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Ombre et lumière

5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 07:30

 

Pour découvrir l'extérieur de cette ancienne résidence des évêques, veuillez cliquer ici.

 

 

Département :  38 - ISERE

 

Ville :   Saint Martin d'Hèrescroquis du château 500 ans après sa construction

 

Le château : 

     L'intérieur :

Je ne ressens pas l'odeur d'un château fort

     En entrant dans l'ancien château fort des Évêques de Grenoble, je ne ressens pas mes traditionnelles sensations d'un Castellologue-Amateur. J'ai l'impression d'aller rendre visite à ma Grand-mère à l'hôpital. 

  Le plafond est blanc, les parois sont crèmes et des rampes sont vissées sur tous les murs.

 

La 1ère surprise

     A l'angle d'une porte, je retrouve la rouge brique du château. Dans le mur, un trou m'intrigue.

  En regardant à l'intérieur, en constatant sa profondeur, je comprends que ce n'est point un trou de boulin mais une profonde ouverture pour recevoir une poutre.

   Le morceau de bois bloquait la porte au Moyen Âge. Sa fonction est inutile aujourd'hui évidemment. 

Un trou de boulin dans un mur rouge brique

 

Quelle énigmatique ouverture !

     Plus loin, dans un couloir, une ouverture en brique m'interpelle. Ce n'est évidemment pas le pot décoratif qui me surprend mais le large "trou" à la hauteur ne correspondant pas à une porte de passage.

  En entrant dans la salle, j'ai la réponse.

N'est ce point évident ?

    Pour mieux vous faire comprendre, regardez ce plan de sécurité et souvenez vous du plan comparatif. Les murs les plus épais sont les bases du château fort.

    Pour certaines tours, les murs extérieurs donnent aujourd'hui dans un couloir. Il semble donc logique que des fenêtres médiévales regardent aujourd'hui une alléee passante.

 

Les surprises s'enchaînent

      Dans une petite salle, à la classique blancheur, apparaît sur un mur une surface rouge avec une archère droite comportant un important ébrasement (voir vocabulaire).

  Dans une autre salle, un magnifique arc aujourd'hui bouché me nargue de sa hauteur. Ce devait être un axe de passage important car, à son sommet, a été gravé le blason d'un des puissants évêques et Prince de Grenoble. Il faisait partie d'une des grandes familles Dauphinoises. Il se nommait : Siboud Alleman de Séchilienne.

  Comme à Cannes, il y a la montée des marches
Une salle au sommet

  Après avoir monté quelques marches, je découvre une incroyable pièce à l'atmosphère feutrée. Au fond, je vois...

Voici un indice.

  Je suis sous le toit, dans la salle haute d'une des tours d'angle, avec la classique archère droite centrale pour défendre ce château qui n'a point été attaqué. Par la fenêtre, la vue devait être magnifique avant la constructions des immeubles d'habitation.

  L'autre mur (je vous l'avais montré ici) possède la même archère droite.

 

C'est la fin

   Après cette promenade dans mes siècles de prédilection, je suis heureux. Pourtant, je ne suis pas au bout de mes surprises. Pour redescendre vers l'accueil, il faut emprunter un escalier d'apparat en pierre construit au 17ème siècle.

 

 

Histoire du château :

* En 1227, Soffrey, évêque de Grenoble, décide la construction d'un bâtiment fortifié en aval du ruisseau de la Morgne. Ce bâtiment sera donc frontière avec le territoire du seigneur de Gières (bourg adjacent).

* Quelques mois plus tard, un conflit naît entre l'évêché et Emery de Bryancon, seigneur de Gières. Ce dernier fait appel au Dauphin (voir titre de noblesse) pour revendiquer ses droits sur cette terre qu'il considère comme sienne.

* Vers 1230, après le versement d'une coquette somme par le Dauphin André (voir liste), le seigneur de Gières abandonne ses droits sur cette terre. L'évêque de Grenoble fait construire un château fortifié en brique. Cette construction dans le plaine se nomme logiquement : Château de la Plaine.

* Au  13ème siècle, le moulin à eau permet aux Évêques de percevoir des revenus.

