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Ombre et lumière

22 août 2009 6 22 /08 /août /2009 07:00

 

Département :  68 - HAUT RHIN

 

Le bourg : En haut de sa colline, la forteresse surveille la plaine de Wintzenheim,.

   Situation :   (--> le voir sur une carte)

       Wintzenheim est un petit village à quelques kilomètres à l'Ouest de Colmar.

   Coordonnées du château :

48° 3' 36.533"N 7° 16' 11.377" E
 48.060148°  7.269827°

 

   Au Sud-Ouest du village, au sommet d'une colline de 620 mètres se dresse la forteresse médiévale du Hohlandsbourg. Une route goudronnée serpente jusqu'au pied du château.
  Curiosité : Ce château est peut être le seul d'Alsace à ne pas avoir donné son nom à une famille.

 

Le château :

    Depuis le parking situé au Sud, le château parait "triste" presque non-médiéval. Il semble en bon état (contrairement aux ruines que je vous présente souvent), mais je ne vois aucune tour flanque, aucun donjon, aucun fossé, aucun pont levis. Rien qui fasse vibrer mon âme de médiéviste.
    En bon exploreur, je décide de faire le tour (tel un assaillant cherchant la faille) pour mieux m'imprégner de sa forme et de ses caractéristiques architecturales. 

 

  L'extérieur : 

hoooooooo, c'est haut !

    Du coté Sud-Est apparaît une échauguette au bout de cette façade rectiligne sans créneau. Quelques archères droites sont visibles sur ses hautes courtines. Quelques mètres plus loin, une archère est curieusement doublée par un "canal" dont la fonction m'échappe. Un guide me précise que c'est une fente pour arme à feu, protection latérale très intelligente pour ce château dépourvu de tour flanque.
 
    Au Nord, un bastion du 16ème siècle comportant des bouches à feu (voir vocabulaire) protège le château du coté d'une attaque par artillerie, mais surtout, il protège la vallée d'accès à Munster. Sa forme triangulaire est caractéristique.
 
    Il est très facile de faire le plan du château. C'est un parallélépipède rectangle de 100m par 70m, avec une avancé bastionnée.
 
   A l'Est, proche du parking, la porte d'entrée avec son guichet (oui, c'est payant), ses bouches à feu, son échauguette, sa poterne et les restes d'un pont-levis .

Venez avec moi, je vous offre l'entrée gratuite.

 

  L'intérieur :

    L'aménagement interne du Hohlandsbourg ressemble plus à une garnison qu'à un château. C'est une vaste cour avec des bâtiments adossés aux courtines. Logis et dépendances ont été entièrement reconstruits au 20ème siècle. A l'intérieur, planchers et boiseries ont été refaits, pour accueillir une exposition, une brasserie etc....

   Du château initial bâti sur la montagne appelée "Landsberg" ne subsiste presque rien. L'Oberschloss, le château supérieur, dominait la grande cour. A ses pieds je devine l'ancienne citerne, et un puits plus récent dans une petite tour. Au moyen âge, peut être que le château ressemblait à cela.

    Le chemin de ronde a été partiellement aménagé et offre une vue unique sur la plaine de Colmar. Cette forteresse est le poste d'observation idéal. C'est d'ailleurs cette caractéristique qui lui a permis de traverser les siècles et non d'être abandonné comme beaucoup de "ses contemporains".

 

 

Histoire du château :

* A l'âge de bronze, une population vit sur cette colline.
* Au 12ème siècle, une fortification existe (certainement) sur ce site. La date de construction est inconnue des archives.
* En 1279, le fief est donné par le Roi Rodolphe Ier à Siegfreid de Gundolsheim, prévôt de Colmar. Le château est cité.
* En 1281 (le 6 décembre), le Grand Bailli Impérial Otto von Ochenstein, appuyé par les bourgeois de Colmar, s'oppose au prévôt et attaque le château. La forteresse est pillée.
* Vers 1289, les bâtiments sont reconstruits et se transforment en centre administratif.
* En 1303, le château devient la résidence du Bailli.
* En 1363, château et seigneurie sont donnés à la grande famille de Ribeaupierre, par les Habsbourg.
* En 1399, Herzlaude, fille unique de Ukrich de Ribeaupierre, apporte le château en dot à Jean de Lupfen, famille noble de la Forêt Noire. D'autres sites sont aussi dans cette dot : Hohnack, Berheim. Durant 3 générations, le château est consolidé et renforcé.
* En 1563, Johachim, le petit fils de Jean de Lupfen, unique héritier meurt. Château et seigneurie sont vendus au colonel Lazare de Schwendi, chef des armées impériales en Hongrie. Durant 20 ans ce personnage acquiert un pouvoir important en "Haute Alsace". Le château est dans une Baronnie.
* En 1583,  le Baron meurt et le château appartient à son fils. 
* Vers 1570, le Baron renforce le site et fait construire un bastion avancé au Nord, avec des défenses pour artillerie.
* En 1618, ce nouveau propriétaire décède. Sa fille hérite du château. Hélas, c'est le début de la terrible "guerre de 30 ans".
* En 1633, les Colmariens attaquent le château et le prennent sans difficulté. Ils récupèrent les canons.
* Vers 1635, comme dans beaucoup de lieus fortifiés d'Alsace, une garnison Française occupe le château.
* En 1637, les Suédois arrivent en force. La petite garnison Française préfère fuir devant cet important ennemi. Mais avant, ils détruisent les fortifications et brûlent les bâtiments. Seules les courtines sont encore présentes.
* En 1648 (le 24 octobre), signature du Traité de Westphalie mettant fin à la guerre de "30 ans". La seigneurie appartient au roi de France Louis XIV (voir liste des rois).
* En 1680, le Roi donne la seigneurie au baron Joseph de Montclar, gouverneur militaire d'Alsace.
* Vers 1714, Le Roi rachète la seigneurie aux descendants de Joseph et la donne à la ville de Colmar. Ceci est un échange, puisque le Roi accorda aux Jésuites l'ancien prieuré de Saint Pierre. Le site n'étant plus stratégique, la ville n'entretient pas cette ruine.
* En 1840, la ruine est classée aux Monuments Historiques.
* En 1863, la Société de conservation des Monuments Historiques fait réaliser quelques travaux de consolidation du château.
* En 1914, durant la "Grande guerre", le château devient un poste d'observation Allemand.
* Vers 1985, le château est acheté par le département du Haut Rhin. Et sous l'impulsion du conseil général d'importants travaux d'aménagement sont réalisés
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur depuis le parking est possible, la visite de l'intérieur est payante. Le risque de recevoir une pierre est très faible.

 

Courtines hautes, tourelles, échauguette et archères droites, voici un poste d'observation médiévale.

