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Ombre et lumière

11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 01:50

Touraine, Anjou, Berry, Orléanais, Vendômois, Marche Bretonne

 

Résumé :

 
    « Après avoir visité plusieurs châteaux bâtis autour du Val de Loire au Moyen Age on pourrait " tout savoir " des événements historiques dont ils ont été le théâtre, tout en méconnaissant les défenses qui en faisaient des résidences fortifiées et parfois même de véritables forteresses.
   En ce domaine, devant des ruines souvent difficiles à comprendre ou des monuments partiellement reconstruits, le visiteur est trop souvent livré à ses seules connaissances historiques et archéologiques.
   Ce livre propose de remédier à cette lacune, permettant ainsi à l'amateur averti de " vieilles pierres ", comme au simple curieux, de profiter pleinement de ses visites. Ils y trouveront un aperçu du contexte historique et des quelques principes qui guidaient les bâtisseurs, des clés pour chercher à mieux saisir les plans, les élévations et les systèmes défensifs des châteaux et places fortes du Moyen Age, dans une région particulièrement riche en ce domaine.  »
 
 
 
 
 
Mon avis :
 
L'évolution des constructions par l'exemple  
 
 
   Ne vous méprenez pas sur le titre, ce livre n'est pas un dictionnaire des châteaux de cette région comme peut l'être celui-ci (pour l'Isère). Ce n'est pas non plus un livre avec de belles images de châteaux parfaits comme le Larousse.
    C'est un fabuleux livre d'initiation à l'architecture médiévale comme celui que je vous avais conseillé pour l'Alsace.
  En suivant la chronologie historique, l'auteur nous explique par l'exemple, l'évolution de l'architecture militaire des 1000 ans du Moyen Age.
    Évidemment, les photos des mottes castrales, des ruines, des châteaux, des remparts sont celles de sa région. Des vues aériennes améliorent la compréhension du texte.
    Mais il y a plus que des photos du 20ème siècle. Des enluminures permettent de revivre le quotidien de ces bâtisseurs et de ces soldats. Quel plaisir de voir ces dessins "naïfs" restituant les vêtements, les armes, les outils de nos ancêtres.
  
   Bien que le sujet du livre paraisse technique, la lecture est simple, presque romanesque.... (j'ai dit presque).
 
Photos bien choisies, images d'époque, textes clairs......... Qu'attendez vous pour l'acheter ?........
 
 
 Ha, je comprends, vous préférez vous le faire offrir par un être aimé.  Voici un conseil :  imprimez cet article et laissez le négligemment sur la table du salon...... Peut être que le miracle s'accomplira !
 
 
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9 mai 2014 5 09 /05 /mai /2014 06:30

 

Département 33 - GIRONDE

  Bien que disparus les Templiers ont encore leur chemin

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      La commune d'Arveyres est située à 25km au Nord-Est de Bordeaux et à 6km au Sud-Ouest de Libourne.

  Coordonnées de la commanderie :

44° 53' 14.676" N
0° 17' 31.204" W
 44.88741°
 -0.292001°

 

La commanderie :

     L'extérieur :

Comment la trouver ?

     Dans ce bourg, il existe 2 indications faisant référence à l'Ordre du Temple :

1 - L'impasse de la commanderie,

2 - Le chemin des templiers.

  C'est ce dernier qu'il faut trouver pour découvrir une commanderie du 13ème siècle.

Sera-t-elle aussi puissante que celle de Vaour ?

 

La découverte

   Sachant que la commanderie est située proche de la rivière Dordogne, je me rends au Nord du bourg en direction d'un port. Après une petite marche sur un sentier herbeux, mon Graal du jour apparaît.

 Voyez vous une tour de défense et des mâchicoulis ?

Précision sur les constructions des Templiers

    Une commanderie dans le Royaume de France n'avait pas besoin d'être fortement défensive. L'aura des Templiers était si grande que point de vil manant avait l'idée de s'attaquer à leur territoire.

    L'ennemi des Templiers était en Terre Sainte, les Commanderies dans notre hexagone avaient comme but de récolter de l'argent pour acheter, entre autre, chevaux, armures et provisions.

   Ce n'est donc point un château fort que je vois mais une ruine de maison "forte".

 

La maison forte

   Il faut beaucoup d'imagination pour voir dans cette maison "classique", un des bâtiments d'une commanderie.

    Point de recherche de système défensif je vais faire car le lieu a été modifié plusieurs fois. Je vais simplement regarder les murs en ruine. Une porte ciselée. Est ce l'entrée principale ?

   Il y a un contraste saisissant entre la façade avec la grande arche et l'entrée "pour piéton".

  J'entre par cette grande arche dont l'architecture n'est point celle d'une ouverture du 13ème siècle.

 

L'intérieur de la 1ère salle - maison forte

    L'intérieur de la première salle est très sobre, point de sculpture ni d'élément de confort (fenêtre, cheminée). Seule apparaît à l'étage une porte (?).

   Les pierres sont correctement taillées prouvant la "richesse" des anciens propriétaires. Par contre, avec les années, les joints se sont écartés.

  Cette grande salle sans séparation n'est point une salle d'habitation.

Etait ce l'étable, l'écurie ou le stockage ?

  Quelle magnifique cheminée !

L'intérieur de la 2ème salle - maison forte

   Le contraste entre les 2 salles est impressionnant. Celle-ci est chaleureuse. L'imposante cheminée (possédant, d'après mon manuscrit, une inscription à l'Ordre des Templiers) est magnifique.

   Même si les années ont abîmé cette construction, il y a de nombreux détails amusants ou énigmatiques.

Que pensez vous de ces pierres légèrement courbes ?

 

L'autre bâtiment

    A quelques mètres de la maison forte, un autre bâtiment dans le même alignement attend patiemment ma visite. D'après ma documentation, ce serait le chai.

   Il n'est pas étonnant que proche de Bordeaux, dans ce territoire viticole, un chai exista. La vente du vin permettait d'enrichir la commanderie pour des achats guerriers ultérieurs.

