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Ombre et lumière

30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 06:30

 

Département :  11 - AUDE

 

Le bourgQuelle beauté se cache derrière ces arbres ?

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        Le village de Baraigne se situe à 10km l'Ouest de Castelnaudary et à 6km au Nord-Nord-Est de Salles sur l'Hers.

  Coordonnées du château :

43° 19' 48.608" N 1° 49' 16.468" E
 43.330169°  1.821241°

 

Le château :  

     L'extérieur :

Préambule

    Le département de l'Aude possède de nombreuses et magnifiques ruines très médiatisées. Le web regorge de sites et de blogs montrant ces fortifications sous tous les angles.

    Par mon modeste blog, je souhaite montrer autrement chaque département et surtout faire découvrir (même si cela n'est que partiel) d'autres bâtisses médiévales faisant la richesse de notre beau Royaume.

  Voici un château habité bien différent des classiques lieux médiatiques.

 

La découverte

   A l'Ouest du village, sur une petite colline, un château très reconstruit joue à se cacher dans les arbres.

Est ce le château médiéval que je cherche ?

 

Analyse

    La construction est composée d'une enceinte quadrangulaire avec deux  tours rondes aux angles (les autres ont disparus). Ces tours comportent sur plusieurs niveaux des couleuvrines.

  Sur la façade principale, une bretèche (voir vocabulaire) encore visible protégeait l'entrée.

    La modernisation de la renaissance et une réhabilitation récente ont ouvert de nombreuses fenêtres.

 

     L'intérieur :

         Le château est une propriété privée non visitable.

 

 

Histoire du château :

* Au 15ème siècle, construction d'un habitat fortifié.
* En 1483, Jeau Dubuisson, Capitoul de Toulouse, est cité comme seigneur de Baraigne.
* A la fin du 16ème siècle, Barthélémy de Buisson fait moderniser le vieux château fort.
* En 1948, le site est inscrit aux Monuments Historiques.
* A partir de 1975, des travaux importants de rénovation redonnent vie à la ruine.

* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur du sitee est délicate car c'est une propriété privée qu'il faut respecter. La visite de l'intérieur est impossible.

 

- Je vous invite à lire un site sur les beautés de la ville de Baraigne.

 

Imaginez le sans ses fenêtres !

 

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26 juillet 2013 5 26 /07 /juillet /2013 06:30

 

Département 09 - ARIEGE

  Voyez vous le château fort au loin ?

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   Le petit bourg de Le Coch est situé à 80km au Sud-Sud-Ouest de Toulouse, à 35km à l'Ouest de Foix (voir son château) et à 4km au Sud-Est de Saint Girons.

     Coordonnées du château :

42° 57' 30"  N 1° 10' 57" E
 42.958389  1.182589

 

Le château : 
        L'extérieur :
La découverte

   Après avoir gravi la route étroite menant au petit village de Le Coch, je dépose mon destrier proche du panneau de départ de randonnée et je scrute l'horizon. Point besoin de jumelle pour voir au bout du village, posé sur un éperon, la curieuse masse du château.

  Je m'attendais à visiter une ruine et c'est un solide bâtiment qui me fait face.

Sera-t-il  me charmer autant ?

Anguleux était ce château fort 

Rapide analyse 

     Bien qu'il soit entouré de collines plus élevées, ce château était bien protégé (en général, les châteaux sont posés au sommet d'une colline pour ne point être attaqué de plus haut) car il est éloigné.

   Sa forme tortueuse traduit une construction suivant les contours de l'éperon. La surveillance de la vallée et le contrôle du plateau devait être la mission du château.

 

Le rempart
   Fortement reconstruit, le rempart montre encore des détails intéressants. Il y a les classiques trous de boulin (voir vocabulaire) bien alignés. Puis par endroit , quelques fentes verticales. Elles sont trop petites pour des archères primitives.

Sont ce des fentes de tir pour fusil ?

Je suis surpris par la mauvaise qualité de taille des pierres et les joints trop grossiers. Cela tranche par rapport à la finition du parement d'angle.  Ma lente progression m'amène vers l'intérieur accessible au 21ème siècle sans porte, ni pont-levis.

Aseptisée est la cour intérieure 

        L'intérieur :
  Comme je l'imaginais, les consolidations ont un peu enlevé le romantisme de cette ruine. Dans la cour goudronée, il ne reste aucune trace des fondations millénaires. Quelques trous de boulins  trahissent ses origines.

  Seule trône une petite tour carrée du rempart. La visite de ses entrailles ne me révèle aucune information sur ses origines.

     Qu'importe, je me console en regardant l'une des richesses d'un château fort :

Son panorama sur les collines.

 

 

Histoire du château :

 Je n'ai hélas, aucune information historique sur ce château.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite de l'intérieur est possible en respectant le calme de la maison installée dans la cour.

 

Est ce un mur bouclier ou une tour carrée ?

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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 06:30

 

Département 02 - AISNE (Thiérache)

 

Le bourg :

La masse fortifiée de l'église se détache au petit matin    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Le petit village de Renneval est situé à 55km au Nord de Reims, à 13km au Sud-Est de Vervins et à 7 km au Nord-Nord-Est de Montcornet (voir son église fortifiée).

   Coordonnées du bourg :

49° 44′ 28″ N 4° 2′ 58″ E
 49.741111°  4.049444°

 

L'église :

     L'extérieur :

La découverte

     Après plusieurs jours passés dans le département de l'Aisne à voir des maisons de couleur rouge, des pigeonniers rouges et des églises rouges, je suis à la recherche d'un bâtiment religieux fortifié évidemment en briques... rouges.

Et là, c'est le choc !

  Au centre du village trône un haut bâtiment non pas rouge mais....en pierres grises.

Est ce l'église fortifiée que je cherche ?

 

Première analyse

    En observant rapidement l'église, je comprends que la nef, bien que possédant de puissants contreforts, est classique et n'est point fortifiée. Par contre le bâtiment comportant au sommet le clocher avec ses abat-sons semble plus intéressant. Le plus surprenant, ce n'est point l'entrée actuelle qui soit défendue mais le choeur de l'église.

Incroyable n'est ce pas ?

 Puissance et diversité sont les règles de cette église fortifiée

Deuxième analyse

    La richesse défensive du choeur m'impressionne :

1 -  En partie basse, il y a des ouvertures de tir pour arme à feu avec un ébrasement (voir vocabulaire) large à l'extérieur augmentant l'angle de tir.

