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Ombre et lumière

9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 06:30

 

La 1ère partie expliquant ma rencontre avec cette incroyable église fortifiée  est ici.

Veuillez lire cet article avant de découvrir celui-ci.

 

 

Contreforts plats et à larmiers soutiennent le clocher-tour

 

Le clocher-tour (autres faces)

    La haute construction n'est pas symétrique. La façade Nord possède des ouvertures du chemin de ronde, par contre, l'autre ne comporte qu'une seule ouverture (il est curieux de laisser une paroi sans défense).

   En contournant le clocher-tour, je suis en admiration devant la façade comportant l'entrée.

Que de merveilles !

 

  Je vois :

* A nouveau l'asymétrie des contreforts (redents et larmier à l'angle, plat contre la tour).

* Puis 2 grandes archères droites non identiques en embrasure.

* Puis un vestige de bretèche qui reposait sur des consoles.

* Et enfin une ouverture du chemin de ronde de la tour.

   Pensant avoir tout vu, je relache mon attention, mais mon instinct me montre une autre incroyable surprise. Sous le toit de la nef, il y a un alignement des ouvertures carrées.

Les chemins de rondes se rejoignent !

 

 La nef

    Pour mieux comprendre ce que je crois voir comme un unique chemin de ronde entre tour et nef, je prends un peu de recul.

    Le chemin de ronde de l'abside communique avec celui de la nef et s'aligne avec celui de la tour.

N'y a t il que ces ouvertures carrées pour défendre cette incroyable église ?

 

 Multiplicité du système défensif

    A peine ai je terminé ma question qu'une archère me fait des signes (J'avais oublié que je parle couramment la langue des pierres  ).

    Je prends un peu de recul pour mieux l'observer. Je suis en admiration devant des dizaines d'archères, toutes différentes.


Archère cruciforme à croix pattée Archère cruciforme Archère cruciforme avec arquebusière Archère cruciforme à croix pattée

 

Les sculptures

     Mon blog étant consacré aux châteaux forts et fortifications médiévales, il n'y a que des articles et des photos d'architectures défensives. Mais une église, ce n'est évidemment pas que des archères et bretèches, il y aussi des sculptures très souvent regroupées autour du chevet.

     La construction religieuse de Lesgor possède de nombreux et magnifiques modillons.

 

Tête simiesque Tête chapeautée souriante Grimace ou sourire figé ? Tête de chien ou de lion ?

 

 

    L'intérieur :

       L'envie d'entrer dans cette église est grande pour dévorer toutes ses défenses. Hélas, comme trop souvent au 21ème siècle, la porte est fermée.

 


Histoire de l'église :

* Au 12ème siècle, construction d'une église.
* Au 14ème siècle, durant la guerre de Cent ans, les Anglais font fortifier l'église.
* En 1453, l'Aquitaine redevient territoire du Royaume de France (voir liste des rois).
* Dans le 2ème moitié du  15ème siècle, à la fin de la guerre de Cent ans, des fenêtres de style gothique sont ouvertes pour faire entrer la lumière.
* A partir de 1561, les guerres de religion font rage.
* En 1569, le bourg de Lesgor est attaqué puis brûlé par les protestants de Montgomery.
* Au 17ème siècle, d'imposant contreforts sont construits pour soutenir le chevet.
* Au 19ème siècle, aménagement de l'autel et pose de cloches.
* Au 20ème siècle, des rénovations sont réalisées à l'intérieur de l'église (plafond en bois par exemple).
* En 1970, l'église est inscrite aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Pierre) est libre et gratuite depuis la place du village. La visite du clocher et des fortifications est interdite.

 

Isolée pour mieux se défendre

 

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8 septembre 2013 7 08 /09 /septembre /2013 06:30

 

Département :   40 - LANDES

Le bourg :

Les défenses sont partout !   Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Le bourg de Saint Geours de Maremne est situé à 12km à l'Ouest-Sud-Ouest de Dax.

   Coordonnées du bourg :

43° 41′ 17.16″ N 1° 13′ 41″ W
 43.6881°  -1.228056°

 

L'église :

    L'extérieur  :

La découverte

    Il est impossible de ne pas voir cette église tant elle est magnifiquement mise en valeur sur une place dégagée. Avec ses dimensions, sa masse, sa puissance, elle marque son territoire.

  Sans réfléchir, je vois déjà les nombreuses défenses.

 

L'enquête commence

    La haute nef (avec ses collatéraux) parait "récente" face aux deux constructions opposées qui l'enlacent.  Bien que consolidée par 10 contreforts à larmier, elle ne comporte aucun signe de défense.

 

L'abside

    Avec ses petites fenêtres et ses 6 contreforts étroits à larmier, cette abside semi-circulaire est typique de l'architecture Romane.Les blocs de pierres en petits appareils sont correctement agencés. les différences de couleurs sont dues à du grès carbonaté ou sableux.

   Évidemment, ma fascination pour cette église est causée par les ouvertures régulières sous le toit, correspondant à un chemin de ronde. La différence des tailles de pierres me font penser que le rehaussement a été réalisé quelques années (siècles ?)  après la construction de l'église.

 

Le clocher

   Avec sa base parallélépipédique de grande dimension et sa hauteur digne d'un donjon féodal, le clocher est un centre d'observation et de défense incroyable. Il possède de nombreuses archères-canonnières avec des dimensions différentes.

   Sur sa face Sud, une fine tour escalier polygonale comporte plusieurs ouvertures de lumière.

  A qui est dédié cette église ?

    L'intérieur  :

Les indices défensifs

        En entrant dans le porche, je comprends que l'escalier ainsi que les fortifications hautes ne sont pas visitable. Je vais donc rechercher d'autres indices. Il n'est point besoin d'être un détective pour voir des fentes de défense et des archères-canonnières avec un important ébrasement (voir vocabulaire).

 

Question

    La nef est vaste et très moderne.

Mais à qui est dédié cette église ?

Avez vous une petite idée ? 

* Je vais vous donner un indice :

Au dessus de l'autel il y a une représentation de...

* Et un autre indice :

Qui est le personnage sur ce vitrail ?

    ==> La réponse est inscrite ci-dessous.

 


Histoire de l'église :

* Au 12ème siècle, construction d'une église.
* Au 14ème siècle, amélioration des fortifications.
* Au 19ème siècle, modernisation de l'église.
* En 1969, l'église est inscrite aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Georges) est libre et gratuite depuis la place du village. La visite du clocher et des fortifications est interdite.

 

Magnifique chemin de ronde au dessus des contreforts

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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 06:30

 

Département 17 - CHARENTE MARITIME

  Est ce un vrai château fort ou une construction de plaisir ?

