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Ombre et lumière

9 juillet 2009 4 09 /07 /juillet /2009 06:30


Pays :

 SUISSE

Canton :

 VALAIS


Le château :

 

  Situation :    (--> le voir sur une carte)

   Le village de Saxon se situe à 18km au Sud-Ouest de Sion, sur un promontoire de la rive gauche du fleuve Rhône.

 

   

  Description du château :

    Proche du centre du village actuel, sur une butte à 660m d'altitude, une curieuse tour en ruine attire mon attention.

 

    L'extérieur :

  C'est par une petite route carrossable que s'effectue la montée vers "mon Graal". Elle serpente au milieu des immenses cultures d'abricotiers. Malgré la pluie qui menace, je décide de gravir la pente à pieds, pour mieux ressentir la ruine du château de Saxon posée sur le plateau.
  Pour comprendre cette ruine, je vous propose le plan établi par Blondel, un des grands spécialistes des sites médiévaux en Suisse :
  - L'entrée médiévale du site est au Nord et passe par une chapelle du 12ème siècle,
  - A l'Est, un profond ravin, créé par le torrent de la Vellaz, isole le site,
  - A l'Ouest, un fossé semble avoir été creusé ou agrandi,
  - L'ancien château a été construit au Sud, isolé par un fossé creusé et assez loin de la montagne pour éviter une attaque d'en haut.
 
  Je ne m'attarde pas sur la chapelle qui est pourtant l'une des plus anciennes du Valais et je me plante devant le donjon coté Sud.


 
Cela fait 3 ans que je vous montre des ruines castrales, alors, je vais faire un test pour savoir si vous avez tout retenu. Que voyez vous ?
 
           
Alors... J'attends !

  - Oui, absolument, vous avez raison. Ceci est un donjon circulaire donc postérieur au 12ème siècle.
  - Ce donjon est trop étroit pour être habitable (théoriquement oui).
  - Evidemment, vous avez remarqué les archères droites confirmant une datation du  13ème siècle.
  - Elles sont alternées pour éviter de fragiliser la construction.
             
Et puis ?     J'attends !

  -
Les pierres autour des archères sont différentes des parements de la tour.
  - Des latrines en sailli.
  - La tour ne comporte pas de créneaux , elle a donc été arasée d'un étage. 
  - Peut être que des hourds en bois
(voir vocabulaire) facilitaient la défense.
  - La porte du bas est anormale. Vous avez raison (quelle perspicacité), ce n'est pas l'entrée médiévale mais une ouverture récente qui va nous (oui, nous !   Je vous accompagne) permettre de visiter le donjon de Saxon.

  C'est bien, je suis fier de vous, vous avez suivi mes cours avec attention...... Mais ce n'est pas fini.

 
 

    Avant de visiter l'intérieur, je m'imprègne du plan de coupe du donjon réalisé par Blondel suivant les relevés de Gillard et Godet.  Vous remarquez que l'entrée médiévale est à 10m du sol sur la face Nord. Des trous de boulins (voir vocabulaire) devaient certainement supporter une terrasse en bois par laquelle on accédait grâce à une échelle amovible depuis un rempart ou par un pont volant depuis une chemise (un chemin de ronde ?).

     Il est temps maintenant d'approcher de la trouée.... Ho, quelle surprise, un escalier !    Les Suisses sont vraiment extraordinaire. Cet escalier moderne est rare en France et souvent, je vous montre ceci  ou bien un intérieur comme cela, et il est souvent impossible de monter dans une si étroite tour.   
    Je vous emmène maintenant au 7ème ciel... Heu, je veux dire : Vers le sommet.

   

    L'intérieur :

    Le rez de chaussée devait être le ratier (voir vocabulaire), mais hélas il a été aseptisé avec le temps et je n'ai aucune preuve.
  Le 1er étage comporte une archère primitive dans un mur épais (1,5m). La fonction de tour de guet et tour de défense ultime se ressent  durant la montée.
    Au 2ème étage, je fais une halte devant l'entrée médiévale de style roman; Je vous en ai déjà parlé... Mais si,
souvenez vous. La vue vers le Nord sur la chapelle et le village est un plaisir dont je ne me lasse jamais.
  Au 3ème étage, j'ai une "envie pressente", heureusement les latrines s'offrent à moi... Oups, curieux d'avoir 15m de vide en dessous.
    Au sommet de l'escalier, je regarde la distance parcouru et là... J'ai une surprise. Sur la droite, un conduit de cheminée montre que le 4ème étage pouvait être habité. Certes, ce n'était pas le confort d'un logis seigneurial mais le donjon permettait de survivre durant un siège, et peut être de se réchauffer entre "2 tours de garde".
   Et maintenant, "le clou du spectacle !".... Avez vous deviné ?...  Evidemment, c'est la vue. J'embrasse toute la vallée du Rhône, et au loin, je distingue........ heu....... rien car la pluie arrive.
 

 
Histoire du château :

  • * Au début du 13ème siècle, une famille noble de Saxon possède "une maison forte", mais aucune description permet de définir son architecture et son importance. Un petit bourg entoure la place fortifiée.
  • * En 1266, le site est vendu au Comte de Savoie Pierre II (voir liste). Le Comte installe un châtelain dans le bâtiment.
  • * Vers 1278, la construction est rasée et remplacée par une tour fortifiée permettant le guet et la signalisation à vue avec les autres châteaux de la vallée (Saillon, Martigny). Ces travaux sont demandés par le Comte Philippe de Savoie.
  • * En 1285, un texte décrit le rempart entourant le village (situé proche du château sur la butte).
  • * En 1474, début de "la guerre de Bourgogne".
  • * Vers 1480, les Confédérés attaquent le château puisqu'il est possession de leur ennemi : Le Duc de Savoie (voir titre de noblesse). Il semble que les bâtiments subissent de gros dommages. Le site ne sera jamais reconstruit. Les villageois abandonnent le village médiéval, et descendent dans la vallée créant le village actuel.
  • * Au 20ème siècle (vers 1965 ?), la chapelle et la tour sont consolidées.
  • * Au 21ème siècle, la découverte de la tour est libre et gratuite. La ruine est consolidée mais faites attention avec les enfants dans l'escalier et proche du ravin.