  Reste-t-il des bouteilles dans le chai ?

Extérieur du chai

   Comme pour l'autre bâtiment, le chai possède 2 entrées :

   * Une, classiquement rectangulaire,

   * L'autre, avec une arche.

 

Intérieur du chai

    La surprise est totale dans la première salle. En plus de voir une niche proche de l'ouverture, je suis étonné par les nombreux corbeaux sculptés.

   Je dois être très prudent lors de mes déplacements. En plus des pierres roulant sous mes chausses, il y a des ouvertures dans le sol.

Sont ce des caves ?

 

La civilisation me rattrape

  Les 2 salles ne se ressemblent pas :

* L'une a des pierres pauvrement taillées et mal ajustées,

* L'autre possède des murs avec des pierres taillées très jointives.

Avez remarqué un curieux détail ?

  Je ne savais pas que les Templiers avaient inventé l'électricité. Je pensais que c'était Volta en 1800, puis Thomas Edisson en 1879.

  Evidemment, vous aviez compris que ces bâtiments ont été occupés jusqu'au 20ème siècle.

 

 

Histoire de la commanderie :

* Le 13 janvier 1129, fondation de l'Ordre du Temple.

* En 1170, le site d'Arveyres est notifié dans un texte au sujet d'un partage (à vérifier) entre l'archevêque de Bordeaux et le Vicomte (voir titre de noblesse) de Fronsac.

* En 1231, Raymond Gombaud seigneur de Vayres donne le territoire d'Arveyres à l'Ordre du Temple.

* En 1264 (à vérifier), quatre croix sont implantées marquant les limites de la commanderie.

* Au 13ème siècle, construction de la commanderie.

* En 1307, le roi de France (voir liste) Philippe IV le Bel ordonne l'arrestation des Templiers et la confiscation de leurs biens.

* Le 13 mars 1312, dissolution de l'Ordre du Temple.

* Au 14ème siècle, la commanderie et les terres appartiennent aux Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

* Au 18ème siècle, des annexes sont construites.

* Vers 1792, les révolutionnaires réquisitionnent le site, font détruire l'église et vendent les pierres.

* Le 19ème siècle, époque du modernisme, a été très "meurtrier" pour les bâtiments de la commanderie. Certaines constructions sont détruites, d'autres, non entretenues, tombent d'elles mêmes.

* Au 20ème siècle, la construction de l'autoroute détruit un moulin à eau utilisé par les Templiers.

* A la fin du 20ème siècle, la municipalité achète les vestiges de la commanderie. Les bâtiments possèdent encore des toits et des murs solides.

* Au début  du 21ème siècle, la municipalité n'a fait aucun entretien. La commanderie se dégrade, les toits disparaissent, les murs s'écroulent. Certaines pièces sont remplies d'ordure.

* Au 21ème siècle, une association de sauvegarde est créée. Elle cherche des financements pour sécuriser le site et organise des visites.

* En ce 21ème siècle, la découverte de l'extérieur des bâtiments est libre et gratuite en respectant le champ. La visite de l'intérieur est réservée aux "fous" comme moi, correctement chaussée et habillé d'un heaume. Le risque de chute de pierre est important. Veuillez respecter ce site fragile et historique.

 

L'histoire de l'Ordre du Temple est plus dense que cette ruine

 

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6 mai 2014 2 06 /05 /mai /2014 06:30

 

Département :   40 - LANDES

Le bourg :

La ruine se cache telle de moi ou de tous ?   Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Le bourg de Saint Martin d'Oney est situé à 12km à l'Ouest-Nord-Ouest de Mont de Marsan.

  Coordonnées du bourg :

43° 55′ 45.84″ N 0° 38′ 22″ W
 43.9294°  -0.639444°

 

L'église :

    L'extérieur  :

La découverte

    En arrivant dans le village, la brume transforme les constructions et curieusement quand je m'approche, c'est la végétation qui m'empêche de voir l'église.

Le lieu est il envoûté ? 

 

L'enquête commence

      En me décalant légèrement vers la droite, une tour trapue apparaît. Pour un construction fortifiée, je suis surpris par sa faible hauteur, et pourtant tout m'affirme que je suis face à une tour de défense.

     Bien qu'un petit bâtiment carré (sacristie ?) ait été construit contre la tour, cette dernière montre des contreforts aux 4 angles et un autre au centre de la façade renforçant l'assise.

     Évidemment, le crénelage est la preuve de sa fonction défensive. Même si la tour a été très (trop ?) restaurée, il est possible de voir de belles pierres en grès et un chaînage d'angle bien appareillé.

 

Encore des défensesQuelle puissance !

    Pensant avoir vu la défense principale de cette église, je retourne vers mon destrier en jetant un dernier regard à cette construction religieuse quand.... je vois une autre tour sortir du brouillard.

  Elle est plus massive et plus haute que la 1ère.

 

La 2ème tour

    Comme sa consoeur, cette tour a un contrefort au milieu de la façade, mais il n'y en a aucun dans les angles. Par contre, elle comporte de nombreuses archères sur 2 niveaux. Ces fentes ne sont pas alignées (permettant de couvrir plus de surface défensive) et curieusement l'une d'entre elles est bloquée dans l'angle d'un contrefort.

    Au sommet, un crénelage borgne permet la surveillance des 4 cotés, le plus surprenant est qu'il soit asymétrique : 3 créneaux sur 3 face, et seulement 2 cotés nef.

    D'ailleurs ce coté comporte aussi une autre curiosité architecturale. Mais j'ai des doutes :

   * Sont ce des créneaux ou des portes rebouchées ?

   * Ces pierres en encorbellement sont elles le support d'un ancien toit ?

   * Ou plus simplement un chemin de ronde externe ?

   * Ou....

Avez vous une idée ?

 

    L'intérieur :

       Il est temps maintenant de traverser cette porte dont l'épaisseur du mur me surprend. A l'intérieur, comme je le pensais, la restauration a été très efficace pour lui donner un aspect trop moderne.

