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Ombre et lumière

27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 07:30

 

Département 12 - AVEYRON

  Plusieurs siècles de construction se devinent

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   La commune de Bournazel est située à 27km au Nord-Est de Villefranche de Rouergue, à 20km au Nord-Ouest de Rodez et à 10km au Sud-Est de Decazeville.

     Coordonnées du château :

44° 27' 33.912" N 2° 17' 57.527" E
 44.45942°  2.299313°

 

Le château : 
        L'extérieur :
Questionnement

   Dans la littérature touristique ainsi que les Guides, le site de Bournazel est considéré comme l'un des plus beaux châteaux Renaissance de la France du Sud. L'amateur de châteaux forts et de ruines médiévales que je suis se pose une question :

Que viens je faire en ce lieu ?

   La réponse est évidente. Les premières pierres de ce site furent posées en 10ème siècle. C'est donc un château du Moyen Âge. Mais une question nouvelle me vient :

A-t-il gardé quelques signes de son époque médiévale ?

  Les maisons entourent le château intemporel

La découverte

    Au centre du bourg, proche de l'église, une massive construction me fait signe. Dans ce plat paysage, entouré par de nombreuses maisons, je ne distingue que les toitures du château.

    Une belle tour ronde d'angle avec trou de boulin (voir vocabulaire), petites fenêtres et fentes verticales m'informent que ce château fut fortifié.

 

Courtine

     La haute courtine a été modifiée à la Renaissance, de nombreuses fenêtres à meneau s'offrent à mon regard de Castellologue-amateur.

  Ma mission est simple : Trouver des détails d'origine médiévale.

 

Une autre tour d'angle

    Evidemment, en suivant la courtine je rencontre une autre tour d'angle. Elle possède quelques caractéristiques intéressantes :

* A sa base, une ouverture de tir horizontale me faisant penser à une petite canonnière.

* Puis, une autre ouverture avec un important ébrasement extérieur. Ce n'est point une canonnière mais un système défensif permettant le tir avec une petit arme à feu (fusil).

  Il m'est impossible de dater correctement ces détails :

Fin 15ème ou début 16ème ?

    J'opte pour la réponse 2.

 

Quel magnifique enchevêtrement de styles !

"Mélange des siècles"

     Soudain, au bout d'une courtine trouée de fenêtres et porte, apparaît une ronde tour arasée. Ce n'est pas sa faible hauteur qui me surprend mais la balustrade "très moderne".

  Pour mieux comprendre ce château, je prends un peu de recul.

Magnifique !

 

Les preuves médiévales
  Solitaire, une haute tour du rempart me donne la lumière médiévale que j'attendais. Avec son vestige de mâchicoulis et sa forme ronde, je pressens qu'elle fut construite au plus tard au 13ème siècle.

 

Le portail d'entrée

  Après la découverte des tours et courtines, j'arrive en face de l'entrée logiquement fortifiée. Encadrée par ses 2 rondes tours hélas arasées, il ne lui manque que le pont-levis (puis crénelage, mâchicoulis, bretèche, assommoir... voir vocabulaire) pour paraître infranchissable.

   Il ne reste du système défensif que 2 rondes ouvertures latérales avec un ébrasement extérieur important pour faciliter le tir d'une arme à feu.

 

Une cour moyenâgeuse

Dans la cour

    La cour montre des bâtiments encore habitables et exploités, mais aussi des constructions consolidées certes mais vide de vie.

   Evidemment, le médiéviste-amateur que je suis a les yeux de Chimène pour les deux imposantes tours.

  Leur architecture me les fait dater du 12ème siècle.

Qu'en pensez vous ?

 

De magnifiques détails

   Le grande tour ronde avec son vestige de mâchicoulis (que je devine grâce aux consoles) et son pinacle protégeant l'escalier intérieur me fascine.

   Mais c'est surtout un couloir de passage entre une tour et le chemin de ronde qui me laisse sans voix.

Diantre, comme ces souvenirs sont émouvants !

 

Le grand logis moderne

    L'architecture Renaissance Italienne se déguste sur 2 bâtiments positionnés en angle. Le plus impressionnant est le Grand Logis avec sa façade très ordonnancée et ses colonnes cannelées qui se superposent les unes sur les autres. Puis, les longues frises sculptées dont certaines sont entrecoupées de magnifiques chapiteaux aux décors rappelant les symboles et oeuvres de l'antiquité.

  Particularité :

     Les métopes des frises (au nombre de 80) ne montrent point les blasons et les ancêtres de la famille De Buisson (voir historique), mais créent une sorte de rébus montrant les principes intellectuels et savants de la culture de ses propriétaires du 16ème siècle.

 

La Renaissance Italienne

   Je vous quitte ici sur la pointe de mes chausses en vous laissant admirer ces sculptures et colonnes. 

 

 

        L'intérieur :

   Le château n'était pas ouvert à la visite le jour de ma venue. Point je pourrai vous montrer les salles meublées avec goût derrière les grandes fenêtres à meneaux en croix.

 

 

Histoire du château :

* Au 10ème siècle, la Baronnie (voir titre de noblesse) de Bournazel est citée dans un texte (cartulaire de Conques).

* Au 11ème siècle, le château appartient à la famille Mancip.

* Au 13ème siècle, les défenses du château sont renforcées.

* Au 14ème siècle, au début de la guerre de Cent ans les attaques et pillages sont importants. Les villageois se protègent dans leur forteresse. Les défenses du château sont renforcées.

* Au 15ème siècle, la famille Mancip est anoblie.

* Au 16ème siècle, par mariage, la propriété appartient à une famille de banquier-marchand nommée : De Buisson.

* Au milieu du 16ème siècle, Jean de Buisson fait réaliser un magnifique château de type Renaissance par l'architecte Guillaume Lissorgues.

* En 1624, le territoire est érigé en Marquisat.

* En 1754, le 25 mars, le célèbre brigand Mandrin est reçu par le propriétaire. En partant le lendemain matin, il donne à son hôte un superbe couteau de chasse.

* A la fin du 18ème siècle, la population manifeste son mécontentement envers les seigneurs de Bournazel.