2 - En haut du mur, d'autres ouvertures de tir (identiques à celles du bas) prouvent l'existence d'une salle de repli.

3 - Dans l'angle une tour de défense avec de fines fentes verticales (avec une ouverture circulaire au centre pour le canon du fusil) disposées sur la hauteur et la périphérie.

 

Encore plus surprenant !

    Je prend un peu de recul pour admirer l'ensemble et voir si le système défensif est efficace et logique. Quand soudain je vois 2 détails surprenants.

1 -  Je m'attendais évidemment à une autre tour dans l'angle, mais sa forme et surtout ses systèmes de tir sont différents.

  - Pour la partie basse, il ressemble à ceux de sa tour presque jumelle

  - Pour la partie haute, ils sont similaires à ceux de la courtine.

Incroyable n'est il pas ?

2 -  La façade possède un système défensif que je n'imaginais pas à cet endroit.

 

Coup de coeur pour ce choeur !

  J'ai vu et photographié plusieurs centaines d'églises fortifiées, je peux donc affirmer avec certitude que le mur extérieur du chevet est l'un des plus fascinants que j'ai pu observer.

   Il y a :

1 - En partie basse, une puissante fente de tir avec un large ébrasement à l'extérieur.

2 - Une fente de tir identique en haut.

3 - Et une incroyable construction en encorbellement. Si c'est une bretèche, elle ne défend aucune porte en dessous.

Était ce les latrines communiquant avec la salle de repli ?

 

    L'intérieur :

       J'ai hâte de déguster l'intérieur et de comprendre le système défensif. Je me précipite vers la porte coté nef.

Comme souvent durant notre siècle, les églises sont fermées. Celle-ci ne déroge pas à la règle. Qu'importe, cette église est une des plus extraordinaires merveilles du Thiérache.

 

 

Histoire de l'église :

* Au 12ème siècle, construction de l'église.
* Au 16ème siècle, la région étant peu sure, les abbés du Chapitre de Rozoy décident de fortifier l'église.
* En 1927, le choeur de l'église est inscrit aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église est libre et gratuite. La visite des fortifications est interdite.

 

Ce lieu est digne d'un conte de fée

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fortifiées
de France
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19 juillet 2013 5 19 /07 /juillet /2013 06:30

 

Département 61 - ORNE


Mon Graal est par là

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   Le petit bourg de Silly en Gouffern est situé à 55km au Sud-Est de Caen, à 40km au Nord d'Alençon et à 7km Est-Nord-Est  d'Argentan

       Coordonnées du bourg :

48° 45′ 20″ N 0° 4′ 13″ E
 48.755556°  0.070278°

 

  La motte se situe dans la forêt, au Nord de Silly en Gouffern et au Sud de Aubry en Exme.

       Coordonnées de la motte :

48° 46′ 29.15″ N 0° 4′ 10.41″ E
 48.774764  0.06956

 

Le site castral : 
        L'extérieur :
Préambule

   Par ce blog, mon but n'est pas de faire l'inventaire de toutes les mottes féodales de France. Après vous avoir montré la spectaculaire motte de Grésignac en Dordogne, je souhaite vous faire découvrir une motte plus discrète, moins impressionnante.

   Ayant visité de nombreuses mottes, je ne pense pas me tromper en affirmant que par ses dimensions, celle de Sainte Eugénie représente la majorité des buttes aménagées par l'homme vers l'an mil.

Plan théorique de la motte de Sainte Eugénie 

Qu'est ce qu'une motte Féodale

    Une motte féodale (nommée aussi motte castrale) est une butte naturelle ou partiellement aménagée par l'homme portant une fortification très souvent en bois. Avec sa hauteur, elle facilite le guet. Avec ses pentes et ses fossés, elle rend difficile l'accès pour les assaillants.

   Durant la période d'insécurité à la fin de l'empire Romain et après les invasions des "barbares" du Nord, certains seigneurs ont cherché la sécurité dans un habitat fortifié en bois. Ainsi il marquait leur territoire puis leur pouvoir. Ces mottes ont engendré le début de la féodalité.

Plan en coupe de la motte féodale

 

Documentations et plans

    La riche documentation fournie sur les panneaux proche du parking me permet de vous montrer la motte :

* Sur une vue en coupe,

* Puis en vue de dessus.

  Maintenant, vous avez toutes les données pour comprendre ce site millénaire.

Les arbres s'amusent à cacher la motte  

La découverte
    Lentement j'avance vers une clairière. Après quelques secondes, je vois une "bosse" portant des arbres (Est ce la nostalgie de l'ancien château en bois ?  ). Cette bosse est précédée d'un fossé.

 

        L'intérieur :
     En un bond, je suis sur la motte. Depuis le sommet je remarque le fossé, certes aujourd'hui rempli de végétation.

   Heureusement que les archéologues ont réalisé des plans détaillés, car avec toute la verdure, il est difficile d'identifier la basse cour en face du rempart Nord.

  Heureux  de ma découverte, je repars en jetant un regard amoureux sur le fossé.

 

 

Histoire du château sur motte :

* Au 9ème siècle, probable construction d'un château et d'habitat en bois sur la motte.

* Au 12ème siècle, la motte semble abandonnée.

* Au 21ème siècle, la découverte du site est libre et gratuite. Veuillez faire attention aux enfants à cause des fossés et des plantes piquantes. Et surtout veuillez respecter ce lieu de plus de 1000 ans.

 

Quelle vue !

 

Pour les passionnés de motte castrale, j'ai réalisé un article sur un autre site féodal "primitif".

 

 

      Vers Menu châteaux de l'Orne
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Published by Le Chevalier Dauphinois - dans Châteaux en Normandie : 14 27 50 61 76
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18 juillet 2013 4 18 /07 /juillet /2013 23:51

 En cliquant sur l'image, vous pouvez trouver les coordonnées complètes de ce livre sur des sites que je vous propose.

