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Ombre et lumière

28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 07:00

 

Département 12 - AVEYRON

  Je pressens un voyage dans le temps !

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   La commune de Bertholène est située à 40km au Nord-Ouest de Millau, à 15km au Nord-Est de Rodez et à 8km au Sud-Est de Bozouls (voir cette commune).

     Coordonnées du château :

44° 25' 9.062" N 2° 48' 32.544" E
 44.419184°  2.80904°

 

Le château : 
        L'extérieur :
L'arrivée

     Après avoir visité la ruine du château fort de Bertholène, je me rends à 6km au Nord-Est pour découvrir une autre merveille médiévale nommée : Les Bourines.

  De suite, je comprends que cette beauté médiévale va me fasciner durant de longues heures.

  Quelle magnifique construction !

La découverte

   J'ai beaucoup de difficulté à imaginer que cette massive construction soit qualifiée, dans ma brochure, de "bâtiment d'un domaine d'élevage". Avant d'avoir lu l'historique, j'aurais affirmé que ce fut le château fort principal d'un puissant seigneur.

 

L'analyse 

   La première façade qui s'offre à moi est fascinante. Cet enchevêtrement d'architecture différente est certainement causé par des aménagements sur plusieurs siècles. D'ailleurs, les différences de pierres sont évidentes :

* Sur la droite, une imposante tour carrée. Peut être servait elle à la défense de la porte actuelle (sur la droite). Je suis surpris que la tour ne comporte aucune archère ni ouverture de tir. Sous le toit, des consoles trahissent la présence d'anciens mâchicoulis (voir vocabulaire). Quelles belles latrines doubles

* A gauche de la tour, le mur est soutenu par quatre contreforts à larmier. En constatant qu'un entre eux bouche partiellement une ouverture Romane, je suppose qu'ils ont certainement été aménagés quelques temps après. Je subodore aussi que la pièce derrière la fenêtre fut la chapelle. 

* Au dessus, plusieurs constructions en encorbellement m'informent que des pièces de vie existaient à cet étage. Les habitants réalisaient leurs besoins par ces latrines.

 

Une ronde surprise
    Au bout du long mur parsemé de latrines haut perchées, je vois une ronde tour. Elle possède quelques évidences médiévales mais aussi des curiosités :

* Au sommet, un chemin de ronde couvert pour le guet et la défense.

* Puis les classiques et efficaces mâchicoulis.

* En dessous, quelques fenêtres de confort prouvant que salles d'habitation (ou de fonction) existaient.

* A mi-hauteur, une pierre sculptée. Une tour médiévale, sans aucun doute !

* Au rez de chaussée, une porte m'intrigue. Ce n'est point habituel pour une tour de défense au moyen âge.

Etait ce la poterne ? 

* Au dessus de la porte, la fente verticale avec un trou pour arme à feu me semble datée du 15ème siècle.

* La base est évasée :

- Pour tenir l'ensemble,

- Diminuer le travail des sapeurs en augmentant l'épaisseur du mur,

- Puis, grâce au plan incliné, faire rouler les pierres du sommet vers l'assaillant.

 

L'autre façade

   Lentement je contourne la ronde tour pour découvrir l'autre façade dans l'ombre. L'aspect général semble identique à sa consoeur excepté quelques détails :

* L'absence de contrefort,

* Des ouvertures nombreuses (parfois au niveau du sol) avec souvent des grilles anti-intrusion (16ème siècle ?),

* Des latrines pour une personne.

  Deux tours médiévales à la toiture très différente

Une autre tour ronde

    Au bout de cette longue façade dans l'ombre, je vois une ronde tour. Elle me semble identique à la première (Chemin de ronde couvert, mâchicoulis...). Pourtant quelques détails diffèrent :

* Elle est plus haute,

* Sa toiture est plus élevée,

* Elle possède de petites archères droites du 12ème (?) siècle,

* A mi-hauteur, des consoles sont les vestiges de latrines.

 

Est ce la fin ?

   Pensant avoir tout vu de cette beauté médiévale, je prends un peu de recul pour l'admirer une dernière fois.

  Et..... C'est le choc.

Voyez vous la raison de mon étonnement ?

  Deux styles de tours défensives se regardent

La tour maîtresse

  Au centre du quadrilatère, un puissant donjon me surprend. Que vois je :

* Des angles bien appareillés,

* Sur les parois, des pierres de forme et tailles asymétriques,

* Un chemin de ronde couvert sous le toit,

* Une construction en encorbellement (Latrines ou bretèche pour la défense d'une porte que je ne vois point),

* Des échauguettes d'angle posées sur culots.

 

La porte d'entrée

  Ce château étant si extraordinaire, je me précipite vers le portail d'entrée pour tenter un assaut culturel (bien sur). Hélas, la grille ne s'ouvre point. Etant sous le feu nourri (virtuellement bien sur) de la ronde tour d'angle, j'esquisse une retraite tactique.... En espérant qu'un jour, visite globale je ferai.

 

        L'intérieur :
  La propriété est privée. Il est possible de visiter le château quelques jours dans l'année. Hélas, cette magnifique construction était fermée le jour de ma venue.

 

Massif et élégant

 

 

Histoire du château :

* En 1245, une bulle du pape Innocent IV cite le château des Bourines. Il appartient à la famille Séveyrac.

* En 1289, le site est cédé aux moines d'Aubrac.

* Vers 1335, à quelques distances du château le moulin de Peyrade est construit. Il dépend du fief des Bourines.

* En 1353, les moines d'Aubrac déposent à Brourines leurs titres et richesses en prévision d'une attaque de leur hôpital et résidence principale.

* Au 15ème siècle, un puissant donjon est aménagé.

* A la fin du 15ème siècle, la tour de défense Nord-Ouest est aménagée. Elle porte les armes de la famille d'Estaing.

* En 1547, le portail est modifié. Le nom du Cardinal Evêque de Rodez, Georges d'Armagnac, est gravé.