* En 1790, les habitants du bourg pénètrent dans le château et le brûle. Ruine semble être son avenir.

* En 1864, la famille Marigny, héritière du Marquis Charles de Buisson, restaure partiellement le château.

* Vers 1935, le Colonel de Martigny est propriétaire du site.

* En 1942, Guilbert Victor, appartenant à une famille de gantiers de Millau, possède le château.

* En 1942, le château est classé aux Monuments Historiques.

* En 1948, le site est propriété des Charbonnages de France. Le site devient un centre de repos et de convalescence pour les mineurs du bassin de Decazeville.

* En 1951, la Sécurité Sociale est propriétaire du site.

* A la fin du 20ème siècle, le site est acheté par un membre du groupe AXA. De nombreux travaux d'aménagement sont réalisés.

* En 2007, le château est acheté par un couple de passionné d'architecture. Ils entament une rénovation incroyable.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite payante de l'intérieur est possible. Renseignez vous sur les horaires.

 

Pour mieux déguster ce château fort du Moyen Âge complété par des bâtiments de style Renaissance Italienne, voici une vidéo.

 

 

Je deviens un chevalier amateur de monument touristique... hoooo

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 07:07

 

     
michel-j-01  
Cet article est très spécial : Il est l'oeuvre d'un passionné ayant comme pseudo : " M. J.". Comme moi, il est fou de châteaux, aussi bien d'époque médiévale que renaissance. C'est aussi un passionné d'architecture et d'art. Il m'a proposé d'écrire quelques articles sur mon modeste blog.

     J'ai évidemment accepté. J'adore échanger sur les châteaux forts. Je suis fier de l'avoir dans ce "bateau" qui navigue à travers le temps !

   Croyez moi, vous allez découvrir un monde différent du mien, un ressenti plus architectural.

Faites lui un formidable accueil. 

 

michel-j-02  

  Le château survole le petit bourg

Département 76 - SEINE MARITIME

 

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

       La commune de Valmont est située à 55km au Nord-Ouest de Rouen, à 45km au Sud-Ouest de Dieppe, à 35km au Nord-Est de Le Havre et à 10km à l'Est de Fécamp.

   Coordonnées du château :

49° 44' 29.789" N
0° 30' 50.969" E
 49.741608°
 0.514158°

 

Le château :

     L'extérieur :

La découverte

   Un peu au Sud du bourg, proche de l'église, une colline arborée porte une imposante construction. C'est le château médiéval de Valmont, dont les origines remontent à l'époque des Vikings.

  Cela peut vous surprendre, mais cette terre fut donnée à un certain d'Estout par le célèbre Rollon que certains historiens nomme : Le premier Comte de Normandie (voir liste).

 

Le château au 18ème siècle selon une gravure de l'époque

Des bâtiments disparates

    Pour comprendre les vicissitudes subies par le château de Valmont, il convient de se reporter à cette gravure du XVIIIe siècle, avant que cette imposante construction ne soit profondément modifiée durant les siècles suivants..

 

L'aile féodale

     Quand on l'aborde par sa façade Ouest, le château apparaît sous son aspect féodal établi sur un éperon rocheux avec sa puissante tour carrée de 10m de coté et nantie de murs de 2,40m d'épaisseur contrebutés par des contreforts plats, reste d'une ancienne construction du 11ème siècle, l'époque Anglo-Normande du château.

     A la fin de la guerre de Cent-Ans, seul ce donjon a été conservé. Il a bénéficié de modifications au15ème siècle par un couronnement de mâchicoulis (voir vocabulaire ) et la création de rares fenêtres à croisées de pierre, annonciatrices de la Renaissance.

   Le corps de bâtiment, le "Vieux Château", qui s'adosse à ce donjon présente une façade en lits alternés de brique et de pierre, reste d'une construction réalisée au 15ème siècle. 

Pignon de l'aile Renaissance et la façade du vieux château

 

L'aile Renaissance

   Tout autre est l'aspect de cette aile Renaissance du château, réalisée au 16ème siècle qui comportait à l'origine une haute galerie en arcades en plein cintre d'inspiration italienne, quelque peu défigurée au 19ème siècle.

    La galerie et l'étage d'origine ont été remplacés par une façade à trois niveaux, laissant tout de même intactes trois superbes lucarnes Renaissance dans la toiture ainsi que les pilastres de la façade s'ouvrant sur le parc.

 

 

Histoire du château :

* En 911, le Roi (voir titre de noblesse) de France Charles III (voir liste des rois) concède à Rollon (nommé Robert après son baptême) l'actuelle Haute Normandie dans l'espoir que les Vikings, devenus ainsi propriétaires terriens, épargnent le royaume de France.

* Au 10ème siècle, sur ce rocher surplombant la vallée menant à Fécamp, une première forteresse féodale est aménagée.

* En 1415, défaite Française à Azincourt. Le château passe entre les mains des Anglais.

* Au 15ème siècle, le château revient à la couronne de France suite à la reconquête de la Normandie.

* En ce siècle, le château appartient à Jacques d'Estouteville. Il agrandit les bâtiments et améliore les systèmes défensifs car les Bourguignons de Charles le Téméraire saccagent châteaux et terres en Normandie.

* Au 16ème siècle, le calme de la Renaissance permet à la Normandie de transformer les vieilles forteresse en château habitable.

* En 1537,  Adrienne d'Estouteville et son époux construisent l'aile dite "François Ier". Ce nom est donné suite à la visite du roi lors leur mariage en ces lieux.

* Au 17ème siècle,  le château passe de mains en mains sans véritable campagne d'entretien.

* Au 18ème siècle, les multiples propriétaires n'entretiennent pas les vieux murs.

* En 1824, le Comte Hocquart, chambellan de Charles X, achète le château. Certains historiens affirment : "Qu'il s'empresse de défigurer le château en faisant abattre la plus grande partie de son enceinte féodale et, plus grave, "remanier" l'aile François Ier".

* A la fin du 19ème siècle puis au début du 20ème siècle, le château est peu entretenu.

* En 1930, le château est inscrit aux Monuments Historiques.

