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Ombre et lumière

4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 06:30

 

Département :  38 - ISERE

 Sur la route d'une station de ski, un château regarde passer les voitures

Le bourg

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        La commune de Theys est située à 30km au Sud de Chambéry, à 25km au Nord-Est de Grenoble et à 16km au Nord-Nord-Est de Laval (voir son château).

   Coordonnée du château :

45° 18' 9.338" N
5° 59' 50.053" E
 45.302594°
 5.997237°

 

Le château :  

     L'extérieur :

La vie du Chevalier Dauphinois

    Dès que je le peux, dès que ma frénésie de visite de châteaux forts retombe, je me rends dans le massif de Belledonne (dans MON Dauphiné bien sur) pour admirer les paysages montagneux, regarder la flore Alpine et randonner dans le silence.

  Mais.... ma passion me ratrape tout le temps.

 

La découverte

    En ce début d'automne, sur la route qui m'amène au col du Barioz (pour une belle promenade vers le Grand Rocher puis au Crêt du Poulet....si, si, c'est le vrai nom), je traverse le bourg de Theys. A quelques dizaines de mètres de l'église et de la mairie apparaît une curieuse porte fortifiée cachant partiellement un bâtiment avec une ronde tour.

  Il me faut voir de suite cette construction se dorant au soleil.

Pensez vous que ce soit un château d'origine médiévale ?

 Même si elle n'a pas retenu beaucoup d'assaillants, cette porte retient mon attention

Le porche fortifié

    A coté de la route, blottie contre une maison récente, la porte fortifiée parait presque invisible pour le passant pressé ou l'automobiliste peu attentif. Pourtant elle est fascinante et comporte de nombreux détails d'architecture :

* Une magnifique porte en bois.

* Puis un joli heurtoir et en dessous un "hygiaphone".

* Encadrant la porte, un arc brisé.

* Cet arc est surmonté d'une large pierre "violette" sculpté. Avec un peu d'attention, il est possible de voir un oiseau avec une légende : Pax Huic Domm. Cela signifie : Paix à cette maison.

* Cet écusson est mis en valeur par un encadrement en relief.

* Les colonnettes sont terminées par une tête sculptée.

* Au dessus, quatre consoles faisant office de mâchicoulis (voir vocabulaire). Il me semble plus décoratif qu'efficace.

* De chaque coté de la porte, bien que bouchée, une fente de tir avec canonnière défendait l'entrée.

 

L'autre coté du porche

    Lentement je franchi la porte et je continue ma découverte de l'entrée. En levant la tête je vois des pierres saillantes

Etait ce pour supporter des poutres ?

   Le porche comporte de chaque coté un emplacement fermé pour un garde ou plutôt un défenseur.

 L'automne rend les châteaux plus colorés 

Le bâtiment principal

    Face à ce bâtiment, je n'ai qu'une seule idée : Trouver les systèmes défensifs.

Les voyez vous ?

   Un crépi moderne puis des fenêtres et portes récentes me laissent à penser que la recherche va être difficile. Mais c'est sans compter ma chance qui me montre deux corbeaux.

Question :

Etait ce bretèche ou latrines ?

  J'opte pour ces dernières, mais mon raisonnement est plus une intuition qu'un fait avéré.

 

Curieux détail sur cette face

   Les 2 impressionnants contreforts me semblent avoir été aménagés après la construction du château, pour tenir les vieux murs. 

  Une imposante tour escalier

Que de merveilles de l'autre coté !

   Bien que la physionomie ne soit pas celle d'un puissant château fort, l'autre face comporte de nombreux détails architecturaux :

* Une haute tour escalier.

* Une fente dont la fonction est facile à identifier : Une archère canonnière.

* Trois consoles certainement utilisées pour une bretèche. Cet exemple est assez rare dans une tour-escalier.

* La fenêtre au dessus des consoles doit avoir été finalisée récemment, car elle n'est point alignée pour rendre la bretèche efficace.

* Même si cette tour ne montre pas une puissance défensive, elle affirme sa volonté de ne point être désarmée.

 

Quelques détails du bâtiment d'habitation

   La modernité et le besoin de confort ont changé la façade du bâtiment. Mais quelques détails datant de 500 ans apparaissent comme cette fenêtre à meneau en croix avec linteaux en accolade.

 

     L'intérieur :

Vais je entrer ?

       Je tente de pénétrer par la jolie porte avec linteau sculptée en accolade.      

  Hélas, le château Jail n'est pas ouvert à la visite. De plus, hébergeant le service postal, je doute que des merveilles médiévales soient encore visibles.

 

L'automne en Belledonne

  Avant de partir, je regarde la vallée et la belle foret aux couleurs d'automne.

 

 

Histoire du château :

* A la fin du 15ème siècle, construction du château.

* Au 16ème siècle, la construction appartient à la famille Villiet.

* En 1583, le Duc (voir titre de noblesse) de Lesdiguières, très amoureux de Marie Vignon, achète la seigneurie de Theys. Il fait construire cette bâtisse et il nomme Jean Vignon, père de Marie, châtelain du lieu (certains prétendent que cette belle histoire n'est que légende... Je le pense aussi).

* En 1616, un inventaire signale que la bâtisse est en très mauvais état.

* En 1893, le château est acheté par Gabriel Jail.

* En 1959, la commune achète le château.

* Vers 1974, après de nombreux travaux, un bureau des PTT s'installe dans le bâtiment.

* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. Le bâtiment accueillant une agence de La Poste ne se visite pas.

 

Les massifs de Belledonne et Chartreuse marient leurs couleurs

 

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29 mars 2014 6 29 /03 /mars /2014 07:05

 

Département :  38 - ISERE

 Au 21ème siècle, la tour est elle aussi fortifiée ?

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        La commune de Bernin est située à 45km au Sud de Chambéry et à 15km au Nord-Est de Grenoble.

 

   Coordonnée du château :

45° 15' 29" N 5° 51' 43" E
 45.25812916°  5.86196780°

 

 

Le château :  

     L'extérieur :

Avertissement

* Dans ce blog, je souhaite montrer le maximum de constructions médiévales fortifiées. Cela signifie que si une pierre a été posée avant 1492, le bâtiment aura un article.

* Une construction médiévale fortifiée peut apparaître en notre siècle sous 3 formes :

1 - Une ruine plus ou moins imposante (et parfois minimale).

