Translation




 

 

 
 
French to English French to German French to Italian French to Spanish
French to Japanese French to Korean French to Russian French to Chinese (Simplified)
 

 

 
 

 

 

 

 

Ombre et lumière

5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 07:00

 

 

La découverte de l'extérieur du  château est ici --> clic

 

 

  Département 02 - AISNE


  Le château :  

   Une entrée digne d'un temple Grec L'intérieur :

Un curieux détail

    Avant d'emprunter le pont pour rejoindre les entrailles de cette forteresse, je me penche sur la gravure du château après ses transformations au 16ème siècle.

   J'observe maintenant l'entrée et un détail me surprend. De chaque coté de la porte, ce ne sont point des rondes tours qui assuraient la défense :

Ce sont des tourelles en éperon.

    Cette forme "cubique" est contraire à l'esprit "tout en rondeur" de ce château. Je pressens une construction tardive.

 Je vous sens perdu !

  Voici le plan expliquant ma surprise.

  Ce pont, c'est le pompon de l'art Renaissance

Franchir le pont

    Evidemment, après les transformations à la Renaissance, l'entrée n'est pas massive et fortifiée comme au Moyen Âge. Même si les sculptures et décors ont été massacrés, l'entrée du pont est magnifique.

 

Je fais le pont

   Dans cette longue galerie, les siècles sans entretien et les hommes ont fait disparaître toutes les statuts, tableaux et décorations. Mais en fermant les yeux, il est possible de les voir.

Entendez vous la musique de Lully ?

 

L'énigme de la porte

   Au bout, m'attend l'entrée de la forteresse avec ses 2 constructions en éperon. Les colonnes et gravures me font oublier que pont-levis il y avait certainement à l'origine. Dans ce tunnel, je ne vous reçois plus... Etes vous toujours là ?

Mais doute il y a !

   Bien que l'emplacement de l'entrée médiévale ne soit point connu précisément, les archéologues pensent que le pont originel (et donc l'entrée) n'était pas à cet endroit. Cela expliquerait la création des deux éperons.

 

Je suis dans le tunnel

   En traversant ce tunnel dont la perfection monotone m'intéresse peu, je consulte le plan du château. Grâce à un inventaire du milieu du 16ème siècle, le nom des tours nous est connu.

 

Nom des tours

    Notre époque a besoin de donner un nom à chaque chose, objet, bâtiment. C'est ainsi que fut attribué à chaque imposante tour ronde un nom (un qualificatif) en fonction de son utilisation passée :

1 - La Garde-Robes,

2 - La Chapelle,

3 - La Prison,

4 - Le Bout des salles,

5 - L'Horloge,

6 - La Vis des cuisines,

7 - Le Fournil.

  La rondeur du plan me fait tourner la tête

Les salles

     Il n'est pas toujours facile d'identifier les fonctions des pièces dans une ruine. Mais quelques détails architecturaux et une brochure spécifique m'ont permis de mieux les appréhender :

B - Un escalier à berceau rampant dans une cage polygonale,

C - Les cuisines,

E - L'escalier à vis,

P - Le puits,

R - La chambre du roi,

S - La grande salle.

 

La chapelle

    A l'extérieur, j'avais identifié de hautes fenêtres me faisant penser à une chapelle. En face de la ruine, il me semble évident que ma supputation fut correcte :

* Fenêtres pour vitrail,

* Départs de voûte,

* Nef (?),

* Cul de lampe sculpté.

 

Les escaliers

   Lorsqu'il y a des tours, donc des étages, des escaliers sont nécessaires. Ce château ayant été modernisé à la Renaissance, il est possible de voir :

* Un escalier droit,

* Un escalier d'apparat,

* Un escalier à vis médiéval.

  Ce dernier desservait tous les étages de la tour ainsi qu'une échauguette.

 

Les bâtiments en ruine

   Avec toutes les informations que je vous ai données, vous avez la possibilité de deviner la fonction de chaque pan de mur sur ces images. 

 

 

Je vous questionne !

    Dans cette série, saurez vous identifier la tour de Garde-robes, une archère avec coussiège, un conduit de cheminée et d'élégantes cheminées (mais dans quelle salle ?).

 

Tour de la Garde-Robes Intérieure d'une archère Conduit de cheminée Cheminées

 

C'est la fin

   J'ai passé plus de 4 heures en ce lieu pour écouter chaque pierre, je n'ai pas vu le temps passer. Par contre, en plus d'avancer, le temps change. La pluie menace.

    Je me dois de quitter ce château unique en empruntant à nouveau le pont galerie.

