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Ombre et lumière

29 juin 2007 5 29 /06 /juin /2007 06:30

 

Département :  15 - CANTALSur son plateau, les ruines surveillent encore le passage des touristes.

 

Le bourg : 

     Situation :   (--> le voir sur une carte)

        Molompize est une petite commune située à 25km au Sud-Ouest de Brioude et à 30km au Nord de Saint Flour.
   Le château est posé sur une colline proche du village. C'est un magnifique poste de surveillance de la vallée de l'Alagnon.

   Coordonnées du château :

45° 14′ 22.66″ N 3° 8′ 29.55″ E
 45.239628°  3.141542°

 

Le château :

     L'extérieur :

L'approche

   C'est en empruntant la RN122 de Massiac à Joursac pour voir son ancienne forteresse que mon destrier se mit en arrêt. Nous sommes comme un vieux couple, il connaît ma passion et à la vue d'une ruine, il stoppe dans l'herbe.

   Sur sa colline, la ruine ressemble plus à un bâtiment renaissance qu'à une forteresse médiévale. En consultant mon dictionnaire des châteaux forts de France, il est écrit : "Vas le visiter, chevalier". 

  Une échauguette sur culots

La découverte
    Depuis la route, la face Sud offre un mélange de styles. La haute courtine est percée de fenêtres à meneaux (dont la fonction n'est évidemment pas la défense). Cette architecture me donne à penser que le logis sera luxueux. La courtine est encadrée de 2 tours rondes :

- La plus petite coté Est me fait penser à une tour pour la desserte des étages, car elle semble peu habitable.
- Coté Ouest, la tour est très massive.

Était ce le donjon médiéval ?

 

Rapide analyse

   Sur 3 cotés, le château est protégé par un versant assez pentu. Cette caractéristique est classique pour une fortification médiévale (mon destrier avait bien vu ce détail).
  Pour mieux comprendre l'architecture de ce château, voici un plan réalisé par Pierre Barbier.
 

Je monte vers elle

   Il n'est pas nécessaire de sortir les cordes d'escalade pour monter sur le plateau. Une petite route monte vers le site. Un large sentier sans épineux  permet la découverte de la ruine. 

Quel choc !
 

Je ne montrerai pas toutVoila un panneau me donnant déjà du plaisir !

    Des ruines j'en ai visitées de nombreuses, je peux affirmer que celle-ci n'est pas "traditionnelle".

         Ne voulant pas vous la déflorer (hooo ), mon article ne vous décrira que des détails. Aucune photo montrera l'ensemble du site. Vous aurez ainsi la même surprise que moi si vos pas vous mènent dans ce village du Cantal.

 

Quelques détails défensifs
     Devant les vestiges de l'ancien portail, je suis accueilli par des "fentes de tir" du 15ème siècle surmontées de corbeaux devant être les traces de mâchicoulis (voir vocabulaire). Ce mélange d'époques architecturales est très harmonieux. 

 

    L'intérieur :

Première vision

     A l'Est, la basse cour est vide de bâtiment, mais sur le sol, quelques vestiges de pierres taillées (évier, angle de porte...) font monter l'excitation. Les surprises arrivent en franchissant une porte fortifiée.
   D'abord dans la petite tour, il y a un escalier en colimaçon desservant les étages. Évidemment, certaines marches manquent, mais la taille des pierres montre un travail soigné pour un seigneur sûrement important.

Est ce une porte ou une fenêtre ? 

La bâtiment principal

    Puis dans le bâtiment principal très lumineux (il est vrai qu'il possède de nombreuses fenêtres, mais c'est surtout l'absence de plafond et de toit qui apporte cette lumière) apparaissent une grande cheminée dans le mur Sud (Était ce la cuisine ?) et des cheminées de taille plus modeste mais à chaque étage sur le mur Ouest. Dans cette région de montagne, la chaleur est un élément de confort important.

 

Que de détails !

     Les pierres des portes des salles sont de belle facture, celle du niveau inférieur de la grosse tour ne fait pas exception. Avec précaution, j'entre dans la pièce. Elle comporte de nombreux gravas évidemment, mais surtout un plafond bien conservé.

Ce plafond ne vous rappelle-t-il pas celui de la salle basse du château de La Garde en Lozère ?

(voir descriptif de ce château)

  Avec un tel plafond, cette pièce ne devait pas être une salle d'apparat. Mon raisonnement est vite confirmé, au fond faiblement éclairées "trônent" des latrines.

 

Encore une découverte
   Après une petite "escalade" très facile, la pièce du dessus présente une nouvelle merveille : un plafond en croisée d'ogives. Au centre est posé un blason que je n'ai pas encore identifié. Une cheminée réchauffe cette pièce de vie.

Chaque pièce, chaque angle révèle une magnifique surprise.

Quel château !

 

C'est fini

  Mais le temps passe, le soleil se couche déjà et il me faut retourner vers mon destrier. Au sommet du mur du logis je contemple une dernière fois le paysage Cantalien.

Ressentez vous le même plaisir ?

 

 

Histoire du château :

* Au 9ème siècle, le lieu est cité dans un texte.
* Au 11ème siècle, il semble qu'un premier château soit construit sur le site par la famille Rochefort.
* Au 14ème siècle (en 1306 ?), Bertrand de Rochefort se livre à des actes de pillage. La justice Royale le condamne à mort et fait raser le château.
* En 1320, un "nouveau" château est construit.
* En 1374, Poncet de Rochefort d'Aurouze (fils cadet de la famille ?) devient évêque.
* Vers 1430, avec l'amélioration des armes et surtout l'invention des premières armes à feu, le château est modifié. Louis Ier de Courcelles fait construire la grosse tour avec fentes pour arquebuse.
* Au 16ème siècle, le château semble aménagé pour donner plus de confort à ses hôtes.
* Au 20ème siècle, le château appartient à la commune.
* En 1972, les ruines sont inscrites aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de la ruine est libre et gratuite. Le risque de recevoir une pierre est important.

 

Avec ses collines et ses rivières, les paysages du Cantal sont merveilleux !

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21 juin 2007 4 21 /06 /juin /2007 23:52

 

Département :   03 - ALLIER

 Pourquoi les ruines se cachent elles toujours au milieu des arbres ?

Le bourg :

  Situation :   (--> le voir sur une carte)

      La petita commune de Murat est située à 30km à l'Est de Montluçon et à 45km au Sud-Ouest de Moulins.
   Le château est posé proche du village sur une plate-forme rocheuse qui surplombe les méandres de la rivière.

    Coordonnées du château :

46° 24' 0.673" N 2° 54' 27.666" E
 46.400187°  2.907685°

 

Le château :
    L'extérieur :

Pourquoi ce site

    Lorsque je suis parti dans le Bourbonnais (aujourd'hui plus connu sous le nom du département de l'Allier), j'avais prévu la visite de 3 ruines importantes.

