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Ombre et lumière

27 août 2007 1 27 /08 /août /2007 06:30

Un tireur embusqué va t il me brûler mon fragile pourpoint ?


 
Signification au 21ème siècle :

"A brûle pourpoint" signifie :
     * un acte réalisé sans prévision, brusquement,
     * ou une phrase dite sans lien avec la précédente
.
 
 
 
Naissance :

   Au 14ème siècle.
 
 
 
Origine de l'expression :

  Au moyen âge, un pourpoint était un vêtement qui partait du cou et descendait jusqu'à la ceinture. Il pouvait être dépourvu de manche.
Sous son armure, un soldat portait évidemment un pourpoint qui était constitué d'une double peau rembourrée de laine.

      C'est avec l'invention des armes à feu que cette expression apparaît.  

   Lorsque ce soldat reçevait une balle d'une arme à feu à courte distance, la balle traversait l'armure, et sa chaleur brûlait son pourpoint.  "Tirer à brûle pourpoint" signifiait donc "Tirer à bout portant".

  Si un tireur pouvait s'approcher si près qu'il brûlait un pourpoint, c'est qu'il a pu surprendre son adversaire. C'est cette surprise qui a été retenue dans l'expression utilisée au 21ème siècle.

 
 
 

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22 août 2007 3 22 /08 /août /2007 06:30

 

Département :   74 - HAUTE SAVOIE

 

Le bourg : 

    Situation :  (--> le voir sur une carte)

     En remontant du Sud le long du lac d'Annecy, vous ne pouvez pas manquer de voir dans un virage ce château nommé : Châteauvieux.

 Il est posé sur une presqu'île séparant presque le lac en deux.

   Coordonnées du château :

45° 49' 48.439" N 6° 12' 22.561" E
 45.830122°  6.206267°

 

  Origine du nom :

     La dénomination du château est évidente, puis que les propriétaires en ont construit un autre, quelques années après, sur la face septentrionale du Taillefer. Ce dernier est nommé :

  * Château Comtal Duingt

   Curieusement, dans certain texte "Châteauvieux" est nommé : "Château Ruphy" (nom du Baron ayant transformé les bâtiments au 19ème siècle).

   Le nom Duingt viendrait peut-être du latin "Duinus", Est ce un nom patronymique ?
Selon une étude de Perrenot, il est possible que l'origine soit Burgonde : Dugingo.

 

Le château : 

   Au moyen âge, ce château était posé sur une île. Un aménagement artificiel par ses nouveaux propriétaires le rend accessible en voiture.

   L'extérieur :

      Suivant le coté où on le découvre, ce château parait moderne et caché dans la végétation, ou ancien et jaillissant de l'eau !
   Ce n'est pas une ruine comme je vous en montre souvent mais un habitat du 21ème siècle qui a gardé quelques traces de son époque médiévale :
        * Trois remparts successifs, certes un peu raccourci mais bien visible.
        * Un imposant donjon encastré dans un bâtiment plus récent.

   Malgré son imposant donjon, ce château ne semble pas "agressif". Toute présence d'archère, de bouche à feu, de bretèche, de créneau (voir vocabulaire) a été gommée. Le bâtiment du 19ème siècle renforce cette sensation. Mais il lui reste un soupçon médiéval.

Le ressentez vous ?

 

   L'intérieur :   

      Quelques dépliants et brochures indiquent un intérieur très confortable du 18ème et 19ème siècle. Mais je n'ai pas pu le vérifier.

 

 

Histoire du château :

* Au 11ème siècle, une fortification semble édifiée sur une île dans la partie la plus étroite du lac. Une famille Duingt est citée, vassale des Comtes de Genève.
* Au 12ème siècle, la seigneurie des Duingt s'agrandit et possède aussi le château de Beauvivier. La surveillance du lac sur l'axe Italie-Genève et de la pêche est parfaite.
* En 1296, le Comte Amédée II de Genève, voulant marquer sa suprématie et contrôler le commerce, achète une partie des biens et terres à Rodolphe Duingt. Châteauvieux et Beauvivier ne font pas partie de cet acte.
* Au 14ème siècle, la famille Duingt devient Seigneur de Val d'Isère par le mariage de François de Duingt avec Marguerite de Beaufort.
* En 1530, le Duc Philippe de Genevois-Neumour achète une partie de la seigneurie à la dernière héritière : Louise de Duingt. Châteauvieux change de propriétaire.
* Vers 1670, un écrit attribut le château à Marie-Jeanne Batiste, épouse du Duc de Savoie Charles-Emmanuel II (voir liste) .
* Vers 1673, le riche marchand du Valais Gaspard Jodoc Stockalper achète une partie des biens à la famille de Genevois-Neumour. Châteauvieux change de propriétaire. 
* En 1668, "notre" marchand est destitué de ses droits de commerce.
* En 1681, il vend ses biens autour du lac à la famille Monthouz. Ces nouveaux propriétaires instaurent un droit de pêche payant sur le lac.
* Vers 1695, la population se rebelle contre ce seigneur et ses interdictions.
* En 1696, les châteaux (dont Châteauvieux) et terres autour du lac sont vendus au terrible François Nicolas de Montpiton. La population est inquiète.
* Vers 1698, Châteauvieux est vendu au Marquis de Sales, déjà détenteur de quelques terres environnantes. Le calme revient.
* En 1789, Benoit Maurice de sales fuit face à la colère révolutionnaire.
* En 1792, Châteauvieux est vendu comme bien national à Jean Berthey de Bosset.
* En 1839, le Baron Cypion Ruphy achète le château. De très nombreuses modifications sont réalisées, donnant l'aspect actuel.
* En 1988, le site est inscrit aux Monuments Historiques.
* En 1992, annulation de l'inscription totale aux MH, puis inscription partielle.
* Au 20ème siècle, par mariage la famille Comtale de Certeau devient le nouveau propriétaire.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est possible depuis la berge. Le château étant privé et habité par la famille Certeau, la visite est interdite.

