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Ombre et lumière

23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 04:55

  En cliquant sur l'image, vous pouvez trouver les coordonnées complètes de ce livre sur des sites que je vous propose.

Résumé :


    « Les châteaux sont, parmi d'autres réalités du patrimoine, l'un des reflets de la grande histoire de Savoie, celle d'avant 1860. Avec cette nouvelle édition, revue et complétée, Michèle Brocard nous emmène dans un passionnant itinéraire historique de plus de 300 pages représentant près de 400 châteaux répartis entre la Tarentaise, la Maurienne, la Combe de Savoie, le Petit Bugey et la Chautagne.
    Ce livre est illustré de merveilleux dessins originaux dus à la plume d'Edmond Brocard, architecte des Bâtiments de France, qui nous restitue souvent des vues des châteaux dans leur présumé état antérieur. Un véritable voyage dans leur temps et une réelle invitation à la découverte pour tous les passionnés de l'histoire et du patrimoine de Savoie. »
 
 
Mon avis :
Les constructions d'une région "étrangère"  !
 
      Ho, je vous vois sourire, vous pensez que "étrangère" n'est pas le terme le plus juste pour parler de la Savoie. Pourtant, cette région n'a été annexée qu'en 1860, ce qui est très récent. Donc, en lisant cette oeuvre sur les châteaux , le médiéviste que je suis  fais bien un voyage hors de France.
      Ce livre n'est pas un récit, ni une description avec des anecdotes, ni une prose parlant de quelques contes et légendes Savoyards. C'est un ouvrage qui s'apparente plus à un dictionnaire.
     Chaque château est décrit avec des détails architecturaux et avec une partie de son histoire. Il n'y a aucune photo, seul des graphiques agrémentent la compréhension des bâtiments.
     Malgré cette austérité de noir et blanc, quel régal pour un castellologue comme moi. Les textes sont clairs, détaillés (pour les châteaux principaux il est vrai), précis. Le Dauphinois que je suis peut "espionner" les fortifications de mes anciens ennemis.
    C'est aussi le complément du livre sur la Maurienne médiévale.
 
    Si vous êtes passionnés de châteaux, ou si vous souhaitez visiter la Savoie autrement, voici un livre indispensable pour votre bibliothèque.
    Par contre, si vous préférez les beaux livres avec de belles proses et des jolies photos (comme le Larousse),  je vous conseillerais deux autres ouvrages :
   - Vers les plus beaux châteaux des Alpes (Français et Européens)
   - Les pierres fortes de Savoie (nous en reparlerons).
 
  Pour parfaire votre connaissance sur les châteaux de cette région, il existe un livre complémentairechâteaux de Haute Savoie.
 
   Si l'histoire de la guerre entre la Savoie et le Dauphiné vous passionne, lisez ce livre :  Défendre la Bresse et le Bugey.
 

 
Venez "visiter" maintenant les châteaux de la  SAVOIE 
 
 
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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 00:00

  En cliquant sur l'image, vous pouvez trouver les coordonnées complètes de ce livre sur des sites que je vous propose.

 

Résumé :

 
    « Parcourant en douze chapitres les diverses régions de la France, deux fervents du Moyen Age tentent de nous familiariser avec l'histoire, les moeurs et coutumes, les traits de caractère, les réalisations artistico-utilitaires et autres caractéristiques propres à chaque région pendant ces quatre siècles qui séparent Guillaume le Conquérant de Jeanne d'Arc.
   Un récit fort documenté, débordant de vitalité, illustré d'une imagerie éloquente et de cartes précieuses pour localiser châteaux et forteresses, églises et trésors, etc. Un voyage passionnant en compagnie de connaisseurs.» 
 
 
Mon avis : 
Ouvrage d'initiation à l'histoire médiévale !
 
 
454 pages, et 16 cartes des régions Françaises détaillées, voilà ce qui résume cet ouvrage.
 
  Ce n'est pas un livre très technique, ni exhaustif, mais il explique correctement et simplement l'histoire et la construction des régions de France.
  Cela se lit comme un roman, et dans l'ordre que l'on souhaite, puisque chaque chapitre est indépendant..
      Les puristes seront évidemment insatisfaits, les médiévistes confirmés n'apprendront que peu, mais j'avoue avoir lu ces récits en été, durant la canicule, avec plaisir et avec un verre d'eau  (enfin, c'est ce que je vous fais croire) fraîche.
  Je ne pense pas qu'il soit encore disponible neuf en librairie, mais les bouquinistes vous l'offrirons pour quelques Euros.
 
 
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22 août 2014 5 22 /08 /août /2014 06:30

 

Département :   42 - LOIRE


Le bourg

  Situation :   (--> le voir sur une carte)

     Le petit village de Rochetaillée est située à 6km au Sud-Est de Saint Etienne, dans le Parc Régional du Pilat.

  Coordonnées du château :

45° 24' 37.199" N 4° 26' 45.438" E
 45.410333°  4.445955°

 

   Toponymie :

     L'origine du nom "Rochetaillée" n'est pas très difficile à trouver. Point de dictionnaire poussiéreux dans une bibliothèque il me faut regarder.

Avez vous deviné ?


Le château 

     L'extérieur:

Surprenant !

     Cela parait incroyable mais en partant de Saint Etienne, la route monte doucement et à l'arrivée, je me retrouve à 775m d'altitude, je ne vais donc pas voir un château de plaine. Sur un petit parking permettant de poser mon destrier, j'admire le magnifique château. Posée sur le rocher, cette ruine me fascine déjà.

Et vous ?

 

La découverte

       Comme toujours, je fais le tour de cette "beauté" médiévale pour mieux la ressentir.
  Vous avez remarqué comme moi que le château ne comporte pas de rempart extérieur, je ne vois pas une autre enceinte de protection.

Peut être était elle assurée par le village ?

