Translation




 

 

 
 
French to English French to German French to Italian French to Spanish
French to Japanese French to Korean French to Russian French to Chinese (Simplified)
 

 

 
 

 

 

 

 

Ombre et lumière

14 août 2014 4 14 /08 /août /2014 06:30

 

Département :   11 - AUDE

 

Cette ruine en voit passer de l'eau sous le pont.

Le bourg : 

      Situation :   (--> le voir sur une carte
    La commune de Quillan est située à un important carrefour de vallées. C'était un point stratégique entre l'Aragon si proche et la route de Carcassonne dont la cité est à 51km au Nord.
 
Coordonnées du château :
42° 52' 29" N 2° 11' 12" E
 42.874952°  2.1868770°
  
Le château : 
     L'extérieur : 
La découverte
    De loin, la bâtisse ressemble plus à un fort qu'à un château médiéval. Pourtant, c'est un très vieux bâtiment qui a vu :
* Les Wisigoths,
* Les Cathares,
* Simon de Montfort,
* Les armées des différents rois,
* Les Aragonais,
* Les révolutionnaires Français,
* et.... moi.
 
Il est là haut
   Le château est installé au sommet d'un petit promontoire sur la rive droite de l'Aude, à l'Est de la ville actuelle.
    De nombreux châteaux médiévaux dans la région sont construits en haut des pogs. L'architecte doit s'adapter au terrain et rivaliser d'ingéniosité pour faire tenir solidement l'ensemble (voir Roquefixade,  Quéribus,  ...). Ici, le plan est carré et plat (voir schéma). La seule difficulté est d'offrir des obstacles pour la défense du château, solution très classique et vue dans de nombreux châteaux forts.
 Archère, échauguette, bossage.. Que de merveilles !
1ère analyse
    Le château de Quillan est une enceinte quadrangulaire de 35m de coté avec des murs à bossage. Ce type de construction n'ayant été utilisé que pendant une courte période du moyen age, on peut dater ces murs du 13ème siècle. Dans la partie supérieure, un changement de construction est visible.
Consolidation ultérieure ou réparation ?
 
2ème analyse 
    L'enceinte est talutée à la base avec un fruit en forte déclivité. Les courtines, de 1,80m d'épaisseur, sont percées d'archères et de grandes baies en plein cintre. Les archéologues pensent qu'elles avaient une hauteur de 13 mètres. Au 20ème siècle, 5 à 6 mètres de pierres ont été restaurées pour le plaisir des visiteurs.
 
3ème analyse 
    Les quatre angles sont pourvus d'échauguettes polygonales (au lieu de tours rondes classiques comme on se les représente dans notre enfance - voir exemple  ici  ou  ). Elles reposent sur une série de 5 encorbellements arrondis. Elles étaient surmontées d'un parapet en grès jaune percé d'archères aujourd'hui disparu.(plusieurs châteaux de la région comportent ce type d'architecture Bugarach  ou  Coustaussa....).

    L'entrée principale est située Nord-Nord-Est. Elle était protégée par un fossé (aujourd'hui comblé) et par un pont-levis (disparu car inutile).

 Est ce un donjon-porte ? ... Mystère.

La porte d'entrée 
   Certains archéologues et médiévistes pensent que cette construction était le donjon. Mais d'autres certifient que c'était 'une tour-porte'.
Ce "détail" est important.
Des tour-portes, il en existe plusieurs dans la région (Puivert par exemple). C'est un type de construction assez classique sur des châteaux peu élevés.
     Mais si le donjon était au dessus de l'entrée, le château fort de Quillan aurait une architecture unique en pays Audois. De nombreux experts optent pour cette option.
Avez vous une idée ?
 
Et si c'était un donjon ?
   Cette construction était une grande tour carrée de 8m par 6m. Elle comprenait 3 voûtes superposées et culminait à 26 mètres.
  Son système défensif est classique :
- Archères pour le tir sur les agresseurs extérieurs,

- Porte extérieure (pont levé),

- Porte intérieure à 2 vantaux,

- Entre les 2 portes, petit couloir droit avec  assommoir,

- Fantôme d'une herse, dont subsiste le rainurage.

   La tour-porte est très abîmée, mais ceci est une chance car je peux voir que le blocage des murs est constitué de pierres roulées provenant du fleuve Aude (en contrebas). C'est un remblai classique.

   

     L'intérieur :
J'entre

    Avec précaution, je traverse la "tour-donjon-porte". La cour est partiellement dégagée des arbres et pierres qui l'encombraient il y a peu. Elle était couverte de grands arcs dont il ne reste que le sommier dans les murs et les voussoirs posés au sol. Les salles étaient éclairées par de grandes fenêtres hautes.

 

L'archer tirait il à plat-ventre ?

 

Ambiance défensive

     Au niveau inférieur, les murs comportent des archères droites (4 au Nord, 5 au Sud et à l'Ouest, et 2 à l'Est coté entrée). Certaines sont bouchées par le comblement de la cour intérieure (pour installer des canons durant la révolution Française), d'autres ont été aménagées très tardivement en fenêtre.

    Le mur Sud est le mieux conservé des 4. Il a pratiquement sa hauteur d'origine, il ne manque "que" les créneaux. Un chemin de ronde est presque visible (avec un peu d'imagination).

 

Les salles

   L'angle Nord-Est comporte un très joli arc de soutènement de la tour d'angle. Il a une portée de 1,50m environ. Mais hélas, aucun décor sculpté ni cul de lampe de soutènement est visible. Ce mur comporte une "trouée" qui pourrait s'apparenter à une empreinte de cheminée.

   Sur le sol de la moitié Ouest, des bases de mur montrent plusieurs petites salles, mais il est impossible d'en déterminer la fonction. Même les quelques documents d'archive et de fouilles que j'ai lus n'ont pas défini le nom de ses salles.

   Occupant 1/4 de la surface de la cour, sur l'angle Est, un immense château d'eau défigure le site. Son seul avantage est qu'en montant dessus, il y a une vue extraordinaire sur la ville et les montagnes environnantes.

 

Une curieuse petite porte

   Le mur Sud comporte une poterne, mais :

Est-elle médiévale ?

  J'en doute, tant le château a été remanié pour le rendre fonctionnel.

   

   

 Histoire du château :