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21 août 2009 5 21 /08 /août /2009 06:30

Blason du canton du Valais

Pays :

 SUISSE

Canton :

 VALAIS

 

Le château :

 

Je ne vous mens pas, cette église était bien un château médiéval.  Situation :   (--> le voir sur une carte)

   Le village de Raron se situe en zone linguistique Alémanique. Sur ma carte achetée en France, il se nomme Rarogne.
 Raron est à 20km à l'Est de Sierre et à 6km à l'Ouest de Visp (Viège en Français).  Le village est sur la rive droite du fleuve Rotten (c'est le nom que prend le Rhône en amont de Sierre).

 

  Description du château :

    Sur un petit promontoire, à 120 mètres au dessus du village de Rarogne, une église trône fièrement et surveille les villageois. Je vous sens dubitatif sur ma démarche. Non, non, point fou je suis devenu. Je ne change pas le but premier de mon blog.
   Même si les apparences sont "contre moi", je vais réellement vous faire découvrir un ancien château médiéval.

  Durant de nombreux mois, je vous ai montré des châteaux :
      - Devenus ruines très "cassées" et dangereuses,
      - Changés en ruines visitables et romantiques
      - Ayant évolué en résidence de confort à la renaissance,
      - Ayant eu une deuxième vie en centre de vacances pour enfants, en musée ou en hôtel de ville...
 
Mais c'est la première fois (et peut être la seule ?) que je vais vous montrer une transformation en église.

    L'extérieur :

  La montée vers la plateforme s'effectue à pieds par un chemin carrossable entre des maisons très colorées.
  Arrivée au sommet, c'est bien une église au milieu d'un petit cimetière que je découvre. En regardant les murs, la porte d'entrée et la forme du bâtiment, il y a un signe imperceptible de féodalité. 
  Je vous sens dubitatif... Voici 2 preuves qui vont vous convaincre :
    1 - Depuis le porche d'entrée, la vue est extraordinaire. Il est aisé de surveiller la vallée du Rhône, axe de passage important pour le commerce.
    2 - Le plan du site montre (voir repère B et couleur bleue) une construction de base carrée de 20 mètres de coté avec des murs de 2 mètres d'épaisseur. 3 cotés sont conservés, le 4ème a été démoli pour ajouter la nef de l'église sur la face Sud-Est. Les ouvertures des fenêtres de l'église sont du 16ème siècle. Peut être percées à l'emplacement des archères ?
Cette construction a été considérée comme la plus grande tour du 13ème siècle.

Est ce que l'intérieur a gardé des signes du château ?

 

    L'intérieur :

  L'intérieur est surprenant. Ce n'est évidemment pas un décor de château médiéval, mais ce n'est pas non plus une classique église "froide" aux murs de pierres colorées à la chaud.   Il y a d'abord des piliers sculptés harmonieusement. Ces décors s'apparentent aux motifs gothiques tardifs, période préparant la renaissance. Avez vous remarquer les voûtes qui retombent avec élégance ?
  Et la surprise est la délicatesse des croisées d'ogives.     Magnifiques spectacles auxquels mes ruines ne m'ont pas habitué !
 
  Il est temps maintenant de visiter la 2ème tour médiévale de ce site nommée : Tour de Vidômne.

 
Histoire du château :

  • * Au 11ème siècle, une tour carrée est construite au sommet d'une petite butte.
  • * Au 12ème siècle, une enceinte fortifiée entoure le site.
  • * Au début du 13ème siècle, une tour en pierre est construite par la puissante famille Raron. Elle obtient le titre de Major et a la charge de collecter les impôts". Cette tour est décrite comme la plus grande du Valais au 13ème siècle.
  • * A la fin du 13ème siècle (?), la famille Raron devient plus puissants. L'évêque leur accorde le titre de Vidômne. Ils ont la charge de "collecte d'impôts" et de "basse justice".
  • * Au 14ème siècle, l'habitat semble agrandi. La charge de Major est donnée à la famille Asperin.
  • * En 1414, le Roi de Bourgogne Sigismond donne de nouveaux droits aux sires de Rarogne. Cet acte déclenche une révolte de la part de la bourgeoisie.
  • * En 1417, le château est attaqué par les Valaisiens puis pillé. Un texte le cite en état de ruine.
  • * En 1494, la crue du torrent nommé Bietsh enseveli partiellement le village et surtout l'église du village.  
  • * En 1508, le village n'ayant plus de lieu de culte, Schinner, évêque de Sion, fait construire une église sur les ruines de l'ancien château médiéval. Les travaux sont donnés à l'architecture Ulrich Ruffiner.
  • * En 1516, l'architecte propose de construire 2 piliers pour soutenir la voûte trop large.
  • * En 1927, le grand poète Rainer Maria Rilke (qui a vécu ses dernières années dans l'ancienne tour de Musot à Veyras) est enterré dans le petit cimetière.
  • * En 1970, des travaux de restauration de l'église commencent et durent 2 ans. Des fouilles sont effectuées en parallèle qui affinent la connaissance du site.
  • * Au 21ème siècle, la découverte de cet ancien château devenu église est libre et gratuite.  Evitez les heures des offices.

 

Quelle délicatesse dans les dessins du plafond !

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19 août 2009 3 19 /08 /août /2009 06:30

 

Pays :

 ALLEMAGNE

Région :

 PALATINAT

 

Le bourg

        Situation :   (--> le voir sur une carte)

     Le site est à 4km au Sud-Est de Dahn et à 5km à l'Ouest de Vorderweidenthal.

  Hoo, je sens que ces villages ne vous "parlent" pas, je vais être plus généraliste. Il est à 15km au Nord-Ouest de Wissembourg (en France).
  Le château de Drachenfels est posé sur une colline à 2km au Sud de Busenberg.

    Coordonnées du château :

49° 7′ 18.1″ N 7° 49′ 41.32″ E
 49.121694°  7.828144°

 


        Origine du nom : (petite initiation)

     Drachenfels signifierait : Château du "Dragon" ou Château du "Cerf-Volant".  Je pressens déjà qu'il va falloir monter et même grimper.
    A moins que son féodal propriétaire fut un terrible tyran, un véritable "Dragon" pour ses contemporains. 

 

Le château :

    L'extérieur :

L'arrivée

    Mon destrier a repéré le petit parking proche de Busenberg et c'est à pieds que je vais découvrir ce site presque invisible dans les denses forêts du Palatinat.

  Après 15 minutes de marche, je découvre l'impressionnant rempart.

 

La surprise

    Ce haut mur à bossage me change des vestiges que je rencontre habituellement. En haut, une bretèche (voir vocabulaire) prouve que cette forteresse a vu son architecture évoluée sur plusieurs siècles.