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   Le petit bourg de Jonzac est situé à 50km au Sud-Ouest d'Angoulème, à 35km au Sud-Est de Saintes et à 20km à l'Ouest de Saint Hilaire.

     Coordonnées du château :

45° 26′ 44″ N 0° 25′ 52″ W
45.445556°  -0.431111°

 

Le château : 
        L'extérieur :
La découverte

     Depuis la  Seugne, petite rivière en contre-bas du bourg, la vue sur le château fort de Jonzac est impressionnante. Trois parties se distinguent :

* Au premier plan, les rustres parois dont la base est taillée dans le roc donnent l'ambiance,

* Les trop nombreuses fenêtres sont le témoignage d'un château modifié bien après l'époque médiévale pour le rendre plus confortable. Les logis sont couronnés d'un parapet à merlon décoratifs.

* Les tours prouvent la fonction défensive et non d'apparat de cette fortification durant plusieurs siècles.

Quel contraste !

Les tours sont les trésors de ce château

 

Les tours

   Les tours sont les symboles du système défensif d'un château fort. Actuellement, 4 sont visibles dont 2 appartiennent au châtelet d'entrée.

  Bien qu'elles aient été construites à des siècles différents, elles comportent les même systèmes défensifs.

 

Les systèmes défensifs des tours

    De bas en haut, de gauche à droite (et inversement), voici la liste des défenses :

A -  Sur la hauteur, en décalées pour couvrir le périmètre, des archères cruciforme.

B - Sur le chemin de ronde des tours, des archères droites avec des ouvertures rondes pour canonnières.

C - Un mâchicoulis en dés (construction classique en Bretagne au 15ème siècle) parachève la défense de proximité.

 

Fossé

     Lentement, je m'avance vers la courtine coté Sud pour découvrir les vestiges "reconstitués" du fossé herbeux. A la base des tours, certains aménagements esthétiques ou touristiques m'amusent.

   Pour franchir un fossé, il faut un pont. Il devrait être mobile pour parfaire le système défensif.

Vérifions si ma théorie est vraie !

 

Un château qui m'en fait voir de toutes les couleurs

Le châtelet

    Le châtelet d'entrée est composé d'un haut bâtiment parallélépipèdique encadré par 2 imposantes tours rondes.

  Les deux tours et le bâtiment central sont couverts d'ardoises et sont reliés par un chemin de ronde porté par des mâchicoulis (voir vocabulaire) en dès. Archères et arquebusières  peaufinent le système défensif.

 

Le pont-levis

   Avec la création des automobiles, de nombreux pont-levis ont été rendus fixes par sécurité. Mais avec un peu d'imagination, il est possible de le voir s'élancer dans les airs grâce aux flèches en bois venant s'encastrer dans leurs fentes respectives.

  Les trois fentes signifient qu'il y avait un pont piéton à droite et un pont pour carrosse à gauche. L'ensemble était protégé par une petite construction en encorbellement nommée : Bretèche.

 

        L'intérieur :

J'entre

   Lentement, je progresse vers l'intérieur en cherchant les traces "invisibles" des rails pour la herse (voir vocabulaire). Je me console en admirant au plafond le classique mais efficace trou nommé : Assommoir.

   Je me retourne pour admirer une dernière fois ce tunnel d'entrée qui me surprend :

* Faire une allée si droite c'est favoriser le travail du bélier. Une entrée en S est plus défendable (voir exemple ici).

* Normalement, l'entrée est contrôlée par un garde accédant à une petite salle latérale.

* Cette même salle accède souvent aux défenses basses des tours-portes.

 

La cour intérieure

En entrant c'est le choc !

   Les façades sont uniformément couronnées de faux rang de balustre sur console. Des gargouilles trop stylisées sortent des murs et du balcon, des plaques sculptées de signes zodiacaux sont apposées sur les parois. Les folies créatrices d'un pseudo-moyen-âge rêvé au 19ème siècle ont été appliquées dans la cour intérieure.

      Une rue a même été aménagée traversant la cour d'Ouest en Est.

  Je sors rapidement de cette mascarade causée en 1885 par le déclassement du château "grâce" au ministre des Beaux Arts. Je me console en admirant les puissantes tours extérieures

 

 

Histoire du château :

* En 1059, un château existe en ce lieu. Il relève de l'Abbaye de Saint Germain des Prés.

* Au 11ème siècle, Guillaume de la Rochandry est seigneur de Jonzac.

* En 1335, à la mort de Bertrand de la Rochandry, le château appartient à sa nièce, Pernelle de Mosnac.

* Au milieu du 14ème siècle, Marguerite de Sainte Maure, fille de Pernelle, devient propriétaire du château.

* Au 14ème siècle, Arnaud de Sainte Maure (avec son père Pierre ?) se rebelle(nt) contre les Anglo-Gascon. En représailles, son château est détruit.

* A partir de 1420, le château est reconstruit.

* En 1450, les armées du Roi (voir titre de noblesse) de France (voir liste) s'empare du château "Anglais"

* En 1453, le château est à nouveau assiégé.

* Au 16ème siècle, l'imposant châtelet d'entrée ainsi que la grosse tour au Nord-Ouest sont aménagés.

* En 1584, Jean de Sainte Maure décède sans héritier. Le château échoue à sa soeur Isabeau Le Vasseur.

* Peu de temps après, le château est donné à Geoffroy de Sainte Maure, cousin d'Isabeau.

* Au début du 17ème siècle, le château appartient à Léon de Sainte Maure.

* Au 17ème siècle, la fine tour au Sud-Ouest est construite.

* En ce 17ème siècle, le château est possession de Alexis de Sainte Maure, fils de Léon

* En 1659, le château reçoit trois visiteurs de marque : Le Roi de France Louis XIV (voir liste), la Reine mère et le Cardinal Mazarin.

* En 1791, par héritage, le château appartient à François Jacques Tanneguy Le Veneur.

* En 1792, contrairement aux habitudes des Révolutionnaires, le château n'est pas réquisitionné ni vendu comme bien national. La soeur de François Jacques semble être la propriétaire du château.

* Vers 1852, les fossés sont comblés.

* En 1885, le château est déclassé des Monuments Historiques.

* A la fin du 19ème siècle, le bâtiment de l'aile Nord est "restauré". Il accueille l'hôtel de ville.

* A début du 20ème siècle, le château abrite la Sous-Préfecture.

* En 1942, le château est classé aux Monuments Historiques.

* A la fin du 20ème siècle, le cloître est restauré puis transformé en centre culturel.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite de la cour est possible. L'entrée à l'intérieur des bâtiments de défense est interdite.