 

 



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4 juillet 2009 6 04 /07 /juillet /2009 06:30


Département :  63  - Puy de Dôme

Le ciel se couvre... Vais je voir la ruine ? Le bourg :
   Situation   (--> le voir sur une carte)
       Le petit village de Anzat le Luget est situé à 28km à l'Ouest de Brioude et à 40km au Nord de Saint Flour.
   Le Luguet est un petit hameau à 1km à l'Ouest de Anzat.

        Coordonnées du château :

45° 20' 34.091" N 3° 1' 52.154" E
 45.342803°  3.031154°


Le château :
  Après avoir visité la magnifique tour de Besse à quelques kilomètres de Anzat, je repars vers l'Ouest pour trouver gite et couverts avant la pluie.
  Devant un panneau me donnant la direction, je consulte la carte quand un sigle attire mon attention.... Il y aurait une ruine au dessus de moi !
      
    L'extérieur :
La surprise
  Évidemment, surpris je suis car mon regard persan ne l'avait point vue dans ce paysage magnifique de l'Auvergne.

Où est elle ?

    Je scrute le sommet de la colline. Je m'avance doucement pour ne pas lui faire peur (Je vous vois sourire en pensant qu'une ruine n'est pas effrayée ?... Et bien, elles le sont parfois, mon nez se souvient d'une pierre tombée d'un mur qui avait été surpris par mon arrivée  ).
   
La recherche d'indices
        Après quelques minutes, je vois les restes d'un mur.
   J'ai quelques doutes car il existe de nombreux murs de soutien pour les cultures ou pour stabiliser les petits champs à vaches. Il me faut d'autres preuves.
    Vous connaissez mon imagination fertile, je suis capable de voir un château avec 3 pierres (Lire un récit ici). C'est donc avec sérieux que j'analyse chaque centimètre carré (j'exagère un peu).

"Et quand on cherche... On trouve".

Devant moi se dresse une citadelle.

 
Les Doutes
        Il est vrai que "Citadelle" est un mot un peu... heu... excessif, mais avouez que cette ruine est magnifique.
   La terre et la végétation ont englouti les fondations et il est difficile de comprendre son architecture, mais les quelques murs devraient me donner des certitudes.
   Le plus petit ne me confirme pas que je suis sur l'emplacement du vieux château. Il est trop refait et les petites pierres plates ne semblent pas solides pour ue forteresse.

 

La confiance revient ?
   Ce mur par contre est plus significatif avec ses larges pierres et ce que j'espère être un trou de boulin (voir vocabulaire). Je suis surpris par la mauvaise qualité des joints et la taille de pierre si médiocre.
    J'ai un doute.

Serait ce les vestiges d'une étable ou d'un hangar du siècle dernier ?

 

La certitude
    Il n'y a qu'à notre époque que nous construisons des maisons en haut des collines pour embrasser le paysage, nos anciens (après la période médiévale) préféraient le confort des plateaux et des vallées. Cette construction ne peut pas être "moderne".
   Et soudain, j'ai un indice.

Pensez vous qu'à une époque récente, les murs étaient construits aussi épais ?

  A moins que vous me démontriez le contraire, je pense avoir retrouvé les vestiges du château de Le Luguet. Heureux je suis.


Histoire du château :
  Je n'ai hélas aucune information sur ce vestige.

 

* Vers 1225, construction du château (information donnée par une visiteuse).
* Au 21ème siècle, la découverte du site est libre et gratuite. La panorama est le plus grand trésor de cette ruine.

 

Une vue qui me laisse sans voix !

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2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 06:30

 

Département :  11 - AUDE

 Mon Graal est encore loin !

Le site médiéval :

   Situation :   (--> le voir sur une carte)

       Elle n'est pas facile à trouver cette ruine. Si vous ne connaissez pas son existence ou si vous n'avez pas une carte précise, vous passerez devant sans lever la tête.

  Le site médiéval est sur un pic, sur la route entre Rennes les Bains, en direction de Peyrepertuse. Plus exactement au Sud-Est de Cassaignes, sur la butte proche du hameau de Pachevan.

   Cette "beauté de pierres" est dans le "triangle des châteaux Cathare".

 

    Coordonnées du château :

42° 56' 16" N 2° 18' 41" E
 42.937889  2.311399

 

  Origine du nom :

      Peu de recherches sont nécessaire pour connaître l'origine de ce nom. Le "fort" a été construit sur un rocher BLANC (si la toponymie  était toujours comme cela, ce serait extraordinaire).

 

Le château :

  Ma vue se trouble à trop la regarder   L'extérieur :

L'approche

     Après une marche peu facile, j'arrive devant le "mur d'entrée". Un seuil de 3 mètres de haut faisant office de fossé ou de douves dans les châteaux de notre enfance (ah Hollywood, comme tu as déformé la vérité  ).

   Le rocher ne s'est pas effondré, c'est une "astuce classique" pour la défense d'une forteresse. Il faut une échelle pour pénétrer dans la cour.

       Les chevaux devaient être logés à l'extérieur de l'enceinte, mais aucune trace de bâtiment distinctif est visible.

 

Je m'interroge

   Ce qui surprend, c'est la petitesse du château par rapport à son importance dans l'histoire. Mais d'autres châteaux de cette région ont des dimensions encore plus modestes. 

 

     L'intérieur :

La cour intérieure

   Elle est très petite et on distingue (si l'on possède une loupe de Sherlock Holmes) au nord, les traces d'un bâtiment de forme trapézoïdale. Les contours comportent les traces de fondation d'une courtine (rempart).

  Plus au Nord, une autre plate-forme en contrebas d'une hauteur de 5 mètres. Je n'ai point été téméraire pour faire le saut (et le sot ?  ), mais je n'ai distingué aucune trace de construction (curieux !  ). 

 

La Citerne

    A l'Est de la cour, appuyée sur un rocher apparaissent les fondations d'une citerne, élément indispensable pour un château si haut perché donc ne possédant pas de puits. Elle a une profondeur de 2 mètres, mais des traces de grès taillés autour prouveraient que ses dimensions devaient être plus imposantes.

