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Ombre et lumière

15 mars 2006 3 15 /03 /mars /2006 21:10

 

Département 12 - AVEYRON

 

 

Le Village :

La ville basse :
A la fin du 19ème siècle, la bifurcation de la voie férrée venant de Bézier vers le Nord (Neussargues) et vers l'Ouest (Rodez) installa un dépôt de locomotives, des ateliers de réparation et un quartier neuf peuplé de cheminots.. Ce fut Sévérac-Gare.
Cette ville moderne s'est étendue jusqu'à "rejoindre" la ville haute nommée Sévérac-le-Château.
 
La ville haute :
Blottie au pied du château, la belle cité médiévale surprend par son charme désuet avec ses maisons en encorbellement, ses ruelles, ses porches et escaliers qui incitent à la découverte et à la flânerie.
La cité médiévale avec ses maisons des 14 et 15èmes siècles, ses portes fortifiées du Peyrou et du Latazou, la "Maison des Consuls", la fontaine romane, "Sesteyral" (le marché aux grains), "La Maison de Jeanne" du XIVème siècle comportant un atelier de poterie et l'exposition sur le quotidien au moyen-âge.
Jadis, elle était protégée par un large fossé, les Douves, et une ceinture de remparts. On y pénétrait par 4 portes avec pont-levis et herse. Deux existent encore
·       celle du "Peyrou"
·       celle de "Latazou".
Bâties sur un plan en arc-de-cercle, les trois rues principales rayonnent autour de la place de la Fontaine :
·       Amaury de Sévérac,
·       Duc d'Arpajon,
·       Belvezet).
Des ruelles, nommées ici des "carayrolles", partent de ces 3 grands axes. En raison du terrain, elles sont parfois aménagées en escaliers sous des maisons, en passages couverts, voûtés ou non.
La ville Haute était répartie en 6 quartiers. Artisans et commerçants prospéraient dans ces murs et, en particulier, les tisserands qui fabriquaient des "cadis", tissus de laine assez épais et non peignés pour la confection, entre autres, de vêtements militaires. Draps et toiles étaient également fabriqués dans la cité et vendus, par convois d'animaux de bâts, dans le Midi de la France et jusqu'à Gênes en Italie.
Au détour d'une ruelle, on peut admirer :
·       Les tours en poivrière,
·       Les passages voûtés,
·       Les maisons à colombages,
·       Le marché à grain "Sestayral" où se réglaient les échanges de blé, orge, avoine, seigle de la baronnie de Sévérac,
·       La fontaine romane,
·       Les échoppes.
 
 
Le château :   (--> le voir sur la carte)
Bâti sur une butte qui culmine à 817m, l'imposant château de Sévérac des 12ème et 17ème siècles veille sur la paisible Cité Médiévale et offre une vue remarquable, notamment sur la vallée de l'Aveyron.
 
A découvrir: remparts, tours, chapelle, cuisine, façade Renaissance, points de vue exceptionnel et tables d'orientation.
Le château se présente comme une grande enceinte polygonale flanquée de tourelle circulaire. Vue de loin, il présente une masse imposante avec un mélange médiéval et renaissance. Découvrons le maintenant par une jolie promenade à pieds.
 
Le portail :
De style corinthien, avec pont-levis (aujourd'hui disparu), il s'ouvre sur un porche en voûte et conduit à la cours d'honneur.
 
La cours d'Honneur :
Elle est immense est montre la puissance de la famille de Sévérac. A l'Ouest, un mur bien restauré et une tourelle de guet. A l'Est , elle est fermée par une muraille supportant la terrasse dite "des canons". En s'approchant du mur, une magnifique vue s'étend sur le bourg et la campagne Sévéragaise.
Près d'une arcade (qui tient par magie) on distingue la base d'un escalier monumental a double volet.
 
La chapelle castrale :
Située au Nord, cette chapelle est accolée à la muraille. Bien restaurée, elle montre un plafond de style gothique.
 
Le logis :
Imposant. C'est le mot qui vient à l'esprit devant ces nombreuses fenêtres et les restes des conduits de cheminée. Pour le confort, le logis a été rebâti entre 1607 et 1650, donnant plus de confort à cette forteresse trop médiéval pour ces habitants.
Situé au Sud, sa façade mesure 85 mètres. Le logis comptait 3 étages et 2 sous-sol. Une cuisine avec un âtre imposant permet d'imaginer les fêtes et les repas donnés au château durant ses heures de gloire.
 
