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Ombre et lumière

10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 06:30

 

Département 71 - SAÔNE et LOIRE

  Est ce une tour ou un beffroi ?

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      La commune de Bourbon Lancy est située à 80km au Nord-Ouest de Macon, à 40km au Nord-Est de Moulins et à 20km au Nord-Ouest de Digoin.

    Coordonnées de la porte fortifiée :

46° 37′ 13″ N 3° 46′ 27″ E
 46.620278°  3.774167°

 

Les fortifications :

     L'extérieur :

La découverte

     Après avoir déposé mon blanc destrier sur le parking fleuri, j'entends une construction qui me hèle en dansant.

"Mais il devient fou notre Chevalier" pensent mes visiteuses et visiteurs 'Un bâtiment ne peut pas bouger !"

  Il est possible que pour vous, les constructions soient fixes, mais pour un Chevalier Castellologue Amateur (et un peu fou), mes bâtiments médiévaux sont différents.

J'ai une preuve, regardez ici !  

    Bigre !... Voila un bourg bien protégé

Rapide analyse

     En voyant la tour solitaire, j'imagine que les remparts et murs de défense ont disparu avec les années. Seule reste la haute construction parallélépipédique qui doit certainement posséder une horloge (comme souvent).

    Quatre détails attirent mon attention :

1 - Une petite tour ronde est accolée. Avec ses fentes verticales, j'imagine qu'elle doit posséder un escalier en colimaçon.

2 - Les fentes sont uniquement orientées vers l'extérieur. Peut être ont elles servi d'archères !?

3 - Une bouche à feu protégeait le rempart.

4 - Au dessus, des pierres en encorbellement ont peut être supporté des poutres pour un hourdage (voir vocabulaire).

 

Une entrée bien protégée

   Face à la tour-porte, je suis en admiration devant de nombreux détails défensifs :

A  - A la base, une inclinaison pour solidifier la tour et permettre aux objets ronds, jetés depuis le haut, de rouler vers les assaillants.

B - Une arquebusière sous la fenêtre de la salle des gardes.

C -  Des encoches pour les flèches en bois d'un pont levis.

DAutour de la porte, les empreintes pour recevoir le pont-levis.

La face intérieure de la tour porte 

    L'intérieur de la tour:

Je traverse à pas feutrés

   Même si la herse n'existe plus, son souvenir est encore présent par le rainurage. La porte à droite doit mener vers la salle des gardes en empruntant la petit tour-escalier ronde.

   Même un "peu cimentée", l'archère-canonnière garde sa fraicheur médiévale.

 

Vais je pouvoir visiter la tour ?

    Un panneau m'informe qu'il est possible de visiter les entrailles de la construction. Sur le moment, heureux je suis.

   Mais soudain, la tristesse se lit sur mon visage.

 

Petit coup de griffe

    Un office de tourisme est un "local" servant, entre autre, à accueillir le touriste et à lui donner des brochures et des renseignements. Il est amusant de constater que ce service n'est pas rendu le dimanche (et encore moins les jours fériés).

 Un synonyme de touriste est vacancier.

    Si je réfléchi un peu, je m'aperçois que c'est le dimanche que je visite, car en semaine, je travaille.

 Conclusion : Un "service" ouvert quand on travaille mais fermé quand on visite me semble Ubuesque (totalement absurde m'explique le dictionnaire).

Êtes vous en accord avec moi ?

 

L'intérieur du bourg :

     Déçu de ne point visiter la tour, j'erre dans les ruelles "médiévales" de la cité en admirant les maisons à colombage. Je me promène sur la terrasse en regardant les murs couvrant 600 ans d'évolution architecturale.

Diantre, mais il est tard.

  Avant que le Beurdin me tire la langue, il faut que je trouve une taverne pour la nuit.

 

 

Histoire du bourg :

* Au 12ème siècle, construction d'un château fort. La ville se blottit autour.

* En 1389, Philippe II "le Hardi", Duc (voir titre de noblesse) de Bourgogne, inaugure la tour-porte de la belle cité fortifiée.

* Au 16ème siècle, la tour-porte reçoit une horloge.

* En 1982, Gaby Cimetière et Georges Kirsch installe en haut de la tour, coté intérieur, le Beurdin.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur des fortifications du bourg est libre et gratuite. La visite des intérieurs est interdite.

 

Le panorama est le trésor des fortifications médiévales

      Cliquez pour revenir au menu des Châteaux du 71

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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 02:00

En cliquant sur l'image, vous pouvez trouver les coordonnées complètes de ce livre sur des sites que je vous propose.

 

Résumé :

 
    « La guerre de Cent Ans a tracé dans l'histoire franco-anglaise un sillon écarlate, léguant à la postérité une vision apocalyptique du crépuscule de la période médiévale : conflit interminable, querelles sanglantes pour le pouvoir, soldats pillant et dévastant les contrées, longues famines rythmées de terribles épidémies.
   Ce climat permanent d'insécurité oblige les hommes à renouveler leurs conceptions ancestrales de la fortification, pour mieux protéger leurs vies et leurs biens. Ils emploient toutes leurs ressources intellectuelles afin de répondre à l'efficacité croissante des armes de siège, et plus spécialement de l'artillerie à poudre.
   Les murailles, couronnées de mâchicoulis, surmontées de pinacles et de clochetons, s'élèvent et s'épaississent au son du canon. Mais ces temps troublés marquent aussi un tournant important dans le mode de vie des plus grands.
   Les châteaux demeurent certes des espaces protégés du monde extérieur, mais ils doivent également répondre aux exigences de confort de leurs occupants. Place aux chaussures à poulaines et aux joyaux, aux pelisses et aux hennins, à l'abri de palais-forteresses, écrins des frasques d'une cour fastueuse et tumultueuse.