     Les parois possèdent encore le revêtement "étanche". Au fond, une vasque creusée dans le roc devait servir à la récupération des boues, lors du curetage (opération importante avec une citerne si l'on veut tenir face à un siège. L'eau propre est une condition de victoire). La conservation de la citerne surprend face au délabrement de l'ensemble.  

 

Le donjon

     Au sud de la cour trône les fondations d'une tour carrée de 7 mètres de coté avec des murs de 1,50m d'épaisseur. Ce n'était sûrement pas un bâtiment d'habitation. Le donjon devait servir de tour de guet et de dernier refuge en cas d'envahissement du château. Sa construction semble datée du 14ème siècle, mais il est difficile d'être affirmatif par le manque d'indice et de pierres.

 

 

Histoire du château :

* Au 10ème siècle, une position fortifiée est construite par les Wisigoths.
* En 1067, le "castrum de Blancafortis" est cité dans la présentation d'hommage du seigneur au comte de Barcelone.
* Vers 1100, le château dépendait de l'abbaye de Jaffus (aujourd'hui disparue). Il semble qu'une querelle de territoire l'oppose à celle d'Alet.
* En 1119, le castrum apparaît dans le bulle du pape Calixte II. Le "castrum Blancafortis" appartient à l'abbaye d'Alet. Mais ceci n'était pas en accord avec le seigneur du château.
* En 1125, Bernard de Blancafort (seigneur du château ?) se soumet au Vicomte Bernard Aton, figeant ainsi ses droits sur Blancafort au profit d'Alet. 
* Vers 1130, une histoire (mais est elle vraie ?) prétend que des templiers ont été invités par le seigneur pour exploiter la mine d'or. La mine était une excuse pour justifier de production du métal précieux par "transformation". Certains racontent (chuuuuuuut, c'est un secret) que l'or venait de la fonte en lingot du trésor des 'Wisigoth' qui avait été retrouvé dans une grotte. (Templier, Or, Trésor--> Quelle belle histoire !...Cela ne vous rappelle rien avec Rennes le Château tout proche ?.... Mais est ce vrai ?).
* Vers 1209, début de la croisade contre les Albigeois, le château est conquis par les troupes de Simon de Montfort.
* Vers 1230, le seigneur Guillaume de Blancafort est contraint de fuir devant les forces royales. Il rejoint les rangs des "faidits".
* Vers 1231, le compagnon d'arme de Simon de Montfort, Pierre de Voisins, saisit le château et le territoire comme biens de la croisade. Il devient le nouveau seigneur de Blanchafort (c'est son nouveau nom),  puis il fait payer de fortes taxes aux habitants de la région.
* Au 14ème siècle, il semble que le château soit aménagé et consolidé. L'agrandissement de la citerne doit résulter de cette époque.
* Au début de 16ème siècle, avec l'arrivée des canons et de la Renaissance, la forteresse ne semble plus être utile et son inconfort la rend invivable pour ce nouveau siècle.
* En 1659, avec la signature du traité des Pyrénées (définissant la frontière entre l'Espagne et la France), cette forteresse perd son rôle d'arrière garde frontalière. Elle est abandonnée.
* En 1713, la carte de Roussel recensant les châteaux et forteresses de la France ne cite pas le Blanchefort.
* Le temps fait son oeuvre et la forteresse laisse place à la ruine inaccessible (sauf pour vous par cette visite virtuelle).
* Au 21ème siècle, la visite est libre et gratuite, mais à vos risques, car le terrain est glissant et le seuil d'accès un peu haut. Ruine réservée aux passionnés.

 

Filmé par David A. Williams ©

 

 

  Si vous êtes l'auteur de cette vidéo et si vous pensez qu'elle n'a pas sa place sur cette page, faites le moi savoir et je l'enlèverais.... Chevalier d'honneur je suis 

 

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Published by Le Chevalier Dauphinois - dans Châteaux en Languedoc : 11 30 34
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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 06:30
La rubrique CINEMA regroupe les films ayant pour thème Le Moyen Age ou ayant comme cadre (même partiellement) un château médiéval.



  Affiche du film : La 9ème porte
Année 1999
Réalisateur Roman Polanski

 

  Acteurs   Rôles
 Johnny Depp
 Dean Corso
 Frank Langella
 Boris Balkan
 Emmanuelle Seigner
 "La fille"
 Barbara Jefford  La Baronne Kesler               
 Lena Olin
 Liana Telfer


 
 
 
  Présentation du film
 
   « Dean Corso est un chercheur de livres rares pour collectionneurs fortunés. Sa réputation internationale lui vaut d'être engagé par un éminent bibliophile : Boris Balkan. C'est un féru de démonologie.
    Balcan lui demande de retrouver puis d'acheter (ou de comparer) les deux derniers exemplaires du légendaire manuel d'invocation satanique :  "Les Neuf Portes du royaume des ombres".
    Corso relève le défi. De New York à Tolède, de Paris à Cintra, il s'enfonce dans un labyrinthe semé de pièges et de tentations.
    Peu à peu, il va décrypter les énigmes du livre maudit et découvrir le véritable enjeu de sa mission......»

 
 
 
  Ce que j'en pense
 
        J'ai adoré ce film.
   Les personnages portent un peu de mystère, ce libraire n'est pas un naîf,mais il est si passionné qu'il oublie de regarder autour de lui (Est ce mon sosie ?). Le personnage de Boris Balkan est ambigu.
    Qui est cet albinos qui apparaît parfois ?.... Qui est cette belle fille (femme) qui lui sauve la vie ?
 Evidemment toute la lumière et les réponses sont dans l'épilogue.



Où est le Moyen Age ?

   Le Moyen âge n'est pas présent dans le scénario, c'est le château de Puivert dans l'Aude qui apparaît dans la scène finale.  Mais je ne vous en dirais pas plus.... chuuut.


