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Ombre et lumière

8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 07:30

 

La description de l'extérieur du château est ici

 

Un donjon Roman du 14ème sècle

Le château : (suite) 

 

      L'intérieur

Je suis curieux

    Avant de visiter les entrailles du donjon, je furète dans les bâtiments annexes pour chercher quelques indices de vie, de décoration. Hélas, le temps a fait son travail de destructeur et ce n'est que ruine sans personnalité qui s'offre à moi. Je vais donc contourner le donjon pour découvrir ses secrets.

 

L'approche du donjon 

  Lentement, j'avance vers le donjon pour humer son intérieur. Évidemment, avec 2 pans de mur partiel, vous pensez que peu de détails vont révéler l'architecture et les fonction des salles.

Pourtant, que de beautés !

Que de détails !

 

La salle basse

  A la base de cette tour, deux informations importantes son visibles :

1 - Le vestige d'un épais mur me donne la dimension des cotés.

2 - Le nombre et la puissance des voûtes m'informent sur la fonction de la salle basse et la qualité de construction.

 

Les salles hautes

   En ne prenant pas le temps de regarder, les parois intérieures pourraient sembler vides. Pourtant elles possèdent de nombreux détails :

3 - Ce cul de lampe montre l'importance de cette salle.

4 - Pour éviter de fragiliser le mur par des trous, les poutres du plafond sont posé que des corbeaux.

5 - Fenêtre amenant peu de lumière et pouvant servir à la défense.

--> L'épaisseur des murs pour chaque étage est facilement visible.

Voyez vous d'autres détails ?

 

L'escalier

  A l'extérieur, j'avais identifié une succession de fentes verticales et j'avais affirmé que c'était une tour escalier.

Me serais je trompé ?

  Que nenni. Cet escalier en colimaçon est encore visible. Plus il monte et plus les marches sont difficilement visibles. Le temps, les guerres, les hommes ont fait leur travail de destruction.

   Les fentes de lumières, avec leur faible ébrasement (voir vocabulaire), ont pu servir d'archères. Mais elle ne semble viser qu'un seul coté, donc l'efficacité est minimale.

   Cet escalier tourne logiquement vers la droite permettant au défenseur de mieux combattre l'ennemi montant, donc limitant/bloquant les mouvements de l'attaquant droitier par le "pilier" central. 

 

 

Histoire du château :

* En 1336, le fief de Regnéville est possession de la famille de Navarre.
* En 1349, le Comte (voir titre de noblesse) d'Evreux décède. Son fils, Charles le Mauvais (Roi de Navarre) hérite du fief. Certains historiens supposent qu'il est à l'origine de la construction du château protégeant le port d'échouage.
* En 1364, après la nomination de Charles V (voir liste des rois) à la tête du royaume de France. Craignant des attaques des armées Françaises, le Roi de Navarre, aidé par les Anglais, consolide ses positions en Normandie. Les défenses du château sont améliorées.
* En 1368, les troupes du Roi de France commandées par le connétable Du Guesclin s'emparent du château.
* En 1380, le Roi de France Charles V Le Sage décède. Son fils Charles VI le Fol décide de rendre Regnéville au Roi de Navarre.
* En 1404, Charles II, fils de Charles le Mauvais, cède la Normandie au Roi de France Charles VI. Le château de Regnéville est Français. Mais pour combien de temps ?
* En 1418, avec l'approbation du Roi d'Angleterre, le Duc de Gloucester s'empare du château de Regnéville après un combat très court.
* En 1425, pour attaquer le Mont Saint Michel, les Anglais ont besoin de bâteaux et d'e port. Celui de Regnéville accueille une flotte importante.
* En 1449, l'armée Royale Française commandée par le connétable de Richemont ainsi que celle du Duc de Bretagne (voir liste) attaquent puis s'emparent du château et du port. Les murs et remparts coté mer ont souffert de cette campagne, la basse cour est inexistante.
* En 1450, les Anglais sont définitivement chassés de Normandie. Le château va maintenant panser ses blessures.
* Vers 1582, Roulland de Gourfaleur, modifie le château qui a été très abîmé par les batailles de la Guerre de Cent ans et du manque d'entretien depuis un siècle. Il le modernise en faisant ouvrir des fenêtres dans le donjon.
* En 1603, le fief est acheté par Isaac de Pienne, seigneur de Bricqueville.
* En 1628, ce seigneur participe à la conspiration fomentée par les Protestants.
* En 1637, sur l'ordre de Richelieu, le donjon est rasé et le château est démantelé.
* Au 18ème siècle, le site est transformé en habitat et exploitation agricole.
* Au 19ème siècle, le site est transformé en scierie pour marbre par Victor Bunel.
* Au 20ème siècle, le Conseil Général de la Manche achète la ruine.
* En 1991, début d'un campagne de fouille. Le site est classé aux Monuments Historiques.
* En 1994, fin des fouilles. Le site est aménagé pour la visite.
* Au 21ème siècle, la découverte des ruines du château est libre et gratuite. Durant la saison d'été, des expositions sont organisées.

 

Avec un peu d'imagination le donjon est presque intact

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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 07:30

 

Département :  27 - EURELa tour.. Prend garde, j'arrive !

 

Le bourg

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      La ville de Vernon est située à 80km au Nord-Ouest de Paris, à 50km au Sud-Est de Rouen et à 15km au Nord-Est de Evreux.