Mais que vois je encore plus haut ?
 
Première constatation
   Il me semble que c'est un rocher habité.   Vite, il faut découvrir cette curiosité. (j'avoue que je triche un peu, car un panneau au pied du château comporte plusieurs photos de son intérieur).
Mais où est donc la porte ?
    Là me dit mon instinct, toujours aussi perspicace. Avant de franchir la puissante porte et de pénétrer dans le long couloir "piège", je consulte le plan de masse réalisé suivant l'inventaire de Piramsens.

 

Le plan

1 - Citerne,
2 - Tour d'entrée,
3 - Lapidaire avec cave,
4 - Tour,
5 - Fossé,
6 - Rotonde,
7 - Escalier Ouest taillé dans le roc,
8 - Escalier Est taillé dans le roc,
9 - Salle des gardes, troglodytique,
10- Salle troglodytique,
11- Escalier (supérieur) taillé dans le roc.

 

    L'intérieur :

Que de surprises !

   En franchissant la première porte, je découvre un espace comportant peut être des bâtiments de stockage ou des habitations non luxueuses. Le roc est taillé pour recevoir des poutres supportant un plafond,  et délimitant les étages. Aujourd'hui, l'ensemble est envahi par la végétation et il m'est impossblie de faire le plan de cette basse-cour.Mon paradis est en haut de cet escalier d'enfer
  Un peu plus loin, je traverse une nouvelle porte certainement fortifiée menant à un escalier.

Cet enchevêtrement de salles et de niveaux est impressionnant. J'ai l'impression que ce château a été modifié et réaménagé en fonction des besoins des multiples propriétaires et des familles qui s'agrandissaient : Un véritable "légo".

 

Encore plus haut !

  C'est à ce moment que mes pensées me font lever les yeux et là...... Je découvre qu'il existe sur le rocher des aménagements.

Mais comment vais je monter sur cette plate-forme ?

  Évidemment, par un escalier creusé dans la roche. A l'origine il devait former un couloir, mais le temps (et l'incendie de 1532) ont eu raison de la solidité de la roche.

 

Je suis émerveillé

    Quelle incroyable sensation que de fouler les traces de seigneur ayant décidé ce travail "titanesque" !

   Avec le soleil, les couleurs de la roche et de la verdure donnent une féerie lumineuse incomparable, sensation augmentée par l'odeur de la pierre chauffée.

Avez vous déjà ressenti ce plaisir ?

 

Je suis dans un autre univers

     La plate-forme est un peu aseptisé par le manque de bâtiment et de trace de construction.

Mais quelle vue !

   C'est un des grands plaisirs de la recherche castrale. Jamais je suis déçu par le paysage offert. En face de moi, un rocher a été aménagé en donjon ou en tour de guet accessible par une salle troglodytique et un escalier... oups... peu large.

   De là haut, la plate-forme parait petite. Ces ruines et ce paysage m'inspirent milles histoires de chevaliers et de belles princesses qui emportent mes rêves et m'obligent à vous quitter.

 

 

Histoire du château :

* A l'époque Romaine, le lieu serait habité, mais aucun texte le confirme.
* Au 10ème siècle, certains historiens pensent qu'un tel site devait être utilisé pour la surveillance. Mais aucun texte certifie cette hypothèse.
* Au 12ème siècle, il est possible qu'une fortification en pierre soit construite pour surveiller la frontière avec l'abbaye voisine de Klingermuster.
* Au milieu du 13ème siècle, un certain Von Drachenfels est cité dans un texte sans que l'on puisse le rattacher au château. Son sceau représente un Dragon.
* En 1335, les troupes Strasbourgeoises attaquent le château devenu le repère de seigneur-brigands dévalisant la région.
* Vers 1344, la famille Drachenfels vend les ruines et la seigneurie.
* A la fin du 14ème siècle, la famille Eckbrech de Dürkheim reconstruit le château.
* Au début du 15ème siècle, différentes familles se partagent le château, (il semble que 25 propriétaires revendiquent le lieu). L'architecture complexe du château est à l'origine de ce morcellement.
* En 1463, la noblesse du Haut-Rhin fonde la "Compagnie de Saint-Esprit" dont la mission principale est de défendre la position de la chevalerie face à la politique du Reich. Le château de  Drachenfels est leur lieu de réunions.
* En 1532, le pouvoir n'apprécie pas ces réunions et décide l'attaque du château. Les bâtiments sont pillés puis brûlés, avec interdiction de reconstruction.
* Vers 1765, les pierres de la ruine servent à la construction d'une église et d'une maison bourgeoise dans le proche village de Busenberg.
* Au 20ème siècle, des travaux de consolidation sont réalisés pour garder la mémoire du site.
* Au 21ème siècle, la découverte de la ruine est libre et gratuite. Le risque de recevoir une pierre est faible. C'est surtout les apics qui impressionnent.

 

 

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16 août 2009 7 16 /08 /août /2009 06:30
Chevalier !... Acceptez vous ma prose sur votre blog ?

    Cet article est très spécial : Il est l'oeuvre d'un couple ayant comme pseudo : " Les Palefreniers". Comme moi, ils sont fous de châteaux forts et de ruines toutes cassées. Ils m'ont demandé l'autorisation d'écrire sur mon modeste blog.

     J'ai évidemment accepté.  J'adore échanger sur les ruines médiévales. Je suis fier de les avoir dans ce "bateau" qui navigue à travers le temps !

   Croyez moi, vous allez découvrir un monde différent du mien, des ressentis plus intimistes..

Faites leur un formidable accueil. 

J'ai agrémenté leur prose de quelques photos en sépia ou en imitation tableau pour donner une ambiance plus "nostalgique".

Oui.. et fier de vous avoir sur mon modeste blog !

 

 

Département :  42 - LOIRE

 

Le bourg : 

     Situation :   (--> le voir sur une carte)

  Le petit bourg de Salt en Donzy est situé à 45km à l'Ouest de Lyon, à 35km au Sud-Sud-Est de Roanne et à 25km au Nord-Est de Montbrison.

        Le château de Donzy est situé à environ 5 kilomètres à l’Est de Feurs (département 42), entre Salt en Donzy et Salvizinet. 

  Deux routes indiquent le château depuis la D10 :
          * La première, la plus à l’Ouest, investit le site par "le bas",
          * Tandis que la seconde vous amène au bâtiment principal.
   Comme nous aimons les surprises, nous vous conseillons plutôt la seconde, car votre émerveillement ira crescendo, d’autant que la route du bas se termine chez un particulier, lequel n’est pas forcément émerveillé de voir des amoureux des vieux cailloux rôder autour de chez lui. 

