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Ombre et lumière

31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 07:30

 

Pays :

 ESPAGNE

Région :

  ANDALOUSIE

 

Le château est il aussi impressionnant au 21ème siècle ?

 

Le bourg : 

    Situation (--> le voir sur une carte)

      La commune d'Antequera est située à 130km au Sud-Est de Séville, à 80km à l'Ouest-Sud-Ouest de Grenade et à 25km au Nord de Malaga.

  Coordonnées du château :

37° 0' 54.407" N 4° 33' 24.692" W
 37.015113°  -4.556859°

 

Le château : 

    L'extérieur :

L'arrivée

   Armé d'une reproduction représentant le château il y a 2 siècles (?), je me hâte vers la ville d'Antequara pour découvrir son incroyable forteresse. Soudain, au détour d'un virage, la vision fantomatique d'une cité apparaît.

Sont ce mes yeux qui se brouillent ?

   Que nenni, c'est un agréable brouillard matinal (j'avoue que je me lève toujours très tôt en vacances pour découvrir les sites touristiques) qui enveloppe le château fort nommé Alcazaba.

 

antequera-03 

La fièvre de la découverte monte en moi !

Prendre son temps

     De suite, je repère la porte de la cité. Mon impulsive passion me force à courir vers elle. Mais le sage qui est en moi quémande de prendre le temps d'admirer l'extérieur.

 

Je le découvre lentement

   Posées sur le rocher, tours et courtines s'alternent avec efficacité défensive. Le rempart, avec un crénelage Mauresque, est curieusement dépourvu de mâchicoulis (voir vocabulaire). Ce système défensif très efficace pour la défense proche était pourtant usitée lors de l'année de construction du château.

Est ce du à une reconstruction hâtive récente ?

 

Le nom des tours

   Du coté probable de l'attaque, trois imposantes tours parallélépipédiques brillent de mille feux (heu, c'est une expression, ne cherchez pas des lumières sur l'image ).

- Celle du fond (à gauche) se nomme : Tour de l’Hommage.

- Celle du centre a comme petronyme : Tour Blanche.

- Celle à droite est nommée : Tour de l'Etoile.

 

Analyse rapide des tours

   Excepté la dimension, elles ont de nombreux points communs :

* Des pierres correctement alignées et parfaitement taillées (même si l'une a des pierres rondes et l'autre longues),

* Point de crénelage ni mâchicoulis (mais ceci est certainement du à la destruction au 15ème siècle),

* Des corbeaux dans la maçonnerie ressemblant à un hourdage (voir vocabulaire),

* Point de bouche à feu,

* Des fentes verticales (pour tir au fusil ?)

* Une position avancée par rapport à la courtine pour mieux la protéger.

* Une lice surélevée précédant les tours,

* Pour délimiter cette plateforme, un petit mur est posé sur le rocher. Ainsi, même si le dénivelé n'est pas important, attaquer ce château c'est monter sur des rochers, regarder ses pieds et être à découvert.

Ce château a du poser de nombreux problèmes aux attaquants !

 

Tour de l'hommage Tour blanche

 

Rigueur et solidité sont les qualités de cette tour

    L'intérieur :

La plénitude Mauresque

    Pour entrer dans la cité fortifiée, il suffit de suivre les panneaux. L'une de mes premières rencontres est un puits. L'eau est importante en Andalousie et elle était primordiale pour les Maures.

   Pour vous permettre de comprendre cet incroyable château fort, je vous offre ce plan. Mais, contrairement à mon habitude, je ne vous donne pas la légende.

Le mystère de l'Orient sera mon cadeau. 

 

Je repars à l'attaque du château

    Après avoir flâner dans les cours et jardins puis avoir humer les plantes odorantes, je quitte mon chapeau de paille de touriste et je remets mon heaume de Chevalier-Castellologue-Amateur.

 

La tour de l'Hommage (repère 5 sur le plan)

"L'angle droit est le thème principal de cette architecture !"

  C'est ce que j'ai pensé en découvrant la plus puissante tour défensive de ce château.

  En entrant, la différence de température entre l'extérieur et l'intérieur est saisissante. Cette sensation est amplifiée par la pénombre.

    Lorsque mes yeux se sont habitués à l'obscurité, les salles révèlent leur architecture très anguleuse. Ces angles droits sont parfois cassés par des voûtes en tiers-point (je suppose). Dans un couloir je retrouve enfin des voûtes (bien de chez moi).

   En regardant le plan de cette tour, j'ai l'impression de voir celui de l'intérieur d'une pyramide.

Avez vous la même sensation ?

Ce poste d'observation est idéal

 

Que voyait le défenseur ?

  Depuis l'archère, même si la vision est limitée, la défense des courtines est optimale.

      Dans la tour de l'Hommage, le défenseur pouvait observer l'ennemi au loin et avait la possibilité de lui tirer dessus s'il s'approchait.

   Depuis le coté intérieur de la tour de l'Hommage, les défenseurs pouvaient tirer  sur les assaillants ayant réussi à rejoindre le chemin de ronde.

  Evidemment, sur les remparts, la vue depuis le crénelage permet de repousser l'ennemi avec des projectiles.

 

L'intérieur des autres tours

   Le château ayant été reconstruit au 20ème siècle puis sécurisé pour accueillir le public. L'intérieur des tours n'est pas 100% conforme à l'architecture et décoration du château il y a 5 siècles.  Avec l'éclairage électrique, il n'y a plus la faible lumière des torches et surtout (ce qui nous fait rêver à notre siècle) le vacillement de la flamme. Mais je suppose qu'une partie de l'ambiance défensive et d'inconfort (car la pierre est froide) est présente.

   C'est donc durant de longues minutes que je m'abreuve de la beauté Mauresque et Andalouse des salles.

  Plutôt que de vous les décrire, je vous laisse admirer.

 

Large embrasure faciltant l'angle de tir Le croisement défensif Archère ou fente de tir ?

 

C'est la fin

   Pour vous, la visite s'arrête ici, mais pour votre Chevalier adorateur de la poussière médiévale, c'est le début d'une recherche d'indices, d'un détail (aussi bien dans les tours que dans les jardins) qui commence.

  Je vous laisse devant ce panorama magnifique.

