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Ombre et lumière

1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 07:40

 

 

Département 13 - BOUCHES du RHÔNE

  Voyez vous un château fort ou une simple bâtisse ?

Le bourg :

       Situation :   (--> le voir sur une carte)

   La commune de Saint Etienne du Grès est située à 30km au Sud-Est de Nîmes, à 25km au Sud-Ouest d'Avignon et à 12km au Nord-Est d'Arles.

 

     Coordonnées du château :

43° 46' 00" N 4° 41' 52" E
 43.766798509°  4.69794273376°

 

 

Le château : 

        L'extérieur :

Choir et ne point décevoir

* Après avoir fait une halte à Saint Rémy de Provence, je chevauche sur mon destrier vers l'Ouest pour visiter le château de Tarascon quand soudain, à la sortie de la commune de Saint Etienne du Grès, mon palefroi piaffe.

* Je soulève ma visière, au milieu des oliviers je ne vois qu'une jolie église médiévale non fortifiée nommée : Saint Gabriel.

* Me voyant sans réaction, mon destrier rue et me jette au sol.

* Comme toujours, mon brave compagnon a senti le vestige médiéval fortifié. C'est donc à pied que je vais à la recherche d'un site certainement en ruine.

 Avez vous déjà vu une telle construction ?

Tous les chemins mènent à Rome ... sauf celui là

* Un petit sentier contourne l'église et monte légèrement.

* Je suis étonné de voir les oliviers laisser la place aux pins.

* Sur le parcours, des pierres taillées affleurent.

Sont ce les vestiges que je cherche ?

Sont ce les pierres de l'ancienne cité d'Ernaginum ?

* Ma tête s'enfle de questions pendant que mes jambes continuent l'ascension. Mon nez se remplit d'odeurs Provençales (Thym, romarin....).

* Soudain, au sommet de la petite colline, d'étranges bâtiments apparaissent.

Avez vous déjà vu un tel assemblage ?

 

"Curieuse curiosité !"

* Ce site castral semble avoir été oublié des manuels, dictionnaires et autres fascicules.

* Il est si peu connu qu'il ne possède pas de nom.

* Conséquence : Les passionnés lui ont attribué le même nom que l'église : Saint Gabriel.

N'est pas incroyable ?

 Ces murs ne me murmurent rien. N'ont ils pas d'histoire ?

Les "monolithes"

* Précédent une massive construction, deux hauts murs s'offrent à mes yeux écarquillés.

* J'ai l'impression de revivre une scène de 2001 Odyssée de l'espace.

* Les 2 différences avec l'oeuvre de Kubrick :

- Il y a 2 "monolithes".

- Ils ne sont pas noirs mais gris clairs.

* Leur surface est plane, les pierres sont parfaitement taillées, les joints sont presque invisibles.

Sont ce des murs construits par des Extra-terrestres ?

* Evidemment, ce ne sont point des curiosités de science fiction. Ces 2 constructions semblent avoir été des tours carrées.

* J'ose écrire "semblent" car, comme je ne vois aucun arrachement de mur sur la longueur ni au sol. Je suppose que les 2 constructions n'étaient pas reliées par une muraille.

Avez vous déjà vu un système défensif basé sur 2 tours sans rempart ?

Toutes proportions gardées, le seul exemple est ici.

* Les 2 tours possèdent une base talutée posée sur le rocher taillé.

* Comme elles sont arasées, il est impossible de voir les vestiges d'un système défensif comme crénelage ou mâchicoulis (voir vocabulaire).

* Je suis surpris de ne voir aucune archère ni fente de tir.

* Les deux tours sont précédées par un fossé que le temps a partiellement comblé.

 Est ce un donjon ou un habitat fortifié ?

La tour mystérieuse

* Comment qualifier cette construction :

- Une tour défensive ?

- Un donjon habitable ?

* La puissante construction semble carrée, mais ceci n'est qu'illusion car elle mesure 10m par 11m.

* Elle est isolée sur 3 cotés par un fossé que le temps a réduit.

* La tour est construite sur un solide rocher aplani.

* Le léger défaut de planéité entre la base de la tour et le rocher est compensé par de petites pierres taillées en biseau.

* Le pan vertical du rocher possède de nombreuses encoches dont je ne devine point la fonction.

- Support pour une passerelle en bois ?

- Echafaudage pour réparation (puisqu'il n'y a pas de trous de boulin dans la tour) ?

 

Les pierres l'entourent ou la tour des pierres

* Il est important de passer du temps à regarder les fascinantes pierres.

* Dans de nombreuses revues et brochures, j'ai lu que les tailleurs de pierres de cette province ont de tout temps été appréciés et reconnus.

 

Asymétique et pourtant très homogène !

* Contrairement aux deux petites tours précédentes, cette imposante construction possède des pierres à bossage.

* Bien qu'elles ne soient pas toutes identiques, la majorité a une longueur de 0,50m pour une hauteur de 0,30m.

* Certaines pierres d'angles ont une longueur de plus d'un mètre.

* D'après un orateur rencontré quelques jours après, ces pierres auraient été extraites des carrières de Fontvieille à quelques kilomètres de là.

* La qualité des joints est telle qu'aucune plante pousse entre les pierres alors que le site est abandonné.

 

Quel alignement !

* Avec un peu d'attention, vous pouvez voir des "gravures" sur de nombreux bossages.

* Ce sont certainement les marques des tâcherons.

* Pour plus d'explication je vous renvoie à cet article.

 Arasé et pourtant toujours vaillant !

Des ouvertures peu ouvertes

* Ma fascination sur le nombre important de pierres à bossage me fait oublier ma recherche de fente de tir.

* Ce site n'étant pas comme les autres châteaux que je vous montre habituellement, il semble logique que les ouvertures soient différentes :

   - D'abord elles sont peu nombreuses.

   - Ensuite, elles sont asymétriques sur chaque face.

   - Enfin, elles ressemblent plus à des ouvertures de lumière qu'à des archères.

 

Préliminaire avant l'introduction

* Ne voyant aucune véritable archère ni canonnière je regarde au sommet.

* La tour a été arasée. Il est impossible de voir un vestige de créneau ou une trace de console pour des mâchicoulis.

* Cette imposante et si originale tour semble non défensive.

* En partie basse je remarque une porte. Il est surprenant qu'une tour de défense ou de repli possède une porte facilement accessible pour l'ennemi.

* Elle est si bien intégrée à l'architecture des pierres à bossage que je ne pense pas que ce soit un aménagement récent.

* En avant, je remarque une imposante dalle en béton --> Ajout récent celui là.

Pourquoi une telle construction ?

* Il semble qu'un fossé ait été aménagé devant la porte dont il ne reste que le fantôme.