        Coordonnées du site :

45° 44′ 52″ N 4° 16′ 53″ E
 45.747834°  4.281646°


Le château :

     Après avoir traversé Salt en Donzy et effectué quelques demi-tours en règle (avec le manque d’expérience, ils sont fréquents), nous trouvons enfin la bonne route, celle qui mène au château. Un sens interdit nous barre l’accès à quelques dizaines de mètres de l’édifice (pour éloigner les curieux, ou pour la tranquillité des rares riverains ?), mais il en faut plus pour nous décourager, nous faisons fi de l’avertissement et nous garons au pied des ruines.

 

    L'extérieur

  Magnifique spectacle, malgré le mauvais temps.

   Bien sûr, les murs sont en très mauvais état, et le château doit avoir un certain rôle dans la plupart des maisons alentour, mais qu’importe, l’excitation est là !

   La 1ère chose qui attire mon regard, c’est la taille (non, pas la grosseur, mais le coup du burin ) des rangs de pierres extérieurs : Ils semblent si semblables que de loin on jurerait de briques !

   Nous avons entendu dire que seuls les riches propriétaires apportaient un tel détail, et effectivement, le château appartint aux Comtes du Forez dès le 12ème siècle, qui firent rajouter le donjon.

    N’étant point experts en la matière, nous n’engagerons pas plus d’investigations et laissons ce plaisir au chevalier Dauphinois.

    La végétation qui n’a pas fragilisé ou détruit les murs du bâtiment principal cache l’essentiel des parties encore visibles. Nous décidons donc de contourner l’édifice pour en avoir une vue plus large. Au détour d’un buisson, nous tombons par hasard sur une construction en contrebas...

Mais...  C’est une chapelle ! 


   La chapelle est un des chefs d'oeuvre du site fortifié de Donzy La chapelle

   Contrairement à l’enceinte du logis seigneurial, la chapelle n’a pas servi de carrière, et le spectacle est donc assez agréable :
    - Deux montants de pierre font office d’entrée,
    - Suivis à mi-chemin d’une ouverture en arc plein cintre, laquelle indique que l’édifice date de l’époque romane.
    - Et dans le chœur, trois ouvertures, romanes elles aussi, apportaient au prêcheur un peu de lumière. Leur distance du sol étant assez peu élevée, nous imaginons que le toit, les sédiments et divers autres composants ont recouvert une bonne partie de l’intérieur de l’édifice, tant et si bien que l’autel a du être englouti ! (s’il n’a pas été pillé quelques siècles plus tôt...).
     Autre curiosité de l’édifice - Un pilier qui ne soutient ni mur ni charpente :
       * Etait-ce un clocher?
       * Ou bien est-ce simplement un pan de mur qui aurait survécu aux outrages du temps ?

 

    La ruine castrale

     Apercevant des formes depuis la chapelle d’autres murs défigurés, nous accourons un peu plus bas, pour trouver un rempart. Ses restes, quoi que très altérés, font encore état de moult détails.

    Une tour ouverte à la gorge nous présente ses archères à coussiège (voir vocabulaire), une courtine ainsi qu’un rang de créneaux. Le rempart suit le cours de la Charpassonne, une tranquille petite rivière, pour rejoindre la porte du village, flanquée d’une tour ronde munie d’archères canonnières et d'archère droite avec ouverture pour arquebusière.
    Cette porte ainsi que les fortifications ont été construites pendant la guerre de Cent ans pour protéger le village des bandes armées à la solde des Anglais. Le spectacle est d’autant plus beau que les sites castraux sont rares dans cette région.
    En jetant un coup d’œil hâtif par une ouverture de la tour, je m’aperçois que celle-ci ne sert plus que de réduit à outils.

    Dommage !
J’espérais au moins trouver une couleuvrine à photographier.

 

    Le village fortifié

      En remontant le long de la rivière, nous trouvons cà et là des ruines de maisons, mais ici encore, la végétation cache beaucoup de trésors...

 

Mur en ruine et végétation sont souvent un couple idéal !    L'intérieur du château

   Nous décidons de remonter explorer le logis seigneurial. Sur la route, deux trous creusées dans la roche – et dont la forme nous rappelle celle de deux sièges (nous avons vu des formes similaires à Quéribus, d’ailleurs) attisent notre curiosité.

    Malheureusement, nous n’avons pas de photo, mais ce n’est que partie remise, lors d’une prochaine visite, je joindrai l’image au texte.
    L’intérieur de l’enceinte ne prête pas à grand commentaire... Outre le peu de murs encore debout, là aussi, la végétation nous gâche complètement la visite.

    Nous quittons donc les lieux un peu amers  de ne pas être venus avec force machette et tronçonneuse… (je plaisante, bien entendu ), mais enchantés d’avoir visité une si belle ruine, encore "dans son jus".
    Aujourd’hui, le site est libre d’accès, quand bien même une habitation jouxte la porte d’entrée du village. Le risque de prendre une pierre est faible dans le village, et élevée dans le logis.

 

 

  Histoire du château :

* En 1080, une fortification (non détaillée) est citée. Elle appartient à la famille Calvi.
* En 1090, une chapelle dédiée à Saint Albon, est citée.
* Au 12ème siècle, le château appartient au Comte (voir titre de noblesse) de Forez.
* Au début du 13ème siècle, un bourg se développe au pied du château (Certains historiens  pensent que le bourg n'est fortifié qu'au 14ème siècle... à vérifier).
* En 1358, le Comte du Forez Guy  VII décède. Sa femme Jeanne de Bourbon fait de ce château l'une de ses habitations.
* En 1376, Jeanne donne ses droits sur le Forez à sa petite fille : Anne Dauphine. Anne ne réside pas au château.
* Au 14ème siècle une fortification entoure le bourg.
* En 1412, le château devient le point de raliement d'une armée mandée par Anne Dauphine pour libérer le Beaujolais attaqué par le parti Bourguignon.
* Au 15ème siècle, le château est reconstruit (semble t il, un peu à l'écart de l'ancien château... A vérifier).
* Au premier tier du 16ème siècle, Charles III de Bourbon se serait retiré dans le château après son complot manqué (une alliance malheureuse avec Charles Quint) contre François Ier (voir liste des rois).
* En 1543, le château appartient à un marchand Lyonnais : Nicolas Henry.
* A la fin du 16ème siècle, les guerres de religion font rage. Le château est plusieurs fois attaqué.
* En 1593, une garnison loge au château.
* En 1598, le capitaine-châtelain de Donzy est coupable d'homicide. Il est arrêté et jugé.
* En 1603, le château est démantelé sur demande des habitants après confirmation par ordre Royal.
* Au 18ème siècle, le château est en ruine et la châtellenie "démembrée".
* A la fin du 19ème siècle, le village voit les essais d'une ligne de chemin de fer à monorail.
* Au 21ème siècle, la découverte de la ruine est libre et gratuite. Le risque de recevoir une pierre existe.

