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Ombre et lumière

16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 06:30

 

Département :  36 - INDRE

 

Le bourgMes jumelles multiples distinguent une haute tour

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        La commune de La Châtre est située à 60km au Nord-Ouest de Montluçon, à 40km à l'Est d'Argenton sur Creuse et à 35km au Sud-Est de Châteauroux.

   Coordonnées du donjon :

46° 34' 54.98" N 1° 59' 23.597" E
 46.581939°  1.989888°

 

    Toponymie :   (--> voir initiation)

  Le nom La Châtre vient de Castra, Castrum, nom latin signifiant camp puis par analogie, château, fortifications. Quelques archéologues imaginent qu'un camp Romain existait en haut de l'actuel bourg.

 

Le donjon 

     L'extérieur :

La découverte

    Dans ce bourg, je navigue à travers les rues à la recherche de mon Graal du jour. Soudain, au détour d'une habitation, une haute construction très cubique avec de multiples fenêtres modernes apparaît au loin.

Est ce le donjon des Chauvigny ?

Le vieux donjon médiéval surveille le parking moderne 

Première analyse

   Depuis le petit parking proche du musée Georges Sand, l'imposante construction m'impressionne :

* Par sa hauteur (20m),

* Puis par son architecture primitive (forme parallélépipédique) pour une construction du 15ème siècle.

  Avec ses dimensions, je suis certain que ce donjon ne fut pas une simple tour de repli mais la résidence de son seigneur.

 

La tour flanque

    Accrochée au centre du donjon parallélépipédique, une tour semi-circulaire adoucit la rigueur de l'architecture.

Est ce une coquetterie de l'architecte ?

  Que nenni. Cette ronde construction est évidemment une tour escalier desservant les 4 étages du donjon.

  Sur sa hauteur, je distingue de nombreuses et hautes fentes verticales. Même si ces ouvertures doivent apporter de la lumière à l'escalier, elles ont aussi une fonction défensive évidente. D'ailleurs, ces archères sont aussi positionnées dans l'angle pour protéger la courtine du donjon.

 

Parois du parallélépipède

   Comme sur la tour-escalier, les pierres sont pauvrement taillées, mal assemblées me faisant penser que cette construction a souffert du désintérrêt des hommes durant les siècles de la Renaissance. Seul le parement d'angle donne une idée de la construction à son origine.

  Mais je vois aussi des consolidations récentes.

Pensez vous que crénelage existait ? 

Point de système défensif

  Excepté les fentes sur la tour-escalier, aucune archère ni bretèche (voir vocabulaire) est visible. Curieusement, je ne vois pas de latrines qui parfois ont une fonction défensive.

  Question :

Comment les habitants faisaient ils leurs besoins ?

 

Espoir ?

   Pourtant, avec un peu d'attention il est possible de voir des consoles aussi bien sur la tour-escalier que sur le bâtiment rectangulaire. Leurs espacements me font douter de la présence de mâchicoulis.

Est ce la porte magique pour entrer dans le donjon ?

 

     L'intérieur :

Echec

       Hélas, pour moi et pour vous, la tour est fermée ce jour. Mais un habitant, surpris de voir un touriste hors période estivale, m'informe que :

* Le donjon possède 4 niveaux,

* Chaque niveau comporte une salle unique,

* Chaque salle a gardé sa rusticité médiévale,

* Une grande cheminée est visible à chaque étage.

 

Consolation

    Grâce à quelques pierres sculptées posées à l'extérieur par la commune, je me rends compte du luxe que devait avoir chaque pièce. Mais ce luxe est de suite déclassé lorsque je vois une massive porte.

Pourquoi est elle si primitive ?

     Avec sa solide serrure et ses imposants verrous, je peux affirmer que cette porte fermait l'une des cellules de la prison, puisque telle fut la fonction du donjon à partir du siècle de Louis XV (voir liste des rois).

 

 

Histoire du château :

* Au début du 11ème siècle, le dernier fils de Raoul de Déols (seigneur de Châteauroux), possède les terres de La Châtre. Il est nommé : Eudes de Déols.

* En 1152,  Éléonore d'Aquitaine épouse Henri Plantagenêt futur Roi d'Angleterre. Cet acte, bien loin de l'histoire de la petite commune de La Châtre, a pour conséquence, la scission de la France et le début de la guerre de Cent Ans.

* Au milieu du 12ème siècle, le seigneur de Châteauroux et de La Châtre rend hommage au futur Roi Henri II d'Angleterre. En représailles, les troupes du Roi de France (voir liste) saccagent les 2 villes.

* En 1417, le seigneur autorise la construction de remparts pour protéger la ville.

* En 1424, le Baron (voir titre de noblesse) Guy III de Chauvigny seigneur de La Châtre et de Châteauroux fait construire un château avec un puissant donjon, en bordure de la rivière Indre.

* Vers 1453, à la fin de la guerre de Cent Ans, la ville devient prospère. De nombreuses maisons bourgeoises sont construites.

* En 1734 (?), le donjon devient une prison Royale.

* Vers 1792, les révolutionnaires ne détruisent pas ce symbole seigneurial car il va être utilisé comme prison.

* En 1937, Jean Despruneaux achète le donjon et le transforme en musée privé dédié à Georges Sand.

* En 1939, le musée accueille une collection ornithologique.

* En 1954, le donjon est officiellement déclaré : Musée Georges Sand et de la vallée noire.

* En 1966, monsieur Despruneaux lègue la tour et le musée à la ville.

* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite du musée est payante. Veuillez vérifier les horaires d'ouverture "aléatoire".

 

 

chauvigny-35 chauvigny-33  chauvigny-34

 

 

 

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Published by Le Chevalier Dauphinois - dans Châteaux en Berry : 18 36
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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 23:51

 En cliquant sur l'image, vous pouvez trouver les coordonnées complètes de ce livre sur des sites que je vous propose.