* A la fin du 20ème siècle,  son nouveau propriétaire fait entreprendre une campagne de rénovation pour redonner son lustre à cette noble demeure.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur du château est possible depuis la route. La visite de l'intérieur ou du parc est impossible. Le château est une propriété privée non visitable.

 

Plusieurs siècles de construction se devinent

 

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 07:06

 

Département 48 - LOZERE

  Sentez vous cette bonne odeur de pierre médiévale ?

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   La commune de Sainte Enimie est située à 70km à l'Est de Rodez, à 20km au Sud de Mende et à 6km au Sud-Ouest d'Ispagnac.

      Coordonnées du château :

44° 21' 2.39" N 3° 27' 33.156" E
 44.350664°  3.45921°

 

Le château : 
        L'extérieur :
La découverte

     A 4km au Sud-Est de Sainte Enimie, sur la rive droite du Tarn bien calme en cette année de sècheresse, le petit bourg de Prades somnole tranquillement loin des touristes mais en étant gardé par son incroyable château d'origine médiévale.

  Ceci est la façade donnant sur la cour intérieure

La façade coté Nord

   En arrivant par le Nord, je vois (sur la droite) un corps de logis parallélépipédique comportant :

* Proche d'un angle coté Tarn, une imposante tour carrée.

* Coté cour, une ronde tour comportant certainement un escalier en colimaçon.

 

Encore des surprises !

    Sur la gauche, je vois 3 bâtiments qui s'entremêlent. Il semble évident qu'ils n'ont point été construits à la même époque.

  Pourtant, un détail me chagrine. Je pressens que 2 d'entre eux sont de la même époque mais avec des aménagements au cours des siècles.

Voyez ces détails ?

 

Deux bâtiments

   Une rapide analyse m'informe que le site, qui n'est point en ruine, possède :

* 2 bâtiments en équerre. Cette beauté me rougeoie les yeux

* Une cour intérieure, me faisant penser que 2 autres cotés ont été détruits complètement.

* Un rempart dont il ne reste que le tracé. 

  Pour mieux vous repérer, voici la vue satellite du château.

 

Façades Est et Sud-Est
   Ce coté est fascinant par sa sobriété tout en possédant quelques caractéristiques architecturales :

* Un arrachement de mur prouvant que le bâtiment-rempart continuait sur la droite.

* En haut, les traces d'une porte.

* 2 archères droites.

* Une haute courtine accrochée au rocher.

* Les vestiges d'une construction en encorbellement : latrines.

  Comme par magie, le château a poussé sur les rochers

Façade Sud

  Au pied du rocher, je suis impressionné par la volonté qu'ont eu les hommes du passé à construire une telle fortification. La fusion entre le rocher et la pierre construite est presque parfaite.

  Cette façade montre :

* Des fenêtres modernes,

* Des ouvertures obstruées,

* Des archères droites ou avec arquebusière,

* Une tour carrée,

* Une archère cruciforme,

* Un curieux arc de décharge.

 

        L'intérieur :
  La propriété privée n'est pas visitable. 

 

 

Histoire du château :

* A la fin du 12ème siècle (à vérifier), construction du château. Il sécurise l'abbaye de Sainte Enimie en contrôlant l'entrée des gorges du Tarn.

* Au milieu du 15ème, l’abbé du monastère abbatial de Sainte Enimie, seigneur de Prades, habite au château.

* Au 16ème siècle, durant les Guerres de Religion, le château résiste aux attaques des Protestants commandé par le Capitaine Merle.

* Vers 1792, les Révolutionnaires s'emparent du château puis le vendent comme bien national. Il est transformé en exploitation agricole.

* Au milieu du 20ème siècle, la Caisse des Dépôts devient propriétaire du site. Elle le consolide et l'aménage.

* En 1972, la Caisse des Dépôts vend le site à un particulier.

* En 1974, le site est inscrit aux Monuments Historiques.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite depuis la route en respectant la tranquillité de ses habitants. La visite de la propriété privée est interdite.

 

La surveillance de la vallée est très aisée

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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 07:30

 

Département 02 - AISNE (Thiérache)

  Voyez vous un système défensif ?.. Moi, non !

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Le petit village de Grandrieux est situé à 43km au Nord-Est de Laon, à 25km au Sud-Est d'Hirson et à 4km au Nord-Est de Rozoy sur Serre.

   Coordonnées de l'église :

49° 43' 58.224" N 4° 10' 57.86" E
 49.73284  4.182739

 

L'église :

     L'extérieur :

La découverte

   En arrivant dans le bourg, le clocher du bâtiment religieux me permet de me diriger sans réfléchir vers mon Graal. Mais devant le bâtiment, j'ai un doute.

Est ce une église fortifiée ?

 

L'enquête commence

    Les massifs contreforts ne représentent pas un indice suffisant pour me satisfaire, je contourne donc le site et là... mon bonheur est immense.

  Coté abside, il y a une imposante tour ronde  en brique rouge, matériau très prisé dans cette région.

  En continuant ma marche de découverte je constate que l'église est posée sur une plate-forme me laissant en contrebas. Un vil personnage agressif est moins enclin à réussir une attaque.

Une puissante tour avec des canonnières 

La tour de défense

    Coté opposé à la route et à l'entrée de l'église, une imposante tour ronde surprend. Comme pour la plus grande partie des constructions de la région, elle est réalisée en brique rouge.

Avez vous remarqué son système défensif ?

   A plus de 2 mètres de hauteur, de larges ouvertures horizontales me font penser à des canonnières de la fin du 16ème siècle.

Pourquoi les avoir construites si hautes ?

 

D'autres canonnières ?

   Pour comprendre le système défensif de cette tour, je prend un peu de recul. Mais je ne vois ni crénelage, ni mâchicoulis, ni bretèche (voir vocabulaire). Quand soudain une ouverture me nargue.

L'avez vous vue ?

   Dans le mur de la nef, sous les fenêtres, des canonnières pour tir tendu complètent le système défensif de la tour (le tir tendu est le plus dévastateur).

 

Il y en a d'autres !

    Je suis si heureux d'avoir vu tant de systèmes défensifs que je contourne l'église les yeux plein de rêves quand soudain..... une curiosité architecturale s'offre à moi.

