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Ombre et lumière

11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 06:30

 

Département 09 - ARIEGE

Une petite randonnée après un bon restaurant !

 

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   Le petit bourg de Balaguères est situé à 80km au Sud-Ouest de Toulouse, à 30km au Sud-Est de Saint Gaudens, à 10km à l'Ouest de Saint Giron et à 2km au Nord-Ouest de Alas.

    Coordonnées du début de la randonnée :

42° 57' 42" N 1° 1' 37" E 
 42.9618  1.027

 

Le château : 
        L'extérieur :
Je pose pieds à terre

    Après avoir mangé dans un délicieux petit restaurant Ariégeois, je me dois d'éliminer les calories en trop par une petite randonnée vers un ruine médiévale.

  Sur une brochure, le site à découvrir se nomme "Château Catherine", mais ma carte de randonnée ainsi que le panneau indique : "Tour Sainte Catherine".

   Qu'importe, je vais gravir cette butte pour découvrir un  site fortifié !

Voyez vous une construction dans les hautes herbes ? 

L'approche

    La ruine étant située sur un chemin de randonnée balisé, il est possible de l'aborder à partir de plusieurs points de départ. J'opte pour celui situé au Nord de la colline, au Sud-Est de Balaguès, à 666,6m (cela ne s'invente pas).

    En cette période de fin d'été, la montée est agréable et odorante. Un peu comme par magie, les arbres s'écartent pour me laisser découvrir la beauté du site et la diversité des feuillus.

    Au détour d'un petit virage, une curiosité croit se jouer de moi en se fondant dans le paysage. Mon oeil de castellologue-amateur aperçoit cette beauté et feint de ne pas la voir

   Bien qu'ayant très chaud sous mon armure, je redouble d'attention car je pressens que ce site sera minimal mais très intéressant.

 

-chevalier-marche01-copie-1.gif

        L'intérieur :
Je suis au sommet

    Coordonnées du château :

42° 57' 31" N 1° 1' 40" E 
 42.95866  1.02775

   En arrivant sur la crête, à une altitude de 722m, une masse cimentée me regarde.

Je vous sens surpris et désappointés !

   Pour consolider la vieille ruine et redonner une forme presque lisible aux vestiges, les archéologues ont usé des matériaux modernes. Souvent un matériau isolant et protecteur est inséré avant rebouchage. Cela permet aux archéologues de revenir fouiller l'année suivante et de protéger la ruine contre les intempéries et les promeneurs peu délicats. 

 

Est ce le donjon ou une tour d'angle ?

La ruine

   Les fouilles récentes montrent les vestiges d'un petit château de surveillance des vallées. Certains archéologues pensent que ce site était un château-refuge. En cas d'attaque, la population de la vallée se mettait à l'abri sur cette hauteur fortifiée.

    Bien que chaque partie ne soit pas clairement identifiable, il est amusant d'imaginer :

* Qu'ici, il y avait une tour de défense coté accessible,

* Qu'un bâtiment (commun ou habitation) se blottissait coté à-pic.

* Qu'un rempart entourait l'ensemble.

 

La tour

   Quelques mètres plus à l'Ouest, le sentier m'amène vers une autre construction. Le vestige est plus haut et ressemble à une tour. Ma brochure prétend que ce fut un donjon.

Quelques doutes j'ai !

  Le périmètre théorique de cette construction n'est pas très impressionnant. L'épaisseur des murs ne s'apparente pas à celle d'une tour maîtresse. J'opte pour une tour de défense.

   L'absence d'archère (voir vocabulaire) ne facilite pas les déductions sur son siècle de construction ni ses évolutions.

 

C'est fini

  Ayant dévoré des yeux chaque pierre, mon regard est maintenant attiré par le paysage. La verdure des Pyrénées Ariégeoises tranche avec mes arides montagnes Dauphinoises.

 

 

Histoire du château :

* Au 13ème siècle, construction d'un château.

* A la fin du 20ème siècle, des fouilles sont organisées.

* Au 21ème siècle, la découverte des ruines est libre et gratuite. Bien que le site ait été sécurisé et le chemin aménagé, il est prudent de faire attention avec des enfants. Le risque de recevoir une pierre existe proche de la tour.

 

Ma passion me donne le sentiment de voler !

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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 06:30

 

Département :  38 - ISERE

  Maquette du château au Moyen Âge

Le bourg

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        La commune de Saint Savin est située à 45km à l'Ouest de Chambéry, à 35km au Sud-Est de Lyon et à 5km au Nord-Est de Bourgoin-Jaillieu.

   Coordonnée du bourg :

45° 37' 6.366" N
5° 19' 26.717" E
 45.6195906107°
 5.32360553741°

 

Le château :  

     L'extérieur :

Pourquoi suis je ici ?

    La raison principale de ma venue à Saint Savin est évidemment le plaisir de découvrir un château de mon Dauphiné.

 Mais une deuxième raison me titille :

- Ce château a été construit par un Savoyard.

A-t-il une architecture différente ?

 

La découverte

    Armé d'une photo de la maquette du site au 15ème siècle (cette merveille miniature est visible au musée de l'Ancien Évêcché à Grenoble) je trépigne d'impatience à l'Idée de voir un rempart puissant comportant 15 tours rondes.

  Hélas, en arrivant dans le hameau, point de muraille je vois. .... Seule une tour me dévisage.

Qu'est ce donc ?

  Tour d'angle du château

1ère analyse de la tour

    La ronde tour est appareillée en petites pierres pauvrement taillées avec de larges joints. Je présuppose qu'elle ne devait pas être ainsi il y a plus de 500 ans. Les consolidations du 20ème siècle ne l'ont pas rendu aguichante.

  Sur une face qui devait être à l'extérieur trône une large fente verticale. Elle devait se situer beaucoup plus haut aux siècles derniers. J'imagine que les gravas tombés au sol ont augmenté le niveau de celui-ci, abaissant "virtuellement" la hauteur que nous voyons de la tour.

 

     L'intérieur :

2ème analyse de la tour

   Je contourne la ronde beauté et je constate qu'une porte permet de découvrir ses entrailles. Je serais donc à l'intérieur (dans le cour) de l'ancien château fort !

  En continuant mon opération de contournement, je constate que le temps a eu raison des solides pierres.

Effondrée est la paroi.