 

Résumé :

 
    « Lointain écho de l'Eden, lieu de quiétude, d'harmonie et de bonheur dont l'idée est chevillée au coeur de l'être humain, le jardin est un espace privilégié où la nature est repensée par l'homme en fonction des nécessités, de ses goûts et de ses aspirations les plus secrètes.
   Au 21ème siècle, les jardins enrichis de la multitude des variantes héritées des cultures et des modes diverses sont plus que jamais l'objet d'un intérêt particulier. Dans ce contexte, le jardin d'inspiration médiévale occupe une place de plus en plus importante.   S'agit il seulement d'un engouement pour un Moyen Age qui fait rêver ?
   Une promenade à travers plus d'une vingtaine de sites appartenant à notre patrimoine culturel amène à mieux comprendre les raisons profondes de cette attirance. Elle est l'occasion de cerner le vrai visage du médiéval à partir de la confrontation des témoignages historiques avec les interprétations des nos contemporains. »
 
 
 
 
 
Mon avis :
 
Pour  "jardinier des yeux " ou  "rêveur d'ambiance"  !
 
 
    Il ne s'agit pas d'un ouvrage relié pour faire jolie dans votre bibliothèque, mais un livre à couverture souple. Soyez rassurés, il y a de très nombreuses photos en couleurs de grande qualité, certaines images de jardins médiévaux avec leurs couleurs d'automne sont dignes des plus grands peintres. Les photographies sont accompagnées de textes courts et bien écrits. C'est un livre passionnant du début à la fin.
 
 
   24 jardins sont présentés dans différents lieus:
        - Jardins d'Abbayes,
        - Jardins de Prieurés, chapelles et commanderies,
        - Jardins de demeures Seigneuriales,
        - Jardins de fermes et villages,
        - Jardins citadins.
 
  Une carte de France situe les jardins de ce livre, et les horaires de visite de certains sites sont indiqués. Il manque évidemment de nombreux jardin, mais je pense que les plus intéressant sont dans ce livre.
 
   Des gravure médiévales accompagnent le lecteur entre 2 sites (il ne faut pas oublié que le moyen age est la caractéristique de ce livre).
 
   Décrire 24 sites en 124 pages signifie qu'il y a quelques impasses.
 
 J'aurais aimé :
         * Plus de précisions sur la construction des jardins, leurs rôles, leurs évolutions (le moyen age a duré 1000 ans).
        * Un lexique des termes utilisés (Tout le monde n'est pas un latiniste ou un jardinier.... Ha bon vous l'êtes ?.... Moi non, hélas).

   Mais je me fais sûrement difficile et exigeant en vieillissant. Et puis, il fallait bien que j'égratigne un peu ce bel ouvrage qui est loin de mes préoccupations de castellologue. Jaloux j'ai été avec mon unique bac à fleur sur mon mini balcon en voyant ces hectares de beauté.
 
   Si vous connaissez un livre complémentaire, je serais heureux de le lire et je mettrais un résumé (avec votre commentaire) dans ce blog.
 
 

 

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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 06:30

 

Département 17 - CHARENTE MARITIME

 Voyez vous une église fortifiée ?

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   Le petit bourg de Vandré est situé à 45km au Sud-Ouest de Niort, à 40km au Nord de Saintes, à 25km au Nord-Est de Rochefort et à  6km au Sud de Surgères.

     Coordonnées du bourg :

46° 3′ 23″ N 0° 45′ 50″ W
 46.056389°  -0.763889°

 

L'église : 
        L'extérieur :
La découverte

    En arrivant dans le petit bourg de Vandré, je ne m'attendais pas à voir une église si haute avec une force tranquille (Curieux, j'ai l'impression que quelqu'un a déjà dit cela avant moi ?). Avant même que je me pose la question de la présence d'un système défensif, l'église se jette sur moi pour me le montrer.

Mes yeux se brouillent devant cette salle fortifiée 

Je reste zen

     Ne voulant pas de suite dévorer cette belle, je prends le recul (psychologique) nécessaire pour observer le clocher carré :

  * Au 1er étage, chaque face comporte trois baies aveugles en arc brisé. Je ne distingue aucun signe de fentes de tir.

  * Au 2ème étage, symétrique du premier étage, les baies sont ouvertes et ne constituent pas un système défensif.

Peut être ont-elles servi d'ouvertures de guet ?

 

L'abside

     L'abside est gracieuse avec ses colonnes circulaires faisant office de contrefort. Je suis surpris du contratse entre la rudesse des étroites baies de lumières de style Roman avec la magnifique fenêtre Gothique avec remplage.

    Ce opposition architecturale montre l'évolution vers la beauté mais aussi la maîtrise technique qu'il a fallu entre ces 2 périodes.

L'église de Vandré est élégante et défensive
Le système défensif

   La surélévation au dessus de l'abside est très intéressante. Elle possède une variété de systèmes d'observation et de défense :

1 - Le premier que l'on remarque est évidemment l'ouverture carrée curieusement non centrée au dessus de la fenêtre Gothique.

2 - Puis une archère droite dans l'angle.

3 - En dessous, une ronde ouverture ressemblant à une arquebusière.

4 - L'autre face montre un système défensif diversifié et surtout non symétrique par rapport à l'autre coté.

5 - Une belle archère cruciforme à croix pattée.

6 - Deux ouvertures rondes pour arme à feu.

Quel magnifique "musée" des systèmes défensifs !

 

La découverte continue
     En contournant l'église coté soleil pour chercher d'autres systèmes défensifs (gourmand je suis en découvertes construites), je vois une chapelle latérale sans intérêt pour un castellologue-amateur.

