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Ombre et lumière

1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 03:00

 

Département 09 - ARIEGE

Voyez vous une église fortifiée ?

 

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   Le petit bourg de Les Pujols est situé à 70km au Sud-Est de Toulouse, à 50km Ouest-Sud-Ouest de Carcassonne, à 15km à l'Ouest de Mirepoix et à 10km au Sud-Est de Pamiers.

     Coordonnées du bourg :

43° 5′ 21.12″ N 1° 43′ 9.84″ E
 43.0892°  1.7194°

 

L'église : 
        L'extérieur :
La découverte

   Il est souvent difficile de trouver des ruines médiévales car il est rare qu'elles soient mises en valeur et/ou identifiées par des panneaux. L'avantage d'une église est qu'elle trône souvent au centre du bourg, avec parfois un panneau routier indiquant la direction. C'est donc sans difficulté que je découvre ce bâtiment religieux.

   Mais rapidement, je "déchante". Je ne reconnais pas dans cette architecture les bases d'un système défensif.

Pensez vous que cette construction soit encore fortifiée ?

Les hommes du 21ème siècle ont repeint la vielle église 

L'analyse 

    Lentement je m'avance en cherchant à comprendre ce bâtiment :

1 - L'architecture semble datée de l'époque Romane.

2 - Le chevet plat et l'absence de transept m'informent que le bâtiment n'a pas été fortement modifié après sa construction.

3 - Les fenêtres sont positionnées hautes, ce qui est une bonne solution de défense, mais elles sont trop larges et facilitent l'intrusion.

4 - La sacristie coté chevet doit être un aménagement tardif.

5 - Les contrefort plats sont nombreux.

6 - Je suis surpris par la position "vulnérable" (trop basse) des fenêtres entre chaque contrefort. Cette modification a du être effectuée plusieurs siècles après sa construction.

7 -Les ouvertures carrées ressemblent à des trous de boulin (voir vocabulaire). Mais leur nombre et leur rapprochement ne me semble pas logique. Doute sur leur fonction j'ai.

8 - Au dessus de certains trous, il me semble voir une archère droite primitive. Mais j'ai tant d'imagination que je préfère ne point m'étendre sur ce sujet.

    Ne comprenant pas quel détail a pu être la raison de la qualification "Fortifié", je décide de prendre un peu de recul pour mieux observer l'église.

Et c'est ainsi que je vois....

 

Un clocher fortifié ou un trompe l'oeil ?

Le clocher

   De loin, la construction portant 4 cloches est un compromis entre un clocher-peigne et un clocher-mur. Au sommet, il me semble voir un crénelage, mais cela ressemble plus à un leurre qu'à un véritable système défensif.

    En le contournant, j'ai la sensation que ce mur appartenait à une autre construction fortifiée (une maison forte ou un château accolé ?).

   De face, s'il n'y avait pas les cloches, je pourrais affirmer que j'observe une courtine de château fort. Mais en m'approchant, je constate que les mâchicoulis sont faux. Ce type de "trompe-l'oeil" me fait penser à l'église de Surville dans le Manche.

 

Le secret du système défensif

   A travers l'écran, je sens votre regard interrogateur et même une moue dubitative. Vous pensez : "Le Chevalier Dauphinois se moque de nous, à moins qu'il devienne fou. Point défensive est cette église !"

  J'ai tant de respect pour mes merveilleuses lectrices et mes fabuleux lecteurs que je n'oserai point détourner la vérité ni affabuler. Cette construction aurait eu un simple chemin de ronde en bois similaire à un hourdage (voir vocabulaire). Ce dessin devrait vous le faire comprendre.

 

Le portail

   Curieusement, le portail n'est pas à une extrémité de l'église  (coté clocher par exemple) mais sur le côté sud. Il comporte trois archivoltes en arc brisé. Cette architecture est surprenante en comparaison du reste de l'église.

Est ce un ajout ultérieur ?

    Encadrant l'ensemble il y a des blasons et une inscription. Les archéologues ont réussi à lire : "Renaud IV de Pons, gendre du duc de Lévis (1296-1335)".

 Quel contraste avec l'extérieur !

        L'intérieur :

J'entre

    En entrant, je retrouve mes classiques repères d'une église Romane ayant évoluée lentement avec les siècles.  N'étant pas un grand spécialiste du mobilier religieux, je vous laisse admirer l'autel et l'abside.

 

C'est la fin

   Dans un silence de "cathédrale", je cherche quelques indices pour un castellologue-amateur. Ne voyant aucun système défensif (ce qui est logique puisque ce fut un hourdage qui réalisait cette fonction), sur la pointe de mes chausses je reprends le chemin de la lumière (point divine puisqu'elle est ici) extérieure.

   Coté opposé à l'abside, un détail m'interpelle. Point un vrai détail cela est, mais un escalier. Evidemment, il monte (puisque c'est sa fonction ) vers.... le haut.

   Évidemment, vous êtes si perspicaces que vous avez deviné qu'en l'empruntant, il me mènera vers le clocher.

 

 

Histoire de l'église :

* Au 13ème siècle, construction de l'église.

* En 1330, l'église fortifiée de hourds est achevée.