   L'avantage d'une ruine, c'est qu'elle permet de mieux observer ses détails d'architecture et de construction. Ainsi je peux conclure que je suis dans l'une des tours d'angle du château fort primitif. L'archère droite avec un fort ébrasement (voir vocabulaire) confirme mes dires.

  Une autre tour ronde !

D'autres bâtiments !

    Avec élégance, je me déplace vers la porte "de sortie" pensant avoir vu tous les vestiges du château, quand surpris je suis.

D'autres bâtiment existent !

  Nota : Menteur je suis, car en arrivant, j'avais évidemment remarqué les constructions entières. Et puis, comme je prépare toujours mes excursions, je savais ce que j'allais voir... Il doit y avoir une âme de récitant sous ma rude armure de Chevalier d'un autre temps.

 

Le donjon

   Certains d'entre vous sont dubitatifs par le titre de ce chapitre : "Ne serait ce point une simple tour plutôt qu'un donjon ?" pensez vous. Il est vrai que cette haute construction ne ressemble point aux hauts donjons que je liste dans cet article, mais en comparant sa surface par rapport à la tour cassée, j'ose affirmer que ce "géant" est un donjon Savoyard du 12ème siècle.

 

Un donjon très défensif

Analyse des défenses du donjon

   Planté au pied du donjon, j'observe la construction de 800 ans pour en comprendre le système défensif. Il n'est point besoin d'être un spécialiste pour voir les multiples archères étagées sur la hauteur.

   Bien que chaque archère soit identique en forme (type droite à étrier en bas), ce qui me surprend c'est l'asymétrie des dimensions :

    * A mi-hauteur c'est la plus grande,

    * Puis au dessus la taille diminue,

    * Et enfin celle sous le toit est petite.

 

Un donjon figé

  Le plus surprenant est l'absence :

     * De mâchicoulis (voir vocabulaire),

     * De trou de boulin pour un hourdage,

     * Et surtout de crénelage.

  J'ai la sensation d'une tour figée dans le temps n'ayant pas eu droit aux améliorations défensives comme :

    * Les fentes de tir,

    * Les arquebusières,

    * Les canonnières.

 

demptezieu-41

 

Courtine fortifiée

    En prenant un peu de recul, je vois que la courtine accolée au donjon comporte de magnifiques systèmes défensifs. Au dessus des fenêtres récentes, il y a le chemin de ronde couvert avec créneaux borgnes et quelques archères primitives droites. Les pierres taillées côtoient les galets roulets parfois posés en lit.

Diantre, comme cette construction a souffert !

 

L'angle

    Sur la droite, la rénovation récente surprend par le choix de la "couleur". Il n'est pas toujours aisé de faire un compromis entre conservation du bâtiment, respect de l'architecture originale et moyen financier. L'important est que le bâtiment survive, je ne jetterai pas la "pierre" à la solution retenue.

   En voyant la porte basse, j'imagine que l'accès à la tour d'angle s'effectuait à ce niveau.

Aviez vous imaginé que l'une des tours d'angle fut ici ?

 

Le logis

    En revenant à mon point de départ, c'est à dire près de la tour d'angle détruite, je jubile. Le logis existe encore avec sa magnifique tour escalier. Même si le temps a usé les pierres, même si les révolutionnaires puis les hommes modernes ont cassé les statuts et symboles seigneuriaux, la beauté de la fin du Moyen Âge s'exprime dans les fenêtres et les sculptures.

Admirez !

 

 

C'est la fin

     Ne pouvant entrer dans ce logis, je contemple le paysage Isérois et je m'imagine 500 ans en arrière.

 

 

Histoire du château :

* Au 10ème siècle, pour lutter contre les bandes de "barbares" traversant la vallée, une motte castrale est aménagée par les Comtes de Bourgogne. Cette motte n'est pas à l'emplacement actuel du château.

* Au 11ème siècle, le site est possession du puissant Comté (voir titre de noblesse) de Savoie. Une fortification en bois semble existée (à vérifier).

* Au 12ème siècle (à vérifier), un vassal du Comte de Savoie (voir liste) fait construire un château fort quadrangulaire pour surveiller la vallée.

* Au 13ème siècle, après le décès sans héritier du seigneur de Demptézieu, le château passe à la famille Boscozel (voir un château de cette famille), Seigneur de Chatonnay.

* En 1314, le Comte Amédée V de Savoie cède château et terres au Dauphin Jean II (voir liste).

* En 1343, le Dauphin donne le site en fief à Guy de Vienne.

* En 1349, après le "transport" du Dauphiné au Royaume de France, le château appartient au roi Philippe VI de Valois (voir liste des rois).

* Au 14ème siècle, construction d'un vaste logis (21m x 7m) dans la cour du château.

* Au 15ème siècle, le système défensif est renforcé par la construction d'une enceinte flanquée de 15 tours crénelées. Pour faciliter la circulation dans le logis, une tour-escalier extérieure est construite.

* Vers 1470, le château appartient à la famille de Velors.

* Vers 1484, Artus de Velors vend le château à Barrachin Alleman, Seigneur de Rochechinard (voir le château éponyme).

* Au 16ème siècle, améliorations de confort. De nombreuses fenêtres sont ouvertes. Des bâtiments et courtines sont démolis.

* A la fin du 17ème siècle, le château appartient à Pierre Alexandre de Vallin, Seigneur de Chateauvillain.

* Vers 1792, le château est vendu comme bien national.

* Au début du 20ème siècle, les ruines appartiennent à la commune.

* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite de l'intérieur du château semble possible quelques jours par an. Renseignez vous.

 

Un moderne château proche d'une médiévale ruine

 

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 06:30


Département 02 - AISNE (Thiérache)

  Le jour se lève sur cette église fortifiée de la Thiérache

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Le petit village de Lugny est situé à 47km à l'Est-Sud-Est de Saint Quentin, à 26km au Nord-Nord-Est de Laon et à 10km au Sud-Ouest de Vervins.

       Coordonnées du bourg :

49° 46′ 52″ N 3° 48′ 38″ E
 49.781111°  3.810556°

 

L'église :

     L'extérieur :

La découverte

     C'est au petit matin du début de printemps que je découvre, les yeux encore un peu embués, la masse rouge de l'église fortifiée de Lugny. Elle fait parti du circuit des églises du Thiérache, une incroyable région de l'Aisne où se concentrent de nombreux bâtiments religieux avec des systèmes défensifs.

Celle-ci va-t-elle me subjuguer ?