Biographie de l'auteur
   Stéphane William Gondoin, historien et spécialiste des fortifications, est l'auteur de nombreux articles consacrés à la période médiévale, notamment pour le compte des magazines Historia, Histoire Médiévale, Histoire et Images Médiévales.
   On lui doit également plusieurs ouvrages, dont "1066 Guillaume Roi" (Prix André Maurois 2003) et "Les Châteaux Forts, Assiéger et fortifier au Moyen Age". Il est en outre co-fondateur et rédacteur en chef du site Internet www.richesheures.net dédié au patrimoine architectural français
. »
 
 
 
 
 
 
 
Mon avis :
 
Sentant venir l'hiver, il me fallait un livre épais à dévorer de plaisir !
 
 
   Voila un ouvrage comme je les aime...... Evidemment, le sujet est typiquement médiéval (ma période favorite), Sur presque toutes les pages, il y a une petite photo d'un château (c'est mon graal),  mais (et je dirais surtout) le château est mis dans le contexte historique de ces 100 années qui ont marqué la France féodale.
    Avec une prose facile à lire et pourtant si riche de détails, avec des images petites mais bien annotées, avec une verve qui m'a fait pénétrer dans les combats contre les "Anglois" j'avoue avoir dévoré cet ouvrage 2 fois.
   Mais il n'y a pas que le coté guerrier qui est abordé, les pensées des hommes, leur changement de mentalité face à cette guerre sont les prémices de ce qui deviendra la Renaissance et ce goût du beau.
Mais pourquoi tous les livres ne ressemblent pas à celui ci ?

  Il a évidemment quelques défauts, mais si petits que je préfère ne pas les voir. Un livre indispensable qui permettra aux parents et même aux grands parents d'expliquer ces 100 années si riches et cette période de l'histoire que nous aimons tous (n'est ce pas ?).
 
   Avec ce livre, confiez moi vos enfants un mercredi pluvieux, et à leur retour, ils ne seront plus pareils. Vous verrez germer en eux la fibre médiévale qui leur fera créer un blog (concurrent du mien ;)   ).



 
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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 07:30

 

Département 64 - PYRENEES ATLANTIQUES

 

Le bourg :

Aucune défense visible pour cette église !    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      La commune d'Arthez de Béarn est située à 15km à l'Est de Orthez, à 20km au Nord-Ouest de Pau.

   Coordonnées de l'église :

43° 27' 52.841" N
0° 37' 0.736" W
 43.464678°
 -0.616871°

 

L'église :

     L'extérieur :

La découverte

     Après avoir monté une petite colline précédant le bourg, j'arrive sur la grande place espérant trouver un puissant bâtiment religieux fortifié.

    Puissante, la construction devant moi l'est, mais l'église semble moderne et peut prévue pour combattre un ennemi du Moyen Age.

Me serais je trompé de lieu ?

 

L'enquête commence

    L'église est haute, large, imposante mais il n'y a aucune trace d'archère, ni de salle de repli, ni de chemin de ronde. Ne voyant pas de clocher (ce qui est rare pour une église) je décide (tout en traînant les pieds de désespoir) de contourner la façade.

    Et là, l'espoir revient. Il y a, proche de "l'apic", un clocher ressemblant à une tour de défense.

 

Je rêve d'une église fortifiée !Le clocher-tour

    Avec sa forme très rigide, son chaînage d'angle en besace, il semble évident que cette haute construction n'est pas de la même époque que l'église. D'ailleurs la position de ce clocher n'est pas traditionnelle.

     La tour (puisque je suis convaincu que ce n'était pas un clocher à l'origine) possède en partie basse une ouverture trop large pour une défense ou un puits de lumière. Je suppose que l'ouverture a été élargie récemment pour laisser plus de jour dans la salle du rez de chaussée.

    Au dessus, 2 archères droites (dont une est obstruée) me donnent une date de construction : 12ème siècle

Qu'en pensez vous ?

 

L'énigme architecturale

     Entre les 2 archères, une rangée de corbeaux m'interpelle :

* Ils ne pouvaient pas soutenir une passerelle sinon, cela condamnait l'archère supérieure.

* Si ces corbeaux soutenaient des hourds (voir vocabulaire), je ne vois pas de porte pour y accéder.

 

La réponse est peut être sur l'autre face

     En contournant la haute construction, j'ai partiellement ma réponse. Un porte plein cintre était l'unique entrée médiévale de cette tour. Une passerelle (amovible ?) soutenue par les corbeaux en permettaient l'accès.

Conséquence , que peut-il y avoir de l'autre coté ?  

 

La 3ème face

    "Élémentaire mon cher Watson"; A l'opposé d'une porte il devrait y avoir des archères. Et c'est dans l'angoisse de savoir si je suis un génial génie   de déduction bien sur, que je me rends sur l'autre façade.

   Évidemment il y a sur cette face 2 archères droites qui pourraient ressembler à sa consoeur. Mais une autre énigme architecturale apparaît !

Pourquoi celle inférieure a-t-elle été allongée après sa construction ?