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cinéma
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Published by Le Chevalier Dauphinois - dans Films : Châteaux forts et Moyen Age
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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 06:30

 

Département :   19 - CORREZE

   Il y a des châteaux qui ont un aura très fort :

* Soit parce qu'ils ont été habités par un personnage célèbre,

* Soit leur construction est unique,

* Soit par leur situation incroyable,

* Soit leur histoire est sans équivalent,

* Soit ils furent les spectateurs impuissants de martyrs.

   Sans savoir pourquoi, depuis longtemps Ventadour faisait parti de mes rêves, mais n'étant jamais sur ma route, il devint presque mythique.
   Quand il y a 3 ans, il fut proche de ma destination de vacances, mon instinct de chasseur de ruines me fit faire un crochet pour l'immortaliser en photo.

 

Le bourg :

    Situation  (--> le voir sur une carte)

        Le petit village de Moustier-Ventadour est situé à 6km à L'Est de Egleton et à 34km au Nord-Est de Tulle et à 50km à l'Ouest de Borg les Orgues.

   Le château est au bout d'une route sans issue dont l'itinéraire est bien indiquée par des panneaux. 

   Coordonnées :

45° 23′ 32″ N 2° 7′ 0″ E
 45.392222°  2.116667°

 

   Toponymie :

       L'origine d'un nom est parfois un "compromis", une évolution entre un patois local et une caractéristique géographique. C'est le cas ici.
    En langue Limousine, un Ventadour est une aire où le blé est battu. C'est donc un lieu avec un peu de vent. Le pic portant le château situé entre 2 rivières est très venté. Patois et climatologie ont défini le nom du site donc du château.

 

Le château :

       L'extérieur

L'arrivée
   Pour ressentir cette ruine, je décide d'arpenter à pieds ce mamelon rocheux en le contournant. Le château est perché à 592m d'altitude enserré par 2 ravins creusés par 2 petites rivières.
  Ces gorges sont si profondes qu'elles ont fait dire au Seigneur de Lévis Duc ( voir titre de noblesse) de Ventadour, lors d'un entretien avec le Roi Louis XIV (voir liste des rois) :
 "Sir, toute la paille de votre royaume ne comblerait pas les fossés de Ventadour".


La découverte

       En découvrant le site, mon mot sera moins historique mais je me suis dit : "Quel Château Sauvage !".

   Il est en ruine, (évidemment puisque j'y suis... D'ailleurs, avez vous remarqué que tous les châteaux que je découvre sont cassés..... pourtant je n'y suis pour rien ) mais il me parait fantomatique.

Le plan
     Pour comprendre cette ruine, je m'inspire du plan réalisé par Mester de Parajd, architecte en chef de Monuments Historiques :
    B - Mur Bouclier Nord,
    C - Tour Carrée,
    E - Entrée Nord-Est,
    F - Éperon Sud-Est,
    H - Cour d' Honneur,
    L - Logis seigneurial,
    T - Tour Maîtresse,

1ère analyse
    Je suis surpris de la hauteur des murs qui pourtant ne comportent pas de créneau. Les remparts devaient être encore plus imposants il y a quelques siècles.

 

2ème analyse

    Le mur bouclier ne m'impressionne pas et je passe très vite devant pour arriver proche de la tour maîtresse. Certains historiens la nomment aussi donjon. Avec son faible diamètre, il ne devait pas être habitable et devait surtout servir de défense. Pour un château ayant été habité au 15ème siècle (et même après) je suis surpris de ne pas voir de bouche à feu, mais une simple archère droite (voir vocabulaire). Cette tour du 13ème siècle n'a pas évolué.

Quelle pureté !

 

3ème analyse

   Les murs ont perdu leur parement et laissent voir le remblai, qui est d'ailleurs très instructif.
      Quelques mètres plus loin, c'est l'entrée du château. Je suis surpris :

Point de châtelet ni de fortification. N'est ce qu'une poterne ?

 La porte est un peu isolée et vulnérable.
   Avant de découvrir l'intérieur, je longe les 150m de la façade Sud-Est.

       L'intérieur :

Dans la cour d'honneur

    Évidemment, en franchissant la petite porte, je retrouve le donjon. Sa base en granit est du plus bel effet, mais c'est surtout l'ouverture en hauteur qui attire mon attention. Cette porte devait communiquer avec le chemin de ronde ce qui me donne une idée de la hauteur des remparts.

   Comme pour l'extérieur, les parements manquent sur de nombreux murs.

  Par un mur troué, je pénètre dans le logis seigneurial.

 

Le logis seigneurial

   Évidemment, point de lustre, de belle tenture et de plafond peint, c'est une suite de salles très ruinées qui font travailler mon imaginaire.

    Avantage d'une ruine : il est aisé d'admirer le paysage à 360°.

 

La visite est terminée

   Il est temps de repartir. Vais je passer par cet escalier ?.... Non, j'ai envie de revoir le donjon, qui m'offre un détail intéressant. Regardez bien le trou à mi-hauteur, ce devait être la porte au 13ème siècle accessible par une échelle amovible. Je vais maintenant m'éclipser par la poterne.

 

 

  Histoire du château :