  Vue sur la tour de l'Hommage   Paysage aride et maison blanche. Tous les symboles de l'Andalousie   Au loin, est ce l'Angleterre ou les Usa ?  

 

 

Histoire du château :

* A l'époque Romaine, la ville porte le nom Romain d'Antikaria.

* En 711, les Maures envahissent le Sud de la péninsule. La ville se nomme maintenant : Medina Antaquira.

* En 1212, une coalition de rois chrétiens tente de chasser les Maures. C'est à cette période que la ville Mauresque se fortifie. Une enceinte est construite entourant la médina puis au sommet, un château fort est aménagé.

* Durant 2 siècles, la ville résiste aux armées Chrétiennes.

* En 1410, Ferdinand I d'Aragon attaque la ville et la conquiert.

* En 1582, sur la tour de l’Hommage est construit un petit temple-clocher qui abrite la cloche majeure de la ville d’Antequera.

* En 1949, l'Alcazaba est classé Trésor National.

* En 1985, le site est inscrit au Patrimoine Historique Espagnol.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur et l'intérieur du site fortifié est libre et gratuite.

 

Une citadelle Mauresque ayant traversé les siècles

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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 06:55
  En cliquant sur l'image, vous pouvez trouver les coordonnées complètes de ce livre sur des sites que je vous propose.   En cliquant sur l'image, vous pouvez trouver les coordonnées complètes de ce livre sur des sites que je vous propose.  

 

Résumé :

    « Aujourd'hui, à l'aube du XXIème siècle, dans la forêt de Guédelon, en Bourgogne, des hommes construisent un château fort en suivant les méthodes du XIIIème siècle.
 
   Qui étaient les bâtisseurs du Moyen Age ? Comment ont-ils réussi à ériger à main d'homme ces gigantesques édifices ? A quoi servaient les grues à écureuil, les moufles et les oiseaux ? Quels métiers exerçaient les essarteurs, le chaufournier, les gâcheurs de mortier ?
   Mêlant les enluminures médiévales aux dessins explicatifs et photographies prises sur le chantier de Guédelon, ce témoignage nous permet de redécouvrir les savoir-faire et les métiers de nos ancêtres, et de percer enfin le secret des quelque 20 000 châteaux et sites fortifiés encore visibles en Europe. Grâce au soutien de nombreux partenaires, notamment la fondation CANAL +, pour la première fois un laboratoire d'archéologie expérimentale à l'échelle du temps est ouvert à tous les passionnés du Moyen Age. »
 
 
 
 
 
Mon avis :
Une aventure UNIQUE  !
 
   Pour une fois, je ne vais pas vous faire l'analyse d'un livre, mais de 2. Ils sont complémentaire et ont le même sujet :  GUEDELON.
  Quelle folie !    Quelle aventure !    Quel projet !    Quel rêve !
  Construire un château médiéval au coeur d'une forêt avec les méthodes et les outils datant de 7 siècles paraissait impossible, et inutile............. Mais l'idée a fait son chemin, et ils l'ont fait, ou plutôt, ils le font. Ces 2 livres sont l'histoire de beau projet.
 
   Celui de droite est un livre d'initiation à la construction d'un château fort. Il s'adresse plus aux enfants. Bien que ne l'étant pas (enfin, je crois) j'ai quand même appris quelques détails.
  
   Celui de gauche est le récit quotidien des constructeurs de ce "rêve". De très nombreuses photos montrent le travail, les outils, les mains, les vêtements de ses ouvriers de l'an "1300". Les photos saisissent le plaisir et les difficultés qu'ils rencontrent, mais aussi les animaux qu'ils utilisent et la complicité qu'ils ont.
   Il y a peu de texte à lire. C'est surtout un livre à ressentir.
 
  Même si vous n'achetez pas ces livres, allez visiter "cette expérience" dont on ne ressort pas sans éprouver un frisson ..... la preuve voici ma description de ce château.
 
 
 

 
Venez  "visiter" maintenant les châteaux de l'  YONNE  ?
 
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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 07:30

 

Département :  11 - AUDE

 

Le bourgDans les brousailles, une ruine m'a donné rendez-vous

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        Le village de Clermont sur Lauquet se situe à 30km au Sud-Sud-Est de Carcassonne et à 25km à l'Est de Limoux.

    Coordonnées du château :

43° 2' 35" N 2° 25' 18" E
 43.043237  2.421863

 

Le château :  

     L'extérieur :

Où se trouve le château ?

    Ce petit village se situe au confluent de 3 rivières :

* Le Lauquet,

* La Lauzeille,

* Les Illes.

    Il semble presque évident qu'un château fort ait été construit sur une des collines. Avec une bonne carte et un peu de raisonnement, je me dirige vers le Sud, en direction d'une butte.

 

La découverte

    Au sommet, une construction isolée tente de survivre au milieu de la végétation. Cela ressemble à une grosse tour habitable et curieusement borgne. Je suis surpris de ne voir aucun rempart l'entourant, ni un vestige de fossé.

    Hélas pour cette tour, le temps a fait son travail de destruction et des pans entiers de murs ont disparu.

 

Entre les ronces et les chutes de pierres, mon loisir est dangereuxRapide analyse

     Le chaînage d'angle est esthétique contrairement aux courtines réalisées en moellons mal dégrossis.

   En approchant de la tour je vois 3 caractéristiques :

1 - Un panneau "Danger" amusant et terrifiant.

2 - Une archère droite "primitive".

3 - Un trou rond dont je ne connais pas la fonction.

 

La tour

     En contournant l'unique vestige, je constate que les murs se sont écroulés et que la ruine à l'impudeur  de me montrer ses entrailles. C'est ainsi que je peux voir les traces d'une cheminée. Les pierres du linteau et des piedroits ont disparu et il n'y a aucune pierres sculptée dans les angles ou les cul de lampe.

    Comme je l'avais supposé en arrivant, cette tour était bien habitable et habitée.

 

Les défenses

    Avec les murs écroulés, les remparts inexitants et la tour arasée, il n'est point possible d'observer bretèche, échauguettes, machicoulis (voir vocabulaire) et autres systèmes défensifs. Mais cette construction parait si âgée que je doute qu'il y en ait eu.

 

Il est temps d'entrer

   En cherchant une entrée, je suis stupéfait du spectacle.

