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Ombre et lumière

15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 06:30

 

Département 17 - CHARENTE MARITIME

  La vieille porte fortifiée se désespère d'être seule

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   La commune de Tonnay Boutonne est située à 50km au Sud-Ouest de Niort, à 30km au Nord de Saintes, à 20km à l'Est de Rochefort et à 17km au Nord-Nord-Ouest de Saint Jean d'Angély.

     Coordonnées du bourg :

45° 58′ 7″ N 0° 42′ 20″ W
 45.968611°  -0.705556°

 

La porte fortifiée : 
        L'extérieur :
La découverte

     Au moyen âge, de nombreux bourgs se sont fortifiés pour limiter les assauts de petites troupes de brigands. Mais avec les années, souvent à la fin du 19ème siècle, époque où le modernisme primait sur l'archaïsme du passé, les fortifications ont été détruites facilitant la circulation des véhicules.

   C'est donc avec un immense plaisir que je vois au bout de la rue cette belle et haute porte fortifiée nommée : Saint Pierre.

  A ses pieds, je me sens tout petit ! 

Rapide analyse de la porte 

     Par sa hauteur, l'ouvrage marque le respect et la puissance de l'ancienne cité. Il se compose de deux tours reliées par une voûte gothique. La base des tours possède un évasement permettant la stabilité et peut être l'efficacité des pierres rondes jetées depuis le sommet.

     Avec un peu d'attention il est possible de voir les traces de la herse. Soudain j'ai quelques doutes : Ce ne doit pas être un rainurage mais un rattrapage des pierres rondes de la tour pour ne pas fragiliser l'angle fermé avec la paroi de la courtine.

    Au sommet, les consoles sont les vestiges des mâchicoulis (voir vocabulaire). Quelques détails me surprennent :

 * La courtine reliant les 2 tours a une faible épaisseur.

 * A cause de l'arasement, il n'y a pas de crénelage ni mâchicoulis sur cette paroi.

 * Un joli décors en pointe de diamant court sur deux niveaux sur les tours et la courtine. Force et coquetterie sont les qualificatifs de cette beauté.

 * L'ouverture au centre devait correspondre à la salle des gardes.

 * Je suis étonné de ne point voir de fente pour les flèches d'un pont levis.

 

L'autre coté

    Je traverse précautionneusement la porte fortifiée pour admirer son derrière.   Point de vilainerie coquine de ma part, je voulais dire : L'autre coté du monde médiévale.

  Le temps a massacré la tour-porte, il n'y a plus de salle au 1er étage ni d'épaisseur. Il ne reste que le vestige des coussièges.

 

        L'intérieur :
  Il n'est pas possible de visiter les entrailles de cette porte fortifiée. Discrètement, je m'éloigne de cet ancêtre pour chercher une taverne.

 

 

Histoire de la fortification et du château :

* Au 10ème siècle, un château sur motte est mentionné.

* Au 12ème siècle, fortification du bourg.

* Vers 1242, les armées du roi de France (voir liste) Louis IX attaque la cité et s'en emparre.

* Au 14ème siècle, construction de la porte fortifiée nommée : Saint Pierre.

* Au début du 19ème siècle, Claude Masse réalise des croquis et une description du château.

* Au 19ème siècle, destruction du château (et d'une partie des remparts ?).

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de la porte est libre et gratuite. La visite de l'intérieur est interdite.

 

Au revoir, belle porte.... Porte toi bien !

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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 06:30

 

Département 89 - YONNE

Il y a une tour médiévale cachée dans les arbes 

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   La petite commune de Girolles est située à 35km au Sud-Est d'Auxerre, à 25km au Nord-Est de Clamecy et à 7km au Nord-Ouest d'Avallon.

     Coordonnées de la tour :

47° 31' 42.874" N 3° 50' 23.672" E
 47.528576°  3.839909°

 

Le château : 
        L'extérieur :
Préambule

    Cela se passe en 2006. Votre Chevalier Dauphinois visite quelques sites médiévaux de l'Yonne. Dans ce petit bourg, il s'apprêtait à faire rapidement quelques clichés d'une ruine située dans une propriété privée quand  soudain, son indécente chance lui donne une opportunité.

   En ce beau jour d'été, le propriétaire du lieu va, le lendemain, marier sa fille. Il s'affaire de toute part. Son sourire est magnifique. Avec un immense courage, je lui quémande le droit de photographier SA ruine (et non pas sa fille).

Il me répond : "Faites, jeune homme, je laisse la porte ouverte durant 1 heure".

   Imaginez mon bonheur. Moi qui ai 800 ans, ce qualificatif de jouvenceau me plait, et surtout, je vais approcher une beauté que peu de personnes ont pu voir de si près.

   Vous allez avoir la chance extraordinaire de "toucher" (des yeux) une ruine non visitable et peu montrée sur le web.

 La haute tour est attaquée par la végétation

La découverte

    Dans le joli parc, les hauts arbres entourent mon Graal du jour. Mais cette vieille damoiselle sait résister à cette envahissante végétation. Elle montre ses plus beaux atours dans un costume de lierre.

  Avec une hauteur de 12 mètres, elle m'a déjà séduit, même si au sommet, je ne vois point de crénelage ni mâchicoulis (voir vocabulaire).

 

Pourquoi une tour solitaire ?
  Cette tour appartenait évidemment à un château fort. Mais les siècles et surtout l'aménagement d'un parc, d'une belle pelouse  puis l'utilisation des pierres pour une maison ont fait disparaître les fondation du château.

 

Rapide analyse

    A la base, la tour possède de grandes pierres taillées très jointives. Sur la hauteur, elles sont aussi larges et belles. Il n'y a que par endroit que la qualité est moindre.

Sont ce des "rebouchages" ?

   Des trous de boulin confirment l'ancienneté de cette tour.

Avez vous remarqué la qualité du parement d'angle ?

 

        L'intérieur :

Je franchi le seuilLa belle me révèle son intimité !

    C'est par une ouverture soutenue avec des poutres en ciment moderne que j'entre dans la tour. Des pierres de remploi ont servi à consolider la base.

 

Je l'observe de loin

      Pour mieux comprendre son architecture intérieure, je prends du recul. Chaque étage est clairement marqué par une série alignée de trous pour les poutres du plancher.

Avez vous remarqué l'épaisseur des murs ?

  Curieusement, les pierres au sommet n'ont pas la même qualité.

Est ce du à une élévation tardive ?

 

De nombreux détails !