 

Un arc...mais sans flèche

    Voici une 1ère curiosité architecturale. Proche du donjon Sud, il y a un arc de décharge pour suppléer à l'absence de rocher et prolonger la courtine.

Humm, ce château va être très intéressant !

 

Il épouse.... la roche

   En contournant le donjon, je découvre que la ruine est "peu large" et asymétrique. Ce n'est pas un château tout en rondeur (comme celui ci) ou parallélépipédique (comme celui là), mais une construction qui épouse le rocher comme j'en ai tant admirer dans le Bas Rhin. L'architecte a du s'adapter et faire des compromis, au détriment de la défense (Une forme allongée offre plus de courtines attaquables).

Que faut-il faire pour renforcer la défense d'une courtine, surtout située du coté de l'attaque ?

 

La tour avancée

    Evidemment, vous avez la réponse, il faut construire une tour. A Rochetaillée, ce n'est pas une simple petite "chose ronde" mais une puissante barbacane ovale percée des arquebusières (voir vocabulaire).

  Quel incroyable château !

 

Comme il est beau !

     Je ne vais pas vous faire durer le suspense plus longtemps, voici la façade principale du château.

Wahouu ! ! !  (si,si, je vous ai entendu prononcer cela).

     Certains trouveront que l'escalier en fer n'est pas très médiéval, mais sans cela point de possibilité d'entrer dans cette belle ruine. Et puis, je vous en ai déjà montré en Suisse par exemple (voir ce château).

 

Analyse rapide de la façade

Que vois je sur cette façade ?

* D'abord, les 2 extrémités sont défendues par deux tours rondes (le donjon est à droite).
* Ensuite, la barbacane (au centre) s'avance vers la position "fragile", c'est un défi architectural sur ce rocher.
* Puis, une ouverture en arc haut perchée qui était la porte d'entrée du château.
* Enfin, la renaissance a fait ouvrir des fenêtres à meneau dans la courtine.

 

Je vais entrer

   Il est temps de monter cet escalier. Les surprises s'enchaînent. La courtine comporte des bouches à feu et la tour possède des archères. Ce mélange de système de défense s'étalant sur 3 siècles m'étonnera toujours.

Et maintenant..... j'entre.

 

    L'intérieur :

J'entre

   Comme vous l'avez constatée, l'entrée dans ce château ne s'effectue plus par la grande porte de la façade, mais par une "brèche" dans la barbacane.

Qu'importe, j'ai envahi le château... Mais c'est plutôt le rêve médiéval qui m'envahit.

 

La barbacane

     Après la campagne de fouilles, pour rendre le site visitable, la ruine a été très consolidée, (pour une fois, je ne recevrais pas de pierres sur le nez),  la barbacane est donc "presque" neuve et très intéressante.
    Elle comporte les ouvertures de tir pour arme à feu dont je vous avais déjà parlé qui devaient être utilisé depuis un chemin de ronde dont je devine les traces. Et le plus surprenant, il y a un puits.

 

Une citerne dans la tour

    En réalité, l'orifice est une citerne alimentée par les eaux pluviales.Soudain, une question me vient :

Comment amener l'eau dans cette citerne ?

 La réponse est logique : Par des gouttières et des canalisations dont il est possible de voir les traces d'origine sur le sol (mais beaucoup de pierres creusées ont été regroupées dans le château en attendant une campagne de reconstruction).

 

La terrasse sommitale
      Évidemment, en pénétrant dans la partie intérieure du château, je ne m'attends pas à voir une cuisine, un logis avec des voûtes merveilleuses, une salle d'armes etc...  Je suis dans une ruine qui pourtant montre des détails captivants. Par exemple :

* La porte d'entrée a du être modifiée car elle ne comporte aucune ouverture pour les bras du pont levis (Voir cet exemple).
 * Les fenêtres à meneau étaient à coussiège double (petit banc en pierre de chaque coté).
 * Le logis devait avoir au moins 2 étages.
 * La tour ne devait être accessible par étage que depuis le bâtiment central.

   Dans la tour il y a peu de lumière, la seule ouverture est l'archère dans l'impressionnante épaisseur du mur.
  A l'opposer de la petite tour, il y a le donjon.

Le donjon
     Il n'est pas au centre du château comme les images de notre enfance nous le montre souvent, mais sur la pointe Sud de la forteresse, presque isolé. Ce donjon faisait parti de la défense principale du château. Le plan vous fera mieux comprendre cette ruine.

 

Je vais visiter le donjon
    Pour accéder dans cette tour, il faut monter un escalier en fer, peut être peu esthétique mais réellement pratique.
     Avec ses dimensions modestes, le donjon n'était pas habitable en permanence, mais il pouvait accepter plusieurs personnes en cas de refuge ultime.

 

La vue...perturbée

   Comme souvent avec les ruines médiévales, la vue est magnifique. Je me mets à rêver quand soudain...
Mais qu'entend je ?
  Sont ce des barbares qui veulent attaquer "mon" château ?
     Évidemment non, ce sont d'autres touristes venus apprécier le panorama. Je leur laisse la place et je retourne vers mon destrier.
   Mais avant, je vous fais un cadeau : Le dessin du château au 16ème siècle réalisé par les archéologues suite aux fouilles.

 

 

  Histoire du château :

* En 1175, le château est cité pour la 1ère fois dans un texte limitant les droits de l'archevêque de Lyon et du propriétaire du château : Le Comte de Forez (voir titres de noblesse).
* En 1195, l'abbaye de Valbenoîte détient les droit du château.
* En 1561 (?), les Calvinistes attaquent le château sans succès.
* En 1562, les Calvinistes commandés par le capitaine Sarras, réussissent à s'emparer du château appartenant au Comte d'Apchon.
* En 1589, après 19 jours de combat avec armes à feu et canon, le château est repris par les ligueurs de Jacques Mitte.
* Vers 1590, le château est rendu à son propriétaire dans un état peu habitable.
* Au 17ème siècle, le château appartient à la famille de Badol de Forcieu.
* Au 19ème siècle, le château est démantelé par un marchand de biens et les pierres sont vendues.
* Au 20ème siècle, les ruines appartiennent à la ville de Saint Étienne.
* En 1930, le site est inscrit aux Monuments Historiques.
* En 1942, le site est classé aux Monuments Historiques.
* En 1998, pour rendre accessible la ruine à tout public, de gros travaux de consolidation et d'aménagement sont réalisés.
* Au 21ème siècle, la découverte est libre et gratuite aux heures d'ouverture. Ce lieu est un régal pour les amoureux de panorama sur les montagnes et l'odeur des pierres.

