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Ombre et lumière

16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 06:30

 

Département 17 - CHARENTE MARITIME

 

Le bourg :
       Voyez vous une église fortifiée ?Situation :   (--> le voir sur une carte)
   Le petit bourg de Contré est situé à 60km à l'Est de Rochefort, à 40km au Nord de Cognac et à 25km au Nord-Est de Saint Jean d'Angély.

     Coordonnées du bourg :

46° 0' 42.865" N
0° 17' 2.087" W
 46.011907
 -0.283913

 

L'église : 
        L'extérieur :
La découverte

   Lorsque je vois une église sans haut clocher, mon premier sentiment de touriste est la surprise. Mais rapidement, le castellologue-amateur qui sommeille en moi ressent un frétillement de bonheur.

  Aidé par mon oeil d'aigle, je vois déjà toutes les preuves d'une église fortifiée.

Les distinguez vous aussi ?

 

Premières sensations

   Rapidement, je comprends que la nef n'a pas été fortifiée, mon attention se concentre sur le chevet. Sa puissance me fascine. Sa force apparente est due :

* A la petitesse des fenêtres laissant place à de grandes surfaces de mur.

* A la hauteur impressionnante des contreforts droits

* Mais surtout aux lourds contreforts à bâtière ( voir définition).

  Certains d'entre vous peuvent reprocher que la masse de ces contreforts défigure un peu la grâce et la sobriété de la nef. Mais ils donnent une puissance à l'église.

   D'habitude, je vous affirme qu'un contrefort limite l'angle de tir et qu'il est préjudiciable car cette masse crée des angles morts. Mais, pour cette église, le système de tir est haut perché.

 

Quelle architecture défensive
    Pour mieux comprendre le système défensif, il est important de prendre un peu de recul. Cette architecture ressemble à une tour carrée flanquée d'une tour ronde. Cette dernière possède de petites ouvertures rondes pour tir au fusil.

 

La nef défensive

  Au dessus de la nef, certainement au 15ème siècle, a été construit une salle de repli (la différence de qualité et de taille des pierres montre un aménagement ultérieur). Plusieurs systèmes de tir sont visibles :

* Fente verticale (archère ?),

* Trou rond.

 

Les sculptures

    La puissance des contreforts à bâtière, les systèmes de tir, les fenêtres haut perchées ont attiré mes yeux vers une architecture militaire. Pourtant, cette église possède de nombreux détails architecturaux (comme ce modillon) d'une grande beauté. Il ne serait pas honnête de ma part de ne pas les montrer.

  Les plus belles représentations sont les fenêtres. Les voussures sont sculptées de pointe de diamant, les chapiteaux des colonnes possèdent, en plus des pointes de diamant, des motifs très imaginaires.

 

Des têtes grotesques ornent les chapiteaux des colonnes

 

Le portail

    Après cet intermède touristique, je me dois de reprendre mon costume de castellologue-amateur pour trouver la porte d'entrer et tenter de monter dans les étages fortifiés. Dans l'ombre, le portail me surprend par son manque de protection. J'espérais voir une bretèche (voir vocabulaire ). Admirer les détails des voussures

   Mais à nouveau, le "touriste-chevalier" découvre trois magnifiques voussures sculptées. : 

* La 1ère est composée de marguerites.

* Après la flore, la 2ème comporte de nombreuses bêtes : Cigogne, paon, serpent ainsi que des animaux accroupis, posés sur leur séant, à queue de poisson ou à queue recourbée.

* Curieusement, la 3ème voussure possède un mixte de flore et faune avec une tête humaine.

* L'archivolte (à l'extérieur) représente une scène de chasse avec chiens, lièvre et renard mais où se mêlent des lézards.

  Je vous laisse trouver les significations religieuses de ces oeuvres et j'entre dans l'église.

 

        L'intérieur :

Rapide analyse

  En entrant dans l'église, je ressens une ambiance froide, sans âme. Ceci est dû au manque de mobilier, à la disparition de la voûte et à la couleur blanche. Pourtant la nef unique me transporte à l'époque Romane il y a 8 siècles.

   Cette nef est divisée en 3 travées presque identiques. Au fond, l'abside semi-circulaire est éclairée par trois fenêtres plein cintre avec gradin en partie basse.

 

Comment monter ?

   En tant que Castellologue-Amateur, je cherche le moyen d'être "aux cieux". Évidemment, je ne parle pas du paradis mais des salles de repli et de défense. En levant la tête, je découvre le moyen de monter voir la cloche mais ce n'est pas satisfaisant. 

  Pour trouver le moyen de monter sous le toit, je regarde attentivement le plan de l'église. Sur la gauche il y a un escalier en colimaçon. Mais hélas, la porte située à 1,5m du sol est fermée.

 

 

Histoire de l'église :

* Au 12ème siècle, construction de l'église.

* Au 15ème siècle, fortification de l'église.

* En 1913, l'église est classée aux Monuments Historiques.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Bernard) est libre et gratuite. La visite de l'intérieur des fortifications est interdite.

 

Voyez vous la salle de repli au dessus de l'église

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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 18:00

 

Département 09 - ARIEGE

 

Sont ce les pierres du vieux rempart extérieur ?

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   Le petit bourg de Cérizols est situé à 65km au Sud-Ouest de Toulouse, à 30km à l'Est de Saint Gaudens et à 20km au Nord-Nord-Ouest de Saint Girons.

     Coordonnées du château :

43° 7' 43.896" N 1° 3' 34" E
 43.12886°  1.059494°

 

Le château : 
        L'extérieur :
Est ce le bon endroit ?

   D'après mon dictionnaire des châteaux forts de France, il y aurait les ruines d'une construction médiévale fortifiée dans le petit village de Cérizols. En empruntant la route principale, mon destrier (dont l'instinct est plus aiguisé que le mien) s'arrête devant un long mur en pierres sèches.

Pensez vous que ce soit les ruines du rempart extérieur ?

 

Voyez vous les indices qui me mettent en joie ?

Je cherche les indices

    Je prends un peu de recul. Le mur qui se prolonge sur 2 habitations ne me certifie pas que je suis en face du site castral. Mais au loin un détail m'intrigue.

Le voyez vous ?

   Ce bâtiment parallélépipédique, comportant des fenêtres dont la création semble récente, possède un contrefort. Ce n'est certes pas une preuve que la construction date du Moyen Âge, mais elle démontre que le bâtiment n'est point nouveau.

