Translation




 

 

 
 
French to English French to German French to Italian French to Spanish
French to Japanese French to Korean French to Russian French to Chinese (Simplified)
 

 

 
 

 

 

 

 

Ombre et lumière

11 août 2014 1 11 /08 /août /2014 06:30

 

Département :  68 - HAUT RHIN

 

Le château : Perché sur sa colline, le vieux château de Ferrette attend les touristes

  Origine du nom :

    Pour les Romains, le lieu se nommait : Piretum, signifiant Verger de Poirier. Le nom latin se transforme en Ferretis. En Allemand, il devient Pfirt, et en Français Ferrette.
   C'est d'abord le petit village supérieur qui porte ce nom. Le château et ses Comtes prendront le patronyme plus tardivement.

 

   Situation :    (--> le voir sur une carte)

      Le bourg de Ferrette se situe à 40km à l'Est de Montbéliard, à 30km au Sud de Mulhouse, à  20km au Sud-Ouest de Bâle (en Suisse).
    Au Nord-Est du village, le château est posé sur une colline à 630 mètres d'altitude.

    Coordonnées du château :

47° 29' 37.478" N 7° 19' 2.676" E
 47.493744°  7.31741°

 

Le château :

      L'extérieur :

La découverte

    Depuis le parking la vue sur l'ancien château Comtal est impressionante. Les ruines se confondent avec le rocher. Je vais encore visiter un château sans toiture, avec peu de murs intérieurs et des squelettes de bâtiments.

humm, j'adore et vous ?

 

Le plan

   Proche du sentier menant vers la porte d'entrée, un panneau affiche le plan du château. Des 2 châteaux devrais je dire :

- Il y a sur la gauche (coté Nord-Ouest) le château bas,

- Puis à droite, (bien sur coté Sud-Est), le château haut, nommé aussi château primitif (le plus ancien).

 Sur le plan trois traits/tracés importants apparaissent :

* Le trait fin en "noir et marron" est le sentier de découverte de la ruine. Il peut se faire d'abord par l'extérieur en contournant les fortifications, puis en pénétrant dans le château.

* Les traits "noirs épais" sont les murs existants.

* Évidemment, les traits "bleus clairs" sont les murs disparus après l'intervention du temps et surtout des Suédois.

Plan du château de Ferrette 

L'approche

   La découverte gratuite commence maintenant. Une première porte (repère E) du 16ème siècle (très remaniée au 20ème) est la première fortification. Elle devait comporter un pont levis.
   Il faut maintenant grimper par le sentier en pente douce. C'est le chemin de défilement qui longe l'impressionnant rempart du château haut.  Bien que la végétation ait envahi une partie des courtines, les remparts et tours sont encore impressionnants avec leurs multiples bouches à feu et archères (voir vocabulaire).

   Rapidement, j'arrive devant une deuxième porte fortifiée (nommée "porte haute") avec une ouverture pour artillerie. Cette construction semble médiévale bien que remaniée au 16ème siècle.

Etait elle protégée par un pont levis ?

 

    L'intérieur du château bas :La courtines Ouest du château bas est très sobre.

Reste-il des décorations ?

      Cette partie du château est censée avoir été construite à la fin du 15ème siècle. Comme le château de Ferrette était la résidence des Comtes, j'avais imaginé trouver quelques décors renaissance. Bien sur, ce n'est pas un château de la Loire, mais au moins un peu de pierres sculptées. Ces murs sont très neutres sans apparats. Les bâtiments ont vraiment une fonction de protection et de défense, comme beaucoup dans la région du Sundgau (voir Morimont).

 

Est ce le donjon ?

     Au centre (repère D) de cette cour assez déserte (je vous avais dit que ce château "sentait" les murs intérieurs fantômes), je perçois les vestiges d'une puissance tour carrée. C'est le donjon du château bas qui semble dater du 12ème siècle par sa forme géométrique et ses épais murs.

 

Est ce la chapelle ?

   Du coté Est, inclus dans les remparts, une "tour" (repère C) carrée tente de survivre malgré la pente qui l'attire (pauvre vestige ). Le plan du château indique que c'est la chapelle castrale dédiée à Sainte Catherine, elle est vraiment méconnaissable.
   Dans l'herbe haute de printemps, je remonte le chemin vers le château haut.

 

   L'intérieur du château haut :

Est ce la salle des gardes ?

       Entre les 2 châteaux, il y a un mur devant être le rempart Nord du haut castrum. Il y a aussi un bâtiment très endommagé comportant des petites fentes (pour fusils ?). Certains textes le nomment "Salle des chevaliers", d'autres font allusion au "corps de garde". Il est difficile de connaître sa fonction car la construction a subit de nombreuses modifications. Avançons ensemble vers le Sud.

 

Est le puits ou une réserve ?

    Tout au bout, un curieux vestige (repère P) s'offre à mes yeux ébahis. Il est long et comporte une ossature de voûte très harmonieuse.

Quelle est la fonction de cette salle ?

Deux hypothèses :

1 - La réserve d'eau (citerne) puisque ce château est le plus ancien et surtout le plus haut, c'est une conséquence logique.
2 - Une cave ou salle de stockage de la nourriture.

 

Est ce le palais ?

   Le château haut me réserve une autre surprise. Un mur en pierres très haut, posé sur une puissante paroi rocheuse.

Quel fantastique décors !

     La paroi est creusée pour recevoir des poutres. Cette partie du château devait avoir au moins 3 étages. C'est certainement le palais du château Comtal.

 

Est ce un autre donjon ?

    A quelques mètres au Nord, une plate-forme symbolise l'emplacement du donjon. Bien qu'il ne reste que peu de mur, il émane de ces pierres une impression de puissance (la ressentez vous ?). Je vous invite à grimper l'escalier.

      C'est l'avantage des ruines sur les châteaux trop bien entretenus . Comme la vue n'est pas "bloquée" par les murs, un panorama à 360 degrés nous fait découvrir les beautés du Sundgau.

