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Ombre et lumière

23 juin 2015 2 23 /06 /juin /2015 06:30

 

Département 02 - AISNE (Thiérache)

  Que de tours pour une église

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Le village de Cuiry lès Iviers est situé à 40km au Nord-Est de Laon, à 15km au Sud-Est de Vervins et à 14km au Sud de Hirson.

   Coordonnées du bourg :

49° 45′ 43″ Nord 4° 6′ 37″ Est 
49.761944°   4.110278°

 

L'église :

     L'extérieur :

Préambule

   Une église fortifiée, c'est déjà une curiosité architecturale et aussi "philosophique", mais si en plus elle est sans âge, je suis aux anges.

  Depuis quelques années, je les traque dans toute le France. Après plus de 200 découvertes, je pensais avoir tout vu, tout ressenti devant ces bâtiments religieux. Mais c'était sans compter sur l'église de Cuiry lès Iviers.

 

La découverte

    En arrivant dans le bourg, comme souvent j'ai levé les yeux pour chercher un haut clocher. Mais à ma grande surprise, point de pointe dans le ciel ni de girouette en forme de coq.

Me suis je trompé de village ?

    En ce 3ème dimanche de mars, en m'aidant de mon gps, je vais en direction de mon Graal. Soudain, mon appareil de position satellite sonne. Je lève la tête et point de clocher ni d'église.

Le doute m'envahit quand soudain j'eus la révélation.

   L'incroyable bâtiment que je pensais être une maison forte ou une ancienne ferme bourgeoise est en réalité l'église fortifiée de Cuiry lès Iviers.

L'auriez vous deviné sans ma prose ?

Quel curieux couvre-chef ! 

L'enquête commence

    N'en croyant pas mes yeux, je prends un peu de recul pour me convaincre que cette construction fortifiée est bien une église.

  N'ayant que peu de certitude je m'approche pour regarder la partie "gauche" qui semble être le chevet.

 

Le choeur

   Le choeur est un bâtiment plus haut que la nef. Il est flanqué de deux tours circulaires de dimensions et diamètre différents. Deux détails m'informe que cette construction est défensive :

  * Chaque tour possède des petites fentes de tir pour fusil.

  * Sous le toit, des ouvertures trahissent la présence d'une salle de repli.

 

La nef

   A l'autre bout, la nef est protégée par une puissante tour ronde coiffée d'un clocheton d'inspiration flamande. Ce ne sont point des fentes de tir qui protègent l'entrée mais des canonnières inégalement réparties sur 2 niveaux.

   En contournant la nef, je suis surpris de ne point voir une autre tour.

Quelle curieuse asymétrie !

   En prenant un peu de recul, je ne m'explique pas la présence d'une seule tour pour la nef alors qu'il est si logique d'en voir 2 sur la nef.

Y a-t-il eu une destruction suite aux 2 guerres mondiales du 20ème siècle ?

 

 

    L'intérieur :

  Comme souvent durant notre siècle, les églises sont fermées. Celle-ci ne déroge pas à la règle.

 

 

Histoire de l'église :

* Au 16ème siècle, construction de l'église.
* Au 17ème siècle, construction (allongement ?) de la nef.
* En 1989, l'église est inscrite aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Martin) est libre et gratuite. La visite des tours est interdite.

 

Est ce une maison forte ou une église ?

 

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20 juin 2015 6 20 /06 /juin /2015 06:09

 

La découverte de l'extérieur du château est ici

 

 Point de pont levis en cette belle enrée de pierre

Département 30 - GARD

 

 

Le château : 

        L'intérieur :

Une entrée fortifiée

* Avec précaution, je passe la porte.

* Cette entrée ressemble à un tunnel ce qui me fait imaginer :

  - Une salle au dessus avec un assommoir,

  - Peut être une salle sur les cotés avec fente de tir.

* Ce tunnel est une nasse.

Voyez vous au fond ?

* Un mur avec fentes de tir pour arme à feu a été ajouté après le 15ème siècle.

* Avec précaution et lenteur, je me retourne pour voir.....

 Voyez vous toutes les "maisons" ?

Il y a des murs partout !

* Je ne m'attendais pas à un tel spectacle.

* Il reste des pans de mur perpendiculaires aux remparts.

* Il m'est impossible de définir la fonction des pièces car il n'y a ni mangeoir, ni cheminée, ni niche (nunuche je suis).

* Par contre, certaines possèdent une ouverture que je pressens être pour la défense.

* En approchant, ma supputation se vérifie.

 

Un site défensif

* Après avoir longuement observé les "enclos" (ou les pièces), je prends un peu de recul.

Voyez vous cette merveille ?

* Le mur épais possède des trous de boulin (voir vocabulaire) pour le plafond de la salle basse.

* Au dessus, les multiples trous soutenaient le chemin de ronde.

Avez vous remarqué le nombre important de fentes de tir ?

 Quelques rideaux aux fenêtres, un cadre au mur et hop... voila un site habitable

Des habitats de confort

* Dans mon errance, je remarque des "enclos" pourvus de grandes ouvertures rectangulaires.

* Je pressens que ce furent des fenêtres.

* Lentement, je commence à comprendre l'architecture de ce site.

 

Des salles voûtées

* Lentement, je m'approche de ces vestiges ayant été habités.

* Je remarque sur la droite ce qui semble être un escalier droit. Mais il est important dans un site ruiné de ne pas faire de conclusion hâtive.

* Puis, sur sa gauche, des vestiges de salles voûtés.

* L'ouverture dans le mur du fond n'est point une archère. C'est un puits de lumière.

* Ces salles avaient certainement la fonction de cave ou réserve de nourriture.

