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Ombre et lumière

22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 06:30

 

Département 02 - AISNE (Thiérache)

  Voyez vous l'église fortifiée ?

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Le petit village de Marly-Gomont est situé à 38km au Nord-Est de Saint Quentin, à 14km à l'Est de Guise et à 12km au Nord-Ouest de Vervins.

   Coordonnées du bourg :

49° 54′ 18.72″ N 3° 47′ 32.64″ E
 49.9052°  3.7924°

 

L'église :

     L'extérieur :

La découverte

     Durant mon errance touristique dans la province du Thiérache, je m'amuse à photographier les fleurs et les nuances colorées des champs quand soudain, apparaît.....

La voyez vous ?

    Au loin, la forme caractéristique d'un bâtiment religieux survole l'horizon mais avec ses "verrues" il me fait penser à un système défensif accroché aux flans.

   Il n'en faut pas plus pour que j'enfourche mon destrier en direction de l'église fortifiée de Marly Gomont. A chaque foulée de mon "joly jumper", le bâtiment m'apparaît de plus en plus beau.

 

Premières constatations

    Mes chausses plantées dans le petit cimetière, je regarde l'architecture de cette église. Deux bâtiment distincts se dessinent devant mes yeux avides de détails.

   Le 1er est évidemment le chevet, une construction solidement renforcée par les contreforts à larmiers. L'association des pierres en partie basse et des briques au dessus est surprenante, mais je délaisse rapidement ce bâtiment car je ne distingue aucun système défensif.

Avez vous remarqué l'absence de clocher ?

  La puissance de feu devait être impressionnante

L'incroyable nef !

   Je reprends un peu de recul pour mieux apprécier le 2ème bâtiment. Mes yeux sont éblouis par les multiples originalités de cette nef :

1 - Même s'ils créent des angles morts, les nombreux contreforts à larmiers donnent une puissance à cet édifice.

2 - Entre chaque contrefort, la courtine comporte une large ouverture de tir avec un ébrasement (voir vocabulaire) important. Le trou intérieur me fait penser à une ouverture pour fusil ou petite arquebuse.

  Ce tir rasant a du être dévastateur.

3 - Bien que ce détail ne fasse pas parti du système défensif, le vestige (bouché) d'une ouverture de lumière prouve que les fenêtres étaient situées en hauteur, empêchant ainsi l'introduction des assaillants.

  Les fenêtres actuelles ont du être percées récemment.

4 - Chaque angle de ce bâtiment possède une tourelle.

Je guette si dans l'échauguette un guetteur me guette  

Les tourelles 

   En encorbellement sur chaque angle, posée chacune sur deux contreforts droits, les échauguettes n'ont pas le prestige et la puissance d'une tour flanque de château fort, mais leur fonction défensive est évidente.

    Percées de plusieurs fentes pour tir au fusil, elles complètent parfaitement les ouvertures basses des courtines.

  Deux des quatres échauguettes ont une curieuse caractéristique.

La voyez vous ?

  "Récemment", pour allonger l'église et construire la nef, les architectes ont coupé l'arrière, ne laissant qu'une demi échauguette.

Incroyable n'est il pas ?

 

La façade

   Bien que je ne soit pas un spécialiste des églises du Thiérache, il me semble qu'un clocher-mur est rare dans cette province, je suis donc surpris par cette architecture.

  Pour défendre l'entrée, il y a évidemment les 2 échauguettes d'angle mais aussi, de chaque coté de la porte des ouvertures pour tir rasant.

 

    L'intérieur :

  Comme souvent durant notre siècle, les églises sont fermées. Celle-ci ne déroge pas à la règle. Mais le plaisir de la regarder est si grand que je ne regrette pas sa porte close.

 

 

Histoire de l'église :

* Au 12ème siècle, un village nommé Marley est cité. Son seigneur est vassal du Duc (voir titre de noblesse) de Guise.
* Au 13ème siècle (?), construction d'une église.
* Au 14ème siècle, modification de l'église.
* Au 15ème siècle (à vérifier), aménagement des systèmes défensifs.
* Au 17ème siècle (à vérifier), destruction  partielle de l'église pour construction d'un choeur.
* En 1928, l'église est inscrite aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Rémi) est libre et gratuite. La visite des fortifications est interdite.

 

Un clocher fortifié est le secret de cette église

 

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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 06:30

 

Département :   50 - MANCHE

Voyez vous cette beauté médiévale au loin ?

 

Le bourg :

    Situation  (--> le voir sur une carte)

        Le village de Sainte Geneviève se situe à 22km à l'Est de Cherbourg et à 4km à l'Ouest de Barfleur.

   Coordonnées :

49° 39' 24.595 N 1° 18' 47.322" W
 49.656832°  -1.313145°

 

Le manoir : 

    L'extérieur

La découverte

     Après avoir découvert la maison forte de La Dubourderie  j'erre en direction du village de Sainte Geneviève quand une forme ronde m'attire le regard.

Serait ce le manoir de l'Abbaye ?

Voyez vous ce curieux vestige de fenêtre ?

 

Analyse de la tour

      Sur cette face rectiligne et peu haute, la forme ronde et pointue de la tour surprend. Sous le toit en poivrière recouvert de lauzes, je distingue de fines ouvertures verticales dont certaines avec un ébrasement  (voir vocabulaire) extérieur.

 

 Curiosité 

      En prenant un peu de recul pour mieux observer la tour, je découvre dans l'angle une "ouverture" bouchée :

 * Était ce une fenêtre ?

 * Était ce une bretèche ?

 * Était ce ....?

 

La découverte continue

     En contournant ce manoir, je suis interloqué par cette fascinante façade correspondant à l'entrée du manoir.

 Cette entrée comporte 2 ouvertures :

      * Une pour les piétons.

      * Une pour les carrosses.

Quelle est la fonction de cette rarissime construction ?

 

Quelle fascinante entrée

  1 - Sur la droite de la porte, il y a une fente de tir obstruée.

  2 - Sur la gauche, il y a un trou rond.

Était ce pour un fusil ou simplement un oeilleton ?

  3 - Puis en haut sur la gauche, une petite construction en encorbellement.

Avez vous une idée de sa fonction ?

   C'est une sorte d'échauguette permettant de tirer au fusil  pour défendre l'accès à la porte.

 

    L'intérieur

       Hélas, la propriété est privée et interdite à la visite.

