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Ombre et lumière

5 septembre 2014 5 05 /09 /septembre /2014 06:30

 

Département 16 - CHARENTE

 Une beauté au milieu des fleurs !

Le bourg :
       Situation :   (--> la voir sur une carte)
   La commune d'Aubeterre sur Dronne est située à 50km à l'Ouest-Nord-Ouest de Périgueux, à 45km au Sud d'Angoulême et à 15km au Sud de Montmoreau Saint Cybard.

   Coordonnées du château :

45° 16' 17.742" N
0° 10' 13.656" E
 45.271595°
  0.17046°

 

Le château : 
        L'extérieur :
Une présence

   Dans ce bourg faisant parti de la liste des "plus beaux villages de France", tel un touriste je déambule tranquillement quand soudain, je sens un frémissement, un peu comme un amoureux qui trésaille à la perspective de voir au loin sa promise.

  Je lève la visière de mon heaume pour mieux voir et comprendre la raison de mon émoi intérieur.

Diantre, une construction fortifiée !

  Est ce un château fort ?

Je le rejoins en le contournant

    Ne pouvant pas accéder par ce coté, je contourne les maisons pour découvrir l'autre coté du site. Je remarque que la construction visible ne semble pas être le château fort. Cette solide construction blanche ressemble plus à un rempart extérieur, à un châtelet d'entrée pour accéder à la basse-cour qu'à la résidence seigneuriale.

  Une vue plus large confirme ma supputation. La motte ayant porté le château est située plus haut, sur la gauche.

 

Au pied du rempart
    Je longe une ruelle qui devait certainement correspondre à l'emplacement des fossés. J'arrive enfin devant la courtine qui a perdu son agressivité médiévale ainsi que ses systèmes défensifs.

  De l'autre coté, les maisons ne s'appuyant pas sur le rempart, je comprends mieux l'architecture des pierres posées sur le rocher calcaire.

 Voila de beaux mâchicoulis !

Le châtelet d'entrée

   Légèrement avancé et non aligné aux remparts, le châtelet tranche par la présence de ses systèmes de défense. Le premier détail que je remarque ce sont les mâchicoulis.

Magnifique n'est il pas ?

  La succession de consoles en dégradé donne de la légèreté. Les pierres sculptées entre les consoles donnent de la grâce.

   Au dessus, une grande ouverture me fait penser à une terrasse couverte. Je suppose que le chemin de ronde médiéval a été ouvert  (au 18ème ?) pour diminuer l'agressivité de cet ancêtre d'un autre temps.

 

Le portail

  Comme toute entrée fortifiée, ce châtelet possédait un pont levis dont les flèches rentrantes sont évidemment imaginables. Lorsqu'il était relevé, le pont venait s'encastrer dans les pierres taillées.

  Au dessus de la porte, dans la salle de garde et de levage du pont, les défenseurs pouvaient tirer avec une couleuvrine ou un petit canon par l'orifice dédié.

 L'ensemble est harmonieux.

Une élégante entrée fortifiée

 

        L'intérieur :
   Le site est privé et n'est pas visitable. Je vous quitte ici pour découvrir l'église rupestre Saint Jean.

 

 

Histoire du château :

* En 1004, un site fortifié est cité dans un texte.

* En 1152,  Éléonore d'Aquitaine épouse Henri Plantagenêt futur Roi d'Angleterre. Cet acte, bien loin de l'histoire de la petite commune de Aubeterre, eut pour conséquence la scission de la France et le début de la guerre de Cent Ans.

* Entre 1337 et 1453, le château, positionné aux confins de 3 provinces (Angoumois, Saintonge, Périgord), est la cible de nombreuses attaques Anglaises et Françaises.

* En 1453, à la fin de la guerre de Cent ans, le Baron (voir titre de noblesse) François Bouchard seigneur d'Aubeterre, fait reconstruire le château. De plus, il redonne de la vigueur et de la puissance  à la petite commune.

* Au 17ème siècle, sous la tutelle de François d'Esparbès de Lussan, Maréchal de France et seigneur de Aubeterre, la ville est très prospère.

* Au 18ème siècle, le vieux château est inhabité. Ruine semble être son destin.

* En 1817, le Chevalier Bourbon-Conti est propriétaire du lieu.

*En 1817, un marchand de biens achète le château. Il le démantèle puis revend chaque pierre, chaque décos

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite de l'intérieur est interdite sauf si vous louez une partie du gîte.

 

Le châtelet est un compromis entre puissance et confort

      Vers Menu châteaux Charente
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3 septembre 2014 3 03 /09 /septembre /2014 23:55

En cliquant sur l'image, vous pouvez trouver les coordonnées complètes de ce livre sur des sites que je vous propose.

 

Résumé :

    « La guerre de Trente Ans est née en Bohême, de l'antagonisme entre l'alliance des princes allemands protestants et l'autorité impériale catholique représentée par Ferdinand II. Ce conflit local prit une ampleur européenne quand s'y joignirent les grandes puissances protestantes du Nord (Danemark et Suède), soutenues financièrement par Richelieu et Louis XIII, qui avaient intérêt à la défaite de l'empereur Ferdinand II.
    C'est en 1634 que la France intervint ouvertement, en attaquant l'Espagne, elle-même en conflit avec les Pays-Bas. Dès lors, les hostilités s'étendirent à l'Europe. Les traités de Westphalie en 1648 mirent fin à une guerre dévastatrice et meurtrière, notamment pour l'Allemagne et pour la Lorraine, et qui apporta un profond bouleversement démographique et politique.
    Il est indispensable d'en connaître l'histoire si l'on veut comprendre l'évolution de l'Europe jusqu'à nos jours.»
 

 

Mon avis :
La guerre méconnue et pourtant si importante !
 