   Coordonnées :

49° 5′ 40.2″ N 1° 29′ 2.5″ E
 49.0945°  1.484029°

 

Description du château 

     L'extérieur :

La découverte

    Après avoir visité le château des Tourelles sur la rive droite de la Seine, je traverse le pont pour découvrir dans Vernon le château fort construit à la fin du 12ème siècle.

  Je n'erre pas dans l'inconnu car mes naseaux de castellologue-amateur me guident, je sens la poussière médiévale au bout de la rue.

 

Le rempart

    Les bâtiments modernes encerclent le site médiéval, les boutiques aux vitres illuminées remplacent les hauts murs de défense.

Reste t il une trace des remparts de Philippe Auguste ?

  En contournant quelques maisons à colombage j'entre dans le jardin des Arts. Le rempart est là, fort et triste, puissant et si fragile.

   Pour garder les traces de son passé glorieux, les architectes modernes n'ont pas hésité à trop utiliser le ciment. Il faut un oeil exercé pour reconnaître une tour sans crénelage dans cette blancheur.

Qu'importe, le principal n'est-il pas de conserver les vieilles pierres !

  Je me sens comme Alice dans le jardin de la reine de Coeur 

La tour

Qu'elle est belle !

   Tel un enfant devant le sapin de noël découvrant les cadeaux, mes yeux brillent devant la puissante tour de plus de 20m de haut. Elle m'attire tant que je vais la percuter.

 

Un vrai donjon médiéval

   Comme tout donjon de cette époque, il n'était accessible depuis la cour intérieur que par une porte à plusieurs mètres du sol. le pourtour en retrait devait recevoir un petit pont-levis. Soudain, j'ai un doute !

Pourquoi une porte possèderait des consoles ?

  Ce type de construction est réservé aux bretèches ou aux latrines.

 

Le système défensif

    Coté extérieur, les classiques mais efficaces archères assuraient la défense. Évidemment, le haut du donjon comporte des mâchicoulis permettant l'écoulement de liquide bouillant ou le jet de pierres.

  Ce château ayant traversé les siècles, je suis surpris de ne pas voir de bouche à feu ou arquebusière.

 

     L'intérieur :

        Remparts et tours ne sont pas visitable. Je repars vers de nouvelles aventures Normandes non sans avoir regardé la tour qui se pâme dans un miroir moderne.

"Suis je la plus belle ?" semble-t-elle dire.

 

 

Histoire du château :

* En 911, signature du traité de Saint Clair sur Epte entre le Roi (voir titre de noblesse) de France Charles III et Rollon Comte de Normandie (voir liste). Vernon devient un poste frontière Normand.
* En 1196, le Roi de France (voir liste) Philippe Auguste est en guerre contre le roi d'Angleterre, Richard Coeur de Lion. Les troupes Françaises s'emparent de Vernon.
* En cette fin de 12ème siècle, pour marquer son pouvoir, le Roi de France fait construire un château.
* En 1305, Marguerite de Bourgogne épouse le fils de Louis IX au château de Vernon.
* En 1364, après avoir perdu la bataille de Cocherel face à Du Guesclin, Jean de Grailly le Captal de Buch est emprisonné au château de Vernon.
* Au 15ème siècle, avec l'invention des armes à poudre, le château se modernise.
* En 1752, le château est partiellement détruit pour aménager des écuries.
* Au 18ème siècle, le donjon ayant perdu sa fonction guerrière, reçoit  les archives de la ville.
* En 1840, la tour est classée aux Monuments Historiques.
* Au 20ème siècle, les guerres mondiales n'épargnent pas les ruines du château.
* En 2006, le jardin des arts est inauguré mettant en valeur le vieux donjon.
* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de la tour est libre et gratuite. La visite de l'intérieur est impossible.

Sont ce les remparts du château fort ?

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 08:30

 

Département :  27 - EURE

 

Le bourgCe regroupement d'arbres sent la ruine médiévale

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        Le village de Longchamps est situé à 40km Est-Sud-Est de Rouen, à 35km Ouest-Sud-Ouest de Beauvais et à 14km au Nord-Ouest de Gisors.

       Coordonnées du château :

49° 22' 0.962" 1° 37' 45.451"
 49.366934  1.629292

 

 

 

 

Description du château 

     L'extérieur :

Où est il ?

    Si vous n'avez pas la chance de posséder le dictionnaire des châteaux forts de Salch et une carte IGN au 1/25000ème, vous n'avez que peu de chance de connaître l'emplacement de cette ruine oubliée.

  Pour l'apprécier, il faut arpenter à pieds la route du Prieuré. Puis, avec un oeil d'aigle, vous pourrez le déguster sur la gauche juste après une ferme isolée.

  Le voyez vous dans ce petit bosquet ?

La découverte

    Un champs cultivable ne comporte que rarement un ensemble dense d'arbres. Je pressens que la ruine du château fort est au centre de cette haute verdure. Un indice confirme mon hypothèse.

Le voyez vous ?

  Vous êtes si intelligents et si perspicaces hooo, mes merveilleux lectrices et lecteurs que vous avez remarqué le fossé entourant le site.

 

Y a t il d'autres traces médiévales ?

    Un fossé n'est qu'un indice. Étant venu pour voir des pierres millénaires, je contourne le champs pour tenter d'admirer un rempart crénelé, un vantail avec pont-levi, une herse, un donjon polygonal, des mâchicoulis (voir vocabulaire), des bretèches, des canonnières, des...oupsss... Je suis emporté par ma folie de castellologue-amateur.