 

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18 août 2007 6 18 /08 /août /2007 23:50
 

    Toutes les personnes connaissant les ruines du château de Ringelstein en Alsace vous diront qu'une étrange fleur rouge sang pousse sur un arbre au mois de mars. Les bûcherons la nomment. La main d'Anselme.

   Evidemment, l'explication de cette particularité est donnée par une histoire très ancienne, transformée au 21ème siècle en légende de :

 

 

 Je suis un bandit très méchant, yaaaaa !

 

La fleur de sang du château de Ringelstein

 

 

"  Il y a bien longtemps de cela, Anselme un curieux brigand, décida d'empocher de l'argent facilement en kidnappant les passants. Par un soir de brouillard, un pauvre bûcheron fatigué par une dure journée de travail, ne vit pas les malandrins se faufiler jusqu'à lui. Il fut rapidement bâillonné, ligoté et traîné jusqu'à la cachette secrète des bandits  (heu pas si secrète que cela, je vous l'ai donnée dans le titre......... allez, relisez... c'est le château de Ringelstein..... pfffffeeee.... suivez un peu l'histoire, je ne vais pas tout répéter !!!)

  Le lendemain, une lettre expliqua à la famille de notre vieux bûcheron, qu'en retour d'une rançon, la liberté sera donnée au "chef de famille".

 

Hélas, c'était sans compter sur la cupidité humaine.

 

  La famille cria.........cria........... cria.......... de bonheur d'être débarrassée de l'ancien. Ils vont pouvoir se partager l'héritage du 'vieux'.

    Anselme attendit quelques jours le magot de son rapt...... Rien !     Ce vieux bonhomme n'intéressait personne. Et en plus, il fallait le nourrir. et en plus du plus (oui, je sais ce n'est pas bien français. Mais d'abord, c'est mon blog, et en plus, je parle comme en l'an mil  ou 1020, na !.... je reprends).    Et en plus (du plus) le bûcheron pleurait, gémissait, priait..... Bref, il empêchait les bandits de dormir (et un bandit qui ne dort pas devient 'très beaucoup vilain' ......hihihi, j'invente un peu, sinon, je vais m'ennuyer avec cette histoire triste).

  Anselme décida de faire un exemple. Il se dit:

  • - "Un chef de famille estropié sera un charge financière pour sa famille, la prochaine fois, les habitants du village réfléchiront à 2 fois avant de me contrarier."
  • * "Qu'est ce qu'on lui fait...." brailla un bandit édenté.
  • - "Je vais leur rendre leur père avec .......... une main en moins !"

 (Je vous l'avais dit : Un bandit n'ayant pas ses 8 heures de sommeil devient très 'pas gentil'). 
 

     Et le lendemain, très tôt, par une matinée de brume comme on n'en connu jamais  (avez vous compris le caractère Hitchcockien de la scène ?), le bûcheron fut maltraité (il est vrai que le terme est un peu léger mais je ne veux pas que les âmes sensibles soient choquées) par Anselme et ses comparses.

   Le sang du malheureux se répandit sur le sol, et abreuva un petit arbre  (qui passait par là... hihihi).

 

   Et c'est depuis ce jour terrible, en mars de chaque année, que l'arbre accueille une fleur rouge sang pour rappeler aux hommes l'anniversaire de la folie meurtrière et de l'appât du gain à tout prix.

  Alors, passant, si tu vas au château au début du printemps, penses à ce bûcheron et portes sa parole de sagesse autour de toi ! "

 

 

   

 

  Bon sang de bon sang, quelle histoire !!!!        Suite à ce récit, je ne savais pas si je devais visiter ce château, peut être que le fantôme d'Anselme rançonne encore les touristes ?

   Avant de partir, j'ai convoqué mon notaire et j'ai mis une clause à mon testament, juste le temps de visiter cette ruine..... Alors, si vos prochaines vacances vous mènent près de ce lieu, vous faites comme vous voulez, je vous aurais prévenu ! 

 


Toujours en Alsace, il existe :
    - un conte sur 
une fleur,  mais qui parle d'Amour (hooooo). 
    - une légende d'un  
bandit  moins cruel et plus "malin".

 

 

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16 août 2007 4 16 /08 /août /2007 06:30

 

Département :  38 - ISERE

 

Si les shadocks pompaient, le chevalier montait, montait .....

Le bourg : 

   Situation :  (--> le voir sur une carte)

      Le village de Pont en Royans est situé au Nord du massif du Vercors, à la frontière de l'actuel département de la Drôme, dans les gorges de la Bourne.

   Le château est posé sur un sommet, à 475m d'altitude, surveillant les 2 vallées.

      Coordonnées du château :

45° 3' 49.075" N 5° 20' 49.798" E
 45.063632°  5.347166°

 

Le château :

    L'extérieur :

Curiosité

    Dans le village, un sentier balisé serpente dans la vieille ville. Il est nommé : Circuit des 3 châteaux.

Y en a-t-il tant que cela ?

    Une tradition orale prétend que la fortification était composée d'une immense courtine et de 3 tours, dénommées : châteaux.

 

L'approche

    Dès le franchissement d'un clocheton fortifié post-médiéval, très vite, le sentier monte à travers les buis.