Voyez vous ce qui me surprend ?

    La tour possède 2 portes superposées. Celle en partie supérieure est logique, ce devait être l'entrée du donjon médiéval. Mais celle du bas, presque enterrée à cause des années d'amas de terre, ne correspond à aucune logique défensive. De plus sa forme est "moderne".

 

     L'intérieur :

         A nouveau, un panneau m'informe du danger. Je vais entrer sur la pointe de mes chausses. La salle basse est voûtée. Elle ressemble plus à une cave, un ratier qu'à une pièce d'habitation. Mon hyppothèse que la porte est récente se confirme, cette pièce devait être borgne.

Borgne ?.... Alors que vient faire ce trou dans le mur ?

   Un orifice d'aération se situerait beaucoup plus haut. Je n'ai vu ce type d'orifice que 2 fois.

1 - Dans un château Audois, c'était un porte voix

2 - Dans une ruine du Languedoc, c'était l'évacuation du trop plein d'eau de la citerne.

Avez vous une suggestion ?

  Devant tant de mystères, je quitte la salle en observant rapidement l'emplacement d'imposantes poutres.

 

Questionnement :

    Dans la partie commentaire, une visiteuse ayant habité ce bourg, affirme que cette ruine ne fut point un château mais un moulin. N'étant point natif de cette région (puisque mon pseudo est Le Chevalier Dauphinois) j'ai tendance à croire un avis local. Et puis cette théorie pourrait expliquer le trou curieux dans la salle basse.

   Je me mis donc à chercher quelques documents et cartes pour comprendre mon erreur. Voici le résultat de mes recherches.

1 - Carte IGN au 1/100 000ème.

2 - Carte IGN au 1/25 000ème.

3 - Carte Google Maps - clic.

4 - Carte de Cassini.

5 - Carte IGN des reliefs (la construction a une vue magnifique sur 2 vallées).

6 - Vue satellite de la construction.

 

1 2 3 4 5 6

 

Réponse :

* Il n'est pas facile de trancher de façon objective.

* Les cartes récentes ont comme légende : Château.

* La carte de Cassini est un peu ambigu. Je ne vois pas un château. Est ce le symbole d'un moulin ?

* L'absence de vestige de rempart protégeant la tour est surprenant.

* Un moulin si loin du village est surprenant, mais point unique.

 

  Qu'importe : Cette ruine est belle, elle sert de but à une belle randonnée et offre des paysages magnifiques.

N'est pas le principal ?

 

 

Histoire du château :

* Au 12ème siècle, construction d'une fortification (à vérifier).
* Au 14ème siècle, amélioration des défenses (à vérifier).
* En 1948, la ruine est inscrite aux Monuments Historiques (à vérifier).
* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de la ruine est libre et gratuite. La visite de l'intérieur est possible mais à vos risques et périls car la tour est dangereuse et sutout, vous êtes dans une propriété privée.

 

Il est déjà l'heure de partir !

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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 07:30

 

Département :  36 - INDRE

  Entendez vous le coassement des Grenouilles ?

Le bourg

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        La commune de Bommiers est située à 45km au Sud-Ouest de Bourges, à 25km au Nord de La Châtre et à 20km à l'Est de Châteauroux.

   Coordonnée du château :

46° 48' 21.013" N 1° 59' 8.992" E
 46.805837°  1.985831°

 

Le château :  

     L'extérieur :

L'arrivée

    Depuis le petit bourg de Bommiers, je me guide avec le soleil (quel menteur je suis....pfff) pour me rendre à 1,5km au Nord, dans le hameau nommé : Bourg le Château.

   Avec un tel nom, je subodore qu'une magnifique construction m'attend impatiemment (Ne suis pas un peu prétentieux d'imaginer que des bâtiments ayant vécu plus de 800 ans sans moi soient dans l'attente de mon regard amoureux ? ).

 

Je deviens romantique

     Avec les nénuphars, l'endroit est bucolique. J'ai plus envie de conter fleurette en regardant les fleurs que de découvrir un site fortifié. Mais mon fidèle destrier me donne un grand coup de sabot me rappelant ma mission en ce lieu.

  Je subodore que cette eau devait alimenter des douves aujourd'hui presque entièrement comblées.

  Toutes les nuances de vert et de pierre

La découverte

    En levant le regard, un mur blanc apparaît dans cet écrin de verdure. Ses pierres sont pauvrement taillées, mal alignées et peu jointives. Je pourrais être déçu devant ce spectacle, mais un détail me donne un immense sourire. J'ai la confirmation de son origine médiévale grâce à cette archère droite en étrier.

 

Une tour

     Une si longue courtine sans tour pour la protéger me semble impossible. Ce mur semble posséder quelques arrachements pouvant être l'emplacement de tours. Mais n'étant point archéologue, je ne puis confirmer mes supputations.

    Au bout du mur, une ronde beauté me regarde (ou est ce l'inverse ?). Par sa forme, je subodore qu'elle avait pour fonction la défense de l'angle. Certes, elle a perdu ses moyens défensifs du à un arasement. Son diamètre m'informe qu'elle n'était point le donjon du château.

  Diantre !... Des destriers paissent

C'est la fin

     Pensant avoir tout vu de cette ruine, je jette un dernier regard sur la tour d'angle. La vision d'un noir destrier dans ce qui semble être une zone humide (les anciennes douves) me fait changer de direction pour aller le voir.

  C'est ainsi que je découvre :

* Non pas un mais 2 chevaux.

* Les fondations d'une courtine, aujourd'hui matérialisée par une barrière en bois.

* Et surtout au fond, d'autres vestiges du château.

Ce n'est donc point la fin de ma visite.

 

Les vestiges sont nombreux

   Avec mon oeil d'aigle, je devine quelques intérieurs de murs et surtout une tour ronde ayant mal supporté des siècles sans entretien. Le remblai est visible. Est ce que je rêve ou vois je une incroyable tour ?

   La végétation m'empêche de voir d'éventuel mâchicoulis, crénelage (voir vocabulaire).

 

Je prends un peu de recul

     Etant persuadé que les vestiges sont plus nombreux que j'imaginais, je prends un peu de recul pour observer l'ensemble.

Que vois je ?

* Des vaches ont remplacé les chevaux.

* Une tour ronde envahie par les arbres.