     
    Ho, je vous vois songeur !...... Vous pensez : "Il se moque de nous ce chevalier. La guerre de 30 ans n'est pas médiévale...  A t il encore reçu une pierre sur la tête durant ses visites de ruines, ou bien nous prend il pour des igniares ?".
    Non, mes chers et merveilleux lecteurs si intelligents (oui, je flatte parfois pour attirer votre attention), je sais que cet évènement s'est déroulé un siècle après la fin (officiel) du Moyen Age. Mais il a eu une importance capitale pour "mes" ruines castrales. Les différentes armées ont attaqué et souvent détruits les châteaux. Peu d'entre eux ont survécu à cet évènement, et les rares encore "debout" ont été :
  * soi abandonnés car, avec les changements de frontière Française, leur position n'était plus stratégique.
  * soi modernisés par Vauban pour devenir imprenable.
 
 
    Faisant actuellement beaucoup de lectures et d'articles sur les ruines castrales d'Alsace, je suis confronté à leur destruction, ou leur amélioration suite à cette guerre..... Il me fallait comprendre. Et dans mon souci de vous faire profiter de ma bibliothèque, je vous présente cet ouvrage.
Il est clair, précis, dense dans les détails et assez  facile à comprendre.
 
 
    C'est une édition de poche, donc économique.  L'économie se fait aussi par l'absence de photo couleur, de belle illustration des protagonistes.  Par contre, l'ouvrage comporte des cartes (en noir et blanc) facilitant la compréhension des mouvements de troupes et des pays concernés.
  Une table d'index permet la recherche.
 
 
     Voilà un ouvrage très instructif pour ceux qui veulent comprendre les ruines d'Alsace (par exemple), mais il faut être vraiment passionné pour le digérer. C'est une épopée moins facile à lire que celle-ci,  mais toute aussi vivante.
 

  Autre choix:  Si vous préférez un livre de photos avec des textes courts et de qualités sur les ruines castrales d'Alsace, en voici un.
 

 
Venez "visiter" maintenant les châteaux du  BAS RHIN  ou  du  HAUT RHIN.
 
 
 
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2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 06:30

  L'église est au bout de l'impasse

Département 85 - VENDEE

 

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   La petite commune de Saint Martin Lars en Sainte Hermine est située à 70km au Nord-Ouest de Niort, à 40km à l'Est de La Roche sur Yon et à 16km au Sud-Sud-Est de Chantonnay.

     Coordonnées de l'église :

46° 35' 30.408" N 0° 58' 44.324" W
 46.59178°  -0.978979°

 

L'arrivée

     Dans les petits bourgs de notre beau Royaume, il est aisé de voir l'église. Généralement elle trône fièrement au centre. Si ce n'est pas le cas, la hauteur de son clocher dépassant le toit des petites maisons et habitats est un phare bien visible.

    C'est donc facilement que je m'engage vers la place de l'église (les panneaux des rues sont aussi une méthode pour trouver un lieu - voir exemple ici

 

La découverteDiantre !... Une rustique église

    Ma 1ère impression est la rusticité de ce bâtiment religieux. L'angle droit est la règle. Le gothique n'est point venu en ce lieu pour "abîmer" la pureté de l'art roman.

   Ma 2ème impression est l'étroitesse de la fenêtre. Pour faciliter l'entrée de la lumière, les architectes ont compensé par une grande hauteur

   Ma 3ème impression est la diversité des hauteurs, formes et épaisseurs des contreforts.

Surprenante église !

   Mais je ne suis pas en ce lieu pour faire une analyse d'architecte. Je suis venu voir une église fortifiée.

Voyez vous les défenses ? 

 

Distinguez vous une salle sous le toit ?

Les premiers indices

    Connaissant mon imagination fertile, je vois au moins "des milliers" de détails défensifs.     Mais en reprenant le sérieux qu'un Chevalier (de plus Dauphinois) doit avoir, je prends ma loupe de Sherlock Holmes et je vois....

Les voyez vous aussi ?

  Une sorte de corniche définissant peut être le niveau du toit de l'église primitive, prouvant ainsi une rehausse.

 

La recherche des systèmes défensifs
   Je contourne lentement l'église pour constater que le clocher n'est pas fortifié. Les abat-sons ont peut être abrité des guetteurs mais la fonction défensive n'est pas marquée.

  La tour-escalier extérieure doit permettre d'atteindre le clocher, donc les signes de défense semblent inexistants.

Est ce que j'utilise assez le suspense hitchcockien ?

 

Qu'est ce ?

   La disparité des contreforts m'étonne. Les différences de dimension et de taille des pierres ne m'informent pas sur l'évolution architecturale de cette église.

   Tout en avançant, j'observe le haut des murs (Je vous déconseille cette méthode, c'est le meilleur moyen de tomber ) . Un détail m'intrique :

Pourquoi avoir surélevé le mur ?

Et pourquoi est il borgne si salle de repli il y a ?

  Avec de la patience, je découvre les secrets de l'église fortifiée

Je commence à comprendre cette église

    Lorsqu'un bâtiment résiste à ma compréhension, je prends un peu de recul pour mieux l'embrasser... du regard bien sur. Plusieurs détails se révèlent :

   Pour consolider cet ancêtre, les hommes modernes ont bouché la fenêtre mais ont laissé pour mon plaisir l'ouverture sous le toit. La présence d'une salle de repli sur toute la longueur de l'église est vérifiée.

  Je continue ma découverte minutieuse en contournant le bâtiment. La petite "cabane" ajoutée sur le coté droit (face Nord) être une sacristie récente.

 

Les révélations

  En regardant le coté Nord de l'église, j'ai les yeux brillants comme un enfant devant une console Playstation, comme un chien devant un os, comme.... (vous avez compris que j'ai la révélation !)