La porte va s'ouvrir vers un autre monde   Mais plus loin, une haute construction avec des fentes verticales attire mon attention. C'est évidemment la tour-escalier accédant au clocher mais surtout à la salle de repli.

    Je suis surpris de ne pas voir de preuve d'une salle de repli au dessus de la nef. Pourtant son toit est à la même hauteur que celui de l'abside.

 

Le portail

      A l'opposé de l'abside il y a ... le portail bien sur.

  Il ressemble à ceux que je vous ai déjà montrés en Saintonge :

* En partie basse, trois arcatures en arc brisé.

* Celles aux extrémités sont bouchées par des pierres en zig-zag nommé aussi : Opus Spicatum.

* Une corniche avec des modillons  très expressifs.

* La corniche semble porter par des colonnes.

* Ces colonnes supportent (comme si cela était un chapiteau) un lion stylisé.

 

Les modillons

   Je passe de longues minutes à observer et admirer les modillons. Certains sont si amusants que je souris sous mon heaume.

Chapiteau sculpté entouré de fleurs Des têtes très expressives Que vois je ?.. Des barbus

 

        L'intérieur :
   Je tire la bobinette et la chevillette cherre : La porte s'ouvre dans un long crissement et je découvre la longue nef linéaire. Le chœur en style Roman est voûté en cul-de-four.  Au sommet, le plafond voûté est magnifique au point de me donner un torticolis.

  En me dirigeant vers la sortie, je vois la porte "secrète" menant vers la salle haute. Hélas, elle est fermée.

 

 

Histoire de l'église :

* Au 13ème siècle, construction de l'église.

* Au 14ème siècle, durant la guerre de Cent Ans, l'église semble être le théâtre de quelques escarmouches entre les troupes (parfois illégitimes) Anglaises et Françaises.

* Au 16ème siècle, durant les Guerres de Religion, l'église subit quelques attaques.

* En 1911, l'église est inscrite aux Monuments Historiques.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Vivien) est libre et gratuite. La visite des fortifications intérieures est interdite.

 

Je vais entrer dans la lumière !

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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 06:00

 

La découverte de l'extérieur de l'église est ici.

 

La description du magnifique portail est ici.

 

 

Département 24 - DORDOGNE  

 

L'église (suite) :

Un plan traditionnel couvrant 5 siècles    Le plan de l'église :

      L'église est de plan cruciforme (la classique croix latine). Avant de découvrir ses beautés intérieures, il est important d'en comprendre la décomposition.

* Une abside et un transept du 15ème siècle.

* Une nef du 12ème siècle

 

    L'intérieur :

J'entre

* Lentement, je franchi la porte qui ne semble pas fortifiée (mais 9 siècles de réhabilitation ont certainement détruit la réalisation initiale).

* Dans l'angle, je vois la poutre servant à bloquer le double vantail.

 

Un contraste !

* Après un extérieur très défensif puis un portail très biblique, le choeur est chaleureux et reposant.

* Même si une statue de Jeanne d'Arc trône sur la droite, l'atmosphère est à la beauté simple et au calme intérieur (diantre, voila un vocabulaire qui n'est point celui d'un Chevalier-castellologue).

* L'abside est éclairée par 5 fenêtres à vitraux (que je vous ai montrées à l'extérieur).

* Elle est voûtée d'ogives avec une couleur bleue rappelant le ciel.

 

Encore un petit chef d'oeuvre !

* Je me dirige dans une branche du transept pour embrasser du regard l'atmosphère chaude de l'église quand une beauté s'offre à moi.

* Une magnifique peinture me rappelle qu'au Moyen Âge (puis à la renaissance), les intérieurs étaient colorés et non "monotone" comme au 21ème siècle.

* Je m'apprête à sortir par l'une des porte du transept quand....

 

Tout est magnifique dans cette église !

.... Une merveille se laisse découvrir dans la pénombre.

* Les deux pans de murs montrent des moments de la vie du Christ.

* Ne voulant pas déflorer le sujet et laisser votre imaginaire travailler, je vous livre les images sans les commenter.

Pouvez me décrire les passages de la bible qu'elles représentent ?

A B C
Est ce Marie à coté du Christ ? Que voyez vous dans cette image ? Est ce la résurrection ou le baiser de Juda ?

 

Quelle surprise

* Après avoir passé de longs moments à admirer les peintures, lentement je traverse l'église en direction du portail et de la sortie quand soudain, je suis interloqué.

Voyez vous cette curiosité ?

* Évidemment, il y a ce fascinant dallage avec, par endroit, une pierre tombale.

* Mais mon regard est surtout attiré par la "mezzanine".

* Sur la droite, une échelle est appuyée en direction d'une trappe.

* C'est par cet étroit passage que les habitants se réfugiaient dans les salles de replis.

* Heureux je suis, car j'ai découvert tous les secrets "militaires" de la magnifique église de Besse en Périgord.

 

 

Histoire de l'église

* Au 11ème siècle, construction d'une église appartenant à un prieuré bénédictin.
* Au milieu du 12ème siècle, construction de 2 travées.
* Au 13ème siècle, le clocher est fortifié par le seigneur de Besse.
* Au 14ème siècle, l'édifice religieux devient l'église paroissiale.
* Au 15ème siècle, construction du transept et du chœur.
* Au 16ème siècle, des peintures sont réalisées dans la nef. L'église dépend du chapitre canonial de Biron.
* En 1648, avec les matériaux du vieux château proche, l'église est restaurée.
* En 1811, la municipalité envisage la destruction de l'église.
* Au 19ème siècle, construction d'une sacristie.
* En 1912, l'église est classée aux Monuments Historiques.
* En 1960, des peintures sont découvertes dans le bras Sud du transept.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Martin) est libre et gratuite. La visite du clocher fortifié est interdite.

