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Ombre et lumière

22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 06:30

 

Département 02 - AISNE (Thiérache)

 

Le bourg :L'église survole les maisons dans cette plate région

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

       La petite commune de Nouvion et Catillon est situé à 24km au Sud-Est de Saint Quentin, à 20km au Nord-Ouest de Laon et à 9km à l'Ouest de Crécy sur Serre.

   Coordonnées du bourg :

49° 42′ 6.764″ N 3° 29′ 6.306″ E
 49.701879°  3.485085°

 

L'église :

     L'extérieur :

Préambule

      Ma brochure des églises fortifiées du Thiérache affirme que Nouvion et Catillon possède un bâtiment religieux qui a été construit à la fin du Moyen Âge. Comme toutes les églises fortifiées en briques rouges de la région l'ont été entre le 16ème et le 17ème siècle, je suis pressé de découvrir cette médiévale construction.

Va-t-elle me surprendre ?

 

La découverte

  Survolant les arbres et les maisons, le clocher de l'église me fait signe. En arrivant dans le petit village, je constate  que l'église :

1 - Est en pierre. Ce qui contraste avec cette région où la brique est reine.

2 - N'a pas de transept.

3 - A un chevet ainsi qu'une nef dépourvus de système défensif.

Les siècles ont ils gommé les défenses ?

  Comme le clocher est fier de survoler les maisons !

L'enquête commence

     Au sommet du clocher carré, 4 petites échauguettes (voir vocabulaire) font croire que l'église est de type fortifié. Mais ces rondes constructions portées par deux fins contreforts de chaque coté de l'angle ne comportent pas de fente de tir.

La consolidation récente a-t-elle supprimé les orifices ?

  Ce qui m'étonne dans cette construction c'est la symétrie. Quel curieux clocher !

 

Sont ce les défenses ?

     Lorsque j'ai des difficultés à trouver des indices, je prends un peu de recul pour comprendre l'architecture. Et c'est avec un plaisir non contenu que je vois une imposante tour flanque.

   Elle comporte sur sa périphérie de nombreuses fentes verticales ressemblant à des archères primitives.

N'était ce simplement qu'une tour escalier avec fentes de lumière ?

 

Recherche de la vérité

    Je scrute, j'espionne, je sors mon oeil d'aigle pour savoir si les fentes ont un ébrasement (voir vocabulaire) pouvant prétendre au statut de système défensif. Bien que ma petite expérience de castellologue-amateur m'affirme que cette église est fortifiée, j'ai de gros doutes car point de preuve certaine.

  Au moment où je désespère, un orifice rond me rappelle une ouverture pour tir avec fusil.

Pensez vous que ce trou soit LA preuve nécessaire ?

 

    L'intérieur :

  Comme souvent durant notre siècle, les églises sont fermées. Celle-ci ne déroge pas à la règle. Je m'éloigne donc en regardant une dernière fois cette énigmatique église.

 

 

Histoire de l'église :

* A la fin du 14ème siècle (?), construction de l'église.
* Au 16ème siècle, l'église est partiellement fortifiée.
* En 1927, l'église est classée aux Monuments historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Rémi) est libre et gratuite. La visite du clocher est interdite.

 

Un clocher fortifié est le secret de cette église

 

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18 juillet 2014 5 18 /07 /juillet /2014 06:30

 

Département 33 - GIRONDE

  Derrière ces arbres, il y a mon Graal !

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      La commune de Mazères est située à 40km au Sud-Est de Bordeaux, à 30km à l'Ouest de Marmande et à 6km au Sud de Langon.

  Coordonnées du château :

44° 29' 33.011" N
0° 16' 13.044" W
 44.492503°
 -0.27029°

 

Le château :

     L'extérieur :

Préambule

  Sans le travail de Viollet le Duc, de nombreux bâtiments dans notre beau Royaume auraient disparu ou ne seraient que ruines informes. Cet architecte a donc permis à de nombreuses constructions de garder "leur jeunesse".

    Mais cet homme a aussi beaucoup interprété et imaginé. Avec le recul, nous savons qu'il n'a point fait une réalisation de restaurateur scrupuleux, mais des travaux d'architecte bâtisseur.

  Ainsi, lorsque je découvre un joli bâtiment modifié par cet illustre personnage, deux sentiments m'animent :

* Le bonheur de voir un château entier,

* Le doute sur le réel positionnement et l'exactitude des systèmes défensifs.

  Donc, je ne commenterai pas ce château, je vais vous le montrer avec mpn plaisir... tant il est beau.

  Voila des systèmes défensifs très originaux

Généralités

   L'une des  particularités de ce site médiéval est qu'il est composé de 2 châteaux à l'intérieur de la même enceinte construits à 2 siècles d'écart.

   La construction la plus visible de la route est le plus "jeune" datant du 14ème siècle.

 

La découverte du "château neuf" 

   Dans de nombreux ouvrages, cette construction médiévale est nommée : Palais-forteresse.

    Cela correspond à un nouveau genre de bâtiment qui pouvait servir à la fois de résidence pour son seigneur et de bâtiment défensif pour tous.

 

Architecture du "château neuf"

    Cette curieuse construction presque intemporelle est composée :Un donjon carré protégé par des tours rondes

* D'un quadrilatère,

* Avec 4 rondes tours d'angle,

* 2 autres tours rondes sur le rempart coté Ouest,

* D'un haut et imposant donjon central parallélépipédique.

  Il est curieux de voir un donjon non circulaire pour un bâtiment du 14ème siècle et surtout de l'avoir construit dans l'enceinte. Dès la fin du 13ème siècle, le donjon est dans la courtine pour améliorer le système défensif.