 

Pour les passionnés d'histoire, je vous propose la lecture de ce site très détaillé.

 

 

Nota : Je voudrais remercier les ravissantes princesses de l'office de tourisme pour leur patience face à un Chevalier harceleur de questions puis pour leur compétence à me faire aimer leur château et les ruelles "médiévales" de la ville.

 

Depuis la plaine, on ne voit que lui

   
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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 06:30

 

Département 24 - DORDOGNE

 

Le bourg :

Je ne vois aucun système défensif sur cette église    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Le bourg de Saint Aster est situé à 90km au Nord-Est de Bordeaux, à 35km au Nord de Begerac et à 18km au Sud-Ouest de Périgueux.

   Coordonnées de l'église :

45° 8′ 45.352″ N 0° 31′ 48.248″ E
 45.145931°  0.530069°

 

L'église :

     L'extérieur :

La découverte

     En ce jour de marché dans cette bonne ville de Saint Astier, je dois me frayer un passage entre les chariottes des Astériens. Au loin, la massive forme blanche me propose de venir la découvrir. Elle est certes impressionnante mais en ne voyant aucun système défensif j'ai un doute.

Suis je devant une église fortifiée ?

 

L'enquête commence

    Sans réfléchir, je me précipite vers ce qui pourrait être LE meilleur moyen de guet et de défense. Vous avez compris que je suis aux pieds du haut clocher. Les contreforts sont imposants, les abat-sons sont nombreux et haut, mais je ne vois aucune fente de tir, ni archère et point de bretèche (voir vocabulaire ).

 Vouyez vous les systèmes défensifs ?  Avec mon oeil d'aigle   je crois discerner au sommet une sorte de terrasse couverte. Je prends un peu de recul pour comprendre l'architecture et je vois....

Le voyez vous aussi ?

 

Les défenses sont là 

   Sous le toit proche du clocher et aussi au dessus du chevet, de nombreuses ouvertures carrées ressemblent à un crénelage. La présence d'un chemin de ronde est évidente.

  Ce style de défense est efficient lorsque l'ennemi est à longue ou moyenne distance. Mais son efficacité est très réduite si l'assaillant est collé au mur pour un travail de sape.

Comment améliorer la défense rapprochée ?

 

La défense rapprochée

     En regardant la liaison entre le clocher et la nef avec les collatéraux, je vois l'amélioration du système défensif. Pour repousser les assaillants en bas du mur, il n'existe que 2 systèmes efficaces :

  * Les hourds (voir vocabulaire ) : Système ancestral et économique mais fragile,

  * Les mâchicoulis : Technique, coûteux mais solide.

Magnifiques mâchicoulis sous le chemin de ronde 

Une défense peu efficace

  Les mâchicoulis sont présents sur toute la longueur de la nef. Pourtant j'ai quelques doutes sur l'efficacité globale.

Comprenez vous mon questionnement ?

    Entre les contreforts, les assaillants ne sont pas en sécurité. Mais si l'attaquant s'approche près du contrefort, il est partiellement protégé à cause de la paroi montant jusqu'au chemin de ronde, créant ainsi des angles morts.

Est ce une erreur des architectes ?

 

    L'intérieur :

Une ambiance "stérile"

    En entrant, je ne ressens rien. Évidemment, je comprends de suite que la salle de replis avec son chemin de ronde n'est pas ouverte à la visite. Mais la monotonie des murs blancs est bien loin des parois colorés du Moyen Âge.

 

Un peu de couleur

  Les étroits vitraux ne permettent pas de conter une histoire biblique, ni de montrer quelques Saints, mais il procurent une lumière colorée animant les dalles.

  Plus loin, enfin la couleur jaillit. Elle se voit aussi bien sur les murs que sur le plafond voûté d'ogives. Même les culs de lampe sont peints comme une oeuvre d'art.

 

 

Histoire de l'église :

* Au début du 1er millénaire, une petite église est construite en hommage à un ermite-guérisseur nommé Altérus.
* En 849, les Normands dévastent la région. L'église ne résiste pas aux massacres.
* Au 11ème siècle, les moines Bénédictins font construire une église en pierre.
* En 1178, le site devient une collégiale.
* A partir de la fin du 12ème siècle, la ville est fortifiée.
* En 1219, Saint-Astier est l’une des 34 villes fortifiées du Périgord.
* En 1440, durant la reconquête du territoire (rappel : C'est la Guerre de Cent Ans et la région n'est point territoire du Royaume de France), le Roi de France (voir liste) Charles VII  fait subir à Saint Astier de terribles assauts.
* En 1441, la collégiale est partiellement détruite par les troupes Royales Françaises.
* En 1442, la population ne supporte plus les ravages de sa ville et les destructions de leur église. L'évêque Elie de Bouteilles fait reconstruire l'église et la dote de fortifications.
* Au 18ème siècle (à vérifier), les bâtiments de la collégiale sont détruits. Seule perdure l'église.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église est libre et gratuite. La visite du clocher et des salles de repli est interdite.

 

Quelle magnifique église fortifiée !

 

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 06:30
    Au moyen âge, il n'y avait pas que des châteaux forts pour assurer la protection, le royaume de France possédait aussi des églises fortifiées, des cimetières fortifiés, et des maisons fortes. Le temps a fait disparaître ces "maisons" ou les a transformées.
  Voici un exemple minimal et très joli.
 


Département 33 - GIRONDE

Le bourg :
   Situation :   (le voir sur une carte)
    Le village de Blésignac est situé à 25km au Sud-Est de Bordeaux et à 18km au Sud-Ouest de Saint Emilion.

       Coordonnées du bourg :

44° 46′ 34″ N 0° 15′ 25″ W
 44.776111°  -0.256944°


La maison forte:
      L'extérieur :
Où est elle ?
    C'est grâce au dictionnaire des châteaux forts que je galope vers le village de Grésignac. Un peu à l'extérieur, mon destrier s'arrête pour me montrer ceci.  Surpris je suis car cette construction ne semble ni en ruine (ma passion), ni fortifiée (mon but de balade).
   Tout en respectant la belle pelouse et surtout les limites de la propriété, je cherche un indice.
.... Et quand on cherche.... on trouve.

La description
   La forme générale ne ressemble pas à une forteresse imprenable.Il me semble voir un bâtiment avancé, ancêtre d'une tour. Et surtout, dans l'angle une magnifique échauguette.

       L'intérieur :
    La propriété est privée et je ne me sens pas le droit de déranger le "châtelain" durant sa sieste.