 


Histoire du manoir :

* Au 14ème siècle, construction d'un manoir Presbytéral appartenant à l'abbaye Notre-Dame du Vœu.
* Au 16ème siècle, il semble que le manoir soit fortifié par une puissante tour.
* Au 17ème siècle, la famille Le Fèvre occupe le manoir.
* En 1722, Jacques Langlois habite la construction.
* En 1736, Pierre Langlois y réside.
* Vers 1790, le manoir est habité par la famille Dagier.
* Au début du 19ème siècle, le site est habité par madame veuve Georges Marie.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite depuis les ruelles. La propriété étant privée, la visite de l'intérieur est impossible.

 

En face de l'église, la manoir est impressionnant


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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 07:40
     
michel-j-01     Cet article est très spécial : Il est l'oeuvre d'un passionné ayant comme pseudo : " M. J.". Comme moi, il est fou de châteaux, aussi bien d'époque médiévale que renaissance. C'est aussi un passionné d'architecture et d'art. Il m'a proposé d'écrire quelques articles sur mon modeste blog.

     J'ai évidemment accepté. J'adore échanger sur les châteaux forts. Je suis fier de l'avoir dans ce "bateau" qui navigue à travers le temps !

   Croyez moi, vous allez découvrir un monde différent du mien, un ressenti plus architectural.

Faites lui un formidable accueil. 

 

michel-j-02  

 

 

Département 76 - SEINE MARITIME

 La ferme brille de mille feux sur la carte IGN

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      La commune de Osmoy Saint Valery est située à 42km au Nord-Nord-Est de Rouen, à 38km Est-Sud-Est de Saint Valéry en Caux et à 20km au Sud-Est de Dieppe.

    La ferme-manoir est située à 5km au Sud-Ouest de Osmoy Saint Valery.

  Coordonnées de la ferme :

49° 47' 6.018" N 1° 16' 10.164" E
  49.785005°  1.26949°

 

La ferme fortifiée :

     L'extérieur :

Préambule du Chevalier

      Dans mes errances, je vous ai présenté un château Gersois très géométrique où l'angle droit règne en maître.

   Naïvement, je pensais qu'après le 15ème siècle, ce type de bâtiment ne pouvait plus être imaginé. Grâce à messire M.J., je sais que ma théorie est fausse. Voici un bâtiment construit au 16ème siècle avec les mêmes critères qu'au 12ème.

  J'ai conscience que cette construction n'est point médiévale et ne devrait pas apparaître dans ce blog. Mais la ferme-manoir de Valouine est l'exemple parfait que les hommes-bâtisseurs ne sont pas aussi rigides que les historiens avec leurs dates de début/fin.

    Ce n'est pas parce qu'un universitaire du 19ème ou 20ème siècle décrète une date de fin du Moyen Âge que les nouvelles constructions ont changé du jour au lendemain.

J'espère que vous comprendrez mon envie de montrer une construction du 16ème siècle

dans ce blog réservé au Moyen Âge.

   Je laisse maintenant la place à messire M.J. 

  Même les cartes de randonnée reconnaissent la marginalité de cette ferme !

La découverte

    La ferme fortifiée de la Valouine est bien établie sur la commune d'Osmoy-Saint-Valery, mais à l'écart du village vers l'Ouest. Plus proche finalement du bourg des Grandes-Ventes, au lieu-dit Les Bosquets, dans les vallonnements qui annoncent la superbe forêt domaniale d'Eawy.

 

Pourquoi une ferme fortifiée ?

    Il semble que les seigneurs de Ricarville aient gardé en mémoire les conflits des deux siècles précédents quand ils ont entrepris la construction de cette ferme-manoir fortifiée à la fin du 16ème siècle, alors que la paix était revenue dans le pays.

 Vieil atavisme de méfiance normande

ou crainte justifiée par les conflits internes

entre catholiques et protestants?

 

Première approche

    Cette ferme est un superbe ensemble de brique appareillée dont la riche décoration ne se limite pas au corps de logis mais concerne tout aussi bien les dépendances de ce "clos-masure".

 

Le rouge domine dans cette cour bien verte

Analyse

    On est surpris en effet par l'aspect défensif de cette construction où la brique prédomine avec de parcimonieuses apparitions de pierre blanche.

    Flanquée de deux imposantes tours quadrangulaires et d'un double escalier dont le mur d'échiffre s'orne de colonnes en pierre, on est frappé par cette réminiscence de la féodalité à une époque où Henri IV recommandait que l'on s'adonne davantage au pâturage et au labourage qu'à la guerre.

    L'aspect sévère se trouve toutefois adouci par les beaux appareillages en losanges de brique vernissée noire et de pierre blanche que l'on retrouve tant sur le corps de logis que sur les bâtiments annexes.

 

Rigueur militaire mais décors d'agrément

    Sur la façade postérieure, une tour cylindrique abrite un escalier.

  Le bâtiment s'organise dans un clos masure typiquement normand, fermé par un grand porche, protégé par une tour.

Il a conservé de nos jours sa vocation agricole et c'est bien ce qui lui confère un charme complémentaire.

 

Conclusion

   On ne saurait donc trop conseiller d'aller voir ce site remarquable, d'autant plus que les exploitants des lieux laissent aux visiteurs un libre accès à leur domaine.

 

 

Histoire de la ferme :

* A la fin du 16ème siècle (ou en 1602 d'après certaines brochures), construction de la ferme fortifiée par les seigneurs de Ricarville.

* En 1930, le site est classé aux Monuments Historiques.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur depuis la route est libre et gratuite. La visite de la cour et des bâtiments est interdite car la ferme est une propriété privée habitée. Mais en ayant la politesse de demander l'accès à la cour, il est fort probable que vous n'ayez point un refus.

 

Une forme carrée comme un château fort !

 

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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 06:30

 

Département 17 - CHARENTE MARITIME

  La vieille porte fortifiée se désespère d'être seule

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   La commune de Tonnay Boutonne est située à 50km au Sud-Ouest de Niort, à 30km au Nord de Saintes, à 20km à l'Est de Rochefort et à 17km au Nord-Nord-Ouest de Saint Jean d'Angély.

     Coordonnées du bourg :

45° 58′ 7″ N 0° 42′ 20″ W
 45.968611°  -0.705556°

 

La porte fortifiée : 
        L'extérieur :
La découverte

     Au moyen âge, de nombreux bourgs se sont fortifiés pour limiter les assauts de petites troupes de brigands. Mais avec les années, souvent à la fin du 19ème siècle, époque où le modernisme primait sur l'archaïsme du passé, les fortifications ont été détruites facilitant la circulation des véhicules.

