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Ombre et lumière

28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 07:30

 

Département 09 - ARIEGE

 Les crénelages forcent le respect

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   La commune de Castillon en Couserans est située à 90km au Sud-Ouest de Toulouse, à 35km au Sud-Est de Saint Gaudens, à 55km au Sud-Sud-Ouest de Foix (voir son château) et à 12km au Sud-Ouest de Saint Girons.

     Coordonnées de l'église :

42° 55' 12" N 1° 2' 2" E
 42.9201°  1.033841°

 

L'église : 
        L'extérieur :
Elle est au sommet

   La très grande majorité des églises fortifiées que je vous montre se situent dans la vallée, dans les murs ou en périphérie du bourg. Curieusement, c'est en levant la tête vers la colline surplombant Castillon en Couserans que je découvre l'église fortifiée.

   Cette position peut paraître surprenante, mais si je vous dis que cette construction a été la chapelle du château fort, tout s'éclaire pour vous.

  Suivez moi à la découverte de : La Chapelle du Calvaire.

Entre ombre et lumière, entre grâce et force 

Analyse depuis le bas de la colline

      En regardant attentivement cette église, je vois 3 parties distinctes :

* Au centre, un clocher-peigne. Sa position est due à l'agrandissement de l'église vers l’Ouest. Il possède deux rangs d’arcades géminées munies de colonnettes et de moulures. Le campanile possède cinq cloches.

* A l'Ouest, une longue nef pourvue d'un large et épais contrefort. Par sa faible haute, j'imagine que le rehaussement de l'église est ultérieur à sa construction d'origine. Au sommet, les nombreux merlons trahissent un chemin de ronde avec salle de repli.

* A l'Est, le chevet pentagonale, dont la hauteur est inférieure à celle de la nef, possède en partie supérieure un crénelage défensif. Sur l'un des cotés a été accolé ultérieurement un construction (chapelle ou sacristi ?)

 

Le chevet
    En un bon, je saute sur la colline. Face au chevet pentagonal, je constate que les murs sont renforcés par de belles bandes lombardes dont les bases portent des sculptures de visages très expressifs.

 

Le système défensif du chevetCrénelage, mâchicoulis et hourdage ?

    Avec l'accumulation de terre à la base, avec les modifications des ouvertures de lumière, il est difficile d'imaginer si les systèmes défensifs ont été efficaces.

Y avait-il des mâchicoulis ?

    Aux pieds du mur, bien obstrués, je pressens qu'ils ont du exister pour parfaire le système défensif rapproché.

 

Le système défensif de la nef

     La nef comporte de fines ouvertures de lumière ressemblant à des archères. Sous le toit, le crénelage montre des merlons non borgnes, cette caractéristique est assez rare pour une église fortifiée.

Il faut passer le porche pour entrer 

Le porche

   Pour entrer dans l'église, il ne faut point tenter de franchir la porte basse, mais se rendre dans le porche au centre de la nef. C'était l'emplacement de la porte d'entrée médiévale.

Quel choc !

Je ne m'attendais pas à une telle entrée.

  En parte haute, je retrouve le crénelage avec ses merlons et fentes de tir, puis en dessus, des trous de boulin (voir vocabulaire) pour des poutres portant le auvent.

 

Le portail

   Les archéologues datent ce portail du 12ème siècle. Il se compose de trois rangs d'archivoltes et de six colonnettes dont les sculptures sont pratiquement intactes.

 

J'adore l'art Roman. Et vous ? Quel magnifique entrelacement 8 siècles qu'ils sont là

 

Que de sculptures !

   A droite de la porte se trouve une niche carrée. Elle contient la statue, gravée au 12ème siècle, de Saint-Pierre assis et bénissant. Les archéologues ont réussi à lire sur la page du livre cette inscription :

"Petrus Prineps Regnice Lor(um) Ioa(n) de la Casa Fo (m)aester de l’Obra"

 

        L'intérieur :
  Hélas, comme beaucoup d'églises, la porte ne s'ouvre pas. Je ne pourrai pas confirmer mes constatations. Avant de quitter la colline, je jette un dernier regard vers la magnifique église puis j'admire le panorama comme un guetteur du Moyen Âge.

 

 

Histoire de l'église :

* Au 10ème siècle, une chapelle existerait dans l'enceinte du château primitif (à vérifier).

