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Ombre et lumière

13 juin 2014 5 13 /06 /juin /2014 06:30

 

Département :  36 - INDRE

 La route zigue et zague vers l'impressionant château fort

Le bourg

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        La commune de Cuzion est située à 40km au Sud de Châteauroux, à 30km au Nord de la Souterraine (voir son château) et à 15km au Sud-Est d'Argenton sur Creuse

   Coordonnées du château :

46° 18' 1.927" N 1° 36' 12.791" E
 46.467202°  1.603553°

 

Le château :  

     L'extérieur :

Pourquoi suis je ici ?

     C'est grâce à mon dictionnaire des châteaux forts que je connais l'existence de ce site médiéval, mais aussi par la lecture d'un ouvrage de Georges Sand - Le péché de monsieur Antoine .

 Diantre !... La végétation protège le château

L'arrivée

    Bien qu'il n'y ait qu'un kilomètre à vol d'oiseau entre Cuzion et le château, mon brave destrier en a fait cinq fois plus tant la route serpente.

   Mais ses efforts sont récompensés car au sommet d'une petite colline apparaît une puissante tour ronde.

 

Vais je le voir ?

Cette puissante tour me fascine déjà !

   Lentement je m'avance vers elle. Mais plus je m'approche de ses courtines et plus la végétation cache mon Graal.

Y aurait-il quelques envoûtements ?

 

Je cherche le moyen de le voir

   Je longe la haie d'arbres en cherchant une trouée. Bien que je distingue quelques tours que je pressens magnifiques, branches et brindilles s'interposent pour m'empêcher d'en voir plus.

Vais je trouver la faille ?

  Lorsque je crois avoir trouvé un chemin d'accès, la lumière disparaît et le château n'est plus qu'ombre.

 

Je prends du recul

  Ceux qui me suivent sur ce blog depuis quelques temps savent que lorsqu'un problème me résiste, lorsque je ne comprends pas, je prends un peu de recul. Ce recul est physique et non pas psychologique, c'est à dire que je m'éloigne du sujet pour mieux l'embrasser du regard.

   Hors,

  Une archère presque intemporelle

Le système défensif

     Enfin je vois la courtine du château. Elle est dépourvue de crénelage et de mâchicoulis (voir vocabulaire). Les siècles et les hommes n'ont pas épargné ce puissant château fort.

  Avec attention, il est possible de voir de nombreux systèmes défensifs :

* Dans le mur (entre T et 3),d'incroyables archères droites avec 3 ouvertures pour arquebusière. L'ébrasement extérieur agrandit l'angle de tir.

* Dans la tour carrée (repère 3), plusieurs ouvertures me fascinent, par exemple :

- Une curieuse ouverture qui pourrait être assimilée à une fontaine. En réalité, c'est une petite canonnière avec un large ébrasement extérieur.

- Un peu plus haut (à mi-hauteur), une double ouverture me fait penser à une grosse canonnière avec une ouverture pour arme à feu.

  J'ai hâte de découvrir l'entrée.

  Une magnifique entrée médiévale fortifiée

La façade d'entrée (repère E)

    Coincée entre 2 tours, l'entrée de ce château du moyen âge est classiquement mais efficacement fortifiée.

  Sur ma droite, une ronde tour (repère T) possède quelques caractéristiques :

* Au sommet, un crénelage qui me semble avoir été reconstruit rapidement tant il paraît peu médiéval.

* En dessous, une canonnière. Je suis surpris qu'elle soit positionnée si haut.

*Quelques fenêtres certainement créées au 17ème (?). L'une d'elle porte une jolie accolade très médiévale.

* A la base, de multiples archères droites.

Mais pourquoi sont elles enterrées ?

 La réponse est évidente:

- Devant le château fort médiéval, il y avait un profond fossé qui a été comblé. Conséquence, le système défensif à la base de la tour se situé au niveau du sol actuel.

Une architecture purement médiévale 

Le donjon

   Au fond apparaît le haut et large donjon circulaire. Cette tour maîtresse, positionnée dans le rempart pour améliorer la défense, signifie que ce donjon fut construit après le 12ème siècle.

  Sa position centrale sur le coté de l'attaque permet la défense de l'entrée ainsi que l'angle Sud-Ouest.

 Avec son architecture j'opte pour le 13ème.

    L'absence de mâchicoulis me surprend. Je pressens que la sommet a été consolidée récemment sans tenir compte des règles défensives médiévales. Mais je préfère une consolidation sans "respect partiel" qu'un état d'abandon.

Avez vous remarqué la pauvre taille des pierres

et les joints très espacés ?

   Je pressens que ce château n'était point un logis seigneurial mais plutôt un casernement.