   C'est donc avec un immense plaisir que je vois au bout de la rue cette belle et haute porte fortifiée nommée : Saint Pierre.

  A ses pieds, je me sens tout petit ! 

Rapide analyse de la porte 

     Par sa hauteur, l'ouvrage marque le respect et la puissance de l'ancienne cité. Il se compose de deux tours reliées par une voûte gothique. La base des tours possède un évasement permettant la stabilité et peut être l'efficacité des pierres rondes jetées depuis le sommet.

     Avec un peu d'attention il est possible de voir les traces de la herse. Soudain j'ai quelques doutes : Ce ne doit pas être un rainurage mais un rattrapage des pierres rondes de la tour pour ne pas fragiliser l'angle fermé avec la paroi de la courtine.

    Au sommet, les consoles sont les vestiges des mâchicoulis (voir vocabulaire). Quelques détails me surprennent :

 * La courtine reliant les 2 tours a une faible épaisseur.

 * A cause de l'arasement, il n'y a pas de crénelage ni mâchicoulis sur cette paroi.

 * Un joli décors en pointe de diamant court sur deux niveaux sur les tours et la courtine. Force et coquetterie sont les qualificatifs de cette beauté.

 * L'ouverture au centre devait correspondre à la salle des gardes.

 * Je suis étonné de ne point voir de fente pour les flèches d'un pont levis.

 

L'autre coté

    Je traverse précautionneusement la porte fortifiée pour admirer son derrière.   Point de vilainerie coquine de ma part, je voulais dire : L'autre coté du monde médiévale.

  Le temps a massacré la tour-porte, il n'y a plus de salle au 1er étage ni d'épaisseur. Il ne reste que le vestige des coussièges.

 

        L'intérieur :
  Il n'est pas possible de visiter les entrailles de cette porte fortifiée. Discrètement, je m'éloigne de cet ancêtre pour chercher une taverne.

 

 

Histoire de la fortification et du château :

* Au 10ème siècle, un château sur motte est mentionné.

* Au 12ème siècle, fortification du bourg.

* Vers 1242, les armées du roi de France (voir liste) Louis IX attaque la cité et s'en emparre.

* Au 14ème siècle, construction de la porte fortifiée nommée : Saint Pierre.

* Au début du 19ème siècle, Claude Masse réalise des croquis et une description du château.

* Au 19ème siècle, destruction du château (et d'une partie des remparts ?).

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de la porte est libre et gratuite. La visite de l'intérieur est interdite.

 

Au revoir, belle porte.... Porte toi bien !

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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 06:30

 

Département 89 - YONNE

Il y a une tour médiévale cachée dans les arbes 

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   La petite commune de Girolles est située à 35km au Sud-Est d'Auxerre, à 25km au Nord-Est de Clamecy et à 7km au Nord-Ouest d'Avallon.

     Coordonnées de la tour :

47° 31' 42.874" N 3° 50' 23.672" E
 47.528576°  3.839909°

 

Le château : 
        L'extérieur :
Préambule

    Cela se passe en 2006. Votre Chevalier Dauphinois visite quelques sites médiévaux de l'Yonne. Dans ce petit bourg, il s'apprêtait à faire rapidement quelques clichés d'une ruine située dans une propriété privée quand  soudain, son indécente chance lui donne une opportunité.

   En ce beau jour d'été, le propriétaire du lieu va, le lendemain, marier sa fille. Il s'affaire de toute part. Son sourire est magnifique. Avec un immense courage, je lui quémande le droit de photographier SA ruine (et non pas sa fille).

Il me répond : "Faites, jeune homme, je laisse la porte ouverte durant 1 heure".

   Imaginez mon bonheur. Moi qui ai 800 ans, ce qualificatif de jouvenceau me plait, et surtout, je vais approcher une beauté que peu de personnes ont pu voir de si près.

   Vous allez avoir la chance extraordinaire de "toucher" (des yeux) une ruine non visitable et peu montrée sur le web.

 La haute tour est attaquée par la végétation

La découverte

    Dans le joli parc, les hauts arbres entourent mon Graal du jour. Mais cette vieille damoiselle sait résister à cette envahissante végétation. Elle montre ses plus beaux atours dans un costume de lierre.

  Avec une hauteur de 12 mètres, elle m'a déjà séduit, même si au sommet, je ne vois point de crénelage ni mâchicoulis (voir vocabulaire).

 

Pourquoi une tour solitaire ?
  Cette tour appartenait évidemment à un château fort. Mais les siècles et surtout l'aménagement d'un parc, d'une belle pelouse  puis l'utilisation des pierres pour une maison ont fait disparaître les fondation du château.

 

Rapide analyse

    A la base, la tour possède de grandes pierres taillées très jointives. Sur la hauteur, elles sont aussi larges et belles. Il n'y a que par endroit que la qualité est moindre.

Sont ce des "rebouchages" ?

   Des trous de boulin confirment l'ancienneté de cette tour.

Avez vous remarqué la qualité du parement d'angle ?

 

        L'intérieur :

Je franchi le seuilLa belle me révèle son intimité !

    C'est par une ouverture soutenue avec des poutres en ciment moderne que j'entre dans la tour. Des pierres de remploi ont servi à consolider la base.

 

Je l'observe de loin

      Pour mieux comprendre son architecture intérieure, je prends du recul. Chaque étage est clairement marqué par une série alignée de trous pour les poutres du plancher.

Avez vous remarqué l'épaisseur des murs ?

  Curieusement, les pierres au sommet n'ont pas la même qualité.

Est ce du à une élévation tardive ?

 

De nombreux détails !

   Mes yeux de Castellologue-Amateur sont ébahis par le nombre impressionnant de traces de confort et de vie à l'intérieur de cette tour.

Les distinguez vous ?

  Fenêtres, cheminées... Que de confort ! 

Description

* Deux des trois parois possèdent des fenêtres.

* Elles sont peu larges.

* Ces ouvertures comportent toutes une coussiège.

* Ce "ban" de pierre est toujours situé à gauche de la fenêtre.

* Le mur borgne possède des vestiges de cheminées.

* Celle-ci sans décoration, situé dans une salle basse, ressemble à une cheminée de cuisine.

* Par contre, celle au dessus, avec ses piédroits sculptés, devait chauffer la salle de réception.