 

Le système défensif du "château neuf"

   L'architecture défensive du château de Roquetaillade est vraiment originale ou plutôt peu classique.

Est ce du aux modifications de Viollet le Duc ?

  Les tours d'angle :

* Sur la hauteur, les classiques archères cruciformes à croix pattée. Je suis surpris  :

- Qu'elles soient positionnées l'une au dessus de l'autre. Elles auraient du être en décalées permettant un jet de flèche sur 270°.

- Qu'elles ne protègent pas la courtine.

- Que point de canonnière ni arquebusière a été ajouté au 15ème siècle.

- Que point de trou de boulin sur la hauteur facilitant la réparation.

* Au sommet, le crénelage. Je suis étonné que :

- Point de mâchicoulis (voir vocabulaire) permettent la défense rapprochée.

- Point de trou de boulin (voir exemple sur une maison forte de mon Dauphiné) facilitant la pose d'un hourdage.

- Aucune fente dans les merlons alors qu'elles sont présentes sur le donjon. 

  Les courtines :

* Au niveau inférieur, des archères cruciformes à croix pattée. Je suis surpris que :

- Ce système défensif ne soit qu'à ce niveau.

- Point de canonnière ni arquebusière a été ajouté aux siècles suivants.

* Au dessus des fenêtres, des bretèches avec une archère en partie supérieure. Je me pose une question :

- Pourquoi ne pas avoir réalisé un mâchicoulis sur toute la longueur facilitant la défense proche entre chaque fenêtre ? Une porte curieusement fortifiée

  La porte d'entrée bénéficie des classiques et efficaces systèmes défensifs :

* Des mâchicoulis,

* Un vantail (aujourd'hui disparu),

* Un sas bloquant l'assaillant,

* Une herse,

* Certainement au dessus un assomoir.

- Je suis surpris de ne point voir d'emplacement pour les flèches d'un pont-levis

 

Le "châteaux vieux"

     Il n'est point aisé de vous le décrire car à travers les branches, cette beauté du 12ème siècle est discrète.

  Mais en me contorsionnant je vois... heu... un mur dont l'architecture ne m'inspire aucune idée fonctionnelle.

     En insistant un peu, je crois voir des archères droites sur le mur au premier plan. Au fond, il me semble distinguer un escalier droit amenant vers le rempart.

  Sur la droite quelques vestiges de tours m'interpellent.

Cette partie n'a point été modifiée par Viollet le Duc.

  Il me faut découvrir cette merveille médiévale.

 

    L'intérieur :

      Hélas pour moi et aussi pour vous, le château n'est point ouvert en semaine hors période estivale. Je ne pourrai pas admirer cheminées, salles et escalier.

 

 

Histoire du château :

* Au 12ème siècle, un premier château en pierre est construit par le seigneur de la Mothe.

* En 1152, Eléonore d'Aquitaine, en épousant Henry Il Plantagenêt, lui donne en dot l'Aquitaine. Cet acte qui aurait pu ête anodin va engendrer la Guerre de Cent ans ayant des conséquences sur la vie du château..

* En 1306, construction d'une nouvelle enceinte formant "le château neuf" par le cardinal Gaillard de la Mothe, neveu du pape Clément V (premier pape français à résider en Avignon).

* Entre 1337 et 1453, à cause des nombreuses attaques des Français, le château sert plusieurs fois de refuge pour les habitants proches.

* En 1552, Catherine de la Mothe, dernière héritière, épouse Jean de Lansac. Elle apporte le château en dot.

* Au 16ème siècle, durant les Guerres de religion, le château est attaqué.

* Au début du 17ème siècle, la famille Lansac embellit le château : Construction de plusieurs cheminées et d'un bel escalier.

* Dans le troisième quart du 18ème siècle, Marie Henriette, fille du dernier Marquis (voir titre de noblesse) de Lansac, devient propriétaire du château.

* Vers 1792, les révolutionnaires se rendent au château pour détruire ce symbole du Royalisme. La petite histoire prétend que le propriétaire du château offre une forte somme d'argent aux "démolisseurs" pour ne point utiliser leurs outils de destruction. Pour fêter cela, il les emmene dans la cave où.... les opinions se confondent.

* Dans la deuxième moitié du 19ème siècle, la famille de Mauvesin hérite du château. Bien qu'il ait toujours été habité, le site a subi les outrages du temps. Ses nouveaux propriétaires décident de lui redonner vie.

* En 1866, Viollet-le-Duc commence la restauration du château. Comme à son habitude, il réaménage l'ensemble (intérieur et extérieur) suivant ses convictions.

* En 1976, le site est classé aux Monuments Historiques.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur des bâtiments est libre et gratuite en respectant le champ. La visite payante de l'intérieur est possible, veuillez vous renseigner sur les jours et horaires.

 

 

Est ce le château de rêve de mon enfance ?

 

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15 juillet 2014 2 15 /07 /juillet /2014 06:30

  Voyez vous l'église au loin ?

Département 08 - ARDENNES

 

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      La petite commune de Prez est située à 60km au Nord-Est de Laon, à 25km au Sud-Est d'Hirson et à 20km au Nord-Ouest de Charleville-Mézières.

   Coordonnées de l'église :

49° 48' 1.145" N 4° 21' 5.198" E
 49.800318°  4.351444°

 

L'église :

     L'extérieur :

La Thiérache

     La Thiérache, trop souvent assimilée au département de l'Aisne, fut une province où les attaques/pillages furent nombreux. Les châteaux étant rares, les villageois trouvèrent dans leur église d'épais murs pour une protection efficace. Pour repousser les petites bandes armées, les bâtiments religieux furent modifiés pour utiliser les armes à feu.

