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Ombre et lumière

22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 07:30

 

Département :  36 - INDRE

 Voyez vous les vestiges du château fort ?

Le bourg

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        La commune de Sainte Sévère sur Indre est située à 45km au Sud-Est de Châteauroux, à 40km au Nord Oust de Montluçon et à 12km au Sud-Est de La Châtre.

   Coordonnées du château :

46° 29' 7.498" N 2° 4' 7.615" E
 46.485416 °  2.068782°

 

Le château :  

     L'extérieur :

La découverte

    En arrivant aux abords de cette cité qui a été frontière entre le Berry et le Limousin, je suis heureux de voir au dessus des maisons, une ronde forme qui va être le régal de mon après-midi d'octobre. Lentement je m'approche de la cité presque endormie. 

Magnifique porte fortifiée presque intemporelle

 

Etait ce une cité fortifiée ?

    Après avoir déposé mon destrier proche des halles couvertes, je suis en admiration devant une porte fortifiée. Comme moi, vous avez remarqué la petite porte piétonne. Mais c'est surtout les hautes fentes pour les flèches du pont-levis.

  Evidemment, le fossé (ou douves car des rivières sont proches) a disparu, mais l'encadrement de la porte montre la largeur de la partie "creuse en dessous".

 

Question

Que manque-t-il pour une défense parfaite ? 

J'attends vos réponses !

 

   Vous êtes si formidables mes magnifiques visiteuses et visiteurs que vous avez fait la liste exhaustive :

1 - Une herse bien sur,

2 - Les gonds pour un double vantail,

3 - Une bretèche au dessus des portes,

4 - Ou des mâchicoulis (en remplacement des bretèches),

5 - Un crénelage,

6 - Quelques archères (ou fentes de tir).

  En traversant le "tunnel", je remarque l'absence d'un assommoir (voir vocabulaire). Les multiples consolidations ainsi que les adaptations au monde moderne ont gommé les systèmes défensifs.

Un donjon presque vivant !

 

Je monte vers le château ?

     Comme toujours (ou presque) le château fort est posé au point le plus élevé du bourg. Il est positionné sur une ancienne motte médiévale. Lentement je monte vers lui en espérant que je n'aurai pas besoin de sortir le coupe-coupe pour élaguer la végétation.

 

Je suis à ses pieds

    Une ruine est comme princesse, il faut se mettre à ses pieds pour la conquérir. Point de geste brusque ni d'empressement il faut montrer. Alors, lentement, je découvre sa base composée de pierres à bossage. Mais en remontant, je vois des consolidations où les pierres sont mal taillées et peu jointives.

   Au sommet, les vestiges des mâchicoulis semblent instables. La pierre horizontale posée sur les corbeaux à double ressaut ne semble tenir que par "miracle". La prudence est de mise en découvrant cette beauté millénaire.

 

     L'intérieur :

Première constatation

Diantre !

    La ruine n'est point entretenue et la végétation est dense. A cause du manque de visibilité dans le sol, je ne vais pas tenter de comprendre l'architecture globale de cet ancêtre et ne m'intéresser qu'à la tour.

  La seule constatation est que le mur extérieur est épais sans être d'une dimension imposante. Elle semble mesurer une quinzaine de mètres de haut pour une base de 7 mètres de diamètre.

Des petits trous faits par le poinçonneur des Lilas ?

 

Il faut être prudent

  De nombreux indices m'obligent à être très prudent dans cette ruine :

* D'abord les racines s'accrochant aux parois et fragilisant la construction,

* Puis la haute fente m'informant que la tour n'a plus que quelques années à vivre.

 

Des p'tits trous, encore des p'tits trous

    Durant un instant, les nombreux trous m'ont fait penser que la tour a été un pigeonnier. Mais n'étant pas traversant et aussi étant trop espacés, il est possible que ce soit des trous de boulin (voir vocabulaire). Mais étant trop rapprochés en hauteur, je me demande si un pigeonnier (d'époque récente) n'est point la raison de ces multiples trous.