     Je vous laisse méditer et je vais tenter d'entrer par la porte basse

 

    L'intérieur :

       Comme souvent durant notre siècle, les églises sont fermées. Celle-ci ne déroge pas à la règle. je me console en admirant le paysage depuis ce bourg surélevé.

 

 

Histoire de l'église :

* Au 12ème siècle (?), construction d'un château.
* Au milieu du 14ème siècle, Gaston Phoebus fait fortifier la ville. Arthez fait parti du réseau de fortification du Bearn.
* Au milieu de 16ème siècle, les guerres de religions entraînent la destruction de nombreux bâtiments d'Arthez.
* En 1860, destruction de l'église du village, mais pas de la tour de l'ancien château.
* En 1885, construction d'une nouvelle église et utilisation d'une tour du château médiéval comme clocher.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Etienne) est libre et gratuite. La visite du clocher est interdite.

 

La vue est souvent la récompense d'un castellologue

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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 07:30

 

Département 62 - PAS de CALAIS

 Voyez vous l'église au dessus des toits ?

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   Le petit bourg d'Avesnes le Comte est situé à 50km au Nord-Nord-Est d'Amiens, à 25km au Sud-Ouest de Lens et à 18km à l'Ouest d'Arras.

     Coordonnées de l'église :

50° 16' 35.544" N
2° 31' 33.28" E
 50.27654°
 2.525911°

 

L'église : 
        L'extérieur :
Elle est là

   L'avantage des villages et des petits bourgs, c'est que les immeubles de grande hauteur sont rares. Ainsi, il est plus facile de contempler au loin le clocher de l'église. En voyant cette masse de pierre, je comprends de suite que le bâtiment religieux a de forte chance d'avoir été fortifié. Mais :

Reste il des traces de système défensif ?

Voyez vous une église fortifiée ? 

Deux curiosités !

   1 - Mon fascicule m'informe que l'église est au centre d'un cimetière qui a été classé aux Monuments Historiques en 1937. Hors, c'est un petit jardin herbeux qui entoure l'église.

Diantre, je ne savais point que ce qui est classé

peut être "détruit" !

    2 - Sur un mur du bâtiment religieux figure un vieux cadran solaire curieusement entouré (comme pour une pendule moderne) des 12 signes du zodiaque.

Diantre, le profane côtoie le sacré !

 

Le chevet

    Comme je le présentais, le chevet ne possède pas de système défensif ni de salle de repli sous le toit. Les fenêtres sont trop grandes et trop basses pour stopper un assaillant.

   La présence de briques sur les murs en pierre montrent les multiples réparations hâtives et "économiques".

Est ce un clocher ou un donjon ? 

Le clocher donjon
   En prenant un peu de recul, je comprends de suite que la seule partie fortifiée de cette église, n'est point la nef avec ses fenêtres à remplage, mais le clocher.

   Cette construction est si puissante, si imposante, si massive qu'elle fait pâlir de jalousie de nombreux donjons de châteaux forts.

      Ce clocher-donjon est encore plus étourdissant que celui qui m'avait impressionné il y a quelques semaines (voir l'église d'Aubenton).

Mais... Possède-t-il un système défensif ?

 

Vestiges de défense

     Au premier regard, je suis frappé par les larges et profonds contreforts à larmiers dans les angles. Bien qu'ils rigidifient le clocher-donjon, ils ne favorisent pas la défense et ils créent des angles morts.

    Mon deuxième intérêt se porte sur une tour flanque. Bien qu'elle possède des fentes verticales, je doute qu'elle ait pu être efficace tant elle es décentrée. J'opte pour une tour-escalier.

Y-a-t-il des restes de défense ?

 

Quelle surprise !

   Lorsque je ne trouve pas, je prends le recul nécessaire pour une observation globale. Comme souvent, cette action aboutit à un résultat : Je suis admiratif !

Voyez vous ces 4 beautés ?

   Posées au sommet des contreforts, les échauguettes polygonales sont les preuves que l'église a été fortifiée. Même si elles ont perdu leur fente de tir suite aux multiples modifications de renforcement, elles sont idéalement placées pour défendre les 4 coté du clocher-donjon.

  Leur présence prouve l'existence de salles de repli.

 

        L'intérieur :
   Hélas, comme beaucoup d'églises en ce 21ème siècle, la porte ne s'ouvre pas. Un habitant m'informe que le clocher n'est pas accessible au public.

 

 

Histoire de l'église :

* Au 12ème siècle, construction de la première église.

* Au 16ème siècle, reconstruction de l'église sur l'emplacement du bâtiment primitif. Les fortifications datent de cette époque.

* Au 17ème siècle, construction d'une flèche. La base est renforcée pour soutenir le poids important.

* En 1736, la flèche s'effondre.

* En 1910, l'église est classée aux Monuments Historiques.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Nicolas) est libre et gratuite. La visite des fortifications intérieures est interdite.

 

Les lampadères ne font pas de l'ombre à l'église !

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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 07:30

 

Département :  36 - INDRE

 Voyez vous les vestiges du château fort ?

Le bourg

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        La commune de Sainte Sévère sur Indre est située à 45km au Sud-Est de Châteauroux, à 40km au Nord Oust de Montluçon et à 12km au Sud-Est de La Châtre.