 Que la lumière soit.... Et la lumière fut !

        L'intérieur :

Le bas est collant.... de détails

* La salle du bas mesure 5m par 6m. Donc, j'ai une question :

Quelle est l'épaisseur des murs ?

* Pour ceux qui n'ont pas suivi je vous fais de calcul :

10m extérieur - 5m intérieur = ??

11m extérieur - 6m intérieur = ??

* Le sol n'est pas empierré, cette pièce n'était donc point habitable.

* Proche du mur, je remarque un trou dont je ne connais pas la fonction.

Etait ce pour caller une échelle ?

* Deux murs opposés possèdent une corniche dont la fonction était de porter des poutres ou des planches créant un 1er niveau.

 

Avez vous remarqué la qualité des joints et la taille des pierres ?

* Même l'intérieur a la finition d'un palais.

Quel surprenant bâtiment !

 

Des trous, il y en a partout (aurait dit Gainsbourg) Le site est si merveilleux que je ne veux pas sortir !

* Après le sol, mes yeux habitués à l'obscurité se lèvent pour comprendre le plafond.

* La pièce a une voûte en berceau.

* Au sommet, dans le mur opposé à la porte, je remarque une ouverture dont je ne devine pas la fonction.

* A l'opposé, dans la voûte, une ouverture lumineuse attire mon regard.

En connaissez vous la fonction ?

* Cette baie permettait d'atteindre le niveau supérieur à l'aide d'une échelle rétractable.

 

En sentant ses pierres, je vous donne mon ressenti

* Ce bâtiment ne devait pas être habitable.

* Avec des murs aussi épais, je pressens que le tour possédait au moins 3 niveaux.

* Le premier niveau était un stockage avec (peut être) quelques animaux  (chevaux).

* Le plancher en bois de la salle basse était la réserve en nourritures.

* Le niveau accessible par l'ouverture du plafond était la salle de repos, salle des garde, salle d'attente.

* Le niveau disparu devait être la plateforme de guet et de défense avec crénelage et hourdage.

Mais peut être me trompe !

* Je vous demande maintenant de sortir pour mieux me laisser humer seul les 7 siècles de ce bâtiment unique.

* Sachez que je ne vous ai pas tout montré, d'autres surprises vous attendent (petit rempart, escalier....).

 

 

Le diaporama du château est ici.

 

 

Histoire du château :

Nota : Il n'existe aucun texte historique relatant l'histoire et les évènements de ce site fortifié.

* Au 12ème siècle, construction de la chapelle Saint Gabriel.

* A la fin du 12ème siècle, construction d'une imposante tour (c'est ce que supposent quelques archéologues).

* Au milieu du 14ème siècle, les Grandes Compagnies ravagent la Provence. De nombreuses tours sont construites pour prévoir/guetter et se protéger de ce fléau. A Saint Gabriel, construction probable des 2 tours avancées (c'est ce que supposent quelques archéologues).

* En 1835, Prosper Mérimée découvre le site et les 2 constructions. Il prend le temps d'écrire quelques lignes dans son "carnet".

* Au milieu du 20ème siècle, Henri-Paul Eydoux visite la construction fortifiée et en fait un long article.

* A la fin du 20ème siècle, un formidable et magnifique Chevalier Dauphinois visite le site et s'extasie !

* Au début du 21ème siècle, votre incroyable et infatigable Dauphinois (qui est le gratin des Chevaliers) revient visiter cette extraordinaire construction.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite de l'intérieur est possible en prenant quelques précautions. Veuillez respecter ce site qui est une trace unique d'architecture militaire de Provence.

 

Quelle fascinante construction médiévale

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des Bouches du Rhône

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29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 07:30

 

Département 83 - VAR

 

  Quelle fut la fonction de cette curieuse construction ?

Le bourg :

       Situation :   (--> le voir sur une carte)

   La commune de Callas est située à 100km au Nord-Est de Marseille, à 40km au Nord de Saint Tropez, à 35km à l'Ouest de Grasse et à 10km au Nord-Est de Draguignan.

 

     Coordonnées théoriques du château :

43° 35' 40" N 6° 32' 5" E
 43.59452733°  6.53474628°

 

 

Le château : 

        L'extérieur :
La découverte

* Au dessus du bourg, de vieilles ruines se battent contre la végétation.

* Bien que les cartes de randonnée ou routières indiquent la présence d'une ruine, point de panneau pour en montrer la direction.

* Mais à un Dauphinois, rien n'est impossible !

* C'est donc avec un pas alerte que j'arrive proche d'une curieuse ruine.

 Est ce la chapelle du château ?

Me suis trompé de lieu ?

* En découvrant cette construction je me suis demandé si erreur j'avais faite.

* Même si cette forme fut classique au moyen âge, elle n'est pas la représentation d'une salle seigneuriale dans un château fort.

* Lentement je m'avance vers ce bâtiment très consolidé.

* Au fond, une fente verticale.

Pensez vous que cela fut une archère

Ou une ouverture de lumière ?

 

Il est là

* En prenant du recul, je vois....

Hooo, que c'est beau !

* Evidemment, je ne m'extasie point devant les tuiles rondes.

* Ce sont évidemment les pans de murs du château de Callas qui me font briller les yeux.

 

        L'intérieur :

L'analyse

Est ce un arbre-mur ou un mur-arbre ?

* De cette ruine, je ne vais pas tout vous montrer.

* La promenade est si agréable que je vous incite à la faire si vous passez proche de Callas.

* De cet ancien château fort, je ne vous dévoile que le mur du donjon.

* Au 16ème siècle, il fut attaqué par les hommes.

* Au 21ème siècle, c'est la végétation qui l'assaille.

Va-t-il survivre ?

* Le site est si ruiné et si envahi qu'il faut beaucoup de temps (et une documentation) pour le comprendre.

Est ce un mur vert-de-gris ?

 

Des surprises

* Pour ceux d'entre vous qui se passionnent pour les détails, je vous en offre deux.

Que pensez vous de cela ?

* Ceci n'est point un simple rocher mais une longue pierre taillée formant presque une baquette (voir vocabulaire).

* Et là, je vois.... un trou.

* Cette curiosité creusée avait évidemment une fonction de......

 

Le diaporama du château est ici.

 

 

Histoire du château :

* En 1030, le "castrum" est cité dans un texte.

* Au 13ème siècle, construction d'une chapelle par la famille Pontévès.

* En 1295, la seigneurie est donnée à François de Villeneuve.

* En 1422, Bermond de Pontévès est cité comme seigneur de Bargème et Callas.

* En 1578, le château est détruit.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite de la ruine est possible avec beaucoup de précautions. Veuillez être prudents car le site n'est pas totalement sécurisé.

