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Ombre et lumière

15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 07:30

 

Département 17 - CHARENTE MARITIME

 

Le bourg :
       Une perle médiévale parmi les fleurs !Situation :   (--> le voir sur une carte)
   Le petit bourg de Pons est situé à 90km au Nord de Bordeaux, à 25km au Sud-Ouest de Cognac et à 20km au Sud-Est de Saintes.

     Coordonnées du donjon  :

45° 34′ 41″ N 0° 32′ 51″ W
 45.578056°  -0.5475°

 

        Toponymie :  (--> petite initiation)

  A l'époque Romaine, les marécages étaient nombreux et importants. Pour rejoindre le site construit, il fallait marcher sur des ponts en bois nommés : Pontes.

 

L'église : 
        L'extérieur :
La découverte

  En arrivant dans ce grand bourg, il est impossible de ne pas voir LE donjon médiéval. De nombreux panneaux guident le touriste, un immense parking est aménagé proche et surtout, dans son écrin de verdure fleurie, la haute tour presque millénaire hèle les passants car elle adore être admirée et câlinée.

Quelle séductrice !

  Un donjon Roman d'une incroyable force !

Ses caractéristiques physiques

    Les dimensions de cette beauté sont impressionnantes :

* La base : 26m par 15m.

* La hauteur : 33 mètres.

* Le poids : Heu.... (cela ne se fait pas de donner cette caractéristique pour une Dame).

* Son âge : A mes yeux, elle a 20 ans, mais en réalité plus de 8 siècles.

* Épaisseurs des murs : 2,5m sur 3 faces et 4m coté Nord.

     Lentement je m'approche de cette beauté qui m'impressionne.

 

Première analyse

   Je suis admiratif devant la taille et la qualité de pose des pierres. Les joints sont fins et réguliers. Cette sensation de linéarité et de finition est renforcée par l'absence de trou de boulin (voir vocabulaire).

    Le donjon n'étant pas carré, une face comporte 5 contreforts et l'autre seulement 3 mais avec une largeur plus importante. Ses contreforts plats sont peu épais (40 centimètres).

   Évidemment, comme pour beaucoup de donjons défensifs Romans, je ne vois aucune archère. A l'origine, la tour maîtresse est un simple refuge. Le seigneur attend que les attaquants se lassent et quittent le site.

Ouvertures de lumières côtoient des fenêtres romanes 

Les ouvertures

   Le donjon possède de nombreuses ouvertures. Beaucoup ont été créées 5 siècles après la construction du donjon (une porte basse au moyen âge est "inadmissible").

   Les fenêtres les plus impressionantes se trouvent au premier étage. Ce coté Sud comporte deux fenêtres géminées surmontées de deux autres plein-cintre.

 

Le système défensif

     Comme je l'avais constaté précédemment, les hauts murs ne comportent aucune archère et encore moins des canonnières.

  En levant les yeux, je vois.... une ... heu .... soucoupe volante.

Pensez vous que les Marsiens protègeaient ce donjon ?

 Des échauguettes futuristes pour un donjon du 12ème siècle !

Le système défensif

   Évidemment, rien d'extraterrestre dans cette construction, ce sont des échauguettes, mais qui ont été construites au début du 20ème siècle.

    D'ailleurs, le crénelage avec les faux mâchicoulis sont aussi de la même époque.

 

L'entrée

   A l'époque médiévale, l'entrée était située à plusieurs mètres du sol, uniquement accessible de l'extérieur par un pont-escalier en bois amovible.

    "Récemment", à la place du pont en bois, a été construit une escalier en pierre situé dans cette tour extérieur. L'entrée touristique s'effectue au rez-de-chaussée.

  C'est à quelle heure que l'on mange ?  

        L'intérieur :

Les 1ères salles

     Après avoir donné quelques piastres à l'hôtesse d'accueil, je regarde furtivement les fentes de lumière de la salle d'exposition en imaginant que cette pièce n'était accessible que par le plafond.

   Puis, je me précipite vers l'escalier en colimaçon pour découvrir la salle d'apparat. Les quatres fenêtres n'éclairent l'imposante pièce que sur un seul coté.Il faut imaginer les flammes d'un feu de cheminée et les torches pour comprendre la magie de cette salle.

  En levant la tête, je vois la umière du soleil. Il me faut découvrir la terrasse.

Du sommet je vois.... l'Angleterre ! 

La terrasse

   Les dessertes des différents niveaux sont réalisées par des escaliers en colimaçon étroits, implantés dans l'épaisseur des murs.

  Au sommet, je m'imagine être un Chevalier Français au service du Roi, commandant les dizaines d'archers bien cachés derrière les créneaux.

   Depuis l'échauguette, un soldat surveille les troupes du Duc d'Aquitaine et m'informe de leur mouvement. Les sachant proche du donjon, je leur lance des pierres et de la poix bouillante.