   Mes yeux de Castellologue-Amateur sont ébahis par le nombre impressionnant de traces de confort et de vie à l'intérieur de cette tour.

Les distinguez vous ?

  Fenêtres, cheminées... Que de confort ! 

Description

* Deux des trois parois possèdent des fenêtres.

* Elles sont peu larges.

* Ces ouvertures comportent toutes une coussiège.

* Ce "ban" de pierre est toujours situé à gauche de la fenêtre.

* Le mur borgne possède des vestiges de cheminées.

* Celle-ci sans décoration, situé dans une salle basse, ressemble à une cheminée de cuisine.

* Par contre, celle au dessus, avec ses piédroits sculptés, devait chauffer la salle de réception.

* Ces cheminées sont proches de certaines fenêtres.

Avez vous remarqué que les murs des salles moins élevées comportent des corbeaux pour soutenir le sol ?

 

C'est la fin

    Ne souhaitant pas embêter plus longtemps mon hôte du jour (que je remercie encore) je quitte ce lieu magnifique non sans avoir regardé une pierre magnifiquement sculptée prouvant que cette tour appartenait au Moyen Âge à un seigneur aisé au goût subtil.

 Nota :

  Cette tour qui de loin paraissait (pouvait paraître) banale, sans intérêt, est une construction à l'architecture très riche.

Ceci vous montre que la compréhension de ruines doit se faire avec attention et patience.

   N'oubliez pas ce conseil : Observez puis comparez pour mieux comprendre.

Pensez vous qu'une belle damoiselle brodait sur la coussiège ?

 

 

Histoire du château :

* Au 6ème siècle, la petite histoire de la Grande Histoire de France affirme que la Reine des Francs nommée Brunehaut  aurait pu séjourner dans cette tour lors de ses périples au château d'Epoisses. Je présume que ceci n'est qu'une légende, même s'il est vrai qu'à notre siècle, la tour porte son nom. Une telle tour en pierre n'existait pas avant le 11ème siècle.

* Au 9ème siècle, le château/territoire/site est donné à l'abbaye Saint Martin d'Autun.

* Au 14ème siècle, le château est "reconstruit ou agrandi"  (?).

* En 1594, le château est détruit, certainement durant la huitième guerre de religion (à vérifier).

* Au début du 20ème siècle, seule la tour en ruine est visible. Les bases du château semblent avoir disparu.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite depuis la route. La visite de l'intérieur est interdite car la ruine est dans une propriété privée.

 

girolles-82 girolles-83

 

 

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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 06:30

 

Pour découvrir l'extérieur de cette forteresse, veuillez cliquer ici.

 

 

Bobinette et chevillette vont être sollicitées

 

Le château :  (suite)

     L'intérieur :

Je pousse la porte et...

   Malgré ma musculature imposante, la grille ne s'ouvre point. Je tire la chevillette, mais point de bobinette cherre.

  Je vais donc tenter de comprendre cette incroyable forteresse depuis l'extérieur.

  Je vous sens dubitatif derrière votre écran, pourtant, l'intérieur peut se voir de l'extérieur.

Je vais vous le démontrer.

 

Les tours du châtelet

     En me contorsionnant, en cherchant le détail sur la droite, je vois l'entrée de la tour ronde du châtelet (souvenez vous, je vous l'ai montrée ici). La porte et la fenêtre ne sont point médiévales. Elles ont été ouvertes au 19ème siècle par les paysans utilisant le château comme lieu de stockage.

    A l'intérieur de la ronde tour, je distingue des corbeaux ayant supporté des poutres.

 

La végétation est l'assaillant du château

Qu'est ce donc ces constructions ?

    Je continue de me contorsionner à travers les barreaux de la porte pour découvrir les autres bâtiments intérieurs.

Quel capharnaüm !

 - Je vois des tours rondes dans un château.

 - Je distingue des pans de mur sans fonction identifiable.

 - Dans l'herbe, je devine des traces de fondation.

Il me faut résoudre cette énigme architecturale.

 

Un plan salvateur

     Les réponses à mon questionnement se trouvent dans le plan de ce château.

  En regardant depuis l'entrée du châtelet (repère C) je vois :

1 - Les invisibles traces d'une tour disparue,

2 - Les petits vestiges d'une tour,

3 - Les vestiges d'une autre tour,

0 - Le pan de mur Nord-Ouest de l'habitat du donjon,

6 - L'imposante tour Sud,

M - Le mur Sud de la "maison".

   La preuve de mes dires est ici.

 

Tout est en rondeur sauf la 'maison'

La maison

  Je ne m'étendrai pas sur cette curieuse construction parallélépipédique dans un château qui possède autant de formes circulaires.

* Est elle médiévale ?

* Etait ce un logis ou un commun ?

* Pourquoi est elle plus haute que le rempart ?

 

Le donjon

   De nombreux documents affirment que cette puissante tour aurait été le plus haut donjon au 14ème siècle. Il est vrai que ses dimensions sont impressionnantes :

* Largeur : 10 m,

* Longueur : 18 m.

  Le donjon habitable est flanqué de 6 grosses tours rondes. Le corps central avait la même hauteur que les tours.

Ce donjon est unique !

 

De l'extérieur, je vois l'intérieur

    Pour mieux comprendre l'aménagement des bâtiments et l'architecture de l'intérieur des salles, je prends un peu de recul. Cette ruine est un livre ouvert sur le confort et l'habitat :

* Fenêtre à coussiège,

* Corbeaux ayant porté des poutres,

* Axes de circulation,

* Portes.....

  Tout est évident !

  Je vous laisse déguster cette forteresse unique.

 

 

C'est la fin

    Il reste encore beaucoup à voir dans cette forteresse médiévale, mais pour ne point gâcher votre plaisir je ne vous dévoile tout.

  Avant de vous quitter, je vous offre la vue satellite de mon ami Google.

 

 

Histoire du château :

* Au 1er siècle (à vérifier), le Romains construisent une petite fortification au milieu des marais.

* Entre 926 et 930  les Normands de la Loire attaquent et pillent la Saintonge, l'Angoumois, le Périgord et l'Aquitaine. Certains historiens supposent qu'ils établissent un point fortifié à l'emplacement du château "Romain".

* Au 11ème siècle, un Vicomte (voir titre de noblesse) de Blanquefort est cité dans un texte. Une tour carrée en pierre (entourée certainement d'une palissade en bois) semble existée.