    L'église comporte une nef à 2 travées avec 2 collatéraux séparés par des arcs plein cintre. Mais il n'y a aucun accès possible aux 2 tours fortifiées.

 


Histoire de l'église :

* Au 14ème siècle, construction de l'église.
* Au 15ème siècle, amélioration des fortifications de l'église.
* Durant plusieurs siècles, des consolidations sont réalisées avec des matériaux de remploi.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Martin) est libre et gratuite depuis la place du village. La visite du clocher et des fortifications est interdite.

 

2 tours encadrant la nef. Presque unique !

 

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4 mai 2014 7 04 /05 /mai /2014 06:30
     
michel-j-01  
Cet article est très spécial : Il est l'oeuvre d'un passionné ayant comme pseudo : " M. J.". Comme moi, il est fou de châteaux, aussi bien d'époque médiévale que renaissance. C'est aussi un passionné d'architecture et d'art. Il m'a proposé d'écrire quelques articles sur mon modeste blog.

     J'ai évidemment accepté. J'adore échanger sur les châteaux forts. Je suis fier de l'avoir dans ce "bateau" qui navigue à travers le temps !

   Croyez moi, vous allez découvrir un monde différent du mien, un ressenti plus architectural.

Faites lui un formidable accueil. 

 

michel-j-02  


Département 60 - OISE

 Point de douves devant les remparts !

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

       La petit commune de Parnes est située à 55km au Nord-Ouest de Paris, à 35km au Sud-Ouest de Beauvais et à 10km au Sud de Gisors.

  Coordonnées du château :

49° 11' 7.663" N 1° 45' 52.535" E
 49.185462°  1.764593°

 

Le château :

     L'extérieur :

L'arrivée

    En arrivant à Alincourt, ce sont cinq siècles d'histoire de France qui s'offrent à votre regard. Mais avant de découvrir les bâtiments, il faut franchir une porte moderne. Le château est invisible de la route car il est au centre d'une belle forêt.

 

La découverte

  Au bout d'une longue allée, de nombreuses constructions s'offrent à votre regard.

 

 

Vue globale du château d'Alincourt

 

Pour mieux comprendre ces bâtiments, veuillez cliquer ici.

 

Rapide description des bâtiments

  La poterne d'accès du 15ème siècle est l'aboutissement du mur d'enceinte Ouest.

     Deux forts pavillons à base carrée, reliés par un portail à doubles arches en plein cintre supportant un étage qui devait abriter le logement du gardien. Le tout est bâti en pierre blonde du Vexin, percée d'étroites fenêtres.

  Le haut colombier à base circulaire de la même époque est couvert d'un toit à poivrière.

 

Bâtiments du 16ème et 18ème siècle

     Observez le raffinement de ces anciennes écuries du 16ème siècle, s'ouvrant sur les autres dépendances par une arche en plein cintre cantonnée de deux tourelles à poivrière.

   C'est un privilège du Vexin que d'avoir des carrières de pierre permettant d'utiliser ce matériau même dans les bâtiments les plus modestes.

    Derrière, la chapelle s'est offerte une entrée latérale, encadrée de colonnettes doriques, surmontées d'un fronton triangulaire. 

  Voulez vous jouer au dame sur ce damier ?

Le pavillon du 16ème

    Les deux constructions les plus attachantes de ce château sont ces deux courtes ailes, collées l'une à l'autre selon un angle légèrement aigu. A gauche, un bâtiment du 14ème siècle, dénommé "logis du Méridien", épaulé sur son pignon Ouest par un solide contrefort. Il est flanqué en son centre par une tour polygonale qui a conservé un petit chemin de rond et ses mâchicoulis.

    D'une toute autre facture est l'aile Renaissance de droite qui a néanmoins conservé ses deux tourelles défensives en encorbellement.

    La décoration des façades en pierre et brique, en damier ou en bandeaux, est typique des réalisations Renaissance dans le Vexin et en Haute-Normandie : Fin décor de pierre au pourtour des baies et en linteaux.

 

Le pavillon du 

     A l'extrémité de deux ailes en retour d'équerre, reliées l'une à l'autre par la tour du Général, se situe ce grand pavillon du 16ème siècle, coiffé d'un toit en fer de hache et flanqué de tourelles de pied à ses angles, sur lesquelles on retrouve la même décoration en bandeaux alternés de brique et pierre.

 

Le parc

   Tout ce bel ensemble se situe dans un parc arboré de 110 hectares, clos de vieux murs, où l'on trouve jardins à la française, potagers et, au delà, étangs et allées cavalières.

 

 

Histoire du château :

* Au 12ème siècle,  construction du château (à vérifier).

* Au 15ème siècle, modifications des systèmes défensifs.

* Au 16ème siècle,  aménagement de la chapelle certainement par Pierre Legendre. Il construit aussi le bâtiment Renaissance que l'on découvre sur la droite.

* En 1733, la famille Legendre vend le château au Comte (voir titre de noblesse) de Sénozan

* En 1764, le château est vendu au Duc de Vallières.

* Au début du 20ème siècle, le château est possession de la famille du sénateur Bérenger,

* En 1944, le château est inscrit aux Monuments Historiques.

* Au  20ème siècle, le château est revendu à la famille d'Herbais.

* A la fin du 20ème siècle, il est possible de louer le château pour des mariages ou cérémonies.

* En 2009, Alain Duménil achète le château. Le château n'est plus accessible.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est impossible car le château est au centre d'une imposante foret. La visite de l'intérieur ne semble plus possible.

 

 

 

 
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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 06:30

 

Département 02 - AISNE (Thiérache)

  Depuis le parvis de l'église je vois la tour de Chimay

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      La commune d'Aubenton est située à 12km au Sud-Est de Hirson, à 40km à l'Est de Vervins (voir son église) et à 25km au Nord-Est de Montcornet.

