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Ombre et lumière

2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 06:30

 

Département :  11 - AUDE

 Mon Graal est encore loin !

Le site médiéval :

   Situation :   (--> le voir sur une carte)

       Elle n'est pas facile à trouver cette ruine. Si vous ne connaissez pas son existence ou si vous n'avez pas une carte précise, vous passerez devant sans lever la tête.

  Le site médiéval est sur un pic, sur la route entre Rennes les Bains, en direction de Peyrepertuse. Plus exactement au Sud-Est de Cassaignes, sur la butte proche du hameau de Pachevan.

   Cette "beauté de pierres" est dans le "triangle des châteaux Cathare".

 

    Coordonnées du château :

42° 56' 16" N 2° 18' 41" E
 42.937889  2.311399

 

  Origine du nom :

      Peu de recherches sont nécessaire pour connaître l'origine de ce nom. Le "fort" a été construit sur un rocher BLANC (si la toponymie  était toujours comme cela, ce serait extraordinaire).

 

Le château :

  Ma vue se trouble à trop la regarder   L'extérieur :

L'approche

     Après une marche peu facile, j'arrive devant le "mur d'entrée". Un seuil de 3 mètres de haut faisant office de fossé ou de douves dans les châteaux de notre enfance (ah Hollywood, comme tu as déformé la vérité  ).

   Le rocher ne s'est pas effondré, c'est une "astuce classique" pour la défense d'une forteresse. Il faut une échelle pour pénétrer dans la cour.

       Les chevaux devaient être logés à l'extérieur de l'enceinte, mais aucune trace de bâtiment distinctif est visible.

 

Je m'interroge

   Ce qui surprend, c'est la petitesse du château par rapport à son importance dans l'histoire. Mais d'autres châteaux de cette région ont des dimensions encore plus modestes. 

 

     L'intérieur :

La cour intérieure

   Elle est très petite et on distingue (si l'on possède une loupe de Sherlock Holmes) au nord, les traces d'un bâtiment de forme trapézoïdale. Les contours comportent les traces de fondation d'une courtine (rempart).

  Plus au Nord, une autre plate-forme en contrebas d'une hauteur de 5 mètres. Je n'ai point été téméraire pour faire le saut (et le sot ?  ), mais je n'ai distingué aucune trace de construction (curieux !  ). 

 

La Citerne

    A l'Est de la cour, appuyée sur un rocher apparaissent les fondations d'une citerne, élément indispensable pour un château si haut perché donc ne possédant pas de puits. Elle a une profondeur de 2 mètres, mais des traces de grès taillés autour prouveraient que ses dimensions devaient être plus imposantes.

     Les parois possèdent encore le revêtement "étanche". Au fond, une vasque creusée dans le roc devait servir à la récupération des boues, lors du curetage (opération importante avec une citerne si l'on veut tenir face à un siège. L'eau propre est une condition de victoire). La conservation de la citerne surprend face au délabrement de l'ensemble.  

 

Le donjon

     Au sud de la cour trône les fondations d'une tour carrée de 7 mètres de coté avec des murs de 1,50m d'épaisseur. Ce n'était sûrement pas un bâtiment d'habitation. Le donjon devait servir de tour de guet et de dernier refuge en cas d'envahissement du château. Sa construction semble datée du 14ème siècle, mais il est difficile d'être affirmatif par le manque d'indice et de pierres.

 

 

Histoire du château :

* Au 10ème siècle, une position fortifiée est construite par les Wisigoths.
* En 1067, le "castrum de Blancafortis" est cité dans la présentation d'hommage du seigneur au comte de Barcelone.
* Vers 1100, le château dépendait de l'abbaye de Jaffus (aujourd'hui disparue). Il semble qu'une querelle de territoire l'oppose à celle d'Alet.
* En 1119, le castrum apparaît dans le bulle du pape Calixte II. Le "castrum Blancafortis" appartient à l'abbaye d'Alet. Mais ceci n'était pas en accord avec le seigneur du château.
* En 1125, Bernard de Blancafort (seigneur du château ?) se soumet au Vicomte Bernard Aton, figeant ainsi ses droits sur Blancafort au profit d'Alet. 
* Vers 1130, une histoire (mais est elle vraie ?) prétend que des templiers ont été invités par le seigneur pour exploiter la mine d'or. La mine était une excuse pour justifier de production du métal précieux par "transformation". Certains racontent (chuuuuuuut, c'est un secret) que l'or venait de la fonte en lingot du trésor des 'Wisigoth' qui avait été retrouvé dans une grotte. (Templier, Or, Trésor--> Quelle belle histoire !...Cela ne vous rappelle rien avec Rennes le Château tout proche ?.... Mais est ce vrai ?).
* Vers 1209, début de la croisade contre les Albigeois, le château est conquis par les troupes de Simon de Montfort.
* Vers 1230, le seigneur Guillaume de Blancafort est contraint de fuir devant les forces royales. Il rejoint les rangs des "faidits".
* Vers 1231, le compagnon d'arme de Simon de Montfort, Pierre de Voisins, saisit le château et le territoire comme biens de la croisade. Il devient le nouveau seigneur de Blanchafort (c'est son nouveau nom),  puis il fait payer de fortes taxes aux habitants de la région.
* Au 14ème siècle, il semble que le château soit aménagé et consolidé. L'agrandissement de la citerne doit résulter de cette époque.
* Au début de 16ème siècle, avec l'arrivée des canons et de la Renaissance, la forteresse ne semble plus être utile et son inconfort la rend invivable pour ce nouveau siècle.
* En 1659, avec la signature du traité des Pyrénées (définissant la frontière entre l'Espagne et la France), cette forteresse perd son rôle d'arrière garde frontalière. Elle est abandonnée.
* En 1713, la carte de Roussel recensant les châteaux et forteresses de la France ne cite pas le Blanchefort.
* Le temps fait son oeuvre et la forteresse laisse place à la ruine inaccessible (sauf pour vous par cette visite virtuelle).
* Au 21ème siècle, la visite est libre et gratuite, mais à vos risques, car le terrain est glissant et le seuil d'accès un peu haut. Ruine réservée aux passionnés.