2 - Un bâtiment très bien conservé, même si parfois les siècles et les propriétaires ont aménagé quelques zones de confort.

3 - Un site très modernisé faisant parfois "table rase" de la fonction originelle de la construction.

 

 

Pourquoi suis je en ce lieu ?

* Les journées du patrimoine sont l'occasion de visiter des sites normalement fermés au public.

* Les sites que je recherche sont :

- Soit des propriétés privées ouvertes exceptionnellement.

- Soit des constructions gérées par une association de sauvegarde. Le site n'étant pas toujours totalement sécurisé, sa découverte est donc exceptionnelle.

* C'est avec l'image représentant la maison forte de La Veyrie (parfois nommée Le Château ou La Tour ou Le Donjon) que je me dirige vers une colline à un kilomètre au Sud de Bernin.

* La colline, dont l'altitude maxi est de 365m, domine la vallée de l'Isère de 150m.

* C'est donc un point de surveillance parfait.

Ne voyez pas rouge en découvrant cette curieuse merveille !

 

Surprenant !

* En ce lieu, il n'y a pas une mais 2 constructions médiévales.

- A gauche, le donjon habitable du 11ème siècle.

- A droite, l'habitat du 13ème siècle.

Incroyable architecture !

 

 Cette construction montre 8 siècles d'aménagement

Je vous sens perdu

* Avant de vous décrire cette merveille médiévale du Dauphiné, il est important de comprendre les raisons de ce bouleversement architectural.
* Au début du 20ème siècle, un riche industriel (voir historique) achète les bâtiments.

* Il aménage les pièces pour plus de confort.

* Il change "légèrement" l'harmonie médiévale pour permettre à sa famille d'avoir toutes les installation modernes de ce siècle industriel naissant.

 

 

A droite, le donjon

* Le bâtiment actuel comporte 3 étages.

* A l'époque médiévale, il y avait 4 étages, donc 5 niveaux.

* Le sommet semble avoir le souvenir d'un crénelage couvert.

* Cette grande bâtisse a une hauteur de 20 mètres.

* Sa base presque carrée mesure 10m à l'extérieur.

* Les murs ont une épaisseur moyenne de 1,20 mètre.

* Fenêtres et balcon sont "modernes".

* L'architecte a respecté le style du bâtiment en agrémentant les linteaux d'élégants arcs en accolade.

 

 Bien que plus petit, le bâtiment résidentiel offre de beaux volumes

A gauche, l'habitation

* Ce bâtiment résidentiel médiéval a une base rectangulaire d'environ 10m extérieur.

* Il est accolé au donjon et en utilise un des murs.

* Il comporte 2 étages.

* Les fenêtres à meneaux en croix semblent d'origine.

* Elles possèdent aussi les élégants linteaux d'arc en accolade.

 

Le "minaret"

* Ce qualificatif que j'ai osé donner à la haute et fine contruction jaune est incorrect bien sur.

* La tour, qui n'en est pas une, a été construite au début du 20ème siècle.

* Elle a plusieurs fonctions :

- La principale est : Un "château d'eau".

(L'eau courante au début du 20ème siècle est une rareté).

- Tour escalier, pour monter vers la citerne.

- Eclairage de l'entrée située dans le bâtiment résidentiel.

 

Vais je entrer ?

* En ce week-end exceptionnel du patrimoine, la porte de la tour-citerne est ouverte.

Vais je de suite franchir le seuil ?

* Cette porte n'étant pas l'entrée médiévale, je décide de faire le tour.

 

 

Pour découvrir l'intérieur du château, veuillez cliquer ici.

 

 

 

 

Evolution  des constructions sur 10 siècles

 

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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 07:30

 

Département 09 - ARIEGE

 Les crénelages forcent le respect

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   La commune de Castillon en Couserans est située à 90km au Sud-Ouest de Toulouse, à 35km au Sud-Est de Saint Gaudens, à 55km au Sud-Sud-Ouest de Foix (voir son château) et à 12km au Sud-Ouest de Saint Girons.

     Coordonnées de l'église :

42° 55' 12" N 1° 2' 2" E
 42.9201°  1.033841°

 

L'église : 
        L'extérieur :
Elle est au sommet

   La très grande majorité des églises fortifiées que je vous montre se situent dans la vallée, dans les murs ou en périphérie du bourg. Curieusement, c'est en levant la tête vers la colline surplombant Castillon en Couserans que je découvre l'église fortifiée.

   Cette position peut paraître surprenante, mais si je vous dis que cette construction a été la chapelle du château fort, tout s'éclaire pour vous.

  Suivez moi à la découverte de : La Chapelle du Calvaire.

Entre ombre et lumière, entre grâce et force 

Analyse depuis le bas de la colline

      En regardant attentivement cette église, je vois 3 parties distinctes :

* Au centre, un clocher-peigne. Sa position est due à l'agrandissement de l'église vers l’Ouest. Il possède deux rangs d’arcades géminées munies de colonnettes et de moulures. Le campanile possède cinq cloches.

* A l'Ouest, une longue nef pourvue d'un large et épais contrefort. Par sa faible haute, j'imagine que le rehaussement de l'église est ultérieur à sa construction d'origine. Au sommet, les nombreux merlons trahissent un chemin de ronde avec salle de repli.

* A l'Est, le chevet pentagonale, dont la hauteur est inférieure à celle de la nef, possède en partie supérieure un crénelage défensif. Sur l'un des cotés a été accolé ultérieurement un construction (chapelle ou sacristi ?)

 

Le chevet
    En un bon, je saute sur la colline. Face au chevet pentagonal, je constate que les murs sont renforcés par de belles bandes lombardes dont les bases portent des sculptures de visages très expressifs.

 

Le système défensif du chevetCrénelage, mâchicoulis et hourdage ?

    Avec l'accumulation de terre à la base, avec les modifications des ouvertures de lumière, il est difficile d'imaginer si les systèmes défensifs ont été efficaces.

Y avait-il des mâchicoulis ?

    Aux pieds du mur, bien obstrués, je pressens qu'ils ont du exister pour parfaire le système défensif rapproché.

 

Le système défensif de la nef

     La nef comporte de fines ouvertures de lumière ressemblant à des archères. Sous le toit, le crénelage montre des merlons non borgnes, cette caractéristique est assez rare pour une église fortifiée.