  Coordonnée de la tour de Chimay :

49° 50' 12.592" N
4° 12' 11.844" E
 49.836831°
 4.20329°

 

    Toponymie :   (--> voir initiation)

 Le bourg est traversé par 2 rivières :

1 - L'Albe ou Aube,

2 - Le Ton ou Thon.

  Ce premier cours d'eau se jette dans le deuxième.

     Le bourg fut donc nommé Albeton, puis transformé en Aubenton.

 

La tour de Chimay :

     L'extérieur :

La découverteLa ronde tour en brique semble être sortie de terre hier !

   Après avoir visité l'église fortifiée de ce bourg, je me dirige vers la "ruelle de la tour" pour voir.... une tour !

Quel bonheur lorsque le nom des rues me guide vers mon Graal !

  Au bout de la ruelle, je découvre la tour de Chimay, l'un des rares vestiges défensifs des remparts du 14ème siècle.

 

L'enquête commence

    Cette tour en brique rouge est intégrée dans les vestiges d'un rempart en pierres. Ces dernières sont correctement taillées et jointives. Mais je pressens qu'elles ont été modifiées durant des siècles et aménagées dernièrement pour sécuriser le petit jardin.

 

Curiosités sur cette tour

    Comme moi, vous avez remarqué quelques détails :

1 - La tour en brique est posée sur une base en pierre.

2 - Un escalier a été aménagé récemment. Il semble impossible qu'il ait été construit au moyen âge pour faciliter l'intrusion des ennemis.

3 - Sur la paroi des fenêtres ont été percées pour rendre cette tour habitable.

4 - Au sommet, au 20ème siècle, des vitres ont été posées sur les ouvertures du chemin de ronde pour créer une pièce de vie.

5 - Des lucarnes ont été aménagées récemment pour amener plus de lumière dans la salle haute.

6 - Les mâchicoulis (voir vocabulaire) ont été obstrués pour ne point refroidir la chambre du gîte rural.

 

    L'intérieur :

  Quelle chance, une charmante princesse, voyant mon intérêt pour cette tour, m'invite à découvrir son intérieur. Je ne vous montrerai pas les 3 niveaux, mais je vais vous faire découvrir la chambre au sommet.

Voyez vous les lucarnes et les ouvertures de tir du chemin de ronde ?

 

 

Histoire du bourg :

   Cela fait de nombreuses années que je narre l'histoire de châteaux, d'églises fortifiées et même de cités. Jamais je n'avais vu autant d'acharnements et de saccages envers un petit bourg. Chaque génération d'habitants a vu un ravage ou un cataclysme s'abattre sur leur ville.

Je suis vraiment admiratif par l'envie de chaque descendant à continuer à vivre ici.

L'histoire est parfois très cruelle, mais les hommes sont toujours les plus forts !

Ceci n'est qu'un petit résumé de la dense histoire d'Aubenton.

 

* En 1169, la seigneurie d'Albenten est citée dans un texte.

* Au 12ème siècle, la peste et la lèpre déciment la population.

* Au 13ème siècle, la cité est prospère et importante.

* En 1254, la seigneurie relève de Saint Quentin.

* Au 13ème siècle, la cité est cédée aux abbayes :

- Saint-Rémi de Reims,

- Saint-Vincent de Laon,

- et au chapitre de Rozoy.

* En 1340, la cité, fortifiée de palissade, est saccagée par les troupes de Jean De Hainaut (voir liste des Comtes du Hainaut). Viols, meurtres, maisons brûlées, réserves de nourritures anéanties et les tonneaux de vin, richesse de la ville, transportés à Chimay.

- De ce sanglant épisode, les habitants ont gardé le souvenir en nommant 2 ruelles :

- Ruelle du sang,

- Ruelle du sac.

* En 1358, avec l'accord de Philippe VI de Valois, le bourg est fortifié. Six tours et trois portes fortifiées sont construites.

* En 1521, le cité est saccagée.

* En 1591, encore une attaque.

* En 1648, la cité n'échappe pas aux ravages de la Guerre de Trente ans.

* En 1650, Aubenton est assiégé.

* A partir de 1792, les Révolutionnaires s'attaquent à la cité. Les fortifications sont détruites.

* En 1793, la porte fortifiée nommée "Jeton" est démolie.

* En 1798, l'une des deux paroisses (nommée "Saint Nicolas") est démolie par les Révolutionnaires.

* En 1805, les Tours Saint Nicolas et du Vieux Moulin sont détruits par un arrêté Préfectoral.

* En 1810, la ville est occupée par les cosaques russes,

* En 1811, ce sont les Prussiens qui envahissent le bourg.

* En ce 20ème siècle, les 2 guerres mondiales n'épargnent pas le bourg.

* A la fin du 20ème siècle (1979 ?), la commune achète la tour de Chimay puis l'aménage en gîte rural.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de la tour est libre et gratuite depuis ruelles et routes. La visite de l'intérieur n'est possible que si vous louez ce gîte. Vous aurez ainsi la chance de dormir dans une tour puis de lire l'histoire de la cité apposée sur la porte, tout en préparant un repas dans la belle ronde cuisine.

 

Les remparts se sont affaissés pour mettre en valeur la rouge tour !  

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29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 06:30

 

Comment imaginer que cette paisible rivière ait emporté l'église

 

Département 09 - ARIEGE

 

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   Le petit hameau de Salau est situé à 110km au Sud-Sud-Ouest de Toulouse, à 55km au Sud-Est de Saint Gaudens, à 11km au Sud de Seix et à 3km au Sud de Couflens, sur la RD3.

     Coordonnées de l'église :

42° 45' 28" N 1° 11' 22" E
 42.757896  1.189474

 

L'église : 
        L'extérieur :
Pourquoi le choix de ce site ?

   D'après ma documentation touristique, Salau (le dernier village au fond de la haute vallée du Salat) possède une église romane datant du 12ème siècle. Elle aurait été construite par les Chevaliers Hospitaliers de l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem.