 

 

Histoire du château :

* A l'époque Romaine, certains pensent qu'une tour de guet est construite sur le haut de la butte.
* Au 11ème siècle, le Comte de Bar et de Montbéliard possède un territoire important (l'Alsace du Sud et un morceau du Jura). Un petit hameau est construit au pied de la fortification. (C'est l'actuel "vieux Ferrette" ou "Ferrette le haut").
* En 1105, sur la butte, un château est cité dans un texte. (Cet acte en fait l'un des châteaux les plus vieux de l'Alsace ).
* En 1125, à la mort de Thierry Ier de Montbéliard (Comte de Bar-Mousson-Montbéliard), l'un de ses fils, Frédérique Ier, reçoit en héritage la partie Sud du domaine nommé Sundgau. Il transforme ce fief en Comté, et devient le premier Comte de Ferrette. C'est un homme de décision et de "vision sur le futur"; Il fonde de nombreux couvents, monastères et prieurés. Il aménage le château qu'il habite.
* Vers 1168, Frédérique meurt. Son Fils Louis Ier devient de deuxième Comte de Ferrette. Il semble qu'il réside au château. Sa brutalité est légendaire.
* En 1189, Louis part pour la troisième Croisade en Terre Sainte, et meurt peu de temps après. Son fils aîné, Frédérique II, devient le 3ème Comte de Ferrette. Le pouvoir du Comte grandit, et l'évêque de Bâle commence à surveiller ce puissant Comté si proche.
* Vers 1232, le village se dote d'une enceinte fortifiée.
* En 1233, Frédérique II est assassiné par son fils aîné Louis (il semble que cet acte soit contesté par quelque historiens). C'est le cadet, Ulrich II qui devient le 4ème Comte de Ferrette.
* En 1271, le Comte Ulrich II de Ferrette fait oblation à l'évêque de Bâle. Il vend son Comté à l'évêque qui lui redonne en "gestion". Ferrette est nommé "Ville" dans un écrit (titre important pour l'époque).
* En 1275, Ulrich II meurt. Son fils Thiébaut est confirmé par l'évêque de Bâle pour la gestion du Comté. Ce sixième Comte de Ferrette est un guerrier redoutable qui sévit dans toute la région.
* En 1310, Thiébaut meurt. Ulrich III est nommé  7ème Comte de Ferrette,
* En 1324, Ulrich III, meurt sans héritier "mâle". Jeanne de Ferrette, fille du dernier Comte, épouse l'Archiduc Albert II de Habsbourg. Le Comté de Ferrette passe à la maison d'Autriche qui lui accorde des droits supplémentaires (en plus de ceux acquis durant 200 ans). Par exemple, le débit de sel....
* En 1488, une enceinte polygonale flanquée de 4 tours est construite autour du château bas.
* Au début du 16ème siècle, la famille Reich de Reichenstein, nouveau propriétaire, règne en maître absolu sur leurs sujets. Il supprime de nombreux droits aux résidents de la vallée. La crainte est présente chez tous les habitants.
* En 1540, une nouvelle famille habite le château : Les Fugger. Ces banquiers modifient et aménagent fortifications et bâtiments. Un rempart est construit reliant le château haut et le château bas. Une porte basse avec bouche à feu est aussi érigée.
* En 1618, début de la guerre de "30 ans" (voir ce livre). Le territoire est envahit à plusieurs reprises.
* En 1632, des mercenaires à la solde des Suédois attaquent puis envahissent le château.
* En 1634, les paysans se révoltent et chassent la garnison. En représailles, l'armée Suédoise attaque village et château. Le nombre des victimes civiles est important. Le château supérieur subit de gros dommages, et les fortifications de la ville sont détruites.
* En 1635, l'armée Française envahit la région et attaque le château.
* En 1648 (le 24 octobre), signature du Traité de Westphalie mettant fin à la "guerre de 30 ans". La seigneurie appartient au roi de France Louis XIV (voir liste des rois).
* En 1649, Louis XIV décide de relancer l'économie de la région qui a terriblement souffert de cette guerre. Il place un bailli dans un bâtiment "restauré" du château.
* En 1659 (?), Louis XIV donne au Cardinal de Mazarin le Comté de Ferrette.
* En 1661, à la mort du Cardinal (sans héritier bien sur), Honoré IV prince de Monaco hérite du domaine de Ferrette. Peu d'investissements sont faits par ces nouveaux propriétaires excepté pour le bâtiment du bailli. Le château est décrit comme ruine.
* En 1789, des révolutionnaires, venant de la vallée de Saint Amarin, pillent et incendient les restes du château bas et de la résidence du Bailli.
* En 1792, comme beaucoup de ses contemporains, le château est "débarrassé" de ses plus belles pierres.
* Au 19ème siècle, Walter Scott, écrivain écossais, met en scène le château dans un roman décrivant les méfaits d'un bandit.
* En 1930, les ruines du château sont classées aux Monuments Historiques.
* A la fin du 20ème siècle, le prince de Monaco (qui est aussi Comte de Ferrette) a été invité pour l'inauguration d'un train (mais hélas, aucun projet de consolidation du château était à l'ordre du jour ).
* Au 21ème siècle, la découverte de la ruine est libre et gratuite. Le risque de recevoir une pierre est faible. Un circuit de visite est aménagé.

 

  Cliquez pour revenir au menu des Châteaux du 68 Vers Menu châteaux du Haut Rhin
Repost 0
Published by Le Chevalier Dauphinois - dans Châteaux en Alsace : 67 68
commenter cet article
10 août 2014 7 10 /08 /août /2014 06:01

 

Pays :

 ESPAGNE

Région :

 CASTELON
 
 
Ce château m'a subjugué !
  * Ce n'est pas une ruine comme j'adore, et même pire, elle est vraiment trop refaite.
  * Ce n'est pas un bâtiment isolé, et même pire, il est très touristique.
---> Alors pourquoi suis je resté 3 heures dans la cour ?

    C'est la 1ère fois (depuis des siècles hihihi) que je suis accompagné durant ma visite par une musique.... Que dis je !... par Mozart, Vivaldi, Bach, Albinoni, Haendel....
    Je sais que ce ne sont pas des compositeurs contemporains des Templiers, mais cela se marie si bien. J'ai eu l'impression d'entrer dans les pierres, de survoler le château, d'être seul au monde !

  

  

Le bourg : 

  Situation  (--> le voir sur une carte)

       Peniscola est une station balnéaire située à 128km au Sud de Tarragone et à 140km au Nord de Valence.

  Coordonnées du château : 

   
   

 

Le château :

    Quelque soit l'endroit où vous attachez votre destrier, il est impossible de ne pas voir le château tant il est domine la ville et ses immeubles modernes.

 

   L'extérieur :

     En arrivant aux pieds du château, mes yeux se brouillent.

Est ce du au soleil d'Espagne ou à la malédiction des Templiers ?

   En réalité, les hauts murs droits posés sur le rocher avec ces mâchicoulis de forme Mauresque étaient en contrejour. Pour que vous les dégustiez, j'ai préféré les "transformer" un peu.

 

    L'intérieur :

Sobriété

        Après avoir donné quelques piastres à une brune caissière, je découvre l'entrée.
    Elle est très sobre. Les templiers ne s'embarrassaient pas d'inutiles décors et les propriétaires suivants n'ont pas cherché à modifier l'extérieur.
    La porte est encadrée par 2 puissantes tours carrées dissuasives. Les blasons sous la belle fenêtre représentent :
  * La croix noire de l'Ordre du Temple,
  * L'emblème d'Arnaldo de Banyuls, gouverneur de Peniscola,
  * Les chardons de Frey Berenguer de Cardona, Maître de l'Ordre au 13ème siècle.