 

L'enquête commence

   Plutôt que de me précipiter vers la haute structure, je prends un peu de recul pour comprendre l'église. Bien que la construction ne possède pas de transept, je perçois des bâtiments entrelacés de tailles différentes. Ce type de construction n'est point facilement défendable.

C'est très curieux. Un enchevêtrement de bâtiments rouge... C'est curieux !

   En contournant l'église je constate qu'un bâtiment se colle à la nef comme une "moitié de transept". Cet enchevêtrement de bâtiments est surprenant pour une église et ne facilite pas la défense.

 

Est ce une église fortifiée ?

  Mon dictionnaire des fortifications médiévales aurait-il commis une erreur en m'indiquant une église fortifiée en ce lieu ?

   Les fenêtres très larges et trop basses ne sont pas défendable et ne dispose pas de bretèche (voir vocabulaire).  Enfin, sous le toit, il n'y a aucune trace de salle de repli.

Mais où sont les défenses ?

 

La rouge tour marque son territoire par sa puissanceQue me dites vous ?

   "Chevalier Dauphinois, nous prends tu pour des naïves ?" pestent les jolies princesses derrières leurs écrans roses.

  "Dis donc Chevalier, N'aurais tu pas vu le haut clocher ?...pffff " grommellent les Princes en astiquant leurs armures.

  Oupsss  ... Je voulais faire durer un peu le suspens, mais je m'aperçois que vous êtes très perspicaces.

 

Le clocher

     Collé à la nef, le clocher en briques est la seule construction défensive. Il est même surprenant de voir les contreforts s'encastrant dans le toit de la nef.

Le clocher serait donc antérieur à l'église ?

    Avec ses larges et profonds contreforts d'angle à larmiers, ce clocher impressionne, mais je suis surpris par le manque de multiple système défensif.

    La rupture de linéarité par  les arcades aveugles est une bonne idée esthétique mais ne sert à rien contre un ennemi. Haut perché, une petite ouverture verticale devait servir de fente de tir dans la salle de repli.

 

    L'intérieur :

  Comme souvent durant notre siècle, les églises sont fermées. Celle-ci ne déroge pas à la règle.

 

 

Histoire de l'église :

   Je n'ai aucune information historique sur cette église.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église dédiée à Saint Quentin est libre et gratuite. La visite du clocher est interdite.

 

Un paysage bucolique qui ne l'était pas il y a 800 ans

 

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27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 06:30

 

Département 09 - ARIEGE

  C'est à pieds que je vais rencontrer le Diable

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   Le petit bourg de Montoulieu est situé à 90km au Sud-Sud-Est de Toulouse, à 80km au Sud-Ouest de Carcassonne et à 6km au Sud de Foix.

     Coordonnées du pont :

42° 54' 22.802" N 1° 38' 26.189" E
 42.906334°  1.640608

 

Le pont fortifié : 
        L'extérieur :
Je vais affronter le Diable

   Après avoir pris connaissance de la légende du pont de Diable de Montoulieu, j'avoue que découvrir cette construction enjambant une rivière ne me rassure pas.

   Même si je suis un Chevalier extraordinaire   au courage sans faille, affronter Belzébuth  au petit déjeuner en ce jour de la Saint George n'est pas un programme classique.

   Mais pour vous, mes merveilleuses lectrices et mes fabuleux lecteurs, je ne recule devant aucun danger.

En avant !    

Voyez vous le Diable sur le pont ? 

La marche d'approche

    Je laisse mon destrier dans un champs herbeux et lentement, sur la pointe de mes chausses (pour ne point réveiller Satan), je longe la petite route goudronnée.

  Plus je m'approche du pont, dédié au "roi des enfers", plus la route rétrécie. Sur les cotés, les feuilles mortes s'accumulent.

La vie aurait elle disparu proche de la construction ?

 

La découverte
   Soudain, au détour d'une trouée, le pont m'apparaît. Cette construction composée de 3 arches semble classique, même s'il est vrai que l'arche centrale possède une hauteur importante...presque diabolique.

Ne voyant point Lucifer, j'avance avec précaution.

 

Surprenante construction en arc

   Lentement, autant pour ne point attirer l'attention du Diable mais aussi pour savourer chaque pierre, j'arpente la route bitumée pour rejoindre cette curieuse architecture.

  Soudain, je suis en arrêt devant la forme en arc reliant les 2 cotés du pont. Il semblerait qu'une porte filtrait/sécurisait le passage vers l'autre rive.

Suis je en face d'un pont à péage ?

Est ce un pont ou une route à péage ? Une autre surprise

  En me baissant pour comprendre l'intérieur de cette "maison", je constate qu'un autre arc survit au temps. La conclusion est évidente : Le pont possédait un bâtiment.

Etait il fortifié par une tour comme celui de Sospel (voir cet article) ?

 

        L'intérieur :   

Voyez vous les vestiges de bâtiments ?

 

Je suis sur le pont

  Même si ce pont ne ressemble pas à un puissant château fort (comme je vous en montre souvent), il comporte quelques caractéristiques qui me font tressaillir de plaisir.

   De chaque coté de la voie de circulation apparaissent des murs me faisaient penser que des bâtiments encadraient l'ossature.

   Pour comprendre l'architecture globale, il faut que je descende au bord de l'eau.

Est ce la maison du Diable ?

 

Voyez vous l'ombre de Lucifer dans les profondeurs ?

 

Au bord de l'eau

  Un Chevalier Dauphinois en armure de découverte est un peu comme les chats.... Il a peur de l'eau.

  Ce n'est point que je ne sache pas nager, mais mon heaume ne supporte pas l'humidité.

 Précautionneusement, j'avance sur la berge rocheuse.

 

Miroir, dis moi que je suis le plus beau !
L'arc centrale n'a pas pu être construite par des hommes !

Une architecture... Diabolique

  Depuis la berge, je comprends le surnom de ce pont. Avec une arche aussi haute, il semble évident que Belzébuth (ou un de ses disciples) ait aidé "nos ancêtres" à construire un tel exploit digne du "viaduc de Garabit".

  Sur la gauche, il me semble voir une entrée (vers les enfers ?).

  Je vais tenter l'aventure.

 

Je me dois de visiter la construction à gauche
Je vais entrer dans la caverne du Diable

J'entre dans les salles

  Il m'est impossible de dater la construction. Il n'y a point d'archère, ni de contrefort, ni de taille de pierre permettant d'imaginer son siècle.