   L'incroyable église de Prez est l'exemple parfait de l'adaptation dans ces siècles d'insécurité.

Voyez vous des fortifications ?  

Je la cherche

   Moi qui suis un Chevalier des montagnes, je suis toujours surpris d'avoir la possibilité de découvrir l'horizon.

   Ainsi, bien avant d'arriver dans la petite commune, je tente de voir au loin la forme classique d'une église.

Avez vous une vue aussi perçante que la mienne ?

 

L'arrivée

  Ce type d'église étant magnifique, la région et les départements mettent en place une signalisation pour attirer le touriste.

   Bien que je n'en sois pas un (pourtant chapeau de paille j'ai dans ma besace), je marche en direction du bâtiment en espérant qu'il ait gardé les traces de ses fortifications.

 

L'enquête commence

    En découvrant l'église par le chevet, je constate que les fenêtres sont d'origine Gothique et qu'un bâtiment polygonal la précède.

Est ce une tour de défense ?

 Rapidement, je comprends que cela n'est point une tour (mais certainement un ajout "récent" pour le confort du curé). Je me concentre donc sur les murs du chevet.

 

Que d'évolution !

Un mur fascinant

    Le visiteur pressé ne remarquera pas certains détails, mais un Chevalier attentif voit :

* Une fenêtre romane (?) obstruée, laissant l'éclairage à...

* ... Une large fenêtre Gothique,

* Puis un contrefort à larmier incrusté dans le transept,

* Et surtout une ouverture horizontale de tir (entre les 2 "fenêtres")

 

Y a-t-il symétrie ?

   Pour être certain qu'une salle de repli existait, je contourne le chevet pour tenter de voir d'autres indices.

  La face opposée possède aussi une fenêtre obstruée et surtout une ouverture de tir horizontale. J'ai ainsi la preuve d'une salle de repli existait.

N'est ce point magnifique de découvrir une église fortifiée !

 

Est ce la fin de la visite ?

   Pensant avoir compris le secret de l'église, je m'éloigne en jetant rapidement un oeil sur la nef. Mais un détail me surprend.

Le voyez vous ?

 

Voyez vous d'autres indices de systèmes défensifs ?

Une tour qui me tourne le dos !

 

Mon questionnement

   En réalité, plusieurs détails m'interpellent :

* Le fait que les fentes de tir de la nef soient au même niveau que les hautes fenêtres Gothiques me laisse à penser que des modifications de la toiture (et de l'architecture) ont été faites après les guerres de Religion".

* La petitesse des contreforts à larmier confirme ma théorie.

* La différence d'architecture entre nef et choeur me renforce dans mon affirmation.

* Mais surtout, la présence d'une tour me "titille".

 

La tour extérieure

* Sa forme ronde me l'a fait dater après le13ème siècle.

* La différence de hauteur entre le mur de la nef et la tour m'incite à penser qu'une salle de repli existait.

* Des orifices ronds me font penser à un système défensif pour arme à feu.

* Mon imaginaire fertile croit voir des impacts de balles sur les pierres extérieures.

 

Encore des questionnements

  Pour mieux ressentir cette église qui paraissait si "simple" 1 heure plus tôt, je prends un peu de recul.

Voyez vous cette curiosité ?

 

Est ce un donjon ?

  Accolée à la petite tour ronde, une massive construction m'interpelle :

* Est ce le vestige de l'église primitive Romane ?

* Ce bâtiment était il un donjon ?

* Pourquoi n'y a-t-il point d'archère, ni de fente de tir ?

  Devant mes interrogations, mon instinct me force à entrer pour trouver les réponses.

 

    L'intérieur :

  Comme souvent durant notre siècle, l'église est fermée.

 

 

Histoire de l'église :

* Au 16ème siècle, construction de l'église (à vérifier).

* Au 17ème siècle, l'église semble fortifiée.

* Au 18ème siècle, le choeur est modifié.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Martin) est libre et gratuite . La visite des fortifications intérieures est interdite.

 

 

L'enchevêtrement de fortifications m'éblouit de couleurs !

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11 juillet 2014 5 11 /07 /juillet /2014 06:30

 

 

Département :  36 - INDRE

 

 

Le bourg

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        La commune de Montlevicq est située à 58km au Nord-Ouest de Montluçon, à 45km à l'Est d'Argenton sur Creuse, à 38km au Sud-Est de Châteauroux et à 6km à l'Est de La Châtre (voir son donjon).

 

   Coordonnées du château :

46° 34' 34.59" N2° 3' 55.663" E
 46.576275° 2.065462°

 

 

Le château :  

     L'extérieur :

Préambule

    C'est la fin de mes vacances, mes jambes sont lourdes d'avoir trop visité de châteaux en Berry. De plus il est tard, mon cheval rêve d'un logis confortable et de paille fraîche.

  C'est donc à faible allure que j'erre en direction de mon gîte du soir. Au loin, un panneau m'indique le nom de la petite commune. Grâce à mon dictionnaire des châteaux forts, je sais que ce bourg possède 2 vestiges d'origine médiévale.

Vais je avoir le courage de les découvrir ?

Diantre !...Les fantômes du passé hantent ce lieu millénaire 

La découverte

    Soudain, mon destrier s'arrête. Je tente de comprendre la raison. Comme mes poils se hérissent, je pressens que ruine médiévale il y a.

  Mes yeux sont attirés par des pans de mur dans le petit bois.

Quelle chance de visiter cette région avant que

le printemps fasse pousser les feuilles !