Histoire de la maison forte:

* En 1278, une petite fortification est construite en ce lieu par Ebulon de Puyguilhem.
* Au 15ème siècle, la construction est modifiée (?). 
* Au 16ème siècle, nouvel aménagement de la maison forte.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur depuis la route est libre et gratuite. La propriété est privée et non visitable.

 

 

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31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 06:30

 

Département :    66 - PYRENEES ORIENTALES  

 

Le bourg :

  Situation  (--> le voir sur une carte)

      La petite ville de Salses le Château se situe à 12km au Nord de Perpignan, en bordure d'un immense étang jouxtant la mer méditerranée, encadrée par l'autoroute A9 et la Nationale 9.
  Avec le mot "Château" dans le qualificatif de cette ville, vous avez compris que votre Chevalier Dauphinois ne pouvait que s'y rendre.

   Coordonnées du château primitif :

42° 50' 28.781" N 2° 55' 9.134" E
 42.841328  2.919204

 

Le château :

     Ce lieu est connu pour sa puissante et magnifique forteresse (voir cet article), mais curieusement ma carte m'indique une ruine à une centaine de mètres au Nord. Téméraire, je pars à l'assaut de ce château oublié des guides touristiques.
   Depuis le bord du rempart de la forteresse, une petite colline attire mon attention.

 

    L'extérieur :

La découverte

     Mon instinct de "chasseur de ruines" ne m'a pas trahi, je suis bien en présence des fondations de l'ancien château de Salses.

Comment ?

Que lis je dans votre regard ?
Avez vous un  doute ? !
 
Je suis très sérieux

    Je ne me moque pas, cet amas de caillou est bien une ruine très ancienne, parfois nommée :
        * Salses Ancien,
        * Château Primitif,
        * Fortin Antique.
   Regardons ensemble de plus près.

 

Rapide analyse
     En parcourant l'extérieur de cette ruine, je m'aperçois qu'elle comporte 4 courtines en angle droit de 25m de longueur. Une forme carrée que je qualifierais de classique. Certes, les murs n'ont que 30cm de haut mais c'est suffisant pour comprendre l'architecture de ce si vieux château. A chaque angle, une forme "circulaire" est visible.....

Regardez bien !

 

Ne doutez point !

     Je ressens encore votre suspission. Croyez moi, des tours d'angle protégeaient ce château. Je vous le prouve. Leur forme fait croire qu'elles étaient circulaires, mais j'en doute. Une fortification aussi "primitive" devait comporter des tours carrée.  L'ensemble de ce château, courtines et tours en saillis, devaient avoir une longueur totale de 38m.

 

A quoi servait cette construction ?
     Se trouvant sur un axe de circulation important, ce fortin devait servir à la surveillance des routes et à la signalisation d'attaque par la mer et aussi à la collecte des droits de passage. Peut être était ce aussi une sorte de grenier fortifié stockant les nourritures pour les paiements en nature, pratique courante à l'époque Romaine et au début du Moyen Age (nommé aussi Haut Moyen Âge).
     Il est temps de franchir "la porte" et de découvrir l'intérieur. 

 

    L'intérieur :

J'entre

  Evidemment, ce n'est pas Versailles ! 

     Point de lustre au plafond (totalement absent), ni de peinture sur les murs (comme je vous en ai montré tant en Suisse). Pourtant, quelques détails sont révélateur.
  Deux débuts de murs apparaissent définissant la structure interne. Une zone "habitable" (avec un sol creusé dans le rocher) et une cour donc le sol est en terre.
    Au centre, un trou circulaire creusé dans le roc me fait penser à une citerne.

 

La conclusion
  Avec tous ces indices, il est possible de réaliser le plan. Vous constatez que je n'affabulais pas, nous avons découvert ensemble l'une des plus vieilles forteresses du 66.
   Alors, si un jour vous visitez la puissante forteresse de Salses, "ma" ruine étant si proche, faites un petit crochet vers ce vestige oublié, il se fera beau pour vous.

 

 

  Histoire du château :

* Vers le 4ème siècle, un fortin est présent (c'est ce que supposent certains historiens).
* En 943, un lieu nommé Salsulae appartenant à l'abbaye de Lagrasse est cité dans un texte.
* Vers 1074, une famille nommée Salses (?) et un château sont cités.
* Vers 1172, Alphonse II d'Aragon achète les terres et fonde un village.
* A partir de 1173, le village s'entoure de rempart. (Pour moi, il devient impossible de distinguer dans les textes le château fort, du village fortifié).
* En 1462, le Comte de Foix attaque avec succès les fortifications.
* En 1493, le lieu appartient de nouveau à l'Aragon.
* En 1496, le village est pillé et le château est détruit par le Maréchal de Saint André.
* Au 21ème siècle, la découverte de la ruine est libre et gratuite.

 

  

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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 06:30

 

Département :  68 - HAUT RHIN

  Les pieds dans le fossé, la muraille semble haute et imprenable.

Le bourg : 

   Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Le château du Morimont se situe dans le Jura Alsacien sur un promontoire à 532 m d'altitude entre les villages d'Oberlarg et de Levoncourt. 
Moersberg est un château frontière avec la Suisse. Je vais vous faire visiter la fortification la plus au Sud de l'Alsace.

     Coordonnées du château :

47° 26' 43.526" N 7° 12' 54.241" E
 47.445424°  7.215067°

 

Le château :

     L'extérieur :

La découverte

    Comme souvent, je découvre le château au dernier moment (le nez dessus), car de hauts arbres empêchent d'admirer de loin ses contours.

Le château est massif !

   C'est un mélange d'architecture de plusieurs époques.

 Les rondes tours protègent chaque courtine

Deux curiosités !

    Cette belle ruine a une caractéristique : C'est le seul château d'Alsace en calcaire.
   Une autre caractéristique géographique a du lui enlever son rôle stratégique. Cette beauté fortifiée est entourée de collines, ce qui le rend assez vulnérable lors de l'invention de puissantes armes de jet.
    En marchant dans le fossé, je fais le tour pour découvrir ce que les assaillants devaient ressentir.

 

Le rempart

 * Le rempart a une forme trapézoïdale asymétrique.

 * Les courtines sont hautes et puissantes.

 * Des tours semi-circulaires renforcent l'impression d'invulnérabilité.

 * Les tours sont au nombre de 7 de formes et tailles différentes. Presque toutes comportent des bouches à feu avec une ouverture impressionnante, certainement de la fin du 15ème siècle.

  Ces "bouches" sont prévues pour un tir horizontal, c'est le plus dévastateur à cette époque.

  - La tour d'angle au Nord-Est est nommée : "Tour de 1515" (cela vous rappelle t il quelque chose ?).
  - La tour d'angle du Sud-Ouest est nommée : "Tour Schlossturm" (curieux diminutif puisque cela signifie "tour du château" !).