 

 

Histoire du château :

* En 1152, par son mariage (le 3ème) avec Agnès de Beaudricourt et Braine, descendante des Comtes (voir titre de noblesse) de Champagne, le domaine est reçu par Robert Ier de Dreux, fils du Roi de France Louis VI le Gros (voir liste des rois).

* Au début du 13ème siècle, Robert II de Dreux, fils de Robert Ier, décide la construction d'un château fort en ce lieu.

* En 1218, à la mort de Robert II, son fils Pierre Mauclerc hérite du château en construction.

* En 1250, le site échoit à Guy de Lusignan, fils de Yolande de Bretagne, donc petit fils de Pierre Mauclerc.

* En 1260, le château fortifié est terminé. Il aura fallu 54 ans pour le rendre "imprenable".

* A la fin du 13ème siècle, le château est possession de Gaucher de Châtillon.

* En 1395, le château est acheté par Louis Ier  Duc d'Orléans et Comte de Valois (c'est le frère du Roi Charles VI - voir liste).

* En 1420, une troupe Anglaise attaque le château. Dans la forteresse, le Capitaine Alardin de Monzay résiste vaillamment

* En 1424, une attaque Anglaise échoue aussi devant la vigilance de son capitaine.

* En 1445, Jean d'Orléans hérite du château.

* Au début du 15ème siècle, le Roi de France François Ier (voir liste des rois) hérite du château.

* En 1514, le Roi donne le site et ses terres en usufruit à sa mère Louise de Savoie.

* En 1518, Antoine de Bourbon serait né au château.

* En 1528, pour son mariage, le château est offert au Grand Connétable Anne de Montmorency par la mère de François 1er.

* A partir de 1530 (ou 1545 ?), le vieux château fort peu confortable est modifié en profondeur par son propriétaire.

* Vers 1555, le magnifique pont couvert est réalisé par l'architecte Jean Bullant.

* En 1592, le château est récupéré par le Roi Henri IV.

* Vers 1632, Henri II de Montmorency, filleul du Roi Henri IV et petit fils du Connétable Anne de Montmorency, est exécuté pour "traîtrise" à la couronne Royale. Le château est confisqué par le cardinal de Richelieu, puis donné à Henri II de Bourbon Condé.

* Quelques temps après, le château est rendu à l'épouse du Prince de Condé : Charlotte de Montmorency.

* En 1651, le château est possession du Prince de Conti, frère du Grand Condé.

* En 1752, Louise Henriette de Bourbon, descendante du Prince de Conti, apporte  le château en dot à Louis Philippe d'Orléans.

* En 1779, Philippe Egalité, fils de Louise Henriette et de Louis Philippe, a un grand besoin d'argent. Il fait démolir le château pour vendre les pierres.

* En 1862, le site est classé aux Monuments Historiques.

* Au 20ème siècle, un industriel achète les ruines et décide de les consolider. Un association de bénévoles travaillent au déboisement puis à la reconstruction et aux consolidations.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur depuis le sentier et la route est libre et gratuite. La visite de la ruine est possible gratuitement en respectant les vieilles pierres et la tranquillité du lieu.

 

Je vois l'infini et même... plus loin !

 

      Cliquez pour revenir au menu des Châteaux du 02

Vers Menu châteaux de l'Aisne

Partager cet article

Repost 0
Published by Le Chevalier Dauphinois - dans Châteaux en Picardie : 02 60 80
commenter cet article

commentaires

Anne la Dauphinoise 23/02/2015 12:08

C omme je l’avais pressenti, l’intérieur
A de quoi nous faire pâmer de bonheur !
S uis-je un peu excessive, je le conçois,
T ant me plaisent ces vestiges d’autrefois !
E n retirerai-je seulement le pont,
L equel ne me sied mie pour moult raisons.

D irai-je que - sans vous chagriner j’espère -
E ntendu de Lulli musique n’ai-je guère :

F abuleuse mélodie plus attirante
E manait des ruines au-delà, charmante…
R ondeurs se découvrant à nous, enfin,
E t immensité du site, son destin

F antastique aussi par le nom des hôtes
E grené dans une liste de gens de haute
R éputation, pour sur ! Ils ont été
E n quelque sorte des guides, mais, Chevalier,

E n êtes le premier, évidemment !
N ous n’aurions su, sans votre grand talent, «

T oucher » de si près ces ruines merveilleuses,
A voir de leur vie - même si piteuse,
R egardée aujourd’hui - traces si belles !
D u fournil à l’horloge et la chapelle,
E mpreinte de jadis vous révélez,
N imbée d’une aura de toute beauté.
O ncques ne saurions être insensibles, nenni,
I mages mirant des pans de murs qui «
S écrètent », à mes yeux et pour les plus vieux,