   Mon dictionnaire des châteaux forts et fortifications médiévales affirme que cette église est fortifiée. Voila deux raisons pour parcourir la petite route départementale en direction de l'Espagne.

 

La découverte 

1 - Entouré par les montagnes, le village se regroupe le long de sa rivière.

2 - Sur la rive gauche du Salat, l'ancienne église se dore au soleil.

3 - Proche de son petit cimetière, dans un écrin de verdure, son calme ne reflète pas sa vie mouvementée.

4 - La différence de couleur, de hauteur et de pierre entre la partie gauche et droite trahit des reconstructions.

5 - Cette différence d'architecture se voit sur la face coté Nord.

6 - Même si la partie droite parait plus solide, elle ne garde aucune trace de système défensif.

 

1 2 3 4 5 6

  Un plan d'église peu traditionnel

Le clocher

    Il comporte quatre arcades. Elles sont disposées en deux étages, avec doubles archivoltes reposant sur des colonnettes dont les chapiteaux sont sculptés.

 

Diantre, quelle curiosité !

   Mon petit manuel touristique affirme que : " Le clocher est situé sur l'arcature qui sépare les deux nefs".

Voyez vous deux nefs ?

  Pour comprendre cette curiosité il faut se référer au plan réalisé au 19ème siècle. Coté Ouest (en haut sur le plan) une puissante salle faisait partie du monastère. Ce dernier ayant disparu, la salle se situe dans le prolongement de la nef initiale, comme une deuxième nef.

3 niveaux pour une église ayant trop vécu

Dernières constatations avant d'entrer

   J'observe cette église composée de trois "bâtiments" bien distincts avec un dénivelé différent. Le sol en pente ne justifie pas ces hauteurs.

 Avez vous remarqué l'ansence de contrefort et de bande Lombarde ?

    Sur le coté Sud-Ouest, une baie géminée tranche avec les fines fentes romanes de l'autre coté. Je suppose qu'elle doit amener une grande lumière dans l'étage du bâtiment Ouest. L'ouverture murée sur la gauche était une porte menant dans le monastère.

 

Le Chrisme

    Au dessus de la porte d'entrée, une pierre sculptée attire mon regard. Ce Chrisme (voir définition) a été retrouvé après l'inondation de la fin du 20ème siècle puis replacer au dessus de l'entrée. Il semble que ce soit l'une des rares pierres d'origine datant de l'installation des Hospitalets.

 

        L'intérieur :

Curiosité

  Pour entrer dans l'église, je dois appuyer sur un bouton. En même temps, je prononce la phrase magique : "Sésame, ouvre toi". Et comme par magie, la porte s'ouvre seule.

  Une fois à l'intérieur, le "temple  est à nouveau scellé (Vous avez compris que la porte électrique s'est refermée automatiquement). D'un seul coup, une panique s'empare de moi : "Y a t il un bouton d'ouverture à l'intérieur ?"

 

Rapide description

11 - Les pieds bien campés à l'extrémité Nord de l'église (nommée Salle des hommes), je comprends que les étages "fortifiés" me sont interdits. Cette salle aurait eu un passage communiquant avec le monastère des Hospitalets.

12 - Illuminé par l'unique fenêtre, la nef est très sombre (il m'a fallu un temps de pose très long pour réaliser cette image).

13 - Pour certains, cette pierre sculptée est un bénitier, mais pour d'autres, ce serait une "fontaine".

14 - En ce village bien loin de la Lorraine et de la reconquête de Reims, figure la statut de Jeanne d'Arc.

15 - L'abside en cul-de-four est décorée d'une peinture de J.B. Lalanne.

16 - Après avoir humé l'intérieur de cette église, je reprends le chemin du retour en jetant un dernier regard dans la "salle des hommes".

 

11 12 13 14 15 16

 

 

Histoire de l'église :

* Au 12ème siècle, une légende affirme qu'une princesse venue d'Espagne et répudiée par son époux aurait fait construire une chapelle en ce lieu.

* Au 12ème siècle, construction de l'église par les Chevaliers Hospitaliers de l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem. certains historiens supposent qu'ils serait venus d'Espagne après avoir participé à la Reconquista du Nord de la Péninsule..

* Au 13ème siècle, les Hospitalets ajoutent un clocher-mur et le narthex.

* Au début du 14ème siècle, le Pape Clément V donne une partie des biens et terre de l'Ordre du Temples aux Hospitalets. En doublant leur propriété, ils ne peuvent plus être partout. Salau est progressivement abandonné.

* Au 15-16ème siècle, Salau dépend de la Commanderie de Caignac en Lauragais

* Au 19ème siècle, les colonnes du porche sont retrouvées dans les champs. Il est décidé de les implanter autour de l'église.

* En 1911, l'église est classée aux Monument Historiques.

* En 1937, une importante inondation détruit partiellement l'église et emporte de nombreuses colonnes.

* En 1982, une inondation emporte queques pierres de l'église primitive.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite des étages intérieurs est interdite.

 

Je deviens un chevalier amateur de monument touristique... hoooo

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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 06:30

 

Département :  36 - INDRE

 Diantre !..Que de panneaux pour ce château

Le bourg

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        La commune de "Le Pêchereau" est située à 90km à l'Est de Poitiers, à 30km au Sud-Sud-Ouest de Châteauroux et à 3km au Sud-Est d'Argenton sur Creuse.

   Coordonnées du château :

46° 34' 19.351" N 1° 32' 50.114" E
 46.572042°  1.547254°

 

    Toponymie :   (-->voir initiation)

  Avec les siècles, le site prit de nombreux noms :

* Guorbat,

* Gorbat,

* Gourbat,

* Groubat,

* Pour devenir : Le Courbat.

  Le nom original viendrait du Bas Latin désignant :

- Une pièce d'eau profonde et même boueuse,

- Une sorte de fossé.