Il faut passer le porche pour entrer 

Le porche

   Pour entrer dans l'église, il ne faut point tenter de franchir la porte basse, mais se rendre dans le porche au centre de la nef. C'était l'emplacement de la porte d'entrée médiévale.

Quel choc !

Je ne m'attendais pas à une telle entrée.

  En parte haute, je retrouve le crénelage avec ses merlons et fentes de tir, puis en dessus, des trous de boulin (voir vocabulaire) pour des poutres portant le auvent.

 

Le portail

   Les archéologues datent ce portail du 12ème siècle. Il se compose de trois rangs d'archivoltes et de six colonnettes dont les sculptures sont pratiquement intactes.

 

J'adore l'art Roman. Et vous ? Quel magnifique entrelacement 8 siècles qu'ils sont là

 

Que de sculptures !

   A droite de la porte se trouve une niche carrée. Elle contient la statue, gravée au 12ème siècle, de Saint-Pierre assis et bénissant. Les archéologues ont réussi à lire sur la page du livre cette inscription :

"Petrus Prineps Regnice Lor(um) Ioa(n) de la Casa Fo (m)aester de l’Obra"

 

        L'intérieur :
  Hélas, comme beaucoup d'églises, la porte ne s'ouvre pas. Je ne pourrai pas confirmer mes constatations. Avant de quitter la colline, je jette un dernier regard vers la magnifique église puis j'admire le panorama comme un guetteur du Moyen Âge.

 

 

Histoire de l'église :

* Au 10ème siècle, une chapelle existerait dans l'enceinte du château primitif (à vérifier).

* Au 12ème siècle, le Vicomte (voir titre de noblesse) de Couserans, fait "agrandir" l'église et modernise le château.

* Entre la fin du 14ème et le début du 15ème siècle, les murs de l'église reçoivent de nombreuses décorations et peintures.

* Au 15ème siècle, une travée est ajoutée.

* Au 16ème siècle, fortification de l'église.

* En 1594, durant les Guerres de Religion, la ville est brûlée et pillée par les Huguenots.

* En 1650, sur ordre de Richelieu, le château est détruit. Seule l'église survit.

* Vers 1792, les révolutionnaires vendent les pierres de la ruine castrale (Hypothèse formulée par certains historiens).

* En 1906, l'église est classée aux Monuments Historiques.

* A la fin du 20ème siècle, des consolidations et rafraîchissements de l'église sont réalisés. Des peintures murales sont retrouvées.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Pierre) est libre et gratuite. La visite des fortifications intérieures est interdite.

 

La vue est le cadeau de tous les sites médiévaux fortifiés

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fortifiées
de France
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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 07:30
     
michel-j-01     Cet article est très spécial : Il est l'oeuvre d'un passionné ayant comme pseudo : " M. J.". Comme moi, il est fou de châteaux, aussi bien d'époque médiévale que renaissance. C'est aussi un passionné d'architecture et d'art. Il m'a proposé d'écrire quelques articles sur mon modeste blog.

     J'ai évidemment accepté. J'adore échanger sur les châteaux forts. Je suis fier de l'avoir dans ce "bateau" qui navigue à travers le temps !

   Croyez moi, vous allez découvrir un monde différent du mien, un ressenti plus architectural.

Faites lui un formidable accueil. 

 

michel-j-02  

 

Département 60 - OISE

  Voyez vous un château fort dans cette verdure ?

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      La commune d'Ermenonville est située à 40km au Nord-Est de Paris, à 35km au Sud-Sud-Ouest de Compiègne et à 17km au Sud-Est de Chantilly.

  Coordonnées du château :

49° 7' 33.445" N 2° 41' 34.037" E
 49.125957°  2.692788°

 

Le château :

     L'extérieur :

Préambule du Chevalier

  Le but de ce blog est de vous montrer des constructions médiévales fortifiées.

    Evidemment, je visite aussi des châteaux d'époques plus récentes, mais je me suis imposé à ne point les faire figurer dans ce blog.

Pourtant, aujourd'hui, ce château va vous étonner par sa "jeunesse" architecturale.

   Je n'ai pas changé de thème, mais je considère que mes articles sont ouverts à toutes les constructions dont une pierre a été posée avant 1492, date théorique de la fin du Moyen Âge en France. C'est le cas pour ce château.

J'espère que ce choc ne vous sera pas fatal.

 Je laisse maintenant la place à messire M.J.

Une ronde tour qui me réjouit déjà 

L'arrivée

       Un peu à la sortie du bourg, proche de la forêt, une tour à la forme ronde explique aux amateurs d'architecture que le château est proche.

  Quelques mètres plus loin, proche d'un parking, une entrée grillagée bien loin des critères défensif du Moyen Âge permet d'entrer dans le parc.

 

La découverte

    Entièrement entouré par les eaux de la Launette et le somptueux parc à l'anglaise créé par René de Girardin au 18ème siècle, le château d'Ermenonville bénéficie d'un cadre exceptionnel.

    Du Moyen-Age, il a hérité de quatre tours circulaires, coiffées de toits à poivrière entre lesquelles est venu s'insérer un corps de logis classique dans la première moitié du 18ème siècle.

   Ce corps de logis, couvert de combles à la française, comporte, sur ses deux façades, un avant-corps central de trois travées.

Les frontons sculptés de bas-reliefs ornent l'ensemble.

   Deux longues ailes en équerre, elles-mêmes composées de deux bâtiments de respectivement trois et cinq travées, bordent la cour d'honneur, coté Sud. Leurs couvertures à la Mansart laisse supposer qu'il puisse s'agir d'agrandissements postérieurs, tout du moins en ce qui concerne la seconde.

   La sobriété décorative des façades latérales fait que les tours moyenâgeuses s'harmonisent parfaitement avec les façades classiques.

   Les divers décrochements de façades sont soulignés par de puissants chaînages en pierres non harpées.

La façade postérieure, orientée au Nord donne sur le parc.

  Un long corps de logis de onze travées, dont un avant-corps de trois travées finement sculpté.

 

Conclusion

   Il est frappant de constater la disparité des divers éléments de façade qui cependant s'harmonisent parfaitement des extrémités vers le centre :

* Des rudimentaires tours d'angle que l'on a cependant percées d'ouvertures.