* En 1562, le château est gardé par le Chevalier (voir titre de noblesse) de Montpeyroux, commandant 12 soldats.

* En 1565, le château est attaqué puis pris par 300 soldats sur l'ordre du Prieur de Caudelz.

* En 1574, durant les Guerres de Religion, les Huguenots assiègent le site.

* En 1663, un recensement prouve l'importance des Bourines. Par exemple, le cheptel comprend 36 boeufs, 50 bêtes à cornes et 1800 bêtes à laine.

* En 1791, les révolutionnaires forcent la vente des Bourines (appartenant aux moines d'Aubrac) à Antoine Marcillac et Louis Gineste.

* En 1794, le site et les terres appartiennent à une association composées des familles :

- Granier,

- Dupin,

- Mourgues.

* Le 19ème siècle voit le début du déclin des Bourines.

* En 1862, la foudre tue plusieurs animaux d'élevage.

* En 1870, la sécheresse force la vente du bétail.

* En 1936, la famille Aubaret habite le château et possède plus de 1300 bêtes.

* En 1952, le moulin de Peyrade est dissocié du fief des Bourines.

* En 1963, le site est classé aux Monuments Historiques.

* A la fin du 20ème siècle, le site est possession de la famille Delmas.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite en respectant le silence de la propriété privée. La visite de l'intérieur serait possible quelques jours dans l'année. Veuillez vous renseigner.

 

Un ensemble castral magnifique !

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Published by Le Chevalier Dauphinois - dans Châteaux en Rouergue : 12
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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 12:30

 

 

** Soutenons le patrimoine ! **

 

   Vous connaissez toutes et tous ma passion pour le patrimoine. Par ce blog elle s'exprime pour les édifices fortifiés de l'époque médiévale. Mais mon appareil photo sait que je mémorise tous types de bâtiments.

 

   Le patrimoine, ce n'est pas que des constructions.

Le patrimoine, c'est la mémoire !

 

La mémoire s'exprime par des statuts, des tableaux, des dessins, des gravures dans les grottes montrant un instant de vie.

 

Face à l'histoire de l'humanité, une nouvelle forme de mémoire est apparue : L'écriture.

Cette incroyable invention nous permet de connaître puis de comprendre et enfin de transmettre.

 

    Je souhaite vous faire connaître une petite maison d'édition pleine d'initiatives intelligentes avec des acteurs dynamiques. J'ai entretenu durant plusieurs années une correspondance très instructive avec l'une des membres.

 

Les éditions FRAGILE

 

  Pour se donner plus de moyens, pour nous permettre d'agrandir notre culture et notre mémoire, cette maison d'édition demande votre soutien par le crowdfunding.

Qu'est ce me dites vous ?

   C'est un financement participatif en échange de contreparties. Ceci n'est pas une "arnaque", je soutiens déjà quelques autres projets par ce financement participatif.

 

Imaginez : Si un million de personnes donnent 1 Euro.... Que de piastres cela ferait pour eux (et pour nous, car nous en profiterons).

 

Allez voir leur site et leurs projets : Les éditions FRAGILE

 

Avec eux, tout est sujet à apprendre : clic

 

 

  Si vous pensez qu'un petit coup de pouce serait très utile, pouvez vous participer en cliquant sur le lien ci-dessous :

 

Aidez Les --> clic

 

 

Et n'oubliez pas ... Parlez en autour de vous.

 

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 07:30

 

Département  40 - LANDES

 

Le bourg :Avez vous la coquille pour visiter cette église ?

    Situation  (--> le voir sur une carte)

        Le bourg de Bougue est situé à 9km à l'Est de Mont de Marsan et à 8km à l'Ouest de Villeneuve de Marsan.

   Coordonnées du bourg :

43° 53′ 28″ N 0° 23′ 29″ W
 43.891111°  -0.391389°

 

L'église :

    L'extérieur :

La découverte

    Le chemin vers Compostelle passant par Mont de Marsan possède de nombreuses églises fortifiées. Il me suffit de suivre les Coquilles pour me pâmer à chaque étape devant des merveilles.

Mais où se trouve celle de Bougue ?

   Il est impossible de ne pas voir cette église tant elle est majestueuse et magnifique dans son écrin de verdure.

Mais est elle fortifiée ?

  Les contreforts sont peu puissants, les fenêtres trop basses, les fentes de tir inexistantes. Je pressens un jeu de piste.

 

L'enquête commence 

    Quand j'ai un doute, je prends un peu de recul pour comprendre l'architecture globale. Et ma "logique" est récompensée.

Voyez vous la raison de ma satisfaction ?

    Sur la droite, un clocher curieusement bas possède 2 ouvertures coté nef. Ce ne sont pas des portes à cause de la faible hauteur.

Ne serait ce point un reste de crénelage ou un vestige d'un chemin de ronde ? 

 

Puissance et grâce sont les qualités de cette église fortifiée

Le clocher-donjon

   Je contourne rapidement l'édifice pour découvrir non pas une simple tour de guet mais un puissant "donjon" trapu. Contrairement à de nombreuses églises, ce clocher n'est pas haut dans le ciel mais ramassé sur lui même pour mieux recevoir les coups de buttoir des attaquants. (oups.. désolé, mon imagination m'emporte au Moyen Âge).

Avez vous remarqué les pierres ?

    Évidemment, je n'attire pas votre regard sur la corniche avec les boules, mais des différentes qualités de pierres.

   Je suppose que la tour a été surélevée (position des "modillons" et différence de taille de pierre) puis a été consolidée rapidement après des attaques (moellons de grès de dimensions aléatoires mélangés à de la brique et des galets; L'ensemble est noyé dans un mortier).

 

Interrogation !

"Chevalier, que penses tu de la position du cadran solaire ?".

      Vous avez raison de m'interpeller, savantes lectrices et cultivés lecteurs, un cadran solaire est souvent positionné au Sud. Cela signifie que cette église n'est pas dans le classique Est-Ouest, mais curieusement Nord-Sud.

