Translation




 

 

 
 
French to English French to German French to Italian French to Spanish
French to Japanese French to Korean French to Russian French to Chinese (Simplified)
 

 

 
 

 

 

 

 

Ombre et lumière

13 septembre 2013 5 13 /09 /septembre /2013 20:40

 

Département :  38 - ISERE

 

Le temps n'est pas propice à la recherche de ruine

Le bourg

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        La commune de Maubec est situé à 50km à l'Ouest de Chambéry, 40km au Sud-Est de Lyon et à 4km au Sud de Bourgoin-Jallieu.

   Coordonnée du bourg :

45° 34' 15.715" N
5° 16' 19.826" E
 45.571032°
 5.272174°

 

Le château :  

     L'extérieur :

Préambule

    Beaucoup d'entre vous savent que je suis un fou de ruines médiévales fortifiées très "ruinées". Moins il y a de caillaux et plus mon plaisir est intense.

Suis je vraiment anormal ?  

   En tant que Chevalier Dauphinois, c'est avec jubilation que je vais vous montrer un château de ma province (le Dauphiné). Cette beauté est peu décrite sur le web, c'est donc pour vous une surprise et pour moi, un plaisir.

 

Pourquoi ai je visité un château peu connu ?

    Pour moi, il n'existe pas une notion de "château connu et ruine oubliée". Tous les sites fortifiés construits par nos ancêtres sont à découvrir avec passion. Et puis, 2 raisons me forcent à être à Maubec :

* Ce château a été le siège d'une des 4 Baronnies (voir titre de noblesse) du Dauphiné (Là je vous sens très intéressés).

* Un plan/reconstruction visible à la mairie montre :

- Une grande courtine,

- De nombreux communs,

- Un donjon,

- Un puit (et non une citerne) récupérant l'eau de la rivière Sadiau.

  L'ombre du fantôme de ma ruine du jour !

La marche d'approche

     Armé d'un plan, je remonte lentement la petite route nommée : "Le chemin du château". Plus j'avance et plus mes poils se hérissent. Je vais à la découverte du château des Roches.

   Mais des indices me font penser que le site est "maudit" des Dieux :

* Point de soleil,

* Point de panneau indicateur vers ma destinaton,

* Et point de colline portant ma découverte du jour.

 

La découverte

    Au bout d'un champs très vert, proche d'une rangée d'arbres, le fantôme d'un autre temps apparait.

N'est pas émouvant ?

Un mur qui en dit long sur ses origines 

Je suis Dauphinois !

     Le premier détail important est un mur. Certes il n'est pas très haut, certes il ne possède point de crénelage ni mâchicoulis (voir vocabulaire) mais, comprenez moi, c'est un mur Dauphinois.

Qu'entends je ?

Je serais un peu chauvin et peu objectif !

  Il est vrai que l'Isère n'est pas le département le plus dense en ruines médiévales, c'est donc un plaisir (sans limite) d'en découvrir une.

Me comprenez vous ?

 

1ère analyse

    Le mur est épais. Le remblai semble très compacte mais les pierres sont pauvrement taillées et de dimensions bien petites.

    Ce n'est donc point le mur du donjon.

 Pour comprendre cette architecture, je me dois d'entrer dans le château.

 

     L'intérieur :

2ème analyse

    En un bond, je suis à l'intérieur (Vous avez compris que point de porte fortifiée ni de vantail il faut pousser pour découvrir les entrailles). Avec attention, je regarde le pan de mur.

    Les rangées de trous ne sont point des trous de boulins (voir vocabulaire). J'opte pour des supports de poutres.

 

3ème analyse

  Au sommet, je constate un retrait du mur.

Etait ce le niveau du chemin de ronde ?

 

La surprise

   Pour mieux comprendre cette curiosité, je prends un peu de recul. Mon regard est détourné par un trou dans le sol.

Est ce un système défensif pour faire tomber les assaillants ?

La lumière manque en le lieu   

Piège ou salle basse ?

   Pour comprendre cette 2ème curiosité architecturale (Diantre, ce château est rempli d'énigmes), je m'avance lentement. La trappe en acier est un ajout récent pour éviter que les promeneurs et les enfants tombent dans ce piège. Mais comme je suis un Chevalier-Castellologue-Amateur, de plus avec une armure à toute épreuve, je franchi le seuil avec d'infinis précautions.

 

Une magnifique salle

     En entrant dans la salle enterrée, il faut un peu de temps avant que mes yeux s'acclimate à l'obscurité.  Après quelques minutes, je vois une belle salle voûtée, sans fenêtre. Elle ressemble à un espace de stockage ou une cave.

 

Conclusion

   En abordant cette ruine, je pensais ne voir qu'un pan de mur banal. Mais les surprises, les beautés et les interrogations sont les conclusions de cette découverte.

  Moralité : Il n'existe point de petites ruines mineures, chaque site médiéval est d'une richesse qu'il faut ressentir.