* En 1154, Aliénor d’Aquitaine (ancienne Reine de France) épouse Henri Plantagenêt qui devient Duc d'Aquitaine. Cet acte bien loin de Blanquefort va avoir une incidence car...

* ... Le 19 décembre 1154, Aliénor devient Reine d'Angleterre, son époux prenant le nom d'Henri II. Les seigneurs de Blanquefort sont donc les vassaux du Roi d'Angleterre.

* En 1247, le Vicomte de Blanquefort réalise quelques travaux sur le château fort.

* En 1254, Pierre Bertrand, seigneur de Blanquefort, reçoit en son château le Duc d'Aquitaine et Roi d'Angleterre Henri III.

* En 1270, Edouard 1er d'Angleterre achète Blanquefort. Il ne l'habite pas et laisse au Vicomte la moitié des revenus des terres et l'usufruit.

* En cette fin du 13ème siècle, début de construction de la forteresse.

* En 1308, pour régler sa dette, le château est cédé à Bertrand de Goth, neveu du pape Clément V.

* En 1325, en épousant le Comte d'Armagnac, le fille de Bertrand apporte le château en dot. Le Comte ayant fait allégeance au Roi de France (voir liste), un conflit éclate entre le Comte et le Roi d'Angleterre.

* Au 14ème siècle, construction du donjon. C'est le symbole de la présence Royale Anglaise en Aquitaine.

- Les historiens notent que ce ne sont point des mâchicoulis qui réalisent la défense rapprochée (comme pour beaucoup de châteaux de cette époque) mais un hourdage en bois (voir vocabulaire). Cette curiosité architecturale ne s'explique pas.

- De plus, à mi-hauteur, un autre ensemble de hourdage était prévu rendant complètement inutilisable les hourds du dessus. 

* Au 15ème siècle, les remparts extérieurs sont aménagés pour les armes à feu sur la demande du seigneur de Duras (à vérifier).  L'entrée du donjon est agrémentée de sculptures flamboyantes.

* Au milieu du 15ème siècle, durant la Guerre de Cent ans, les troupes du Roi de France  attaquent et prennent la forteresse. Antoine de Chabannes, un des anciens compagnons de Jeanne d'Arc, serait un des créateurs des embrasures à canon du châtelet d'entrée (à vérifier).

* En 1453, fin de la guerre de Cent Ans. La forteresse redevient Française.

* Vers 1476, le château est rendu par le Roi Louis XI à son ancien propriétaire, Gaillard IV de Durfort dit le Proscrit.

* A la fin du 15ème siècle (à vérifier), les historiens supposent qu'un toit à lucarnes a été ajouté sur le donjon.

* Au 16ème siècle, il semble que la famille Durfort ne loge plus au château.

* Au 17ème siècle, durant les guerres de religion le château sert de refuge aux Protestants car Symphorien de Durfort a adopté  la religion Réformé (à vérifier). Le château est partiellement brûlé.

* Au milieu du 17ème siècle, pour réprimer les Frondeurs (voir l'histoire de  la Fronde), Mazarin fait assécher le marais de Blanquefort et araser certaines tours.

* Au 18ème siècle, le château n'est plus entretenu par la famille Durfort.

* Vers 1792, les Révolutionnaires réquisitionnent le château comme Bien National puis le vendent à un marchand de bien. Ce dernier démonte les pierres pour les revendre.

* En 1862, Proper Mérimée s'intéresse à la ruine de Blanquefort. Le château est classé aux Monuments Historiques.

* En cette fin du 19ème siècle et jusqu'en 1920, une partie du château est "habité" ou utilisé par des paysans. Certains ouvrages de maçonnerie (portes et fenêtres) sont effectués.

* En 1966,  après l'effondrement d'une tour, une première campagne de fouille est entreprise.

* A notre siècle, malgré le courage et l'envie de l'association de sauvegarde, par faute de moyen financier, le château s'écroule lentement.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite en respectrant les propriétés privées et la tranquilité des habitants proches du site. La visite des entrailles semble possible quelques jours dans l'année, veuillez vous renseigner auprès de la Maison Du Patrimoine de Blanquefort ou de l'association en charge de la restauration : G.A.H.B.L.E..

 

 

Pour mieux comprendre le travail d'une association de sauvegarde, je vous propose cette vidéo.

 

 

Le château me semble plus joli que la haute tour moderne

 

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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 06:30

 

Département :  38 - ISERE

 Sur la route d'une station de ski, un château regarde passer les voitures

Le bourg

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        La commune de Theys est située à 30km au Sud de Chambéry, à 25km au Nord-Est de Grenoble et à 16km au Nord-Nord-Est de Laval (voir son château).

   Coordonnée du château :

45° 18' 9.338" N
5° 59' 50.053" E
 45.302594°
 5.997237°

 

Le château :  

     L'extérieur :

La vie du Chevalier Dauphinois

    Dès que je le peux, dès que ma frénésie de visite de châteaux forts retombe, je me rends dans le massif de Belledonne (dans MON Dauphiné bien sur) pour admirer les paysages montagneux, regarder la flore Alpine et randonner dans le silence.

  Mais.... ma passion me ratrape tout le temps.

 

La découverte

    En ce début d'automne, sur la route qui m'amène au col du Barioz (pour une belle promenade vers le Grand Rocher puis au Crêt du Poulet....si, si, c'est le vrai nom), je traverse le bourg de Theys. A quelques dizaines de mètres de l'église et de la mairie apparaît une curieuse porte fortifiée cachant partiellement un bâtiment avec une ronde tour.

  Il me faut voir de suite cette construction se dorant au soleil.

Pensez vous que ce soit un château d'origine médiévale ?

 Même si elle n'a pas retenu beaucoup d'assaillants, cette porte retient mon attention

Le porche fortifié

    A coté de la route, blottie contre une maison récente, la porte fortifiée parait presque invisible pour le passant pressé ou l'automobiliste peu attentif. Pourtant elle est fascinante et comporte de nombreux détails d'architecture :

* Une magnifique porte en bois.

* Puis un joli heurtoir et en dessous un "hygiaphone".

* Encadrant la porte, un arc brisé.

* Cet arc est surmonté d'une large pierre "violette" sculpté. Avec un peu d'attention, il est possible de voir un oiseau avec une légende : Pax Huic Domm. Cela signifie : Paix à cette maison.

* Cet écusson est mis en valeur par un encadrement en relief.

* Les colonnettes sont terminées par une tête sculptée.