 

Résumé :

 
    « Juillet 1096 : il fait chaud sous les murailles de Nicée. A l'ombre des figuiers, dans les jardins fleuris, circulent d'inquiétantes nouvelles : une troupe formée de chevaliers, de fantassins, mais aussi de femmes et d'enfants, marche sur Constantinople. On raconte qu'ils portent, cousues sur le dos, des bandes de tissu en forme de croix. Ils clament qu'ils viennent exterminer les musulmans jusqu'à Jérusalem, et déferlent par milliers. Ce sont les " Franj ".
    Ils resteront deux siècles en Terre sainte, pillant et massacrant pour la gloire de leur dieu. Cette incursion barbare de l'Occident au cœur du monde musulman marque le début d'une longue période de décadence et d'obscurantisme. Elle est ressentie aujourd'hui encore, en terre d'islam, comme un viol. »
 
 
 
 
 
Mon avis :
 
Comment les chrétiens ont il été vus ?
 
     
     Les croisades des Européens catholiques en terre Musulmane, il y en a eu beaucoup trop. Et nos chevaliers n'étaient pas si "chevaleresque" que cela en terre Islamique.
   Des livres sur les croisades, il y en a eu beaucoup, mais très souvent écrit par des Européens, et parfois même romancés à la gloire de la "belle chevalerie portant la croix dans le dos".
 
 Avons nous vraiment une vision objective sur cet épisode de la chrétienté féodale ?
 
   Ce livre a le mérite de nous montrer un autre point de vue d'un évènement qui a marqué des générations d'hommes et de femmes, a décimé des familles, et a aussi enrichi certains Barons, Comtes etc....
   Cet ouvrage n'est absolument pas polémique, je ne voudrais pas que mon interprétation à chaud vous le laisse croire. Il décrit une "histoire", une autre vision de notre histoire, c'est notre histoire mais de l'autre coté du miroir, et comme Alice, le monde n'est plus le même.
   Ce livre est il dérangeant ?..... Non, il rétablit une vérité..... La vérité n'a t elle pas plusieurs visages ?
      Dans ce livre, l'écriture d'Amin Maalouf est toujours délicieuse, à la fois fluide, précise et élégante. Un livre utile et très agréable.
   Ce petit ouvrage existe aujourd'hui chez "j'ai lu" en livre économique, alors.......... Vous l'achetez ? 
 

Pour les curieux sur ce sujet, ou pour les amoureux des beaux livres, voici un autre ouvrage très illustré sur les croisades.
 

 

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Published by le chevalier du 38 - dans LIVRES sur l'époque médiévale
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12 juillet 2013 5 12 /07 /juillet /2013 06:30

 

Département 09 - ARIEGE

 La lumière me guide vers mon Graal

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   Le petit bourg de Caumont est situé à 80km au Sud-Ouest de Toulouse, à 50km au Nord-Nord-Ouest de Foix (voir son château), à 32km au Sud-Est de Saint Gaudens et à 8km au Nord-Ouest de Saint Girons.

     Coordonnées du château :

43° 1' 55" N 1° 4' 39" E
 43.03218  1.077647

 

       Origine du nom  :   (--> initiation à la toponymie)

  Les Romains avaient nommé ce lieu "Calvus mont" signifiant "Mont chauve".

 

Le château : 
        L'extérieur :
La découverte

     En arrivant dans le bourg, je suis guidé par un panneau pleins de promesse. Mon Graal est à 10 minutes à pied, je piaffe déjà d'impatience.

   Mon seul étonnement est que je ne vois pas de haute colline, ni de puissant donjon au dessus des arbres.

La ruine serait elle timide ?

 

La marche d'approche

    Lentement, j'avance sur un sentier plat, protégé du soleil Ariégeois par de magnifiques feuillus. Quelques mètres plus loin, une légère pente me fait comprendre que le château est bien posé en haut d'une colline nommée : Le Plech.

  Soudain, apparaît comme par magie un vestige de rempart.

N'est ce point émouvant des pierres construites il y a 8 siècles ?

    Plan peu traditionnel pour un château médiéval 

Le plan 

    Pour comprendre cette ruine de 118m de long sur 40m de large, il est important de regarder puis d'assimiler le plan.

    La forme en longueur du château n'est pas classique et semble avoir évoluée avec les siècles.

   L'ajout des 2 "verrues" de chaque coté amplifie la non symétrie.

  Légende :

B - Barbacane Sud-Est,

G - Barbacane Ouest,

K - Logements,

L - Logements,

N - Donjon,

O - Logements,

P - Tour carrée,

Q - Logements,

R - Logements

S - Tour semi-cylindrique,

U - Logements,

V - Logements.

 Nota : Les archéologues ont distingué les logements par des lettres différentes. Pour le moment, je n'en comprends pas la raison.

Est ce par situation géographique ?

Il y a 7 siècles, point d'arbre il y avait 

Pourquoi une architecture si "curieuse" ?

    Avec ses nombreux logements, si vous pensez que cette architecture ressemble plus à une caserne pour soldats qu'à un château fort, vous avez partiellement raison. Pourtant, cette construction est citée par les archéologues dans la liste des châteaux forts.

    Au Moyen Âge, (pour faire simple) il existait 3 sortes de construction pour se protéger :

1 - Le village fortifié.

2 - Le château fort habité que les paysans rejoignaient en cas d'attaque.

3 - L'église fortifiée, lorsque le village n'était pas sous la protection directe d'un seigneur.

  Il existe une quatrième solution : La forteresse de repli.

       Ce type de bâtiment est assez rare (car une construction fortifiée sans seigneur ou son représentant parait impossible). Cette architecture se retrouve aussi à Belvezet dans le Gard et à Chypre.

   C'est donc avec beaucoup d'émotions que je vais dévorer cette magnifique ruine.

 

Barbacane 

   En arrivant coté Sud-Est , je me retrouve face à une forte pente dont le sommet est défendu par une barbacane (voir vocabulaire). Ne souhaitant point attaquer ce château par ce coté, je continue mon exploration par le Sud puis l'Ouest.

 
Tour de défense

    Accrochée au vestige du rempart, une tour semi-cylindrique me regarde. Sa hauteur surprend par rapport à l'ensemble du site. En observant ce "haut" vestige, je constate qu'il est réalisé avec des pierres pauvrement taillées, disparates et peu jointives. Ce site n'appartenait donc pas à un puissant seigneur.

  Le tour ne possède pas de crénelage, ni d'archère, ni de mâchicoulis (voir vocabulaire). mais il est délicat d'en conclure qu'elle était borgne car son arasement est évident..

   Précautionneusement, j'enjambe le rempart et j'entre dans la forteresse.