Qu'en pensez vous ?

 

Que de surprises ! 

1 - A l'étage accessible (qui pouvait être le 3ème niveau au moyen âge) je vois une fenêtre bouchée et une autre encore utilisable.

2 - La fenêtre possède une belle coussiège.

3 -Au dessus une fenêtre identique possède un linteau composé de 6 pierres.

4 - Cette fenêtre comporte aussi une coussiège.

5 - Au dessus, la baie a été obturée.

Mais pourquoi y a-t-il des trous de boulin dans le rebouchage ?

Cette obturation ne serait donc point récente ?"

 

C'est la fin

  J'erre dans la jungle de ce château. Mon oeil de castellologue amateur distingue quelques pierres intéressantes, mais le piètre photographe qui sommeille en moi ne peut pas les immortaliser correctement.

   Après quelques heures dans cette fragile ruine, je retrouve la civilisation grâce à cette porte.

 

 

Histoire du château :

* Au 11ème siècle (1068 ?), une seigneurie est attestée. Le château primitif surveille la frontière entre le Berry et le Limousin. Le château appartient à Helve de Sainte Sévère.

* A la fin du 11ème siècle, le château est possession de la famille Palesteau.

* En 1230, le château appartient à la puissante famille Brosse.

* En 1372, la cité est libérée des Anglois par le connétable Bertrand Duguesclin.

* En 1470, Sainte-Sévère est érigée en Baronnie (voir titre de noblesse).

* Au milieu du 15ème siècle, Louis II de Brosse abandonne le vieux château pour une résidence plus confortable.

* En 1517, le site appartient à la famille Blanchefort.

* En 1578, le site appartient à la famille Bourbon.

* En 1697, le château est possession des Flexelles.

* En 1840, par manque d'entretien, une partie de la tour s'effondre.

* En 1900, le château se dégrade encore. 

* En 1947, Jacques Tati utilise le petit bourg comme décor pour son film : Jour de fête.

* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite de l'intérieur est interdite car le site n'est pas sécurisé. Ne faites pas comme moi, regardez le panneau avant (je l'ai vu en sortant).

 

Fier est ce vestige d'un autre temps !

 

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Published by Le Chevalier Dauphinois - dans Châteaux en Berry : 18 36
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commentaires

lecracleur 28/06/2016 19:34

charmant village où nôtre groupe de photographes mode argentique fit sa sortie annuelle

Le Chevalier Dauphinois 29/06/2016 18:22

* La diversité du paysage et la variété des architectures a certainement inspiré plusieurs photographes de votre club.

Anne la Dauphinoise 22/12/2013 21:09

Mon dernier grimoire dépoussiéré, voilà mon lien très ténu avec notre Dauphiné, et qui ne se situe point au Moyen-Âge, mais de si peu...
... En 1517, René de Brosse, nommé par mon historien "comte de Penthièvre, vicomte de Bridiers, seigneur de Boussac, de l'Aigle, etc..." (cet "etc..." signifiant pour moi également Sainte-Sevère)
épousa la belle-fille de mon Dauphinois préféré du Moyen-âge Ymbert de Batarnay. Il est même dit que Louise de Savoie et son fils François 1er donnèrent leur consentement avec plaisir.
... En fait, c'était un honneur pour Batarnay, mais une chance inouïe pour les de Brosse appartenant à la famille de Penthièvre et qui avaient besoin de redorer leur blason... côté finances !... Et
mon Dauphinois préféré était comblé de de côté-là, notamment grâce aux largesses de "mon" Louis XI !

Le Chevalier Dauphinois 24/12/2013 11:46



 Dans le "petite" histoire de France, je suis toujours étonné des interactions des personnages, pourtant aux "antipodes" géographiques. Ce sont ces relations qui ont construit la France avec
des lignages et des hommages.