 

Les défenses

     L'ouverture centrale correspond à un créneau, il est encadré par 2 archères cruciformes dont la partie centrale (horizontale) me semble trop étroite pour être efficace dans le jet de flèche.

Est ce du à une mauvaise reconstruction ?

N'y a t il que cela pour défendre la tour ?  

    Que nenni. En me "penchant" un peu, j'aperçois une fente de tir (je n'ose la nommer archère (voir vocabulaire) car elle est trop petite pour ce type de construction), puis sur la face à 90°, une autre fente de tir. Bien que le nombre de système défensif semble faible, l'ensemble est homogène et sécurise les 3 faces.

La 4ème possède-t-elle un mur vierge de défense ?.

    Évidemment non, cette dernière a son lot de système de tir et de surveillance.

"Chevalier, cette façade est elle avec des petites pierres taillées comme des briques ?"

    Vous avez raison, cette face est construite comme les 3 autres. Étant positionnée à l'Est, elle était à l'ombre lors de ma visite. Conséquence, l'image était terne. J'ai voulu (grâce à un logiciel photo) lui donner un peu de lumière et de vie pour sublimer les défenses. 

 

    L'intérieur :

       Comme souvent durant notre siècle, les églises sont fermées. Celle-ci ne déroge pas à la règle, point de porte ouverte il y a.

 


Histoire de l'église :

* Au 12ème siècle, construction d'une église.
* Au 14ème siècle, l'église et l'abbaye sont fortifiées.
* Au 16ème siècle, les protestants attaquent et détruisent l'abbaye. L'église est partiellement ruinée.
* En 1854, l'église est remaniée. La tour de défense est transformée en clocher. Un porche est aménagé. L'auvent est soutenu par des colonnes provenant d'un retable du 18ème siècle.
* En 1997, l'église est inscrite aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Candide) est libre et gratuite depuis la place du village. La visite du clocher est interdite.

 

Une église unique doit avoir une représentation unique

 

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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 07:10

 

Département 02 - AISNE

  Le rayon de soleil matinal me révèle les ombres du château

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      La commune de Fère-en-Tardenois est située à 37km au Sud-Sud-Ouest de Laon, à 32km à l'Ouest de Reims et à 20km au Sud-Est de Soissons.

  Coordonnée du château :

49° 13' 21.234" N 3° 31' 59.282" E
 49.222565°  3.533134°

 

Le château :

     L'extérieur :

La découverte

    En arrivant à proximité du château de Fère (situé à 3km au Nord du bourg), j'ai les poils qui se dressent. Mon corps pressent que la visite de ce jour va être exceptionnelle.

  Je vais découvrir et vous montrer une forteresse unique.

  Une motte castrale aménagée par l'homme, puis renforcée de pierres

Une butte

    La butte portant le château est exceptionnelle car elle a été aménagée par d'importants travaux. Ses proportions sont :

* 120 mètres de diamètre,

* Composé de 9 cotés non identiques,

* Une hauteur de 18 mètres,

* Avec une pente avoisinant les 40°,

* La terrasse plane a une forme de polyèdre à 9 cotés asymétriques,

* Avec un diamètre oscillant entre 60 à 80 mètres.

  En observant cette butte, j'ai la sensation de voir une pyramide arasée. Ce type de réalisation semble unique en notre Royaume.

 

Y a-t-il des défenses ?

    Il ne suffit pas de construire un habitat sur une butte pour qu'il soit difficilement prenable par l'assaillant, il faut évidemment des systèmes défensifs actifs et passifs.

  Ce château en possède toute la gamme.

  Un fossé limitant la puissance des attaquants

Les premiers systèmes défensifs

    D'après mes lectures sur les grands stratèges et sur les attaques de bâtiments fortifiés, je peux affirmer qu'aucun château fort est imprenable.

    Le but pour un défenseur est de retarder l'assaut final, d'ajouter des pièges et remparts pour "démoraliser" l'assaillant.

  C'est dans ce but que fut construit le château de Fère :

* A l'extérieur, certains castellologue supposent la présence d'un rempart entourant le fossé.

* Puis en bas de la motte, un large fossé laissant de la distance entre les défenseurs et les armes de jet des assaillants.

* Evidemment, une pente (entièrement parementée de grès) rendant difficile la monter et permettant de faire rouler des pierres rondes (pour écraser l'assaillant).

* A la périphérie haute de la butte, un rempart avec de petites tours semi-circulaires (de 3 mètres de diamètre) isolait le château. Il ne reste que des vestiges arasés mais la sensation de puissance défensive se ressent.

  Ce château m'en fait voir de toutes les couleurs

D'imposantes tours défensives

    Au sommet, les imposantes tours rondes, bien que très ruinées donnent un aspect massif à cette forteresse médiévale.

  Ce plan architectural me surprend :

* Par l'absence de donjon,

* Par le nombre impressionnant de tours (7) pour un espace si réduit,

* Par le diamètre surprenant de ces tours rondes (9 à 10 mètres).

* Par conséquence, la faible largeur des courtines entre chaque tour (une moyenne de 8 mètres).

  Le résultat est très surprenant.

 

Les vieilles tours

   Le temps et les hommes ayant été très cruels avec ces ancêtres de pierres, les tours ne possèdent plus de crénelage ni mâchicoulis (voir vocabulaire). Pourtant elles offrent aux touristes curieux de nombreuses caractéristiques et quelques énigmes.

  Arasée et pourtant si vaillante !

Description des tours

     La qualité de construction des tours prouve que ce site fut un emblème de la puissance de son seigneur. C'est un vrai plaisir éducatif que d'observer ces bâtiments :

* Le parement extérieur est parfait, aussi bien la taille des pierres, leur unicité et la qualité des joints.

Le remblai semble très solide.

* Une chapelle a été aménagée à l'étage dans une tour.

* De hautes archères sont visibles sur plusieurs étages et sur toute la périphérie.

* Certaines archères mesurent plus de 3 mètres.