 

Analyse

     Une ronde tour avec des trous de boulin (voir vocabulaire) me regarde effarouchée. Elle ne doit pas souvent voir des visiteurs et encore moins être face à un Dauphinois Chevalier en armure.

   Derrière elle, une autre construction ronde me regarde avec distance. Quelques mètres plus loin, une troisième rondouillarde construction m'observe avec attention.

  Une dernière me quémande de ne point approcher car elle n'est pas certaine d'être très solide.

 

Que deviner de ces vestiges ?

    Il n'est point aisé de tirer des premières conclusions de ce spectacle :

* Les arbres ont déformé le terrain,

* La route a défiguré un probable fossé et rempart extérieur,

* Avec les siècles, le niveau du sol est monté de plusieurs mètres,

* Et puis le temps a fait son travail de destruction.

 

J'ose l'exercice

  Je vais tenter une approche :

1 - L'absence d'archère ou de bouche à feu ne me permet pas de dater le château,

2 - La disparition du crénelage ne laisse aucun indice datable,

3 - Ma seule petite certitude est que ce château doit être postérieur au 12ème siècle à cause des tours rondes et de ce quadrilatère.

La femme de ménage n'a pas enlevé la poussière récemment ! 

 

     L'intérieur :

Un chaos !

   Bien qu'aucune porte soit identifiable, avec précaution j'entre dans le château par une courtine effondrée. Au sol, je sens des pierres sous les feuilles mortes. N'ayant point envie de les ramasser à la pelle, je ne me transforme point en archéologue fouilleur de sol.

 

De nombreux détails

   Evidemment, ce château ne ressemble point à Versailles, lustre, décors, sculpture sont absents. Mais avec un peu d'attention, il est possible de comprendre (partiellement) cette ruine.

* Les vestiges d'une tour montrent l'épaisseur du mur extérieur.

* Les trous des poutres m'informe qu'au moins 3 niveaux existaient.

* Ce mur intérieur a une épaisseur plus faible que celui de la tour.

* Queques mètres plus loin, je distingue les traces d'un conduit de cheminée.

* Dans une autre pièce, conduit de cheminée et trou pour les poutres de 3 niveaux sont aussi visibles.

* Le clou du "spectacle" est évidemment les arcs partiellement enterrés prouvant qu'au moins 1 niveau est sous les feuilles et les gravas.

 

 

Histoire du château :

   Je n'ai hélas aucune information sur cette ruine.

* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite en respectant le bois. La découverte de l'intérieur est possible mais avec prudence. Le risque de recevoir une pierre ou de glisser est important.

 

Même les ruine savent se montrer ravissantes

 

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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 06:30

 

Département  40 - LANDES

 

Le bourg :

Cette église comporte t elle des défenses ?    Situation  (--> le voir sur une carte)

       Le bourg de Mazerolles est situé à 3km au Sud-Est de Mont de Marsan. L'église de "Beaussiet" est à l'écart du bourg, à 2km au Nord.

    Coordonnées de l'église :

43° 53′ 32″ N 0° 25′ 44″ W
 43.892222°  -0.428889°

 

L'église :

    L'extérieur :

La découverte

      Au bout d'un chemin agréable dans les bois, une construction isolée se réchauffe au soleil. Mon regard est de suite attiré par les puissants contreforts  Curieusement il ne supporte qu'une partie du mur actuel de l'église. Je suppose que l'extension à gauche n'est pas d'origine médiévale.

    Ces contreforts ne constituent pas un système de défense. Je me dois de chercher d'autre indices.

 

L'enquête commence

    En prenant un peu de recul, je comprends deux évidences :

* La défense est assurée par la haute tour à l'opposé des contreforts.

* La partie non soutenue pas les contreforts a bien été ajoutée après la construction de l'église.

 

La tour

     Avec sa restauration récente, il est difficile de tirer des conclusions sur l'âge de cette tour. J'opterais pour une construction hâtive, car il est constitué de petites pierres pauvrement taillées avec le chaînage d'angle peu symétrique.

      Le crénelage ne comporte pas d'archère dans les merlons (voir vocabulaire) ce qui ne facilite pas la défense contre une attaque importante (voir exemple pour le bourg fortifié de Montblanc en Espagne).

   La particularité de cette tour est sa forme : En fer à cheval. Cette forme est assez rae pour une église fortifiée. Était ce une solution économique ou l'église originelle comportait elle un chemin de ronde au dessus de la nef ? (j'en doute).

    Entre les 2 pans du toit, je vois une porte d'accès. Ce devait être l'entrée médiévale accessible par une échelle amovible en bois.

  Curieusement, cette tour ne comporte aucune archère ni corbeaux pour soutenir un hourdage. Cette tour ayant été modifiée (voir emplacement d'une porte moderne rebouchée) et restaurée (consolidée ?), les ouvertures de défense ont peut être été noyées dans les briques et pierres nouvellement posées

  Un portail magnifique

La porte

   Même si cette porte n'est pas un système défensif comme j'adore en voir, elle mérite que votre Chevalier Dauphinois se transforme en touriste.

     Ce portail Roman, permettant l'accès dans la nef, se situe coté Nord. Il est aujourd'hui protégé par un imposant auvent.

Les 4 voussures en grès sont originales.

      Celle du haut est constituée de sculptures en forme de pointe de diamant, celle en dessous comporte des boules avec des personnages à la base. L'ensemble repose 3 colonnettes avec des chapiteaux sculptés d'animaux parfois fantastiques.

  La porte en bois, bien que très abîmée, possède 2 vantaux sculptés. Il est possible de voir :

   * Sur le tympan de gauche, la vierge et des angelot,

   * Et sur celui de droite, Saint Michel terrassant le dragon.

