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Ombre et lumière

27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 07:30

 

Département 12 - AVEYRON

  Plusieurs siècles de construction se devinent

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   La commune de Bournazel est située à 27km au Nord-Est de Villefranche de Rouergue, à 20km au Nord-Ouest de Rodez et à 10km au Sud-Est de Decazeville.

     Coordonnées du château :

44° 27' 33.912" N 2° 17' 57.527" E
 44.45942°  2.299313°

 

Le château : 
        L'extérieur :
Questionnement

   Dans la littérature touristique ainsi que les Guides, le site de Bournazel est considéré comme l'un des plus beaux châteaux Renaissance de la France du Sud. L'amateur de châteaux forts et de ruines médiévales que je suis se pose une question :

Que viens je faire en ce lieu ?

   La réponse est évidente. Les premières pierres de ce site furent posées en 10ème siècle. C'est donc un château du Moyen Âge. Mais une question nouvelle me vient :

A-t-il gardé quelques signes de son époque médiévale ?

  Les maisons entourent le château intemporel

La découverte

    Au centre du bourg, proche de l'église, une massive construction me fait signe. Dans ce plat paysage, entouré par de nombreuses maisons, je ne distingue que les toitures du château.

    Une belle tour ronde d'angle avec trou de boulin (voir vocabulaire), petites fenêtres et fentes verticales m'informent que ce château fut fortifié.

 

Courtine

     La haute courtine a été modifiée à la Renaissance, de nombreuses fenêtres à meneau s'offrent à mon regard de Castellologue-amateur.

  Ma mission est simple : Trouver des détails d'origine médiévale.

 

Une autre tour d'angle

    Evidemment, en suivant la courtine je rencontre une autre tour d'angle. Elle possède quelques caractéristiques intéressantes :

* A sa base, une ouverture de tir horizontale me faisant penser à une petite canonnière.

* Puis, une autre ouverture avec un important ébrasement extérieur. Ce n'est point une canonnière mais un système défensif permettant le tir avec une petit arme à feu (fusil).

  Il m'est impossible de dater correctement ces détails :

Fin 15ème ou début 16ème ?

    J'opte pour la réponse 2.

 

Quel magnifique enchevêtrement de styles !

"Mélange des siècles"

     Soudain, au bout d'une courtine trouée de fenêtres et porte, apparaît une ronde tour arasée. Ce n'est pas sa faible hauteur qui me surprend mais la balustrade "très moderne".

  Pour mieux comprendre ce château, je prends un peu de recul.

Magnifique !

 

Les preuves médiévales
  Solitaire, une haute tour du rempart me donne la lumière médiévale que j'attendais. Avec son vestige de mâchicoulis et sa forme ronde, je pressens qu'elle fut construite au plus tard au 13ème siècle.

 

Le portail d'entrée

  Après la découverte des tours et courtines, j'arrive en face de l'entrée logiquement fortifiée. Encadrée par ses 2 rondes tours hélas arasées, il ne lui manque que le pont-levis (puis crénelage, mâchicoulis, bretèche, assommoir... voir vocabulaire) pour paraître infranchissable.

   Il ne reste du système défensif que 2 rondes ouvertures latérales avec un ébrasement extérieur important pour faciliter le tir d'une arme à feu.

 

Une cour moyenâgeuse

Dans la cour

    La cour montre des bâtiments encore habitables et exploités, mais aussi des constructions consolidées certes mais vide de vie.

   Evidemment, le médiéviste-amateur que je suis a les yeux de Chimène pour les deux imposantes tours.

  Leur architecture me les fait dater du 12ème siècle.

Qu'en pensez vous ?

 

De magnifiques détails

   Le grande tour ronde avec son vestige de mâchicoulis (que je devine grâce aux consoles) et son pinacle protégeant l'escalier intérieur me fascine.

   Mais c'est surtout un couloir de passage entre une tour et le chemin de ronde qui me laisse sans voix.

Diantre, comme ces souvenirs sont émouvants !

 

Le grand logis moderne

    L'architecture Renaissance Italienne se déguste sur 2 bâtiments positionnés en angle. Le plus impressionnant est le Grand Logis avec sa façade très ordonnancée et ses colonnes cannelées qui se superposent les unes sur les autres. Puis, les longues frises sculptées dont certaines sont entrecoupées de magnifiques chapiteaux aux décors rappelant les symboles et oeuvres de l'antiquité.