* Un arc de décharge en encorbellement (châtelet ?).

  Devant tant de vestiges, avec une si grande superficie, je pense que cette construction n'était point un simple château fort mais plutôt une véritable forteresse.

  Il me faut en avoir la preuve.

Mais comment faire ?

 

Le 50-50 ou je téléphone à un ami ?

  * Ne pouvant entrer dans cette propriété privée.

  * Pour les pierres, ne pouvant pas quémander de l'aide à Jean Pierre.

  * Je choisi d'appeler un ami pour des millions d'informations.

 

Quel incroyable château !

     Mon ami se nomme : Google Earth. Il me livre le secret du château depuis le ciel. Je viens de comprendre que je n'ai vu et photographié que la partie située à gauche qui n'est que la basse-cour du château. Une immense superficie s'étend sur le droite et même en haut de l'image.

    Pour mieux comprendre l'importance de ce site, je vous livre le plan réalisé par messieurs Téaldi et Touzet en 1971.

Voici succinctement leur analyse :

 

* Un donjon cylindrique sur motte du 12ème siècle. Il est isolé dans une chemise flanquée de 4 tours rondes du 13ème siècle.

* Proche, une grande enceinte polygonale est défendue par un châtelet formé de 2 tours en fer à cheval qui communique par un pont avec une basse-cour flanquée.

 

 

C'est vraiment fini

   Pour vous faire mieux comprendre l'importance de cette forteresse et solliciter votre imaginaire, je vous montre 2 images issues de photos prises au début du 20ème siècle.

Une courtine Le rempart circulaire

 

Arbres et pierres se marient... Mais pour combien de temps encore ?

 

Histoire du château :

* En 1123, le site est notifié dans une bulle du pape Calixte II.

* En 1163, nouvelle citation dans la bulle du pape Alexandre III. Le château appartiendrait au Seigneur de Bommez.

* A la fin du 12ème siècle, Robert de Bommez semble être le propriétaire du lieu. Ce personnage peu connu a pourtant été mandé par le Roi de France Philippe Auguste (voir liste) pour fidéliser de nombreux Barons (voir titre de noblesse) du royaume.

* Au 13ème siècle, la bâtisse initiale semble détruite puis remplacée par un puissant château en pierre.

* En 1214, Robert II de Thibault combat en Flandres.

* En 1288, le château appartient à la famille Thibault.

* En 1310, le dernier représentant de la famille Thibault décède sans héritier mâle.

* En 1403, le château appartient à la famille Dauphin.

* En 1415, Guichard II Dauphin décède à la bataille d'Azincourt.

* En 1444, le château appartient à Georges de La Trémouilles. Durant ce 15ème siècle, de nombreux travaux sont effectués au château.

*  En 1446, le château appartient à Catherine de l'Isle.

* En 1474 (?), Louise de Trémouille est Dame de Bomiers (à vérifier).

* En 1485, par mariage avec Marie de Sully (fille de Catherine), le château est possession de Jean de La Trémouille.

* A partir de 1494, Jacques de Trémouille, chambellan du Roi, accompagne Charles VIII dans la campagne d'Italie.

* En 1504, le domaine de Bommiers est érigé en Baronnie.

* En 1515, Jacques de Trémouille décède durant la bataille de ... (la connaissez vous ?). Le château appartiendrait à son frère Louis II.

* En 1525, Louis II est tué à la bataille de Pavie.

* A la fin du 16ème siècle, des casemates d'artillerie sont construites.

* En 1610, Charlotte-Catherine donne le château à son fils Henri II de Bourbon.

* En ce début de 17ème siècle, Henri II achète le Duché de Chateauroux. Par  cet acte, il condamne par l'abandon le château de Bommiers. Les douves sont asséchées.

* En 1630, durant la Fronde, le château subit des attaques.

* En 1737, après le rachat du Duché de Châteauroux par Louis XV (voir liste des Rois), le site semble abandonné. Ruine sera son avenir.

* Vers 1792, les révolutionnaires vendent le château comme "bien national". Ruine il devient définitivement.

* En 1930, le site est inscrit aux Monuments Historiques.
* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La propriété est privée et non visitable.

 

Un feu d'artifice de couleurs et d'histoire

 

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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 07:30
     
michel-j-01     Cet article est très spécial : Il est l'oeuvre d'un passionné ayant comme pseudo : " M. J.". Comme moi, il est fou de châteaux, aussi bien d'époque médiévale que renaissance. C'est aussi un passionné d'architecture et d'art. Il m'a proposé d'écrire quelques articles sur mon modeste blog.

     J'ai évidemment accepté. J'adore échanger sur les châteaux forts. Je suis fier de l'avoir dans ce "bateau" qui navigue à travers le temps !

   Croyez moi, vous allez découvrir un monde différent du mien, un ressenti plus architectural.

Faites lui un formidable accueil. 

 

michel-j-02  

 

Département 91 - ESSONNE

 J'ai le césame pour ouvrir cette porte

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      La commune de Villeconin est située à 35km au Sud-Ouest de Paris, à 25km au Sud-Est de Rambouillet et à 8km à l'Est de Dourdan.

   Coordonnées du bourg

48° 30' 49.745" N 2° 7' 24.618" E
 48.513818°  2.123505°

 

Le château :

     L'extérieur :

La découverte

S'agit-il d'un manoir, d'un château, d'une ancienne maison-forte?

   Peu importe. A part les ouvertures qui ont été percées dans les façades de son corps de logis principal, au 16ème siècle, ce magnifique ensemble a conservé son architecture médiévale d'origine.

     En face de l'église paroissiale, une longue allée pavée nous en fait découvrir la façade Nord : Son grand corps de logis conforté par un grand pavillon à base carré.

   Une petite aile d'équerre adossée à une tour de guet et des constructions de dépendances fermant la cour d'honneur.

  Voyez vous les systèmes défensifs ?

La façade sur le parc

    Une fois franchie la cour d'honneur, on découvre la façade sud donnant sur le parc. L'aspect en est sévère et exprime le caractère défensif des lieux.

   Sur un soubassement et entre les chaînages d'angles en grès, la maçonnerie de remplissage est faite de pierre massive sans enduit. D'étroites fenêtres s'ouvrent sur le parc.