    Mais parfois, mon imaginaire est trop fertile à la lecture de l'historique, j'avais peur d'être déçu par cette ruine dont aucun guide touristique décrit la "beauté".

Un plan pas très plan-plan 

Il est là  

     Soudain.... dans un virage, il m'apparait !

Grandiose, imposante, massive et "presque intact".

   Évidemment, devant une telle splendeur, le temps se fige.  Je prens stylo, bloc-notes, appareil photo, batterie de rechange, gourde d'eau et...... ma passion. 

 

Je pars vers ma belle

   En chemin, il me revient en mémoire une description que j'avais lu : "Murat le riche". "Le riche" vient de l'expression occitane "Ric" signifiant puissant.
 La fièvre d'une puissante forteresse à visiter s'empare de moi.

Me suivez vous ?

 

 

Première analyse

   La ruine est bâtie sur une petite colline proche du village et en bordure de la rivière nommée Le Murat. Quelques aménagements modernes ont un peu empiété sur le château coté rivière, mais aucune construction du 20ème siècle semble l'avoir défiguré.
   Évidemment, oublié des hommes depuis 5 siècles, le site est envahi d'arbres qui ont reconquis leur territoire. Mais il est possible de faire le plan de cet ancêtre. Sa forme n'est vraiment pas traditionnelle, et la raison est simple : La courtine externe épouse les contours du plateau.

Le parcours est risqué mais fascinant

Courtines dangereuses mais fascinantes

     Comme toujours je m'imprègne de la ruine en suivant ses contours. Avec des enfants, je vous déconseille cet exercice car les murs sont très fragiles, les pierres glissantes et instables sur le sol et la végétation dense.

   Il faut jongler entre risque et découverte. Mais ce risque me permet de découvrir les multiples tours flanques (voir glossaire) qui jalonnent les faces Nord et Ouest. C'étaient les murs les plus exposés aux attaques.
  En contrebas, je crois voir un mur pouvant servir à détourner la rivière et isoler le château par des "douves".

 

Je voudrais entrer

    Je n'arrive pas à trouver l'entrée originale du château. C'est par une troué dans la courtine que je pénètre dans la forteresse.

 

   L'intérieur :

La basse cour  (voir indice 1 sur le plan)
   En pénétrant à l'intérieur de la forteresse, ma première découverte est la basse cour. Elle est vaste (je m'en doutais un peu) et très jolie avec son tapis de hautes herbes vertes (évidemment au moyen âge le décors n'était pas celui ci). Les bâtiments des communs ont disparus mais elle est représentative du château d'un puissant seigneur. Pourtant un détail me surprend : La faible hauteur de la muraille par rapport au sol actuel.

 

Des corbeaux qui ne croassent pas

Sont ce de petites murailles ?

    Pour un château aussi puissant, la muraille extérieure devrait avoir une hauteur supérieure à 5m. Certes je visite une ruine dont les murs sont peu solides et se sont écroulés, mais ce n'est pas logique.
    En m'approchant du mur Ouest, je distingue à moins d'un mètre du sol les corbeaux devant soutenir les poutres d'un étage. Il y a sous mes pieds 1 à 2 étages comblés par les pierres des murs des communs (Cela ne vous rappelle t il pas ma surprise au château de Guirbaden en Alsace - voir ce château).

 

Une tour de défense
   Au début de ma visite, je vous avais montré une tour, je vous propose de découvrir son intérieur. Évidemment  elle n'est pas luxueuse, d'abord parce qu'elle est en ruine et surtout parce que sa fonction était la défense. Un vestige d'archère droite (voir glossaire) m'informe de son ancienneté, et surprise, elle comporte un ratier. Ce trou, autrefois bouché par une grille ou plus sûrement par une plaque en bois, était une réserve de nourritures; Peut être entreposait elle le blé amené par les paysans pour payer l'impôt ?

 

La Tour du Loup   (voir indice 2 sur le plan)
  Elle est plus puissante et imposante que les autres tours flanques, mais elle est tellement ruinée avec des pierres instables que je n'ose entrer. Dans la pénombre, derrière d'épais murs, j'aperçois une salle voûtée. Aucun décors, aucune cheminée.

Etait ce une "tour de commandement" en cas d'attaque ?

Ou bien la tour de garde et de repos des soldats ?

  Malgré le risque, je pénètre rapidement pour "voler" à travers l'archère une photo montrant le paysage au Nord du bâtiment. Sur sa colline, le château offre une vue magnifique sur les plaines environnantes.L'habitat fortifié n'est plus qu'un fantôme.... à forme humaine !

 

Le Donjon habitable ou le Logis ?
     Au centre de site, des pans de murs tentent de survivre à l'attaque des arbres. En observant l'architecture, en détaillant la forme des pierres, en cherchant des indices dans les angles et les restes des ouvertures je pense être en présence du donjon habitable, ou du logis central fortifié. Les pierres sculptées ont disparu (ce qui est classique dans une ruine si proche d'un village) et le luxe de ce bâtiment restera à jamais un mystère.

 

Je me questionne

    Mais avant de continuer ma visite, je repense à l'histoire de ce château. Le roi François  Ier avait demandé la destruction de cette forteresse féodale (voir historique en bas). Et il me semble que les ruines sont encore imposantes.

Pourquoi ?

 

Je me donne la réponse

    Il faut beaucoup d'argent pour détruire un château. Souvent, l'autorité locale se contente de casser le logis Mais parfois, la tour maîtresse est ouverte à la base, laissant le temps faire son oeuvre de destruction.

   Et puis, si la porte du château est ouverte, les villageois récupèrent les pierres pour construire ou consolider leur maison.
    Il me semble impossible de dire que ce château a été détruit. Messieurs les archéologues et écrivains, veuillez corriger les pages de vos livres  (hihihi, voilà que je donne des ordres maintenant, il me faut rester humble...). 

 

La citerne  (voir indice 4 sur le plan)
    En remontant vers l'Est, au détour d'un mur épais, je découvre une citerne.

Incroyable !

    Avec si peu de murs à l'intérieur, cette citerne est presque le joyau de la ruine. En me penchant, je constate que l'argile est encore visible sur les parois. Avec les pluies de ce printemps, une grande quantité d'eau stagne à l'intérieur et quelques grenouilles plongent en m'apercevant. Dommage, j'aurais pu les cuisiner grâce à ce livre.

L'imposante tour louis II

La tour Louis II  (voir indice 3 sur le plan)
     Durant la guerre de 100 ans, Louis II de Bourbon fit construire ou consolider de nombreux châteaux pour faire une ligne de défense contre les "Anglois". Murat fut l'un des 3 plus puissants du Bourbonnais. Cette tour est la construction la plus représentative de cette défense. Il est vrai qu'aujourd'hui elle n'est que ruine, mais l'épaisseur de ses murs (6m), les axes de circulation, les salles voûtées, les archères et les couleuvrines sont très intéressants à observer.

Je vous sens dubitatif !