 

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20 août 2014 3 20 /08 /août /2014 15:51

 

  En cliquant sur l'image, vous pouvez trouver les coordonnées complètes de ce livre sur des sites que je vous propose.

Résumé :

    « Les monnaies féodales s'avancent parées de noms souvent extraordinaires : barberins, bugnes, carlins, dickens, engrognes, escalins, gigots, hardis, lions, massons, mites, niquets, patagons, patards, plaques, toisons.
   Frappées non par les rois mais par les princes, ducs, seigneurs, par les abbés et évêques, par les villes ou les régions, elles suivent de près non seulement l'Histoire de France, mais celles de leurs régions d'origine.
   Peut-on s'intéresser à la généalogie sans rechercher ce que ses ancêtres avaient comme monnaies, sans s'intéresser à des objets qu'ils ont pu personnellement toucher ?
   Non, bien entendu : la numismatique féodale est sœur jumelle de la généalogie. Cherchons-nous nos racines ?
   Avec les monnaies féodales, nous pouvons les prendre en main : ces monnaies ont été frappées chez nous, ont circulé dans nos terroirs ; parlent de nos gens ; leurs symboles sont encore souvent ceux de nos régions »
 
 
Mon avis :
Apprendre l'histoire autrement  !!!
 
          Je vous vois dubitatif devant mon slogan. Pourtant ce livre n'est pas que pour les numismates. Il y a sur les pièces différentes représentations :
       -
L'éffigie du souverain, ce qui nous donne une idée de ce personnage,
      
- ou un blason de la seigneurie,
       - des écritures, informations très instructives sur la langue parlée et la calligraphie utilisée.

   Dans cet ouvrage, chaque pièce de monnaie est décrite dans son contexte historique avec un petit résumé de l'époque et les dates. Si un personnage est présent sur la pièce, un petit texte nous rappelle ses dates, son rang, ses parentés et parfois ses faits marquants.

   Les provinces ne sont pas oubliées, et il est important de se souvenir que la France était très morcelée au moyen age.

  J'ai découvert de nombreux petits détails sur les échanges entre les comtés ou les provinces. Ce n'est pas un livre indispensable pour comprendre l'histoire ou les ruines castrales (qui sont le thème principal de ce blog), mais il y a de nombreux petits détails oubliés dans les livres qui apparaissent ici.

  Peut être que si votre compagnon, votre fils, votre père a déjà tous les livres d'histoire, celui ci sera un cadeau différent auquel il n'aura pas pensé..

Alors, merci qui ?

 
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19 août 2014 2 19 /08 /août /2014 05:50

En cliquant sur l'image, vous pouvez trouver les coordonnées complètes de ce livre sur des sites que je vous propose. 

 

Résumé :

    « Vingt médiévistes proposent dans le volume une réflexion d'ensemble sur les interactions de l'homme et du milieu montagnard au Moyen Âge.
   Bien que l'imaginaire des hommes de ce temps l'ait décrite comme un espace inhospitalier et dangereux, la montagne ne fut en rien une barrière ou un désert.
    Regroupées en quatre thèmes :
        - la montagne traversée,
        - la montagne gouvernée,
        - la montagne vécue,
        - la montagne imaginée
   Les contributions s'interrogent sur les spécificités des communautés montagnardes, sur leur contrôle du milieu, sur la recherche de leur identité et de leur autonomie.
   Mais si l'image de Guillaume Tell, champion d'une communauté résistant à tout contrôle politique, hante encore notre mémoire contemporaine, les sociétés montagnardes médiévales ont toujours été partie prenante dans le jeu complexe des pouvoirs, qui les mettait aux prises avec les seigneurs locaux, les villes et le prince territorial. »
 
 
Mon avis :
Voir la montagne autrement  !!!
 
   Ce livre est le résultat du 34ème congrès de la "Société des Historiens Médiévistes de l'Enseignement Supérieur public" réunis à Chambéry en mai 2003.
 
   Non, non, cher lecteur, ne part pas tout de suite. je vais simplifier les propos de ces sommités.
   S'il est vrai que ce livre est très technique, très spécialisé, il apporte un éclairage nouveau sur nos montagnes, il y a 800 ans :
  • * Les habitudes de nos ancêtres montagnards sont détaillées.
  • * Leurs rapports avec leurs voisins (Provençaux par exemple)  sont décrits,
  • * Cette société n'était pas uniquement pastorale. Forgerons, mineurs et bien d'autres peuplaient les collines,
  • * Malgré la dureté du climat et des routes, ces montagnards n'étaient pas repliés sur eux même, ils commerçaient, et avaient aussi une influence politique et militaire.
 
   Toutes les montagnes sont analysées : Savoie, Dauphiné, Pyrénées, Rouergue etc....
   Les "futurs Thésards" sur ce thème, les fous (comme moi) de cette époque si lointaine et si importante seront heureux de lire ou feuilleter cet ouvrage incroyable, d'une immense richesse sur un sujet peu traité.
 
   Les autres seront heureux...... de ne pas le lire (tant son approche est difficile). Je vous ai conseillé tant d'ouvrages dans ce blog que je souhaitais pour une fois faire le "Kakou"  avec un tel livre....... que je n'ai pas encore terminé il est vrai.
  Rassurez vous...... Il n'y en aura pas d'autre..... Avec un tel livre, ma tête a grossi et je ne peux bientôt plus enfiler mon heaume.
 