* Quelques mètres plus loin, une autre salle voûtée possède un revêtement intérieur "argileux". Je pressens que ce fut la citerne.

* Comme je l'écrivais plus haut, lentement, je commence à comprendre l'architecture de ce siteLe donjon est (presque) aussi beau qu'au premiers jours

 

Est ce de même pour vous ?

 

Le donjon

* Point de château sans tour maîtresse.

* Elle a une forme carrée.

* Ses dimensions ne la rendent pas habitable. Pourtant, elle permet à plusieurs "soldats" de s'y réfugier et de se défendre.

* Elle semble positionnée du coté le plus sensible à une attaque.

* Elle protège aussi le sas d'entrée.

* Le sommet, bien qu'arasé, possède les vestiges de constructions en encorbellement.

* Quelques fentes de tir sont encore visibles à plusieurs étages.

* S'ouvrant sur l'esplanade intérieure, la porte en plein cintre à grands claveaux possède un tympan monolithique.

 

Le diaporama du château est ici.

 

 

Histoire du château :

* Au 12ème siècle (?), une fortification est construite.

* En 1243, le site est possession de Pierre Bernard de Sauve.

- Nota : Il est possible que Pierre Bernard s'orthographie Pierre Bermond, le reliant ainsi à la maison d'Anduze (à vérifier).

* En 1307, l'Hôpital du Puy en Velay cède les terres de Fressac à l'évêché en échange d'une rente.

* Au 16ème siècle, l'évêque vend le site à Jean de la Nogarède seigneur de la Garde.

- Nota : Je n'ai pas pu définir si c'est Jean Ier ou son fils Jean II.

* Au 16ème siècle, durant les guerres de Religion, le château est gardé par une vingtaine de soldats.

* A la fin du 17ème ou au début du 18ème siècle, les Camisards attaquent le château.

* En 1808, Joseph de Cadolle vend le site à Simon Verdelhan.

* A la fin du 20ème siècle, la famille Verdelhan cède le site à la commune de Fressac.

* En 1992, le site est inscrit aux Monuments Historiques.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite des fortifications intérieures est possible sous votre responsabilité. Le site n'étant pas sécurisé, le risque de recevoir une pierre ou de tomber dans une salle basse existe. Soyez très prudents.

 

Sont ce les fleurs plantées par les damoiselles du château il y a 7 siècles ?

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19 juin 2015 5 19 /06 /juin /2015 06:05

 

Département 12 - AVEYRON

  Du haut de sa colline, le vieux château surveille la vallée

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   La commune de Gissac est située à 38km au Nord-Ouest de Lodève, à 25km au Sud-Ouest de Millau et à 9km au Sud de Saint Affrique.

     Coordonnées du château fort :

43° 53' 9.827" N 2° 52' 48.212" E
 43.886063°  2.880059°

 

Le château fort : 
        L'extérieur :
La découverte

   Depuis le bourg de Gissac, je pars en direction du Nord-Ouest vers le hameau de Montégut. Après 7km de chevauchée, mon Graal apparaît sur la colline.

Avez vous noté que le château se nomme Montaigut

alors que le hameau porte le diminutif de Montégut ?

    Ne reste-t-il qu'une tour unique ?

Première analyse

* Sur la droite, un muret m'interpelle. Je ne peux pas dater sa construction et encore moins définir sa fonction originelle.

* Le massif bâtiment a une forme quadrangulaire.

* Sur la gauche, le puissant contrefort d'angle est curieux par sa forme, sa hauteur et sa largeur.

* Au dessus, des fenêtres "modernes" renforcées par un arc de décharge,

* En partie haute, un étage qui semble avoir été ajouté et que j'assimile à un chemin de ronde couvert.

 

Je suis déboussolé
    Je suis surpris de ne point comprendre l'architecture de ce château. Lorsque je ne comprends pas, j'utilise deux principes :

1 - Je prends du recul pour mieux ressentir. Je suis toujours dans le "flou".

2 - Je récupère un croquis réalisé par monsieur Pons. Voici le château théorique au 14ème siècle.

Avez vous compris l'architecture de ce quadrangulaire bâtiment ?

  Aviez vous déjà vu ce style d'échauguette ?

Enigmatique façade

   Lentement, je contourne le bâtiment pour tenter de découvrir ses secrets. Il a été construit directement sur rocher. Mais ce n'est point la partie basse qui m'interpelle, mais la façade.

 

A gauche

* Sur la gauche, des ouvertures de lumière de tailles différentes. Je pressens que plusieurs siècles séparent les petites des grandes.

* En partie supérieure, une curieuse échauguette d'angle très cubique. Elle comporte de petits systèmes de tir pour arme à feu et en dessous des mâchicoulis.

 

A droite

* Le mur est plus abîmé. La qualité des pierres est médiocre.

Est il plus ancien ?

* Les ouvertures de lumières ne sont point imposantes

* L'échauguette d'angle est identique à sa consoeur de droite.

* Par contre, une salle semble possédée un élément de confort nommé : Latrines.

Avez vous remarqué une petite fente au dessus ?

  Sa position semble plus haute que le chemin de ronde couvert.

Une architecture cubique, mais non symétrique !

        L'intérieur :
  Hélas, le site n'est point ouvert à la visite le jour de ma venue. Je me console en regardant le jardin médiéval et surtout la beauté du paysage Aveyronnais.

 

 

Histoire du château fort :

* Au 10ème siècle, sur la falaise de la vallée du Grauzou, regardant en direction des châteaux de Montlaur et Rebourguil, construction d'un château fortifié en protection des terres du Comté de Millau (voir son château primitif). Le site appartient à la famille éponyme.