 

Je vais entrer

    L'entrée, située du coté Sud-Est, est protégée par une sorte de barbacane (voir vocabulaire) avec une tour munie de bouches à feu à tir rasant.

Fou il fallait être pour pénétrer sans autorisation.

Même en ruine, les bâtiments donnent l'impression que le château est encore vivant ! 

    L'intérieur :

La découverte

     En traversant le sombre porche d'entrée, je crois discerner des marques pour vantaux, doubles vantaux et herses. L'accès à l'intérieur était très protégé. Au bout de ce "tunnel", je suis accueilli avec le soleil, sous un arc tenant par "magie" (et surtout grâce au ciment du 21ème siècle).

    Sur la gauche, je vois les entrailles des tours. Avec leur épaisseur impressionnante, les nombreux étages, j'imagine que cette construction a été dédiée à la défense.

   Au fond, je discerne les murs du 15ème siècle correspondant aux dépendances et au logis coté Nord. Ils donnent une indication de la richesse des anciens propriétaires de ce château.

Je pénètre dans la vaste cour verdoyante. 

 

L'analyse

   En regardant l'ensemble avec attention, il est facile de voir 2 époques de construction (voir le plan).

- 1ère époque :  Dans la partie Sud du château, l'époque médiévale avec un donjon (Sud-Est) construit sur le rocher, puis une chapelle et le logis en prolongement vers le Sud-Ouest.

   Au centre une tour-escalier trône fièrement devant les vestiges du logis médiéval. Elle est d'époque renaissance, mais utilise certainement une tour primitive du 14ème

- 2ème époque :  Toute la partie Nord est du 15ème au 17ème siècle. De puissantes tours, des dépendances très grandes et lumineuses. Et une tour centrale avec un puits dont la littérature m'informe d'une profondeur de 115 mètres.

Quel château !

Fenêtre, puits de lumière ou arquebusière ? 

Quelle richesse !

     Je me sens en sécurité dans ce château aux murs épais de 5 mètres (et même 6 mètres pour la plus massive), hauts et protégés par des bouches à feu "modernes".
     La plupart des ruines que je visite (avec vous) ont des murs intérieurs inexistants (il ne reste que les fondations). Enfin, je vois des parois d'habitation, je me mets en quête de décors, cul de lampe et autres beautés sculptées. Hélas, après 15 minutes de recherche, je constate l'absence d'ornement de luxe :

* D'abord parce que le château a été détruit très souvent,

* Et peut être que la révolution Française n'a pas épargné les belles pierres.

 

C'est déjà la fin

       Il faut déjà quitter cette ruine unique, mais avant, je vais vous montrer une des nombreuses curiosités du Moesberg : Son grand souterrain voûté unique en Alsace (52 m sur 8 m de large et 4 m de haut).

  Il n'est pas très sombre et aboutit dans les fossés par une sorte de poterne (voir vocabulaire). Il a été en parti taillé dans le rocher, sa voûte en berceau est magnifique.

 

 

Histoire du château :

* Au 12ème siècle, un château est sûrement construit, mais aucun texte l'affirme. Par contre, une famille Morimont originaire de Porrentruy, s'installe en ce lieu.
* En 1228, l'évêque de Strasbourg fait détruire le château.
* En 1324, la dernière héritière du Comté de Ferrette (puissante famille Alsacienne) épouse l'Archiduc Albert II de Habsbourg. Cet évènement a une conséquence : La famille Morimont se met au service de la Maison d'Autriche.
* En 1356, le tremblement de terre qui a dévasté Bâle a aussi détruit partiellement courtines et bâtiments du château.
* En 1440, la famille Morimont commence son ascension dans la noblesse et la puissance.
* En 1444, Pierre de Morimont fait appel aux Armagnac pour lutter contre les Suisse. Hélas, le choix fut mauvais car...
* En 1445, les confédérés Suisses attaquent et détruisent partiellement le château.
* En 1448, nouvelle attaque des Suisses et nouvelle destruction du château.
* Vers 1475, avec l'amélioration des armes à feu, Gaspard de Morimont transforme le château. Il l'adapte à l'artillerie naissante. Ces travaux dureront 30 ans. Cette forteresse devient un verrou important dans l'axe de défense demandé par les Habsbourg.
* Durant le 16ème siècle, la forteresse ne fut plus inquiétée. D'abord, qui oserait se frotter à une telle débauche de canons, et ensuite, parce que les Suisses préféraient les actions de harcèlements rapides plutôt qu'un long siège ou une attaque de position.
* Au début du 17ème siècle, Jérôme de Morimont devenu protestant, est très endetté. Il vend la seigneurie et le château aux Comtes d'Ortenbourg-Salamanque.
* En 1632, durant la "guerre de 30 ans" (voir ce livre) les Suédois envahissent et occupent le château.
* En 1637, les troupes Françaises attaquent, pillent, détruisent et incendie le château.
* En 1648 (le 24 octobre), signature du Traité de Westphalie mettant fin à la guerre de "30 ans". Le château est donné par le Roi de France Louis XIV (voir liste des rois) aux nobles de Vignancourt.
* En 1792, les révolutionnaires le déclarent Bien National. Il est acheté par Joseph Bruat, juge au tribunal civil de Altkirch.
* En 1808 (?), il est racheté par Aaron Meyer de Genève. Le château devient le lieu de mémoire du Jura et de la province du Sundgau.
* En 1826, sous l'ombrage des hêtres au milieu des ruines, 4 Jurassiens Suisse (Xavier Stockar, Louis Quiquerez, Auguste Quiquerez et Olivier Seurez) ont juré de délivrer le Jura de l'oligarchie Bernoise au risque de leur vie. 4 ans plus tard, le serment fut tenu.
* En 1841, la ruine est classée aux Monuments Historiques.
* En 1870, la famille Meyer revend les ruines à la famille Vieillard. Des travaux importants de consolidation sont entrepris.
* En 1971, dans la cour du château est fondée la Société d'Histoire Sundgauvienne.
* Au début du 21ème siècle, le château est fermé pour travaux et la visite est interdite. La découverte de l'extérieur est possible. Le risque de recevoir une pierre est faible dans la partie autorisée.

 

La vaste cour a un romantisme, avec ses dentelles de pierres ruinées.

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24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 06:30

 

Département :  11 - AUDE
   

Comme souvent, il va me falloir grimper pour visiter cette ruine !

Le bourg :

   Situation :   (--> le voir sur la carte)

      Le petit village est situé à 45km au Sud-Ouest de Narbonne, à 28km au Sud-est de Carcassonne, à 25km à l'Est de Limoux et à 3 km au Nord du château de Termes.