 

Je vois enfin le vestige

   Sentant sa disparition prochaine, la ruine tente un dernier salut en me voyant. Elle se met sur la pointe des pieds pour sortir des arbres. Pour l'honorer, je prends mon oeil d'aigle pour mieux la dévorer. Puis, pour la comprendre, tel Terminator, je me mets en mode "Infra-rouge".

Non, non, je n'ai point abusé du merveilleux cidre Normand  , ma prose ne reflète que le minimalisme de ce vestige.

 

     L'intérieur :

         Je n'ai pas pu m'approcher du site castral car de jeunes veaux étaient dans le champs et le propriétaire m'a conseillé de ne pas pénétrer ce jour et d'attendre quelques semaines.

   Ne pouvant attendre, je me console en admirant l'horizon lointain.

 

 

Histoire du château :

    Je n'ai que peu d'informations historiques sur cette ruine.

* Au 12ème sicle, construction du château (à vérifier).
* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur du vestige depuis routes et sentiers est libre et gratuite. La propriété étant privée, il est impératif de demander l'autorisation pour approcher de la ruine.

 

L'infini et même plus !

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 06:30

 

Département 08 - ARDENNES

 

Le bourg :

Les églises fortifiées sont par là !    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Le bourg d'Aouste est situé à 90km au Sud-Est de Valencienne, à 70km au Nord-Est de reims, à 50km au Nord-Ouest de Sedan et à 20km au Sud-Est de Hirson.

   Coordonnées de l'église :

49° 47′ 57.2″ N 4° 19′ 2.9″ E
 49.799222°  4.317471°

 

L'église :

     L'extérieur :

La découverte

    En voyant ce panneau, surpris je suis. Naïvement, je pensais que la Thiérache se limitait au département de l'Aisne, mais elle recouvre plusieurs départements et même plusieurs pays (à lire ici).

 

Joie et tristesse

   Quelque mètres plus loin, un autre panneau me met en joie. L'architecture du 15ème siècle va sublimer ma journée.

   En découvrant l'église, mon enthousiasme de castellologue-amateur s'écroule. Même en me déplaçant le long de la nef, je ne vois aucune construction permettant d'affirmer que l'église d'Aouste est fortifiée.

Me suis je trompé de site ?

 

L'enquête commence

   Je contourne l'église par le chevet dont les faibles contreforts  ne me donnent aucune indication défensive. A l'opposé, je vois une puissante construction sans vitrail, ni porte, ni fenêtre. Ce haut bâtiment massif ne ressemble pas à un clocher. J'ose le nommer : Tour de défense.

Un donjon sans âge ! 

La tour défensive

   Sur le coté protégeant la nef, les ouvertures de tir montrent 3 niveaux. Curieusement, les systèmes de tir ne sont pas symétriques en forme et fonction. La tour est fascinante et pleines d'énigmes :

  1 - Son architecture semble intemporelle. Pourtant j'ose penser que la tour fut construite avant l'actuelle église.

  2 - Les contreforts à larmiers soutiennent la tour sur 3 angles (le 4ème est en appui sur l'église). Leurs cimentions et positions créent des angle mort. Quelle erreur de la part des architectes !

  3 - Par sa largeur, l'ouverture de tir inférieure me fait penser à une petite canonnière (arquebusière ?). Si sa fonction est de protéger la nef, elle semble trop haute pour un tir rasant réputé dévastateur.

  4 - Au sommet, l'ouverture est certainement une fenêtre pour le guet.

  5 -L'autre face est surprenante par l'absence de canonnière en partie basse et des petites ouvertures à la forme peu efficace pour le tir.

  6 -Le troisième coté de la tour montre 2 ouvertures de tir superposées pour arme à feu. Quelle incroyable asymétrie entre les faces !

  7 -Au lieu d'avoir un traditionnel angle ouvert en V, l'ébrasement extérieur est anguleux, parallélépipédique.

  La puissance de la tour trance avec la finesse de l'église 

Un incroyable système défensif !

    Pour mieux comprendre comment s'intègre la tour dans la défense de l'église je prends un peu de recul. Je suis certain que si je vous avais montré cette image en affirmant que c'était le château de Aouste, vous ne m'auriez pas contredit.

   Il semble évident que la salle de repli se situe dans cette haute tour desservie par une tour escalier.

 

Quel portail !

     Lorsque mon regard se plonge à droite de la tour-escalier, mes yeux sont figés d'admiration sur le portail.

   Même si le temps a fait son travail d'érosion, je suis fasciné par les sculptures en gothique flamboyant qui sont.... flamboyantes.

 

Une entrée fortifiée

   Après avoir dévoré le portail, tel un enfant qui découvre la beauté, je reprends mon sérieux de castellologue-amateur pour regarder les 2 systèmes défensifs de l'entrée :

* La bretèche (voir vocabulaire) pour la défense rapprochée.

* Les ouvertures de tir (arquebusières) avec un ébrasement extérieur important.

 

    L'intérieur :

Vais je pouvoir entrer ?

   Lentement, je m'approche de la porte en espérant que point de villageois soit dans la bretèche pour me briser le crâne par des jets de pierres. Je prends fébrilement la poignée, je pousse la porte et j'entre.

 

Où est le Moyen Âge ?

    Au moyen âge, les murs et le plafond étaient peints, cette église a subit une "décoloration" par un "lessivier" de grande marque : Tout est plus blanc que blanc.

  Les collatéraux sont aussi sans personnalité, trop neuf, presque sans âme (N'est ce point sacrilège d'écrire cela pour une église de Dieu ?  ). 

