval du ruisseau de la Morgne. Ce bâtiment sera donc frontière avec le territoire du seigneur de Gières (bourg adjacent).

* Quelques mois plus tard, un conflit naît entre l'évêché et Emery de Bryancon, seigneur de Gières. Ce dernier fait appel au Dauphin (voir titre de noblesse) pour revendiquer ses droits sur cette terre qu'il considère comme sienne.

* Vers 1230, après le versement d'une coquette somme par le Dauphin André (voir liste), le seigneur de Gières abandonne ses droits sur cette terre. L'évêque de Grenoble fait construire un château fortifié en brique. Cette construction dans le plaine se nomme logiquement : Château de la Plaine.

* Au  13ème siècle, le moulin à eau permet aux Évêques de percevoir des revenus.

* Au 17ème siècle, quelques aménagements sont réalisés dont le magnifique escalier d'apparat.

* Au  milieu du 17ème siècle, les évêques abandonnent définitivement ce vieux château médiéval presque inconfortable mais ils continuent à percevoir les taxes et impôts du moulin à farine et du battoir pour le chanvre.

* Vers 1791, le site est réquisitionné par les Révolutionnaires puis mis en vente. Le château est acheté par le sieur Barnoud qui le transforme en exploitation agricole. Le moulin devient propriété du sieur Barral.

* Au  début du 19ème siècle, durant le 1er Empire, le château est modernisé. Le site est transformé en Hara Impérial.

* En 1840, la congrégation des soeurs de Notre-Dame de la Charité du Bon Pasteur est propriétaire de l’ancien château fort. Ce bâtiment permet à des jeunes filles en difficulté de se réinsérer.

* En 1972, le site devient une maison de retraite pour les religieuses contemplatives et apostoliques du Bon Pasteur

* En 1999, pour aménager une maison de retraite médicalisée laïque, des travaux sont réalisés.

* En 2004, découverte d'une tour médiévale avec archères et de nombreux murs de soutient datés de 800 ans.

* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur depuis la route est libre et gratuite, mais il n'y a rien de médiéval à voir. La visite des tours et des murs intérieurs n'est possible qu'à certaines occasions comme les journées du Patrimoine.

 

Quelle vue sur les montagnes de Grenoble !

 

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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 06:30

 

Département :   40 - LANDES

Le bourg :

Au bout d'une route droite, trône l'église   Situation :   (--> le voir sur une carte)

       Le bourg de Saint Justin est situé à 70km au Sud-Est d'Agen, à25km au Nord-Est de Mont de Marsan, à 11km au Sud-Est de Roquefort des Landes et à 4km au Nord-Ouest de Labastide d'Armagnac, proche de la D933.

    Coordonnées du bourg :

43° 58′ 51.96″ N 0° 13′ 48″ W
 43.9811°  -0.23°

 

L'église :

    L'extérieur  :

La découverte

     Dans un rectangle de 200m par 100m, de cette jolie petite bastide du 13ème siècle surplombant la Douze, se retrouve :

   * Une maison forte,

   * Le manoir de Laroque,

   * Des vestiges de remparts,

   * Une tour dite des "Templiers",

   * Une place avec maisons à colombage et passages voûtés.

   * Etc...

         Mais je ne suis pas là pour jouer le guide touristique, je veux me pâmer  devant une église médiévale fortifiée.

Où est elle ?

 

L'enquête commence

    Dans une bastide, les rues sont en équerre, il est donc aisé de voir au loin une construction avec un haut clocher. Celui-ci parait trop récent.

Est ce l'église médiévale du bourg ?

  Évidemment, il n'y a pas d'autre bâtiment religieux

 

Où sont les défenses ?

   * Le clocher du 19ème siècle ne comporte pas d'élément défensif.

   * Sous le toit, aucune trace de chemin de ronde.

   * Les murs ne comportent ni archère ni de bretèche (voir vocabulaire).

   * Une tourelle, coincée entre le clocher et une des travées, possède des fentes verticales. Ces ouvertures ressemblent à des puits de lumière pour l'escalier en colimaçon.

L'église a-t-elle été "aseptisée" avec les années ?

 

Est ce un vestige de défense ?

   Je contourne ce bâtiment trop classique et soudain, proche de la salle paroissiale apparaît un mur. Ce n'est pas celui devant qui m'intrigue mais la paroi crépie au dessus de la fenêtre à remplage.

     Pensez vous que ces ouvertures aient été un crénelage ?

Et sous ce toit, pensez vous qu'une salle de repli assurait la protection des villageois ?

 

    L'intérieur  :

  Les entrailles de l'église vont elles répondre à mes questions ?

  Hélas, il n'y a pas de visite organisée pour la partie médiévale fortifiée, ni de petite porte pour tenter une découverte solitaire.

  L'église est curieusement carrée (25m de long pour 24m de large). La présence de 4 travées donne une sensation d'église en longueur avec un transept. Chaque travée à croisées d'ogives aboutit à une abside à 3 pans.

Simple et élégant !


Histoire de l'église :

  • * Au 13ème siècle, construction de l'église s'intégrant dans les remparts.
  • * Au 14ème siècle, l'église subit quelques aménagements intérieurs.
  • * En 1856, la tour de défense s'effondre. Elle est remplacée par un clocher "traditionnel".
  • * Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Justin) est libre et gratuite depuis la ruelle. La visite du clocher et des fortifications est interdite.

Un intérieur classique

 

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