* Au 11ème siècle, un château est construit sur ce pog retiré.
* Au début du 12ème siècle, le château entend les chants et la poésie du nouveau Vicomte de Ventadour : Ebles II le Cantador. Il est vassal de Guillaume IX, Comte de Poitier, Duc d'Aquitaine et de Gascogne.
* Au milieu du 12ème siècle, la "renommée poétique" des sieurs de Ventadour (ou peut être est ce du au château) s'étend grâce au troubadour Bernart de Ventadour (Il serait, d'après la rumeur..chuuuut... le bâtard de Ebles II ...chuuuut).
* A la fin du 12ème siècle, l'illustre troubadour Gaucelm Faidit remet à la Vicomtesse de Ventadour quelques belles chansons. (A t elle été séduite par ce chantre ?... L'histoire ne le dit pas... chuuut).
* En 1199, voulant récupérer les territoires non cédés par le Roi de France Philippe Auguste (voir liste des rois), Richard Coeur de Lion (qui se prévalait du titre de Duc d'Aquitaine) attaque le château. Mais Ebles IV, seigneur de Ventadour l'oblige a partir de son territoire.
* En 1337, la Guerre de 100 ans débute et va dévaster particulièrement le Limousin-frontière. Ce n'est pas l'armée "légal" qu'il faut redouter mais les "Routiers" hommes "sans foi ni moi" vendus au plus offrant.
* En 1350, Bernard de Ventadour participe activement à combattre les Anglais. Pour le remercier de ses actes de bravoure et d'attachement à la couronne de France, il lui est accordé des droits sur le château de Montpensier, près de Aigueperse.
* En 1360, le traité de Brétigny doit sceller une paix, mais les "Routiers" continuent leurs ravages.
* En 1379, un chef de bande nommé "Geoffroy Tête Noire" dont Froissart disait : "il est le plus cruel et le plus sauvage de tous", décide de s'emparer de Ventadour. Sachant que Pons Dubois, écuyer du vieux et sédentaire Bernard de Ventadour, est mal reconnu et peu payé, il le soudoie pour envahir sans résistance le château. L'ancien Seigneur de Ventadour se réfugie dans son château de Montpensier.
* Durant 10 ans, Ventadour est le siège de ces brigands qui dévastent le Limousin et l'Auvergne.(le château n'est plus un nid d'aigle mais .... un nid de faucon  ).
* Vers 1389, "Geoffroy Tête Noire" meurt après avoir reçu une flèche dans la tête.
* En 1389, Bernard de Ventadour récupère son château.
* Au milieu du 15ème siècle, Charles de Ventadour combat dans le Sud-Ouest pour chasser les Anglais de France.
* En 1422, Charles de Ventadour est nommé Chambellan du Roi, puis devint  Connétable.
* En 1445, Louis de Ventadour épouse Catherine de Beaufort et auront une fille, prénommée Blanche.
* En 1475, Blanche de Ventadour, héritière du Comté, épouse Louis de Levis.
* En 1578, Ventadour est élevé au rang de Duché.
* Au 18ème siècle, le vieux  château médiéval si peu confortable n'est habité que par un gouverneur et quelques serviteurs.
* vers 1792, les révolutionnaire s'empare du château et e déclare "Bien National.
* Durant ces périodes troublées, le château est devenu une carrière de pierres.
* En 1840, le site est classé aux Monuments Historiques.
* En 1988, le Duc de Levis-Mirepoix et de San Fernando fait don du site de Ventadour à la commune de Moustier.
* A la fin du 20ème siècle, Robert Joudoux se prend de passion pour la ruine de Ventadour. Cet érudit s'active pour la faire revivre. Des travaux de consolidations ainsi que des fouilles sont réalisés.
* Au 21ème siècle, la découverte du site est payante. Mais il semble que de gros travaux limitent les jours d'ouverture et le nombre de visiteurs. Renseignez vous avant.

 

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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 06:30

 

Département :    63  - Puy de Dôme

 

Le château :

   Distinguez vous le château cocu sur cette vue ?Situation   (--> le voir sur une carte)
      Le petit bourg de Auzat La Combelle est situé à 15km au Sud-Sud-Est d'Issoire.
    Coordonnées du château :

45° 27' 3.971" N 3° 18' 46.426" E
 45.451103°  3.312896°


Le château:
      L'extérieur :
Pourquoi suis je là ?
      Après avoir visité le petit bourg fortifié de Auzon dans la Haute Loire, je suis la rive droite de l'Allier pour me rendre dans un lieu porteur d'une légende nommée : Le Saut du Loup.

Le blason
   Soudain, au bord de la route, je découvre un blason sur un panneau. C'est celui du village de Auzat la Combelle. Il représente : 

* En haut, le château dans la fertile campagne,
* Au milieu, la rivière Allier,
* En bas, la couronne du Comté d'Auvergne.

   Évidemment vous avez compris que le symbole castral titille mes neurones de chevalier-chasseur de châteaux médiévaux.

Mais où est il ?


Y a t il un château ?
    Je prends un peu de recul et un morceau du puzzle s'affiche devant moi.

Mais ce château Cocu est il médiéval ?

   Il suffit de lever les yeux pour découvrir cette beauté en ruine. En avant !

Quel curieux nom
    Évidemment, il est facile d'imaginer que ce mot au Moyen Âge n'avait pas la même connotation qu'au 21ème siècle. Petite étude de toponymie :

     Un peuple Germanique nommé Lombards est installé sur l'Elbe inférieure au Ier siècle, Au 5ème siècle, l'Italie du Nord est envahie puis conquise par ce peuple donnant ainsi leur nom à une province : La Lombardie.
   Au début moyen âge les monnaies étaient nombreuses ne facilitant pas le commerce, et avec les troupes de brigands; le transport d'argent était peu sur. Certains Lombards deviennent des banquiers et avec les prêts d'argent, ils acquièrent le nom d'usuriers.
    Dans certaines régions, des "étrangers" font aussi ce commerce avec l'argent. Certains se nomment les Coci. Avec la déformation du bouche à oreille et les patois, ils furent nommés Cocu.
   Le château de Auzat a donc appartenu à un seigneur ayant "un peu légalement" pratiqué la fonction de banquier et d'usurier
.
 

En 2 enjambées, je suis proche du château
J'approche
    Un sentier facilement praticable m'emporte vers la ruine quand soudain un autre panneau (encore un) m'informe du danger.

Youpiii, je vais visiter une vraie ruine.

     Même partiels, les remparts donnent une idée de la hauteur des murs et l'importance "régionale" de ce château.

 

Rapide analyse

    Au sommet de cette colline, les vestiges d'un bâtiment seigneurial jouent avec les arbres.
   Cette ruine est composée de 2 tours rondes encadrant une courtine.
   Il me semble que ce bâtiment a été habité ou utilisé récemment (N'oubliez pas que pour un médiéviste, le 18ème siècle c'était hier ) car de telles ouvertures ne sont point du Moyen Âge  et un ciment cache partiellement les pierres.
Détail minimal et pourtant fascinant !   Au milieu des "liannes", une petite fente verticale en angle rappelle la classique archère pour la défense de la courtine.