 

Le plan
  Pour mieux comprendre le château, je vous livre le "plan secret" du niveau bas et du niveau haut :

1 - Porte principale,
2 - Dépendances,
3 - Grande salle rectangulaire (Ecurie ou étable),
4 - Habitations,
5 - Cour d'armes de la forteresse,
6 - Résidence du pape Benoit XIII,
7 - Eglise rectangulaire à nef unique sous voûte romane en demi berceau,
8 - Salle gothique,
9 - Palais pontifical,
10- Cachots primitifs.

 

La cour

   En entrant dans la cour d'armes, je suis surpris par la lumière. Il manque bien sur quelques bâtiments, mais cette pierre blanche sous le soleil... Wahouuu !
Et si vous ajoutez un peu de Mozart... L'aveuglement est total.
      Les styles architecturaux se font face. Une jolie baie géminée côtoie une porte plein cintre.
   La porte d'entrée de la salle gothique est impressionnante avec son imposant arc plein cintre. Au dessus, il y a les chardons de Frey Berenguer de Cardona et de multiples corbeaux aujourd'hui bien inutiles.
    Depuis la terrasse, mon regard embrase tous les bâtiments et la cour, mais surtout, à travers les curieux créneaux, je me délecte du paysage sur la mer... Je vous laisse, c'est l'heure de mon bronzage. 

 

 

  Histoire du château :

* Au 13ème siècle, la famille Aragonais de Alagon est seigneur de Peniscola.
* A partir de 1294, une fortification est construite par l'Ordre du Temple.
* En 1307, les Templiers sont arrêtés. Le château est maintenant habité par un autre ordre militaire-religieux : Montesa.
* En 1394, Pierre de Luna devient pape à Avignon sous le nom de Benoît XIII.
* Au début du 15ème siècle, le pape chasse de Peniscola l'Ordre Militaire de Montesa et place le château sous la protection du Saint Siège.
* Ce pape dissident n'est plus soutenu par le Roi de France (voir liste des rois). Après de multiples péripéties (voir Châteaurenard par exemple), il s'exile sans titre en 1415 dans ce château de Peniscola.
* En 1423, Pierre de Luna meurt au château.
* Au 20ème siècle, une campagne de consolidation est menée.
* Au 21ème siècle, la découverte du château est payante.

 

 

Vers liste châteaux des Templiers

en Europe

Vers liste châteaux des Templiers    

 

Repost 0
Published by Le Chevalier Dauphinois - dans Espagne médiévale
commenter cet article
9 août 2014 6 09 /08 /août /2014 06:30

En cliquant sur l'image, vous pouvez trouver les coordonnées complètes de ce livre sur des sites que je vous propose.

 

 

Résumé :

    « Après avoir étudié les circonstances de la naissance de Notre-Dame de Paris qui fut en son temps la plus grande des cathédrales d'Europe, Claude Gauvard, historienne spécialiste du Moyen Age, met en lumière la spiritualité et l'expérience religieuse d'une société médiévale occidentale en pleine mutation.
   Le parti pris photographique de Joël Laiter donne à voir cette "Bible de Pierre" dans sa majesté et son intimité, telle que personne ne l'a encore jamais admirée. »
  
 
 
Mon avis :
Photos, textes, émotions !
     
        Si vous avez dans vos proches un individu merveilleux (comme moi ?) qui raffole de proses sur le Moyen Age (comme moi !), et que vous ne savez pas quoi lui offrir d'extraordinaire (comme moi ?), voici un livre qui le séduira.
 
  * D'abord il y a les photos que le commun des mortels (comme moi) ne pourra pas faire, car certaines corniches sont interdites à la visite. Et puis avez vous le bon appareil et le talent de ce photographe (pas comme moi) ?  
  * Ensuite, il y a les plans et les croquis. Vous comprendrez mieux l'architecture de cet ensemble par les dessins commentés.  
  * Enfin, il y a la prose qui donne de la consistance aux photos. Vous apprendrez des détails formidables sur la construction de cette cathédrale. Vous vibrerez avec passion sur les origines de certaines sculptures.  

    Si votre compagnon n'apprécie pas ce cadeau, faite le moi savoir que je lui fasse mordre la poussière jusqu'à raison, et lui montrer ce qu'est le beau !
   En l'offrant, si vous voyez dans ses yeux une brillance irréelle, et même une "larmounette" cachée (car les hommes sont fiers et jamais larmes ils montrent), passez moi un message sur ce blog pour que je participe à notre victoire et à votre bonheur !
 
 
Repost 0
Published by Le Chevalier Dauphinois - dans LIVRES sur l'époque médiévale
commenter cet article
9 août 2014 6 09 /08 /août /2014 06:30

 

Département :  11 - AUDE

 

Un château caché dans la dense foret Audoise

Le bourg :  

   Situation :   (--> le voir sur une carte)

     Le hameau de Montferrand se situe à 55km au Nord-Ouest de Perpignan, à 35km au Sud de Carcassonne, à 12km au Nord-Est de Quillan (voir son château) et à 6km à l'Est de Rennes le Château.

   Coordonnées du château :

42° 55' 36.923" N 2° 19' 50.635" E
 42.926923°  2.330732°

 

Le château : 

     L'extérieur :

La montée vers le château

      En arrivant à Rennes les Bains (altitude 300m), une petite route (mais très petite) traverse la rivière et m'invite à l'emprunter pour rejoindre mon Graal.

  Avec mon destrier je monte lentement en prenant soin de suivre le bon chemin. Cette petite route est une voie sans issue vers le hameau de Montferrand.

   Au sommet (à 514m d'altitude), je laisse mon brave cheval tout en sueur proche des premières maisons puis je marche 100m vers l'Ouest. Le hameau du 21ème siècle était il y a 1000 ans une belle bourgade médiévale protégée par un château. 

Est ce un château ou un tas de pierres ?

 

Une ruine minimale

     Non, je ne me moque pas de vous, il y a bien une ruine castrale en ce lieu. Il est vrai que le château n'a plus sa prestance d'antan, mais de nombreux indices sont visibles.

   Mon but est de vous démontrer qu'avec un peu d'imagination et quelques éléments, il est possible "facilement" de retracer le plan d'une construction fortifiée médiévale.

  Je vous emmène à la recherche des preuves.

 

Rapide analyse

    Le château est construit sur une masse rocheuse inclinée, un remblai a été pratiqué pour niveler l'ensemble.

   Le site castral a la forme d'un demi cercle, le "diamètre" étant au Nord et mesure 40m.

 

      L'intérieur :

Une magnifique banquette ayant soutenu un mur

Curiosité architecturale

    Un à-pic impressionnant est situé coté Nord, le logis et les fenêtres devaient être de ce coté, car aucune attaque est possible.

