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Ombre et lumière

14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 07:30

 

Département :  38 - ISERE

 

Le bourgMon patrimoine Dauphinois est visitable !

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        La commune de Biviers est située à 40km au Sud de Chambéry et à 9km au Nord-Est de Grenoble.

   Coordonnée du château :

45° 14' 4.29" N
5° 48' 33.57" E
 45.234525°
 5.809325°

 

Le château :  

     L'extérieur :

Préambule

    Parfois, la distinction entre château fort et maison forte n'est pas facile à faire. De plus, si les siècles et les modes ont transformé l'aspect de la construction, je ne me sens pas la capacité à argumenter et choisir.

  Ce bâtiment me pose problème. Dans certains documents il est nommé maison forte, mais sur les cartes et les guides, c'est le mot château qui est notifié.

  J'opte pour ce dernier qualificatif, je suis en attente de vos suggestions.

 

Le fameux week-end de septembre

    Les journées du patrimoine sont un bonheur pour beaucoup de Français. Pour le Chevalier Dauphinois, c'est une occasion inespérée de voir, de humer et même de toucher des bâtiments souvent fermés au public.

   C'est donc avec une grande émotion que je vais pénétrer dans cette propriété privée.... Mais n'allons pas trop vite. Commençons par le commencement. La vallée du Grésivaudan

Il était une fois...... 

 

La vallée du Grésivaudan

     La vallée du Grésivaudan (vallée créée par la rivière Isère) est un axe important entre la Savoie (Albertville/Chambéry) et Grenoble.

   Au Moyen Âge, pour se protéger de "nos" ennemis les Comtes de Savoie (voir liste), de nombreux châteaux de guet et de défense ont été aménagés par les Dauphinois sur les 2 rives. Je vous en ai montrés plusieurs :

* Tour d'Arces,

* Tour des Chiens,

* Château Corbeau.

* Château de Revel,

* Château de Montfort,

 

Quel est le nom de ce château ?

   Dans les différents manuels, livres, documentations et cartes, cette construction porte aléatoirement trois noms :

1 - Château de Biviers (du nom de la commune),

2 - Château Servien (du nom de la famille l'ayant possédé entre 1500 et 1655),

3 - Château Serviantin (ce serait une déformation du nom Servien. Il est amusant de constater qu'une rue adjacente au château porte le nom de Serviantin).

  Ne voulant fâcher personne  , j'utiliserai certainement les 3 patronymes dans mon article.

  Le château regarde passer les chevaux vapeurs

Je le vois

   Le château Servien est situé proche de la route principale, à 100m au dessus du niveau actuel de l'Isère. Cela n'en fait pas une construction fortifiée inaccessible, c'est peut être la raison de son déclassement en "maison forte".

 

J'entre dans le parc du château

   Après avoir posé mon destrier en face de la maison forte de Biviers, je pénètre par le portail d'entrée qui ne possède plus de système défensif.

  Par une longue allée, je découvre le petit parc paysagé aménagé il y a un siècle. Le contraste entre l'ombre et la lumière est fascinant pour un photographe (en herbe bien sur  ).

   Les fleurs multicolores, la variété des verts, la beauté du massif de la Chartreuse me font presque oublier le but de ma présence en ce lieu.

 

servien-serviantin-14 servien-serviantin-15

La visite commence par une tour carrée

 

Une tour carrée

  Ce château d'origine médiévale a traversé les siècles presque sans dommage, ainsi il a pu se moderniser et devenir une habitation très confortable. La mission du Chevalier Dauphinois est de retrouver les traces du Moyen Âge.

  Cela commence par la découverte d'une tour carrée.

Peut être était ce le donjon d'angle du château primitif.

  Je sens votre doute sur l'origine médiévale de cette construction. Il est vrai que l'absence de crénelage, d'archère, de mâchicoulis, d'échauguette (voir vocabulaire) fait ressembler cette tour à une construction du 17ème siècle. Mais je peux vous assurer que derrière sa blanche peau, il y a des pierres et des fondations datant de "mon" Moyen Âge Dauphinois.

 

Je poursuis ma découverte

    La courtine ouverte sur 2 niveaux de grandes fenêtres modernes et avec son toit très pentu ne ressemble pas à un rempart médiéval. Sur son angle coté Sud-Est, une ronde tour me confirme que cette beauté récente a bien été une construction défensive.

Voyez vous ce détail ?

  Vos yeux expérimentés en architecture défensive ont évidemment vu les fentes verticales de tir.

  Est ce une construction renaissance ou médiévale ?

La façade Sud

    Avec ses multiples fenêtres, ses lucarnes, ses portes au rez de chaussée, la façade me fait peser à une maison bourgeoise du 18ème siècle.

    Certains d'entre vous s'étonneront que mon blog de ruines médiévales s'intéresse à un bâtiment moderne. Mais je me suis promis de lister puis montrer toutes les constructions fortifiées dont une pierre a été posée avant 1492. Je vous montre tant de "ruines ruinées", tant de sites parfois minimaux que vous décrire une construction ayant traversée le temps et en plus de MON Dauphiné est un réel plaisir que je veux vous communiquer.

 

La porte d'entrée

   En faisant le tour de la maison forte, j'arrive en face d'une porte avec linteau en accolade. Quelle chance j'ai qu'elle soit ouverte. Mais avant de me précipiter dans ses entrailles, je me dois de l'examiner.

   Au dessus, je remarque le blason de la famille Morard d'Arces. Comme vos yeux ne sont point habitués à lire la pierre usée, je vous le montre sur le montant d'une fenêtre.

Que remarquez vous ?

   Il semblerait que le sculpteur ait représenté le blason inversé, comme dans un miroir.

  Désirez vous une tasse de thé ?

     L'intérieur : 

Je pénètre dans une autre dimension

   En pénétrant dans un couloir, je remonte le temps. Les murs se parent de tableaux narrant la vie de certains personnages ayant habité ce lieu, dont le fameux Abel Servien, un Dauphinois ayant vécu sous Louis XIV (voir liste). Une de ses correspondances avec Anne d'Autriche est mise en valeur sur un mur.