* A l'époque romaine, un oppidum est édifié dans la ville nommée: Calianum. Les maisons sont construites sur la rive droite de la rivière Atax (aujourd'hui nommée Aude).
* Vers 781, une forteresse Wisigoth est citée dans le village de Kilianus ou Quilhanus.
* En 844, le roi Charles le Chauve (voir la liste des rois) demande au Comte Milon de restituer le domaine de Quilhanus à l'archevêque de Narbonne.
* Au 11ème siècle, les habitants peuplent la rive gauche.
* En 1125, un lieu fortifié est cité (peu de précision sur l'emplacement, mais pourquoi l'installer ailleurs que sur la colline ?).
* Au 12ème siècle, un faubourg est créé sur une presqu'île formée par l'Aude et son affluent le Coulant: le quartier de la Hille.
* En 1145, le village se nomme Quillanum.
* A la fin du 12ème siècle, les Aragonais de Alphonse II, en guerre contre le Vicomte de Trencavel, prennent la ville après une courte bataille.
* Vers 1202, les droits de l'archevêque de Narbonne sont rétablis sur Quillan.
* Vers 1210, durant la croisade des Albigeois , le château est pris par l'armée "du Nord". Simon de Montfort  le confit à Guy de Lévis, son fidèle lieutenant malgré la colère de l'archevêque.
* En 1216, l'archevêque de Narbonne écrit une supplique au Pape Honorius pour rétablir ses droits sur le domaine de Quillan.
* En 1232, le château est construit sur l'emplacement de l'ancienne forteresse. Il est rattaché à l'archevêché de Narbonne. La période est confuse et Quillan passe alternativement sous pouvoir du roi ou de l'archevêque.
* En 1247, Saint Louis décide la "création" de plusieurs villes (dont de Carcassonne, Limoux). Quillan est alors élevée au rang de cité. Le nouveau nom serait Quillanus.
* En 1255, il semble que les habitants reconnaissent l'autorité de l'archevêque de Narbonne sur la ville.
* En 1280, le roi Philippe III le Hardi abandonne définitivement toutes les terres et les droits à l'archevêque de Narbonne.
* En 1281, la garnison de Quillan est dirigée par un certain Bompart, il a été nommé par l'archevêque.
* En 1332, le château est donné au Roi de France (contre une somme de 5000 livres tournois ?). Début du remaniement des bâtiments.
* En 1341, fin de rénovation du château.
* En 1345, la famine décime la région.
* En 1347, la première peste noire affaiblit la densité de cette ville naissance.
* En 1350, la deuxième peste noire ne laisse qu'un tiers de la population.
* En 1351, un texte mentionne qu'à Quillan l'archevêque "possède en propre un très beau château avec deux vergers contigus".
* En 1394, durant la guerre de cent ans, le Roi somme l'archevêque de fortifier le château.
* Vers 1480, les troupes aragonaises ravagent les régions du Fenouillèdes et de la Haute Vallée de l'Aude. Les Espagnols occupent Quillan.
* En 1495, les troupes du Roi de France chasse les intrus de la ville et du château.
* En 1573, les Calvinistes prennent la ville.
* En 1575, le château de Quillan est incendié par les Huguenots.
* En 1576, rendue au vicomte de Joyeuse, la ville est fortifiée et des fossés sont creusés. Après les guerres de religions, il semble que le château soit très délabré.
* En 1628, le Sénéchal de Carcassonne demande à l'archevêque une remise en état du château et du moulin suite à une inspection.
* En 1659, le traité des Pyrénées scelle une paix entre l'Espagne et la France et permet l'annexion du Roussillon. La ville n'est plus proche de la frontière Espagnole, les fortifications deviennent inutiles.
* En 1735, le château est démantelé, sur la proposition de l'archevêque.
* En 1790, durant la révolution, Quillan devient chef lieu de district.
* En 1793, les murs Ouest et Nord sont abattus pour récupérer les matériaux en vue d'une plate-forme qui servira pour une batterie de canon.
* En 1791, le château est vendu aux enchères. L'achat est réalisé par Thomas Marre plâtrier à Quillan..
* En 1950, il est acheté par la ville. La construction d'un château d'eau dans le fort est judicieuse (puisque c'est l'endroit le plus haut de la ville), mais catastrophique pour cet "ancêtre" qui est amputé d'une partie de sa cour intérieure.
* En 1954, les ruines sont inscrites aux Monuments Historiques.
* En 1994, des fouilles sont organisées et c'est le début d'une restauration (ou consolidation).
* Au 21ème siècle la visite est libre et gratuite. Le risque de recevoir une pierre est faible.

 

Peut être qu'une princesse faisait un signe à son amant depuis cette échauguette.

  Cliquez pour revenir au menu des Châteaux du 11 Vers Menu châteaux de l'Aude
Repost 0
Published by Le Chevalier Dauphinois - dans Châteaux en Languedoc : 11 30 34
commenter cet article
12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 06:07

 

Département :   73 - SAVOIE 

 

Le château :

Nuages et montagnes regardent cette ruine avec nostalgie.

   Situation :  (--> le voir sur une carte)

      Le village de Esserts-Blay se situe à l’entrée de la vallée de la Tarentaise, à 9 km au Sud-Est d’Albertville, sur la rive gauche de l’Isère.

     Coordonnées du château :

45° 36' 46.159" N 6° 26' 27.071" E
 45.612822°  6.440853°

 

  Origine du nom :

     Le nom actuel du village est le regroupement des communes après la révolution Française.

  * Esserts vient du mot latin "Essartum" désignant un terrain défriché (vers le 12ème siècle ?).
  * Blay aurait peut être comme origine le mot latin "Blasius" (Noble important, propriétaire de terrains dans ce lieu). 

 

Le château :

   L'extérieur :

Où est il ?

     Depuis la route principale traversant le petit village, aucun bâtiment fortifié se montre dans les pentes des montagnes.

Est ce encore une ruine oubliée ne laissant voir que ses bases dans une dense forêt ?

     Depuis un balcon fleuri, une charmante habitante me montre la direction à suivre avec sa main gantée (non, point de dentelle princière, un gant jaune pour la vaisselle).  "Il faut prendre le chemin  derrière l'église" me hurle t elle. 

 

La découverte

       Le spectacle du site est surprenant. La chemin aboutit dans l'ancien fossé (?) ou le verger (un texte en ferait l'inventaire au 16ème siècle).
     Un monticule rocheux porte la ruine qui est "presque entière" (oui, presque, vous me connaissez maintenant, les vrais châteaux "pas cassés" ne sont pas souvent dans mes pages).
   Comme pour le protéger du vent, des arbres l'entourent, mais en respectant la distance du à cet ancêtre.

 

Première analyse

   En faisant le tour, je constate que cette ruine ressemble aux châteaux "classiques". En théorie, 4 tours rondes aux angles reliées entre elle par des courtines droites. Mais curieusement une tour manque et la forme générale ne ressemble pas à un rectangle mais à un L. Cette curiosité pose quelques questions : 

     - Cette 4ème tour a-t-elle été détruite ?  (Mais aucune trace apparaît sur le sol).
     - Par manque d'argent, ce 4ème coté n'a pu être construit ?

 

Deuxième analyse

  Mais comment assurer la protection d'un château avec autant de surface sans protection ?

* Peut être que cette bâtisse ne fut qu'une maison forte marquant un territoire mais sans but de défense.
* Ou à l'origine, était ce une tour carrée centrale sur laquelle furent greffées des tours d'angle ?

  Les murs assez épais sont réalisés avec des petits moellons de schiste non taillés, mais correctement scellés. De l'extérieur, cela ressemble à une construction finie mais peu esthétique. L'usure du temps et l'incendie du 16ème siècle puis quelques réparations sommaire ont sûrement détérioré l'aspect des murs extérieurs.

      Il me tarde de visiter l'intérieur de cette ruine dont les murs sont hauts. Je ne vais pas entrer par la porte mais...... par un effondrement dans l'une des tours.

 

   Tour d'angle :

       Voila une sensation nouvelle, découvrir une ruine en commençant par la tour.

C'est une première pour moi. Et pour vous ?).

L'intérieur ne comporte aucune trace d'escalier, chaque étage est indépendant. Pour chaque niveau, des ouvertures permettent l'accès aux petites salles. Aucune trace d'archère ou de bouche à feu est visible (voir vocabulaire).

     Pourtant, dans un angle, apparaît une fente qui me semble avoir été ajoutée récemment. Il est possible qu'à l'origine, ces petites salles soient des niches pour un soldat durant une attaque.

 

   L'intérieur :

Minimale mais très variée

J'entre   

   Pour passer dans les salles suivantes, je dois me courber car l'effondrement du toit et des étages a rehaussé le sol et conséquence, "diminuer" la hauteur des portes.

 

Le logis

    Contrairement aux autres ruines que je vous montre, celle-ci comporte tous ses murs intérieurs. Le bâtiments d'habitation comporte un rez de chaussée et trois étages bien visible par le retrait des des murs, ou plutôt la diminution de leur épaisseur.
     En bas, peu de commodités apparaissent. Ce devait être le niveau du stockage, des communs et de la cuisine.

 

Les étages

     Aux 1er et 2ème étages, des éléments de confort et de vie (comme une cheminée) sont nombreux. J'imagine bien le seigneur attablé devant son écritoire. C'était vraiment les 2 étages d'habitation, car toutes les fenêtres et ouvertures de porte ont un encadrement de pierre, parfois sculpté.
  Le dernier étage semble plus modeste et moins décoré.

Est ce le grenier ou l'étage des serviteurs ?

