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Ombre et lumière

7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 09:30

 

Département 09 - ARIEGE

 Le modernisme du 21ème est très utile pour un Castellologue amateur

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   Le petit bourg de Durban sur Arize est situé à 70km au Sud de Toulouse, à 60km Est-Sud-Est de Saint Gaudens, à 25km au Nord-Ouest de Foix (voir son château) et à 18km au Nord-Nord-Est de Saint Girons.

     Coordonnées du château :

43° 1' 18.088" N 1° 19' 55.708" E
 43.021691°  1.332141°

 

Le château : 
        L'extérieur :
L'arrivée

   Grâce à mon dictionnaire des châteaux forts, j'ai connaissance d'une magnifique ruine médiévale sur une colline au Nord-Ouest de Durban sur Arize. Aidé par mon magnifique GSP de route équipé d'une option randonnée, je sais exactement où se situe mon Graal.

   Il y a plusieurs chemins pour rejoindre le site castral, j'ai opté pour une randonnée depuis le parking "Milles Pattes" situé à 349m d'altitude aux coordonnées :

43,02006° 1,33190°

Un plan peu lisible à cause des arbres 

La découverte

   Pour atteindre un château fort, il faut très souvent gravir une colline. Mais avec l'ombre des beaux arbres et les odeurs de la végétation, la montée est un plaisir que je ne boude pas.

  Comme par magie, les arbres s'écartent et me laisse voir une blanche ruine.

 

Le plan

  Avec la dense végétation, avec les siècles sans entretien, il n'est point aisé que comprendre l'aménagement de ce magnifique château fort. Je vous propose de "lire" la vue aérienne commentée :

D : Donjon,

E : Sas d'entrée,

eg : Eglise paroissiale,

R1 : Premier rempart,

R : Deuxième rempart,

T : Tour défensive.

   Une église sans toit pour mieux voir le ciel de Dieu

Le 1er rempart extérieur (R1)

  Il faut beaucoup d'imagination pour voir le premier rempart. Les archéologues ont retrouvé ses vestiges et je suppose qu'il est à la hauteur de ce panneau qui me fait déjà vibrer de plaisir

 

L'église (eg)

  Dans la première cour, il ne reste que les vestiges du bâtiment religieux. Cette construction n'est point la chapelle castrale, mais l'église paroissiale de l'ancien bourg à l'époque médiévale.

  Dans ses entrailles, ce n'est que désolation. Il ne reste aucune sculpture, ni trace de support de statut, ni de cul de lampe. Malgré ce vide, je suis surpris par les dimensions de cette construction. Le village médiéval devait être important.

Quelle magnifique surprise !

Le 2ème rempart (R) Archère droite primitive et merlon borgne

  Lentement je me retourne pour déguster la ruine de Saint Barthélemy et surtout le rempart protégeant le château.

   Même si le crénelage a été refait, même si le mur me paraît peu élevé par rapport à celui d'origine, l'architecture de ce deuxième rempart est intéressante.

 

Les systèmes défensifs du rempart

   Un rempart entourant un château fort se doit d'être dissuasif, protecteur et efficace. Je vais vérifier si ces qualités sont discernables sur les vestiges de Saint Barthélemy :

* Solide est ce rempart car il est en pierre. Ne souriez pas en lisant ma prose, mais avant le 10ème siècle, il était habituel d'utiliser les troncs d'arbre pour délimiter l'emplacement.

* Il est posé sur le rocher ainsi sa base est solide.

* Le parement d'angle est bien appareillé, ainsi le rempart n'est point fragilisé.

* Bien qu'asymétriques sur la longueur, les archères sont nombreuses permettant une bonne défense.

   Je suis surpris de ne voir que des archères droites primitives, même si elle bénéficie d'un ébrasement intérieur important.

Son architecture défensive n'aurait elle point évolué après le 12ème siècle ?

 Les années n'ont pas été tendres avec ce vieux château fort

Les courtines du château

    Lentement, je contourne le rempart précédé par de nombreux rochers et je me présente devant la longue courtine. Plusieurs caractéristiques me surprennent :

* Les pierres sont pauvrement taillées,

* De plus, elles sont peu jointives.

* Aucune tour protège le mur,

* Les trous de boulin (voir vocabulaire) ne sont pas rebouchés.

* Aucune archère est visible,

* Je n'imagine même pas qu'une bouche à feu ait été percée.

 

Que conclure ?

    Avant de pénétrer dans le château par cette ouverture peu médiévale et curieusement non protégée par une bretèche (par exemple), je me pose une question : 

* Ce château ne semble pas avoir eu d'amélioration défensive après sa construction.