    Les "architectes" ont du creuser le rocher pour poser les murs. Cela se voit par de larges et saillantes banquettes (voir vocabulaire) qui ont survécu au temps sur presque toute la longueur du rocher Nord. Ces banquettes sont visibles sur de nombreux rochers même si la végétation tente de les cacher.

 

Une courtine

     Sur le coté le plus exposé à l'attaque, il y a  d'épaisses courtines (mur d'enceinte) en grès. L'utilisation du rocher comme base est ici évidente.

    Hélas le temps a fait sont travail de destruction. Sans scellement, les pierres ne tiennent que par "magie"

 

La qualité de construction prouve la résidence d'une riche seigneur

Un joli mur

   Comme par enchantement, un incroyable mur apparaît. Les pierres sont disposées en assise régulière. Le soin apporté à ce mur et la qualité de la pierre montrent l'importance donnée à cette construction qui ne pouvait être que défensive (et non d'habitation).

      Ah, si la végétation n'envahissait pas tout, je pourrais voir les archères et l'épaisseur des murs.

 

Questionnement

      Au centre, je distingue une base de mur en pierres sèches.

Était ce l'emplacement du donjon ?

 

C'est la fin

  Après un si belle découverte, je retourne vers le village en sifflotant quand le hasard (et mon instint de chasseur de ruine) me force à regarder dans une maison abandonnée.

  Diantre !... Quelle belle sculpture.

Pensez vous qu'elle ait été empruntée au château après son abandon ?

 

 

Histoire du château :

* Au 10ème siècle, Montferrant est la résidence principale du seigneur. Elle domine et protège un hameau de thermalisme nommé : Bain de Montferrant. (Ce "hameau" médiéval existe toujours au 21ème siècle. Ce bourg se nomme : Rennes les bains).
* En 1063, le site est nommé :Montferrad.
* En 1231, dans l'assignat de Pierre de Voisins, compagnon d'armes de Simon de Montfort. Montferrad est cité. Le lieu est nommé: Montserrad, Monsferrandus.
* En 1307, le nom change : Villa de Monteferrando.
* En 1377, nouveau nom : locus de Monteferrando et balneis.
* En 1377, les Baings de Montferran est le nouveau nom du site.

* Au 18ème siècle, le château de Montferan est décrit en ruine sur les cartes de Cassini.

* Au 21ème siècle, la visite de la ruine de montferrand est libre et gratuite en respectant la propriété privée. Le risque de recevoir une pierre existe. Ce site est surtout une ruine pour les passionnés.

  Devant un tel mur, je suis en admiration sur le travail de nos ancêtres !

 

  Cliquez pour voir le menu des châteaux forts du 11 Vers Menu châteaux de l'Aude
Repost 0
Published by Le Chevalier Dauphinois - dans Châteaux en Languedoc : 11 30 34
commenter cet article
8 août 2014 5 08 /08 /août /2014 06:08
 
  Dans les petits villages frontaliers, il n'y avait pas de château ni de fortification entourant la cité. Pour se protéger des brigands et autres routiers, la solution la plus économique était de se barricader dans une église.
  Pour mieux se défendre certaines furent fortifiées. 
Voici un bâtiment religieux avec une protection minimale.
 
 

Département :    55  - MEUSE

Le bourg :
   Situation :    (--> la voir sur une carte)
      La petite commune d'Aulnois sous Vertuzey est située à 6km au Sud-Est de Commercy et à 20km au Nord-Ouest de Toul.

     Ce village est englobé dans une commune nommée : Euville.

   Coordonnées de Euville :

48° 44′ 57.12″ N 5° 37′ 36.12″ E
 48.7492°  5.6267°

 

L'église :   
   L'extérieur :
1ère impression
       Construit sur une terrain plat, environné de petites collines boisées, le village est resserré autour de son église.  Elle domine les toits des maisons. Ce bâtiment  religieux semble très reconstruit et neuf par endroit.

A-t-il gardé des traces de fortifications ?

 

2ème impression
     Si j'étais un assaillant, cette église ne me terrifierait pas. Sa nef semble "moderne" et ne comporte aucun signe de défense.
    La partie la plus intéressante est incontestablement est le clocher-porche hors d'oeuvre comportant une tour flanque devant comporter un escalier.

Voyez vous des traces de défense ?


L'analyse
     Sur le coté droit (Nord-Est), au dessus de la tour escalier, une ouverture verticale ressemble beaucoup à une archère ou une fente de tir. Si cela s'avère vrai, l'autre coté doit en être pourvu.
     En regardant la façade gauche ( (Sud-Est), mes yeux s'illuminent. Heureux je suis car cette tour-clocher est bien un élément défensif comportant sur la face gauche non pas une, mais deux fentes décalées sur 2 niveaux.

Renseignements complémentaires
     Me voyant heureux devant son église, un "pépé" s'informe sur la mission de votre chevalier Dauphinois si loin de ses terres. Et j'apprends que gamin, il était monté dans les étages.
     Il y a 3 étages dont 2 comportent une cheminée. Je suis bien en présence d'une église-refuge fortifiée, mais.... il y a une surprise déplaisante pour moi.
    Il semblerait que ses fortifications datent du 16ème siècle, donc non médiévales.

      L'intérieur :
    La porte est fermée, la visite de l'église paroissiale est impossible. Mon guide providentiel me dit que la montée dans la tour est interdite.


Histoire de l'église :

* Au Moyen Âge, il est possible qu'une église soit construite sur ce site (?).
* A la fin du Moyen Âge, il est possible que des remparts entourent l'église (information orale d'un habitant).
* A la fin du 16ème siècle, aménagement de remparts entourant l'église, précédés par un fossé. Les fentes de tir de la tour-clocher sont peut être de cette période.
* En 1622, des réparations sont demandées par les villageois.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Sébastien) est libre à l'extérieur. La découverte de l'intérieur semble possible mais sans entrer dans la tour.

 

 

Vers Menu
églises
fortifiées
de France
Cliquez pour revenir au menu des églises fortifiées    Cliquez pour revenir au menu des Châteaux de la Meuse Vers Menu châteaux de la Meuse
Repost 0
Published by Le Chevalier Dauphinois - dans Châteaux en Lorraine : 54 55 57 88
commenter cet article
7 août 2014 4 07 /08 /août /2014 06:30

 

Département :  38 - ISERE

 

Le bourg : En haut de la colline, les vestiges de ce château jouent à se cacher avec les arbres.

    Situation :    (--> le voir sur une carte

        Le petit bourg du Mottier est situé à mi distance entre Lyon et Grenoble, à 40km au Nord-Ouest de Grenoble, à 20km au Sud de Bourgoin-Jallieu et à 6km au Nord-Est de La Côte Saint André.