 

Il y a des murs partout !

     J'ai une sensation nouvelle. D'habitude, dans "mes" ruines, avec les murs disparus, j'ai l'imaginaire qui fonctionne et, réchauffé par le soleil, je regarde l'horizon. Dans cette ruine, ma vue est bloquée mais je sens la chaleur des pierres et la vie des "fantômes".

Ressentez vous cela aussi ?

 

 

Histoire du château :

* Entre 1190 et 1220 (?), un bâtiment est construit sur le site par Nicod d"Avallon (est ce le château.   j'en doute). 
* En 1301, François d'Avallon est autorisé par le Comte de Savoie Amédée V (voir liste) à construire un bâtiment fortifié sur ses terres (il semble qu'aucun texte prouve la construction).
* En 1354, un acte précise que François d'Avallon  passe la seigneurie de Blay à François de Salins (il avait épousé une des filles d'Ameyric d'Avallon).
* En 1390, un texte confirme la possession de la seigneurie de Blay à François de Salins. Il semble que Blay soit cité comme une seigneurie et non une châtellenie.
* Vers 1418, à la mort de François, la seigneurie ainsi qu'un "château" sont donnés à l'archevêque de Narbonne (Normalement, Blay dépendait de Moustier, la raison de cet acte curieux est inconnue).
* En 1432, l'arrière petit fils de François de Salins possède la seigneurie (comment l'a t il récupéré pour sa famille ?), et se met sous la protection du Duc de Savoie Amédée VIII (voir liste).
* En 1536, Jean de Mermet de Riddes, seigneur de Flumet et de Megève, achète terres et château à Urbain de Salins pour rembourser ses dettes. Il semble que le château ne soit plus habité depuis cette date.
* En 1565, Antoine Gaspard de Riddes, fils de Jean, hérite du domaine.
* En 1599, bien qu'il n'y ait aucun écrit, la tradition veut que le château soit détruit accidentellement (?) par les flammes. La ruine ne fut jamais reconstruite.
* En 1615, Antoine sans héritier direct, donne par testament le domaine à Gaspard du Verger, fils de sa soeur Thomassine de Riddes.
* Au 19ème siècle, par manque d'héritier male, la famille Verger disparaît.
* Au milieu du 19ème siècle, 2 communes sont regroupées formant le nom Esserts-Blay.
* A la fin du 20ème siècle, une association est créée pour la sauvegarde du château (voir ici).
* Au début du 21ème siècle, la découverte de la ruine est libre et gratuite. A l'intérieur, le risque de recevoir une pierre n'est pas négligeable.

 

 Nos ancêtres savaient tailler la pierre magnifiquement.

 

 

  Cliquez pour revenir au menu des Châteaux du 73 Vers Menu châteaux de Savoie
Repost 0
Published by le chevalier Dauphinois - dans Châteaux en Savoie Médiévale : 01 73 74
commenter cet article
11 août 2014 1 11 /08 /août /2014 06:30

 

Département :  68 - HAUT RHIN

 

Le château : Perché sur sa colline, le vieux château de Ferrette attend les touristes

  Origine du nom :

    Pour les Romains, le lieu se nommait : Piretum, signifiant Verger de Poirier. Le nom latin se transforme en Ferretis. En Allemand, il devient Pfirt, et en Français Ferrette.
   C'est d'abord le petit village supérieur qui porte ce nom. Le château et ses Comtes prendront le patronyme plus tardivement.

 

   Situation :    (--> le voir sur une carte)

      Le bourg de Ferrette se situe à 40km à l'Est de Montbéliard, à 30km au Sud de Mulhouse, à  20km au Sud-Ouest de Bâle (en Suisse).
    Au Nord-Est du village, le château est posé sur une colline à 630 mètres d'altitude.

    Coordonnées du château :

47° 29' 37.478" N 7° 19' 2.676" E
 47.493744°  7.31741°

 

Le château :

      L'extérieur :

La découverte

    Depuis le parking la vue sur l'ancien château Comtal est impressionante. Les ruines se confondent avec le rocher. Je vais encore visiter un château sans toiture, avec peu de murs intérieurs et des squelettes de bâtiments.

humm, j'adore et vous ?

 

Le plan

   Proche du sentier menant vers la porte d'entrée, un panneau affiche le plan du château. Des 2 châteaux devrais je dire :

- Il y a sur la gauche (coté Nord-Ouest) le château bas,

- Puis à droite, (bien sur coté Sud-Est), le château haut, nommé aussi château primitif (le plus ancien).

 Sur le plan trois traits/tracés importants apparaissent :

* Le trait fin en "noir et marron" est le sentier de découverte de la ruine. Il peut se faire d'abord par l'extérieur en contournant les fortifications, puis en pénétrant dans le château.

* Les traits "noirs épais" sont les murs existants.

* Évidemment, les traits "bleus clairs" sont les murs disparus après l'intervention du temps et surtout des Suédois.

Plan du château de Ferrette 

L'approche

   La découverte gratuite commence maintenant. Une première porte (repère E) du 16ème siècle (très remaniée au 20ème) est la première fortification. Elle devait comporter un pont levis.
   Il faut maintenant grimper par le sentier en pente douce. C'est le chemin de défilement qui longe l'impressionnant rempart du château haut.  Bien que la végétation ait envahi une partie des courtines, les remparts et tours sont encore impressionnants avec leurs multiples bouches à feu et archères (voir vocabulaire).

   Rapidement, j'arrive devant une deuxième porte fortifiée (nommée "porte haute") avec une ouverture pour artillerie. Cette construction semble médiévale bien que remaniée au 16ème siècle.

Etait elle protégée par un pont levis ?

 

    L'intérieur du château bas :La courtines Ouest du château bas est très sobre.

Reste-il des décorations ?

      Cette partie du château est censée avoir été construite à la fin du 15ème siècle. Comme le château de Ferrette était la résidence des Comtes, j'avais imaginé trouver quelques décors renaissance. Bien sur, ce n'est pas un château de la Loire, mais au moins un peu de pierres sculptées. Ces murs sont très neutres sans apparats. Les bâtiments ont vraiment une fonction de protection et de défense, comme beaucoup dans la région du Sundgau (voir Morimont).

 

Est ce le donjon ?

     Au centre (repère D) de cette cour assez déserte (je vous avais dit que ce château "sentait" les murs intérieurs fantômes), je perçois les vestiges d'une puissance tour carrée. C'est le donjon du château bas qui semble dater du 12ème siècle par sa forme géométrique et ses épais murs.

 

Est ce la chapelle ?

   Du coté Est, inclus dans les remparts, une "tour" (repère C) carrée tente de survivre malgré la pente qui l'attire (pauvre vestige ). Le plan du château indique que c'est la chapelle castrale dédiée à Sainte Catherine, elle est vraiment méconnaissable.
   Dans l'herbe haute de printemps, je remonte le chemin vers le château haut.

 

   L'intérieur du château haut :

Est ce la salle des gardes ?

       Entre les 2 châteaux, il y a un mur devant être le rempart Nord du haut castrum. Il y a aussi un bâtiment très endommagé comportant des petites fentes (pour fusils ?). Certains textes le nomment "Salle des chevaliers", d'autres font allusion au "corps de garde". Il est difficile de connaître sa fonction car la construction a subit de nombreuses modifications. Avançons ensemble vers le Sud.

 

Est le puits ou une réserve ?

    Tout au bout, un curieux vestige (repère P) s'offre à mes yeux ébahis. Il est long et comporte une ossature de voûte très harmonieuse.

Quelle est la fonction de cette salle ?

Deux hypothèses :

1 - La réserve d'eau (citerne) puisque ce château est le plus ancien et surtout le plus haut, c'est une conséquence logique.
2 - Une cave ou salle de stockage de la nourriture.

 

Est ce le palais ?

   Le château haut me réserve une autre surprise. Un mur en pierres très haut, posé sur une puissante paroi rocheuse.

Quel fantastique décors !

