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Ombre et lumière

28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 07:00

 

 

Département 12 - AVEYRON

  Je pressens un voyage dans le temps !

 

Le bourg :

       Situation :   (--> le voir sur une carte

         La commune de Bertholène est située à 40km au Nord-Ouest de Millau, à 15km au Nord-Est de Rodez et à 8km au Sud-Est de Bozouls (voir cette commune).

 

     Coordonnées du château :

44° 25' 9.062" N2° 48' 32.544" E
 44.419184° 2.80904°

 

 

Le château : 

        L'extérieur :

L'arrivée

* Après avoir visité la ruine du château fort de Bertholène, je me rends à 6km au Nord-Est pour découvrir une autre merveille médiévale nommée : Les Bourines.

* De suite, je comprends que cette beauté médiévale va me fasciner durant de longues heures.

 

  Quelle magnifique construction !

La découverte

    J'ai beaucoup de difficulté à imaginer que cette massive construction soit qualifiée, dans ma brochure, de "bâtiment d'un domaine d'élevage".

    Avant d'avoir lu l'historique, j'aurais affirmé que ce fut le château fort principal d'un puissant seigneur.

 

 

L'analyse 

   La première façade qui s'offre à moi est fascinante. Cet enchevêtrement d'architecture différente est certainement causé par des aménagements sur plusieurs siècles.

   D'ailleurs, les différences de pierres sont évidentes :

  - Sur la droite, une imposante tour carrée. Peut être servait elle à la défense de la porte actuelle (sur la droite). Je suis surpris que la tour ne comporte aucune archère ni ouverture de tir. Sous le toit, des consoles trahissent la présence d'anciens mâchicoulis (voir vocabulaire). Quelles belles latrines doubles

  - A gauche de la tour, le mur est soutenu par quatre contreforts à larmier. En constatant qu'un d'entre eux bouche partiellement une ouverture Romane, je suppose qu'ils ont certainement été aménagés quelques temps après. Je subodore aussi que la pièce derrière la fenêtre fut la chapelle. 

  - Au dessus, plusieurs constructions en encorbellement m'informent que des pièces de vie existaient à cet étage. Les habitants "réalisaient" leurs besoins par ces latrines.

 

 

Une ronde surprise

    Au bout du long mur parsemé de latrines haut perchées, je vois une ronde tour. Elle possède quelques évidences médiévales mais aussi des curiosités :

* Au sommet, un chemin de ronde couvert pour le guet et la défense.

* Puis les classiques et efficaces mâchicoulis.

* En dessous, quelques fenêtres de confort prouvant que salles d'habitation (ou de fonction) existaient.

* A mi-hauteur, une pierre sculptée. Une tour médiévale, sans aucun doute !

* Au rez de chaussée, une porte m'intrigue. Ce n'est point habituel pour une tour de défense au moyen âge.

Etait ce la poterne ? 

* Au dessus de la porte, la fente verticale avec un trou pour arme à feu me semble datée du 15ème siècle.

* La base est évasée :

- Pour tenir l'ensemble,

- Diminuer le travail des sapeurs en augmentant l'épaisseur du mur,

- Puis, grâce au plan incliné, faire rouler les pierres du sommet vers l'assaillant.

 

 

L'autre façade

   Lentement je contourne la ronde tour pour découvrir l'autre façade dans l'ombre. L'aspect général semble identique à sa consoeur excepté quelques détails :

* L'absence de contrefort,

* Des ouvertures nombreuses (parfois au niveau du sol) avec souvent des grilles anti-intrusion (16ème siècle ?),

* Des latrines pour une personne.

 

  Deux tours médiévales à la toiture très différente

Une autre tour ronde

    Au bout de cette longue façade dans l'ombre, je vois une ronde tour. Elle me semble identique à la première (Chemin de ronde couvert, mâchicoulis...). Pourtant quelques détails diffèrent :

* Elle est plus haute,

* Sa toiture est plus élevée,

* Elle possède de petites archères droites du 12ème (?) siècle,

* A mi-hauteur, des consoles sont les vestiges de latrines.