 

Un diamant dans un écrin de verdure

 

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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 01:50

Touraine, Anjou, Berry, Orléanais, Vendômois, Marche Bretonne

 

Résumé :

 
    « Après avoir visité plusieurs châteaux bâtis autour du Val de Loire au Moyen Age on pourrait " tout savoir " des événements historiques dont ils ont été le théâtre, tout en méconnaissant les défenses qui en faisaient des résidences fortifiées et parfois même de véritables forteresses.
   En ce domaine, devant des ruines souvent difficiles à comprendre ou des monuments partiellement reconstruits, le visiteur est trop souvent livré à ses seules connaissances historiques et archéologiques.
   Ce livre propose de remédier à cette lacune, permettant ainsi à l'amateur averti de " vieilles pierres ", comme au simple curieux, de profiter pleinement de ses visites. Ils y trouveront un aperçu du contexte historique et des quelques principes qui guidaient les bâtisseurs, des clés pour chercher à mieux saisir les plans, les élévations et les systèmes défensifs des châteaux et places fortes du Moyen Age, dans une région particulièrement riche en ce domaine.  »
 
 
 
 
 
Mon avis :
 
L'évolution des constructions par l'exemple  
 
 
   Ne vous méprenez pas sur le titre, ce livre n'est pas un dictionnaire des châteaux de cette région comme peut l'être celui-ci (pour l'Isère). Ce n'est pas non plus un livre avec de belles images de châteaux parfaits comme le Larousse.
    C'est un fabuleux livre d'initiation à l'architecture médiévale comme celui que je vous avais conseillé pour l'Alsace.
  En suivant la chronologie historique, l'auteur nous explique par l'exemple, l'évolution de l'architecture militaire des 1000 ans du Moyen Age.
    Évidemment, les photos des mottes castrales, des ruines, des châteaux, des remparts sont celles de sa région. Des vues aériennes améliorent la compréhension du texte.
    Mais il y a plus que des photos du 20ème siècle. Des enluminures permettent de revivre le quotidien de ces bâtisseurs et de ces soldats. Quel plaisir de voir ces dessins "naïfs" restituant les vêtements, les armes, les outils de nos ancêtres.
  
   Bien que le sujet du livre paraisse technique, la lecture est simple, presque romanesque.... (j'ai dit presque).
 
Photos bien choisies, images d'époque, textes clairs......... Qu'attendez vous pour l'acheter ?........
 
 
 Ha, je comprends, vous préférez vous le faire offrir par un être aimé.  Voici un conseil :  imprimez cet article et laissez le négligemment sur la table du salon...... Peut être que le miracle s'accomplira !
 
 
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9 mai 2014 5 09 /05 /mai /2014 06:30

 

Département 33 - GIRONDE

  Bien que disparus les Templiers ont encore leur chemin

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      La commune d'Arveyres est située à 25km au Nord-Est de Bordeaux et à 6km au Sud-Ouest de Libourne.

  Coordonnées de la commanderie :

44° 53' 14.676" N
0° 17' 31.204" W
 44.88741°
 -0.292001°

 

La commanderie :

     L'extérieur :

Comment la trouver ?

     Dans ce bourg, il existe 2 indications faisant référence à l'Ordre du Temple :

1 - L'impasse de la commanderie,

2 - Le chemin des templiers.

  C'est ce dernier qu'il faut trouver pour découvrir une commanderie du 13ème siècle.

Sera-t-elle aussi puissante que celle de Vaour ?

 

La découverte

   Sachant que la commanderie est située proche de la rivière Dordogne, je me rends au Nord du bourg en direction d'un port. Après une petite marche sur un sentier herbeux, mon Graal du jour apparaît.

 Voyez vous une tour de défense et des mâchicoulis ?

Précision sur les constructions des Templiers

    Une commanderie dans le Royaume de France n'avait pas besoin d'être fortement défensive. L'aura des Templiers était si grande que point de vil manant avait l'idée de s'attaquer à leur territoire.

    L'ennemi des Templiers était en Terre Sainte, les Commanderies dans notre hexagone avaient comme but de récolter de l'argent pour acheter, entre autre, chevaux, armures et provisions.

   Ce n'est donc point un château fort que je vois mais une ruine de maison "forte".

 

La maison forte

   Il faut beaucoup d'imagination pour voir dans cette maison "classique", un des bâtiments d'une commanderie.

    Point de recherche de système défensif je vais faire car le lieu a été modifié plusieurs fois. Je vais simplement regarder les murs en ruine. Une porte ciselée. Est ce l'entrée principale ?

   Il y a un contraste saisissant entre la façade avec la grande arche et l'entrée "pour piéton".

  J'entre par cette grande arche dont l'architecture n'est point celle d'une ouverture du 13ème siècle.

 

L'intérieur de la 1ère salle - maison forte

    L'intérieur de la première salle est très sobre, point de sculpture ni d'élément de confort (fenêtre, cheminée). Seule apparaît à l'étage une porte (?).

   Les pierres sont correctement taillées prouvant la "richesse" des anciens propriétaires. Par contre, avec les années, les joints se sont écartés.

  Cette grande salle sans séparation n'est point une salle d'habitation.

Etait ce l'étable, l'écurie ou le stockage ?

  Quelle magnifique cheminée !

L'intérieur de la 2ème salle - maison forte

   Le contraste entre les 2 salles est impressionnant. Celle-ci est chaleureuse. L'imposante cheminée (possédant, d'après mon manuscrit, une inscription à l'Ordre des Templiers) est magnifique.

   Même si les années ont abîmé cette construction, il y a de nombreux détails amusants ou énigmatiques.

Que pensez vous de ces pierres légèrement courbes ?

 

L'autre bâtiment

    A quelques mètres de la maison forte, un autre bâtiment dans le même alignement attend patiemment ma visite. D'après ma documentation, ce serait le chai.