     La paroi est creusée pour recevoir des poutres. Cette partie du château devait avoir au moins 3 étages. C'est certainement le palais du château Comtal.

 

Est ce un autre donjon ?

    A quelques mètres au Nord, une plate-forme symbolise l'emplacement du donjon. Bien qu'il ne reste que peu de mur, il émane de ces pierres une impression de puissance (la ressentez vous ?). Je vous invite à grimper l'escalier.

      C'est l'avantage des ruines sur les châteaux trop bien entretenus . Comme la vue n'est pas "bloquée" par les murs, un panorama à 360 degrés nous fait découvrir les beautés du Sundgau.

 

 

Histoire du château :

* A l'époque Romaine, certains pensent qu'une tour de guet est construite sur le haut de la butte.
* Au 11ème siècle, le Comte de Bar et de Montbéliard possède un territoire important (l'Alsace du Sud et un morceau du Jura). Un petit hameau est construit au pied de la fortification. (C'est l'actuel "vieux Ferrette" ou "Ferrette le haut").
* En 1105, sur la butte, un château est cité dans un texte. (Cet acte en fait l'un des châteaux les plus vieux de l'Alsace ).
* En 1125, à la mort de Thierry Ier de Montbéliard (Comte de Bar-Mousson-Montbéliard), l'un de ses fils, Frédérique Ier, reçoit en héritage la partie Sud du domaine nommé Sundgau. Il transforme ce fief en Comté, et devient le premier Comte de Ferrette. C'est un homme de décision et de "vision sur le futur"; Il fonde de nombreux couvents, monastères et prieurés. Il aménage le château qu'il habite.
* Vers 1168, Frédérique meurt. Son Fils Louis Ier devient de deuxième Comte de Ferrette. Il semble qu'il réside au château. Sa brutalité est légendaire.
* En 1189, Louis part pour la troisième Croisade en Terre Sainte, et meurt peu de temps après. Son fils aîné, Frédérique II, devient le 3ème Comte de Ferrette. Le pouvoir du Comte grandit, et l'évêque de Bâle commence à surveiller ce puissant Comté si proche.
* Vers 1232, le village se dote d'une enceinte fortifiée.
* En 1233, Frédérique II est assassiné par son fils aîné Louis (il semble que cet acte soit contesté par quelque historiens). C'est le cadet, Ulrich II qui devient le 4ème Comte de Ferrette.
* En 1271, le Comte Ulrich II de Ferrette fait oblation à l'évêque de Bâle. Il vend son Comté à l'évêque qui lui redonne en "gestion". Ferrette est nommé "Ville" dans un écrit (titre important pour l'époque).
* En 1275, Ulrich II meurt. Son fils Thiébaut est confirmé par l'évêque de Bâle pour la gestion du Comté. Ce sixième Comte de Ferrette est un guerrier redoutable qui sévit dans toute la région.
* En 1310, Thiébaut meurt. Ulrich III est nommé  7ème Comte de Ferrette,
* En 1324, Ulrich III, meurt sans héritier "mâle". Jeanne de Ferrette, fille du dernier Comte, épouse l'Archiduc Albert II de Habsbourg. Le Comté de Ferrette passe à la maison d'Autriche qui lui accorde des droits supplémentaires (en plus de ceux acquis durant 200 ans). Par exemple, le débit de sel....
* En 1488, une enceinte polygonale flanquée de 4 tours est construite autour du château bas.
* Au début du 16ème siècle, la famille Reich de Reichenstein, nouveau propriétaire, règne en maître absolu sur leurs sujets. Il supprime de nombreux droits aux résidents de la vallée. La crainte est présente chez tous les habitants.
* En 1540, une nouvelle famille habite le château : Les Fugger. Ces banquiers modifient et aménagent fortifications et bâtiments. Un rempart est construit reliant le château haut et le château bas. Une porte basse avec bouche à feu est aussi érigée.
* En 1618, début de la guerre de "30 ans" (voir ce livre). Le territoire est envahit à plusieurs reprises.
* En 1632, des mercenaires à la solde des Suédois attaquent puis envahissent le château.
* En 1634, les paysans se révoltent et chassent la garnison. En représailles, l'armée Suédoise attaque village et château. Le nombre des victimes civiles est important. Le château supérieur subit de gros dommages, et les fortifications de la ville sont détruites.
* En 1635, l'armée Française envahit la région et attaque le château.
* En 1648 (le 24 octobre), signature du Traité de Westphalie mettant fin à la "guerre de 30 ans". La seigneurie appartient au roi de France Louis XIV (voir liste des rois).
* En 1649, Louis XIV décide de relancer l'économie de la région qui a terriblement souffert de cette guerre. Il place un bailli dans un bâtiment "restauré" du château.
* En 1659 (?), Louis XIV donne au Cardinal de Mazarin le Comté de Ferrette.
* En 1661, à la mort du Cardinal (sans héritier bien sur), Honoré IV prince de Monaco hérite du domaine de Ferrette. Peu d'investissements sont faits par ces nouveaux propriétaires excepté pour le bâtiment du bailli. Le château est décrit comme ruine.
* En 1789, des révolutionnaires, venant de la vallée de Saint Amarin, pillent et incendient les restes du château bas et de la résidence du Bailli.
* En 1792, comme beaucoup de ses contemporains, le château est "débarrassé" de ses plus belles pierres.
* Au 19ème siècle, Walter Scott, écrivain écossais, met en scène le château dans un roman décrivant les méfaits d'un bandit.
* En 1930, les ruines du château sont classées aux Monuments Historiques.
* A la fin du 20ème siècle, le prince de Monaco (qui est aussi Comte de Ferrette) a été invité pour l'inauguration d'un train (mais hélas, aucun projet de consolidation du château était à l'ordre du jour ).
* Au 21ème siècle, la découverte de la ruine est libre et gratuite. Le risque de recevoir une pierre est faible. Un circuit de visite est aménagé.

 

  Cliquez pour revenir au menu des Châteaux du 68 Vers Menu châteaux du Haut Rhin
Repost 0
Published by Le Chevalier Dauphinois - dans Châteaux en Alsace : 67 68
commenter cet article
10 août 2014 7 10 /08 /août /2014 06:01

 

Pays :

 ESPAGNE

Région :

 CASTELLON
 
 
Ce château m'a subjugué !
  * Ce n'est pas une ruine comme j'adore, et même pire, elle est vraiment trop refaite.
  * Ce n'est pas un bâtiment isolé, et même pire, il est très touristique.
---> Alors pourquoi suis je resté 3 heures dans la cour ?

    C'est la 1ère fois (depuis des siècles hihihi) que je suis accompagné durant ma visite par une musique.... Que dis je !... par Mozart, Vivaldi, Bach, Albinoni, Haendel....
    Je sais que ce ne sont pas des compositeurs contemporains des Templiers, mais cela se marie si bien. J'ai eu l'impression d'entrer dans les pierres, de survoler le château, d'être seul au monde !

  

  

Le bourg : 

  Situation  (--> le voir sur une carte)

       Peniscola est une station balnéaire située à 128km au Sud de Tarragone et à 140km au Nord de Valence.

 

  Coordonnées du château : 

  
  

 

 

Le château :

    Quelque soit l'endroit où vous attachez votre destrier, il est impossible de ne pas voir le château tant il est domine la ville et ses immeubles modernes.

 

   L'extérieur :

     En arrivant aux pieds du château, mes yeux se brouillent.

Est ce du au soleil d'Espagne ou à la malédiction des Templiers ?

   En réalité, les hauts murs droits posés sur le rocher avec ces mâchicoulis de forme Mauresque étaient en contrejour. Pour que vous les dégustiez, j'ai préféré les "transformer" un peu.