  Je commence même à douter que ce pont fut fortifié.

La porte des enfers ?!

 

Point de gond pour une porte

 

Des salles aseptisées

  Être dans un bâtiment sous un pont est une sensation presque unique. Je n'avais éprouvé cela qu'à Champtoceaux.

  La surprise passée, je cherche des indices de fortification ou d'utilité à ces salles.

  Hélas, le temps a fait son travail de destruction et les consolidations des hommes ont aseptisé les salles.

A quoi servaient ces pièces ?

Le mystère restera entier !

Il semble qu'il y avait 2 niveaux

 

 

Conclusion

   Je ne sais pas si ce pont a été fortifié, j'ignore si Lucifer en est le constructeur, je ne peux pas dater cet ouvrage. Mais découvrir cette construction avec ses salles inférieures est un plaisir entier.

 

 

Histoire du pont fortifié :

* Curieusement, la construction de ce pont n'est listée dans aucun manuscrit. Certains archéologues supposent même qu'il ne serait pas d'origine médiévale.

* Certaines personnes affirment que ce pont n'a pas été fortifié. Cette construction serait "récente" et aurait été un moulin pour roue à aube pendue comme à Champtoceaux.

 

Seule certitude :

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur et de l'intérieur du pont "fortifié" est libre et gratuite. Si vous tentez une descente proche de la rivière, veuillez faire attention aux crus, à la montée rapide de l'eau puis aux pierres glissantes et instables.

 

Voyez vous la queu du Diable au loin ?

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27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 06:30

 

Département 16 - CHARENTE

 

Le bourg :
       Voyez vous une église fortifiée ?Situation :   (--> le voir sur une carte)
   Le petit bourg de Juillac le Coq est situé à 45km au Sud-Est de Saintes, à 40km au Sud-Ouest d'Angoulème et à 10km au Sud-Sud-Est de Cognac

   Coordonnées du bourg :

45° 35′ 24″ N 0° 15′ 34.92″ W
 45.59°  -0.2597°

 

L'église : 
        L'extérieur :
Préambule

   Étant souvent à l'affût de prospectus, journaux, affiches, livres vantant ou montrant des constructions médiévales fortifiées, la folie me prend à la lecture des informations même minimales.

   Cette débordante envie me force à tout visiter, sans faire la part du "vraie et du faux", de ce qu'il faut absolument dévorer et de ce qu'il ne faut pas obligatoirement voir.

  Cette église est un bel exemple de mon aveuglante passion pour tout découvrir, sans prendre du recul.

 

La découverte

    Sans que je me souvienne pourquoi, ma carte spéciale de  Castellologue-amateur a été cochée avec comme annotation : Traces d'un bâtiment religieux à visiter dans Juillac le Coq.

    En arrivant devant le chevet de l'église, je ne vois pas de fortification. Seule une ouverture au dessus de la corniche peut faire penser à une salle de repli.

Pensez vous que cette église ait été fortifiée ?

Les systèmes défensifs sont invisibles ! 

L'analyse 

   En découvrant les différentes architectures, je pressens qu'il va me falloir un oeil d'aigle pour imaginer les systèmes défensifs :

1 - Les fenêtres de la nef, positionnées en hauteur et peu larges, me font penser à une protection classique des églises fortifiées.

2 - Au dessus d'elles, je ne vois aucune fente, ni surélévation pour une salle de repli.

3 -Le clocher, avec ses 2 niveaux et ses abats-sons, ne semble pas avoir été fortifié, même s'il a pu servir de vigie.

4 - La différence de qualité et de taille des pierres entre nef, transept et choeur me prouvent que l'église a été aménagée et refaite sur plusieurs siècles. Cela est confirmé par les fenêtres Romanes et  Gothiques.

   Soudain, un détail attire mon attention.

Le voyez vous ?

 

 Sont ce des archères ?
    L'architecture du choeur semble "tortueuse".

A - Sur le bâtiment  dans l'angle, des ouvertures me rappellent des puits de lumières pour un escalier.

B - Les contreforts d'angle sont plus hauts que ceux de la nef.

A quoi pensez vous avec mes deux affirmations ?

C - Évidemment, comme moi, vous voyez une salle de repli entre la corniche et le toit accessible par l'escalier.

    Même si les traces d'archères sont peu visibles, je suis convaincu que cette église fut fortifiée à l'époque médiévale.

 

        L'intérieur :
  Hélas, comme beaucoup d'églises, la porte ne s'ouvre pas. Je ne pourrai pas découvrir les secrets de construction de cette vieille construction religieuse très souvent remaniée.

 

 

Histoire de l'église :

* Au 11ème siècle, construction d'un premier bâtiment. Il serait de forme carrée avec des fenêtres très hautes.

* Au 12ème siècle, des bas-cotés sont élevés. Piliers et chapiteaux datent de cette époque.

* Au 13ème siècle, un chevet fortifié semble avoir été construit.

* Au 15ème siècle, construction de deux chapelles de chaque coté de la nef.

* A la fin du 16ème siècle, la chapelle méridionale est modifiée.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Martin) est libre et gratuite. La visite de l'intérieur des fortifications est interdite.

 

Les massifs contreforts alourdissent l'église rectangulaire

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26 septembre 2013 4 26 /09 /septembre /2013 06:30

 

Département :  11 - AUDE

 

Le bourgUne merveille est cochée sur ma carte !

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        Le village de Serres se situe à 50km au Sud de Carcassonne,  à 10km à l'Est de Couiza et à une portée de flèche à l'Est du château de Coustaussa.

    Coordonnées de la maison forte :

42° 56' 51.241" N 2° 19' 213 E
 42.947567  2.322737

 

Le château :  

     L'extérieur :

Pourquoi le choix de ce site ?

    En regardant ma carte, je vois qu'un château (ou bâtiment remarquable) est coché non loin de l'énigmatique ruine de Blanchefort. Bien que ce site ne soit pas noté dans ma liste des ruines à visiter, je saute sur mon destrier pour le découvrir.

 

L'arrivée

Quel magnifique spectacle !

   La colline est peu élevée mais cela suffit pour poser une fortification surveillant la vallée. Elle doit certainement communiquer par signaux avec les multiples châteaux si proche.

 

Analyse

     La construction a la forme d'un parallélépipède rectangle avec sur un angle une échauguette sur culot, puis sur un autre angle, une échauguette sur corbeaux. Cerise sur mon "gâteau de castellologue", des latrines (voir vocabulaire) en encorbellement complètent l'architecture.