* Ces cheminées sont proches de certaines fenêtres.

Avez vous remarqué que les murs des salles moins élevées comportent des corbeaux pour soutenir le sol ?

 

C'est la fin

    Ne souhaitant pas embêter plus longtemps mon hôte du jour (que je remercie encore) je quitte ce lieu magnifique non sans avoir regardé une pierre magnifiquement sculptée prouvant que cette tour appartenait au Moyen Âge à un seigneur aisé au goût subtil.

 Nota :

  Cette tour qui de loin paraissait (pouvait paraître) banale, sans intérêt, est une construction à l'architecture très riche.

Ceci vous montre que la compréhension de ruines doit se faire avec attention et patience.

   N'oubliez pas ce conseil : Observez puis comparez pour mieux comprendre.

Pensez vous qu'une belle damoiselle brodait sur la coussiège ?

 

 

Histoire du château :

* Au 6ème siècle, la petite histoire de la Grande Histoire de France affirme que la Reine des Francs nommée Brunehaut  aurait pu séjourner dans cette tour lors de ses périples au château d'Epoisses. Je présume que ceci n'est qu'une légende, même s'il est vrai qu'à notre siècle, la tour porte son nom. Une telle tour en pierre n'existait pas avant le 11ème siècle.

* Au 9ème siècle, le château/territoire/site est donné à l'abbaye Saint Martin d'Autun.

* Au 14ème siècle, le château est "reconstruit ou agrandi"  (?).

* En 1594, le château est détruit, certainement durant la huitième guerre de religion (à vérifier).

* Au début du 20ème siècle, seule la tour en ruine est visible. Les bases du château semblent avoir disparu.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite depuis la route. La visite de l'intérieur est interdite car la ruine est dans une propriété privée.

 

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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 06:30

 

Pour découvrir l'extérieur de cette forteresse, veuillez cliquer ici.

 

 

Bobinette et chevillette vont être sollicitées

 

Le château :  (suite)

     L'intérieur :

Je pousse la porte et...

   Malgré ma musculature imposante, la grille ne s'ouvre point. Je tire la chevillette, mais point de bobinette cherre.

  Je vais donc tenter de comprendre cette incroyable forteresse depuis l'extérieur.

  Je vous sens dubitatif derrière votre écran, pourtant, l'intérieur peut se voir de l'extérieur.

Je vais vous le démontrer.

 

Les tours du châtelet

     En me contorsionnant, en cherchant le détail sur la droite, je vois l'entrée de la tour ronde du châtelet (souvenez vous, je vous l'ai montrée ici). La porte et la fenêtre ne sont point médiévales. Elles ont été ouvertes au 19ème siècle par les paysans utilisant le château comme lieu de stockage.

    A l'intérieur de la ronde tour, je distingue des corbeaux ayant supporté des poutres.

 

La végétation est l'assaillant du château

Qu'est ce donc ces constructions ?

    Je continue de me contorsionner à travers les barreaux de la porte pour découvrir les autres bâtiments intérieurs.

Quel capharnaüm !

 - Je vois des tours rondes dans un château.

 - Je distingue des pans de mur sans fonction identifiable.

 - Dans l'herbe, je devine des traces de fondation.

Il me faut résoudre cette énigme architecturale.

 

Un plan salvateur

     Les réponses à mon questionnement se trouvent dans le plan de ce château.

  En regardant depuis l'entrée du châtelet (repère C) je vois :

1 - Les invisibles traces d'une tour disparue,

2 - Les petits vestiges d'une tour,

3 - Les vestiges d'une autre tour,

0 - Le pan de mur Nord-Ouest de l'habitat du donjon,

6 - L'imposante tour Sud,

M - Le mur Sud de la "maison".

   La preuve de mes dires est ici.

 

Tout est en rondeur sauf la 'maison'

La maison

  Je ne m'étendrai pas sur cette curieuse construction parallélépipédique dans un château qui possède autant de formes circulaires.

* Est elle médiévale ?

* Etait ce un logis ou un commun ?

* Pourquoi est elle plus haute que le rempart ?

 

Le donjon

   De nombreux documents affirment que cette puissante tour aurait été le plus haut donjon au 14ème siècle. Il est vrai que ses dimensions sont impressionnantes :

* Largeur : 10 m,

* Longueur : 18 m.

  Le donjon habitable est flanqué de 6 grosses tours rondes. Le corps central avait la même hauteur que les tours.

Ce donjon est unique !

 

De l'extérieur, je vois l'intérieur

    Pour mieux comprendre l'aménagement des bâtiments et l'architecture de l'intérieur des salles, je prends un peu de recul. Cette ruine est un livre ouvert sur le confort et l'habitat :

* Fenêtre à coussiège,

* Corbeaux ayant porté des poutres,

* Axes de circulation,

* Portes.....

  Tout est évident !

  Je vous laisse déguster cette forteresse unique.

 

 

C'est la fin

    Il reste encore beaucoup à voir dans cette forteresse médiévale, mais pour ne point gâcher votre plaisir je ne vous dévoile tout.

  Avant de vous quitter, je vous offre la vue satellite de mon ami Google.

 

 

Histoire du château :

* Au 1er siècle (à vérifier), le Romains construisent une petite fortification au milieu des marais.

* Entre 926 et 930  les Normands de la Loire attaquent et pillent la Saintonge, l'Angoumois, le Périgord et l'Aquitaine. Certains historiens supposent qu'ils établissent un point fortifié à l'emplacement du château "Romain".

* Au 11ème siècle, un Vicomte (voir titre de noblesse) de Blanquefort est cité dans un texte. Une tour carrée en pierre (entourée certainement d'une palissade en bois) semble existée.

* En 1154, Aliénor d’Aquitaine (ancienne Reine de France) épouse Henri Plantagenêt qui devient Duc d'Aquitaine. Cet acte bien loin de Blanquefort va avoir une incidence car...

* ... Le 19 décembre 1154, Aliénor devient Reine d'Angleterre, son époux prenant le nom d'Henri II. Les seigneurs de Blanquefort sont donc les vassaux du Roi d'Angleterre.

* En 1247, le Vicomte de Blanquefort réalise quelques travaux sur le château fort.

* En 1254, Pierre Bertrand, seigneur de Blanquefort, reçoit en son château le Duc d'Aquitaine et Roi d'Angleterre Henri III.

* En 1270, Edouard 1er d'Angleterre achète Blanquefort. Il ne l'habite pas et laisse au Vicomte la moitié des revenus des terres et l'usufruit.