    Regardez cet escalier, il n'est pas entier mais très instructif. Et la salle qui est au dessus.

N'avez vous pas envie de la découvrir ?

Curieusement, je regarde un détail qui m'avait échappé.

Avez vous remarqué la couleur des murs ?

   Elle n'est pas grise comme de la pierre, mais...... a une teinte rosée, parfois presque rouge. Un frisson me glace le dos....brrr.... 

Sont ce les traces de sang du malheureux "aimant" traîné par les sbires du diable ?

Vous ne connaissez pas cette légende ?

  Venez la lire ici.

 

C'est fini

   Je vous laisse car j'ai de nombreuses salles à visiter dans cette tour Louis II. Mais avant, je vous fais un cadeau : le dessin du château au 15ème siècle :
     * Au fond à gauche, c'est la tour Louis II,
     * Devant à gauche, c'est la tour du Loup,
     * Devant, c'est la courtine par où j'ai pénétré avec derrière à droite, la basse-cour,
     * Et au milieu derrière la courtine, l'immense Donjon habitable.

 

 

Histoire du château :

* Au 1er siècle, un "établissement Romain" (fort, tour, temple, maison du dirigeant ?) est construit sur la colline (des fouilles récentes attestent cette hypothèse).
* Au milieu du 11ème siècle, une fortification assez simple est construite au sommet.
* En 1204, Guillaume de Murat est cité dans un texte de donation.
* Au 13ème siècle, les défenses du château sont améliorées car il est frontière avec l'Aquitaine où des troubles se produisent. 
* En 1272, Béatrice de Bourgogne, Dame de Bourbon, épouse Robert Ier de France, Comte de Clermont. C'est le 6ème fils du Roi Louis IX (voir liste des rois). Bien que cet acte ne soit pas directement lié au château, il est le déclencheur pour faire de Murat un lieu important.
* En 1310, Louis Ier, fils aîné, épouse Marie de Hainaut. La même année, sa mère Béatrice de Bourgogne décède au château.
* En 1317, à la mort de Robert Ier, son fils Louis Ier Comte de Clermont de la Marche et de Castres devient le nouveau seigneur.
* En 1327, Louis Ier devient le premier Duc de Bourbon (voir titre de noblesse).
* En 1342, Louis Ier meurt. Son fils Louis II est le nouveau Duc de Bourbon. Avec la guerre de 100 ans, et les attaques des 'Anglois', il décide de fortifier plusieurs châteaux dont Murat. Il est l'auteur de cette imposante tour qui porte aujourd'hui son nom.
* Vers 1343, le château Ducal, par sa superficie, la longueur des courtines et la puissance de sa tour, impose le respect de assaillants potentiels. Mais ce n'est pas qu'une forteresse, son habitat est très confortable pour l'époque.
* En 1354, Marie de Hainaut décède au château.
* En 1358, Isabeau de Valois  
* Au début du 16ème siècle, le Bourbonnais est une province très puissante. Charles III est le 8ème Duc de Bourbon mais aussi, Comte de Montpensier, Comte de Forez, Comte de Clermont, Comte de Mercoeur, Duc d'Auvergne.....   Bien que vassal du Roi de France Louis XII (voir liste des Rois), le Bourbonnais possédait ses propres institutions. Cette puissance crée des jalousies qui causeront la perte de Murat.
* En 1521, la femme de Charles III (qu'il avait épousée en 1505) meurt sans avoir donné d'héritier. (ses 2 enfants sont morts très jeune). La mère de François Ier revendique le Bourbonnais comme petite fille de Charles Ier de Bourbon. Durant ces 6 années, Charles III se rebelle et entre en guerre contre le Royaume de France aux cotés des Italiens. 
* En 1527, Charles III meurt au siège de Rome. Conséquence, le Bourbonnais est rattaché au Royaume de France. Peu de temps après François Ier fait démolir plusieurs châteaux dans la région dont celui de Murat; (Beaucoup pensent que c'est une "vengeance" et une "punition" contre la lignée des "trop puissants" Ducs de Bourbon). 
* En 1569, un rapport demandé par le roi Charles IX fait état de l'abandon du château, et des ruines qui le composent.
* En 1792, les révolutionnaires brûlent les archives de la commune.
* Au 19ème siècle, il semble que les animaux des fermes se nourrissent de l'herbe grasse dans le château. 
* En 1930, les ruines sont inscrites aux Monuments Historiques.
* Vers 1965 (?) des fouilles sont organisées par des scouts puis par J; Mathonnat révélant quelques "secrets sur l'entrée, les vantaux, les herses.... (Je n'ai hélas pas trouvé de documents sur ces fouilles).
* Au 21ème siècle, la découverte de la ruine est gratuite. Est elle encore libre ?.... Il semble qu'une petite barrière en bois ait été mise pour interdire l'entrée et/ou prévenir le visiteur du risque de chute de pierres. Renseignez vous, car cette ruine si peu connue est un véritable plaisir pour les yeux, et l'imaginaire.

 

Il est curieux de ne voir aucune montagne dans ce pays vallonné !

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Les murs rouges de cette ruine, et les "cavités" ont fait naître une légende.

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17 juin 2007 7 17 /06 /juin /2007 00:10
     Le Château de Wegelnburg, dans les Vosges du Nord ressemble à un paquebot "posé" sur un rocher. Cette curieuse architecture dans une région très boisée du Palatinat ne pouvait qu'engendrer une légende avec un rocher et l'habituelle princesse. Cette "histoire vraie" se nomme :  

 

 

La  Princesse  du  château  de  Wegelnburg
 
    un bisou, juste un petit bisou et je deviens........ 

"  Il était une fois, dans un château perché en haut d'un rocher, une princesse très belle mais lasse des demandes en mariage des damoiseaux et des princes.

   Il est vrai que plusieurs fois par jour, elle devait écouter les dires des prétendants, les entendre dans leurs beaux costumes lui promettre des choses qu'ils ne tiendraient pas  (ha bon, nous sommes comme cela, nous les hommes ?).

   Après les avoir évincés poliment, elle retournait dans ses appartements. Elle préférait être seule  dans sa chambre à se regarder dans un miroir et se coiffer ses longs cheveux blonds.

  Elle pensait que ses refus rebuteraient les gentils hommes, mais plus elle refusait, et plus il en venait.
    Un jour, elle fut plus sévère dans ses propos pour refuser les demandes, et.......... les jeunes hommes se suicidèrent tant l'affront était trop dur à supporter (ho, ils sont bien fragile ces hommes ?).
  
  Les puissance divines, voyant qu'une telle beauté refuserait à vie tout homme, et ainsi, ne pas perpétuer le sang princier, décidèrent d'un commun accord de.......... bannir cette princesse dans le royaume des ombres.
 