    Le gros pavillon carré a conservé ses mâchicoulis. Il est pratiquement aveugle, comme la tour ronde coiffée d'un toit en poivrière.

  Voyez vous la porte fortifiée ?

La façade Ouest

    Poursuivant le tour extérieur du château, nous abordons sa façade Ouest qui était primitivement celle d'accès au domaine.

   Cette mystérieuse importante tour carrée en était finalement le portail, précédé d'un pont-levis sur des douves, alimentées par la "Misère" qui se jette un peu plus en aval dans la Remarde.

  Du pont-levis, ne subsistent que les rainures dans la maçonnerie abritant ses bras de levage.

     Deux entrées en plein cintre, l'une piétonnière et l'autre cochère, donnant maintenant accès à un escalier.

 Les douves (voir vocabulaire ) en eau ont, elles, subsisté et concourent au charme des lieux.

 

Accès Nord

   Revenons à l'accès nord du château qui se fait maintenant par un charmant pont en maçonnerie, jeté au-dessus des douves en eau, omniprésentes à Villeconin.

  Quel honneur d'être dans la cour d'honneur

La cour d'honneur

   La sobriété de la cour d'honneur préserve l'esprit de la destination primitive des lieux : une maison-forte.

   Cette cour est certes davantage ouverte maintenant sur l'extérieur, mais tout en conservant son authenticité.

  Remarquons les longues lisses horizontales en légère saillie sur cette maçonnerie de pierre blonde.

    Les dépendances établies dans l'angle Nord-Est de la cour ont été traitées avec des matériaux identiques.

 

Le jardin

   Sobre est également la décoration végétale des abords : Un parterre de pelouse et de buis taillés le long de la façade sud et des massifs de plantes vivaces, ça et là, au détour des rives de la "Misère". Ce domaine de Villeconin est réellement un enchantement.

 

    L'intérieur :

      La propriété est privée et ouverte à la visite quelques semaines par an. Il est impossible de réaliser des photos de l'intérieur.

Sachez que chaque salle est un plaisir des yeux.

  La découverte avec les propriétaires apporte un charme unique.

 

 

Histoire du château :

* En 1390, au cœur même de la guerre de Cent Ans, Jean de Montagu, surintendant des Finances de Charles VI (voir liste des rois), fait construire cette maison forte, ceinturée de douves.

* En 1409, Jean de Montagu est décapité sur ordre de Jean-Sans-Peur. Château et terres sont sequestrés

* En 1422, la seconde fille de Jean de Montagu épouse Jean de Malet, seigneur de Graville. Le famille de Graville récupère le château de Villeconin.

* En 1542, François Ier achète le fief pour son fils illégitime, Nicolas d'Estouteville.

* En 1545, Estouteville meurt en duel.

* En 1567, la famille de Cochefilet achète le château et le modernise pour en améliorer l'habilité.

* A partir du 17ème siècle, le château voit de nombreux propriétaires se succéder.

* En 1659, le fief appartient à la famille Mérault.

* Au début du 18ème siècle, la famille Talaru devient propriétaire.

* Vers 1792, les révolutionnaires récupèrent le château et le vendent à la famille Renaud. Le château est le siège d'une exploitation agricole.

* En 1926, la "ferme" est inscrite aux Monuments Historiques.

* En 1932, la famille de Jouvencel, lointaine parente de celles des Cochefilet et Talaru, achète le domaine et réhabilite le château et son parc.

* Au 20ème siècle, la dernière représentante de la famille Valentine, épouse le Comte (voir titre de noblesse) de Longevialle. Cette famille devient, jusqu'à nos jours, propriétaire du château en y apportant tous ses soins et en l'ouvrant à la visite.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite depuis la route. La visite de l'intérieur est possible après un droit de passage en pièces sonnantes et trébuchantes. Renseignez vous sur les horaires et jours d'ouverture.

 

L'architecture médiévale n'a point été gommée par les siècles

 

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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 07:30

 

Département 17 - CHARENTE MARITIME

 

Le bourg :
       Quelle curieuse architecture pour une égliseSituation :   (--> le voir sur une carte)
   La petite commune de Villars les Bois est située à 50km au Nord-Ouest d'Angoulême, à 20km au Sud-Est de Saint Jean d'Angély et à 16km au Nord-Est de Saintes.

     Coordonnées du bourg :

45° 48′ 39″ N 0° 26′ 9″ W
 45.810833°  -0.435833°

 

L'église : 
        L'extérieur :
La découverte

   Généralement, l'église est au centre d'une commune. Parfois, elle est légèrement décalée car, avec les années, le village s'est agrandi  coté opposé à l'église. Mais à Villars les Bois, elle est isolée et se situe au sommet d'une colline, comme pourrait l'être un château fort.

La vision de ce paquebot est surprenante !

 

Premières constatations

A - L'église ne porte pas un haut clocher (visible).

B - Elle ne possède pas de transept.

C - Son architecte est de style Roman. Aucune trace de Gothique sur les ouvertures.

D - Les fenêtres sont en hauteur évitant une intrusion.

E - Elle est construite sur un sol incliné.

Une église à l'architecture peu 'orthodoxe' lol

 

Où sont les systèmes défensifs
    En contournant le site, je m'aperçois que :

1 - L'église possède un clocher dont l'architecture diffère un peu des murs extérieurs de l'église (3 siècles les séparent). Ses épais contreforts en angle s'arrêtant à mi-hauteur sont surprenants.

2 - Le chevet en fer à cheval est surélevé. Bien que les ouvertures défensives aient été bouchées, je les ressens.

3 - Un château fort existait proche de l'église. Les traces ont été effacées

4 - Le document  apposé au bas de l'église affirme que le vestige d'ouverture en demi-lune au sommet du mur latéral est l'ancien axe de communication  avec des bâtiments adjacents.

5 - Une tour flanque contient un escalier desservant le clocher.

Peut être reliait il la salle de repli au dessus de la nef ?

6 - Je suis surpris de ne point voir de bretèche (voir vocabulaire) au dessus de la porte d'entrée.

 

        L'intérieur :
Premières impressions

     En entrant, je reconnais l'atmosphère de pénombre d'une église Romane. Les petites fenêtres positionnées en hauteur n'apportent pas la même lumière qu'une imposante baie Gothique.