   L'une des portes avec linteau à accolade me quémande de l'ouvrir.

 

La salle didactique

   L'ambiance est chaude et propice à une lente découverte. Je prends le temps de de lire chaque lettre affichée, d'admirer chaque tableau puis, sous le regard de monsieur Abel Servien, je regarde la vidéo narrant la guerre de Trente Ans et la signature du traité de Westphalie dont Abel fut l'un des acteurs importants.

  Après m'être abreuvé d'une culture historique, je regagne la porte en étant fier d'être un Dauphinois !

 

 

Histoire du château :

* Au 13ème siècle, construction de la maison forte (château fort ?). Il appartiendrait à la famille Morad d'Arces, dont l'un des ancêtres a fait construire, 2 siècles plus tôt, une construction fortifiée à quelques kilomètres à l'Est (château d'Arces).

* Vers 1500, Catherine de Morard d'Arces, en épousant Jean Servien, apporte en dot le château. Durant 4 générations, la famille Servien sera propriétaire du château..

* Au 16ème siècle, avec le début de la Renaissance, la construction médiévale est aménagée pour le confort par les Servien.

* En 1593, naissance d'Abel Servien. Ce personnage (presque inconnu au 21ème siècle hélas) sera l'un des plus puissants et influents Dauphinois de son époque.

* Au 17ème siècle, plusieurs aménagements de confort changent l'architecture du château.

* En 1655, Abel Servien vend château et terres à Antoine de Reynold.

* A partir de 1739, le château est acheté puis revendu de nombreuses fois.

* Au 18ème siècle, le château est modernisé.

* Au début du 19ème siècle, un parc paysagé est aménagé. Deux jolies statues accueillent les visiteurs, l'une représente Vénus et l'autre Bacchus.

* En 1855, Alphonse Rallet achète le château.

* En 1906, le château est possession de la famille Jordan

* En 1928, Marguerite Jordan épouse Albin Jacquemont.

* En 1960, le château est inscrit aux Monuments Historiques.

* En 1994, par héritage, Augustin Jacquemont est le nouveau propriétaire du château.

* Au début du 21ème siècle, la famille Jacquemont possède toujours ce château

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur depuis les routes et à travers les grilles est libre et gratuite. La visite gratuite du château est possible certains jours (en été). Renseignez vous.

 

En complément , je vous propose la lecture d'un site web magnifique sur ce château.

 

 

Le massif de la Chartreuse est magnifique en cette fin d'été

 

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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 07:30

 

Département 17 - CHARENTE MARITIMEVoyez vous une église fortifiée ?

 

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   Le petit bourg de Saint Hyppolyte est situé à 40km au Sud-Est de La Rochelle, à 35km au Nord-Ouest de Saintes, à 30km à l'Ouest de Saint Jean d'Angély et à 7km au Sud-Est de Rochefort.

     Coordonnées de l'église :

45° 55′ 7.01″ N 0° 53′ 19.26″ W
 45.918615°  -0.888683°

 

L'église : 
        L'extérieur :
La découverte

   En arrivant dans le petit bourg, je ne cherche pas un haut et fin clocher d'église car à l'époque romane, ce style d'architecture n'existe pas vraiment.

   Pourtant, au détour d'une ruelle, je suis étonné de voir au dessus des maisons, le toit du bâtiment religieux ainsi que son clocher carré.

Est ce un bon présage ?

Un clocher qui ne semble pas fortifié 

Point de système défensif

   En abordant l'église par l'abside, je vois de puissant contrefort d'angle qui pourrait me faire espérer, mais la grande fenêtre à remplage de style Gothique n'est pas de bon augure.

  L'asymétrie entre les hauteurs des contreforts, la longueur du toit et le décalage de la fenêtre me fait penser que l'église a été modifiée après sa construction.

Ajout d'une contre-allée ?

   Le plan en vue de dessus me confirme que l'abside a été ajoutée ou à été agrandie pour la construction d'une chapelle.

 

Le clocher
    Imaginant que le clocher est le secret du système défensif, je cours vers lui. Hélas, cette construction parallélépipédique ne comporte pas de fente de tir, ni de mâchicoulis (voir vocabulaire).

   Comprenant mon erreur (la précipitation - voir ici) je prends un peu de recul pour ressentir cette église.

  Une salle de repli défensive au dessus de la nef

Une nef fortifiée

  Évidemment comme moi vous avez remarqué l'orifice rectangulaire au dessus de la ligne des modillons. Cet ajout postérieur à la construction de l'église est une salle de repli.

   Le plus intéressant sont les trous de boulin alignés en dessous. Ils devaient porter un hourdage en bois.

 

La fortification de la nef est elle symétrique ?

  Pour avoir la réponse à mon questionnement, il suffit de se déplacer de l'autre coté. Une symétrie presque parfaite s'offre à mes yeux brillants et heureux.

  J'ose écrire "presque" car il y a :

* Une petite différence en nombre et niveau des trous de boulin extérieurs.

* Des fenêtres romanes obstruées.

Avez vous remarqué les arcades autour des fenêtres ?

    Chaque mur latéral de la nef est renforcé par des arcs en tiers point encadrant les petites fenêtres Romanes à colonnettes..

Un portail Saintongeais protégé par un hordage 

Le portail

   Planté face au portail, je suis d'abord attiré par les trous de boulin sous l'ouverture de la salle de repli. La protection de la porte par une pseudo bretèche est évidente.

   La façade a une architecture classique en Saintonge. eIle est constituée en partie basse par 3 arcatures dont les 2 extérieurs sont aveugles. Le portail possède 3 voussures dont une en pointe de diamant et l'autre polylobée.

 

        L'intérieur :
  Hélas, comme beaucoup d'églises, la porte ne s'ouvre pas et je ne pourrai pas confirmer mes constatations. 

 

 

Histoire de l'église :

* Au 12ème siècle, construction de l'église.

* Au 15ème siècle, aménagement du choeur.

* En 1995, l'église est classée aux Monuments Historiques.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite des fortifications intérieures est interdite.

 

Longiligne et fortifiée cette église est !