   Un proverbe de castellologue affirme que :

"Quand le sentier est pentu,
 de château il n'y a plus !
"

 Je crains que cela se vérifie.

 

La découverte

   Trente minutes plus tard sur un sentier pentu qui devrait être bien ombragé en été., une courtine très abîmée se détache dans le bleu du ciel de ce début Avril. Elle ne semble pas très épaisse et ne devait pas etre le premier rempart du château, ni le donjon. Aucune archère, pas de mâchicoulis.

Est ce une reconstruction par des paysans pour servir de protection contre les intempéries ?

   Précédent cette courtine, un "couloir" naturel fait un rétrécissement pour empêcher l'envahisseur d'attaquer en nombre. Hélas, aucune marque de vantaux ni trace de herse (voir vocabulaire) est visible.

 

     L'intérieur : 

Diantre... C'est vide
     Il ne reste presque rien de cette réalisation médiévale. Quelques rares morceaux de murs ne permettent pas de définir la forme exacte de ce château. Seul l'imaginaire fait revivre ces cailloux.
 
Même le rien est beau !
   Sur la plate-forme principale, une citerne très bétonnée trône fièrement au milieu des blocs de rochers. De cet endroit la vue est fabuleuse au Sud sur les gorges de la Bourne qui remonte dans le massif du Vercors où l'on peut rejoindre Grenoble. Au Nord, la vue s'étend sur le Royans, les collines de Chambaran et la vallée de l'Isère.
     

 

Histoire du château :

* Vers le 12ème siècle, une fortification semble construite pour protéger les châteaux des Dauphins des intrusions par les gorges. Il aurait été possession de Béranger de Sassenage.
* Vers le 13ème siècle, ce château est un fief des Dauphins, seigneur du Dauphiné (voir liste des Dauphins).
* En 1349, le rattachement du Dauphiné au royaume de France diminue l'importance stratégique de ce château.
* Au 16ème siècle, le village perché avec ses maisons suspendues est construit facilitant le négoce du bois.
* Vers le milieu du 16ème siècle, les guerres de religion sévissent. Le village subit de nombreux assauts, et le château, déjà très abîmé ne se relève pas de ces massacres.
* Au 17ème siècle, le territoire appartenant aux Princes du Royans est érigé en marquisat.
* Au 21ème siècle, la visite du "château" est libre et gratuite. Les murs ont été "sécurisés", mais le lieu reste une ruine : Soyez prudent.

 Depuis le château, la vue vers le Nord sur le Royans est unique.

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14 août 2007 2 14 /08 /août /2007 06:30

 

Département :   38 - ISERE

 

Le bourg : 

A travers le feuillage, cette tour semble mystérieuse. Etait elle Templière ?

      Situation (--> le voir sur une carte)

     Le petit village est situé à quelques kilomètres au Nord de Grenoble, sur la route nationale en direction de Valence. 

   Sur un petit promontoire, face à l’Isère, à l’entrée du village se dresse une tour "féodale".

   Coordonnées de la tour :

45° 16' 17.26" N 5° 36' 57.773" E
 45.271461°  5.616048°

 

      Origine du nom :

  Voroize : est le nom de la rivière qui descend du Vercors. Il a été accolé à celui du Veurey car un autre bourg proche porte un nom presque homo-phonique : Vourey. Cette similitude créait de nombreux quiproquos.

  Veurey : La racine Romaine du nom VOREINUM signifie : Abîme, Gouffre.

   Mais certains voient le mot Celte de VOR signifiant : Hauteur.

Curieuse contradiction !

 Il est vrai que les falaises sont abruptes derrière ce village construit sur les pentes du Vercors.

 

La Maison Forte : 

      Sa dénomination de TOUR des TEMPLIERS serait due à sa construction par un «ordre de chevalerie»  au 13ème siècle.

      Cette massive tour est de plan rectangulaire et de construction soignée. Elle mesure 13 m par 15m pour une hauteur de 17m. Les murs ont une épaisseur de 2 mètres.
  Il est possible de voir quelques fentes de tir sur les faces Nord et Ouest.
     Des 3 étages primitifs, 2 sont identifiables et recouverts d'une toiture à 4 pans. La tour comporte du côté de la rivière (face Est) de fines et élégantes baies géminées surmontées chacune d'une fenêtre ronde trilobée, dont une conserve une sculpture.
     Au 1er étage, des corbeaux sortent d'une ouverture aujourd'hui bouchée.
Était ce une bretèche (mais aucune porte est en dessous) ?
Ou bien un vestige de latrines ?
    Le réemploi de cette tour durant 7 siècles ne permet pas de retrouver des éléments d’architecture prouvant sa fonction exacte, ni son attribution réelle à l'Ordre du Temple.