   Coordonnées du bourg :

43° 1′ 1.99″ N 2° 32′ 55″ E
 43.01722°  2.54861°

 

Le château :
     L'extérieur :

La découverte

    Le château est posé sur une masse rocheuse entourée sur 3 cotés par une boucle de la rivière Orbieu. Cet endroit est vraiment idéal pour la construction d'un château médiéval.

   Malgré la densité des arbres, les ruines se détachent de la verdure. Un petit chemin privé sur la gauche du pic permet un accès aisé.

 

1ère analyse

  Cet habitat fortifié est vraiment imposant. De hauts murs épais, des bâtiments carrés, des tourelles d'angle, des échauguettes, une tour maîtresse constituent un ensemble solide qui peut de loin s'apparenter à une forteresse médiévale.

   Lorsque l'on s'approche du château, il semble évident que les fondations datent du moyen age, car de nombreux murs s'appuient sur la roche.

    Deux enceintes entourent les bâtiments d'habitation. Curieux, les faces Nord et Est ne comportent ni d'archère, ni de bouche à feu.

  Le chemin qui mène au château serpente, il est bordé de murets qui ont été certainement ajouté au siècle dernier.

 

     L'intérieur : 

L'entréeCette tour évidée semble perdue dans la forêt du 21ème siècle.

    Après la période d'excitation qui m'anime à chaque fois que je vois une ruine castrale, je prends un peu de temps pour découvrir et décortiquer la réalité du site.

 

   Une fois passée la première enceinte au Sud trône fièrement une tour semi-circulaire.

   L'entrée principale (dans la deuxième enceinte) est un joli couloir voûté en chicane. Autre curiosité, les murs du portail ne comportent pas d'encoche pour recevoir une barre.

 

La basse-cour  
   Je pénètre dans une grande basse-cour fortifiée. Elle est à l'Est du château et abrite les ruines d'une chapelle castrale orientée Est-Ouest. En face, sur le mur Ouest, 3 ouvertures dans le mur dont une pour arme à feu, mais obstruée.
La visite continue
   Pour découvrir les autres salles, il faut zigzaguer en direction du Nord entre les arbres et faire parfois des exercices d'équilibriste, car le sol est jonché de pierres du château.
   Sur le mur Nord Ouest au bout de la 2ème enceinte (du coté de l'attaque) , apparaissent 5  ouvertures pour mousquet.
   Les bâtiments s'enchaînent, salle voûtée (citerne ?), murs avec fenêtres à chapiteau se laissent admirer dans une végétation verte qui tranche avec le gris des pierres. Mais rien ne traduit une architecture médiévale. Je suis en réalité dans des bâtiments reconstruits au 17ème siècle.
 

 

Histoire du château :

* En 1093, le château est cité dans une transaction entre l'Abbaye de Lagrasse et Bertrand, fils du seigneur de Durfort.
* En 1124, Guillaume et Raymond, seigneurs de Durfort, rendent hommage au Vicomte Bernard Aton de Carcassonne.
*- En 1163, le seigneur de Terme rend hommage au Vicomte Raymond de Trencavel, pour le château de Durfort.
* En 1209, début de la croisade des Albigeois. Le seigneur de Durfort se range du coté des cathares par son alliance avec Olivier de Termes (voir le château). Il va donc subir une attaque des Barons du Nord.
* En 1215, le château devient la propriété d'Alain de Roucy, lieutenant de Simon de Montfort.
* En 1241, Olivier de Termes fait sa soumission auprès de Louis IX (voir la liste des rois). Il récupère une partie de ses terres et châteaux dont Durfort. Il semble qu'il le donne aux anciens seigneurs de Durfort.
* En 1243, Hugues de Durfort prête serment de fidélité au roi.
* En 1244, le seigneur de Durfort se retrouve à coté des croisés dans le siège de Montségur.
* En 1256, Gaucelin de Durfort se ligue avec d'autres seigneurs contre l'autorité du roi de France. Cet acte lui vaut la suppression de ses droits sur son domaine.
* Quelques mois plus tard, après un hommage au Roi, Gaucelin retrouve ses terres et son château.
* En 1659, le traité des Pyrénées scelle une paix entre l'Espagne et la France. Dans cette période de calme, le château est remanié pour donner plus de confort.
* Au 18ème siècle, le château semble abandonné. Étant loin d'un village important, la ruine est peu pillée pour ses pierres.
* Au 21ème siècle, le château est dans une propriété privée, la visite est libre (avec "autorisation") et gratuite. Le château n'étant pas consolidé, le risque de chute de pierres est important.

 

Les salles voûtées sont nombreuses, et mystérieuses !

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22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 06:30

 

Département :  67 - BAS RHIN

 

Le bourg : L'architecture de ce château est unique, avec ces 2 donjons opposés.

      Situation :   (--> le voir sur une carte)

        Andlau est un village au Sud de Barr et à 15 km au Nord de Sélestat. Les ruines du château nommé Haut-Andlau sont à 450 mètres d'altitude à l'Ouest du village.

    Coordonnées du château :

48° 24' 5.861" N 7° 24' 44.726" E
 48.401628°  7.412424°

 

      Origine du nom :

         En 880, la femme de l'empereur d'Occident Richard II le Gros est accusée injustement d'adultère. Elle se réfugie dans un petit hameau "sans nom" et fonde une abbaye qu'elle nomme Eléon. Ce nom est d'origine gréco-latine, et signifierait "mont des Oliviers".

   C'est l'hypothèse de nombreux linguistes faisant référence au sanctuaire construit par sainte Hélène sur le Mont des Oliviers, à Jérusalem.  Ce sanctuaire se nomme : Eleona.

   Avec la prononciation Alsacienne et le temps, le nom Eléon est devenu Andlau.

 

Le château : 

      L'extérieur :

L'approche

     Comme souvent en Alsace, la découverte d'une ruine castrale se fait après une ballade à pied dans une dense forêt. Sur le sentier, profitant d'une trouée dans les arbres, j'admire la curieuse ruine.

   Un château avec 2 donjons opposés est unique en France. Cette forme caractéristique me rappelle une gravure à la BNU de Strasbourg faite par Silbermann. J'ai hâte de découvrir cette ruine.

Je presse le pas.

Un plan de château fort peu classique

Première analyse 

   Le château est entouré par un rempart avec 2 tours d'angle à l'Est du coté de l'attaque. Ce mur de protection a perdu un peu de sa hauteur et de son agressivité mais quelques archères sont encore visibles. Les restes d'un bâtiment que l'on pourrait nommer "le corps de garde" comporte une cheminée.
    Pour pénétrer dans la basse cour, il faut franchir une porte munie d'archères. Elle devait sûrement être précédée d'un pont levis aujourd'hui disparu. Les aménagements du 16ème siècle ont laissé quelques arquebusières et bouches à feu dans le mur.