 

Mystérieuse ruine tu seras à jamais pour moi

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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 05:50

 

Département 30 - GARD

  Le château du 13ème siècle se dore au soleil

Le bourg :

       Situation :   (--> le voir sur une carte)

   La commune de La Capelle-et-Masmolène est située à 25km au Nord-Ouest d'Avignon, à 12km au Nord du Pont du Gard et à 10km au Nord-Est d'Uzès.

 

     Coordonnées du château :

44° 3' 1" N 4° 32' 0" E
 44.050352771°  4.533426762°

 

 

Le château : 

        L'extérieur :

La découverte

* Au Sud de la commune de La Capelle, sur une butte boisée, une grise construction se réchauffe au soleil.

* Sur cette face, le château montre une courtine arasée où crénelage et mâchicoulis (voir vocabulaire) sont absents.

* Je suis étonné par la tour carrée très décrochée de la courtine. Ce devait être une tour défensive sur le coté de l'attaque.

* En la regardant en infrarouge tel Terminator, je vois un chaînage d'angle réalisé avec d'imposantes pierres taillées. Cela contraste avec le rempart et la paroi de la tour.

* A la base, une archère droite rappelle le rôle défensif de la construction.

* A son sommet, je remarque des trous alignés me faisant penser à un vestige de hourdage.

 

Que voila des rondeurs qui me siéent !

L'autre face, plus en rondeur

* En voyant ces rondeurs, les "d'jeuns" diraient :

"Ho man, je suis scié !".

* En voyant ses rondeurs, j'ose affirmer qu'elles me siéent.

* Toute la richesse de notre langue Française correspond à la richesse des formes de ce château où les tours rondes garnissent les angles protégeant les droites courtines.

 

      L'intérieur :

Je m'ouvre à elle, mais elle se ferme

* Hélas, la propriété privée n'est pas visitable.

* Qu'importe, je regarde la vue satellite pour admirer le plan classique d'un château fort :

- 4 tours d'angle protégeant 4 courtines.

- Mais curieusement, une tour est carrée

- Et la courtine Sud n'est point linéaire.

 

L'aventure continue

* Pour je retrouve mon destrier pour merendre à moins d'un kilomètre vers le Nord-Ouest pour visiter l'autre fortification médiévale dans la commune de Masmolène.

 

Le diaporama du château est visible ici.

 

 

Histoire du château :

* A la fin du 11ème siècle, probable construction d'un site fortifié.

* En 1211, le Roi de France Philippe Auguste (voir liste) cède le château à l'évêque d'Uzès.

* A partir du 13ème siècle, ce site devient la résidence d'été de l'évêque.

* Au milieu du 14ème siècle, durant la grande peste, l'évêque Hélias de Saint-Yrieix se retire au château.

* En 1583, l'évêque Robert de Girard demande la construction d'une grosse tour ronde à François Bertrand, maçon de son état.

* Au 17ème siècle, l'exploitation des terres rapporte beaucoup d'argent à l'évêque.

* En 1792, les Révolutionnaires s'emparent du château et le vendent à Berdier de Flaux.

* Durant le 19ème puis le début du 20ème siècle, le château n'est pas habité. Les bâtiments ne sont plus entretenus.

* En 1965, le site est acheté par un couple passionné de vieilles pierres. Lentement, le château renaît.

* Durant la fin du 20ème siècle, plusieurs propriétaires se chargent de la restauration du château tout en l'habitant.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite des fortifications intérieures est interdite. La propriété privée n'est pas visitable.

 

Les arbres n'osent point pousser trop haut de peur de cacher le vieux château fort

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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 06:05

 

Département 48 - LOZERE

  Je pressens que cette ruine va être mon déjeuner intellectuel de ce jour

Le bourg :

       Situation :   (--> le voir sur une carte)

    La commune de Banassac est située à 60km au Nord-Est de Rodez, à 30km au Sud-Ouest de Mende, à 20km au Nord-Est de Séverac le Château (voir sa ruine) et à 2km au Nord de La Canourgue (voir son château).

 

     Coordonnées du château :

44° 27' 11" N 3° 11' 49" E
 44.453157514°  3.19699198°

 

 

Le château : 

        L'extérieur :

L'arrivée

* A 2km au Nord de Banassac, un peu à l'écart du hameau de Montferrand, en bordure de la rivière Lot, une vieille ruine somnole.

* Sans la réveiller, j'avance lentement.

* Au début, le spectacle de ses pierres est minimal.

* Mais au loin, je perçois monter en moi le plaisir du Castellologue amateur.

 Ses rondeurs sont désirables !

Première analyse 

* Ma première vision est la rondeur d'une tour.

* Ayant été arasée, elle est dépourvue de crénelage et mâchicoulis (voir vocabulaire).

* Cette construction circulaire partiellement enterrée a une base talutée avec des pierres de grandes dimensions.

* A mi-hauteur, la tour possède des ouvertures dont je ne sais si elles furent pour la lumière ou pour la défense.

* En les examinant, je subodore que certaines ont été créées après la construction.

 

Un orifice passionnant

* J'entends parfois des "touristes" affirmer qu'une ruine c'est moche, sans intérêt.

* Par ce petit chapitre je souhaite vous montrer qu'un château oublié est toujours passionnant.

* Sur cette tour arasée, de nombreux détails sont fascinants.

- Les pierres sont de 2 couleurs différentes, signifiant une réparation ou modification.

- En partie basse, une ouverture rectangulaire ne ressemble ni à une canonnière, ni à un puits de lumière.

Qu'est ce ?

- Ceci est un goulet d'évacuation.

Sont ce des latrines ?

 Le luxe seigneurial sera t il encore visible ?

        L'intérieur :

Est ce le bon endroit ?

* En contournant la tour ronde, je vois une partie des entrailles du château.

* Ce vestiges étant sur le sommet de la colline, je suppose que ce fut le logis.

* J'espère que décoration il y a encore.

* Le mur montre des pierres mieux taillées, plus jointives.

* Dans l'épaisseur du mur, je vois le remblai fait de chutes de taille des pierres.

* Au dessus, il me semble voir les vestiges d'une fenêtre à coussiège.

(vous connaissez mon imagination fertile.

Il est possible que cela soit ... autre "chose".)

* Puis, sur la longueur du mur, une belle corniche sculptée.

A-t-elle porté les poutres du plafond ?

 

 

C'est la fin

* Il y a encore d'autres détails et vestiges au sol à regarder et à comprendre.

* Pour vous permettre d'avoir autant de surprise et d'émotion que moi, je ne vais pas tout vous dévoiler.

* Lentement je m'éloigne de ce site presque millénaire.