  Particularité :

     Les métopes des frises (au nombre de 80) ne montrent point les blasons et les ancêtres de la famille De Buisson (voir historique), mais créent une sorte de rébus montrant les principes intellectuels et savants de la culture de ses propriétaires du 16ème siècle.

 

La Renaissance Italienne

   Je vous quitte ici sur la pointe de mes chausses en vous laissant admirer ces sculptures et colonnes. 

 

 

        L'intérieur :

   Le château n'était pas ouvert à la visite le jour de ma venue. Point je pourrai vous montrer les salles meublées avec goût derrière les grandes fenêtres à meneaux en croix.

 

 

Histoire du château :

* Au 10ème siècle, la Baronnie (voir titre de noblesse) de Bournazel est citée dans un texte (cartulaire de Conques).

* Au 11ème siècle, le château appartient à la famille Mancip.

* Au 13ème siècle, les défenses du château sont renforcées.

* Au 14ème siècle, au début de la guerre de Cent ans les attaques et pillages sont importants. Les villageois se protègent dans leur forteresse. Les défenses du château sont renforcées.

* Au 15ème siècle, la famille Mancip est anoblie.

* Au 16ème siècle, par mariage, la propriété appartient à une famille de banquier-marchand nommée : De Buisson.

* Au milieu du 16ème siècle, Jean de Buisson fait réaliser un magnifique château de type Renaissance par l'architecte Guillaume Lissorgues.

* En 1624, le territoire est érigé en Marquisat.

* En 1754, le 25 mars, le célèbre brigand Mandrin est reçu par le propriétaire. En partant le lendemain matin, il donne à son hôte un superbe couteau de chasse.

* A la fin du 18ème siècle, la population manifeste son mécontentement envers les seigneurs de Bournazel.

* En 1790, les habitants du bourg pénètrent dans le château et le brûle. Ruine semble être son avenir.

* En 1864, la famille Marigny, héritière du Marquis Charles de Buisson, restaure partiellement le château.

* Vers 1935, le Colonel de Martigny est propriétaire du site.

* En 1942, Guilbert Victor, appartenant à une famille de gantiers de Millau, possède le château.

* En 1942, le château est classé aux Monuments Historiques.

* En 1948, le site est propriété des Charbonnages de France. Le site devient un centre de repos et de convalescence pour les mineurs du bassin de Decazeville.

* En 1951, la Sécurité Sociale est propriétaire du site.

* A la fin du 20ème siècle, le site est acheté par un membre du groupe AXA. De nombreux travaux d'aménagement sont réalisés.

* En 2007, le château est acheté par un couple de passionné d'architecture. Ils entament une rénovation incroyable.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite payante de l'intérieur est possible. Renseignez vous sur les horaires.

 

Pour mieux déguster ce château fort du Moyen Âge complété par des bâtiments de style Renaissance Italienne, voici une vidéo.

 

 

Je deviens un chevalier amateur de monument touristique... hoooo

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Published by Le Chevalier Dauphinois - dans Châteaux en Rouergue : 12
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commentaires

d'Humières 21/02/2017 17:31

Bonjour Annie ,

Au fil de recherches généalogiques , je suis tombé sur ce blog et sur ce fil de conversation sur la famille de Murat de Lestang, dont certains sont mes ancêtres directs.
J'ai donc cherché sur mon arbre (geneanet, id. frandhum) et peut donc vous dire après quelques recherches complémentaires , si entre temps vous n'aviez pas trouvé , que votre Murat de Lestang , époux d'Antoinette de Quincieu est bien Bertrand . A votre disposition si besoin de plus d'informations. Cordialement.

Le Chevalier Dauphinois 21/02/2017 17:57

* Heureux je suis que mon blog soit un échange entre les visiteurs.
* Je suis certain que votre information sera utile à la Dame Dauphinoise.

Anne la Dauphinoise 23/09/2015 13:53

Je risque de « prendre mon temps » dans ce commentaire… J’espère que vous ne m’en voudrez point.

… Tout est parti d’un grimoire que je lisais sur le Dauphiné (un autre, pas « le énième sur mon Louis XI » !), et où l’on me parlait de seigneurs de Sablons (en Isère) qui se nommaient : de Murat de Lestang.
On me précisait juste que la famille de Murat de Lestang était originaire du Rouergue, avec quelques noms et dates concernant des membres de cette famille.
Ma curiosité fut éveillée, mais je n’imaginais pas que j’allais pouvoir faire un lien entre cette famille et le seigneur de Bournazel que j’avais encontré dans un autre grimoire… et le Dauphiné de si près !