   Pour compenser le sol en forte pente, l'église comporte une surélévation sur la première travée.

 

Quelques curiosités

    La plafond a été détruit et il ne reste que les vestiges des arcs portant les voûtes en ogive.

  Au sommet du mur, j'ai l'impression de voir des litres (voir définition) funéraires. Ces litres me semblent aussi présentes dans l'abside éclairée par cinq baies en plein cintre.

   Comprenant que le clocher me sera interdit (voir plan) et que point de salle haute existe, je regagne la lumière du dehors, puis je contemple l'infini.

 

 

Histoire de l'église :

* Au 12ème siècle, construction de l'église.

* Durant 3 siècles le site (église + château) est attaqué.

* Au 15ème siècle, l'église est remaniée : Ajout d'une chapelle latérale et d'un clocher.

* En 1912, l'abside est classée aux Monuments Historiques.

* En 1950, la nef est classée aux Monuments Historiques.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Victurnien) est libre et gratuite. La visite de l'intérieur des fortifications est interdite.

 

Une architecture peu classique

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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 07:30

 

Département 18 - CHER

 Ma journée commence par une ruine magnifique

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   La petite commune de Plou est située à 45km au Nord-Est d'Issoudun (voir son château), à 22km au Sud-Est de Vierzon, à 20km  à l'Ouest de Bourges et à 8km au Nord-Est de Chârost (voir sa maison forte).

     Coordonnées du château :

47° 3' 37.976" N 2° 10' 13.753" E
 47.060549°  2.170487°

 

Le château : 
        L'extérieur :
Durant ma croisade, je suppute

    Grâce à mon dictionnaire des châteaux forts, je sais que dans le bois de Font-Moreau, à quelques kilomètres au Nord-Est de Plou, une ruine castrale existe. Mais ce que ne dit point cet ouvrage c'est :

Dans quel état est elle ?

  Même détruite, la tour est puissante

L'arrivée 

"Diantre, qu'il est beau" m'écriai je !

  En voyant ses pierres attaquées par le lierre puis en découvrant la hauteur des murs, je pressens que je vais passer une après-midi d'avril incroyable. Je suis si impatient que je me précipite de suite sur la droite de l'entrée.

 

Préambule avant la découverte de la tour

     De suite, j'imagine que :

1 - Un fossé devait entourer le château.

2 - Le petit muret en amont de la tour est une coquetterie du propriétaire pour aménager un joli jardinet de fleurs. Il ne peut pas y avoir un rempart si proche en amont d'une tour.

  Il est vrai qu'en architecture défensive médiévale, certaines tours bénéficient d'une chemise (voir vocabulaire), c'est à dire un rempart encerclant la construction (voir exemple ici et un autre là). Mais je n'ai vu cela que pour des donjons, jamais pour une simple tour défensive. Ce muret est une "coquetterie".

  La nudité lui va si bien !

Une tour défensive ruinée

    Grâce à son état de ruine, ce fantôme me donne de nombreuses indications sur ses dimensions, sa forme, la position de ses portes d'accès (sur 2 niveaux) et l'épaisseur du mur.

  Je sens votre questionnement :

"Chevalier, comment était la tour avant sa destruction ?"

 

Une tour défensive entière

   Etant un Chevalier très à l'écoute de ses visiteuses et visiteurs, je me débrouille pour trouver la réponse à votre question. Je me déplace vers la droite, j'affronte les épineux et je me bats contre les branches acérées (j'exagère un peu). Voici la tour d'angle telle qu'elle devait être il y a 500 ans.

 

Le coté gauche

   Je me dois d'explorer l'autre coté. Pensant que le château est symétrique, je ne me hâte point pour regarder la même tour ronde.

Quelle erreur !

  Un château fort est rarement symétrique. Celui-ci ne fait pas exception.

  Je vois les entrailles du château

Anguleux !

   Contrairement au coté droit, celui-ci est anguleux. Même si la tour a disparu, je pressens qu'elle fut parallélépipédique.

  Grâce aux courtines effondrées, je vois l'aménagement interne de ce que je pense être les communs. Portes, poutres, étages se devinent (ou s'imaginent).

 

L'entrée fortifiée

    Lentement, je me dirige vers l'imposante entrée. J'ose affirmer qu'elle est imposante car 2 grosses tours rondes encadrent le portail en retrait.

      Ces tours ayant été arasées, il n'est pas possible de savoir si crénelage et mâchicoulis étaient présents.

   Pourtant avec un peu d'attention, de nombreux enseignements sur leur construction et les systèmes défensifs sont visibles.

 

Combien de systèmes défensifs possèdent cette entrée ?Les vestiges de défense à droite

   La tour de droite, bien qu'envahie par une dense végétation verte, laisse voir une archère droite pour protéger la porte. Elle est si abîmée que je ne peux pas la dater. Par contre, la fente cachée dans la verdure est de type : Archère-canonnière.

  Ce type de système défensif était courant au 14ème siècle.

 

Analyse de la tour coté gauche

  Dans la grise végétation de la tour à gauche, je vois une archère-canonnière identique à sa consoeur. Puis pour protéger l'entrée, une autre fente datant de la même époque.

  Il est amusant de constater que ce château fort ne semble pas avoir évolué depuis 6 siècles : Aucune sculpture Renaissance, ni bouche à feu.

 

Avant d'entrer

  Ayant terminé mon analyse des systèmes défensifs sur les tours, je tente de voir si l'entrée comporte quelques vestiges passionnants. Evidemment, si je prose ainsi c'est qu'un magnifique détail s'offre à mes yeux d'amoureux de vielles pierres.

Que voyez vous ici ?

  Je ne vais pas de suite vous donner la réponse, je vous laisse me livrer vos supputations dans les commentaires.

 

        L'intérieur :
  Je m'apprête à emprunter l'allée vers la porte quand soudain, mon instinct de survie me force à ne point avancer. L'entrée est interdite et clairement signalée

 

 

Histoire du château :

* Au 14ème siècle, construction du château.

* En 1380, le site est notifié dans un texte. D'après certains médiévistes, ce château aurait appartenu à une famille de Chârost. Il aurait été donné en apanage au 2ème enfant (l'aîné ayant toujours le château principal).