 

 

Histoire de la Maison Forte :

* Au 1er siècle, la voie romaine de Saint Ours passe dans l’ancien village nommé : Veureium. Bien que rien ne le prouve, certains affirment qu'une tour de guet en bois est construite par les romains à l'emplacement de celle d'aujourd'hui. 
* Au 11ème siècle, la commune se nomme : Voroi.
* Au 12ème siècle, la commune se nomme : Veray.
* Vers 1200, un acte religieux cite une chapelle castrale dans le village, sans clairement identifier la position et l'importance de l'ouvrage défensif.
* En 1284, Raymond Bertrand seigneur de Veurey est vassal (du Baron ?) François de Sassenage (village proche connue aujourd'hui pour son fromage et ses grottes nommées "cuves").
* Au 13ème siècle (1291 ?), un "ordre de chevalerie" demande la construction d'une tour de guet pour contrôler les passages du Nord Isère, au Sud Isère et vers la vallée du Grésivaudan (voir le livre sur cette vallée). Il semblerait que ce soit le seigneur de Veurey, Raymond Bertrand, qui sollicite un renforcement de la position auprès de l'Ordre du Temple.......  Le mot Templier viendrait de cet acte. Mais il semble qu'il y ait confusion avec une Maison Forte Templière dans le village de VOUREY.
* Au 14ème siècle la commune se nomme : Voroy.
* En 1339, dans un acte Delphinal (du Dauphiné), ce lieu est cité possédant un donjon de 3 étages accolé à une habitation.
* Au milieu du 14ème siècle, il semble que cette tour soit le donjon d’une fortification.
* Au début du 15ème siècle, un autre château d’habitation est construit sur les hauteurs du village. La vieille tour ne semble plus être utilisée par le seigneur Josserand Bertrand.
* Vers 1530, la tour, le verger, les terres sont vendus par Anne Montaud à François Vacon. Ce nouveau seigneur rend hommage au Roi quelques mois plus tard.
* Vers 1792, le nom du petit torrent est associé à celui du village qui se nomme depuis : Veurey Voroize.
* En 1814, l'armée Napoléonienne est en guerre près du village. Des boulets de canon endommagent la tour.
* En 1984, cette tour privée est inscrite aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la visite de l'extérieur est libre et gratuite. Le risque de recevoir une pierre est négligeable.

 

Ces fenêtres trilobées surprenent sur cette façade très classique. 

 

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13 août 2007 1 13 /08 /août /2007 06:30

 

Département :  26 - DROME

  La tour me nargue bien protégée par les ronces piquantes

Le château :

   Situation :    (--> le voir sur une carte)

       Le village se situe à 50km au Sud-Ouest de Grenoble, 30km au Nord-Est de Valence et à 18km à l'Est de Roman sur Isère.

    Coordonnées du château :

45° 3' 32.364" N 5° 14' 46.81" E
 45.05899°  5.246336°

 

Le château :

      Extérieur :

Où est le château ?

    Dans cette petit bourgade, en bordure Nord du plateau du Vercors, où les animations d'été sont nombreuses, il faut être fou comme moi pour chercher une ruine médiévale Dauphinoise.

    D'après ma carte, elle se situe sur une hauteur au Sud du village. Le château domine la vallée sinueuse de la Bourne.

 Le voyez vous sur sa colline ?

 

L'approche

     Pour découvrir cet ancien château fort, il est préférable de venir durant l'hiver, époque où la végétation est la moins dense. Sinon, armez vous d'un pantalon très résistant, car les ronces et autres épineux sont nombreux sur cette colline non exploitée.

  La "visite" commence par la face Sud, puisque les 3 autres cotés ont une pente assez abrupte (c'est logique, ceci est un château féodal posé sur une butte).

Pantalon obligatoire pour visiter cette ruine. 

      Intérieur :

  Je la devine

     Après un travail de "débroussaillage" et de recherche du meilleur chemin, la ruine se distingue enfin entre les arbres. De loin, elle ressemble à une tour de guet.

 

Comme elle est belle !

  La construction solitaire est en réalité la tour maîtresse d'un petit château de seigneur. Cette tour a une forme carrée dont un des murs (coté Nord) s'est effondré. Les murs ne comportent aucune archère ni bouche à feu, voici l'exemple classique d'un donjon de repli du 13ème siècle.

 

Elle a souffert

   Les pierres sont correctement assemblées en petit appareil irrégulier chaîné aux angles, mais le temps a fait des ravages et laisse entrevoir le remblai.

 

C'est fini

   Autour, la végétation empêche de distinguer les contours des bâtiments annexes. Je dois laisser divaguer mon imagination.Puis je repars vers une autre aventure à quelques kilomètre au Sud se nommant : Le château de Rochechinard.

 

 

Histoire du château et du village :

* Il y a 12 000 ans, Les premiers habitants habitent une grotte, au bord de la Bourne (affluent de l'Isère).
* En 4 000 ans avant J.-C., les "autochtones" font commerce d'outils en silex. L'atelier de taille de Vassieux-en-Vercors (village sur le plateau du Vercors) est en pleine ébullition.
* En 121 avant J.-C., une bataille décisive oppose Romains et Allobroges (peuple Gaulois vivant dans la région). Là, au confluent de l'Isère et du Rhône, le pays scelle son destin. Des siècles durant, la Drôme connaîtra la Pax Romana.
* En 1288, le château est cité en fief des Dauphins. Il appartient ensuite aux évêques de Die.
* En 1349, le rattachement du Dauphiné au royaume de France diminue l'importance stratégique de ce château.
* En 1574, les guerres de religions ravagent la région. Les catholiques de Saint Nazaire ne bénéficiant plus de la protection de leur château se réfugient dans celui de Rochechinard à 4km au Sud (voir ce château).

* Dés le 17ème siècle, la famille des seigneurs de Pizançon qui possède d'immenses champs, prairies, pâturages ainsi que des moulins, a déjà réalisé de nombreux ouvrages : - Canaux,
- Chéneaux,
- Baumes (conduites souterraines).
* En 1790, la révolution sonne le glas de ce château. Déserté, cet habitat devient doucement une ruine et sert de carrière de pierres.