 

Filmé par David A. Williams ©

 

 

  Si vous êtes l'auteur de cette vidéo et si vous pensez qu'elle n'a pas sa place sur cette page, faites le moi savoir et je l'enlèverais.... Chevalier d'honneur je suis 

 

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Published by Le Chevalier Dauphinois - dans Châteaux en Languedoc : 11 30 34
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commentaires

cougul 17/06/2011 08:30


le chateau de blanchefort ex blanquefort s'appele ainsi non parcequ'il y a de la pierre blanche mais parceque coule pres du chateau une petite riviere qui s'appelle la BLANQUE.


Le Chevalier Dauphinois 18/06/2011 11:14



Merci pour cette précsion. Je vérifierai avec mon livre sur les toponymies Audoises.



castrum 21/09/2010 20:08


oui, c'est vrai, c'est souvent le cas et pour les sites dit Sarrasins également ou Maures.

mais, comme il n'y a pas de fumée sans feu, il se peut que ces lieu à tour médiévale (exemple Fa dans l'Aude) peuvent avoir connue un édifique plus anciens.

les wisigoths ont souvent utilisés les sites romains préexistants, comme par exemple Carcassonne. Il semble qu'une frontière virtuelle fut imposée dans l'Aude, entre les Francs et les Wisigoths, et
ainsi le besoin de mettre en défense un "castrum" peut expliquer l'édification de tour (peut être en bois ou bâti en dur (?)


Le Chevalier Dauphinois 22/09/2010 07:28



J'avoue être peu cultuvé en Wisigoth. Mais c'est un sujet que je vais certainement abordé en 2015 lorsque je ferai les châteaux des Pyrénées.



castrum 21/09/2010 18:39


merci pour votre aide.

Cette info est très importante pour moi, car c'est la deuxième fois que je rencontre cette théorie et concernant un village tout proche.

Je cherche les sources qui peuvent argumenter l'idée que les wisigoths ont construit des tours d'observation dans cette vallée.

Cette hypothèse semble valable quand on sait que les Francs se trouvaient très proche. Cette rive de l'Aude (la droite) appartenait aux wisigoths (avec semble t-il Rennes le Château). Les Francs
étaient positionnés pas très loin, (d'après les ouvrages de typonimie) dans la zone de Roquetaillade (où il y a un château), Brenac et peut être Antugnac...?

si quelqu'un me lit... je serai intéressé d'en savoir plus

cordialement


Le Chevalier Dauphinois 21/09/2010 18:56



   Dans de nombreuses régions, des constructions fortifiées en haut d'un pic sont souvent nommées : Tour Wisigoth. J'ai eu cette appellation plusieurs fois dans le département 31,
autour de Bagnère de Luchon.


   Mais des textes d'historiens locaux contestent souvent cette appellation car les constructions semblent datées du 12ème siècle.



castrum 21/09/2010 18:32


oui, ces deux "établissements" sont accessibles et hyper riche en ce qui concerne l'histoire locale.

elle sont parfois à la base de certaines communes de la région, grâce aux dépendances qu'elles ont crée.

Blanchefort qui appartenait aux de Voisins, fut certainement attaché à l'abbaye d'Alet comme ce fut le cas pour Couiza.

Mais comme ces abbayes se concurenssaient, il arrive parfois que la commune d'a côté appartenanit à l'autre !!!

question de revenus, de pouvoir en un mot de concurence !!!


Le Chevalier Dauphinois 22/09/2010 07:36



 L'influence et la puissance des monastères, abbayes et autres ordres religieux ont marqué l'histoire médiévale de toute les régions. Conflits guerriers, procès et interventions Papales sont
nombreux. Mais c'est un sujet que je ne ferais qu'effleurer lors d'article sur les ruines.


  N'étant pas un historien mais un marcheur-photographe, ce sont les pierres qui m'amusent, et la recherche de leur fonction. Mais il est évident qu'architecture et histoire sont évidemment
liées.



castrum 21/09/2010 17:25


concernant "l'abbaye de Jaffus", il n'existe aucune sources en dehors des chercheur de trésors locaux de ce site.

Il existait au 18e siècle une chapelle au lieux dit Pechoriol ou Pech Auriol sur la commune de Cassaigne.

les seules abbayes présentes au Moyen-âge dans la région proche, sont Alet et Saint Polycarpe...


Le Chevalier Dauphinois 21/09/2010 18:23



   J'ai visité les 2 sites d'abbayes dont vous faites mention. Il est vrai qu'êtant plus marcheur qu'historien, ces 2 sites proche de la route ont été un petit encas un jour de pluie.