… Je n’ai eu d’autre recours que celui des généalogies sur internet, et grâce à celle du vicomte Dugon, j’ai pu retrouver le lien qui unit les de Bournazel/de Mancip à « mon » Louis XI, à une famille Dauphinoise, à mon Dauphinois préféré Ymbert de Batarnay tant proche de Louis XI, et à ce village Dauphinois de Lens-Lestang.
…Ce nom de Lens-Lestang m’a toujours « titillé les oreilles », toujours plu à entendre… (pour peu, de plus, qu’il soit prononcé avec l’accent dauphinois !).
Cela m’évoquait un étang, bien sûr… mais il s’avère que ce nom de Lestang fait référence à un étang quelque part en Rouergue et non point en Dauphiné !

… Et, chose aussi incroyable, cette généalogie s’appuie beaucoup sur des documents retrouvés dans un castel près de chez moi : les archives du château de Moidière (qui n’est point médiéval). Comme quoi le Dauphiné est étroitement associé à ce castel, en fait.

… Sans compter que Mandrin vint à Bournazel : il n’est point allé frapper au premier castel venu !… non ?
… J’imagine qu’il savait qu’il se trouvait « en famille » ici… un Dauphinois allant « rendre visite » à une famille ayant des membres Dauphinois… (je le sais, j’affabule certainement, mais c’est comme ça chez moi : lorsque je lis, je « vois » les personnages de mes grimoires, ou de vos historiques ; je les vois vivre dans leur cadre d’antan, j’imagine leur cheminement, leurs faits et gestes, surtout quand j’ai la chance, par vos articles, de pouvoir matérialiser ce cadre !)

… Le seigneur de Bournazel dont je vous avais parlé est l’un des fils d’Amalric II de Murat de Lestang et de Catherine de Mancip (elle-même fille de Bertrand de Mancip, seigneur de Bournazel).
Il fut écuyer puis échanson de notre Dauphin Louis II.
En 1448, Louis II Dauphin le nomma gouverneur et châtelain de Bellequesne, en Rouergue.
Il se maria à Antoinette de Quincieu (fille d’Aymar de Quincieu, seigneur de Lens) en 1450.
Cette même année, Louis II Dauphin lui donna ses terres de la Côte-Saint André.
En 1452, il était vivant.

… Mais… il se peut qu’en 1447 ce seigneur de Bournazel soit un autre fils d’Amalric II de Murat et Catherine de Mancip !

… Car, pour compliquer un peu la chose, Bérard (ou Béraud) de Murat de Lestang, frère de Bertrand, vint aussi en Dauphiné, fut également écuyer puis échanson de Louis II Dauphin, et fut même maître d’hôtel et chambellan.
De plus, il devint également un seigneur Dauphinois quand Louis II lui vendit la seigneurie de Morestel, en Nord-Isère… seigneurie qu’il échangea, en 1478 environ, à « mon » Ymbert de Batarnay, seigneur du Bouchage (contre une seigneurie en Auvergne).

… Donc, je ne puis vous donner le prénom exact du seigneur de Bournazel en 1447 : c’est soit Bertrand, soit son frère Bérard.

… En revanche, c’est bien Bertrand de Murat de Lestang qui commença la branche des seigneurs Dauphinois de Lens-Lestang (plus tard marquis de Lens-Lestang) sans aucun doute, puisque Béraud quitta le Dauphiné lorsqu’il se défit de sa seigneurie Dauphinoise, alors que Bertrand fit l’inverse, en 1452 : il délaissa le Rouergue et s’installa définitivement en Dauphiné, « donnant quittance générale à son frère aîné Charles de tout ce qui pouvait lui revenir de la succession de leur père ou de leurs frères et sœurs ».
… Bertrand mourut en 1476 (ou aux alentours de), en Artois où Louis XI l’avait envoyé (en guerre contre Marie de Bourgogne, à cette époque).

… Aparté :
Cette famille du Rouergue, de Murat de Lestang, avait d’autres « antécédents Dauphinois » ! (mais, dans ce cas, rien à voir avec les seigneurs de Bournazel).
… Olivier de Murat de Lestang vivait dans les années 1300 et avait épousé Alix de la Tour en 1310, et leur fille Marguerite avait épousé Raymond de la Tour. Puis, plus tard, une Marguerite de Murat de Lestang épousa Pons de la Tour (elle vivait en 1544).