A tmosphère d’antan : tour de l’horloge peut,
I l m’est avis, être classée le meilleur
S ouvenir du site, à sa première heure ( ?)
N ‘est-ce que très subjective vision, c’est vrai :
E st-elle ma préférée ; or, je ne sais

P ourquoi de cette manière je m’y attache.
I mportant n’est-il point que je le sache…
C omme je ne connais point de sa voisine
A ssurément pur sens !… « Vis des cuisines »
R envoie, dans mon esprit, à garde-manger,
D uquel tout dépendait dans le passé…
I l suffisait d’un siège pour que l’on soit
E n désespoir de cause, bien des fois,

P ris au piège mené à la reddition ;
O ù, même un puits n’était point condition
S ine qua non pour résister toujours…
T émoin de l’aisance du lieu est un atour

S ymbolique de ces temps très religieux :
C hapelle érigée ; craignaient tous fort Dieu
R iches ou pauvres… mais nobles uniquement «
I ncrustaient » dans sculptures et bâtiments
P uissance (toute relative, je pense) de leur
T rès grande piété… l’entrevoir fut bonheur…
U n manteau décoré de cheminée
M onumentale, à voir restes montrés,

N ous indique que les seigneurs du castel
O nt eu, à certains moments, la vie belle :
T endant l’oreille, me semble que de la salle
A ppelée « grande » parvient l’écho des bals

B aignant cette pièce d’une chaleureuse ambiance.
E taient-ce repas, musiques, magnificence,
N ‘en doutons pas, des habits de chacun…
E xquis instants, alors que dans communs,

E ncore nommés « cuisines », et dans fournil,
T ravaillaient artisans… autre « profil »…

E t nous l’aurions mieux ressenti* si nous
N ‘avions « à nous mettre sous la dents » que bouts
C assés bien trop de leur cadre de vie…
O n peut imaginer qu’était ici
R avissant four en brique et cheminée
E norme pouvant rôtir très gros gibiers …

C hambre du roi a dû donner émoi
E n la mirant : ses âtres d’autrefois
C onfèrent charme à cette pièce, mais tout entier,
I l est sûr, a su castel m’envoûter !

E t les rondeurs du plan ne m’ont fait mie
T ourner la tête ** : ont-elles su paradis -

C onjuguées à l’ensemble - faire approcher !
E t tant pis si l’entrée n’ai-je appréciée :
C elle du Moyen-âge m’a éblouie !
I ncroyable, n’est-il pas ?… l’ai-je vue ! si, si !

* point de votre fait cela est ! trop peu de ces pièces est encore visible de nos jours pour les appréhender à leur vraie valeur.
** c’est de vous : lu sur photo du plan.

Le Chevalier Dauphinois 24/02/2015 12:44

* Comme je vous l'avais écrit lors de ma réponse pour l'extérieur, ce château, bien loin de Notre Dauphiné, fut l'une des 3 raisons de ma croisade en Picardie.... Et même la première raison.
* La construction de ce château est unique. De plus avec ses illustres propriétaires et invités, j'ai su rapidement qu'il ferait l’objet d'un double article.
* C'est en visitant de tels bâtiments que je suis fier d'avoir comme passion amateur : La recherche de châteaux forts

Anne la Dauphinoise 22/02/2015 11:06

Merci pour vos réponses, Chevalier. M’en vais pouvoir acrosticher sans erreur !
Et cela m’a permis de voir où « le bât blesse » pour écrire un commentaire correct : Apparemment, il ne faut jamais que j’écrive directement dans le bloc-note… si je veux mettre des guillemets notamment (j’ai dû rajouter ma 1ère phrase directement dans le bloc-note), mais que je prépare ma réponse complète, sans n’y plus changer quoi que ce soit, dans Word, puis que je fasse 2 copier/coller : le 1er de Word au bloc-note et le 2e du bloc-note à votre blog.
Je réessaie maintenant : pourrez-vous faire apparaître ce commentaire juste le temps que je vois si c’est bien la bonne façon de m’y prendre ? Merci d’avance ! (si cette « méthode » s’avère être la bonne « qui marche enfin », je suis « sauvée » ! (et j’avoue que même si je dois exécuter 2 copier/coller, cela sera moins long, en fin de compte, que de recopier chaque acrostiche mot-à-mot, ce qui me prenait au bas mot ½ heure minimum ! Et comme je garde une copie de mes acrostiches, cela ne me fait point de « travail » en plus. Il faut juste que je sois « tip-top » dès le départ, chez moi, dans Word, alors que je prenais le temps, beaucoup de temps, pour relire mes proses, une fois écrites dans la case commentaires, et qu’il me semble que je voyais mieux mes erreurs de frappe et fautes d’orthographe… question d’habitude à prendre…)