 

La découverte

En prenant encore plus de recul, j'ai une révélation ! 

  Devant moi, il y a :

* Une courtine (certes arasée),

* Une tour d'angle à droite (celle possédant un contrefort),

* Une tour plus importante à gauche devant être le donjon du vieux château fort

  Je vois dans vos yeux que doute vous avez. Je vous propose de regarder cette vue satellite prouvant mes dires.

  Un donjon médiéval arasé

Le donjon

  En regardant cette tour que j'ose nommer "Le Donjon", plusieurs remarques germent sous mon heaume :

1 - Une tour maitresse dans un angle est assez classique au 13ème siècle... Voir cet exemple en Suisse puis cet autre article dans mon Dauphiné.

2 - Mais je suis surpris que pour ce siècle, la construction ne soit pas ronde. Le 13ème siècle voit la naissance de l'architecture Philippéenne.

3 -De nombreux trous de boulin (voir vocabulaire) sont visibles sur la paroi. Mais leur forme non carrée me surprend.

4 - Une fente verticale apparaît sur le mur. j'opte pour une archère droite "primitive".

5 - Une ouverture rectangulaire bouchée par un panneau de bois me fait penser à une fenêtre. Mais les pierres semi-circulaire dans les angles supérieurs me laissent songeur.

 

     L'intérieur :
Vais je être bredouille ?

   Lentement, je m'avance vers la porte pour timidement sonner. Malgré une longue attente, point de châtelain pour ouvrir la porte de ce gîte rural. Je n'ai point fait un long trajet depuis mon Dauphiné pour ne pas voir les entrailles de cette construction de 700 ans.

Même minimaux, les détails titillent votre Chevalier

 

Je vole

    Ne souhaitant pas revenir bredouille, je me mets sur la pointe de mes chausses et je vole.

  N'ayant point d'aile, je ne vole pas dans les airs (de plus avec une armure de Chevalier, ce sont 3 paires d'ailes d'albatros hurleur qu'il me faudrait).

  Je vais tenter de voler (virtuellement bien sur) des images au dessus du mur extérieur, tout en respectant la propriété privée.

 

Le donjon

  Rapidement, j'inspecte les faces coté cour de la tour maîtresse :

6 - Je suis circonspect devant les ouvertures parallélépipédiques alignées . Elles sont importantes pour des trous de boulin.

7 - Sur le coté Est, je reconnais la forme d'une petite fenêtre Romane.

Est ce une archère droite ?

 

D'autres détails

  Avec mon oeil d'aigle et mes chausses tendues au maximum, je vois aussi :

8 - Des pans de mur aux fonctions indéfinissables,

9 - Un bâtiment  ressemblant à une tour flanque dont les pierres sont peu jointives et de tailles asymétriques.

10 - Deux pierres verticales faisant office de... heu... fentes de tir pour arme à feu (?).

11 - Puis un long... couloir (?) aboutissant à une porte faisant peut être office de poterne (voir vocabulaire).

 

D'autres détails

  Peut être que certains d'entre vous pense que j'affabule en affirmant que cette construction était un château fort. Il est vrai que les preuves manquent un peu. Mais en prenant de la distance avec le village, depuis le Nord, je vois ceci.

   Un village établit sur une petite colline, dont l'une des constructions s'élève au dessus de l'horizon, me semble être un indice justifiant d'une fonction de surveillance-défensive.

 

 

Histoire du château :

* Au 13ème siècle, construction du château.

* Au 18ème siècle, sur la carte de Cassini, le château est identifié en ruine.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite depuis la route. La visite de l'intérieur est interdite sauf si vous logez dans le gîte.

 

Le donjon du vieux château fort

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 06:30
 

  Lorsque je découvre un site médiéval, parfois je suis emmené par une musique. Elle m'accompagne durant ma visite et j'ai l'impression que la ruine ou le site fortifié est encore plus beau.

  Je souhaite vous faire partager ce moment unique et puissant par l'écoute du Gloria de Vivaldi !

 
 
Soyez téméraire !
  Cliquez sur le bouton du gramophone.
  
 
 

Département 11 - AUDE

  Incroyable !... Une porte fortifiée ?

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   Le petit bourg de Cazalrenoux est situé à 70km au Sud-Est de Toulouse, à 40km à l'Ouest de Carcassonne, à 30km au Nord-Est de Pamiers et à 12km au Sud de Caltelnaudary.

     Coordonnées de l'église :

43° 11' 55.356" N
1° 56' 57.53" E
 43.19871°
 1.949314°

 

       L'extérieur :
La surprise

   Cazalrenoux est un petit village de 80 âmes environ. Il ne me faut pas beaucoup de temps pour comprendre que c'est au centre, sur une petite hauteur, que l'antique cité comporte mon Graal.

   Après avoir laissé mon destrier, j'ai la surprise de voir une porte fortifiée.

Diantre, était ce une véritable cité fortifiée ?

 

L'entrée fortifiée

   Au 21ème siècle, la porte du village n'est point terrifiante. Aucun de fossé, ni de bretèche, ni de double vantail et point de herse est visible. Même si cette fortification ne pouvait pas arrêter une armée, elle a (peut être) pu repousser quelques bandes de bandits ou d'écorcheurs, vils personnages de "mon" Moyen Âge.

   En la franchissant, je ne vois aucun système défensif. pourtant quelques mètres plus loin, dans ce qui pourait être un couloir défensif, une archère primitive me regarde.

  Quelle incroyable architecture primitive !

L'église : 
        L'extérieur : 

La découverte
   Lentement, l'arpente les ruelles ombragées quand soudain apparaît une beauté de pierres, but de mon voyage.

 Je pressens que l'art Roman va m'accompagner durant cette découverte.

 

Le chevet

     De nombreux détails me fascinent sur cette église :

1 - La rondeur du chevet.

2 - La faible largeur de la construction.

3 - L'absence de fenêtre pour éclairer le choeur.

4 - La puissance du contrefort à larmiers.

5 - L'ouverture sous le toit prouvant la présence d'une salle de repli.

  La sur-élévation me permet d'affirmer que l'église avait une fonction de refuge. Se replier sécurise mais ne fait pas fuir l'assaillant.