* Au milieu du 18ème siècle, les intendants du Dauphiné "de la Porte" et "Pajot de Maréchal" s'intéressent à un projet d'envergure :
- 'la mise en valeur agricole de la plaine de Valence par le captage des eaux de la Bourne'.
* Plus d'un siècle de réflexions, d'amorces d'études, de tentatives sont nécessaire pour regrouper les propriétaires fonciers intéressés, avant d'en voir une réalisation.
* En 1878, le village inaugure son gigantesque aqueduc au pied de la ruine du château.
* En 2004, l'aqueduc est toujours fonctionnel et peut même se visiter.
* Au début du 21ème siècle, la visite de la ruine est "libre" et gratuite (bien qu'elle soit dans un terrain privé). La vétusté de la tour et la densité de la végétation la réserve à des passionnés. Le risque de recevoir une pierre est important.

 

En hiver, la tour du vieux château est visible

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12 août 2007 7 12 /08 /août /2007 06:30

 

Département :  38 - ISERE

 

Pourquoi le choix d'une Maison Forte ?

 

     Cela se passe en l'an de grâce 2006, vers la fin décembre, lorsque les jours sont courts et le froid vif. Le chevalier (oui, c'est moi) souhaitait vous faire découvrir un bâtiment médiéval Dauphinois. Hélas dans sa région, les quelques rares châteaux sont loin de sa masure. Et votre serviteur voulait faire une petite balade avec son destrier à pédales.
    Dans le territoire du fromage nommé Saint Marcellin, il y a de petites collines faciles à monter et des ruines bien reconstruites. Il n'en fallait pas plus pour vous faire découvrir mon terrain de chasse.... photo bien sur.

 

 

Le bourgSur sa colline, le Gollard surveille la vallée.

   Situation :  (--> le voir sur une carte)

     Le petit village de Chevrières est à 2 km au Nord de St Marcellin, à 45 km à l'Ouest de Grenoble. Le "château" est posé sur la plus haute colline, proche d'une petite chapelle.

    Coordonnées de la maison forte :

45° 11' 32.291" N 5° 17' 8.246" E
 45.192303°  5.285624°

 

   Toponymie : (petite intiation)

    Chevrières a tout simplement pris le diminutif de chèvres, élevage abondant il y a encore quelques années.

 

La "maison forte" : 

  Il est curieux de constater que dans certaines publications, le Gollard est cité en tant que château et dans d'autres c'est une "Maison Forte". Je vous laisse juger, point de certitude de ma part.

 

   L'extérieur :

L'arrivée

    Sur sa colline, le Gollard trône fièrement. Pour mieux apprécier l'architecture de ce "château" je monte la côte à pieds en poussant mon destrier à pédales (heu, en réalité, je n'ai pas pu gravir cette montée en vtt, mais chuuut, c'est un secret entre nous).

 

La découverte

    Le contraste est impressionnant. Ce "château" présente des murs épais, précédés de courtines rasées il est vrai, mais la façade que l'on voit en premier est très 'moderne'. Ce n'est pas une ruine comme je vous en montre souvent, mais une "maison forte" habitée au 21ème siècle.

 

Rapide analyse

  De face, la puissante construction révèle ses secrets. Elle est constituée :

- D'un rempart assez simple (de forme rectangulaire).
- D'un impressionnant porche d'entrée en plein cintre certainement précédé d'un pont levis.
- D'une tour flanque semi-hexagonale percée d'archères droites (voir vocabulaire).
- D'un logis renaissance avec fenêtres à meneaux très sobres.

   Les murs comportent encore les petites ouverture médiévales ou les puits de lumières. Curieusement, les trous de boulins n'ont pas été bouchés par l'actuel propriétaire.

Est ce un amoureux de constructions médiévales ?

 

C'est fini

   Ce bâtiment n'a pas le romantisme des ruines que je vous montre parfois, ni le coté guerrier de châteaux médiévaux, mais je souhaitais vous montrer l'évolution architecturale sur 800 ans d'une petite "maison forte", et le contraste harmonieux des époques.

   Il me faut repartir, car l'hiver est rude sur ce plateau pourtant peu élevé.

 

 

Histoire du château :

* Vers l'an 1000, il semble qu'une motte castrale soit aménagée (voir un exemple).
* Au 12ème siècle, le château en bois et terre laisse place à une construction en pierres. C'est un petit "château" de surveillance de la vallée. Son seigneur est vassal des Dauphins (voir liste des Dauphins).
* En 1426, Charles VII donne ce territoire à Jean de Poitiers.
* Au 16ème siècle, les terres appartiennent à Diane de Poitiers, favorite du roi de France Henri II (voir liste des rois).
* Vers 1560, Diane donne ce territoire à Jean de la Croix, avocat et président au parlement du Dauphiné.
* En 1790, les révolutionnaires regroupent les petits villages de la vallée et forment le village de Chevrières.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur du "château" est libre et gratuite. Le site étant privé et occupé, l'intérieur n'est pas visitable, et doit être bien modifié.

 

brrrr...

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11 août 2007 6 11 /08 /août /2007 06:30

   Le Château de Nideck, en Alsace, est composé de 2 ruines sur une colline en forte pente (voir sa situation). Cette curiosité d'installation et la présence proche d'une grande cascade très bruyante ne pouvait qu'engendrer une légende, que l'on se raconte de père en fils depuis de nombreuses générations. Elle se nomme :

 

Les  Géants  du  château  de  Nideck
      

"  Il y a bien longtemps de cela, vivaient dans le château de Nideck un couple de géant et leur "petite" fille.  Un jour qu'elle s'ennuyait dans les immenses salles de ce château, elle décida de découvrir les alentours. Elle s'habilla de bleu du ciel, noua ses cheveux pour être belle et partit découvrir le monde du dehors.