 

Les courtines sont passionnantes

   Comme à mon habitude, je fais le tour de l'enceinte pour comprendre l'architecture de la ruine. Curieusement, je découvre que les immenses donjons sont borgnes.

Les seigneurs comptaient ils sur leurs mâchicoulis (voir vocabulaire) pour se défendre ?

   En longeant les murs du logis, je suis en admiration devant ce bâtiment en granit avec de hautes archères en partie basse et de nombreuses fenêtres romanes pour les 2 étages supérieurs.

   Après quelques minutes d'observation, je peux enfin vous montrer le plan de cette belle ruine. Il me faut maintenant trouver la porte du logis. 

 

Que de luminosité pour un château médiéval !    L'intérieur :

J'entre au paradis des castellologues

Quel choc !

    La lumière est omniprésente. Il est vrai que le manque de toit favorise l'entrée du soleil. Mais l'éclairage est aussi facilité par les très nombreuses fenêtres sur les murs

 

Les donjons

    Avant de rêver sur les fenêtres du logis, je m'attarde sur les donjons. Ils semblent massifs et devaient avoir une triple fonction :
  1 -  Tour d'observation. De là haut, la vue sur la vallée d'Andlau et de la Kirneck doit être unique. (Hélas, il n'y a plus d'escalier pour confirmer mes dires).
  2 - Protection ultime en cas d'attaque. Les corbeaux, devant supporter une bretèche, montrent le caractère défensif.
  3 - Symbole de la puissance du seigneur. Depuis la route nationale dans la vallée, bien qu'aujourd'hui caché par la forêt (qui ne devait pas exister au moyen âge) ces 2 puissantes tours sont visibles. Le symbole est fort.

 

Le logis

   Le logis est un bâtiment parallélépipédique irrégulier comportant des salles basses munies d'archères et de cheminées.

   Les salles supérieures devaient être l'habitat du seigneur. Que de beautés :

* Grandes cheminées,

* Fenêtres gothiques en arc brisé,

* Fenêtres à coussiège dont certaines avec encadrement en grès,

* Ouvertures trilobées ou quadrilobées.

Tout est fait pour le confort et la beauté. Voila un logis qui devrait être agréable à vivre.

 

C'est fini
     Hélas, la période révolutionnaire a enlevé les culs de lampe qui devaient être sculptés, les manteaux et jambages décorés des cheminées, ainsi que les boiseries. Mais avec un peu d'imagination, il est possible de "voir" le luxe de ce château et de reconstituer les murs intérieurs. 

    Déjà, le soleil se cache derrière les Vosges, il me faut revenir dans la vallée.

Adieu château luxueux.

 

 

Histoire du château :

* En 996, une famille d'Andlau est citée dans un texte. Cet acte fait des Andlau l'une des familles la plus ancienne d'Alsace.
* Vers 1246, Eberhard d'Andlau réalise la construction d'un château.
* Vers 1264, le château  semble terminé et habité.
* En 1274, la famille d'Anlau fait allégeance à l'évêque de Strasbourg.
* En 1376, le seigneur d'Andlau blesse gravement un soldat de Strasbourg. Les représailles sont terribles. Le château semble avoir été pillé.
* En 1438, le château est habité par un riche bourgeois devenu le châtelain (Thenie Lamprech). Il semble qu'il soit fait capturé contre rançon par les soldats de la ville de Obernai.
* En 1618, début de la "guerre de 30 ans" (voir ce livre). Ce château d'habitation souffre un peu durant cette dévastatrice guerre.
* En 1633, les Suédois attaquent puis envahissent le château.
* Vers 1636, les troupes de Strasbourg occupent maintenant la place.
* En 1648 (le 24 octobre), signature du Traité de Westphalie mettant fin à la guerre de "30 ans".
* En 1673, une petite garnison de soldats de Strasbourg garde le château.
* En 1678, le roi Louis XIV (voir liste des rois) envoie une troupe commandée par le maréchal Créqui pour occuper la région. Le château est pillé puis partiellement détruit. Mais le seigneur d'Andlau est toujours propriétaire du domaine.
* En 1792, les révolutionnaires le réquisitionnent puis le vendent à un commerçant.
* A partir de 1806, ce nouveau propriétaire démantèle le château et vend les plus belles boiseries et pierres aux plus offrants.
* En 1818, le Comte Antoine Henri d'Andlau achète la ruine et tente de consolider les murs détruits par 12 ans de "saccage".
* En 1859, des travaux importants de consolidation sont entrepris.
* En 1926, la ruine est classée aux Monuments Historiques.
* En 1928, le Club Vosgien entreprend quelques travaux de restauration.
* A la fin du 20ème siècle, l'état et la collectivité aident le Comte Guillaume d'Andlau à consolider certains murs  de ce merveilleux et unique château.
* Au 21ème siècle, la découverte des ruines est libre et gratuite. Le risque de recevoir une pierre n'est pas négligeable bien que limité.

 

Passer l'hiver près de cette cheminée devait être un plaisir.

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20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 06:30

 

Département :  11 - AUDE
 

Est ce un château fort ou un rocher ?

Le bourg :

   Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Le village de Camps sur l'Agly est situé à 42km au Sud de Carcassonne, à 40km à l'Ouest de Salse le Château (voir cette forteresse), à 30km au Sud-Est de Limoux et à 7km à l'Est-Sud-Est de Bugarach (voir son château).

      Coordonnées du bourg :

42° 51′ 38.16″ N 2° 26′ 3.84″ E
 42.8606°  2.4344°

 

Le château :

     L'extérieur :

L'arrivée

   Lentement, je serpente sur la petite route ensoleillée en direction du département des Pyrénées orientales où chaque panneau routier est annonciateur de beautés touristiques. Soudain, au détour d'un virage, une puissante masse rocheuse apparaît au centre de la vallée.

    Il semblerait logique qu'une construction fortifiée ait été aménagée pour contrôler la plaine entre les montagnes. Avec fébrilité, je m'approche de la petite commune de Camp sur l'agly.

   Depuis la route, le petit "pog"parait imposant et difforme. Il est difficile de distinguer le rocher des murs construits.

   Lentement je m'approche.

Voyez vous des courtines ? ?

 

La découverte

    A la verticale de la paroi, les courtines apparaissent enfin, mais elles ne mesurent plus que 50cm de haut.