 

 

Histoire du château :

* Au 12ème siècle, construction du château fortifié pour surveiller l'entrée accédant aux bourgs de Banassac et La Canourgue.

* En 1150, Hugues et Guillabert de Montferrand font hommage pour leurs terres et château au Comte (voir titre de noblesse) du Gévaudan.

* A la fin du 13ème siècle, naissance au château d'Elise ou Amphélise de Montferrand.

* Au début du 14ème siècle, Elise donne naissance dans un autre château à Guillaume III Grimoard qui deviendra le Pape Urbain V.

* Au 14ème siècle, le château est cité dans un texte (à vérifier).

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite en respectant les propriétés privées. La visite de l'intérieur est possible avec beaucoup de précaution. Le site n'étant pas sécurisé, le risque de recevoir une pierre ou de glisser ou de tomber dans un trou est important.

 

Chaque pierre me conte son histoire. Les entendez vous ?

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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 06:30

 

Département  40 - LANDES
 

Le bourg :

Cette tour appartient elle à l'église ?   Situation :   (--> le voir sur une carte)

      La commune d'Hontanx est située à 17km au Sud-Est de Mont de Marsan ( voir ce bourg fortifié) et à 14km au Nord de Aire sur l'Adour.

 

   Coordonnées :

43° 49′ 28″ N 0° 16′ 15″ W
  43.824444°  -0.270833°

 

L'église :

    L'extérieur :

La découverte

    Il faut gravir une petite colline pour arriver dans l'ancienne bastide et en arrivant, le spectacle est magnifique.

   Je descends de mon destrier et timidement je m'approche de cette tour-porte. J'étais venu en ce lieu pour voir une église fortifiée et je me retrouve face à une tour-porte de rempart.

Me serais je trompé de bourg ?

    

Voila un puzzle à reconsturtuerJ'ai des doutes

       La tour est impressionnante et ne ressemble pas à un clocher :

 * Un clocher n'a pas de trou béant à sa base menant... dans une rue.

 * Un clocher possède souvent des abats-son.

 * Un clocher est toujours collé à son église ou fait parti de l'église.

Mais où est l'église ?

 

L'enquête commence

* En inspectant mieux le bâtiment proche de la tour, je comprends ma méprise.

* Cette tour est reliée par une passage à une église moderne.

* La haute construction est devenue au 19ème siècle le clocher, mais à l'origine, c'était la tour-porte de la bastide fortifiée.

* La tour, construite en briques rouges, mesure une quinzaine de mètres de hauteur avec une base carrée de 5m de coté.

* L'ouverture de 3m de large, avec une arcade en pierre de Mont de Marsan, était la porte d'entrée du bourg.

* Aujourd'hui, ce serait plutôt la porte de sortie    puisqu'il faut passer à sa droite pour entrer dans la rue principale de Hontanx et dessous pour sortir.

* A mi-hauteur, une porte permettait l'accès à la tour depuis un chemin de ronde aujourd'hui disparu.

 

Les peintres devraient venir ici immortaliser cette tourLes défenses supérieures

* Voila une architecture que j'ai peu vue en France.

* Sous un toit de tuiles à 4 pentes, un imposant hourdage permet le guet, le tir de défense (par les ouvertures carrées) et le jet vertical sur les 4 faces.

* Mais le plus surprenant sont les mâchicoulis sur arcade.

* L'association hourds+mâchicoulis permet une défense rapprochée très efficace.

 

    L'intérieur :

      La magnifique tour ne se visite pas, et je n'ai pas trouvé d'autochtone pour m'aider à obtenir le visa. 

  Qu'importe, je vais découvrir rapidement l'église qui n'est pas médiévale. 

 Tout est linéaire et symétrique. La modernité est présente et pourtant il y a des gravures, peintures, sculptures presque intemporelles. Je quitte rapidement ce lieu qui n'est point pour un guerrier-chevalier-castellologue.

    Avant de laisser ce bourg, je jette un dernier regard vers la tour si extraordinaire.

 

 

Histoire de l'église et du bourg :

* En 1108, dans un acte de donation du Vicomte (voir titres de Noblesse) de Marsan, Bonnelus de Fontanellis est cité en témoin, (Fontanelli ou Fontani semble être le nom des terres entourant la colline. Ces terres comportent de nombreuses fontaines).

* En 1279, le seigneur d'Astang fait hommage au Vicomte de Béarn et à la Vicontesse de Marsan pour ses terres et son château. De nombreux historiens supposent que ce sont ceux de l'actuel Hontanx.

* En 1298, la Vicomtesse fait édifier une fortification plus importante à Hontanx suite au conflit qui l'oppose au Vicomte d'Armagnac.

* En 1331, création d'une bastide. La prospérité et la sécurité attirent la population environnante.

* Au milieu du 14ème siècle, construction d'une première église (située à 500m de celle-ci).

* En 1860, l'ancienne église paroissiale menace de s'effondrer.

* En 1861, début de construction de l'église actuelle s'appuyant sur les restes du château fort.

* En 1880, fin des travaux de l'église.

* En 1881, l'ancienne église médiévale est détruite.

* En 1962, la tour de l'église est inscrite aux Monuments Historiques.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Saint Martin) est libre et gratuite depuis la place du village. La visite du clocher et des fortifications est interdite.

 

Mâchicoulis et hourdage pour défendre l'église

 

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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 06:50

 

Département 12 - AVEYRON

  Il va falloir monter pour découvrir les secrets de cette ruine

Le bourg :

       Situation :   (--> le voir sur une carte)

   La commune de Nauviale est située à 50km au Sud d'Aurillac, à 25km au Nord-Ouest de Rodez et à 15km au Sud-Est de Decazeville.

 

     Coordonnées du château :

44° 31' 5.704" N 2° 26' 3.973" E
  44.518251°  2.434437°

 

 

Le château : 

        L'extérieur :

La découverte 

* Trouver un château fort abandonné depuis de nombreuses décennies ou se rendre dans un lieu comportant une ruine perdue dans les bois n'est pas toujours facile.

* J'ai souvent besoin des services détaillés d'une incroyable société Française nommée : IGN.

* C'est grâce à leur carte au 1/25000ème que j'ai pu déterminer l'emplacement du vieux château ruiné nommé : Beaucaire.

 Mes poils se hérissent. Je vais passer un moment magique !

Avez vous remarqué le nom différent sur la carte ?

         - Beaucaire (sur la carte)
         - Belcayre (dans ma documentation)

   Entre le vocabulaire régional et celui (peut être) officiel d'état, il y a parfois une différence.

 

 

Il est là-haut !

    A 1km au Sud-Est de Nauviale, une butte boisée porte les ruines de l'ancien château de Beaucaire ou Belcaire ou Belcayre.