Anne la Dauphinoise 25/11/2013 13:39

Va me falloir dès lors dépoussiérer d'autres grimoires pour y trouver traces d'autres seigneurs de ces 2 lieux ! (que point ne chercherai à connaître avant qu'ils ne soient dévoilés ici)
Difficile tâche, puisque les seigneurs de Sainte-Sévère l'étaient aussi de Brosse et Boussac, en général (et peut-être plus ?) Mais il me reste (au moins) un précieux grimoire (non encore
dépoussiéré !) dans lequel je pense peut-être trouver un lien avec notre Dauphiné...
Tant heureuse je serai cependant, même sans histoire nouvelle, de découvrir les autres castels où ces seigneurs ont pu vivre également, et c'est bien le principal !

Le Chevalier Dauphinois 25/11/2013 18:35



  Les châteaux du département de l'Indre n'ont point été visités durant un séjour en vacances, ils l'ont été (un peu par hasard) lors de voyages aller ou retour dans des provinces
plus lontaines (à l'Ouest). Donc sur les 96 que j'ai identifiés sur la carte, je n'en ai vus que 19%...Ce qui fait déjà un joli panel.


  Mais comme les départements ont été une invention de Napoléon, la province du Berry est plus large. Conséquence : J'ai quelques beautés des départements voisins à montrer.


  Diantre !... Il va me falloir au moins 2 vies pour tout narrer.



Anne la Dauphinoise 24/11/2013 23:51

Voici ce que mes grimoires, vite dépoussiérés ! m'ont révélé sur un seigneur de Sainte-Sévère, plus connu sous le nom de Jean 1er de Brosse, ou même seigneur de Boussac:

... En 1427, le maréchal de Boussac (seigneur de Brosse, Sainte-Sévère...) fut celui qui se chargea d'assassiner (ou faire assassiner par ses hommes) un mignon de Charles VII: Le Camus de Beaulieu
(sur ordre de Richemont)

... Puis Jean 1er de Brosse participa à la levée du siège d'Orléans, en 1428-29. Il était l'un des capitaines du Bâtard d'Orléans.

... Ensuite, pour le sacre de Charles VII, ce même Jean 1er de Brosse eut l'honneur d'être choisi, avec 2 autres seigneurs, pour escorter la Sainte Ampoule jusqu'à Reims. Mon grimoire me révèle
même que le seigneur de Sainte-Sévère fit son entrée dans la cathédrale à cheval, et ne descendit de cheval que devant le choeur !

... Et le plus important pour moi, car il s'agit de "mon routier préféré" Rodrigue de Villandrando : en 1432, ce dernier s'allia au vicomte de Turenne. Donc, il se devait de combattre tous les
ennemis du vicomte. Dans son serment, et comme cela se produisait souvent, il excepta 5 personnes : le roi de France, les comtes de Clermont et d'Armagnac, Monseigneur de la Trémoille et...
"Monseigneur de Saincte Sevère mareschal de France" ! (j'ai même la copie de ce serment dans mon grimoire)
Heureuse je suis donc d'avoir encore pu faire un lien, bien indirect il est vrai, avec votre castel du jour et notre Dauphiné (lien seulement parce que ce routier défendit "bec et ongles" notre
province en 1430, et qu'il ne fut point ennemi de l'un des seigneurs de castel !)

Le Chevalier Dauphinois 25/11/2013 09:53



  Brosse et Broussac sont aussi des communes où il doit trainer une ruine qui peut être un jour apparaîtra.. Il est possible qu'un Vendredi,  ces beautés réjouissent le Dame du
Dauphiné.



philae 24/11/2013 17:42

comme d'habitude... superbe article

Le Chevalier Dauphinois 24/11/2013 17:56



Merci messire  .... Mais j'avoue que je n'y suis pour rien. Ce sont les vieilles pierres qui me narrent leur
vie, je ne fais que recopier.