Que du plaisir !

 

J'ai un doute

    Heureux d'avoir trouvé et vu la maison forte de Serres, j'ose vérifier si le satellite confirme ma découverte. Et là, j'ai un doute.

Pensez vous que mon article décrit l'ancienne maison forte de ce bourg ?

 

     L'intérieur :

         La maison forte est une propriété privée habitée et non visitable.

 

 

Histoire du château :

* Je n'ai aucune date de construction du château primitif.

* Vers 1209, début de la croisade contre les Albigeois. Le site ne semble pas avoir été la cible des attaques des troupes Royales de Simon de Montfort.
* En 1283, l'évêque d'Alet est cité comme seigneur de Serres.
* En 1347, il semble qu'un autre texte cite l'évêque d'Alet comme seigneur de Serres.
* Au  16ème siècle, une maison forte est construite sur les "ruines d'une construction médiévale.
* Au  17ème siècle, modification de l'architecture (confort ?).
* En 1947, une partie du site est inscrite aux Monuments Historiques.
* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur du site est possible depuis la route et le sentier en respectant la propriété privée. La visite de l'intérieur est impossible. 

 

Sur sa petite colline, la construction me regarde avancer

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26 septembre 2013 4 26 /09 /septembre /2013 05:30

 

Département 17 - CHARENTE MARITIME

Laquelle des 2 tours vais je visiter ?

 

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   La ville portuaire de La Rochelle est située à 150km au Nord de Bordeaux, à 110km au Sud de Nantes, à 100km au Sud-Ouest de Poitiers.

     Coordonnées de la tour :

46° 9' 21.337" N
1° 9' 15.102" W
 46.155927°
 -1.154195°

 

La tour : 
        L'extérieur :
Pourquoi suis je ici ?

   La ville de La Rochelle possède 3 magnifiques constructions dont certaines pierres ont été posées à l'époque médiévale. Même si leur architecture a été modifiée durant 6 siècles, je me dois de visiter ces emplacements et chercher les pierres du Moyen Âge.

Une base médiévale reconstruite au 19ème siècle

 

Laquelle est la tour de la Chaîne ?

    Après avoir déposé mon destrier sur l'immense emplacement pour les touristes, j'erre le long de l'eau pour chercher la tour que je me dois de visiter.  Au loin, deux beautés apparaissent.

Laquelle est la tour de la Chaîne ?

 

La ronde tour

    La beauté que je dois dévorer est à gauche, proche de moi. La tour a une hauteur de 20m, mais au 14ème siècle elle s'élevait à plus de 30m (la raison de cette "régression est expliquée dans l'historique).

  De suite, je remarque l'imposante canonnière  ayant été aménagée dans l'épais mur pour "tirer sur les bateaux Anglais". Évidemment cette amélioration défensive n'est pas médiévale, je dois donc m'attendre à une tour très remaniée.

 

Je la contourne
    La face opposée à la mer (donc coté ville) ne comporte ni fente de tir, ni de canonnière. Seuls les mâchicoulis prouvent que cette tour n'est point un phare mais une construction défensive.

Avez vous remarqué les gargouilles d'évacuation d'eau ?

  Même si elles ressemblent à celles d'une église, point  religieuse est la tour de la Chaîne.

  Le ciel tente de prendre la couleur de la tour

Quelques particularités

    En partie basse, plusieurs fentes verticales décalées sur la hauteur me font penser à des puits de lumière pour un escalier dans la maçonnerie.

   A la base de la tour, je suis surpris par l'imposant arc de décharge.

 

Je vais bientôt entrer

  Comme souvent avec une construction fortifiée, l'entrée ne se situe pas au rez de chaussée. Je dois donc monter des marches récentes pour accéder à une passerelle moderne menant vers l'entrée.

   Soudain, un détail me hérisse les poils de bonheur : Une archère droite.

 Après cet intermède velu, je me présente devant la porte

Un plan classique pour une tour de défense du port

 

        L'intérieur :

Minimal

  Après avoir donné quelques piastres à une belle "caissière", je consulte le plan en coupe.

Diantre, peu de salles sont à visiter.  !

 

Légende du plan

1 - Accueil,

2 - Grande salle,

3 - Salle du capitaine,

4 - Salle suspendue,

5 - Chemin de ronde

 

Je monte

   L'escalier est le moyen de découvrir les quelques pièces. Il n'est point en colimaçon comme je vous en montre souvent dans les bâtisses médiévales.

  La découverte étant payant, je ne vous montrerai qu'un minimum de salles et détails.

Je vois plus loin que l'horizon ! 

Des expositions

  Souvent les châteaux forts visitables sont vides, la tour de la Chaîne est meublée de présentoirs. Chaque salle comporte une mini exposition sur le thème : La Rochelle-Québec. Ces panneaux sont une invitation à suivre les migrants dans leur voyage vers la Nouvelle-France.

 

Je suis au sommet... du monde !

    Même si la plate-forme a été reconstruite, même si le chemin de ronde n'est plus d'origine médiévale, il y a en ce lieu une présence historique.

  En regardant coté Nord-Est je contrôle l'activité dans le port. Puis à travers les archères cruciformes coté Sud-Ouest, je surveille la circulation au large en espérant que les bateaux Anglois ne tentent point d'envahir le royaume de France.

   En regardant à l'Ouest je vois une autre construction défensive nommée : Tour de la Lanterne. Il me faut la visiter. Je descends quatre à quatre les marches pour dévorer une autre merveille.

 

 

Histoire de la tour :

* En 1382, début de construction de la tour sur les bases d'une ancienne fortification. (Nota : Les médiévistes ne sont pas tous d'accord sur la date de début de construction).

* En 1390, la tour est achevée. Elle est habitée par un capitaine.

* En 1472, après la visite du Roi Louis XI (voir liste), la tour devient la résidence du gouverneur de la ville.

* Dans la première moitié du 16ème siècle, La Rochelle devient la capitale politique et militaire des protestants. La tour de la Chaîne a plusieurs fonctions :

- Elle sert de réserve d’armes et de munitions.

- Elle permet d'entreposer le butin des Huguenots, rapportée par les corsaires.

* Durant la deuxième moitié du 16ème siècle, les "Guerres de Religion" divisent la France.