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite en empruntant la petite route à pieds. La visite de l'intérieur est interdite. Veuillez respecter la propriété privée et la tranquillité du lieu.

 

Voila un château que j'aurais adoré reconstruire

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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 07:30

 

Département :  11 - AUDE

 

Le bourgVoyez vous cette beauté en haut de la colline ?

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        Le village de Palairac se situe à 30km au Sud-Ouest de Narbonne, à 30km à l'Ouest de Leucate (voir son château) et à 8km au Sud-Ouest de Cascatel des Corbières (voir son château).

   Coordonnées du château :

42° 57' 31.198" N 2° 39' 39.787" E
 42.958666  2.661052

 

Le château :  

     L'extérieur :

Préambule

    Par ce petit article, je souhaite vous montrer la différence importante entre un vrai archéologue et un Chevalier-Castellologue-Amateur.

   L'un voit, en observant un caillou, tout le travail des hommes durant des siècles; L'autre adore supposer, imaginer et divaguer même en écrivant des bêtises.  

 

L'arrivée

    Il est impossible de ne pas voir la butte survolant le petit village. Si un château a existé en ce lieu, il n'a pu être construit que sur cette unique hauteur. Ma supposition est conformée par un panneau : "Rue du château".

   Rapidement, je trouve le sentier montant vers le sommet. Sur ce site millénaire, je commence mes observations (et divagations ?).

 

     L'intérieur : 

La recherche de traces

     D'après les notes que j'ai prises il y a quelques années dans une bibliothèque poussiéreuse un jour de pluie (Être Chevalier-Castellologue, même amateur, n'est pas qu'un plaisir de marche dans la nature. Il y a souvent un "travail" de recherche et de compréhension. Il peut se faire avant les vacances, mais parfois, il s'effectue après, durant l'hiver), il y aurait des traces d'une construction certainement fortifiée.

  Avec mon imaginaire, je vois ici l'emplacement d'une tour. Puis avec cette taille rectiligne, l'emplacement d'une autre tour.

Je vous entends dire : "Le chevalier est fou ou bien il se moque de nous !"

Que nenni !

    Fou, je le suis d'être sur cette colline à la recherche de traces, mais aucune envie m'est venue d'ironiser. Regardez bien ce qui suit !

Il faut un peu de temps pour comprendre les indices 

Les traces sont sans équivoque

    En regardant cet espace aplanie, il semble évident qu'un mur a été construit sur le bord. D'ailleurs la présence d'une banquette (voir vocabulaire) est visible (flèche rouge).

   Ce rocher taillé en angle droit ne l'a pas été par hasard. Les véritables archéologues ont vu l'emplacement de la citerne.

 

Etude archéologique

    D'après René Cohen, voici le plan détaillé du site de Palairac :

 T - Taille dans le rocher (habitat ?).

 D - Donjon (2,9m x 3m).

 C - Citerne.

 A -  Multiples Ancrage pour poutres.

 B - Plusieurs Banquettes.

 

Cette recherche d'indices m'a épuisé. Je vais poser mon séant sur ce banc puis, en mangeant une pomme, admirer le paysage Audois

 

 

Histoire du château :

* En 842, Palairac est donné par Charles le Chauve (voir liste des rois) au Comte (voir titre de noblesse) Carolingien de Narbonne.
* En 876, confiscation des terres  et maisons (aucune mention d'un château) par l'abbaye de Lagrasse.
* En 1119, une église dédiée à Saint Saturnin existe (aucune mention d'un château).
* A la fin du 12ème siècle, il semble que la famille De Termes s'approprie des terres à Palairac.
* En 1208, Roxovende De Termes restitue à l'abbaye de Lagrasse les terres spoliées quelques années auparavant ainsi qu'un castrum.
* En 1209, débute la terrible croisade des Albigeois.
* Vers 1210, Alain de Roucy, compagnon de Simon de Montfort possède le château.
* En 1215, un conflit éclate entre l'abbaye de Lagrasse et Alain de Roucy au sujet de la propriété de Palairac.
* Vers 1260, Palairac appartient à Olivier De Termes.
* En 1262, Raimond Alban habite le château.
* En 1283, le Roi de France Philippe le Hardi et le Roi de Majorque se rencontre au château de Palairac.
* En 1713, la carte de Blottière & Roussel ne montre pas la présence d'un château.
* En 1815, la carte de Cassini ne présente aucun château à Palairac.
* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de la ruine est libre et gratuite. La visite de l'intérieur est impossible.. puisqu'il n'y en a pas.

 

La richesse d'une ruine est...le panorama

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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 07:30

 

Département 02 - AISNE (Thiérache)

 

Le bourg :L'architecture de l'église est curieuse

    Situation :  (le voir sur une carte)

      Le petit village de Vigneux-Hocquet est situé à 50km au Nord de Reims, à 12km au Sud-Est de Vervins et à 8km au Nord-Nord-Ouest de Montcornet (voir son église fortifiée).

    Coordonnées du bourg :

49° 44′ 20″ N 3° 59′ 28″ E
 49.738889°  3.991111°

 

L'église :

     L'extérieur :

La découverte

   Isolé au milieu de son cimetière, le long de la rue de l'église (Haaa, j'apprécie quand les voies communales me facilitent la recherche), l'architecture de cette construction n'est pas classique pour un bâtiment religieux. Je pressens que mon plaisir de castellologue-amateur va être au paroxysme.

 

Première analyse

     Dans cette région de brique, l'utilisation de la pierre est étonnante. Même si des ajouts ont été réalisé avec ce matériaux rouge, c'est le gris-blanc qui domine.

  L'église comporte 3 bâtiments de forme et de construction bien différentes :

1 - Sur la gauche, un clocher-tour massif.

2 - Au centre, la nef qui ne présente pas de caractéristique défensive.

3 - Sur la droite, un chevet fortifié.

Quelle puissance pour une chevet d'église !  J'ai l'impression d'être devant une fortification datant de la même période mais ayant eu 2 architectes qui n'ont pas coordonné leurs travaux.

Est ce le résultat d'un concours "de beauté" ?

 

Le chevet : La découverte

   Bien qu'ayant déjà vu un chevet fortifié dans cette région (voir Renneval) je suis surpris par la force brute. Cette sensation est certainement due aux contreforts à larmiers mais aussi à la forme pentagonale.