* Au 12ème siècle, le Vicomte (voir titre de noblesse) de Couserans, fait "agrandir" l'église et modernise le château.

* Entre la fin du 14ème et le début du 15ème siècle, les murs de l'église reçoivent de nombreuses décorations et peintures.

* Au 15ème siècle, une travée est ajoutée.

* Au 16ème siècle, fortification de l'église.

* En 1594, durant les Guerres de Religion, la ville est brûlée et pillée par les Huguenots.

* En 1650, sur ordre de Richelieu, le château est détruit. Seule l'église survit.

* Vers 1792, les révolutionnaires vendent les pierres de la ruine castrale (Hypothèse formulée par certains historiens).

* En 1906, l'église est classée aux Monuments Historiques.

* A la fin du 20ème siècle, des consolidations et rafraîchissements de l'église sont réalisés. Des peintures murales sont retrouvées.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Pierre) est libre et gratuite. La visite des fortifications intérieures est interdite.

 

La vue est le cadeau de tous les sites médiévaux fortifiés

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commentaires

Esclarmonde 29/03/2014 15:12

Contente de retrouver l'Ariège encore une fois ! J'ai remarqué que les clochers à peigne sont nombreux dans la région et j'ai été aussi frappé par la beauté de l'entrée de cette église, bon
week-end

Le Chevalier Dauphinois 29/03/2014 18:38



Cette ancienne église castrale est unique : Par sa position, son architecture, sa couleur et la richesse de ses sculptures que j'ose nommer Naïves.



Anne la Dauphinoise 28/03/2014 21:29

C urieux et singulier est ce moutier
A ux multiples facettes, et très fortifié.
S on allure générale est fort guerrière,
T outefois, par vos images, une chaumière
I l me semble voir apparaître en mirant
L es recoins anguleux et puis l'auvent...
L aissant de côté vision personnelle
O eil j'ai posé sur défenses bien réelles.
N ef primitive m'a lors impressionnée,

E tant, si l'on peut dire, "aveugle-née" :
N ulle fenêtre, à part les fentes de lumière !

C ertes, était-ce fort propice à la prière.
O n lui aménagea repli plus tard;
U n lieu qui toujours attire mon regard.
S écurités optimales nous montrez
E n merlons entaillés pour tirs "cachés".
R enforcés sont ensuite murs du chevet
A vec bandes lombardes. Point je ne savais
N aturellement que ces "décorations"
S ervaient aussi à consolidation.

A insi, ne sont-elles pas que leurre ou bien
R ichesses affichée, se voyant de loin.
I ncrustées de sculptures sont-elles pourtant,
E t les ai-je admirées ici, vraiment...
G agnée serais-je par autre que défenses
E n ces lieux ? Je ne crois, mais leur présence

L iée n'est point à religion et donne
A spect païen qui, là, toujours m'étonne...
N ul doute que créneaux et mâchicoulis
G randement m'ont plu. Or, les ennemis
U n peu moins durent les apprécier, pour sûr !
E ffrayantes ont été ces "dentelures"
D e tout temps, dès bâtiments approchés;
O ù fallait-il, antan, être bien osé
C ontrecarrer tirs et jets, à leur pied...

N 'a le portail eu l'heur de fort me seoir.
O n sent avec murs différence notoire.
T rès consciente suis-je qu'est précieux cependant,
A vec sculptures du plus bel art roman.

B ien mieux ai-je été par porche attirée :
E st-il si particulier, fortifié...
N e sont que places "incongrues" découvertes :
E xpert "guetteur du Moyen-Âge" vous êtes !

P ar sites, comme celui-ci, qu'encore offrez.
S ut-il dans ce temps lointain m'emporter...

... même si les fortifications montrées, plus tard furent érigées... et que le Couserans, antan, dans Gascogne je crois a été !...

Le Chevalier Dauphinois 31/03/2014 08:59



  Raison vous avez, cette église est très spéciale par son architecture, sa forme rablée, son clocher peigne et sa position sur la colline. La raison principale est que contrairement aux
autre bâtiment religieux servant de repli défensif pour la population, cette église fut celle d'un château fort.


  Ce type d'exemple est rare, mais il me semble en avoir photographier 2 autres. Il va falloir que je les rerouve.