* En cette fin du 13ème siècle, début de construction de la forteresse.

* En 1308, pour régler sa dette, le château est cédé à Bertrand de Goth, neveu du pape Clément V.

* En 1325, en épousant le Comte d'Armagnac, le fille de Bertrand apporte le château en dot. Le Comte ayant fait allégeance au Roi de France (voir liste), un conflit éclate entre le Comte et le Roi d'Angleterre.

* Au 14ème siècle, construction du donjon. C'est le symbole de la présence Royale Anglaise en Aquitaine.

- Les historiens notent que ce ne sont point des mâchicoulis qui réalisent la défense rapprochée (comme pour beaucoup de châteaux de cette époque) mais un hourdage en bois (voir vocabulaire). Cette curiosité architecturale ne s'explique pas.

- De plus, à mi-hauteur, un autre ensemble de hourdage était prévu rendant complètement inutilisable les hourds du dessus. 

* Au 15ème siècle, les remparts extérieurs sont aménagés pour les armes à feu sur la demande du seigneur de Duras (à vérifier).  L'entrée du donjon est agrémentée de sculptures flamboyantes.

* Au milieu du 15ème siècle, durant la Guerre de Cent ans, les troupes du Roi de France  attaquent et prennent la forteresse. Antoine de Chabannes, un des anciens compagnons de Jeanne d'Arc, serait un des créateurs des embrasures à canon du châtelet d'entrée (à vérifier).

* En 1453, fin de la guerre de Cent Ans. La forteresse redevient Française.

* Vers 1476, le château est rendu par le Roi Louis XI à son ancien propriétaire, Gaillard IV de Durfort dit le Proscrit.

* A la fin du 15ème siècle (à vérifier), les historiens supposent qu'un toit à lucarnes a été ajouté sur le donjon.

* Au 16ème siècle, il semble que la famille Durfort ne loge plus au château.

* Au 17ème siècle, durant les guerres de religion le château sert de refuge aux Protestants car Symphorien de Durfort a adopté  la religion Réformé (à vérifier). Le château est partiellement brûlé.

* Au milieu du 17ème siècle, pour réprimer les Frondeurs (voir l'histoire de  la Fronde), Mazarin fait assécher le marais de Blanquefort et araser certaines tours.

* Au 18ème siècle, le château n'est plus entretenu par la famille Durfort.

* Vers 1792, les Révolutionnaires réquisitionnent le château comme Bien National puis le vendent à un marchand de bien. Ce dernier démonte les pierres pour les revendre.

* En 1862, Proper Mérimée s'intéresse à la ruine de Blanquefort. Le château est classé aux Monuments Historiques.

* En cette fin du 19ème siècle et jusqu'en 1920, une partie du château est "habité" ou utilisé par des paysans. Certains ouvrages de maçonnerie (portes et fenêtres) sont effectués.

* En 1966,  après l'effondrement d'une tour, une première campagne de fouille est entreprise.

* A notre siècle, malgré le courage et l'envie de l'association de sauvegarde, par faute de moyen financier, le château s'écroule lentement.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite en respectrant les propriétés privées et la tranquilité des habitants proches du site. La visite des entrailles semble possible quelques jours dans l'année, veuillez vous renseigner auprès de la Maison Du Patrimoine de Blanquefort ou de l'association en charge de la restauration : G.A.H.B.L.E..

 

 

Pour mieux comprendre le travail d'une association de sauvegarde, je vous propose cette vidéo.

 

 

Le château me semble plus joli que la haute tour moderne

 

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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 06:30

 

Département :  38 - ISERE

 Sur la route d'une station de ski, un château regarde passer les voitures

Le bourg

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        La commune de Theys est située à 30km au Sud de Chambéry, à 25km au Nord-Est de Grenoble et à 16km au Nord-Nord-Est de Laval (voir son château).

   Coordonnée du château :

45° 18' 9.338" N
5° 59' 50.053" E
 45.302594°
 5.997237°

 

Le château :  

     L'extérieur :

La vie du Chevalier Dauphinois

    Dès que je le peux, dès que ma frénésie de visite de châteaux forts retombe, je me rends dans le massif de Belledonne (dans MON Dauphiné bien sur) pour admirer les paysages montagneux, regarder la flore Alpine et randonner dans le silence.

  Mais.... ma passion me ratrape tout le temps.

 

La découverte

    En ce début d'automne, sur la route qui m'amène au col du Barioz (pour une belle promenade vers le Grand Rocher puis au Crêt du Poulet....si, si, c'est le vrai nom), je traverse le bourg de Theys. A quelques dizaines de mètres de l'église et de la mairie apparaît une curieuse porte fortifiée cachant partiellement un bâtiment avec une ronde tour.

  Il me faut voir de suite cette construction se dorant au soleil.

Pensez vous que ce soit un château d'origine médiévale ?

 Même si elle n'a pas retenu beaucoup d'assaillants, cette porte retient mon attention

Le porche fortifié

    A coté de la route, blottie contre une maison récente, la porte fortifiée parait presque invisible pour le passant pressé ou l'automobiliste peu attentif. Pourtant elle est fascinante et comporte de nombreux détails d'architecture :

* Une magnifique porte en bois.

* Puis un joli heurtoir et en dessous un "hygiaphone".

* Encadrant la porte, un arc brisé.

* Cet arc est surmonté d'une large pierre "violette" sculpté. Avec un peu d'attention, il est possible de voir un oiseau avec une légende : Pax Huic Domm. Cela signifie : Paix à cette maison.

* Cet écusson est mis en valeur par un encadrement en relief.

* Les colonnettes sont terminées par une tête sculptée.

* Au dessus, quatre consoles faisant office de mâchicoulis (voir vocabulaire). Il me semble plus décoratif qu'efficace.

* De chaque coté de la porte, bien que bouchée, une fente de tir avec canonnière défendait l'entrée.

 

L'autre coté du porche

    Lentement je franchi la porte et je continue ma découverte de l'entrée. En levant la tête je vois des pierres saillantes

Etait ce pour supporter des poutres ?

   Le porche comporte de chaque coté un emplacement fermé pour un garde ou plutôt un défenseur.

 L'automne rend les châteaux plus colorés 

Le bâtiment principal

    Face à ce bâtiment, je n'ai qu'une seule idée : Trouver les systèmes défensifs.

Les voyez vous ?