 

Le château :  

     L'extérieur :

L'approche

   Grâce à mon instinct incroyable de chasseur de constructions médiévales fortifiées (aidé par mon brillant destrier au flair si subtil) je me retrouve devant ce triple panneau annonçant un château nommé : Courbat.

Sera-t-il en ruine ou entier ?

   En tournant la tête, je vois un autre panneau annonçant que "mon" château est devenu une mairie. Le fait qu'une construction seigneuriale soit devenue un bâtiment républicain n'est pas rare, je vous en ai présenté un dans le Vaucluse, puis un autre dans l'Yonne.

  Soudain, j'ai quelques réticences. Je crains une trop grande reconstruction pour cause de modernité administrative.

Pensez vous comme moi ?

Miroir, joli miroir, est ce mon château ?   

La découverte

    Lentement je m'avance, les yeux vers le sol pour tenter de voir des traces d'un rempart extérieur par exemple. Soudain... une large étendue d'eau se met à frissonner à mon approche.

Serais je un peu magnétiseur ?

 

Une gentilhommière ?

    Point de don extraordinaire je possède pour faire mouvoir les éléments de Dame Nature, c'est un léger souffle de vent qui a froissé le miroir puis soulever la poussière piquant ainsi mes yeux.

   Cette courte et chaude bise s'est mise à apparaître par un grand hasard me faisant lever les yeux pour voir ceci.

 

courbat-13 

Je vous sens désappointés

    "Ceci n'est pas un château fort ni une ruine médiévale monsieur Le Chevalier Dauphinois" murmurez vous en pouffant derrière votre écran.

  Je comprends votre surprise en voyant les multiples fenêtres modernes et ce toit (du 17ème siècle ?) point médiéval. Mais ci-dessous, je vais vous démontrer que cette gentilhommière devenue une mairie est l'évolution d'une construction fortifiée de mon époque favorite.

Fermez les yeux et écoutez moi.

 Sont ce 2 tours défensives ?

L'autre face

Quel contraste !

  Cette face, avec ses 2 puissantes tours opposées, ressemble beaucoup plus à un château fort. La ronde tour à gauche a perdu son agressivité défensive. Par contre, celle de droite est fascinante avec son archère canonnière cruciforme.

 

L'encorbellement

A quoi servait la construction en encorbellement ?

  Il n'est point besoin d'être spécialiste en architecture médiévale pour en donner le nom. La réponse est simple à trouver.

* Il n'y a point de porte à défendre en dessous, ce n'est donc pas une bretèche (voir vocabulaire).

* Cette construction est donc les latrines.

  Si l'architecte a créé une "construction pour les besoins "intimes", une autre question se pose :

A quoi servait cette pièce au 1er étage ?

Voyez vous une tour défensive sur la gauche ?

 

La tour-porte

     Précédée par un pont, je suppose que la ronde construction est une tour-porte. Pour protéger la courtine et faire reculer l'assaillant, la tour possède deux archères-canonnières :

* Celle du haut permet d'atteindre l'ennemi sur la rive opposée,

* Celle du bas permet le tir sur des éventuels nageurs ou barques traversant les douves.

 

Je vais emprunter le pont

   Pour franchir les douves, il faut un pont (ou être équipé d'ailes). La partie fixe du pont a été très remaniée à l'époque récente et a perdu son charme des rails guidant les roues d'un carrosse.

  Au bout du pont fixe, il devrait y avoir un pont mobile. Mais le confort et la modernité l'ont supprimé.

  Ce pont, c'est le pompon de ma journée

Le pont levis

   Bien qu'absent, les traces de l'existence du pont-levis sont lumineuses :

* Fentes verticales ayant réceptionné les flèches de levage,

* Encadrement rectangulaire pour coincer le pont empêchant les assaillants de le crocheter.

  Les petites fenêtres et surtout les linteaux en accolade rappellent les origines médiévales de la construction.

  La pièce au 1er étage devait être la salle des gardes. Ce niveau correspond aux latrines décrites précédemment. 

 

     L'intérieur :

Dans la tour porte

     Lentement je franchi le seuil. Comme je l'espérais, au fond d'un large ébrasement (voir vocabulaire), je vois :

* D'un coté,  l'archère canonnière,

* De l'autre, une archère canonnière cruciforme.

  Ceci est la preuve que ce château a subi de nombreuses modernisations durant les siècles.

Avez vous remarqué l'épaisseur des murs ?

 

Les portes sont fermées

  Point d'employés communaux le jour de ma visite. Je ne peux pas entrer dans les locaux. Je me console dans la cour d'honneur, en touchant la ronde tour. Puis, rassasié de la vue des douves, j'emprunte le chemin du retour.

 

 

Histoire du château :

* Au 13ème siècle, construction d'un château fortifié relevant de la seigneurie d'Argenton.

* En 1218, le site appartient à Pierre Courreau de Courbat.

* En 1425, Gilbert Augustin est seigneur du Courbat et de La Feuge (à vérifier).

* En 1614, Jean Mauduit, bailli d'Argenton, achète le château, puis réalise de nombreux travaux d'embellissement et de confort.

* En 1625, Jean Mauduit fait construire un pigeonnier rond à l'extérieur du château. La paroi intérieure de la ronde construction comportait plus de 800 boulins (trous) répartis en 14 rangées, prouvant la richesse et la puissance de ce seigneur.

* En 1760, la famille Mauduit cède le château à Louis de Chevestre.

* Au 19ème siècle, de nombreux travaux changent l'architecture du vieux château.

* En 1931, par mariage, le château appartient à Pommeau de la Forest

* En 1985, la municipalité achète le château à un descendant de la famille La Forest.
* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite depuis la route et le parc. Le bâtiment est une mairie et n'est pas vraiment visitable.

 

Est ce une ile flottante avec un château fort ?

 

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 06:30

 

Département 02 - AISNE (Thiérache)

  Voyez vous l'église fortifiée ?

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Le petit village de Marly-Gomont est situé à 38km au Nord-Est de Saint Quentin, à 14km à l'Est de Guise et à 12km au Nord-Ouest de Vervins.