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fortifiées
de France
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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 06:00

 En cliquant sur l'image, vous pouvez trouver les coordonnées complètes de ce livre sur des sites que je vous propose.

Résumé :

    « Des chercheurs confirmés, spécialistes du Bourbonnais, ont réuni leurs compétences afin de réaliser cet important recensement des châteaux, fiefs, mottes, maisons fortes et manoirs. II en résulte près de deux mille notices scientifiques, accompagnées de leurs références bibliographiques ou documentaires.
    Ces notices permettent de retrouver l'origine et de suivre l'évolution des différentes structures, encore visibles aujourd'hui ou malheureusement disparues.
     Le projet, certes ambitieux, était de reprendre et d'augmenter l'oeuvre d'A. de la Faige et de R. de la Boutresse, Les Fiefs du Bourbonnais. Cette oeuvre de qualité, éditée en deux volumes, ne couvrait cependant que la partie bourbonnaise de la rive droite de l'Allier jusqu'à la Loire.
    Les auteurs du présent recueil se sont donc attachés à étendre leurs recherches à l'ensemble des communes de l'Allier. Ils montrent ainsi que chaque bourg était concerné par l'organisation seigneuriale et gardait, plus ou moins nombreuses, plus ou moins bien conservées, des structures d'époque médiévale.
    Les grandes forteresses, comme les maisons fortes de la fin du Moyen Age, encore visibles aujourd'hui, ont été le plus souvent abandonnées. Certaines, cependant, ont été transformées - particulièrement à la Renaissance - en demeures résidentielles.
    En cela, elles ouvrirent la voie à toute une architecture, noble ou bourgeoise, du château au manoir ou à la gentilhommière, qui s'est développée jusqu'au XXe siècle.
    C'est donc à la découverte du patrimoine du Bourbonnais que sont conviés lecteurs et touristes ; l'ambition de ce travail est également de constituer un véritable ouvrage de référence à destination des chercheurs et des auteurs dans leur connaissance de cette région. »
 
 
Mon avis :
LE livre de recherche sur le Bourbonnais !!!
 
     Un "pavé" de 680 pages écrit par 5 spécialistes ne peut être qu'un fabuleux ouvrage.
 Mais est il trop technique ou trop universitaire ?
 
   Le réponse est NON. Certes, ce n'est pas un "roman de gare" qui se lit le temps d'un Paris-Lyon (pourquoi Lyon, puisque l'on se rend dans le Bourbonnais ?  curieux ce chevalier !). Ce n'est pas non plus un livre d'image montrant les beautés construites par nos ancêtres comme le  Larousse des châteaux. C'est un livre technique, architectural, historique, mais compréhensif. Il est vrai qu'il faut être passionné par ce sujet, ce n'est pas écrit en style romanesque ou ni en style reportage de type "GEO". C'est un vrai ouvrage sérieux mais pas fastidieux, avec de nombreux détails sur les châteaux.
 
   Je vais lui faire un reproche....... et même 2.
 1- Il ne traite pas QUE de l'époque médiévale, mon sujet préféré (hihihi, ce n'est pas un reproche, j'avais envie d'être égoïste !).
 2 - Il est trop gros pour mon sac à dos (oui, encore égoïste je suis, mais je pense à mon pauvre dos qui vieillit lui aussi).
 
   Si vous êtes un castellologue amateur comme moi, et si vous souhaitez un ouvrage sur le Bourbonnais, région de vos prochaines vacances, n'hésitez pas, voici LE seul livre à posséder.
   Mais si vous en connaissez un autre, je serais heureux de partager avec vous.
Bonne lecture, ami médiéviste !


  Venez "visiter" maintenant les châteaux de l'  ALLIER 
 
 
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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 08:30

 

Département :  36 - INDRE

  Voyez cette beauté au loin ?

Le bourg

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        La commune de Paudy est située à 35km à l'Ouest de Bourges, à 30km au Nord-Est de Châteauroux, à 22km au Sud-Ouest de Vierzon et à 10km au Nord-Ouest d'Issoudun.

   Coordonnée du château :

47° 2' 26.07" N 1° 55' 11.258" E
 47.040575°  1.919794°

 

Le château :  

     L'extérieur :

Avant propos

    Comme vous l'avez constaté, ce blog est en grande partie consacré aux châteaux et ruines fortifiés oubliés des guides touristiques et des documents des offices de tourisme.Suis je devenu daltonien ?

  Lors de ma trop courte semaine dans le département de l'Indre, j'avais prévu une escale dans ce petit bourg.

Vais je découvrir un site extraordinaire ?

  Quel suspense !

 

La découverte

   Au loin, dans un écrin de verdure, je vois une haute construction. Je ne peux pas encore définir si c'est une tour défensive ou un clocher mais j'ai les poils qui se hérissent : ceci est déjà un indice.

    Le deuxième indice est le souffle bruyant de mon fidèle destrier. Je pressens que mon Graal de ce jour va être extraordinaire.

    D'ailleurs, en m'approchant je remarque que 2 constructions au moins font briller mes yeux de Castellologue-Amateur

  Paudy va remplir mon après-midi d'avril. 

  La belle se regarde dans le miroir des douves

L'arrivée

    Je laisse mon destrier à une bonne centaine de mètres du site et je marche sur une route dont les tracteurs ont laissé leurs empreintes.

   Pour arriver aux pieds du château, il faut circuler sur la rue du donjon. Ceci est le nom local de la haute tour.

    Je vérifierai (dans quelques minutes) si cette appellation est vraie, car souvent, le vocabulaire des noms de rue est imagé.

 

Le rempart

    Un château fort est souvent enserré et protégé dans un rempart. Celui de Paudy a évidemment été modifié et aménagé (nombreuses et larges fenêtres) pour permettre à ses habitants de mieux vivre.

   Ce quadrilatère dédié à la défense semble aujourd'hui bien neutre. Pourtant, avec un peu d'attention, il est possible de voir les systèmes défensifs :

* Des douves larges et profondes,

* Une terrasse permettant le tir au canon (je vous en ai montrée au château de Le Plessis Bourré),

* Une tour d'angle avec base élargie et des fentes de tir ressemblant à des archères primitives du 12ème siècle.