   A partir de ce jour, elle disparu du monde du visible. mais pour lui redonner une chance, on lui accorda un droit (qui est aussi un devoir). La princesse dut revenir tout les vendredis sur un rocher isolé nommé: le KROTENSTULH"  littéralement :  'le rocher du crapaud'.
   Son sort était simple :  Faire passer 3 épreuves au prince ou roturier qui se présenterait.
  • 1 - Le 1er vendredi, la princesse doit revenir sur terre sous forme d'un serpent. Si le courageux lui caresse la tête en échappant à la morsure vénéneuse, il peut revenir le vendredi suivant.
  • 2 - Au 2ème rendez-vous, la "belle" réapparait sous la forme d'un crapaud purulent et cracheur de feu (ha, les légendes, il faut toujours qu'elles exagèrent). Le "fou" séducteur doit  embrasser la joue du batracien  (beurk). S'il n'est ni brûlé, ni "boutonneux", il peut revenir pour la troisième épreuve.
  • 3 - A la 3ème  rencontre, la belle trone sur le rocher dans sa forme humaine, et doit se peigner les cheveux tout en pleurant et gémissant d'une tristesse non terrestre. Si, malgrè les  lancinants pleurs  (ho, le mythe des sirènes maintenant ?), le prétendant récupère une mèche de sa blonde chevelure  (Oui, les princesses sont toujours blondes, alors les filles, jalouses ?),  il doit la porter au château.
  • Et là............. le mauvais sort est rompu, la princesse devient définitivement humaine et le trésor incomparable du château est donné au vainqueur ! .......... (Evidement, vous connaissez la suite: ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants).

 

    Hélas, à ce jour tous les prétendants sont morts ou ont fuit devant ces épreuves si difficile. La princesse est toujours dans le royaume des ombres et attend avec impatience celui qui viendrait la délivrer ! "

Image confiée par une artiste talentueuse - (C)

    N'appréciant pas trop les serpents et ne raffolant pas des crapauds (quoique les grenouilles cuisinées avec un bon livre),  je n'ai pas cherché à voir cette princesse. Donc j'ai visité cette ruine le ............ mardi.

    Si vous vous sentez courageux ou invincible, rien ne vous empêche de m'envoyer un mail le jeudi, pour me faire part de votre.......... disparition le vendredi


Cette histoire peut s'apparenter aux légendes de "Dame Blanche".
   * la dame blanche du Hohenbourg 
   * la dame blanche du Montségur 
   * la dame blanche de Puivert
   * la dame blanche du Reichenstein


   Remerciement : Le dessin du monstre m'a été aimablement confié par une créatrice talentueuse qui ouvrira un site prochainement. 

   Attention : Cette image n'est pas libre de droit. Elle ne peut pas être mise dans un autre site ou blog.

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15 juin 2007 5 15 /06 /juin /2007 06:30

 

Département :   63 - PUY de DOME

  Cette haute colline signifie que la marche d'approche sera difficile.

Le bourg : 

     Situation :   (--> le voir sur une carte)

       Nonette est une petite commune dans le Val d'Allier, à 55km au Nord-Nord-Est de Saint Flour, à 25km au Nord-ouest de Brioude et à 10km au Sud d'Issoire. 

  Coordonnées du château :

45° 28' 23.941" N 3° 16' 43.223" E
 45.473317°  3.278673°

 

Le château : 

    L'extérieur :.

L'approche

     Au loin, une colline semble porter la ruine que je souhaite visiter. Je me régale d'avance de cette découverte. Mais curieusement, plus je me rapproche du village et plus cette colline parait inaccessible.

Y aurait il quelques envoûtements ?

 

Je suis proche

  En voyant le relief, je me pose des questions :

Y aura t il un sentier ?

Ou vais je encore faire une montée "griffante" dans les ronces ?

     Dans le village, je distingue quelques restes d'un rempart. Cette ruine n'est donc pas un simple château sur une colline. C'est un ensemble fortifié que je découvre.

    Pour mieux comprendre cette fortification, je consulte la copie d'un plan cadastral que j'ai vu dans une brochure. Le bourg de Nonette avait bien une petite enceinte à l'époque médiévale. Certes, ce n'était pas Carcassonne, mais ce village devait être important pour posséder des remparts aussi longs et de hauteur impressionnante.

 Après avoir lutter contre les hommes, la ruine lutte contre la végétation

Première découverte

      Au Sud, mes jambes sont soulagées, elles ne seront pas griffées puisqu'un sentier monte doucement pour mieux faire admirer cet ancien château que je sens très ruiné.

    La première fortification apparaît enfin. Elle tente de survivre dans la végétation. Le mur est très épais mais curieusement, il apparaît parfois de construction soignée et parfois d'un "rafistolage" peu solide.

Sont ce des réparations suite à des attaques ?

 

 

    En faisant le tour, je constate que le site a une superficie importante. Ce château ne devait être celui d'un petit vassal. La plate-forme portant la ruine est divisée en 2, séparée par un fossé qui ne me semble pas naturel.

Était ce pour créer une sorte de barbacane isolant le château habitable ?

  Que de questions devant cette ruine !

   Un peu plus loin à l'Ouest, une puissante tour m'invite à découvrir l'intérieur.

 

    L'intérieur :.

Fébrile, j'entre

Dans cette ruine sans toit, avec des murs presque inexistants dois je parler de l'intérieur ?

   Pourtant, un indice me confirme que je suis entré dans le château, puisque je viens de franchir les restes de l'ancienne porte. Voici l'emplacement de la herse. Vu la qualité de construction, je suis certain d'entrer dans le château d'un puissant seigneur.

 

Hélas, le site est presque vide

    La terre ayant envahi l'intérieur, les murs étant presque inexistants, la végétation ayant fait disparaître ou écrouler les restes des murs, il est très difficile de comprendre l'aménagement des salles.

   Quelques morceaux ont été cimentés récemment pour garder le souvenir. En observant l'Armorial de Revel, je tente de retrouver le plan de cette forteresse, mais la tâche me parait impossible. D'abord ce document est très imagé, ensuite, parce que la ruine a été dévastée par les temps et les hommes. 

 Est ce un jardin suspendu ?

Depuis le rempart

  Doucement, je m'avance près des remparts pour admirer l'à-pic. Impressionné par les puissantes tours du château, je ne m'aperçois pas qu'une ombre s'imprime dans l'herbe.

Est ce la mienne ?

Ou celle du fantôme d'un garde qui me surveille ?

 

La vue !

   Comme toujours dans une ruine médiévale, la vue est extraordinaire. La découverte des alentours est un des grands plaisirs de ce loisir.

  Avec un oeil d'aigle, je distingue au loin un piton comportant une construction.

Est ce une autre ruine castrale ?