* Au 11ème siècle,un puissant château en pierre est aménagé par la famille Montaigut.

* Au 12ème siècle, le château appartient à l'un des fils de Pierre d'Aysenne et Marie de Caylus.

* Au milieu du 12ème siècle,le seigneur de Montaigut fait de nombreux dons à l'abbaye de Sylvanès.

* A la fin du 13ème siècle, le damoiseau Pelfort, possédant 1/8ème du domaine, le vend à Pons Tréboulou.

* Au début 15ème siècle, le site appartient à la famille Peyre (ou Pierre ?).

* Au 15ème siècle (?), par mariage, le site appartient à la famille De Blanc. Pour plus de confort, de nombreux travaux de modernisation sont effectués à l'intérieur.

* En 1479, le seigneur de Montégut tue (assassine ?) le seigneur de Montlaur. Une expédition punitive est organisée en retour contre le château.

* En 1515, la famille Albis achète une partie des droits à Isabeau De Blanc.

* En 1537, la famille Albis achète une partie des droits à Pierre De Blanc.

* En 1568, Guillaume De Blanc, seigneur de Montégut et gouverneur de Saint Affrique, adopte les idées des Protestants.

* En 1569, le propriétaire du site demande au Consul de Saint Affrique "un tonneau" de poudre pour assurer correctement la garde de la route en contrebas entre Camares et Saint Affrique.

* En 1574, Guillaume est assassiné par ses serviteurs. Sa femme est chassée du château.

* Durant le 16ème siècle, le domaine appartient successivement à la famille Albis, puis Annat.

* En 1602, Jean Roubelle et Marc de la Valette sont propriétaires du château (Sont ils successivement ou ensemble les propriétaires, mes textes ne l'affirment point).

* En 1639, le château est vendu à Jean de Morlhon, Comte (voir titre de noblesse) de Caylus.

* En 1765, un membre de la famille Valette semble être le ou l'un des propriétaire(s) du château.

* Vers 1780 (?), le château appartient à la famille De Labit, de Saint Gervais.

* Vers 1792, les révolutionnaires s'emparent du château et le vendent au sieur Ollier.

* Vers 1950, le château appartient à Emile Bousquet, cultivateur à Montlaur. Le château non habité se dégrade.

* Vers 1972, le site est possession de monsieur Simonin qui tente de le restaurer.

* A la fin du 20ème siècle, une association de sauvegarde est créée. Lentement le château renaît de ses cendres.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite depuis la route et le sentier. La visite de l'intérieur est payante. Veuillez vérifier les dates et horaires d'ouverture.

 

Bien qu'il m'ait conquis, je n'ai pas pu le conquérir !

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16 juin 2015 2 16 /06 /juin /2015 06:05

 

Département 17 - CHARENTE MARITIME

  Quel impressionnant contrefort d'angle

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   La petite commune de Neuvicq est située à 60km au Nord-Est de Bordeaux, à 50km au Sud-Est de Pons (voir son donjon) et à 4km au Nord de Montguyon.

     Coordonnées de l'église :

45° 14' 37.932" N 0° 11' 5.014" W
 45.24387°  -0.184726°

 

L'église : 
        L'extérieur :
La découverte

     Connaissant l'histoire du cimetière Mérovingien de Neuvicq avec sa centaine de sarcophages, je me rend au triple galop dans cette petite commune. C'est ainsi que je tombe nez à nez sur un puissant contrefort d'angle coté chevet.

N'y aurait il pas une église fortifiée ?

  Diantre !... Il n'y a que d'impressionnants contreforts !contrefort d'angle

L'analyse 

* Ma première surprise est évidemment pour les 2 imposants contreforts d'angle coté chevet.

* Ma deuxième surprise est l'absence de clocher dépassant du toit.

* Puis je suis étonné par les 2 bâtiments symétriques de chaque coté formant un transept dont la hauteur est beaucoup plus faible que la nef.

* Mais, malgré mes recherches, je ne vois aucun système défensif.

 

Est ce une simple église Romane ?
   Cette construction religieuse réalisée en grison du Pays ne semble comporter aucun système de défense.

   Sous le toit, je ne remarque aucune salle de repli.

  Voyez vous la beauté fortifiée ?

L'espoir renaît !

    En observant le contrefort plat entre la sacristie et le transept, je vois une fente verticale. Je subodore que sa fonction est un puits de lumière.

Mais où mène l'escalier intérieur ?

 

Je poursuis mon enquête

    En m'approchant du coté Ouest, je remarque à l'angle une curieuse construction flanque avec, au sommet, une petite ouverture.

 

La façade Ouest est fascinante

     Le coté Ouest, comportant le portail d'entrée, m'informe que la haute construction à droite n'est point un contrefort mais une tour défensive.

* Une fente pour le tir,

* Une ouverture pour... heu.... le tir.

   Je peux maintenant tenter d'entrer dans l'église.

 

        L'intérieur :
  Hélas, comme beaucoup d'églises, la porte ne s'ouvre pas. Je ne pourrai pas confirmer mes constatations.

 

 

Histoire de l'église :

* Vers 1066, un village nommé Novus Vicus apparaît dans les textes.

* A la fin du 11ème siècle, construction de l'église. C'est ce qu'affirment certains archéologues.

* Au 13ème siècle, le chevet est modifié (à vérifier).

* Au 15ème siècle, construction du transept (à vérifier).

* En 1860, une centaine de sarcophages sont mis à jour. Ils sont réalisés dans du calcaire de Jonzac (voir son château).

* En 1886, une vingtaine de sarcophages sont découverts.