        L'intérieur :
     Entrer dans un château cassé peut paraître facile, mais la dense végétation est un rempart parfois plus difficile à contourner. Et c'est de loin que je découvre l'âme intérieure.
     Vestiges de cheminée, trou dans le mur (chauffe plat ?), départ de voûte, salle en sous-sol sont les maigres indices de ce château oublié.  Avant de quitter ce lieu, je consulte ma vieille carte postale. cherchant quelques analogies avec ces vestiges.


Histoire du château : 

* Au 13ème siècle (?), le château est possession de Bernard Cocci.
*Au 14ème siècle, Aubert De Penchard est seigneur du château et du bourg.
* En 1840, il semble que le château soit encore habité.
* En 1926, les ruines du château sont inscrites aux Monuments Historiques.
* A la fin du 20ème siècle, les communes d'Auzat sur Allier et de La Combelle fusionnent pour former : Auzat la Combelle.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. Le château est une propriété privée visitable à vos risques et périls.

 

La ville moderne s'étalle au pied du vieux château

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22 juin 2009 1 22 /06 /juin /2009 06:30

 

Pays :

  Grand Duché du LUXEMBOURG


 

 

Le château :

 

  Situation : (--> le voir sur une carte)

    Colmar-Berg est à 22km au Nord-Ouest de la ville de Luxembourg, et 16km au Nord-Est de la ville Belge de Arlon.

   Le château est construit sur la rive droite dans l'ancien village de Berg.

 

 

 Description du château

    Avec le temps qui passe, avec l'aménagement des hommes, avec les modifications de confort, un château médiéval nous apparaît au 21ème siècle avec des formes et des couleurs différentes. Celui de Colmar-Berg est de cela, et il fut une incroyable découverte.

 

    L'extérieur :

      La visite commence derrière l'église. Cela parait curieux, mais c'est le seul endroit où la double architecture est observable. Le bâtiment ocre semble "classique," mais le blanc ressemble à un château de Walt Disney.

    L'imposant donjon avec des échauguettes (voir vocabulaire) carrées aux angles a perdu sa physionomie guerrière au profit d'une harmonieuse beauté naïve. Ces petits volets bleus me font penser à une maison de poupée.

     Le bâtiment principal d'habitation a les mêmes caractéristiques architecturales que le donjon....("Mignon" disent les princesse derrière l'écran)

 

Pensez vous qu'il soit visitable ?

 

 

   L'intérieur :

       Comme vous vous en doutiez, ce château n'est pas visitable.

 
Histoire du château :

  • * Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur depuis la route est libre et gratuite. La propriété est privée et n'est pas ouverte à la visite. 

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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 06:30

 

Pays :

 ESPAGNE

Région :

 CATALOGNE

 

Le bourg :

  Situation :   (--> le voir sur une carte)

     El Castello est un petit bourg proche de la mer situé à 20km au Nord-Est de Tarragone.

 Coordonnées du château :

41° 9' 17.176" N 1° 21' 53.831" E
 41.154771°  1.362798°

 

Le château :

    L'extérieur :

Pourquoi suis je ici ?

   Je n'avais pas coché ce village sur ma carte, car aucun de mes documents mentionnait un vestige. Pourtant, en voyant le nom du village "El Castellot", mon destrier s'arrête et me demande :

«Et si on y allait ?

Pendant que tu cherches, je me repose.

Cela me fait des vacances !».

Quel plaisantin !

   Depuis que nous vivons ensemble, je connais  bien ce quadrupède, il a certainement senti la pierre. C'est à ce moment que je lève la tête et .... Je vous laisse juge.

 

L'arrivée

      C'est sur un agréable sentier encadré par des plantes piquantes ou odorantes que je me rends vers mon Graal. Un panneau en bordure d'un parking m'informe que je suis en direction d'un château nommé : Castell de Santa Margarida.

      Proche d'un chêne vert, je vois un vestige de mur.

Y aura t il d'autres traces du château ?

 

Je philosophe !

   Un des plaisirs d'un castellologue amateur est la découverte ou/et la surprise. Parfois la ruine est minimale (et même moins, par exemple ici). Mais il arrive qu'en m'entendant arriver, la ruine se fasse belle et brille de mille feux.

    Et, quelques mètres plus loin, "ma "beauté de pierres se montre.

N'est elle pas magnifique ?

 

Elle s'amuse avec moi

   Comme elle est joueuse, elle se cache un peu. Imitant le petit prince avec le renard je l'apprivoise et elle se révèle à moi.

   Vous doutez que ces pierres soient les restes d'un château ?

  Regardez bien cette tour ronde avec... heu.... une bouche à feu (?).

Surprenant !

    J''opte pour une disparition partielle de pierres et non un vrai système défensif du 15ème siècle.

   En voyant ce mur composé de pierres de nature différente, je pense que de nombreux aménagements ont changé l'architecture générale. Je vais avoir d'autres surprises.

 

    L'intérieur :

J'entre

      Les courtines externes avec des murs peu épais (pour un vestige médiéval) possèdent de nombreuses archères droites avec un faible embrasement datant certainement du 12ème siècle. Plus loin un mur consolidé comporte des trous devant recevoir des poutres, mais la fonction de cette salle est impossible à trouver.

 

Je me questionne

    Juste derrière, les vestiges d'une salle voûtée me posent quelques soucis de compréhension. En haut et en bas du mur, il y a 2 trous qui ne peuvent pas être des ouvertures recevant des boulins (voir vocabulaire) ou des poutres.

Peut être sont ce des trous d'aération pour une salle située derrière.

Effectivement, il y a bien un "couloir" menant à gauche vers une salle sans fenêtre.

Qu'est ce ?

 

Réponse possible à mon questionnement

      * Les murs ne comportant pas d'argile, ce n'est pas la citerne.
      * Elle n'est pas assez enterrée et ne possède pas un siphon, ce n'est pas une glacière.
      * Les courtines ne comportant pas de cannonière, je ne vois pas l'utilité d'une poudrière.

Mystère !

Fin de la visite
      Cette ruine qui paraissait anodine comporte quelques énigmes pour moi. Tel le penseur (de Rodin) je me pose sur un rocher et en réfléchissant, mes yeux se perdent dans le magnifique panorama.
     Mais il se fait tard, je redescends par un chemin abrupte me faisant découvrir une autre façade de l'ancien château Santa Margarida.