 

        L'intérieur :

La tour (suite)
   Les entrailles de la tour ne me donnent qu'une seule information : L'épaisseur du mur extérieur était importante. Dans le prolongement, le mur est beaucoup moins épais. Cela correspond à un logement (caserne, munitions ?). Il est curieux de constater que parfois, les murs de deux bâtiments ne se touchent pas.

A quoi servait cet espace ?

* Séparateur de fonction ?

* Sentier entre les logements ?... Mais il faut être très mince pour passer.

* Couloir de séparation en cas d'incendie ?

 

Les logements

   Ces logettes sont impressionnantes en nombre et en implantation :

* Le plan en montre 47 (il est facile de les identifier sur le terrain).

* 40 sont adossées au rempart.

* 7 sont alignées au centre.

* Elles semblent avoir une superficie identique, environ 22 m².

* Le mur de séparation entre chaque logette a une épaisseur de 60 cm.

   Sur la base d'une construction de plein pied, avec le "confort médiéval", les historiens ont calculé que 400 personnes pouvaient trouver protection dans cette forteresse.

Impressionnant, n'est il pas !

 Après cette description technique, je vous invite à admirer les logements.

 

 

Le donjon

   La construction la plus impressionnante est certainement le donjon. Il n'est point carré, ni rond. Avec sa forme elliptique, il possède aux extrémités une structure circulaire et au centre, des murs linéaires.

   Évidemment, il faut un peu d'imagination pour le "voir", mais avec ses 2 mètres d'épaisseur à la base, il semble logique qu'il fut "haut".

 

C'est la fin

   Avant de quitter cette ruine magnifique et mystérieuse, j'embrasse du regard l'étendu de la forteresse. Puis j'admire le panorama magnifique des collines Ariégeoises.

 

 

Histoire du château :

* Au 1ème siècle, (les historiens pensent que) les Romains ont construit un bâtiment.

* Au 12ème siècle, les castellologues supposent qu'un château de repli est aménagé.

* Au 13ème siècle, construction probable des barbacanes.

* A la fin du 14ème siècle, les historiens supposent que le château fut détruit durant la lutte entre les maisons de Foix et d’Armagnac. Gaston Fébus a-t-il participé à cette bataille ?

* Au 20ème siècle, des fouilles sont organisées.

* Au 21ème siècle, la découverte du site est libre et gratuite. La ruine n'est pas complètement sécurisée et les pierres roulent sous les pieds, soyez prudents et attentifs.

 

La vue est le trésor d'un château fort

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5 juillet 2013 5 05 /07 /juillet /2013 06:30

 

Pays :

  ALLEMAGNE

Région :

  PALATINAT

 Il reste encore de la marche à faire dans cette forêt

Le bourg

     Situation (--> le voir sur une carte)

       Le château de Wegelnburg est situé à 1km à l'Ouest du petit village Allemand de Nothweiler, au Nord du fabuleux château de Fleckenstein (en France) et à 18km à l'Ouest de la ville frontière de Wissembourg (en France).

    Coordonnées du château :

49° 3' 39.506" N 7° 47' 11.461" E
 49.060974°  7.786517°

 

Le château :

      L'extérieur :

Le plaisir d'être dans cette région

   Dans ces montagnes boisées, le club Vosgien a réalisé un travail de balisage extraordinaire. La promenade à pieds est clairement indiquée (par exemple depuis le château de Hohenbourg en France). C'est un vrai plaisir d'errer dans ces denses forets sans risque de se perdre.

 

L'approche

    A travers une rangée d'arbres, je découvre la colline portant l'ancien château. Posé à 572m d'altitude, c'est le plus haut château du Palatinat.
   Durant la marche en sous bois, je passe devant la source tarie de Maïdebrunne qui reçoit parfois la visite d'une dame blanche (voir la légende). Bien que très jolie, ce n'est pas elle qui est le but de ma randonnée : Ce sont les vestiges du château.
   Enfin dans un virage, la silhouette trapue de la ruine de Wegelnburg apparaît.

 

La forme générale

   Comme de nombreux châteaux médiévaux de la région, la ruine de Wegelnburg est posée sur un rocher. Sa forme épousant les contours la fait ressembler à un paquebot de 110m de long.

La forme allongée est classique dans cette région

 

La plan

    Pour comprendre la visite, je vous offre un croquis suivant l'inventaire de Pirmasens :

1 - Double porte d'entrée,
2 - Tour d'entrée primitive,
3 - Citerne,
4 - Murs bouclier,
5 - Escalier taillé dans le roc, vers le palais supérieur,
6 - Salle troglodytique centrale,
7 - 2ème salle troglodytique,
8 - Grande salle troglodytique.

Un paquebot de pierre 

1ère analyse

   Ma première surprise est l'entrée :

Elle est dépourvue de fossé.

    Ce premier système défensif est classique en France ou dans d'autres régions d'Europe, mais curieusement, les châteaux forts du Palatinat en sont dépourvus.

 

2ème analyse

    La porte fortifiée à 2 vantaux devait être construite "à mes pieds", ce qui serait logique pour défendre ce château perché, mais une trop grande "reconstruction" m'empêche de le prouver. A droite, ce mur devait être une barbacane (voir vocabulaire) protégeant l'accès (la vue depuis le sommet du château confirme ma supposition).
   Quelques mètres plus loin, une porte "Romane" toute de rose vêtue (repère 2 sur le plan) m'invite à découvrir la ruine de Wegelnburg. 

 

    L'intérieur :

La basse cour

    Je pénètre dans ce que je nommerais "la basse cour". Elle est envahie par l'herbe. Cette cour est peu représentative de sa fonction première car les nombreux bâtiments (à colombages ?) ont disparu.

 Voyez vous les traces du penne ?

Je monte

    De porte en porte, d'escalier en escalier j'arrive quelques mètres plus haut sur une plate-forme au dessus de la barbacane et comportant la citerne .

     Sur quelques brochures et même sur le plan au pied du château, cette construction est nommée "Puits". Mais à une telle altitude, au bord de la falaise, je doute qu'un ruisseau "passe" sous la roche.

 

Je vais entrer dans les salles du château

   Enfin, l'entrée du "château primitif" apparaît. Cet encadrement creusé dans le rocher est magnifique. Certes, il n'y a pas de sculpture ni d'apparat. Mais les encoches et le pourtour sont le travail des hommes pour leur sécurité.