 

    L'intérieur :

        Comme souvent durant notre siècle, les églises sont fermées. Celle-ci ne déroge pas à la règle. Mais, par une ouverture dans la fenêtre j'ai pu "voler" une vue des entrailles. L'intérieur est aseptisé, sans âme.


Histoire de l'église :

* Au 12ème siècle, construction d'une église.
* Au 14ème siècle, l'église est fortifiée.
* Au 17ème siècle, l'église reçoit quelques aménagements décoratifs comme la magnifique porte en bois sculptée.
* En 1982, l'église est inscrite aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Notre Dame de l'ascension de Beaussiet)  est libre et gratuite. La visite du clocher est interdite.

 

Les sculptures sont aussi la richesse des églises

 

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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 05:50

En cliquant sur l'image, vous pouvez trouver les coordonnées complètes de ce livre sur des sites que je vous propose.

 

Résumé :

    « Entre les années 970, où elle se constitue marquisat, et 1482, date de l'annexion à la France, la Provence s'affirme comme une principauté territoriale à part entière, à l'identité fortement marquée. Des hommes et des femmes, traversent cette histoire :
      * l'abbé Isarn de Saint-Victor, porte-parole de la paix Dieu,
      * le brigand Raimond de Turenne, chef des grandes compagnies,
      * le roi René, généreux mécène, 
      * Teucinda, fondatrice de Montmajour,
      * la comtesse Béatrice, héritière convoitée par de nombreux prétendants,
      * la reine Jeanne soumise à une double légende dorée et noire......
 
    Ces personnages apparaissent comme les types de groupes sociaux en pleine transformation : comtes chaque jour plus puissants, guerriers à leur service féodal ou en révolte ouverte contre eux, seigneurs affirmant l'indépendance de leurs châtellenies, marchands citadins traitant avec l'orient, paysans asservis luttant pour leurs libertés ou ordres monastiques nombreux et divers.
    Connaître en profondeur et expliquer cette société est le but du présent ouvrage, qui intègre les progrès remarquables accomplis récemment par la recherche historique sur la Provence médiévale
.
»
 
 
Mon avis :
Châteaux, Papauté et Pouvoir.... Quelle histoire !!!!!
 
 Un livre réalisé par 3 professeurs de faculté spécialisés dans l'histoire et l'économie médiévale pouvait paraître difficile.
   Certes, ce n'est pas un roman et la densité d'informations est importante, mais, quelle richesse.
Il m'a fallu plusieurs semaines pour digérer toutes des données (en plus des gâteaux au chocolat avec un petit café) mais le plaisir est toujours présent tant les détails sont clairs, nombreux et variés.
 
   C'est un livre que je conseille aux médiévistes amateurs mais passionnés et aussi à ceux qui s'intéressent à cette riche Provence médiévales que nous traversons et occupons durant les mois d'été de notre 21ème siècle.
 
   Grâce à cette oeuvre, je vais pouvoir compléter et enrichir mes textes sur :

- les châteaux du 04,

        - les châteaux du 13,

                    - les châteaux du 83,

                              - les châteaux du 84.

 
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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 06:30

 

Département 16 - CHARENTE

 Voila une plaque évocatrice

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   La petite commune de Blanzac-Pourcheresse est située à 40km au Sud-Est de Cognac, à 25km au Sud-Ouest d'Angoulême, à 15km Est-Nord-Est de Barbezieux Saint Hilaire (voir son château) et à 11km au Nord-Ouest de Montmoreau Saint Cybard (voir son château).

   Coordonnées du château :

45° 28' 37.117" N
0° 1' 52.356" E
 45.476977°
 0.03121°

 

Le château : 
        L'extérieur :
L'arrivée

    Pour découvrir la merveille médiévale de ce bourg de la Charente, la solution la plus simple est de partir du centre de la commune puis monter par la rue du château. Mais... je ne suis pas un visiteur normal, donc j'aborde le site par le haut.

  Voyez vous le château au loin ?

La découverte

    Dans un écrin de verdure, une forme blanche me hèle à travers les arbres. Lentement j'avance vers elle, mais elle me résiste en se protégeant par un grillage moderne.

Va-t-elle se faire désirer encore longtemps ?

 

Elle est encore loin
    En un bond, je franchi sa défense du 21ème siècle et je me retrouve dans une cour avec des traces blanches au sol.

  Point basse cour ni haute cour cela est. Je suis dans une cour d'école. Heureusement, les chères têtes blondes ne sont point là en ce dimanche de mai. Je vais pouvoir déguster la tour.

 

La tour semble être le seul vestige du château fortRapide analyse

  Du château fort, il ne reste que le petit muret de l'ancienne courtine et une haute tour. Pour être certain que point d'autre trace médiévale existe, je contourne le site. Hélas, je ne vois que les murs d'un bâtiment moderne.

  Je vais donc m'attarder sur la haute tour.

 

La tour

  Avec les consolidations et sortie de son contexte, cette tour n'est point facile à dater. Pourtant, plusieurs détails me titillent :

 1 - Avec sa base évasée, elle me semble médiévale.

 2 - La différence de pierre entre base et la partie supérieure trahit une évolution.

 3 -Point de crénelage ni mâchicoulis (voir vocabulaire) au sommet. Arasée a été cette tour.

 4 - Sur la hauteur, je ne vois qu'une seule fente verticale ressemblant à une archère primitive.

 

Conclusion

   Ce vestige n'est pas l'un des plus passionnants de France, mais il correspond au but de mon blog : Montrer tous les systèmes défensifs du Royaume, quelque soit leur état.