 

    L'intérieur :

Sobriété

        Après avoir donné quelques piastres à une brune caissière, je découvre l'entrée.
    Elle est très sobre. Les templiers ne s'embarrassaient pas d'inutiles décors et les propriétaires suivants n'ont pas cherché à modifier l'extérieur.
    La porte est encadrée par 2 puissantes tours carrées dissuasives. Les blasons sous la belle fenêtre représentent :
  * La croix noire de l'Ordre du Temple,
  * L'emblème d'Arnaldo de Banyuls, gouverneur de Peniscola,
  * Les chardons de Frey Berenguer de Cardona, Maître de l'Ordre au 13ème siècle.

 

Le plan
  Pour mieux comprendre le château, je vous livre le "plan secret" du niveau bas et du niveau haut :

1 - Porte principale,
2 - Dépendances,
3 - Grande salle rectangulaire (Ecurie ou étable),
4 - Habitations,
5 - Cour d'armes de la forteresse,
6 - Résidence du pape Benoit XIII,
7 - Eglise rectangulaire à nef unique sous voûte romane en demi berceau,
8 - Salle gothique,
9 - Palais pontifical,
10- Cachots primitifs.

 

La cour

   En entrant dans la cour d'armes, je suis surpris par la lumière. Il manque bien sur quelques bâtiments, mais cette pierre blanche sous le soleil... Wahouuu !
Et si vous ajoutez un peu de Mozart... L'aveuglement est total.
      Les styles architecturaux se font face. Une jolie baie géminée côtoie une porte plein cintre.
   La porte d'entrée de la salle gothique est impressionnante avec son imposant arc plein cintre. Au dessus, il y a les chardons de Frey Berenguer de Cardona et de multiples corbeaux aujourd'hui bien inutiles.
    Depuis la terrasse, mon regard embrase tous les bâtiments et la cour, mais surtout, à travers les curieux créneaux, je me délecte du paysage sur la mer... Je vous laisse, c'est l'heure de mon bronzage. 

 

 

  Histoire du château :

* Au 13ème siècle, la famille Aragonais de Alagon est seigneur de Peniscola.

* A partir de 1294, une fortification est construite par l'Ordre du Temple.

* En 1307, les Templiers sont arrêtés. Le château est maintenant habité par un autre ordre militaire-religieux : Montesa.

* En 1394, Pierre de Luna devient pape à Avignon sous le nom de Benoît XIII.

* Au début du 15ème siècle, le pape chasse de Peniscola l'Ordre Militaire de Montesa et place le château sous la protection du Saint Siège.

* Ce pape dissident n'est plus soutenu par le Roi de France (voir liste des rois). Après de multiples péripéties (voir Châteaurenard par exemple), il s'exile sans titre en 1415 dans ce château de Peniscola.

* En 1423, Pierre de Luna meurt au château.

* Au 20ème siècle, une campagne de consolidation est menée.

* Au 21ème siècle, la découverte du château est payante.

 

 

Vers liste châteaux des Templiers

en Europe

Vers liste châteaux des Templiers  

 

Repost 0
Published by Le Chevalier Dauphinois - dans Espagne médiévale
commenter cet article
9 août 2014 6 09 /08 /août /2014 06:30

En cliquant sur l'image, vous pouvez trouver les coordonnées complètes de ce livre sur des sites que je vous propose.

 

 

Résumé :

    « Après avoir étudié les circonstances de la naissance de Notre-Dame de Paris qui fut en son temps la plus grande des cathédrales d'Europe, Claude Gauvard, historienne spécialiste du Moyen Age, met en lumière la spiritualité et l'expérience religieuse d'une société médiévale occidentale en pleine mutation.
   Le parti pris photographique de Joël Laiter donne à voir cette "Bible de Pierre" dans sa majesté et son intimité, telle que personne ne l'a encore jamais admirée. »
  
 
 
Mon avis :
Photos, textes, émotions !
     
        Si vous avez dans vos proches un individu merveilleux (comme moi ?) qui raffole de proses sur le Moyen Age (comme moi !), et que vous ne savez pas quoi lui offrir d'extraordinaire (comme moi ?), voici un livre qui le séduira.
 
  * D'abord il y a les photos que le commun des mortels (comme moi) ne pourra pas faire, car certaines corniches sont interdites à la visite. Et puis avez vous le bon appareil et le talent de ce photographe (pas comme moi) ?  
  * Ensuite, il y a les plans et les croquis. Vous comprendrez mieux l'architecture de cet ensemble par les dessins commentés.  
  * Enfin, il y a la prose qui donne de la consistance aux photos. Vous apprendrez des détails formidables sur la construction de cette cathédrale. Vous vibrerez avec passion sur les origines de certaines sculptures.  

    Si votre compagnon n'apprécie pas ce cadeau, faite le moi savoir que je lui fasse mordre la poussière jusqu'à raison, et lui montrer ce qu'est le beau !
   En l'offrant, si vous voyez dans ses yeux une brillance irréelle, et même une "larmounette" cachée (car les hommes sont fiers et jamais larmes ils montrent), passez moi un message sur ce blog pour que je participe à notre victoire et à votre bonheur !
 
 
Repost 0
Published by Le Chevalier Dauphinois - dans LIVRES sur l'époque médiévale
commenter cet article
9 août 2014 6 09 /08 /août /2014 06:30

 

Département :  11 - AUDE

 

Un château caché dans la dense foret Audoise

Le bourg :  

   Situation :   (--> le voir sur une carte)

     Le hameau de Montferrand se situe à 55km au Nord-Ouest de Perpignan, à 35km au Sud de Carcassonne, à 12km au Nord-Est de Quillan (voir son château) et à 6km à l'Est de Rennes le Château.

   Coordonnées du château :

42° 55' 36.923" N 2° 19' 50.635" E
 42.926923°  2.330732°

 

Le château : 

     L'extérieur :

La montée vers le château

      En arrivant à Rennes les Bains (altitude 300m), une petite route (mais très petite) traverse la rivière et m'invite à l'emprunter pour rejoindre mon Graal.

  Avec mon destrier je monte lentement en prenant soin de suivre le bon chemin. Cette petite route est une voie sans issue vers le hameau de Montferrand.

   Au sommet (à 514m d'altitude), je laisse mon brave cheval tout en sueur proche des premières maisons puis je marche 100m vers l'Ouest. Le hameau du 21ème siècle était il y a 1000 ans une belle bourgade médiévale protégée par un château. 

Est ce un château ou un tas de pierres ?

 

Une ruine minimale

     Non, je ne me moque pas de vous, il y a bien une ruine castrale en ce lieu. Il est vrai que le château n'a plus sa prestance d'antan, mais de nombreux indices sont visibles.

   Mon but est de vous démontrer qu'avec un peu d'imagination et quelques éléments, il est possible "facilement" de retracer le plan d'une construction fortifiée médiévale.

  Je vous emmène à la recherche des preuves.

 

Rapide analyse

    Le château est construit sur une masse rocheuse inclinée, un remblai a été pratiqué pour niveler l'ensemble.

   Le site castral a la forme d'un demi cercle, le "diamètre" étant au Nord et mesure 40m.

 

      L'intérieur :

Une magnifique banquette ayant soutenu un mur

Curiosité architecturale

    Un à-pic impressionnant est situé coté Nord, le logis et les fenêtres devaient être de ce coté, car aucune attaque est possible.

    Les "architectes" ont du creuser le rocher pour poser les murs. Cela se voit par de larges et saillantes banquettes (voir vocabulaire) qui ont survécu au temps sur presque toute la longueur du rocher Nord. Ces banquettes sont visibles sur de nombreux rochers même si la végétation tente de les cacher.

 

Une courtine

     Sur le coté le plus exposé à l'attaque, il y a  d'épaisses courtines (mur d'enceinte) en grès. L'utilisation du rocher comme base est ici évidente.

    Hélas le temps a fait sont travail de destruction. Sans scellement, les pierres ne tiennent que par "magie"

 

La qualité de construction prouve la résidence d'une riche seigneur

Un joli mur

   Comme par enchantement, un incroyable mur apparaît. Les pierres sont disposées en assise régulière. Le soin apporté à ce mur et la qualité de la pierre montrent l'importance donnée à cette construction qui ne pouvait être que défensive (et non d'habitation).

