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Ombre et lumière

17 juin 2014 2 17 /06 /juin /2014 06:30

 

Département 02 - AISNE (Thiérache)

  Il ne reste que 500m pour voir mon Graal

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Le village d'Esquéhéries est situé à 40km au Sud-Est de Cambrai, à 35km au Nord-Est de Saint Quentin et à 20km au Nord-Ouest de Vervins.

     Coordonnées de l'église :

49° 59′ 4.12″ N 3° 44′ 43.75″ E
 49.984479°  3.745485°

 

L'église :

     L'extérieur :

La découverte

     Grâce à ma brochure des églises fortifiées du Thiérache, je sais qu'une beauté va s'offrir à moi, ou plutôt à mes yeux de castellologue-amateur. J'ai connaissance que cette province ne possède pratiquement pas de château fort du Moyen Âge. Et j'ai conscience que ses églises fortifiées ont été construites après ma période fétiche.

     Mais voir, approcher et déguster une construction fortifiée originale de presque 500 ans est un bonheur que je ne dois pas me priver.

  C'est avec cette passion que je découvre au loin l'un des buts de ma croisade Picarde.

L'église va t elle me séduire jusqu'à l'extase ? 

 

L'enquête commence

    Au bout de la route, la masse rouge m'impressionne. Après avoir passé 5 jours dans ce département, je sais que la brique serait le matériau de cette église, mais je ne présageais pas de cette masse et de ses 4 tours d'angle rondes et larges.

   Le plus fascinant est l'asymétrie de l'ensemble, aussi bien en design qu'en hauteur (regardez la tour proche du clocher si différente des 2 autres, coté chevet).

Rouge et massive est cette église de la Thiérache 

Le chevet

    Sans fenêtre, ce chevet plat ne ressemble aucunement à ceux des classiques églises. Son observation révèle sa fonction défensive :

 * Les tours, par leurs dimensions permettent d'habriter des tireurs grâce aux multiples petites fentes verticales pour fusil.

 * Au sommet du chevet, les 2 ouvertures sont peut être les vestiges de bretèches (voir vocabulaire) ou de latrines en encorbellement.

 * Ce bâtiment surélevé par rapport à la nef est sans conteste une salle de repli.

 

La vue d'ensemble

    Pour mieux comprendre l'architecture fortifiée de cette église, je prends un peu de recul.

  Ce bâtiment religieux fortifié sans transept est composé de 3 "constructions" bien différentes :

1 -  Au centre, une nef "sans défense" dont les ouvertures de lumière ont certainement été réalisées il y a 1 à 2 siècles, donc postérieures à l'église.

2 -Sur la droite, un haut chevet avec les tours d'angle comportant des fentes de tir asymétriques pour couvrir au moins 270°. Sous le toit pentu du chevet, coincée entre 2 fente de tir pour fusil, une ouverture m'intrigue. Ce ne semble point être bretêche ni latrines.

Était ce une simple fenêtre pour aérer la salle de repli ?

3 - Sur la gauche, plus petites que le clocher avec ses curieux abat-sons, 2 tours de défense de tailles plus modestes que celles du chevet et dont les fentes de tir ont disparu (suite à la reconstruction du 20ème siècle ?).

Nota : Avez vous remarqué que la base des bâtiments est en pierres ?

 

L'entrée de l'église

     Avec un chevet aussi fortifié, je m'attendais à une entrée "de château fort". Bien que la façade comporte 2 tours de défense, je ne distingue aucun système défensif imposant et efficace pour protéger l'entrée, lieu logique d'une attaque.

   Mais en observant la partie supérieure, je me demande si une reconstruction récente n'a pas supprimé les traces d'un encorbellement.

 

    L'intérieur :

  Comme souvent durant notre siècle, les églises sont fermées. Celle-ci ne déroge pas à la règle.