   Coordonnées du château :

46° 29' 7.498" N 2° 4' 7.615" E
 46.485416 °  2.068782°

 

Le château :  

     L'extérieur :

La découverte

    En arrivant aux abords de cette cité qui a été frontière entre le Berry et le Limousin, je suis heureux de voir au dessus des maisons, une ronde forme qui va être le régal de mon après-midi d'octobre. Lentement je m'approche de la cité presque endormie. 

Magnifique porte fortifiée presque intemporelle

 

Etait ce une cité fortifiée ?

    Après avoir déposé mon destrier proche des halles couvertes, je suis en admiration devant une porte fortifiée. Comme moi, vous avez remarqué la petite porte piétonne. Mais c'est surtout les hautes fentes pour les flèches du pont-levis.

  Evidemment, le fossé (ou douves car des rivières sont proches) a disparu, mais l'encadrement de la porte montre la largeur de la partie "creuse en dessous".

 

Question

Que manque-t-il pour une défense parfaite ? 

J'attends vos réponses !

 

   Vous êtes si formidables mes magnifiques visiteuses et visiteurs que vous avez fait la liste exhaustive :

1 - Une herse bien sur,

2 - Les gonds pour un double vantail,

3 - Une bretèche au dessus des portes,

4 - Ou des mâchicoulis (en remplacement des bretèches),

5 - Un crénelage,

6 - Quelques archères (ou fentes de tir).

  En traversant le "tunnel", je remarque l'absence d'un assommoir (voir vocabulaire). Les multiples consolidations ainsi que les adaptations au monde moderne ont gommé les systèmes défensifs.

Un donjon presque vivant !

 

Je monte vers le château ?

     Comme toujours (ou presque) le château fort est posé au point le plus élevé du bourg. Il est positionné sur une ancienne motte médiévale. Lentement je monte vers lui en espérant que je n'aurai pas besoin de sortir le coupe-coupe pour élaguer la végétation.

 

Je suis à ses pieds

    Une ruine est comme princesse, il faut se mettre à ses pieds pour la conquérir. Point de geste brusque ni d'empressement il faut montrer. Alors, lentement, je découvre sa base composée de pierres à bossage. Mais en remontant, je vois des consolidations où les pierres sont mal taillées et peu jointives.

   Au sommet, les vestiges des mâchicoulis semblent instables. La pierre horizontale posée sur les corbeaux à double ressaut ne semble tenir que par "miracle". La prudence est de mise en découvrant cette beauté millénaire.

 

     L'intérieur :

Première constatation

Diantre !

    La ruine n'est point entretenue et la végétation est dense. A cause du manque de visibilité dans le sol, je ne vais pas tenter de comprendre l'architecture globale de cet ancêtre et ne m'intéresser qu'à la tour.

  La seule constatation est que le mur extérieur est épais sans être d'une dimension imposante. Elle semble mesurer une quinzaine de mètres de haut pour une base de 7 mètres de diamètre.

Des petits trous faits par le poinçonneur des Lilas ?

 

Il faut être prudent

  De nombreux indices m'obligent à être très prudent dans cette ruine :

* D'abord les racines s'accrochant aux parois et fragilisant la construction,

* Puis la haute fente m'informant que la tour n'a plus que quelques années à vivre.

 

Des p'tits trous, encore des p'tits trous

    Durant un instant, les nombreux trous m'ont fait penser que la tour a été un pigeonnier. Mais n'étant pas traversant et aussi étant trop espacés, il est possible que ce soit des trous de boulin (voir vocabulaire). Mais étant trop rapprochés en hauteur, je me demande si un pigeonnier (d'époque récente) n'est point la raison de ces multiples trous.

Qu'en pensez vous ?

 

Que de surprises ! 

1 - A l'étage accessible (qui pouvait être le 3ème niveau au moyen âge) je vois une fenêtre bouchée et une autre encore utilisable.

2 - La fenêtre possède une belle coussiège.

3 -Au dessus une fenêtre identique possède un linteau composé de 6 pierres.

4 - Cette fenêtre comporte aussi une coussiège.

5 - Au dessus, la baie a été obturée.

Mais pourquoi y a-t-il des trous de boulin dans le rebouchage ?

Cette obturation ne serait donc point récente ?"

 

C'est la fin

  J'erre dans la jungle de ce château. Mon oeil de castellologue amateur distingue quelques pierres intéressantes, mais le piètre photographe qui sommeille en moi ne peut pas les immortaliser correctement.

   Après quelques heures dans cette fragile ruine, je retrouve la civilisation grâce à cette porte.

 

 

Histoire du château :

* Au 11ème siècle (1068 ?), une seigneurie est attestée. Le château primitif surveille la frontière entre le Berry et le Limousin. Le château appartient à Helve de Sainte Sévère.

* A la fin du 11ème siècle, le château est possession de la famille Palesteau.

* En 1230, le château appartient à la puissante famille Brosse.

* En 1372, la cité est libérée des Anglois par le connétable Bertrand Duguesclin.

* En 1470, Sainte-Sévère est érigée en Baronnie (voir titre de noblesse).

* Au milieu du 15ème siècle, Louis II de Brosse abandonne le vieux château pour une résidence plus confortable.

* En 1517, le site appartient à la famille Blanchefort.

* En 1578, le site appartient à la famille Bourbon.

* En 1697, le château est possession des Flexelles.

* En 1840, par manque d'entretien, une partie de la tour s'effondre.

* En 1900, le château se dégrade encore. 

* En 1947, Jacques Tati utilise le petit bourg comme décor pour son film : Jour de fête.

* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite de l'intérieur est interdite car le site n'est pas sécurisé. Ne faites pas comme moi, regardez le panneau avant (je l'ai vu en sortant).

 

Fier est ce vestige d'un autre temps !

 

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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 07:30

 

Département 17 - CHARENTE MARITIME

 

Le bourg :
       Une perle médiévale parmi les fleurs !Situation :   (--> le voir sur une carte)
   Le petit bourg de Pons est situé à 90km au Nord de Bordeaux, à 25km au Sud-Ouest de Cognac et à 20km au Sud-Est de Saintes.

     Coordonnées du donjon  :

45° 34′ 41″ N 0° 32′ 51″ W
 45.578056°  -0.5475°

 

        Toponymie :  (--> petite initiation)

  A l'époque Romaine, les marécages étaient nombreux et importants. Pour rejoindre le site construit, il fallait marcher sur des ponts en bois nommés : Pontes.

 

L'église : 
        L'extérieur :
La découverte

  En arrivant dans ce grand bourg, il est impossible de ne pas voir LE donjon médiéval. De nombreux panneaux guident le touriste, un immense parking est aménagé proche et surtout, dans son écrin de verdure fleurie, la haute tour presque millénaire hèle les passants car elle adore être admirée et câlinée.

Quelle séductrice !

  Un donjon Roman d'une incroyable force !

Ses caractéristiques physiques

    Les dimensions de cette beauté sont impressionnantes :

* La base : 26m par 15m.

* La hauteur : 33 mètres.

* Le poids : Heu.... (cela ne se fait pas de donner cette caractéristique pour une Dame).

* Son âge : A mes yeux, elle a 20 ans, mais en réalité plus de 8 siècles.

* Épaisseurs des murs : 2,5m sur 3 faces et 4m coté Nord.

     Lentement je m'approche de cette beauté qui m'impressionne.

 

Première analyse

   Je suis admiratif devant la taille et la qualité de pose des pierres. Les joints sont fins et réguliers. Cette sensation de linéarité et de finition est renforcée par l'absence de trou de boulin (voir vocabulaire).

    Le donjon n'étant pas carré, une face comporte 5 contreforts et l'autre seulement 3 mais avec une largeur plus importante. Ses contreforts plats sont peu épais (40 centimètres).

   Évidemment, comme pour beaucoup de donjons défensifs Romans, je ne vois aucune archère. A l'origine, la tour maîtresse est un simple refuge. Le seigneur attend que les attaquants se lassent et quittent le site.

Ouvertures de lumières côtoient des fenêtres romanes 

Les ouvertures

   Le donjon possède de nombreuses ouvertures. Beaucoup ont été créées 5 siècles après la construction du donjon (une porte basse au moyen âge est "inadmissible").

   Les fenêtres les plus impressionantes se trouvent au premier étage. Ce coté Sud comporte deux fenêtres géminées surmontées de deux autres plein-cintre.

 

Le système défensif

     Comme je l'avais constaté précédemment, les hauts murs ne comportent aucune archère et encore moins des canonnières.

  En levant les yeux, je vois.... une ... heu .... soucoupe volante.

Pensez vous que les Marsiens protègeaient ce donjon ?

 Des échauguettes futuristes pour un donjon du 12ème siècle !

Le système défensif

   Évidemment, rien d'extraterrestre dans cette construction, ce sont des échauguettes, mais qui ont été construites au début du 20ème siècle.

    D'ailleurs, le crénelage avec les faux mâchicoulis sont aussi de la même époque.

 

L'entrée

   A l'époque médiévale, l'entrée était située à plusieurs mètres du sol, uniquement accessible de l'extérieur par un pont-escalier en bois amovible.

    "Récemment", à la place du pont en bois, a été construit une escalier en pierre situé dans cette tour extérieur. L'entrée touristique s'effectue au rez-de-chaussée.

  C'est à quelle heure que l'on mange ?  

        L'intérieur :

Les 1ères salles

     Après avoir donné quelques piastres à l'hôtesse d'accueil, je regarde furtivement les fentes de lumière de la salle d'exposition en imaginant que cette pièce n'était accessible que par le plafond.

   Puis, je me précipite vers l'escalier en colimaçon pour découvrir la salle d'apparat. Les quatres fenêtres n'éclairent l'imposante pièce que sur un seul coté.Il faut imaginer les flammes d'un feu de cheminée et les torches pour comprendre la magie de cette salle.

  En levant la tête, je vois la umière du soleil. Il me faut découvrir la terrasse.

Du sommet je vois.... l'Angleterre ! 

La terrasse

   Les dessertes des différents niveaux sont réalisées par des escaliers en colimaçon étroits, implantés dans l'épaisseur des murs.

  Au sommet, je m'imagine être un Chevalier Français au service du Roi, commandant les dizaines d'archers bien cachés derrière les créneaux.

   Depuis l'échauguette, un soldat surveille les troupes du Duc d'Aquitaine et m'informe de leur mouvement. Les sachant proche du donjon, je leur lance des pierres et de la poix bouillante.

Quel plaisir !

   Vainqueur jouissif, je regarde entre deux merlons, les troupes Anglaises s'éloigner vers l'horizon.

  Heureux de ma victoire sur les vils ennemis de la Guerre de Cent ans, je redescends vers.... la réalité du 21ème siècle.

 

 

Histoire du donjon :

* Quelques siècles avant JC, une tribu Gauloise s'établit en bordure de falaise. Un camps fortifié existe certainement.