   Un crépi moderne puis des fenêtres et portes récentes me laissent à penser que la recherche va être difficile. Mais c'est sans compter ma chance qui me montre deux corbeaux.

Question :

Etait ce bretèche ou latrines ?

  J'opte pour ces dernières, mais mon raisonnement est plus une intuition qu'un fait avéré.

 

Curieux détail sur cette face

   Les 2 impressionnants contreforts me semblent avoir été aménagés après la construction du château, pour tenir les vieux murs. 

  Une imposante tour escalier

Que de merveilles de l'autre coté !

   Bien que la physionomie ne soit pas celle d'un puissant château fort, l'autre face comporte de nombreux détails architecturaux :

* Une haute tour escalier.

* Une fente dont la fonction est facile à identifier : Une archère canonnière.

* Trois consoles certainement utilisées pour une bretèche. Cet exemple est assez rare dans une tour-escalier.

* La fenêtre au dessus des consoles doit avoir été finalisée récemment, car elle n'est point alignée pour rendre la bretèche efficace.

* Même si cette tour ne montre pas une puissance défensive, elle affirme sa volonté de ne point être désarmée.

 

Quelques détails du bâtiment d'habitation

   La modernité et le besoin de confort ont changé la façade du bâtiment. Mais quelques détails datant de 500 ans apparaissent comme cette fenêtre à meneau en croix avec linteaux en accolade.

 

     L'intérieur :

Vais je entrer ?

       Je tente de pénétrer par la jolie porte avec linteau sculptée en accolade.      

  Hélas, le château Jail n'est pas ouvert à la visite. De plus, hébergeant le service postal, je doute que des merveilles médiévales soient encore visibles.

 

L'automne en Belledonne

  Avant de partir, je regarde la vallée et la belle foret aux couleurs d'automne.

 

 

Histoire du château :

* A la fin du 15ème siècle, construction du château.

* Au 16ème siècle, la construction appartient à la famille Villiet.

* En 1583, le Duc (voir titre de noblesse) de Lesdiguières, très amoureux de Marie Vignon, achète la seigneurie de Theys. Il fait construire cette bâtisse et il nomme Jean Vignon, père de Marie, châtelain du lieu (certains prétendent que cette belle histoire n'est que légende... Je le pense aussi).

* En 1616, un inventaire signale que la bâtisse est en très mauvais état.

* En 1893, le château est acheté par Gabriel Jail.

* En 1959, la commune achète le château.

* Vers 1974, après de nombreux travaux, un bureau des PTT s'installe dans le bâtiment.

* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. Le bâtiment accueillant une agence de La Poste ne se visite pas.

 

Les massifs de Belledonne et Chartreuse marient leurs couleurs

 

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29 mars 2014 6 29 /03 /mars /2014 07:05

 

Département :  38 - ISERE

 Au 21ème siècle, la tour est elle aussi fortifiée ?

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        La commune de Bernin est située à 45km au Sud de Chambéry et à 15km au Nord-Est de Grenoble.

 

   Coordonnée du château :

45° 15' 29" N 5° 51' 43" E
 45.25812916°  5.86196780°

 

 

Le château :  

     L'extérieur :

Avertissement

* Dans ce blog, je souhaite montrer le maximum de constructions médiévales fortifiées. Cela signifie que si une pierre a été posée avant 1492, le bâtiment aura un article.

* Une construction médiévale fortifiée peut apparaître en notre siècle sous 3 formes :

1 - Une ruine plus ou moins imposante (et parfois minimale).

2 - Un bâtiment très bien conservé, même si parfois les siècles et les propriétaires ont aménagé quelques zones de confort.

3 - Un site très modernisé faisant parfois "table rase" de la fonction originelle de la construction.

 

 

Pourquoi suis je en ce lieu ?

* Les journées du patrimoine sont l'occasion de visiter des sites normalement fermés au public.

* Les sites que je recherche sont :

- Soit des propriétés privées ouvertes exceptionnellement.

- Soit des constructions gérées par une association de sauvegarde. Le site n'étant pas toujours totalement sécurisé, sa découverte est donc exceptionnelle.

* C'est avec l'image représentant la maison forte de La Veyrie (parfois nommée Le Château ou La Tour ou Le Donjon) que je me dirige vers une colline à un kilomètre au Sud de Bernin.

* La colline, dont l'altitude maxi est de 365m, domine la vallée de l'Isère de 150m.

* C'est donc un point de surveillance parfait.

Ne voyez pas rouge en découvrant cette curieuse merveille !

 

Surprenant !

* En ce lieu, il n'y a pas une mais 2 constructions médiévales.

- A gauche, le donjon habitable du 11ème siècle.

- A droite, l'habitat du 13ème siècle.

Incroyable architecture !

 

 Cette construction montre 8 siècles d'aménagement

Je vous sens perdu

* Avant de vous décrire cette merveille médiévale du Dauphiné, il est important de comprendre les raisons de ce bouleversement architectural.
* Au début du 20ème siècle, un riche industriel (voir historique) achète les bâtiments.

* Il aménage les pièces pour plus de confort.

* Il change "légèrement" l'harmonie médiévale pour permettre à sa famille d'avoir toutes les installation modernes de ce siècle industriel naissant.

 

 

A droite, le donjon

* Le bâtiment actuel comporte 3 étages.

* A l'époque médiévale, il y avait 4 étages, donc 5 niveaux.

* Le sommet semble avoir le souvenir d'un crénelage couvert.

* Cette grande bâtisse a une hauteur de 20 mètres.

* Sa base presque carrée mesure 10m à l'extérieur.

* Les murs ont une épaisseur moyenne de 1,20 mètre.

* Fenêtres et balcon sont "modernes".

* L'architecte a respecté le style du bâtiment en agrémentant les linteaux d'élégants arcs en accolade.

 

 Bien que plus petit, le bâtiment résidentiel offre de beaux volumes

A gauche, l'habitation

* Ce bâtiment résidentiel médiéval a une base rectangulaire d'environ 10m extérieur.

* Il est accolé au donjon et en utilise un des murs.

* Il comporte 2 étages.

* Les fenêtres à meneaux en croix semblent d'origine.

* Elles possèdent aussi les élégants linteaux d'arc en accolade.

 

Le "minaret"

* Ce qualificatif que j'ai osé donner à la haute et fine contruction jaune est incorrect bien sur.

* La tour, qui n'en est pas une, a été construite au début du 20ème siècle.