 

 

Est ce la fin ?

    Pensant avoir tout vu de cette beauté médiévale, je prends un peu de recul pour l'admirer une dernière fois.

    Et..... C'est le choc.

Voyez vous la raison de mon étonnement ?

 

  Deux styles de tours défensives se regardent

La tour maîtresse

  Au centre du quadrilatère, un puissant donjon me surprend. Que vois je :

* Des angles bien appareillés,

* Sur les parois, des pierres de forme et tailles asymétriques,

* Un chemin de ronde couvert sous le toit,

* Une construction en encorbellement (Latrines ou bretèche pour la défense d'une porte que je ne vois point),

* Des échauguettes d'angle posées sur culots.

 

La porte d'entrée

* Ce château étant si extraordinaire, je me précipite vers le portail d'entrée pour tenter un assaut culturel (bien sur).

* Hélas, la grille ne s'ouvre point.

* Etant sous le feu nourri (virtuellement bien sur) de la ronde tour d'angle, j'esquisse une retraite tactique.... En espérant qu'un jour, visite globale je ferai.

 

 

         L'intérieur :

   La propriété est privée. Il est possible de visiter le château quelques jours dans l'année. Hélas, cette magnifique construction était fermée le jour de ma venue.

 

Massif et élégant

 

 

Histoire du château :

* En 1245, une bulle du pape Innocent IV cite le château des Bourines. Il appartient à la famille Séveyrac.

* En 1289, le site est cédé aux moines d'Aubrac.

* Vers 1335, à quelques distances du château le moulin de Peyrade est construit. Il dépend du fief des Bourines.

* En 1353, les moines d'Aubrac déposent à Brourines leurs titres et richesses en prévision d'une attaque de leur hôpital et résidence principale.

* Au 15ème siècle, un puissant donjon est aménagé.

* A la fin du 15ème siècle, la tour de défense Nord-Ouest est aménagée. Elle porte les armes de la famille d'Estaing.

* En 1547, le portail est modifié. Le nom du Cardinal Evêque de Rodez, Georges d'Armagnac, est gravé.

* En 1562, le château est gardé par le Chevalier (voir titre de noblesse) de Montpeyroux, commandant 12 soldats.

* En 1565, le château est attaqué puis pris par 300 soldats sur l'ordre du Prieur de Caudelz.

* En 1574, durant les Guerres de Religion, les Huguenots assiègent le site.

* En 1663, un recensement prouve l'importance des Bourines. Par exemple, le cheptel comprend 36 boeufs, 50 bêtes à cornes et 1800 bêtes à laine.

* En 1791, les révolutionnaires forcent la vente des Bourines (appartenant aux moines d'Aubrac) à Antoine Marcillac et Louis Gineste.

* En 1794, le site et les terres appartiennent à une association composées des familles :

- Granier,

- Dupin,

- Mourgues.

* Le 19ème siècle voit le début du déclin des Bourines.

* En 1862, la foudre tue plusieurs animaux d'élevage.

* En 1870, la sécheresse force la vente du bétail.

* En 1936, la famille Aubaret habite le château et possède plus de 1300 bêtes.

* En 1952, le moulin de Peyrade est dissocié du fief des Bourines.

* En 1963, le site est classé aux Monuments Historiques.

* A la fin du 20ème siècle, le site est possession de la famille Delmas.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite en respectant le silence de la propriété privée. La visite de l'intérieur serait possible quelques jours dans l'année. Veuillez vous renseigner.

 

Un ensemble castral magnifique !