   Coordonnées :

45° 25′ 11″ N 5° 19′ 4″ E
 45.419722°  5.317778°

 

Le château :

    L'extérieur :

L'approche

      De la RN85 qui va de Grenoble à Bourgoin-Jallieu, proche du village de 'Le Mottier', je distingue à l'Ouest une butte sans construction moderne avec au sommet un bâtiment ruiné. Plus loin, une tour me fait penser à un moulin.

     Ce curieux "mirage" est bien le "fantôme" d'une forteresse médiévale.
      Je vous emmène à la découverte d'un château "Savoyard" en Isère (oui, c'est une curiosité de l'histoire).

Nous allons nous "régaler" !

 

Quel curieux site

     Les deux "tours" constituent l’unique témoignage de cette ancienne forteresse médiévale, mais elles sont pleines d'enseignements.

    Une petite route goudronnée contourne la butte et permet de rejoindre la ruine sans effort. Mais pour mieux découvrir le site, je gare mon "destrier à moteur" dans la montée, je dégusterai ce vestige à pieds.
   Dans le champ en pente, il est encore possible de discerner les empreintes des anciens remparts extérieurs du château de Bocsozel.

Les voyez vous ?

   En arrivant sur le site, un panneau m'informe que je vais voir une ruine. Hummm, quel plaisir !

 

     Le site :

Présentation

   L'ensemble du site peut être décomposé en 3 parties :

* La butte,
* La tour ronde,
* Le bâtiment rectangulaire.

Ces formes différentes montrent la palette de construction de nos ancêtres

Le bâtiment rectangulaire

   Le bâtiment de forme rectangulaire est le premier vestige que l’on voit en arrivant par le sentier pédestre. Il est très ruiné et ne comporte qu’un étage. Sa construction semble médiévale par quelques détails architecturaux :
     - Des fenêtres ogivales avec arc en plein cintre, aujourd’hui obstruées,
     - Des ouvertures rappelant des archères,
     - Une fenêtre à meneaux (voir vocabulaire).
  Comme de nombreux bâtiments de la région, il est construit ou renforcé avec des galets (la rivière Isère est proche), mais il comporte dans les angles des parements de pierres correctement taillé mais sans marque de tâcheron.
   

La tour ronde

   La tour circulaire du 13ème siècle est en bon état et a un cachet moderne avec son toit joliment refait. Contrairement au bâtiment rectangulaire, elle est faite uniquement de galets.
  Elle est proche de la rupture de pente et devait faire partie du rempart de la basse-cour. Mais aucune fondation de mur ne permet d’étayer cette théorie.
   Une porte a été ouverte récemment (au 19ème siècle ?) au niveau du sol facilitant l'utilisation de la tour (stockage). Au 1er étage, une ouverture est peut être la trace d’un ancien chemin de ronde.
    Au même étage, des corbeaux en pierre sortent du mur.
Y avait il une bretèche médiévale (voir vocabulaire), un balcon renaissance ou des latrines ?
    Mystère.
   
La motte
     Bien au dessus des bâtiments, la motte à 2 niveaux m'impressionne. Elle se situe dans un terrain privé fermé par une barrière, mais elle est accessible par une rustique et solide échelle en bois enjambant une barrière. Vous aurez peut être l’occasion de croiser ses nouveaux locataires : De belles vaches Iséroises.
       Sa forme symétrique et ses 2 niveaux montrent bien un aménagement humain.
   On peut supposer la présence d'un poste de guet Romain (?) puis d'un château en bois du 11ème siècle (voir exemple).
   Un panorama à 360° explique aussi le choix de cet endroit. 

 

 

Histoire du château : 

* Vers le 2ème siècle, les romains occupent le haut de la colline (oppidum ?). C'est le lieu de passage de la voie romaine reliant Lugdanum (Lyon) à l'Italie en passant par Cularo (Grenoble).
* Au 11ème siècle, un premier château de terre et de bois apparaît en haut du village de Moustier (ancien nom de Mottier). La famille Bocsosel est vassale des comtes de Savoie (et pourtant, ce village est en terre Dauphinoise). C'est une enclave dans le territoire naissant du Dauphiné. De nombreux villages sont sous la tutelle du châtelain :

   - Champier,
   - Eydoche,
   - Flachères,
   - La Côte Saint André
   - Nantoin......

* A la fin du 11ème siècle, Humbert 1er de Boscozel est cité dans un texte (je n'ai plus la référence originale de cette page lue à la bibliothèque.).
* En 1151, le châtelain se nomme Pierre de Bocsozel.
* En 1140, la famille Boscozel est puissante et influente. Elle participe à un arbitrage entre les Comtes de Savoie et les Dauphins du Dauphiné.
* En 1159, Mélioret de Boscozel est citée dans un texte relatif à l'abbaye de Bonnevaux, proche du château.
* Dans la 2ème moitié du 12ème siècle, le "Monastère Bossosella" est fondé par le seigneur du château. (information donnée par un historien très instruit sur ce château).
* A la fin du 12ème siècle, la motte castrale fait place à un château de pierres. Ce territoire restera indépendant jusqu'à la fin du 13ème siècle.
* Au début du 13ème, la famille Boscozel devient plus puissante. Certains de ses membres occupent des fonctions importantes en Dauphiné et Savoie.
* En 1223, Guillaume de Boscozel est Abbé de la Chaise Dieu (Donnée à vérifier : Un lecteur m'informe que ce serait Saint Chef et un autre à Bonnevaux.).
* A partir de la moitié du 13ème siècle, les guerres entre Dauphinois et Savoyards sont de plus en plus nombreuses et violentes. L'enclave de Moustier est souvent harcelée et parfois partiellement détruite. La tour ronde est construite durant cette époque de "harcèlement".
* En 1286, Pierre de Boscozel vend à Amédée VII comte de Savoie (voir liste des Comtes), ses terres, châteaux, tours et maisons. Le chef lieu du mandement devient La Cote Saint André (village à 5 km à l'Ouest) où un château "Savoyard" est construit par Philippe de Savoie.
* En 1349, le Dauphin Humbert II (voir liste des Dauphins) «transporte» («cède» mais ce mot est moins élégant) son territoire (le Dauphiné) au roi de France. Cet acte signe la lente fin de ce château qui n'est plus "frontière".
* Vers 1355, pour éviter les anciennes guerres entre les 2 régions ennemies, le roi de France Jean II (voir liste des rois) négocie avec le Duché de Savoie. Moustier n'est plus une enclave "étrangère". La famille Bocsozel s'installe dans d'autres châteaux (par exemple Maubec) établissant la 4ème Baronnie du Dauphiné (voir titres de noblesse).
* En 1428, le roi de France Charles VII ordonne la suppression des Vingtains (impôts prélevés par les seigneurs pour l'entretien des fortifications). Les habitants délaissent les murs et remparts du château de Boscozel.
* Au 16ème siècle, le bâtiment prend des allures renaissances avec de grandes ouvertures. Mais les violentes guerres de religions n'incitent pas à la créativité artistique.
* En 1809, la propriétaire Melle de la Porte vend le château au maire de Mottier : Laurencin J. Mais de nombreuses années sans entretient sonnent le glas de ces bâtiments.
* En 1896, le bâtiment rectangulaire s'effondre.
* En 1904, l'ancienne chapelle du château, devenue l'église du village, est démolie. Ce lieu devient le cimetière du village.
* Vers 1979, une association se crée suite à l'effondrement du toit de la tour ronde.
* En 1984, par la construction d'un nouveau toit, la tour est protégée des intempéries.