* La sobriété des façades classiques en maçonnerie enduite où la pierre n'apparaît que dans les encadrements de baies.

* La décoration exubérante des avant-corps avec ces consoles chantournées supportant le balcon à la ferronnerie en courbes et contre-courbes,

* Ces guirlandes sculptées et ces mascarons de style baroque, typiquement 18ème siècle.

 

 

Histoire du château :

* Au 10ème siècle, un premier château est construit.

* Au 12ème siècle (?), comme à Chantilly, les Bouteiller, ces cavistes des rois de France (voir liste), tirent parti de leur richesse pour établir ici une forteresse destinée à contrôler cette zone sensible à la limite des plaines à blé de la Brie et des forêts avoisinantes.

* En 1351, la terre d'Ermenonville change de main. Les seigneurs de Senlis la vendent à Robert de Lorris, mais c'est aussi l'époque de la Jacquerie. Les paysans trouvent refuge dans la forêt d'Ermenonville et mettent le feu au château.

* Au 16ème siècle, les guerres de religion n'ont pas épargné Ermenonville. Les seigneurs d'Ermenonville ont déserté le château. Henri de Navarre va cependant y mettre un terme, aidé dans son entreprise par un de ses fidèles, Dominique de Vic. Il lui fait acheter le château et vient souvent se reposer chez son compagnon.

* Cette famille de Vic va détenir Ermenonville pendant un siècle et demi et le transmettre par alliance aux Lombard qui vont édifier sur les fondations de l'ancien château une construction classique dans le goût du 18e siècle.

* En 1754, les Lombard vendent à leur tour Ermenonville à un riche fermier général de Louis XV (voir liste des rois), René Hatte. C'est le petit-fils de ce dernier, le marquis René de Girardin, qui va transformer les zones marécageuses alentour en un somptueux parc à l'anglaise, en avance sur son temps en quelque sorte.

Il y reçoit, entre autre, Jean-Jacques Rousseau qui apprécie les lieux où il peut "herboriser" tout à loisir.

* Le 2 juillet 1778, Jean Jacques Rousseau décède au château. René de Girardin le fait enterrer au sein même du parc, dans l'île des Peupliers.

* Vers 1792, la Révolution passe avec son cortège d'exactions. Girardin réussit à y sauver sa tête, mais quitte néanmoins son château où les révolutionnaires l'avaient séquestré.

* En 1874, les héritiers de Girardin vendent le domaine à une famille polonaise, les Radziwill.

* En 1927, la mort du dernier représentant de la famille Radzwill scelle le démantèlement du domaine dont le "Parc du Midi" est vendu au Touring Club de France et prend le nom de Parc Jean-Jacques Rousseau.

* Durant ce 20ème siècle, le parc au Nord et le château lui-même vont connaître des fortunes diverses et passer en de multiples mains.

* En 1991, parc et château sont acquis par un important groupe hôtelier au grand soulagement de la population locale, attachée à son château et inquiète sur son avenir.

* En 1992, le film Les Visiteurs utilise le château comme décors.

* En 1996, le château est à nouveau utilisé pour le film : Les Visiteurs II.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur depuis la route est libre et gratuite. La visite du château est interdite sauf si vous réservez une chambre.

 

Les signes médiévaux sont rares, mais le charme opère

 

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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 07:30

 

Département  40 - LANDES

Le bourg :Une motte avec une construction au sommet

   Situation :   (--> le voir sur une carte)

      La commune d'Hontanx est située à 17km au Sud-Est de Mont de Marsan  (voir ce bourg fortifié) et à 14km au Nord de Aire sur l'Adour.

   Coordonnées de la maison forte :

43° 49′ 26.12″ N 0° 16′ 14.44″ W
 43.823923°  -0.270678°

 

La maison forte :

    L'extérieur :

La découverte

    Posée sur une butte appelée Motte castrale, une construction tente de survivre aux trop nombreuses sollicitations des hommes. D'après ma carte et mon petit fascicule, ce parallélépipède se nomme : Le château d'Aon.

 

 J'ai des doutes

       La construction ne ressemble pas à une fortification comme je vous en montre souvent. J'entre prudemment par le petit sentier et je vois un bâtiment "moderne" accolé au "château".

    J'ai l'impression que le mot "château" est un peu exagéré pour ce site. J'opte pour l'expression : Maison Forte.

Mais encore faut il prouver que ce site a été fortifié et, ce qui me semble le plus important, a une origine médiévale.

 

Une trace qui me met en joieL'enquête commence

    La maison forte est un bâtiment rectangulaire de 12m par 24m comportant 3 niveaux. Avec ma paires de jumelle, je crois voir que l'épaisseur des murs excède 1m (ceci est une indication de son âge ancien).

    Le mur d'angle est en pierres moyennement taillées alors les "courtines" semblent être en briques (Le crépi jaunâtre ne facilite pas mon analyse).

   Sur une face, un vestige d'arc avec des pierres blanches (de Mont de Marsan ?) me fait penser à une porte. Celle-ci n'est pas au niveau du sol.

Était ce l'entrée médiévale ?

 

L'enquête continue

    En prenant un peu de recul, je ne vois toujours pas de système défensif. En contournant complètement la bâtisse, je vois 3 fentes verticales sous 3 fenêtres non médiévales.

Sont ce les preuves que j'attendais ?

 

La chapelle castrale

    Avant de quitter ce lieu énigmatique, je jette un dernier regard  dans la "cour" et je vois un puissant contrefort.

   Cette construction très cimentée s'appuie sur un mur. Et ce mur est celui.... d'une chapelle.

   Ma brochure affirme que c'est la chapelle du château. Pour que vous ayez autant de surprises que moi, j'ai volontairement flouté et grisé les images. Votre découverte de Hontanx n'en sera que plus intéressante et énigmatique.

 

    L'intérieur :

        L'ensemble est interdit à la visite. Je vais maintenant découvrir l'autre merveille de Hontanx : L'église fortifiée.

 

 
Histoire de la maison forte et sa chapelle :

* En 1298, la Vicomtesse (voir titres de Noblesse) de Marsan fait édifier une fortification à Hontanx suite au conflit qui l'oppose au Vicomte d'Armagnac.
* En 1331, création d'une bastide incluant le château fort. La prospérité et la sécurité attirent la population environnante.
* En 1988, la maison forte et sa chapelle sont inscrites aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de la chapelle (dédiée à Saint Blaise) et de la maison forte est libre et gratuite depuis la route. La visite est interdite.