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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 06:30

 

Département :   25 - DOUBS

Ce panneau est une invitation  

Le bourg : 

    Situation  (--> le voir sur une carte)

     Champlive est une petite commune située à 20km au Nord-Est de Besançon, proche de l'ancienne commanderie templière de Dammartin.

   Coordonnées du château :

47° 17' 36.629" N 6° 14' 14.262" E
 47.293508°  6.237295°

 

Le château :

    L'extérieur :

Mes vacances sont terminées

    Après avoir passé 2 semaines à visiter les châteaux d'Alsace dans le département du Haut Rhin, je retourne tranquillement dans mon Dauphiné. Vers 12H30, l'envie de grignoter une cuisse de sanglier (ou de poulet sauvage) est pressante. Vite, il me faut trouver un coin tranquille dans la forêt.

 

Que vois je la haut ?

   Près du petit village de Champlive, une surface boisée attire mon attention. Et là, surprise, une ruine castrale brille dans l'obscurité de la forêt.

   Qu'importe ma faim, il me faut visiter cette ruine cachée au milieu des arbres. Quelle chance,le site médiévale est oublié des ronces et autres épineux qui adorent souvent s'amuser avec mes mollets.

  Sur sa colline, le château attend le visiteur

La découverte

    La partie la plus visible est évidemment la puissante tour. Mais en observant un peu les alentours, des élévations me prouvent la présence de remparts et d'aménagements de défense. Ces murs ne comportent aucune ouverture de tir.

Date-t-il du 13ème siècle ?

 

    L'intérieur :

Je sors ma loupe de Sherlock Holmes

   En cherchant d'autres indices, c'est au milieu de petits arbres que je découvre en contrebas les fondations d'une tour ronde aux murs très épais et bien appareillés :

Est ce une tour flanque du rempart extérieur ?
Ou une barbacane ? (voir vocabulaire)

 

Que d'énigmes !

   Coincé entre les fondations, un "couloir" comporte une ouverture :

- Est ce une fenêtre ?.. J'en doute.
- Un puits de lumière ?... L'inclinaison est trop faible.
- Une bouche à feu ?... Peut être. Cela signifierait que ce château était encore habité au 16ème siècle.

 

Il y a des surprises partout !

   Un peu plus loin, une autre surprise m'attend. Une salle voûtée noyée dans un amas de terre.

Etait ce une cave ?

Ou les vestiges des communs ou d'une écurie ?

Que de mystères et d'inconnus dans cette ruine !

   Devant tant de non révélation, je retourne vers la haute tour carrée qui semble être le donjon de ce château.

 

La découverte du donjon

    Par comparaison avec les autres murs et salles, la tour maîtresse est bien conservée. Sa construction est soignée et quelques indices trahissent son origine. Il n'y a ni fenêtre, ni archère, ni bretèche.

Serais je devant un donjon de la fin du 12ème siècle ?
 
L'intérieur du donjon
   Pour découvrir l'intérieur, il me faut grimper une petite pente causée par l'éboulement de certaines parois.

Dans ses entrailles, le spectacle est étonnant. Un morceau du mur écroulé montre l'épaisseur du mur.

"Solide" est le premier mot qui me vient.

  En mesurant le périmètre de la tour, je suis stupéfait de la superficie pour un si vieux donjon.

"Habitable" est mon deuxième mot. 

   En levant la tête, je suis ébahi par la hauteur du mur.

"Puissante" est mon troisième mot.

  Avec tous ces mots, d'autres "maux" (de faim) me quémandent de me sustenter. Et c'est assis dans le donjon que je mange en ressentant la chaleur de ces vieilles pierres.

Acceptez vous de déguster du "sanglier" avec moi ?

 

 

Histoire du château :

  Je n'ai hélas aucune information sur cette ruine. Les 2 habitants que j'ai interrogés ne connaissaient pas son histoire. La littérature semble inexistante. Je n'ai pas fait les bibliothèques régionales pour trouver des informations.

En avez vous ?

 

* Au 13ème siècle, il semble qu'une fortification existe. 
* Au 21ème siècle, la découverte de la ruine est gratuite. Le risque de recevoir une pierre est important; A visiter avec prudence. Ruine pour passionné. 

 

  Pour mieux comprendre cette ruine envahie par la foret, je vous propose cette vidéo d'images.

 Soeur Anne, ne vois tu rien venir ?....

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17 août 2014 7 17 /08 /août /2014 06:07

 

Département :  68 - HAUT RHIN

 

Le bourg : La dense forêt camouffle merveilleusement la ruine.

  Situation :    (--> le voir sur une carte)

    Le site du château de Waldeck se trouve dans le Jura Alsacien, au Sud de Leymen, à la frontière avec la Suisse.

   Coordonnées du château :

47° 29' 7.426" N 7° 28' 31.292" E
 47.485396°  7.475359°

 

Le château :

     L'extérieur :

Pourquoi suis je ici ?

     Après avoir visité le château de Landskron, le livre des ballades du Club Vosgien m'indique qu'un chemin balisé serpente dans la belle forêt, puis s'approche d'une ruine de château.
   Vous me connaissez, je ne pouvais pas résister à l'appel des vielles pierres.

 

La découverte

    Dans la dense forêt, la ruine du château de Waldeck se cache, mais mon "oeil exercé de castellologue amateur" la découvre (j'exagère un peu, elle est à coté du sentier). La ruine est posée au sommet d'une colline à 467 mètres d'altitude.

    Les courtines externes sont construites sur  un rocher. Elles comportent des pierres pauvrement taillées. Aucune porte, ni ouverture de tir est visible. Voici une vraie ruine oubliée des hommes.

 

    L'intérieur :

Minimal ?