* Au dessus, quatre consoles faisant office de mâchicoulis (voir vocabulaire). Il me semble plus décoratif qu'efficace.

* De chaque coté de la porte, bien que bouchée, une fente de tir avec canonnière défendait l'entrée.

 

L'autre coté du porche

    Lentement je franchi la porte et je continue ma découverte de l'entrée. En levant la tête je vois des pierres saillantes

Etait ce pour supporter des poutres ?

   Le porche comporte de chaque coté un emplacement fermé pour un garde ou plutôt un défenseur.

 L'automne rend les châteaux plus colorés 

Le bâtiment principal

    Face à ce bâtiment, je n'ai qu'une seule idée : Trouver les systèmes défensifs.

Les voyez vous ?

   Un crépi moderne puis des fenêtres et portes récentes me laissent à penser que la recherche va être difficile. Mais c'est sans compter ma chance qui me montre deux corbeaux.

Question :

Etait ce bretèche ou latrines ?

  J'opte pour ces dernières, mais mon raisonnement est plus une intuition qu'un fait avéré.

 

Curieux détail sur cette face

   Les 2 impressionnants contreforts me semblent avoir été aménagés après la construction du château, pour tenir les vieux murs. 

  Une imposante tour escalier

Que de merveilles de l'autre coté !

   Bien que la physionomie ne soit pas celle d'un puissant château fort, l'autre face comporte de nombreux détails architecturaux :

* Une haute tour escalier.

* Une fente dont la fonction est facile à identifier : Une archère canonnière.

* Trois consoles certainement utilisées pour une bretèche. Cet exemple est assez rare dans une tour-escalier.

* La fenêtre au dessus des consoles doit avoir été finalisée récemment, car elle n'est point alignée pour rendre la bretèche efficace.

* Même si cette tour ne montre pas une puissance défensive, elle affirme sa volonté de ne point être désarmée.

 

Quelques détails du bâtiment d'habitation

   La modernité et le besoin de confort ont changé la façade du bâtiment. Mais quelques détails datant de 500 ans apparaissent comme cette fenêtre à meneau en croix avec linteaux en accolade.

 

     L'intérieur :

Vais je entrer ?

       Je tente de pénétrer par la jolie porte avec linteau sculptée en accolade.      

  Hélas, le château Jail n'est pas ouvert à la visite. De plus, hébergeant le service postal, je doute que des merveilles médiévales soient encore visibles.

 

L'automne en Belledonne

  Avant de partir, je regarde la vallée et la belle foret aux couleurs d'automne.

 

 

Histoire du château :

* A la fin du 15ème siècle, construction du château.

* Au 16ème siècle, la construction appartient à la famille Villiet.

* En 1583, le Duc (voir titre de noblesse) de Lesdiguières, très amoureux de Marie Vignon, achète la seigneurie de Theys. Il fait construire cette bâtisse et il nomme Jean Vignon, père de Marie, châtelain du lieu (certains prétendent que cette belle histoire n'est que légende... Je le pense aussi).

* En 1616, un inventaire signale que la bâtisse est en très mauvais état.

* En 1893, le château est acheté par Gabriel Jail.

* En 1959, la commune achète le château.

* Vers 1974, après de nombreux travaux, un bureau des PTT s'installe dans le bâtiment.

* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. Le bâtiment accueillant une agence de La Poste ne se visite pas.

 

Les massifs de Belledonne et Chartreuse marient leurs couleurs

 

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29 mars 2014 6 29 /03 /mars /2014 07:05

 

Département :  38 - ISERE

 Au 21ème siècle, la tour est elle aussi fortifiée ?

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        La commune de Bernin est située à 45km au Sud de Chambéry et à 15km au Nord-Est de Grenoble.

 

   Coordonnée du château :

45° 15' 29" N 5° 51' 43" E
 45.25812916°  5.86196780°

 

 

Le château :  

     L'extérieur :

Avertissement

* Dans ce blog, je souhaite montrer le maximum de constructions médiévales fortifiées. Cela signifie que si une pierre a été posée avant 1492, le bâtiment aura un article.

* Une construction médiévale fortifiée peut apparaître en notre siècle sous 3 formes :

1 - Une ruine plus ou moins imposante (et parfois minimale).

2 - Un bâtiment très bien conservé, même si parfois les siècles et les propriétaires ont aménagé quelques zones de confort.

3 - Un site très modernisé faisant parfois "table rase" de la fonction originelle de la construction.

 

 

Pourquoi suis je en ce lieu ?

* Les journées du patrimoine sont l'occasion de visiter des sites normalement fermés au public.

* Les sites que je recherche sont :

- Soit des propriétés privées ouvertes exceptionnellement.

- Soit des constructions gérées par une association de sauvegarde. Le site n'étant pas toujours totalement sécurisé, sa découverte est donc exceptionnelle.

* C'est avec l'image représentant la maison forte de La Veyrie (parfois nommée Le Château ou La Tour ou Le Donjon) que je me dirige vers une colline à un kilomètre au Sud de Bernin.

* La colline, dont l'altitude maxi est de 365m, domine la vallée de l'Isère de 150m.

* C'est donc un point de surveillance parfait.

Ne voyez pas rouge en découvrant cette curieuse merveille !

 

Surprenant !

* En ce lieu, il n'y a pas une mais 2 constructions médiévales.

- A gauche, le donjon habitable du 11ème siècle.

- A droite, l'habitat du 13ème siècle.

Incroyable architecture !

 

 Cette construction montre 8 siècles d'aménagement

Je vous sens perdu

* Avant de vous décrire cette merveille médiévale du Dauphiné, il est important de comprendre les raisons de ce bouleversement architectural.
* Au début du 20ème siècle, un riche industriel (voir historique) achète les bâtiments.

* Il aménage les pièces pour plus de confort.

* Il change "légèrement" l'harmonie médiévale pour permettre à sa famille d'avoir toutes les installation modernes de ce siècle industriel naissant.

 

 

A droite, le donjon

* Le bâtiment actuel comporte 3 étages.

* A l'époque médiévale, il y avait 4 étages, donc 5 niveaux.

* Le sommet semble avoir le souvenir d'un crénelage couvert.

* Cette grande bâtisse a une hauteur de 20 mètres.

* Sa base presque carrée mesure 10m à l'extérieur.

* Les murs ont une épaisseur moyenne de 1,20 mètre.

* Fenêtres et balcon sont "modernes".

* L'architecte a respecté le style du bâtiment en agrémentant les linteaux d'élégants arcs en accolade.