 

Ma vue se brouille devant tant d'énigmes

 

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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 07:30

 

Département :  36 - INDRE

 Les arbres s'écartent permettant la découverte d'une forteresse médiévale

Le bourg

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        La commune de Villentrois est située à 55km au Sud-Est de Tours, à 45km à l'Ouest de Vierzon, à 35km au Nord-Est de Loches et à 10km au Sud-Est de Saint Aignan.

   Coordonnées du château :

47° 11' 56.735" N 1° 27' 44.687" E
 47.199093°  1.462413°

 

Le château :  

     L'extérieur :

Curiosité

  La commune de Villentrois est divisée en 2 "quartiers" séparés de 300m :

 * L'église,

 * Le château.

      Cette curiosité géographique existe depuis le 11ème siècle lorsque le Comte (voir titre de noblesse) d'Anjou décide la construction d'un château fortifié à l'extérieur du bourg médiéval. Quelques années après, des maisons s'établissent proche du château. Mille ans plus tard, la scission existe toujours.

Incroyable n'est il pas ?Toute blanche est cette beauté dans un écrin de verdure

 

La découverte

    Les brochures et livres utilisent parfois le mot forteresse et d'autres fois le terme château fort pour narrer la construction médiévale de Villentrois. C'est avec ce doute dans la tête que j'arrive dans le bourg.

  Diantre !... Les mots me manquent.

Quel qualificatif donneriez vous à cette beauté ?

 

Le rempart

    Après le choc, je reprends mes esprits pour découvrir pas à pas le site fortifié. Entourant la puissante construction, je remarque des murs en pierre. Ce rempart a beaucoup vécu et possède des consolidations peu glorieuses conséquence de son passé (et de son abandon).

  Avec un peu d'attention il est possible de voir une ronde tour dans le rempart. Durant notre siècle, elle sert d'habitat.

  La façade Est est riche d'enseignements 

Au Nord

     La façade Nord, la moins visible depuis la route, possède des vestiges de machicoulis. Il me semble distinguer sur la droite le châtelet d'entrée.

   Le plus surprenant est de ne point voir d'archère (voir vocabulaire), ni autre système défensif sur la courtine ou la ronde tour.

 

La tour Nord-Est

    La ronde construction est fascinante. Elle possède :

* Un vestige de souche de cheminée en partie supérieure,

* Sur la hauteur, une succession de fentes dans une construction flaque.

Que pensez vous que cela soit ?

  Vous êtes si cultivés en architecture castrale que vous aviez deviné un escalier en colimaçon. Mais....

A quoi servait il ?

  L'escalier permettait de regagner le chemin de ronde sans encombrer la circulation dans la tour.

  La tour Sud-Est est posée sur un bâtiment rectangulaire

La tour Sud-Est

   Le chemin de ronde entre les tours Nord-Est et Sud-Est comporte de timides traces de corbeaux ou consoles pour les mâchicoulis.

  Le plus surprenant est la différence de qualité et de couleur des pierres entre la base et le sommet. J'avoue ne pas comprendre cette curiosité.

  La ronde tour possède trois caractéristiques :

1 - Un bâtiment parallélépipédique s'appuie légèrement sur elle. Avec son vestige de souche pour cheminée, il est fort probable qu'il fut habité en permanence.

2 - La base est évasée.

3 - Quelques fentes verticales sont visibles. Ce n'est point des archères. Même si ce sont des systèmes de tir pour armes à feu, je suis surpris qu'il y en ait si peu pour défendre un tel château..

La façade Sud est la plus intéressante 

Suis je menteur ?

Comme toujours, je garde le meilleur pour la fin.

   Je ne vais donc pas vous expliquer la partie gauche (sur l'image) qui est très ruinée (une courtine qui a mal supporté son âge), je vais m'intéresser à la magnifique façade Sud.

Je suis menteur !

   En réalité, je vais montrer la partie effondrée, car elle semble intéressante. Elle montre (à l'extrême gauche) les entrailles d'une ancienne tour. Mais peut être que mon imagination est trop fertile.

 

La façade Sud

  En regardant la tour Sud-Ouest, je remarque des détails fascinants :

1 - Sur la gauche, une construction flanque avec :

* Une base très pentue,

* Un chaînage d'angle parfait,

* Puis en haut, une arquebusière sous une archère droite.

2 - Sur la tour :

* Une haute fente (archère ?),

* Des trous de boulin dont je ne m'explique pas la raison de leur position en "carré".

* Des fenêtres certainement ouvertes au début de la Renaissance,

3 - Sur la courtine :

* Une magnifique construction en encorbellement. Vous avez reconnu une bretèche qui devait certainement protéger une poterne (puisque l'entrée principale est de l'autre coté).

 

 

     L'intérieur :

        Hélas, la propriété privée n'est pas visitable.

 

villentrois--003 villentrois--004

 

 

Histoire du château :

* Au début du 10ème siècle, les terres appartiennent au sieur Adelaud.

* Au 10ème siècle, les terres sont possession du Comte (voir titre de noblesse) d'Anjou Foulque le Roux. Il en donne la garde au seigneur de Buzançais.

* Au début du 11ème siècle, le Comte d'Anjou Foulque Nerra fait construire une forteresse à l'extérieur du bourg nommé Villenstrada. Le but est de surveiller la partie Est du territoire de son ennemi : Le Comte de Blois Eude II.

* Au milieu du 11ème siècle, une famille de Villentrois est citée.

* Au 13ème siècle, le seigneur de Villentrois fonde le prieuré de Saint Mandé.

* En 1472, l'héritière du château apporte le site en dot à son mari Philippe de Commynes.

* A la fin du 15ème siècle, Philippe, seigneur de Villentrois, fait démolir l'ancienne forteresse pour construire l'actuel château.

* Au 17ème siècle, le château n'est plus habité.

* En 1920, les 2 portes fortifiées du château sont détruites.

* En 1927, les nouveaux propriétaires réalisent quelques restaurations et consolidations.

* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur depuis les rues du bourg est libre et gratuite. La propriété est privée et non visitable.