  Même si la tour d'angle est arasée et n'arbore plus ses créneaux, même si le rempart a été couvert et a perdu ses mâchicoulis (voir vocabulaire), l'ensemble montre une architecture médiévale défensive.

 

Quel magnifique chatelet !

Le soi-disant donjon

    En suivant les douves et surtout en longeant le rempart je croise la route d'un autre bâtiment. Mes yeux sont éblouis par la haute tour qui "s'avance" vers moi (à moins que ce soit l'inverse).

   Comme je le pressentais, ceci n'est point un donjon mais un châtelet d'entrée (voir définition). Il est vrai que de loin, la confusion était possible.

 

Analyse préliminaire du châtelet d'entrée

    Avant de traverser le châtelet d'entrée, je le contourne pour comprendre son architecture globale. Sur le coté, le haut bâtiment comporte une ronde tour flanque qui doit contenir un escalier (les nombreuses ouvertures situées à l'intérieur de l'enceinte et non coté ennemis sont des puits de lumières).

    A sa base, je vois les vestiges de la courtine. L'accès au châtelet d'entrée était possible depuis le chemin de ronde (évidemment l'échelle en fer n'existait pas !). Pour protéger cette porte, une bretèche a été aménagée.

 

Les systèmes défensifs

   Plusieurs systèmes défensifs sont encore identifiables coté "ennemis" :

* A la base, une archère cruciforme à étrier du 13ème siècle.

* Au sommet, des corbeaux à ressauts. Ce sont les restes des mâchicoulis.

* Dans l'angle, une construction en encorbellement. Sachant qu'à la base de la tour-porte s'étendaient les douves, il n'est pas surprenant que cette construction fût les latrines.

--> Pour ceux qui douteraient de mes supputations, je vous offre cette vue pour réfléchir.

Latrines à l'extérieur (gauche)... Bretèche à l'intérieur.

  Le toit n'est point d'origine médiévale

Les entrées

  En prenant un peu de recul, je prends la mesure défensive de cette beauté Bérrichonne. Il y a  :

* Au sommet, les vestiges des mâchicoulis.

* En dessous, une salle de surveillance et de défense (ouverture rectangulaire).

* Les emplacements des flèches des 2 ponts- levis.

* Au même niveau, une autre salle pour soldats (ouverture rectangulaire).

* Les encadrements des ponts lorsqu'ils sont relevés. Une porte charretière à gauche et une porte piétonne à droite.

Avez vous remarqué le blason ?

    Ce sont les armes de la famille De Velard : "D'azur semé de croisettes d'or et un chef du même".

  Si ce vocabulaire ne vous est point familier ou si l'art des blasons vous intéresse, voici un site que j'apprécie.

  Vais je pouvoir traverser sans encombre ?

     L'intérieur :

J'entre en observant

     Devant la large porte, je tente de comprendre les autres systèmes défensifs, car l'absence de tour latérale pour protéger l'entrée me surprend.

     Sur les cotés, je vois des gonds ayant porté un double vantail, mais je ne distingue aucune trace de rail pour une herse.

  Le mur très épais réalisé avec des pierres correctement taillées possède un trou pour recevoir une poutre bloquant les vantaux.

 

Les défenses actives

    Après avoir observé les défenses passives (porte, poutre, pont..), je cherche des systèmes de défense qui permettent, non pas de bloquer l'assaillant, mais de lui faire mal.

* Le premier est un assommoir.

* Le deuxième est une archère cruciforme avec un grand ébrasement. Souvenez vous, à l'extérieur je vous l'ai déjà montrée. Dans cette "casemate", l'archer avait un espace pour se protéger entre 2 tirs de flèche.

 

C'est la fin

   Ne souhaitant pas pénétrer dans la ferme, j'arrête ma visite ici non sans avoir remarqué la fente pour une herse. L'assaillant, s'il avait pu entrer ici, se retrouvait piégé.

 

 

Histoire du château :

* Au 11ème siècle, Raoul de Déols, seigneur d'Issoudun (voir son château), fait construire un château en ce lieu (à vérifier).

* En 1118, le, château est construit ou aménagé (mes sources sont contradictoires).

* En 1187, le roi de France Philippe Auguste (voir liste) s'empare d'Issoudun et par conséquence, récupère la seigneurie de Paudy.

* Au milieu du 13ème siècle, le Roi (voir titre de noblesse) de France Louis IX donne la seigneurie de Paudy à un membre de sa famille : Raoul de Courtenay.

* A la fin du 14ème siècle, Jean de la Personne, Chambellan du Duc de Berry, hérite de la seigneurie (à vérifier).

* Au début du 15ème siècle, la seigneurie appartient à Jean de Blanchefort surnommé : L'écorcheur (attribut souvent associé dans les textes à Armagnac).

* Vers 1483, le prince Zizim aurait été retenu quelques jours dans ce château. (Je vous ai déjà montré un château où ce monarque fut en résidence surveillée : Rochechinard).

* Au 16ème siècle, le site appartient à la famille Chevrier.

* En 1580 ou 1596 (?), à la mort du dernier héritier nommé Claude Chevrier, le site appartient aux De Velard.

* En 1680, Philippe De Velard n'habite plus le château.

* Vers 1700, le château est vendu (je n'ai pas trouvé le propriétaire. Peut être est il aux La Fond ou aux La Ferté Gilbert ?).

* En 1788, Agnès-Charlotte de Rivière de Riffardeau séjourne au château.

* En 1900, le château est vendu (je n'ai pas trouvé le nom propriétaire).

* En 1924, le château est vendu (je n'ai pas trouvé le nom propriétaire).

* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite dans le silence. La propriété est privée, veuillez respecter le site et la tranquillité des habitants.

 

Je vois double !

 

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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 05:50

En cliquant sur l'image, vous pouvez trouver les coordonnées complètes de ce livre sur des sites que je vous propose.