* En 1551, l'église échoue d'un nouveau patron : Saint Blaise.

* En 1850, des contreforts sont démolis pour construire une sacristie extérieure.

* En 1870, la crypte est murée.

* En 1889, les murs sont repeints cachant "définitivement" les oeuvres médiévales.

* Au milieu du 19ème siècle, des fenêtres sont aménagées entre chaque contrefort.

* Au 20ème siècle, après quelques recherches et études d'historiens, une association de sauvegarde est créée.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Blaise) est libre et gratuite. 

 

Êtes vous convaincus que cette église fut fortifiée ?

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1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 00:12

En cliquant sur l'image, vous pouvez trouver les coordonnées complètes de ce livre sur des sites que je vous propose. 

 

Résumé :

    « Christianisme dissident apparu dès avant l'An Mil, le catharisme s'est nourri, trois siècles durant, des pulsions réformatrices ou simplement contestataires qui agitaient l'Europe occidentale.
   Vingt ans de guerre et un siècle d'Inquisition ont inscrit leur histoire dans des milliers de documents écrits. Mais la terre aussi a gardé les traces tangibles du drame cathare : ce sont les vestiges des châteaux forts dressés contre la Croisade puis contre la persécution.
  Certains d'entre eux figurent parmi les plus formidables forteresses de l'Europe médiévale. Restent aussi les villes et les lumineux paysages du Midi, tour à tour tendres et rudes, où vécurent des hommes et des femmes dont beaucoup, voici plus de sept cents ans, sont morts pour la liberté de croire à la religion de leur choix. De très belles photos de Gérard Sioen illustrent le récit de ce tragique épisode raconté par Michel Roquebert. »
 
 
Mon avis :
Texte fascinant  et  photos parfaites !
 
    Si vous faites collaborer 2 hommes extraordinaires sur un même projet, cela ne peut faire naître qu'une réalisation exceptionnelle !
 
   Gérard Sioen est un photographe peut être pas très connu du grand public, mais ses photos sont incroyablement belles. Je l'ai vu (pas personnellement, son oeuvre bien sur) il y a plus de 10 ans, lorsqu'il exposait aux Baux de Provence. Ses réalisations sur la Camargue et la Provence m'avaient subjugué, au point d'afficher dans ma modeste masure trois photos sur mes murs (ruinés bien sur).
   Dans un article accordé à Pyrénées Magazine, j'avais noté une phrase : "Je commence à photographier quand vous rangez votre appareil". Et il est vrai que ses photos sont parfois irréelles.... Il y a toujours une ambiance dans ses images, l'atmosphère est parfois fantomatique.
 
   Roquebert : Dois je vraiment vous le présenter ?..  C'est LE grand spécialiste de l'histoire des Cathares et de leurs persécuteurs.  Je vous avais décrit un de ses livres sur l'emblématique Simon de Montfort. (Le Catharisme est un sujet tellement riche qu'il faudrait consacrer un blog entier sur les us et coutumes, les forteresses, la croisade des Albigeois, la persécution ....).
   En plus d'être un historien extraordinaire, Roquebert a une plume alerte. Lorsque l'on commence à lire ses proses, on en oublie de manger tant les récits sont vivants.
 
   Un livre qui soit beau à regarder (par la qualité des images) et riche à lire (par l'interêt des mots et du sujet) , il n'y en pas tant que cela. Ne manquez pas cet ouvrage, il est chez vos libraires en ce moment. Dans quelques mois, vous regretterez de ne pas l'avoir acheté...... Peut être vous le prêterais je ?


 Pourquoi ne pas "visiter" maintenant les châteaux de l' ARIEGE , de l' AUDE  ou des  PYRENEES orientales ?
 
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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 07:30

 

Département 09 - ARIEGE

Le matériel secret pour trouver les ruines

 

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   Le petit bourg de Carla Bayle est situé à 33km au Nord-Ouest de Foix (voir son château), à 27km au Nord-Est de Saint Girons et à 12km au Sud-Sud-Est de Montesquieu Volvestre.

   Le château se situe à 4km au Nord-Ouest de Carla Bayle.

       Coordonnées du château :

43° 10' 33" 1° 21' 49"
 43.175911  1.363859

 

Le château : 
        L'extérieur :
Le secret du Chevalier

   Depuis plusieurs années, je vous fais croire que j'ai un sixième sens pour trouver les ruines de châteaux forts ou que mon destrier est très intelligent et prédit les zones visitables.

Je vous ai mentis ! 

  Même s'il est vrai que je dispose de cartes précises, je possède aussi un GPS avec une option spéciale montrant la plupard des lieux-dits et curiosités peu connues.

   Il est donc facile de trouver la ruine du château Gélis. Mais ce que mon appareil extraordinaire ne dit pas c'est :

Quel est son état !

 

L'approche

    Pour découvrir le château de Gélis, il faut emprunter une petite route en direction de ces lieux-dits. Même si la pente n'est pas très importante, il semble évident que le château soit posé au sommet de la petite colline.

   A l'approche d'un virage, il me semble voir une construction envahie par la végétation.

Est ce mon Graal ?

Voyez vous un château fort dans cette jungle ? 