Les consolidations en briques sont elles dues aux guerres et batailles ?

 

Le chevet : Les défenses en encorbellement

    Évidemment la fonction défensive est très marquée sur ce chevet. Certains murs comportent une construction en encorbellement.

 Ces bretèches (voir vocabulaire) aux dimensions différentes suivant les façades, prouvent l'existence d'une salle de repli au dessus du chevet 

Se poursuivait elle au dessus de la nef ?

Quel beau vestige de bretèche !   La nef actuelle étant récente, la réponse est "Non", mais peut être qu'au 16ème siècle la réponse était "Oui".

 

Le chevet : Les fentes de tir

   Une bretèche est un dispositif pour une défense verticale. Même s'il existe des bretèches avec fente, elles n'ont qu'une fonction défensive limitée.

   Pour éviter que les assaillants approchent, il faut leur tirer dessus. Les façades possèdent des fentes de tir pour fusil plus ou moins imposantes et efficaces. Certaines avec un ébrasement extérieur augmentant l'angle de tir.

  Même si ce chevet n'a pas l'efficacité des tours défensives des châteaux forts (angle mort, pas de tir rasant), cette masse a du faire réfléchir plus d'un assaillant.

 

Le chevet : La tour 

   En contournant le chevet, je découvre une autre forme de défense. Certes, cette tour n'a pas la puissance ni l'efficacité d'un donjon mais avec ses fentes, elle permet à des tireurs de mieux défendre les courtines.

  Évidemment, votre perspicacité a déduit que cette ronde construction est une tour escalier.

Un clocher-donjon très primitif

 

  Le clocher

     A l'autre bout de l'église trône une autre construction défensive. Je suis fasciné par sa forme brute, son architecture presque grossière avec ses contreforts droit aux angles. j'ai l'impression de voir un donjon borgne comme au 11ème siècle.

   Pourtant avec un peu d'attention, il est possible de voir une fente de tir ainsi que les vestiges d'une construction en encorbellement.

Était ce une bretèche ou des latrines ?

   Qu'importe, ce clocher-donjon a été l'un des systèmes défensifs de cette incroyable église fortifiée du Thiérache.

 

    L'intérieur :

  Comme souvent durant notre siècle, les églises sont fermées. Celle-ci ne déroge pas à la règle.

 

 

Histoire de l'église :

* Au 14ème siècle, construction du donjon.
* Au 16ème siècle, la région étant peu sure, les abbés  décident de fortifier le chevet de l'église.
* Au 19ème siècle, la nef est reconstruite (à vérifier).
* En 1887, les communes de Vigneux et Hocquet sont regroupées.
* Au 20ème siècle, une association de sauvegarde de l'église est créée.
* En 1987, une partie de l'église est inscrite aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Martin) est libre et gratuite. La visite du clocher et des fortifications est interdite.

 

2 tours peu semblables

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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 07:30

 

Département 61 - ORNE

 Voyez vous une église fortifiée ?

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   La commune de La Rouge est située à 60km au Sud-Ouest de Chartres, à 50km au Sud-Est d'Alençon et à 8km au Sud-Ouest de Nogent le Rotrou.

     Coordonnées du bourg :

48° 17′ 14″ N 0° 42′ 28″ E
 48.287222°  0.707778°

 

L'église : 
        L'extérieur :
La découverte

   Après avoir rapidement vu le manoir de La Gauberdière, je me dirige en centre bourg pour découvrir les systèmes fortifiés de l'église.

Ce clocher me fait de l'ombre 

L'analyse 

    Bien que son architecture soit massive avec de larges contreforts à larmier bien espacés, peu de fenêtres et l'absence de transept, j'ai quelques doutes sur les fonctions défensives de cette église à cause de l'immense toiture.

   A l'arrière, le chevet plat massacré par un petit bâtiment "récent" comporte une ouverture obstruée ressemblant à une baie Gothique.

   L'asymétrie entre les deux façades de la nef m'informe que l'église a subi de nombreux aménagements à la Renaissance.

    Les fenêtres gothiques avec leurs remplages sont très belles mais sont trop basses et trop larges facilitant l'intrusion de "vils assaillants.

  Je ne vois pas d'ouverture pour une salle de repli au dessus de la nef.

 

Le clocher
   Par sa hauteur, le clocher a pu servir de site de guet.  Les ouvertures de lumière pourraient être reconverties en ouverture de tir. Plus j'observe cette église et plus je suis dans le brouillard.

   Je prends un peu de recul et j'observe chaque centimètre de pierre. Soudain, la vérité me fait face.

Voyez vous ce qui me met en joie ?

 

Le système défensif

   Comme pour un château fort, la partie la plus vulnérable est la porte. Elle doit faire l'objet d'un système défensif spécial. Je lève donc la tête pour observer le curieux encadrement qui semble avoir été obstrué. Les 3 corbeaux me prouvent qu'une bretèche (voir vocabulaire) protégeait l'entrée.

 

        L'intérieur :
La blancheur

   L'église de La Rouge possède des sièges... de couleur rouge . Hormis ce détail amusant, je ne remarque aucune peinture murale ni indice de fortification.

 

Quel magnifique mobilier !

    Lentement j'avance vers l'abside. Je suis sans voix devant le maître-autel du 17ème siècle classé aux Monuments Historiques. Le Chevalier-Castellologue-Amateur (avec son heaume) laisse la place au touriste (avec son chapeau de paille).

 

Quelle tendresse ! Triptyque : Scènes de la vie de saint Jean-Baptiste Quel joli destrier

 

C'est la fin

    Pensant avoir tout vu, je me dirige vers la sortie quand soudain je remarque un trou menant vers le haut du clocher. N'étant pas un elfe, ni Batman, je cherche l'escalier. Hélas, bien qu'ayant trouvé la porte, je n'ai point la clé pour accéder à mon Graal.

 

 

Histoire de l'église :

* Au 12ème siècle, construction de l'église (à vérifier).

* Au 15ème siècle, modification de l'église.

* Au 20ème siècle, plusieurs mobiliers et statuts sont inscrits et/ou classés aux Monuments Historiques.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Rémy) est libre et gratuite. La visite de l'intérieur des fortification est interdite.

 

Seul le clocher semble fortifié

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