 

 

Résumé :

    «D’abaque à ‘zzoumar, d’abadengo à zindiq, d’averroïsme à stavkirke, près de 5000 termes, notions ou expressions, couvrant le champs des activités humaines foisonnantes qui se sont déployées pendant plus de 1000 ans du nord de la mer Baltique aux confins sahariens, permettent d’appréhender la richesse et la complexité des réalités dites médiévales. Aider à comprendre le sens des mots, leurs origines et leurs glissements, tel est l’objet de ce Vocabulaire conçu comme un outil donnant accès de plain-pied aux sources écrites ou archéologiques ainsi qu’à la recherche et à l’historiographie les plus récentes.»
 
 

Mon avis :

Pourquoi pas !!!!
 
Il existe de nombreux dictionnaires sur le vocabulaire médiéval, alors, pourquoi "parler" de celui ci ?
    L'originalité de cet ouvrage est l'ouverture vers d'autres civilisations, et sa simplicité.
 Certes, il manque un peu de photo et de schéma, mais dans le sac à dos, il prend peu de place et pour les peu fortunés, son faible prix est un atout non négligeable. Il rend accessible le vocabulaire de nos très lointains ancêtres.
 
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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 07:30

 

Département :  36 - INDRE

Un diamant dans un écrin de verdure 

Le bourg

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        La commune de Chaillac est située à 80km au Sud-Est de Poitiers, à 60km au Nord de Limoges et à 45km au Sud-Sud-Ouest de Châteauroux.

   Coordonnée du château :

46° 24' 56.671" N 1° 19' 13.112" E
 46.415742°  1.320309°

 

Le château :  

     L'extérieur :

La découverte

    Depuis la commune de Chaillac, mon destrier prend la route du Sud-Est en direction du hameau de Brousse. Lentement le plaisir monte à la vue d'une tour que je pressens en ruine.

   Avec mon oeil d'aigle, j'aperçois plusieurs constructions dont une belle semble posée sur une motte. J'ai hâte de la caresser.... du regard bien sur, Chevalier je suis.

  Faudra-t-il tirer la chevillette pour que la bobinette cherre

Porte close

    Arrivée proche du château, j'ai la tristesse qui m'envahit : Le site semble fermé au public ce jour.

Qu'importe, je pressens le plaisir !

   Même clos, le portail d'entrée montre de nombreuses caractéristiques défensives :

* Au sommet, les vestiges de mâchicoulis (voir vocabulaire).

* Puis les fentes des flèches de levage d'un pont.

* Puisqu'il y a 3 fentes, il semble évidement qu'il y a une entrée pour carrosse et une pour piéton.

* Les 2 ouvertures d'entrée que j'avais devinées sont visibles.

* Avec la végétation, il est difficile de voir l'épaisseur du mur, mais je la pressens importante.

* Le mur que j'entrevois à l'intérieur signifie que cette entrée devait être un châtelet. De chaque coté, il me semble voir les fantômes de rondes tours de défense de la porte.

Plan du château de Brosse 

Plan du château

  Pour comprendre cette immense ruine, il est important d'assimiler son architecture pentagonale :

B - Bâtiments (communs),

C - Châtelet d'entrée,

E - Eglise (chapelle ?)

P - Puits (citerne ?)

D1 - Donjon défensif : 13ème siècle,

D2 - Donjon primitif sur motte : 12ème siècle.

 

Précisions

  L'ensemble est entouré d'un fossé creusé dans le roc. Les années et les gravas des courtines l'ont aplani. Les archéologues ont estimé qu'il avait une largeur de 12 mètres pour 3 mètres de profondeur.

   Une basse cour précédait l'ensemble (coté Nord). Elle est difficilement identifiable car les remparts définissant son périmètre ont disparu.

Mes rondeurs ne sont pas là pour attirer les hommes. 

Le rempart

   Lentement, je longe la rectiligne courtine. Sa faible hauteur ne me permet pas de voir si elle possédait un crénelage et des fentes défensives. Je ne distingue que des trous de boulin (voir vocabulaire).

    Quelques mètres plus loin, de rondes constructions très rapprochées me fascinent. Avec un peu d'attention, il est possible de voir que ces tours possèdent des archères canonnières positionnées à 90° chacune.

   * Deux archères protègent donc la courtine,

   * La dernière "attaque" les assaillants.

 

Analyse des tours

   Même si ces tours ne sont pas exceptionnelles, elles sont représentatives des évolutions défensives au 13ème siècle :

* Forme circulaire pour supprimer les angles morts,

* Base talutée pour renforcer l’assise. Cette astuce rend le travail de sape très long et difficile.

* Solide base posée sur le rocher.

* Archère en étrier.

J'aurai besoin d'une chirurgie esthétique

 

Quelle chance d'avoir une ruine

   Dans les châteaux entiers, il est difficile de comprendre le travail des maçons et des architectes car tout est propre et fini. Face à une ruine, les entrailles des murs se dévoilent.

   Derrière le joli parement de pierres bien alignées se cache un remblai des déchets de taille de pierre et des galets.

 

Autre chance d'être devant une ruine

  Cette tour qui paraît intacte est en réalité meurtrie comme la courtine qu'elle devait protéger au Moyen âge.

 Comme sa consoeur, elle montre un remblai classique, mais c'est surtout l'effondrement dû à une archère qui est intéressant. Je peux voir l'épaisseur du mur et la voûte.

Suis je au bout de mes surprises ?

Je ne suis plus que l'ombre de moi même 

Une tour géante !

  Je continue ma découverte de l'extérieur du château en longeant la courtine arasée qui comporte quelques fentes défensives. Soudain, je tombe nez à nez sur une gigantesque tour.

Etait ce l'habitat de Gargantua ? 

  Que nenni, ceci est le donjon extérieur.

 

Pourquoi un donjon extérieur ?

   Contrairement à la plupart des donjons bâtis à la fin du 12ème et au début du 13ème siècle de type Philippien (nom donné au style défensif imposé par le roi Philippe-Aguste (voir liste) consistant à construire la tour maîtresse dans un angle de l’enceinte pour une défense active), celui de Brosse est au centre de la courtine (même s'il est vrai que le rempart n'est point linéaire).