* En 1627, début du siège de La Rochelle commandé par le Cardinal de Richelieu suite à l'ordre donné par le Roi de France Louis XIII (voir liste).

* En 1629, après la victoire Royale, la destruction des fortifications est ordonnée. Mais devant la menace Anglaise quelques systèmes défensifs sont gardés dont : La Tour de la Chaîne.

* En 1648, début de nouveaux troubles dans le Royaume de France (La Fronde). La Rochelle se retrouve en opposition au jeune Roi de France Louis XIV.

* En 1659, une explosion détruit le toit, les crénelages et l'étage supérieur de la tour. Durant 3 siècle, la construction est à ciel ouvert.

* En 1811, à la base de la Tour de la Chaîne, un bastion est construit.

* En 1879, la tour est classée aux Monuments Historiques.

* Vers 1909, la tour est partiellement reconstruite.

* Vers 1952, une couverture en béton est réalisée.

* Durant la deuxième moitié du 20ème siècle, la tour héberge un "bistrot".

* En 1998, la tour de la Chaîne est enfin aménagée en musée.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite de l'intérieur est payante.

 

Je vois l'infini et même.... plus loin !

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 07:30

 

 La description de l'extérieur du château est ici

 

La description de la salle des gardes est là

 

Le description du donjon est ici

 

 

  Après avoir passé 3 heures dans les 3 premières salles de cette ruine Dauphinoise, je suis presque sur un nuage en pénétrant dans la nouvelle pièce.

  Je vous propose, par cette musique, de comprendre ce que je ressens en abordant ma 4ème heure.

 
   

 

 Sentez vous la bonne odeur de cuisine ?

Département :  38 - ISERE

 

Le château :  

     L'intérieur (suite) :

Quelle est la fonction de cette pièce ?

   Lorsque je visite une ruine, j'adore sortir ma loupe de Sherlock Holmes pour chercher les détails me permettant d'identifier la fonction de la salle.

  Entrant dans cette grande pièce herbeuse, sans réfléchir je pense que c'était le jardin.

     Après cette stupidité je me mets en quête des vrais indices. Le mur de gauche est composé de pierres pauvrement taillées et peu jointives. Ces constatations s'appliquent à une grande partie du château de Montfort, il me faut d'autres détails.

 

Une ouverture fermée

   Presque au centre du mur, je vois une baie bouchée. Ceci n'est point à l'origine une porte (à moins que "mes" ancêtres fussent petits et adorassent sauter pour franchir les seuils   ). Ce n'est point une fenêtre, car voir dans la aula n'est pas logique.

8 - Qu'est ce donc ?

    En m'avançant, je distingue des traces horizontales sur le flan droit. Ces mêmes traces existent en symétrie de l'autre coté.

  "Bon dieu, mais c'est bien sûr !"...pfff, je me prends pour Raymond Souplex dans la célèbre série "Les 5 dernières minutes".

   Ceci est un placard. D'ailleurs il existe le même dans la salle des gardes.

Reconnaissez vous ces formes ?

 

Je reconnais cette pièce

    Le mur à la perpendiculaire de la niche possède une grande cheminée. Je vais être un peu caricatural, mais elle ne se trouve que :

* Dans la salle principale (qui n'est point celle-ci puisque c'est l'autre.... La Palice, sors de mon corps !).

* Dans une grande chambre (mais elles sont très souvent situées à l'étage).

* Dans.....La cuisine.

    Je subodore que les mets étaient réalisés dans cette pièce. Ce qui semblerait logique puisque la aula est contiguë.

Y a-t-il d'autres indices ?

   Vous êtes si perspicaces, hooo mes merveilleuses lectrices et mes fabuleux lecteurs, que vous aviez vu l'imposant four à pain et à gâteau quelque peu cassé. La présence de briques réfractaires confirme vos et mes déductions.

 Voyez vous la curiosité mystérieuse ?

Un mystère mystérieux !

    Après avoir deviné la fonction de cette pièce, je me laisse charmer par le magnifique paysage. Je ne me lasse jamais d'admirer le massif de Belledonne. Lentement, je m'avance vers mes montagnes (et la sortie) quand je suis interloqué par des pierres alignées en descente sur le sol.

  9 - Qu'est ce donc ?

   Je vois un escalier descendant vers.... heu... rien. Cette curieuse déclivité ne se continue pas jusqu'au rempart.

Quelle était la fonction de ces marches ?

 

Une pièce secrète ?

   Dans mon obstination à trouver le mystère des marches "inutiles", je n'avais point vu qu'une autre salle est accolée à la cuisine.

  Lentement, j'avance vers elle.

  Une salle mystérieuse

Une salle ajoutée

      Avec un peu d'attention, mais surtout avec l'aide d'une vue aérienne, il est possible de voir que cette pièce a été ajoutée au château original (au 14ème ?).  Le mur extérieur coté montagne est doublé dans l'épaisseur.

   Avec le petit morceau de mur pointant vers le ciel, je peux affirmer que 2 niveau existait mais :

  Enigme numéro 10 :

Pourquoi avoir ajouté une si petite pièce ?

 

La salle mystérieuse 

  En entrant dans cette petite pièce, je remarque sur la gauche une niche dont la construction est différente de ses consoeurs vues précédemment.

  Au centre, une large ouverture donne sur l'extérieur. Certains voient une porte. Mais avec l'ébrasement (voir vocabulaire) intérieur, je suppose que fenêtre cela est.

  Sur la droite, une fine fente verticale fait penser à une archère. Mais sa forme ne me convint pas.

A quoi servait cette petite pièce ?

    Bien que je ne sois qu'un castellologue-amateur, bien que n'ayant fait aucune étude universitaire en architecture médiévale, j'ose me permettre d'avancer une théorie suite à mes 800 ans (environ) de découverte castrale à travers l'Europe et à ma photothèque composée de 3000 sites.

    Je suppose que cette petite pièce fut la chapelle du château. Cette pièce sans cheminée, mais chauffée par la cuisine, pouvait accueillir le couple seigneurial (ou la Duchesse Béatrix de Faucigny) durant les longues heures de prière.

   J'ose me permettre d'imaginer que l'escalier aurait pu servir à "monter" (se rendre) dans cette chapelle (sans passer par la cuisine). Mais supposition cela est.