      Ah, si la végétation n'envahissait pas tout, je pourrais voir les archères et l'épaisseur des murs.

 

Questionnement

      Au centre, je distingue une base de mur en pierres sèches.

Était ce l'emplacement du donjon ?

 

C'est la fin

  Après un si belle découverte, je retourne vers le village en sifflotant quand le hasard (et mon instint de chasseur de ruine) me force à regarder dans une maison abandonnée.

  Diantre !... Quelle belle sculpture.

Pensez vous qu'elle ait été empruntée au château après son abandon ?

 

 

Histoire du château :

* Au 10ème siècle, Montferrant est la résidence principale du seigneur. Elle domine et protège un hameau de thermalisme nommé : Bain de Montferrant. (Ce "hameau" médiéval existe toujours au 21ème siècle. Ce bourg se nomme : Rennes les bains).
* En 1063, le site est nommé :Montferrad.
* En 1231, dans l'assignat de Pierre de Voisins, compagnon d'armes de Simon de Montfort. Montferrad est cité. Le lieu est nommé: Montserrad, Monsferrandus.
* En 1307, le nom change : Villa de Monteferrando.
* En 1377, nouveau nom : locus de Monteferrando et balneis.
* En 1377, les Baings de Montferran est le nouveau nom du site.

* Au 18ème siècle, le château de Montferan est décrit en ruine sur les cartes de Cassini.

* Au 21ème siècle, la visite de la ruine de montferrand est libre et gratuite en respectant la propriété privée. Le risque de recevoir une pierre existe. Ce site est surtout une ruine pour les passionnés.

  Devant un tel mur, je suis en admiration sur le travail de nos ancêtres !

 

  Cliquez pour voir le menu des châteaux forts du 11 Vers Menu châteaux de l'Aude
Repost 0
Published by Le Chevalier Dauphinois - dans Châteaux en Languedoc : 11 30 34
commenter cet article
8 août 2014 5 08 /08 /août /2014 06:08
 
  Dans les petits villages frontaliers, il n'y avait pas de château ni de fortification entourant la cité. Pour se protéger des brigands et autres routiers, la solution la plus économique était de se barricader dans une église.
  Pour mieux se défendre certaines furent fortifiées. 
Voici un bâtiment religieux avec une protection minimale.
 
 

Département :    55  - MEUSE

Le bourg :
   Situation :    (--> la voir sur une carte)
      La petite commune d'Aulnois sous Vertuzey est située à 6km au Sud-Est de Commercy et à 20km au Nord-Ouest de Toul.

     Ce village est englobé dans une commune nommée : Euville.

   Coordonnées de Euville :

48° 44′ 57.12″ N 5° 37′ 36.12″ E
 48.7492°  5.6267°

 

L'église :   
   L'extérieur :
1ère impression
       Construit sur une terrain plat, environné de petites collines boisées, le village est resserré autour de son église.  Elle domine les toits des maisons. Ce bâtiment  religieux semble très reconstruit et neuf par endroit.

A-t-il gardé des traces de fortifications ?

 

2ème impression
     Si j'étais un assaillant, cette église ne me terrifierait pas. Sa nef semble "moderne" et ne comporte aucun signe de défense.
    La partie la plus intéressante est incontestablement est le clocher-porche hors d'oeuvre comportant une tour flanque devant comporter un escalier.

Voyez vous des traces de défense ?


L'analyse
     Sur le coté droit (Nord-Est), au dessus de la tour escalier, une ouverture verticale ressemble beaucoup à une archère ou une fente de tir. Si cela s'avère vrai, l'autre coté doit en être pourvu.
     En regardant la façade gauche ( (Sud-Est), mes yeux s'illuminent. Heureux je suis car cette tour-clocher est bien un élément défensif comportant sur la face gauche non pas une, mais deux fentes décalées sur 2 niveaux.

Renseignements complémentaires
     Me voyant heureux devant son église, un "pépé" s'informe sur la mission de votre chevalier Dauphinois si loin de ses terres. Et j'apprends que gamin, il était monté dans les étages.
     Il y a 3 étages dont 2 comportent une cheminée. Je suis bien en présence d'une église-refuge fortifiée, mais.... il y a une surprise déplaisante pour moi.
    Il semblerait que ses fortifications datent du 16ème siècle, donc non médiévales.

      L'intérieur :
    La porte est fermée, la visite de l'église paroissiale est impossible. Mon guide providentiel me dit que la montée dans la tour est interdite.


Histoire de l'église :

* Au Moyen Âge, il est possible qu'une église soit construite sur ce site (?).
* A la fin du Moyen Âge, il est possible que des remparts entourent l'église (information orale d'un habitant).
* A la fin du 16ème siècle, aménagement de remparts entourant l'église, précédés par un fossé. Les fentes de tir de la tour-clocher sont peut être de cette période.
* En 1622, des réparations sont demandées par les villageois.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Sébastien) est libre à l'extérieur. La découverte de l'intérieur semble possible mais sans entrer dans la tour.

 

 

Vers Menu
églises
fortifiées
de France
Cliquez pour revenir au menu des églises fortifiées    Cliquez pour revenir au menu des Châteaux de la Meuse Vers Menu châteaux de la Meuse
Repost 0
Published by Le Chevalier Dauphinois - dans Châteaux en Lorraine : 54 55 57 88
commenter cet article
7 août 2014 4 07 /08 /août /2014 06:30

 

Département :  38 - ISERE

 

Le bourg : En haut de la colline, les vestiges de ce château jouent à se cacher avec les arbres.

    Situation :    (--> le voir sur une carte

        Le petit bourg du Mottier est situé à mi distance entre Lyon et Grenoble, à 40km au Nord-Ouest de Grenoble, à 20km au Sud de Bourgoin-Jallieu et à 6km au Nord-Est de La Côte Saint André.

   Coordonnées :

45° 25′ 11″ N 5° 19′ 4″ E
 45.419722°  5.317778°

 

Le château :

    L'extérieur :

L'approche

      De la RN85 qui va de Grenoble à Bourgoin-Jallieu, proche du village de 'Le Mottier', je distingue à l'Ouest une butte sans construction moderne avec au sommet un bâtiment ruiné. Plus loin, une tour me fait penser à un moulin.

     Ce curieux "mirage" est bien le "fantôme" d'une forteresse médiévale.
      Je vous emmène à la découverte d'un château "Savoyard" en Isère (oui, c'est une curiosité de l'histoire).

Nous allons nous "régaler" !

 

Quel curieux site

     Les deux "tours" constituent l’unique témoignage de cette ancienne forteresse médiévale, mais elles sont pleines d'enseignements.

    Une petite route goudronnée contourne la butte et permet de rejoindre la ruine sans effort. Mais pour mieux découvrir le site, je gare mon "destrier à moteur" dans la montée, je dégusterai ce vestige à pieds.
   Dans le champ en pente, il est encore possible de discerner les empreintes des anciens remparts extérieurs du château de Bocsozel.

Les voyez vous ?

   En arrivant sur le site, un panneau m'informe que je vais voir une ruine. Hummm, quel plaisir !

 

     Le site :

Présentation

   L'ensemble du site peut être décomposé en 3 parties :

* La butte,
* La tour ronde,
* Le bâtiment rectangulaire.

Ces formes différentes montrent la palette de construction de nos ancêtres

Le bâtiment rectangulaire

   Le bâtiment de forme rectangulaire est le premier vestige que l’on voit en arrivant par le sentier pédestre. Il est très ruiné et ne comporte qu’un étage. Sa construction semble médiévale par quelques détails architecturaux :
     - Des fenêtres ogivales avec arc en plein cintre, aujourd’hui obstruées,
     - Des ouvertures rappelant des archères,
     - Une fenêtre à meneaux (voir vocabulaire).
  Comme de nombreux bâtiments de la région, il est construit ou renforcé avec des galets (la rivière Isère est proche), mais il comporte dans les angles des parements de pierres correctement taillé mais sans marque de tâcheron.
   