  L'autel semble être le seul mobilier coloré. Il n'est pas médiéval mais de facture récente.

 

Une surprise en sortant

    En me dirigeant vers la sortie, mon sixième sens me titille et me fait voir la porte d'accès aux fortifications. Hélas, elle est fermée et je ne peux rien découvrir et rien vous montrer. Si vous souhaitez rêver, je vous propose cette vidéo.

 

 

Histoire de l'église et du bourg :

* A l'âge de pierre, le lieu est habité (des outils et sépultures l'attestent).
* En 723, un seigneur nommé Ablon donne ses possessions de Aoute à l'archevêque de Reims.
* En 1070, l'archevêque de Reims fait don de la moitié de l'Alleu au Prieuré Saint Pierre de Rumigny (voir son église fortifiée).
* En 1113, le Pape Pascal II confie les biens d'Aoute à l'abbaye de Saint Nicaise de Reims.
* Au 13ème siècle, une tour est peut être construite (à vérifier).
* Au 15ème siècle, construction de l'église s'appuyant sur la tour.
* Au 17ème siècle, l'église est agrandie et modifiée.
* Au 19ème siècle, un autel est posé.
* En 1922, l'église est classée aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église dédiée à Saint Rémy est libre et gratuite. La visite du clocher fortifié et de la bretèche est interdite.

 

Une entrée fortifiée est le secret de cette église

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 06:30

 

Département :  11 - AUDE

 

Le bourgJ'adore quand un château se cache pour se faire désirer

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        Le village de Lanet se situe à 40km au Nord-Ouest de Salses le Château, 35km au Sud-Est de Carcassonne, 30km, à l'Est de Couiza et à 5km au Nord-Nord-Ouest de Mouthoumet.

   Coordonnées du bourg :

42° 57′ 50″ N 2° 29′ 46″ E
 42.963889°   2.496111°

 

Le château :  

     L'extérieur :

La découverte

    Dominant la vallée de l'Orbieu, une colline très boisée cache une beauté médiévale. C'est évidemment ce que je suppose car point je la vois vraiment.

 

Analyse de loin

    Pour mieux comprendre la construction, je m'éloigne (je vous ai déjà expliqué cette technique ici).

    Le bâtiment semble parallélépipédique avec 2 tours carrés aux angles et une tour ronde au centre. Cette tour flanque semble avoir une base talutée. Il n'y a pas de trace de crénelage ni mâchicoulis (voir vocabulaire) sur la partie visible de ce château.

    Bien que des fenêtres aient été ouvertes pour plus de "confort moderne", l'aspect sévère de la bâtisse est impressionnant. Je distingue à droite des trous de boulins pour un hourdage ou un chemin de ronde externe et surtout plusieurs archères verticales (du 13ème siècle ?) avec peut être une base triangulaire.

 

Je l'approche

     En un bond, je suis devant le château de Lanet. La grise façade avec ses nombreuses fenêtres paraît très moderne et rend triste votre Chevalier-Castellologue. Mais mon sourire revient en découvrant cet magnifique archère en bêche.

   Sous l'actuel toit, des trous de boulins (pour hourdage ?) me prouvent que le bâtiment était plus haut il y a quelques siècles.

       A l'ombre des grands arbres, une surprise m'attend. Un petite échauguette sur culot.

 

     L'intérieur :

         Le château est une propriété privée habitée et non visitable.

 

 

Histoire du château :

* En 1260, le roi (voir titre de noblesse) de France Saint Louis (voir liste des rois) autorise Olivier de Termes à vendre sa "villa" (le mot château n'est pas cité) à Pierre de Voisins
* A la fin du 13ème siècle, il est possible que la famille de Voisins construise un château.
* En 1719, lors du recensement des constructions, la carte de Cassini n'indique pas la présence d'un château.
* Au 20ème siècle, le château semble avoir été modifié.
* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur du château est possible. Le site étant privé, la visite de l'intérieur est interdite.

 

Comme il est fier, ce château fort. Un géant malgré sa taille

 

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 15:53

 

 

Pays :

  BELGIQUE
 
 

Province :

  Namur  

   

Le bourg :

   Situation :   (--> le voir sur une carte)

     Le petit village de Dourbes est situé à 15km au Sud-Est de Philippeville et à 30km au Sud-Ouest de Dinant.

  Coordonnées du bourg :

50° 5′ 15.666″ N 4° 35′ 57.138″ E
  50.087685 °   4.599205°

 

Le château :

Je me dirige vers la France

    Après avoir visité dans la plaine la ruine de Fagnolles et vu le curieux château de Roly, je me dirige vers "le Royaume" de France en espérant voir un dernier château  dans le petit bourg de Dourbes. Ce château est nommé : Haute Roche.

Soudain, c'est le choc !

 

La surprise

     Monsieur Brel chantait "Le plat pays" ,il avait (partiellement) tort car devant moi se devine un château perché sur une colline. Une petite montée très facile par un agréable sentier dans le bois me porte vers cette beauté de pierres.

   Arrivé au sommet, je regarde ma montre... "Pourquoi ?" me demandez vous... La réponse est ici.

Y aurait quelques fantômes noctambules ? 

 

    L'extérieur :

     Protégé par un à-pic sur 3 cotés, ce château n'avait besoin que d'une façade fortifiée pour se défendre.

Quelle façade !

   Il est vrai que ma passion pour les ruines déforme "un peu" (oui, un peu seulement) mon objectivité, mais regardez bien, il y a de nombreux détails prouvant mon exclamation.