 

Légende du plan

    Pour mieux comprendre ce château, je vais utiliser la vue satellite pour en décrire "le plan" :

0 - Tour en fer à cheval (invisible à cause des arbres) certainement du 16ème siècle,

1 - Petite tour défensive,

2 - Tour escalier (?),

3 - Tour d'angle carrée avec canonnière (17ème ?),

C - Tour carrée défensive (13ème ?),

T - Tour d'angle circulaire défendant l'entrée et la courtine (14ème ?),

D - Donjon rond défensif (13ème ?),

E - Entrée du château (13ème ?).

Une entrée typiquement médiévale 

Le portail d'entrée

   Bien protégée par la tour ronde, l'entrée du château est accessible depuis un pont. En réalité il n'y a pas une entrée mais deux :

* Une pour carrosse à gauche,

* Une pour les piétons à droite.

  Chacune des portes était protégée par un pont levis aujourd'hui disparu. Mais de nombreux indices prouvent son existence :

* Les fentes des flèches de levage,

* L'encadrement recevant le pont

  Entre le pont relevé et le double vantail, une herse (dont le rainurage est visible) complétait le système "anti-intrusion".

  Au dessus, au niveau de la salle des gardes, une fenêtre a certainement remplacé la bretèche.

 

     L'intérieur :

Vais je revenir bredouille ?

       Lentement, je m'avance vers la large et haute porte pour carrosse. Aucun panneau m'informe des horaires d'ouverture. Timidement je toque espérant qu'un valet ou même le prince des lieux m'entrouvre le paradis.

Hélas, je suis devant une entrée infranchissable.

 Une porte vers l'ombre intérieure

Je vole les entrailles

   Pour ne point revenir bredouille, j'ose faire un acte qui n'est point chevaleresque. Je regarde à travers des ouvertures de tir (par exemple) pour comprendre l'architecture des salles basses du château.

Diantre !... Monstre il y a !..

Suis je un Don Quichotte du 21ème siècle ?

  Vous savez que j'ai l'imagination fertile, mais point de vision de "moulin transformé en Géant" j'ai. En réalité, de nombreuses sculptures enrichissent les salles du château.

 

 

Histoire du château :

* Durant la deuxième moitié du 12ème siècle, Richard Coeur de Lion, Roi (voir liste de noblesse) d'Angleterre et Duc d'Aquitaine, donne des terres à Hugues IX, Comte de la Marche.

* Au début du 13ème siècle, Hugues X de Lusignan, Comte de la Marche, fait construire un château fortifié.

* En 1282, un texte confirme la possession du château à la famille de Lusignan.

* En 1290, Pierre II de Naillac est le nouveau propriétaire du château. Cette puissante famille possède aussi la Vicomté de Bridiers (voir un château), Le Blanc en Berry et Gargilesse.

* En 1400, Guillaume II Le Preux (arrière petit fil de Pierre II), après de nombreuses victoires, devient Chambellan du Duc de Berry ( voir liste).

* En 1429, Jean de Naillac, Chambellan du Roi de France (voir liste) et fils de Guillaume II, est tué durant la bataille des harengs. Après quelques problèmes de succession, le château est enfin donné à Raoul VI de Gaucourt, faisant parti qu'une puissante et prestigueuse famille. Il est l'un des compagnons de Jeanne d'Arc.

* En 1462, à la mort de son père, Charles Ier de Gaucourt est seigneur de Châteaubrun.

* En 1480, Charles Ier obtient (du Comte de Clermont et de La Marche) pour lui et son fils l'autorisation de prélever du bois dans les forets de Fessot et Murat pour aménager le bâtiment de Châteaubrun.

* En 1482, à la mort de son père, Charles II est seigneur de Châteaubrun.

* Au début du 16ème siècle, Charles II vend le fief de Châteaubrun à Jacques de La Cueille, seigneur du Magnet.

* Au premier quart du 16ème siècle, Châteaubrun échoit à Jean Stuart.

* En 1561 ou 1577 (?), par alliance, Châteaubrun appartient à Anne de Montmorency.

* En 1746, le dernier seigneur de Châteaubrun, membre de l'illustre famille Montmorency, décède sans héritier.

* En 1926, le château est inscrit aux Monuments Historiques.

* En 1927, le magnifique érable dans le château est filmé par Luis Bunuel.

* Vers 1972, le château sert de cadre à un téléfilm de Jacques Tréboutat nommé : Mauprat.

* En 1986, le sculpteur Guy Baudat achète la ruine du château. Il réalise de grands travaux de reconstruction puis il utilise l'espace pour mettre en valeur ses oeuvres.
* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite de l'intérieur est possible quelques jours par an, renseignez vous.

 

La végétation entoure et protège le vieux château fort

 

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Published by Le Chevalier Dauphinois - dans Châteaux en Berry : 18 36
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commentaires

Anne la Dauphinoise 28/06/2014 22:00

Je reviens ici pour l'historique et pour vous parler de l'un des seigneurs de ce castel : Raoul VI de Gaucourt, qui m'est cher, car il vint prendre le commandement de la bataille qui se déroula sur
"mes terres", en 1430. En espérant que cela vous intéressera de savoir pourquoi Gaucourt, seigneur de Châteaubrun notamment, se retrouva un beau jour en Dauphiné.