* Vers le 1ème siècle avant JC, les Romains établissent une place fortifiée pour surveiller la voie de circulation et la rivière.

* Vers le 10ème siècle, un château est construit pour surveiller la voie entre le Poitou et l'Aquitaine.

* En 1152, Pons est rattaché au pouvoir du Roi d'Angleterre qui est Duc d'Aquitaine. La grogne commence à se faire sentir contre ce nouveau "maître".

* En 1179, Richard Coeur de Lion, Duc (voir titre de noblesse) d'Aquitaine, attaque puis détruit le château des belliqueux seigneurs de Pons.

* En 1185, le seigneur de Pons, Geoffroy III, fait construire un puissant donjon entouré de remparts. Ce château est un symbole de puissance de cette famille.

* En 1231, un mur d'enceinte, commandé par Renaud II seigneur de Pons, est achevé.

* Au 14ème , durant la Guerre de Cent ans, la place forte est convoitée par les armées Royales de France et celle d'Angleterre.

* Au début du 15ème , en Saintonges, Jacques de Pons participe aux combats et sièges contre les Anglois pour les chasser du Royaume de France. Les combats ayant lieu plus à l'Ouest, le donjon et la ville de Pons ne sont plus inquiété.

* En 1550, Antoine de Pons décède sans héritier mâle. Par le mariage de sa fille Antoinette, la château passe aux mains de la famille d'Albret.

* En cette fin du 16ème siècle, Antoinette et son mari Henri d'Albret-Miossens réalisent des travaux dans le donjon pour le rendre confortable.

* Au 17ème siècle, Pons devient un des fiefs protestants les plus ardents en Saintonge. Cela déplaît à la Royauté Française.

* En 1622, le château est attaqué par les armées du Roi de France Louis XIII (voir liste). Excepté le donjon, les remparts et bâtiments du château sont détruits.

* Au milieu du 17ème siècle, François Alexandre d'Albret-Miossens (ou peut être Charles Phoebus d'Albret-Miossens embellit le site par des jardins à la Française.

* En 1806, le donjon est acheté par la ville de Pons.

* En 1879, le donjon est classé aux Monuments Historiques.

* En 1904, construction de fantaisistes crénelages, mâchicoulis et échauguettes. Pour financer cette curiosité inutile, une cheminée du château a été vendue.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite de l'intérieur est payante.

 

Au loin, je vois.... l'Amérique !

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13 novembre 2013 3 13 /11 /novembre /2013 07:30

 

Cet article est la synthèse visuelle du château décrit ici

 

 

Préambule :

    Après vous avoir longuement analysé puis imaginé les murs de cette mystérieuse ruine Dauphinoise, je souhaiterai vous faire rêver devant des images "animées".

 

Remarques :

1 - N'ayant pas encore acheté le logiciel permettant ces animations, j'utilise la version de démonstration. Comme vous le constaterez, elle intègre un filigrame dans les images.

2 - En fonction de votre ADSL, les images peuvent être un peu lentes à charger. Veuillez patienter.

3 - Vous deviez voir 3 animations puis 2 images fixes cliquables.

Si vous avez des problèmes, veuillez me les expliquer dans les commentaires.

Pour les prochains articles, j'améliorerai ma méthode.

 

Un peu de musique :

Pour savourer ces images avec lenteur, je vous propose "L'horloge de Haydn".

C'est ma méthode pour voyager dans le temps.

 

 

Comment se promener dans les images :

Veuillez utiliser la souris pour naviguer dans chaque animation.

La molette sert de zoom avant/arrière.

 

Il est possible de zoomer avec la touche SHIFT.

 

La touche CTRL permet de dézoomer.

 

 

La cuisine :

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La pièce mystérieuse (Chapelle ?) :

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La salle des gardes :

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Plan du château :

 

Isère - Montfort - plan

 

 

Dessin de la ruine :

 

Isère - Montfort - plan en perspective

 

 

 

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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 07:30

 

Département 09 - ARIEGE

  Voyez vous une construction sur la montagne ?

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   Le petit bourg de Bédeilhac et Aynat est situé à 90km au Sud de Toulouse, à 40km au Sud-Est de Saint Girons, à 12km au Sud-Ouest de Foix et à 5km au Nord-Ouest de Tarascon sur Ariège.

     Coordonnées du château :

42° 52' 11" 1° 33' 29"
 42.869843  1.558213

 

L'église : 
        L'extérieur :
La surprise

   Après avoir visité la tour de Montorgueil proche de Saurat, j'erre en direction de ma taverne située proche du château de Foix (voir cet article) quand soudain mon destrier s'arrête :

Mais qu'a-t-il vu ?

La recherche est un des plaisirs de votre Chevalier 

La sensation d'un chasseur de ruine

    Avec mon subtil regard de castellologue-amateur, je scrute la plaine sans succès. Je lève mon regard et en portant mon attention sur la montagne, mes poils se hérissent. Il me semble qu'au sommet, une construction est posée et me fait signe.

Vous avais je déjà dit qu'ayant le même âge que les ruines, je suis en osmose ?

 

Que faire ?
   La montagne est haute. Je ne vois point de chemin facile. il semble qu'un sentier serpente dans la coulée de pierres

Vais je tenter l'escalade ?

  Avant de prendre quelques risques, je consulte la carte de randonnée. Diantre, je ne vois aucun sentier officiellement tracé.