   Vite, ma passion m'appelle ailleurs. C'est rapidement que je refranchi la porte du château

 

 

Histoire du château :

* Au 9ème siècle, Nonette est le siège d'une vicairie
* Au 10ème siècle, un seigneur de Nonette est cité dans un texte.
* En 1169, Louis VII (voir liste des rois) dans sa guerre contre les seigneurs de Polygnac, s'empare du château de Nonette. Ce lieu devient une base avancée des Capétiens contre les "territoires du centre".
* En 1188, le roi Philippe Auguste souhaite consolider sa puissance locale. Il accorde des franchises aux habitants.
* En 1213, le capitaine Royal de cette place forte fait un inventaire des vivres et munitions. La liste d'arbalètes, de cotes de maille (etc...) montre la capacité de défense et le nombre d'hommes que l'on pouvait équiper rapidement. Cela prouve l'importance de ce château dans la stratégie Capétienne.
* En 1225, Alphonse de Poitiers reçoit de son père une partie de l'Auvergne (ainsi que le Comté de Poitiers et la Saintonge) en apanage. Le château de Nonette dépend maintenant du Comte de Poitiers.
* En 1271, affaibli et malade à la fin de la croisade, Alphonse de Poitiers meurt. N'ayant aucun héritier direct, le château de Nonette revient à la couronne de France.
* Vers 1289, des travaux de modernisation sont entrepris au château.
* En 1290, le roi de France Philippe IV le Bel demande (exige) aux habitants des astreintes de guet sur les tours contre quelques franchises d'impôts. Les Capétiens ont fait de Nonette une puissante base avancée pour surveiller les Comtes (voir titre de noblesse) d'Auvergne.
* En 1358, le roi donne à Thomas de la Marche le château de Nonette ainsi que des droits de justice.
* En 1360, Thomas tombe en disgrâce et perd ses biens dont Nonette. Le roi Jean II érige l'Auvergne en Duché.Jean de France, nouveau Duc d'Auvergne réside parfois dans le château.
* Vers 1370, des travaux sont entrepris pour renforcer les défenses du château.
* En 1426, à la mort du Duc de Berry, Nonette (ainsi qu'une partie de l'Auvergne) revient à Louis II Duc de Bourbon (arrière petits fils de Saint Louis), marié à Anne d'Auvergne.
* En 1562, Nonette est de nouveau dans le Royaume de France.
* En 1633, sur l'ordre de Richelieu la forteresse est détruite.
* Au 18ème siècle, les paysans font paître les vaches dans les ruines du château.
* En 1792, les révolutionnaires confisquent les ruines comme bien national. Ils souhaitent revendre les pierres. La population de Nonette s'oppose à cette réquisition révolutionnaire arguant que le terrain est communal.
* En 1810, un tribunal révolutionnaire donne tord aux villageois, les pierres sont vendues.
* Au début du 21ème siècle, une troupe de scouts belges a aménagé le sentier menant au château, a déblayé des gravas et a nettoyé les parois couverte de lierre.
* Au 21ème siècle, la découverte de la ruine est libre et gratuite. Le risque de recevoir une pierre existe.

 

Quel spectacle ! La ruine médiévale offre un plaisir incomparable.

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29 mai 2007 2 29 /05 /mai /2007 06:30

 

Département :   63 - PUY de DOME

 

Le bourg : 

La pluie, le vent, la neige ne peuvent détruire cette tour médiévale.      Situation :  (--> le voir sur une carte)

    Anzat est une petite commune au Sud du département du Puy de Dôme. Elle est situés à 28km à l'Ouest de Brioude et à 40km au Nord de Saint Flour.
 Besse est un petit hameau à 2km au Nord de Anzat.

  Cette région est nommée : Le pays des Couzes. Ce sont des vallées volcaniques creusées par les rivières naissant dans les monts Dore et se jetant dans l'Allier.

    Coordonnées de la tour :

45° 20' 6.968" N 3° 3' 31.28" E
 45.335269°  3.058689°

 

Le château : 

   La tour de Besse est représentative de l'habitat médiéval d'un petit seigneur. Ce type d'architecture se retrouve dans de nombreux sites en pays d'Auvergne, par exemple: la tour de Colombine.

 

    L'extérieur :

   S'il n'y avait pas ces nombreux arbres, la tour serait visible dans un rayon impressionnant sur le plateau. Elle est posée en haut d'une colline (un dyke volcanique) sur un amas rocheux et surveille la vallée de la Bave. Cette vallée appartenait à la Baronnie de l'illustre famille de Mercoeur.

  Le site est protégé au sud par la rupture naturelle (à-pic), sur l'autre face par un fossé creusé. Ce type de défense était classique au 12ème siècle. Il est curieux de le retrouver pour une tour datant du 15ème.

 

   La Tour :   

     Après avoir gravi la petite colline dans l'herbe humide du début de printemps, je découvre une curiosité : 2 portes sur la façade principale.
   Il est classique de trouver une ouverture récente en partie basse d'une tour (voir exemples sur la tour Colombine ou sur le donjon de Fa), mais elle est souvent  "massacrée", non "finie".  J'ai devant moi 2 ouvertures presque identiques surmontées d'un linteau semi-circulaire, architecture traditionnelle en Auvergne.

   Évidemment, l'ouverture supérieure est la véritable porte médiévale. Elle est située à 5 mètres du sol et comporte à sa base des trous de boulins. Ces trous devaient recevoir des "solives" (nommées boulins) supportant un plancher en bois. L'accès à cette passerelle était réalisé par une échelle amovible, système de défense passive très utilisé au Moyen Âge.

   En faisant le tour je découvre sur une face, 2 fentes qui s'apparentent plus à des trous de lumière qu'à des archères (voir glossaire). L'absence de bouche à feu prouve la non utilité de cette tour au 16ème siècle. Plus j'observe cette tour, et plus elle m'apparaît comme une tour de guet pour soldats plutôt qu'un château du petit seigneur local.

   Sur la façade opposée aux ouvertures des portes, apparaît une bretèche posée sur 2 corbeaux à double ressaut. Mais en l'observant du dessous, il semble que sa fonction soit : des latrines. 
   Au sommet, je devine les vestiges de créneaux.  

 

   L'intérieur :   

     Comme je le supposais, l'intérieur est très sobre : Pas de trace d'escalier, ni de cheminée. Cela ressemble beaucoup à l'intérieur de la  tour Colombine.
  La lumière est assurée par les fentes dont je vous ai déjà parlées. Ne vous méprenez pas sur la clarté de la photo, j'ai du utiliser le flash tant ces petites fentes n'offrent que peu de lumière.

   Il fait frais dans cette tour, et j'ai très envie de retrouver le faible soleil de mars en franchissant la porte basse.