    Je reprends mes esprits et je regarde avec un peu plus d'attention l'échauguette d'angle posée sur culots et soutenue par des contreforts droits. Voila un ronde forme faisant le pendant défensif de la grosse tour.

  En prenant à nouveau un peu de recul, je me demande si l'église ne possédait pas une salle de repli au dessu de la nef.

Qu'en pensez vous ?

 

    L'intérieur :

  Comme souvent durant notre siècle, les églises sont fermées. Celle-ci ne déroge pas à la règle.

 

 

Histoire de l'église :

* Au 16ème siècle, construction de l'église.
* Au 17ème siècle, aménagement des fortifications de l'église.
* En 1987, l'église est inscrite aux Monuments Historiques.
* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église dédiée à Saint Nicolas est libre et gratuite. La visite du système défensif est interdite. 

 

Compacte avec une architecture torturée est cette église

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13 mars 2015 5 13 /03 /mars /2015 07:30

 

Département 12 - AVEYRON

  Quel magnifique donjon !

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
    La commune d'Espalion est située à 110km au Sud-Est de Brive la Gaillarde, à 70km au Sud-Ouest de Saint Flour, à 45km à l'Est de Decazeville, à 40km à l'Ouest de Marvejols et à 20km au Nord-Est de Rodez.

     Coordonnées du château :

44° 32' 24.727" N 2° 47' 4.618" E
 44.540202°  2.784616°

 

La tour : 
        L'extérieur :
La découverte

     A moins de 3km au Nord-Est d'Espalion, un site nommé Tour de Masse est le but de ma croisade. Ce nom me fait déjà rêver, mais il en faut plus pour que mes poils de Castellologue-amateur se hérissent.

  Comme il est fier ce donjon sur sa verte colline !

Elle est là !

    Posée sur la crête, la construction permet de surveiller les vallées. Ses dimensions marquent la puissance de son propriétaire au moyen âge.

   En avant de la tour, un muret me fait imaginer qu'un rempart existait. A l'angle, une petite tour ronde est peut être le vestige du premier système défensif du site. 

 

L'analyse (visuelle et grâce à ma documentation)

* La tour mesure à la base : 15m par 12m.

* Elle a une hauteur de 25m.

* Elle possède 4 étages.

* Le site était protégé par un fossé, aujourd'hui comblé.

* L'accès se faisait par un pont levis, disparu aujourd'hui.

* La porte d'entrée est recouverte de fer.

* Un chemin de ronde couvert est visible sous le toit.

* En dessous, les mâchicoulis impressionnent.

* Ils sont portés par de larges arcatures, posées sur des consoles quadruples.

* Aux angles, les échauguettes facilitent la surveillance et la défense.

Avez vous remarqué la qualité architecturale des mâchicoulis aux angles ?

  Les larges mâchicoulis ont du impressionner de nombreux assaillants

        L'intérieur :

Je reste dehors

  Cette beauté médiévale est une propriété privée non visitable.

 

Informations détaillées

   Grâce à ma documentation, je peux imaginer l'intérieur :

* Les caves sont voûtées.

* Creusé dans le shiste, un puits de 18m de profondeur.

* Au premier étage, les murs ont une épaisseur de 1,2m.

* Les salles du 1er étage sont voûtées.

* A l'étage, la grande salle est composée d'un plafond-poutre très décoré.

* Au 2ème étage, présence d'une chapelle.

* Adjacente à la chapelle, la pièce du prieur comporte une imposante cheminée  aménagée dans le mur.

* Un escalier en colimaçon de 135 marches permet l'accès depuis les caves jusqu'au chemin de ronde.

 

 

Histoire du château :

* Vers 1160, le site est cité dans une donation.

* Au 12ème siècle, le site appartient à l'abbaye de Bonneval.

* En 1453, la tour est construite.

* Vers 1792, les Révolutionnaires récupèrent le site comme bien national. Après 6 siècles de possession, par l'abbaye, la tour appartient maintenant à l'ancien fermier des terres de Bonneval : Pierre Constant Sagnes du Seguis.

* Au début du 19ème siècle (1821 ?), Benoît Jalabert, son gendre, devient le propriétaire.

* En 1848, le site appartient à monsieur Bonald.

* En 1864, le site est vendu à Etienne Poulenc (nota : Il fut le fondateur de la société Rhône Poulenc).

* Au 20ème siècle, le site est toujours possession des héritiers de E. Poulenc.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite de loin, en respectant la propriété privée. La visite de l'intérieur est interdite.

 

En Aveyron, les surprises s'enchaînent !

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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 07:30

 

Département 33 - GIRONDE

  La tour est le dernier symbole de la puissance médiévale du bourg

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      La commune de Libourne est située à 55km à l'Ouest de Bergerac et à 25km au Nord-Est de Bordeaux.

   Coordonnées de la porte fortifiée :

44° 54' 59.418" N
0° 14' 49.668" W
 44.916505°
 -0.247038°

 

La fortification :

     L'extérieur :

La découverte

      Sur la rive gauche de l'Isle, proche du confluent avec la Dordogne, les derniers vestiges des fortifications de Libourne tentent de héler les touristes et les passants pressés.

   Le Chevalier Dauphinois, toujours attentif aux murmures des vieilles pierres, s'approche lentement pour ne point effrayer cette beauté de 700 ans.

 

Le rempart

    Il y a 700 ans, la ville était entourée d'un puissant rempart. Bien que les années et les hommes ne l'aient point épargné, le haut mur défensif est encore visible proche de la porte.

   Il est composé de pierres correctement taillées. Avec un peu d'imagination il est possible de voir le chemin de ronde au dessus des mâchicoulis.

  Voilà une tour qui est bien Barré !

La tour Barrée

    Même partiellement arasée, la plus petite des deux tours encadrant la porte est pleine d'enseignement. Elle possède sur plusieurs niveaux des archères droites. Je suis surpris qu'une construction défensive du 14ème siècle ne possède pas des archères cruciformes à bêche (voir vocabulaire ).

Les Anglois étaient ils en retard technologiquement ?

   Au sommet, les ouvertures me font penser à un chemin de ronde couvert, aujourd'hui sans plafond.