Y avait-il des systèmes défensifs ?

Voyez vous les traces des systèmes défensifs ?

 

La nef

  En contournant la construction et en prenant un peu de recul, je suis surpris par l'architecture de l'église.

    Ce n'est point l'absence de transept qui m'étonne car cette représentation de la croix latine n'existait pas au début de l'art Roman.

 Ma surprise vient :

   * D'une nef sans fenêtre,

   * D'un pourtour sans modillon.

 S'il n'y avait pas le clocher, je serais tenté d'affirmer que je suis en présence d'un donjon.

 

Les systèmes défensifs sur la nef

  En faisant abstraction du petit bâtiment avancé (qui semble plus jeune que la nef) je vois une nef linéaire mais point borgne car elle possède au niveau de la salle de repli :

  * Une archère primitive droite,

  * Des archères avec orifice pour arme à feu,

Sous ces fentes de tir (donc sous le plafond de la nef) apparaît :

  * Une fente aux extrémités arrondies ressemblant à une fenêtre (puits de lumière

 

Les mystérieux trous dans le mur

   Le mur de l'église comporte de nombreux trous carrés alignés. Ce ne sont point des trous de boulins (voir vocabulaire) pour la construction et la réparation de l'édifice. Pour comprendre ce mystère je me place contre le mur.

Soudain j'ai une illumination ! 

A - Soit ces trous recevaient les poutres d'un bâtiment adjacent (les communs),

B - Soit, ce sont les vestiges d'un hourdage.

  Pour la solution B, je me base sur le fait que la défense de loin est assurée par les fentes de tir. Mais lorsque l'ennemi est aux pieds, il fallait un système défensif en encorbellement pour lui jeter des pierres "sur la tête".

Quel est votre avis ?

Des défenses discrètes et efficaces

 

Une vraie construction défensive

   En contournant l'église par le clocher-mur, je remarque :

* Que sa base est inclinée (comme une tour de défense),

* Que la construction est posée sur une butte précédée d'un "fossé".

   Cette église, bien que petite, est fascinante par ses nombreux détails architecturaux.

 

        L'intérieur :
  Hélas, comme beaucoup d'églises, la porte ne s'ouvre pas. Je ne pourrai pas confirmer mes constatations.

    Je me console en regardant :

* Les sculptures.

* Puis le magnifique panorama, richesse des sites médiévaux fortifiés.

 

 

Histoire de l'église :

Je n'ai hélas point de détail historique sur ce site.

 

* En 1948, l'église est inscrite aux Monuments Historiques.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Notre Dame) est libre et gratuite. La visite des fortifications intérieures est interdite.

 

Les petites collines sont porteuses de rêves !

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Published by Le Chevalier Dauphinois - dans Châteaux en Languedoc : 11 30 34
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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 06:30

 

Département 17 - CHARENTE MARITIME

Voyez vous une église fortifiée ?

 

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   Le petit bourg de Pérignac est situé à55km à l'Ouest d'Angoulême, à 20km au Sud-Est de Saintes et à 12km au Sud-Ouest de Cognac.

     Coordonnées de l'église :

45° 37′ 28″ N 0° 27′ 46″ W
 45.624444°  -0.462778°

 

L'église : 
        L'extérieur :
La découverte

    En découvrant l'imposante église, je me suis écrié : "Wahouuu" (J'avoue que parfois, mon vocabulaire n'est point riche et que l'hominidé qui est en moi prend le dessus pour montrer mes émotions).

  La stupéfaction étant retombée, l'incroyable castellologue-amateur que je suis s'écrit :

"Mais, où sont ses systèmes défensifs ?"

Cubique est cette église et pourtant si belle 

Première analyse 

    Très souvent, une église fortifiée possède une salle de repli au dessus de l'abside, c'est donc d'un pas alerte que je me rends de l'autre coté.

    Le spectacle qui m'est offert est curieux : Hautes et étroites fenêtres aboutissant sur un oculus. Point transcendant est cette vision non défensive.

   Le sommet me redonne le sourire béat d'un castellologue-amateur.

Voyez vous l'ouverture ?

 

Recherche de systèmes défensifs
    En levant la tête, je scrute chaque pierre à la recherche d'un indice défensif. C'est encore sur la paroi de l'abside que je vois la preuve d'une salle de repli.

  Je vous sens interrogatif devant mon affirmation :

N'est ce point le transept ?

   Je ne sais que vous répondre, le plan de cette église est peu traditionnel. Les chapelles latérales sont noyées dans le chevet plat (ou est ce l'inverse ?).

    Ma confirmation d'un système défensif m'est donnée par la présence d'une fine archère droite.

 

Système défensif de la façade

perignac-19-

 

   "Diantre, quelle beauté", me suis je encore écrié.

 

   Vous pensez que je suis fasciné par les statuts et les décorations.

Que nenni !

 

   Ayant toujours mon heaume de chercheur, je vois, de chaque coté, des archères et des ouvertures latérales pour défendre le portail.

  Même si ces défenses ne sont point les plus efficaces que je connaisse, elles ont du faire réfléchir plus d'un assaillant.

perignac-18-

 

Que de statuts !

   Ayant dévoré chaque pierre, étant heureux de toutes mes découvertes, j'ôte mon heaume de castellologue-amateur et je revêts mon chapeau de paille de touriste pour admirer la façade. Elle comporte deux galeries superposées séparées par une ligne de mordillions très expressifs.

 

Ces modillons, ce n'est pas du pipeau J'ai des cornes et point de femme, comment cela se peut il ?

La conversation avec ce gnome à la langue pendante m'endort

 

    La galerie inférieure comporte treize niches dont l'arc est légèrement brisé. La partie centrale est logiquement réservé au Christ. Il est entouré de chaque coté par six apôtres.

    La galerie supérieure possède en son centre une fenêtre.

Avez vous remarqué les sculptures de chevaux sur l'arcade ?

    De chaque coté de cette fenêtre il y a quatre niches.  Curieusement cinq statues ont été sculptées sur les huit prévues. Certains archéologues voient dans les niches des Saintes et des Saints. Mais d'autres pensent que c'est la représentation des vices et des vertus.

Que voyez vous (exemples en bas de l'article) ?

     Au dessus, une représentation du Christ triomphant du jugement dernier, accompagné de deux anges.