 

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13 août 2009 4 13 /08 /août /2009 06:30

 

 

Pays :

 ESPAGNE

Région :

 CATALOGNE

 

Le bourg :

  Situation :    (--> le voir sur une carte)

     Le petit village de Rocafort de Queralt est situé à 25km au Sud-Ouest de Igualada et à 30km au Nord-Est du bourg fortifié de Montblanc.

 

Le château :

    L'extérieur :

Suis je devant un château ?

    Après une petite marche pour dégourdir mon armure, j'arrive proche du sommet du village où un haut mur me nargue.

 

J'avance

   Pour le savoir, il suffit de le contourner en le détaillant sur toute les "jointures".

- Refait, le château l'est assurément.
- Vieux, son architecture le laisse supposer,
- Médiéval, cela reste à démontrer.

 

Analyse

    Avec mon oeil "expert", je discerne un vestige d'échauguette posé sur une console. Les fentes, consolidées en matériaux moderne, me font penser à des orifices de guet pour soldats équipés de fusil. Le mur comporte aussi des fentes très rapprochée. Cette méthode de défense était rare au Moyen Age. J'opte pour le 16ème ou 17ème siècle.

Etes vous de mon avis ?

      En contournant le rempart, j'ai un choc !

 

Une tour

      Après la surprise, vient le temps de l'observation. Comme moi vous avez remarqué la reconstruction récente de cette "beauté" et pourtant elle n'est pas parfaite (mais la beauté n'est point perfection, n'est ce pas mesdames ?).

    Le chaînage d'angle est "propre" mais les pierres des murs sont pauvrement taillées, asymétriques et avec des joints très ouverts. Comme pour le mur extérieur, cette tour comporte des ouvertures droites.

Ce sont :
    * Soit des archères primitives (j'en doute),
    * Soit des fentes de tir pour arme à feu.

 

Contraste !

  Le plus surprenant est l'absence de crénelage (voir vocabulaire) remplacé par les trop nombreuses fentes de tir comportant des ouvertures rondes pour arquebuse. Malgré tous ces signes de "modernité" de défense, je suis en admiration devant les solides corbeaux au sommet.

 

 

    L'intérieur :

    Evidemment, un bâtiment aussi reconstruit ne peut être que privé et non visitable. Je repars donc vers de nouvelles découvertes Catalanes à quelques kilomètres de là, par exemple ici.

 

 

  Histoire du château :

* Au 13ème siècle (?), construction du château.
* Au 20ème siècle, une campagne de consolidation et de modernisation est menée.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur depuis routes et sentier est libre et gratuite. La visite de l'extérieur est impossible : Propriété privée. 

 

 

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11 août 2009 2 11 /08 /août /2009 06:30
 

Pays :

 ITALIE  
 

Région :

 TOSCANE  
 
Province :
  SIENNE  

 

Le bourg : 

   Situation :

      Cavriglia est un petit bourg situé à 50km au Sud-Est de Florence et à 8km à l'Ouest de Giovanni. 

 

La Tour : 

    L'extérieur

La découverte

       Je suis sur la route entre Giovanni et Cavriglia en direction du château de Brolio. Le paysage vallonnée de la région du Chianti est parsemé de vignes.

    Mais ce n'est pas cette plante qui attire mon regard persant mais une tache blanche au loin.

   Dans les denses forêts aux couleurs sombres, l'étincellante construction en pierre brille.

 

Vais je la visiter ?

   La construction est loin, et je ne vois aucun sentier. Comme j'ai un autre château à voir à 30km plus à l'Ouest, j'opte pour ne pas perdre trop de temps sur cette construction. Je vais donc sortir mon oeil-bionique   et l'admirer de loin.

    Cette construction est une tour carrée surmontée des créneaux borgnes. Les murs comportent de nombreux trous de boulin (voir vocabulaire).

   Une large ouverture en partie médiane me fait penser à une porte de donjon accessible uniquement par une échelle amovible (système de protection classique au moyen âge).

      Mais j'ai un doute, il me semble voir 2 et peut être 3 ouvertures larges.

1 - Est ce une tour d'angle (et non un donjon) avec les ouvertures vers le chemin de ronde ?

2 - Cette tour est elle devenue un clocher d'église ?

 

    C'est un chevalier plein de doutes qui repart vers le château féodal de Brolio et vers une cinquantaine de merveilles fortifiées.... L'aventure continue !

 

 
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8 août 2009 6 08 /08 /août /2009 06:30

 

Département 11 - Aude

Le château :
   Situation : (--> le voir sur une carte)
    Le petit village de Armissan est situé à 6km à l'Est de Narbonne. La ruine est en direction de Cazeneuve, à l'Ouest.

   Coordonnées du château :

43° 11' 33" N 3° 4' 47" E
 43.192545  3.079785

 

Le château :
 

      L'extérieur

Pourquoi suis je ici ?

     Grâce à mon dictionnaire des châteaux, j'ai connaissance d'une ruine médiévale sur la petite route entre la station balnéaire de Narbonne-plage et la cité de Narbonne. J'étais près....

   Quand soudain un mystère se présente à moi.

 

La découverte

    En arrivant sur le site, je pensais voir un panneau annonçant le château de Cazeneuve et c'est l'église Saint pierre qui est indiquée. Je prends donc un peu de recul pour comprendre la caractéristique architectural.
Regardez bien :

Est ce une église ou un château ?

  Je vous sens dubitatif. Ensemble, admirons avec attention ce même pan de mur mais de l'autre coté.

   Avez vous une idée ?

 

Un mystère

   je suis un peu farceur...... Je redeviens sérieux.

Puis je vous demander de regarder l'autre face qui est plus intéressante.

    Admirez ici avec attention. Il y a en haut du mur un indice magnifique. Je ne plaisante pas, sincère je suis !
Contemplez cet arc en encorbellement.

Ne vous rappelle t il pas "quelque chose"  ?

     S'il n'avait pas été seul, j'opterais pour les vestiges de mâchicoulis (voir vocabulaire). Mais il n'y a aucune trace de "jumeaux".

 

Un mystère
    Je pense que cette beauté était une bretèche. Mais il reste quelques curiosités :

1 - Pourquoi une bretèche sans porte en dessous ?
2 - Le mur semble peu épais pour un rempart extérieur de château. Quelle est sa fonction ?