 

C'est la fin

   C'est avec tristesse que je dois quitter ce château Dauphinois si passionnant. Pour ne point partir avec une larmounette au coin de l'oeil, je vais me régaler de la vue (massif de Belledonne avec Chamrousse sur la droite). Le panorama est la richesse de nombreuses ruines médiévales.

   Quelle ne fut pas ma surprise, en me retournant, de voir un jardin médiéval en contrebas de la basse-cour.

L'association "Les Raisonneurs de pierre" fourmillent d'idées. C'est normal, ce sont des Dauphinois. .. comme moi.

 

 

Histoire du château :

* Au 10ème siècle, il est probable qu'un château en bois soit construit sur la motte (les Savoyards, ennemis des Dauphinois, sont proches).

* Au 13ème siècle, construction du château fort en pierre.

* Au début du 14ème siècle, la Duchesse (voir titre de noblesse) Béatrix de Faucigny habite quelques temps au château.

* A la fin du 14ème siècle, la famille Montfort fait construire un château plus confortable dans la vallée à quelques kilomètres. Ses propriétaires n'habitent plus le vieux château fort.

* En 1565, le château de Montfort est partiellement en ruine.

* Au 18ème siècle, le château est en ruine sur la carte de Cassini.

* A la fin du 19ème siècle, une famille de paysans habite le lieu.

* Au début du 20ème siècle, un incendie ravage le site. Les ruines sont abandonnées.

* En  1999, une association de sauvegarde est créée. Si vous avez quelques piastres à leur donner ou si vous disposez de quelques heures pour les aider, ces merveilleux "fous" au courage sans limite seront heureux de votre participation.
* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite des entrailles est interdite car cette ruine est une zone de fouille. Mais en venant le samedi, vous pourrez certainement être accompagnés  d'un membre de l'association de sauvegarde, les énigmes de ce château fort vous seront montrées.

 

* Les passionnés de généalogie s'abreuveront à la lecture de cette page.

* Les amoureux d'histoire du château dégusteront ceci.

 

Pour terminer cette visite, je vous propose  un diaporama animé - clic

 

 

La chaîne de Belledonne est magnifique !

 

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 06:30

 

 La description de l'extérieur du château est ici

 

La description de la salle des gardes est là

 

 Je vais enfin entrer dans le château fort !

Département :  38 - ISERE

 

Le château :  

     L'intérieur (suite) :

Comment se repérer dans ce château ?

  Il n'est pas toujours facile de s'orienter dans une ruine, ni de comprendre son architecture. Quelques solutions existent :

 1 - L'une est de disposer d'un plan à l'échelle. Ceci existe pour les châteaux connus ou ayant fait l'objet de longues fouilles avec des archéologues.

 2 - L'autre est de regarder sur les vues satellites données par Google-Map ou par Géoportail. Hélas, de nombreux villages ou sites dans la foret sont ignorés ou restitués avec peu de détails.

 3 - Enfin, posséder une vue aérienne prise par un quadricoptère (un drone amateur) ou un adepte du parapente. C'est le cas pour cette ruine Iséroise.

  Je vais donc vous décortiquer les nombreuses salles de ce magnifique château fort Dauphinois... comme moi.

Vous ai je déjà expliqué que cette ruine est dans ma magnifique province ?

  Analyse de la ruine de Montfort

Initiation à l'architecture de ce château

A - Aula (salle de réception).

C - Cuisine.

D - Donjon.

E - Escalier mystérieux.

F - Four à pain.

T - Tour mystérieuse.

M - Mystérieuse salle.

R1 - Rempart extérieur.

R2 - Rempart disparu récemment.

R3 - Rempart intérieur.

S1 - Salle des gardes (entrée supposée).

S2 - Salle des gardes (véritable salle d'armes ?)

  Un donjon en ruine et pourtant fascinant    

Le donjon

   Il n'est pas surprenant que le donjon, la tour la plus puissante, soit la 1ère construction rencontrée en franchissant le rempart extérieur. Il n'est pas rare de voir la tour maîtresse défendre la partie la plus "vulnérable".

   Je vous sens dubitatif devant cette image. ll est vrai que le temps n'a pas été respectueux pour cette puissante tour rectangulaire dont l'épaisseur du mur est proche du mètre.

    L'intérieur de ce donjon est rempli de terre et de végétation. L'association de sauvegarde n'a pas encore effectué les fouilles de ce magnifique bâtiment. Une consolidation des murs est d'abord à réaliser avant l'enlever les traces de Dame Nature. La mise à jour de bâtiment peu médiatique est un travail long avec peu de moyen financier.

Je suis toujours admiratif devant le courage des bénévoles.

 

Une tour mystérieuse

    Dans un angle du château, une ronde construction m'étonne.

Enigme numéro 7 : Quelle est la fonction de cette tour ?

   Cette tour flanque est trop petite pour contenir un escalier desservant les étages du donjon. Elle ne semble avoir aucune mission de défense du château.

Quel est le secret de cette construction ?

   L'archéologue en charge de cette beauté Dauphinoise suppose que la tour serait un ajout ultérieur servant à consolider le vieux donjon. Ce style d'architecture est très original face aux classiques contreforts (voir exemple).

Les Dauphinois sont vraiment extraordinaires ! 

  Holla, c'est la Aula là !

La aula : Définition

    Dans les séries télé ou les films, il est classique de voir une scène de rencontre entre le châtelain et un "messager", un visiteur, un chef de guerre, un personnage important.

   Dans cette salle, parfois justice ou dilemme de voisinage sont réglés par le seigneur (la série Kaamelott en montre une parodie)

   Souvent, nous avons la représentation d'un grand banquet avec les tables alignées en U, puis au centre jongleurs et ménestrels amusant les nombreux invités.

    Cette salle aux multiples fonctions se nomme : La aula.

  La définition littéraire est : Espace public de la résidence.

 

La aula du château de Montfort

    Les Dauphinois de Montfort sachant merveilleusement recevoir les invités (zut, chauvin encore je suis  ) possèdent aussi dans leur château cette imposante salle. Elle se situe au rez de chaussée d'un bâtiment comportant au moins un étage (les murs étant écroulés, il n'est point aisé d'en connaître l'architecture exacte). Une aura bien empierrée

   L'épaisseur des murs est moins importante que pour le donjon ou les remparts. Ce n'est point la défense qui est la fonction principale de cette beauté.

 

Rapide descriptif de la aula

    Même si la femme de ménage  n'a point ôté l'herbe et les gravillons au sol, il est possible de voir le dallage qui n'est point décoré mais très fonctionnel et solide (inusable ?).