 

        L'intérieur :
  Hélas, comme beaucoup d'églises, la porte ne s'ouvre pas et je ne pourrais pas confirmer mes constatations. 

 

 

Histoire de l'église :

* Au 12ème siècle, construction de l'église.

* Au 13ème siècle, certains éléments architecturaux sont remaniés.

* Au 15ème siècle, le portail est remanié.

* En 1848, décapitation de certaines statuts.

* En 1907, l'église est classée aux Monuments Historiques.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Pierre) est libre et gratuite. La visite des fortifications intérieures est interdite.

 

Sous la jupe je peux vous dire que ce n'est pas un garçon As tu été guillotiné ou as tu virtuellement perdu la tête mon pauvre fou !

Là où je suis caché, tu ne me trouveras pas

 

 

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 07:30

 

Département 17 - CHARENTE MARITIME

 

Le bourg :
       Mon instinct m'informe qu'un incroyable donjon se mire au soleilSituation :   (--> le voir sur une carte)
   Le petit bourg de Saint Sornin est situé à 30km Est-Nord-Est de Saintes, à 20km au Nord de Royans, à 18km au Sud de Rochefort et à 12km au Sud-Est de Marennes.

     Coordonnées du château :

45° 47′ 14.64″ N 0° 58′ 33.24″ W
 45.7874°  -0.9759°

 

Le château : 
        L'extérieur :
La découverte

     A 2km au Nord de Saint Sornin, une petite route me mène vers le Golf de Saintonge. Cette terre était il y a plusieurs siècles remplie d'eau salée que vous nommez "La Mer", (pour un Chevalier Dauphinois entouré de montagne, ce mot est magique).

    Avec les siècles, le sable et la végétation ont transformé la lagune en d'immenses marécages. Mais au Moyen Âge, quelques rochers formant des îlots surgissaient de l'eau et ont permis l'implantation d'un port.

    Pour surveiller le port, un puissant château a été construit.

Le voyez vous au loin ?

Même en ruine, ce donjon a fière allure 

Qu'il est beau !

    En arrivant sur le parking, mon destrier et moi même sommes en admiration devant le donjon Roman. Je suis si impatient de le voir, de le toucher, de le manger que j'en oublie les règles de base d'un castellologue-amateur.

Je vous ai déjà décrit ma démesure dans cet article.

   Lentement, je respire, je ferme les yeux pour mieux voir cette incroyable construction, je me calme. Il faut que je retrouve la sagesse d'un patient découvreur, même si je suis très excité par cette beauté construite d'un autre temps.

Même le ciel se fait beau pour plaire au donjon ! 

Donjon - Dimensions
    D'après les archéologues, la base du donjon mesure 21m par 15m. Il est difficile d'estimer sa hauteur originelle car les années ont arasé cette beauté, mais actuellement, il arbore une hauteur de 20m.

  Comme tous les donjons Romans, les murs sont très épais. A la base, ils mesurent 2,80m.

 

Donjon - Architecture

    Les murs sont renforcés sur toute la hauteur par des contreforts plats de 60 centimètres de largeur par 30 centimètres de profondeur.

   Excepté à la base, le mur est réalisé avec de petits moellons parfois asymétiques posés en assise régulière, alors que les contreforts sont en belle pierre calcaire correctement taillée avec un joint très fin.

Ce contraste est saisissant !

 

Donjon - Les orifices

  Les hauts murs  ne sont point borgnes, ils possèdent de nombreux trous dont la fonction me semble "facile" à identifier :

Avec ses nombreux contreforts, ce donjon paraît éternel !

A - Les petites ouvertures carrées linéraires sont les trous de boulin (voir vocabulaire).

B - A 16m de hauteur, les jolies baies romane sont des fenêtres. Les autres façades comportent aussi ces baies de lumière au même niveau.

C - Cette grande ouverture est... une blessure du temps, une ride ou plutôt un effondrement.

D - Les 2 ouvertures symétriques me semblent être des évacuations pour les latrines.... Mais je ne suis pas allez vérifier ni sentir.

 

Le rempart

   Dans ma précipitation à découvrir le magnifique donjon, j'ai omis de vous décrire les remparts. Évidemment, ce donjon faisait parti d'un château entouré d'un haut mur de protection.

    Curieusement, je dispose de 2 livrets donnant des informations contradictoires. Le 1er affirme que le mur encerclait le donjon habitable et atteignait une hauteur de 7m, alors que le 2ème me montre un véritable château fort.

   Qu'importe, il est évident que dans les 2 cas, un fossé précédait le rempart. Ce fossé est aujourd'hui comblé.

La ruine m'ouvre les bras ! 

        L'intérieur :
L'approche

    Lentement, je contourne le donjon. L'avantage d'une ruine c'est qu'elle est moins farouche et moins pudique que les prétentions châteaux. C'est ainsi que je peux voir l'épaisseur des murs et la qualité du remblai.

 

Description rapide

    Même s'il ne reste qu'un mur entier et 2 petites portions perpendiculaires, il est révélateur du confort et de la superficie du lieu.

* Le mur intérieur mesure 9,60m. Ce donjon était donc habitable.

* Grâce aux trous de poutres, je compte 3 étages.

* Au centre trône une large cheminée dont je distingue encore les colonnes des pieds-droits.

* Ne voyant qu'un étage avec cheminée, il est fort probable que le moyen de chauffage était sur chacun des autres murs de chaque étage. Ainsi, les conduits ne fragilisaient pas trop chaque paroi.

* Dans l'épaisseur du mur, les fenêtres ne devaient pas amener beaucoup de lumière dans la pièce.

    Je suis si heureux de ma découverte que j'ai envie de prendre un bon bol d'air et un bon bain.

 

 

Histoire du château :

* Au début du 11ème siècle, le Duc (voir titre de noblesse) d'Aquitaine Guillaume le Grand accorde à Foulque Nerra, Comte d’Anjou, la ville de Saintes et quelques châteaux. Certains historiens supposent que le site de Broue est en son pouvoir.

* En 1040, le château est cité en fief de l'abbaye aux Dames de Saintes.

* En 1098, la fortification change de propriétaire.

* En 1337, début de la Guerre de Cent ans. Ce château est possession Anglaise.

* Au milieu du 14ème siècle, Isabelle de Valois est enfermée quelques temps dans ce donjon (à vérifier).