La découverte
   Debout devant la façade, je suis très surpris. L'architecture ne ressemble pas à celle d'une tour médiévale mais plus à une maison "récente" ou renaissance.

    Pensant que je me suis trompé de lieu, je sors ma deuxième arme secrète (qu'un ami m'avait prétée pour ma semaine de vacances en Ariège). Les satellites me prouvent que je suis bien en face du château de Gélis.

 

Rapide analyse

 * La construction est parallélépipédique.

 * Elle comporte un rez de chaussé et un étage identifiable.

 * Je pressens que la tour a été arasée, car je soupçonne la présence d'au moins un autre étage.

 * Des trous de boulin sont visibles. Cette curiosité est rare à la renaissance et pour les constructions actuelles.

 * Sur les murs, les pierres sont pauvrement taillées et peu jointives.

 * Par contre les parements d'angle sont en pierres de taille.

 * Il m'est impossible d'affirmer que les fenêtres ont été posées après ou pendant la construction du mur.

Il faut adorer l'herbe pour être un chercheur de châteaux

 

Y a-t-il d'autres indices ?

   Je fouille dans les hautes herbes sans succès, j'écarte les branches à la recherche d'un vestige d'archère, je mets ma truffe au raz du sol espérant voir une merveille médiévale.

  Tous mes efforts de recherche sont infructueux, je ne vois que fantôme de petit mur sans âme. Je me console en admirant les champs cultivés sur le collines et les tournesols à la tête tombante.

 

 

Histoire du château :

* A la fin du Moyen Âge, il semble qu'une tour soit construite (à vérifier).

* Au 18ème siècle, une gentilhommière est notée sur la carte de Cassini.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La ruine est dans un champs privé. Veuillez respecter ce site.

 

Admirez les petites collines Ariégeoises

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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 07:30

 

Département 02 - AISNE (Thiérache)

  Peu haute mais massive !

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Le village de Wimy est situé à 28km à l'Est-Nord-Est de Guise, à 13km au Nord-Est de Vervins et à 7km à l'Ouest d'Hirson.

      Coordonnées du bourg :

49° 56′ 2.72″ N 3° 59′ 57.43″ E
 49.93409°  3.999286°

 

L'église :

     L'extérieur :

La découverte

   En découvrant l'église dans son tapis de verdure, je pressens qu'elle comporte 2 parties distinctes :

* Une nef et un choeur non fortifiés et "récents".

* Une entrée très fortifiée.

   La différence de matériaux et de constructions entre "le bloc d'entrée" et la partie réservée au culte est flagrante.

  Donjon fortifié et tour d'angle, quelle magnifique église !

L'enquête commence

   Entre la nef et la tour ronde, je distingue une construction un peu plus haute et moins large. Elle ressemble à un donjon. Avec un peu d'attention, il est possible de voir à la base 2 fentes de tir verticales. A l'étage, 2 autres fentes confirment mon idée d'une salle de repli.

  Mais en regardant un peu mieux l'architecture de cette contruction cubique sans fenêtre, je penche pour un bâtiment de repli et de défense

 

Les tours défensives

    Posées sur un lit de pierres, les tours rondes en briques possèdent de nombreuses fentes de tir. Curieusement sur chaque niveau, elles sont asymétriques en quantités et dimensions.

   Dans les niveaux inférieures, les fentes sont assez hautes et  peu rapprochées. Mais au sommet, elles sont petites, alignées et très rapprochées.

Pourquoi cette différence ?

 

Protection de la porte

    Bien que la porte ne possède pas (ou plus) de système défensif rapproché comme une bretèche (voir vocabulaire) sa protection est assurée par les tours aussi bien par des fentes en hauteur que par des ouvertures pour tir rasant.

  Si les défenseurs somnolent à l'intérieur, je pense pouvoir entrer dans cette église.

 

    L'intérieur :

      Quelle chance, la porte s'ouvre et me laisse imaginer les beautés défensives que je vais découvrir. Hélas, l'accès aux tours est impossible, j'erre donc dans la contre-allée. Rapidement, je constate que l'intérieur a été refait et ne me transporte pas 5 siècles en arrière.

 

 

Histoire de l'église :

* Au 16ème siècle, construction de l'église avec ses fortifications.
* En 1989, l'église est inscrite aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Martin) est libre et gratuite. La visite des fortifications est interdite. 

 

L'église a t elle dissuadé une attaque de quelques malandrins ?

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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 07:30

 

Pays :

 ESPAGNE

Région :

 CATALOGNE

 

Le bourg : 

   Situation (--> le voir sur une carte)

      La Pobla de Claramunt est un village situé à 10km au Sud-Est de Igualada et à 50km à l'Ouest de Barcelone.

  Coordonnées du château :

41° 33' 18.893" N 1° 40' 12.374" E
 41.555248°  1.670104°

 

Le château : 

    L'extérieur :

L'arrivée

   A la sortie de Villanova del Cami, sur la voie rapide C244, mon destrier s'arrête. Il a repéré au loin sur la droite un château sur une colline.

   Cette région nommée Anoia a été au 10ème siècle frontière entre les Comtés Catalans et des territoires des Maures.