  En quelques enjambés, elle franchit les collines et arriva dans une vaste plaine qui semblait déserte, mais tout en bas, près de ses pieds, elle vit des choses qui bougeaient.

Cela ressemblait à des minuscules poupées, il y avait là :

  • - 1 poupée garçon, avec une moustache et un grand chapeau,
  • - 1 poupée vache (en fait, c'était un boeuf, mais la petite fille ne connaissait pas encore la différence), qui tirait une charrette.

Emerveillée par ces poupées qui bougent et font du bruit, elle se dit que:

  • * ' Ces jouets seront sûrement très amusants les jours de pluie ! '

     Elle les prit délicatement entre ses doigts et les mit dans le creux de son tablier.

  Arrivée au château, son père était attablé dans le grand salon. Elle lui dit :

  • * ' Bonjour Père. '
  • : ' Bonjour ma fille, as tu passé une bonne matinée ? '
  • * ' Oui père, je suis sortie me promener '
  • : ' Que caches tu dans ton joli tablier ? '
  • * ' Ceux sont des jouets que j'ai trouvé dans la plaine. '

  Evidemment, son père, roi des territoires, fut surpris qu'en ses lieux, des jouets pour géant puissent être ramassés dans les plaines. Il n 'avait point autoriser de parc pour enfant de géant sur son territoire. Il demanda :

  • : ' Peux tu me monter ces merveilles ? '
  • * ' Oui père. Tu verras, elles bougent et font du bruit, c'est rigolo ! '

  Et là, le Roi comprit la méprise de sa fille. Il fallait qu'il lui explique l'erreur et tout de suite réparer cette bétise.

  • : ' Ces choses ne sont pas des jouets mais des hommes ,'
  • * ' ah !!?? '
  • : ' Ces hommes sont des paysans qui cultivent nos terres,'
  • * ' Cultive ?? '
  • : ' Tout ce que nous mangeons est produit pas ces cultivateurs, '
  • * ' Haaa, je comprends, '
  • : ' Tu dois tout de suite les ramener dans le champs, sinon, nous n'aurons plus rien à manger dans quelques jours.'

   La petite s'exécuta, et plus jamais il n'y eu de disparition (par les "extraterrestres" hihihi) dans la région.

Aujourd'hui, les géants n'habitent plus la ruine, mais la légende perdure pour se souvenir de leur lointaine existence. "

 

   - Y a t il une morale à cette légende ?

   - L'avez vous trouvée ?

   - Allez, je vous aide.

"Les grands de ce monde, aussi puissants soient ils,

auront toujours besoin des petits pour trouver leur nourriture".

 

       Cela me fait penser à un proverbe  (la légende en est elle l'inspiratrice ?). 

" On a toujours besoin d'un plus petit que soit ! " 

 

  



 


 La cascade de Nideck est aussi à l'origine d'une autre légende :
    *  la nymphe de WANGENBOURG

 

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9 août 2007 4 09 /08 /août /2007 23:50

 

Département :   38 - ISERE

 

Le château : 

  Situation :  (--> le voir sur une carte)

   Chirens est un village proche du lac de Paladru, à 10 km au Nord de Voiron et à 30km au Nord de Grenoble.

   Coordonnées du château :

45° 25' 2.384" N 5° 32' 10.45" E
 45.417329°  5.536236°

 

 

  Origine du nom :  (petite initiation)

     En 1350, un texte nomme le village sous le château : Villa nova di Chiroyen.
    Avec le temps le nom se transforme en :

  - Chiroyen,
  - Chiron (?),
  - Chirenc,
  - Chirens.

  Il semblerait que ce nom soit une déformation d'un personnage dénommé : Caro de Carencus.

 

Le château : 

   L'extérieur :

L'arrivée

   Il est situé sur une butte isolée à 528m d’altitude. Ce lieu n’a pas été choisi par hasard puisqu’il permet d’observer :   

- Le vallon de l'Ainan à l'Est,
 - Le vallon de La Fure à l'Ouest,
 - La vallée de Voiron (et de l’Isère) au Sud.

   Les vestiges, en partie dissimulés dans la forêt, sont accessible à pieds en 10 minutes, depuis le petit hameau de Clermont, par un sentier très agréable mais mal indiqué.  

 

La découverte

   Du château fort, il ne reste que le donjon pentagonal et quelques éléments d'enceinte envahis par une végétation dense et de nombreux arbres en remplacement des premiers remparts. Pour mieux comprendre cette ruine, je vous propose ce plan réalisé suite aux fouilles de 1991 :

   1 – Donjon pentagonal. 
   2 – Tourelle d’angle encore existante du rempart de l’habitat seigneurial. 
   3 – Fondation très ruinée du logis seigneurial (?) 
   4 – Entrée du logis. 
   5 – Chapelle et bâtiments annexes. 
   6 – Premier rempart du château.  
   7 – Réserves ou armurerie ou bâtiments pour soldats ?

 

Les remparts :

   Autrefois le site comportait trois enceintes concentriques isolant la butte centrale. Aujourd’hui, les traces des 2 enceintes extérieures ne sont visible que par un œil expert et beaucoup d’imagination.
   Le 3ème rempart, entourant le logis seigneurial, est encore visible sur un petit quart de sa longueur. Il comporte des restes bien consolidés d’une tourelle d’angle coté Est.
   Du sommet des remparts, la vue est extraordinaire est extraordinaire sur les vallons et le massif de la Chartreuse.  
 
La basse-cour
   Elle est vaste pour la dimension globale du site castral. Elle est accolée à la grande enceinte extérieure. Bien qu’envahit par les arbres, un « castellologue » la discerne sans difficulté.
 