* En 1372, le Connétable Bertrand Du Guesclin attaque le château détenu par les Anglais et s'en empare.

* En 1555, la rustique forteresse est abandonnée au profit de Brouage (à 15km au Nord-Ouest).

* En 1925, le site est inscrit aux Monuments Historiques.

* A la fin du 20ème siècle, une association de sauvegarde consolide les mur et met en valeur le site par des panneaux et le désherbage.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite de l'intérieur est possible en prenant soin aux chutes possible de pierres. Veuillez aussi faire attention avec les enfants.

 

Au loin, je vois l'Amérique !

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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 07:30

 

Département 17 - CHARENTE MARITIME

 

Le bourg :
       Voyez vous une maison forte ?Situation :   (--> le voir sur une carte)
   Le petit bourg de Genouilé est situé à 40km au Sud-Ouest de Niort, à 32 km au Nord-Nord-Ouest de Saintes, à 30km au Sud-Est de La Rochelle et à 22km au Nord-Est deRochefort

     Coordonnées du bourg :

46° 1′ 24″ N 0° 47′ 2″ W
 46.023333°  -0.783889°

 

La maison forte : 
        L'extérieur :
La découverte

     Mon dictionnaire des châteaux affirme que proche de l'église, une maison forte (appelée parfois pompeusement Le Château) a survécu aux siècles. Lentement je contourne le bâtiment religieux pour apercevoir cette curieuse construction.

Pensez vous que ce mur fasse partie d'une maison forte ?

 

L'enquête commence

   La propriété étant privée et habitée, de loin je cherche sur le long du mur quelques traces de systèmes défensif. Mon oeil d'aigle ne remarque rien, excepté des pierres pauvrement taillées mais correctement alignées.

       Au bout du mur, une récente gouttière est accrochée à une tour d'angle ronde. Je vais la nommer : 1.

   Cette tour est dépourvue d'archère, de crénelage et encore moins de mâchicoulis (voir vocabulaire). 

Quelle curieuse archère droite 

Un curieux mur

   Sur le coté Nord, entre l'église et la maison forte, un curieux rempart semble protéger l'accès à la cour. La faible hauteur du mur, l'épaisseur moins que minimale pour une construction défensive et les fines fentes verticales me semblent être un "ajout récent".

 

Un autre mur énigmatique

   En entrant dans la cour, le mur de la maison forte m'interpelle. Il semble que la construction ait été agrandie. Le parement d'angle se retrouve coincé.

 

Une tour

    Au bout de ce long mur, une forme ronde me regarde. Pour mieux la comprendre, je prends un peu de recul. Cette ronde construction est une tour d'angle hélas arasée. Je vais la nommer : 2.

   Excepté quelques trous de boulin (voir vocabulaire) je ne vois aucune fente de tir. Même en contournant cette beauté, aucun système défensif est visible.

Peut être ont il été remplacé par les fenêtres modernes ?

  Pour comprendre l'architecture globale de cette maison forme, j'utilise "mes" satellites espions.  La maison forte est un parallélépipède avec 2 tours d'angle opposées.

 

        L'intérieur :
  Hélas, ni la tour, ni la maison forte sont visitables. Je reste planté devant la porte moderne en rêvant du glorieux passé de cette petite fortification.

  Je quitte cette maison forte pour découvrir l'église fortifiée de ce bourg.

 

 

Histoire de la maison forte :

* En 1369, la maison forte appartient à Gaspard Béchet. Le bourg semble posséder une garnison.

* En 1590, après avoir appartenu à la famille Béchet durant deux siècles, la maison forte échoit au petit fils de Marie Béchet : Arthus de Parthenay.

* En 1608, la maison forte de Genouillé est amenée en dot par le mariage entre Charlotte de Parthenay et Jean Jacques Pons.

* En 1760, Louis-Henri de Pons d'Hostun vend le site au seigneur du fief (je n'ai pas trouvé son nom).

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite en respectant le silence et le calme de ce lieu. La propriété est privée et habitée, la visite de l'intérieur est interdite.

 

Une tour, seul vestige de la puissance médiévale

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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 07:30

 

Département 73 - SAVOIE

 

Le bourg :

C'est par là !    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      La ville du Bourget du Lac est située à 80km à l'Est-Sud-Est de Lyon et à 10km au Nord-Nord-Ouest de Chambéry..

   Coordonnées du château :

45° 39′ 6.19″ N 5° 51′ 52.97″ E
 45.651719°  5.864714°

 

Le château :

     Préambule :

Je suis déjà venu

    Il y a plusieurs années, je me suis rendu sur le site de ce château fort. A l'époque, c'était une ruine abandonnée à la végétation. Les appareils photos numériques n'existant pas, je l'ai immortalisée sur des diapositives.

 

Heurs et malheurs

   Ayant eu un dégâts des eaux, certains cartons photos ont été noyés. Les images de cette ruine étaient inutilisables. Au printemps suivant, je me suis rendu en ce lieu, mais des travaux de restauration et un lac avec une hauteur d'eau inhabituelle ont eu raison de mon enthousiasme. Bredouille je suis revenu de mon expédition.

 

Enfin, je peux vous le montrer

   C'est un peu par hasard que dernièrement je me suis rendu proche de ce château fort. N'ayant pas pris mon merveilleux appareil photo, j'ai hésité à entrer. Mais les occasions d'immortaliser un château Savoyard étant rares, j'ai franchi le seuil puis j'ai photographié cette beauté avec un téléphone portable. Le résultat est techniquement moyen, mais mon plaisir à vous le montrer est très grand.

J'espère que ma passion va traverser l'écran !

 

     L'extérieur :

Dans la lumière, mon Graal m'attendLa découverte

     En arrivant devant l'entrée de ce mythique château Savoyard, je n'ai eu qu'une envie : Me dépêcher de franchir le seuil.

  Mais ce n'est pas de cette manière que l'on doit visiter un château fort (voir mes conseils ici). Alors, avec patience, je tente de contourner le site.

 

Première approche

    Sur ma droite, je vois un mur borgne, de faible hauteur et dans l'alignement de la porte. Ce type de construction est illogique pour un château fort. Une porte est toujours défendue par des tours ou des échauguettes.

   Je subodore que les années et les consolidations ont supprimé les traces défensives.

 

Sont ce les défenses ?