  Mais j'assimile cette position du donjon au style Philippien car la puissante tour n'est point un refuge dans le château mais bien une tour défensive protégeant le rempart sur la partie la plus vulnérable.

 

Le donjon extérieur

* Avec sa base talutée d'un diamètre de plus de 20 mètres,  puis avec un fossé large et profond, il paraît invulnérable.

* Avec une hauteur de plus de 30 mètres, il permettait de voir l'ennemie et de comprendre sa stratégie d'attaque.

* Avec un diamètre extérieur de plus de 15 mètres, je suppose que de nombreux soldats étaient présents à chaque étage.

  Mais un détail me surprend. Le donjon ne comporte aucune archère

Est ce du à des consolidations ?

 

 

==>  Pour découvrir les richesses intérieures de ce château fort,

veuillez cliquer ici

 

 

 

Ce panneau prouve que la ruine est un magnifique site protégée

 

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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 07:30

 

Département :  11 - AUDE

 

Le bourgTrappue est cette belle tour

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        Le village d'Escales se situe à 28km à l'Ouest de Narbonne et à 6km au Nord-Ouest de Lézignan Corbières.

    Coordonnées de la tour :

43° 13' 8" N 2° 42' 13" E
 43.219059  2.70362

 

Le château :  

     L'extérieur :

L'arrivée

    Sur la petite route départementale proche de Escales, mon instinct de Chevalier-Castellologue me quémande de lever la tête. Au loin survolant les arbres, une imposante tour me fait signe.

  La colline portant cette merveille est à 2km au Sud-Est du village.

 

Anecdote

  Comme souvent, la connaissance orale et les accent régionaux transforme la vérité. Je vous ai déjà montré un exemple ici., puis un autre là.

  Cette construction fortifiée est nommée très souvent : La Tour Romaine. Hors, il n'en est rien. Elle date de l'époque Romane du 12ème siècle.

 

Premiers indices

    Avant d'admirer la tour, je constate que des vestiges de remparts sont visibles dans la pente. Ce site n'était pas qu'une simple tour de guet.

 

     L'intérieur : 

Comme au temps du cinéma muet !Les vestiges   

   En franchissant le "rempart symbolique", je découvre sur la plate-forme, d'autres vestiges de constructions. Bien qu'il soit difficile de déterminer la fonction de chaque pièce, les murs intérieurs, les couloirs,les portes sont identifiables.

 

La tour

    Évidemment, la star du site est incontestablement la tour. Ses dimensions la rendent habitable, mais l'absence de fenêtre m'informe qu'elle n'a pas été aménagée pour le confort après le 14ème siècle.

   La différence de qualité des parements d'angle m'informe que cette tour a été rehaussée à des époques différentes.

 

Les défenses

   La tour ayant été arasée, il n'est pas possible de savoir si mâchicoulis et crénelage (voir vocabulaire) existaient.

     Il est quand même possible de voir des fentes verticales sur plusieurs façades. Ce sont des archères du 12ème siècle.

Aviez vous vu celle-ci ?

   En partie basse, cette large fente ne ressemble guère à une archère. J'opte pour un puits de lumière.

 

L'intérieur de la tour

   Par une porte ouverte récemment (normalement la base d'un donjon est inaccessible, la porte devrait se situer au moins à 3m du sol) j'entre dans la tour. La salle basse est sombre. Il faut un peu de temps à mes yeux de Castellologue-Amateur pour voir cette magnifique ouverture que j'avais reconnue quelques minutes plus tôt à l'extérieur.

  Je ne suis pas dans une belle salle habitable avec plafond voûté d'ogives, mais dans le ratier  (voir vocabulaire) avec au plafond, une trappe d'accès.

 

Au secours !

  Pendant que j'admirais chaque pierre et que j'observais le puits de lumière, un plaisantin a fermé la porte. Je suis enfermé dans les oubliettes.

Au secours... ... Je ne peux point sortir !  

  C'est donc la fin de ce blog puisque je ne pourrai plus visiter d'autres ruines. 

 

 

Histoire du château :

* A la fin du 11ème siècle, le château appartient au chapitre cathédrale de Saint Just de Narbonne.
* En 1231, le château est vendu à ????
* Après le 15ème siècle, il semble que le site ne soit plus habité.
* Au 20ème siècle, la tour appartient à la commune.
* En 1942, la tour est inscrite aux Monuments Historiques.
* En 1980, une campagne de fouille est organisée.
* Au début du 21ème siècle, la découverte de la ruine est libre et gratuite. Le risque de recevoir une pierre existe, soyez prudents.

 

La vue est la richesse de cette massive tour

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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 07:30

 

Département 02 - AISNE (Thiérache)

 

Le bourg :

Isolée, l'église attend les visiteurs    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      La petite commune de Flavigny le Grand-Beaurain est située à 80km au Sud-Est d'Arras, à 30km Est-Nord-Est de Saint Quentin et à 2km à l'Est de Guise.

    Coordonnées du bourg :

49° 53′ 30″ N 3° 39′ 55″ E
 49.891667°  3.665278°

 

L'église :

     L'extérieur :

La découverte

    Dans la très grande majorité des villages, l'église est au centre, bien réchauffée par les maisons qui parfois s'appuient sur elle.

   Curieusement, la construction religieuse de Flavigny le Grand-Beaurain est isolée, perdue loin de toute civilisation.

Avez vous déjà vu un tel spectacle ?

 

Quelle incroyable architecture !

     En approchant, je vois un bâtiment presque irréel, comme un décor de cinéma, à tel point que ma vue se brouille.

  Je suis dans le royaume de la brique, mais une construction en briques trop parfaite, trop linéaire. Tout semble trop neuf, trop policé.

Avez vous la sensation d'un décor en "carton pâte" ?

  Le chevet ne comporte pas de fenêtre ni vitraux

L'incroyable chevet

   Très souvent, les chevets sont de forme circulaire, ou pentagonale rappelant un peu le demi-cercle classique, avec des vitraux ou des fenêtres avec remplage.

   Je suis stupéfait, l'arrière de Beaurain n'a pas d'ouverture de lumière. Je vois un mur borgne encadré par 2 tours rondes.