* En 1946, une dizaine de sarcophages sont déterrés.

* En 1964, une autre vingtaine de sarcophages sont mis à jour faisant de ce site le plus important cimetière Mérovingien des Charentes.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Laurent) est libre et gratuite. La visite des fortifications intérieures est interdite.

 

Plusieurs siècles de constructions sont visibles sur cette église sans clocher

 

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12 juin 2015 5 12 /06 /juin /2015 06:30

 

Département 12 - AVEYRON

  Voyez vous cette beauté dépassant des arbres ?

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
    La commune de Millau est située à 70km au Nord-Ouest de Montpellier, à 60km au Sud-Ouest de Mende et à 45km au Sud-Est de Rodez.

     Le château est situé à 5km à l'Est de Millau, sur le causse Noir, en bordure des gorges de la Dourbie.

 

Le château : 
        L'extérieur :
Elle est là haut !

    Sur la route entre les communes du Massebiau et de Le Monna, perchée sur un rocher du causse, tentant de survivre aux grands arbres, un vieux château solitaire se désespère de ne point voir de touriste feru de ruines médiévales.

C'est pour la consoler que je suis en ce lieu.

 

Mes supputations durant l'effort

    Lentement, je monte dans la pente pour espérer caresser cette beauté d'un autre âge. Tout en soufflant par l'effort, tout en faisant attention aux pierres roulantes et aux épineux, je lis ma petite brochure sur cette ruine. 

    Il semblerait que la tradition populaire nomme ce site : Le château Anglais.

Impossible cela est !

    Le château était (ou aurait été) en ruine avant le début de la guerre de Cent ans, donc avant l'invasion des Maudits Anglois. Si j'avais un téléphone moderne, j'aurai demandé la confirmation grâce à la tour derrière ma tour.

  Bien le bonjour belle dame !

L'arrivée

A ses pieds, c'est le choc !

  * Le choc de la vue sur la vallée de la Dourbie.

  * Le choc de la qualité de construction pour un si vieil ancêtre.

 

L'analyse 

    Ce pan de mur, appartenant à une tour située du coté de l'attaque, est fascinant :

* Bien qu'abîmés sur un coté, les parements d'angle sont correctement ajusté avec des pierres bien taillées (sans être exceptionnelle).

* A mi-hauteur, 2 fentes verticales curieusement très rapprochées. Elle ressemble à des archères primitives.

* Au sommet, une large ouverture dont la fonction semble indéfinissable.

1 - Etait ce la porte d'entrée ?

2 - Ou une simple fenêtre ?

3 - Ou des latrines ?

4 - Ou une bretèche ?

* Je suis aussi très étonné par le linteau (en haut de l'ouverture).

* Sous la porte, des pierres posées en écaille de poisson m'informent que ce mur a certainement été construit au 10ème siècle.

  Un vestige d'archère fascinant

        L'intérieur :

J'entre

   Avec précaution, je contourne la puissante tour pour constater qu'un coté a complètement disparu et que les 2 autres ne sont que partiels.

 

Les systèmes défensifs

    En partie supérieure, je découvre l'intérieur des 2 archères primitives. Ainsi, je mesure l'épaisseur du mur et surtout je constate la faible amplitude de l'ébrasement. Cela confirme que ces systèmes défensifs sont "primitifs".

     Un peu plus loin, à travers le feuillage, une ronde tour montre son fantôme. Elle offre au curieux que je suis les vestiges d'une archère classique. 

 

Les éléments de confort
    Ma surprise est de ne point voir de coussiège aux fenêtres. La raison est évidente : Dans cette ruine, il n'y a plus de fenêtre. 

   Menteur je suis, car une antique ouverture de lumière est visible. Sa petitesse surprend, mais c'est surtout le vestige d'un meneau qui m'interpelle.

 

 

Histoire du château :

* Au 10ème siècle, construction probable du premier château fortifié.

* Durant les siècles suivants, il semble que certains systèmes défensifs soient améliorés.

* En 1383, un texte affirme que le château est en ruine.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite de loin. La visite de l'intérieur est possible avec grande prudence. Le site n'est pas sécurisé. Le risque de recevoir une pierre est important.

 

La vielle tour surveille toujours la Dourbie

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11 juin 2015 4 11 /06 /juin /2015 06:03

 

La découverte de l'extérieur du château est ici.

 

 La montée des marches n'est point qu'une simple expression en ce château

 

     L'intérieur :

L'escalier

* En entrant, c'est le choc !

* Avec une entrée en style Gothique flamboyant, il est évident que l'intérieur de la tour ne peut pas être classique. J'avoue que la surprise est magnifique.

* Comme il n'y a qu'un seul escalier pour desservir tous les étages, il se doit d'être exceptionnel.

* Il comporte 82 marches.

* Le noyau central est torsadé.

* La largeur des marches est de 2,5m.

* Coté noyau, chaque contremarche est sculptée. L'ensemble réalise une sorte de trompe l'oeil.

* Pour atteindre le 1er étage, l'escalier réalise 1,5 révolution.

* Alors que pour l'étage supérieur et les combles, il ne fait qu'une seule révolution.

 

 

L'escalier défensif

Des petits trous, des petits trous, toujours des petits trous... lalalala

Avez vous remarqué les trous dans le mur ?

 

Pensez vous que ce soit des ouvertures de lumière ?

* Que nenni !

* Ce sont les ouvertures de tir pour arme à feu.

* Grâce aux nombreuses fenêtres à meneau, l'escalier est très lumineux.

* Toutes les fenêtres ont une fonction défensive.

* Ainsi, les multiples ouvertures de tir permettent une défense sur 180°.