* A la fin du 20ème siècle, la dynamique association participe aux journées du patrimoine et décide de réhabiliter ce "souvenir historique". Des manifestations et des randonnées pédestres "culturelles" incitent les visiteurs à la rêverie dans ces ruines.

Y aura t il une grande campagne de fouilles révélant les secrets enfouis ?.... L'avenir le dira.

* Au 21ème siècle, la découverte des ruines est libre et gratuite. Le risque de recevoir une pierre n'est pas négligeable près du bâtiment carré. Mais le lieu est si bucolique qu'il serait dommage de ne point aller le voir.

------------------------------------------------------------

(Depuis ma dernière visite, il semblerait que des travaux de consolidation aient été effectués sur la tour quadrangulaire. Le panneau "danger" aurait disparu...... J'enquête ) .

 

Comme elle est fière cette tour avec son toit tout neuf !

 


 Nota:  Je voudrais remercier l'association «Les Amis de Bocsozel» pour leur disponibilité, leur merveilleux accueil et leur connaissance sur l'histoire de ce château.

 

 

  Cliquez pour revenir au menu des Châteaux du 38 Vers Menu châteaux de l'Isère
Repost 0
Published by Le Chevalier Dauphinois - dans Châteaux en Dauphiné : 05 26 38
commenter cet article
6 août 2014 3 06 /08 /août /2014 06:07

 

Département :   32 - GERS  

 

Le bourg :

  Situation (--> le voir sur une carte)

       La petite commune de Mansencôme est située à 3km à l'Ouest de Valence sur Baise et à 10km au Sud de Condom.  

   Coordonnées du château :

43° 52′ 17.78″ N 0° 20′ 17.83″ E
 43.871605°  0.338286°

 

Le château :

    L'extérieur :

Préambule

   Malgré sa proximité géographique avec le château de Lagardère, il ne lui ressemble pas du tout.
  D'après certains historiens, ce château faisait parti de la défense du Royaume de France face aux "envahisseurs Anglois" durant la "guerre de 100 ans".
     Je doute un peu qu'un château si peu fortifié (sans rempart et sans fossé) ait pu retenir les "Anglois", (mais peut être était il une garnison, un avant poste ?).  

 

Qu'est ce qu'un château Gascon ?

     Un médiéviste du 19ème siècle nommé Lauzun parlait des châteaux de "type Gascon" : (je cite approximativement) "Châteaux dont la caractéristique est la grande simplicité, des dimensions réduites et une grande économie de moyen".

     De nombreux châteaux et maisons fortes sur notre territoire répondent à ces critères et point Gascon ils sont. Ayant visité et photographié de nombreux bâtiments fortifiés et ruines de cette région, j'ose affirmer que :

   "Un château Gascon se reconnaît car il est ..... en Gascogne" (je m'étonne parfois d'être aussi intelligent  ).

 

Analogie

    De loin ce château me fait penser à une ruine située à 900km de là : Le Haut Andlau  (voir ce château Alsacien). Il semble composé :

  * D'un logis rectangulaire

  * Avec 2 tours opposées.

 

Quelle curieuse construction

     Après une petite marche d'approche, je constate que les tours sont construites, non pas sur les cotés, mais sur les 2 angles opposés en diagonale.
   J'ai l'impression que l'architecture avait prévu d'en construire 4 (schéma classique) et que la construction s'est figée à 2.
     Aucun texte confirme ma pensée fugitive, mais cela donne à cette bâtisse une caractéristique rare. Quoique,  pas si rare que cela, le château de Tauziat à quelques kilomètres lui ressemble un peu.

 

Les tours

   Ces tours me fascinent (vous l'avez remarqué je pense). En m'approchant vers le mur coté Sud, je découvre qu'elles ne sont pas identiques :

* Celle de gauche (à l'Ouest) semble être le donjon. Évidemment ses dimensions ne la rendent pas habitable. Sa fonction devait être la défense et le repli.

* La tour de droite (à l'Est donc.... brillant je suis aujourd'hui) possède en partie basse une "porte".

Etait ce une tour-porte ?

Ou un donjon-porte comme à Quillan (dans l'Aude) ?

   Au sommet, les créneaux ont disparu (mais y en avaient ils ?). Il est curieux de ne voir aucune bretèche pour protéger la porte, ni de mâchicoulis, ni d'échauguette (voir vocabulaire).

Était ce un château borgne comme au 12ème siècle ?

 

Une déduction

     En contournant le site, je vois enfin quelques moyens de défense : Des archères cruciformes superposées. Comme elles ne semblent pas avoir été ajoutées après la construction du donjon, je peux supposer que le château date du début 14ème siècle (?).

 

Le logis
     Ébloui par ces tours, j'en oubliais de vous parler de la plus grande surface de ce château :  Le Logis.
  Il mesure approximativement 15m x 18m, il est composé de 2 étages avec un rez de chaussée.
Différentes époques de construction  sont visibles. Des murs épais de défense (curieusement, je ne décèle aucune archère, même bouchée), puis une magnifique fenêtre géminée, et enfin des classiques ouvertures à meneaux en croix.

 

    L'intérieur :

      Hélas, la propriété est privée et la ruine n'est pas visitable. Mais un habitant, curieux de voir un "chevalier" mitrailler (en photo bien sur) le bâtiment m'a conté des détails.
  Voici le plan pour comprendre.
     La cour intérieure est aujourd'hui couverte. Les salles supérieures comportent des cheminées massives mais peu décorées.

 

 

Histoire de la Tour :

* A la fin du 13ème siècle, une fortification semble existée en ce lieu (?). Le territoire appartient à la famille Lasseran qui gardera ce fief durant 5 siècles.
* En 1319, Vital de Lasseran rend hommage au Comte d'Armagnac (voir titre de noblesse).
* En 1636, il semble que les terres soient érigées en Baronnie par Louis XIII (voir liste des Rois).
* En 1736, François de Lasseran Monluc vend la seigneurie de Mansencôme au Marquis Gaspard de Maniban. Ce dernier entreprend de nombreux travaux pour améliorer le confort de ce "vieux" château féodal. Mais son fils étant endetté, les travaux sont stoppés.
* Après la révolution Française, le château très abîmé change très souvent de propriétaires.
* En 1927, le château est inscrit aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur depuis la route est libre et gratuite. La visite de l'intérieur est interdite.