  Mon étonnement est encore plus grand en constatant que les 2 tours d'angle n'ont pas les mêmes dimensions ni les mêmes décors (pseudo bande Lombarde).

   Puis 2 autres détails augmentent ma stupéfaction :

* La base des tours est en pierres

* Il n'y a pas vraiment de fente de tir

Est ce un décor de film ?

Ce n'est pas un donjon et pourtant ce n'est pas un clocher

Le clocher

    La nef ne présentant aucun système défensif, je me précipite sur l'imposant clocher. Sa masse et ses dimensions m'impressionnent.

      Que de sensations différentes :

* Sa base étant faite en pierres, le clocher ressemble à un donjon de château fort primitif.

* Les imposants contreforts à larmier très prononcé me rappellent des constructions du 12ème siècle.

* La couleur rouge des briques aux étages adoucit la rudesse de sa masse.

* La douceur est renforcée par la petitesse des 2 tours flanques coté nef.

 

Analyse du clocher

  Les systèmes défensifs sont nombreux sur ce clocher :

* En partie supérieure, des fentes de tir pour fusil.

* En partie basse, non pas une canonnière mais une fente de tir à ébrasement (voir vocabulaire) extérieur important.

* En partie basse des tours rondes, des fentes avec un angle de tir important en horizontal.

* En partie haute des tours, des fentes avec angle de tir important.

 

Je souhaite entrer

  Il semble évident que la porte d'entrée de cette église soit à la base du clocher-donjon. La partie supérieure comporte les classiques fentes de tir pour fusil, mais je distingue aussi  3 corbeaux.

Pensez vous qu'une bretèche existait ?

 

    L'intérieur :

  Timidement, je pousse la porte et un monde bien différent s'offre à moi. La sobriété des décors et de l'architecture tranche par rapport à la fonction défensive.

 Je ressors sans avoir pu visiter les tours et de clocher-donjon. En regardant l'horizon, je comprends la fonction de guet de cette église du Thiérache.

 

 

Histoire de l'église :

* Au 16ème siècle, construction d'une église.
* Au 17ème siècle, modification de l'église.
* Durant la 1ère guerre mondiale, les bombardements détruisent partiellement l'église.
* En 1927, l'église est inscrite aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Sulpice et Saint Médard) est libre et gratuite. La visite du clocher et des tours de défense est interdite. 

Rondeur et linéarité se conjuguent curieusement

 

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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 09:30

 

Département 09 - ARIEGE

 Le modernisme du 21ème est très utile pour un Castellologue amateur

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   Le petit bourg de Durban sur Arize est situé à 70km au Sud de Toulouse, à 60km Est-Sud-Est de Saint Gaudens, à 25km au Nord-Ouest de Foix (voir son château) et à 18km au Nord-Nord-Est de Saint Girons.

     Coordonnées du château :

43° 1' 18.088" N 1° 19' 55.708" E
 43.021691°  1.332141°

 

Le château : 
        L'extérieur :
L'arrivée

   Grâce à mon dictionnaire des châteaux forts, j'ai connaissance d'une magnifique ruine médiévale sur une colline au Nord-Ouest de Durban sur Arize. Aidé par mon magnifique GSP de route équipé d'une option randonnée, je sais exactement où se situe mon Graal.

   Il y a plusieurs chemins pour rejoindre le site castral, j'ai opté pour une randonnée depuis le parking "Milles Pattes" situé à 349m d'altitude aux coordonnées :

43,02006° 1,33190°

Un plan peu lisible à cause des arbres 

La découverte

   Pour atteindre un château fort, il faut très souvent gravir une colline. Mais avec l'ombre des beaux arbres et les odeurs de la végétation, la montée est un plaisir que je ne boude pas.

  Comme par magie, les arbres s'écartent et me laisse voir une blanche ruine.

 

Le plan

  Avec la dense végétation, avec les siècles sans entretien, il n'est point aisé que comprendre l'aménagement de ce magnifique château fort. Je vous propose de "lire" la vue aérienne commentée :

D : Donjon,

E : Sas d'entrée,

eg : Eglise paroissiale,

R1 : Premier rempart,

R : Deuxième rempart,

T : Tour défensive.

   Une église sans toit pour mieux voir le ciel de Dieu

Le 1er rempart extérieur (R1)

  Il faut beaucoup d'imagination pour voir le premier rempart. Les archéologues ont retrouvé ses vestiges et je suppose qu'il est à la hauteur de ce panneau qui me fait déjà vibrer de plaisir

 

L'église (eg)

  Dans la première cour, il ne reste que les vestiges du bâtiment religieux. Cette construction n'est point la chapelle castrale, mais l'église paroissiale de l'ancien bourg à l'époque médiévale.

  Dans ses entrailles, ce n'est que désolation. Il ne reste aucune sculpture, ni trace de support de statut, ni de cul de lampe. Malgré ce vide, je suis surpris par les dimensions de cette construction. Le village médiéval devait être important.

Quelle magnifique surprise !

Le 2ème rempart (R) Archère droite primitive et merlon borgne

  Lentement je me retourne pour déguster la ruine de Saint Barthélemy et surtout le rempart protégeant le château.

   Même si le crénelage a été refait, même si le mur me paraît peu élevé par rapport à celui d'origine, l'architecture de ce deuxième rempart est intéressante.

 

Les systèmes défensifs du rempart

   Un rempart entourant un château fort se doit d'être dissuasif, protecteur et efficace. Je vais vérifier si ces qualités sont discernables sur les vestiges de Saint Barthélemy :

* Solide est ce rempart car il est en pierre. Ne souriez pas en lisant ma prose, mais avant le 10ème siècle, il était habituel d'utiliser les troncs d'arbre pour délimiter l'emplacement.

* Il est posé sur le rocher ainsi sa base est solide.

* Le parement d'angle est bien appareillé, ainsi le rempart n'est point fragilisé.

* Bien qu'asymétriques sur la longueur, les archères sont nombreuses permettant une bonne défense.

   Je suis surpris de ne voir que des archères droites primitives, même si elle bénéficie d'un ébrasement intérieur important.

Son architecture défensive n'aurait elle point évolué après le 12ème siècle ?