Mais n'allons pas trop vite.

Il faut déguster cette église.

 

Les contreforts

   Le mystère des contreforts que j'avais remarqué à mon arrivée se confirme. Mais la réponse vient en regardant ici. Peut être à cause de l'élévation de l'église, plusieurs d'entre eux ont renforcé les murs, obstruant parfois les fenêtres primitives.

Que voyez vous ? 

Les systèmes défensifs

  Après avoir déguster les contreforts, j'observe la façade curieusement dépourvue de fenêtre. Lentement mes yeux se lèvent vers la salle de repli qui possède de multiples ouvertures. Je suis étonné par la diversité des formes et des dimensions des ouvertures.

  La présence de trous ronds prouve l'utilisation de la salle de défense après le 15ème siècle (certainement pendant les guerres de religion). 

 

        L'intérieur :
   Hélas, comme pour beaucoup d'églises au 21ème siècle, la porte ne s'ouvre pas. Je ne pourrai pas confirmer mes constatations. 

 

 

Histoire de l'église :

* Au 12ème siècle, construction de l'église.

* Au 13ème siècle, aménagement de l'église.

* En 1987, l'église est classée aux Monuments historiques.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite de l'intérieur est interdite.

 

La rigueur de l'angle droit est la base architecturale

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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 04:50

 En cliquant sur l'image, vous pouvez trouver les coordonnées complètes de ce livre sur des sites que je vous propose.

 

Résumé :

    « Un champ de ruines ! Voilà ce que risquent de devenir vos connaissances en histoire de France, si vous n'y prenez garde ! À moins que ce ne soit déjà fait, à moins qu'il ne reste même plus de ruines... Plus un instant à perdre ! Ensemble, reconstruisons tout : depuis les fondations, il y a deux millions d'années, lorsque le premier homme met le pied sur le futur territoire français, jusqu'à nos jours ! Vous allez, entre autres, fréquenter Cro-Magnon, Clovis, Louis XIV, Napoléon, de Gaulle ; perdre ou gagner Alésia, Azincourt, Austerlitz, Verdun ; tomber sous le charme d'Aliénor d'Aquitaine...
    Une garantie : vous ne connaîtrez pas l'ennui ! En effet, il se passe toujours quelque chose d'étonnant, d'insolite, de palpitant sous le ciel de France ; et chaque fois que les événements l'ont permis, une dose raisonnable d'humour a été incorporée au récit. Enfin, pour votre plus grand bonheur, personne ne vous demande, comme à l'école, d'apprendre par cœur !
    Voilà pourquoi vous allez tout savoir. Et tout retenir, avec plaisir ! Bonus ! Quiz des champions... Saurez-vous relever le défi ? »
 
Mon avis :
L'histoire en s'amusant  !!!
 
       J'ai acheté cet ouvrage parceque je suis............. un nul (mais je me soigne).
  Ce livre ne traite pas exclusivement de l'époque médiévale (ma passion, vous le savez maintenant), mais il est presque parfait.  Oui, j'assume le mot PARFAIT  (enfin presque).
   On apprend en jouant, les anecdotes côtoient les faits historiques. Chaque page traite d'un sujet avec vie et passion.
   Cet ouvrage pourrait presque être un livre de chevet dont on lirait une histoire chaque soir avant de s'endormir, hélas, il est tellement vivant que l'on ne s'endort pas après.
  Pourquoi n'enseigne t on pas l'histoire comme celà à l'école ?.....  J'aurais été sûrement meilleur élève (oui, vous lisez bien, au primaire, ce n'était pas ma matière préférée).
 
  Le seul reproche (oui, il en faut bien un, et même deux !) :
  • 1 - Il est trop lourd pour l'emmener dans un sac à dos, (mais est ce important ?).
  • 2 - Il me faudrait le même pour les 1000 ans de l'époque médiévale - 1000 pages pour 1000 ans (mais là, je suis égoïste).

 

  Si vous aimez les anecdotes de l'histoire, si vous souhaitez un livre à "grignotter" quelques minutes par jour, si vous cherchez un ouvrage vivant et passionnant ---> le voici.......... Il y a même une nouvelle édition avec plus de photos........... Les quelques Euros dépensés ne seront pas un mauvais choix que vous regrèterez.
 
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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 06:30

 

Département :  38 - ISERE

 Ne pouvant pas monter avec mon destrier, l'aventure pédestre commence ici

Le bourg

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        La commune de Crolles se situe à 90km au Sud-Est de Lyon, à 35km au Sud de Chambéry et à 20km au Nord-Est de Grenoble.

 

   Coordonnée du château :

45° 17' 59.305" N 5° 53' 40.25" E
 45.299807°  5.894514°

 

 

Le château :  

     L'extérieur :

Préambule

   C'est avec un immense plaisr que je me suis rendu en ce lieu  :

1 -D'abord, parce que ce château fort est peu connu du web et de la littérature. C'est l'une des missions pour ce blog de montrer des constructions médiévales fortifiées oubliées.

2 - Ensuite, parce que c'est un château fort dans "mon Dauphiné".

3 - Et enfin, parce que cette construction pose de nombreuses questions. Les énigmes sont amusantes, surtout si les supputations sont plus importantes que la vérité. 

 Je vous invite dans une ruine de questionnements. 

 

Toponymie (--> voir initiation)

    Il n'est point nécessaire d'être très instruit en toponymie pour comprendre que l'origine de ce lieu vient de Mont Fortis. Un point élevé proche d'une vallée est sujet à l'installation d'un bâtiment fortifié.

    Mais j'ai déjà une énigme à vous montrer :

Pourquoi sur le plan de Google, le site porte le nom : Château Robert ?

    Il semblerait que la dernière famille ayant vécu en ce lieu au début du 20ème siècle se nommait : Robert.