* Elle a plusieurs fonctions :

- La principale est : Un "château d'eau".

(L'eau courante au début du 20ème siècle est une rareté).

- Tour escalier, pour monter vers la citerne.

- Eclairage de l'entrée située dans le bâtiment résidentiel.

 

Vais je entrer ?

* En ce week-end exceptionnel du patrimoine, la porte de la tour-citerne est ouverte.

Vais je de suite franchir le seuil ?

* Cette porte n'étant pas l'entrée médiévale, je décide de faire le tour.

 

 

Pour découvrir l'intérieur du château, veuillez cliquer ici.

 

 

 

 

Evolution  des constructions sur 10 siècles

 

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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 07:30

 

Département 09 - ARIEGE

 Les crénelages forcent le respect

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   La commune de Castillon en Couserans est située à 90km au Sud-Ouest de Toulouse, à 35km au Sud-Est de Saint Gaudens, à 55km au Sud-Sud-Ouest de Foix (voir son château) et à 12km au Sud-Ouest de Saint Girons.

     Coordonnées de l'église :

42° 55' 12" N 1° 2' 2" E
 42.9201°  1.033841°

 

L'église : 
        L'extérieur :
Elle est au sommet

   La très grande majorité des églises fortifiées que je vous montre se situent dans la vallée, dans les murs ou en périphérie du bourg. Curieusement, c'est en levant la tête vers la colline surplombant Castillon en Couserans que je découvre l'église fortifiée.

   Cette position peut paraître surprenante, mais si je vous dis que cette construction a été la chapelle du château fort, tout s'éclaire pour vous.

  Suivez moi à la découverte de : La Chapelle du Calvaire.

Entre ombre et lumière, entre grâce et force 

Analyse depuis le bas de la colline

      En regardant attentivement cette église, je vois 3 parties distinctes :

* Au centre, un clocher-peigne. Sa position est due à l'agrandissement de l'église vers l’Ouest. Il possède deux rangs d’arcades géminées munies de colonnettes et de moulures. Le campanile possède cinq cloches.

* A l'Ouest, une longue nef pourvue d'un large et épais contrefort. Par sa faible haute, j'imagine que le rehaussement de l'église est ultérieur à sa construction d'origine. Au sommet, les nombreux merlons trahissent un chemin de ronde avec salle de repli.

* A l'Est, le chevet pentagonale, dont la hauteur est inférieure à celle de la nef, possède en partie supérieure un crénelage défensif. Sur l'un des cotés a été accolé ultérieurement un construction (chapelle ou sacristi ?)

 

Le chevet
    En un bon, je saute sur la colline. Face au chevet pentagonal, je constate que les murs sont renforcés par de belles bandes lombardes dont les bases portent des sculptures de visages très expressifs.

 

Le système défensif du chevetCrénelage, mâchicoulis et hourdage ?

    Avec l'accumulation de terre à la base, avec les modifications des ouvertures de lumière, il est difficile d'imaginer si les systèmes défensifs ont été efficaces.

Y avait-il des mâchicoulis ?

    Aux pieds du mur, bien obstrués, je pressens qu'ils ont du exister pour parfaire le système défensif rapproché.

 

Le système défensif de la nef

     La nef comporte de fines ouvertures de lumière ressemblant à des archères. Sous le toit, le crénelage montre des merlons non borgnes, cette caractéristique est assez rare pour une église fortifiée.

Il faut passer le porche pour entrer 

Le porche

   Pour entrer dans l'église, il ne faut point tenter de franchir la porte basse, mais se rendre dans le porche au centre de la nef. C'était l'emplacement de la porte d'entrée médiévale.

Quel choc !

Je ne m'attendais pas à une telle entrée.

  En parte haute, je retrouve le crénelage avec ses merlons et fentes de tir, puis en dessus, des trous de boulin (voir vocabulaire) pour des poutres portant le auvent.

 

Le portail

   Les archéologues datent ce portail du 12ème siècle. Il se compose de trois rangs d'archivoltes et de six colonnettes dont les sculptures sont pratiquement intactes.

 

J'adore l'art Roman. Et vous ? Quel magnifique entrelacement 8 siècles qu'ils sont là

 

Que de sculptures !

   A droite de la porte se trouve une niche carrée. Elle contient la statue, gravée au 12ème siècle, de Saint-Pierre assis et bénissant. Les archéologues ont réussi à lire sur la page du livre cette inscription :

"Petrus Prineps Regnice Lor(um) Ioa(n) de la Casa Fo (m)aester de l’Obra"

 

        L'intérieur :
  Hélas, comme beaucoup d'églises, la porte ne s'ouvre pas. Je ne pourrai pas confirmer mes constatations. Avant de quitter la colline, je jette un dernier regard vers la magnifique église puis j'admire le panorama comme un guetteur du Moyen Âge.

 

 

Histoire de l'église :

* Au 10ème siècle, une chapelle existerait dans l'enceinte du château primitif (à vérifier).

* Au 12ème siècle, le Vicomte (voir titre de noblesse) de Couserans, fait "agrandir" l'église et modernise le château.

* Entre la fin du 14ème et le début du 15ème siècle, les murs de l'église reçoivent de nombreuses décorations et peintures.

* Au 15ème siècle, une travée est ajoutée.

* Au 16ème siècle, fortification de l'église.

* En 1594, durant les Guerres de Religion, la ville est brûlée et pillée par les Huguenots.

* En 1650, sur ordre de Richelieu, le château est détruit. Seule l'église survit.

* Vers 1792, les révolutionnaires vendent les pierres de la ruine castrale (Hypothèse formulée par certains historiens).

* En 1906, l'église est classée aux Monuments Historiques.

* A la fin du 20ème siècle, des consolidations et rafraîchissements de l'église sont réalisés. Des peintures murales sont retrouvées.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Pierre) est libre et gratuite. La visite des fortifications intérieures est interdite.

 

La vue est le cadeau de tous les sites médiévaux fortifiés

Vers Menu églises
fortifiées
de France
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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 07:30
     
michel-j-01     Cet article est très spécial : Il est l'oeuvre d'un passionné ayant comme pseudo : " M. J.". Comme moi, il est fou de châteaux, aussi bien d'époque médiévale que renaissance. C'est aussi un passionné d'architecture et d'art. Il m'a proposé d'écrire quelques articles sur mon modeste blog.

     J'ai évidemment accepté. J'adore échanger sur les châteaux forts. Je suis fier de l'avoir dans ce "bateau" qui navigue à travers le temps !