 

 

 Histoire du château :

* Au 20ème siècle, une campagne de consolidation est menée.
* Au 21ème siècle, la découverte de la ruine est libre et gratuite. Le risque de recevoir une pierre existe. 

 

 

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16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 06:30

 

Département :    63  - Puy de Dôme


J'aime le danger.... Alors.... En avant ! Le bourg :
   Situation :    (--> le voir sur une carte)
   La petite commune de Ardes est située à 30km au Nord-Ouest de Brioude et à 30km au Sud-Ouest de issoire.
   Coordonnées du château :

45° 24' 32.81" N 3° 6' 5.922" E
 45.409114°  3.101645°


Le château :
       L'extérieur :

Où est il ?

    Depuis le village de Ardes, je me dirige vers l'Ouest pour trouver le départ du sentier menant au château de Mercoeur. Soudain, un panneau attire mon attention : Cela signifie que je vais déguster une "ruine ruinée"..... Hummm.

L'approche
     Après quelques minutes de marche, la beauté de pierre se laisse entrevoir tout en jouant avec la végétation. Plus j'avance et plus ce vestige de tour est magnifique. Elle se découpe maintenant dans le bleu du ciel. Je comprends le surnom donné à ce site :

Le doigt de Mercoeur.

Le doigt de Mercoeur est ici. 

Je suis attaqué

     Cette ruine a toutes les caractéristiques d'un château sur motte. Les remparts et courtines ont disparu et seul un vestige de tour (était ce le donjon ?) survit à l'attaque des arbres.
       Aie.... Il n'y a pas que les arbres qui attaquent, un "diablotin" déguisé en rampant me barre la route.

Etait ce cela que le panneau voulait m'annoncer ?

  Un chevalier n'ayant peur de rien (ou presque), je contourne le monstre et j'avance vers la colline.

Premières analyses
   Si ce château n'est pas maudit ni hanté par des monstres "empêcheurs de découverte", la visite risque d'être rapide car il ne reste qu'un fragment d'angle de tour.
  Comme à !on habitude, je contourne la ruine pour mieux la ressentir. Le sommet de la colline, certainement un peu aplati par l'homme, ne comporte plus de trace de remparts, de basse cour, de châtelet ou autres caractéristiques des fortifications médiévales. La végétation a repris ses droits.
Je ne reste pas de marbre devant cette pierre
       L'intérieur :

Minimal mais passionnant

   Les 2 pans de mur formant un angle de la tour sont très intéressants. Ils montrent des parements médiocres et une taille de pierre "rudimentaire". Ce château devait être une fortification de garde et non le logis d'un grand seigneur.
     La vue des entrailles de la tour est fascinante. Il y a d'abord l'épaisseur importante des murs, puis les départs de voûte indiquant 2 étages, puis de belles pierres pour une ancienne fenêtre.

 

Y a-t-il eu beaucoup de modifications ?
    La base de la tour montre une surface peu importante. Ce donjon n'était pas habitable. A l'intérieur je suis surpris des différentes qualité et provenance des pierres.

Est ce du à une consolidation "moderne" ?

 

Encore une attaque
   Durant mes réflexions, je n'avais pas vu qu'un danger me menaçait : Un dragon immense.
Sans être froussard (car chevalier je suis), je préfère quitter ce "zoo".


Histoire du château :
  Je n'ai hélas pas de documentation sur l'histoire de ce château.

* Au 11ème siècle, il semble qu'un château soit construit (?).
* Au 21ème siècle, la découverte est libre et gratuite. La ruine est dangereuse, à éviter avec des enfants.

 

Cette tour observait toute la vallée

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13 juin 2009 6 13 /06 /juin /2009 06:30


 

Département :   09 - ARIEGE

 

Le bourg :

Accrochée au rocher, le vieux château invite les passants à une promenade inoubliable !    Situation :   (--> le voir sur une carte

      Le petit village de Roquefixade est situé à 80km au Sud-Sud-Est de Toulouse, à 60km au Sud-Ouest de Carcassonne et à 15km à l'Est de Foix (voir son château).

   Coordonnées du château :

42° 46' 19" N 1° 45' 12" E
 42.938615  1.753559

 

   Origine du nom :

Roquefixade signifie littéralement : la "roche fissurée" (roca fisada).
    Cette expression évoque une énorme entaille dans le rocher qui a été enjambée par la construction d'une arche de pierre (nommé aussi : un arc de décharge) dans le rempart du château..

 

Le château :

      Comme de nombreuses fortifications de cette région, le château de Roquefixade est planté sur un piton. Pour garantir une surface habitable et une bonne défense, les remparts épousent les limites de l'éperon rocheux.

       Conséquence : Roquefixade est une vaste forteresse qui compte plus d’une centaine de mètres de long. L'architecture très variée du château et des fortifications reflètent plusieurs époques de construction.

 

       L'extérieur

Archères en bas, et confort en haut ! L'approche
     C'est au Nord-ouest du bourg, par un petit chemin légèrement en pente que j'accède à cette ruine. Le sentier  longe d’abord la falaise puis contourne le pog pour serpenter dans un pré à forte pente. Sur la droite (la face Nord du château), la falaise est très escarpée. Elle est entaillée d’une large faille au-dessus de laquelle est posée une voûte portant le mur d’enceinte.
     Rapidement je suis en face de cette beauté de pierre.
 
Le plan
   Pour les profanes, les ruines peuvent parfois être un peu brouillonnent et difficiles à comprendre. Pour éviter de vous perdre, je vous propose ce petit plan :
 * L'entrée est évidemment à droite (au Sud-Est) par la basse cour,
  * Le château avec son logis seigneurial est à gauche, isolé sur sa falaise et bien protégé.

       L'intérieur

Les remparts

    Les architectes de cette forteresse ont concentré les éléments de défense sur le coté le plus vulnérable (Le Nord-Est). Ils ont entouré les bâtiments d'une 1ère enceinte de 40 mètres de long (dont il subsiste de beaux vestiges).