    En poursuivant mon exploration des murs extérieurs, au dessus de ma tête je vois des consoles.

Est ce le vestige de mâchicoulis ou d'une bretèche (voir vocabulaire ) ?

   En me décalant, je constate que ces encorbellements sont sous une fenêtre à meneau central. Mes neurones cherchent la solution à cette énigme architecturale, mais ne la trouvent pas.

Est le vestige d'un balcon du 17ème siècle ?

     Mes yeux cherchent des détails pouvant me mettre sur la voie de la vérité, quand soudain ils distinguent des corbeaux sous une autre ouverture plus basse. Je suis déboussolé, je ne trouve pas mes réponses.

Avez vous une idée ?

 

Le carré est le secret de ce château

Curieux plan !

   Grâce à la vue satellite, j'ai une idée du plan architectural du château de Thomas II.

N'est il pas surprenant ?

   Même s'il est vrai que la symétrie n'est pas le but recherché pour défendre une place forte, je suis surpris de ne voir des tours que sur 2 cotés.

L'architecte pensait il que les marais seraient la meilleure protection ?

 

La tour T1

    Cette tour est la mieux conservée et surtout la seule à posséder un toit la transformant en salle d'exposition. Elle possède quelques ouvertures verticales, mais avec les reconstructions, il est difficile d'affirmer que c'étaient les archères droites d'origine.

 

La tour T2

    C'est la plus énigmatique. Même s'il ne reste qu'un étage et si plafonds et toit ont disparu, quelques archéologues pensent que cette tour devait être la plus belle. J'ai surtout remarqué une curiosité dans l'angle.

La voyez vous ?

    Les deux angles externes possèdent un contrefort plat. Son utilité défensive est très discutable, sa fonction de tenu de la tour est plus que douteuse.

A quoi pouvait servir ces contreforts ?

La tour T4 précédée par le fantome de la tour X 

La tour T3
   Elle ne comporte aucun détail significatif

La tour T4

   C'est la plus "travaillée", presque la plus haute en survivance. Elle montre des vestiges bouchés d'archère droite. A mi-hauteur, l'ouverture rectangulaire ressemble à une porte accédant au chemin de ronde.

 

La tour X  
   Entre la tour 4 et l'entrée, un pan de mur me fait penser à un fantôme de tour. Sa position de protection de l'entrée semblerait logique, mais le vestige est si pauvre que je n'ose me prononcer. 

 

L'entrée

  En prenant un peu de recul pour admirer et comprendre l'extérieur des tours, je tombe dans le fossé. Il y a quelques années/siècles, ce fossé était rempli de l'eau du lac et se nommait : Les douves.

    Cette chute me permet de voir.

 

Pour le savoir, il faut cliquer ici.  

 

 

     

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 07:30

 

Département 16 - CHARENTE

 

Voyez vous une église fortifiée ?

Le bourg :
       Situation :   (--> la voir sur une carte)
   Le petit bourg de Bessac est situé à 40km au Sud-Est de Cognac, à 35km au Sud-Ouest d'Angoulême et à 10km au Sud-Est de Saint Hilaire.

     Coordonnées du bourg :

45° 25′ 50.88″ N 0° 1′ 5.16″ W
 45.4308°  -0.0181°

 

L'église : 
        L'extérieur :
La découverte

    Mon dictionnaire des fortifications médiévales m'informe qu'en ce bourg il existe une église fortifiée. C'est donc avec un pas alerte et une certitude sans faille que je m'approche du bâtiment religieux. Mais en voyant cette longiligne construction, j'ai quelques doutes.

 

La recherche d'indices

   Ma première attention se porte sur la tour qui semble être le clocher. Le chaînage d'angle est bien appareillé, mais je suis surpris par la piètre qualité du mur et surtout la différence de pierre entre le haut et le bas. Avec un peu d'attention, il me semble voir de chaque coté des ouvertures fines ressemblant à des archères primitives (12ème siècle).

Un mur sans système défensif 

Y a t il d'autres systèmes défensifs ?
      Mon deuxième regard se pose sur le mur de la longue nef. Sa faible hauteur m'informe que point de salle de repli existe. Mais un indice me force à penser que l'église a peut être été plus haute. Le fronton est beaucoup plus haut que le toit actuel, laissant imaginer un arasement "récent".

Avez vous remarqué les fenêtres ?

    Leurs dimensions et formes sont très différentes entre la nef et  le chevet. De plus, la partie arrière possède des contreforts plats et à larmier.

Y a-t-il eu plusieurs périodes de construction ?

 

Qu'il est amusant d'être Sherlock Holmes

    Même si les signes de systèmes défensifs sont peu nombreux, je suis fasciné par ce travail de détective (certes amateur) que je dois faire.

   Je contourne l'église par le chevet pour découvrir le mur opposé. Il me semble que l'église est parfaitement symétrique :

* Nombreux contreforts et hautes fenêtres coté chevet,

* Petites fenêtres Romanes et mur mal empierré coté nef.

    Cette description devrait rendre un castellologue-amateur un peu triste, pourtant je souris de bonheur.

Des contreforts d'angle avec échauguette

En connaissez vous la raison ?

 

Quel curieux système défensif

    Aux angles de la façade d'entrée, il y a des contreforts. La partie supérieure comporte une caractéristique architecturale assez rare sous cette forme.

    La construction légèrement en encorbellement ressemble à des "échauguettes" avec système de tir.

 

Dernières observations

   La façade me révèle quelques informations qui me mettent en joie :

1 - J'étais surpris par la position assez basse des fenêtres permettant aux assaillants d'entrer. Mais en voyant que le sol est surélevé (regardez bien, la porte est plus basse que le niveau du sentier), je suis convaincu que l'église était moins accessible par les fenêtres que maintenant.

2 - Au dessus de la porte, une baie obstruée me fait imaginer qu'une salle de repli existait. Le toit actuel est beaucoup plus bas que celui imaginé par les architectes médiévaux.

3 -  Avec mes deux observations et conclusions, je peux imaginer que les  échauguettes étaient plus hautes et comportaient plusieurs orifices de tir.

 

        L'intérieur :
  Hélas, comme beaucoup d'églises durant notre siècle, la porte ne s'ouvre pas. Je ne pourrais pas confirmer mes constatations. 

     Après ce travail de détective, je savoure la beauté de l'horizon.