   Dans la littérature, le site est décrit comme suit :

* Un polygone irrégulier,

* Avec 8 tours rondes couronnées de mâchicoulis (voir vocabulaire),

* Un corps de logis principal,

* Un donjon.

Pensez vous que tout ceci soit identifiable ?

 

  Même en ruine, la puissance du château se ressent

L'analyse 

   En arrivant à la base du château, je remarque de suite que :

* Les pierres sont en gré rouge (matériau  très usité dans la région).

* Les pierres sont symétriques en dimensions.

* La taille des pierres, sans être exceptionnelle, est correcte.

* Bien qu'arasées, les tours de défense sont nombreuses.

* Quelques détails architecturaux m'étonnent.

 

 

        L'intérieur :

La surprise

En entrant, c'est le choc !

  Le choc n'est pas du au manque de bâtiment, cela je n'en doutais, mais je suis surpris par la surface importante du château.

 

 Les ronces sont les compagnes du castellologue amateur

L'analyse

* Sous mes chausses, je sens que des pierres et des salles sont présentes, mais il y a tant de terre et d'herbe que l'aménagement du château est impossible à déterminer.

* Parfois, un mur sort du sol.

* Il tente de me montrer que des bâtiments aux murs épais emplissaient le vide actuel.

* Debout dans une ronde tour, je ne peux point imaginer les systèmes défensifs.

* Seule certitude : Les murs sont épais.

 

 

C'est la fin

   Même si une ruine est minimale, elle offre toujours une richesse unique : Le panorama.

 

 

Histoire du château :

* Au 12ème siècle, la famille de Panat possède les terres et le château.

* En 1232, la famille de Séverac récupère le château.

* En 1431, (durant la Guere de Cent ans) une troupe armée commandée par Bégon de la Barrière attaque et s'empare du château. Il prétend avoir reçu l'ordre des Anglais.

* La même année, les commissaires Royaux l'obligent à restituer le château à Guy de Sévérac.

* En 1426, la famille de Sévérac cède le château à Jean IV, Vicomte (voir titre de noblesse) de Lomagne (voir liste de cette famille).

* En 1467, Louis de Bourbon est seigneur de Belcayre.

* En 1481, le château change de propriétaire.

* En 1491, Jeanne de France est Baronne de Belcayre (à vérifier).

* A la fin du 15ème siècle, la famille de Sévérac récupère le château.

* En 1550, certains bâtiments du château sont en mauvais état.

* Au milieu du 16ème siècle, (durant les Guerres de Religion), les Huguenots s'emparent du château.

* En 1586, avec une toupe Catholique Royale commandée par Anne de Joyeuse récupère le château.

* En 1714, la famille Arpagon-Sévérac vend la seigneurie à Jean Forestier, sieur de Novéglise. Le château est décrit comme masure (donc très ruiné).

* Durant 2 siècles, le site appartient successivement à :

- Jean-Claude Jouéry,

- La famille Balzac-Gamarus,

- La famille Bournazel,

- La famille Fualdès.

* En 1920, le site est épierré.

* Au 20ème siècle, le site appartient à la famille Durand.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite de l'intérieur est possible en prenant beaucoup de précautions. Le château étant dans une propriété privée, veuillez respecter le site et les clotures.

 

  Le panorama est la richesse de toutes les ruines médiévales

 

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17 septembre 2016 6 17 /09 /septembre /2016 06:30

 

Département 12 - AVEYRON

  Quelle fut la fonction de cette fortification ?

Le bourg :

       Situation :   (--> le voir sur une carte)

   La commune de Calmont est située à 45km au Nord-Ouest de Millau, à 40km au Nord-Est d'Albi et à 12km au Sud-Sud-Ouest de Rodez.

 

     Coordonnées du site fortifié :

44° 15' 27.23" N 2° 32' 46.046" E
 44.257564°  2.546124°

 

 

La grange : 

        L'extérieur :

Le questionnement

     Après avoir visité le château de Calmont, je me dirige vers l'Est en direction de Magnin, pour voir une construction défensive assez rare durant notre 21ème siècle :

Une grange fortifiée.

   Ayant déjà visité une autre grange dans l'Aude, je me demande si celle du Rouergue sera très différente.

 

La découverte

    Au bout d'une route ombragée, un solide bâtiment millénaire proche d'une exploitation agricole moderne apparaît. Survolant les arbres, il semble presque irréel.

  Lentement, je m'avance espérant comprendre son architecture.

  Vais je trouver les secrets de sa construction ?

L'analyse 

      Que vois je :

* Une haute courtine encadrée par 2 tours rondes.
* Sa faible largeur m'interpelle.

* Courtine et tours possèdent des vestiges de mâchicoulis.

* La tour de droite possède une archère droite  (avec ouverture ronde pour arme à feu) implantée après la construction du bâtiment.

* Mais d'autres archères primitives cohabitent.

* Quelques ouvertures carrées et parfois rectangulaires ressemblent à des fenêtres "de confort".

 

Je contourne

    Tout en respectant la propriété privée, je contourne l'imposante façade. Le spectacle qui m'est offert est fascinant. Que puis je en déduire :

* Le bâtiment est parallélépipédique.

* Sa longueur est beaucoup plus importante que sa largeur.

* Chaque angle comporte une tour ronde.

* La partie centrale a presque disparu. Une grange avec un toit récent remplace les "logements".

Mais y en avait il ?

 

    La grange se dénude pour moi

        L'intérieur :

Que voir ?

   La propriété étant privée, je n'entre point. Mais grâce à l'effondrement du toit, des plafonds et d'une partie des murs, il est possible de voir les entrailles.

 

Rapide analyse

  La tour de droite semble posséder les vestiges d'un escalier en colimaçon. La partie gauche prouve que le bâtiment était habitable. Il y a :

* Des "portes" de circulation entre la tour et les salles disparues.

* Une large et profonde cheminée.

 

 

Histoire de la grange :

* En 1280, la grange est mentionnée dans un texte. Elle appartient au monastère de Bonnecombe.

* Vers 1607, les moines afferment le site à Dominique Folquier.

* En 1619, Jean Palous en a l'exploitation.

* En 1639, la gestion est donnée à Pieer Greffuelhe et Georges Drulhe.

* En 1644, Raymond Bernet et André Ballard exploitent les terres.

* En 1673, le site est exploité par Philippe Laubiès et Géraud Vernhet.

* En 1692, la gestion est donnée à Durand.

* En 1703, un nouveau "régisseur" : Boutonnet.

* En 1722, François Boutonnet régit le domaine.

* En 1740, le site est exploité par Pierre Bonnet et Jean Martin.