Ce n'était point les propriétaires mais des fermiers louant châteaux et terres. Curieusement, les cartographes ont gardé ce nom qui n'est point usité par les Crollois et les habitants du Grésivaudan (vallée entre Grenoble et la Savoie).

 

Où est le château ?

    Le petit hameau de Montfort est situé à moins de 2km au Nord-Est de Crolles. Durant la période hivernale, la blanche forme du château médiéval se détache de la falaise. Mais en cette fin d'été, il faut une carte précise et de bons yeux pour voir à travers les hauts feuillus.

 Mais où est le château fort ?

La marche d'approche

    C'est par un agréable sentier, évidemment en pente (mais pourquoi ma passion m'oblige-t-elle à monter tout le temps ?), que la découverte commence. En cette fin dété, l'alternance d'ombre et de lumière, de champs et de sous bois, titillent tous mes sens.

    Après avoir pris une bouffée d'air frais parfumé et si pur de mon Dauphiné (Qu'ai je ouïe ?.. Chauvin je serai ?), je tente de voir le château de Montfort.

Mais où est il ?

   Les pierres Dauphinoises sont très joueuses et adorent se cacher. Mais les connaissant, je sais où regarder.

Nota :

   Si dans mon Dauphiné, durant une randonnée vous pensez être perdus, il y aura toujours un panneau pour vous indiquer la direction. Le Dauphinois est farceur mais sait accueillir.

 

L'arrivée

     Mes efforts de marcheur sont récompensés, entre les arbres de l'actuel petit bois, le château de Montfort apparaît enfin.

   Les étonnements, curiosités et énigmes commencent :

1 - Je suis étonné par l'imposante surface non fortifiée en amont du château. Il aurait été logique de construire un rempart pour créer une basse cour.

Sont ce les siècles qui ont fait disparaître le 1er rempart ?

La résolution d'énigmes commence ici 

Les énigmes commencent

    La grande bâtisse (qui est nommée : salle des gardes) me pose quelques problèmes de logique défensive :

2 - Elle est précédée par une ronde construction. Il serait aisé d'imaginer que ce soit les restes d'une tour de défense. Mais l'angle du bâtiment ainsi que la courtine n'en possèdent pas les traces de fondation. De plus, la "tour" n'accroche pas les 2 cotés des courtines, ce qui est un non-sens pour une "tour" d'angle.

3 - Le 1er bâtiment de ce château ne comporte pas de porte d'entrée. Vous allez rétorquer qu'elle se situe certainement sur une autre face (coté droit ?), mais ce schéma est rare, surtout sans "goulot" d'étranglement (sas), ni châtelet.

   De plus, quémander à un assaillant de tourner à droite signifie qu'il est protégé par son bouclier porté avec son bras gauche. Par habitude, le circuit d'entrée est à gauche permettant aux défenseurs de tirer sur l'assaillant droitier.

Le mur coté Nord de la salle des gardes

 

Le mur Nord

   En contournant la salle des gardes par la gauche, je découvre un mur surprenant. La tour que je pensais n'être qu'un ajout récent, aurait peut être pu servir au système défensif (Mais ceci n'est que supposition par sa position et non par les traces de construction).

    Cette façade est vraiment surprenante :

* Des fenêtres existent en partie basse. Ceci est illogique pour défendre un château.

* Leur position très près du sol m'informe que le niveau est monté avec les éboulements des étages.

* A l'étage, je compte au moins 2 archères droites "primitives".

* J'ai hâte de voir leur ébrasement (voir vocabulaire) pour confirmer ma supposition.

* Une fenêtre Romane fièrement se montre.

 

Un double rempart

Je tente de trouver l'entrée actuelle

    Ne pouvant passer à gauche (barrière puis épineux infranchissable et surtout un à-pic coté Chartreuse... Ceci confirme que le château était posé sur une motte), je contourne par la droite cette beauté Dauphinoise (Vous l'avais je déjà expliqué que cet incroyable château fort fut construit par les formidables Dauphinois ?  ).

   Un curieux spectacle s'offre à moi. J'ai l'impression de voir un double rempart, plus précisément 2 niveaux de remparts.

Diantre... Quelle curiosité !

 

Le secret du double rempart

  Point de mystère architectural il y a. Je vous rappelle que nous découvrons une ruine, de nombreuses pierres manquent. L'imaginaire est le seul moyen pour comprendre. Il semble "évidement" que :

* Le rempart supérieur est le mur d'un bâtiment du château.

* Le rempart inférieur est le mur entourant l'ensemble du site. D'ailleurs, sur la droite, il y a une pente abrupte.

   Mais en écrivant "évidement", je vous mens un peu ou plutôt je suis dans le mode : "Raccourci intellectuel". En réalité ces remparts me posent beaucoup de questions :

4 - Si le mur inférieur est le rempart du château, pourquoi n'enserre-t-il pas la salle de garde ?

5 - Pourquoi ce rempart ne comporte-t-il pas d'archère (voir vocabulaire) ?

 

Je vais tenter de trouver les réponses

   Lentement j'avance vers la salle des gardes pour tenter de répondre aux 5 énigmes.

Nota :

Il est possible que sur certaines photos vous voyiez des tâches dans le ciel. Ce ne sont point des poussières causées par mon magnifique appareil photo. Ce sont des parapentes et des deltaplanes. Au dessus du château fort il y a la falaise du départ pour ces Icares modernes (voir flèche jaune).

 

 

La suite de la visite  est ici - clic.

 

 

La réponse est derrière ce mur !

 

 

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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 00:42

 En cliquant sur l'image, vous pouvez trouver les coordonnées complètes de ce livre sur des sites que je vous propose.