… Vu que l’auteur de la généalogie parle d’ancêtres Dauphinois, il s’agit donc bien de la famille de la Tour-du-Pin (d’où sont issus certains de nos Dauphins du Dauphiné) et non de la famille de la Tour d’Auvergne.
… Et, la famille de Murat en Rouergue est issue, si j’ai bien tout saisi, de la famille de Murat en Auvergne.
Vrai imbroglio, l’histoire de nos aïeux !… surtout lorsque l’on se retrouve avec des noms identiques dans des contrées différentes…

J’espère que point ne vous aurai ennuyé avec ce commentaire si long (mais, à vos yeux, pas long comme un jour sans pain, j’espère !).

Le Chevalier Dauphinois 02/10/2015 19:52

* Je ne vous en veux point pour votre longue prose.
* Elle illumine de détails historiques la vie tumultueuse de cette construction médiévale modifiée à la Renaissance.

Anne la Dauphinoise 15/09/2015 22:21

Je viens de lire une chose incroyable (à mes yeux ! je sais qu’il ne m’en faut pas beaucoup pour m’émerveiller, c’est vrai… du moment que cela touche de près ou de très loin, comme ici, soit « MON » Dauphiné (!), soit mon roi préféré).
Or, grâce à cet article les 2 se retrouvent !

Je pense que d’ici quelques temps je pourrai vous dire exactement qui était ce seigneur de Bournazel cité dans mon commentaire précédent.
... Il descend de la famille Mancip (Massip, dans le texte que j’ai lu).

Mais, le plus incroyable est que cette descendance est venue s’installer en Dauphiné et a même donné son nom à un village de la Drôme, jouxtant le département de l’Isère, au Sud - mais au Sud… de chez moi, disons, un peu plus bas que Beaurepaire : le village de Lens-Lestang.
... Car « Lestang » vient du nom d’une famille du Rouergue : les de Murat de Lestang (liés par mariage à la famille de Mancip/ Bournazel), associé à « Lens », parce qu’à un moment de l’Histoire un de Murat de Lestang se maria à une fille dont le père était seigneur de Lens.

Incroyable, n’est-il pas ?
Dès que j’aurai « dépatouillé » tout ça, je reviendrai ici.

Le Chevalier Dauphinois 18/09/2015 23:32

* Demain, c'est le Week-end du patrimoine.
* J'ai lu dans le site référent que de nombreux site ré-ouvraient exceptionnellement pour accueillir le public si passionné.
* Peut être devriez vous faire seller les chevaux de votre carrosse pour poser la question au seigneur du lieu en ce 21ème siècle.
** Je ne pourrai point car, ce week-end sera pour moi : Patrimoine technologique.
* Pour une fois, je ne vais point voir de château ni de ruine.

Anne la Dauphinoise 23/08/2015 17:35

Lisant un énième grimoire parlant de « mon » Louis XI, j’ai encontré un seigneur de Bournazel, en 1447 :
… Surprise je fus, car je connais beaucoup de noms de personnages qui firent partie de l’entourage de Louis II Dauphin, ou Louis XI roi, mais c’est la 1ère fois que je lis ce nom.
… Si mon historien dit la vérité, ce seigneur fit partie de la 1ère « équipe » de Louis II (on est en 1447, donc il n’est que Dauphin) lorsque celui-ci arriva en Dauphiné.
… J’en ai déduit que c’était un seigneur de Mancip, me référant à votre historique, et que, me référant toujours à votre historique, c’est peut-être mon roi préféré qui a anobli cette famille (mais là, ce n’est que supposition de ma part, mon grimoire ne le révélant point : j’en rêve seulement… une « revalorisation » aux yeux de tous (!) de mon roi préféré, sans doute)

Le Chevalier Dauphinois 23/08/2015 17:59

* Je pressens votre bonheur.
* Faire le lien entre VOTRE Dauphin-Roi et un des seigneurs de mes châteaux doit être un moment magnifique.
* Je n'imaginais pas que mes marches de découvertes, mes images et mon petit blog ait pu satisfaire autant une (ou des) lectrice(s).
* Cela me donne encore plus de plaisir à écrire d'autres articles sur des ruines "oubliées".

Laurent Molbert 29/03/2015 21:17

Toujours d'aussi belle découvertes qui donne envie de faire de la France sa destination favorite...Si ce n'est déja fait. Merci pour ce site, Chevalier.

Le Chevalier Dauphinois 31/03/2015 18:18

* C'est moi qui vous remercie d'être venu sur cette page.
* Si les visiteurs n'existaient point, peut être abandonnerai je ce blog ?
* En vérité, je suis tellement fou de ruines médiévales, que je continuerai ce blog même si je n’étais que "mon unique visiteur".