 

Une forteresse médiévale fièrement campée sur son historique

 

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18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 07:30

 

Département 02 - AISNE (Thiérache)

 

Le bourg :

Les fortifications sont curieuses !    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Le village de Lavaqueresse est situé 35 km au Nord-Est de Saint Quentin, à 20km au Nord-Ouest de Vervins et à 8 km au Nord-Est de Guise.

   Coordonnées du bourg :

49° 56′ 59″ N 3° 42′ 39″ E
 49.949722°  3.710833°

 

L'église :

     L'extérieur :

La découverte

   Dans la courbe d'une petite rue, coincée par son cimetière, bloquée par un muret, l'église de Lavaqueresse n'est pas mise en valeur et la puissance de ses défenses ne semble pas évidente.

   Pourtant, cette église possède encore quelques beaux détails de ses fortifications passées.

 

L'enquête commence

   Au premier regard, il semble logique de penser que seules les "extrémités" de l'église ont été fortifiées :

* Le chevet (à droite).

* Le clocher (à gauche).

  La nef ne possède pas de trace de système défensif ni de salle de repli.

 Puissance et discrétion sont les caractéristiques de ce chevet

Le chevet

    En faisant abstraction du petit bâtiment "récent" construit en avant du chevet, l'architecture est purement défensive avec 2 imposantes tours d'angle encadrant une courtine sans fenêtre. La présence d'une salle de repli au dessus du choeur est indéniable.

       Quatre détails me surprennent :

1 - Les tours ne possèdent que très peu d'ouvertures de tir.

2 - Un coté du chevet comporte 1 tour ronde, alors que l'autre s'enorgueillit de 2.

Y a t il eu une disparition récente ?

3 - Une tour montre une large ouverture dont la fonction m'échappe.

4 - Une ouverture identique existe sur la courtine entre les tours.

Sont ce les fantômes de bretèches ? (voir vocabulaire)

 

Le clocher

   Par sa hauteur et les dimensions de sa base, le clocher ressemble (un peu) à un donjon de château fort. Mais rapidement je suis surpris par trois détails :

1 - Sa base est en pierres alors que le sommet est en briques (est ce une réhausse du 17ème siècle ?).

2 - Les fentes de tir sont rares.

3 - Une petite tour ronde s'accroche à l'ensemble rectiligne sans que sa fonction défensive soit réelle.

    Ne trouvant pas de réponse logique, je vais tenter d'entrer par ce portail gothique.

 

    L'intérieur :

      Comme souvent durant notre siècle, les églises sont fermées. Celle-ci ne déroge pas à la règle.

  Un panneau m'informe que l'église est visitable certains jours, renseignez vous avant.

 

 

Histoire de l'église :

* Au 16ème siècle (?), construction de l'église.
* Au 17ème siècle, modification de l'église (fortification ?).
* En 1714, modification de l'église (aménagement d'un collatéral).
* En 1927, l'église est inscrite aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Notre Dame de l'Assomption) est libre et gratuite. La visite du clocher, des tours et de la salle de repli est interdite.

 

 

Un clocher fortifié est le secret de cette église

 

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14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 07:30

 

Département :  38 - ISERE

 

Le bourgMon patrimoine Dauphinois est visitable !

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        La commune de Biviers est située à 40km au Sud de Chambéry et à 9km au Nord-Est de Grenoble.

   Coordonnée du château :

45° 14' 4.29" N
5° 48' 33.57" E
 45.234525°
 5.809325°

 

Le château :  

     L'extérieur :

Préambule

    Parfois, la distinction entre château fort et maison forte n'est pas facile à faire. De plus, si les siècles et les modes ont transformé l'aspect de la construction, je ne me sens pas la capacité à argumenter et choisir.

  Ce bâtiment me pose problème. Dans certains documents il est nommé maison forte, mais sur les cartes et les guides, c'est le mot château qui est notifié.

  J'opte pour ce dernier qualificatif, je suis en attente de vos suggestions.

 

Le fameux week-end de septembre

    Les journées du patrimoine sont un bonheur pour beaucoup de Français. Pour le Chevalier Dauphinois, c'est une occasion inespérée de voir, de humer et même de toucher des bâtiments souvent fermés au public.

   C'est donc avec une grande émotion que je vais pénétrer dans cette propriété privée.... Mais n'allons pas trop vite. Commençons par le commencement. La vallée du Grésivaudan

Il était une fois...... 

 

La vallée du Grésivaudan

     La vallée du Grésivaudan (vallée créée par la rivière Isère) est un axe important entre la Savoie (Albertville/Chambéry) et Grenoble.

   Au Moyen Âge, pour se protéger de "nos" ennemis les Comtes de Savoie (voir liste), de nombreux châteaux de guet et de défense ont été aménagés par les Dauphinois sur les 2 rives. Je vous en ai montrés plusieurs :

* Tour d'Arces,

* Tour des Chiens,

* Château Corbeau.

* Château de Revel,

* Château de Montfort,

 

Quel est le nom de ce château ?

   Dans les différents manuels, livres, documentations et cartes, cette construction porte aléatoirement trois noms :

1 - Château de Biviers (du nom de la commune),

2 - Château Servien (du nom de la famille l'ayant possédé entre 1500 et 1655),

3 - Château Serviantin (ce serait une déformation du nom Servien. Il est amusant de constater qu'une rue adjacente au château porte le nom de Serviantin).

  Ne voulant fâcher personne  , j'utiliserai certainement les 3 patronymes dans mon article.

  Le château regarde passer les chevaux vapeurs

Je le vois

   Le château Servien est situé proche de la route principale, à 100m au dessus du niveau actuel de l'Isère. Cela n'en fait pas une construction fortifiée inaccessible, c'est peut être la raison de son déclassement en "maison forte".

 

J'entre dans le parc du château

   Après avoir posé mon destrier en face de la maison forte de Biviers, je pénètre par le portail d'entrée qui ne possède plus de système défensif.

  Par une longue allée, je découvre le petit parc paysagé aménagé il y a un siècle. Le contraste entre l'ombre et la lumière est fascinant pour un photographe (en herbe bien sur  ).

   Les fleurs multicolores, la variété des verts, la beauté du massif de la Chartreuse me font presque oublier le but de ma présence en ce lieu.