J'entre dans la salle.

  
La 1ère salle troglodytique

Brrr, il fait froid !
   Dans certaines revues, cette salle est nommée : La Cave.
  Il me semble que ce n'est point sa fonction. C'est simplement une des nombreuses salles troglodytiques avec :
* Des murs épais
* Et 2 petites ouvertures pour la lumière et peut être la défense (repère 6 sur le plan).

  Un peu plus loin, d'autres portes accèdent à d'autres salles aménagées dans le rocher. Même les couloirs ressemblent à des pièces creusées.

Dans une ruine, certaine porte donne accès au vide...Helppppppp

 

Pourquoi toutes ces salles ?

    En cas d'attaque du château, cette succession de "sas" et de couloirs rend difficile la progression de l'assaillant. Elle oblige les attaquants à pénétrer l'un après l'autre.

Quelle incroyable ruine !

 

Je cherche... mais quoi ?

   Durant de longues minutes j'inspecte le sol pour découvrir....

Rien.   

    Je cherche sur les murs des traces de l'origine de cette construction. Mais le temps et les aménagements des hommes durant 4 siècles ont fait disparaître mon "rêve". Je pense être à l'intérieur du château "primitif", aménagé au 11ème siècle (?).

   Mais vous connaissez mon imagination fertile dans un tel lieu !
 
Le château supérieur
  Après les salles sombres, je retrouve le soleil, caractéristique principale de "mes" ruines "à ciel ouvert". L'aménagement des "bâtiments" est confus et la consolidation des murs pour sécuriser le site ne facilite pas la compréhension.

Qu'importe, mon plaisir de la découverte est intact !

 

Ne suis pas un fabuleux castellologue ?  

  Ma recherche du détail est récompensée. Au milieu de la terrasse, une forme circulaire prouve la présence d'un moulin à vent. Les archéologues en ont identifié 2 sur l'éperon. Un peu plus loin, des empreintes creusées dans roche sont peut être les traces d'un treuil.

Était il actionné par le moulin ?

   Sur la face Nord, quelques indices de constructions me font penser à un solide bâtiment pentagonal. Peut être un donjon habitable (?).

 

Un petit clic et vous aurez un choc

C'est la fin

   Toute cette concentration m'a donné faim. C'est en dégustant un bretzel que j'admire le paysage. Le moutonnement des collines du Palatinat est magnifique. La vue est splendide sur le Wasgau, les Vosges du Nord et la plaine du Rhin.

 

Une énigme !

  Avant de quitter le magnifique château fort de Wegelnburg, je souhaite vous montrer une curiosité dans la basse cour du château.

Que pensez vous que cette "sculpture" soit ?

 

 

Histoire du château :

* A la fin du 12ème siècle Frédéric Barberousse demande la construction d'un château en ce lieu. (Cette hypothèse est contestée par de nombreux historiens).
* En 1247, un document atteste qu'un château appartenant à l'Empereur est occupé par une famille Wegelnburg.
* Vers 1270, un "chevalier brigand" nommé Albert de Géroldseck se cache dans ce château, terrorise la population et rançonne les voyageurs.
* En 1272, l'armée Strasbourgeoise attaque le château et détruit les remparts avec par des pierrers. Le calme revient dans la région.
* Vers 1273, la famille Fleckenstein occupe illégalement les bâtiments reconstruits. Le domaine n'est plus territoire de l'Empereur.
* Vers 1282, Oton III d'Ochsenstein, Grand Bailli, somme la restitution du château. Devant la puissance du personnage, les Fleckenstein abandonnent le territoire qui redevient terre de l'Empereur.
* Vers 1330, l'Empereur Louis de Bavière donne la gestion des terres à ses neveux. Ces Comtes de Palatin (voir titre de noblesse) nomment des baillis pour administrer les biens.
* A partir de 1410, par des alliances ou des héritages, de nombreux propriétaires se succèdent
* En 1444, le château appartient à Louis de Palatin. Cette famille fonde une lignée qui gardera le château de Wegelnburg durant 350 ans et qui deviendra puissante dans la région : les Duc de Deux Ponts.
* Vers 1479, le château n'a plus un rôle "militaire" important, mais plutôt de résidence du bailli pour administrer la pêches sur les lacs, l'exploitation du minerai, l'utilisation des forges etc....
* Vers 1575, le Duc décède ruiné. Son successeur nomme un nouveau bailli dont la fonction première sera de rentabiliser le domaine. Ce personnage néglige l'entretien du château et même fait abattre quelques murs pour revendre les pierres.
* En 1618, début de la guerre de "30 ans".
* En 1635, une armée Croate à la solde de l'empire ravage le château.
* En 1648 (le 24 octobre), signature du Traité de Westphalie mettant fin à la guerre de "30 ans".
* En 1677, un document cite l'état de délabrement partiel du château.
* En 1680, le roi Louis XIV (voir liste des rois) envoie une troupe commandée par le maréchal Monclar pour occuper la région. Le château est pillé puis détruit à l'explosif.
* En 1793, les révolutionnaires chassent le bailli et récupère le château comme bien national.
* Au 20ème siècle, des travaux de consolidation sont entrepris permettant la visite du site.
* Au 21ème siècle, la découverte de la ruine est libre et gratuite. Le risque de recevoir un pierre est faible, mais prudence il vous faut.

 

Ces montagnes boisées sont véritablement magnifiques. 
 


  Cette ruine fantomatique possède évidemment sa légende avec une princesse qui..... 

 

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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 06:30

 

Département :  11 - AUDE

 

Le bourgComme elle est fière cette tour médiévale

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        Le village de Nouvelles se situe à 50km au Sud-Est de Narbonne, à 30km à l'Ouest du château de Leucate et à 3km au Nord-Est de Tuchan.

  Coordonnées du château :

42° 54' 28.39" N 2° 45' 40.957" E
 42.907886°  2.761377°

 

Le château :  

     L'extérieur :

La découverte

      En partant de Tuchan, sur la petite route vers le nord me menant à l'auberge, une haute construction m'appelle. A peine ai je donné l'ordre à mon destrier de changer de direction que je suis déjà aux pieds de cette beauté.

 

Le rempart extérieur

    La faible épaisseur de l'actuel mur, précédent le site fortifié, est surprenante, j'opte pour une construction récente. Mais ma théorie est démontée par un vestige d'archère primitive.