Quel plaisir !

   Vainqueur jouissif, je regarde entre deux merlons, les troupes Anglaises s'éloigner vers l'horizon.

  Heureux de ma victoire sur les vils ennemis de la Guerre de Cent ans, je redescends vers.... la réalité du 21ème siècle.

 

 

Histoire du donjon :

* Quelques siècles avant JC, une tribu Gauloise s'établit en bordure de falaise. Un camps fortifié existe certainement.

* Vers le 1ème siècle avant JC, les Romains établissent une place fortifiée pour surveiller la voie de circulation et la rivière.

* Vers le 10ème siècle, un château est construit pour surveiller la voie entre le Poitou et l'Aquitaine.

* En 1152, Pons est rattaché au pouvoir du Roi d'Angleterre qui est Duc d'Aquitaine. La grogne commence à se faire sentir contre ce nouveau "maître".

* En 1179, Richard Coeur de Lion, Duc (voir titre de noblesse) d'Aquitaine, attaque puis détruit le château des belliqueux seigneurs de Pons.

* En 1185, le seigneur de Pons, Geoffroy III, fait construire un puissant donjon entouré de remparts. Ce château est un symbole de puissance de cette famille.

* En 1231, un mur d'enceinte, commandé par Renaud II seigneur de Pons, est achevé.

* Au 14ème , durant la Guerre de Cent ans, la place forte est convoitée par les armées Royales de France et celle d'Angleterre.

* Au début du 15ème , en Saintonges, Jacques de Pons participe aux combats et sièges contre les Anglois pour les chasser du Royaume de France. Les combats ayant lieu plus à l'Ouest, le donjon et la ville de Pons ne sont plus inquiété.

* En 1550, Antoine de Pons décède sans héritier mâle. Par le mariage de sa fille Antoinette, la château passe aux mains de la famille d'Albret.

* En cette fin du 16ème siècle, Antoinette et son mari Henri d'Albret-Miossens réalisent des travaux dans le donjon pour le rendre confortable.

* Au 17ème siècle, Pons devient un des fiefs protestants les plus ardents en Saintonge. Cela déplaît à la Royauté Française.

* En 1622, le château est attaqué par les armées du Roi de France Louis XIII (voir liste). Excepté le donjon, les remparts et bâtiments du château sont détruits.

* Au milieu du 17ème siècle, François Alexandre d'Albret-Miossens (ou peut être Charles Phoebus d'Albret-Miossens embellit le site par des jardins à la Française.

* En 1806, le donjon est acheté par la ville de Pons.

* En 1879, le donjon est classé aux Monuments Historiques.

* En 1904, construction de fantaisistes crénelages, mâchicoulis et échauguettes. Pour financer cette curiosité inutile, une cheminée du château a été vendue.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite de l'intérieur est payante.

 

Au loin, je vois.... l'Amérique !

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commentaires

Anne la Dauphinoise 02/06/2014 21:50

Après avoir retrouvé un comte de Ventadour, par l'intermédiaire du Héraut Chandos et de son poème sur le Prince Noir, je rencontre également, toujours en 1356 à la bataille de Poitiers, un Renaud
de Pons.
Mais lui, ne fut point fait prisonnier : il y fut occis. Il était de la fleur de lys, coté Jean II le Bon.

Le Chevalier Dauphinois 03/06/2014 20:00



 Fascinant comme ces puissants seigneurs s'impliquaient vraiment dans les combats. En votre 21ème siècle, généraux et "politicaux" sont bien planqués à l'arrière pendant que le petit peuple
est décimé.



Anne la Dauphinoise 04/12/2013 21:54

Des seigneurs de Pons (des "sires de Pons", car ainsi, apparemment les désignait-on) du Moyen-Âge ai-je retrouvés. Deux d'entre-eux sont ceux que vous mentionnez en 1231 et au début du XVe siècle,
je pense :
... en 1230, le Sire Renaud de Pons est coté Henri III d'Angleterre (Renaud II de Pons, donc) et
... En 1241, il y eut à Pons une réunion des seigneurs rebelles à Louis IX. Je présume que ce fut dans le castel de Pons, logiquement, car le Sire de Pons faisait partie des rebelles.
... En 1242, après la bataille de Taillebourg, Henri III vint se réfugier un court moment à Pons (donc, ce donjon hébergea peut-être bien le roi de la Perfide Albion) Puis, ne se sentant plus trop
en sécurité il alla plus loin :
... Ce qu'il fit bien, car peu après la bataille, Renaud de Pons faisait sa soumission au roi de France !

... En 1367, le sire de Pons du moment est de nouveau côté Anglais, car il accompagne le Prince Noir jusqu'en Castille et participe à la bataille de Najera.
... En 1369, le sire de Pons est aux côtés de John Chandos... toujours côté ennemi.