 

 

Le chef d'oeuvre de l'escalier

* Au sommet de l'escalier, c'est le choc !

Je suis conscient que c'est le 2ème de suite.

* L'escalier se termine par un magnifique palmier de pierre.

* Certains architectes nomment cette beauté : Une voûte en étoile.

* A chaque croisée d'ogives, le blason de la famille Calvimont est apposé.

 

 

 

Analyse des façadesVais je aller à droite ou à gauche ?

* A chaque étage, deux possibilités ("couloirs") me sont offertes.

* Le plan facilite la compréhension.

* J'opte pour la découverte à gauche menant vers les "petites" chambres

 

Les petites pièces numérotées 1

* En entrant, je constate que le temps a fait son travail d'usure. Les plafonds ont disparu.

* Les pièces ont une taille modeste, mais avec l'imposante cheminée par étage, il devait être agréable d'y séjourner.

* Les cheminées des étages ont des piédroits sculptés et un manteau esthétique.

* La cheminée de la salle basse ainsi que les murs et fenêtres sont rustiques car c'était la cuisine.

* Comme pour les autres pièces, les fenêtres à meneaux en croix possèdent à la base une ouverture défensive.

 

 

Des cheminée dans chaque salle

* Toutes les petites salles possèdent une cheminée.

* En fonction de l'importance de la pièce, elle est plus ou moins sculptée.

 Le petit coin est dans un coin

Les latrines

* Je me devais de vous parler des commodités.

* Très souvent je vous les montre.

* C'est un peu "ma" marque de fabrique... Hihihi.

* Excepté qu'elles aboutissent à une fosse (ce qui est assez rare pour cette époque), elles sont classiques dans leur architecture "d'aisance".

 

Les grandes salles numérotées 5

* Avant de pénétrer dans les grandes salles, je me délecte des sculptures d'encadrement des portes.

* En entrant dans la partie composée des plus grandes salles du château, je ne suis point surpris de l'absence des plafonds.

* Mais grâce à cette destruction j'ai un nouveau choc !

* Avant d'admirer chaque cheminée, je me concentre sur les corbeaux blasonnés ayant soutenu les imposantes poutres.

 

 

Les cheminées des grandes salles

* Les monumentales cheminées sont un autre chef d'oeuvre du château de l'Herm.

* Le fait qu'elles soient suspendues donne plus de magie.

 

 

La cheminée du rez de chaussée

* En bas, la cheminée correspond à la salle des repas

* Elle est large pour créer de la chaleur.

* Elle possède le blason de la famille Calvimont.

* C'est la plus sobre des 3.

 

La cheminée du premier étage

* La salle du 1er étage correspond à la salle d'apparat.

* C'est aussi dans cette salle que justice est rendue.

* La cheminée se doit d'être majestueuse et travaillée.

 

 

 

La cheminée du deuxième étage

* Celle du 2ème étage, correspondant à la grande chambre, est magnifique.

* En réalité, c'est la pièce des intimes, la salle permettant d'être en famille, de recevoir des amis et invités proches.

* La cheminée est un peu plus sobre, mais elle se doit de montrer les armoiries du seigneur.

 

 

La plateforme

* Evidemment, depuis le sommet du château, la vue est magnifique.

 

 

Histoire du château :

* Au 10ème siècle (à vérifier), un construction de guet (?) existe pour surveiller l'axe de passage entre Périgueux et le château de Montignac.

* En 1479, Jean de Calvimont, conseiller du Roi Louis XI (voir liste), possède quelques terres en ce lieu.

* A la fin du 15ème ou début du16ème siècle, la famille de Calvimont fait bâtir ce château Renaissance.

* Au milieu de 16ème siècle, Jean II de Calvimont est ambassadeur du Roi de France François 1er(voir liste).

* En 1557, Jean II décède. Sa renommée est telle que 500 prêtres le portent en son sépulcre.

* En 1605, Marguerite de Calvimont, fille de Jean IV et dernière héritière du château, est assassinée par son mari, François d'Aubusson.

* Quelques annes après, François épouse Marie de Hautefort.

* Devenu veuve, Marie se bat contre la famille Calvimont Saint Martial pour conserver les biens de la seigneurie.

* En cette première moitié du 17ème siècle, l'histoire du château est entachée par de nombreux assassinats.

* En 1652, à l'âge de 70 ans, Marie décède, seule. La seigneurie, sans héritier direct, est mise en vente. Curieusement, une autre Marie de Hautefort achète le château et les terres.

* Durant la fin du 17ème siècle, Marie "l'Aurore de Louis XIII" ne vit pas à l'Herm. Le château inhabité se dégrade.

* Au 19ème siècle, le site est déclaré en ruine.

* En 1899,  Eugène Le Roy publie un roman nommé : Jacquou le Croquant. L'action se passe au château.

* En 1927, le propriétaire tente de vendre les cheminées. Les élus locaux ainsi l'architecte en chef des "beaux arts" déclenchent une procédure de classement. La même année, le site est inscrit aux Monuments Historiques.

* A la fin du 20ème siècle, une association de sauvegarde se crée. Elle organise plusieurs manifestations théâtrales et festives permettant de récolter de l'argent très utile pour la consolidation de ce site magnifique.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite en dehors des fouilles. La visite payante de l'intérieur est possible certains jours. Renseignez vous.

 

Je vois presque l'Amérique !

 

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9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 06:07

 

Département 48 - LOZERE

  Ruiné est ce château fort d'un autre temps !

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   La commune de Canilhac est située à 45km au Nord-Est de Rodez, à 40km au Nord de Millau et à 3km à l'Ouest de La Canourgue.