 

 

Histoire de l'église :

Je n'ai aucune information historique sur cette église.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint-Jean-Baptiste) est libre et gratuite. La visite des fortifications intérieures est interdite.

 

Une église aux défenses discrètes

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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 07:30

 

Département 17 - CHARENTE MARITIME

 

Le bourg :
       Est ce une construction de Vauban ou un château fort du moyen âge ?Situation :   (--> le voir sur une carte)
   Le bourg de Fouras est situé en bordure de l'Océan Atlantique, au Nord-Est de l'Ile d'Oléron, à 45km au Nord-Ouest de Saintes, à 20km au Sud de La Rochelle et à 12km au Nord-Ouest de Rochefort.

     Coordonnées du château :

45° 59′ 9″ N 1° 5′ 51″ W
 45.985833°  -1.0975°

 

Le château : 
        L'extérieur :
Je vous vois ricaner !

    Derrière votre écran, je vois sur vos charmants visages, une moue dubitative. Vous pensez :

"Pfffff.... Cette construction se nomme le Fort Vauban. Cet ingénieur et architecte de Louis XIV n'a pas vécu à l'époque médiévale... pffff.... Chevalier Dauphinois, tu te moques de nous !"

    Raison vous avez. Sébastien Le Prestre, Marquis (voir titre de noblesse) de Vauban a bien vécu au 17ème siècle.  Il a renforcé les défenses de cette stratégique forteresse. Mais, l'imposante tour centrale que j'ose nommer donjon a été construite au Moyen Âge.

   Même si cette forteresse  ne ressemble pas à un château fort, je me devais de la faire figurer dans mon blog car certaines pierres ont été taillées puis posées il y a presque mille ans.

Les canons protègent encore la vieille ville 

La découverte
   Proche d'un immense parking, face à la mer, la forteresse ne ressemble que peu aux constructions types de Vauban. Je m'attendais à une architecture de ce type (voir le château de Landskron en Alsace). Avec sa longue courtine droite et ses 2 tours d'angle, j'ai l'impression de voir un château fort.

   Sur l'autre façade, celle de l'accès, aucun détail me permet de définir l'âge de ce trop classique bâtiment fortifié.

Est ce une construction intemporelle ou difficilement datable ?

 

Rapide analyse 

    Lentement j'avance et j'observe le château. Quelques indices me démontrent que point médiévale est cette construction :

 * Les murs comportent de nombreuses fentes verticales sur plusieurs niveaux.

 * Ces ouvertures pour tir aux fusils sont très rapprochées et ne peuvent pas être de "mon siècle d'adoption".

 * Le rempart est précédé par un classique mais efficace fossé dont la "perpendicularité" ne me rassure pas sur une datation millénaire.

      Pour passer un fossé, il faut un pont. Pour que la défense soit efficace, ce pont doit se relever. Au 21ème siècle, il est fixe et bien arrimé, mais les fentes pour les flèches m'informent qu'il était manoeuvrable il y a quelques siècles.

Un donjon presque intemporel 

        L'intérieur :

Curieuse ambiance
     Sans verser une piastre car l'entrée est libre et gratuite, je pénètre dans la forteresse. Le 17ème siècle a profondément modifié l'architecture du site. Je ne retrouve aucun de mes repères du Moyen Âge. Point de crénelage ni archère (voir vocabulaire) s'offre à mes yeux de castellologue-amateur.

    Au centre de cette masse de bâtiments cubiques apparaît un impressionnant donjon.

 

Le donjon
    Avec ses larges fenêtres, ses pierres trop consolidées, son absence de système défensif pour une tour maîtresse, me font douter de son origine médiévale. Mais ma petite brochure affirme que quelques pierres ont été posées par mes "des ancêtres" du 15ème siècle.

     Avec une hauteur de 30m, ce donjon est visible de loin et surtout voit loin.

 

Quelques indices

    La forme ronde accrochée à l'un des angles est une tour-escalier. Les fentes verticales ne sont point archères mais puits de lumière.

   Avec un peu d'attention, il est possible de distinguer sous les fenêtres, des ouvertures de tir dont certaines rappellent les archères cruciformes.

 

La vue

   Dans cette de forteresse de Vauban, je sens l'air de la mer. La marée monte lentement et le vent se fait plus présent. Je profite de ce point en hauteur pour embrasser le paysage. Soudain, une curieuse forme sort de l'horizon.

L'avez vous reconnue ?

   Pour certains d'entre vous, cette construction du 17ème siècle est le théâtre d'un jeu télévisé sur France 2 : Fort Boyard. Mais pour moi, c'est la scène finale du film "Les Aventuriers" tourné en 1967 par Robert Enrico, avec l'inoubliable Lino Ventura et le charismatique Alain Delon.

     Il me vient une idée. Je vais aller voir le Père Fouras (hoo, mais c'est le nom de la ville) pour répondre à quelques énigmes.

 

 

Histoire du château :

* A l'époque Romaine, une fortification contrôle la navigation à l'embouchure de la Charente.

* Vers 1060, le château appartient à Geoffroi de Rochefort. Ce site est si important qu'il permet au châtelain d'exercer les droits de basse et haute justice.

* Vers 1300, Alix de Rochefort et son mari Hugues Maingot vendent le site à Guillaume Larchevâque.

* En 1315, le château appartient à Guillaume de Malmont.

* Vers 1409, Guy de La Personne, Vicomte d'Acy,  est le nouveau propriétaire.

* Vers 1420, Jean d'Orléans, Comte d'Angoulême, possède le château et les terres.

* Au 15ème siècle, construction du donjon et de plusieurs courtines.

* En 1467, à la mort du Comte d'Angoulême, le château appartient à la famille De La Brosse.

* Vers 1480, le donjon est fortement remanié.

* Vers 1546, le château appartient à Jeanne de Vivonne, veuve du Baron de Dampierre, Claude de Clermont.

* En 1606, la fille d'Albert et Catherine de Clermont (Claude Marguerite de Gondi), vend le site à Charles Geoffroy.

* En 1635, terres et château appartiennent par mariage à Josia Chesnel

* En 1690, Louis Chesnel cède la tour à Michel Bégon, intendant du Roi Louis XIV (voir liste des Rois).