* Au 17ème siècle, quelques aménagements sont réalisés dont le magnifique escalier d'apparat.

* Au  milieu du 17ème siècle, les évêques abandonnent définitivement ce vieux château médiéval presque inconfortable mais ils continuent à percevoir les taxes et impôts du moulin à farine et du battoir pour le chanvre.

* Vers 1791, le site est réquisitionné par les Révolutionnaires puis mis en vente. Le château est acheté par le sieur Barnoud qui le transforme en exploitation agricole. Le moulin devient propriété du sieur Barral.

* Au  début du 19ème siècle, durant le 1er Empire, le château est modernisé. Le site est transformé en Hara Impérial.

* En 1840, la congrégation des soeurs de Notre-Dame de la Charité du Bon Pasteur est propriétaire de l’ancien château fort. Ce bâtiment permet à des jeunes filles en difficulté de se réinsérer.

* En 1972, le site devient une maison de retraite pour les religieuses contemplatives et apostoliques du Bon Pasteur

* En 1999, pour aménager une maison de retraite médicalisée laïque, des travaux sont réalisés.

* En 2004, découverte d'une tour médiévale avec archères et de nombreux murs de soutient datés de 800 ans.

* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur depuis la route est libre et gratuite, mais il n'y a rien de médiéval à voir. La visite des tours et des murs intérieurs n'est possible qu'à certaines occasions comme les journées du Patrimoine.

 

Quelle vue sur les montagnes de Grenoble !

 

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Published by Le Chevalier Dauphinois - dans Châteaux en Dauphiné : 05 26 38
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commentaires

Esclarmonde 07/10/2012 08:34

Cette restauration est une réussite en tout cas, du modernisme qui a su mettre les vieilles pierres en valeur. Passez un bon dimanche !

Le Chevalier Dauphinois 07/10/2012 17:49



  Un bâtiment de 700 ans intégré dans une construction récente puis mis en valeur est assez rare pour être souligné. Je suis vraiment fier d'avoir pu montrer ce que les hommes ont réalisé et
gardé.



philae 06/10/2012 12:02

superbe et un petit coucou en passant

Le Chevalier Dauphinois 08/10/2012 12:42



 Je ne pense pas faire beaucoup d'articles sur ce style de construction. Elles semblent rares sous cette forme. Heureux je suis d'avoir pu intéresser mes contemporains sur des pans de murs
"cachés".



PAPY MARTIAL 05/10/2012 16:21

Bonjour. Surprenant, je trouve que l'architecte a fait des merveilles. L'ensemble est harmonieux et les vestiges mis en valeur. A+

Le Chevalier Dauphinois 05/10/2012 20:03



 Il y a eu plusieurs "miracles" en ce lieu :


1 - Que les murs en brique aient été retrouvés,


2 - Que l'entrepreneur des travaux ait compris leur importance,


3 - Que le budget pour les mettre en valeur ait été trouvé,


4 - Et qu'enfin ce lieu soit ouvert au public 2 jours par an.



Anne la Dauphinoise 05/10/2012 14:32

S ereine et magnifique intégration :
A insi sont préservées des constructions
I gnorées si longtemps, mais retrouvées...
N e choquent-elles point comme nous sont dévoilées,
T oujours mises en valeur, de main de maître...

M agie du temps et des lieux font paraître
A nos yeux l'extérieur pour l'intérieur...
R êveuse je suis à l'étage supérieur
T ant on y hume encore la vie d'antan :
I sertion très subtile d'éléments
N ouveaux laissant toutefois "respirer"

D ivinement les vestiges du passé...
'
H armonie des murs et puis des archères,
E mpreintes évidentes de ces temps de guerre,
R endues pacifiques, mais ayant gardé
E blouissante puissance : j'y sens, c'est vrai,
S ouffle d'un temps aux multiples attraits.

... et passer "la porte du temps", cela valait...

Le Chevalier Dauphinois 05/10/2012 20:04



  Il fallait une belle prose comme vous savez les faire pour illuminer cette curiosité médiévale perdue dans la modernité de cette maison de retraite.