     Coordonnées du château :

44° 25' 28.178" N 3° 9' 0.403" E
 44.424494°  3.150112°

 

Le château : 
        L'extérieur :
Préambule

   En découvrant la photo du château, vous vous êtes mis à penser :

"Le Chevalier Dauphinois va encore nous amener

dans ses délires de ruine formidable !".

   Il est vrai que je me suis rendu dans ce bourg pour me pâmer devant un site médiéval "un peu" ruiné. Mais...... il faut savoir que ce château fut le siège d'une des 8 Baronnies (voir titre de noblesse) du Gévaudan.

   C'est donc pour cette incroyable raison historique que je suis en ce lieu.

  Un parement d'angle très original

Je vais faire des photos
     Sur la vue satellite, le château ainsi que son rempart sont très reconnaissables. C'est donc avec la certitude de ne point revenir bredouille que je me rends dans cette petite commune proche du département de l'Aveyron.

 

Première analyse 

   En découvrant une courtine du château, j'ai plusieurs remarques :

* Point de tour défensive je vois.

* La diversité des pierres et de leur pose m'informe que le mur a été de multiple fois réparé.

* Le montage des pierres en arête de poisson me fait penser que le château est ancien (certains supposent des murs Romains).

* Avec leur rouge couleur, les parements d'angle surprennent. J'ai supposé que localement il n'y avait pas de pierre de grande dimension. Le recours à une autre carrière aurait été la solution. Mais il n'en ai rien. Un lecteur passionné me donne la vérité.

 

Quelle surprise !

    En contournant le site je découvre une curieuse ouverture semi-circulaire. Je prends un peu de recul pour mieux comprendre.

Quelle est donc cette curiosité ?

   Point de bizarerie cela est. Le château étant si ruiné que la commune a consolidé l'ensemble puis aménagé une salle.

Pensez vous que cela soit un petit musée ?

   Une archère très primitive

        L'intérieur :
Classique découverte

   La salle basse n'est point musée mais une pièce pour la mairie. La salle est voûtée, mais il est difficile d'en connaître la fonction originelle.

   N'étant pas visitable, je me dirige vers l'escalier moderne pour découvrir l'étage.

 

Eléments de défense et de confort

    A l'étage, il ne reste que 2 pans de mur très arasés. Ma mission va être de comprendre l'architecture et la fonction des salles et étages.

   L'étage accessible possède :

* Un sol très moderne,

* A gauche de l'escalier une ouverture ressemblant à une petite cheminée,

* A droite de l'escalier une voûte.

* Une archère droite avec un faible ébrasement me la faisant dater de la fin du 11ème siècle ou début 12ème. Ma supposition est peut être faussée par les nombreuses consolidations récentes.

* Un mur reconstruit mais avec la preuve qu'un étage existait.

* La présence d'un étage supérieur est prouvée sur l'autre mur.

* Les vestiges d'une imposante cheminée m'informent que ce niveau était réservé au seigneur.

 

La cheminée de la salle seigneuriale 

C'est la fin

   Ne souhaitant pas vous révéler tous les secrets de cette beauté très abîmée, je vous laisse ici. Je jette un dernier regard sur les brumeuses montagnes.

 

 

Histoire du château :

* Au 12ème siècle, construction du château. Un seigneur nommé Canilhac est cité.

* Au 17ème siècle, le château est en ruine.

* Au 20ème siècle, pour protéger le site, les murs sont rapidement consolidés, le sol est refait avec des matériaux récents et une salle est aménagée pour recevoir la mairie.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite de l'intérieur est possible. L'entrée dans la salle de la mairie n'est pas autorisée sans invitation.

 

Pour les passionnés d'histoire, je vous propose la lecture de ce site.

 

L'art moderne ose s'intégrer dans cette forteresse médiévale

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5 juin 2015 5 05 /06 /juin /2015 06:10

 

Département 12 - AVEYRON

  Quel enchevêtrement de bâtiments !

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   La commune d'Estaing est située à 40km au Nord-Ouest de Sévérac le Château (voir ce château), à 30km l'est de Decazeville à 20km au Nord-Nord-Est de Rodez et à 10km au Nord-Ouest de Bozouls (voir son château).

     Coordonnées du château :

44° 33' 14.674" N 2° 40' 21.058" E
 44.554076°  2.672516°

 

Le château : 
        L'extérieur :
La découverte
   Posé sur un roc, en bordure de la rivière Lot, le curieux château survole de sa puissance les petites maisons du bourg. Cet enchevêtrement de bâtiments d'époques différentes (Les façades comportent les styles roman, gothique flamboyant et renaissance) et d'architecture mêlant confort et défense ne va point être facile à décrire.

  Une échauguette sur culots

A ses pieds

    Au pied du rempart extérieur, je suis étonné par la piètre qualité de taille de ce mur défensif partiellement arasé.

  Par contre, les bâtiments en arrière plan possèdent de beaux et classiques systèmes défensifs :

* Des mâchicoulis sous un chemin de ronde aujourd'hui transformé en logements.

* Des échauguette d'angle.

* Des tours de défense.

 

Les éléments religieux
    Il est fascinant de voir depuis l'extérieur les constructions religieuses. Il en existe 2 :

* L'ancienne chapelle castrale du 15ème siècle, englobée dans une ronde tour.

* L'imposante chapelle des religieuses construite au 20ème siècle.

  Aviez vous déjà vu un tel donjon polygonal ?

Le donjon

    Le bâtiment le plus impressionnant est le donjon polygonale, encadré à chaque angle par une échauguette encastrée, placée sur 2 hauteurs.