* Il semble que la "modernisation" ait été une succession de rempart.

Même en ruine, le donjon est puissant 

        L'intérieur :

Je suis accueilli

  Ce ne sont point des soldats qui m'accueillent dans la haute cour mais des chèvres. L'avantage de ces belles et odorantes ruminantes, c'est qu'elles tondent la pelouse .

  Pour une fois, je ne vais pas me faire griffer les mollets par les épineux qui habituellement adorent les ruines et mes jambes.

 

Le donjon (D)

  Rapidement, je pressens que le haut bâtiment est le donjon. Comme je le supposais, il ne comporte pas de système défensif.

 

Je suis troublé

  Je ne sais pas si c'est le parfum aux arômes naturels  des "damoiselles" dans le château ou si c'est le puissant soleil Ariégeois qui me chauffe trop le heaume, mais je ne discerne pas les fonctions des bâtiments et des murs.

  Je vous laisse admirer les murs et vestiges en espérant que votre imaginaire sera plus fertile que le mien. 

 

 

 

C'est la fin

   Pendant que vous admiriez les images, je me suis assis à l'ombre sur un muret pour déguster une pêche tout en admirant le paysage.

 

 

Histoire du château :

* Au milieu du 11ème siècle, un premier château est construit dont la superficie est bien inférieure à l'actuelle ruine.

* Vers 1569, durant les Guerres de Religion, les Protestants attaquent la ville puis brûlent le château.

* En 1657, le château est inhabité. Ruine sera son devenir.

* A la fin du 20ème siècle, l'association Mille-Pattes est créée. Ses membres achètent le château pour lui redonner vie.

* Au début du 21ème siècle, l'association tente de faire vivre l'histoire du lieu, mais les difficultés financières limitent leurs rêves.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite de l'intérieur est possible gratuitement en dehors des activités estivales de loisir. Renseignez vous.

  Le risque de recevoir une pierre est important, soyez très prudents.

 

La vue est l'un des trésors d'un château fort

      Cliquez pour revenir au menu des Châteaux du 09 Vers Menu châteaux de l'Ariège

 

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commentaires

Anne la Dauphinoise 01/10/2014 21:47

J'ai encontré un Pierre de Durban-sur-Arize dans "la chanson de la croisade des Albigeois".
Il était le porte-enseigne de Roger-Bernard de Foix lorsque celui-ci vint rejoindre Raymond VI après son retour dans Toulouse (en 1217)
C'est peu... Mais je connais maintenant au moins un hôte de ce castel qui a connu ces ruines que nous voyons, et cela suffit à me réjouir !

Le Chevalier Dauphinois 02/10/2014 20:48



* Heureux je suis que l'histoire ait retenu le nom d'un membre de cette famille.


* Qu'il soit proche du Comte de Foix n'est point étonnant quand je vois la position de ce château dans le Comté de Foix.



Esclarmonde 14/02/2014 14:20

Encore une magnifique et l'Ariège de toute façon excite mon imagination... Dans un des châteaux de ce département (le château de Lagarde), ce ne sont pas des chêvres que j'avais rencontré mais des
ânes, une bien charmante compagnie et ces ruines laissées à l'abandon donnent une impression de liberté que non plus ces trop sages châteaux "disneylandisés"... Encore merci pour la balade, à
bientôt

Le Chevalier Dauphinois 14/02/2014 15:24



  Je connais le château de Lagarde, mais les traces sont sur des diapositives. Je ne suis pas certain de le montrer dans ce blog avant... 1 siècle ou deux.


  J'ai encore de belles surprises à montrer sur des ruines Ariégeoises. Je suis certain qu'une très spéciale sera te faire pâmer !



Anne la Dauphinoise 08/02/2014 07:47

Je sais que j'ai un peu exagéré ici, et mon imagination fut un tant trop fertile ! un castel de surveillance c'était !...
Mais, par le lien donné j'avais reconnu des noms de seigneurs encontrés dans mes grimoires, le pas fut vite facile à franchir pour en faire un bel castel ! (mais il l'est, quoi qu'il en soit)
Qu'importe ! Vous, pensez l'avoir visité un peu trop vite peut-être; moi, l'avoir imaginé un tant trop grand et bel sûrement !

Le Chevalier Dauphinois 10/02/2014 19:13



* C'est l'avantage des ruines, elles permettent à l'imaginaire d'exploser et d'explrer toutes les possibilités.


* Comme nous ne sommes pas des archéologues, ni des universitaires, nous avons le droit aux exagérations et aux rêves éveillés.


* Et puis, celui qui détient la vérité sur ce château peut venir nous remettre dans le droit chemin de l'architecture historique.