 

 Bien que plus petit, le bâtiment résidentiel offre de beaux volumes

A gauche, l'habitation

* Ce bâtiment résidentiel médiéval a une base rectangulaire d'environ 10m extérieur.

* Il est accolé au donjon et en utilise un des murs.

* Il comporte 2 étages.

* Les fenêtres à meneaux en croix semblent d'origine.

* Elles possèdent aussi les élégants linteaux d'arc en accolade.

 

Le "minaret"

* Ce qualificatif que j'ai osé donner à la haute et fine contruction jaune est incorrect bien sur.

* La tour, qui n'en est pas une, a été construite au début du 20ème siècle.

* Elle a plusieurs fonctions :

- La principale est : Un "château d'eau".

(L'eau courante au début du 20ème siècle est une rareté).

- Tour escalier, pour monter vers la citerne.

- Eclairage de l'entrée située dans le bâtiment résidentiel.

 

Vais je entrer ?

* En ce week-end exceptionnel du patrimoine, la porte de la tour-citerne est ouverte.

Vais je de suite franchir le seuil ?

* Cette porte n'étant pas l'entrée médiévale, je décide de faire le tour.

 

 

Pour découvrir l'intérieur du château, veuillez cliquer ici.

 

 

 

 

Evolution  des constructions sur 10 siècles

 

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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 07:30

 

Département 09 - ARIEGE

 Les crénelages forcent le respect

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   La commune de Castillon en Couserans est située à 90km au Sud-Ouest de Toulouse, à 35km au Sud-Est de Saint Gaudens, à 55km au Sud-Sud-Ouest de Foix (voir son château) et à 12km au Sud-Ouest de Saint Girons.

     Coordonnées de l'église :

42° 55' 12" N 1° 2' 2" E
 42.9201°  1.033841°

 

L'église : 
        L'extérieur :
Elle est au sommet

   La très grande majorité des églises fortifiées que je vous montre se situent dans la vallée, dans les murs ou en périphérie du bourg. Curieusement, c'est en levant la tête vers la colline surplombant Castillon en Couserans que je découvre l'église fortifiée.

   Cette position peut paraître surprenante, mais si je vous dis que cette construction a été la chapelle du château fort, tout s'éclaire pour vous.

  Suivez moi à la découverte de : La Chapelle du Calvaire.

Entre ombre et lumière, entre grâce et force 

Analyse depuis le bas de la colline

      En regardant attentivement cette église, je vois 3 parties distinctes :

* Au centre, un clocher-peigne. Sa position est due à l'agrandissement de l'église vers l’Ouest. Il possède deux rangs d’arcades géminées munies de colonnettes et de moulures. Le campanile possède cinq cloches.

* A l'Ouest, une longue nef pourvue d'un large et épais contrefort. Par sa faible haute, j'imagine que le rehaussement de l'église est ultérieur à sa construction d'origine. Au sommet, les nombreux merlons trahissent un chemin de ronde avec salle de repli.

* A l'Est, le chevet pentagonale, dont la hauteur est inférieure à celle de la nef, possède en partie supérieure un crénelage défensif. Sur l'un des cotés a été accolé ultérieurement un construction (chapelle ou sacristi ?)

 

Le chevet
    En un bon, je saute sur la colline. Face au chevet pentagonal, je constate que les murs sont renforcés par de belles bandes lombardes dont les bases portent des sculptures de visages très expressifs.

 

Le système défensif du chevetCrénelage, mâchicoulis et hourdage ?

    Avec l'accumulation de terre à la base, avec les modifications des ouvertures de lumière, il est difficile d'imaginer si les systèmes défensifs ont été efficaces.

Y avait-il des mâchicoulis ?

    Aux pieds du mur, bien obstrués, je pressens qu'ils ont du exister pour parfaire le système défensif rapproché.

 

Le système défensif de la nef

     La nef comporte de fines ouvertures de lumière ressemblant à des archères. Sous le toit, le crénelage montre des merlons non borgnes, cette caractéristique est assez rare pour une église fortifiée.

Il faut passer le porche pour entrer 

Le porche

   Pour entrer dans l'église, il ne faut point tenter de franchir la porte basse, mais se rendre dans le porche au centre de la nef. C'était l'emplacement de la porte d'entrée médiévale.

Quel choc !

Je ne m'attendais pas à une telle entrée.

  En parte haute, je retrouve le crénelage avec ses merlons et fentes de tir, puis en dessus, des trous de boulin (voir vocabulaire) pour des poutres portant le auvent.

 

Le portail

   Les archéologues datent ce portail du 12ème siècle. Il se compose de trois rangs d'archivoltes et de six colonnettes dont les sculptures sont pratiquement intactes.

 

J'adore l'art Roman. Et vous ? Quel magnifique entrelacement 8 siècles qu'ils sont là

 

Que de sculptures !

   A droite de la porte se trouve une niche carrée. Elle contient la statue, gravée au 12ème siècle, de Saint-Pierre assis et bénissant. Les archéologues ont réussi à lire sur la page du livre cette inscription :

"Petrus Prineps Regnice Lor(um) Ioa(n) de la Casa Fo (m)aester de l’Obra"

 

        L'intérieur :
  Hélas, comme beaucoup d'églises, la porte ne s'ouvre pas. Je ne pourrai pas confirmer mes constatations. Avant de quitter la colline, je jette un dernier regard vers la magnifique église puis j'admire le panorama comme un guetteur du Moyen Âge.

 

 

Histoire de l'église :

* Au 10ème siècle, une chapelle existerait dans l'enceinte du château primitif (à vérifier).

* Au 12ème siècle, le Vicomte (voir titre de noblesse) de Couserans, fait "agrandir" l'église et modernise le château.

* Entre la fin du 14ème et le début du 15ème siècle, les murs de l'église reçoivent de nombreuses décorations et peintures.

* Au 15ème siècle, une travée est ajoutée.

* Au 16ème siècle, fortification de l'église.

* En 1594, durant les Guerres de Religion, la ville est brûlée et pillée par les Huguenots.

* En 1650, sur ordre de Richelieu, le château est détruit. Seule l'église survit.

* Vers 1792, les révolutionnaires vendent les pierres de la ruine castrale (Hypothèse formulée par certains historiens).

* En 1906, l'église est classée aux Monuments Historiques.

* A la fin du 20ème siècle, des consolidations et rafraîchissements de l'église sont réalisés. Des peintures murales sont retrouvées.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Pierre) est libre et gratuite. La visite des fortifications intérieures est interdite.