   L'Anoia comporte de nombreuses ruines comme je les adore, avec des époques de construction étalées sur 4 siècles. Voici le 1er que j'ai visité: Le château fort de Claramunt.

 

Il est là haut ! 

      Le château est en haut d'une colline, uniquement accessible par une route non recouverte d'asphalte. Il est possible de se rapprocher en voiture (attention, le nombre de place dans les champs est limité), mais il vous faudra terminer l'ascension à pieds.

   Vingt minutes plus tard, un rempart avec des tours rondes posé sur le rocher m'informe que je suis arrivé.

  

Je le découvre lentement

   Comme toujours, je découvre le site en le contournant. Si vous n'êtes pas du signe du dahu (comme moi) je vous déconseille l'exercice car la pente est raide. Ceci est normal puisque je visite un château médiéval.

  Mais après quelques minutes dangereuses, je suis récompensé : Le magnifique donjon octogonal se dresse devant moi !

    Je ne rêve pas, Claramunt possède un donjon extérieur très excentré et de plus à 8 cotés, ce qui est rare.

   Enfin, je retrouve le sentier, et je vais tenter d'entrer par ce qui semble être la porte du château.

 

Anecdote

     La porte est fermée bien que je sois dans la plage horaire. Je sonne et j'attends plusieurs minutes car les 2 "accompagnateurs-guides" se mettent au frais dans une salle du château tant le soleil de Catalogne est chaud. De plus (comme me l'expliquera mon guide) les visiteurs sont rares en ce lieu loin des plages de la Costa Daurada (Je fus le seul entre 10H et 13H en ce dimanche), alors, pourquoi se feraient ils rôtir ?
   Je donne quelques piastres, je pénètre dans le "monde médiéval" et la porte est refermée rapidement derrière moi.....
Suis je leur prisonnier ?
   Aucunement. L'un des accompagnateurs est heureux de dialoguer avec moi sur ce monde millénaire qui est notre passion, mais il me fait comprendre que l'ombre dans les bâtiments est plus confortable pour la discussion.

 

   L'intérieur :

Le plan
    Pour comprendre l'aménagement du site castral, je vous propose une rapide lecture du plan simplifié :  

    En vert
: La basse-cour,
    En jaune
:L'église,
    En rose
: Le château,
    En bleu
: Le donjon octogonal.

 

  La basse cour
   La basse-cour (ou plutôt son fantôme) est plus une étendue d'herbe qu'un lieu montrant les vestiges des entrepôts, des écuries, des greniers, du four etc....
   Au fond, les tours rondes du rempart surveillent la jolie vallée.
 
L'église
  L'église de Sainte Marie occupe une place importante dans le château (voir le plan). En la découvrant, je me suis demandé si le château n'avait pas été construit autour pour la protéger. Son architecture romane est très pure.
   Contrairement à de nombreux châteaux, cette construction religieuse n'est pas une chapelle mais une véritable église qui accueillait jusqu'au 18ème siècle, les villageois pour la messe dominicale.
    L'église, qui ne comporte sur le plan que 2 travées, devait en posséder 3 (d'après mon guide). Cette vue confirme ses dires.

 

Les bâtiments castraux
   Le château étant payant, je ne me sens pas le droit de vous le montrer entièrement. Pourtant, je vais vous faire 2 cadeaux :

* Voici une caractéristique unique en Catalogne : Une archère double.
* Et là, l'entrée remaniée du donjon octogonal.

 

C'est la fin

  Il y a d'autres salles à découvrir (avec plafond voûté), ainsi qu'une petite exposition avec d'anciennes photos.
      Avant de partir, j'admire une dernière fois les remparts et le panorama de cette belle vallée.

 

 

  Histoire du château :

* Au 10ème siècle, une fortification est construite sur la colline.
* Au 13ème siècle, modernisation du château et des défenses.
* En 1453, le château est attaqué puis partiellement détruit.
* En 1454, le Comte (voir titre de noblesse) de Cardona fait de nombreuses consolidations.
* En 1714, l'église, certains bâtiments et remparts sont détruits suite à l'attaque des troupes de Philippe V. Le château est abandonné.
* Au 20ème siècle, une campagne de consolidation de la ruine est menée.
* Au 21ème siècle, la découverte extérieure de la ruine est libre et gratuite. La visite de l'intérieur et payante. Le risque de recevoir une pierre est très faible. 

 

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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 07:30

 

Département 18 - CHER

 Se mirer est l'activié principale de cette maison forte

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   Le petit bourg de Chârost est situé à 42km au Nord-Est de Chateauroux, à 27km au Sud de Vierzon et à 22km au Sud-Ouest de Bourges.

     Coordonnées de la maison forte :

46° 59' 31.225" N 2° 7' 7.622" E
  46.992007°  2.118784°

 

La maison forte : 
        L'extérieur :
Préambule

   En ce beau jour de mai, après avoir visité quelques ruines et châteaux du Berry, j'avais envie de calme, de repos, de verdure et d'un moment de répit. Visiter chaque jour des fortifications médiévales est une activité prenante et fatiguante.

   Je savais qu'en ce lieu un bâtiment m'attendait, mais je voulais l'ignorer.

 Hélas, en posant mon séant j'entends une petite voix me dire :

"Chevalier, je suis là.