 

servien-serviantin-14 servien-serviantin-15

La visite commence par une tour carrée

 

Une tour carrée

  Ce château d'origine médiévale a traversé les siècles presque sans dommage, ainsi il a pu se moderniser et devenir une habitation très confortable. La mission du Chevalier Dauphinois est de retrouver les traces du Moyen Âge.

  Cela commence par la découverte d'une tour carrée.

Peut être était ce le donjon d'angle du château primitif.

  Je sens votre doute sur l'origine médiévale de cette construction. Il est vrai que l'absence de crénelage, d'archère, de mâchicoulis, d'échauguette (voir vocabulaire) fait ressembler cette tour à une construction du 17ème siècle. Mais je peux vous assurer que derrière sa blanche peau, il y a des pierres et des fondations datant de "mon" Moyen Âge Dauphinois.

 

Je poursuis ma découverte

    La courtine ouverte sur 2 niveaux de grandes fenêtres modernes et avec son toit très pentu ne ressemble pas à un rempart médiéval. Sur son angle coté Sud-Est, une ronde tour me confirme que cette beauté récente a bien été une construction défensive.

Voyez vous ce détail ?

  Vos yeux expérimentés en architecture défensive ont évidemment vu les fentes verticales de tir.

  Est ce une construction renaissance ou médiévale ?

La façade Sud

    Avec ses multiples fenêtres, ses lucarnes, ses portes au rez de chaussée, la façade me fait peser à une maison bourgeoise du 18ème siècle.

    Certains d'entre vous s'étonneront que mon blog de ruines médiévales s'intéresse à un bâtiment moderne. Mais je me suis promis de lister puis montrer toutes les constructions fortifiées dont une pierre a été posée avant 1492. Je vous montre tant de "ruines ruinées", tant de sites parfois minimaux que vous décrire une construction ayant traversée le temps et en plus de MON Dauphiné est un réel plaisir que je veux vous communiquer.

 

La porte d'entrée

   En faisant le tour de la maison forte, j'arrive en face d'une porte avec linteau en accolade. Quelle chance j'ai qu'elle soit ouverte. Mais avant de me précipiter dans ses entrailles, je me dois de l'examiner.

   Au dessus, je remarque le blason de la famille Morard d'Arces. Comme vos yeux ne sont point habitués à lire la pierre usée, je vous le montre sur le montant d'une fenêtre.

Que remarquez vous ?

   Il semblerait que le sculpteur ait représenté le blason inversé, comme dans un miroir.

  Désirez vous une tasse de thé ?

     L'intérieur : 

Je pénètre dans une autre dimension

   En pénétrant dans un couloir, je remonte le temps. Les murs se parent de tableaux narrant la vie de certains personnages ayant habité ce lieu, dont le fameux Abel Servien, un Dauphinois ayant vécu sous Louis XIV (voir liste). Une de ses correspondances avec Anne d'Autriche est mise en valeur sur un mur.

   L'une des portes avec linteau à accolade me quémande de l'ouvrir.

 

La salle didactique

   L'ambiance est chaude et propice à une lente découverte. Je prends le temps de de lire chaque lettre affichée, d'admirer chaque tableau puis, sous le regard de monsieur Abel Servien, je regarde la vidéo narrant la guerre de Trente Ans et la signature du traité de Westphalie dont Abel fut l'un des acteurs importants.

  Après m'être abreuvé d'une culture historique, je regagne la porte en étant fier d'être un Dauphinois !

 

 

Histoire du château :

* Au 13ème siècle, construction de la maison forte (château fort ?). Il appartiendrait à la famille Morad d'Arces, dont l'un des ancêtres a fait construire, 2 siècles plus tôt, une construction fortifiée à quelques kilomètres à l'Est (château d'Arces).

* Vers 1500, Catherine de Morard d'Arces, en épousant Jean Servien, apporte en dot le château. Durant 4 générations, la famille Servien sera propriétaire du château..

* Au 16ème siècle, avec le début de la Renaissance, la construction médiévale est aménagée pour le confort par les Servien.

* En 1593, naissance d'Abel Servien. Ce personnage (presque inconnu au 21ème siècle hélas) sera l'un des plus puissants et influents Dauphinois de son époque.

* Au 17ème siècle, plusieurs aménagements de confort changent l'architecture du château.

* En 1655, Abel Servien vend château et terres à Antoine de Reynold.

* A partir de 1739, le château est acheté puis revendu de nombreuses fois.

* Au 18ème siècle, le château est modernisé.

* Au début du 19ème siècle, un parc paysagé est aménagé. Deux jolies statues accueillent les visiteurs, l'une représente Vénus et l'autre Bacchus.

* En 1855, Alphonse Rallet achète le château.

* En 1906, le château est possession de la famille Jordan

* En 1928, Marguerite Jordan épouse Albin Jacquemont.

* En 1960, le château est inscrit aux Monuments Historiques.

* En 1994, par héritage, Augustin Jacquemont est le nouveau propriétaire du château.

* Au début du 21ème siècle, la famille Jacquemont possède toujours ce château

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur depuis les routes et à travers les grilles est libre et gratuite. La visite gratuite du château est possible certains jours (en été). Renseignez vous.

 

En complément , je vous propose la lecture d'un site web magnifique sur ce château.

 

 

Le massif de la Chartreuse est magnifique en cette fin d'été

 

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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 07:30

 

Département 17 - CHARENTE MARITIMEVoyez vous une église fortifiée ?

 

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   Le petit bourg de Saint Hyppolyte est situé à 40km au Sud-Est de La Rochelle, à 35km au Nord-Ouest de Saintes, à 30km à l'Ouest de Saint Jean d'Angély et à 7km au Sud-Est de Rochefort.

     Coordonnées de l'église :

45° 55′ 7.01″ N 0° 53′ 19.26″ W
 45.918615°  -0.888683°

 

L'église : 
        L'extérieur :
La découverte

   En arrivant dans le petit bourg, je ne cherche pas un haut et fin clocher d'église car à l'époque romane, ce style d'architecture n'existe pas vraiment.

   Pourtant, au détour d'une ruelle, je suis étonné de voir au dessus des maisons, le toit du bâtiment religieux ainsi que son clocher carré.

Est ce un bon présage ?