Magnifique, n'est il pas ?

 

L'entrée fortifiée

  Comme il se doit pour un château toujours habité au 16ème siècle, l'entrée est défendue par de nombreuses ouvertures de tir pour arme à feu (petits canons et fusils).

  Les ébrasements extérieurs et intérieurs permettent de larges angles de tir.

 

        L'intérieur :

Curieuse ambiance

    Dans la cour, je suis surpris par l'opposition entre :

* Les systèmes défensifs et les terrasses avec balustres.

* Les façades avec de multiples fenêtres et les systèmes de tir en encorbellement.

 

C'est fini

    Hélas, en ce dimanche de début mai, le château n'est point ouvert à la visite. Il faudra que je revienne pour découvrir les entrailles du château de l'illustre famille d'Estaing.

 

 

Histoire du château :

* En 850, le nom Estaing est cité. Il semble que sur une butte, un château (en bois ?) existe.

# Durant 9 siècles la famille d'Estaing donne au Royaume de France :

- 7 évêques,

- 1 cardinal,

- De nombreux et vaillants hommes d'armes dont certains ont accompagné d'illustres personnages de l'histoire :

~ Guillaume 1er d'Estaing, compagnon de Richard cœur de lion lors de la 3ème croisade.

~ François III d'Estaing lieutenant général des armées du Roi, gouverneur de Douai.

* En 1028, le site est le siège d'une Baronnie (voir titres de noblesse).

* Au 12ème siècle, aménagement d'un puissant château fort.

* En 1214, à la bataille de Bouvines, Tristan Dieudonné d'Estaing sauve la vie du Roi de France Philippe Auguste (voir liste des rois). Il reçoit la permission de porter le Lys de France dans ses armes.

* Au 15ème siècle, construction d'un chapelle.

* Au début du 16ème siècle, le puissant donjon pentagonale est construit.

* Au 17ème siècle, de nombreux aménagements de conforts sont réalisés.

* En 1794, les révolutionnaires guillotinent le vice amiral de France Jean-Baptiste-Charles-Henri d'Estaing. Le château est réquisitionné comme bien national. Il est massacré, saccagé (les blasons sont grattés) puis vendu à des habitants du bourg.

* En 1877, un violent orage de grêle casse 332 vitres du château.

* En 1836, le château est acheté par une congrégation religieuse : Saint Joseph d'Estaing.

* En 1930, construction d'une chapelle proche de l'ancienne chapelle médiévale.

* En 1945, le site est classé aux Monument Historiques.

* Vers 1947 (?), le château devient une maison de retraite pour religieuses.

* En 2000, la ville fait l'acquisition du château.

* En 2005, le château devient la propriété d'une SCI nommée : Château d'Estaing. Elle a été créée par Valéry Giscard d'Estaing, ancien président de la république.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite depuis les rues et ruelles. La visite de l'intérieur est payante.

 

Les encorbellements sont fascinants

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2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 06:05

 

Département :  11 - AUDE

 

Le bourgMon bonheur est au bout de la flèche

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        Le village de Peyriac de Mer se situe à 15km au Sud de Narbonne  et à 4km au Nord de la réserve Africaine de Sigean, en bordure de l'étang de Bages.

      Coordonnées du bourg :

43° 5′ 16″ N 2° 57′ 31″ E
 43.087778°   2.958611°

 

L'église 

     L'extérieur :

Pourquoi le choix de ce site ?

    Durant ma flânerie dans un vide grenier, j'ai trouvé une petite brochure sur la ville de Peyriac de Mer. C'est avec fascination que je découvre sur papier son église à nef unique avec ses nombreux contreforts. Une copie d'un plan cadastral m'informe que proche de cette église (E) il y a un château fort (C).

   Cette information me frise les moustaches. Hélas, j'avais mal lu, c'est l'emplacement présumé du château, car cette beauté n'existe plus. Mais au dos du prospectus, mes yeux brillent devant le croquis de l'église fortifiée de Peyriac de mer.

Je me dois de la voir !

 

Les Marsiens ont de la chance de voir cette église depuis le cielLa découverte

    En arrivant proche du centre-bourg, un panneau m'indique la direction de l'église du 12ème siècle. Diantre, je pensais qu'elle était plus jeune de 200 ans, je vais donc me régaler.

    En errant dans les petites ruelles de cette ancienne cité, j'ai la surprise de voir des arcs boutant (point 12ème siècle évidemment) s'appuyant sur les maisons.

Incroyable n'est il pas ?

    Voila une cité ayant gardé son architecture médiévale, avec les habitations resserrées autour de son château et utilisant la puissance de son église pour l'inclure dans les rempart. Au détour d'une ruelle ombragée apparaît une incroyable construction religieuse fortifiée.

 

Le système défensif

     Mon 1er regard va sur les nombreux, hauts et puissants contreforts à larmiers. Il crée évidement des angles morts pour les défenseurs, mais l'impression d'invulnérabilité est présente.

    Puis je suis attiré par l'imposante échauguette posée sur un contrefort. son crénelage possède des archères dans les merlons (voir vocabulaire).

Quel spectacle unique.

    Entre chaque contrefort, le crénelage des courtines semble être supporté par des arcs de décharge. Ce système d'architecture me surprend. J'avance donc pour comprendre et là, c'est le choc. Pour la défense de proximité, l'église est équipée de mâchicoulis.

   Le système défensif est homogène et pourrait faire pâlir de jalousie de nombreux petits châteaux forts. La vue aérienne confirme mon ressenti de puissance et d'efficacité.