Je sais que tu es las.

Mais là je suis !"

   Comme vous le constatez, il n'est point facile d'être un castellologue-amateur, les sollicitations sont nombreuses.

 

La découverte

   Avant de lever mes merveilleuses fesses pour rejoindre cette belle, je tente de l'observer de loin. Elle semble posséder une ronde tour accolée à un bâtiment parallélépipédique (le logis ?).

   Je pressens qu'il va me falloir me déplacer jusqu'à elle, car la beauté médiévale me résiste et ne veut point de suite me livrer tous ses secrets.

Diantre, comme les belles adorent être séduites !... N'est ce pas mesdames ?.

  Je l'espionne depuis le trou d'une serrure virtuelle

Je philosophe
    Bien que la construction possède une tour ronde, cela n'en fait pas pour autant un bâtiment fortifié. Tel un chasseur (ou un séducteur... n'est ce point un synonyme ?) je l'observe avant l'attaque (ou la séduction.... n'est ce point un synonyme ?).

 

Premier signe défensif

   Sur la partie gauche du "logis", je distingue des fentes verticales sur 2 niveaux. Celle du bas est une archère modifiée pour arme à feu. Le système défensif a donc été adapté sur plusieurs siècles.

 

Je tente une approche

    Bien que la précipitation ne soit pas la bonne méthode (voir mon explication), je contourne le site en courant. Surpris je suis de découvrir ce mur (curieusement peu épais) empli de fentes verticales. Je pressens la reconstruction suite à un arasement car point de crénelage, ni mâchicoulis (voir vocabulaire), ni autres systèmes défensifs je vois sur cette courtine.

 

Une entrée bien fortifiée

   Le mur appartient au rempart extérieur avec en son centre une incroyable porte fortifiée. J'imagine que :

* La petite tourelle à gauche doit contenir un escalier en colimaçon pour le chemin de ronde du rempart.

* La porte devait être précédée par un pont levis (dont je devine les traces... mais mon imagination est si fertile que doute j'ai).

* Avec la rivière proche, il est raisonnable d'imaginer des douves.

Un bâtiment dans les remparts 

Mais pourquoi ?

  C'est la question que je me suis posée en découvrant ces constructions sur la droite.

Est ce que cette architecture vous interpelle aussi ?

 

Mes questionnements

1 - La présence d'un bâtiment s'appuyant sur des remparts est classique, mais le fait que le toit soit si visible ne l'est point.

2 - Évidemment l'absence de mâchicoulis et de crénelage prouve un arasement au profit du confort.

3 - La position non alignée de la tour m'interpelle. Elle ne pouvait point défendre le rempart coté entrée.

4 - La porte sous le toit était elle accessible depuis le chemin de ronde ?

  De classiques mais efficaces systèmes défensifs sont visibles :

* Archères et fentes de tir verticales sur le rempart.

* Fente horizontale (canonnière) sur la tour.

 

        L'intérieur :
  Hélas, close est la grille, interdite est la visite. Bien que timidement je toque, point de bobinette ni de chevillette pour que porte s'ouvre.

  Alors, je me soulève sur la pointe de mes chausses pour voler quelques secrets de construction.

Que vois je ?

  Je ne commenterai point et je laisse votre imaginaire se révéler.

 

 

Histoire de la maison forte :

  Je n'ai hélas aucune information historique sur cette maison forte.

Mais ayant la chance d'avoir des visiteurs très cultivés et passionnés, une partie de l'histoire m'a été révélée par messire Nicolas dans les commentaires - clic.

 

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite en respectant la propriété privée. La visite de l'intérieur est interdite.

 

Diantre !... Que voila une porte bien fortifiée

 

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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 07:30

 

Département 17 - CHARENTE MARITIME

 

Le bourg :
       Voyez vous une église fortifiée ?Situation :   (--> le voir sur une carte)
   Le petit bourg de Corme Royal est situé à 25km au Sud-Est de Rochefort, à 20km au Nord-Est de Royan et à 12km à l'Ouest de Saintes.

     Coordonnées du bourg :

45° 44′ 48″ N 0° 48′ 40″ W
 45.746667°  -0.811111°

 

L'église : 
        L'extérieur :
La découverte

   Les gravillons crissent sous mes chausses, ce bruit me berce et m'empêche de réfléchir.

Que suis je venu faire en ce lieu ?

  Bêtasse je suis, ma mission est d'immortaliser en photo l'église fortifiée de Corme Royal. Mais rapidement je déchante car point de système défensif je vois sur le chevet plat.

Vais je revenir bredouille ?

Troublante est cette église  

1ère analyse 

    Lorsque j'ai un problème avec une construction, je prends toujours un peu de recul pour mieux la ressentir. Rapidement, je peux tirer quelques conclusions :

 * L'architecture de l'église est peu classique,

 * L'enchevêtrement des bâtiments est complexe,

 * L'église ne possède pas de transept,

 * Une contre-allée semble avoir été construite ultérieurement,

 * Gothique et Roman sont bien dissociés,

 * La rudesse des contreforts à larmier amplifie l'aspect massif.

 * Les fenêtres sont bien trop basses pour faire de cette église un bâtiment de défense.