* Donc... Laissons nous prendre par les mots et l'imaginaire.


 



Anne la Dauphinoise 07/02/2014 22:36

S uperbe article, vous dis-je encore une fois,
A lliant tout ce qui me plait, à la fois.
I nvite t-il à grand dépaysement.
N on pas que ! Est-il fort intéressant
T ouchant la construction de ce castel :

B elle description qui va de la chapelle
A u donjon, passant par courtine, rempart.
R estent bâtiments, mais sont-ils chose à part...
T out ceci est offert tant joliment,
H abillant une image d'effet charmant,
E t autre ("assis dans l'ombre") qui fait rêver :
L 'on savoure - non pas le fruit du pêcher ! -
E nvoûtante ambiance, sans doute aux pierres dûe,
M êlées celles-ci à l'ombre d'un feuillu.
Y doit-on ajouter vue satellite

D e laquelle prenons pleine conscience du site.
U ne série d'images enfin, qui me sied :
R éalité de l'abandon qui fait
B ien se poser questions quant aux vestiges
A rrivés jusqu'à nous : n'ont plus prestige,
N oblesse, qui furent, je crois, les leurs...

S ont pans de murs, dont seules les chèvres ont l'heur,
U ne fois broutés épineux, leur porter
R egard, à part vous, bien sûr, Chevalier...

A donc, nous aider un tant auriez pu,
R endant, pour sûr, la tâche moins ardue
I maginer de quelle pièce furent antan...
Z ones sont bien délimitées cependant,
E voquant pour moi ici communs qui

A nimaient basse-cour de mille et un bruits,
R appelant que métiers se côtoyaient,
I ndispensables pour vivre "reclus"... Après,
E tait logis des seigneurs de ce lieu,
G arni de chambres aux étages... Je ne peux
E videmment oublier les soldats :

C ertainement eurent salle de garde, là.
O r, direz-vous : tout ceci est normal;
U ne liste de bâtiments, somme toute, banale.
S auf qu'en songe, les ai fort bien habillés,
E t pierre et bois se sont ici mariés,
R ecouverts, ou non, de tapisseries.
A ustérité y ai-je vue aussi.
N 'est-elle aucunement défaut pour moi;
S ait-elle même me charmer souventefois...

N 'ai-je point souri en lisant votre écrit
O ù murs de pierre des lices en bois ont pris
T rès vite - une chance !- la place au fil des ans :
A vancée primordiale, bouleversement...

B ien que tant peu de défenses l'on ait vues,
E t cela semble, il est vrai, incongru,
N e suis-je point déçue d'avoir visité
E xquises ruines qui savent aussi nous montrer

P eut-être que ne voulut être belliqueux
S aint Barthélémy, juste "castel heureux"...?

Le Chevalier Dauphinois 10/02/2014 19:09



Diantre !... Mais votre prose c'est : Versailles


* Cette ruine aux mutiples remparts et tours disparues vous a donné un élan qui me motive encore plus à trouver des châteaux du même genre.


* Il est vrai que j'ai tenté d'appater le visiteur avec de multiples images, embellies par le soleil Ariégeois.


* Ce puissant château avec son église, même s'il n'appartenait pas à un grand seigneur, a marqué l'histoire médiévale de cet ancien Comté.


* En voyant la dimension de l'église, je suis certain qu'un village "important en feux" était proche. Beaucoup plus que ne l'est l'actuel Durban.



Anne la Dauphinoise 07/02/2014 10:29

Vous nous gâtez vraiment !
J'attendais vainement ce matin (je ne peux regarder qu'entre 7 h 30 et pendant 20 mn avant d'aller gagner ma croûte, puis au moment du repas de midi - heureusement que de temps à autre je peux lire
vos articles de mon travail : cela valait le coup de patienter !)
Il y aura tant à dire que cela va encore être difficile d'être concise !
Quel dépaysement !... surtout par ce temps maussade ! Merci déjà, Chevalier !

Le Chevalier Dauphinois 07/02/2014 11:09



   La diffusion de l'article semble avoir été perturbée soit par une erreur de ma part ou par un bug partiel d'Overblog. Qu'importe, le principal est que cette beauté Ariégeoise soit
visible ce jour.


  Ce château est important pour moi car ce fut le premier que j'ai visité lors de ma quinzaine dans ce département. J'avais fait beaucoup de kilomètres sous le soleil depuis Mon Dauphiné,
j'étais pressé de rejoindre mon gite (à plusieurs lieux), j'ai donc regardé/photographié ce château avec un peu moins d'attention qu'il le méritait.


  J'espère que cet article est vivant puis correctement documenté.