   Il n'est pas étonnant que proche de Bordeaux, dans ce territoire viticole, un chai exista. La vente du vin permettait d'enrichir la commanderie pour des achats guerriers ultérieurs.

  Reste-t-il des bouteilles dans le chai ?

Extérieur du chai

   Comme pour l'autre bâtiment, le chai possède 2 entrées :

   * Une, classiquement rectangulaire,

   * L'autre, avec une arche.

 

Intérieur du chai

    La surprise est totale dans la première salle. En plus de voir une niche proche de l'ouverture, je suis étonné par les nombreux corbeaux sculptés.

   Je dois être très prudent lors de mes déplacements. En plus des pierres roulant sous mes chausses, il y a des ouvertures dans le sol.

Sont ce des caves ?

 

La civilisation me rattrape

  Les 2 salles ne se ressemblent pas :

* L'une a des pierres pauvrement taillées et mal ajustées,

* L'autre possède des murs avec des pierres taillées très jointives.

Avez remarqué un curieux détail ?

  Je ne savais pas que les Templiers avaient inventé l'électricité. Je pensais que c'était Volta en 1800, puis Thomas Edisson en 1879.

  Evidemment, vous aviez compris que ces bâtiments ont été occupés jusqu'au 20ème siècle.

 

 

Histoire de la commanderie :

* Le 13 janvier 1129, fondation de l'Ordre du Temple.

* En 1170, le site d'Arveyres est notifié dans un texte au sujet d'un partage (à vérifier) entre l'archevêque de Bordeaux et le Vicomte (voir titre de noblesse) de Fronsac.

* En 1231, Raymond Gombaud seigneur de Vayres donne le territoire d'Arveyres à l'Ordre du Temple.

* En 1264 (à vérifier), quatre croix sont implantées marquant les limites de la commanderie.

* Au 13ème siècle, construction de la commanderie.

* En 1307, le roi de France (voir liste) Philippe IV le Bel ordonne l'arrestation des Templiers et la confiscation de leurs biens.

* Le 13 mars 1312, dissolution de l'Ordre du Temple.

* Au 14ème siècle, la commanderie et les terres appartiennent aux Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

* Au 18ème siècle, des annexes sont construites.

* Vers 1792, les révolutionnaires réquisitionnent le site, font détruire l'église et vendent les pierres.

* Le 19ème siècle, époque du modernisme, a été très "meurtrier" pour les bâtiments de la commanderie. Certaines constructions sont détruites, d'autres, non entretenues, tombent d'elles mêmes.

* Au 20ème siècle, la construction de l'autoroute détruit un moulin à eau utilisé par les Templiers.

* A la fin du 20ème siècle, la municipalité achète les vestiges de la commanderie. Les bâtiments possèdent encore des toits et des murs solides.

* Au début  du 21ème siècle, la municipalité n'a fait aucun entretien. La commanderie se dégrade, les toits disparaissent, les murs s'écroulent. Certaines pièces sont remplies d'ordure.

* Au 21ème siècle, une association de sauvegarde est créée. Elle cherche des financements pour sécuriser le site et organise des visites.

* En ce 21ème siècle, la découverte de l'extérieur des bâtiments est libre et gratuite en respectant le champ. La visite de l'intérieur est réservée aux "fous" comme moi, correctement chaussée et habillé d'un heaume. Le risque de chute de pierre est important. Veuillez respecter ce site fragile et historique.

 

L'histoire de l'Ordre du Temple est plus dense que cette ruine

 

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6 mai 2014 2 06 /05 /mai /2014 06:30

 

Département :   40 - LANDES

Le bourg :

La ruine se cache telle de moi ou de tous ?   Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Le bourg de Saint Martin d'Oney est situé à 12km à l'Ouest-Nord-Ouest de Mont de Marsan.

  Coordonnées du bourg :

43° 55′ 45.84″ N 0° 38′ 22″ W
 43.9294°  -0.639444°

 

L'église :

    L'extérieur  :

La découverte

    En arrivant dans le village, la brume transforme les constructions et curieusement quand je m'approche, c'est la végétation qui m'empêche de voir l'église.

Le lieu est il envoûté ? 

 

L'enquête commence

      En me décalant légèrement vers la droite, une tour trapue apparaît. Pour un construction fortifiée, je suis surpris par sa faible hauteur, et pourtant tout m'affirme que je suis face à une tour de défense.

     Bien qu'un petit bâtiment carré (sacristie ?) ait été construit contre la tour, cette dernière montre des contreforts aux 4 angles et un autre au centre de la façade renforçant l'assise.

     Évidemment, le crénelage est la preuve de sa fonction défensive. Même si la tour a été très (trop ?) restaurée, il est possible de voir de belles pierres en grès et un chaînage d'angle bien appareillé.

 

Encore des défensesQuelle puissance !

    Pensant avoir vu la défense principale de cette église, je retourne vers mon destrier en jetant un dernier regard à cette construction religieuse quand.... je vois une autre tour sortir du brouillard.

  Elle est plus massive et plus haute que la 1ère.

 

La 2ème tour

    Comme sa consoeur, cette tour a un contrefort au milieu de la façade, mais il n'y en a aucun dans les angles. Par contre, elle comporte de nombreuses archères sur 2 niveaux. Ces fentes ne sont pas alignées (permettant de couvrir plus de surface défensive) et curieusement l'une d'entre elles est bloquée dans l'angle d'un contrefort.

    Au sommet, un crénelage borgne permet la surveillance des 4 cotés, le plus surprenant est qu'il soit asymétrique : 3 créneaux sur 3 face, et seulement 2 cotés nef.

    D'ailleurs ce coté comporte aussi une autre curiosité architecturale. Mais j'ai des doutes :

   * Sont ce des créneaux ou des portes rebouchées ?