      Bien que l'architecture de cette église soit très intéressante, elle ne satisfait pas le castellologue-amateur qui sommeille en moi.

Voyez vous les nombreux systèmes de défense ? 

Voici mon Graal !

    Lentement, je progresse vers le clocher quand des centaines de détails me mettent en joie.

  1 -  Une ouverture (porte ?) au dessus de la nef me fait imaginer qu'une salle de repli devait exister au dessus du chevet. Des réaménagements "récents" ont dû araser cette partie.

  2 - La présence d'une salle au dessus de la nef est confirmée par les nombreuses ouvertures de tir.

  3 - Le contraste entre les 2 cotés de la nef est fascinant. La paroi coté Nord comporte des murs épais avec des ouvertures de tir horizontales servant aujourd'hui de reposoir pour les pigeons, alors que coté Sud, c'est un chemin de ronde crénelé qui assurait la défense.

Je n'avais jamais vu une église fortifiée aussi asymétrique !

  4 - Le clocher possède, sur les 4 cotés, des systèmes de tir et de surveillance au dessus des grands abat-sons

Une façade d'une grande beauté
Vais je enfin redevenir un touriste ?

    Émerveillé par les systèmes défensifs de cette église, j'accède avec sérénité devant le portail pensant qu'aucune autre surprise j'aurais. Je m'apprêtais à revêtir mon tee-shirt et mes tongs de touriste pour admirer les multiples sculptures quand mon instinct de Castellologue-amateur est attiré par :

Le voyez vous ?

  Ce n'est pas le crénelage sur la Droite (je vous l'ai déjà montré ici), mais le mur en retrait coté Gauche.

 

D'autres défenses

    Au dessus de la porte de la contre-allée, je vois un système de tir pour arme à feu avec un ébrasement (voir vocabulaire) extérieur important.

  Le mur perpendiculaire (correspondant au narthex ?) comporte, au dessus des modillons, 2 ouvertures carrées dont je ne peux pas expliquer avec certitude la fonction, mais qui appartiennent évidemment au système défensif.

 

Le portail

   Sur les brochures touristiques, l'église Romane de Corme Royal est citée comme l'une des 4 plus belles églises de Saintonge. Cette notification que je ne conteste pas est due à son magnifique portail et à sa façade sculptée sur 2 niveaux.

   Têtes terrifiantes, animaux imaginaires et histoires bibliques sont admirablement sculptés.

   La corniche et les voussures comportent d'illustres personnages et saints.

 Sauriez vous me les citer ?

 

Quelle merveille Quelle merveille Quelle merveille

Pour plus de détails, veuillez lire cette page de spécialiste.

 

  Après tant de beautés, je reprends mon "bâton de pèlerin" et je franchis la porte.

 

        L'intérieur :
   En entrant dans l'église je suis étonné par sa simplicité et sa puissance (créée par la hauteur). La différence d'architecture (visible au plafond) entre l'allée centrale et la contre-allée est fascinante. Rapidement je comprends que la visite des salles défensives est interdite. Après avoir admiré l'autel et l'abside, je ressors pour vivre d'autres aventures Charentaises

 

 

Histoire de l'église :

* Au 12ème siècle, construction de l'église par les Pères Bénédictins dépendant de l'abbaye Notre-Dame de Saintes.

* Au 15ème siècle, fortification de l'église, puis construction du bas-côté Nord et du clocher.

* Au 17ème siècle, l'intérieur est fortement remanié.

* En 1907, l'église est classée aux Monuments Historiques.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Nazaire) est libre et gratuite. La visite des fortifications intérieures est interdite.

 

Un intérieur très sobre et pourtant lumineux

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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 06:30

 

Département 71 - SAÔNE et LOIRE

  Est ce une tour ou un beffroi ?

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      La commune de Bourbon Lancy est située à 80km au Nord-Ouest de Macon, à 40km au Nord-Est de Moulins et à 20km au Nord-Ouest de Digoin.

    Coordonnées de la porte fortifiée :

46° 37′ 13″ N 3° 46′ 27″ E
 46.620278°  3.774167°

 

Les fortifications :

     L'extérieur :

La découverte

     Après avoir déposé mon blanc destrier sur le parking fleuri, j'entends une construction qui me hèle en dansant.

"Mais il devient fou notre Chevalier" pensent mes visiteuses et visiteurs 'Un bâtiment ne peut pas bouger !"

  Il est possible que pour vous, les constructions soient fixes, mais pour un Chevalier Castellologue Amateur (et un peu fou), mes bâtiments médiévaux sont différents.

J'ai une preuve, regardez ici !  

    Bigre !... Voila un bourg bien protégé

Rapide analyse

     En voyant la tour solitaire, j'imagine que les remparts et murs de défense ont disparu avec les années. Seule reste la haute construction parallélépipédique qui doit certainement posséder une horloge (comme souvent).

    Quatre détails attirent mon attention :

1 - Une petite tour ronde est accolée. Avec ses fentes verticales, j'imagine qu'elle doit posséder un escalier en colimaçon.

2 - Les fentes sont uniquement orientées vers l'extérieur. Peut être ont elles servi d'archères !?