 

La tour Richard

    Le nom de la grande tour a été donné par les Libournés en hommage à Richard de Bordeaux, fils du Prince de Galles et de Jeanne de Kent né à Bordeaux en 1366.

  Coiffée d'une incroyable toiture point médiévale, l'imposante tour Richard m'informe que ces "maudits Anglois" savaient faire construire de belles cités fortifiées hautes et puissantes. Cette beauté comporte les classiques systèmes de défenses :

* Des archères droites,

* Une salle de surveillance avec fenêtre à meneau unique et latrines pour le confort.

* Des mâchicoulis,

* Un crénelage avec des merlons possédant un trou rond (pour fusil ?).

 

L'entrée

  Coincée entre les 2 puissantes tours, la porte d'entrée paraît petite, pourtant ses dimensions sont respectables. Avec précaution, je m'approche de ce territoire qui fut à mes ennemis : Les Anglois.

Un derrière bien fortifié !  

    L'intérieur :

Le système défensif de l'entrée

   Au dessus de l'entrée, point de fente pour recevoir les flèches d'un pont levis. Le système de fermeture était donc composé d'un double vantail renforcé évidemment par une herse dont je vois le rainurage.

 

L'arrière des tours 

   L'entrée forme un large couloir ogival. Je suppose qu'une autre double-porte enfermait l'assaillant dans ce sas.

  Sur l'arrière des tours, des "ombres" de bâtiment du passé apparaissent.

 

 

Histoire du château :

* Au 1er siècle, le village portuaire Romain se nomme : Condatis.

* Au début du Moyen Âge, le village se nomme : Fozera

* En 1152,  Éléonore d'Aquitaine épouse Henri Plantagenêt futur Roi d'Angleterre. Cet acte a pour conséquence, la scission de la France et le début de la guerre de Cent Ans.

* Au 13ème siècle (1265 ?), le Roi (voir titre de noblesse) d'Angleterre et Duc d'Aquitaine Edouard Ier ordonne la construction d'une fortification entourant la ville se nommant : Leybornia.

* En 1330, sous l'impulsion du roi d'Angleterre Edouard III, la porte du Grand Port est construite. La cité est maintenant fortifiée, 8 portes permettent la circulation des biens et des hommes. Avec le commerce fluvial, la ville prospère.

* Après 1453 (fin de la guerre de Cent Ans), la ville s'appauvrit.

* Au 17ème siècle, la tour Richard est coiffée d'une imposante toiture.

* Vers 1794, la municipalité révolutionnaire ordonne la destruction des remparts et des portes fortifiées. La porte du Grand port échappe à ce massacre architectural.

* En 1935, la porte est inscrite aux Monuments Historiques.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de la porte est libre et gratuite. La visite des tours est interdite.

 

Fermez les yeux et ressentez la puissance de cette entrée

 

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6 mars 2015 5 06 /03 /mars /2015 07:30

 

Département :  36 - INDRE

  Je pressens le plaisir de la découverte castrale

Le bourg

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

        La commune de Lys Saint Georges est située à à 22km au Nord-Est d'Argenton sur Creuse, à 20km au Sud-Est de Châteauroux et à 16km au Nord-Ouest de La Châtre (voir son château). 

   Coordonnée du château :

46° 38' 29" N
1° 49' 21.5" E
 46.641389°
 1.822639°

 

    Toponymie :   (--> voir initiation)

      * Une légende prétend que ce lieu est l'alliance "provisoire" de Richard coeur de Lion et de Philippe Auguste (voir liste des rois).

 Saint Georges pour l'Angleterre et le Lys de la Royauté Française.

      * La vérité est autre. L'ancien nom de la commune fut : Ollicium. Ce devait être certainement le nom d'un Romain fondateur de la ville. Le nom "Ollicium Sancti Georgi" apparaît dans un texte faisant penser que le bourg fut sous la protection de Saint Georges. Il semblerait que les paysans se rendant au bourg disait : "On va au Lis", raccourci du nom Ollicium .

   La concaténation Lys Saint Georges fut évidente quelques siècles plus tard.

  Le vert entoure la blanche ruine

Le château :  

     L'extérieur :

La découverte

    Cet édifice, situé sur un éperon naturel dominant la vallée du Gourdon, est le but de ma promenade en cette fin d'été dans le Berry.

  La rue du château est mon guide pour arriver proche de mon Graal.

Diantre, qu'il est beau !

 

Le choc

    Ma 1ère surprise est évidemment les vertes douves. Un Chevalier des montagnes comme moi n'est point habitué aux châteaux de plaine entourés d'eau.

   Ma 2ème surprise est évidemment de voir de suite un donjon externe qui semble être vieux de 8 siècles.

  Mais il me faut reprendre mes esprits et notifier mes constatations.

  Les canonnières montrent l'évolution défensive du château

Le donjon

     Avec ses pierres pauvrement taillées et sa rudesse architecturale, ce donjon ressemble à une construction du 12ème siècle, mais de nombreux détails prouvent que ma rapide  conclusion est fausse :

* Il est construit à l'extérieur, ou plutôt inclus dans le système défensif extérieur, ce qui n'est pas l'habitude au 12ème siècle.

* Son plan est ovoïde,

* Il possède de nombeuses canonnières.

* Aucune archère (voir vocabulaire) droite est visible. Ce donjon doit avoir été construit au moins au 15ème siècle.

Avez vous remarqué ce curieux décroché au sommet ?

   Je pressens que ce fut un chemin de ronde.

 

Le rempart

     Bien que partiellement arasé, le rempart possède des canonnières. Proche du donjon, des systèmes d'artillerie compensent les angles morts de la tour maîtresse.

 

Les tours

   A ma grande surprise, ce castel n'est point un simple château mais une véritable forteresse médiévale. En plus du puissant donjon, je vois de multiple tours flanques.

  Ma documentation affirme que le rempart en comportait 11.

Fenêtre de confort et systèmes défensifs s'harmonisent sur les façades

   Archères canonnière sur une tour flanque

Les systèmes défensifs

   En faisant abstraction des fenêtres ouvertes "récemment", des systèmes défensifs de périodes différentes apparaissent :

* Des archères-canonnières,

* De larges canonnières,

* Des "pseudo" mâchicoulis.