    

 

 

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Published by Le Chevalier Dauphinois - dans Châteaux en Rouergue : 12
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commentaires

Soleillant Guy 03/03/2017 03:44

Bjr
J'aime bien votre commentaire.
Ce n'est pas souvent que quelqu'un est capable de faire une analyse serieuse d un batiment.
Merci
Guy

Le Chevalier Dauphinois 03/03/2017 18:44

* Bonjour et merci pour votre passage sur mon blog.
* Votre compliment me ravit.
* Comme vous avez pu le voir sur d'autres articles, j'essaie d'avoir un regard, non point de spécialiste ni de touriste, mais de curieux adorateur des constructions médiévales.
* Je tente pour chaque site visité de montrer le ou les détails qui donnent la particularité architectural du site médiéval.
* Evidemment, Bourines est parfait car toutes la panoplie architecturale est présente.

Anne la Dauphinoise 01/03/2015 22:42

C arrément merveilleux est ce castel,
A ux proportions et aux rondeurs si belles !
S ait donjon – un comble – au moutier d’Inières
T ant me faire penser… est-ce monde à l’envers !…
E nsemble à la silhouette magique ;
L es détails, quant à eux, bien magnifiques…

D ans un conte de fées se croirait-on !
E st-ce exagéré ? sans doute ! déraison
S ‘invite dans monde de l’imagination…

B ien sûr, historique pousse à mieux rêver,
O ù... nom de l’aligot fait saliver !
U n mets délicieux goûté plusieurs fois,
R iche, à mes yeux, de la vie d’autrefois -
I l va sans dire, lorsque les autochtones
N ous l’offrent à partager : encore plus bonne
E st sa saveur !… Voilà que je « dévie »…
S uis-je « entichée », c’est vrai, de ce Pays…

B âtiments ont aspect vraiment austère.
E voquent-ils un lieu prêt pour la guerre,
R enfermé sur lui-même, avec courtines
T rès hautes pour qu’intérieur ne se devine ;
H ors de portée mettant aussi la cour ;
O bstacle pour que ne soit plus bel atour -
L e donjon, quand icelui fut construit -
E nlevé par les troupes ennemies.
N ous paraît ce dernier bon protecteur :
E chauguettes, chemin de ronde eurent l’heur

A insi procurer moult sécurité.
V u côté assaillant, a t-il été
E ffroyable à « mirer », je suis certaine !
Y sent-on, dans ces façades quasi pleines,
R elents de défiance envers les intrus,
O ù, malgré tout, finesse est aperçue,
N otamment dans de belles ciselures

R éalisées sur les latrines d’un mur,
O u sur bretèche (?) du donjon. Est-ce là
U n signe évident qu’hôtes n’étaient pas
E n manque d’écus… D’ailleurs, domaine entier
R espire confort : tant de latrines créées
G uère de doute ne laissent sur ce point; et puis
U n chapelle recensée dans les bâtis
E st preuve que seigneurs n’étaient pauvres, nenni.

N ous avons aussi les tours, très présentes.
O rgueilleuses je les trouve, toujours vaillantes;
T émoins d’un système de sécurité
A uquel ne fallait-il point se frotter !

B ien des assauts ont-elles dû prévenir
E t garantir courtines grâce à leurs tirs
N ourris de flèches et plus tard de boulets.
E ut ce castel réaménagement parfait.

P eu de son « âme » d’antan a t-il laissée
S ur long chemin des siècles écoulés.

Le Chevalier Dauphinois 02/03/2015 19:22

* Heureux je suis que belle prose vous avez créée.
* Pour glorifier ce site magnifique et mon long article.
* Car cette beauté d'un autre temps m'a donné beaucoup de mal.
* Il y a tant de "choses" à montrer, tant de détails à décrire, que j'ai bien cru ne jamais y arriver.
* Par un trop long récit, point lasser le lecteur je ne voulais. Mais ne montrer sans jouer le détective m'aurait ennuyé.
* Il m'a fallu du temps et plusieurs reprises pour trouver un équilibre entre détail et description.
.
* Surprise par le donjon vous avait été. Et je vous promets d'autres émerveillements.
* Cette province possède des constructions beaucoup trop ignorées à mon goût.
* Avec les années, mon blog va les mettre en valeur pour votre plaisir des yeux et de la découverte.