   Croyez moi, vous allez découvrir un monde différent du mien, un ressenti plus architectural.

Faites lui un formidable accueil. 

 

michel-j-02  

 

Département 60 - OISE

  Voyez vous un château fort dans cette verdure ?

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      La commune d'Ermenonville est située à 40km au Nord-Est de Paris, à 35km au Sud-Sud-Ouest de Compiègne et à 17km au Sud-Est de Chantilly.

  Coordonnées du château :

49° 7' 33.445" N 2° 41' 34.037" E
 49.125957°  2.692788°

 

Le château :

     L'extérieur :

Préambule du Chevalier

  Le but de ce blog est de vous montrer des constructions médiévales fortifiées.

    Evidemment, je visite aussi des châteaux d'époques plus récentes, mais je me suis imposé à ne point les faire figurer dans ce blog.

Pourtant, aujourd'hui, ce château va vous étonner par sa "jeunesse" architecturale.

   Je n'ai pas changé de thème, mais je considère que mes articles sont ouverts à toutes les constructions dont une pierre a été posée avant 1492, date théorique de la fin du Moyen Âge en France. C'est le cas pour ce château.

J'espère que ce choc ne vous sera pas fatal.

 Je laisse maintenant la place à messire M.J.

Une ronde tour qui me réjouit déjà 

L'arrivée

       Un peu à la sortie du bourg, proche de la forêt, une tour à la forme ronde explique aux amateurs d'architecture que le château est proche.

  Quelques mètres plus loin, proche d'un parking, une entrée grillagée bien loin des critères défensif du Moyen Âge permet d'entrer dans le parc.

 

La découverte

    Entièrement entouré par les eaux de la Launette et le somptueux parc à l'anglaise créé par René de Girardin au 18ème siècle, le château d'Ermenonville bénéficie d'un cadre exceptionnel.

    Du Moyen-Age, il a hérité de quatre tours circulaires, coiffées de toits à poivrière entre lesquelles est venu s'insérer un corps de logis classique dans la première moitié du 18ème siècle.

   Ce corps de logis, couvert de combles à la française, comporte, sur ses deux façades, un avant-corps central de trois travées.

Les frontons sculptés de bas-reliefs ornent l'ensemble.

   Deux longues ailes en équerre, elles-mêmes composées de deux bâtiments de respectivement trois et cinq travées, bordent la cour d'honneur, coté Sud. Leurs couvertures à la Mansart laisse supposer qu'il puisse s'agir d'agrandissements postérieurs, tout du moins en ce qui concerne la seconde.

   La sobriété décorative des façades latérales fait que les tours moyenâgeuses s'harmonisent parfaitement avec les façades classiques.

   Les divers décrochements de façades sont soulignés par de puissants chaînages en pierres non harpées.

La façade postérieure, orientée au Nord donne sur le parc.

  Un long corps de logis de onze travées, dont un avant-corps de trois travées finement sculpté.

 

Conclusion

   Il est frappant de constater la disparité des divers éléments de façade qui cependant s'harmonisent parfaitement des extrémités vers le centre :

* Des rudimentaires tours d'angle que l'on a cependant percées d'ouvertures.

* La sobriété des façades classiques en maçonnerie enduite où la pierre n'apparaît que dans les encadrements de baies.

* La décoration exubérante des avant-corps avec ces consoles chantournées supportant le balcon à la ferronnerie en courbes et contre-courbes,

* Ces guirlandes sculptées et ces mascarons de style baroque, typiquement 18ème siècle.

 

 

Histoire du château :

* Au 10ème siècle, un premier château est construit.

* Au 12ème siècle (?), comme à Chantilly, les Bouteiller, ces cavistes des rois de France (voir liste), tirent parti de leur richesse pour établir ici une forteresse destinée à contrôler cette zone sensible à la limite des plaines à blé de la Brie et des forêts avoisinantes.

* En 1351, la terre d'Ermenonville change de main. Les seigneurs de Senlis la vendent à Robert de Lorris, mais c'est aussi l'époque de la Jacquerie. Les paysans trouvent refuge dans la forêt d'Ermenonville et mettent le feu au château.

* Au 16ème siècle, les guerres de religion n'ont pas épargné Ermenonville. Les seigneurs d'Ermenonville ont déserté le château. Henri de Navarre va cependant y mettre un terme, aidé dans son entreprise par un de ses fidèles, Dominique de Vic. Il lui fait acheter le château et vient souvent se reposer chez son compagnon.

* Cette famille de Vic va détenir Ermenonville pendant un siècle et demi et le transmettre par alliance aux Lombard qui vont édifier sur les fondations de l'ancien château une construction classique dans le goût du 18e siècle.

* En 1754, les Lombard vendent à leur tour Ermenonville à un riche fermier général de Louis XV (voir liste des rois), René Hatte. C'est le petit-fils de ce dernier, le marquis René de Girardin, qui va transformer les zones marécageuses alentour en un somptueux parc à l'anglaise, en avance sur son temps en quelque sorte.

Il y reçoit, entre autre, Jean-Jacques Rousseau qui apprécie les lieux où il peut "herboriser" tout à loisir.

* Le 2 juillet 1778, Jean Jacques Rousseau décède au château. René de Girardin le fait enterrer au sein même du parc, dans l'île des Peupliers.

* Vers 1792, la Révolution passe avec son cortège d'exactions. Girardin réussit à y sauver sa tête, mais quitte néanmoins son château où les révolutionnaires l'avaient séquestré.

* En 1874, les héritiers de Girardin vendent le domaine à une famille polonaise, les Radziwill.

* En 1927, la mort du dernier représentant de la famille Radzwill scelle le démantèlement du domaine dont le "Parc du Midi" est vendu au Touring Club de France et prend le nom de Parc Jean-Jacques Rousseau.

* Durant ce 20ème siècle, le parc au Nord et le château lui-même vont connaître des fortunes diverses et passer en de multiples mains.

* En 1991, parc et château sont acquis par un important groupe hôtelier au grand soulagement de la population locale, attachée à son château et inquiète sur son avenir.

* En 1992, le film Les Visiteurs utilise le château comme décors.

* En 1996, le château est à nouveau utilisé pour le film : Les Visiteurs II.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur depuis la route est libre et gratuite. La visite du château est interdite sauf si vous réservez une chambre.

 

Les signes médiévaux sont rares, mais le charme opère

 

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