   * Ces pierres en encorbellement sont elles le support d'un ancien toit ?

   * Ou plus simplement un chemin de ronde externe ?

   * Ou....

Avez vous une idée ?

 

    L'intérieur :

       Il est temps maintenant de traverser cette porte dont l'épaisseur du mur me surprend. A l'intérieur, comme je le pensais, la restauration a été très efficace pour lui donner un aspect trop moderne.

    L'église comporte une nef à 2 travées avec 2 collatéraux séparés par des arcs plein cintre. Mais il n'y a aucun accès possible aux 2 tours fortifiées.

 


Histoire de l'église :

* Au 14ème siècle, construction de l'église.
* Au 15ème siècle, amélioration des fortifications de l'église.
* Durant plusieurs siècles, des consolidations sont réalisées avec des matériaux de remploi.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Martin) est libre et gratuite depuis la place du village. La visite du clocher et des fortifications est interdite.

 

2 tours encadrant la nef. Presque unique !

 

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4 mai 2014 7 04 /05 /mai /2014 06:30
     
michel-j-01  
Cet article est très spécial : Il est l'oeuvre d'un passionné ayant comme pseudo : " M. J.". Comme moi, il est fou de châteaux, aussi bien d'époque médiévale que renaissance. C'est aussi un passionné d'architecture et d'art. Il m'a proposé d'écrire quelques articles sur mon modeste blog.

     J'ai évidemment accepté. J'adore échanger sur les châteaux forts. Je suis fier de l'avoir dans ce "bateau" qui navigue à travers le temps !

   Croyez moi, vous allez découvrir un monde différent du mien, un ressenti plus architectural.

Faites lui un formidable accueil. 

 

michel-j-02  


Département 60 - OISE

 Point de douves devant les remparts !

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

       La petit commune de Parnes est située à 55km au Nord-Ouest de Paris, à 35km au Sud-Ouest de Beauvais et à 10km au Sud de Gisors.

  Coordonnées du château :

49° 11' 7.663" N 1° 45' 52.535" E
 49.185462°  1.764593°

 

Le château :

     L'extérieur :

L'arrivée

    En arrivant à Alincourt, ce sont cinq siècles d'histoire de France qui s'offrent à votre regard. Mais avant de découvrir les bâtiments, il faut franchir une porte moderne. Le château est invisible de la route car il est au centre d'une belle forêt.

 

La découverte

  Au bout d'une longue allée, de nombreuses constructions s'offrent à votre regard.

 

 

Vue globale du château d'Alincourt

 

Pour mieux comprendre ces bâtiments, veuillez cliquer ici.

 

Rapide description des bâtiments

  La poterne d'accès du 15ème siècle est l'aboutissement du mur d'enceinte Ouest.

     Deux forts pavillons à base carrée, reliés par un portail à doubles arches en plein cintre supportant un étage qui devait abriter le logement du gardien. Le tout est bâti en pierre blonde du Vexin, percée d'étroites fenêtres.

  Le haut colombier à base circulaire de la même époque est couvert d'un toit à poivrière.

 

Bâtiments du 16ème et 18ème siècle

     Observez le raffinement de ces anciennes écuries du 16ème siècle, s'ouvrant sur les autres dépendances par une arche en plein cintre cantonnée de deux tourelles à poivrière.

   C'est un privilège du Vexin que d'avoir des carrières de pierre permettant d'utiliser ce matériau même dans les bâtiments les plus modestes.

    Derrière, la chapelle s'est offerte une entrée latérale, encadrée de colonnettes doriques, surmontées d'un fronton triangulaire. 

  Voulez vous jouer au dame sur ce damier ?

Le pavillon du 16ème

    Les deux constructions les plus attachantes de ce château sont ces deux courtes ailes, collées l'une à l'autre selon un angle légèrement aigu. A gauche, un bâtiment du 14ème siècle, dénommé "logis du Méridien", épaulé sur son pignon Ouest par un solide contrefort. Il est flanqué en son centre par une tour polygonale qui a conservé un petit chemin de rond et ses mâchicoulis.

    D'une toute autre facture est l'aile Renaissance de droite qui a néanmoins conservé ses deux tourelles défensives en encorbellement.

    La décoration des façades en pierre et brique, en damier ou en bandeaux, est typique des réalisations Renaissance dans le Vexin et en Haute-Normandie : Fin décor de pierre au pourtour des baies et en linteaux.

 

Le pavillon du 

     A l'extrémité de deux ailes en retour d'équerre, reliées l'une à l'autre par la tour du Général, se situe ce grand pavillon du 16ème siècle, coiffé d'un toit en fer de hache et flanqué de tourelles de pied à ses angles, sur lesquelles on retrouve la même décoration en bandeaux alternés de brique et pierre.

 

Le parc

   Tout ce bel ensemble se situe dans un parc arboré de 110 hectares, clos de vieux murs, où l'on trouve jardins à la française, potagers et, au delà, étangs et allées cavalières.

 

 

Histoire du château :

* Au 12ème siècle,  construction du château (à vérifier).

* Au 15ème siècle, modifications des systèmes défensifs.

* Au 16ème siècle,  aménagement de la chapelle certainement par Pierre Legendre. Il construit aussi le bâtiment Renaissance que l'on découvre sur la droite.

* En 1733, la famille Legendre vend le château au Comte (voir titre de noblesse) de Sénozan

* En 1764, le château est vendu au Duc de Vallières.

* Au début du 20ème siècle, le château est possession de la famille du sénateur Bérenger,

* En 1944, le château est inscrit aux Monuments Historiques.

* Au  20ème siècle, le château est revendu à la famille d'Herbais.

* A la fin du 20ème siècle, il est possible de louer le château pour des mariages ou cérémonies.