     Curieusement, très peu de pierres "tombées" sont visible en bas du rocher. Il est logique de penser que ces belles pierres taillées ont été réutilisées pour construire les maisons du village.

   En faisant le tour, une question se pose :

Comment "grimper" pour voir le château ? 

 

Vais je pouvoir entrer ?

    Je contourne lentement le rocher pour trouver une faille. Il y a une paroi verticale sur les 4/5ème du périmètre.

    Il reste donc 1 seule possibilité --> Le passage coté Sud par les ronces (curieusement les ronces adorent les chemins que j'emprunte. Il faudra que je réfléchisse à ce mystère).

   Ce semblant de chemin contourne un château d'eau (c'est habituel, dans de nombreuses ruines élevées proche des villages, un château d'eau est installé à proximité  voir Vaour  ou dans la cour du château  voir Quillan).

  Pour entrer il faut monter par cette faille.

     L'intérieur :

L'entrée

   La montée se fait par une faille naturelle entre 2 parois au centre de la masse rocheuse. Je n'ai pas vu de trace de piédroit pour une porte à battant, mais il semble logique que cette entrée devrait être protégée.

    Avec une largeur de 1,5m, la défense contre un ennemi devait se faire par le haut. Il devait un y avoir :

* Une pseudo bretèche sur un arc de bois (?) au dessus,

* Un assommoir dans le "goulet".

   Hélas, rien prouve mes dires. Mais une chose est certaine, on ne se sent pas en sécurité :

* Dans ce couloir montant,

* Sans protection

* Espionné de haut.

  Heureusement, en ce beau jour d'avril 2006, ce ne sont que des oiseaux qui m'espionne

Pensée personnelle :

- Les assaillants médiévaux devaient être bien fous pour accepter de recevoir des projectiles dans ce traquenard.

  Des ancrages pour des poutres

 Le goulet

     Dans la deuxième partie de cette montée, les parois comportent  des ancrages pour installer des poutres. Ma théorie d'assommoir semble correcte.

  Nota : Cela est facile à deviner. C'est une des classiques défenses dans un château du 13ème siècle. Point génie je suis..

    Mais ces ancrages pouvaient aussi servir pour supporter un plancher (la surface du rocher étant faible et les failles nombreuses, l'exploitation des vides était une nécessité).

 

La plate-forme

    Elle est très difforme, et les architectes ont du renouveler d'audace pour faire tenir un château à cet endroit.

Que vois je :

1 - Un panorama extraordinaire. L'absence de mur permet une vision à 360°, (c'est l'avantage de "mes" ruines, la vue est toujours merveilleuse, Versailles n'arrive pas à la cheville de "mes" palais  ). Les montagnes Audoises se découpent à merveille dans ce ciel bleu.

2 - Sur la face Ouest, les murs, dont les parements ont disparu, devaient mesurer 1,2m. Une petite faille semble avoir été exploitée par un arc de décharge pour agrandir la surface habitable.

3 - A gauche sur la petite terrasse en surplomb, plusieurs banquettes (voir exemple d'une banquette au château de Montferrand dans l'Aude) très soignées ont été taillées dans la roche pour supporter un épais mur. Cela ressemble à un habitat (logis seigneurial), car il est situé au Sud.

4 - Sur la face Est (bien au dessus du château d'eau) sont visibles des bases de murs "entourant" une salle de 3m x 10m. (cuisine, magasin ?). 

5 - Au Sud, au dessus de l'entrée, il y a les restes de plusieurs murs de ce que l'on pourrait définir comme le donjon.  

 

Le donjon

     C'est une "tour" carrée de 4m de coté avec un mur de 1m d'épaisseur. Elle est protégée du coté de l'attaque par une chemise (mur extérieur de protection) qui longe la terrasse. Aujourd'hui l'accès à cette terrasse n'est possible que par un saut digne d'un record du monde (heu, je mens un peu, il y a 1,5m de vide, mais c'est impressionnant). Une passerelle démontable ou une échelle permettait sûrement un accès protégé au 13ème siècle.

 

Je vous laisse ici

   Plutôt que de vous décrire cette beauté du moyen âge minimale et pourtant passionnante, je vous laisse rêver devant ces images et je vais déguster une savoureuse pêche.

 

 

 

Histoire du château :

* Au Ier siècle, l'exploitation d'une mine , comme à Bugarach, justifierait la présence d'un fortin. Mais aucun document ou  ruine l'atteste.
* Vers le 9ème siècle, avec les invasions Sarrasines puis Barbares, les "Audois" se réfugient dans les montagnes. Camps devait être un de ses refuges.
* Au 12ème siècle, Camps appartient à la puissante famille de Cucugnan apparentée à celle de Peyrepertuse, descendant des Vicomtes de Fenouillèdes.
* Vers 1238, le château abrite des "faidits" (seigneurs dépossédés de leurs biens pendant la croisade des Albigeois). Conséquence, l'armée croisée fait route vers Camps.
* Vers 1239, Béranger, seigneur de Cucunhan (voir l'histoire de Cucugnan) est très impliqué dans les combats contre "les envahisseurs du Nord". Il assure la défense du "castrum de Kabs" (château de Camps sur Agly).
* En 1241, Pierre et Béranger de Cucugnan se soumettent aux armées Royales, le castrum de "Calmis" est cité.
* Vers 1242, le seigneurs de "Calmis" garde (ou retrouve, l'histoire est assez floue) son château et ses terres.
* En 1247, hommage de Pierre de Cucugnan  au Roi Louis IX. Cet acte confirme la possession des terres de Camps à son propriétaire.
* En 1371, hommage de Guillaume de Cucugnan (nouveau seigneur) au Roi, pour les terres de Camps.
* En 1445, le testament du seigneur Armangaud de Rouffiac lègue à différentes églises des terres et des domaines. "Calmis" est cité dans ces donations.
* Vers 1480, les troupes aragonaises ravagent les régions du Fenouillèdes et de la Haute Vallée de l'Aude.
* Vers 1550, après la guerre de cent ans et quelques épdémies qui ont dévasté la région, il semble que la renaissance donne un peu de confort à ce château rustique.
* En 1676, le village se nomme : Cans.
* En 1769, il est dénommé Campvilla.
* En 1792, aucune mention du château, mais vu son état et sa rusticité, il est probable qu'il ait été lentement abandonné vers le 17ème, puis ait servi de carrière de pierres pour les villageois.
* Au 21ème siècle, la visite est gratuite. Mais elle est rendue difficile par les hautes herbes et les clôtures. Certaines pierres sont "mouvantes", prudence est un maître mot. Ruine réservée aux passionnés.

 

Il y a 6 siècles, ce château devait impressionner l'assaillant

 

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