 

Datation

     Les architectes médiévaux ont intelligemment utilisé le rocher aplani pour construire un petit château de protection et de surveillance des vallées.

    La forme de la tour, la dimension des pierres, l'architecture globale me font penser à un château fort de la fin du 11ème siècle.

   Le style architecturale de la porte d'entrée de la tour, située en hauteur, confirme ma rapide datation.

Avez vous remarqué les corbeaux pour soutenir une passerelle en bois ?

Et aussi la qualité du chaînage d'angle de la tour ?

Et la linéarité des assises ?

La chemise ne protège plus la tour 

La chemise

    Je ne vais pas proser sur la mode   ni sur les "chiffons" (pfff, chevalier rustre et point élégant je suis) mais je souhaite attirer votre attention sur l'enceinte entourant la tour que les architectes nomment :

 * Chemise (voir vocabulaire)

 * Enchemiser une tour --> voir définition.

    Elle est facilement visible dans la dense végétation et particulièrement aux pieds de la tour. En m'approchant, cette chemise se révèle de mieux en mieux et utilise le rocher.

   La différence de construction et de qualité de pierre entre la tour et sa chemise est impressionnante. La chemise a tellement honte qu'elle revêt (non pas un pull ou une cravate  ) mais un habit de feuilles.

Que comporte l'intérieur d'une chemise ?

  Ceux qui me répondent "Des coutures ou une étiquette de marque" ont faux Il n'y a rien.

 

Les défenses

    Sur chaque coté, il n'y a qu'une petite archère droite. Curieusement, la tour n'a pas évolué avec les siècles (arquebusière, bouche à feu, etc... ). Le système défensif du début du 12ème siècle est resté intact. L'absence de confort (fenêtre) rend cette tour inhabitable. Le logis devait se situer au niveau de la plate-forme.

 

Le plan

   Après avoir observé ce site, il est possible de réaliser le plan du château de Nouvelles. Étant un piètre géomètre, j'ai emprunté le dessin réalisé par Quehen René :

* La tour mesure 5,50m par 5m pour une hauteur de 22 mètres (environ).

* Ses murs ont une épaisseur de 1,6m.

* Évidemment, avec de si petites dimensions et des murs si épais, la partie "humaine" est réduite.

* La chemise a une épaisseur de 0,80m.

* La plate-forme du château mesure 15m par 20m.

* Le site fortifié mesure 25m par 35m (environ).

 

     L'intérieur :

         En partie basse par une brèche (très récente), il est possible (en prenant de nombreuses précautions) de découvrir les entrailles de la tour. J'entre dans une salle borgne qui devait être le ratier (voir vocabulaire). Au dessus, la voûte en berceau partiellement effondrée laisse voir la salle du dessus avec son exiguïté et la qualité du parement.

   En me contorsionnant, je vois la salle du 2ème étage dont l'accès se faisait avec une échelle en bois par le trou d'homme.

 

La chapelle 

    Bien que cette chapelle ne me semble pas médiévale, je vous offre quelques images d'un bâtiment religieux oublié et dédié à Saint Martin.

 

 

Histoire du château :

* En 1119, le "castrum de Novellis" appartient à l'abbaye de Lagrasse
* En 1123, le château est inféodé au seigneur Guillaume de Durban par le Vicomte (voir titre de noblesse) de Carcassonne Bernard Aton.
* Vers 1209, début de la terrible croisade des Albigeois.
* En 1215 le "castellum de Novellas" est restitué à l'abbaye de Lagrasse.
* En 1217, Guilhelmo de Novell, seigneur du château, se soumet à l'armée royale commandée par Simon de Montfort.
* En 1260, (curiosité que je ne m'explique pas) Olivier de Termes vend certains de ses droits sur les terres de Nouvelles (mais lesquels ?) à l'abbaye de Lagrasse.
* En 1280, la famille Rubey rend hommage à l'abbaye de Lagrasse pour son château et ses terres.
* Durant le 14ème siècle, l'abbaye de Lagrasse reçoit de nombreux hommages des seigneurs de Nouvelles.
* Au 15ème siècle, Nouvelles appartient à la famille de Mage.
* En 1713, la carte de Roussel mentionne un château défendable.
* Vers 1815, le château existe toujours sur la carte de Cassini.
* En 1834, le Docteur Chavanette de Tuchan achète le château.
* Dans la seconde moitié du 19ème siècle,madame veuve Chavette épouse monsieur Fort.
* Au 20ème siècle,la famille Daurat-Fort possède toujours le site.
* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de la ruine est libre et gratuite. La visite de l'intérieur (rez de chaussée) est possible à vos risques et périls et en respectant la propriété privée. N'oubliez pas que cette ruine est fragile.

 

En mille morceaux sera ce château dans quelques années

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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 06:30

 

Département 17 - CHARENTE MARITIME

 Eugène Delacroix - La bataille de Taillebourg

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)

   La petite ville de Taillebourg est située à 35km au Sud-Est de Rochefort, à 20km au Sud-Ouest de Saint Jean d'Angély et à 12km au Nord de Saintes.

     Coordonnées du château :

45° 50′ 6.26″ N 0° 38′ 49.12″ W
 45.835072°   -0.646977°

 

Le château : 
        L'extérieur :

Pourquoi suis je ici ?

   Il y a quelques années, j'ai visité le château de Versailles. Bien qu'il ne soit pas d'époque médiévale (le saviez vous ?  ), j'ai dévoré chaque salle comme si le château avait 1000 ans (je sais, je suis un incurable médiéviste-castellologue-amateur).

   Dans la galerie des batailles, j'ai été stupéfait par quelques tableaux dont celui d'Eugène Delacroix peint en 1837 et nommé : Bataille de Taillebourg.

Je me devais de me rendre en Saintonge pour voir ce lieu.

Voyez vous une tour survolant les arbres ? 

La découverte

    En arrivant proche de la commune de Taillebourg, j'ai la surprise de voir une construction grise au dessus des hauts arbres. Dans un premier temps, j'opte pour un château d'eau, construction moderne qui "encombre" l'horizon d'un chasseur de ruine. Mais mon d'oeil d'aigle a rapidement compris que cette forme est une magnifique tour avec crénelage.

Est elle d'origine médiévale ?

 

Première analyse

     Le site castral est bâti sur un piton rocheux surplombant la vallée de la Charente, rivière qui a fait la richesse du bourg durant de nombreux siècles.