Conclusion

    Il n'est évidemment pas facile, avec un petit pan de mur, de déterminer s'il s'agit d'un vestige de château ou d'une ruine d'église fortifiée, mais le plaisir de l'observation et de la découverte est plus fort que la résolution d'une énigme.



Histoire de la fortification :

* En 1271, un château est mentionné.
* En 1942, le vestige est inscrit aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte est libre et gratuite.

 

Bretèche ou mâchicoulis ?... Mystère

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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 06:30

Pays :

 SUISSE

Canton :

 VALAIS

 

Le château :

 

  Situation :     (--> le voir sur une carte)

    La ville de Sion est au "centre" du Valais, à 16km à l'Ouest de Sierre, sur la rive droite du fleuve Rhône
  Le château de Valère est sur une colline à l'Est de la ville, très proche du centre.  

 

  Description du "château" : 

     Il est impossible de ne pas voir   le "château" de Valère sur sa colline, tant il est aérien, élancé et si gracieux. Mais est ce vraiment un château ?

 

    L'extérieur :

  Vous connaissez mon habitude pour découvrir une ruine (ou un site médiéval). Si le terrain est propice, je la contourne pour mieux la ressentir.  Depuis une colline adjacente, je  vois un bâtiment massif entouré d'un rempart crénelé, comportant quelques tours carrées.

      La construction centrale ne ressemble pas à un château, ni à un vrai donjon, ni à un logis seigneurial.

  En continuant la marche d'approche, je constate que des habitats Renaissances sont intégrés dans les courtines, elles mêmes proches de la falaise. Quelques maisons "récentes" trop blanches abîment un peu le rêve médiéval. Voila un ensemble compact qui change de mes ruines.
    Je vais visiter une église fortifiée, siège des "chanoines de la Cathédrale".
 
  Un "petit train" sur pneu monte du centre ville vers la colline, mais un chevalier se doit découvrir un tel lieu en gravissant la pente malgré le poids de son armure.
  Arrivée sur le parking, la route fait place à un chemin pentu et herbeux. Les premiers remparts sont en face de moi, mais il n'est pas facile de décrire cet enchevêtrement de murs très refaits au 20ème siècle. Regardez ce plan pour comprendre mon embarras :

  • A - Eglise de Valère,
  • A'- Annexe de l'église,
  • C - Maison du Doyen,
  • D - Bâtiment des Calendes,
  • E - Salle des Gardes,
  • F - Caminata.

  L'entrée de la "forteresse" est à gauche (coté Nord-Ouest).     Valère surplombe le Rhône et devait protéger le flanc Sud-Est  de Sion. 

 

    L'intérieur de la cité :

  Comme souvent dans une cité fortifiée, l'entrée est un sas de 2 portes à vantail double. Grille, herse, et pont levis ont disparu. Après viennent d'autres portes dans des ruelles étroites, protégées par des remparts avec chemin de ronde (voir vocabulaire). Les bâtiments et fortifications sont trop reconstruits pour que je vous décrive les détails, mais l'ensemble est une belle représentation des différents styles et de l'évolution architecturale.  Enfin, j'arrive dans..... l'église de Valère.

 

     L'intérieur de l'église :

  L'intérieur de l'église semble classique et pourtant !

    La caractéristique de cette église sont des marches qu'il faut franchir dans le coeur, et les chapelles. Le roc étant très dur et l'église très grande, les architectes du 12ème siècle ont préféré mettre des marches plutôt que niveler l'ensemble (je les comprends).
  Autre caractéristique, ce sont les peintures sur les murs. Certaines bien sur sont des motifs religieux, de saintes et de martyrs, mais il y a aussi quelques représentations florales.
     Je vous ai déjà montré dans la Tour de Rarogne   (voir l'article)  et aussi dans le château de Aigle   (voir l'article)  de jolies peintures murales, celles ci sont plus denses et "tapissent " de nombreux bas-reliefs.
 
  Après cette "curiosité médiévale", une vraie ruine castrale m'attend juste en face à moins d'un kilomètre.

Suivez moi ! 


Histoire du château :

  • * A l'époque préhistorique, la colline est habitée par l'homme.
  • * A l'époque Gauloise, ce site habité est le "chef-lieu" des Sédunis.
  • * Au 1er siècle, certains historiens pensent que le lieu fut fortifié par les Romains. Mais rien ne l'atteste avec certitude.
  • * En 1049, un "village" fortifié avec "château" est cité dans un texte.
  • * Au 12ème siècle, une église "fortifiée" avec rempart est construite.
  • * A la fin du 12ème siècle, le "clocher" carré est construit servant aussi de donjon (Symbole de puissance ?).
  • * Au début du 13ème siècle, le style roman s'affirme dans la construction des remparts et du logis des "chanoines de la Cathédrale".
  • * En 1798, les chanoines désertent le château et s'installe en ville
  • * Au 19ème siècle, le site n'est plus habité, les murs s'éffondrent, et l'église se dégrade.
  • * Au 20ème siècle, début des restaurations et ouverture d'un musée dans l'ancien logis des chanoines.
  • * Au 21ème siècle, la découverte des fortifications et de l'église est libre et gratuite.

 

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1 août 2009 6 01 /08 /août /2009 06:30

 

Pays :

 ESPAGNE

Région :

 CATALOGNE

 

Le site :

   Situation :    (--> le voir sur une carte)  

     La route menant au site est comprise entre les bourgs de Llançà, Rosa, Vilajüïga (voir son château) et El Port de La Selva.

   Ce beau monastère fortifié est situé à 15km au Sud de la ville frontière Française de Cerbère et à 25km au Nord-Est de Figueres.

    Coordonnées du monastère :

42° 19' 25.572" N 3° 9' 58.64" E
 42.32377°  3.166289°

 

 

 

 

Le monastère :

     L'extérieur :   

Je monte

  Depuis la station balnéaire de la Costa Brava, une longue route sinueuse monte à 550m d'altitude vers le monastère fortifié de Sant Pere de Rodes. Deux parkings payants attendent votre destrier.

 

Je monte encore 

      Pour comprendre l'aménagement du site, il faut gravir à pieds un petit sentier, puis admirer les bâtiments : Eglise, cloître, communs, tour, clocher.

Les voyez vous ?

 Je vous sens soucieux et interrogatifs. Vous préférez peut être lire un plan : Il suffit de me le demander !

 

   L'intérieur :   

Dans la cour
     La surprise en entrant dans la cour du monastère est évidemment cette puissante tour carrée avec corbeaux et archères.
    Nous ne sommes plus habitué à voir des bâtiments religieux avec fortification à notre époque, mais au moyen âge les Maures et pirates sévissaient dans cette région proche de la mer.
    Des courtines crénelées font le lien de protection entre les différents bâtiments.