1 - D'abord en avant du mur, il y a l'habituel fossé. Avec les hautes herbes, il a perdu de son prestige, mais il est profond et a été creusé dans la roche. Bel exploit !

2 - Ensuite, il y a cette imposante bouche à feu. Elle surprend par sa dimension et sa solitude. Avez vu remarqué qu'il n'y a pas d'archère (voir vocabulaire). Cela est il du à une consolidation récente ?

3 - Une telle canonnière est rarement implanté dans une courtine. Le puissant mur de gauche appartient à un donjon d'angle. Cela ne vous rappelle t il pas un type architecturale Français du 13ème siècle ?

4 - Reconstruction : C'est le mot auquel je pense en observant ce trou (pour petite arquebuse ?) dans le mur proche de la tour ronde. Quelques détails architecturaux ont du "s'effacer" suite à des consolidations "récentes", mais l'ensemble est magnifique. N'est ce pas ?

5 - Et voici une construction qui révèle l'âge et la fonction. Ho, je vois vos sourcils se froncer, vous ne comprenez pas cette construction ?   Regardez bien, ceci est le châtelet d'entrée, avec les 2 tours protégeant la porte précédée par un pont-levis (aujourd'hui disparu). Cette architecture ressemble aux châteaux Français du 13ème siècle dictés par le Roi Philippe Auguste (voir liste des Rois).

 

    L'intérieur :

J'entre

       En un bond, je suis dans la place, et là... les mots me manquent.  Quelle beauté ! (hihihi, ceux qui me connaissent savent que moins il y a de pierres et plus mon bonheur est grand).

   Il faut avouer que ce donjon est magnifique.

 

Le vieux donjon

 Timidement, il se révèle à à moi.

  * Il y a d'abord des étages marqués par les trous dans les murs pour insérer les poutres.

  * Puis l'épaisseur des murs, visible dans la fenêtre,

  * La partie basse voûtée servant de cave.

 

Logis et communs

  Il sont hélas arasés. Le château n'est pas très grand, pourtant la superficie est maximale car la surface de la colline a été magnifiquement exploitée jusqu'à l'à-pic.

    Derrière le châtelet d'entrée et le donjon, de multiples salles sont visibles, bien que difficilement identifiable dans leur fonction.

 

Description des salles

     La découverte des salles, des pièces, des murs, des vestiges de piédroit de fenêtre ou porte est un plaisir des yeux et des sens. Vous ne me croyez pas, regardez le plan succinct :

*  E = Entrée (châtelet)
*  D = Donjon
*  T = Tour d'angle
*  L = Logis

   Je vous quitte car j'ai envie de savourer ce panorama en écoutant les gazouillis des oiseaux.

 

 

Histoire du château : 
       Je n'ai hélas pas d'information fiable sur l'historique de cette ruine.

Je vous renvoie vers ce descriptif très détaillé.

  • * Au 13ème siècle, un château est construit sur la colline (?).
  • * A la fin du 20ème siècle, une campagne de fouille est menée.
  • * Au 21ème siècle, la découverte du château fort est libre et gratuite. Le risque de recevoir une pierre existe. Le ravin est source de danger avec des enfants.

 

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 06:30

 

Département :  73-SAVOIE

 

Le bourgEn bordure du ruisseau, une tour Savoyarde me nargue

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        Le bourg de Saint pierre d'Entremont se situe à 25km au Sud de Chambéry, à 35km au Nord de Grenoble et à 8km au Sud-Est de Les Echelles.

    Coordonnées du bourg :

45° 24′ 58″ N 5° 51′ 17″ E
 45.416111°  5.854722°

 

La maison forte 

     L'extérieur :

Diantre, une tour !

    Après avoir visité la belle ruine Dauphinoise de Saint Pierre d'Entremont, j'erre dans le petit bourg à la recherche de quelques victuailles à dévorer, quand soudain, sur la rive gauche de la rivière Guiers Vif, je vois un "mirage".

  Survolant les toits, une blanche tour me hèle. Mais je ne comprends pas sa langue.

Ne parlerait elle pas le Dauphinois ?

 

Point Dauphinoise serait cette contruction ?

    Au lieu de manger, je vais tenter la découverte de cette énigmatique tour. Pour cela il faut franchir la petite rivière. Au bout du pont, je comprends la raison de "la prononciation" de cette tour.

Je suis en Savoie.

  Ce bourg a une particularité : Il est séparé en 2 par une rivière qui délimite l'Isère (38) et la Savoie (73). Il possède 2 mairies, 2 églises et curieusement 1 seul bureau de poste coté Savoie. Les Isérois ont donc un code postal commençant par 73.

Est ce une fusée Savoyarde ou une tour médiévale ?  

Coté intérieur

     Droite comme un "i", cette tour est le seul vestige d'une maison forte contrôlant le passage entre le Dauphiné et le Duché de Savoie à la fin du Moyen Âge.

   Cette construction était une tour d'angle. Ceci est visible par les "arrachements" de pierres sur une seule face.

    Sur les 3 portes intérieures, il y a de nombreux détails architecturaux comme par exemple ici ou encore là sur l'encadrement bas.

 

Coté extérieur

    Sur la façade extérieure, les ouvertures ne correspondent pas à des portes mais à des fenêtres. Elles sont trop grandes pour une bâtisse médiévale. Elles ont certainement été ouvertes après le 15ème siècle.

  A la base, il y a deux ouvertures dont une très intéressante. Par sa forme, je peux affirmer qu'il s'agit d'une bouche à feu (voir vocabulaire).