  Certaines canonnières protègent les courtines et d'autres visent l'extérieur. Le quadrillage semble optimum.

  L'ensemble étant isolé des attaquants par des douves.

 

Une grille bloque le passage

   La propriété étant privée et logiquement interdite à la visite, en suivant les douves je me heurte à une grille. Mais l'accueil des Béirichons (et surtout des propriétaires) est si renommé qu'une pancarte m'informe que je peux continuer à rêver.

  Les tours se succèdent pour mon plus grand plaisir

Des tours partout !

   Lentement je poursuis ma découverte en empruntant le sentier privé et en suivant les douves. Entre chaque rempart arasé (ne comportant ni archère ni mâchicoulis) des tours défensives agrémentent le paysage.

   Même si elles ne sont pas toujours intactes, elles possèdent des canonnières horizontales trahissant une construction du 15ème siècle.

  Le spectacle est vraiment magnifique !

 

L'entrée fortifiée

    Pour franchir les douves, il y avait évidemment un pont levis. Au 19ème siècle, il a été remplacé par un pont fixe lourdement protégé par une tour aux multiples canonnières.

   Les portes charretière et piétonne portent encore les traces des ponts levi entrant dans leur logement. Les emplacements des flèches de levage ont disparu.

 

Le donjon...encore

   Grâce à mon oeil d'aigle, je peux voir au loin quelques détails architecturaux. Le plus intéressant est évidemment l'entrée du donjon avec :

* L'ouverture à l'étage de la salle des gardes avec ses canonnières,

* Et surtout les logementsdes flèches de levage.

 

     L'intérieur :

         Ce château privé est habité. Les bâtiments et salles ne sont point visitables.

 

 

Histoire du château :

* Au 13ème siècle, construction de l'église. Certains historiens supposent/affirment qu'un premier château  (du 12ème ?) devait exister en ce point stratégique. Mais aucun texte l'atteste.

* Au 14ème siècle, construction de l'actuel château en s'appuyant sur les traces de l'ancienne fortification. Le fief relève du seigneur d'Archambault de Crevant.

* En 1440, Antoinette Archambault de Crevant épouse Jesseaume Bertrand. Apporté en dot, le château change de famille propriétaire qui prend le nom de Bertrand Du Lys (ceci pendant trois siècles).

* Au 15ème siècle, modification du château suite à l'amélioration des armes à poudre.

La famille De Reviers De Mauny en est l'actuelle propriétaire.

* En 1498, le château appartient Gilbert Bertrant qui, après avoir été Capitaine des archers du Roi, est gouverneur du Berry.

* Au début du 16ème siècle (1501 ?), dans le donjon, Louis XII (voir liste des rois) met en résidence surveillée Ludovic Sforza, Duc de Milan.

* En 1502, le château est érigé en Châtellenie

* En 1504, Ludovic est transféré au château de Loches.

* Au 16ème siècle, amélioration de confort dans le château.

* En 1737, Paul François Bertrant est l'auteur d'un meurtre. Il s'enfuit en Espagne. Le château est réquisitionné par la justice Royale. Il est vendu à la famille Du Breuil Du Bost.

* Vers 1792, durant la Révolution, Lys-Saint-Georges change de nom : "Lys le Pelletier". Ceci est hommage à monsieur Le Pelletier de Saint Fargeau, révolutionnaire qui avait voté la mort de Louis XVI (voir liste des rois).

* En 1877, début des restaurations par Alfred Dauvergne. Durant ces 10 années, quelques éléments d'architecture sont profondément modifiés.

* En 1969, le château est inscrit aux Monuments Historiques.

* En ce 20ème siècle, le château appartient à la famille De Reviers De Mauny.

* En 2006, sur demande des "électeurs", le conseil municipal accepte que les habitants se nomment : Les Olliciens. Ainsi, l'ancienne toponymie réapparaît

* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur du château est libre et gratuite en respectant le silence du site. La propriété privée est interdite à la visite des intérieurs.

 

Plusieurs siècles séparent ces bâtiments

 

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3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 07:30

 

Département  40 - LANDES

Le bourg :

Voyez vous des systèmes défensifs ?   Situation :   (--> le voir sur une carte)

      Le bourg de Lesperon est situé à 40km à l'Ouest de Mont de Marsan, à 30km au Nord de Dax et à 10km au Nord-Est de Castets.

   Coordonnées du bourg :

43° 58′ 15.96″ N 1° 5′ 32″ W
 43.9711°  -1.092222°

 

   Toponymie :   (petite initiation)

        Lesperon tire son nom de "éperon". Ce bourg est situé sur un petit promontoire protégée par le ruisseau nommé : le Vignacq. 

 

L'église :

    L'extérieur :

Pourquoi suis je venu dans ce bourg ?

    Il y a quelques années, j'avais lu une phrase :

"A Esperon, qui veut tirer à Navarre, faut prendre à main gauche et passer la Biscaye".

   Ne soyez pas effrayé, ceci n'est point une énigme de Nostradamus, ni un envoûtement diabolique. L'explication est rationnelle et médiévale bien sur.

    Au Moyen Âge, les pèlerins se rendant à Compostelle pouvaient bifurquer dans ce bourg pour passer soit par la Navarre puis Ronceveaux, soit par le Labourd.

 

La découverte

    Arrivée dans le bourg, je ne vois que le chevet de l'église. Certes, il possède de nombreux contreforts à larmiers mais cela ne constitue pas un système défensif.

Cette église a t elle été fortifiée ?

 

L'enquête commence

     En prenant un peu de recul, j'aperçois au loin un clocher massif.  En regardant avec attention l'arrière du clocher, il me semble voir une porte (ouverture) avec des tuiles en partie supérieure.

La porte du clocher accédait elle à un chemin de ronde ?

Ou une salle de repli au dessus de la nef (aujourd'hui disparu) ?

Puissance, force, rusticité !

 

Curiosité sur le coté du clocher-tour

    En poursuivant ma recherche d'indice, je suis en admiration devant cette masse avec une verrue quadrangulaire. Je suppose que cette construction avancée est une tour-escalier avec des ouvertures de lumières.