* En 1758, Antoine Canivenq et Jean Rouvellat exploitent le domaine.

* En 1764, le site est exploité par Guillaume Bousquet.

* En 1787, le dernier "régisseur se nomme : Cordurié.

* En 1792, les révolutionnaires s'emparent du site et le vendent au sieur Pouget.

* Durant les siècles suivants, le domaine appartient à :

- Jean Lacaze,

- Thérèse Cassagnes.

* Au 20ème siècle, le site est possession de la famille Ginisty.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur depuis la route est libre et gratuite en respectant la tranquillité des habitants. La visite de l'intérieur de la propriété privée est interdite.

 

Au revoir, énigmatique fortification du Rouergue

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15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 06:26

 

Département 26 - DRÔME

 La ruine ne s'illumine que si vous lui dites : "Que tu es belle !"

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      La commune de Soyans est située à 80km au Nord d'Avignon, à 25km au Nord-Est de Montélimar et à 10km au Sud de Crest.

 

   Coordonnées du château :

44° 37' 40" N 5° 01' 20" E
 44.62770098°  5.02228081226°

 

 

Le site castral :

     Le village :

L'arrivée

* La route qui mène à Soyans permet de savourer au loin la sihouette d'une ancienne construction fortifiée.

* Sur cette colline boisée 3 formes grises apparaissent :

- En bas à gauche, le village.

- En haut à droite, l'église.

- En haut au centre, le château fort.

* Plus j'approche du site, plus les bâtiments disparaissent.

Y a-t-il quelques sorcelleries de la foret ?

 Un mur défensif m'accueille

Une porte fortifiée

* Après avoir laissé mon destrier sur un modeste mais ombragé parking, j'avance vers les premières maisons.

* Soudain je suis stoppé par une porte fortifiée.

* Même si le crénelage a été "curieusement" refait au 20ème siècle, même si certaines fentes de tir sont obstruées, l'aspect défensif est évident.

* Certains archéologues affirment que ceci était une tour défensive. Je n'ai pas d'avis sur cette supputation.

* Je montre patte blanche puis je pénètre dans le couloir à les aménagements de plusieurs siècles se côtoient.

* La douzaine de maisons le long de l'unique chemin rectiligne garde le souvenir des siècles passés.

* Dans ce spectacle, votre Dauphinois Chevalier oscille entre tourisme et castellologie.

* Lentement je monte vers mon graal du jour par un agréable chemin ombragé.

 

    L'église :

Point défensive elle est

Voyez vous les multiples travaux d'aménagement sur cette église ?

Quelle curieuse architecture !

* La façade occidentale montre un parement régulier réalisé avec de petites pierres.

* Cette façade est percée de trous de boulin (voir vocabulaire).

* L'église semble posséder un transept. Mais ceci n'est qu'une illusion. Cette curiosité est due à la construction il y a 3 siècles de 2 chapelles latérales.

* Les pierres de remploi sont nombreuses. Si vous vous rendez sur ce site, veuillez regarder sur le rond chevet.

* La porte étant close, j'ose voler par la petite fenêtre un morceau du silence religieux.

 

Est ce la montée vers le paradis ?

Quel panorama !Les vestiges des pans de mur imitent un crénelage !

* Les pieds plantés dans le rocher, j'admire :

- A l'Est la vallée du Rubion.

- Au Sud, la frontière entre collines et vallée.

- A l'Ouest, la commune de Soyans.

- Et au Nord, les ruines du puissant château.

 

    Le château :

Déchiqueté

* Lentement j'avance vers le château fort.

* Le premier bâtiment que je rencontre est une tour ronde avec des pierres pauvrement taillées.

* Les dimensions des pierres sont très variées me faisant penser à des consolidations nombreuses et rapides.

* Je suis très surpris de l'épaisseur de joints.

* En contournant le site coté Ouest, les anguleuses constructions posées sur le rocher possèdent aussi un parement de piètre qualité.

* Il m'est impossible de définir la fonction des murs délabrés.

* Il est surprenant de voir autant de fenêtre et aucune fente de tir ni de crénelage.

 Voir et être vu est la mission de ce château fort

Le coté Nord

* Contrairement aux 3 autre cotés, cette façade ne comporte aucune ouverture de confort.

* Il semble que le sentier médiéval n'aboutissait pas coté église mais coté Nord.

* Il est donc logique de voir des fentes défensives sur ce mur.

 

C'est la fin

* L'entrée est barrée par un haut et imposant grillage.

* Il n'est pas possible de déguster les entrailles de la ruine.

* Lentement, je retourne sur mes pas quand soudain.... une surprise "apparait".

Que pensez vous que cela fut ?

 

Hors sujet

* En notre beau royaume, les activités de loisir sont importantes et variées.

* Chacun trouve une motivation pour sortir de son habitat.

* Pour votre Chevalier Dauphinois, ce sont les découvertes de sites médiévaux fortifiés.

* Un autre loisir que j'ai rencontré est une sorte de "chasse au trésor" ou plutôt... un jeu de piste.

* Je vous propose de le découvrir ici : Les Cistes.

Pourquoi je vous explique cela ?

* La raison est simple. En poussant quelques pierres pour mieux voir l'intérieur de la ruine de Soyans, j'ai découvert une boite en plastique étanche.

* Dedans, il y avait un bric-à-brac.....

..... et surtout une explication.

* En tant que Chevalier respectueux, je n'ai pris aucun objet et je les ai soigneusement remis dans la boite. Avec minutie, j'ai replacé les pierres cachant le "trésor" de ce jeu fantastique !

* Question : Avez vous déjà vu ce style de trésor durant vos promenades ?

 

 

Le diaporama du château est visible ICI.

 

 

Histoire du château :

* En 912, l'Empereur d'Occident Louis III l'Aveugle donne à l'église de Valence (en France), quelques territoires dont le site de Soyans. Il semblerait qu'un site fortifié existe. Une petite église dédiée à Sainte Marie est citée au sommet.

* Durant 4 siècles, le site castral change plusieurs fois de propriétaires.

* Au 12ème siècle, construction d'une église (certainement à l'emplacement du moutier primitif). Elle est dédiée à Saint Marcel, l'un des premiers évêques de Die au 5ème siècle.

* Au 14ème siècle, le village primitif, installé dans la pente, est abandonné.

* Au milieu du 15ème siècle, le Roi de France Louis XI (voir liste) confisque le château puis le donne à François d'Eurre, son valet de chambre.

* Au début du 16ème siècle, Jean de Poitiers, seigneur de Saint-Vallier, récupère le château.

* Au milieu du 16ème siècle, Diane de Poitiers, fille de Jean, possède le château. Il semble qu'elle ne soit jamais venue en ce lieu.