 

  Cliquez pour voir le menu des châteaux forts du Gers Vers Menu châteaux du Gers
Repost 0
Published by Le Chevalier Dauphinois - dans Châteaux en Gascogne : 32 47
commenter cet article
5 août 2014 2 05 /08 /août /2014 06:30
 

   Les églises "classiques" ont la forme d'une croix avec une abside semi-circulaire. L'ensemble est souvent en rondeur. Mais au moyen âge, le parallélépipède régnait en maître.

   Certaines églises, avec cette simplicité de construction du 12ème siècle, ont réussi à traverser les âges. Venez découvrir l'incroyable église fortifiée d'Agonac.

 


Département 24 - DORDOGNE

 

Le bourg :
    Situation :   (Le voir sur une carte)
       La petite commune d'Agonac est située à 12km au Sud-Est de Brantôme et à 12km au Nord de Périgueux.

     Coordonnées du bourg :

45° 17′ 14.9″ N 0° 44′ 46.3″ E
 45.287472°  0.746194°

 
L'église fortifiée :
       L'extérieur :
L'arrivée
   Après avoir visité  le fantôme du château fort d'Agonac, je me dirige au Sud-Ouest du bourg. En arrivant sur le site, la masse parallélépipédique de l'église ne montre pas d'indice de fortification.

Le doute s'empare de moi.

   Mais.... (quel suspense !)... en m'approchant, je ressens (car j'ai des yeux qui sentent tout ) les détails défensifs sur cette église.


La nef
    Bien que consolidée "récemment", la nef romane porte encore les traces de fortification. Comme souvent cela se traduit par une salle de repli sous le toit agrémentée de fentes de tir.

Mais avez vous remarqué une curiosité ?


Enigme

   Dans le mur, en dessous de la salle de repli, cette fente est mystérieuse.

Sont ce des latrines intérieures ?

Ou une imitation de mâchicoulis (voir vocabulaire) ?


Le clocher
    Massif est le mot qui qualifie le mieux ce clocher. L'aspect massif est renforcé par les 2 imposants contreforts encadrant un autre plus "timide".
    S'il n'y avait pas les grandes ouvertures sans abat-son, j'aurais presque affirmé que c'était un donjon.
   Les ouvertures verticales au dessus des contreforts ressemblent beaucoup à des fentes de tir.

Le chevet
    Évidemment, perspicace comme vous l'êtes (hooo, mes merveilleux visiteurs ) vous avez remarqué le système défensif du chevet avec une salle de repli haut perchée.
   En contournant ce bâtiment, je découvre encore des merveilles défensives. Je ne parle pas des trous sous la frise (dépourvues de modillon hélas) dont la fonction m'échappe , mais de cette ouverture d'angle entre le clocher et le chevet.

 

Entre le clocher et la nef

    Dans mon "inspection du contournement" de l'église, je reviens sur la face opposée entre le chevet et le clocher et une autre curiosité m'attend (depuis 800 ans ). Toujours dans l'angle, bien que bouchée, une fente de tir me confirme que cette église était intégrée dans le système défensif du village.

 

   L'intérieur :

Hélas, je n'ai pas la clé magique permettant de visiter l'intérieur.

     Alors, je vous quitte non sans vous montrer un des deux enfeus (Niche souvent placée dans les murs des bas-côtés d'une église ou dans les chapelles latérales, et destinée à recevoir des tombes) curieusement situé à l'extérieur, puis une des pierres de remploi.

 

 

Histoire de l'église :

* Au 12ème siècle, construction d'une église.
* Vers le 13ème siècle (?), les habitants fortifient l'église et l'intègrent dans la défense du bourg.
* En 1900, l'église est classée aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Martin) est libre et gratuite. L'intérieur de l'église est parfois visible en dehors des offices, mais la visite du donjon est interdite.

 

 

Vers Menu églises
fortifiées
de France
Cliquez pour revenir au menu des églises fortifiées   Vers Menu châteaux de la Dordogne
Repost 0
Published by Le Chevalier Dauphinois - dans Châteaux en Périgord : 24
commenter cet article
4 août 2014 1 04 /08 /août /2014 06:04

 

Pays :

  BELGIQUE

Province :

  Luxembourg
   

Le bourg :

      Situation :   (--> le voir sur une carte)

   Le petit bourg très accueillant de La Roche en Ardenne est situé à 60km à l'Est de Dinant et à 22km au Nord-Ouest de Bastogne.

  Coordonnées du château :

50° 10' 57.4" N 5° 34' 35.252" E
 50.182611°  5.576459°

 

Le château :

   Cela se passe en l'an de grâce 2007, durant un printemps pluvieux au Royaume de Belgique. J'avais déjà visité 2 ruines castrales. La fatigue se lisait sous mon heaume.

    Le ciel était bas et comme tout Gaulois, j'avais peur qu'il me tombe sur la tête. Je n'avais qu'une seule envie : Retourner à l'auberge.

    C'est à ce moment que mon destrier s'arrête pour me montrer une forme brune au dessus des maisons colorées.

Sont ce les ruines d'un château fort ?

 

    L'extérieur :

      De loin, le château ressemble à un  enchevêtrement de tours rondes  reliées par de petites courtines. Le cercle et l'ovale semblent avoir été le thème principal de cette construction.

   Pourtant en  regardant le plan, cette impression n'est pas réelle.  Je pars à la découverte de cette curieuse ruine. 

 

    L'intérieur :

La montée

     Après avoir passé le guichet et donné quelques piastres au "bougon caissier", j'entre dans la place forte. Il faut monter, monter, monter pour conquérir ce château. Fatigué, je m'arrête (voir repère 4 sur plan) proche d'une barbacane (?) pour regarder le dénivelé restant

 

Une curiosité architecturale

       Aux pieds d'une des tours, je constate que l'ensemble a été consolidé récemment et surtout que le matériau de base n'est pas de la pierre taillée mais un "assemblage que certains spécialistes nomment "Opus incertum" (j'adore frimer avec des mots que je ne comprends pas  ).

      Cette haute tour comporte quelques archères droites très classiques.

Etait ce suffisant pour défendre un tel château ?

 

La modernité dans un médiéval château

    Face au rempart principal de la fortification, le spectacle est différent. Ce sont des canonnières et des bouches à feu qui mettent un peu de couleur blanche à cette sombre pierre. Ce château me semble brouillon, sans personnalité (Peut être trop refait ?).