   Il est tard, j'ai déjà visité 3 châteaux forts en ruine en ce beau jour de septembre. Mes jambes sont lourdes et ma gourde d'eau est presque vide.

Je ne vais pas tenter l'ascension. 

Est ce un mirage ou un vrai fantôme ? 

La découverte de loin

    Avec mon oeil d'aigle je vois qu'il ne reste qu'un seul bâtiment en élévation. Il est composé de 2 murs encore debout en forme de L.

   Avec un peu d'attention il est possible de voir une petite construction en avant de la tour.

Est ce un effet d'optique ?

  Si mon oeil ne me trompe pas, je vois (ou crois voir) un vestige de rempart. Lentement, le château de Calames se révèle à moi.

 

        L'intérieur :

Vais je comprendre l'aménagement ?

    En contournant la montagne, je scrute les entrailles de la ruine, aidé par une paire de jumelle. Je ne distingue aucune pierre sculptée sur les murs intérieurs. Les deux parois ne possèdent pas de trace de cheminée.

 La nuit tombe sur ce fantôme d'un autre temps

Vois je ?

   Il me semble voir, sur l'un des murs, deux lignes superposées ayant certainement soutenues les plafonds.

    C'est à ce moment :

* Que le soleil passe derrière la montagne,

* Que mes yeux fatigués de tant de beautés en un jour se mettent à piquer,

* Que mon destrier piaffe et fait route sans moi.

                  _cheval-10.gif

   Il est l'heure de partir vers une taverne à la nourriture bien grasse.

 

 

Histoire du château :

* Vers le 1er siècle, certains archéologues supposent qu'une tour de guet Romaine existe en ce lieu.

* Au 12ème siècle, un château de surveillance est aménagé. Il est possession du Comte (voir titre de noblesse) de Foix. Le but est de protéger la vallée de Saurat.

* En 1829, un bas relief Grec est découvert à coté du village de Génat. Sachant que des Grecs ont occupé la région il y a plus de 2000 ans, certains archéologues imaginent que le mont Calames viendrait de mots Grecs tel que : Calamas, Calamata ou Calamita.

Le site de Calamès aurait il porté un temple Grec ?

* Au 21ème siècle, la découverte du site est libre et gratuite. La marche semble longue et peut être difficile. Le risque de recevoir une pierre n'est pas négligeable.

 

Je reviendrai dans quelques années pour gravir ce sommet

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8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 07:30

 

Département  40 - LANDES

 

Le bourg :

Une église fortifiée par les Anglais   Situation :   (--> le voir sur une carte)

      La commune de Lesgor est située à 30km à l'Ouest de Mont de Marsan, à 10km à l'Est de Castets et à 25km au Nord-Est de Dax.

     Coordonnées du bourg :

43° 51′ 12″ N 0° 54′ 0″ W
 43.853333°  -0.9°

 

L'église :

    L'extérieur :

La découverte

     Le bâtiment religieux, entouré de son cimetière, est un peu à l'écart du centre ville et de la route principale. En descendant de mon destrier, j'ai un choc.

Quelle incroyable église !

  Je pressens que je vais passer de longues heures à regarder chaque pierre tant elle semble hors du temps. Mais une question me trotte déjà dans la tête :

Comment vais je faire pour vous la montrer correctement ?

 

L'enquête commence

    L'ensemble église-cimetière est entouré d'un mur de faible hauteur. Je suis surpris de voir de nombreux contreforts appuyés sur ce muret. Je suppose que ce devait être le rempart aujourd'hui arasé.

 Etonné je suis devant ces profonds contreforts

 L'abside

     En suivant ce mur-rempart, je découvre la nef. Je n'ai jamais vu une nef avec d'aussi puissants contreforts. Grâce aux années qui ont comblé la base du rempart, je peux facilement enjamber le muret pour admirer cette abside renforcée.

Pourquoi avoir construit des contreforts triangulaires aussi profonds ?

    Je n'ai jamais vu cette architecture pour une bâtisse médiévale. Mais en observant les matériaux (du grès mélangé avec des galets), je pressens que les contreforts ont été ajoutés bien après la construction de l'église.

Mais, pour quelle raison ?

   Sous le toit, la différence de matériaux montre une élévation de l'abside (et de la nef bien sur). C'est un chemin de ronde, système défensif classique pour une église.

Ces contreforts ont ils été ajoutés par les architectes par crainte de poids excessif sur le mur circulaire de l'abside ? 

 

    Le clocher-tour

    Toujours en suivant le rempart, je découvre le clocher-tour coté Nord.

Et là j'ai encore un choc et même plusieurs !

 

  Contreforts plats et à larmiers soutiennent le clocher-tour  * Très souvent, un clocher s'élève à plusieurs mètres (et parfois dizaines de mètres) au dessus de la nef. C'est le symbole religieux qui se voit de loin. A Lesgor, il ne dépasse le toit de la nef que de 2 petits mètres. Pourtant... Il se montre.

Incroyable n'est ce pas ! 

 

   * Sous le toit, les ouvertures me font penser à un chemin de ronde. Les trous de boulin supportaient ils des hourds (voir vocabulaire) ou une passerelle ?

   * A la base, l'ancienne porte ogivale a été obstruée.

   * Les contreforts sont asymétriques. L'un situé en angle comporte plusieurs larmiers, alors que l'autre posé un peu à l'écart de l'angle est uniforme.