 

L'étoitesse de l'entrée est une astuce défensive efficaceLe châtelet

      L’entrée du château (malheureusement très dégradée) se fait par un châtelet. Il comporte deux portes successives, très étroites et taillées dans la roche munies de deux herses. Entre ses 2 portes, un assommoir est (avec mon imaginaire) encore visible.

 

La basse cour

     La basse-cour occupe les trois quarts de la superficie du site (voir le plan). Elle est entourée de courtines prolongeant la "ligne" formée par les crêtes.Elle porte bien son nom de "cour basse, car le château est posé sur le rocher au dessus.


Le logis seigneurial

      La porte d'entrée du château habitable est encore visible. Les archéologues ont estimé sa construction au 16ème siècle.

   L'intérieur ressemble plus à un chantier qu'à un palais (Évidemment, puisque c'est une ruine médiévale et aussi parce que vous êtes sur mon blog ).

    Chaque ensemble de pierres est fascinant dans une ruine, il révèle sa date de construction et sa fonction. En bas, ces ouvertures ressemblent à des archères droites avec faible embrasement, et en haut ce devait être le logis seigneurial que les historiens datent du 15ème( ?).

     Sur le point le plus élevé de la barrière rocheuse, quelques traces du donjon apparaissent. Il est sans doute du 14ème siècle.
Hypothèse
    Les historiens et archéologues pensent que du sommet, les défenseurs de Roquefixade pouvaient communiquer par des feux avec ceux de Montségur.
    Le panorama à 360° est extraordinaire. On distingue le village, la vallée de Lesponne, le Pays d’Olmes, Montségur, les Corbières, le Lauragais et la chaîne des Pyrénées.

 

 

Histoire du château :  

* Vers le 10ème siècle, une fortification semble existée (certaines études d'historiens l'attestent)

* Au milieu du 11ème siècle, les Comtes de Toulouse (voir ce livre) ont des relations difficiles avec leurs voisins de Foix pour la possession de Roquefixade. Ce territoire appartient parfois à l'un ou à l'autre Comté.
* En 1180, un "château" est mentionné. Il appartient à la famille Villemur, mais d'autres textes le donnent en possession aux Fourquevaux. 
* En 1200, Corba de Lanta propriétaire du "château" de Roquefixade épouse Raymond de Péreille (ou Pereilhe), seigneur de Montségur. Pour ce fief, Raymond rend hommage au Comte de Foix (voir ce château).
* A partir de 1207, un terrible drame va se répandre sur les châteaux de cette région : La croisade des Albigeois (voir ce livre).
* Au début du 13ème siècle, le château devient un lieu de refuge et de résistance pour les "Cathares". L'armée de Simon de Montfort, chef des croisés (voir ce livre), rase la ville.
* En 1243, un conflit oppose le seigneur de Roquefixade au Comte de Toulouse sur la possession du château et des terres. Le château est un point stratégique dans le système de défense du Pays d’Olmes, .
* En 1244, après la chute de Montségur, le château de Roquefixade n'est plus un refuge cathare.
* En 1258, le roi de France (voir liste des rois) définit les frontières avec l'Aragon au traité de Corbeil. Roquefixade et Montségur, deviennent la limite Sud-Ouest du territoire.
* En 1270, pour mieux contrôler le territoire et renforcer la défense des Corbières, le roi de France Philippe III le Hardi achète les droits de possession de Roquefixade à Raymond Roger de Pailhès.
* En 1272, lors de la révolte mené par le Comte de Foix contre le roi Philippe III le Hardi, les propriétaires de Roquefixade apportent leur soutien au Comte.
* Après la reddition du Comte de Foix, le roi de France fait saisir le château de Roquefixade. Il devient garnison royale pour contrôler cette région qui s'enflamme trop souvent (à son goût). 
* En 1288, le Roi octroie  des privilèges aux habitants de Roquefixade. Le village est repeuplé et le château transformé en une bastide avec une forte garnison. Ce lieu fondée par le Sénéchal de Briatexte se nomme maintenant :   "Bastide de Montfort" (certains historiens doutent de cette appellation).
* En 1302, la garnison comprend :
       - Un chapelain,
       - Un guetteur,
       - Un portier,
       - Douze sergents....
* Au 14ème siècle, quelques modernisations de défense sont réalisées. Le donjon est modifié.
* En 1463, le roi de France Louis XI restitue le château à Gaston IV, Comte de Foix.
* Au 15ème siècle, des travaux sont réalisés. Plusieurs salles du château sont remaniées.
* Au 17ème siècle, De Caulet (famille des capitouls Toulousains) achète la seigneurie de Roquefixade. Puis,  le château change de propriétaire par le mariage de Marguerite de Caulet (sœur du fameux François-Etienne évêque de Pamiers) avec Jean de Lévis, Baron (voir titre de noblesse) de Lavelanet.
* En 1632, Henri II, Duc de Montmorency et gouverneur du Languedoc, crée un soulèvement de la province contre le pouvoir royal. Le seigneur de Roquefixade participe à la révolte.
* Fin 1632, après la défaite du gouverneur du Languedoc, Louis XIII ordonne la démolition de plusieurs châteaux dont celui de Roquefixade. Deux raisons :
        - L'élimination d'un refuge potentiel de rebelles.
        - Le coût important pour l'entretien de ce site devenu non stratégique,
* En 1633, le gouverneur Royal de Foix  (La Forest Toyras) ordonne au Sieur de Caraybat d'accomplir la démolition du château.
* En 1675, la châtellenie est vendue à Vital Guilhon de Lestang Baron de Celles. Cette famille est propriétaire du lieu jusqu'à la révolution.
* Vers 1792, la ruine et ses dépendances sont vendus comme bien national. Et comme souvent, le château devient une carrière de pierre.
* A la fin du 20ème siècle, des fouilles sont organisées. 

* Au 21ème siècle, la visite est libre et gratuite. Le risque de recevoir une pierre n'est pas négligeable.

 

Bien qu'en ruine, ces vieilles fenêtres attirent le curieux que je suis à regarder la vallée.

 

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