* En 2009, Alain Duménil achète le château. Le château n'est plus accessible.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est impossible car le château est au centre d'une imposante foret. La visite de l'intérieur ne semble plus possible.

 

 

 

 
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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 06:30

 

Département 02 - AISNE (Thiérache)

  Depuis le parvis de l'église je vois la tour de Chimay

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      La commune d'Aubenton est située à 12km au Sud-Est de Hirson, à 40km à l'Est de Vervins (voir son église) et à 25km au Nord-Est de Montcornet.

  Coordonnée de la tour de Chimay :

49° 50' 12.592" N
4° 12' 11.844" E
 49.836831°
 4.20329°

 

    Toponymie :   (--> voir initiation)

 Le bourg est traversé par 2 rivières :

1 - L'Albe ou Aube,

2 - Le Ton ou Thon.

  Ce premier cours d'eau se jette dans le deuxième.

     Le bourg fut donc nommé Albeton, puis transformé en Aubenton.

 

La tour de Chimay :

     L'extérieur :

La découverteLa ronde tour en brique semble être sortie de terre hier !

   Après avoir visité l'église fortifiée de ce bourg, je me dirige vers la "ruelle de la tour" pour voir.... une tour !

Quel bonheur lorsque le nom des rues me guide vers mon Graal !

  Au bout de la ruelle, je découvre la tour de Chimay, l'un des rares vestiges défensifs des remparts du 14ème siècle.

 

L'enquête commence

    Cette tour en brique rouge est intégrée dans les vestiges d'un rempart en pierres. Ces dernières sont correctement taillées et jointives. Mais je pressens qu'elles ont été modifiées durant des siècles et aménagées dernièrement pour sécuriser le petit jardin.

 

Curiosités sur cette tour

    Comme moi, vous avez remarqué quelques détails :

1 - La tour en brique est posée sur une base en pierre.

2 - Un escalier a été aménagé récemment. Il semble impossible qu'il ait été construit au moyen âge pour faciliter l'intrusion des ennemis.

3 - Sur la paroi des fenêtres ont été percées pour rendre cette tour habitable.

4 - Au sommet, au 20ème siècle, des vitres ont été posées sur les ouvertures du chemin de ronde pour créer une pièce de vie.

5 - Des lucarnes ont été aménagées récemment pour amener plus de lumière dans la salle haute.

6 - Les mâchicoulis (voir vocabulaire) ont été obstrués pour ne point refroidir la chambre du gîte rural.

 

    L'intérieur :

  Quelle chance, une charmante princesse, voyant mon intérêt pour cette tour, m'invite à découvrir son intérieur. Je ne vous montrerai pas les 3 niveaux, mais je vais vous faire découvrir la chambre au sommet.

Voyez vous les lucarnes et les ouvertures de tir du chemin de ronde ?

 

 

Histoire du bourg :

   Cela fait de nombreuses années que je narre l'histoire de châteaux, d'églises fortifiées et même de cités. Jamais je n'avais vu autant d'acharnements et de saccages envers un petit bourg. Chaque génération d'habitants a vu un ravage ou un cataclysme s'abattre sur leur ville.

Je suis vraiment admiratif par l'envie de chaque descendant à continuer à vivre ici.

L'histoire est parfois très cruelle, mais les hommes sont toujours les plus forts !

Ceci n'est qu'un petit résumé de la dense histoire d'Aubenton.

 

* En 1169, la seigneurie d'Albenten est citée dans un texte.

* Au 12ème siècle, la peste et la lèpre déciment la population.

* Au 13ème siècle, la cité est prospère et importante.

* En 1254, la seigneurie relève de Saint Quentin.

* Au 13ème siècle, la cité est cédée aux abbayes :

- Saint-Rémi de Reims,

- Saint-Vincent de Laon,

- et au chapitre de Rozoy.

* En 1340, la cité, fortifiée de palissade, est saccagée par les troupes de Jean De Hainaut (voir liste des Comtes du Hainaut). Viols, meurtres, maisons brûlées, réserves de nourritures anéanties et les tonneaux de vin, richesse de la ville, transportés à Chimay.

- De ce sanglant épisode, les habitants ont gardé le souvenir en nommant 2 ruelles :

- Ruelle du sang,

- Ruelle du sac.

* En 1358, avec l'accord de Philippe VI de Valois, le bourg est fortifié. Six tours et trois portes fortifiées sont construites.

* En 1521, le cité est saccagée.

* En 1591, encore une attaque.

* En 1648, la cité n'échappe pas aux ravages de la Guerre de Trente ans.

* En 1650, Aubenton est assiégé.

* A partir de 1792, les Révolutionnaires s'attaquent à la cité. Les fortifications sont détruites.

* En 1793, la porte fortifiée nommée "Jeton" est démolie.

* En 1798, l'une des deux paroisses (nommée "Saint Nicolas") est démolie par les Révolutionnaires.

* En 1805, les Tours Saint Nicolas et du Vieux Moulin sont détruits par un arrêté Préfectoral.

* En 1810, la ville est occupée par les cosaques russes,

* En 1811, ce sont les Prussiens qui envahissent le bourg.

* En ce 20ème siècle, les 2 guerres mondiales n'épargnent pas le bourg.

* A la fin du 20ème siècle (1979 ?), la commune achète la tour de Chimay puis l'aménage en gîte rural.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de la tour est libre et gratuite depuis ruelles et routes. La visite de l'intérieur n'est possible que si vous louez ce gîte. Vous aurez ainsi la chance de dormir dans une tour puis de lire l'histoire de la cité apposée sur la porte, tout en préparant un repas dans la belle ronde cuisine.

 

Les remparts se sont affaissés pour mettre en valeur la rouge tour !  