 

     L'intérieur :

         Hélas, la porte est fermée. Par la bouche à feu en partie basse, j'ose voler une image de l'intérieur. Cette construction n'est pas une tour escalier car les marches ne sont pas visibles  . Le plafond voûté correspond à une tour habitable avec petit "cabinet de travail". 

 

     Dernier regard :

        Avant de partir, je contourne la construction et c'est à ce moment que je vois un spectacle magnifique.

Le devinez vous ?

 

Maintenant que je suis en Savoie, je vais espionner un autre château de mes anciens ennemis.

 

 

Histoire de la maison forte :

* Pour l'époque médiévale, je n'ai trouvé aucun texte.
* A la fin du 15ème siècle (?), construction ou aménagement d'une maison forte.
* En 1886, la maison forte est certainement détruite suite à l'aménagement de la route.
* Au début du 21ème siècle, un incendie détruit le toit.
* En 2005, le toit est à nouveau recouvert de tuile et d'essendoles de mélèze.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de la ruine est libre et gratuite. La visite de l'intérieur est impossible. 

 

L'Isère est juste en face de Moi !

 

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 06:30

 

Département :   50 - MANCHE

 

Il ne semble pas médiéval avec toute la verdure

Le bourg :

   Situation  (--> le voir sur une carte)

        Le bourg Gratot est situé à 70km au Sud de Cherbourg, à 26km à l'Ouest de Saint Lô et à 4km au Nord-Ouest de Coutances. 

   Coordonnées du château :

49° 4′ 6.24″ N 1° 29′ 23.28″ W
 49.0684°  -1.4898°

 

    Toponymie :  (petite initiation)

       A l'origine, le site portait le nom de Guerartot signifiant :

* Tot : Mot d'origine Scandinave correspondant à "Domaine". La véritable orthographe est "toft".

* Guerart : Ce serait le nom du premier propriétaire.

 

 

Le château :

      L'extérieur

Premières sensations

     En découvrant le château de Gratot, j'ai de suite un doute sur son origine médiévale. Les bâtiments ressemblent plus à des constructions "modernes" qu'à une enceinte fortifiée d'un château fort.

    De plus, les larges douves s'apparentent à une décoration pour château de plaisance. Il ne manque plus que des fontaines et je suis à Versailles !

Pensez vous que cette imposante bâtisse ait été un château fort ?

 

La découverte commence

      Le bâtiment sur la droite ne présentant que peu d'indices de fortification, je plonge mon regard sur la partie gauche. A l'extrémité, une tour carrée "rentre" dans les douves. Sa position avancée et accrochée à l'angle est assez rare pour attirer mon attention.

    Bien que cette tour possède des systèmes défensifs (arquebusière fendue et mâchicoulis), la position à 45° de cette construction carrée ne permet pas une défense efficace des 2 courtines, même si une face limite l'angle mort.

Avez vous une idée de la fonction exacte de cette tour ?

 

Une tour se baignant dans les douves

La tour Ouest

    Une documentation en noir et blanc récupérée dans une brocante me montre la raison de cette curieuse architecture. La tour n'est pas un simple système défensif, c'était à l'origine l'entrée principale du château.

    Les hautes ouvertures verticales pour les flèches du pont-levis sont facilement identifiables. Le trou rectangulaire au milieu était peut être une bretèche (voir vocabulaire).

    Au centre en bas, c'était l'emplacement de la porte (unique) du château. L'entrée a été bouchée il y a plusieurs siècles. Une petite arquebusière au milieu atteste mon affirmation.

   Pensez vous que si les douves étaient asséchées, les bases du pilier du pont fixe seraient encore visibles ?

 

La porte fortifiée actuelle

   "Si la porte a été bouchée, comment entrer dans la cour du château ?"  vous demandez vous.

    Au moyen Âge, toute l'architecture était bâtie pour ne pas faciliter l'intrusion. Parfois cacher la porte était une possibilité de défense. Mais aux époques suivantes, l'entrée se devait être au centre, mettant ainsi le visiteur en valeur et aussi son hôte.

   L'actuelle porte est au centre de la courtine. Évidemment, comme la Presqu'île du Cotentin est une terre qui n'a pas trouvé de suite la paix, l'entrée est donc fortifiée.

"L'entrée" ai je osé écrire !

    Diantre, quelle erreur. Il n'y a point une mais deux entrées : Une porte charretière à droite et une porte piétonne à gauche. Au dessus, une fenêtre éclaire une pièce devant être l'ancienne salle des gardes.

   Comme souvent dans les châteaux, les révolutionnaires de 1792 ont sévi. L'une des représentations de la noblesse, je veux parler du blason sous la fenêtre, a été saccagée.
   

      L'intérieur

Le choc

  Lentement, j'avance vers la porte en espérant que point de projectile sera jeté depuis la  salle du 1er étage. Je montre patte blanche et je traverse le "tunnel".

Que ce château est beau !

 

     Pour déguster les entrailles de cet incroyable château, il faut..... cliquer ici.

 

Après ce tunnel, un autre monde m'attend !

 

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13 octobre 2012 6 13 /10 /octobre /2012 06:30

 

Département 17 - CHARENTE MARITIME

 

Le bourg :
       Voyez vous une église fortifiée ?Situation :   (--> le voir sur une carte)
   Le petit bourg de Saint Séverin sur Boutonne est situé à 60km au Nord-Ouest d'Angoulême, à 50km à l'Est de La Rochelle et à 25km au Sud de Niort.