   Le plateau semble entouré par un rempart borgne. Le temps ayant fait son travail de destruction, je ne peux point voir d'autres indices. Je me hâte vers le sommet.

   En arrivant sur le plateau, je constate que le site du château est isolé par un fossé protégé évidemment par un rempart. Hélas, des travaux de consolidation m'empêchent de descendre.

 

Une tour solitaire, mais encore très fière

        L'intérieur :

Où est le château ?

    En franchissant le fossé par un large pont fixe moderne, j'entre dans un parc.

    Il est vrai qu'il est possible de se cacher derrière un arbre pour éviter un assaillant, mais je ne connaissais pas cette technique de combat dans un château fort. .

 

La découverte de la tour

   Pour trouver le château il faut se rendre sur la droite. Au bout l'allée, sur un pied d'estale.. Oupsss, je suis si ému par cette beauté que mon Français se transforme... sur un piédestal, dans un écrin de verdure dépourvu d'arbre, une tour solitaire attend que je la séduise.

Même  

Rapide analyse

    Du puissant château Comtal, il ne reste que ce fragment de tour.

Que laisse voir cette beauté solitaire ?

 * Une porte basse. Cela n'est point logique de voir une ouverture d'accès si basse, de plus coté extérieur. J'opte pour un sol bien plus bas il y a plusieurs siècles. Les gravas et terre ont comblé au moins 2 mètres.

 * Une tourelle escalier avec puits de lumière menant du sommet à 2 étages en dessous.

 * Des mâchicoulis sur consoles. Curieusement, je ne vois aucune fente de tir sur le pseudo chemin de ronde.

Serait ce une simple tour décorative ?

      Avec la disparition des courtines et du bâtiment accolé, il est possible de voir les différentes portes de circulation sur tous les niveaux. Dans cet amalgame de constructions et réparations, je m'amuse à trouver d'anciennes traces, comme cette ouverture obstruée.

 

Les entrailles

    Je toque à la porte, mais point de garde, ni de belle princesse pour m'ouvrir. Alors, tel un serpent (ou un chat) je passe la tête pour voir la salle du rez-de-chaussée.

    La pièce est aseptisée, sans décor, ni sculpture. Un escalier moderne en bois préfigure des aménagements récents.

 

C'est fini

    Ayant absorbé tous les détails des restes de cette tour, je me mets à rêver à son glorieux passé. Pour mieux comprendre la raison de la construction de ce château en ce lieu, je me dirige vers la falaise

   La rivière Charente étant proche, un poste d'observation de la circulation est logique. Tel un garde en période de paix, je vais me délecter de l'horizon.

 

 

Histoire du château :

* Vers le milieu du  9ème siècle, les Vikings installent un site "fortifié" leur permettant de rayonner en guerroyant aux alentours.

* En 1242, la bataille de Taillebourg (voir description) oppose le Roi de France Louis IX (voir liste) aux barons Poitevins emmenés par Hugues de Lusignan. Tous ces nobles rebelles sont soutenus par le Roi d'Angleterre Henri III.

* En 1267, un site nommé "Terra Talleburgi" est attesté dans un texte.

* A la fin du 14ème siècle, le château est détruit (à vérifier).

* Au 15ème siècle, le château est reconstruit. Taillebourg devient le siège d'un Comté (voir titre de noblesse).

* En 1652, durant la Fronde, le château est détruit.

* En 1754, le château est reconstruit par Frédéric-Guillaume de La Tremouille. Taillebourg devient le plus grand château en Saintonge.

* Vers 1792, le château est pris par les Révolutionnaires puis revendu en parcelles.

* En 1822, les restes des bâtiments sont victimes d'un incendie.

* En 1995, la tour est classée aux Monuments Historiques.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur et du parc est libre et gratuite. La visite de l'intérieur de la tour est interdite.

 

Ne serait ce point l'Amérique au loin ?

      Vers Menu châteaux Charente Maritime
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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 06:30

 

Département 17 - CHARENTE MARITIME

 La surface di site fortifié est impressionante

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   Le bourg de Surgères est situé à 30km Est-Sud-Est de La Rochelle et 24km au Nord-Est de Rochefort.

     Coordonnées du château :

46° 6' 19.994" N
0° 45' 2.084" W
 46.105554°
 -0.750579°

 

Le château : 
        L'extérieur :
Le travail préparatoire

   Plusieurs mois avant de partir en vacances, je détermine le département que je souhaite découvrir puis je me plonge dans ma bibliothèque pour humer les beautés que je vais déguster.

  Revues, livres, dictionnaire des châteaux défilent sur mon bureau pour me permettre de cocher sur la carte IGN les bourgs et lieux dits à visiter. C'est ainsi que j'ai découvert le plan de la forteresse de Surgères.

Au 21ème siècle, le château est il toujours aussi impressionnant ?

  Bien qu'arrasés, les remparts sont impressionnants  

La découverte
    En arrivant devant les remparts de l'ancienne place forte de l'Aunis, je suis bouche bée :

 * Même si la hauteur n'est pas impressionnante,

 * Même si les douves ont été comblées,

 * Même si les tours sont dépourvues de système défensif,

 * Même si crénelage et mâchicoulis (voir vocabulaire) sont absents,

 * Même si des consolidations récentes ont effacé le travail du temps et l'ancienneté des pierres,

--> Les 600m de longueur du rempart extérieur de forme ovoïde m'impressionnent.

De nombreuses surprises attendent le marcheur 

Je longe l'imposant rempart

    Le plan et ma documentation affirme que ce rempart comportait 24 tours défensives. Je me dois de les compter en faisant le tour.

     Mais rapidement, je suis distrait par des fentes verticales regardant pousser l'herbe. .

   Évidemment, avec votre perspicacité, hooo mes merveilleux lectrices et lecteurs, vous avez compris qu'à l'époque médiévale et même renaissance, ces archères étaient précédées par un profond "trou". Ces fentes permettaient la défense des douves mais aussi de la berge en face.

 

Bien qu'étant dehors, je vois l'intérieur

   En continuant ma marche, j'ai la surprise de voir :

* Les archères disparaître dans la terre,

* Le rempart diminuer sa hauteur,

* Et de distinguer une église (dédiée à Saint Pierre) dans la cour.