 Les années n'ont pas été tendres avec ce vieux château fort

Les courtines du château

    Lentement, je contourne le rempart précédé par de nombreux rochers et je me présente devant la longue courtine. Plusieurs caractéristiques me surprennent :

* Les pierres sont pauvrement taillées,

* De plus, elles sont peu jointives.

* Aucune tour protège le mur,

* Les trous de boulin (voir vocabulaire) ne sont pas rebouchés.

* Aucune archère est visible,

* Je n'imagine même pas qu'une bouche à feu ait été percée.

 

Que conclure ?

    Avant de pénétrer dans le château par cette ouverture peu médiévale et curieusement non protégée par une bretèche (par exemple), je me pose une question : 

* Ce château ne semble pas avoir eu d'amélioration défensive après sa construction.

* Il semble que la "modernisation" ait été une succession de rempart.

Même en ruine, le donjon est puissant 

        L'intérieur :

Je suis accueilli

  Ce ne sont point des soldats qui m'accueillent dans la haute cour mais des chèvres. L'avantage de ces belles et odorantes ruminantes, c'est qu'elles tondent la pelouse .

  Pour une fois, je ne vais pas me faire griffer les mollets par les épineux qui habituellement adorent les ruines et mes jambes.

 

Le donjon (D)

  Rapidement, je pressens que le haut bâtiment est le donjon. Comme je le supposais, il ne comporte pas de système défensif.

 

Je suis troublé

  Je ne sais pas si c'est le parfum aux arômes naturels  des "damoiselles" dans le château ou si c'est le puissant soleil Ariégeois qui me chauffe trop le heaume, mais je ne discerne pas les fonctions des bâtiments et des murs.

  Je vous laisse admirer les murs et vestiges en espérant que votre imaginaire sera plus fertile que le mien. 

 

 

 

C'est la fin

   Pendant que vous admiriez les images, je me suis assis à l'ombre sur un muret pour déguster une pêche tout en admirant le paysage.

 

 

Histoire du château :

* Au milieu du 11ème siècle, un premier château est construit dont la superficie est bien inférieure à l'actuelle ruine.

* Vers 1569, durant les Guerres de Religion, les Protestants attaquent la ville puis brûlent le château.

* En 1657, le château est inhabité. Ruine sera son devenir.

* A la fin du 20ème siècle, l'association Mille-Pattes est créée. Ses membres achètent le château pour lui redonner vie.

* Au début du 21ème siècle, l'association tente de faire vivre l'histoire du lieu, mais les difficultés financières limitent leurs rêves.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite de l'intérieur est possible gratuitement en dehors des activités estivales de loisir. Renseignez vous.

  Le risque de recevoir une pierre est important, soyez très prudents.

 

La vue est l'un des trésors d'un château fort

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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 18:29

 

Département  40 - LANDES

Le bourg :

La tour , prend garde !... J'arrive   Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Le village de Pey est situé à 20km au Sud-Ouest de Dax, à 12km au Nord-Ouest de Peyrehorade, proche de la D33.

   Coordonnées du bourg :

43° 37′ 54.84″ N 1° 12′ 2″ W
 43.6319°  -1.200556°

 

L'église :

    L'extérieur :

La découverte

    Perché sur un coteau non loin de la rivière Adour, la position de Pey est surprenante dans cette région de plaine. Et c'est logiquement qu'au centre du village, sur le point le plus haut, je vois cette tour protégeant l'église.

     Ne voulant pas me précipiter et respecter ainsi ma "charte de découverte" je contourne l'église pour mieux la déguster.

 

L'enquête commence

    La vue de la haute tour borgne, protégeant le petite nef si basse est amusante : Masse et légèreté se côtoient. 

 

L'abside

    Construit en pierres de taille moyenne, l'abside est la partie architecturale la plus intéressante, en plus d'être la plus ancienne. C'est une construction semi-circulaire comportant 3 petites baies de style Roman. Trois colonnes semblent servir de contreforts surtout qu'elles reposent sur des stylobates élargis à la base.

(Impressionnant ce vocabulaire, n'est il pas ?  ... En réalité, il n'est point de moi. Je l'ai volé sur une brochure récupérée non loin de là ).

    A l'extrémité de l'abside, de vrais contreforts font le lien avec la nef.

 

Le haut de l'abside

  A l'extrémité des colonnes, une corniche est décorée de 11 modillons encore visibles. Ses petites sculptures représentent des têtes d'homme et de femme, ainsi que des personnages entiers souvent accroupis.Je suis étonné par les poutres à l'extérieur.

Était ce pour soutenir des hourds (voir vocabulaire) de défense ? 

  Certainement pas, mais la surélévation me fait penser à un chemin de ronde construit quelques années ou siècles après.

 

Le clocher-porche

    Située à l'Ouest, cette construction ressemble à un donjon de château fort. Haut (4 étages), parallélépipédique (8m de coté), massif, sans fenêtre, sans archère, c'est en théorie le symbole d'une défense médiévale du 12ème siècle. Le plus surprenant est la pauvre qualité de taille des pierres ainsi que leur assemblage et petites dimensions.

    Ce clocher-tour a été très reconstruit récemment, car le crénelage parait trop neuf et trop symétrique pour une tour de 800 ans.

 

    L'intérieur :

        La rénovation de la fin du 20ème siècle a modernisé l'intérieur devenu trop neuf, même si certains détails semblent authentiques.  Mais je ne suis pas là pour faire du tourisme, je suis entré pour trouver les fortifications. Il y a bien un escalier ici mais il ne monte pas dans la tour.

 


Histoire de l'église :

* Au 12ème siècle, construction de l'église à vaisseau unique et choeur semi-circulaire.
* Au 14ème siècle (à vérifier), fortification de l'église.
* En 1879, l' architecte Legrand de Dax aménage des chapelles latérales.
* Vers 1990, importante rénovation de l'extérieur et de l'intérieur.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Saturnin) est libre et gratuite depuis la place du village. La visite du clocher et des fortifications est interdite.

 

Pseudo peinture de la nef de l'église fortifiée de Pey - Landes

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