    Évidemment dans un château aussi ruiné, avec une végétation aussi envahissante, il est très difficile de comprendre l'architecture interne. Je vois quelques élévations sans pourvoir déterminer la fonction (donjon, 2ème rempart, tour carrée...), et ces murs ne comportent aucune d'archère. C'est certainement un bâtiment du 12ème siècle tant la géométrie est rectiligne. En progressant, je distingue clairement le plan d'une ou deux salles mais il m'est impossible de dire si c'est le logis, ou les dépendances.

 

Moins que minimal

    Ce château ayant été détruit il y a 650 ans, il faudrait un archéologue et une longue campagne de fouille pour retrouver l'architecture.
   En grattant un peu le sol, je découvre de nombreuses pierres, hélas aucune avec des marques de tâcheron, ni élément de décors.

 

C'est fini

    Mais quel silence et les odeurs de la forêt sont agréable. C'est une belle balade pour un pique-nique dans une ruine pleine de mystères.
   Hélas, le soleil se couche, la visite est terminée et mon destrier m'attend au parking du Landskron.

 

 

Histoire du château :

* En 1149, le château appartient à la famille de Waldeck citée lors de l'oblation qu'elle en fait à l'évêque de Bâle.
* En 1356, le terrible tremblement de terre qui détruit Bâle, démolit aussi le château. Il est nommé maintenant :" Burgstall " c'est-à-dire : "château en ruine".
* Durant un siècle, de nombreuses familles se succèdent à la possession du fief.
* En 1379, l'évêque de Bâle inféode les ruines du château et ses dépendances aux frères Fritscheman et Hertrich Zu Rhein de Hésingue.
* En 1453, le château et ses terres appartiennent aux Reich de Reichenstein.
* En 1618, début de la guerre de "30 ans". Le territoire est envahit à plusieurs reprises.
* En 1648 (le 24 octobre), signature du Traité de Westphalie mettant fin à la guerre de "30 ans". La seigneurie appartient au roi de France Louis XIV (voir liste des rois).
* En 1881, des fouilles sont organisées. Les quelques objets découverts sont exposés au musée d'histoire de Bâle.
* Au 21ème siècle, la découverte de la ruine est libre et gratuite. Le risque de recevoir une pierre n'est pas négligeable. Ruine réservée aux passionnés, ou aux marcheurs.

 

Les murs en calcaires offrent de belles cachettes aux lézards.

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16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 06:30

 

Département :   32 - GERS 

 

  Le bourg

Est ce bien le château que je cherche ?     Situation :   (--> le voir sur une carte)

        La petite commune de Courrensan est située à 15km au Nord de Vic-Fézensac et à 15km à l'Est de Eauze.

  Coordonnées du château :

43° 50' 59.593" N 0° 14' 31.942" E
 43.849887°  0.242206°

 

Le bourg fortifié

    Le village est posé sur un éperon rocheux. C'était un petit village fortifié, il conserve les reste d'anciens remparts. Dans les étroites ruelles, de belles maisons médiévales et renaissances donnent de l'ombre fraîche sous le soleil d'été.

Oups... Qu'est ce qui me prends ? 

Je parle comme le guide Vert Michelin  .

   Mon dictionnaire des châteaux affirme que ce village comporte un bâtiment féodal. Planté sur mon destrier en bas de la "falaise", en observant vers l'Ouest, je crois percevoir un château d'origine médiévale.

 

Le château 

    La façade Est

          C'est au bout d'une ruelle que je découvre le bâtiment. Ce n'est pas la ruine d'un château de seigneur mais une maison forte ayant évoluée à la renaissance et ayant été rénové durant les 2 derniers siècles.

  Sa façade comporte des traces de diverses origines. Confort et renaissance sont est le premier constat avec ses fenêtres à meneau en croix. Mais avec un peu d'attention, il est facile de voir que le puissant bâtiment carré à droite pourrait être l'ancien donjon avec ses murs épais.

   Et puis même rebouchée, je crois distinguer une archère droite.

La voyez vous ?

Pour être certain de son origine, il n'y a qu'un seul moyen, redescendre et faire le tour de cette bâtisse.

    
    Au bas du château
    La route qui contourne le village, longe l'éperon rocheux et la vision de la forteresse ne laisse plus le doute sur son origine :

* Voici les fortifications du château.

* Ainsi qu'une tour ronde de défense (certes très remaniée).

  Le site a une forme triangulaire allongée. Il est arasé au Sud et à l'Ouest (voir le plan).

       Et c'est à travers les grands arbres qui cachent un ancien jardin à la Française, que je comprends le "mystère" de ce château...... J'avoue que point mystérieux il est.  C'est un mélange d'époques de construction tel que je l'avais ressenti au début de ma visite.

   La façade Nord montre un bâtiment droit du 18ème (?) avec de larges fenêtres, accolé à une ancienne tour comportant d'élégantes échauguettes

   Ce n'est pas une ruine comme je vous en montre souvent et qui fait mon régal. Pourtant j'ai plaisir à regarder comment les hommes ont modifié avec talent ces rudes forteresses.

 

    L' intérieur :

   Comme vous l'avez constaté, ce château est privé et n'est pas ouvert à la visite.

 

 
Histoire du château :

* A l'époque Romaine, une cité fortifiée existe peut être (?).
* A la fin du 11ème siècle, une maison forte est construite à l'extrémité Ouest de l'éperon.
* A la fin du 13ème siècle, un château est cité dans un texte.
* En 1321, le château appartient à Bernard Trencaléon, seigneur de Firmasson et vassal du Roi d'Angleterre.
* A la fin du 14ème siècle, la seigneurie est englobée dans le Comté d'Armagnac.
* Durant 6 siècles, le château change souvent de propriétaires.
* En 1979, une partie du château est inscrit aux Monuments Historiques.
* A la fin du 20ème siècle, le château appartient à un de nos députés (dont je tairais le nom).
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite est interdite.

 

Ces échauguettes ne servent plus à guetter

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14 août 2014 4 14 /08 /août /2014 06:30

 

Département :  11 - AUDE

 

Quel formidable château !