La tour ronde

   La tour circulaire du 13ème siècle est en bon état et a un cachet moderne avec son toit joliment refait. Contrairement au bâtiment rectangulaire, elle est faite uniquement de galets.
  Elle est proche de la rupture de pente et devait faire partie du rempart de la basse-cour. Mais aucune fondation de mur ne permet d’étayer cette théorie.
   Une porte a été ouverte récemment (au 19ème siècle ?) au niveau du sol facilitant l'utilisation de la tour (stockage). Au 1er étage, une ouverture est peut être la trace d’un ancien chemin de ronde.
    Au même étage, des corbeaux en pierre sortent du mur.
Y avait il une bretèche médiévale (voir vocabulaire), un balcon renaissance ou des latrines ?
    Mystère.
   
La motte
     Bien au dessus des bâtiments, la motte à 2 niveaux m'impressionne. Elle se situe dans un terrain privé fermé par une barrière, mais elle est accessible par une rustique et solide échelle en bois enjambant une barrière. Vous aurez peut être l’occasion de croiser ses nouveaux locataires : De belles vaches Iséroises.
       Sa forme symétrique et ses 2 niveaux montrent bien un aménagement humain.
   On peut supposer la présence d'un poste de guet Romain (?) puis d'un château en bois du 11ème siècle (voir exemple).
   Un panorama à 360° explique aussi le choix de cet endroit. 

 

 

Histoire du château : 

* Vers le 2ème siècle, les romains occupent le haut de la colline (oppidum ?). C'est le lieu de passage de la voie romaine reliant Lugdanum (Lyon) à l'Italie en passant par Cularo (Grenoble).
* Au 11ème siècle, un premier château de terre et de bois apparaît en haut du village de Moustier (ancien nom de Mottier). La famille Bocsosel est vassale des comtes de Savoie (et pourtant, ce village est en terre Dauphinoise). C'est une enclave dans le territoire naissant du Dauphiné. De nombreux villages sont sous la tutelle du châtelain :

   - Champier,
   - Eydoche,
   - Flachères,
   - La Côte Saint André
   - Nantoin......

* A la fin du 11ème siècle, Humbert 1er de Boscozel est cité dans un texte (je n'ai plus la référence originale de cette page lue à la bibliothèque.).
* En 1151, le châtelain se nomme Pierre de Bocsozel.
* En 1140, la famille Boscozel est puissante et influente. Elle participe à un arbitrage entre les Comtes de Savoie et les Dauphins du Dauphiné.
* En 1159, Mélioret de Boscozel est citée dans un texte relatif à l'abbaye de Bonnevaux, proche du château.
* Dans la 2ème moitié du 12ème siècle, le "Monastère Bossosella" est fondé par le seigneur du château. (information donnée par un historien très instruit sur ce château).
* A la fin du 12ème siècle, la motte castrale fait place à un château de pierres. Ce territoire restera indépendant jusqu'à la fin du 13ème siècle.
* Au début du 13ème, la famille Boscozel devient plus puissante. Certains de ses membres occupent des fonctions importantes en Dauphiné et Savoie.
* En 1223, Guillaume de Boscozel est Abbé de la Chaise Dieu (Donnée à vérifier : Un lecteur m'informe que ce serait Saint Chef et un autre à Bonnevaux.).
* A partir de la moitié du 13ème siècle, les guerres entre Dauphinois et Savoyards sont de plus en plus nombreuses et violentes. L'enclave de Moustier est souvent harcelée et parfois partiellement détruite. La tour ronde est construite durant cette époque de "harcèlement".
* En 1286, Pierre de Boscozel vend à Amédée VII comte de Savoie (voir liste des Comtes), ses terres, châteaux, tours et maisons. Le chef lieu du mandement devient La Cote Saint André (village à 5 km à l'Ouest) où un château "Savoyard" est construit par Philippe de Savoie.
* En 1349, le Dauphin Humbert II (voir liste des Dauphins) «transporte» («cède» mais ce mot est moins élégant) son territoire (le Dauphiné) au roi de France. Cet acte signe la lente fin de ce château qui n'est plus "frontière".
* Vers 1355, pour éviter les anciennes guerres entre les 2 régions ennemies, le roi de France Jean II (voir liste des rois) négocie avec le Duché de Savoie. Moustier n'est plus une enclave "étrangère". La famille Bocsozel s'installe dans d'autres châteaux (par exemple Maubec) établissant la 4ème Baronnie du Dauphiné (voir titres de noblesse).
* En 1428, le roi de France Charles VII ordonne la suppression des Vingtains (impôts prélevés par les seigneurs pour l'entretien des fortifications). Les habitants délaissent les murs et remparts du château de Boscozel.
* Au 16ème siècle, le bâtiment prend des allures renaissances avec de grandes ouvertures. Mais les violentes guerres de religions n'incitent pas à la créativité artistique.
* En 1809, la propriétaire Melle de la Porte vend le château au maire de Mottier : Laurencin J. Mais de nombreuses années sans entretient sonnent le glas de ces bâtiments.
* En 1896, le bâtiment rectangulaire s'effondre.
* En 1904, l'ancienne chapelle du château, devenue l'église du village, est démolie. Ce lieu devient le cimetière du village.
* Vers 1979, une association se crée suite à l'effondrement du toit de la tour ronde.
* En 1984, par la construction d'un nouveau toit, la tour est protégée des intempéries.

* A la fin du 20ème siècle, la dynamique association participe aux journées du patrimoine et décide de réhabiliter ce "souvenir historique". Des manifestations et des randonnées pédestres "culturelles" incitent les visiteurs à la rêverie dans ces ruines.

Y aura t il une grande campagne de fouilles révélant les secrets enfouis ?.... L'avenir le dira.

* Au 21ème siècle, la découverte des ruines est libre et gratuite. Le risque de recevoir une pierre n'est pas négligeable près du bâtiment carré. Mais le lieu est si bucolique qu'il serait dommage de ne point aller le voir.

------------------------------------------------------------

(Depuis ma dernière visite, il semblerait que des travaux de consolidation aient été effectués sur la tour quadrangulaire. Le panneau "danger" aurait disparu...... J'enquête ) .

 

Comme elle est fière cette tour avec son toit tout neuf !

 


 Nota:  Je voudrais remercier l'association «Les Amis de Bocsozel» pour leur disponibilité, leur merveilleux accueil et leur connaissance sur l'histoire de ce château.

 

 

  Cliquez pour revenir au menu des Châteaux du 38 Vers Menu châteaux de l'Isère
Repost 0
Published by Le Chevalier Dauphinois - dans Châteaux en Dauphiné : 05 26 38
commenter cet article
6 août 2014 3 06 /08 /août /2014 06:07

 

Département :   32 - GERS  

 

Le bourg :

  Situation (--> le voir sur une carte)

       La petite commune de Mansencôme est située à 3km à l'Ouest de Valence sur Baise et à 10km au Sud de Condom.  

   Coordonnées du château :

43° 52′ 17.78″ N 0° 20′ 17.83″ E
 43.871605°  0.338286°

 

Le château :

    L'extérieur :

Préambule

   Malgré sa proximité géographique avec le château de Lagardère, il ne lui ressemble pas du tout.
  D'après certains historiens, ce château faisait parti de la défense du Royaume de France face aux "envahisseurs Anglois" durant la "guerre de 100 ans".
     Je doute un peu qu'un château si peu fortifié (sans rempart et sans fossé) ait pu retenir les "Anglois", (mais peut être était il une garnison, un avant poste ?).  

 

Qu'est ce qu'un château Gascon ?

     Un médiéviste du 19ème siècle nommé Lauzun parlait des châteaux de "type Gascon" : (je cite approximativement) "Châteaux dont la caractéristique est la grande simplicité, des dimensions réduites et une grande économie de moyen".