* En regardant par la fente, je constate que l'ébrasement intérieur n'est pas important mais il est plongeant. Les archers pouvaient aisément tirer en bas.

* Grâce à l'effondrement des courtines, les axes de circulation se révèlent.

  A quoi pouvait servir l'appareillage à la base des tours ?

L'énigme architecturale des tours

    Ma plus grande surprise fut la base des tours. Autant le parement supérieur est lisse, autant la base est "chaotique".

  Le glacis est composée de 2 "étages" différents :

* En bas, des pierres pauvrement taillées, peu jointives aux dimensions aléatoires.

* Je peux admettre que les hommes aient préféré démanteler le château par le bas, ce qui est plus facile que récupérer les pierres en haut.

Mais pourquoi toutes les tours ont cette curiosité ?

* Je compte 8 rangées de pierres. Les récupérateurs de pierres n'ont pas pu faire de la destruction symétrique.

** Au dessus, 4 rangées de pierres finement jointées. Elles font saillie en forme de dent.

**Je vous ai déjà montré ce type d'architecture au château de Bitonto en Italie.

** Mais ici, le glacis est trop court pour être efficace et guider des galets ronds.

Quelle fut la fonction exacte de cette curiosité architecturale ?

  Ceci n'est point le Pont d'Avignon... Mais on y danse quand même !

Le pont

   Comme tout château qui se respecte, lorsque douves ou fossé existent, il faut un pont. Très souvent il est en 2 parties :

* Une fixe nommée : Pont dormant,

* Une relevable nommée : Pont levis.

  Hors, ce château possède un pont de 15 mètres de long totalement fixe.

De plus, il est très élégant.

   La raison est simple, il fut construit au milieu du 16ème siècle. Ce pont était couvert et formait certainement une galerie comme à Chenonceau.

 

Un pilier

   Pourquoi vais je proser sur UN pilier alors qu'il y en a 6. La raison est visible ici. Une ouverture pour arme à feu avec ébrasements extérieur et intérieur.

 

      L'intérieur :

Mon questionnement

   Avant de découvrir l'intérieur, je vous fais part de mes 3 interrogations :

1 - Pourquoi avoir construit un château sur motte au 13ème siècle ?

- Cela faisait au moins 1 siècle que ce type de construction était abandonné.

2 - Pourquoi un château circulaire alors que le style Philippéen s'imposait.

3 - Pourquoi ne point avoir de tour maîtresse ?

 

La suite de la visite

Veuillez cliquer ici pour visiter l'intérieur

du château de Fère-en-Tardenois

 

 

 

Il me faut de suite conquérir ce château fort !

 

 

      Cliquez pour revenir au menu des Châteaux du 02

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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 07:30

 

Département 12 - AVEYRON

  Est ce une église fortifiée ou un château fort ?

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   La commune de Sainte Radegonde est située à 20km au Sud de Bozouls (voir son château), à 9km au Sud-Est de Rodez et à 5km au Nord-Est de Flavin (voir son château).

     Coordonnées de l'église :

44° 18' 26.788" N
2° 39' 19.894" E
 44.307441°
 2.655526°

 

L'église : 
        L'extérieur :
Elle m'attend !

    A 5km au Sud-Est de Sainte Radegonde, une curiosité unique m'attend avec impatience. Elle sait que je vais l'immortaliser pour montrer sa beauté au monde (du web).

  Avez vous déjà vu un donjon avec des cloches ?

Est ce un donjon ?

    Il est impossible de ne point voir l'imposante construction survolant les maisons. Durant quelques secondes, j'ai pensé que ce bâtiment était un château et même un donjon.

Etes vous subjugués ?

 

Est ce l'église ?
    Le moment de surprise passé, je constate, en haut de la rectangulaire construction, une série de cloches. Je pressens que le bâtiment fortifié est l'église que je suis venu immortaliser.

   Mais il faut réfréner mes ardeurs, car dans mes croisades, j'ai déjà vu des cloches :

* Sur un beffroi (qui était une ancienne tour d'un château),

* Sur une tour d'un château devenu clocher.

 

Je fais le tour

     Tout en contournant le bâtiment, je me demande où peut être situé l'abside. Evidemment, je pourrai regarder ma boussole (puisque les églises sont orientées Est-ouest), mais je souhaite comprendre l'architecture.

    Dénué de transept et de signe caractéristique d'abside, cette construction m'intrigue encore plus.

 

Fasciné je suis !

  L'autre face me révèle quelques détails : 

* A la base, une construction récente me fait pensé à une sacristie.

* Sur la hauteur, une forme presque ronde qui est une tour-escalier.

 Je guette les échauguettes

Je sais tout maintenant !

* La façade Ouest comporte deux échauguettes sur culots.

* Elles complètent un système défensif basé sur des mâchicoulis (voir vocabulaire).

* Au dessus un chemin de ronde couvert est identifiable. Il est aujourd'hui protégé par un grillage anti-oiseaux.

* La façade Est est dépourvue d'échauguette (qu'elle en est la raison ?).

* Dans la partie supérieure des quatre façades, de nombreuses ouvertures ont été aménagées. Je suis étonné par leur asymétrie d'emplacement et de forme.

* Ces ouvertures sont évidemment des fenêtres pour amener la lumière dans les nombreuses salles nommées : Les chambres.

* Une des ouvertures, avec ses deux trous de boulin en dessous, m'interpelle.

Etait ce une bretèche ?

Ou le fantôme des latrines ?

 

Deux petites curiosités

     Lentement, j'erre autour de la tour (sans tournis) à la recherche de la porte d'entrée de l'église. Soudain une fenêtre basse (sacristie ou petite chapelle récente) attire mon attention.

Savez vous ce qu'est cette gravure ?

 

        L'intérieur :

Sésame : Ouvre toi !
    Dans cette immense masse de pierre, la porte d'entrée (du 21ème siècle) semble invisible. Il me faut un peu de temps pour la remarquer. Il n'y a point de statut de Saint, ni d'ornement sculpté. Le Gothique flamboyant est inconnu en ce lieu

 C'est la première fois que je vois une porte d'église aussi sobre.