    Cette construction religieuse très modifiée semble avoir quelques pierres posées au Moyen Âge.

 Faire le tour des tours est épuisant

Des surprises m'attendent

  Tours et murs de rempart s'enchaînent à un rythme endiablé. Soudain, je suis presque en transe tant les beautés et surprises sont nombreuses :

1 - Sur une tour qui parait classique, je distingue une archère droite.

2 -Un peu plus loin, je vois une tour semi-circulaire. Bien qu'elle ne possède pas de canonnière, elle me fait penser à un aménagement du 15ème siècle. Son nom est : Tour des compteurs.

3 - Puis, juste derrière, une construction crénelée nommée : Tour de l'horloge. En la contournant, je constate une face est plate. Je pressens une consolidation après destruction.

4 - Enfin, je trouve la tour-porte.

 Même absents, les fantômes des ponts-levis sont 'présents'

La porte d'entrée

  Cette construction  possède les classiques et efficaces systèmes défensifs du moyen âge :

 A - Une entrée pour carrosse,

 B - Une petite entrée pour les piétons,

 C - Une salle des gardes en partie supérieure,

 D - Certainement une bretèche aujourd'hui disparue,

 E - Un pont-levis pour chaque entrée.

 F - Puis, dans le sas, un assommoir.

    Précautionneusement, j'entre dans la place fort en espérant ne point réveiller les fantômes des gardes. 

 

        L'intérieur :

Que d'indices merveilleux !

   Vous connaissez mon imagination fertile et mon incroyable "don" :  Je peux voir à travers les pierres et même leur parler.

  Ainsi, en voyant le coté intérieur de la tour-porte, 3 détails m'apparaissent.

Les voyez vous ?

1 - La fenêtre sous le toit confirme ma supposition d'une salle de garde.

2 - Sur la droite, l'ouverture murée devait être un accès au chemin de ronde.

3 - Sur la gauche, le ouvertures basses sont les portes des cachots (prison).

  Vais je écrire une ode pour la tour d'Hélène ?  

Vide et pourtant bien rempli !

    L'intérieur est bucolique. Herbe, fleurs, arbres sont les êtres qui m'accueillent. Mais au centre, une tour solitaire me fait signe. C'était l'une des tours de défense du château fort au 12ème siècle. Cette romantique construction est aujourd'hui nommée : Tour Hélène.

Pourquoi ?

   Ce n'est pas la Belle Hélène (du célèbre Offenbach) qui en est l'architecte. C'est un hommage à Hélène de Surgères, femme lettrée, à qui Ronsart (qui la courtisait) a écrit quelques sonnets :

1 - Je plante en ta faveur cet arbre de Cybèle,
2 - Le soir qu'Amour vous fit en la salle descendre
Madrigal,
3 - Maîtresse, embrasse-moi, baise-moi, serre-moi,
4 - Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,
5 - Tant de fois s'appointer, tant de fois se fascher,
6 - Te regardant assise auprès de ta cousine,
7 - Vous me distes, Maitresse, estant à la fenestre.

La petite histoire prétend qu'elle ne lui céda point.

Mesdames, auriez vous été sous le charme ?

 

C'est à vous d'imaginer et de voir

    Mon errance dans ce jardin m'amène vers une construction magnifique. Je vous laisse admirer cette tour et.... je vous propose de me la commenter.

 

C'est la fin

      Pressentant que la place forte ne me révélera plus de secret, je monte un escalier en pierre pour savourer la vue au dessus du rempart.

 

 

Histoire du château :

* A la fin du 10ème siècle, un château en bois existe en ce lieu.

* A la fin du 11ème siècle, la Duchesse (voir titre de noblesse) Aliénor d'Aquitaine donne le site au seigneur Maingot plus connu sous le nom de Guillaume de Surgères.

* Au 13ème siècle, Guillaume II de Surgères fait construire un château fort comportant 8 tours identiques.

* Au 14ème siècle, Jeanne de Surgères, dernière héritière de l'illustre famille, épouse Jean Larchevêque, seigneur de Parthenay.

* Quelques temps plus tard, après la mort de Jean, Jeanne épouse Aymard de Clermont, seigneur d'Hauterive.

* Au 15ème siècle, Antoinette de Clermont, Dame de Surgères, possède les terres et château. Malgré ses 4 mariages, elle n'a point d'héritier. A sa mort, le domaine échoit à son neveu Jean Aubin.

* Au début du 16ème siècle, par héritage, le château appartient à Aymond de Fonsèque. Cette famille garde la seigneurie jusqu'au 17ème siècle,

* Au 16ème siècle, un rempart de 600m de long est construit. Vingt tours en assurent la défense.

* Au début du 17ème siècle, Hélène de Fonsèque épouse Issac de la Rochefoucault, Baron de Montendre et de Montguoyon. Elle apporte château et terres en dot.

* Au milieu du 17ème siècle, François, deuxième fils de Hélène, devient propriétaire du château.

* En 1704, Charles François de La Rochefoucauld donne à son fils François, la Vicomté de Surgères.

* En ce 18ème siècle, la femme du Vicomte, Angelique Lee (fille d'un banquier Irlandais) fait réaliser de nombreux changements à l'architecture du château.

* En 1735, destruction de 2 tours puis consolidation du rempart.

* En 1744, construction de nombreuses dépendances.

* En 1746, aménagement d'une cuisine, d'un garde-manger, d'un lavoir.

* En 1792, les révolutionnaires confisquent le château appartenant à Polycarpe de La Rochefoucauld.

* En l'an III (1795), Philippe Auguste Levallois, ancien serviteur de la famile, achète le château.

* En 1832, le château appartient à Pierre François Charles Durand, Baron de Couppé.

* En 1834, le Baron cède à la municipalité : L'église, les douves et la promenade.

* En 1857, Marie Anne François Boutet de La Touche, veuve du Baron, vend l'ensemble des biens à la municipalité.

* En cette deuxième partie du 19ème siècle, la municipalité aménage une mairie, un palais de justice et un jardin à l'intérieur des remparts.

* En cette fin de 19ème siècle, des aménagements sont réalisés et quelques bâtiments sont détruits.

* Au 20ème siècle, le château est transformé en bibliothèque municipale.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite de l'intérieur (jardin) est possible. Par contre, l'intérieur des bâtiments n'est pas ouvert au public.

 

Le château ne surveille plus l'horizon mais le parking

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