 

Je suis dans la cour

    Je suis dans le coeur du château, et je vois... heu.... une tour arasée. Elle ressemble à une tour à canon du 17ème siècle. Puis à quelques mètres, une fente de tir pour fusil. Puis dans un angle un four à pain.

  Holalalala, comme je suis triste dans cette ruine.... Point de vibration pour une pierre ou une sculpture j'ai !

 

Il me faut un déclic

Mais que vois je ?

   Une citerne au milieu ...... Cela ne m'émeut pas.

     Peut être ai je trop marché ce jour ou est ce "le ciel si bas qu'un canal c'est perdu".... hihihi, je cite du Brel.

 

Le déclic ne vient pas

    J'ai l'impression que cette ruine n'a pas d'âme, cela est certainement dû à trop de consolidations pour recevoir des visiteurs. Ce château accueille aussi de nombreuses manifestations "médiévales", il doit peut être aussi s'ennuyer avec comme seul visiteur votre chevalier.

   Je vais la laisser dormir et je repars sur la pointe des pieds vers la sortie.
 

 

Histoire du château :

* A l'époque Romaine, une petite fortification semble être bâtie sur le rocher situé au croisement de 6 vallées.
* A partir de 844, Adelard Comte de Laroche (voir titre de noblesse) aurait construit  une fortification.
* Au début du 12ème siècle, le château appartient au pays de Namur.
* Au 14ème siècle, Jean l'Aveugle, Roi de Bohème autorise les habitants de La Roche a construire des murailles entourant la petite ville. Ce bourg protégé prospère rapidement.
* En 1681, l'armée du Roi de France Louis XIV (voir liste des rois) attaque puis occupe le château. Vauban aurait amélioré la défense du château.
* En 1697, les Français abandonnent le château.
* Au 18ème siècle (1780 ?), l'Empereur Joseph II fait démanteler le château. Il sert de carrière de pierre pour les maisons des habitants de La Roche.
* En 1903, des fouilles sont organisées dans l'enceinte du château.
* Au 20ème siècle, consolidation des ruines.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est possible depuis les ruelles du bourg animé. La visite du château est payante. Choisissez un week-end de festivité, sinon, tristesse, comme moi, vous aurez.

 

Repost 0
Published by Le Chevalier Dauphinois - dans Belgique médiévale
commenter cet article
3 août 2014 7 03 /08 /août /2014 06:30


Pays :

 ESPAGNE

Région :

 CATALOGNE

 

Le bourg : 

  Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Cette montagne portant le château de Sant Salvador de Verdera est comprise entre les bourgs de Llançà, Rosa, Vilajüïga (voir son château) et El Port de La Selva.

     Elle est située à 15km au Sud de la ville frontière Française de Cerbère et à 25km au Nord-Est de Figueres.  

  Coordonnées du château :

42° 19' 12.079" N
3° 10' 4.631" E
 42.320022°
 3.167953°

 

Le château :

   Depuis le parking proche du monastère fortifié de Sant Pere de Rodes, j'aperçois au sommet de la montagne les ruines d'un château. Dénivelé, épineux et rocailles coupantes ne freinent pas mon envie de découvrir cette beauté.

 

   L'extérieur :

      La montée est plus facile que j'imaginais. Un sentier odorant serpente doucement me laissant le temps d'admirer les formes de la ruine qui se confondent avec les rochers.

          A l'arrivée, c'est le choc !

    De grandes archères droites me font face. Imaginez les à plusieurs mètres de hauteur (le sol a été surélevé par les gravas durant ces derniers siècles) avec 1 archer derrière chacune. Après une si longue montée, je ne suis pas certain que l'assaillant soit en état de combattre avec toutes ses aptitudes physiques.

    Les pierres d'angle ainsi que celles en partie basse semblent correctement taillées (bien qu'irrégulières) et scellées, mais le haut du mur possède un parement de mauvaise qualité.

Est ce du a une consolidation récente ?

 

    La caractéristique générale de ce château est l'angle droit, il y en a partout. L'absence de "rondeur" et de bouche à feu (voir vocabulaire) me fait penser que ce château ne fut plus stratégique à partir du 14ème siècle.

    La porte d'entrée protégée par de hautes archères confirme ma pensée. l

 

    L'intérieur :J'aurais apprécié être guetteur pour regarder la montagne et la belle 'mère' ...hihihi

Le 1er rempart
   Je ne m'attendais pas à Versailles en franchissant la porte, et ce rempart en ligne, ce sol jonché de terre et la végétation me confirment que je suis dans une ruine oubliée des hommes (mais vous vous en doutiez un peu, sur mon blog il y a peu de châteaux "pas cassés").
    Avec le temps, les traces de fondation des bâtiments (les communs) ont disparues sous la terre et il est impossible de définir l'aménagement de cette basse-cour. Je suis surpris par la faible épaisseur des murs de ce rempart. Le seigneur ne devait pas craindre les armes de jets de pierres.
 
    Avec précaution, je m'avance dans les herbes, non pas que je craigne les épineux, mais il y a beaucoup de bruits dans l'herbe et comme j'ai vu un serpent dans la montée, méfiant je suis.
    Ma recherche d'indice est fructueuse. Je vois une ouverture en surplomb qui semble être des latrines, et enfin la 1ère forme ronde : Une tour flanque.
 
Le 2ème rempart
   Le site fortifié épousant la montagne, il faut toujours monter pour atteindre la 2ème ligne de défense. Elle n'est matérialisée que par de rares vestiges de courtines, mais surtout elle montre de hautes tours circulaires avec des parement et de pierres taillées toujours aussi "pauvres", malgré cela, une force émane de ce site. Est ce du à la couleur sombre ?
   Contrairement à de nombreux châteaux (que je vous ai montrés) le sol n'a pas été aplani et des rochers côtoient les constructions.... Voila une ruine qui ne copie pas sur ses copines !
 
Le donjon
   Ce château n'étant pas classique, son donjon ne ressemblera pas au standard. Et puis pourquoi construire une haute tour alors que la fortification est déjà sur un pic presque inaccessible.
    Il est certes arasé, et j'avoue ne pas distinguer le donjon du logis.
 Qu'importe mes doutes, la beauté du paysage suffit. J'ai vraiment une passion offrant des plaisirs multiples.

 

 
Histoire du château :

* Au 12ème siècle, une fortification est certainement construite sur la colline pour dominer le monastère.
* Au 13ème siècle, modernisation du château.
* Au20ème siècle, une campagne de sécurisation est menée.
* Au 21ème siècle, la découverte de la ruine est libre et gratuite. Le risque de recevoir une pierre ou de croiser un serpent existe. 

 

Pour mieux comprendre cette ruine, la voici vue du ciel --> clic

 

 

Repost 0
Published by Le Chevalier Dauphinois - dans Espagne médiévale
commenter cet article