     Lentement, je m'avance et je pousse.

  Un arc en ciel de beautés colorées

Colorée

Quel choc !

   L'extérieur était si sobre, si "militaire", que je m'attendais à ne voir que la couleur de la pierre. Hors, l'intérieur est lumineux, coloré, multiple.

* Le choeur évidemment est lumineux grâce aux fenêtres. Mais c'est surtout les formes peintes qui me fascinent.

* Le plafond n'est pas en reste grâce à ses fines nervures peintes et sa rosace colorée au niveau de la clé de voûte.

* Le baptistère a aussi la chance d'être dans un enfeu décoré.

 

Vais je découvrir les entrailles ?

    Derrière la chaire, une porte permet d'accéder à l'escalier. J'espère pouvoir monter les 100 marches vers les "chambres".

  Hélas, la porte est fermée. Je ne connaîtrai jamais les secrets de cette incroyable église.

 

 

Histoire de l'église :

* Au début du 15ème siècle (1442 ?), considérant que les villageois d'Inières ne possèdent pas de fort pour se protéger, l'évêque de Rodez autorise l'aménagement de fortifications pour l'église.

* En 1555, située à l'étage supérieur de l'église, une "chambre" est vendue.

* En 1462, un capitaine est nommé par l'évêque de Rodez.

* En 1468, une tour de défense est ajoutée à l'église.

* En 1587, il semble que des chambres dans la tour soient toujours louées.

* En 1671, certaines chambres sont toujours louées.

* En 1921, l'église est classée aux Monuments Historiques.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Notre Dame de la Nativité) est libre et gratuite. La visite des fortifications intérieures est interdite.

 

Quelle incroyable église fortifiée !

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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 07:30

 

Département :  36 - INDRE

   Au centre du bourg, une beauté attend ma visite !

Le bourg

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        La commune de Bouesse est située à 75km au Nord-Ouest de Montluçon, à 25km au Sud de Châteauroux et à 24km à l'Ouest de La Châtre (voir son château).

   Coordonnée du château :

46° 36' 56.473" N 1° 41' 10.964" E
 46.615687°  1.686379°

 

Le château :  

     L'extérieur :

L'arrivéeUne tour défensive du rempart

   En arrivant dans le petit bourg, comme un aimant je suis attiré par une incroyable construction jouant à se cacher dans les grands arbres. Heureusement, en ce mois de mars, les feuilles sont absentes des arbres et je peux me régaler du spectacle médiéval.

 
Le rempart extérieur

    Evidemment, avec la modernisation, la civilisation et la vie tumultueuse, le rempart n'a plus son agressivité médiévale. Il a été aseptisé et ne montre plus de système défensif, ni de crénelage (voir vocabulaire). Pourtant à l'angle une puissante tour apparaît.

 

La tour d'angle

     La tour présente quelques systèmes défensifs variés :

* Une canonnière pour tir rasant,

* Une ouverture ronde pour arme à feu (dans une pierre blanche ajoutée),

* Au sommet, des trous de boulins pour un hourdage peut être.

  Je suis surpris par la piètre qualité de taille des pierres et leurs positionnements peu jointifs.

 

Il y en a d'autres

   Mon aveuglement à décrire la (première) tour d'angle m'a fait oublier la règle d'or d'un Castellologue-Amateur :

Observer avant d'interpréter !

  Car, en ayant une vue d'ensemble, je vois un autre long rempart (dans le même état que le précédent) et une deuxième tour presque sosie de la première.

  Le donjon marque la puissance de son ancien seigneur !

Le corps de logis

   Au centre de l'espace trône le corps de logis divisé en deux parties :

* Sur la droite, un bâtiment Renaissance avec fenêtres à meneau en croix.

* Sur la gauche, un puissant donjon rond.

 

Le donjon

  Avec ses dimensions, cette tour fut habitable (les fenêtres prouvent son habitabilité). Contrairement aux petites tours d'angle, ce donjon a gardé ses attributs défensifs médiévaux :

* Des mâchicoulis sur consoles,

* Un chemin de ronde couvert,

* Des archères canonnières.

  Comme pour les tours d'angle, je suis surpris de la piètre qualité des pierres, surtout pour un donjon.

 Mais en observant mieux cette tour, je vois par endroit de larges et belles pierres taillées. Une reconstruction/consolidation hâtive a donc été effectué sur l'ensemble du château.

 

     L'intérieur :

         Le château est une propriété privée non visitable. C'est en réalité un hôtel restaurant moderne, silencieux et agréable. Ayant un autre logis ce soir là et n'ayant plus faim, je n'ai hélas pas pu profiter de la découverte des lieux.

Mais je reviendrai !

 

 

Histoire du château :

* Au 13ème siècle, construction du château par Eudes de Cluis, vassal du seigneur de Châteauroux.

* En 1239, un acte autorise le seigneur de Bouesse à exercer les droits de basse et haute justice.

* Au 15ème siècle (1443 ?), le château est acheté par une riche famille Picarde: Les Gaucourt. L'architecture du bâtiment est fondamentalement modifiée avec l'ouverture de fenêtres, grandes salles de confort, larges cheminées, mais en respectant les systèmes défensifs de ce siècle.

* Vers 1792, les Révolutionnaires vendent le château.

* En 1855, le château est en mauvais état. Etienne Thimel, son nouveau propriétaire, tente une restauration.

* A la fin du 19ème siècle, le fils de Etienne continue les restaurations du château.

* Au début du 20ème siècle, Georges Poussielgue-Russand, gendre d'Etienne, embellit le château et décore la façade coté parc.

* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite de l'intérieur est interdite. Mais peut être qu'en mangeant dans le restaurant ou en dormant dans l'hôtel, certaines caractéristiques architecturales vous seront révélées.

 

Pour entrer en ce lieu, il faut avoir faim ou sommeil !