Anne la Dauphinoise 21/02/2015 21:16

Je crois que j’ai failli quelque part… dans votre 1ère photo (photo de gauche) de la 1ère série : si la tour de gauche est la tour de la garde-robes, comme vous nous le laissez entendre dans la 2e série de photos, alors la ruine à côté à sa droite ne peut être la chapelle, d’après le plan : ce serait l’une des tours de l’éperon… ?
Mais, par contre, si, toujours dans cette photo, la ruine de droite est bien la chapelle, alors celle de gauche est la ruine de la chambre du roi, non ? et toujours d’après le plan.. ??? Je suis un peu perdue, là ! Viendrez-vous à mon secours ?

Le Chevalier Dauphinois 21/02/2015 22:46

* Dans la deuxième série d'image, j'ai "volontairement" mis une erreur.
* L'image de gauche n'est point la tour de la Garde-Robe.... C'est la Chambre du Roi.
*** Vous avez bien identifié mon piège.
* Ayant visité cette ruine il y a bien longtemps, j'ai fais appel à la logique plutôt qu'à ma mémoire pour vous répondre.
* De plus j'ai écrit cet article il y a presque un an, donc..... il a fallu que je replonge dans mes notes illisibles car la bruine avait mouillé les pages de mon parchemin.

Anne la Dauphinoise 21/02/2015 18:40

Avant d’acrosticher sur ces magnifiques vestiges, je vous livre mes déductions sur : "quel pan de ruine correspond à quelle salle ? ", pour pouvoir ne point dire de bêtises dans ma prose ensuite.
(et en même temps, je teste votre astuce avec le bloc-note et un copier/coller)

1 - chapelle à droite.
- tour de la garde-robes à gauche (montrée dans la 2e série de photos)

2 - au premier plan : tour de l’horloge.
- juste à côté ensuite, à droite : escalier à vis.
- au fond : tour du bout des salles (expliquée par photo 3 - et par moi ! ) : on voit la cheminée de la grande salle = la tour à côté de cette salle, à gauche, est celle de l’horloge, d’après le plan.

3 - à droite la tour de l’horloge, et à sa droite la tour du bout des salles : parce qu’on voit qu’il y avait quelque chose devant - la grande salle - par les pierres restantes et l’avancement des gravats, et la tour se trouvait bien « au fond ».
- à gauche, suivant le plan : la vis des cuisines - de plus il y a quelques pierres alignées au sol entre ces 2 tours (de l’horloge et vis des cuisines) et 2 « ouvertures » laissées au sol, qui font penser aux ouvertures d’antan, et sur le plan il n’y a qu’à cet endroit que l’on trouve 2 ouvertures aussi proches et alignées.

4 - à droite : la tour de la vis des cuisines et à gauche un pan de mur de la cuisine (et même un pan de mur de la petite pièce à droite de la cuisine sur le plan (qu’est-ce ?)
et sur la ruine de gauche on voit le départ de la porte qui allait au fournil ? (on voit 2 genres de piliers droits et même, peut-être, 1 départ de voûte au-dessus = porte du fournil ?)

5 - la « grande salle », car belle et très grande cheminée dont il reste les briques réfractaires et les beaux décors du manteau, sur la gauche (cheminée vue sur le plan, à côté de la tour du bout des salles, non ?).

6 - intérieur de la tour de l’horloge ?: de là, on voit en face la chapelle.
- de plus, il y a 2 « sorties » : l’une à droite qui part vers la tour de la vis des cuisines : on voit un muret à droite, et l’entrée de l’escalier à vis doit être à gauche de la plus grande « porte » (celle de gauche).

J’espère que vous me direz là où j’ai failli…
...

Pour la 2e série de photos :
Les élégantes cheminées étaient dans la chambre du roi, non ? (ici, 2 étages sont vus)
Et le conduit de cheminée : celui du fournil ?
Quant à l’archère, je n’ai pas trop su la situer : peut-être dans la tour du bout des salles ? car on voit, sur le plan, quelque chose qui pourrait être l’échauguette représentée ? (il y a le même genre dans la tour du fournil, mais une archère dans un fournil… ? je la vois mieux placée dans la grande salle).

Le Chevalier Dauphinois 21/02/2015 22:57

* A part mon "piège" (honte j'ai) de la tour Garde-robes (en 1), il me semble que vous avez trouvé.
* Pour l'archère, j'avoue humblement que ma mémoire défaille. Il me semble (mais sans certitude absolue) qu'elle est dans la tour du Bout des salles. Mais comme toutes les tours ont gardé ce type de système défensif, le doute est permis.