 
  Communs et réserves
    Les moines vivant reclus et isolés dans le monastère, il fallait des salles dédiées au stockage des nourritures et des ustensiles. Il y a de nombreuses salles d'époques et de styles différents mais la plus ancienne est certainement celle-ci (10ème siècle ?).
 
 L'église

Quelle splendeur !

   Evidemment, lorsque le gothique flamboyant a été créé, ce type d'architecture fut "obsolète", mais regardez bien ces courbes, ces arcs plein-cintres et surtout ces piliers-forts accompagnés par des colonnettes soutenant un plafond à 16m de haut. N'est ce pas extraordinaire (et unique) pour le 11ème siècle !
   Le déambulatoire est aussi un petit chef d'oeuvre d'art roman. En levant la tête il est possible d'admirer des peintures murales de plus de 800 ans.
  (Il y aurait tant à dire. Et j'omets aussi de vous narrer la crypte, la nef, l'atrium, etc....  Il faut bien laisser un peu de mystère pour que vous ayez envie de voir ce monastère fortifié).
 
Le clocher
    Comme la tour de défense, il a une hauteur de 27m et a été construit au 12ème siècle lors de l'agrandissement du site. C'est une structure carrée composée de 3 étages. Les 2 premiers comportent des ouvertures plein-cintre et au dernier, les fenêtres sont de styles Lombard avec colonnette centrale (visibles depuis l'extérieur).
 
Le cloître inférieur
    L'originalité de ce monastère est qu'il comporte 2 cloîtres superposés.
    Celui du dessous date du 11ème siècle. La cour trapézoïdale est entourée par 4 galeries à portiques.

Etait il sculpté ?

    J'en doute, mais il était décoré par des représentations plus romaines que divines (c'est mon impression). 
   Au 12ème siècle, avec la prospérité du monastère, ce cloître fut trop petit. Ne pouvant être agrandi, il fut remblayé et un autre construit au dessus.
 
Le cloître supérieur
   Evidemment, ce cloître est plus grand, plus aéré, plus lumineux et plus décoré. Les fines colonnettes lui donnent une légèreté et les chapiteaux sculptés lui procurent de la grâce. 

  Un cloître a plusieurs fonctions, c'est :
    * Un lieu de lecture,
    * Un endroit de rencontre,
    * Un couloir pour se rendre dans d'autres salles, comme par exemple :
   - La salle capitulaire,
   - Le réfectoire,
   - Le garde manger,
   - La conciergerie....

 

L'une des merveille du cloître
   Au centre, il y a toujours une fontaine servant de lave-mains avant le repas et l'eau qui jaillit a un doux son pour le recueillement. Mais les saccages du 19ème siècle ont détérioré la fontaine.

 

La suite
   Il y a d'autres salles et bâtiments à découvrir. Plutôt que de tous vous les montrer je préfère vous inciter à les voir. Et en attendant votre visite, je savoure le paysage de la Costa Brava.

 

 

  Histoire du monastère :

* Au 6ème siècle, il est possible qu'un édifice ait été construit.
* A la fin du 9ème siècle, un petit groupe de moines serait présent dans quelques bâtiments.
* Au 10ème siècle, un monastère est cité dans quelques textes.
* Au 11ème siècle, le monastère possède une imposante église. Il acquiert une renommé et des terres lui sont données.
* Au 12ème siècle, agrandissement et amélioration des fortifications du monastère.
* Au 13ème siècle, le monastère est un centre de pouvoir spirituel, politique et économique.
* Au 14ème siècle, les épidémies et les guerres ruinent lentement l'aura du monastère.
* Au 15ème siècle, les attaques des pirates et bandits dégradent les bâtiments.
* Au 16ème et 17ème siècle, avec la culture de la vigne, le monastère retrouve une prospérité financière.
* En 1798, subissant les attaques de bandits et des Français, les moines quitte le monastère.
* Au 19ème siècle, la spoliation des biens monastiques puis les saccages et les vols ruinent les bâtiments.
* Au 20ème siècle, une campagne de consolidation est menée.
* Au 21ème siècle, le parking est payant (difficile de l'éviter). La découverte de l'extérieur est gratuite. La visite libre à l'intérieur du monastère est payante.  Pour les gourmets appréciant aussi le panorama en mangeant, un bon restaurant est accessible dans le site.

 

 

 

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30 juillet 2009 4 30 /07 /juillet /2009 06:30


Pays :

 SUISSE

Canton :

 VALAIS

 

Le château :

 

  Situation :   (--> le voir sur une carte)

   Le village de Niedergesteln se situe en zone linguistique Alémanique (vous vous en doutiez peut être un peu).
 
Niedergesteln est à 15km à l'Est de Sierre et à 5km à l'Ouest de Visp (Viège en Français), dans la plaine sur la rive droite du fleuve Rotten (c'est le nom que prend le Rhône en amont de Sierre). 


   

  Description du château :

    Au dessus du village, au bord d'un ravin naturel, une ruine se cache en prenant la couleur du rocher.

Est ce un ancien bâtiment médiéval ?

   Evidemment, sinon, je n'aurais pas osé vous en "parler". Mais avouez qu'il faut être un "chevalier extraordinaire" pour découvrir une telle "ruine caméléon".
   Avez vous la même sensation que moi ?      Malgré la faible hauteur des murs, la pauvreté apparente des vestiges j'ai l'impression d'être devant une ancienne forteresse très importante dans l'histoire du Valais. Il se dégage du site une puissance !

  

    L'extérieur :

  Bien que je ne parle pas la langue Allemande, et qu'en plus il n'existe pas de panneau indiquant le sentier, mon flair incroyable et unique (oui, j'ai décidé dans cet article de me lancer des fleurs) me montre le petit chemin à gravir pour assiéger cet ancien château. 
   Oui, vous avez bien lu, j'ai écrit ASSIEGER.  Cet ancien château ayant été construit par un Dauphinois, je viens reconquérir "mon" territoire !... (heu çà, je ne l'ai pas dit aux autochtones.. chuuut).
 
 
En m'approchant, je pressens qu'il va me falloir la loupe de Sherlock, et l'instinct d'un aventurier comme Indiana Jones pour comprendre l'architecture dont il ne reste que peu.  Mais j'ai une arme secrète... Et je vous la montre :  Le plan de la ruine réalisé par le grand médiéviste de la Suisse : Louis Blondel.

  • A - (en Vert Clair) Entrée fortifiée. L'ensemble du site était entouré d'un rempart puissant.
  • a - (en Bleu Foncé) La citerne.
  • B - (en Jaune) Le Château : Logis et salles de confort.
  • C - (en Bleu Clair) Le Fossé.
  • D - (en Vert Foncé) Le Bastion.
  • E - (en Rose) Ouvrage Fortifié protégeant le Donjon.
  • F - (rien) Poterne (voir vocabulaire).
  • G - (en Rouge Foncé) Le Donjon.