Situation :   (--> le voir sur une carte)   

     Le petit village de Arques se situe à 24km au Nord-Est de Quillan et à 51km au Sud de Carcassonne.

  Coordonnées du château :

42° 57′ 11″ N 2° 22′ 1″ E
 42.953056°  2.366944°

 

Le château :

       A quelques centaines de mètres à l'ouest du village, le caricatural château d'Arques s'élève au sommet d'un petit mamelon. C'est un chef d'œuvre de l'art gothique et de l'architecture médiévale.

     L'ensemble est plus une plaisante résidence aristocratique qu'une place militaire. 


L'enceinte Quadrangulaire

    L'enceinte presque carrée (51 mètres sur 55) est percée au centre d'une porte en arc brisé munie d'un mâchicoulis  ornée au sommet d'une clef de voûte aux armes de la famille Voisins. Ces armoiries sont décrites ainsi: "De gueules à trois fusées d'or en fasce, accompagnées en chef d'un lambel à quatre pendant de même".

De nombreux bâtiments devaient exister le long de l'enceinte, mais seul deux tours-logis sont visible dans la partie méridionale, la mieux conservée.

Pourquoi sortir sous le soleil, alors qu'il fait frais dans le logis ?

 

La tour-logis du Sud-Ouest

    Cette tour logis datant du 15ème siècle comporte 2 niveaux. La salle basse est partiellement souterraine. Elle est voûtée en berceau et percée de 3 petites ouvertures de lumière.

   La salle haute est éclairée, au sud et à l'ouest, par 2 fenêtres géminées trilobées. La construction s'orne d'une cheminée et d'une belle voûte tombant sur 4 culs de lampe. Les figurines représentées (3 hommes et 1 femme) ont un rapprochement stylistique avec le château de Puivert. Des latrines sont aménagées dans le mur nord.

   Dans la petite tour attenante, un escalier à vis dessert les 2 niveaux. Elle comporte une archère au nord, au dessus de la porte.

 

La tour-logis du Sud-Est

    La tour sud-est est refaite et transformée en habitation du 20ème siècle, mais elle conserve une clé de voûte armoriée ainsi que les vestiges d'une cheminée. 

 

Le donjon

   Ce fier donjon en grès rose haut de 25 mètres, est un chef d'œuvre de l'architecture gothique inspirée d'Ile-de-France. Il allie élégance, luxe et aspect militaire. 

 Sa base presque carrée mesure 13 mètres par 12,50m. Ses défenses abondent :

* 4 échauguettes montées sur des contreforts comportent chacune 6 archères à bèches. Ces "tourelles" permettent une défense sans angle mort.* Chaque base d'échauguette est percée d’ouvertures formant des mâchicoulis.

* Les courtines Est, Nord, Ouest possèdent 4 archères à bèches aux étages et 2 à étriers au rez-de-chaussée.

* La courtine Sud (coté entrée) dispose de 5 archères à bèches aux étages et 2 à étriers au rez-de-chaussée.

* La porte d’entrée comporte au-dessus une dernière "surprise" : Un assommoir.

 

Le donjon comprend 4 niveaux desservis par un escalier à vis dans l'échauguette du sud-est.

* Au rez-de-chaussée, la salle est voûtée d'ogives.

* Au niveau 1, cette salle, voûtée d'ogives, dénote un certain niveau de confort.

*  Au niveau 2, la salle reçoit un plancher, et un plafond à poutre. Une grande cheminée apportait la chaleur nécessaire au confort de cet habitat.

* Le niveau 3 est l'étage principal de défense. Dans cette salle octogonale était logée la garnison. Les murs sont ajourés symétriquement d'archères et de baies rectangulaires. Une quarantaine de soldats pouvait défendre en même temps ce donjon.

 

 

 Histoire du village et du château :

* En 1011, Amiel Arques, probable seigneur du lieu, est cité dans un manuscrit. 

* Au 12ème siècle, un conflit oppose le vicomte de Carcassonne et plusieurs seigneurs dont Arques, Lagrasse. Les terres d'Arques deviennent la propriété des Seigneurs de Termes.

* En 1207, Béranger d'Arques (seigneur faidit ?) figure parmi les proches de Guillaume de Peyrepertuse.

* En 1211, après sa conquête du château de TERMES durant la croisade de Albigeois, Simon de Montfort s'attaque à Arques. Après avoir pillé et brûlé la ville, il donne les terres du Haut Razès à un de ses lieutenants, Pierre de Voisins. Il s'agissait de contrôler les voies de la transhumance vers les Corbières. Certains textes font référence au : "trajet des moutons".

* En 1260, le village se nomme: Villa de Arquis.

* En 1265, en visite dans ses sénéchaussées, Pierre de Voisin fait régner la terreur. En qualité de Sénéchal de Carcassonne, il est investit du pouvoir de haute et basse justice. Il accuse de sorcellerie plusieurs hommes et femmes et les fait brûler en place publique. Puis il retourne dans son habitat de Carcassonne.

* Vers 1266, Louis IX (Saint Louis) (voir liste des rois) doutant de la culpabilité de ces ex-cathares subissant la "chasse aux sorcières", ordonne à Pierre de Voisins de ne plus condamner pour sorcellerie.

* Vers 1280, Gilles 1er succède à son père, Pierre de Voisins. Il entame la construction d'un donjon à l'extérieur de la localité qui sera sa nouvelle résidence.

* En 1291, le seigneur rédige une charte de coutume pour Arques. La nouvelle bastide d'Arques est mentionnée. Ce document définit les règles entre la communauté villageoise et son seigneur en matière de justice et de vie économique. Les habitants subissent des pressions importantes.

* En 1316, Gilles II de Voisins (dit Gilet) remanie et achève la construction du château.

* En 1320, le village se nomme: Vallem de Arquis.