 

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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 07:30

 

Département 02 - AISNE (Thiérache)

 

Le bourg :

Au loin, l'église me fait signe de venir    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Le petit village de Chaourse est situé à 50km au Nord de Reims, à 15km au Sud-Est de Vervins et à 2km au Nord-Ouest de Montcornet.

   Coordonnées du bourg :

49° 42′ 21.64″ N 3° 59′ 57.66″ E
 49.70601°  3.99935°

 

L'église :

     L'extérieur :

La découverte

   En arrivant par la route du Nord,le spectacle est surprenant. Je ne vois aucune maison du bourg, pourtant l'église (but de ma chevauchée) semble voler au dessus de la végétation.

Est ce de la sorcellerie ?

 

L'enquête commence

    Point de Diablerie évidemment, l'église est posée sur une petite butte en bordure du village. Les surprises ne font que commencer, car cette église ne possède pas une architecture traditionnelle.

  Sa longueur me surprend et le clocher quadrangulaire posé au centre de l'église est peu classique pour un bâtiment religieux qui se veut fortifié. Mais en observant mieux cette droite construction, je m'aperçois qu'elle n'est point prévu pour la défense.

N'est ce pas curieux ?

  Massive et aérée.. Quelle église !

Roman ou Gothique ?

    Avant de m'atteler à la recherche du système défensif, j'observe le clocher central. L'asymétrie est fascinante :

  * Elle se retrouve dans les contreforts par l'épaisseur et la disposition.

  * Elle se voit aussi dans les ouvertures géminées parfois bouchées faisant penser à des lésènes.

  * Elle est présente dans les piédroits de hauteurs et diamètres si variés.

  * Et elle est visible au dernier niveau par la présence ou non des abats-sons.

Clocher Roman ou Gothique ?

    Pour vous mettre encore plus de doute, voici les fenêtres de la nef et du choeur.

Lesquelles sont de style Roman et/ou Gothique ?

Les rondes tours tirent sur tout ce qui bouge... sauf moi 

Les tours de défenses

    Entourant la porte d'entrée, 2 petites tours rondes semblent être les seuls vestiges du système défensif :

-->  Celle de gauche (en regardant face à la porte) a du souffrir durant sa vie guerrière car elle est faite de pierres avec des  réparations en briques. Elle possède plusieurs ouvertures de tir pour petit canon espacée sur la hauteur.

 Le plus surprenant est la position très basse d'une des fentes. Je suppose qu'avec les années, le sol a été recouvert de terre puis pierres puis goudron.

--> La tour de droite semble moins abîmée par les années, les "raccords" en briques sont rares. Bien que les pierres de la partie supérieure soient en mauvais état, je suis surpris des la taille de celle de la base.

 

Dernière question

  Contrairement à beaucoup d'église fortifiées que j'ai visitées en Thiérache mais aussi dans notre "Royaume" de France,  l'entrée de l'église de Chaourse est magnifiquement sculptée.

Roman ou Gothique ?

 

    L'intérieur :

  Souvent durant notre siècle, les églises sont fermées. Mais celle-ci a une porte qui s'ouvre. Contrairement aux églises médiévales souvent sombres, celle-ci laisse entrer la lumière qui met en valeur l'autel.

   La travée centrale sous le clocher est moins lumineuse, mais elle révèle des portes secrètes... Chut.... Je disparais tel un passe-muraille.

 

 

Histoire de l'église :

* Au 12ème siècle (?), construction d'une église.
* En 1365, le Roi de France (voir liste) autorise la fortification de l'église.
* Au 15ème siècle (?), modification de l'église.
* Au 16ème siècle, fortification de l'entrée par l'ajout de 2 tours.
* En 1921, l'église est classée aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Martin) est libre et gratuite. La visite des tours est interdite.

 

L'entrée est fortifiés et le clocher devient vigie

 

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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 07:30

 

Département 12 - AVEYRON

  Le château m'a vu avant que je le vois

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   La commune de Bertholène est située à 40km au Nord-Ouest de Millau, à 15km au Nord-Est de Rodez et à 8km au Sud-Est de Bozouls (voir ce bourg).

     Coordonnées du château :

44° 23' 45.658" N 2° 46' 45.476" E
 44.396016°  2.779299°

 

Le château : 
        L'extérieur :
La découverte

   Sur une butte surplombant le bourg, une ruine médiévale surveille les alentours avec sérieux. La position est idéale pour l'établissement d'un château fort. 

   Même si elle semble ruinée, cette construction de 7 siècles va être mon plaisir de cette fin d'après midi de printemps.

  Les remparts sont posés sur le roc

Les murs

    Ma première approche m'amène vers les murs et remparts extérieurs de cette forteresse. Par endroit, ils ont été posés sur le rocher, rendant l'accès plus difficile pour l'assaillant et augmentant la solidité en limitant ainsi le travail des sapeurs.

   Pour relier certaines parties du rocher initial, des  arcs de décharge ont été aménagés (je vous en avais montré un extraordinaire au château de Roquefixade dans le département de l'Ariège).

 

Le long rempart

    En avant  de la façade principale, le rempart a beaucoup souffert. Il est arasé ne laissant pas deviner la présence d'archère ni de crénelage (voir vocabulaire). Les pierres sont de tailles asymétriques et de provenance diverses.

  Il ne reste que peu, mais quel spectacle

La façade
   Derrière le mur arasé du rempart, une façade moderne et médiévale se dore au soleil.

Pourquoi ai je utilisé ces 2 termes ?

La réponse n'est que constatation :

 * Sur la droite, une ronde tour défensive rappelle les grandes heures médiévales du château.
 * Mais la tour a été modifiée par l'ouverture de fenêtres.

 * L'imposante courtine n'a plus ses systèmes défensifs. Elle a été assagie par de simples fenêtres en partie médiane et des fenêtres à meneaux en croix à l'étage supérieur.

* Sur la gauche, une tour presque jumelle à la première, a gardé sa rigueur médiévale. Je suis surpris qu'elle ne comporte aucune fente de tir.