   Coordonnées du bourg :

49° 54′ 18.72″ N 3° 47′ 32.64″ E
 49.9052°  3.7924°

 

L'église :

     L'extérieur :

La découverte

     Durant mon errance touristique dans la province du Thiérache, je m'amuse à photographier les fleurs et les nuances colorées des champs quand soudain, apparaît.....

La voyez vous ?

    Au loin, la forme caractéristique d'un bâtiment religieux survole l'horizon mais avec ses "verrues" il me fait penser à un système défensif accroché aux flans.

   Il n'en faut pas plus pour que j'enfourche mon destrier en direction de l'église fortifiée de Marly Gomont. A chaque foulée de mon "joly jumper", le bâtiment m'apparaît de plus en plus beau.

 

Premières constatations

    Mes chausses plantées dans le petit cimetière, je regarde l'architecture de cette église. Deux bâtiment distincts se dessinent devant mes yeux avides de détails.

   Le 1er est évidemment le chevet, une construction solidement renforcée par les contreforts à larmiers. L'association des pierres en partie basse et des briques au dessus est surprenante, mais je délaisse rapidement ce bâtiment car je ne distingue aucun système défensif.

Avez vous remarqué l'absence de clocher ?

  La puissance de feu devait être impressionnante

L'incroyable nef !

   Je reprends un peu de recul pour mieux apprécier le 2ème bâtiment. Mes yeux sont éblouis par les multiples originalités de cette nef :

1 - Même s'ils créent des angles morts, les nombreux contreforts à larmiers donnent une puissance à cet édifice.

2 - Entre chaque contrefort, la courtine comporte une large ouverture de tir avec un ébrasement (voir vocabulaire) important. Le trou intérieur me fait penser à une ouverture pour fusil ou petite arquebuse.

  Ce tir rasant a du être dévastateur.

3 - Bien que ce détail ne fasse pas parti du système défensif, le vestige (bouché) d'une ouverture de lumière prouve que les fenêtres étaient situées en hauteur, empêchant ainsi l'introduction des assaillants.

  Les fenêtres actuelles ont du être percées récemment.

4 - Chaque angle de ce bâtiment possède une tourelle.

Je guette si dans l'échauguette un guetteur me guette  

Les tourelles 

   En encorbellement sur chaque angle, posée chacune sur deux contreforts droits, les échauguettes n'ont pas le prestige et la puissance d'une tour flanque de château fort, mais leur fonction défensive est évidente.

    Percées de plusieurs fentes pour tir au fusil, elles complètent parfaitement les ouvertures basses des courtines.

  Deux des quatres échauguettes ont une curieuse caractéristique.

La voyez vous ?

  "Récemment", pour allonger l'église et construire la nef, les architectes ont coupé l'arrière, ne laissant qu'une demi échauguette.

Incroyable n'est il pas ?

 

La façade

   Bien que je ne soit pas un spécialiste des églises du Thiérache, il me semble qu'un clocher-mur est rare dans cette province, je suis donc surpris par cette architecture.

  Pour défendre l'entrée, il y a évidemment les 2 échauguettes d'angle mais aussi, de chaque coté de la porte des ouvertures pour tir rasant.

 

    L'intérieur :

  Comme souvent durant notre siècle, les églises sont fermées. Celle-ci ne déroge pas à la règle. Mais le plaisir de la regarder est si grand que je ne regrette pas sa porte close.

 

 

Histoire de l'église :

* Au 12ème siècle, un village nommé Marley est cité. Son seigneur est vassal du Duc (voir titre de noblesse) de Guise.
* Au 13ème siècle (?), construction d'une église.
* Au 14ème siècle, modification de l'église.
* Au 15ème siècle (à vérifier), aménagement des systèmes défensifs.
* Au 17ème siècle (à vérifier), destruction  partielle de l'église pour construction d'un choeur.
* En 1928, l'église est inscrite aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Rémi) est libre et gratuite. La visite des fortifications est interdite.

 

Un clocher fortifié est le secret de cette église

 

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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 06:30

 

Département :   50 - MANCHE

Voyez vous cette beauté médiévale au loin ?

 

Le bourg :

    Situation  (--> le voir sur une carte)

        Le village de Sainte Geneviève se situe à 22km à l'Est de Cherbourg et à 4km à l'Ouest de Barfleur.

   Coordonnées :

49° 39' 24.595 N 1° 18' 47.322" W
 49.656832°  -1.313145°

 

Le manoir : 

    L'extérieur

La découverte

     Après avoir découvert la maison forte de La Dubourderie  j'erre en direction du village de Sainte Geneviève quand une forme ronde m'attire le regard.

Serait ce le manoir de l'Abbaye ?

Voyez vous ce curieux vestige de fenêtre ?

 

Analyse de la tour

      Sur cette face rectiligne et peu haute, la forme ronde et pointue de la tour surprend. Sous le toit en poivrière recouvert de lauzes, je distingue de fines ouvertures verticales dont certaines avec un ébrasement  (voir vocabulaire) extérieur.

 

 Curiosité 

      En prenant un peu de recul pour mieux observer la tour, je découvre dans l'angle une "ouverture" bouchée :

 * Était ce une fenêtre ?

 * Était ce une bretèche ?

 * Était ce ....?

 

La découverte continue

     En contournant ce manoir, je suis interloqué par cette fascinante façade correspondant à l'entrée du manoir.

 Cette entrée comporte 2 ouvertures :

      * Une pour les piétons.

      * Une pour les carrosses.

Quelle est la fonction de cette rarissime construction ?

 

Quelle fascinante entrée

  1 - Sur la droite de la porte, il y a une fente de tir obstruée.

  2 - Sur la gauche, il y a un trou rond.

Était ce pour un fusil ou simplement un oeilleton ?

  3 - Puis en haut sur la gauche, une petite construction en encorbellement.

Avez vous une idée de sa fonction ?