 

 

Histoire du château :

* Au 12ème siècle, le site est peut être fortifié (certains textes l'affirment bien qu'il n'y ait aucune certitude architecturale). 
* Au début du 14ème siècle, Anzat devient possession du Vicomte (voir titre de noblesse) de Polignac.
* A la fin du 14ème siècle,  le fief appartient au Comte de Randan.
* Au 15ème siècle, dans le hameau proche de Anzat nommé Besse, est construit une tour carrée pour surveiller la vallée. La position du bâtiment est renforcée par un fossé du coté de l'attaque. Une famille nommée Besse en prend possession. Elle est appartient à la Baronnie de Luguet, inclus dans le Duché de Mercoeur.
* Dans le premier tiers du 17ème siècle, le dernier membre de la famille Besse meurt sans héritier direct. Par héritage le fief de Besse est détenu par la famille Retz de Bressoles.
*  Au milieu du 17ème siècle, la famille Blanc du Bos prend possession du fief. Il semble que la tour soit déjà en ruine.
* En 1792, la révolution Française chasse les propriétaires.
* En 2005, la tour de Besse ainsi que les fossés et le talus sont inscrits aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de la ruine est libre et gratuite à l'extérieur pour la visite de l'intérieur, il est préférable de demander l'autorisation aux propriétaires. Le risque de recevoir une pierre existe dans la tour.

 

 Il me faut refranchir la porte pour retrouver le 21ème siècle.

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20 mai 2007 7 20 /05 /mai /2007 10:40

  

Trop d'impôts tuent l'impôt !

L'argent ne fait pas le bonheur.... Alors, donnez le moi !


 




Signification au 21ème siècle :

"Une cote mal taillée" signifie :
     * Une estimation approximative,
     * Un compromis qui ne satisfait personne.
 
 
 
Naissance :

   Au 11ème siècle.
 
 
 
Origine de l'expression :

  Au moyen âge, la cote était la part que toutes personnes dépendant du seigneur devaient payer (en heures de travail, en corvées ou en monnaies).
  La taille était un impôt, et le verbe "tailler" signifiait : Soumettre à l'impôt.

 Une cote mal taillée était un impôt mal réparti, ou montrant un déséquilibre important entre les personnes imposables.


Par extension, une personne étant mal habillée, a du être "mal imposée" donc "mal taillé".

  
 
 

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18 mai 2007 5 18 /05 /mai /2007 06:30

 

Département :   73 - SAVOIE 

 

Le bourg :  

Mon graal est là haut

  Situation   (--> le voir sur une carte)

      Le bourg de Beaufort est situé à 60km au Nord-Est de Chambéry, à 50km au Sud-Est d'Annecy et à 30km au Nord-Ouest de Bourg Saint Maurice et à  20km au Nord-Est d'Albertville..

    Coordonnées du château :

45° 43' 37.366" N 6° 33' 43.297" E
 45.727046°  6.562027°

 

   Quel est le nom de ce château ?

     Curieusement, ce site n'est pas clairement nommé. Il est identifié :

* Parfois en château de Beaufort,
* Puis château des Vanches,
* Et le plus souvent Notre Dame des Châteaux.

 Je ne me prononcerai pas.

 

Le château :  

      L'extérieur :

L'approche

     Depuis le village de Beaufort, prenez la direction du col des Saisies. Dans un virage sur la gauche une petite route goudronnée indique un chemin privé, avec une barrière (oui, le lieu n'est pas ouvert à la visite).

  Sur la colline des Vanches, à 997m d'altitude, dominant le confluent du Doron et du Dorinet est posé la ruine de l'ancien château de la famille Beaufort.

 

Dans les couleurs d'automne, cette tour semble être heureuse

La découverte

     Avec l'autorisation d'un des propriétaires du lieu, je gravis à pieds la petite route. Sur la droite, la colline s'élève, dans la dense forêt, aucune ruine est visible. Après un virage serré sur la droite, comme par magie un arc de pierre apparaît. La clé de voûte tient l'ensemble dans un équilibre incroyable.

Cela sent la ruine comme j'aime (et vous ?).

  Quelques pierres taillées assemblées correctement délimitent ce que je nommerais la basse-cour.

 

      L'intérieur :

La tour ronde

    Arrivée sur le plateau, sur le coté Ouest, une tour ronde me fait face fièrement. Les parois ne comportent aucune archère et encore moins de bouche à feu (voir vocabulaire). Par sa forme et sa construction, j'opte pour une origine du 13ème siècle.

  Approchons nous pour mieux comprendre sa réalisation.  Au niveau du sol, une porte grillagée empêche la visite de l'intérieur, mais en passant la tête à travers les barreaux, je constate l'absence d'escalier ou de support pour des marches. Cette trouée n'est pas médiévale mais du 19ème ou 20ème siècle (l'ajout de ciment et de pierres le confirme). Par contre l'ouverture en haut de la tour est bien l'entrée du "donjon" médiéval.

Mais, que vois je ?

 En haut de la tour 2 surprises :
     * Une archère petite et primitive semble avoir été ajoutée à la construction. Elle a vue sur l'accès au château.
     * Une bretèche, disons plutôt les vestiges d'une petite avancée qui pourrait aussi être des latrines (mais j'en doute).

 

La tour carrée

   A l'opposé de sa "consoeur" ronde, une puissante tour carrée est entourée de bâtiments plus modernes. Elle mesure 7m de coté pour une hauteur de 25m.

   L'opposition entre ces bâtiments classiques et ces tours médiévales donne une ambiance surnaturelle. Le silence amplifie mes sensations. Mais il me faut partir, car je ne veux pas importuner trop longtemps mon hôte. 

 

 

Histoire du château :

* Au 10ème siècle, une famille Beaufort est citée dans un texte. Elle est devenue puissante et possède une grande seigneurie grâce aux combats de Barnard de Beaufort pour chasser l'envahisseur Sarrasin.
* Au 11ème siècle, le petit fils de Barnard, fortifie la colline et construit le donjon carré.
* Au 13ème siècle, elle rend hommage au sire de Faucigny.
* Vers 1271, contre une belle somme, les Beaufort cèdent une partie de la forteresse à Béatrice de Faucigny, fille du Comte Pierre II de Savoie (voir les Comtes de Savoie) et femme du Dauphin Guigues VIII (voir les seigneurs du Dauphiné).
* En 1277, la famille Beaufort obtient le droit de construire un autre château (sur la colline en face).
* Vers 1282, Guigues VII place une garnison dans le château, puis réalise quelques travaux améliorant la défense du site dont la tour ronde. Cet acte d'un Dauphinois en terre "Savoyarde" aura pour conséquence de nombreuses guerres Delphino-Savoyardes.
* En 1350, après de "transport du Dauphiné au Royaume de France, la seigneurie devient la propriété du Roi de France Jean II le Bon (voir liste des rois).
* En 1355, la seigneurie retourne en terre Savoyarde, grâce à la signature du traité de Paris avec le Comte Amédée VI de Savoie.
* En 1460, le Duc Louis de Savoie donne la seigneurie à son fils Janus.
* En 1536, le site est donné par Jacques de Savoie-Neumour, pour être transformé en couvent pour religieuses Dominicaines, chassées de Genève suite à la Réforme.
* En 1789, les Dominicaines sont chassées par les révolutionnaires.
* En 1792, le lieu est réquisitionné comme bien national, puis vendu. Il devient une exploitation agricole.
* Vers 1871, la congrégation des Augustins achète les ruines et aménage de nouveaux bâtiments.
* En 1937, le site change de propriétaire. Il est transformé en lieu de repos, de prière et de vacances.
* Au 21ème siècle, la visite est interdite car c'est une propriété privée. Mais si vous êtes invités, ouvrez grands vos yeux de privilégiés (comme je le fus).