... Puis en 1372, Renaud de Pons (je suppose qu'il s'agit du même sire de Pons de 1367 et 1369) est de nouveau côté roi de France et combat avec Du Guesclin. Il va assiéger Soubise où le Captal de
Bush le défait et le fait prisonnier. Mais peu de temps après, la situation s'inverse et le Captal de Bush est prisonnier du Sire de Pons.

... Plus tard, dans les années 1400-1440, le Sire de Pons (Jacques de Pons que vous mentionnez, je pense) ravage la Saintonge !... sa contrée !... C'était l'époque où les seigneurs se trouvant
"désoeuvrés" guerroyaient pour leur propre compte, lorsqu'il n'y avait point d'ennemi à combattre (pas loin de celles des Routiers, leur attitude !)
J'en déduis que ces Sires de Pons choisirent tantôt un camp, tantôt l'autre... Leur situation n'a pas dûe être des plus agréables... comme toutes celles pour les seigneurs se trouvant "confrontés"
à un roi et un duc-roi en même temps ...

Le Chevalier Dauphinois 05/12/2013 19:17



Diantre !... Que voila famille illustre que point je connaissais.


  Il est vrai qu'à cette époque très mouvante, les hommages étaient aussi changeant. Dans notre Dauphiné, le château de
Montbel fut Dauphinois puis Savoyard.... Et nous n'étions point envahis. Alors que cette érgion était partiellement aux Anglois.


  Survivre en changeant de seigneurs, cela devait être la rêgle.



Anne la Dauphinoise 15/11/2013 21:34

D ame ! dut-il être tant effrayant
O ser défier ce vrai géant !
N ous sommes par sa force "écrasés".
J adis, de même, l'ont bien été
O n l'imagine, ses ennemis :
N 'était-ce point acte irréfléchi

D e vouloir prendre cette forteresse ?
E t bien que sur murs n'apparaissent -

P ermettant visée - des archères,
O n ne pouvait esquiver guère
N ombreuses attaques du haut lancées :
S es mâchicoulis durent compter !

C ertes, d'époque ces derniers ne sont,
H élas, ni échauguette, merlons...
A pprécions leur vue toutefois :
R estituent-ils, du moins pour moi,
E mpreinte guerrière, touche "obligée",
N écessaire pour avoir idée
T rès précise de cette construction;
E t très précise, ainsi, l'avons:

M onté au sommet, nous avez
A tmosphère rendue du passé :
R apidement l'on sent venir
I celle "ivresse" qui fit tenir
T ous les défenseurs de ce lieu :
I l est vrai, purent se croire des dieux
M anifestant leur volonté
E n forme de poix ou pierres jetées...

S urent l'horizon scruter aussi.
A telle hauteur, je vous crois, oui,
I maginer voir l'Amérique
N 'est point, ce me semble, utopique !...
T out est majesté, au-dedans,
O ù austérité est pourtant...
N oblesse de l'ensemble, ai-je pensé;
G rand pouvoir et puissance montrés...
E t sous ses charmes je suis tombée.

Le Chevalier Dauphinois 16/11/2013 10:46



   Lorsque je suis dans un château entier, comme ce donjon incroyable, je tente de comprendre le système défensif et ses fragilités. Parfois, je retrouve une âme d'enfant et je joue à
être un soldat, un capitaine ou un Grand Chevalier au charisme inégalé.


  En courant d'une archère à un châchicoulis, en tirant virtuellement à droite puis à gauche, je repousse l'Anglois. Ainsi victorieux, je n'ai plus de tristesse à quitter ce lieu où j'ai pu
dire "ma" phrase: Veni, Vidi, Vici !



jacqueline 15/11/2013 12:50

je regrette amèrement que des ajouts aient pollué la beauté de cette tour. Des fenetres!!! mais c'est un vrai crime!!

Le Chevalier Dauphinois 15/11/2013 13:55



   Il est vrai que les aménagements et reconstructions ont déformé certaines parties. Mais sans cela, je pense que le donjon ne serait qu'une ruine romantique dans une parc.  J'ai
lu dans des journaux que des maires ont fait détruire le monument car il devenait dangereux. Celui-ci a été sauvé.


  Si l'on excepte l'étage submital avec ses décors du 19ème siècle, la masse de ce donjon unique est "inchangé".... ou refait dans l'esprit médiéval.


  Au 19ème siècle, de nombreux monuments ont été modifiés souvent en crayant bien faire. Le plus bel exemple est la cathédrale notre-Dame à Paris.



vikki 15/11/2013 09:20

bonjour cher Chevalier
voila un joli donjon et original avec ça .
j'aime les histoires vécues par ces monuments ,
autrefois , il était important de se protéger .
bonne journée cher Chevalier !

Le Chevalier Dauphinois 15/11/2013 13:44



Ce donjon, symbole d'un pouvoir a évidemment été décrit dans de nombreux texte de chaque époque. Sa richesse historique est incontestable.