Les bâtiments annexes et la chapelle
    Durant la belle saison, les fondations des bâtiments sont cachées par les hautes herbes. Mais à l’automne, parfois,  ils se révèlent partiellement à nous. Il est difficile d’identifier avec certitude leur fonction originale. Des fouilles ont clairement identifié l’emplacement d’une chapelle.
       

Le donjon

   C’est le bâtiment le mieux conservé et le plus impressionnant. Il semble daté du 13ème siècle sans fenêtre de confort. Sa forme pentagonale est surprenante pour la région. Il est réalisé en tuffe et pierre.
Il devait comporter 4 niveaux séparés par des planchers. 

   Le 3ème étage devait être la pièce principal car il subsiste coté Nord, les fondations d’une grande cheminée, et dans le mur coté sud, apparaît une ouverture pouvant être les latrines ( ?).

 

 

Histoire du château :

* Au 10ème siècle, la commune de Chirens est possession de la famille de Clermont. Ses nouveaux seigneurs habitent sûrement proche du lac de Paladru, riche en poissons et en gibiers.
* En 1040, les eaux du lac montent et les habitats sont abandonnés. Est ce la raison de "l’émigration" sur la colline situé au sud du lac ?
* A la fin du 11ème siècle, de nombreux châteaux en bois se construisent. Présence de motte à :

- Poype, au Nord,
- Châtelard, au Nord-Nord-Est,
- La Louvatière, au Nord-Est,
- Saint Sixte, à l’Est,
- Etc…

* En 1072, un prieuré dédié à Notre-Dame de Gayet est fondé par les moines bénédictins. Il est probable que ce soit sur une demande du seigneur de Clermont pour "christianiser" la population et assoire sa puissance.
* En 1094, Siboud de Clermont est cité dans un texte relatif à une descendance (?).
* En 1107, lors du passage de nobles du comté de Sermorens (royaume de Bourgogne), un château est cité en ce lieu.
* Au début du 12ème siècle, des moines Bénédictins s’établissent à Chirens et fondent le prieuré de Notre dame du Gayet.
* Durant le 12ème siècle, la famille Clermont consolide et agrandit le château. Les seigneurs de Clermont étendent leur pouvoir sur les territoires environnants et progressivement il crée une vaste seigneurie indépendante. Ils fondent la ville "nouvelle" de Chirens. Les Clermont dominent un territoire enclavé entre 2 puissants rivaux :

   - le Dauphiné,

   - et le comté de Savoie.

*Au 13ème siècle, le château est fortifié par la construction d'un important donjon et d'un rempart supplémentaire.
* En 1317, le seigneur de Clermont rend hommage au Dauphin Jean II. Ce territoire devient une frontière face à la puissante Savoie qui possède une enclave au sud, vers Voiron (exemple : le château de Bocsozel). Ce territoire devient la première baronnie du Dauphiné (voir titres de noblesse).
* Au 14ème siècle, cette contrée devient une vicomté. La famille se nomme maintenant : Clermont-Tonnerre.
* En 1547, Antoine III  de Clermont est nommé Comte par le Roi de France Henri II (voir liste des rois).
* Vers 1633, à la fin des guerres de religion, cette forteresse n’a plus sa fonction de château-frontière, elle est définitivement démantelée après la promulgation d’un ordre de Richelieu. Cela pour éviter que le château soit le refuge de quelques bandes de brigands.
* Le chateau est oublié pendant deux siècles. Il sert parfois de carrière de pierres.
* En 1814, le colonel Lubière commande une "armée" impériale de Napoléon. Il décide d'arrêter l'armée Autrichienne en "fortifiant" le château. Hélas, les Autrichiens gagnent la bataille. Les ruines s'endorment à jamais. 
* En 1983, le site est classé aux Monuments Historiques.
* En 1991, des fouilles révèlent l’architecture de cette ruine et les fondations de l’église.
* Au 21ème siècle, la visite est libre et gratuite. Les murs ont été consolidés, mais ce château est une ruine. Soyez prudent.

 


Pour de plus amples informations sur les mottes castrales et l'histoire autour de Chirens, veuillez consulter cet excellent site.

 

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8 août 2007 3 08 /08 /août /2007 06:30

 

 

Département :   38 - ISERE

 

 

  "Mais que lui arrive t il au chevalier Dauphinois" s'esclaffent les visiteuses et visiteurs de mon blog, "Il pense que nous n'avons aucune culture ?"

  "Bayard est un chevalier de la Renaissance, et son blog est censé ne parler que du Moyen Age.  A t il encore reçu une pierre sur la tête au cours d'une de ses visites dans une ruine toute cassée ?".

    "Mais non, chers princesses et princes visitant mes modestes proses, fou je ne suis. Je ne vais pas vous parler du fameux chevalier 'sans peur et sans reproche', mais ..... de son arrière grand-père, qui est né au 14ème siècle."

  "Ouf !", firent les princesses soulagées que leur merveilleux chevalier Dauphinois (heu, c'est moi), ne soit point pris de folie ou de la maladie de confusion. 

 

 

 

Le bourg :  

   Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Pontcharra sur Bréda est une petite commune à l'Est de la vallée du Grésivaudan (axe Grenoble-Albertville) à 38km de Grenoble. Elle est frontière avec la Savoie. Le château est au Sud de Pontcharra sur une colline à 325m d'altitude.

 

   Coordonnées du château :

45° 25′ 25″ N06° 01′ 08″ E
 45.423611° 6.018889°

 

  Origine du nom :

  * La Bréda est la rivière traversant le bourg.