 

Quelle vue !

 


Je voudrais remercier les personnes qui m'ont autorisé à découvrir ce site chargé d'histoire et de poésie.

 

 

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8 mai 2007 2 08 /05 /mai /2007 23:50
  Embrasser une princesse prisionnière d'un dragon, c'est..................bâtir un château en Espagne !
 




Signification au 21ème siècle :

  "Bâtir des châteaux en Espagne" signifie un mythe, une utopie. C'est un but à atteindre mais qui semble très difficile, voir irréaliste.

 
Naissance de l'expression :

   Au 11ème siècle, en Espagne (bien sur).
 
 
Origine de l'expression :

  Henri de Bourgogne (1066-1112) était le fils cadet d'une famille descendant des rois de France (Son père était le petit fils de Robert II le Pieux).  N'étant pas l'aîné, il n'avait aucun droit sur le territoire de son père. C'est ainsi que pour conquérir des terres, il participa dans la péninsule Ibérique aux batailles victorieuses contre les Maures.
   Les chevaliers qui l'avaient suivi furent récompensés par les biens, des terres et aussi des châteaux. Avoir un château au Moyen Age n'était chose facile, il fallait de l'argent, un terrain et aussi une "autorisation" de construction.
   Le courage de ces chevaliers fut un exemple à suivre pour les générations suivantes.
Posséder un château en Espagne se mérite et surtout devenait de plus en plus difficile.

 

-banniere-chateau01.gif

 

Cette expression aurait une autre origine.



Naissance de l'expression :

   Au 14ème siècle, en France.
 
 
Origine de l'expression :

  Cette expression eut de nombreuses variantes. Suivant les régions, il était dit "châteaux en Brie" ou "Asie" ou "Albanie" ou.....

    D'après A.Rey et Chantreau, l'Espagne s'est imposée par une déformation du mot "espace".
 Au 14ème siècle, "mettre en espace" signifiait :
      * "écarter",
      * "repousser à une date ultérieure".
 
 Conséquence, un projet n'étant pas défini dans le temps devient irréel ou chimérique.
 

 

 

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4 mai 2007 5 04 /05 /mai /2007 06:30

 

Département :   63 - PUY DE DOME

  Sur sa colline, le château attend le visiteur amoureux des pierres.

Le château : 

  Situation :   (--> le voir sur une carte)

  La petite commune de Saint Julien de Coppel est située dans une "région" appelée : La Comté.
  Elle est située à 12km au Sud-Est de Clermont-Ferrand et à 25km au Nord-Est d'Issoire.

 Le château trône sur une butte au Sud-Est du village.

     Coordonnées du château :

45° 41' 0.665" N 3° 19' 51.611" E
 45.683518°  3.331003°

 

  Origine du nom :

* Coppel vient d'une racine latine signifiant : Butte arrondie.

* Saint Julien est le "patron" de Brioude.

 

Le château :

     L'extérieur :

J'ai trop mangé

Est ce une grosse cheminée ou une tour médiévale ?     Après un frugal repas dans une taverne de cette région, il me fallait une petite marche, sinon, je ne pourrais plus entrer dans mon armure. Les ruines castrales sont nombreuses en Auvergne, il ne me fallut que quelques minutes pour voir, perché sur une cheminée volcanique, une tour avec une enceinte puissante. Un sentier en pente douce contourne l'apic. 

 

L'approche

   Cette forteresse, aujourd'hui très ruinée, a du être impressionnante pour son époque, puisque des dessinateurs ont réalisé quelques représentations graphiques curieuses ou extraordinaires.
    En arrivant sur le plateau, la forme guerrière de la ruine s'adoucit et ne laisse apparaître que la tour maîtresse au dessus des arbres. Souvent, je fais le tour de la ruine pour m'imprégner de son architecture, mais Coppel étant entouré d'arbres et si proche du ravin, la découverte est difficile. Je révise ma méthode de recherche.

    Sans pendre de risque, je constate que les courtines externes épousent les contours du rocher, je suis devant une construction défensive construite au moyen âge.

  La tour est fisselée de blanc.... comme un roti ?

Première analyse de la Tour

Que vois je au pied du donjon ?

* Aucune d'archère (voir vocabulaire) ni ouverture de tir. Cela me fait penser à une construction du 12ème siècle.

* La puissante tour avec un épais mur de protection confirme mon hypothèse. Pourtant, la construction a une forme ronde. Ceci prouve qu'elle date du 13ème siècle.

 

Mes premières conclusions

    Avec si peu de moyen de défense, ce château devait servir à la surveillance de la vallée et au "transport" de signaux visuels entre les différents châteaux "de la Comté".

     Aucun seigneur important a du vivre dans ce château certainement habité par des soldats.

    L'utilisation de moellons de basalte (noir) et de décors en arkose (blanc) donne à cet ensemble une esthétique agréable, mais je ne pense pas que cela soit la raison première.

 

Elle se déshabille... pour moi

   En contournant le puissant mur pour trouver une entrée dans le château, je constate que la tour s'est "déshabillée" pour mieux révéler son intérieur.

   Les salles circulaires du donjon sont voûtées et semblent petites. Aucun élément de décors ou de confort est visible. Ce donjon n'était pas habitable, ce qui semble confirmer mon hypothèse d'un château pour soldats.

 Il ne lui manque qu'un toit pour être (presque) habitable

Le logis

    Au Nord, apparaît un bâtiment rectangulaire avec quelques traces de cheminée, et des "fantômes" de fenêtres certainement ouvertes au 16ème siècles. Je suppose que plusieurs époques de construction se chevauchent. Cet arc de décharge dans le mur semble être une preuve
  Comme pour le donjon, entre certains moellons de basalte sont insérées des pierres en arkose plus tendre et facile à travailler.

   En slalomant entre les hautes herbes et les arbustes puis en prenant de la hauteur sur la tour, il est possible de reconstituer le plan de cette ruine.

 

C'est la fin

  Cette ruine n'a pas révélé tous ses secrets, il me faut continuer ma quête. Avant de vous quitter ici, je vous invite à regarder l'horizon. Voila un plaisir visuel qui justifie ma passion pour les ruines castrales.

Ressentez vous aussi ce plaisir ?