 

Résumé :

 
    « La Maurienne, la plus importante des vallées transversales des Alpes françaises, a été l'axe principal des routes de l'ancien Etat de Savoie. Reliant la France à l'Italie, le col du Mont-Cenis a été fréquenté dès le Néolithique, et depuis, toutes les époques ont laissé des traces dans cette vallée. Si les églises baroques ont longtemps retenu l'attention des passionnés d'histoire et des visiteurs, leur intérêt se porte désormais vers les châteaux et les fortifications, patrimoine qui méritait qu'on lui consacre cet ouvrage. Des textes inédits accompagnés de photographies d'une grande qualité nous présentent le patrimoine bâti de la Maurienne médiévale. En suivant la vallée, le voyageur voit ainsi apparaître sur les crêtes des tours et des églises d'un autre âge, édifices qui n'auront bientôt plus de secret pour lui. » 
 
 
Mon avis : 
Pour les castelologues ou amoureux de vieilles pierres !!
 
   La Maurienne n'est pas la plus riche des régions en ruines féodales, donc voici un petit livre de 90 pages seulement. Chaque "bâtisse" médiévale remaniée ou non est listée avec une photo et un petit texte.
   Si vous êtes un amateur de cette époque, ou si vous êtes un randonneur passionné par les vieilles pierres, ce livre est pour vous (comme pour moi d'ailleurs).
 
   Si vous aimez les jolis livres de photos de châteaux (pour faire un cadeau), avec de beaux textes historiques ou descriptifs, il existe d'autres livres (par exemple: le Larousse).
 
 
  Grâce à ce petit livre, je sais où "chasser" durant mes Week-end du mois d'Août. De belles ballades à thème en perspective......... Si vous habitez loin des Alpes et ne pouvez pas venir visiter ces belles ruines, ne pleurez pas, je vous narrerais prochainement mes "exploits" de médiéviste sur ce site.

 
Venez  "visiter" maintenant les châteaux de la  SAVOIE.
 
 
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27 août 2014 3 27 /08 /août /2014 05:00

 En cliquant sur l'image, vous pouvez trouver les coordonnées complètes de ce livre sur des sites que je vous propose.

 

Résumé :

    « Depuis les années 1960, la contribution de Jean-Marie Pesez a été déterminante dans la définition des méthodes et des buts de l'archéologie médiévale en France. Il est une autorité en ce qui concerne le village et la civilisation matérielle médiévale. Le volume en son hommage est divisé selon les axes qu'il a dégagés : la maison (techniques de construction, distribution de l'espace, fonction de ses éléments) ; les habitants et les objets (technique de formation et de conservation) ; et le finage (constitution du paysage, utilisation des terroirs).»
 
 
Mon avis :
Très technique, pour médiéviste confirmé !
 
   Cet ouvrage est un outil indispensable pour les "fous" de ruines, ou ceux qui souhaitent comprendre les "cailloux" qui entourent parfois les ruines castrales qu'ils visitent.
   Il a été réalisé par des élèves et amis de Pesez pour son départ en retraite. Bien que certaines pages ou chapitres soient très technique, j'ai dévoré les commentaires et descriptions des habitats et objets usuels de nos "ancêtres de l'an 1000". Souvent, ce livre m'accompagne dans mes quêtes de trace de cité, au sommet des collines.
Ma vision des musées et des sites est différente depuis cette lecture.
   C'est vraiment LE livre qu'il faut avoir lu pour comprendre les ruines (très nombreuses) des villages abandonnés.
 
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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 06:30

 

Département :   30 - GARD 

 

Le bourg :

   Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Le bourg de Lussan est situé à 40km au Nord de Nimes, à 23km Est-Nord-Est d'Ales et à 20km à l'Ouezst de bagnoles sur Cèze.

   Le château de FAN est en contre bas de la haute ville de Lussan, sur la route entre Barjac et Uzès.

   Coordonnées du château :

44° 9' 23.234" N 4° 21' 31.694" E
 44.156454°  4.358804°

 

   Origine du nom :

      Au temps des Gaulois, un temple était construit sur ce lieu. Il était consacré aux nymphes nommées : FANUM.

   La petite rivière qui prend sa source au pied se nomme donc : Le FAN.

 

Le château :

     L'extérieur :

A première vue, ce château est féodal. Il comporte :
        - 4 Tours d'angle avec un glacis (une base inclinée).
        - De hautes courtines reliant ces tours.
        - Des murs en pierres bien appareillées et qui semblent épais.

  Il ressemble beaucoup aux châteaux des films de notre enfance. Approchons nous pour vérifier quelques détails qui expliqueraient sa datation. 

 

 Les Tours 

   Elles ne comportent pas de trace ou de transformation d'archère (curieux pour un vestige peut être médiéval). Les bouches à feu semblent avoir été construites dans la tour et non rajouté. Étant très basses, elles offrent un tir tendu ce qui est conforme à la construction au début du 16ème siècle.
  Une tour semble posséder des traces de mâchicoulis (voir vocabulaire). Mais ce type de construction servant de défense a été utilisé jusqu'au 18ème siècle. Ce n'est pas une preuve pour attesté qu'il soit médiéval.
 

 La façade

  Au centre, une grande porte à 2 vantaux semble datée du 16ème siècle avec son encadrement à bossage et son fronton.

  Au dessus de cette porte, un grand drapeau tricolore est peint. De chaque coté apparaissent encore des lettres : GENDARMERIE NATIONALE.

  Les fenêtres de la façade sont grandes et modernes (modification au 20ème siècle ?). Elles sont encadrées de pilastres cannelés à chapiteaux corinthiens. Voilà des détails qui traduisent des reconstructions et transformations tardives.

 

    L'intérieur :

  Le bâtiment étant privé et fermé, il est interdit de le visiter. Mais à travers les fenêtres et les bouches à feu, il est possible d'avoir quelques informations. Approchons nous sur la pointe des pieds.