* En 1518, par le mariage de la dernière héritière Françoise de Voisins avec le vicomte de Joyeuse, "l'illustre" nom de Voisins s'éteignit. Le château fut délaissé au profit de Couiza.

* En 1538, le village se nomme: Arcas.

* En 1546, les Espagnols font une incursion dans le Languedoc, passent par Arques et incendient le village. Le donjon est épargné.

* En 1575, les protestants assiègent le château qui fut presque entièrement détruit. Seul le donjon résiste aux attaques des soldats des capitaines Rascles et Rastelrens. La façade de l'ancien prieuré porte encore les traces des balles.

* En 1781, le village se nomme: Arques.

* Vers 1790, le château est vendu comme bien national puis subit quelques dommages.

* En 1887, le château est classé monument historique.

* En 1910, le château et les restes de l'enceinte sont achetés par la commune.

* Fin du 20ème siècle, des sondages archéologique s'organisent, les vieilles pierres sont restaurées et le château s'ouvre aux visites.

* Au 21ème siècle, la visite est payante, mais quel plaisir de se promener librement dans un château aussi merveilleux.

 

Cette fenêtre à coussiège donne l'envie de rêve !

 

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14 août 2014 4 14 /08 /août /2014 06:30

 

Département :   11 - AUDE

 

Cette ruine en voit passer de l'eau sous le pont.

Le bourg : 

      Situation :   (--> le voir sur une carte
    La commune de Quillan est située à un important carrefour de vallées. C'était un point stratégique entre l'Aragon si proche et la route de Carcassonne dont la cité est à 51km au Nord.
 
Coordonnées du château :
42° 52' 29" N 2° 11' 12" E
 42.874952°  2.1868770°
  
Le château : 
     L'extérieur : 
La découverte
    De loin, la bâtisse ressemble plus à un fort qu'à un château médiéval. Pourtant, c'est un très vieux bâtiment qui a vu :
* Les Wisigoths,
* Les Cathares,
* Simon de Montfort,
* Les armées des différents rois,
* Les Aragonais,
* Les révolutionnaires Français,
* et.... moi.
 
Il est là haut
   Le château est installé au sommet d'un petit promontoire sur la rive droite de l'Aude, à l'Est de la ville actuelle.
    De nombreux châteaux médiévaux dans la région sont construits en haut des pogs. L'architecte doit s'adapter au terrain et rivaliser d'ingéniosité pour faire tenir solidement l'ensemble (voir Roquefixade,  Quéribus,  ...). Ici, le plan est carré et plat (voir schéma). La seule difficulté est d'offrir des obstacles pour la défense du château, solution très classique et vue dans de nombreux châteaux forts.
 Archère, échauguette, bossage.. Que de merveilles !
1ère analyse
    Le château de Quillan est une enceinte quadrangulaire de 35m de coté avec des murs à bossage. Ce type de construction n'ayant été utilisé que pendant une courte période du moyen age, on peut dater ces murs du 13ème siècle. Dans la partie supérieure, un changement de construction est visible.
Consolidation ultérieure ou réparation ?
 
2ème analyse 
    L'enceinte est talutée à la base avec un fruit en forte déclivité. Les courtines, de 1,80m d'épaisseur, sont percées d'archères et de grandes baies en plein cintre. Les archéologues pensent qu'elles avaient une hauteur de 13 mètres. Au 20ème siècle, 5 à 6 mètres de pierres ont été restaurées pour le plaisir des visiteurs.
 
3ème analyse 
    Les quatre angles sont pourvus d'échauguettes polygonales (au lieu de tours rondes classiques comme on se les représente dans notre enfance - voir exemple  ici  ou  ). Elles reposent sur une série de 5 encorbellements arrondis. Elles étaient surmontées d'un parapet en grès jaune percé d'archères aujourd'hui disparu.(plusieurs châteaux de la région comportent ce type d'architecture Bugarach  ou  Coustaussa....).

    L'entrée principale est située Nord-Nord-Est. Elle était protégée par un fossé (aujourd'hui comblé) et par un pont-levis (disparu car inutile).

 Est ce un donjon-porte ? ... Mystère.

La porte d'entrée 
   Certains archéologues et médiévistes pensent que cette construction était le donjon. Mais d'autres certifient que c'était 'une tour-porte'.
Ce "détail" est important.
Des tour-portes, il en existe plusieurs dans la région (Puivert par exemple). C'est un type de construction assez classique sur des châteaux peu élevés.
     Mais si le donjon était au dessus de l'entrée, le château fort de Quillan aurait une architecture unique en pays Audois. De nombreux experts optent pour cette option.
Avez vous une idée ?
 
Et si c'était un donjon ?
   Cette construction était une grande tour carrée de 8m par 6m. Elle comprenait 3 voûtes superposées et culminait à 26 mètres.
  Son système défensif est classique :
- Archères pour le tir sur les agresseurs extérieurs,

- Porte extérieure (pont levé),

- Porte intérieure à 2 vantaux,

- Entre les 2 portes, petit couloir droit avec  assommoir,

- Fantôme d'une herse, dont subsiste le rainurage.

   La tour-porte est très abîmée, mais ceci est une chance car je peux voir que le blocage des murs est constitué de pierres roulées provenant du fleuve Aude (en contrebas). C'est un remblai classique.

   

     L'intérieur :
J'entre

    Avec précaution, je traverse la "tour-donjon-porte". La cour est partiellement dégagée des arbres et pierres qui l'encombraient il y a peu. Elle était couverte de grands arcs dont il ne reste que le sommier dans les murs et les voussoirs posés au sol. Les salles étaient éclairées par de grandes fenêtres hautes.

 

L'archer tirait il à plat-ventre ?

 

Ambiance défensive

     Au niveau inférieur, les murs comportent des archères droites (4 au Nord, 5 au Sud et à l'Ouest, et 2 à l'Est coté entrée). Certaines sont bouchées par le comblement de la cour intérieure (pour installer des canons durant la révolution Française), d'autres ont été aménagées très tardivement en fenêtre.