   En regardant mieux, j'ai l'impression que ces carrés pouvaient servir de canonnières.

Avez vous remarquez la curiosité à gauche ?

   Il y a une bretèche qui ne protège rien en dessous  . Les aménagements des siècles ont peut être changer l'architecture de l'église. Deux indices me le prouvent :

  1 - Sous la bretèche, un petit muret arasé n'est pas logique dans cet angle proche de la tour escalier

  2 - Sur une autre façade, le récent parement extérieur est tombé laissant voir la pierre d'origine. L'ouverture sous la bretèche a peut être été cachée par les récentes modernisations esthétiques ?

   

 La puissance du clocher-tour

    Évidemment, je suis en extase (le mot n'est pas assez fort) devant ce "Donjon".

Quelle majesté !

    Avec ses 2 contreforts d'angle et ses deux autres sur la façade, le clocher-tour n'a pas la grâce de ses congénères Gothiques mais il dégage une telle force qu'il fait mon admiration !

   Son asymétrie est surprenante (l'angle différent des 2 contreforts externe et la position à gauche de la porte. Même la bretèche est curieuse en s'appuyant sur un seul contrefort).

   Je ne me l'explique pas.

Avez vous une hypothèse ?

    Évidemment une bretèche défendant un toit est anachronique, mais ceci est du à la construction récente d'un porche avancé.

 Religieux est mon silence en ce lieu

    D'autres curiosités architecturales prouvent des aménagements "récents". Par exemple, les nombreux corbeaux tristes de ne plus soutenir des hourds (voir vocabulaire).

 

   L'intérieur :

      En franchissant le seuil de l'église, je sais que la visite du clocher-tour me sera impossible. L'entrée est gardée par une porte et une "dame" vêtue de blanc me prie de ne point pénétrer.

    Alors, j'erre lentement dans ce lieu de beauté aux couleurs chaudes, aux saints multiples, aux anges prieurs, aux colonnes décorées d'or et à l'autel où trône le vaillant Saint Georges terrassant le dragon.

 

 

Histoire de l'église et du bourg :

* En 1273, un texte mentionne la présence d'un village : Arnoldus de Lesperon de Parrochia, in Borno, reconnaît devoir certaines redevances à Edouard Roi d'Angleterre et Duc (voir titre de noblesse) d'Aquitaine.

* En 1305, Amanieu d'Albret achète la paroisse de Lesperon et fait construire un château (à vérifier).

* Mais durant le premier quart du 14ème siècle, le château devient un repaire de brigands rançonnant les passants et les pèlerins. Edouard II Roi d'Angleterre signale ce fait à Olivier Ingham, sénéchal de Gascogne.

* Au 14ème siècle, construction de l'église.

* Au 15ème siècle, construction du clocher-tour.

* En 1970, l'église est inscrite aux Monuments Historiques.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église est libre et gratuite depuis la place du village. La visite du clocher et des fortifications est interdite.

 

Quelle beauté !

 

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églises
fortifiées
de France
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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 07:00

 

Département 12 - AVEYRON

  Je pressens un voyage dans le temps !

Le bourg :
       Situation :   (--> le voir sur une carte)
   La commune de Bertholène est située à 40km au Nord-Ouest de Millau, à 15km au Nord-Est de Rodez et à 8km au Sud-Est de Bozouls (voir cette commune).

     Coordonnées du château :

44° 25' 9.062" N 2° 48' 32.544" E
 44.419184°  2.80904°

 

Le château : 
        L'extérieur :
L'arrivée

     Après avoir visité la ruine du château fort de Bertholène, je me rends à 6km au Nord-Est pour découvrir une autre merveille médiévale nommée : Les Bourines.

  De suite, je comprends que cette beauté médiévale va me fasciner durant de longues heures.

  Quelle magnifique construction !

La découverte

   J'ai beaucoup de difficulté à imaginer que cette massive construction soit qualifiée, dans ma brochure, de "bâtiment d'un domaine d'élevage". Avant d'avoir lu l'historique, j'aurais affirmé que ce fut le château fort principal d'un puissant seigneur.

 

L'analyse 

   La première façade qui s'offre à moi est fascinante. Cet enchevêtrement d'architecture différente est certainement causé par des aménagements sur plusieurs siècles. D'ailleurs, les différences de pierres sont évidentes :

* Sur la droite, une imposante tour carrée. Peut être servait elle à la défense de la porte actuelle (sur la droite). Je suis surpris que la tour ne comporte aucune archère ni ouverture de tir. Sous le toit, des consoles trahissent la présence d'anciens mâchicoulis (voir vocabulaire). Quelles belles latrines doubles

* A gauche de la tour, le mur est soutenu par quatre contreforts à larmier. En constatant qu'un d'entre eux bouche partiellement une ouverture Romane, je suppose qu'ils ont certainement été aménagés quelques temps après. Je subodore aussi que la pièce derrière la fenêtre fut la chapelle. 

* Au dessus, plusieurs constructions en encorbellement m'informent que des pièces de vie existaient à cet étage. Les habitants "réalisaient leurs besoins par ces latrines.

 

Une ronde surprise
    Au bout du long mur parsemé de latrines haut perchées, je vois une ronde tour. Elle possède quelques évidences médiévales mais aussi des curiosités :

* Au sommet, un chemin de ronde couvert pour le guet et la défense.

* Puis les classiques et efficaces mâchicoulis.

* En dessous, quelques fenêtres de confort prouvant que salles d'habitation (ou de fonction) existaient.

* A mi-hauteur, une pierre sculptée. Une tour médiévale, sans aucun doute !

* Au rez de chaussée, une porte m'intrigue. Ce n'est point habituel pour une tour de défense au moyen âge.

Etait ce la poterne ? 

* Au dessus de la porte, la fente verticale avec un trou pour arme à feu me semble datée du 15ème siècle.

* La base est évasée :

- Pour tenir l'ensemble,

- Diminuer le travail des sapeurs en augmentant l'épaisseur du mur,

- Puis, grâce au plan incliné, faire rouler les pierres du sommet vers l'assaillant.