    Les salles sont voûtées correspondant bien à une construction du 15ème siècle, mais murs et plafonds sont enduits de ciment ou plâtre. Deux siècles d'aménagements modernes ont "défiguré" les rares signes de son age. Il est rare qu'un château de plaine ne soit pas modifié à la renaissance, il est normal que des éléments de confort prennent le pas sur la rusticité médiévale.
    Parfois, il m'arrive de consacrer plusieurs heures à la recherche d'une autorisation pour pénétrer un lieu privé. Avec un sourire, un press-book de mes "exploits passés" et quelques dialogues, les portes s'ouvrent et les châteaux s'offrent à moi. Mais cet intérieur refait ne semble pas médiéval, de plus il n'y a aucune maison autour pour frapper à la porte. Les salles aménagées au 20ème siècle resterons pour le moment sans étude de votre serviteur.

 

   Conclusion : C'est un château début renaissance qui m'a été "offert" durant mes vacances dans le Gard.

 

 

Histoire du château :

* En 1550, Gaspart d'Audibert, seigneur de Lussan revient de la campagne d'Italie. Ayant vu l'inutilité des châteaux haut-perchés, et ayant admiré la beauté des résidences Italiennes, il décide la construction d'un château près de la source d'un petit ruisseau nommé Le Fan.
* Au début du 18ème siècle, le château est peu entretenu par son propriétaire.
* Vers 1791 confisqué par les révolutionnaires, le bâtiment devient une hostellerie.
* En 1795, le château est vendu à un habitant de Lussan : Théophile Gide. (c'est l'arrière Grand-Père de l'écrivain André Gide).
* En 1920, la famille Gide ayant besoin d'argent vend le château à la municipalité. Le manque d'entretien détériore l'intérieur du château.
* Vers 1960, le bâtiment devient une gendarmerie. Évidemment, quelques remaniements sont réalisés pour le confort des familles. Mais le château garde quand même son identité. Il semble que les gendarmes soient heureux d'habiter un tel bâtiment.
* En 1980, les gendarmes sont transférés à Audabiac. Un gardiennage communal est assuré, mais les bâtiments sont peu entretenus.
* En 2008, le bâtiment a été mis en vente puis acheté pour réaliser des appartements. Le vieux château commence une nouvelle vie.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur depuis la route est libre et gratuite. La propriété est privée et non visitable.

 

Des tours rondes aux angles, voila le symbole du château fort !

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25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 06:02

 

Département :   32 - GERS
 

Le bourg

  Situation :   (--> le voir sur une carte)

     La petite commune de L'Isle Jourdain est située à 40km au Sud-Est de Auch, à la lisière avec le département de Haute Garonne.

 

  Toponymie :  (petite initiation)

      Le nom curieux de cette ville ne fait appel aux classiques règles de toponymie. il est du à  une légende et à une caractéristique géographique :

* Le premier village étant construit au milieu des marais, il faisait penser à une île (Isle).
* Une légende prétend que le seigneur de l'Isle, parti en Terre Sainte durant la 1ère croisade, était accompagné de sa femme. Elle donna naissance à un garçon qui fut béni dans les eaux du Jourdain (vers 1096). Cet enfant prit le prénom de Jourdain. A la mort de son père, Jourdain devint le nouveau seigneur.

   Le village se nomma :

- L'Isle de Jourdain,
- Puis semble avoir été appelé L'Isle en Jourdain,
- Et finalement L'Isle Jourdain.


Le château 

    Mon dictionnaire des châteaux m'indique qu'un vestige médiéval est visible dans cette petite ville, il est obligatoire que je m'y rende !

Que vois je depuis ce petit parking ?

 * Un joli kiosque à musique, très récent.
 * Un enfant sur un "destrier à pédale".
 * Un bâtiment qui ressemble à une gare.... Il semble que cela soit l'église.
 * ... Hélas, point de château !

Mais qu'y a t il au dessus des toits ?

  Cette tour-horloge surprend par sa forme.

Est ce mon Graal ?

 

    L'extérieur :

       Je me décale un peu pour mieux voir, et il me semble bien que médiévale est cette tour.   Avec empressement je me rends aux pieds de cette "beauté".... Impressionnante !

    La surprise passée, je cherche des caractéristiques architecturales... Hélas, trop refaite elle est.... Hélas, gommés les signes du temps sont..... J'ai beau scruter le haut à me rompre les cervicales, point de rêve médiéval j'ai !

 

    L'intérieur :

   Comme vous l'avez constaté, cette tour est devenue le carillon de l'église. Elle n'est pas ouverte à la visite.

  Je repars donc vers de nouvelles aventures castrales.

 

 

Histoire du château :

* En 1050, au village né un personnage qui devint évêque de Comminge. C'est le futur Saint Bertrand.
* Vers le 12ème siècle, une puissante famille l'Isle est cité, et un castelnau apparaît en ce lieu.
* Au 14ème siècle, la seigneurie devient un Comté (voir titre de noblesse).
* En 1345, à Auberoche, le Comte de l'Isle Jourdain fut battu par le Comte de Derby aidé de la ville de Bordeaux  et fut fait prisonnier avec 200 chevaliers.
* En 1421, sans héritier, le dernier Comte de l'Isle vend ses terres à Jean IV d'Armagnac. Ce nouveau propriétaire habite souvent au château.
* En 1443, Charles VII envoie son fils Louis II pour saisir les biens de Jean IV et remettre de l'ordre dans la région (Jean IV qui s'était proclamé "comte par la grâce de Dieu", avait renié son hommage au roi de France et tentait d'annexer le Comminges, tout de même... ). Voyant la puissance Royale, Jean IV souhaite proposer la paix, mais Louis II ne s'embarrasse pas de scrupules et le fait arrêter ainsi que sa famille.
* En 1473, les troupes du Roi Louis XI (voir liste des rois) tuent Jean V à Lectoure. Cet acte est le début du déclin de cette famille.
* Vers 1620, les guerres de religion font rage. Les catholiques pillent cette ville protestante.
* En 1621, Richelieu donne l'ordre de détruire le château de L'Isle en Jourdain.
* A partir de 1778, la collégiale est reconstruite  et le vestige du château (la tour) est intégré à la construction.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite de la tour est interdite. 