 

 

Histoire du château :

* Au milieu du 10ème siècle, une famille Coupeilh est citée dans un texte. Elle possède quelques terres dans la région.
* Au milieu du 11ème siècle, une fortification est signalée sur la commune. Elle aurait été construite à la demande de Godefroy de Bouillon (?).
* Au 13ème siècle, il semble qu'un château soit construit (ou renforcé) sur la colline.
* En 1626, Richelieu demande la destruction des châteaux. Coppel est partiellement arasé.
* Au milieu de 19ème siècle, lors de travaux de terrassement, un parchemin daté du 16ème siècle est trouvé. Ce document contient 42 strophes narrant la confrérie du Saint-Esprit. Il semble que ce document soit une reproduction d'un texte original du 13ème siècle. (Ce manuscrit est visible aux archives départementales).
* En 1860, la chapelle du château s'écroule. Elle ne sera pas reconstruite. C'est celle du village qui reçoit depuis ce jour les "pèlerins".
* En 1861 (?) une partie du donjon s'écroule.
* En 1926, la ruine est inscrite aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de la ruine est libre et gratuite. Le risque de recevoir une pierre existe. Le lieu est si beau, prenez le risque de la visite... avec... d'infinies précautions.

 

  Soeur Anne, ne vois tu rien venir ?....

 

Le diaporama du château de Coppel est ici

 

 

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21 avril 2007 6 21 /04 /avril /2007 06:30

Département :    06 - ALPES MARITIMES

 

Le bourg : 

Au loin, au dessus des arbres, une ombre de château apparaît !  Situation :  (--> le voir sur une carte)

      La ville de Villeneuve-Loubet est connue par ses immeubles d'architecture très "novatrice" en bord de  la mer méditerranée nommée : Marina Baie des Anges.

     Ce bourg est situé à l'Ouest de Nice, à une "portée de flèche" de Cagne sur Mer. 

   Coordonnées du château :

43° 39' 33.325 N 7° 7' 24.78" E
 43.659257°  7.12355°

 

  Origine du nom :

     Villeneuve vient de l'ancien nom du village au 12ème siècle : Villanova.

   Loubet fait (peut être) référence à la rivière qui la traverse, et nommée: Le Loup. Mais c'est surtout le nom du castrum primitif au lit dit : Loubétum. 

 

Le château :   

  Description du château :

      Durant ma croisade de découverte en bord de mer, sentant mon destrier fatigué, je me suis mis à la recherche d'une auberge, et c'est proche du vieux village de Villeneuve-Loubet que je mis pieds à terre.

    Après une nuit salvatrice, j'ouvre les persiennes et là..... le choc !    Un château posé sur des arbres..... Étais je réveillé, ou mon envie de visite me titillait jusque dans mon sommeil ?

     Même après un seau d'eau jetée par une servante au dessus de ma tête, la vision d'une tour médiévale avec drapeau  n'avait pas disparu. Il me fallait découvrir cette curiosité.

 

   L'approche :

   Comme souvent, je découvre le site en contournant les remparts à pieds. La visite commence par une longue et haute courtine, consolidée au 20ème siècle, entrecoupée de tours rondes. Chaque tour comporte des bouches à feu pour tir droit. Voilà un château qui a évolué durant plusieurs siècles et qui a su s'adapter avec l'arrivée des canons. Je pressens que ce château n'est pas en ruine, et peut être pas visitable.

    Un peu plus loin, une porte fermée, non pas par une herse avec pont-levis mais par une barrière bien modeste, me laisse présager un échec de la visite.

   J'ose passer timidement la tête dans les barreaux et un panneau m'indique que le lieu est privé. Une pochette plastifiée m'informe des jours de visite. La chance m'a abandonné, il n'y en pas durant ce mardi de janvier.

   C'est donc un descriptif de l'extérieur que je vais tenter de vous faire.  

 

   La découverte de l'extérieur :

     En montant sur mon destrier, en sautant, en..... (Avez vous remarqué les risques que je prends pour vous !), je découvre le véritable château, à travers les palmiers et les buis taillés plantés sur les terrasses du 14ème siècle.

    Il est formé de quatre corps de logis flanqués aux angles de tours rondes. Les courtines crénelées sont percées de fenêtres récentes pour le confort de ses propriétaires.

    L'ensemble est dominé par un impressionnant donjon pentagonal qui semble primitif dans sa construction, par rapport aux courtines. C'est le plus vieux bâtiment du château et peut être même de la région. Ce curieux pentagone est un carré a été associé à une "pointe" (bouclier ?) du coté de l'attaque. Le sommet du donjon est réalisé avec une alternance de lits de pierres claires et sombres. 

 

 

Histoire du château :

* Vers le 9ème siècle, un castrum assez primitif semble existé.
* Entre 890 et 973, les Sarrasins envahissent la région. Certains s'installent et d'autres poussent jusqu'au Dauphiné en rasant certains villages. L'après Charlemagne (voir liste des rois) n'est pas une période de paix.  
* Au 10ème siècle, un donjon en pierre est construit (?) pour surveiller l'arrivée des Sarrasins.
* En 1112, l'héritière du Comté de Provence épouse un membre de la famille de Barcelone. La région devient "Catalane".
* Au 12ème siècle, les "anciens" seigneurs du Comté de Provence commencent une lutte de reconquête de la région contre les Catalans. Romée, fils cadet du seigneur Giraud de Villanova,  est placé comme chanoine à Fréjus.
* Vers 1230, Romée est devenu puissant par ses relations et son sens de la "diplomatie-conquérante".
* En 1231, Romée de Villenova récupère les terres de Loubetum et améliore la défense de la butte par la construction du château. Le regroupement de Villanova, et du lieu dit Loubetum est à l'origine du nom actuel.
* En 1251, par testament le château est vendu pour payer les dettes de Romée de Villeneuve. Le Comte de Provence récupère les terres et bâtiments.
* En 1420, Yolande, Comtesse de Provence, donne le château à Antoine de Villeneuve. C'est l'un des descendants de Romée de Villeneuve.
* A la fin du 15ème siècle, le fils d'Antoine vend le château aux Lascaris, Comtes de Vintimille, dont l'une des filles épouse le Grand Bâtard de Savoie, Comte de Tende.
* En 1536, l'empereur Charles Quint et le Duc de Savoie Charles III (voir liste des seigneurs de Savoie) envahissent le Comté de Provence et s'emparent de plusieurs villes dont Villeneuve-Loubet. Charles Quint réside quelques jours dans le château.
* En 1538, François Ier  (voir liste des rois) réside dans le château pour signer la "trêve de Nice" avec Charles Quint.
* A la fin du 17ème siècle, le château appartient au président du parlement de Provence. Les terres sont élevées au titre de Marquisat.
* En 1741, la famille Panisse-Passis devient le nouveau propriétaire du domaine.
* Au 19ème siècle, les bâtiments sont restaurés.
* A la fin du  20ème siècle, le Marquis de Panisse-Passis (voir titre de noblesse) autorise la visite partielle du château et des jardins.
* Au 21ème siècle, la visite est possible, mais sur réservation ou certains jours. Ne faites pas comme moi, renseignez vous avant.

Ce château joue à se cacher..... coucou !

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