3 - Une bouche à feu protégeait le rempart.

4 - Au dessus, des pierres en encorbellement ont peut être supporté des poutres pour un hourdage (voir vocabulaire).

 

Une entrée bien protégée

   Face à la tour-porte, je suis en admiration devant de nombreux détails défensifs :

A  - A la base, une inclinaison pour solidifier la tour et permettre aux objets ronds, jetés depuis le haut, de rouler vers les assaillants.

B - Une arquebusière sous la fenêtre de la salle des gardes.

C -  Des encoches pour les flèches en bois d'un pont levis.

DAutour de la porte, les empreintes pour recevoir le pont-levis.

La face intérieure de la tour porte 

    L'intérieur de la tour:

Je traverse à pas feutrés

   Même si la herse n'existe plus, son souvenir est encore présent par le rainurage. La porte à droite doit mener vers la salle des gardes en empruntant la petit tour-escalier ronde.

   Même un "peu cimentée", l'archère-canonnière garde sa fraicheur médiévale.

 

Vais je pouvoir visiter la tour ?

    Un panneau m'informe qu'il est possible de visiter les entrailles de la construction. Sur le moment, heureux je suis.

   Mais soudain, la tristesse se lit sur mon visage.

 

Petit coup de griffe

    Un office de tourisme est un "local" servant, entre autre, à accueillir le touriste et à lui donner des brochures et des renseignements. Il est amusant de constater que ce service n'est pas rendu le dimanche (et encore moins les jours fériés).

 Un synonyme de touriste est vacancier.

    Si je réfléchi un peu, je m'aperçois que c'est le dimanche que je visite, car en semaine, je travaille.

 Conclusion : Un "service" ouvert quand on travaille mais fermé quand on visite me semble Ubuesque (totalement absurde m'explique le dictionnaire).

Êtes vous en accord avec moi ?

 

L'intérieur du bourg :

     Déçu de ne point visiter la tour, j'erre dans les ruelles "médiévales" de la cité en admirant les maisons à colombage. Je me promène sur la terrasse en regardant les murs couvrant 600 ans d'évolution architecturale.

Diantre, mais il est tard.

  Avant que le Beurdin me tire la langue, il faut que je trouve une taverne pour la nuit.

 

 

Histoire du bourg :

* Au 12ème siècle, construction d'un château fort. La ville se blottit autour.

* En 1389, Philippe II "le Hardi", Duc (voir titre de noblesse) de Bourgogne, inaugure la tour-porte de la belle cité fortifiée.

* Au 16ème siècle, la tour-porte reçoit une horloge.

* En 1982, Gaby Cimetière et Georges Kirsch installe en haut de la tour, coté intérieur, le Beurdin.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur des fortifications du bourg est libre et gratuite. La visite des intérieurs est interdite.

 

Le panorama est le trésor des fortifications médiévales

      Cliquez pour revenir au menu des Châteaux du 71

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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 02:00

En cliquant sur l'image, vous pouvez trouver les coordonnées complètes de ce livre sur des sites que je vous propose.

 

Résumé :

 
    « La guerre de Cent Ans a tracé dans l'histoire franco-anglaise un sillon écarlate, léguant à la postérité une vision apocalyptique du crépuscule de la période médiévale : conflit interminable, querelles sanglantes pour le pouvoir, soldats pillant et dévastant les contrées, longues famines rythmées de terribles épidémies.
   Ce climat permanent d'insécurité oblige les hommes à renouveler leurs conceptions ancestrales de la fortification, pour mieux protéger leurs vies et leurs biens. Ils emploient toutes leurs ressources intellectuelles afin de répondre à l'efficacité croissante des armes de siège, et plus spécialement de l'artillerie à poudre.
   Les murailles, couronnées de mâchicoulis, surmontées de pinacles et de clochetons, s'élèvent et s'épaississent au son du canon. Mais ces temps troublés marquent aussi un tournant important dans le mode de vie des plus grands.
   Les châteaux demeurent certes des espaces protégés du monde extérieur, mais ils doivent également répondre aux exigences de confort de leurs occupants. Place aux chaussures à poulaines et aux joyaux, aux pelisses et aux hennins, à l'abri de palais-forteresses, écrins des frasques d'une cour fastueuse et tumultueuse.

Biographie de l'auteur
   Stéphane William Gondoin, historien et spécialiste des fortifications, est l'auteur de nombreux articles consacrés à la période médiévale, notamment pour le compte des magazines Historia, Histoire Médiévale, Histoire et Images Médiévales.
   On lui doit également plusieurs ouvrages, dont "1066 Guillaume Roi" (Prix André Maurois 2003) et "Les Châteaux Forts, Assiéger et fortifier au Moyen Age". Il est en outre co-fondateur et rédacteur en chef du site Internet www.richesheures.net dédié au patrimoine architectural français
. »
 
 
 
 
 
 
 
Mon avis :
 
Sentant venir l'hiver, il me fallait un livre épais à dévorer de plaisir !
 