* En 1616, la seigneurie appartient à la puissante famille de Montauban.

* En 1622, le roi de France Louis III (ou peut être Richelieu) ordonne la démolition de plusieurs châteaux forts en Valentinois dont Soyans. Curieusement, ce dernier ne subit aucun dommage.

* En 1644, après avoir visité l'église, l'évêque de Die stipule que la construction n'a pas souffert des Guerres de Religion.

* En 1717, le sir de Montauban est élevé au rang de Marquis (voir titre de noblesse). Il semble que le marquis ne vint jamais en ce vieux château fort.

* Au milieu du 18ème siècle, le nombre croissant de paroissiens oblige l'agrandissement de l'église. Le haut clocher est aménagé. Deux dates sont encore visibles sur la construction : 1757 et 1764.

* Vers 1790, les Révolutionnaires s'emparent du château et détruisent toutes marques de luxe et les représentations des propriétaires.

* En 1793, le 18 mars, un ordre révolutionnaire exige la destruction du château. Curieusement (et pour la 2ème fois de sa longue vie) le site n'est pas démoli.

* En 1796, des "inconnus" mettent le feu au château. Les flammes illuminent le site durant 2 jours.

* En 1926, l'église est inscrite aux Monuments Historiques.

* En 1950, le sculpteur Joseph Rivière habitant au village, organise la réfection de la petite église. Durant la même période, ce Sculpteur aménage la porte fortifiée du village "à sa convenance".

* A la fin du 20ème siècle, Auguste Blain, propriétaire du site , décède. Ses héritiers ne souhaitent pas récupérer les ruines. Le vieux site appartient à l'état.

* En 2002, la commune achète le vieux château. Avec l'aide du conseil régional, elle édifie des barrières anti-visite et envisage la consolidation.

* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur du village, de l'église et du château est libre et gratuite. La visite de l'intérieur du moutier et de la ruine castrale est interdite. Le risque de recevoir une pierre existe. Veuillez être très prudent car l'à-pic est important coté Est.

 

Comme il est beau mon Dauphiné !

 

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13 septembre 2016 2 13 /09 /septembre /2016 06:30
     
michel-j-01     Cet article est très spécial : Il est l'oeuvre d'un passionné ayant comme pseudo : " M. J.". Comme moi, il est fou de châteaux, aussi bien d'époque médiévale que renaissance. C'est aussi un passionné d'architecture et d'art. Il m'a proposé d'écrire quelques articles sur mon modeste blog.

     J'ai évidemment accepté. J'adore échanger sur les châteaux forts. Je suis fier de l'avoir dans ce "bateau" qui navigue à travers le temps !

   Croyez moi, vous allez découvrir un monde différent du mien, un ressenti plus architectural.

Faites lui un formidable accueil. 

 

michel-j-02  

 

 

Département 76 - SEINE MARITIME

  La ferme est identifiée sur la carte IGN 1/250 000ème

Le bourg :

    Situation :   (--> le voir sur une carte)

      La commune de Saint Martin de Boscherville est située à 8km à l'Ouest de Rouen.

 

  Coordonnées de la ferme :

49° 26' 1.633" N 0° 58' 0.624 E
 49.433787°  0.96684°

 

 

Le site :

     L'extérieur :

Préambule du Chevalier Dauphinois

     Lorsque le qualificatif Templier est cité ou écrit, notre imaginaire, nourri de films, séries télé ou bandes dessinées, rêve à des constructions formidables, des châteaux uniques, des remparts infranchissables.

  Dans les pays des croisades, cela était partiellement vrai, mais dans notre Royaume de France, les bâtiments servant à recueillir et élever des chevaux ou à cultiver/récolter n'avait point besoin d'être fort et imprenable. Ces lieux étaient pour des "comptables et paysans" attachés à l'Ordre du Temple.

  Voici un site peu décrit dans les récits historiques mais qui avait une fonction importante :

Vous allez découvrir une ferme.

  La vue satellite montre la délimitation ancienne de cette ferme

Approche cartographique du Chevalier Dauphinois

* Aussi bien sur la carte au 1/250 000ème ou celle au 1/100 000ème, et évidemment sur les magnifiques cartes de randonnée au 1/25 000ème, la ferme des Templiers est notifiée.

* Mais comme toujours, une carte ne définit pas l'état actuel du site. J'ai donc recours à la vue satellite.

  Cette présentation faite, je laisse maintenant la place à messire M.J.

 

Matériau

    C'est donc au début du13ème siècle qu'une ferme en pierre blanche de Caumont fut édifiée au Genétey, à la sortie sud de Saint-Martin de Boscherville.

    Usuellement, les fermes cauchoises étaient plutôt construites avec des matériaux moins nobles, en silex et en grès pour les soubassements et pans de bois et galandage en superstructure. L'entorse à cette règle doit probablement être trouvée dans le fait que la carrière de Caumont se trouve à quelques kilomètres de là sur la rive gauche de la Seine.

Corp de logis - Pignon SudQuels en furent les constructeurs ?

 

   Aucune certitude à cet égard. Toujours est-il que l'exploitant de cette ferme fortifiée devait l'hospitalité aux moines de l'abbaye de Saint Georges quand ils se rendaient dans la forêt de Roumare.

 

Le corps de logis

   Le corps de logis est doté d'une tour cylindrique sur sa façade arrière et de murs pignons faisant saillie sur la couverture. Il ne comporte que deux grandes pièces :

   * Celle du rez-de-chaussée était occupée par le fermier. Elle possédait une grande cheminée.

   * Celle de l'étage est accessible par un escalier inclus dans la tourelle. Il n'y avait également qu'une seule pièce dont le volume allait jusqu'à la charpente du toit. Elle était, à l'époque, réservée à l'usage des moines de l'abbaye de Saint Georges où une table garnie les attendait.

 

Les annexes

   Des bâtiments annexes à pan de bois ou moellons ont accompagné le manoir au cours des siècles : Que de matériaux différents dans cette ferme !

* Une longue grange du 18ème où logeaient les vaches et les porcs,

* Une charreterie entièrement ouverte sur un coté pour permettre l'entrée des charrettes à foin sans déchargement.

* Un pressoir du début du 16ème siècle. Un âne y tirait une grosse roue de pierre écrasant les pommes,

* Un chenil (vers 1610), reconnaissable à ses portes surbaissées,

* Un four à pain du 19ème,

* Une volière

 Ces bâtiments limitent la cour centrale de part et d'autre du corps de logis,

     Enfin le potager devant la maison qui a été reconstitué sur son emplacement d'origine et dans l'esprit à la fois naïf et sophistiqué des jardins d'abbaye.

 

 

Histoire de l'église :

* Au 13ème siècle, construction de la ferme.