 

La vue est le cadeau de tous les sites médiévaux fortifiés

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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 07:30
     
michel-j-01     Cet article est très spécial : Il est l'oeuvre d'un passionné ayant comme pseudo : " M. J.". Comme moi, il est fou de châteaux, aussi bien d'époque médiévale que renaissance. C'est aussi un passionné d'architecture et d'art. Il m'a proposé d'écrire quelques articles sur mon modeste blog.

     J'ai évidemment accepté. J'adore échanger sur les châteaux forts. Je suis fier de l'avoir dans ce "bateau" qui navigue à travers le temps !

   Croyez moi, vous allez découvrir un monde différent du mien, un ressenti plus architectural.

Faites lui un formidable accueil. 

 

michel-j-02  

 

Département 60 - OISE

  Voyez vous un château fort dans cette verdure ?

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      La commune d'Ermenonville est située à 40km au Nord-Est de Paris, à 35km au Sud-Sud-Ouest de Compiègne et à 17km au Sud-Est de Chantilly.

  Coordonnées du château :

49° 7' 33.445" N 2° 41' 34.037" E
 49.125957°  2.692788°

 

Le château :

     L'extérieur :

Préambule du Chevalier

  Le but de ce blog est de vous montrer des constructions médiévales fortifiées.

    Evidemment, je visite aussi des châteaux d'époques plus récentes, mais je me suis imposé à ne point les faire figurer dans ce blog.

Pourtant, aujourd'hui, ce château va vous étonner par sa "jeunesse" architecturale.

   Je n'ai pas changé de thème, mais je considère que mes articles sont ouverts à toutes les constructions dont une pierre a été posée avant 1492, date théorique de la fin du Moyen Âge en France. C'est le cas pour ce château.

J'espère que ce choc ne vous sera pas fatal.

 Je laisse maintenant la place à messire M.J.

Une ronde tour qui me réjouit déjà 

L'arrivée

       Un peu à la sortie du bourg, proche de la forêt, une tour à la forme ronde explique aux amateurs d'architecture que le château est proche.

  Quelques mètres plus loin, proche d'un parking, une entrée grillagée bien loin des critères défensif du Moyen Âge permet d'entrer dans le parc.

 

La découverte

    Entièrement entouré par les eaux de la Launette et le somptueux parc à l'anglaise créé par René de Girardin au 18ème siècle, le château d'Ermenonville bénéficie d'un cadre exceptionnel.

    Du Moyen-Age, il a hérité de quatre tours circulaires, coiffées de toits à poivrière entre lesquelles est venu s'insérer un corps de logis classique dans la première moitié du 18ème siècle.

   Ce corps de logis, couvert de combles à la française, comporte, sur ses deux façades, un avant-corps central de trois travées.

Les frontons sculptés de bas-reliefs ornent l'ensemble.

   Deux longues ailes en équerre, elles-mêmes composées de deux bâtiments de respectivement trois et cinq travées, bordent la cour d'honneur, coté Sud. Leurs couvertures à la Mansart laisse supposer qu'il puisse s'agir d'agrandissements postérieurs, tout du moins en ce qui concerne la seconde.

   La sobriété décorative des façades latérales fait que les tours moyenâgeuses s'harmonisent parfaitement avec les façades classiques.

   Les divers décrochements de façades sont soulignés par de puissants chaînages en pierres non harpées.

La façade postérieure, orientée au Nord donne sur le parc.

  Un long corps de logis de onze travées, dont un avant-corps de trois travées finement sculpté.

 

Conclusion

   Il est frappant de constater la disparité des divers éléments de façade qui cependant s'harmonisent parfaitement des extrémités vers le centre :

* Des rudimentaires tours d'angle que l'on a cependant percées d'ouvertures.

* La sobriété des façades classiques en maçonnerie enduite où la pierre n'apparaît que dans les encadrements de baies.

* La décoration exubérante des avant-corps avec ces consoles chantournées supportant le balcon à la ferronnerie en courbes et contre-courbes,

* Ces guirlandes sculptées et ces mascarons de style baroque, typiquement 18ème siècle.

 

 

Histoire du château :

* Au 10ème siècle, un premier château est construit.

* Au 12ème siècle (?), comme à Chantilly, les Bouteiller, ces cavistes des rois de France (voir liste), tirent parti de leur richesse pour établir ici une forteresse destinée à contrôler cette zone sensible à la limite des plaines à blé de la Brie et des forêts avoisinantes.

* En 1351, la terre d'Ermenonville change de main. Les seigneurs de Senlis la vendent à Robert de Lorris, mais c'est aussi l'époque de la Jacquerie. Les paysans trouvent refuge dans la forêt d'Ermenonville et mettent le feu au château.

* Au 16ème siècle, les guerres de religion n'ont pas épargné Ermenonville. Les seigneurs d'Ermenonville ont déserté le château. Henri de Navarre va cependant y mettre un terme, aidé dans son entreprise par un de ses fidèles, Dominique de Vic. Il lui fait acheter le château et vient souvent se reposer chez son compagnon.

* Cette famille de Vic va détenir Ermenonville pendant un siècle et demi et le transmettre par alliance aux Lombard qui vont édifier sur les fondations de l'ancien château une construction classique dans le goût du 18e siècle.

* En 1754, les Lombard vendent à leur tour Ermenonville à un riche fermier général de Louis XV (voir liste des rois), René Hatte. C'est le petit-fils de ce dernier, le marquis René de Girardin, qui va transformer les zones marécageuses alentour en un somptueux parc à l'anglaise, en avance sur son temps en quelque sorte.

Il y reçoit, entre autre, Jean-Jacques Rousseau qui apprécie les lieux où il peut "herboriser" tout à loisir.

* Le 2 juillet 1778, Jean Jacques Rousseau décède au château. René de Girardin le fait enterrer au sein même du parc, dans l'île des Peupliers.

* Vers 1792, la Révolution passe avec son cortège d'exactions. Girardin réussit à y sauver sa tête, mais quitte néanmoins son château où les révolutionnaires l'avaient séquestré.

* En 1874, les héritiers de Girardin vendent le domaine à une famille polonaise, les Radziwill.

* En 1927, la mort du dernier représentant de la famille Radzwill scelle le démantèlement du domaine dont le "Parc du Midi" est vendu au Touring Club de France et prend le nom de Parc Jean-Jacques Rousseau.