 
   Voila un ouvrage comme je les aime...... Evidemment, le sujet est typiquement médiéval (ma période favorite), Sur presque toutes les pages, il y a une petite photo d'un château (c'est mon graal),  mais (et je dirais surtout) le château est mis dans le contexte historique de ces 100 années qui ont marqué la France féodale.
    Avec une prose facile à lire et pourtant si riche de détails, avec des images petites mais bien annotées, avec une verve qui m'a fait pénétrer dans les combats contre les "Anglois" j'avoue avoir dévoré cet ouvrage 2 fois.
   Mais il n'y a pas que le coté guerrier qui est abordé, les pensées des hommes, leur changement de mentalité face à cette guerre sont les prémices de ce qui deviendra la Renaissance et ce goût du beau.
Mais pourquoi tous les livres ne ressemblent pas à celui ci ?

  Il a évidemment quelques défauts, mais si petits que je préfère ne pas les voir. Un livre indispensable qui permettra aux parents et même aux grands parents d'expliquer ces 100 années si riches et cette période de l'histoire que nous aimons tous (n'est ce pas ?).
 
   Avec ce livre, confiez moi vos enfants un mercredi pluvieux, et à leur retour, ils ne seront plus pareils. Vous verrez germer en eux la fibre médiévale qui leur fera créer un blog (concurrent du mien ;)   ).



 
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Published by le chevalier Dauphinois - dans LIVRES sur l'époque médiévale
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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 07:30

 

 

Département 64 - PYRENEES ATLANTIQUES

 

 

 

Le bourg :

Aucune défense visible pour cette église !    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      La commune d'Arthez de Béarn est située à 15km à l'Est de Orthez, à 20km au Nord-Ouest de Pau.

 

   Coordonnées de l'église :

43° 27' 52.841" N0° 37' 0.736" W
 43.464678° -0.616871°

 

 

 

L'église :

     L'extérieur :

La découverte

     Après avoir monté une petite colline précédant le bourg, j'arrive sur la grande place espérant trouver un puissant bâtiment religieux fortifié.

    Puissante, la construction devant moi l'est, mais l'église semble moderne et peut prévue pour combattre un ennemi du Moyen Age.

Me serais je trompé de lieu ?

 

L'enquête commence

    L'église est haute, large, imposante mais il n'y a aucune trace d'archère, ni de salle de repli, ni de chemin de ronde. Ne voyant pas de clocher (ce qui est rare pour une église) je décide (tout en traînant les pieds de désespoir) de contourner la façade.

    Et là, l'espoir revient. Il y a, proche de "l'apic", un clocher ressemblant à une tour de défense.

 

 

Je rêve d'une église fortifiée !Le clocher-tour

    Avec sa forme très rigide, son chaînage d'angle en besace, il semble évident que cette haute construction n'est pas de la même époque que l'église. D'ailleurs la position de ce clocher n'est pas traditionnelle.

     La tour (puisque je suis convaincu que ce n'était pas un clocher à l'origine) possède en partie basse une ouverture trop large pour une défense ou un puits de lumière. Je suppose que l'ouverture a été élargie récemment pour laisser plus de jour dans la salle du rez de chaussée.

    Au dessus, 2 archères droites (dont une est obstruée) me donnent une date de construction : 12ème siècle

Qu'en pensez vous ?

 

 

L'énigme architecturale

     Entre les 2 archères, une rangée de corbeaux m'interpelle :

* Ils ne pouvaient pas soutenir une passerelle sinon, cela condamnait l'archère supérieure.

* Si ces corbeaux soutenaient des hourds (voir vocabulaire), je ne vois pas de porte pour y accéder.

 

 

La réponse est peut être sur l'autre face

     En contournant la haute construction, j'ai partiellement ma réponse. Un porte plein cintre était l'unique entrée médiévale de cette tour. Une passerelle (amovible ?) soutenue par les corbeaux en permettaient l'accès.

Conséquence , que peut-il y avoir de l'autre coté ?  

 

 

La 3ème face

    "Élémentaire mon cher Watson"; A l'opposé d'une porte il devrait y avoir des archères. Et c'est dans l'angoisse de savoir si je suis un génial génie   de déduction bien sur, que je me rends sur l'autre façade.

   Évidemment il y a sur cette face 2 archères droites qui pourraient ressembler à sa consoeur. Mais une autre énigme architecturale apparaît !

Pourquoi celle inférieure a-t-elle été allongée après sa construction ?

     Je vous laisse méditer et je vais tenter d'entrer par la porte basse

 

 

    L'intérieur :

* Comme souvent durant notre siècle, les églises sont fermées.

* Celle-ci ne déroge pas à la règle. je me console en admirant le paysage depuis ce bourg surélevé.

 

 

Histoire de l'église :

* Au 12ème siècle (?), construction d'un château.

* Au milieu du 14ème siècle, Gaston Phoebus fait fortifier la ville. Arthez fait parti du réseau de fortification du Bearn.

* Au milieu de 16ème siècle, les guerres de religion entraînent la destruction de nombreux bâtiments d'Arthez.

* En 1860, destruction de l'église du village, mais pas de la tour de l'ancien château.

* En 1885, construction d'une nouvelle église et utilisation d'une tour du château médiéval comme clocher.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Étienne) est libre et gratuite. La visite du clocher est interdite.

 

La vue est souvent la récompense d'un castellologue

     
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