* Au 16ème siècle, construction en pan de bois de la petite chapelle Saint-Gorgon. Son élément le plus frappant est sa charpente dont le rythme de ses fermes et l'équarrissage des bois est totalement surabondant par rapport au poids des tuiles à supporter.

* En 1610, un chenil est construit.

* En 1611, la chapelle est ornée de vingt-quatre petits personnages peints sur plâtre.

* Au 18ème siècle, aménagement d'une grange.

* Au 19ème siècle, la salle au rez de chaussée du logis est scindée en trois. Un four à pain est aménagé.

* Au 20ème siècle, les actuels propriétaires ont casé les 3 salles établies 1 siècle plus tôt et ont rétabli le rez de chaussée dans son état d'origine.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur depuis le sentier est libre et gratuite en respectant la propriété privée. La visite serait possible avec l'accord des propriétaires.

 

Une construction presque intemporel ne ressemblant pas à une ferme

 

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châteaux des
Templiers
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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 06:30

 

Département  40 - LANDES


Au dessus des remparts, une beauté m'attend

Le bourg :

   Situation :     (--> le voir sur une carte)

      La commune de Roquefort des Landes est située à 16km au Nord de Villeneuve de Marsan et à 22km au Nord-Est de Mont de Marsan.

 

   Coordonnées du bourg :

44° 2′ 3″ N 0° 19′ 17″ W
 44.034167°  -0.321389°

 

 

L'église :

    L'extérieur :

La découverte

    Après avoir visité les remparts de Roquefort, je retourne tranquillement vers mon destrier au bord de la rivière Estampon quand soudain, une merveille vole au dessus des murs fortifiés.

  Rapidement, je monte quatre à quatre les marches pour constater qu'un rempart avec archères droites à faible ébrasement protégeait l'église.

Le bâtiment religieux est-il aussi fortifié ?

 

L'enquête commence

    L'église semble massive avec une architecture couvrant plusieurs époques, mais je ne distingue aucun système défensif. Je m'approche lentement en la contournant et là, malgré les travaux de rénovation, je distingue un détail faisant vibrer mon âme de castellologue-amateur.

Le voyez vous ?

    C'est une fente de tir au dessus chaque fenêtre. Il y avait donc un chemin de ronde au dessus de la nef.

Comme je serais heureux de monter dans ce chemin de ronde

 

Chemin de ronde

* Je suis tellement heureux de cette découverte que je passe sans observer une fenêtre bouchée sous un arc boutant.

* Mais l'épaisseur incroyable des contreforts à redents et larmiers me fait lever la tête.

Je suis en transe !

* Au dessus du chevet semi-circulaire, un important crénelage facilitait la défense de l'église sur plus de 180°. 

* En observant la construction, il est possible de voir des tailles et poses de pierres différentes prouvant une construction et un aménagement sur plusieurs siècles.

* Conséquence, le chevet comporte 2 étages de défense.

Incroyable !

 

La tour

    Tout en admirant ce crénelage, je contourne lentement le chevet quand je suis en extase devant l'opposition des formes entre rondeur et parallélépipède.

    Une tour, pouvant faire pâlir de jalousie nombre de donjons de châteaux forts, comporte des créneaux borgnes et une ravissante fenêtre Romane.

Que de variantes de forme et de détails !

 

D'autres systèmes défensifs ?

   Crénelage, chemin de ronde, archères : Voila une église bien défendue. Mais dans la panoplie des systèmes défensifs du moyen âge, il manque des constructions en encorbellement.

En voyez vous ?

   Je continue l'analyse de la nef et surtout de la tour car je crois voir une ombre.

Est ce bien ce que je pense ?

 

Je suis au Paradis des castellologue !

   Je m'installe au pied de la haute tour pour admirer une petite construction en encorbellement. Curieusement, je ne vois en dessous aucune porte à protéger. Normalement une bretèche est un système défensif au dessus d'une entrée.

A quoi servait cet encorbellement ?

  Qu'elle est donc cette surprise ?

L'encorbellement servait à....... 

    Pour défendre ce coté, j'imaginais des archères nombreuses et des mâchicoulis. Mais il n'y a qu'une petite construction qui ressemble à (et qui est en réalité) des latrines.

    Évidemment, un guetteur est un homme comme vous (et surtout moi), des besoins il a parfois. Descendre les nombreuses marches ne semble pas être la solution.

 

Que de défenses !

* Pour mieux observer ces latrines, je prend un peu de recul et un oeil d'aigle.

* Posées sur 2  consoles, elles s'intègrent parfaitement à l'architecture de la tour.

* Je pensais avoir terminé l'observation de cette église fortifiée quand, entre 2 toits de maisons, apparaît une surélévation de la nef.

* Même si les consolidations récentes ne permettent pas de définir le nombre de créneaux à l'origine, il est certain qu'une salle de repli existait pouvant contenir un important nombre de soldats et paysans.

 

    L'intérieur :

* En entrant dans l'église, le manque de lumière ne me surprend pas.

* De grandes baies ouvertes sont incompatible avec une bonne défense.

* Mais le peu de lumière oblige à mieux observer.

* Bien que tous les décors et peintures ne soient pas d'origine médiévales, il y a une odeur de siècles passés.

* Les formes géométriques côtoient des décors végétaux.

* Comme souvent, ce sont les multiples voûtes qui comportent les plus belles décorations.

  


Histoire de l'église :

* Au 12ème siècle, construction d'une église de style Roman.

* Au 13ème siècle, avec l'augmentation démographique de la ville, l'église est modifiée et agrandie.

* Au 14ème siècle, l'église est fortifiée.

* Au 15ème siècle, un portail est construit en style Gothique Flamboyant.

* En 1569, à cause des "guerres de religion" l'église subit de nombreux "outrages".

* A la fin des guerres de religion, l'église est réparée et remaniée. Les fortification sont améliorées (haute tour).

* Au milieu du 17ème siècle (durant la Fronde), le colonel Balthazar  occupent l'église fortifiée.

* Vers 1655, le roi Louis XIV (voir liste) en représailles fait démolir les remparts de Roquefort mais laisse le lieu de culte presque intact.

* Au 18ème siècle, l'absidiole coté Sud est devenue instable. Les fenêtres sont bouchées et un puissant arc boutant s'appuie sur la hauteur. Pour amener un peu de lumière, une rose est ouverte.

* En 1996, l'église est classée aux Monuments Historiques.

* Au 21ème siècle, la découverte de l'extérieur de l'église (dédiée à Notre Dame de l'Assomption) est libre et gratuite depuis la place du village. La visite du clocher et des fortifications est interdite.

 

Quelle puissance... digne d'un château fort

 

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