 

 

Histoire de l'église :

* Au milieu du 16ème siècle, le Duc (voir titre de noblesse) de Guise autorise la vente d'une partie de ses terres dans le bourg pour la construction d'un lieu de culte.
* A partir de 1570 (?), construction de l'église.
* En 1670, une poutre garde la date d'une reconstruction partielle (ou achèvement de l'église).
* Vers 1791, l'église est transformée par les révolutionnaires en fabrique de poudre à canon.
* A la fin du 19ème siècle, l'église est agrandie (sacristie) et de grandes baies sont ouvertes pour éclairer la nef.
* Entre 1914 et 1917, l'église subit quelques dégâts et destructions.
* En 1922, l'église est partiellement reconstruite.
* En 1934, l'église est inscrite aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Martin) est libre et gratuite. La visite du clocher et des fortifications est interdite. 

 

Tours, salle de repli.. Quelle magnifique fortification !

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Published by Le Chevalier Dauphinois - dans Châteaux en Picardie : 02 60 80
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commentaires

Anne la Dauphinoise 19/06/2014 21:29

Je m'attache, dans ces églises de brique, à leur allure générale, après les fortifications, puisque le matériau ne me plait pas. Certaines avaient su, disons, ne pas trop me déplaire.
Ici, tout est trop massif et strict malgré les rondeurs des tours. Pourtant, j'ai apprécié qu'elle soit fortifiée, et même plus que d'autres plus grandes.
Savez-vous ce qui a pu disparaître de la façade d'entrée ? une bretèche ?... au-dessus d'un vitrail ?

Le Chevalier Dauphinois 20/06/2014 19:55



* Il n'est pas évidement de définir la fonction de "l'ouverture absente". N'ayant pas visité les entrailles, supposition fonctionnelle je peux faire.


* J'imagine que ce fut une bretèche comme pour l'église d'Aouste.



Anne la Dauphinoise 17/06/2014 23:32

E st très impressionnant, pour sûr, ce rouge moutier,
S ans pour autant me plaire. Seules défenses affichées -
Q uatre tours, un repli - m'ont attirée ici.
U ne construction en briques ne me sied toujours mie...
E st-elle, le sais-je, dans style "courant" de cette région,
H ormis, je crois, quelques "pierreuses" exceptions...
E nsemble très ordonné, massif, "rigidifié".
R ondeur des tours aurait pu un tant effacer
I mage de pesanteur... Il n'en est rien, pourtant :
E ntrée et chevet sont des exemples frappants.
S ut ce dernier avoir efficaces défenses

A vec moult de fentes pour tirer en tous sens.
I mportant repli fut créé dans sa hauteur...
S ans doute façade d'entrée a connu des malheurs :
N 'a t-elle que tours aveugles, ou presque, à nous montrer.
E tait-elle, antan, pourvue d'autres sécurités ?

T rous sont visibles, c'est vrai, mais ne vois-je trop comment
H abilla ce mur-là un encorbellement ?
I l a pu s'agir lors d'une bretèche imposante ?
E t si c'était, entrée serait plus "avenante"
R ehaussée d'un atour saillant et dangereux;
A ustère toujours, mais moins dénudée, à mes yeux...
C harme n'opéra ici, comme dans certains moutiers;
H eureuse que religieux aient pourtant partagé
E space sacré pour en faire un lieu fortifié.

Le Chevalier Dauphinois 19/06/2014 19:31



* Je connais votre aversion pour la brique. Etant aussi un admirateur des châteaux en pierre, j'avoue aussi ma petite réticence face à cette couleur rouge.


* Mais cela montre que les hommes du passé se sont adaptés en fonction de leurs ressources naturelles.
* Et puis, c'est surtout l'église fortifiée qui me fascine. Même si elle n'est point médiévale (puisque construite au 16ème siècle) comme presque toutes celles de la Thiérache, elle a
été sécurisante durant les nombreuses périodes de trouble.



Véroo 17/06/2014 19:36

Cette couleur, c'est quand même très joli et original, ça donne un petit coté "dessin animé"....

Le Chevalier Dauphinois 17/06/2014 21:49



Etant un chevalier des montagnes, ne visitant la plupard du temps que des ruines de châteaux en pierres, ma découverte des rouges églises fortifiées de la Thiérache fut un choc. La brique fut
souvent envoutante, mystérieuse par les reflets qu'elle rend..