 

 

Histoire du château :

* Au début du Moyen Âge, une motte castrale est construite en un lieu nommé : Mont-Léopard

* Vers le 11ème siècle (à vérifier), une seigneur du Mont-Léopard est cité.

* En 1263, Egidius de Bocsozel (de la ligné des seigneurs possédant cet autre château) est cité comme seigneur de Maubec.

* En 1301, Guillaume de Virieu attaque le château avec une troupe de Bourgoin (ville proche de Maubec). Aymon de Bocsozel meurt durant la défense de ses biens.

* Vers 1430, la seigneurie devient la Baronnie de Maubec, une des 4 grandes baronnies du Dauphiné.

Nota : Si l'histoire vous passionne, je vous invite à lire le riche commentaire d'une de mes visiteuses.

* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite des salles enterrées n'est pas conseillée.

 

Même si ce diaporama n'est pas dédié au château fort,

il montre l'histoire du village.

CLIC

 

Sont ce des ennemis au loin ?

 

  Cliquez pour revenir au menu des Châteaux du 38 Vers Menu châteaux de l'Isère

Partager cet article

Repost 0
Published by Le Chevalier Dauphinois - dans Châteaux en Dauphiné : 05 26 38
commenter cet article

commentaires

Anne la Dauphinoise 20/04/2014 16:09

Il est vrai que je préfère "me plonger" dans mes grimoires... Mais je n'ai point une bibliothèque immense ni infinie, moi non plus ! Elle s'étoffe au fil du temps, mais tant de grimoires j'aimerais
encore posséder !

Dans mon commentaire précédent, j'en ai oublié de vous dire pourquoi j'étais revenue ici !
Un autre seigneur de Maubec j'ai encontré, n'ayant point de rapport, lui non plus, avec le Moyen-Âge, mais si proche de cette période, et si proche, pour moi, avec le lien que je lui ai trouvé
:
Le petit-fils d'Etienne de Vesc (Dauphinois notoirement connu... par moi du moins !), Jean de Vesc, fut marié à la fille du seigneur et baron de Maubec Louis de Bocsozel, en 1520.
... Et tout ce qui touche Etienne de Vesc m'intéresse bien sûr. (j'ai dû vous en parler dans l'un de vos castels, ou plusieurs peut-être - à Rochechinard, je pense, car il a, d'après l'un de mes
historiens, un lien avec "l'affaire Zizim", lien très "bizarre" que je n'ai pu vérifier ailleurs, le livre de messire Maurice Caron étant trop onéreux...)
... Etienne de Vesc fut aussi proche de Louis XI, Charles VIII, Louis XII et François 1er, et... Bayard ! (ce dernier lui sauva 2 fois la vie à la bataille de Fornoue, d'après mes sources)
... Je me suis éloignée du château des Roches, mais j'aime ces liens que je trouve avec des personnages important pour moi.
... Je m'en retourne retrouver Geoffroy de Villehardouin... pas la même "ambiance"... mais là, c'est pour calligraphier ses écrits (en vieux-françois, ça va sans dire !), et vu le temps minable
d'aujourd'hui !...

Le Chevalier Dauphinois 20/04/2014 17:12



   C'est l'avantage du mauvais temps, il m'oblige aussi à bloguer au lieu de randonner. Mais l'avantage, c'est qu'un nouveau château de Normandie va voir le jour... avec publication en
fin d'année.



Anne la Dauphinoise 20/04/2014 11:35

Grand merci pour le lien que vous avez ajouté, Chevalier. Pour moi, c'est toujours instructif, même si cela n'a point de rapport avec le Moyen-Âge.
J'aime tous ces liens que vous nous donnez : je le sais, je pourrais les chercher et trouver moi-même, mais c'est si agréable qu'ils nous soient offerts ainsi ! (et puis, chercher sur internet
n'est point ma passion... et je suis heureuse qu'un Chevalier Servant le fasse à ma place, bien que je sache que cela vous prend un temps qui n'est plus pour vos ruines. D'où : je les apprécie
d'autant plus !)

Le Chevalier Dauphinois 20/04/2014 14:46



  N'ayant pas une bibliothèque immense ni infinie, j'avoue que les documents annexes que je découvre m'amusent. C'est donc un vrai plaisir que de mettre des liens dans mes articles... pour
mes visiteuses et visiteurs.



Anne la Dauphinoise 03/11/2013 21:30

Merci, Chevalier, d'avoir cité mon commentaire... que je venais justement compléter !
Car, continuant ma lecture sur le Temple de Vaulx, je croise de nouveau François de Maubec que j'avais cité en 1365 :
Je vous écrivais qu'on ne savait pourquoi il était parti en croisade avec le comte de Savoie à cette époque. Or, je viens de le savoir :
Son geste (partir en croisade) pouvait sembler fort bel... Mais la réalité l'est beaucoup moins :

... La commanderie de Vaulx était sous protection delphinale, mais se trouvait dans un mandement relevant du seigneur de Maubec. Ce dernier, François de Maubec, avait fait hommage au Dauphin
Charles de France de très très mauvaise grâce, et pour "se venger", il s'attaqua à la commanderie de Vaulx.