     De nombreux châteaux et maisons fortes sur notre territoire répondent à ces critères et point Gascon ils sont. Ayant visité et photographié de nombreux bâtiments fortifiés et ruines de cette région, j'ose affirmer que :

   "Un château Gascon se reconnaît car il est ..... en Gascogne" (je m'étonne parfois d'être aussi intelligent  ).

 

Analogie

    De loin ce château me fait penser à une ruine située à 900km de là : Le Haut Andlau  (voir ce château Alsacien). Il semble composé :

  * D'un logis rectangulaire

  * Avec 2 tours opposées.

 

Quelle curieuse construction

     Après une petite marche d'approche, je constate que les tours sont construites, non pas sur les cotés, mais sur les 2 angles opposés en diagonale.
   J'ai l'impression que l'architecture avait prévu d'en construire 4 (schéma classique) et que la construction s'est figée à 2.
     Aucun texte confirme ma pensée fugitive, mais cela donne à cette bâtisse une caractéristique rare. Quoique,  pas si rare que cela, le château de Tauziat à quelques kilomètres lui ressemble un peu.

 

Les tours

   Ces tours me fascinent (vous l'avez remarqué je pense). En m'approchant vers le mur coté Sud, je découvre qu'elles ne sont pas identiques :

* Celle de gauche (à l'Ouest) semble être le donjon. Évidemment ses dimensions ne la rendent pas habitable. Sa fonction devait être la défense et le repli.

* La tour de droite (à l'Est donc.... brillant je suis aujourd'hui) possède en partie basse une "porte".

Etait ce une tour-porte ?

Ou un donjon-porte comme à Quillan (dans l'Aude) ?

   Au sommet, les créneaux ont disparu (mais y en avaient ils ?). Il est curieux de ne voir aucune bretèche pour protéger la porte, ni de mâchicoulis, ni d'échauguette (voir vocabulaire).

Était ce un château borgne comme au 12ème siècle ?

 

Une déduction

     En contournant le site, je vois enfin quelques moyens de défense : Des archères cruciformes superposées. Comme elles ne semblent pas avoir été ajoutées après la construction du donjon, je peux supposer que le château date du début 14ème siècle (?).

 

Le logis
     Ébloui par ces tours, j'en oubliais de vous parler de la plus grande surface de ce château :  Le Logis.
  Il mesure approximativement 15m x 18m, il est composé de 2 étages avec un rez de chaussée.
Différentes époques de construction  sont visibles. Des murs épais de défense (curieusement, je ne décèle aucune archère, même bouchée), puis une magnifique fenêtre géminée, et enfin des classiques ouvertures à meneaux en croix.

 

    L'intérieur :

      Hélas, la propriété est privée et la ruine n'est pas visitable. Mais un habitant, curieux de voir un "chevalier" mitrailler (en photo bien sur) le bâtiment m'a conté des détails.
  Voici le plan pour comprendre.
     La cour intérieure est aujourd'hui couverte. Les salles supérieures comportent des cheminées massives mais peu décorées.

 

 

Histoire de la Tour :

* A la fin du 13ème siècle, une fortification semble existée en ce lieu (?). Le territoire appartient à la famille Lasseran qui gardera ce fief durant 5 siècles.
* En 1319, Vital de Lasseran rend hommage au Comte d'Armagnac (voir titre de noblesse).
* En 1636, il semble que les terres soient érigées en Baronnie par Louis XIII (voir liste des Rois).
* En 1736, François de Lasseran Monluc vend la seigneurie de Mansencôme au Marquis Gaspard de Maniban. Ce dernier entreprend de nombreux travaux pour améliorer le confort de ce "vieux" château féodal. Mais son fils étant endetté, les travaux sont stoppés.
* Après la révolution Française, le château très abîmé change très souvent de propriétaires.
* En 1927, le château est inscrit aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur depuis la route est libre et gratuite. La visite de l'intérieur est interdite.

 

  Cliquez pour voir le menu des châteaux forts du Gers Vers Menu châteaux du Gers
Repost 0
Published by Le Chevalier Dauphinois - dans Châteaux en Gascogne : 32 47
commenter cet article
5 août 2014 2 05 /08 /août /2014 06:30
 

   Les églises "classiques" ont la forme d'une croix avec une abside semi-circulaire. L'ensemble est souvent en rondeur. Mais au moyen âge, le parallélépipède régnait en maître.

   Certaines églises, avec cette simplicité de construction du 12ème siècle, ont réussi à traverser les âges. Venez découvrir l'incroyable église fortifiée d'Agonac.

 


Département 24 - DORDOGNE

 

Le bourg :
    Situation :   (Le voir sur une carte)
       La petite commune d'Agonac est située à 12km au Sud-Est de Brantôme et à 12km au Nord de Périgueux.

     Coordonnées du bourg :

45° 17′ 14.9″ N 0° 44′ 46.3″ E
 45.287472°  0.746194°

 
L'église fortifiée :
       L'extérieur :
L'arrivée
   Après avoir visité  le fantôme du château fort d'Agonac, je me dirige au Sud-Ouest du bourg. En arrivant sur le site, la masse parallélépipédique de l'église ne montre pas d'indice de fortification.

Le doute s'empare de moi.

   Mais.... (quel suspense !)... en m'approchant, je ressens (car j'ai des yeux qui sentent tout ) les détails défensifs sur cette église.


La nef
    Bien que consolidée "récemment", la nef romane porte encore les traces de fortification. Comme souvent cela se traduit par une salle de repli sous le toit agrémentée de fentes de tir.

Mais avez vous remarqué une curiosité ?


Enigme

   Dans le mur, en dessous de la salle de repli, cette fente est mystérieuse.

Sont ce des latrines intérieures ?

Ou une imitation de mâchicoulis (voir vocabulaire) ?


Le clocher
    Massif est le mot qui qualifie le mieux ce clocher. L'aspect massif est renforcé par les 2 imposants contreforts encadrant un autre plus "timide".
    S'il n'y avait pas les grandes ouvertures sans abat-son, j'aurais presque affirmé que c'était un donjon.
   Les ouvertures verticales au dessus des contreforts ressemblent beaucoup à des fentes de tir.

Le chevet
    Évidemment, perspicace comme vous l'êtes (hooo, mes merveilleux visiteurs ) vous avez remarqué le système défensif du chevet avec une salle de repli haut perchée.
   En contournant ce bâtiment, je découvre encore des merveilles défensives. Je ne parle pas des trous sous la frise (dépourvues de modillon hélas) dont la fonction m'échappe , mais de cette ouverture d'angle entre le clocher et le chevet.

 

Entre le clocher et la nef

    Dans mon "inspection du contournement" de l'église, je reviens sur la face opposée entre le chevet et le clocher et une autre curiosité m'attend (depuis 800 ans ). Toujours dans l'angle, bien que bouchée, une fente de tir me confirme que cette église était intégrée dans le système défensif du village.

 

   L'intérieur :

Hélas, je n'ai pas la clé magique permettant de visiter l'intérieur.

     Alors, je vous quitte non sans vous montrer un des deux enfeus (Niche souvent placée dans les murs des bas-côtés d'une église ou dans les chapelles latérales, et destinée à recevoir des tombes) curieusement situé à l'extérieur, puis une des pierres de remploi.

 

 

Histoire de l'église :

* Au 12ème siècle, construction d'une église.
* Vers le 13ème siècle (?), les habitants fortifient l'église et l'intègrent dans la défense du bourg.
* En 1900, l'église est classée aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Martin) est libre et gratuite. L'intérieur de l'église est parfois visible en dehors des offices, mais la visite du donjon est interdite.

 

 

Vers Menu églises
fortifiées
de France
Cliquez pour revenir au menu des églises fortifiées   Vers Menu châteaux de la Dordogne
Repost 0
Published by Le Chevalier Dauphinois - dans Châteaux en Périgord : 24
commenter cet article