* Durant ce 20ème siècle, le parc au Nord et le château lui-même vont connaître des fortunes diverses et passer en de multiples mains.

* En 1991, parc et château sont acquis par un important groupe hôtelier au grand soulagement de la population locale, attachée à son château et inquiète sur son avenir.

* En 1992, le film Les Visiteurs utilise le château comme décors.

* En 1996, le château est à nouveau utilisé pour le film : Les Visiteurs II.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur depuis la route est libre et gratuite. La visite du château est interdite sauf si vous réservez une chambre.

 

Les signes médiévaux sont rares, mais le charme opère

 

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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 07:30

 

Département  40 - LANDES

Le bourg :Une motte avec une construction au sommet

   Situation :   (--> le voir sur une carte)

      La commune d'Hontanx est située à 17km au Sud-Est de Mont de Marsan  (voir ce bourg fortifié) et à 14km au Nord de Aire sur l'Adour.

   Coordonnées de la maison forte :

43° 49′ 26.12″ N 0° 16′ 14.44″ W
 43.823923°  -0.270678°

 

La maison forte :

    L'extérieur :

La découverte

    Posée sur une butte appelée Motte castrale, une construction tente de survivre aux trop nombreuses sollicitations des hommes. D'après ma carte et mon petit fascicule, ce parallélépipède se nomme : Le château d'Aon.

 

 J'ai des doutes

       La construction ne ressemble pas à une fortification comme je vous en montre souvent. J'entre prudemment par le petit sentier et je vois un bâtiment "moderne" accolé au "château".

    J'ai l'impression que le mot "château" est un peu exagéré pour ce site. J'opte pour l'expression : Maison Forte.

Mais encore faut il prouver que ce site a été fortifié et, ce qui me semble le plus important, a une origine médiévale.

 

Une trace qui me met en joieL'enquête commence

    La maison forte est un bâtiment rectangulaire de 12m par 24m comportant 3 niveaux. Avec ma paires de jumelle, je crois voir que l'épaisseur des murs excède 1m (ceci est une indication de son âge ancien).

    Le mur d'angle est en pierres moyennement taillées alors les "courtines" semblent être en briques (Le crépi jaunâtre ne facilite pas mon analyse).

   Sur une face, un vestige d'arc avec des pierres blanches (de Mont de Marsan ?) me fait penser à une porte. Celle-ci n'est pas au niveau du sol.

Était ce l'entrée médiévale ?

 

L'enquête continue

    En prenant un peu de recul, je ne vois toujours pas de système défensif. En contournant complètement la bâtisse, je vois 3 fentes verticales sous 3 fenêtres non médiévales.

Sont ce les preuves que j'attendais ?

 

La chapelle castrale

    Avant de quitter ce lieu énigmatique, je jette un dernier regard  dans la "cour" et je vois un puissant contrefort.

   Cette construction très cimentée s'appuie sur un mur. Et ce mur est celui.... d'une chapelle.

   Ma brochure affirme que c'est la chapelle du château. Pour que vous ayez autant de surprises que moi, j'ai volontairement flouté et grisé les images. Votre découverte de Hontanx n'en sera que plus intéressante et énigmatique.

 

    L'intérieur :

        L'ensemble est interdit à la visite. Je vais maintenant découvrir l'autre merveille de Hontanx : L'église fortifiée.

 

 
Histoire de la maison forte et sa chapelle :

* En 1298, la Vicomtesse (voir titres de Noblesse) de Marsan fait édifier une fortification à Hontanx suite au conflit qui l'oppose au Vicomte d'Armagnac.
* En 1331, création d'une bastide incluant le château fort. La prospérité et la sécurité attirent la population environnante.
* En 1988, la maison forte et sa chapelle sont inscrites aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de la chapelle (dédiée à Saint Blaise) et de la maison forte est libre et gratuite depuis la route. La visite est interdite.

 

Ma vue se brouille devant tant d'énigmes

 

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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 07:30

 

Département :  36 - INDRE

 Les arbres s'écartent permettant la découverte d'une forteresse médiévale

Le bourg

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        La commune de Villentrois est située à 55km au Sud-Est de Tours, à 45km à l'Ouest de Vierzon, à 35km au Nord-Est de Loches et à 10km au Sud-Est de Saint Aignan.

   Coordonnées du château :

47° 11' 56.735" N 1° 27' 44.687" E
 47.199093°  1.462413°

 

Le château :  

     L'extérieur :

Curiosité

  La commune de Villentrois est divisée en 2 "quartiers" séparés de 300m :

 * L'église,

 * Le château.

      Cette curiosité géographique existe depuis le 11ème siècle lorsque le Comte (voir titre de noblesse) d'Anjou décide la construction d'un château fortifié à l'extérieur du bourg médiéval. Quelques années après, des maisons s'établissent proche du château. Mille ans plus tard, la scission existe toujours.

Incroyable n'est il pas ?Toute blanche est cette beauté dans un écrin de verdure

 

La découverte

    Les brochures et livres utilisent parfois le mot forteresse et d'autres fois le terme château fort pour narrer la construction médiévale de Villentrois. C'est avec ce doute dans la tête que j'arrive dans le bourg.

  Diantre !... Les mots me manquent.

Quel qualificatif donneriez vous à cette beauté ?

 

Le rempart

    Après le choc, je reprends mes esprits pour découvrir pas à pas le site fortifié. Entourant la puissante construction, je remarque des murs en pierre. Ce rempart a beaucoup vécu et possède des consolidations peu glorieuses conséquence de son passé (et de son abandon).

  Avec un peu d'attention il est possible de voir une ronde tour dans le rempart. Durant notre siècle, elle sert d'habitat.

  La façade Est est riche d'enseignements 

Au Nord

     La façade Nord, la moins visible depuis la route, possède des vestiges de machicoulis. Il me semble distinguer sur la droite le châtelet d'entrée.

   Le plus surprenant est de ne point voir d'archère (voir vocabulaire), ni autre système défensif sur la courtine ou la ronde tour.

 

La tour Nord-Est

    La ronde construction est fascinante. Elle possède :

* Un vestige de souche de cheminée en partie supérieure,

* Sur la hauteur, une succession de fentes dans une construction flaque.

Que pensez vous que cela soit ?

  Vous êtes si cultivés en architecture castrale que vous aviez deviné un escalier en colimaçon. Mais....

A quoi servait il ?

  L'escalier permettait de regagner le chemin de ronde sans encombrer la circulation dans la tour.