 
Histoire du village et du château
·       50 000 avant JC : Des traces d'activités humaines sont présentes sur le site de Sévérac et ses environs à partir du Moustérien.
·       Vers 8 000 avant JC, la région est véritablement peuplée au néolithique.
·       Vers 2 500 avant JC, le pays est peuplé d’agriculteurs et chasseur, la civilisation devient sédentaire, présence de nombreuses nécropoles mégalithiques, dolmens.
·       En 50 avant JC, colonisation par les Romains.
·       Vers 732, la ville tomba aux mains des Sarrasins.
·       Vers 883, premières mentions écrites du nom de Sévérac : "Severiacum,propriété de Severus", probablement le nom d'un grand propriétaire foncier de l'époque. Grâce à "Charlemagne" Sévérac est le siège d'une viguerie: "Charge du viguier délégué du Seigneur pour la basse justice et les autres administrations du domaine".
·       En 1003, Gui 1er fonde probablement le couvent de Bénédictines et de l’église "Saint Sauveur".
·       En 1214, Simon de Montfort attaque le château dont le seigneur, Déodat III, est lié à la couronne d'Aragon. Après négociation, Déodat III conserve une partie de ses domaines.
·       En 1270, Avant de partir à la croisade, Gui IV accorde des allègements et des franchises d'impôts importantes aux habitants de Sévérac.
·       1418-1422, Amaury de Sévérac, Maréchal de France, baron de Sévérac, crée les foires à Laissac (petit village à 24km au NO) et à Sévérac. Il fait réaménager la fontaine romane dans la Cité Médiévale.
·       En 1424, mort d'Amaury de Sévérac, traîtreusement assassiné par par les Armagnac. La famille d'Armagnac "hérite" des terres de Sévérac qu'ils disputaient au Vicomte de Lomagne déclaré légataire par le maréchal.
·       En 1427, un inventaire fait état de l'extrême pauvreté du mobilier du château, car il est peu habité dans les Armagnac.
·       En 1432 (le 4 octobre), Jean IV d'Armagnac établit à Sévérac le consulat. Cette décision aura une importance capitale dans la Cité pendant trois siècles. Les Consuls, nommés pour un an, avaient en charge la bonne administration et la police de la commune. Ils percevaient les taxes, détenaient les clefs de la ville, fixaient le prix des vins, du pain, de l'huile, la taille et le poids du pain. Ils poinçonnaient aux armes du Seigneur les mesures, les cannes et les poids.
·       En 1444, le dauphin de France, futur roi Louis XI, prend le château par la force et confisque les biens des Armagnac, et les donne à Antoine de Chavannes, Comte de Dommartin.
·       En 1508, après un procès de 92 ans, un arrêt du Parlement de Paris donne l'héritage d'Amaury de Sévérac à Gui d'Arpajon.
·       En 1560, Antoine d'Arpajon, baron de Sévérac, adhère au protestantisme.
·       En 1569, Charles d'Arpajon prend le commandement des calvinistes en Rouergue.
·       En 1586, Charles d'Arpajon défend victorieusement le château contre le Duc de Joyeuse, commandant d'une armée du roi de France catholique.
·       A partir de 1607, et pendant 43 ans, Jean V d'Arpajon, Sénéchal du Rouergue et son fils Louis VI d'Arpajon transforment le château fort médiéval en un palais élégant de style renaissance - préclassique.
·       En 1620, Jean V d'Arpajon abjure le protestantisme. Reconstruction de l'église Saint-Sauveur.
·       En 1637, sous le marquis Louis VI, duc et pair de France, la famille des Arpajon, barons de Sévérac, atteint son apogée qui se terminera à sa mort.
·       En 1654, sur une colline face au château est bâtie la chapelle Notre-Dame de Lorette.
·       En 1679, mort de Louis VI d'Arpajon. Le château est délaissé et tombe en ruines.
·       En 1692, les consuls perdent leurs pouvoirs. Le roi de France Louis XIV nomme un maire pour la communauté.
·       Sans doute victime de cette tumultueuse histoire, la bourgade née au pied des remparts mis du temps à grandir. Sous Louis XV et Louis XVI sont tracées les routes royales. (Elles deviendront les nationales 9 et 88). Un fructueux négoce put enfin transformer la région et "agrandir la cité".
·       En 1793, durant la terreur, une guillotine est installée à Sévérac. Le château est mis sous séquestre.
·       En 1794, la duchesse de Biron, marquise de Sévérac, meurt sur l'échafaud à Paris.
·       En 1799, vente du château à M. Couret, marchand de biens. Inhabité depuis de nombreuses années et détruit par 2 incendies, les restes du château servirent de carrière de pierre à bâtir, tandis que sa charpente procurait du bois de chauffage.
·       En 1932, décret de classement du château au titre des monuments historiques.
·       En 1936, premiers travaux de sauvegarde du Château sous l'égide du ministère des Beaux-Arts.
·       En 1966, achat du château par la commune, et début des travaux de restauration qui dureront 30 ans.
 

 

 

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Published by le chevalier du 38 - dans Châteaux en Rouergue : 12
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commentaires

Anne la Dauphinoise 25/06/2014 14:01

ça alors !
Cet article devrait m'enthousiasmer avec un historique si long ! (qui moult me plait, quoi qu'il en soit). En fait, je suis déçue de ne presque point voir d'images du bel castel décrit... Comme
quoi, j'ai dû évoluer dans ma manière de ressentir vos articles... et vos ruines.
Peut-être qu'un jour vous allez reprendre cet article ? (puisque je lis dans votre réponse au commentaire que 2015 devrait être "l'année Aveyron", entre autres)

Le Chevalier Dauphinois 25/06/2014 17:31



* Cet article est l'un des 10 premiers que j'ai écrit à l'ouverture du blog.


* Depuis, j'ai changé ma méthode rédactionnelle et augmenté de beaucoup le nombre d'images.


* Il est prévu que je reprenne les "premiers" articles en 2016... ou lorsque j'aurais décrit 1000 châteaux.



Pierre 20/06/2011 14:44


Nous n'avons pas poussé jusque là, mais en passant à Peyrelade nous avons pu voir un des beaux vestiges laissé par les seigneurs du Rouergue.


Le Chevalier Dauphinois 20/06/2011 21:31



  Je connais ce château, blotti sur le rocher survolant la rivière. En 2015, j'ai prévu de consacrer plusieurs mois à la rédaction des châteaux de ce magnifique département.