Un clocher qui ne semble pas fortifié 

Point de système défensif

   En abordant l'église par l'abside, je vois de puissant contrefort d'angle qui pourrait me faire espérer, mais la grande fenêtre à remplage de style Gothique n'est pas de bon augure.

  L'asymétrie entre les hauteurs des contreforts, la longueur du toit et le décalage de la fenêtre me fait penser que l'église a été modifiée après sa construction.

Ajout d'une contre-allée ?

   Le plan en vue de dessus me confirme que l'abside a été ajoutée ou à été agrandie pour la construction d'une chapelle.

 

Le clocher
    Imaginant que le clocher est le secret du système défensif, je cours vers lui. Hélas, cette construction parallélépipédique ne comporte pas de fente de tir, ni de mâchicoulis (voir vocabulaire).

   Comprenant mon erreur (la précipitation - voir ici) je prends un peu de recul pour ressentir cette église.

  Une salle de repli défensive au dessus de la nef

Une nef fortifiée

  Évidemment comme moi vous avez remarqué l'orifice rectangulaire au dessus de la ligne des modillons. Cet ajout postérieur à la construction de l'église est une salle de repli.

   Le plus intéressant sont les trous de boulin alignés en dessous. Ils devaient porter un hourdage en bois.

 

La fortification de la nef est elle symétrique ?

  Pour avoir la réponse à mon questionnement, il suffit de se déplacer de l'autre coté. Une symétrie presque parfaite s'offre à mes yeux brillants et heureux.

  J'ose écrire "presque" car il y a :

* Une petite différence en nombre et niveau des trous de boulin extérieurs.

* Des fenêtres romanes obstruées.

Avez vous remarqué les arcades autour des fenêtres ?

    Chaque mur latéral de la nef est renforcé par des arcs en tiers point encadrant les petites fenêtres Romanes à colonnettes..

Un portail Saintongeais protégé par un hordage 

Le portail

   Planté face au portail, je suis d'abord attiré par les trous de boulin sous l'ouverture de la salle de repli. La protection de la porte par une pseudo bretèche est évidente.

   La façade a une architecture classique en Saintonge. eIle est constituée en partie basse par 3 arcatures dont les 2 extérieurs sont aveugles. Le portail possède 3 voussures dont une en pointe de diamant et l'autre polylobée.

 

        L'intérieur :
  Hélas, comme beaucoup d'églises, la porte ne s'ouvre pas et je ne pourrai pas confirmer mes constatations. 

 

 

Histoire de l'église :

* Au 12ème siècle, construction de l'église.

* Au 15ème siècle, aménagement du choeur.

* En 1995, l'église est classée aux Monuments Historiques.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite des fortifications intérieures est interdite.

 

Longiligne et fortifiée cette église est !

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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 06:00

 En cliquant sur l'image, vous pouvez trouver les coordonnées complètes de ce livre sur des sites que je vous propose.

Résumé :

    « Des chercheurs confirmés, spécialistes du Bourbonnais, ont réuni leurs compétences afin de réaliser cet important recensement des châteaux, fiefs, mottes, maisons fortes et manoirs. II en résulte près de deux mille notices scientifiques, accompagnées de leurs références bibliographiques ou documentaires.
    Ces notices permettent de retrouver l'origine et de suivre l'évolution des différentes structures, encore visibles aujourd'hui ou malheureusement disparues.
     Le projet, certes ambitieux, était de reprendre et d'augmenter l'oeuvre d'A. de la Faige et de R. de la Boutresse, Les Fiefs du Bourbonnais. Cette oeuvre de qualité, éditée en deux volumes, ne couvrait cependant que la partie bourbonnaise de la rive droite de l'Allier jusqu'à la Loire.
    Les auteurs du présent recueil se sont donc attachés à étendre leurs recherches à l'ensemble des communes de l'Allier. Ils montrent ainsi que chaque bourg était concerné par l'organisation seigneuriale et gardait, plus ou moins nombreuses, plus ou moins bien conservées, des structures d'époque médiévale.
    Les grandes forteresses, comme les maisons fortes de la fin du Moyen Age, encore visibles aujourd'hui, ont été le plus souvent abandonnées. Certaines, cependant, ont été transformées - particulièrement à la Renaissance - en demeures résidentielles.
    En cela, elles ouvrirent la voie à toute une architecture, noble ou bourgeoise, du château au manoir ou à la gentilhommière, qui s'est développée jusqu'au XXe siècle.
    C'est donc à la découverte du patrimoine du Bourbonnais que sont conviés lecteurs et touristes ; l'ambition de ce travail est également de constituer un véritable ouvrage de référence à destination des chercheurs et des auteurs dans leur connaissance de cette région. »
 
 
Mon avis :
LE livre de recherche sur le Bourbonnais !!!
 
     Un "pavé" de 680 pages écrit par 5 spécialistes ne peut être qu'un fabuleux ouvrage.
 Mais est il trop technique ou trop universitaire ?
 
   Le réponse est NON. Certes, ce n'est pas un "roman de gare" qui se lit le temps d'un Paris-Lyon (pourquoi Lyon, puisque l'on se rend dans le Bourbonnais ?  curieux ce chevalier !). Ce n'est pas non plus un livre d'image montrant les beautés construites par nos ancêtres comme le  Larousse des châteaux. C'est un livre technique, architectural, historique, mais compréhensif. Il est vrai qu'il faut être passionné par ce sujet, ce n'est pas écrit en style romanesque ou ni en style reportage de type "GEO". C'est un vrai ouvrage sérieux mais pas fastidieux, avec de nombreux détails sur les châteaux.
 
   Je vais lui faire un reproche....... et même 2.
 1- Il ne traite pas QUE de l'époque médiévale, mon sujet préféré (hihihi, ce n'est pas un reproche, j'avais envie d'être égoïste !).
 2 - Il est trop gros pour mon sac à dos (oui, encore égoïste je suis, mais je pense à mon pauvre dos qui vieillit lui aussi).
 
   Si vous êtes un castellologue amateur comme moi, et si vous souhaitez un ouvrage sur le Bourbonnais, région de vos prochaines vacances, n'hésitez pas, voici LE seul livre à posséder.
   Mais si vous en connaissez un autre, je serais heureux de partager avec vous.
Bonne lecture, ami médiéviste !


  Venez "visiter" maintenant les châteaux de l'  ALLIER 
 
 
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