 

        L'intérieur :
  Le bâtiment n'est point visitable et la tour n'est pas ouverte au public. Je me console en admirant le paysage. Puis lentement, je descends vers la commune pour acheter quelques victuailles.

 

 

Histoire du château et du bourg :

* Au 11ème siècle, un village se crée proche d'une abbaye Bénédictine.

* Au 12ème siècle, construction du château par un Comte (voir titre de noblesse) de La Rochefoucauld. La ville est entourée d'un rempart. Grâce à ses foires, la cité devient prospère.

* A la fin du 12ème siècle, Blanzac devient une Barronie

* En 1199, Richard cœur de Lion fait le siège de la ville. Cette attaque fait suite à la fidélité des Barons envers le Roi de France Philippe Auguste (voir liste des rois).

* Au début du 13ème siècle, après la destruction des remparts et du château, la cité s'appauvrit.

* Dans la deuxième moitié du 15ème siècle, à la fin de la Guerre de Cent ans, la cité sans défense retrouve peu à peu son dynamisme.

* En 1881, le vieux château très ruiné est abattu. Seule est conservée une fine tour.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur du site est libre et gratuite derrière le grillage. Veuillez ne point entrer dans la cour durant les heures d'ouverture de l'école. La visite de l'intérieur est interdite.

 

Quelle magnifique vue depuis le château

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30 juin 2014 1 30 /06 /juin /2014 06:30

 

Département :  38 - ISERE

 

Le bourgLa flèche verte du bonheur !

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        La commune de Crolles se situe à 90km au Sud-Est de Lyon, à 35km au Sud de Chambéry et à 20km au Nord-Est de Grenoble.

   Coordonnée du château :

45° 17' 7.616" N
5° 53' 26.97" E
 45.285289°
 5.890313°

 

Le château :  

     L'extérieur :

Pourquoi suis je ici ?

    Après avoir visité la ruine du château de Montfort sur les hauteurs de Crolles, je souhaitais découvrir l'autre château construit dans la vallée à la fin du Moyen âge, par la même famille. Abandonner la vieille forteresse inconfortable pour une résidence de agréable fut assez classique à l'approche de la renaissance.

  Hélas, je ne peux point entrer. La propriété est privée et non visitable.

  La vue sur le massif de Belledonne ajoute au plaisir de la visite

Je vais quand même voir ce château

    Les journées du patrimoine sont un bonheur pour beaucoup de Français. Mais pour votre Chevalier Dauphinois, c'est une occasion inespérée de voir et même toucher des bâtiments souvent fermés au public.

   C'est donc avec une grande émotion que je pénètre dans cette propriété privée.

 

La longue allée

    Contrairement aux forteresses médiévales qui créent des obstacles vers l'entrée, le château de plaisance dans la vallée se découvre par une longue allée droite.

  Lentement, dans la chaleur automnale, j'avance en regardant les dépendances du château.

  Ce château n'est pas une forteresse médiévale

Est ce un château fort ?

     En découvrant la façade droite percée de multiples fenêtres modernes sur quatre niveaux, je suis dans le doute.

Me suis je trompé de site ?

  Point de crénelage, de mâchicoulis (voir vocabulaire), système défensif. Lorsque j'ai un problème avec un bâtiment, plutôt que de m'obstiner, je prends un peu de recul pour mieux le regarder dans son environnement.

 

Des façades bien différentes

    Depuis l'autre coté, le château offre une vision plus défensive. Même si la partie centrale ressemble plus à un aménagement  de confort  "moderne" les 2 tours aux extrémités me charment.

Ressentez vous le souffle médiéval ?

  Que de constraste dans cette architecture 

La 1ère tour

   La tour d'angle située coté Chartreuse ne montre pas de système défensif. Les multiples modifications à travers les siècles ont assagi cette ronde construction de 4 niveaux.

  Mais en la contournant, je vois au sommet un fantôme de chemin de ronde puis en dessous de petites ouvertures rondes pour arme à feu.

 

La 2ème tour

  Située coté Belledonne, l'autre ronde tour semble identique à la première. Mais en l'observant mieux, je distingue à la base de nombreuses canonnières. Ces ouvertures oblongues semble avoir été ajoutées après la construction du château.

 

     L'intérieur :

         Les bâtiments ne sont pas visitables. Je contourne le château pour rejoindre mon destrier tout en regardant la beauté de "mes" montagnes

 

 

Histoire du château :

* En 1334, le Dauphin (voir liste) donne à Amblard de Beaumont les terres de Montfort et de Crolles

* En 1340, le seigneur de Crolles et de Montfort fait construire une maison forte dans la vallée.

* En 1600, le château a un visiteur célèbre : Le Roi de France Henri IV (voir liste).

* En 1639, le Roi (voir titre de noblesse) de France Louis XIII et son principal ministre, le Cardinal de Richelieu, découvrent cette propriété.

* Au 18ème siècle, modification importante du château.

* En 1810, château et terres sont la propriété de la famille de Bernis.

* En 1965, le château est inscrit aux Monuments Historiques.
* Au début du 21ème siècle, la propriété est privée et non visitable. Durant quelques jours dans l'année, jardin et terrasse sont visibles gratuitement. Mais la découverte de l'intérieur est impossible.

 

Voyez vous la ruine médiévale sur les pentes de la Chartreuse ?

 

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27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 06:30

 

Département 02 - AISNE (Thiérache)

 Au bout de la route, une église m'attend

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Le petit village de Noircourt est situé à 48km au Nord de Reims, à 33km au Nord-Est de Laon et  à 7 km au Sud-Est de Montcornet.