Les Dauphinois savaient que le Prince d'Orange ourdissait un complot contre notre Province, et en avertissaient Charles VII à chaque moment depuis 1428.
Mais ce dernier était trop occupé avec le siège d'Orléans (puis la capture de Jeanne d'Arc ensuite) pour pouvoir s'occuper "de nous". Il chargea donc Raoul de Gaucourt de cette "affaire" et le
nomma gouverneur du Dauphiné en 1428.

... Ce fut Gaucourt qui alla chercher ("acheter" serait le mot plus exact !) mon Routier préféré Rodrigue de Villandrando (entre autres) pour pourvoir au manque de soldats (beaucoup de nobles
Dauphinois étaient restés sur les champs de bataille d'Azincourt et Verneuil, peu avant), et ce fut lui qui supervisa le tout.

... Raoul de Gaucourt, après la bataille, continua à se battre pour le Dauphiné, ou plutôt : alla châtier le Prince d'Orange Louis de Chalon jusque dans ses terres ! (avec l'aide de Villandrando,
d'ailleurs)

J'aime à imaginer cet homme foulant ma terre natale; imaginer qu'il a connu les mêmes lieux que je connais... et imaginer qu'il fut aussi l'hôte de ce bel castel de Châteaubrun, si loin de notre
Dauphiné.
... Une sorte de héros, à mes yeux, ce Raoul de Gaucourt ! (de plus, l'un des 3 seuls noms, côté Dauphinois, gravé sur la stèle commémorant cette bataille; les 2 autres étant Villandrando et
Humbert de Groslée, sénéchal de Lyon)

Le Chevalier Dauphinois 29/06/2014 08:56



* L'histoire de vos personnages s'entremêle avec mes ruines. C'est incroyable !
* Un château perdu dans les bois (au 21ème siècle bien sur) eut un seigneur sauveur du Dauphiné.... Que voila une belle histoire qui me plait.



philae 15/06/2014 10:44

géniale la rencontre avec le monstre !!! une œuvre d'art !

Le Chevalier Dauphinois 15/06/2014 13:32



Peut être que ce fut un vrai monstre changé en pierre par une sorcière maléfique !... Peut être ?



Anne la Dauphinoise 13/06/2014 21:29

C omme il me sied apprendre qu'enfin lire vous savez !...
H eureuse que ne passiez votre temps à guerroyer !
A i-je mots un peu trop durs, car voyant ce castel,
T rès bien l'on sait qu'avez d'autres intérêts fort bels...
E n admirant image tout en ombre de ce lieu
A vons pressentiment que sera fabuleux -
U ne fois illuminé - ce château du passé.
B ien sûr, il a fallu votre Graal mériter.
R espect profond je porte à votre "abnégation".
U n fidèle destrier vous aide avec passion !...
N 'était ce site, antan, caché par les feuillus,

C ar prime "qualité" était d'être bien vu.
U n habitude perdue, qui pourrait être malheur :
Z oomer de loin devez... Mais n'est-ce point là un heurt :
I ncroyable forteresse comme par miracle surgit,
O ù moult de détails nous laissent ébahis !
N ombreuses défenses s'affichent : archères ou canonnières,

I ndispensables créneaux; mâchicoulis naguère.
N ous montrez double entrée : était-ce signe de richesse;
D onjon haut et puissant fut la pièce maîtresse.
R etranché n'était point, mais à l'enceinte lié...
E t puis, de l'intérieur, pour nous, avez "volé" -

B ien vous en remercie - images splendides, pour sûr !
E nchanteurs sont pour moi voûtés plafonds, et murs.
R ien ne me plait tant voir entrailles telles que celles-ci,
R affinées, à mes yeux... Je ne m'en lasse mie !
Y ressent-on chaleur, sécurité aussi.
...

N 'ai-je vu que force ici, en toute sobriété.
O ù douceur des rondeurs à puissance est alliée...
T ant "émue" que Gaucourt (Raoul) l'ait possédé :
A vec le Dauphiné un lien ai-je pu créer,

P eut-être fort ténu, mais il a existé.
S ut ce castel dès lors deux fois me faire rêver !

Le Chevalier Dauphinois 15/06/2014 19:40



* En découvrant ce castel, de suite, j'ai craint que trop modernisé il fut.


* Mais en l'effeuillant lentement à travers les branches, mes doutes se sont levés.


* Certes, point en ruine il est.


* Mais, bien que consolidé pour le rendre abitable et modernisé, il est toujours LE château fort tel que les passionnés et fous comme moi l'imagine.