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29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 06:30

 

Comment imaginer que cette paisible rivière ait emporté l'église

 

Département 09 - ARIEGE

 

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   Le petit hameau de Salau est situé à 110km au Sud-Sud-Ouest de Toulouse, à 55km au Sud-Est de Saint Gaudens, à 11km au Sud de Seix et à 3km au Sud de Couflens, sur la RD3.

     Coordonnées de l'église :

42° 45' 28" N 1° 11' 22" E
 42.757896  1.189474

 

L'église : 
        L'extérieur :
Pourquoi le choix de ce site ?

   D'après ma documentation touristique, Salau (le dernier village au fond de la haute vallée du Salat) possède une église romane datant du 12ème siècle. Elle aurait été construite par les Chevaliers Hospitaliers de l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem.

   Mon dictionnaire des châteaux forts et fortifications médiévales affirme que cette église est fortifiée. Voila deux raisons pour parcourir la petite route départementale en direction de l'Espagne.

 

La découverte 

1 - Entouré par les montagnes, le village se regroupe le long de sa rivière.

2 - Sur la rive gauche du Salat, l'ancienne église se dore au soleil.

3 - Proche de son petit cimetière, dans un écrin de verdure, son calme ne reflète pas sa vie mouvementée.

4 - La différence de couleur, de hauteur et de pierre entre la partie gauche et droite trahit des reconstructions.

5 - Cette différence d'architecture se voit sur la face coté Nord.

6 - Même si la partie droite parait plus solide, elle ne garde aucune trace de système défensif.

 

1 2 3 4 5 6

  Un plan d'église peu traditionnel

Le clocher

    Il comporte quatre arcades. Elles sont disposées en deux étages, avec doubles archivoltes reposant sur des colonnettes dont les chapiteaux sont sculptés.

 

Diantre, quelle curiosité !

   Mon petit manuel touristique affirme que : " Le clocher est situé sur l'arcature qui sépare les deux nefs".

Voyez vous deux nefs ?

  Pour comprendre cette curiosité il faut se référer au plan réalisé au 19ème siècle. Coté Ouest (en haut sur le plan) une puissante salle faisait partie du monastère. Ce dernier ayant disparu, la salle se situe dans le prolongement de la nef initiale, comme une deuxième nef.

3 niveaux pour une église ayant trop vécu

Dernières constatations avant d'entrer

   J'observe cette église composée de trois "bâtiments" bien distincts avec un dénivelé différent. Le sol en pente ne justifie pas ces hauteurs.

 Avez vous remarqué l'ansence de contrefort et de bande Lombarde ?

    Sur le coté Sud-Ouest, une baie géminée tranche avec les fines fentes romanes de l'autre coté. Je suppose qu'elle doit amener une grande lumière dans l'étage du bâtiment Ouest. L'ouverture murée sur la gauche était une porte menant dans le monastère.

 

Le Chrisme

    Au dessus de la porte d'entrée, une pierre sculptée attire mon regard. Ce Chrisme (voir définition) a été retrouvé après l'inondation de la fin du 20ème siècle puis replacer au dessus de l'entrée. Il semble que ce soit l'une des rares pierres d'origine datant de l'installation des Hospitalets.

 

        L'intérieur :

Curiosité

  Pour entrer dans l'église, je dois appuyer sur un bouton. En même temps, je prononce la phrase magique : "Sésame, ouvre toi". Et comme par magie, la porte s'ouvre seule.

  Une fois à l'intérieur, le "temple  est à nouveau scellé (Vous avez compris que la porte électrique s'est refermée automatiquement). D'un seul coup, une panique s'empare de moi : "Y a t il un bouton d'ouverture à l'intérieur ?"

 

Rapide description

11 - Les pieds bien campés à l'extrémité Nord de l'église (nommée Salle des hommes), je comprends que les étages "fortifiés" me sont interdits. Cette salle aurait eu un passage communiquant avec le monastère des Hospitalets.

12 - Illuminé par l'unique fenêtre, la nef est très sombre (il m'a fallu un temps de pose très long pour réaliser cette image).

13 - Pour certains, cette pierre sculptée est un bénitier, mais pour d'autres, ce serait une "fontaine".

14 - En ce village bien loin de la Lorraine et de la reconquête de Reims, figure la statut de Jeanne d'Arc.

15 - L'abside en cul-de-four est décorée d'une peinture de J.B. Lalanne.

16 - Après avoir humé l'intérieur de cette église, je reprends le chemin du retour en jetant un dernier regard dans la "salle des hommes".

 

11 12 13 14 15 16

 

 

Histoire de l'église :

* Au 12ème siècle, une légende affirme qu'une princesse venue d'Espagne et répudiée par son époux aurait fait construire une chapelle en ce lieu.

* Au 12ème siècle, construction de l'église par les Chevaliers Hospitaliers de l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem. certains historiens supposent qu'ils serait venus d'Espagne après avoir participé à la Reconquista du Nord de la Péninsule..

* Au 13ème siècle, les Hospitalets ajoutent un clocher-mur et le narthex.

* Au début du 14ème siècle, le Pape Clément V donne une partie des biens et terre de l'Ordre du Temples aux Hospitalets. En doublant leur propriété, ils ne peuvent plus être partout. Salau est progressivement abandonné.

* Au 15-16ème siècle, Salau dépend de la Commanderie de Caignac en Lauragais

* Au 19ème siècle, les colonnes du porche sont retrouvées dans les champs. Il est décidé de les implanter autour de l'église.

* En 1911, l'église est classée aux Monument Historiques.

* En 1937, une importante inondation détruit partiellement l'église et emporte de nombreuses colonnes.

* En 1982, une inondation emporte queques pierres de l'église primitive.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite des étages intérieurs est interdite.

 

Je deviens un chevalier amateur de monument touristique... hoooo

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