   * A la base, la maçonnerie est constituée de blocs de grès jaunâtre de taille moyenne correctement alignés. Mais, comme pour l'abside, la surélévation est cahotique. Elle est réalisée avec des pierres de petites tailles et de couleur brun-rougâtre. Cela dénote une construction hâtive et de plusieurs années postérieures.

 

La suite !

     L'église fortifiée de Lesgor est si passionnante que je vous propose de continuer la visite dans un autre article - clic.

 

 

 

 

Unique et originale église fortifiée Landaise


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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 07:30

 

Département :  11 - AUDE

 

Le bourgLes collines sont rares et les plaines verdoyantes

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        Le bourg de Ouveillan se situe à 25km au Sud-Ouest de Béziers et à 15km au Nord de Narbonne.

    La grange Cistercienne est à 3 km au Sud-Est de Ouveillan et à 4km au Nord de Cuxac d'Aude.

    Coordonnées de la grange :

43° 16' 35.112" N 2° 59 54.485" E
 43.27642  2.998468

 

La grange fortifiée 

     L'extérieur :

Pourquoi une grange fortifiée ?

    Dans ce blog, depuis plusieurs années, je vous montre des châteaux forts plus ou moins en ruine. Ce type de fortifications est le symbole du moyen âge.

   Mais tous les villages n'avaient pas la chance de disposer d'une telle protection.

   C'est ainsi qu'est apparu :

* Des maisons fortes,

* Des églises fortifiées,

* Des villages fortifiés,

* Des cimetières fortifiés,

* Des grottes fortifiées,

* Des ponts fortifiés...

    Toutes ces constructions avaient pour fonction de protéger les hommes et parfois les animaux d'élevage.

Mais comment faisait on pour protéger les récoltes ?

  La réponses est sous vos yeux ébahis !

 

L'arrivée

    Mon destrier trottine depuis plusieurs minutes et je ne vois aucune montagne, colline ou petite butte pour poser une fortification défendable. Il n'y a que terre fertile et ruisseau d'irrigation. "Je suis dans une région de culture" me dis je (Parfois, dans la solitude de mes découvertes, je me parle à moi même... Le faites vous aussi ? ).

 

Sa beauté est si lumineuse que mes yeux se troublentLa découverte

    En découvrant la façade arrière du bâtiment, je pressens que cette grange ne sera pas une simple construction. La puissance des contrefort et ses dimensions en font une petite forteresse.

    Évidemment, les années ont "ridé" un peu cette beauté, mais quel spectacle !

 

Rapide analyse

Que de contraste !

  Je m'attendais à une haute tour et je vois un bâtiment trapu. J'imaginais de petits contreforts et ce sont des renforts ressemblant à des tours flanques dissuasives tout en consolidant.

   Par contre, je ne vois pas de fente de tir, d'archère de bretèche ni de mâchicoulis (voir vocabulaire).

 

La surprise continue

   En contournant la grange cistercienne, je découvre une tour carrée qui semble tenir en équilibre grâce à des arcs dont je vous laisse deviner la fonction.

   Tout dans cette construction est grâce et simplicité.

 

     L'intérieur :

          La porte est ouverte, je pénètre sur la pointe de mes chausses. A l'intérieur, un Audois à la chevelure dégarnie et à l'air jovial est heureux de me voir pour partager sa connaissance de la grange.

     La salle voûtée d'ogive reposant sur plusieurs piliers est impressionnante. Il semble que des panneaux permettaient de séparer les graines d'orge, de blé etc...

    Soudain, l'atmosphère devient brumeuse, l'air est irrespirable. Un petit incendie vient de se déclarer dans les fils électriques. A regret, je quitte rapidement cette grange.

 

 

Histoire de la grange :

* En 1097, Guillaume Pierre de Comson, seigneur d'Ouveillan, s'apprête à partir en croisade en terre Sainte. Il fait don des terres de Ouveillan à l'abbaye Bénédictine de Sainte Marie de Fontfroide.
* Au début du 12ème siècle, une grange est certainement construite.
* En 1146, Fondfroide est rattachée aux Cisterciens de Clervaux.
* En 1203, la partie Sud de l'immense plaine est acheté par les Cisterciens aux Hospitalers.
* En de premier tier du 13ème siècle, la puissance grandissante de Fontfroide crée des jalousie et des conflits
* En 1287, la petite grange d'origine ne suffit plus. Fondfroide fait construire à Fontcalvy une puissance grange fortifiée.
* En 1315, la grange est terminée.
* Durant le 14ème et 15ème siècle, Foncalvy prospère malgré les attaques des troupes de l'Archevêque et des Vicomtes (voir titre de noblesse) de Narbonne.
* En 1595, Fonfroide inféode Fontcalvy à Alexandre de Frégoze
* Vers 1792, la grange est réquisitionnée comme bien national par les révolutionnaires. Elle est vendue à plusieurs familles.
* Au 19ème siècle, la grange tombe et ruine et sert de carrière de pierres.
* Vers 1943, l'armée Allemande souhaite récupérer les pierres de la grange pour établir un blockhaus.
* En 1977, la commune décide de sauver la ruine. Elle récupère les parts des héritiers et commence une campagne de consolidation.
* En 1983, la grange est inscrite aux Monuments Historiques.
* A la fin du 20ème siècle, en été, le festival de Fontcalvy redonne vie à ces vieilles pierres.
* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de la grange est libre et gratuite. La visite de l'intérieur est impossible en dehors des festivals ou des journées découvertes. 

 

Au feuuuuuu !

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