 

 

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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 06:30

 

Département :   43 - HAUTE LOIRE

 

Le bourg : 

Ne révez pas, ceci est le dessin du château. C'est une ruine que vous allez visiter.     Situation (--> le voir sur une carte)

        Allègre est un joli village à 25km au Nord-Ouest de Le Puy et à 15km au Sud de La Chaise Dieu.

   Le château est planté à 1100m d'altitude, au sommet du village.

 Coordonnées du château :

45° 12' 5.519" N 3° 42' 40.81" E
 45.201533°  3.711336

 

     Origine du nom :

        Le nom Allègre est cité pour la 1ère fois au 13ème siècle. Il vient du mot latin ALACER signifiant : Ardant, Vaillant.  

 

Le site fortifié : 

     L'extérieur :

Présentation

      Pour comprendre cette ruine, il est important de regarder le plan de la fortification de la ville datant du 15ème siècle. Lorsque j'ai découvert ce plan dans une revue, j'ai eu de suite l'envie de me faire un petit week-end dans cette cité fortifiée (et vous ?).
   Un village fortifié sur 4 siècles avec 3 rangées de rempart est une bonne motivation à la découverte. Mais une question me vient :

"Pourquoi n'ai je pas entendu parlé de cette cité avant ?".


La découverte

     Depuis la vallée, le spectacle est comme un rêve. Au sommet du village, un puissant château est posé sur une butte naturelle. Protégée par la triple enceinte du village et par ses nombreuses tours, cette ruine a du faire réfléchir plus d'un assaillant.

J'ai hâte de découvrir ce site  (et vous ?). 

 

Est ce un rêve ?

    Sur la page suivante de ma revue apparaît le dessin du château (Reconstitution par E. Gautheron). Quelle puissance, quelle élégance, quel raffinement !....
   Les qualificatifs ne manquent pas devant cette construction....... 

"Mais.... Pourquoi n'ai je pas entendu parlé de cette cité avant ?".

 

L'approche
    Les remparts du village sont "presque" comme sur la gravure. Il est vrai que des antennes de télévision ont poussé, des paraboles captant les images du monde sont visibles, des voitures à essence ont pris la place des chevaux, le goudron au sol a remplacé les pavés, mais les remparts sont encore bien visibles.

Je suis dans une cité fortifiée ayant évolué sans cacher ses origines médiévales.

 

   Vite, je trépigne d'impatience pour admirer le château. Même s'il faut débourser quelques piastres, je veux le voir.

"Mais.... Pourquoi n'ai je pas entendu parlé de cette cité avant ?".

 

   Le château :   

Je suis fébrile

* Évidemment, il y a une "légère" montée,

* Évidemment les maisons modernes me cachent la vue,

* Évidemment, je suis tellement impatient que le temps me parait s'éterniser, mais je le sens... Il est au bout de cette ruelle...... 

"Mais.... Pourquoi n'ai je pas entendu parlé de cette cité avant ?".

 

     Je ne vais pas vous faire attendre plus longtemps. Je vous sens très impatient de vivre avec moi une sensation incroyable !......    Je jette un dernier regard sur le dessin du château pour m'imprégner et........ c'est le choc.

Êtes vous prêtes et prêts pour ce choc ?

 

Je le vois

Il est là, devant moi !

  Ho, je vous vois surprises et surpris.

Un choc n'est il pas ?

 

Il est là !
   Évidemment, comme moi, vous vous attendiez à une forteresse imposante et non à "3  pierres". Il faut savoir que cette ruine a un surnom : La Potence.
    Dans les livres, les revues et les brochures, le mot Potence est plus souvent employé que Château.

  Découvrons ensemble toutes les beautés cachées de cette ruine.

 

Analyse rapide

   Même si la ruine est minimale, elle garde encore des détails de son luxe d'antan. Je ne me moque pas, regardez le raffinement des mâchicoulis. Classiquement les mâchicoulis (voir vocabulaire) ressemblent à cela et non à une succession d'ouvertures trilobées sur des corbeaux très fins.
   Autre détail d'élégance, l'association de couleurs de pierres. De très nombreux châteaux en Auvergne sont construits avec de la pierre noire volcanique (comme au château de Coppel) qui assombrit les ruines. Allègre joue sur les "couleurs" et devient très "élégant".

 

Détails de la potence

  En contournant cette "potence", une ouverture apparaît dans le montant gauche. C'était sûrement un axe de circulation au 1er étage du château haut. Quelques pierres sculptées ont résisté au temps et aux ravages des hommes. Ce bâtiment n'était pas pour des soldats mais pour un seigneur puissant, certainement son château principal. 

 

Tour de défense

   Un tel château se doit d'avoir des tours de défense. Un vestige avec des murs épais et sans décors précède la "potence". Ce reste de tour était le 3ème rempart de défense, ses entrailles ne comportent aucune sculpture ni décors. Pour comprendre les vestiges, je regarde à nouveau le dessin du château. Les parties claires ont totalement disparues, les constructions foncées sont les vestiges que j'observe.... Évidemment. 

 

C'est déjà fini

  La colline supportant la ruine est vaste avec parfois des fondations qui tentent de survivre aux attaques de la végétation et de l'herbe. Il est très difficile d'en comprendre les fonctions.