* A la fin du 17ème siècle, à l'exemple des forteresses établies par Vauban, le système défensif est renforcé par l'ingénieur François Ferry avec l'ajout de plates-formes, courtines, pont levis, demi-lune et fausse braie.

* En 1847, des casemates sont ajoutées.

* En 1889, le fort est déclassé.

* Au 20ème siècle, la Marine Nationale s'installe dans le fort et pose un sémaphore.

* Au milieu du 20ème siècle, la ville achète le site et aménage un magasin puis un musée.

* En 1987, le site est classé aux Monuments Historiques.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur et de la cour est libre et gratuite. La visite de l'intérieur du donjon est payante. Veuillez vous renseigner sur les horaires

 

Je suis emporté jusqu'au bout du monde !

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 07:30

 

Département :  27 - EURE

  La route est longue vers mon Graal

Le bourg

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

     Le petit bourg de Montfort sur Risle est situé à 36km à l'Ouest-Sud-Ouest de Rouen, à 34km à l'est de Pont l'Evêque et à 11km au Nord de Brionne.

   Coordonnées du bourg :

49° 17′ 46″ N 0° 39′ 56″ E
 49.296111°  0.665556°

 

Description du château 

     L'extérieur :

La découverte

    Pour trouver la ruine de l'ancien château fort, il suffit de demander le chemin à un des habitants ou simplement suivre les panneaux. Celui de Montfort sur Risle est impressionnant.

  Je ne sais pas si elles ont fait sursauter quelques assaillants au Moyen Âge, mais j'avoue que les 220 marches m'impressionnent.

  Rectificatif : L'entrée médiévale ne se faisait pas par ce passage abrupt.

 

Le fossé

    Après une longue marche montante sur un sentier ombragé, je me retrouve en contrebas du site fortifié. Imaginez vous il y a 800 ans, coincé dans le profond fossé sous le tir des archers. Ces adroits lanceurs de flèches bien  protégés par les remparts, cherchent à transpercer votre faible cuirasse.

Un bijou dans un écrin de verdure fleuri

 

Les tours

  Évidemment, vous tentez de prendre du recul espérant que la distance atténuera leur efficacité. Mais c'est sans compter sur les larges tours carrées au parement si curieux comptant de nombreux archers sur plusieurs niveaux.

   Vous essayez de vous décaler pour être dans l'angle mort de la tour carrée, mais une autre tour flanque ronde s'intercale.

 Vous êtes morts ! 

 

Rempart et porte

   Suivre le rempart depuis le fossé apporte un plaisir incroyable. Certes, certains murs très ruinés ou moins que minimal demandent plus d'imaginations que de constatations, mais ce site de 800 ans est magnifique par sa diversité. Il est possible de voir et d'imaginer les tours d'angle parallélépipédiques ainsi que de les demi tours rondes au centre de chaque courtine.

Regardez la porte comme elle est fortifiée

   Je vous avais prévenu, il faut de l'imagination. En fermant les yeux, je la vois, presque imprenable, puissante, haute. Il est vrai qu'en ouvrant les yeux, c'est ce spectacle qui apparaît

Vide et pourtant plein de détails

 

     L'intérieur :

Un monde désert

      Après avoir visité des milliers de ruines, mon instinct affirme que c'est un tapis de verdure qui va m'accueillir. Pourtant, devant ce spectacle presque nu, je suis en admiration devant la surface de ce château.

  Certes, les bâtiments des communs ont disparu, certes, il parait impossible de définir l'aménagement interne. Pourtant, je l'imagine il y a 800 ans grouillant de vie et d'activités.

 

Le donjon

   Il ne reste de ce donjon que la base et une petite élévation, mais la puissance se ressent. Des immenses murs avec un parement de pierres taillées, il ne reste que le fantôme de sa grandeur.

   Avec une base de 16 mètres par 18 mètres, les castellologues pensent que la tour maîtresse mesurait au moins 20 mètres de hauteur. Il a été construit sur le modèle des donjons Normands du 12ème siècle.

  Avec un peu d'attention (et beaucoup d'imaginations) il est possible de voir les contreforts plats caractéristiques des donjons de cette époque.Pour comprendre l'architecture de ce donjon enchemisé, voici une reconstitution réalisée par l'association de sauvegarde.

 

Qu'y a t il dans une tour défensive ?

    Avant de quitter le château fort, je vais me faire un dernier plaisir en découvrant l'intérieur d'une tour d'angle. Même très délabrée, elle livre quelques uns de ses secrets à celui qui saura la regarder avec des yeux d'amant amoureux   :

* Son parement presque parfait avec des joints très fins et des pierres magnifiquement taillées.

* Des pierres décalées supportant un plancher.

* Et aux étages, des trous recevant des poutres.

  Ses autres secrets, je les garde. Si vous visitez ce site un jour, je vous invite à les partager autour d'une bouteille de cidre.

 

 

Histoire du château :

* Au 10ème siècle, le Vicomte (voir titre de noblesse) Torsten de Bassebourg, fils supposé de d'Anslech de Bricquebec, possède les terres de Montfort.
* Au 11ème siècle (1035 ?), Hugues Ier fait construire une fortification en pierres sur la colline pour surveiller la route entre Pont Audemer à Brionne.
* En 1066, Hugues II de Montfort participe à la bataille d'Hasting sous les ordres de Guillaume le Conquérant.
* Au début du 12ème siècle, le puissant donjon carré est construit.
* En 1124, les troupes du Duc de Normandie (voir liste) Henri 1er assiège le château de Montfort durant 1 mois.
* En 1204, avant de céder la Normandie au Roi de France Philippe Auguste (voir liste), le Roi d’Angleterre Jean sans terre fait démanteler le château.
* Au 13ème siècle, la famille de Montfort part en terres Anglaises. Le château est abandonné.
* En 1937, le site est inscrit aux Monuments Historiques.
* En 1978, des fouilles archéologiques sont organisées.
* En 2003, le site appartient à la commune. Une association de sauvegarde est créée. Avec son dynamisme l'association fait revivre l'histoire de Montfort.
* Au début du 21ème siècle, la découverte du site est libre et gratuite. N'oubliez pas que cette ruine est fragile, le risque de recevoir une pierre existe.
 En réservant auprès de l'association de sauvegarde, il est possible d'avoir une visite commentée. Renseignez vous ici ou sur le site de l'association.

 

Une vue vers l'infini

 

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