- 1ère hypothèse : Pontcharra viendrait peut être d'un pont enjambant le cours d'eau pour faire passer les chariots (carrius en latin).

- 2ème hypothèse : il existait une "riche" famille connue (car possédait une tour fortifiée) nommée Charra. Elle habitait proche ou sur le pont.

* Bayard était le nom d'un lieu-dit signifiant : Hêtre.

 

 

 

Le château :  

    L'extérieur :

Petit rappel

* Au Moyen Âge, seul le seigneur disposait d'un château.

* Il était admis que des personnages puissants ou influents puissent avoir une bâtisse fortifiée, mais dont le nom était : Maison Forte.

* Pour cet article, je devrais écrire : La Maison Forte de Bayard.

* Mais je suis Dauphinois, il me faut vanter ma région, de plus "notre" chevalier Bayard si connu a le droit à un "château" dans ma prose.

 

 

L'approche

* C'est par un petit matin brumeux de novembre que je découvre au loin, un bâtiment sur une colline.

Est ce le château Bayard ?

Ou une ferme Dauphinoise ?

* En me rapprochant doucement à pied, comme par magie, la brume s'estompe, les sommets du massif de la Chartreuse s'illuminent et le château Bayard apparaît. 

 

 

La découverte

* Je suis agréablement surpris de le voir si beau, car j'avais en mémoire une peinture du 19ème siècle montrant une ruine.

* Le rempart extérieur arasé épouse le sommet de la colline, et une massive tour trahie bien l'origine médiévale du château.

* Mais les aménagements des siècles et la transformation des bâtiments en logis confortable au 20ème siècle ont adouci le coté guerrier.

*  Il me faut contourner les champs clôturés et prendre la route goudronnée pour  franchir l'immense portail en fer forgé et arriver dans un jardin fleuri si peu médiéval.

* Ce château me change un peu des ruines que je "fréquente".

 

 

Multiple style d'architecture

* Devant moi, la façade Est est assez classique pour une maison forte du 15ème siècle avec 2 imposantes tours d'angle encadrant une petite courtine.

* On peut imaginer que le coté Ouest comportait aussi au Moyen Age, 2 autres tours, mais elles ont disparu au 17ème siècle.

* Les bâtiments à gauche ont dû être construits plus tardivement.

* L'entrée du musée est sur la droite. Je vous invite à une rapide visite.

 

 

    L'intérieur :

J'entre

* Après avoir donné quelques piastres à la charmante caissière, je découvre au rez de chaussée la vie du "fameux chevalier".

* Les vitrines sont claires, les gravures intéressantes, les objets variés, les commandements de la chevalerie bien décrits et le héros, par les récits de ses batailles, devient pour moi encore plus légendaire.

* Au 1er étage, la salle offre une projection très détaillée des exploits du chevalier Bayard.

 

 

Une visite intemporelle

* L'intérieur du château n'est pas médiéval.

* Je ne vous montrerais rien, car dans un musée privé, il me semble que la diffusion de photo est interdite. Et puis mon blog est sur l'époque médiévale. Je me dois de respecter "ma" décision.

* Après 1 heure de "culture", je redescends (oups, une photo du musée, je n'ai pas fait exprès) pour retrouver mon destrier qui se désaltérait dans la fontaine.

* Je pars découvrir le château de Bellecombe (je vous le décrirais prochainement) situé en face et qui était le dernier bastion Dauphinois face à la puissante Savoie.

 

 

 

Histoire du château : 

* En 1402 (?), Pierre Ier de Terrail, (Arrière Grand Père du fameux chevalier Bayard) achète une terre au lieu dit Bayard.

* En 1404, après 2 années à la recherche de droit de construction, il reçoit l'autorisation d'édifier sur la colline une maison forte.

* Vers le milieu du 15ème siècle, son fils ainé, Pierre II de Terrail, devient le nouveau châtelain. Il épouse Marie de Bocsozel (voir le château de cette famille) et aura 4 enfants.

* En 1465, à la bataille de Montlhéry, Pierre II meurt. Son fils aîné, Aymon de Terrail est le nouveau propriétaire de la maison forte. Il a épousé Hélène Allaman et aura 8 enfants.

* En 1476, le "château" voit la naissance de Pierre III de Terrail, le fameux chevalier "sans peur et sans reproche".

* A la fin du 15ème siècle, Georges de Terrail, frère cadet de Pierre III, devient le nouveau châtelain de la maison forte.

* En 1555, George meurt et la maison forte change de famille par le mariage de Françoise Terrail. A partir de cette date, de nombreux propriétaires se succèdent amenant des aménagements de confort.

* En 1792, le château est décrit comme une ruine. Il sert de carrière de pierres comme souvent après la révolution.

* En 1823, il semble que des pierres de la maison forte soient utilisées pour un monument à la gloire du "chevalier Bayard" construit sur la place Saint André à Grenoble.

* En 1890, une première campagne de reconstruction est réalisée par le propriétaire.

* Au 20ème siècle, de nombreuses restaurations sont réalisées.

* En 1915, les bâtiments sont classés aux Monuments Historiques.

* En 1938, l'association des "amis de Bayard" est créée, et tente par des rencontres et des publications de faire revivre la mémoire du grand chevalier.

* En 1975, un musée à la mémoire de Bayard est réalisé. Deux salles sont ouvertes au public.

* Au 21ème siècle, une partie du château est privée et interdite à la visite. La découverte des 2 salles du musée est payante. Renseignez vous sur les horaires d'ouverture.

 


   
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