  Avant l'arrivée d'un orage de printemps j'admire le panorama et je profite des éclairages diffus sur les Puys volcaniques.

 

 

Histoire du château et de ses seigneurs :

* Au 12ème siècle, le site se nomme : Grazac. Une fortification semble existée sur les flancs d'un ancien volcan.
* En 1226, le seigneur Armand d'Alègre s'illustre dans des faits d'armes aux cotés du roi Louis VIII (voir liste des rois).
* Vers 1229, Armand II d'Alègre participe à des arbitrages de justice avec le (très connu) roi Saint Louis.
* En 1267, le seigneur Hugues d'Alègre est cité dans des actes de justice.
* En 1285, Armand III d'Alègre est cité dans un texte.
* En 1304, le roi Philipe le Bel demande à Arnaud III d'Alègre de se rendre à Arras et combattre en Flandre pour le royaume.
* En 1310, Eustache d'Alègre est cité dans des textes.
* En 1321, Eustache demande que ses terres soient détachées du Velay pour "rejoindre" l'Auvergne. Il devient ainsi le Baron d'Alègre (voir titre de noblesse). C'est le début de la construction du futur château d'Alègre.
* En 1343, Armand IV d'Alègre est le nouveau Baron.
* En 1361, durant la guerre de Cent Ans, Arnaud de la Marche avec ses routiers attaque le château. Durant ce combat, Armand IV est tué. Le château n'étant pas détruit par les Anglais, sa veuve, Alix de Chalençon, réside à Alègre.
* En 1364, son neveu Bertrand de Saint Nectaire revendique le château comme héritage, et chasse Alix de la forteresse.
* En 1365, Alix demande au Duc de Berry de reconquérir le château. Après 6 mois de siège, la forteresse est enfin libérée et Alix retrouve son bien. Pour éviter qu'un autre "héritier" revendique par la force ce lieu, Jean II d'Armagnac (beau frère du Duc du Berry) assure la garde du château.
* En 1385, Alix décède. Le Duc de Berry donne la Baronnie à Morimont de Tourzel.
* En 1386, ce nouveau Baron d'Alègre réalise de nombreux travaux d'amélioration de la défense, et surtout, il crée une fortification autour du village.
* En 1418, mort de Morimont. Son fils, Yves Ier de Tourzel d'Alègre continue les travaux de fortification, mais avec ce siècle naissant, il réalise des travaux d'embellissement comme les mâchicoulis tréflés.
* En 1442, Jacques Ier de Tourzel (fils de Yves Ier) est cité dans de nombreux textes. Il est Baron d'Alègre mais aussi conseiller et chambellan du Roi. La Baronnie "rayonne" dans tout le Languedoc.
* En 1469 (?), Jacques est l'un des nobles ayant l'honneur de porter le trône de la procession au Puy organisé par le roi Louis XI (curieuse procession dont le but est de demander à Dieu un héritier pour le royaume de France).
* A partir 1472, Jacques combat en Catalogne pour le Roi, mais ne délaisse pas Alègre. Il consolide les fortifications mises à mal par les attaques Anglaises de la "guerre de 100 ans". Il accorde le droit de marchés dans sa cité. Le château est le plus grand et le plus "beau" d'Auvergne.
* En 1485, Jacques confirme les privilèges accordés à certains habitants.
* Vers 1490, Yves II, fils aîné de Jacques, devient le nouveau Baron d'Allègre. Avec son frère François il menèrent de nombreuses actions militaire et diplomatique pour les rois de France (Charles VIII, puis Louis XII   voir liste des rois).
* En 1495, le château a un hôte de marque : Le roi Charles VIII, venu aux états généraux du Languedoc.
* En 1512, Yves II dit "Le Grand" meurt à la bataille de Ravenne. Son fils Gabriel de Tourzel devient Baron d'Alègre et participe à la campagne d'Italie avec le chevalier Bayard (voir "son" château).
* En 1515, le roi François Ier confirme le Baron d'Alègre dans ses "fonctions pour le royaume". Il lui accorde le droit de mettre sur son blason 6 fleurs de Lys.
* En 1533, le château a un hôte de marque : Le roi François Ier.
* En 1538, Gabriel meurt. Son 3ème fils devient le nouveau Baron d'Alègre sous le nom de Yves III.
* Vers 1560 (?), Yves est assassiné dans son château (une histoire amoureuse dit la légende). N'ayant pas d'enfant, c'est son neveu Yves IV qui devient le Baron d'Alègre et s'installe à Issoire. Sa veuve récupère le château d'Alègre et y habite.
* En 1592, Yves IV est assassiné par son épouse. Son fils Christophe II est le nouveau Baron d'Alègre mais fuit provisoirement en Italie suite à des ennuies judiciaires.
* En 1593, le château subit une attaque aux canons durant 2 jours. 
* En 1605, Christophe II habite le château et à la demande de sa femme très pieuse, fait construire un Hôtel Dieu.
* En 1640, Christophe meurt. Claude Yves de Tourzel devient Marquis d'Alègre (voir titre de noblesse).
* En 1665, Claude Yves meurt et le nouveau Marquis se nomme Yves V de Tourzel. Il réside parfois dans le château d'Alègre, mais ses fonctions à la cours de Louis XIV l'éloignent de l'Auvergne.
* En 1698 le 15 novembre, Yves V réside au château. Un feu se déclare depuis la cheminée de la salle haute. Il se propage très rapidement attisé par le vent. Le château est ravagé par les flammes. Il ne sera jamais reconstruit.
* En 1733, Yves V meurt sans héritier mâle.
* En 1935, les ruines sont classées aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de la ruine du château est libre et gratuite. Le risque de recevoir une pierre existe bien que faible.

 

Le luxe d'antan s'exprime même sur les mâchicoulis.

 

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