   Coordonnées du bourg :

49° 40′ 7″ N 4° 5′ 35″ E
 49.668611°  4.093056°

 

L'église :

     L'extérieur :

La découverte

     En arrivant dans le village, il est aisé de voir au loin l'église avec son massif clocher. Dans cette région si calme il parait impensable que de vils attaques aient pu avoir été perpétrées. D'ailleurs je ne vois pas de système défensif sur cette église.

Reste il quelques traces ?

 

L'enquête commence

    En approchant, je suis stupéfait par l'architecture de cette église. Elle n'est point élancée comme les bâtiments de style Gothique Flamboyant., pourtant avec sa forme trapue et la puissance de ses défenses, je suis en transe.

  Une belle échauguette défensive

Le clocher

     Le clocher semble être la pièce maîtresse de la défense. Il possède 2 imposantes échauguettes d'angle permettant un tir sur 270° et sur 2 niveaux.

  Consolidé par des contrefort plats, le clocher parallélépipédique semble indestructible. L'association de la pierre et de la brique me fait penser à des reconstructions ou des améliorations défensives sur plusieurs siècles.

  Comme pour un donjon de château fort, le clocher possède une porte haut perchée avec des trous de boulins (voir vocabulaire) pour supporter une passerelle d'accès.

 

La nef

   Avec un début de visite aussi tonitruant, je me jette sur les murs de la nef espérant voir une salle de repli sous le toit ainsi que des fentes de tir. Hélas, mon imagination débordante se retrouve devant un mur sans système défensif.

N'y aurait il que des défenses sur le clocher ?

 

Le verticale d'une échauguette est son point faibleLe transept

   Ce que je crois être le transept possède un système défensif presque identique à celui du clocher. Les 2 échauguettes d'angle sont moins hautes donc ne permettent qu'un seul niveau de tir.

  Je suis étonné de voir la couleur rouge-brique pour l'échauguette de gauche et grise-pierre pour l'autre.

Est ce du à une reconstruction suite à une attaque ?

  Même si ce système défensif n'est pas optimal, il a certainement impressionné quelques routiers qui ont préféré ne pas affronter un tel édifice et attaquer le village suivant.

Avez vous remarqué une curiosité entre les 2 échauguettes ?

  Il y a une fente de tir pour arme à feu. Son ébrasement (voir vocabulaire) extérieur est peu classique.

 

Le chevet 

  Comme pour le mur de la nef, celui du chevet ne comporte aucun système de tir et aucune preuve qu'une salle de repli ait pu être aménagée en partie haute.

  Les linéaires contreforts à larmiers tranchent avec la beauté du remplage de la baie. Je prends un peu de recul pour admirer  l'architecture quand soudain un un détail me surprend.

Le voyez vous ?

Que de contrastes entre brique-pierre linéarité-rondeur 

Absence du transept

  Je m'attendais à voir l'autre moitié du transept avec ses échauguettes et c'est une ronde tour qui casse la linéarité de la nef.

  Cette construction circulaire ne semble pas être une tour-escalier car elle ne possède que peu de fentes de lumières. Le plus surprenant est la présence de consoles.

Sont elles les vestiges d'un crénelage ?

  En observant la tour, je constate :

   * La diversité de tailles et de dimensions des pierres,

   * La différence de construction entre le bas et le haut,

   * Le manque de finition des fentes de tir,

   * Le.....

Mais que vois je ?

   En haut de la tour, un vestige de construction en encorbellement me fait penser à une bretèche. A moins que cela soit les latrines de la salle de repli (dont l'existence ne fait aucun doute maintenant). L'architecture de cette église est vraiment surprenante.

 

L'entrée

   C'est avec jubilation que je retrouve le puissant clocher dont les pierres et l'architecture ne sont pas homogènes avec celles de la nef.

  Les fentes de tir ne sont évidemment pas médiévales, par contre, je pense que l'ouverture centrale supérieure devrait être une bretèche.

    L'immense arc bouché ressemble à une ouverture permettant l'accès au hall d'entrée comme à Vicq d'Auribat (voir cette église Landaise).

Quand a t il été bouché ?

Sobre et épuré

 

Avant d'entrée, je suis attentif

   Lentement, j'avance vers la porte d'entrée tout en prenant garde que l'ancêtre d'une bretèche ne soit pas hanté par un esprit farceur et lanceur de pierres (ou de crottes de pigeon  ).

 

    L'intérieur :

      Comme je le présumais, les systèmes défensifs ne sont pas visitable. En silence, je marche dans l'allée centrale de cette étroite nef et je me brûle les yeux à travers les vitraux sans âge.

  Dans cet intérieur presque intemporel, je repars vers la sortie.

 

 

Histoire de l'église :

* En 1265, la terre appartient au chevalier (voir titre de noblesse) Gilles de Norcourt.
* Vers 1500, Jeannot Dupin est seigneur de Noircourt.
* Au 16ème siècle, construction de l'église avec ses fortifications.
* Au 17ème siècle, amélioration des fortifications (à vérifier).
* En 1720, Noircourt appartient à la famille de Lamirault.
* En 1936, l'église est inscrite aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église dédiée à Saint Nicolas est libre et gratuite. La visite des systèmes défensifs est interdite.

 

  Quelle magnifique église fortifiée L'asymétrie est belle sur cette église  

 

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 06:30

 

Département 16 - CHARENTE

  Quel régal ce château fort modernisé !

Le bourg :
       Situation :   (--> la voir sur une carte)
   Le bourg de Barbezieux-Saint-Hilaire est situé à 35km au Sud-Ouest d"Angoulème, à 30km au Sud-Est de Cognac et à 27km au Nord-Ouest de Montmoreau Saint Cybard (voir son château).