Avez vous remarqué la tour semi-circulaire au second plan ?

 

Je veux entrer

    Lentement, je contourne le site pour trouver l'entrée. C'est à ce moment que je rencontre un système de tir classique  la fin du 15ème siècle.

  Je suis aveuglé par la beauté médiévale

        L'intérieur :

Vais je rester dehors ?

    Les hauts remparts m'empêche d'entrer, les maisons collées au château sont infranchissables. La seule porte moderne en bois est fermée. 

Suis je condamné dehors ?

 

L'espoir de la lumière

   Soudain, une lumière traverse les arbres et me donne la direction. Tout en respectant la zone de sécurité, je peux admirer les entrailles de cette beauté de 7 siècles. 

   L'autre coté de la façade montre les fenêtres à coussiège et les axes de circulation.

  Il y a bien d'autres détails à admirer, mais je ne vous les révèlerai pas pour vous permettre de jouer les détectives lorsque vous rencontrerez cette belle ruine Aveyronnaise.

 

 

Histoire du château :

* Au 13ème siècle, présence d'un château fort en pierre.

* Au 14ème siècle, le seigneurie relève du Baron (voir titre de noblesse) de Sévérac et du Comte de Rodez.

* En 1349, le seigneur de Bertholène participe à une joute organisée par le Roi de Majorque.

* En 1345, en présence du seigneur, les habitants de Bertholène et de Laissac s'engagent à garder le château et à l'entretenir.

* En 1349, l'accord signé quatre ans auparavant est reconduit.

* En 1550, le domaine appartient à François d'Hèbles.

* En 1569, le Sieur Hébles ayant épousé la cause des Protestants, le château est attaqué et canonné par les Catholiques.  La construction fortifiée est pillée, tous les défenseurs sont tués. Seule Marie de Bertholène, femme de François, est épargnée.

* En cette fin de 16ème siècle, le domaine appartient à la famille Faramond. Le château est partiellement reconstruit.

* En cette fin de 17ème siècle, la famille Berne devient propriétaire du château. Elle aménage une façade "moderne".

* En 1697, le site est possession de la famille De Vezins.

* En 1792, la famille De Vezins est chassée par les Révolutionnaires.

* En 1839, Edouart Maisonabe, avocat à Rodes, achète le château. Il récupère de nombreux matériaux et pierres pour construire une maison bourgeoise dans la plaine à  La Caze.

* Au milieu du 19ème siècle, une église et un presbytère sont aménagés dans les dépendances.

* Au début du 20ème siècle, l'abbé Triadou (curé du bourg) achète les ruines du château.

* A la fin du 20ème siècle, une association de sauvegarde tente de faire revivre la ruine.

* En 1999, durant les fouilles, plusieurs objets du 17ème siècle sont retrouvés.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite de l'intérieur ne semble pas possible.

 

Le drapeau du Rouergue flotte toujours

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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 07:30

 

Département 85 - VENDEE

      Voyez vous une église fortifiée ?

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   La commune de Thiré est située à 50km au Nord-Ouest de Niort, à 40km au Nord-Nord-Est de La Rochelle (voir les fortifications), à 30km au Sud-Est de La Roche sur Yon.

     Coordonnées de l'église :

46° 33' 0.515" N
1° 0' 29.599" W
 46.550143°
 -1.008222°

 

L'église : 
        L'extérieur :
La découverte

   Au centre du bourg, dans la rue de l'église, une haute construction en pierre dans un joli écrin de verdure est le but de ma randonnée en ce petit matin de juin. Un clocher très massif

 La forme de ce clocher me fait penser à une tour, que dis je, à un donjon. Mais il ne faut jamais tirer de conclusion sur une première constatation.

C'est ainsi que l'enquête commence.

 

Le clocher

    Ce clocher en pierres correctement taillées  est haut, massif, renforcé par de puissants contreforts d'angle mais il me déstabilise car il ne possède aucun système défensif.

   Je le contourne espérant voir quelques archères (voir vocabulaire) sur la hauteur. Mais aucune fente apparaît sur les murs blancs.

  Entre les abat-sons, je crois voir une fente verticale. Mais je me ravise rapidement car je pressens que c'est une pierre de coincement qui a disparu.

   Comprenant que le clocher n'est point fortifié, je me transforme en touriste et j'admire quelques modillons.

  Voyez vous ces ouvertures ?

Curiosité sur le clocher 

   Soudain, je remarque une curiosité architecturale que mon empressement à chercher des archères n'avait pas porté à mon oeil d'aigle de Castellologue Amateur.

Comment un larmier de contrefort peut il s'insérer dans les pierres d'angle ?

  La réponse est sous mes yeux ébahis.

 

Sont ce des indices de système défensif ?

   Lentement je contourne l'église pour tenter de voir des indices (ou des sculptures car je suis aussi un peu un touriste).

  Sur une façade où la fenêtre à remplage est bouchée, je remarque au sommet des ouvertures m'informant qu'au moins 2 salles existent.

Sont ce des salles de repli ?

  Il semble évident qu'une salle existe sous le toit

Voila LA preuve !

   Tout en m'éloignant pour mieux ressentir l'église, je découvre la nef.

Diantre !... C'est beau !

  Evidemment, mon exclamation n'est point pour le massif de fleur (qui le mériterait aussi) mais pour les ouvertures que je découvre sous le toit.

 

Analyse

* Entre les fenêtres, un puissant contrefort à larmier maintient le mur.

* Au dessus et de chaque coté du contrefort, des ouvertures de tir.

* Et... (je sens que vous grognez derrière votre écran)

Que me dites vous ?

  "Chevalier, les fenêtres sont très grandes et très basses, un assaillant peut entrer facilement."

    Je comprends votre propos très logique. Mais :

Avez vous imaginé que les ouvertures Gothiques puissent être récentes ?

Je vous le prouve par cette image.

Voyez vous l'ouverture Romane positionnée en hauteur empêchant toute intrusion ?