     Coordonnées du bourg :

46° 5′ 0.96″ N 0° 25′ 14.16″ W
 46.0836°  -0.4206°

 

L'église : 
        L'extérieur :
Préambule

   Depuis plus de 800 ans (environ), je visite la France et ses pays limitrophes à la recherche de châteaux forts et surtout de ruines fortifiées d'origine médiévale. Cette passion envoûtante est un vrai plaisir me transformant parfois en détective ou en Indiana Jones.

   Dernièrement (une petite centaine d'années seulement), j'ai découvert dans l'Aisne des églises fortifiées. Bien qu'elles ne furent pas construites ni fortifiées durant ma période favorite, j'ai compris que ces bâtiments m'étaient pratiquement inconnus et qu'ils se devaient d'être dans mon blog.

Je repars vers une nouvelle croisade.

   Il existe de nombreux sites web et blogs montrant les beautés des ornements et mobiliers religieux. Je ne souhaite pas entrer dans ce style de description. Même si parfois je montrerai quelques peintures, sculptures, chapiteaux ou modillons, mon propos principal sera de découvrir et comprendre les systèmes défensifs des églises fortifiées de France et de Navarre.

Suivez moi dans un monde bien différent de mes classiques ruines médiévales.

 

Est ce le bon endroit ?

     Dans ce bourg frontière avec le département des Deux Sèvres, je remarque une construction sur le plateau surplombant Saint Séverin. Ce bâtiment solitaire est l'église ou plutôt un des vestiges de l'abbaye. En arrivant, je ne remarque aucun système défensif.

   Le bâtiment semble avoir souffert du passage du temps : Ses fenêtres sont condamnées, certains remplages bouchés.

Quelle curieuse fortification

La recherche commence

   Je contourne le bâtiment espérant voir une archère, mais ce n'est qu'une jolie fenêtre gothique qui me regarde.

   Pour mieux comprendre le bâtiment, je prends un peu de recul et..... la construction se révèle à moi.

 

Le système défensif

    Encadrant une fenêtre gothique, deux vestiges d'échauguette regarde tristement le village. Elles sont posées aux angles d'un bâtiment semblant être une chapelle latérale.

   Avec une base si restreinte, il est difficile d'imager que plus d'un homme soit à l'intérieur. Leur fonction défensive est minimale.

 

        L'intérieur :
   Hélas, comme beaucoup d'églises durant notre siècle, la porte ne s'ouvre pas et aucune bretèche (voir vocabulaire) en protège l'accès. Je ne pourrais pas confirmer mes constatations.

  Je me console en admirant le paysage verdoyant.

 

 

Histoire de l'église :

* Au 11ème siècle, une église est construite (à vérifier).

* Vers le 12ème siècle, sur ce plateau est construit une puissante abbaye des chanoines réguliers de l'ordre de Saint-Augustin (à vérifier).

* Entre le 12ème et le 16ème siècle, il semble que l'abbaye ait été fortifiée et attaquées (à vérifier).

* Au 20ème siècle, il ne reste qu'une simple église en souvenir de la puissante abbaye. Pour consolider le fragile site, les fenêtres sont murées.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite des fortifications intérieures est interdite.

 

L'horizon n'a pas de limite !

 

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fortifiées
de France
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13 octobre 2012 6 13 /10 /octobre /2012 06:30

 

La découverte de l'extérieur du château est ici.

 

 

Département :   50 - MANCHE

 

Plusieurs siècles d'architecture se côtoient

Le château (suite) :

       L'intérieur

La tour Ouest - Fascination

    A l'extérieur, j'ai été si fasciné par la construction d'angle du 13ème siècle que de suite je ne veux voir qu'elle (je suis un incorrigible amoureux du Moyen Âge).

    Accrochée au bout du fantôme de la courtine (qui me parait bien peu épaisse pour un château médiéval), l'ancienne tour-porte garde les traces de ses origines bien que les siècles l'aient transformés.

Avez vous remarqué une caractéristique architecturale que j'adore ?

  Ceux qui commencent à me connaître ont regardé en hauteur, coté extérieur, pour voir... les latrines en encorbellement.

Plan du château de Gratot

 

La tour Ouest - Constatations

    Lorsque qu'à la fin du 16ème siècle, la porte d'accès a été déplacée au centre, l'entrée médiévale a été bouchée transformant la construction en classique tour d'angle. En partie basse la salle est borgne, l'accès aux étages (dans la tour-escalier) n'est possible que depuis le chemin de ronde aujourd'hui disparu.

    Cette construction est fascinante car, bien que modifiée, elle a gardé sa rudesse médiévale. C'est la plus vieille construction de l'actuel château. Le plus fascinant, c'est qu'elle a fait évoluer son système défensif en s'adaptant aux armes à feu.

Quelle vie !

 

Les sous-sols

     La visite de cette beauté médiévale étant payante, je ne vais pas vous montrer toutes les merveilles à déguster et je m'abstiendrais de vous faire découvrir les salles d'exposition (dans les communs du 17ème siècle) merveilleusement détaillées. Mais je ne peux pas résister au plaisir de vous allécher avec les salles basses.

  Évidemment, il faut prendre un escalier en colimaçon pour descendre au paradis . La vue de ses salles en enfilade aux voûtes reposant sur un puissant pilier central est impressionnante. Bien que des bouteilles et tonneaux ont été découverts, ces pièces n'étaient pas que des caves. La présence d'une cheminée prouve que le personnel travaillait, cuisinait, mangeait, lavait le linge dans ces solides salles lumineuses. 