   Coordonnées du château :

45° 28' 23.794" N
0° 9' 29.452" W
 45.473276°
 -0.158181°

 

Le château : 
        L'extérieur :
L'arrivée

    Bien que Barbezieux soit une ville de taille importante, il est aisé de se rendre au pied du château posé au sommet du bourg. Parkings, panneaux incitent à s'en approcher sans chercher sur une carte.

Diantre, quelle beauté !

 

Première impression

     En voyant les courtines avec de nombreuses fenêtres et un parement "très moderne", je comprends de suite :

* Que le château est encore habité,

* Que les siècles l'ont transformé.

   Mais je ressens une passion profonde en découvrant l'entrée très fortifiée.

 Une entrée très fortifiée !

La porte d'entrée et son chatelet

     En voyant cette entrée, de suite je pense à d'autres châteaux possédant ce style de porte. Evidemment, il y a la construction de Guédelon avec son architecture Philippienne, mais aussi l'un de mes préférés : Le Dauphinois château de Bressieux.

   Donc, dans un premier temps, je date cette architecture du 13ème siècle. Mais en observant mieux les systèmes défensifs, ma datation s'affine.

   Ce château date du....... Chuut, ne brûlons pas les étapes.

 

Comment défendre une entrée ?
       A moins d'avoir des explosifs, des canons ou de puissants mangonneaux, les murs sont difficiles à détruire. Dans un château fort, la partie la plus "fragile" semble être la porte.

    Avec les siècles, une attention particulière a été apportée par les architectes à la défense de l'entrée.

 1 - Fossé et pont levis isolant la porte.

 2 - Une bretèche permettant de faire tomber des objets et liquide bouillant sur les assaillants proches de la porte.

  3 - Des tours (de forme ronde pour éviter les angles morts) encadrant le double vantail.

  4 - Des archères ou d'autres systèmes défensifs.

  5 - etc....

  Point de pont levis sur cette entrée

Analyse de l'entrée fortifiée

   Longuement, j'observe le châtelet pour en comprendre le système défensif :  

1a - Je ne vois point de fossé ni douves (voir vocabulaire).

1b - Point de pont levis ni de trace de flèche pour lever le pont.

2a - Point de construction en encorbellement au dessus de la porte.

N'y aurait il aucun système défensif ?

3 -Les 2 tours encadrant la porte sont évidemment très défensives. Leur forme ronde évite les angles morts.

4a - D'imposantes canonnières situées très bas (contrairement à des archères) permettent un tir rasant (le plus meurtier en cette période médiévale où l'obus n'existe pas encore).

4b - Les fenêtres sont aussi équipées d'ouverture de tir pour petit canon ou arquebuse.

5a - Si la porte est dépourvue de bretèche, le système défensif de près est assuré par des mâchicoûlis.

5b - Comme il se doit, un chatelet assure la défense de l'entrée.

5c - Le chemin de ronde permettait aux défenseur de circuler mais aussi d'observer par un crénelage couvert, puis de tirer par de petites fente en croix.

  Voyant que la porte était bien défendue, je continue mes observations par la gauche, vers les courtines.

 

Le temps a modifié le château

    Rapidement, je comprends que les hommes ont modifié le château durant ses 6 siècles de vie. De nombreuses fenêtres ont été ouvertes dans les courtines et la forme agressive que devrait avoir un château fort a été gommée au profit du confort.

  Mais en regardant au loin, mes poils se hérissent.

Comprenez vous la raison ?

  Une ancienne tour protégeant la courtine

Une tour défensive

   Presque en ruine, une tour, oubliée des hommes tente de survivre à l'attaque malicieuse des grand arbres.

  Les vestiges des canonnières sont noyées dans des consolidations minimales. Pourtant il est facile de distinguer un arc de décharge (voir vocabulaire) au dessus du fantôme.

Le voyez vous ?

    En contournant cette construction, je constate qu'une large canonnière (dont l'origine médiévale ne me parait pas évidente) bénéficie d'un support pour ne point disparaître dans l'oubli.

   Puis proche d'elle, sa consoeur possède un large ébrasement extérieur permettant un angle de tir important.

Diantre, ce château est du 15ème !

Un parking moderne remplace la haute cour médiévale 

        L'intérieur :
Une vaste cour

    En suivant la courtine, je pénètre sur un immense parking. Je subodore qu'il y a 500 ans, la haute cour du château comportant des bâtiments et des écuries plutôt que des chevaux vapeur.

    Au fond, je délaisse rapidement le bâtiment de droite et celui de gauche pour ne m'intéresser qu'à la construction centrale qui n'est autre que le chatelet d'entrée.

  Pour vous faciliter la compréhension, je vous offre le plan simplifié  du château actuel.

 

Anguleuse est cette façade

   Autant la face extérieure était ronde, autant celle-ci est formée d'angles droits. Pressentant que l'intérieur ne sera pas visitable, je m'attarde longuement sur les systèmes défensifs.

   Le classique chemin de ronde couvert avec ses créneaux et ses ouvertures de tir m'informe que le défenseur pouvait tirer aussi sur les assailants ayant réussi à entrer. Les mâchicouls, certes consolidés, complètent la panoplie.

 

 

Histoire du château :

* En 1453, Marguerite de La Rochefoucauld demande la construction d'une fortification.

* Durant plusieurs siècles, le château est transformé en prison puis en école puis en hôpital.

* En 1820, le château est démantelé.

* En 1913, le château est classé aux Monuments Historiques.

* A la fin du 20ème siècle, le château comporte l'office de tourisme, un musée et un petit théatre.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite des fortifications intérieures est interdite.

 

Un château qui a su se domestiquer avec le temps

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