    Le mur Sud est le mieux conservé des 4. Il a pratiquement sa hauteur d'origine, il ne manque "que" les créneaux. Un chemin de ronde est presque visible (avec un peu d'imagination).

 

Les salles

   L'angle Nord-Est comporte un très joli arc de soutènement de la tour d'angle. Il a une portée de 1,50m environ. Mais hélas, aucun décor sculpté ni cul de lampe de soutènement est visible. Ce mur comporte une "trouée" qui pourrait s'apparenter à une empreinte de cheminée.

   Sur le sol de la moitié Ouest, des bases de mur montrent plusieurs petites salles, mais il est impossible d'en déterminer la fonction. Même les quelques documents d'archive et de fouilles que j'ai lus n'ont pas défini le nom de ses salles.

   Occupant 1/4 de la surface de la cour, sur l'angle Est, un immense château d'eau défigure le site. Son seul avantage est qu'en montant dessus, il y a une vue extraordinaire sur la ville et les montagnes environnantes.

 

Une curieuse petite porte

   Le mur Sud comporte une poterne, mais :

Est-elle médiévale ?

  J'en doute, tant le château a été remanié pour le rendre fonctionnel.

   

   

 Histoire du château :

* A l'époque romaine, un oppidum est édifié dans la ville nommée: Calianum. Les maisons sont construites sur la rive droite de la rivière Atax (aujourd'hui nommée Aude).
* Vers 781, une forteresse Wisigoth est citée dans le village de Kilianus ou Quilhanus.
* En 844, le roi Charles le Chauve (voir la liste des rois) demande au Comte Milon de restituer le domaine de Quilhanus à l'archevêque de Narbonne.
* Au 11ème siècle, les habitants peuplent la rive gauche.
* En 1125, un lieu fortifié est cité (peu de précision sur l'emplacement, mais pourquoi l'installer ailleurs que sur la colline ?).
* Au 12ème siècle, un faubourg est créé sur une presqu'île formée par l'Aude et son affluent le Coulant: le quartier de la Hille.
* En 1145, le village se nomme Quillanum.
* A la fin du 12ème siècle, les Aragonais de Alphonse II, en guerre contre le Vicomte de Trencavel, prennent la ville après une courte bataille.
* Vers 1202, les droits de l'archevêque de Narbonne sont rétablis sur Quillan.
* Vers 1210, durant la croisade des Albigeois , le château est pris par l'armée "du Nord". Simon de Montfort  le confit à Guy de Lévis, son fidèle lieutenant malgré la colère de l'archevêque.
* En 1216, l'archevêque de Narbonne écrit une supplique au Pape Honorius pour rétablir ses droits sur le domaine de Quillan.
* En 1232, le château est construit sur l'emplacement de l'ancienne forteresse. Il est rattaché à l'archevêché de Narbonne. La période est confuse et Quillan passe alternativement sous pouvoir du roi ou de l'archevêque.
* En 1247, Saint Louis décide la "création" de plusieurs villes (dont de Carcassonne, Limoux). Quillan est alors élevée au rang de cité. Le nouveau nom serait Quillanus.
* En 1255, il semble que les habitants reconnaissent l'autorité de l'archevêque de Narbonne sur la ville.
* En 1280, le roi Philippe III le Hardi abandonne définitivement toutes les terres et les droits à l'archevêque de Narbonne.
* En 1281, la garnison de Quillan est dirigée par un certain Bompart, il a été nommé par l'archevêque.
* En 1332, le château est donné au Roi de France (contre une somme de 5000 livres tournois ?). Début du remaniement des bâtiments.
* En 1341, fin de rénovation du château.
* En 1345, la famine décime la région.
* En 1347, la première peste noire affaiblit la densité de cette ville naissance.
* En 1350, la deuxième peste noire ne laisse qu'un tiers de la population.
* En 1351, un texte mentionne qu'à Quillan l'archevêque "possède en propre un très beau château avec deux vergers contigus".
* En 1394, durant la guerre de cent ans, le Roi somme l'archevêque de fortifier le château.
* Vers 1480, les troupes aragonaises ravagent les régions du Fenouillèdes et de la Haute Vallée de l'Aude. Les Espagnols occupent Quillan.
* En 1495, les troupes du Roi de France chasse les intrus de la ville et du château.
* En 1573, les Calvinistes prennent la ville.
* En 1575, le château de Quillan est incendié par les Huguenots.
* En 1576, rendue au vicomte de Joyeuse, la ville est fortifiée et des fossés sont creusés. Après les guerres de religions, il semble que le château soit très délabré.
* En 1628, le Sénéchal de Carcassonne demande à l'archevêque une remise en état du château et du moulin suite à une inspection.
* En 1659, le traité des Pyrénées scelle une paix entre l'Espagne et la France et permet l'annexion du Roussillon. La ville n'est plus proche de la frontière Espagnole, les fortifications deviennent inutiles.
* En 1735, le château est démantelé, sur la proposition de l'archevêque.
* En 1790, durant la révolution, Quillan devient chef lieu de district.
* En 1793, les murs Ouest et Nord sont abattus pour récupérer les matériaux en vue d'une plate-forme qui servira pour une batterie de canon.
* En 1791, le château est vendu aux enchères. L'achat est réalisé par Thomas Marre plâtrier à Quillan..
* En 1950, il est acheté par la ville. La construction d'un château d'eau dans le fort est judicieuse (puisque c'est l'endroit le plus haut de la ville), mais catastrophique pour cet "ancêtre" qui est amputé d'une partie de sa cour intérieure.
* En 1954, les ruines sont inscrites aux Monuments Historiques.
* En 1994, des fouilles sont organisées et c'est le début d'une restauration (ou consolidation).
* Au 21ème siècle la visite est libre et gratuite. Le risque de recevoir une pierre est faible.

 

Peut être qu'une princesse faisait un signe à son amant depuis cette échauguette.

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