 

L'autre façade

   Lentement je contourne la ronde tour pour découvrir l'autre façade dans l'ombre. L'aspect général semble identique à sa consoeur excepté quelques détails :

* L'absence de contrefort,

* Des ouvertures nombreuses (parfois au niveau du sol) avec souvent des grilles anti-intrusion (16ème siècle ?),

* Des latrines pour une personne.

  Deux tours médiévales à la toiture très différente

Une autre tour ronde

    Au bout de cette longue façade dans l'ombre, je vois une ronde tour. Elle me semble identique à la première (Chemin de ronde couvert, mâchicoulis...). Pourtant quelques détails diffèrent :

* Elle est plus haute,

* Sa toiture est plus élevée,

* Elle possède de petites archères droites du 12ème (?) siècle,

* A mi-hauteur, des consoles sont les vestiges de latrines.

 

Est ce la fin ?

   Pensant avoir tout vu de cette beauté médiévale, je prends un peu de recul pour l'admirer une dernière fois.

  Et..... C'est le choc.

Voyez vous la raison de mon étonnement ?

  Deux styles de tours défensives se regardent

La tour maîtresse

  Au centre du quadrilatère, un puissant donjon me surprend. Que vois je :

* Des angles bien appareillés,

* Sur les parois, des pierres de forme et tailles asymétriques,

* Un chemin de ronde couvert sous le toit,

* Une construction en encorbellement (Latrines ou bretèche pour la défense d'une porte que je ne vois point),

* Des échauguettes d'angle posées sur culots.

 

La porte d'entrée

  Ce château étant si extraordinaire, je me précipite vers le portail d'entrée pour tenter un assaut culturel (bien sur). Hélas, la grille ne s'ouvre point. Etant sous le feu nourri (virtuellement bien sur) de la ronde tour d'angle, j'esquisse une retraite tactique.... En espérant qu'un jour, visite globale je ferai.

 

        L'intérieur :
  La propriété est privée. Il est possible de visiter le château quelques jours dans l'année. Hélas, cette magnifique construction était fermée le jour de ma venue.

 

Massif et élégant

 

 

Histoire du château :

* En 1245, une bulle du pape Innocent IV cite le château des Bourines. Il appartient à la famille Séveyrac.

* En 1289, le site est cédé aux moines d'Aubrac.

* Vers 1335, à quelques distances du château le moulin de Peyrade est construit. Il dépend du fief des Bourines.

* En 1353, les moines d'Aubrac déposent à Brourines leurs titres et richesses en prévision d'une attaque de leur hôpital et résidence principale.

* Au 15ème siècle, un puissant donjon est aménagé.

* A la fin du 15ème siècle, la tour de défense Nord-Ouest est aménagée. Elle porte les armes de la famille d'Estaing.

* En 1547, le portail est modifié. Le nom du Cardinal Evêque de Rodez, Georges d'Armagnac, est gravé.

* En 1562, le château est gardé par le Chevalier (voir titre de noblesse) de Montpeyroux, commandant 12 soldats.

* En 1565, le château est attaqué puis pris par 300 soldats sur l'ordre du Prieur de Caudelz.

* En 1574, durant les Guerres de Religion, les Huguenots assiègent le site.

* En 1663, un recensement prouve l'importance des Bourines. Par exemple, le cheptel comprend 36 boeufs, 50 bêtes à cornes et 1800 bêtes à laine.

* En 1791, les révolutionnaires forcent la vente des Bourines (appartenant aux moines d'Aubrac) à Antoine Marcillac et Louis Gineste.

* En 1794, le site et les terres appartiennent à une association composées des familles :

- Granier,

- Dupin,

- Mourgues.

* Le 19ème siècle voit le début du déclin des Bourines.

* En 1862, la foudre tue plusieurs animaux d'élevage.

* En 1870, la sécheresse force la vente du bétail.

* En 1936, la famille Aubaret habite le château et possède plus de 1300 bêtes.

* En 1952, le moulin de Peyrade est dissocié du fief des Bourines.

* En 1963, le site est classé aux Monuments Historiques.

* A la fin du 20ème siècle, le site est possession de la famille Delmas.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite en respectant le silence de la propriété privée. La visite de l'intérieur serait possible quelques jours dans l'année. Veuillez vous renseigner.

 

Un ensemble castral magnifique !

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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 12:30

 

 

** Soutenons le patrimoine ! **

 

   Vous connaissez toutes et tous ma passion pour le patrimoine. Par ce blog elle s'exprime pour les édifices fortifiés de l'époque médiévale. Mais mon appareil photo sait que je mémorise tous types de bâtiments.

 

   Le patrimoine, ce n'est pas que des constructions.

Le patrimoine, c'est la mémoire !

 

La mémoire s'exprime par des statuts, des tableaux, des dessins, des gravures dans les grottes montrant un instant de vie.

 

Face à l'histoire de l'humanité, une nouvelle forme de mémoire est apparue : L'écriture.

Cette incroyable invention nous permet de connaître puis de comprendre et enfin de transmettre.

 

    Je souhaite vous faire connaître une petite maison d'édition pleine d'initiatives intelligentes avec des acteurs dynamiques. J'ai entretenu durant plusieurs années une correspondance très instructive avec l'une des membres.

 

Les éditions FRAGILE

 

  Pour se donner plus de moyens, pour nous permettre d'agrandir notre culture et notre mémoire, cette maison d'édition demande votre soutien par le crowdfunding.

Qu'est ce me dites vous ?

   C'est un financement participatif en échange de contreparties. Ceci n'est pas une "arnaque", je soutiens déjà quelques autres projets par ce financement participatif.

 

Imaginez : Si un million de personnes donnent 1 Euro.... Que de piastres cela ferait pour eux (et pour nous, car nous en profiterons).

 

Allez voir leur site et leurs projets : Les éditions FRAGILE

 

Avec eux, tout est sujet à apprendre : clic

 

 

  Si vous pensez qu'un petit coup de pouce serait très utile, pouvez vous participer en cliquant sur le lien ci-dessous :

 

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Et n'oubliez pas ... Parlez en autour de vous.

 

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