  Ce "bloc" qui parait compact est en réalité composé de 3 plateaux successifs. Aviez vous remarqué cela ? Chaque plateau est composés de :

  • - A,  a,  F
  • - B,  C,  D,  E
  • - G (avec la croix)

  Maintenant que nous sommes tous informés de l'aménagement des salles, il est temps de passer à l'action. En avant !

   

    L'intérieur :

L'entrée (1er plateau)
   La végétation a un peu envahi le site mais ce ne sont pas de hauts arbres comme dans certaines ruines. Le puissant rempart est visible. Hélas, les murs ne sont pas assez hauts pour distinguer les archères. La datation va être difficile.
   La porte d'entrée n'est que le "fantôme" de celle médiévale et il est impossible de trouver un rainurage de herse ou un probable pont-levis. Quelques traces de murets au sol  tendraient à prouver l'existence de bâtiments (communs, dépendances...)

Et soudain, à droite c'est le choc.....    Je suis devant un.... Solarium .....    Quel luxe !
 

   Evidemment non. Si vous avez suivi le plan, vous savez que cette "salle" recouverte d'une verrière moderne est en réalité la citerne. Elle a été construite en partie basse du site pour récupérer toutes les eaux de pluie.  Par une petite trappe, j'ose passer la tête.... kiiii... une herbe me chatouille le cou.
  L'intérieur est
recouvert d'argile rouge (je vous ai déjà montré ceci dans le château de Cucugnan par exemple). Je ne vois pas le système de filtration, ni les ancrages de la poutre pour récupérer l'eau.
 
  Quelques dizaines de mètres plus hauts, derrière un mur aveugle, je découvre le logis.
 
Le logis
(2ème plateau)

   Voila une ruine "reconstruite", il est difficile de comprendre l'aménagement et la fonction des salles traversées.

  Par exemple sur la gauche (coté Ouest), une pièce comporte presque au centre, une sorte de "cuve" (ou de citerne). Mais cela pouvait être aussi les fondations d'un escalier intérieur ou d'un mur de séparation non terminé par les archéologues.  Pas facile.
  A droite, le spectacle est différent.
Voila les vestiges d'une salle caractéristique du Moyen Age. Ho, je sais que mon imagination est fertile dans une ruine, mais ce début de voûte ne vous inspire t il pas ?
  Regardez bien, le mur à gauche est en réalité la roche qui a été creusée. Ce logis qui devait avoir plusieurs étages, mesure à la base 40m par 13m. Dimensions importantes pour l'époque.
  Je vous sens peu réceptif, je continue la visite.
 
Le donjon (3ème plateau)
  Après avoir passé le fossé, je monte vers le donjon.... Oups, avec le vent, j'ai failli tomber, je ne vous montrerais que la vue de
cette tour depuis le bas. En l'observant, je ne pense pas qu'elle soit habitable. Sa fonction de tour de guet est évidente.
 En me retournant (vers le Sud), je distingue clairement
les 3 plateaux aménagés, avec au fond, les premières maisons du nouveau village.
  Cette succession de plateaux, de murs, de fossés a fait dire à de nombreux médiévistes que le château de Châtillon était la plus puissante forteresse du Valais au milieu de Moyen Age.
 
Le passage secret
 
En redescendant, mon regard est attiré par une ouverture percée dans la roche. Le mythe du passage secret sous la tour ressurgit en moi. Le fameux souterrain de ma jeunesse empli de trésors et de dragons à combattre (je vous avais dit que mon imaginaire est fertile dans une ruine).
 
J'entre doucement. Plus j'avance et plus la lumière faiblit. Par magie, un rayon de lumière transperce la roche (Il est vrai que j'en rajoute un peu dans le mystère). Je continue à descendre, et je rampe presque car le passage se rétrécit en hauteur.....

Vais je arriver en enfer ?
Pffff, pas grave, je sais tout sur le diable (voir ce manuscrit sulfureux), point peur il me fait.
 

   Soudain, dans la pénombre, le sol remonte. Des marches ont été creusées par "mes ancêtres" Dauphinois (?) pour ne point glisser vers la sortie.
    Ce passage n'est pas une grotte aux trésors mais un souterrain de contournement pour surprendre les assaillants par l'arrière.

La récompense 
  Après cette péripétie, j'ai le droit à mon cadeau. Le devinez vous ?   Evidemment, c'est le magnifique panorama qu'offrent presque toutes les ruines médiévales. Cette vallée du Rotten encadrée de montagnes est réellement magnifique.

   Le temps s'écoule et le rêveur prend la place du médiéviste !
 

 
Histoire du château :

  • * En 1170, une famille Dauphinoise nommée De La Tour, s'implante sur ce lieu. Rapidement elle scelle une alliance avec les chevaliers de Châtillon. Cette nouvelle seigneurie relève directement de l'Empire Romain-Germanique.
  • * En 1235, le château de La Tour-Châtillon est cité dans un texte. Les 2 familles deviennent puissantes en annexant de nombreuses terres.
  • * A la fin du 13ème siècle, l'évêque de Sion se sent menacé par ces voisins si entreprenants.
  • * En 1356, le Comte de Savoie (voir liste des Comtes) s'empare du Valais (à la demande de l'évêque). Pierre V de La Tour préfère être vassal de ce puissant Savoyard, pourtant "ami" de l'évêque.
  • * Vers 1366, l'évêque de Sion et les communes alliées attaquent les terres de la famille de La Tour. Le bourg est ravagé, mais les assaillants ne peuvent pas s'emparer du puissant château.
  • * En 1367, les communes mettent le siège devant le château, sans succès.
  • * En 1375, Antoine de la Tour fait assassiner l'évêque de Sion : Guichard. Il est pourchassé et s'enfuit en Savoie. Antoine vend son domaine au Comte de Savoie, qui s'empresse de la revendre au nouvel évêque : Edouard de Savoie. Ce dernier tente d'y établir ses prérogatives.
  • * En 1388 à la bataille de Viège (Visp en alémanique), les troupes Savoyardes sont vaincues. Cela va être le début de destruction de nombreux bâtiments dans la région. Les troupes du Haut-Valais attaquent et détruisent le château de Niedergesteln.
  • * Vers 1415, après la défaite des puissantes familles La Tour et Raron, le bourg est ravagé puis abandonné. Le château ne sera pas reconstruit.
  • * Au 21ème siècle, la découverte de la ruine est libre et gratuite. Faites attention avec les enfants dans "le passage 3ecret".

 

 
 

 

 

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