 

La tour escalier

   Evidemment pour monter il faut un escalier. Comme souvent avec ce type de bâtiment, l'escalier est implanté dans une tour extérieure comportant :

* Une archère droite

* Des puits de lumière pouvant aussi être utilisés en système défensif.

 

        L'intérieur :
  Hélas, comme beaucoup d'églises, la porte principale et la porte "secrète" ne s'ouvrent pas. Je ne pourrai pas confirmer mes constatations.

 

 

Histoire de l'église :

* A la fin du 12ème siècle ou au début du 13ème siècle, construction de l'église (à vérifier).

* Au 15ème siècle, modification de l'architecture de l'église.

* En 1927, l'église est inscrite aux Monuments Historiques.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Pierre) est libre et gratuite. La visite des fortifications intérieures est interdite.

 

Une église Romane avec des fenêtres Gothiques

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 07:30
     
michel-j-01  
  Cet article est très spécial : Il est l'oeuvre d'un passionné ayant comme pseudo : " M. J.". Comme moi, il est fou de châteaux, aussi bien d'époque médiévale que renaissance. C'est aussi un passionné d'architecture et d'art. Il m'a proposé d'écrire quelques articles sur mon modeste blog.

     J'ai évidemment accepté. J'adore échanger sur les châteaux forts. Je suis fier de l'avoir dans ce "bateau" qui navigue à travers le temps !

   Croyez moi, vous allez découvrir un monde différent du mien, un ressenti plus architectural.

Faites lui un formidable accueil. 

 

michel-j-02  


Département 76 - SEINE MARITIME

  Le château attend ma visite

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      La commune de Saint Martin du Bec est située à 22km au Sud-Ouest de Fécamp, à 16km à l'Ouest de Bolbec et à 10km au Nord-Nord-Est de Le Havre.

  Coordonnées du château :

49° 35' 50.046" N
0° 12' 25.477" E
 49.597235°
 0.207077°

 

    Toponymie :  (voir initiation)

  Bec : Mot apporté en Normandie par les invasions "barbares". Il signifie : Ruisseau.

 

Le château :

     L'extérieur :

La découverte

      Situé au milieu d'un plan d'eau alimenté par les sources de la Lézarde, l'ancien manoir féodal du 12ème siècle ne subsiste plus que sous la forme des vestiges des cinq tours de l'enceinte.

Le portail d'accès Renaissance 

L'entrée

    On aborde le château par son châtelet d'entrée constitué de deux imposantes tours circulaires encadrant un avant-corps d'inspiration Renaissance et couronné par un fronton en arc de cercle en encorbellement.

 

Les défenses (note du Chevalier)

   Ayant une ossature de château fort d'origine médiévale, cette construction possède de nombreux "fantômes" de systèmes défensifs, qu'il est possible d'observer sur la vue satellite de Google-earth

* Des douves entourant les bâtiments,

* Un châtelet d'entrée fortifié,

* Un pont-levis (voir vocabulaire),

* Des tours rondes aux angles avec archères et fentes de tir,

* En avant des courtines, de larges terrasses certainement pour positionner des canons. Je vous ai déjà présenté ce type d'architecture défensive au château du Plessis Bourré.

 

Le bâtiment d'habitation

   Le château lui-même, joliment mis en valeur par le plan d'eau qui l'entoure, laisse apparaître la gamme des matériaux locaux, dans un style de transition Henri IV – Louis XIII (voir liste des rois).

   La brique prédominante est ornée de damiers de silex et de pierre, alors que les pavillons d'extrémité font déjà usage de toits à la Mansart.

    A partir d'une architecture moyenâgeuse dont il ne reste que des traces. Le château du Bec est un subtil compromis entre une Renaissance finissante et un style Classique non encore affirmé.

   Son originalité réside dans cet appareillage en damiers de pierre, brique et silex.

 

 

Histoire du château : 

  Le château du Bec semble paisible. Comme il est peu connu, il aurait été raisonnable de penser que sa vie fut facile. Pourtant, il eut une existence mouvementée.

* Au 12ème siècle, construction du château par la famille Crespin dont certains membres furent connétables de Normandie.

En 1454, le dernier de cette lignée, l'évêque de Laon, Antoine de Crespin cède le château à son beau-frère, Pierre de Brézé, Grand Sénéchal de Normandie.

* A la fin du 15ème siècle, Louis de Brézé, petit-fils de Charles VII (voir liste) et d'Agnès Sorel et futur époux de Diane de Poitiers se charge de la restauration du château.

* En 1579, le château doit une fois de plus changer de main, lorsque son propriétaire, le duc d'Aumale, Charles 1er de Lorraine, le cède à Nicolas Romé de Fresquiennes, Conseiller au Parlement de Rouen. Ce nouveau propriétaire le remanie totalement dans un style cauchois, alliant la Renaissance finissante au Classicisme naissant.

* Au 17 et 18ème siècle, le château  n'est plus modifié.

* A partir de 1792, durant la Terreur, les révolutionnaires transforment le château en prison pour les prêtres réfractaires.

* Au début du 19ème siècle, le château est laissé à l'abandon

* En 1844, le château passe entre les mains de la famille de Croixmare qui le restaure entièrement durant 4 ans.

* Entre 1914 et 1918, pendant la première Guerre Mondiale, le château accueille le gouvernement belge.

* En 1937, le château  est la propriété de la famille Mignot.

* Entre 1939 et 1945, durant la seconde Guerre, le château devient un hôpital militaire.

* En 1952, certaines parties du château sont inscrites aux Monuments Historiques.

* En 1983, il appartient à une association religieuse.

* A la fin du 20ème siècle, la vocation du château n'en permet malheureusement pas la visite, mais il s'offre cependant généreusement à la vue depuis la route.

* Au 21ème siècle, le château est transformé en "chambres d'hôtes et locations de gîtes". Il serait donc possible de le découvrir partiellement. Veuillez vous renseigner sur les conditions.

 

Unchâteau qui ne renie pas ses origines médiévales

 

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