  La tour Sud-Est est posée sur un bâtiment rectangulaire

La tour Sud-Est

   Le chemin de ronde entre les tours Nord-Est et Sud-Est comporte de timides traces de corbeaux ou consoles pour les mâchicoulis.

  Le plus surprenant est la différence de qualité et de couleur des pierres entre la base et le sommet. J'avoue ne pas comprendre cette curiosité.

  La ronde tour possède trois caractéristiques :

1 - Un bâtiment parallélépipédique s'appuie légèrement sur elle. Avec son vestige de souche pour cheminée, il est fort probable qu'il fut habité en permanence.

2 - La base est évasée.

3 - Quelques fentes verticales sont visibles. Ce n'est point des archères. Même si ce sont des systèmes de tir pour armes à feu, je suis surpris qu'il y en ait si peu pour défendre un tel château..

La façade Sud est la plus intéressante 

Suis je menteur ?

Comme toujours, je garde le meilleur pour la fin.

   Je ne vais donc pas vous expliquer la partie gauche (sur l'image) qui est très ruinée (une courtine qui a mal supporté son âge), je vais m'intéresser à la magnifique façade Sud.

Je suis menteur !

   En réalité, je vais montrer la partie effondrée, car elle semble intéressante. Elle montre (à l'extrême gauche) les entrailles d'une ancienne tour. Mais peut être que mon imagination est trop fertile.

 

La façade Sud

  En regardant la tour Sud-Ouest, je remarque des détails fascinants :

1 - Sur la gauche, une construction flanque avec :

* Une base très pentue,

* Un chaînage d'angle parfait,

* Puis en haut, une arquebusière sous une archère droite.

2 - Sur la tour :

* Une haute fente (archère ?),

* Des trous de boulin dont je ne m'explique pas la raison de leur position en "carré".

* Des fenêtres certainement ouvertes au début de la Renaissance,

3 - Sur la courtine :

* Une magnifique construction en encorbellement. Vous avez reconnu une bretèche qui devait certainement protéger une poterne (puisque l'entrée principale est de l'autre coté).

 

 

     L'intérieur :

        Hélas, la propriété privée n'est pas visitable.

 

villentrois--003 villentrois--004

 

 

Histoire du château :

* Au début du 10ème siècle, les terres appartiennent au sieur Adelaud.

* Au 10ème siècle, les terres sont possession du Comte (voir titre de noblesse) d'Anjou Foulque le Roux. Il en donne la garde au seigneur de Buzançais.

* Au début du 11ème siècle, le Comte d'Anjou Foulque Nerra fait construire une forteresse à l'extérieur du bourg nommé Villenstrada. Le but est de surveiller la partie Est du territoire de son ennemi : Le Comte de Blois Eude II.

* Au milieu du 11ème siècle, une famille de Villentrois est citée.

* Au 13ème siècle, le seigneur de Villentrois fonde le prieuré de Saint Mandé.

* En 1472, l'héritière du château apporte le site en dot à son mari Philippe de Commynes.

* A la fin du 15ème siècle, Philippe, seigneur de Villentrois, fait démolir l'ancienne forteresse pour construire l'actuel château.

* Au 17ème siècle, le château n'est plus habité.

* En 1920, les 2 portes fortifiées du château sont détruites.

* En 1927, les nouveaux propriétaires réalisent quelques restaurations et consolidations.

* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur depuis les rues du bourg est libre et gratuite. La propriété est privée et non visitable.

 

Une forteresse médiévale fièrement campée sur son historique

 

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18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 07:30

 

Département 02 - AISNE (Thiérache)

 

Le bourg :

Les fortifications sont curieuses !    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Le village de Lavaqueresse est situé 35 km au Nord-Est de Saint Quentin, à 20km au Nord-Ouest de Vervins et à 8 km au Nord-Est de Guise.

   Coordonnées du bourg :

49° 56′ 59″ N 3° 42′ 39″ E
 49.949722°  3.710833°

 

L'église :

     L'extérieur :

La découverte

   Dans la courbe d'une petite rue, coincée par son cimetière, bloquée par un muret, l'église de Lavaqueresse n'est pas mise en valeur et la puissance de ses défenses ne semble pas évidente.

   Pourtant, cette église possède encore quelques beaux détails de ses fortifications passées.

 

L'enquête commence

   Au premier regard, il semble logique de penser que seules les "extrémités" de l'église ont été fortifiées :

* Le chevet (à droite).

* Le clocher (à gauche).

  La nef ne possède pas de trace de système défensif ni de salle de repli.

 Puissance et discrétion sont les caractéristiques de ce chevet

Le chevet

    En faisant abstraction du petit bâtiment "récent" construit en avant du chevet, l'architecture est purement défensive avec 2 imposantes tours d'angle encadrant une courtine sans fenêtre. La présence d'une salle de repli au dessus du choeur est indéniable.

       Quatre détails me surprennent :

1 - Les tours ne possèdent que très peu d'ouvertures de tir.

2 - Un coté du chevet comporte 1 tour ronde, alors que l'autre s'enorgueillit de 2.

Y a t il eu une disparition récente ?

3 - Une tour montre une large ouverture dont la fonction m'échappe.

4 - Une ouverture identique existe sur la courtine entre les tours.

Sont ce les fantômes de bretèches ? (voir vocabulaire)

 

Le clocher

   Par sa hauteur et les dimensions de sa base, le clocher ressemble (un peu) à un donjon de château fort. Mais rapidement je suis surpris par trois détails :

1 - Sa base est en pierres alors que le sommet est en briques (est ce une réhausse du 17ème siècle ?).

2 - Les fentes de tir sont rares.

3 - Une petite tour ronde s'accroche à l'ensemble rectiligne sans que sa fonction défensive soit réelle.

    Ne trouvant pas de réponse logique, je vais tenter d'entrer par ce portail gothique.

 

    L'intérieur :

      Comme souvent durant notre siècle, les églises sont fermées. Celle-ci ne déroge pas à la règle.

  Un panneau m'informe que l'église est visitable certains jours, renseignez vous avant.

 

 

Histoire de l'église :

* Au 16ème siècle (?), construction de l'église.
* Au 17ème siècle, modification de l'église (fortification ?).
* En 1714, modification de l'église (aménagement d'un collatéral).
* En 1927, l'église est inscrite aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Notre Dame de l'Assomption) est libre et gratuite. La visite du clocher, des tours et de la salle de repli est interdite.

 

 

Un clocher fortifié est le secret de cette église

 

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