Une bâtisse du 15ème au 18ème siècle

 

La tour ronde

   Construit au 15ème siècle, le haut et filiforme édifice est une tour-escalier. Cela se voit par le non alignement des ouvertures de lumière.

   L'escalier desservait les étages du logis seigneurial en partant des caves. En voyant l'usure des marches et les multiples réparations, j'en conclus cet escalier devait être très fréquenté.

   La tour ne possède aucun système défensif (archère ou fente de tir) car elle regarde la cour intérieure. Pourtant,  je suis surpris de ne pas voir de bretèche ni mâchicoulis (voir vocabulaire) pour une défense rapprochée.

Peut on conclure que la région était pacifiée au 15ème siècle ?

  Au sommet, je remarque une ouverture rectangulaire avec de nombreux trous de boulins alignés à l'horizontal.

Sont ce les vestiges d'un système de hourdage pour la défense rapprochée ?

  Un peu plus haut que la tour escalier, le fin tourillon est surprenant. Ma document affirme que c'était un observatoire.

Une terrifiante gargouille pour garder... une princesse ?

 

La tour à la fée

   La forme de cette tour (datant du 15ème siècle) est si originale qu'elle semble sortie d'un conte pour enfant. Posé sur une base circulaire, l'habitat carré au sommet est en encorbellement. La fenêtre renaissance sous le toit en bâtière semble presque irréelle. Je m'attends à voir une belle princesse à la longue chevelure blonde criant : "Au secours !"

   La gargouille, la balustrade et le galbe orné d'acanthe font exploser mon imaginaire d'enfant qui sommeillait depuis 800 ans.

 

Le logis seigneurial

  Avec un château qui a été habité longtemps, de nombreux détails Renaissance ou de confort ou de noblesse apparaissent. C'est ainsi que je grimpe un perron du 17ème siècle pour arriver dans des salles lumineuses où la surface de mur est plus petite que celle des fenêtres. Chaque pièce est desservie par de nombreuses portes et réchauffée par de belles cheminée.

   Il est vrai qu'il faut un peu d'imagination pour voir ces beautés car le temps, les hommes, les vols ont abîmé les décors.

    Le Chevalier Médiéval qui sommeille en moi se réveille soudain en voyant, sous des lucarnes, un système défensif.  Une partie du mur a certainement été construit au 15ème siècle, époque des premières armes à feu de défense.

 

C'est fini

   Visiter un château médiéval du 13ème siècle qui a continué de vivre durant 500 ans est un doux plaisir.  Pour le terminer avec finesse, je décide de sortir coté Sud vers l'ancien jardin à la Française. Avant de me noyer dans la verdure, je jette un dernier regard sur l'enchevêtrement harmonieux de ce château unique.

 

 
Histoire du château :

* Au 10ème siècle, une construction en bois existe certainement.
* En 1126, Clerembolt de Gratot est cité dans un texte, mais aucune mention est faite sur un château.
* A la fin du 12ème siècle, le fief de Gratot appartient à une famille nommée Creuilly.
* Au 13ème siècle, construction d'un château fort.
* Au 15ème siècle, construction de la maison seigneuriale et de deux tours de défense.
* A la fin du 16ème siècle, dans l'angle Ouest la vieille tour-porte avec pont-levis est bouchée. La nouvelle porte d'accès est au centre de la façade.
* Au 17ème siècle, le château prend une forme plus habitable et confortable. Les bâtiments médiévaux du 15ème siècle sont transformés. Fenêtres et lucarnes amènent la lumière.
* Au 18ème siècle, le site devient le siège d'un Marquisat (voir titre de noblesse).
* En 1776, le domaine de Gratot comprend :

- Une maison seigneuriales couverte d'ardoises et entourée de larges douves,
- Au sud, des communs, une chapelle castrale (aujourd'hui église paroissiale)
- A l'Ouest, une charreterie et un lavoir,
- A l'Est, une grange et deux charreteries,
- Au Nord, laiterie, étable, grenier, pressoir
- Quatre hectares.aaa

* En 1777, le dernier membre de la famille d’Argouges décède sans héritier. Cette famille aura régné 5 siècles sur ce territoire./

* Durant le 19ème siècle, les différents propriétaires n'entretiennent pas le château. Le lierre et la végétation détruisent lentement cet ancêtre.
* Au début du 20ème siècle, le château n'est plus habité. Il devient une romantique ruine.
* En 1939, sous le poids de la neige, les toits des bâtiments du 18ème siècle s'écroulent.
* Vers le milieu du 20ème siècle, des bénévoles s'organisent, créent une association de sauvegarde et consolident les bâtiments.
* Au 21ème siècle, la découverte du site depuis l'extérieur est libre et gratuite. La visite des bâtiments est payante. La dense documentation et les différents panneaux pédagogiques permettent de comprendre le Duché de Normandie et les dégâts causés par la Guerre de Cent ans.
  Pour donner plus de vie à cette ruine, les membres de l'association de sauvegarde répondent avec brio à vos questions. Le soleil est si présent dans les yeux de ces bénévoles que la ruine parait encore vivante et habitée.

Un site peu connu à visiter d'urgence.

 

Particularité :

Ce magnifique château a été le décor d'un terrible drame d'amour qui s'est transformé en légende avec les années.

Cette histoire vous est contée ici --> Clic.

 

Dans cette région plate, se mettre en hauteur permet de voir l'infini

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