   C'est une sorte d'échauguette permettant de tirer au fusil  pour défendre l'accès à la porte.

 

    L'intérieur

       Hélas, la propriété est privée et interdite à la visite.

 


Histoire du manoir :

* Au 14ème siècle, construction d'un manoir Presbytéral appartenant à l'abbaye Notre-Dame du Vœu.
* Au 16ème siècle, il semble que le manoir soit fortifié par une puissante tour.
* Au 17ème siècle, la famille Le Fèvre occupe le manoir.
* En 1722, Jacques Langlois habite la construction.
* En 1736, Pierre Langlois y réside.
* Vers 1790, le manoir est habité par la famille Dagier.
* Au début du 19ème siècle, le site est habité par madame veuve Georges Marie.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite depuis les ruelles. La propriété étant privée, la visite de l'intérieur est impossible.

 

En face de l'église, la manoir est impressionnant


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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 07:40
     
michel-j-01     Cet article est très spécial : Il est l'oeuvre d'un passionné ayant comme pseudo : " M. J.". Comme moi, il est fou de châteaux, aussi bien d'époque médiévale que renaissance. C'est aussi un passionné d'architecture et d'art. Il m'a proposé d'écrire quelques articles sur mon modeste blog.

     J'ai évidemment accepté. J'adore échanger sur les châteaux forts. Je suis fier de l'avoir dans ce "bateau" qui navigue à travers le temps !

   Croyez moi, vous allez découvrir un monde différent du mien, un ressenti plus architectural.

Faites lui un formidable accueil. 

 

michel-j-02  

 

 

Département 76 - SEINE MARITIME

 La ferme brille de mille feux sur la carte IGN

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      La commune de Osmoy Saint Valery est située à 42km au Nord-Nord-Est de Rouen, à 38km Est-Sud-Est de Saint Valéry en Caux et à 20km au Sud-Est de Dieppe.

    La ferme-manoir est située à 5km au Sud-Ouest de Osmoy Saint Valery.

  Coordonnées de la ferme :

49° 47' 6.018" N 1° 16' 10.164" E
  49.785005°  1.26949°

 

La ferme fortifiée :

     L'extérieur :

Préambule du Chevalier

      Dans mes errances, je vous ai présenté un château Gersois très géométrique où l'angle droit règne en maître.

   Naïvement, je pensais qu'après le 15ème siècle, ce type de bâtiment ne pouvait plus être imaginé. Grâce à messire M.J., je sais que ma théorie est fausse. Voici un bâtiment construit au 16ème siècle avec les mêmes critères qu'au 12ème.

  J'ai conscience que cette construction n'est point médiévale et ne devrait pas apparaître dans ce blog. Mais la ferme-manoir de Valouine est l'exemple parfait que les hommes-bâtisseurs ne sont pas aussi rigides que les historiens avec leurs dates de début/fin.

    Ce n'est pas parce qu'un universitaire du 19ème ou 20ème siècle décrète une date de fin du Moyen Âge que les nouvelles constructions ont changé du jour au lendemain.

J'espère que vous comprendrez mon envie de montrer une construction du 16ème siècle

dans ce blog réservé au Moyen Âge.

   Je laisse maintenant la place à messire M.J. 

  Même les cartes de randonnée reconnaissent la marginalité de cette ferme !

La découverte

    La ferme fortifiée de la Valouine est bien établie sur la commune d'Osmoy-Saint-Valery, mais à l'écart du village vers l'Ouest. Plus proche finalement du bourg des Grandes-Ventes, au lieu-dit Les Bosquets, dans les vallonnements qui annoncent la superbe forêt domaniale d'Eawy.

 

Pourquoi une ferme fortifiée ?

    Il semble que les seigneurs de Ricarville aient gardé en mémoire les conflits des deux siècles précédents quand ils ont entrepris la construction de cette ferme-manoir fortifiée à la fin du 16ème siècle, alors que la paix était revenue dans le pays.

 Vieil atavisme de méfiance normande

ou crainte justifiée par les conflits internes

entre catholiques et protestants?

 

Première approche

    Cette ferme est un superbe ensemble de brique appareillée dont la riche décoration ne se limite pas au corps de logis mais concerne tout aussi bien les dépendances de ce "clos-masure".

 

Le rouge domine dans cette cour bien verte

Analyse

    On est surpris en effet par l'aspect défensif de cette construction où la brique prédomine avec de parcimonieuses apparitions de pierre blanche.

    Flanquée de deux imposantes tours quadrangulaires et d'un double escalier dont le mur d'échiffre s'orne de colonnes en pierre, on est frappé par cette réminiscence de la féodalité à une époque où Henri IV recommandait que l'on s'adonne davantage au pâturage et au labourage qu'à la guerre.

    L'aspect sévère se trouve toutefois adouci par les beaux appareillages en losanges de brique vernissée noire et de pierre blanche que l'on retrouve tant sur le corps de logis que sur les bâtiments annexes.

 

Rigueur militaire mais décors d'agrément

    Sur la façade postérieure, une tour cylindrique abrite un escalier.

  Le bâtiment s'organise dans un clos masure typiquement normand, fermé par un grand porche, protégé par une tour.

Il a conservé de nos jours sa vocation agricole et c'est bien ce qui lui confère un charme complémentaire.

 

Conclusion

   On ne saurait donc trop conseiller d'aller voir ce site remarquable, d'autant plus que les exploitants des lieux laissent aux visiteurs un libre accès à leur domaine.

 

 

Histoire de la ferme :

* A la fin du 16ème siècle (ou en 1602 d'après certaines brochures), construction de la ferme fortifiée par les seigneurs de Ricarville.

* En 1930, le site est classé aux Monuments Historiques.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur depuis la route est libre et gratuite. La visite de la cour et des bâtiments est interdite car la ferme est une propriété privée habitée. Mais en ayant la politesse de demander l'accès à la cour, il est fort probable que vous n'ayez point un refus.

 

Une forme carrée comme un château fort !

 

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