 

     L'intérieur :

         Il n'y a pas d'escalier accessible pour un Chevalier-castellologue amateur. Je ne peux pas monter dans les tours ni sur le toit. Les fortifications garderont leur secret. Je me console en admirant la forme brute de la nef et du choeur polygonal.

 

 

Histoire de l'église et du château :

* Au 12ème siècle (?),  construction d'une église.

* Vers 1276, il semble qu'un château existe en ce lieu.

* En 1285, un Castrum Petriaco est cité appartenant à l'évêché de Narbonne.

* Au 14ème siècle, construction (ou aménagement ?) d'une église fortifiée.

* Vers 1792, les révolutionnaires réquisitionnent l'église et la confisquent à l'évêché de Narbonne.

* En 1914, l'église est classée aux Monuments Historiques.

* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Paul) est libre et gratuite. La visite des fortifications est impossible. 

 

Crènelage, mâchicoulis, archères... Quel attirail !

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29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 06:30

 

Département 16 - CHARENTE

  Voyez vous un château au loin ?

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   La commune de Rancogne est située à 70km Ouest-Sud-Ouest de Limoges, à 20km au Nord-Est d'Angoulême et à 6km au Sud-Est de Rivières.

   Coordonnées du château :

45° 41' 46.396" N 0° 24' 22.064" E
 45.696221°  0.406129°

 

Le château : 
        L'extérieur :
La découverte

     Dans cette belle vallée rafraîchit par la rivière Tardoire je vois au loin un ensemble de bâtiments à l'architecture mixte (ancienne et moderne). Même si je pressens que le site ne sera pas visitable, j'ai plaisir à découvrir une ancienne construction toujours habitée.

  Un donjon fortifié presque intemporel

L'analyse 

    Je passe rapidement devant le pigeonnier, dont ma brochure affirme que les alvéoles sont nombreuses, preuve que le site a appartenu à une grande famille bourgeoise. Je m'intéresse de suite :

* Au donjon carré avec son crénelage et sa tour escalier,

* Accrochée au donjon, une ancienne courtine transformée en jolie galerie (en bois ?) posée sur des piliers en pierre.

* Dans le prolongement, une longue courtine ouverte de nombreuses fenêtre de confort.

Etait ce le lieu de vie ?

* A l'angle, une tour ronde avec des fentes de tir pour arme à feu.

* Puis, une autre courtine en équerre tout aussi emplie de fenêtres.

  Lentement, je devine que ce château a une forme carrée avec 4 tours aux angles.

 

Je continue l'analyse

* L'angle suivant est protégé par une ronde tour cachée par les arbres.

* La troisième courtine est plus complexe. Elle comporte presque au centre un bâtiment parallélépipédique.

* Ce dernier est décalé de l'axe. Il possède 2 petites canonnières avec un fort ébrasement (voir vocabulaire) extérieur.

* Une autre canonnière est aussi sur la façade à sa perpendiculaire.

* Comme je le supposais, le quatrième angle possède une tour de défense.

    Sans entrer, j'examine l'architecture du portail

Le portail d'entrée

   Tout en respectant la propriété privée, j'examine avec mon oeil d'aigle l'entrée fortifiée :

* Deux tours encadrent le châtelet.

* L'entrée est double : charretière et piétonne.

* Au dessus, je ne distingue pas de flèche pour un pont levis.

* Au dessus d'un blason effacé, présence d'une salle "de garde" avec un système défensif pour arme à feu.

* Entre les 2 entrées, le montant possède des entailles rebouchées :

Sont ce des arquebusières obstruées ?

 

        L'intérieur :
  La propriété privée et habitée n'est pas visitable. Je hume une dernière fois l'herbe coupée et je quitte ce lieu paisible où l'histoire ne fut point guerrière.

 

 

Histoire du château :

* Au 15ème siècle (?), un château fortifié est construit ou existe (?).

* Au début du 16ème siècle (1519 ?), le sieur de Cressiec Jean Maindron (ou Mandron) et sa femme Marie-Raymonde décident la construction d'un nouveau château ou plutôt une maison forte pour l'exploitation des terres agricoles.

* En 1548, leur fille, Jeanne Maindron, épouse Jean Devezeau qui devient sir de Rancogne. C'est eux qui donnent l'aspect final au château.

* En 1588, il semble que le donjon soit achevé.

* En 1589, le chai est finalisé.

* Durant la fin du 16ème siècle et une grande partie du 17ème, vivent en ce lieu :

- Jean Jacques Devezeau,

- François I Devezeau,

- François II Devezeau.

* En 1672, Charles de Devezeau naît au château.

* Dans le quatrième quart du 17ème siècle, Charles De Devezeau, seigneur de Rancogne, entre aux services du Roi (voir liste), puis reste 23 ans à Saint Domingue.

* En 1742, Charles de Devezeau achète le Marquisat (voir titre de noblesse) d'Herbault.

* En 1747, naissance à Herbault de Charles François Devezeau.

* En 1797, Charles François Devezeau vend Rancogne à Jean Baptiste Binet.

* Au début du 19ème siècle, la fille de Charles François Devezeau en épousant Joseph Gabriel de Barbazin, apporte le château en dot.

* Durant tout le 19ème siècle, quatre générations de Barbazin occupent le site et entretiennent le château.

* En 1898, le site est possession de la famille Desormeaux.

* Au 20ème siècle, la famille Desormeaux réalise plusieurs travaux d'entretien (entre autre sur le donjon) et de consolidation (la grange). Quelques bâtiments instables sont démolis.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite depuis la route et le sentier. La visite de l'intérieur est interdite. Veuillez respecter la propriété privée et la tranquillité de ses habitants.

 

Le temps a transformé ce château médiéval

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