   Je suis surpris par la piètre qualité du parement et de la taille des pierres. Il est vrai qu'au moyen âge, la pierre n'était point à nu, un enduit et des tapisseries recouvraient les murs.

   En voyant les imposants tas de pierres, je suis encore plus admiratif du travail des bénévoles. Retrouver les pierres, les classer, les mettre en tas (et même parfois les déplacer pour faciliter les fouilles) est une mission titanesque pour un résultat si peu visible par les visiteurs. 

 

La suite de la visite

   J'ai une question à vous poser :

Quel type de salle est poche d'une aula ?

 

La réponse est accessible par un clic ici.

 

Derrière ce mur, d'autres surprises m'attendent

 

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23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 06:30

 

 La description de la 1ère partie du château est ici

 

  Combien de soldats y avait il ?

Département :  38 - ISERE

 

Le château :  

     L'extérieur (suite) :

Je vole au dessus du bâtiment

   Avant de pénétrer dans la 1ère salle, je prends un peu de hauteur pour mieux la comprendre. Ce bâtiment (salle des gardes) est composé de :

* Deux pièces presque symétriques séparées par un mur dont il ne reste que la base.

* Deux niveaux. Les pièces du 1er étage comportent de nombreuses fenêtres (incompatible avec un système défensif efficace)

  Mais une question me titille :

6 - Les murs extérieurs sont épais, mais pas assez pour en faire une entrée défensive et encore moins pour un bouclier contre les mangonneaux et autres catapultes.

Ce bâtiment est il d'origine médiévale ?

 

J'habite une région magnifique !

    Avant de vous faire découvrir les beautés et les mystères de ce château fort, je voudrais que vous preniez un peu de temps pour admirer ce paysage :

Les falaises de la Chartreuse.

  Comme je suis fier de vous montrer MES montagnes !Quelle est l'entrée médiévale ?

 

Face à la salle des gardes

   Après ce moment touristique où j'ai mis mon chapeau de paille, je l'ôte pour reprendre mon heaume de Chevalier-castellologue amateur.

   Sur la gauche du bâtiment, une petite construction ose se montrer. Ceci n'est point une verrue médiévale mais un ajout assez récent servant de four à pain.

   En faisant abstraction de cette petite construction, de nombreux détails fascinants fourmillent sur cette façade :

* Les pierres sont pauvrement taillées et peu jointives. Il n'est pas facile de dater cette réalisation qui semble avoir été consolidée plusieurs fois.

* L'arc de la porte a une architecture presque renaissance. Elle contraste avec la façade.

* A gauche de la porte, les vestiges d'un mur. Il est fort probable que ce soit la continuité du rempart extérieur (je vous l'ai montré ici)

* Quelques trous de boulin dont la fonction m'échappe. Ils ne sont pas assez nombreux (et un peu "large") pour servir d'échafaudage. Ils ne sont pas assez alignés pour une passerelle ou un hourdage (voir vocabulaire).

* Au sommet du mur, une magnifique archère droite trône fièrement. Par sa finesse et sa taille, elle prouve que ce château fort date au moins du 12ème siècle. Cette constatation remet en cause mes doutes du début de l'article et répond partiellement à ma question numéro 6.

  Une véritable entrée d'époque Roman  

Analyse du coté droit de la façade

   La partie droite propose une architecture bien différente :

* La porte a une architecture typiquement Romane.

* Les 2 ouvertures de chaque coté sont pour le confort et non la défense.

* Au 1er étage, les fenêtres semblent intemporelles.

* Pourtant un détail sculpté sur le piédroit m'informe que l'ouverture serait médiévale.

 

     L'intérieur :

La salle des gardes (encore et toujours)

  Après avoir longuement observé la façade, j'entre enfin. j'ai l'impression de faire un bond de plusieurs siècles en arrière :

* Je suis d'abord surpris par le dallage au sol.

Serait  il d'origine ?

* Dans l'épaisseur du mur, je vois une niche d'un autre âge. Elle contient du bois, bien utile pour le four à pain (je vous l'avais montré ici). Ce four est utilisé au 21ème siècle durant la fête médiévale en Juillet.

* Au dessus, l'archère droite primitive avec un faible ébrasement (voir vocabulaire) rappelle la fonction défensive de cette salle.

  Cette pièce semble avoir été l'habitat de la famille Robert jusqu'au début du 20ème siècle. Il y a donc eu des aménagements rendant difficile l'analyse fonctionnelle déterminant les parties réellement médiévales. 

Voyez vous une secrète porte ?

 

Enigme ou réponse à une de mes interrogations ?

  Je regarde le mur coté opposé aux portes d'entrée.

* Dans le bâtiment des gardes, il y avait bien 2 pièces séparées par un mur.

* Je ne vois aucune porte permettant l'accès entre ces 2 salles.

* Au fond, au rez de chaussée, je crois voir une fenêtre. Mais avec un peu d'attention, il me semble distinguer les traces d'une porte ogivale obstruée.

Serait ce la porte d'entrée du château fort ?

  Son emplacement est logique. Il correspond aux standards des portes d'entrée à l'époque médiévale.

Aurais je résolu l'énigme numéro 3 ?

  Diantre !... Un héritier d'Icare passe au dessus du château fort

L'autre pièce

    En un saut acrobatique et souple pour franchir le mur de séparation (être un castellologe amateur demande beaucoup d'heures d'entraînement sportif), je me retrouve dans l'autre pièce. L'atmosphère est différente.

  Je ressens la rigueur médiévale et le minimaliste d'une salle de garde. Je me demande si la fonction de la 1ère salle était l'entrée du château, celle-ci était la salle de repos des gardes. Elle devait certainement contenir des armes et armures.

  L'étage possède des fenêtres coté château, puis des archères coté "entrée supposée".

Cette archère d'angle est de toute beauté !

 

La suite sera t elle aussi captivante ? 

   Comme vous l'avez remarqué, je suis fasciné par cette ruine qui pose de nombreuses questions et qui permet à notre imaginaire de rêver.

   Pour vous permettre de comprendre l'architecture globale de cette beauté Dauphinoise (vous souveniez vous que cette merveille était dans ma province ?  ) puis de "saliver" sur le prochain article, je vous offre cette vue prise par un adapte du parapente.

 

La suite de la visite est ici - clic

 

 

Ebloui je suis par cette ruine !

 

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