Depuis sa majorité, en 1363, et jusqu'en 1370, il n'arrêta pas, lui-même ou ses sbires, de piller cette commanderie, molester les religieux, et il alla jusqu'à prendre les objets du culte, tels que
calices, etc...
... Et c'est pour se faire oublier un peu, au milieu de ces années, qu'il partit en croisade !

... Revenu, il recommença ses pillages, et commit d'autres méfaits, sur les gens de Bourgoin notamment.

... Protégé par la puissante famille de Bocsozel dont il faisait partie, il avait toujours pu échapper à la justice. Mais en 1370, il y eut un assaut en règle de son château - celui-ci, donc - et
il fut enfin pris, et emprisonné au château de Cornillon.
... Son procès n'eut lieu qu'en 1379, tellement il y avait de chefs d'accusation contre lui à débattre !
... Il fut condamné à amendes, cessions de terres... ce dont il s'acquitta d'ailleurs (en vendant notamment certains de ses biens)
... Il était marié à Guigonne de Virieu, et mourut en 1411.
... En 1615, la haute justice appartenait toujours au marquis de Maubec, seigneur de la terre de Saint Alban (Saint Alban de Roches) où se situe la commanderie.

Le Chevalier Dauphinois 04/11/2013 13:28



  Merci pour le bilan de vos lectures. Je ne pensais pas que les seigneurs de Maubec eussent été aussi importants dans l'histoire régionale. Même si certains d'entre eux n'ont peut être
jamais vécu en ce château, cette famille eut une histoire conflictuelle.



Anne la Dauphinoise 18/09/2013 21:41

Puis-je me permettre encore un mot : si vous vous souvenez, y avait-il du rocher à l'emplacement du castel ?
Le castel était sur une motte, ça vous nous l'avez dit, mais maintenant que l'on ne voit que du plat à perte de vue ou presque...
Vous me parlez d'une petite vallée : un "coin" du castel se trouvait-il à un aplomb quelconque sur un rocher ? (on voit bien un fossé sur l'une de vos images, mais pas de rocher, et pour moi une
motte castrale était faite de terre uniquement, non ?)

C'était juste pour savoir si ce que j'avais lu, et non osé écrire parce que cela me "chagrinait" vu les images montrées ici, était véridique :
... Mon grimoire me rapportait que lors de la vengeance des soldats avaient été "précipités du haut du rocher"...? je me demandais bien lequel ?
Aussi je pensais que la personne ayant relaté le fait avait peut-être un peu affabulé, histoire de faire plus "dramatique".
Je sais, ce n'est point important du tout, mais quand même !... J'aime que mes grimoires ne me révèlent que la vérité !... historique, bien sûr, mais géographique aussi, tant qu'à faire !

Le Chevalier Dauphinois 18/09/2013 23:09



   Dans mon article montrant la position du château, il y a un lien
sous l'image. La surface ainsi que le dénivelé se devine.


  Il est vrai que les châteaux en bois sur motte n'était point implantés sur de la pierre. Enfoncer des pieux était plus facile dans un sol meuble. Les champs de culture actuels prouvent la
présence de terre.


   J'ai lu que pour aménager des châteaux (en bois ou pierre) il n'était pas rare que le motte soit aplanie (partiellement ou globalement). Je me souvient que coté
Est, le chemin descendait dans les bois, mais je n'ai pas fait attention à cette caractéristique.


  La carte au 1/25000ème
sur Géoportail montre un dénivelé d'au moins 25m.



Anne la Dauphinoise 18/09/2013 13:40

Au point où j'en suis, je pense que je peux être encore plus longue dans mes écrits, après avoir retrouvé un autre grimoire parlant des Maubec, et vous dire ce qui se passa en 1301 (la date
concorde, ici) lorsque le frère du seigneur de Maubec vengea sa mort :
Ce n'est point sur les populations entour qu'il se vengea :

... Le sire de Virieu, qui était châtelain de Bourgoin à cette époque, avait mis une garnison à la place de celle massacrée par ses soins - garnison dauphinoise, donc - et quelques mois plus tard,
le nouveau seigneur de Maubec tout simplement revint pour reprendre son bien et massacra à son tour toute la garnison en place, par pendaison, décapitation, etc... C'est-à-dire tout de même 160
hommes d'après mon grimoire !

... Ces rivalités entre les bourgs de Bourgoin et Maubec venaient du fait que les de La Tour, famille de nos Dauphins, et les comtes de Savoie se disputaient les droits seigneuriaux de Bourgoin,
depuis un bon moment déjà.

... Ce que j'en ai déduit est que ce castel fut assez vaste, pour y loger une garnison de 160 hommes !

Le Chevalier Dauphinois 18/09/2013 18:19



 En voyant l’emplacement de cette ruine, entre la petite rivière et la petite vallée, il y a une surface pour loger de nombreux soldats. Mais aujourd'hui, les cultures remplacent les
bâtiments. Seul ce pan de mur rappelle l’histoire du lieu... Incroyable n'est il pas !